Title: Notice des principaux monuments exposés au Musée de Gizeh [Electronic Edition]

Author: Egypt. Maslahat al-Athar. [Corporate author]
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Place of publication: Houston, Tx
Publication date: 2006
Identifier: TIMEA, MusGi1897
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Notes:
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Source(s):

Title: NOTICE DES PRINCIPAUX MONUMENTS
EXPOSÉS AU
MUSÉE DE GIZEH

Author: Egypt. Maslahat al-Athar.
3 ed. rev. et augm.
File size or extent: xxix, 404 p., 2 gev. p.pl. : ill., plgr. ; 19 cm.
Place of publication: LE CAIRE
Publisher:
IMPRIMERIE NATIONALE
Publication date: 1897
Identifier: From the collection of Dr. Paula Sanders, Rice University
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Origin/composition of the text: 1897
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  • Art -- Catalogs
  • Jizah (Egypt) -- Museum
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Notice des principaux monuments exposés au Musée de Gizeh [Electronic Edition]


Contents













SERVICE DES ANTIQUITÉS DE L'ÉGYPTE

NOTICE DES PRINCIPAUX MONUMENTS
EXPOSÉS AU
MUSÉE DE GIZEH

TROISIÉME ÉDITION, REVUE ET AUGMENTÉE
LE CAIRE
IMPRIMERIE NATIONALE 1897




AVANT-PROPOS

Construit par ordre du Khédive Ismaïl,
le palais de Gizeh fut affecté au service des
antiquités en 1890, et M. E. Grébaut, alors
directeur général des Musées et des fouilles,
y fit apporter de Boulaq les monuments qui
pendant trente années avaient été réunis
dans un Musée provisoire par les soins de
A. Mariette, de M. G. Maspero et de M. E.
Grébaut lui-même. L'exiguïté du local de
Boulaq et les découvertes récentes du Service
des antiquités réclamaient un agrandissement
considérable des bâtiments consacrés
aux collections, et le Gouvernement
Egyptien, reculant devant les difficultés

qui s'opposaient alors à la construction
d'un musée neuf sur la rive droite du Nil,
décida que la somptueuse demeure d'Ismaïl
deviendrait le Palais des antiquités égyptiennes.
Quelque mal appropriée qu'elle soit à
l'usage auquel elle est aujourd'hui consacrée,
cette vaste construction a permis
d'exposer toutes les collections, et les
quatre-vingt-onze salles, dont quarante-six
viennent d'être récemment ouvertes, permettent
au public et aux savants d'admirer
et d'étudier les restes de cette civilisation
prodigieusement antique et sans rivale.
S. A. Abbas pacha Hilmi a bien voulu
honorer de Sa présence l'inauguration des
nouvelles galeries; l'intérêt que S. A. le
Khédive porte aux monuments laissés dans
le sol par ses antiques prédécesseurs sur le
trône de l'Egypte est un grand encouragement
pour le personnel chargé de ces collections.
Il fait espérer que dans quelques
années, le Musée de Gizeh sera sans contredit

le plus vaste et le plus riche du
monde.
Une pléiade de savants a travaillé à la
formation de ces remarquables collections,
mais deux hommes surtout ont contribué
à leur grandeur: A. Mariette et M. G. Maspero.
Mariette a fondé le Service des antiquités
égyptiennes, le Musée et la conservation
des monuments; c'est à lui que la science
est redevable de la découverte des édifices
les plus importants de la vallée du Nil;
Mariette est le créateur.
M. G. Maspero a doté l'archéologie en
Egypte de la méthode scientifique qu'elle
posséde aujourd'hui: il a formé le Service
administratif, a enrichi le Musée des résultats
de son incomparable découverte
des momies royales, et, par ses nombreux
travaux scientifiques, a fait connaître au
monde savant les merveilles renfermées
dans les galeries de Boulaq et répandues
sur le sol de l'Egypte.

viii

Peu de temps avant sa mort, Mariette
désira que ses cendres fussent placées prés
du Musée qu'il avait fondé. Il voulut être
le perpétuel gardien de ces trésors scientifiques
pour lesquels il avait vécu. Ses derniéres
volontés ont été respectées, et sa
tombe s'élève aujourd'hui en face du palais
de Gizeh, monument grandiose et simple
de son dévoûment à son œuvre.
Mariette (Auguste-Ferdinand) naquit à Boulogne-sur-Mer
le 11 février 1821. Il appartenait à une famille
de marins et de lettrés. Son grand-père a laissé en manuscrit
une de ces collections d'œuvres mêlées, vaudevilles,
comédies de mœurs, poésies fugitives où se plaisaient
les littérateurs provinciaux du siécle passé. Son
père était simple employé de sa ville natale.
Élevé au collège de Boulogne, il devint professeur
dès 20 ans et y demeura attaché à divers titres jusqu'à
la fin de 1848. Il essaya d'abord la peinture, puis
le journalisme, devint rédacteur en chef d'un journal
d'intérêt local, composa des nouvelles, des romans, des
feuilletons humoristiques, et, entre temps, trouva moyen
d'étudier des questions d'archéologie provinciale. Le seul
des premiers essais qui vaille la peine d'ètre conservé
est une brochure publiée en 1846, sous forme de lettre
adressée à M. Bouillet, sur la position de Portus Itius.

La donnée en était fausse, mais le jeune auteur y marquait
déjà la plupart des qualités qui l'ont rendu célèbre
plus tard, une grande habileté de discussion, la clarté
et la vigueur du style, beaucoup de pénétration.
Le hasard le rejeta du côté de l'Orient.
Une caisse de momie qui provenait de la collection
vivant Denon, fut exposée à la mairie de Boulogne;
le jeune Mariette rédigea à cette occasion une petite
notice dans laquelle il conseillait à ses concitoyens de
l'acquérir. Son conseil fut suivi. Mariette se procura,
pour étudier les textes qui couvraient le cercueil, quelques
livres traitant de l'Egypte, et ce qui n'avait été
d'abord qu'un amusement devint une passion sérieuse.
Il fut bientòt assez fort pour se hasarder à aborder la
discussion des textes; manquant d'appuis dans sa ville
natale, il s'adressa à Charles Lenormant, le seul des
élèves directs de Champollion qui continuàt alors en
France la tradition du maitre. Le mémoire qu'il soumit
au jugement du savant parisien portait sur l'interprétation
et le classement des cartouches qui recouvrent la
Chambre des Ancètres; il est resté inédit.
Mariette se décida à venir chercher fortune à Paris.
L'amitié du peintre Janron lui procura une petite place
d'adjoint au Louvre; dans les premiers jours de 1848,
il se mit en tête d'aller chercher fortune en Égypte,
et demanda au gouvernement français les ressources
nécessaires au voyage. Tattam venait d'attirer l'attention
des savants sur les richesses renfermées dans les
couvents jacobites de l'Egypte. Mariette composa rapidement
un long essai de bibliographie copte qui est
demeuré inédit, et sollicita une mission à l'effet d'aller

étudier et acquérir ce qui pouvait être resté dans les
cloîtres de manuscrits coptes et syriaques. Il obtint
sans peine ce qu'il demandait, et débarqua à Alexandrie
le 12 octobre 1850.
La mission qu'il s'était imposée était des plus délicates
à remplir: le patriarche copte, justement irrité
des procédés bizarres employés par Tattam pour former
sa collection, avait fait mettre les manuscrits en sûreté.
Les négociations trainèrent et retinrent Mariette au
Caire pendant plusieurs semaines. Il profita de ses loisirs
forcés pour visiter les environs de la ville, Gizeh, Dahchour
et surtout Saqqarah. Il avait remarqué partout,
à Alexandrie comme au Caire, des sphinx en calcaire,
d'assez mauvais style, mais chargés de graffiti, oû le
nom d'Osiris était associé sans cesse à ceux d'Apis et
de Sérapis. Le hasard lui fit trouver, un jour, dans la
région nord du plateau de Saqqarah, un sphinx qui représentait
les mèmes caractères. Cette rencontre fortuite
éveilla au fond de sa mémoire le souvenir d'un passage
de Strabon, où le voyageur grec raconte que le Sérapéum
de Memphis est dans un lieu très sablonneux et
qu'on y voit des sphinx enfoncés, les uns jusqu'aux
épaules, les autres jusqu'à mi-corps. L'idée que le Sérapéum,
si longtemps cherché en vain, était là, s'empara
de lui avec une telle force qu'il en oublia les manuscrits
et le patriarche copte. Il assembla quelques
ouvriers et commença des fouilles en règle le 1er novembre
1850. Jusqu'au cent trente-quatrième sphinx
de l'avenue, tout marcha régulièrement, puis l'allée
tourna brusquement à gauche, et pendant quelques
jours il ne découvrit plus rien. Il finit pourtant par se

remettre sur la bonne piste et déboucha, après le cent
quarante et unième sphinx, sur un dromos spácieux
dallé de belles pierres. Deux mois de fouilles mirent au
jour l'ensemble des monuments qui s'y trouvaient, un
hémicycle décoré de statues grecques, deux chapelles,
une procession de génies montés sur des animaux, et
conduisirent les travailleurs jusqu'à la porte du Sérapéum.
Là un obstacle imprévu les arrêta: des marchands
d'antiquites, pour la plupart agents consulaires
de diverses nations européennes, jaloux du succès de
Mariette, réussirent à obtenir d'Abbas pacha la suspension
des fouilles. L'appui du gouvernement français
aplanit en partie les difficultés; une somme de trente
mille francs, votée le 16 août 1852 par l'Assemblee nationale,
permit de reprendre les travaux avec plus d'activité,
et, dans la nuit du 12 au 13 novembre, Mariette
pénétra dans les souterrains du Sérapéum. Ce qu'il y
trouva, le monde savant le connaît; soixante-quatre
Apis, dont les plus anciens remontent à la XVIIIe dynastie
et dont le plus moderne est presque contemporain
de Cléopâtre: des milliers de stèles votives, de figurines
funéraires, d'amulettes, de bijoux, qui font aujourd'hui
l'ornement du musée du Louvre.
La chronologie des taureaux, suffisamment établie
par les dates d'inhumation, apporta de nouvelles informations
pour le rétablissement de la chronologie des
rois égyptiens du nouvel empire. Toute l'année 1852
se passa à dépouiller le Sérapéum. Dans
les premiers jours de 1853, Mariette se transporta avec
ses ouvriers aux pieds des pyramides de Gizeh.
Cette fois il travaillait aux frais d'un particulier. Le

duc de Luynes l'avait chargé de dégager la partie antérieure
du grand sphinx. Il découvrit, à une centaine
de mètres vers le sud-est, un temple de l'ancien empire,
construit en blocs énormes de granit et d'albâtre, mais
ce fut le seul résultat sérieux de cette campagne. Il était
du reste pressé de revenir en France. Nommé conservateur-adjoint
au musée égyptien du Louvre, il s'occupa
de classer l'immense collection qu'il avait rapportée du
Sérapéum et d'en préparer la publication. Il débuta
par donner dans le Bulletin archéologique de l'Athénœum
français
(1855-1856), des renseignements sur
les soixante-quatre Apis trouvés dans les souterrains
du Sérapéum: cette étude a été arrêtée à la XXVIe dynastie
par la disparition du bulletin et n'a jamais été
terminée. En même temps, et comme complément de ce
premier travail, il publiait un choix de monuments et
de dessins découverts ou exécutés pendant le déblaiement
du Sérapéum (Paris, 1856, A. BERTRAND, in-4o),
et un mémoire sur la mère d'Apis (Paris, 1856, A. BERTRAND,
in-4o), où il ébauchait une théorie, alors nouvelle,
de la religion égyptienne. Ajoutons, pour en finir
avec ce premier épisode, le plus glorieux de sa vie, que
les monuments du Sérapéum et la relation de la découverte
ont été poursuivis longtemps par une véritable
fatalité. La publication, commencée une première fois
en 1861, reprise en 1864 et poussée jusqu'à la XXVIe dynastie,
recommencée en 1876 de concert avec moi, n'est
pas encore terminée: seul le premier volume, qui renferme
le journal des fouilles et le récit de la découverte,
a pu être livré au public en 1882.
Les mêmes difficultés de vie qui avaient une premiére

fois décidé Mariette à quitter Paris, se représentèrent
plus fortes à son retour. Il n'était pas depuis un an sur
le sol natal, qu'il aspirait déjà à le quitter pour reprendre
sa carrière aventureuse aux bords du Nil. Les
circonstances politiques favorisèrent son dessein. Abbas
pacha, qui avait tant contrarié les fouilles du Sérapéum,
était mort en 1851, laissant le pouvoir à son oncle Saïd
pacha, ami de la France. Encouragé par M. de Lesseps,
le nouveau prince pria le gouvernement français de lui
prêter Mariette pendant un hiver, celui de 1857-1858;
il s'agissait de préparer des fouilles pour un voyage que
le prince Napoléon projetait en Egypte. Le voyage n'eut
pas lieu, mais le Pacha, gagné par la bonne humeur de
Mariette, lui donna le titre de bey, l'autorisa à multiplier
les chantiers des fouilles, à lever les ouvriers à la
corvée et fonder un musée qui fut établi provisoirement
à Boulaq. La création, l'agrandissement et le maintien
de ce musée devinrent désormais la grande préoccupation
de Mariette. On ne saurait imaginer les trésors de
diplomatie qu'il dut dépenser pour arracher aux divers
souverains de l'Egypte le terrain et l'argent nécessaires
à son œuvre. Une crue du Nil, qui menaça de tout détruire
en 1878, lui permit enfin de disposer le local selon
ses intentions, mais le classement définitif, sans cesse
retardé par le manque de fonds, dura des années et
n'était pas encore achevé quand il mourut.
Seul maître du sol antique de l'Egypte, Mariette
voulut l'exploiter sur un plan grandiose; il l'attaqua
sur trente-sept points à la fois, de l'embouchure du Nil
à la première cataracte. Un petit nombre seulement de
ces ateliers réussit à souhait. Les fouilles du Delta ne

donnèrent des résultats sérieux qu'à San, sur les ruines
de l'ancienne Tanis: on y mit au jour, outre des monuments
importants de la XIIIe, de la XIVe, de la XIXe et
de la XXIe dynastie, des statues et des sphinx d'un type
particulier que Mariette attribua aux Hyksos. Saïs,
Tanis, Bubaste, ne produisirent presque rien, mais les
succès obtenus sur l'emplacement de l'antique Memphis
compensèrent largement cet échec. La ville même est
difficile à explorer, à cause des bois de palmiers et des
villages qui la recouvrent, mais les nécropoles, de Gizeh
à Meïdoum, sont inépuisable. Mariette s'attaqua d'abord
aux pyramides et ouvrit, en 1858, le Mastabat-el-Faraoun,
qu'il crut être le tombeau d'Ounas, de la ve dynastie.
L'ayant trouvé vide et nu, il se confirma dans
l'idée que les pyramides ne renfermaient jamais d'inscriptions,
et qu'à les explorer il perdrait son temps et
son argent. Il reporta tous ses efforts sur les tómbes
privées, dont la mission de Lepsius avait relevé l'importance,
et les examina avec ordre et méthode. Les
fouilles, menées activement de 1858 à 1863, puis reprises
en 1877, après avoir traìné pendant des années,
ont fait connaitre plus de trois cents tombes nouvelles
à Gizeh, à Saqqarah, à Meïdoum. Il fit connaitre quelques-uns
des résultats obtenus jusqu'en 1867, dans son
mémoire: Sur les tombes de l'ancien empire qu'on
trouve à Saqqarah (Revue archéologique
, 1867, t. I),
et se préparait à tout publier, quand la mort vint le
surprendre. J'ai retrouvé dans ses papiers des morceaux
d'introduction et des notices, plus ou moins détaillées, de
cent cinquante tombes, matériaux à peine dégrossis de
ce mémoire sur les Mastabas; le gouvernement français
les a publiés tels quels (1882-1884).

xv

Abydcs, Dendérah, Edfou et Thèbes profitèrent le
plus de son activité. On peut dire qu'avant lui Abydos
était inconnue; en vingt ans, il fit sortir de dessous
terre le temple de Séti I, deux temples de Ramsès II,
les restes du grand temple d'Osiris, plus de deux cents
tombes et quinze mille monuments de différente nature,
dont la plupart sont aujourd'hui au musée de Boulaq.
A Dendérah, déblaiement du grand temple d'Hathor
et d'une partie des édifices environnants. A Thèbes,
grandes fouilles au temple d'Ammon, à Karnak, à
Médinet-Abou, à Deïr-el-Bahari, dans la plupart des
villages qui couvrent aujourd'hui l'emplacement de la
grande métropole égyptienne. A Edfou, une ville entière
s'était établie sur les toits du temple et rendait l'étude
impossible; elle fut transportée dans la plaine et le
temple sortit intact de son linceul de décombres. Et je
ne fais que mentionner en passant les recherches fructueuses
qu'il exécuta lui-même ou fit exécuter tout le
long de la vallée par son fidèle auxiliaire, le peintre italien
Louis Vassali, qu'il avait connu en 1858 et qui est
resté jusqu'en 1883 conservateur du musée de Boulaq.
Saïd pacha, qui l'avait si bien soutenu mourut en
janvier 1863, et Ismaïl pacha monta sur le trône. Le
nouveau souverain, tout occupé de grands desseins politiques,
n'attachait que peu d'importance à l'archéologie;
il continua cependant les traditions de Saïd et ne suspendit
point les travaux. Mariette, nommé commissaire
égyptien à l'Exposition universelle de 1867, transporta
à Paris les plus belles pièces du musée de Boulaq
et fit connaître à l'Europe émerveillée les richesses
et les beautés inconnues de la civilisation égyptienne.

II profita de son succès pour commencer à publier le
rèsultat de ses fouilles. Il avait dressé à ce sujet un
plan grandiose: son œuvre devrait être comme un livreimmense
dont chaque chapitre renfermerait tout cequ'une
localité déterminée aurait produit; l'ensemble
s'appellerait: Fouilles exécutées en Egypte. La première
partie formait deux volumes in-folio, renfermant
les monuments trouvés au Gebel-Barkal, en Nubie, et
les principaux textes des temples de Séti I et de Ramsès
II, à Abydos. Ces deux volumes, à peine mis en
vente (1867), furent retirés du commerce et dépecés;
les planches de Gebel-Barkal furent insérées plus tard
dans les Monuments divers; les autres, dans les deux
volumes d' Abydos, et, de l'ouvrage primitif, il ne reste
plus à ma connaissance que trois exemplaires. Aussi
bien, Mariette, de retour en Egypte au lendemain de
l'Exposition, avait reconnu que son plan était trop vaste
et s'était résignê à publier isolément les matériaux de
l'œuvre au fur et à mesure qu'ils seraient assemblés en
quantité suffisante. Le tome premier d' Abydos, paru
en 1867, ne renfermait plus que les planches et le texte
relatifs au temple construit par Séti I.
Les malheurs de la France en 1870, les embarras
politiques et financiers de l'Egypte, la maladie, les chagrins
domestiques, interrompirent brusquement l'activite
de Mariette. Mariette était resté veuf en 1864 a vec
sept enfants vivants, de onze qu'il avait eus. La mort
soudaine de sa fille aînée, puis celle d'une autre fille et
d'un fils qu'il aimait tendrement, l'assombrirent d'année
en année. Les infirmités vinrent avec les chagrins. A
la force morale il joignait une force physique prodigieuse

et une vigueur de tempérament dont il avait parfois
abusé dans l'ardeur de la recherche scientifique. Dès
1861, les analyses médicales signalaient en lui les
germes de la maladie terrible, le diabète sucré, dont il
devait mourir vingt ans plus tard; le rude hiver de
1870, qu'il passa tout entier à Paris, fit de l'athlète
d'autrefois un valétudinaire confirmé. Il n'en continua
pas moins ses travaux: Dendérah fut publié en six
volumes, de 1870 à 1876, Karnak et Deïr-el-Bahari
livrés au public, les Minuments divers commencés.
En 1877, le diabète se déclara avec une violence telle,
qu'au mois de juin, Mariette, condamnê par les médecins,
passa pour n'avoir plus que quelques jours à vivre.
Il se rétablit pourtant, et cètte reprise de sauté fut
marquée par un redoublement d'activité; le deuxième
volume d'Abydos et le Catalogue général des monuments
trouvés dans cette ville sont de cette époque.
Mais la maladie était trop avancée déjà pour qu'on pùt
faire autre chose qu'en retarder les progrès. Mariette
songeait à rédiger enfin les Mastabas et projetait, dans
une lecture faite à l'Institut en 1879, une lougue série
de travaux, sans paraitre soupçonner que ses jours
étaient comptés. Un dernier voyage en France, qu'il
fit en 1880, acheva de l'épuiser: menacé de mort s'il
retournait en Egypt, il prit la mer contre l'avis des
médecins, gagna Alexandrie, puis le Caire à grand'peine.
Un moment on crut avoir conjuré le mal, mais ce fut
une illusion qui ne dura que quelques heures: il mourut
le 17 janvier au soir, après une agonie terrible de
huit jours, et fut enterré le lendemain. Les derniers
travaux qu'il eût commandés venaient d'amener l'ouverture,

à Saqqarah, des deux pyramides royales remplies
d'inscriptions.
On pourra juger diversement certaines parties de son
œvre: de toute manière, il faudra reconnaître qu'il
eut le génie de la découverte. Homme de cabinet au
début de sa carrière, les aventures de sa vie errante
l'empêchèrent de pousser bien loin ses études de philologie;
elles développèrent les qualités archéologiques
qu'il portait en lui. Il avait l'esprit logique et systématique:
avant de rien entreprendre, il se traçait à
lui-même un plan d'action d'où il ne s'écartait plus par
la suite. Aussi la plupart de ses découvertes ne soutelles
pas dues au hasard: quand il trouvait le Sérapéum,
il savait d'avance où il fallait chercher pour
bien trouver; ses grands travaux d'Abydos n'ont été
entrepris qu'après de longues méditations, et son exploration
de Dendérah n'est que la démonstration matérielle
d'une théorie conçue a priori. Cette méthode, si
elle a des avantages, a aussi des inconvénients, et
Mariette en a souffert: il a vécu trente ans aux p eds
des pyramides de Saqqarah sans les ouvrir, et cela,
parce qu'une théorie a priori lui enseignait que nulle
pyramide ne peut renfermer d'inscriptions. La logique,
qui l'avait si bien servi ailleurs, le desservit ici.
Mariette était décoré de la plupart des ordres de
l'Europe: il était membre de l'Académie des inscriptions
et belles-lettres depuis 1878, et pacha. Il a laissé
de nombreux papiers que le gouvernement français a
achetés et publiés en partie. (G. MASPERO, Guide au
musée de Boulaq
, 1884, p. 13.)

xix

Mariette avait rêvé de voir les collections
du Musée égyptien installées dans un monument
digne d'elles. Il avait laissé sur
place, dans le site même où ils avaient été
découverts, la plupart des grands monuments
que leur taille ne permettait pas
de classer dans les galeries trop petites
du Musée de Boulaq. Malheureusement, la
mort devait bientôt enlever à la science
cet intrépide travailleur, et son rêve n'a
même pas été réalisé par son successeur
direct, M. Maspero.
C'est à M. Grébaut, deuxième successeur
de l'illustre Mariette, que revint la tâche
de mettre en valeur les collections amassées
pendant tant d'années. M. Grébaut
commença cette œuvre de longue haleine:
quarante-cinq salles renfermant bon nombre
de monuments furent ouvertes au public
en 1891. Mais la maladie, la fatigue, devaient
encore arrêter les travaux du nouveau
directeur, et le 1er mai 1892, il me

remettait des magasins bondés d'antiquités
et des galeries encore inachevées.
Pendant six mois, sans crédits spécianx;
mais habilement secondé par les savants
conseils de MM. E. Brugsch bey, Daressy,
Bazil et A. Barsanti, je me suis attaché à
terminer l'installation des collections, et,
aú début de l'automne 1892, le Musée
comptait quarante-six salles nouvelles prêtes
à ouvrir au public.
Ces quatre-vingt-onze salles renferment
toutes les antiquités que possède l'Egypte.
Ces galeries' sont, sans contredit, comme
musée égyptologique, les plus riches et les
mieux fournies qui soient dans le monde.
Elles montrent la civilisation pharaonique
dans les moindres détails, et, depuis les statues
et les stèles royales de l'ancien empire
jusqu'aux dernières œuvres d'árt des chrétiens
coptes, elles fournissent au visiteur
toutes les manifestations du sentiment artistique
des habitants de la vallée du Nil.
Bien que très nombreuses, ces collections

n'en sont pas moins appelées à prendre dans
l'avenir une extension plus considérable
encore; chaque année, chaque mois, elles
s'enrichissent d'objets nouveaux, et il est
difficile de prévoir l'importance qu'il sera
nécessaire de donner aux batiments destinés
à renfermer des documents aussi nombreux.
Quoi qu'il en soit, quelles que puissent
être les découvertes, il est certain que
dans quelques années, le palais de Gizeh
lui-même sera devenu trop petit.
Le Musée des antiquités égyptiennes du
Caire est plus spécialement pharaonique. Il
ne comprend les périodes gréco-romaine et
copte que dans le but de montrer comment
s'est éteint cet art si spécial, si caractéristique
qui se développa dans la vallée du
Nil. Les antiquités grecques, romaines et
coptes ont maintenant un autre centre, elles
doivent se réunir dans un musée spécial à
ces époques, créé en mai 1892 dans la ville
d'Alexandrie. C'est là, dans la capitale
même de l'Egypte des Ptolémées, que se

réuniront les documents relatifs à l'histoire
grecque et romaine du pays, et si le Musée
de Gizeh conserve quelques salles renfermant
des objets postérieurs aux âges pharaoniques,
c'est uniquement pour que les
visiteurs puissent suivre dans ses diverses
phases l'agonie de l'art et des usages de
l'Egypte indépendante.
La classification des antiquités dans le
palais de Gizeh est faite suivant l'ordre
chronologique aux étages inférieurs, et
suivant la nature des objets aux étages
supérieurs. Il eût été bien difficile, pour
ne pas dire impossible, de classer chronologiquement
les menus objets, souvent
aussi il eût été nécessaire de placer côte à
côte des objets de taille très dissemblable,
parce qu'ils appartiennent à la même
époque ou qu'ils portent le nom du même
souverain.
Le Musée se trouve donc naturellement
divisé en deux parties: l'une comprenant
les monuments volumineux et lourds qui

tous sont exposés au rez de chaussée, et
l'autre renfermant les objets petits ou légers
qui ornent les salles du premier étage.
L'entrée actuelle du Musée ne correspond
pas avec celle du palais d'Ismaïl pacha; une
porte a été percée sur le côté droit de l'édifice,
un escalier provisoire a été construit,
et le visiteur, après avoir franchi le vestibule,
entre de plain-pied dans les salles de
l'ancien empire.
Treize salles sont réservées aux monuments
des premières dynasties. C'est là que
le visiteur peut admirer les chefs-d'œuvre
de l'art égyptien du cinquantième siècle
avant notre ère, puis le Moyen Empire est
représenté par six salles ornées de statues
et de bas-reliefs.
Les antiquités du Nouvel Empire occupent
dix-sept salles, et, en les parcourant,
on arrive graduellement à la salle
gréco-romaine, qui renferme les principaux
monuments de l'époque ptolémaïque,
et aux deux salles coptes, dont l'époque

précède de fort peu la conquête musulmane
de l'Égypte.
Dans la grande salle du bas de la partie
du palais dite le Harem, sont rangés des
sarcophages appartenant à toutes les époques.
Ces objets fort lourds et très encombrants
ne pouvaient être disséminés dans
les salles historiques; ils tont partie des
séries funéraires exposées à l'étage supérieur.
Les monuments plus légers et plus petits
occupent tout le premier étage. Ils sont
classés suivant l'usage auquel ils étaient
destinés dans l'antiquité: c'est ainsi que
les bronzes religieux, et, en général, toutes
les représentations de la divinité et les
objets destinés aux cérémonies du culte,
occupent le grand salon en forme de croix,
situé au-dessus des salles du Moyen Empire.
A côté sont les scarabées, puis les bijoux
et tous les objets destinés à la parure, les
étoffes, la céramique, les vases de métal, de

pierre et de bois, les armes, les menus objets
royaux ou funéraires, les papyrus, les
ostraca, les modèles de sculpteurs, les croquis
d'artistes, les meubles, les échantillons
industriels et les textes d'architecture.
Là se termine la série pharaonique: les
salles gréco-romaines et coptes lui succèdent;
la dernière renferme tous les objets
étrangers à l'art égyptien, mais cependant
découverts dans son sol.
A ces galeries il convient d'ajouter celles
spécialement destinées à la fameuse découverte
des momies royales et à celle des
prètres d'Amon.
Tel est, en quelques lignes, le Musée de
Gizeh; telles sont les collections renfermées
dans le vaste palais. Le visiteur trouvera
bien certainement que le parcours d'un si
grand nombre de salles est très pénible:
nous avons cherché à diminuer sa fatigue
en plaçant sur les murailles, dans chaque
salle, toutes les indications pour qu'il ne
perde pas son chemin et puisse retrouver

aisément les galeries qui l'intéressent. Nous
avons aussi ouvert toutes les issues afin
de rendre les communications plus taciles.
L'installation des objets dans le Musée
était un travail long et pénible. M. Brugsch
bey, conservateur, et M. Daressy, conservateur-adjoint,
s'y sont attachés avec un
grand dévouement, mais le temps leur
manquait pour rédiger une notice pouvant
servir de guide au visiteur; aussi ai-je
profité de l'extrême complaisance et de la
science profonde de M. P. Virey, un égyptologue
français, et l'ai-je prié de rédiger
le catalogue. Qu'il me soit permis de lui
exprimer ici, au nom du Service des antiquités,
toute ma gratitude.
Gizeh, le 1er novembre 1892.

J. DE MORGAN.


TABLEAU CHRONOLOGIQUE

ANCIEN EMPIRE. Ire-Xe DYNASTIES. — Fondation de
Memphis par Ménés (1re dynastie) environ 5000 ans
av. J.-C. — Construction des grandes pyramides sous
la IVe dynastic, environ 4000 ans av. J.-C.
Si incertaine que soit la chronologie égyptienne, il
est permis, d'après les calculs les plus modérés, d'évaluer
à six ou sept mille ans l'antiquité des premières
dynasties. Memphis était alors le centre de la civilisation
dans la vallée du Nil, Les grandes pyramides, le Sphinx
et le temple de Gizeh étaient alors bâtis ou en cours de
construction. Les Egyptiens possédaient le Sinaï et
envoyaient déjà les expéditions dans l'intérieur de
l'Afrique jusqu'au Darfour et au lac No.
MOYEN EMPIRE, XIe - XVIIe DYNASTIES, environ 3000
ans av. J.-C. — Le lac Mœris et le Labyrinthe.
Le Moyen Empire fut contemporain du patriarche
Abraham, quarante siècles environ avant notre époque.
Thèbes était alors la capitale de, l'Egypte. Sous les
Ousortesen et les Amenemhat (XIIe dynastie), la Nubie
fut conquise et colonisée, les arts furent très florissants;
mais survint l'invasion des Pasteurs, qui, venant d'Asiè,
envahirent l'Egypte et la ruinèrent par plusieurs siècles
de guerres.
NOUVEL EMPIRE, XVIIIe - XXXIe DYNASTIES, de 1700
environ à 332 ans av. J.-C.
Les princes thébains de la XVIIIe dynastie chassèrent
les Pasteurs de l'Egypte et, rétablissant la puissance

indigène, fondèrent le nouvel empire, 3600 ans environ
avant notre époque. Aux rois libérateurs, aux Soqnounri
et aux Ahmès, succédèrent les rois conquérants, les
Thoutmès et les Aménophis (XVIIIe dynastie), les Séti et
les Ramsès II ou Sésostris '(XIXe dynastie); les Syriens,
les Phéniciens, les Ethiopiens, les Somalis étaient sujets
ou tributaires des Pharaons, et les rois d'Assyrie recherchaient
leur alliance. Ainsi l'on a récemment trouvé la
correspondance du roi de Babylone avec Aménophis IV
(XVIIIe dynastie), le Pharaon qui priva Thèbes pour
quelques années de son rang de capitale, et créa la curieuse
ville de Tell-el-Amarna. Alors fûrent construits
les plus beaux monuments de la vallée du Nil. La fin
de la XIXe dynastie fut une époque de troubles; les Hebreux,
opprimés depuis Ramsès II, quittèrent l'Egypte.
La XXe dynastie, qui rétablit l'ordre et repoussa l'invasion
des peuples de la Méditerrauée: Pélasges, Sicules,
Sardes, Danaens, etc., fut contemporaine de la guerre
de Troie, il y a environ 3000 ans. Les rois de la XXIe dynastie
firent alliance avec Salomon; au contraire, le
fondateur de la XXIIe dynastie, Sésac ou Sheshonq, fit
Roboam prisonnier dans Jérusalem vers 965. Mais, à
cette époque, les prêtres d'Amon quittèrent Thèbes et
se retirèrent en Ethiopie: l'Egypte se divisa et s'affaiiblit.
Les descendants éthiopiens des prêtres d'Ammon
la reconquirent un moment pour la quitter de nouveau;
les Assyriens l'envahirent. Une période de prospérité
revint avec la dynastie saïte (XXVIe), 665 ans avant
l'ère chrétienne. Un des rois de cette dynastie, Nékhao,
vainquit et tua à Mageddo Josias, roi des Juifs, mais
recula devant Nabuchodonosor: il entreprit de joindre
le Nil à la mer Rouge par un canal et fit, suivant Hérodote
(l. IV, c. 42), exécuter la circumnavigation de
l'Afrique, de la mer Rouge à la Méditerranée, par le
cap de Bonne-Espérance. Les troupes grecques à la solde
de la XXVIe dynastie n'empêchèrent pas l'Egypte d'ètre
conquise par les Perses, en 527 avant l'ère chrétienne.

xxix

Affranchie en 405, de nouveau soumise en 340, elle
passe de la puissance perse sous la puissance macédonienne
et grecque.
EPOQUE GRECQUE.Les Ptolémées — 332-30 ans
av. J.-C.
Alexandre le Grand, roi de Macédoine, fonde Alexandrie
(332 av. J.-C.). Cette ville parvient' à une prodigiense
prospérité. Les rois grecs, dont elle fut la capitale,
construisirent dans la Haute-Egypte les temples
de Dendérah. d'Esneh, d'Edfou, d'Ombos et de Philæ.
A la mort de Clêopàtre (30 ans av. J.-C), l'Egypte
passe sous la domination romaine.
EPOQUE ROMAINE.Le christianisme; lá conquête
arabe — de 30 ans av. J.-C. à 640 ans aprés J.-C.
L'époque romaine, avec les empereurs de Rome et
ensuite de Constantinople, voit le progrès du christianisme,
la vie cénobitique en Thébaïde et le développement
de la civilisation copte, à laquelle la conquète
mahométane fait succéder la civilisation arabe.
Le tableau suivant, extrait du cataloque de Mariette
pacha
(Notices des principaux monuments du
musée de Boulaq, 1876, p. 11), fournit des indications
approximatives sur l'époque des diverses dynasties.

TABLEAU DES DYNASTIES ÉGYPTIENNES.
Dynasties. Capitales. Durée. Avant
Ancien empire I e, Thinis 253 ans 5004
IIe 302 ans 4751
IIIe Memphis 214 ans 4449
IVe 284 ans 4235
Ve 248 ans 3951
VIe Eléphantine 203 ans 3703
VIIe Memphis 70 jours ....
VIIIe 142 ans 3500
IXe Héracléopolis 109 ans 3358
Xe 185 ans 3249
Moyen empire XIe Thébes ... ...
XIIe 213 ans 3064
XIIIe 453 ans 2851
XIVe Xoïs 184 ans 2398
XVe (Pasteurs) 511 ans 2214
XVIe
XVIIe
Novel empire XVIIIe Thébes 241 ans 1703
XIXe 174 ans 1462
XXe 178 ans 1288
XXIe Tanis 130 ans 1110
XXIIe Bubastis 170 ans 980
XXIIIe Tanis 89 ans 810
XXIVe Saïs 6 ans 721
XXVe (Ethiopiens) 50 ans 715
XXVIe Saïs 138 ans 665
XXVIIe (Perses) 121 ans 527
XXVIIIe Saïs 7 ans 406
XXIXe Mendés 21 ans 399
XXXe Sébennytès 38 ans 378
XXXIe (Perses) 8 ans 340
Basses époqucs XXXIIe (Macédoniens) 27 ans 332
XXXIIIe (Grecs) 275 ans 305
XXXIVe (Romains) 411 ans 30
Après J.-C.
Édit de Théodose 381

AVIS

Par mesure de sécurité, certains monuments ont dû
ëtre changés de place; d'autres, récemment découverts,
n'ont pu être rangés suivant leur ordre chronologique,
faute d'espace. Il en est résulté quelque trouble dans la
classification méthodique du Musée.
Pour trouver la description d'un monument, il suffit
de se reporter au numéro qu'il porte (étiquette en papier
gris): les numéros se suivent régulièrement dans le catalogue
et les suppléments.
Les vitrines F, H, K, L de la salle 70 et les objets
contenus dans l'armoire D de la même salle ont été
transportés au rez-de-chaussé, salle 7. L'armoire D
renferme maintenant de petits objets récemment entrés
au Musée. Les plus importantes des momies royales
ont été descendues dans la salle 3.


1

MONUMENTS DE L'ANCIEN EMPIRE
(Ire-Xme DYNASTIES)
(Salles 1 à 13)

Salle 1 (Monuments archaïques).

Nord-ouest de la salle.

1 — Granit noir, tacheté de rouge — Haut. 0m, 40
Rec. du musèe, t. l, pl. 13 — Saqqarah, 1888.
Personnage agenouillé, découvert en 1888 à Mitrahineh,
site de Memphis. La facture de la statuette et
surtout le style de la légende font supposer pour ce
monument l'antiquité la plus reculée.
2 — Bois — Trois panneaux. Haut. moy. 1m, 45, larg.
moy. 0m, 40. Cat. Mar., Nos 989, 992; Cat. Masp., p. 213.
Saqqarah.
Ces panneaux étaient encastrés dans les stèles ou
fausses portes du tombeau de Hosi, ou mieux peutètre
Râ-hosi, à Saqqarah, nécropole de Memphis. Le
style est d'une finesse remarquable, contrairement à
ce que nous avons observé au N. 1, mais le groupement
incertain des hiéroglyphes indique une époque où l'art
de l'écrivain n'était pas encore soumis aux règles
rigoureuses qu'on observe plus tard. Ce monument est
antérieur à l'époque des grandes pyramides.

Deux autres panneaux de même provenance se
trouvent de l'autre côté de la salle.

Sud-ouesl de la salle.

3 — Pisé et stuc — Haut. 0m29, long. 1m, 74. Cat. Mar.
p. 205. — Meïdoum.
Oies paissant, trés jolie fresque pleine de vie et degaîté.
Cette scène et les hiéroglyphes peints qu'on voit
plus haut proviennent d'un tombeau de Meïdoum que.
Mariette jugeait antérieur à l'époque des grandes pyramides.

Centre de la salle.

4 et 5 — Albâtre — Haut. 0m,27, larg. 0m,39, long
0m,57. Cat. Mar., Nos 93 et 94; Cat. Masp., p. 212. —
Saqqarah.
Tables à libations appuyées sur deux lions accotés
le liquide coulait par une rigole dans un vase placé
entre les queues des deux lions; provenant d'un tombeau
situé près de la pyramide à degrés de Saqqarah.
6 — Calcaire — Haut. 1m, 20. Mar., Mon. div., pl. 20;
Cat. Mar., N. 973; Cat. Masp., p. 221. — Meïdoum.
Magnifiques statues peintes du prince Rahotpou et
de la dame Nofrit, découvertes dans un tombeau voisin
de la pyramide de Meïdoum. Mariette leur attribuait la
même date qu'au N. 3 (fin de la III dynastie).
7 — Albâtre — Long. 1m, 22, larg. 0m,47, haut. 0m,56.
Rec. du musèe, t. l, p. 13. — Saqqarah, 1888.
Cette pierre d'un style très archaïque, aux côtés
ornés de longues raies verticales (Cfr. Nos 8, 9, 10, 71,

96), peut avoir été une table ou autel à libations ou le
socle d'un sphinx. Elle a été trouvée en 1888 à Mitrahineh
(Memphis), au-dessous des fondations du temple
de la XIXe dynastie, et a pu, par conséquent, appartenir
à un temple de l'Ancien Empire.
8 et 9 — Calcaire — Haut. 0m, 79, larg. 0m, 68. Cat.
Masp., p. 33. — Gizeh.
Stèles de Sitou (IVe dynastie), nécropole de Gizen.
Elles représentent la façade d'un édifice égyptien de
cette époque, avec la porte au milieu. En effet, les
stèles des tombeaux étaient primitivement de fausses
portes par où le monde des vivants était censé communiquer
avec l'autre (voir salle 3, au milieu de la stèle
No 55, la porte à deux battants fermée par le double
verrou égyptien). Les offrandes destinées au défunt
pour sa nourriture dans l'autre vie étaient déposées
devant ces portes pour qu'il en prit possession, puisqu'il
pouvait passer par là, et la stèle 63, dans la salle 4,
nous montre le défunt Nuternofer, venant de l'autre
monde prendre les offrandes, et traversant sa porte.
Plus tard, au lieu de déposer les aliments en nature
devant la stèle, on les représenta sur la stèle en sculpture
ou en peinture; la théologie égyptienne admettait
que par la vertu magique appelée mâkherou, ces
images d'offrandes devenaient réelles et assimilables
pour le défunt. Enfin, on en vint à ne plus mème
représenter la porte, et la stèle devint une simple table
de pierre ou de bois, portant une inscription où l'on
priait la Divinité de faire parvenir les offrandes au
défunt, et représentant celui-ci en possession de l'envoi
déposé devant lui.

Ce que nous venons de dire ne s'applique, bien
entendu, qu'aux stèles funéraires et non aux stèles
commémoratives, tables de pierres où l'on gravait la
mention d'un fait historique ou d'un évènement religieux.

Sud de la salle.

10 — Calcaire — Haut. 2m, 51, larg. 1m, 57.— Saqqarah.
Stèle sans nom, ornée comme les Nos 8 et 9. Rapportée
de Saqqarah en 1892.
11 et 12 — Calcaire — Haut. 1m,68, larg. 0m,42. Cat.
Mar., Nos 994 et 995; Cat. Masp. p. 212. — IIIe dynastie.
Saqqarah.
Deux montants de porte sur lesquels est représentée
la femme de Sókarkhabiou (voir N. 16). La figure de
cette femme, qui s'appelait Hatornoferhotpou de son
grand nom et Tepes de son petit nom, rappelle, dit
M. Maspero, le type des Nubiennes; elle a sous les
yeux une bande de fard vert.

Est de la salle.

13 — Calcaire — Haut. 1m,40, larg. 0m,95. Cat. Mar.
N. 996; Cat. Masp, p. 213. — Saqqarah.
Stèle ou fausse porte du tombeau de Shiri, prètre du
roi Send, de la IIe dynastie.
14 — Albâtre — Long. 0m, 32, larg. 0m, 56. Cat. Mar.
N. 92; Cat. Masp., p. 430. — Saqqarah.
Table d'offrandes rectangulaire, au nom de Snefrounefer,
prêtre de la pyramide Assanefer (Ve dynastie).
Au centre, le caractère hotep (offrande); aux angles.
un pain sacré et trois godets pour les liquides.

15 — Albâtre. — Diam. 0m,49. Cat. Mar., N. 964;
Cat. Masp., p. 49. — Saqqarah.
Autre table d'offrandes, de forme circulaire.

Sud de la salle.

16 — Calcaire — Haut. 1m,96, larg. 0m, 43. Cat. Masp.
p. 213. — IIIe dynastie. — Saqqarah.
Stèle ou fausse porte du tombeau de Sokarkhabiou
(Cfr. Nos 11 et 12), dont le petit nom était Hetes.
La salle contient encore des stèles (Cfr. N. 8),
des tables d'offrandes (Cfr. Nos 14 et 15), des tables
à libations (Cfr. Nos 4 et 7), des autels pour brûler
l'encens (Cfr. N. 32).

Salle 2 (Monuments des IVe, Ve et VIe dynasties).

Centre de la salle.

17 et 18 — Calcaire — Haut. 1m,95 et 1m, 73. Cat.
Mar., Nos 23 et 582; Cat. Masp., p. 218, 221. — Ve dynastie.
Saqqarah.
Statues de Rânefer, prêtre de Ptah, dieu de Memphis.
Rânefer est représenté la tête rasée (N. 17) et la
tète couverte d'une perruque (N. 18).
Il n'est pas surprenant que les tombeaux nous aient
rendu deux et parfois même plus de deux statues d'un
même personnage. Après la mort, l'ombre du défunt

avait besoin d'un support matériel, d'un corps, en un
mot, lui permettant de manger des offrandes, car une
ombre impalpable n'aurait pu s'assimiler des aliments
solides. Ce support était, naturellement, la momie que
le Rituel du sacrifice funéraire remettait en état de
jouir de la vie en prenant possession des offrandes.
Mais si bien protêgée qu'elle fût, celle-ci pouvait ètre
détruite. On faisait donc à l'image du défunt des statues
qu'on soumettait au contact de la momie. Grâce à l'intervention
du prêtre, ce contact suffisait à faire passer
en elle le fluide ou l'essence du défunt. On fixait
ensuite, par une sorte d'opération de lanterne magique,
l'ombre sur les statues; celles-ci valaient, dès lors,
autant que la momie; elles étaient, suivant l'expression
de M. Maspero, des doubles accomplis du défunt;
plus il y en avait, mieux l'existence de l'ombre était
garantie.
L'Ancien Empire employa généralement, comme nous
pouvons le voir, des statues d'assez grandes dimensions;
le Nouvel Empire, au contraire, préféra donner au mort
des multitudes de petites statues de 5 à 25 centimètres
de long, qu'on appelait oushabti.
19 — Bois — Haut. 1m,10. Cat. Mar., N. 492; Cat. Masp.,
p. 75. — IVe dynastie. — Saqqarah.
Célèbre statue connue sous les nom de Cheikh-el-beled:
“Il est debout, le bâton à la main. Les jambes manquent:
il a fallu lui en rajouter, auxquelles on a
laissé la couleur du bois nouveau. Les yeux sont rapportés,

comme c'est le cas pour beaucoup de statues
égyptiennes. Ils sont formés d'un morceau de quartz
blanc opaque, enchâssés de bronze pour simuler la
paupière, un morceau de cristal transparent sert de
prunelle, et un petit clou d'argent, fixé sous le cristal,
produit la paillette lumineuse de l'œil vivant,
Par un hasard singulier, la statue de ce vieil égyptien
est le portrait exact d'un des cheikhs-el-beled, ou
maires, du village de Saqqarah; nos ouvriers arabes,
toujours prompts à saisir les ressemblances, l'ont
appelée aussitôt le Cheikh-el-Beled et le nom lui en est
resté. Le Khâfri et le Cheikh-el-Beled sont, peut-être,
ce que l'art le plus ancien a légué de meilleur au
musée; seul le scribe accroupi du Louvre mérite de
lui être comparé.” (MASPERO).

Nord de la salle.

20 — Calcaire — Haut. 1m,11.
Statue du prêtre Anskha, représenté nu et circoncis.
Coiffure remarquable.
21 — Calcaire — Haut. 1m,08.
Statue de kher-heb (prêtre officiant) Atep. Le
kher-heb dirigeait un grand nombre de cérémonies,
par exemple celle qui faisait passer la personnalité du
défunt dans ses statues (N. 17).
22 — Calcaire — Haut. 0m, 83. Cat. Mar., N. 878.
Statue d'Eikaou, préposé aux écritures de la comptabilité.

23 — Calcaire — Haut. 2m,30, larg. 0m,92. — Saqqarah.
Stèle en relief, au nom de Rankaou (voir le N. 28)
mentionnant sa femme Ahat, prêtresse d'Hathor.
24 — Calcaire — Haut. 2m,35, larg. 1m,07. — Saqqarah.
Stèle de Hesesi, directeur des greniers, du trésor et
des appartements, ordonnateur des travaux, etc. Les
hiéroglyphes gravés en creux sont aussi peints en bleu.
Trouvé en 1887, au nord de la pyramide à degrés de
Saqqarah.

Sud de la salle.

25 — CalcaireSaqqarah.
Statue d'Ourarenptah, docteur préposé aux écrits.
Cette statue, découverte à Saqqarah en 1892, est d'une
beauté remarquable. Le visage est doux et souriant, le
nez malheureusement endommagé.
26 — CalcaireSaqqarah.
Stèle représentant une prètresse d'Hathor et de Neit,
appelée Noubhotep de son grand nom et Bebi de son
petit nom, entourée de ses fils et de ses filles. Cette
stèle vient du même tombeau que la suivante (N. 27),
portant le nom du prêtre Teshon et les cartouches des
rois Usorkaf et Ramenkaou, de la Ve dynastie. Rapportée
do Saqqarah en 1892.
27 — Calcaire — Haut. 2m,31, larg. 1m,23. — Saqqarah.
Stèle de Teshon, fils aîné de Tepemânkh (Nos 95 et 98) et mari de Noubhotep (N. 26). Rapportée de
Saqqarah en 1892.

28 — Calcaire — Haut. 2m,38, larg. 1m,22. — Saqqarah.
Stèle gravée en relief au nom de Rankaou (voir
N. 23). Rapportée de Saqqarah en 1887.
29 et 30 — Calcaire — Haut. 2m,60 et 2m,41, larg.
1m,08 et 1m,03. Cat. Mar., Nos 997 et 998; Cat. Masp.,
p. 201 et 202. — VIe dynastie. — Saqqarah.
Bas-reliefs qui couvraient le còté gauche et le côté
droit de la niche au fond de laquelle se trouvait la stèle
ou fausse porte du tombeau de Sibou (voir N. 99) dit
Abba, à Saqqarah. Le défunt reçoit les revenus de ses
propriétés, son mobilier funéraire, les mets offerts par
sa famille, et les statues faites à son image (N. 17),
qui doivent fictivement manger et boire à sa santé les
offrandes sculptées sur les murs (N. 8).

Centre de la salle.

31 — Albâtre — 1m,28 sur 2m,16. — Saqqarah.
Belle table d'offrandes (Cfr. N. 14) de l'Ancien Empire,
trouvée à Saqqarah dans la maison de Mariette et
transportée au musée en 1887.
32 — Diorite — Diam. 0m,30. Cat. Masp. p. 212. —
Saqqarah.
Vase au nom de Ptahkhouni, trouvé à Saqqarah.
Ce vase est posé sur un autel à brûler l'encens, au nom
de Sitou. Quatre autres autels à encensements en forme
de chandeliers se trouvent aux quatre coins de la salle.
Ces autels portaient un foyer sur lequel on versait le
parfum trois fois de suite, de sorte que la flamme montait
trois fois vers le ciel, pour redescendre trois fois

vers la terre, image du principe vital qui retournait à
la Divinité aprés la mort de chaque individu, et que la
Divinité renvoyait ensuite ici-bas pour animer de nouvelles
existences.

Nord-est de la salle.

33 — Diorite — Haut. 1m,22. — Gizeh.
Statue décapitée portant le nom du roi Chephren
(Khâfrâ)
et provenant du puits du temple de granit,
près du grand sphinx de Gizeh, comme la belle statue
du même roi rapportée par Mariette (N. 64).
34 — Calcaire — Haut. 1m,50., larg. 0m,92. Cat. Mar.,
N. 38. — VIe dynastie. — Saqqarah.
Stèle de Hapi, prêtre de la pyramide du roi Téti.

Sud-est de la salle.

35 — Bois — Haut. 0m,60. Cat Mar., N. 493; Cat. Masp.,
p. 220. — Saqqarah.
Restes d'une statue de femme trouvée avec la statue
du Cheikh-el-Beled (N. 19) à Saqqarah.
36 — Calcaire — Haut. 1m,37, larg. 0m,65. — Abydos.
Stèle de Sesha portant aussi les noms de Ptahnefersim
et de Rameriptahsankh. Cette stèle, de la VIe dynastie,
ne provient pas de Memphis, comme la plupart
de nos beaux monuments archaïques, mais d'Abydos,
où la tradition plaçait le tombeau d'Osiris.

Salle 3 (Suite des monuments des IVe, Ve et VIe dynasties).

Centre de la salle.

37 — Albâtre calcaire —Haut. 0m,6[illeg.]5. Recueil du
musée
, t. I, pl. 12. — Saqqarah.
Statue royale sans nom, trouvée en 1888 à Saqqarah,
ainsi que les quatre suivantes.
38 — Albâtre calcaire — Haut. 0m,48. Recueil du
musèe
, t. I, pl. 11. — Ve dynastie.
Statue du roi Menkahor.
39 — Granit rose — Haut. 0m, 65, Rec. du musèe,
t. I, pl. 10. — Ve dynastie.
Statue du roi Usorenrâ.
40 — Diorite — Haut. 0m,545. Rec. du musèe, t. I, pl 9,
— IVe dynastie.
Statue du roi Mycérinus (Menkarâ), successeur de
Chephren et constructeur de la troisième des grandes
pyramides.
41 — Albâtre — Haut. 0m, 80. Rec. du mus., t. I, pl. 8.
— IVe dynastie.
Statue du roi Chephren (Khafrâ), constructeur de
la seconde des grandes pyramides (voir les Nos 33, 41
et 64).
42 — Basalte vert — Haut. 1m, 20, Cat. Mar. N. 792;
Cat. Masp. p. 217.
Autre statue de Chephren (voir N. 41), trouvée par
Mariette dans le puits du temple de granit, près du
sphinx de Gizeh.

43 — Calcaire — Haut. 0m, 92, Cat. Mar., N. 494; Cat.
Masp., p. 218. — Saqqarah.
Statue d'Ateti Ankhiris, magistrat sous la VIe dynastie.
44 — Calcaire — Haut. 0m, 81.
Statue de Khoui, surnommé Emap (?) Deux femmes
accroupies le long de ses jambes, dans une posture
remarquable: l'une est sa fille, la prêtresse d'Hathor
Noubdouaut; la légende qui désigne l'autre est incomplète.

Est de la salle.

45 — Diorite — Haut. 1m, 08. — Gizeh.
Statue décapitée, sans inscription, trouvée dans le
puits du temple de granit, près du sphinx de Gizeh,
ainsi que la suivante.
46 — Basalte vert — Haut. 1m,07.
Statue décapitée de l'époque de Chephren, dont le
cartouche se lit à droite et à gauche du siège.
47 — Calcaire — Haut. 0m,62, larg. 0m,50.
Pierre gravée des deux côtés, au nom du roi Pépi
Noferkarâ
(VIe dynastie), à qui la déesse Ment (stabilité,
puissance conservatrice) remet le don de vie et de
prospérité.
48 — Granit gris — Haut. 0m,28, long. 1m,17.
Fragment de naos ou petite chapelle au nom du roi
Sahurâ (Ve dynastie). Employé par les anciens Egyptiens

eux-mêmes, après la destruction du naos, comme
pierre de construction pour un édifice. On voit sur la
face supérieure les signes du kher (mettre dessous), qui
indiquent de quel côté la pierre dut alors être assise.

Sud-est de la salle.

49 — Calcaire — Haut. 1m,15, larg. 2m,45, Cat. Mar.,
N. 922; Cat. Masp., p. 209; Mar. Abydos, t. II, ppl. 44
et 45, t. III, pl. 84; N. 522.
Un des plus précieux monuments du musée. Histoire
d'Ouna, d'abord page de Teti, premier roi de la VIe dynastie; puis ministre des rois suivants: Pépi I et
Merenrâ Sokarimsaf, conquérant de la Nubie et vice-roi
des pays situés entre Eléphantine et Memphis. Un
texte à peu près contemporain, découvert près d'Assouan
par M. Schiaparelli au commencement de 1892, nous
apprend qu'à cette époque reculée, des explorateurs
égyptiens pénétrèrent dans l'intérieur de l'Afrique jusqu'au
pays des Pygmées.

Sud-ouest de la salle.

50 — Calcaire — Cat. Masp., p. 211; E. de Rougé,
Inscr.hiérogl., pl. 1. — IVe dynastie. — Grandes pyramides.
Les grands seigneurs égyptiens, dit M. Maspero,
passaient avec les prêtres de véritables contrats par
lesquels ils donnaient à tel ou tel temple des terres ou
des privilèges en échange de sacrifices à faire en l'honneur
de leur double (voir N. 17), aux époques réglées
par la coutume. Ce monument est un fragment de
contrat, le plus ancien que nous possédions de ce genre.

Angle sud-ouest de la salle.

51 — Basalte gris — Haut. 2m,33, larg. 0m,30. Cat.
Mar., N. 1000; Cat. Masp., p. 56. — VIe dynastie. —
Abydos.
Montant de porte (?) provenant d'Abydos et portant
le nom de T'aou, beau-frère du roi Pépi Rameri, et
oncle du roi Noferkarâ.
52 — diorite — Haut, 0m,76. — Gizeh.
Statue décapitée d'un prince, trouvée dans le temple
d'Isis, à l'est de la pyramide de la fille de Chéops, à
moins d'un mètre de l'endroit où Mariette avait recueilli
la stèle N. 54.

Ouest de la salle.

53 — Calcaire — Haut. 1m,64, larg. 0m,76. — Saqqarah.
Stèle peinte de Tatit, reine de l'ancien empire, trouvée
à Saqqarah, en 1888.

Nord-ouest de la salle.

54 — Calcaire — Haut. 0m,70. Cat. Mar., N. 581; Cat.
Masp., p. 207. — Pyramides de Gizeh.
Cette stèle mentionne les travaux de construction
exécutés sous le roi Chéops (Khoufou), de la VIe dynastie,
sur le plateau de Gizeh; travaux de la grande
pyramide, d'une autre petite, et du temple d'Isis, où
la stèle a été retrouvée. Ce n'est pas l'original consacré
par Chéops, mais une copie exécutée après la restauration
du temple, peut-être sous la XXVe dynastie.

55 — Granit noir — Haut. 2m,64, larg. 1m,05. —
Karnak.
Grande stèle au nom du prince Ousor, trouvée par
M. Maspero au nord de Karnak. On remarque sur la
fausse porte (voir N. 8), le double verrou égyptien et
les deux yeux, symboles du midi et du nord.

Nord de la salle.

ARMOIRE A.
Objets provenant des tombeaux de l'ancien empire,
petits vases d'albâtre et de bronze, tablettes
d'offrandes, hiéroglyphes peints sur stuc (Cfr.
N. 3); oies d'offrande en calcaire, nourriture du
double ou de la statue de défunt (voir N. 18).
ARMOIRE B.
Vases, tablettes d'offrandes. Sous le N. 56, couvercle
d'albâtre au nom du roi Pépi Noferkarâ
(VIedynastie). Quatre têtes ou couvercles de
canopes, vases oû l'on enfermait les viscères du
défunt, retirés du corps pour l'embaumement;
ces objets proviennent de la pyramide de Licht,
ouverte par M. Maspero. Une étoffe de lin (N. 57)
avec le nom du roi Pêpi. Les fragments d'un vase
(N. 58) au nom de Râmeri, une coupe au nom de
Snefrou (IIIe dynastie), provenant d'El-Hibeh,
près de Feshn, des oies d'albâtre (N. 59), trouvées
dans la pyramide de Licht, un buste de statuette
provenant d'Abydos, etc.

60 — Calcaire —— Haut. 1m, 30. Cat. Mar. N. 912. —
VIe dynastie. — Abydos.
Stèle représentant la royale épouse Papiankhnas
et le chef Aou, assis des deux côtés d'une table d'offrandés.
61 — Syénite — Haut. Om, 62, long. 0m,50. — VIe dynastie.
— Fouilles dirigées par M. Naville, en 1887, dans
le temple de Bubastis.
Fragment portant le cartouche du roi Pépi.

Salle 4.

La salle 4 contient quelques statues dont la
plus remarquable (N. 62, hauteur 1m, 19) représente
la dame Hakenou, deux petites tables d'offrandes
et un certain nombre de stèles. Nous signalerons
surtout, au milieu de la muraille du sud, la stèle:
62 — Calcaire — Haut. 1m34, larg. 1m, 13.
Le défunt Nuternofer est représenté de face, revenant
de l'autre monde pour prendre possession des
offrandes, au moment où il traverse sa porte (voir
N. 8).

Salle 5 (Grand vestibule).

La salle 5 contient quelques-unes des plus
grandes stèles de Saqqarah, rapportées tout récemment

au Musée; deux sarcophages archaïques
et la plus fameuse des statues de Chephren.

Centre de la salle.

64 — Diorite — Haut. 1m, 68. Cat. Mar., N. 578; Cat.
Masp., p. 75.
Statue du roi Chephren, constructeur de la seconde
pyramide (voir Nos 33, 41 et 42), trouvée par Mariette
dans le puits du temple de granit, près du grand sphinx
de Gizeh.
“Khafri est assis, les mains allongées sur les genoux;
un épervier, debout sur le dossier du siège, enveloppe
la tête de ses ailes, image du dieu Râ qui protège son
fils Pharaon. On se demande comment les artistes
égyptiens ont réussi à modeler avec tant de souplesse
une matière aussi rebelle au ciseau que le diorite; tout
le détail des genoux et de la poitrine est rendu avec
une fidélité et une vigueur merveilleuses. Une grande
expression de calme et de force est répandue sur l'ensemble.”
(MASPERO).

Sud-est de la salle.

65 — Calcaire — Haut. 3m,02, larg. 2m. — VIe dynastie.
Saqqarah, 1888.
Stèle du tombeau d'Ankheftka (voir N. 86), prêtre
des rois Sahura et Usorkaf.
66 — Calcaire — Haut. 3m, 75, larg. 2m, 25. — Saqqarah,
1892.
Stèle du magistrat Ankhmaka, prêtre de Sahura
et d'Usorkaf.

Près de l'entrée principale de la salle.

67 — Calcaire — Haut. 0m, 95, larg. 1m, 95, larg. 0m, 75.
Saqqarah, 1892.
Sarcophage d'un prêtre royal, Uta, attaché au service
du roi Mycerinus (Menkaurâ, N. 40), constructeur
de la troisième des grandes pyramides.

Nord-est de la salle.

68 — Calcaire — Haut. 2m,89, larg. 2m, 42. — Saqqarah,
1892.
Stèle du chef, magistrat, comte Safekhnofersim.
69 — Calcaire — Haut. 2m,90, larg. 1m,00.
Deux panneaux qui étaient placés en avant stéle
précédente. Liste des offrandes à présenter au défunt
Safekhnofersim assis devant une table, et apport de
produits par les serviteurs.

Nord-ouest de la salle.

70 — Calcaire — Haut. 2m,49, larg. 1m,84. Cat. Masp.,
p. 25. — Ve dynastie. — Saqqarah.
Stèle du magistrat comte Ptahhotep, qui vivait sous
la ve dynastie, et dont le nom est fameux par les préceptes
de morale et de conduite que nous a conservés le
papyrus Prisse, le plus ancien livre du monde.

Ouest de la salle.

71 — Calcaire — Haut. 3,16, larg. 2m,09. — Saqqarah,
1892.
La femme représentée dans la fausse porte de cette
stèle s'appellait Taï; l'inscription, assez détériorée,
semble indiquer qu'elle était à la tête du harem. — Comparer
le style de ce monument avec les Nos 8, 9 et 10.

72 — Calcaire — Haut. 3,17, larg. 2m,14. — ve dynastie.
Saqqarah, 1892.
Stéle du médecin principal de l'infirmerie royale
Skhemkhetnânkh (celui qui tient les choses qui vivifient),
contemporain du roi Sahura.

Sud-ouest de la salle.

73 — Calcaire — Haut. 2m,57, larg. 2m,82. — VIe dynastie.
Saqqarah.
Stèle d'Ahmes, gouverneur de Tourah.

Centre de la salle.

74 — Beau granit rose — Long. 2m,30, larg. 1m,19,
haut. 1m,45. — Grandes pyramides, Memphis.
“Sarcophage rectangulaire. Le couvercle est arrondi
en voûte extérieurement; aux quatre angles, oreillettes
carrées. Sur le sommet de ce couvercle, prière à Anubis
en faveur du défunt, le prince Her-baï-f. La cuve n'a
pas été gravée à l'intérieur. A l'extérieur, gravure
fine; ornements prismatiques rappelant la façade des
édifices du temps, dans le modèle du beau sarcophage
de Khoufou-Ankh, le nom du défunt avec la mention
du titre du prince occupe le milieu des quatre faces.
Les hiéroglyphes ont toute la grandeur des légendes
de ce temps. Par la place que le puits occupe dans la
nécropole, il n'est pas douteux que le prince Her-baï-f
ne soit un descendant de Chéops.“ (MARIETTE).

Sud de la salle.

75 — Granit noir — Haut. 0m,48.
Statuette de l'ancien empire (N. 118).

76 — Granit noir peint — Haut. 0m,42.
Statuette de l'ancien empire, au nom de Sedenmât
que nous retrouverons dans la salle 7 (armoire A).
Deax autres statuettes à peu près semblables
de l'autre côté (nord) de la salle.

Salle 6.

La salle 6 contient uncertain nombre de statues
(voir N. 18) des stèles ou fausses-portes (N. 8) et
une vraie porte. Les cartouches du roi Pépi font
remonter cette porte à la VIe dynastie, de même
que la plupart des autres monuments de la salle.

Salle 7.

Centre de la salle.

77 — Calcaire — Haut. 2m,00. Cat. Mar., N. 24; Cat.
Masp., p. 222. — Ve dynastie. — Saqqarah.
Statue de Ti, trouvée dans son célèbre tombeau de
Saqqarah, ouvert aux visiteurs.

Nord de la salle.

78-80.
L'armoire B contient une série de statuettes
provenant de Gizeh et surtout de Saqqarah, notamment

celle du nain Knoumhotep, chef de la
lingerie (N. 78; haut. 0m,30; Cat. Masp., p. 220;
Saqqarah; VIe dynastie); celle de Nefer (N. 79;
haut. 0m,36; Cat. Mar., N. 458); une autre, en
bois, d'un homme drapé dáns un grand manteau
(N. 80; haut. 0m,31; Cat. Mar., N. 770; Cat. Masp.,
p. 219); enfin, au milieu de la tablette inférieure,
deux statues ensemble, au nom de Sedenmât.
(voir le N. 76).

Est de la salle.

81 — Calcaire — Haut. 1m,20. Cat. Mar., N. 793. —
Saqqarah.
Groupe de Neferhotep et de la dame Tenteta.

Sud de la salle.

82 — Calcaire — Haut. 1m,12, long. 5m,16. — VIe dynastie.
Saqqarah.
Bas-relief trouvé par M. Maspero. A gauche, le gouverneur
Apa est assis entre sa femme Senbt et sa fille
Papiânkhnas. Au centre, Apa porté en palanquin
visite ses moissons et ses troupeaux. Des barques naviguent
à la voile ou à la perche.

Ouest de la salle.

83 — Calcaire — Haut. 1m,20, larg. 1m,80. Cat. Mar.,
N. 999; Cat. Masp., p. 204. — Saqqarah.
Rentrée de la récolte. Les cultivateurs ont amoncelé
des tas de grains, que l'on mesure avec des boisseaux

et que l'on enregistre avant l'introduction dans les
magasins, représentés à droite du bas-relief, derrière lescribe
principal. Le grain est broyé; on en fait des
gàteaux. Au registre inférieur, travaux des ébénistes,
des orfèvres, des sculpteurs et des ciseleurs. Un scribe
fait peser et enregistrer l'or destiné aux orfèvres.
84 — Calcaire — Haut. 1m,43, larg. 0m,42. — Saqqarah.
Fragment de bas-relief représentant une joute sur
l'eau.
85 — Calcaire — Haut. 0m,48, larg. 0m,38.
Groupe de trois personnages; la parure de la femme
est assez remarquable.
86 — Calcaire — Haut. 1m,16, larg. 1m,50. — Saqqarah,
1888.
Bas-relief du tombeau d'Ankheftka (voir N. 65):
joueurs de flûte et de harpe, chanteurs, danseuses;
deux musiciennes marquent la mesure pour les danseuses
en battant des mains.

Nord de la salle.

87-90.
L'armoire A contient des statuettes de l'Ancien
Empire, pleines de mouvement et de vie. Sous le
N. 87 (calcaire; hauteur 0m,52; Cat. Mariette,
N. 771; Cat. Masp., p. 218), un jeune homme
debout, portant un sac sur l'épaule gauche. —
Sous le N. 88 (calcaire; hauteur moyenne 0m,40;

Cat. Maspero, p. 220), un homme et une femme
brassent la pâte. — Sous le N. 89 (calcaire;
hauteur 0m,35; Cat. Mariette, N. 769; Cat. Maspero,
p. 219), un personnage agenouillé, à l'expression
douce et craintive. — Sous le N. 90 (calcaire;
haut. 0m,40; Cat. Mariette, N. 768), un personnage
assis à terre, les genoux relevés, portant la
main à la figure pour la protéger contre l'ardeur
d'un brasier. Puis des hommes poissant des amphores
avant d'y mettre des liquides, etc.
Enfin, la salle 7 contient encore quelques basreliefs
et surtout des statuettes (voir les vitrines
C, D, E, F, au centre de la salle).

Salle 8.

Sud-est de la salle.

La salle 8 contient quelques statues et des
bas-reliefs intéressants.
91 — Calcaire — Cat. Maspero, p. 203. — Saqqarah.
Des serviteurs fabriquent le pain, mettent en cruche
des liquides.
Plus haut, d'autres prennent des taureaux au lasso.
Plus bas, d'autres traient des vaches (scène à moitié
détruite), préparent pour la cuisine des poissons et des
oiseaux, font cuire les oiseaux sur des petits fourneaux.
Auprès d'eux sont deux chiens, l'un assis, l'autre couché.

Sud-ouest de la salle.

92 — Calcaire — Haut. 1m,41, larg. 0m,72. — Saqqarah
On apporte au défunt Ankheftka (voir Nos 65 et 86)
les produits de son domaine et son mobilier funéraire.

Nord-ouest de la salle.

93 — Calcaire — Haut. 0m,70, larg. 0m,60. Cat. Masp.,
p. 204. — Saqqarah.
Un singe qu'on mène en laisse se retourne pour
mordre un homme à la jambe.
“Au-dessus, des pâtres font traverser un canal à
des bœufs.” (MASPERO, Cat. p. 203).

Nord-est de la salle.

94 — Calcaire — Haut 0m,50, larg. 1m,40, Cat. Masp.,
p. 202. — Saqqarah.
Joute sur l'eau. Le bas-relief qu'on voit plus haut
représente le vannage du grain qu'on met ensuite en tas.

Centre de la salle.

95 — Bois — Haut. 1m,66. — Saqqarah.
Belle statue de Tepemânkh, dont nous verrons la
stèle sous le N. 98.

Salle 9 (Sarcophages et grandes stèles).

Centre de la salle.

96 — Granit rose — Haut. 1m,33, long. 2m,20. Cat.
Mar., N. 970; Cat. Masp., p. 223. — IVe dynastie. —
Grandes pyramides.
Sarcophage de Khoufouânkh, qui était attaché aux
cultes d'Isis, du taureau blane, du bœuf Apis. Ornements

d'architecture sur les quatre faces (Cf. Nos 8, 9,
10 et 71).
97 — Granit rose — Haut. 1m, 16, long. 2m, 22, larg-
1m. Cat. Mar., N. 7; Cat. Masp., p. 224. — IVe dynastie.
— Grandes pyramides.
Sarcophage du prince royal Khâmskhem. Les angles
sont arrondis comme au sarcophage de Chéops, encore
en place dans la grande pyramide.
98 — Calcaire — Haut. 2m, 65, larg. 1m, 59. — Ve dynastie. — Saqqarah, 1892.
Stèle de Tepemânkh, dont nous avons vu la statue
de bois sous le N. 95. Ce personnage était desservant
des trois grandes pyramides de Chéops, Chephren et
Mycérinus (IVe dynastie), de Snefrou (IIIe dynastie), de
Sahûra et d'Usorkaf (Ve dynastie). Son fils aîé Teshon
(voir Nos 26 et 27) est représenté devant lui, du côté
droit de la stèle.
99 — Calcaire — Haut. 2m,57, larg. 2m, 15. — VIe dynastie.
Saqqarah.
Grande stèle de Sibou (voir Nos 29 et 30), directeur
principal des travaux d'art. Les cartouches du roi Téti
nous donnent la date de cette pièce.
100 — Calcaire — Haut. 3m, 09, larg. 1m,20. — Saqqarah, 1892.
Stèle de Ptahkapou, que les cartouches du roi Tatkara
(Assa), Neferarkara et Usorenrâ nous autorisent à
placer à la fin de la Ve dynastie ou au commencement
de la VIe.

La salle 9 contient encore d'autres bas-reliefs
de moindre importance, un certain nombre de
statues décapitées et de statuettes, un panneau de
bois sculpté.
Dans l'armoire, sous le No 102, une barque trouvée
à Saqqarah en 1889; cinq autres barques
funéraires.
Sous le N. 103, un modèle de grenier trouvé à
Akhmim en 1888. Le grenier est divisé en cinq
chambres; un escalier placé à gauche monte sur les
toits, d'où l'on versait le grain à l'intérieur par une
lucarne. On le retirait par de petites portes percées
près du sol et fermées de volets qui se levaient
en glissant dans des coulisses.
Sous le N. 104, une petite maison précédée d'une
cour, rapportée d'Akhmim en 1889.
Puis une poupée, deux petits personnages assis
devant des offrandes, et enfin:
105 — Bois — Haut. 0m, larg. 0m, 50, prof. 0m, 30.
Cat. Mar., N. 691; Cat. Masp., p. 19. — VIe dynastie.
Saqqarah.
“Boite ou sorte de nécessaire portatif à l'usage des
prêtres chargés du culte des morts. Elle renferme une
table d'offrandes et tout l'attirail des vases et des outils
en bois, en albâtre, en bronze, dont on se servait pour
présenter le repas funéraire.” (MASPERO).
Les autres objets contenus dans l'armoire ne
sont peut-être pas de l'Ancien Empire, mais plutôt
de la XIIe dynastie.

Salle 10.

106 — Momie — Long. du corps 1m, 66. Cat. Masp.,
p. 347. — VIe dynastie. — Saqqarah, 1881.
Momie du roi Mirinri Sokarimsaf (l'après M. Maspero;
on a lu aussi Metemsaf et Hunimsaf), fils du
roi Pépi I. Cette momie est une des plus anciennes
connues jusqu'à présent.
107. — Ve dynastie. — Saqqarah.
Fragments du crâne et d'un bras de la momie du roi
Ounas (Ve dynastie) retrouvés à Saqqarah dans sa
pyramide ouverte aujourd'hui aux visiteurs.
108 — Bois et stuc — Long. du bras 0m, 82. — Ve dynastie. — Saqqarah, 1892.
Beau débris de statue.
109 — Calcaire — Haut. 1m, 65, larg. 1m,50, prof. 2m, 95.
Saqqarah.
Chambre du tombeau de Deshera, rapportée de Saqqarah
par M. Maspero et reconstruite au Musée. On a
placé, en guise de sol, la plupart despierres qui formaient
le plafond, afin de laisser la lumière pénétrer d'en haut
dans la chambre.

Salle 11.

Nous mentionnerons rapidement les stèles de la
VIe dynastie, provenant d'Abydos et d'Akhmîm;
une statue en bois trouvée à Akhmîm en 1888; un
petit groupe en calcaire rapporté d'Abydos; enfin,
dans l'armoire A, des statuettes de bois et des tablettes
écrites, que j'attribuerais volontiers au
Moyen Empire, ainsi que les sarcophages en bois
des salles 11 et 12, provenant d'Akhmîm.

Salles 12 et 13.

Quelques stèles d'Abydos, marquant une époque
de transition entre l'art de l'Ancien Empire (memphite)
et l'art du Moyen Empire (thébain); d'autres
stèles d'Akhmîn, de Rizagat (au sud d'Erment) et
de Mecheikh (près de Girgeh), d'un style tout à
fait barbare.

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MONUMENTS DU MOYEN EMPIRE
(XIe-XVIIe DYNASTIES)
Salles 14 â 21.

Salles 14.

La salle 14 et surtout la salle 15 contiennent
des monuments de la XIe dynastie; d'abord, des
stèles d'un travail un peu barbare indiquent encore
la transition entre l'art de l'Ancien Empire et l'art
du Moyen Empire (voir les salles 12 et 13).

Salle 15.

Est de la salle.

110 — Calcaire — Haut. 0m, 82, long. 0m, 57. Rec. du
musée
, t. I, pl. 18. — XIe dynastie. — Gournah, 1887.
Stèle funéraire au nom de Khouou, fils d' Antef et
petit-fils d' Antef. Gravure en creux avec relief dans
le creux. A rapprocher N. 6228. Dénote pourtant plus
d'exercice. Avant de dessiner les figures de Khouou
et de sa femme Mert-Hathor-Thui, l'artiste a tracé à
l'encre des carrés pour régler les proportions. Inscription

insignifiante. Le défunt demande qu'on souhaite pour
lui des offrandes funéraires, car il a pratiqué la charité
et s'est fort bien acquitté de toutes les missions que
son maitre (le roi) lui a confiées. Mais au point de vue
de l'épigraphie, le N. 110 est un monument très important.

Sud de la salle.

111 — Calcaire — Haut. 1m, 04, Mar., Mon. div, pl.
50 b; Cat. Mar., N. 804; Cat. Masp., p. 41. — XIe dynastie.
Drah Abou-el-Neggah.
Stèle du prince Antefâ, trouvée à Drah-Abou-el-Neggah.
Elle prend la forme de la façade du tombeau.
La porte d'entrée est figurée au bas.
Antefâ, assis sous un dais, reçoit les offrandes de ses
serviteurs.
Il était gouverneur de la Thébaïde. Cette stèle nous
paraît plus ancienne que celle du roi Entef IV.

Ouest de la salle.

112 — Calcaire compact — Haut. 0m, 95, larg.
1m, 47. Cat. Masp., p. 67.
En 1882, M. Maspero apporta au Musée le principal
fragment de cette stèle, restée en place à Drah-Abou-el-Neggah,
dans la petite pyramide en brique située
à la lisière des terres cultivées, où Mariette l'avait
découverte en 1860. La partie supérieure manquait
déjà. L'inscription est datée de l'an 50 du roi Entef IV,
de la XIe dynastie. Le roi est entouré de ses chiens
portant des noms berbères.

La stèle d'Entef est décrite au papyrus Abbott, qui
nous a conservé le procès-verbal d'une commission
chargée, sous le règne de Ramsès IX, de visiter les
tombes royales qui avaient été exploitées par une bande
de voleurs.
En 1887, nous avons retrouvé un petit fragment
entre les mains d'un particulier. M. Daressy a réussi à
retrouver dans les décombres un certain nombre des
fragments qui complètent à peu près la partie inférieure
de la stèle, et même un fragment du visage du roi
appartenant à la partie supérieure. Nous appelons l'attention
sur ce fait qui prouve que tout espoir de reconstituer
le précieux monument d'Entef IV n'est pas perdu.

Nord de la salle.

113 — Larg. 0m, 83, long. 0m, 73. — XIe dynastie. — Gebelein.
Bas-relief représentant le roi Mentuhotep massacrant
des prisonniers. Les peuples nommés sont les Khenti,
les Sati, les Tahennu. Trouvé en 1891, dans les fondations
d'une maison ptolémaïque. Joli travail.
114 — Calcaire — Prof. de la chambre 3m, 20, larg.
2m, 66, haut. 2m, 50; long. du sarcophage 2m, 50.
Tombeau de Horhotpou, fils de la dame Sonitshe.
“Cet édifice est un tombeau de la XIe dynastie que
j'ai rapporté de Thèbes au mois d'avril 1883. Il a été
découvert en février 1883 à mi-còte de la montagne
qui borne le nord de la vallée de Deïr-el-Bahari,

presque au débouché de la route qui conduit de la plaine
thébaine aux tombeaux des rois. La chapelle extérieure,
s'il y en eut jamais une, a été complètement détruite.
Un couloir fort raide, grossièrement taillé dans le roc,
mène par une pente d'environ 30 mètres à une sorte de
vestibule d'où il ressort sur la droite pour aller tomber
dans la chambre où s'élevait l'édicule aujourd'hui conservé
au Musée. Le corps de la montagne est formé en
cet endroit d'une sorte de roche brune, très friable,
dans laquelle sont infiltrés par milliers des filons de
calcaire blanc; je ne saurais mieux la comparer qu'à
une pàte feuilletée, tant certains des filons sont minces.
Comme cette matière ne se prêtait nullement à la taille
et à la décoration, l'architecte, après y avoir creusé un
trou de dimensions convenables, y construisit, en blocs
de calcaire blanc bien parés, le sarcophage et l'édicule
que nous voyons. Ces blocs enlevés un à un et dûment
empaquetés, ont été transportés par eau de Thèbes au
Musée, puis remontés dans l'ordre même où ils étaient
à l'origine. C'est un spécimen, unique dans les musées,
de ce qu'étaient les tombeaux sous la XIe et la XIIe dynastie.
“Il nous est facile de nous représenter la façon dont
s'y sont pris les ouvriers pour l'édifier. Le mur de fond
et les deux murs de droite et de gauche furent élevés et
décorés tout d'abord; puis les blocs introduits et ornés,
au moyen desquels on bâtit le sarcophage. C'est en effet
une des particularités du Moyen Empire de substituer
fréquemment, aux grands sarcophages monolithes, des
sarcophages formés de blocs réunis par un peu de ciment
et par des queues d'aronde... Le sarcophage en place,

on a bâti le mur de face, en n'y réservant comme porte
qu'une sorte de baie, juste assez large pour laisser passer
la momie..... Ce tombeau fut ouvert et pillé pendant
la première moitié de notre siècle, car M. Wilbour a
reconnu dans la collection Abbott, à New-York, un bloc
qui porte le nom du propriétaire et qui provient soit du
sarcophage, soit d'une des parois. Le cercueil de bois
fut brisé en petits morceaux, tous les menus objets
furent brisés ou détruits; j'ai retrouvé dans les décombres
un bras de statuette en bois d'un travail
admirable, les rames et une partie de l'équipage d'une
barque également en bois et d'autres débris, qui prouvent
l'existence d'un mobilier funéraire... Les voleurs défoncèrent
les deux bouts du sarcophage, cassèrent à coups
de pic deux pierres du mur de droite et une pierre du
mur de gauche... Les fragments furent laissés à terre,
à l'exception du morceau qu'a signalé M. Wilbour.
Ils m'ont servi à reconstituer presque entièrement la
muraille: les parties manquantes ont été refaites au
plâtre et peintes dans le ton des parties originales par
MM. Vassalli bey et Emile Brugsch bey, conservateurs
du musée.
“Les visiteurs qui ont déjà vu le tombeau de Ti à
Saqqarah, ceux même qui ont examiné seulement les
bas-reliefs des salles 7 et 8 reconnaîtront sur-le-champ
quelles différences profondes il y a entre le style des
monuments de l'Ancien Empire et celui du tombeau que
nous examinons. Au lieu d'être sculptées et peintes, les
parois sont peintes seulement; au lieu des scènes variées
entremêlées de rares hiéroglyphes, on ne voit qu'une
maigre série d'objets d'offrandes, accompagnés d'interminables

inscriptions. Le sarcophage, au lieu de présenter
une masse presque nue ou décorée de dessins
géométriques, comme les sarcophages Nos 67, 74, 93 et
97, contient autant de textes que les murailles; il est
même garni d'une corniche multicolore que je n'ai
retrouvée nulle part ailleurs. Ces différences, souvent
observées sur d'autres tombeaux, avaient fait croire à
Mariette qu'il y avait eu, entre la VIe et la XIe dynastie,
rupture des traditions artistiques, et que les monuments
thébains étaient le produit d'un art local, indépendant,
à l'origine, de l'art memphite des anciennes dynasties.
Cette théorie, qui a été adoptée généralement par les
historiens de l'art, n'a pas été justifiée par les faits.
J'ai ouvert (1882-1883) dans la plaine de Saqqarah,
autour du Mastabat-el-Faraoun, des mastabas en briques
dont la chambre sépulcrale est décorée de la mème
manière que la chambre de Horhotpou, mais avec une
moindre profusion de légendes. Ils portent les cartouches
de Nofirkeri Papi II et appartiennent, par conséquent,
aux derniers temps de la VIe dynastie. Si peu nombreux
qu'ils soient encore, ils n'en suffisent pas moins à prouver
que cet art soi disant thébain du Moyen Empire
avait son prototype dans l'art memphite de l'ancien.
“Chacune des parois a l'un des côtés occupé par un
panneau de dessins géométriques, dont l'ensemble représente
une porte. Les détails en sont curieux à étudier
pour des architectes, car ils nous rendent assez exactement
l'aspect qu'avaient les portes décorées dans les
maisons particulières.... La décoration de chacune
des parois est fort simple. Sur la face de la porte, audessus
de la baie, des armes sont peintes, arcs, flèches,

casse-tête, etc.: c'est l'arsenal du mort, auquel donnent
accès les deux panneaux en figure de porte placés à
droite et à gauche de la porte réelle. La paroi de droite
est à la fois un magasin d'étoffes, de bijoux et d'armes,
où sont entassés des coupons de linge blanc, des colliers,
des miroirs en or et en argent, des sachets de parfums
et de poudre noire et verte pour les yeux, des bracelets
en verroterie, des sandales, des arcs, des casse-téte, des
boucliers, etc. La paroi du fond est la salle à manger:
elle ne porte aucune figure, mais l'espèce de tableau
quadrillé qui en recouvre la partie supérieure nous
donne la liste des denrées nécessaires à la table du mort,
vins, bières, liqueurs, viandes de boucherie, gibier,
volailles, légumes, laitages, gâteaux de toute espèce.
La paroi de gauche est comme une officine de parfumeur;
on y voit, dans de grands vases peints de manière à
imiter le jaspe, le granit, la poterie fine, les sept essences
et les deux fards noir et vert dont le mort avait
besoin pour se parfumer dans l'autre monde et pour
assurer à ses membres une jeunesse éternelle. C'est, en
résumé, sous une forme nouvelle, l'expression des mêmes
idées qui avaient présidé à la décoration des mastabas de
l'Ancien Empire. Les prières sont en partie des extraits
du Livre des Morts, en partie des chapitres de ce Rituel
des funérailles
, dont les pyramides d'Ounas, de Teti,
des deux Papi, de Sokarimsaf nous ont livré la plus
ancienne édition, et quelques papyrus de l'époque romaine,
l'édition la plus récente. Les vertus magiques
dont elles sont douées transforment en offrandes réelles
les simulacres d'offrandes peints sur la muraille.
“Le sarcophage est un résumé de la tombe entière, ou

plutôt une seconde tombe enfermée dans la première. Il
n'avait point de couvercle, selon un usage assez fréquent
pendant la durée du Moyen Empire, et la momie n'y
avait d'autre défense que ses bandelettes et son cercueil
en bois. Celui-ci a disparu, sauf un éclat éncore convert
d'une écriture hiératique aussi fine d'aspect que l'écriture
de la XXVIe dynastie: quant au cadavre, je n'en
ai trouvé nulle trace. Les parois intérieures du sarcophage
sont décorées de portes d'offrandes comme la
porte elle-même: elles ont été brisées en partie par les
voleurs et restaurées par M. Emile Brugsch bey, d'après
les peintures analogues du sarcophage de Tagi (voir
salle 16, N. 140). Les textes de l'intérieur sont tracés
d'une écriture beaucoup plus fine que celle des parois; ce
sont encore des chapitres du Livre des Morts ou du Rituel
des Funérailles
, le Chapitre d'amener la barque
afin que le mort passe à l'orient du ciel, le Chapitre de
se rappeler les charmes magiques
nécessaires dans
l'autre monde, le Chapitre de ne pas manger d'excréments,
et, comme corollaire, celui de manger du pain
d'offrandes.
“Tel est cet hypogée curieux, le mieux conservé
peut-être des tombeaux du Moyen Empire thebain que
l'on connaisse aujourd'hui.” (MASPERO, Cat., p. 251).

Centre de la salle.

115 — Momie — Long. 1m,66. — XIe dynastie.—Découverte,
en 1891, à Thèbes.
La dame Ament, prêtresse d'Hathor, est couchée,
embaumée dans la position où la mort l'a prise, il y a
cinquante siècles.

« Dans un tombeau intact, que nous avons ouvert à
Deïr-el-Bahari en 1891, nous avons trouvé au fond
d'une petite chambre sans inscriptions, une grande cuve
en pierre, également sans inscriptions. Ce couvercle
soulevé, est apparue une caisse en bois très bien conservée,
qui renfermait, enveloppée de linges épais, la
momie 115...
« La momie porte ses colliers de perles en verre, or
et argent. Aux doigts, elle a des bagues d'argent Dans
son sarcophage, nous avons ramassé les objets exposés
dans la salle 70, vitrine E.“ (GREBAUT).
Le cercueil de bois était double; les deux caisses,
extérieure et intérieure, sont exposées à droite et à
gauche de la momie, sous les Nos 116 et 117.
116 et 117 — Bois.
Ces caisses nous ont fait connaitre le nom et les qualités
de la momie précédente.

Salle 16 (Salle des Hycsos).

Outre un grand nombre de stèles de la XIIe dynastie,
la salle 16 contient plusieurs monuments de
grand intérêt, surtout ceux de l'école tanite, que
nous allons voir tout à l'heure (Nos 133-139).

Sud de la salle.

118 — Calcaire — Haut. 1m, long. 0m,70. Mar., Abydos,
t. II. pl. 27 b; t. III, pl. 234 et 236, N. 771; Cat.
Masp., p. 64.
“Le roi Menkhâouri Nahit est en adoration devant
le dieu Min de Coptos. C'est un monument presque
unique de la XIVe dynastie.” (MASPERO).
119 — Granit noir — Long. 0m,32, larg. 0m,59. —
XIIe dynastie. — Chatanch, près de Facous.
Trè belle table d'offrandes, au nom du roi Amenemhat II.
120 — Calcaire — Haut. 3m,00, larg. 1m,48. — XIIe dynastie. — Abydos.
Grande stèle gravée sur les quatre faces, au nom du
prince Mentuhotep, avec les cartouches du roi Ousortesen
I.

Ouest de la salle.

121 — Calcaire — Haut. 1m,05, larg. 0m,88. Rec. du
musée
, t. I, pl. 17. — XIIo dynastie. — Akhmim, 1887.
Une belle stêle funéraire cintrée, trouvée à Akhmim
en 1887, d'un personnage de la XIIe dynastie qui a repris
le nom d'Antef, si fréquent sous la XIe. L'inscription
principale est gravée en creux. La partie inférieure de
la stéle est couverte par de nombreuses offrandes en
relief d'une jolie gravure légère et fine. Quelques légendes
en relief.

122 — Granit noir — Haut. 1m,20. Cat. Masp., p. 25.
— XIIo dynastie. — Fouilles de Mariette, en 1863, à
Tanis.
Statue assise dela reine Nefert, femme du roi Ousortesen
I. Auprès de la statue un buste de la même
princesse; même provenance. On peut déjà remarquer
sur ces monuments quelques-uns des caractères de l'école
tanite (voir Nos 133-139).
123 — Grès — Haut. 0m,46, long. 2m,63, larg. 1m,06.
Cat. Mar., Nos 95 et 96; Cat. Masp., p. 431. — XIIIe (?)
dynastie. — Karnak.
Ces deux blocs, considérés jusqu'ici comme formant
deux tables distinctes, sont les deux moitiés d'une table
unique, ainsi que le prouvent les inscriptions horizontales
qui commencent sur un bloc et se poursuiventsurl'autre.
Les côtés destinés à être joints ne portent pas d'inscriptions,
ils ne sont pas polis comme les autres côtés, mais
simplement entaillés comme eux, en ne conservant
qu'une large bande saillante, soit qu'on ait voulu faciliter
l'adhérence parfaite, soit que, avant de graver les
inscriptions, on ait eu l'intention de faire deux tables.
Sur chaque bloc, vingt godets disposés symétriquement
recevaient les offrandès présentées aux dieux.
Les légendes rappellent une fondation d'offrandes à
faire dans le temple de Karnak au nom d'un roi, inconnu
d'ailleurs, Râ-s-ânkh-het Ameni-Antef-Amenemhâ,
qui doit être placé aprés la XIIe dynastie, probablement
dans la XIIIe. Les martelages de l'élément Amen, dans
son nom, sont dus à Aménophis IV, qui fit effacer partout
le nom du dieu Amon.

Est de la salle.

124 — Granit gris — Haut. 0m,95. — Fouilles de
M. Naville, en 1888, à Bubastê.
Tête d'une statue royale de la XIIe (?) dynastie.
125 — Granit gris — Haut. 1m,45. — XIXe dynastie
Alexandrie.
Buste d'une statue colossale d'un roi du Moyen Empire,
usurpée par Ménephtah, roi de la XIXe dynastie,
le Pharaon de l'Exode.
126 — Plâtre — Haut. 0m,82. — Fouilles de M. Naville,
en 1880, à Bubaste.
Moulage d'une tête de statue royale.
127 — Calcaire — Haut. 1m,90, larg. 0m,46. Mar.,
Abydos, t. II. pl. 24-26; Cat. Masp., p. 71. — XIIo dynastie.
Abydos.
Stèle cintrée gravée sur les deux faces et sur les tranches,
au nom de Râ-s-hotep-àb, personnage du temps de
Ousortesen III. Le défunt prescrit à ses enfants d'adorer
le roi Amenemha III, dieu créateur et providence de
l'Egypte. Le style affecte une forme littéraire.
128 — Granit rose — Haut. 1m,50. Mar., Abydos,
t. II, pl. 26; t. III, pl. 30, N. 347. Cat. Mar., N. 19; Cat.
Masp., p. 51. — XIIIo dynastie. — Abydos.
“Le roi Sovkemsaouf (ou Sebekemsaf) est debout,
marchant; sur la pierre qui unit ses deux jambes est
représenté son fils, le prince Sovkemsaouf. La figure
du pharaon est mutilée; cet accident est d'autant plus
à regretter que le morceau est d'une très belle facture

et donne la meilleure idée de ce qu'était l'art égyptien
un peu avant l'invasion des Pasteurs.” (MASPERO).
129 — Granit gris — Haut. 0m,90. Nav., Bubastis,
pl. 12. — Fouilles de M. Naville, en 1887, à Bubaste.
Partie inférieure d'une statue du roi Raïan (ou plutôt
Khian, selon M. Daressy), de la X.Ve(?) dynastie. D'après
une tradition arabe signalée par M. Naville, c'est sous
un roi Raían que Joseph aurait été amené en Egypte.
130 — Albâtre — Long. 0m,67. — Pyramide de
Hawara.
Table d'offrandes de la princesse Neferou Ptah,
trouvée par M. Petrie en 1888.
131 — Syénite — Long. 1m,05. — XIIo dynastie. —
Karnak, 1887.
Ce précieux monument que nous avons rapporté en
1887, provient du grand temple de Karnak. C'est une
table d'offrandes au nom d'Ousortesen. Elle remonte
par conséquent à l'époque qui paraìt avoir été celle de
la fondation du grand sanctuaire thébain.
132 — Granit noir — Haut. 0m,48, larg. 0m,67. Mar.,
Mon. div., pl. 38; Cat. Mar., N. 1001; Cat. Masp.,
p. 65. — Caire.
Sorte d'autel destiné à perpétuer le souvenir d'un
service d'offrandes fondé dans un des temples de la ville
de Tanis par le roi pasteur Apapi Aaqnonri.
“Le monument est plus ancien que le roi dont il
porte le nom, la légende primitive a été effacée pour
ètre remplacée par celle qu'on y lit maintenant.” (MARIETTE).

Cfr. le N. 136 trouvé dans le temple de Louqsor; on
se rendra facilement compte que le monument usurpé
par Apapi appartenait à la XIIe dynastie.
133 — Granit gris — Haut. 1m,60, larg. 0m,925. Cat.
Mar., N. 1; Cat. Masp., p. 71. — Tanis.
“Groupe de deux personnages debout sur un socle
commun. D'énormes perruques disposées en tresses
épaisses couvrent la tête. Leurs traits sont durs, accusés,
et offrent une grande ressemblance avec ceux des sphinx
à crinière de lion. La lèvre supérieure est rasée, mais
les joues et le menton sont ornés d'une longue barbe
ondulée. Chacun d'eux soutient sur les mains étendues
des groupes ingénieusement arrangés d'oiseaux aquatiques
et de poissons, mèlés à des fleurs de baschnin.
“Il n'y a pas de monuments qui appartiennent plus
incontestablement à l'époque agitée qui vit les Pasteurs
maîtres de l'Egypte.” (MARIETTE).
Ces porteurs d'offrandes ont été considérés comme
une personnification des Nils (Nil du sud et du nord)
apportant leurs dons à l'Egypte. Leurs barbes ondulées
et leurs perruques tressées donnent cependant bien
l'idée d'un art asiatique, étranger à la vallée du Nil,
et l'attribution qu'en faisait Mariette aux Pasteurs n'a
d'abord été contestée par personne. Nous allons voir
tout à l'heure (Nos 134, 135 et 139) que cette attribution
paraìt aujourd'hui moins certaine
Sous la XXIe dynastie, le roi Psioukhânou fit graver
ses cartouches sur ce monument. (Cfr. le porteur
d'offrandes de la XVIIIe dynastie, N. 153, salle 23).

134 et 135 — Granit noir — Haut. 1m,30 et 1m. —
Fouilles de Mariette, en 1863. — Tanis.
Deux sphinx que Mariette considérait également
comme des produits de l'art des Pasteurs.
“Ils se distinguent en effet des autres monuments
égyptiens par des caractères bien tranchés, comme on
le reconnaîtra sans peine, si l'on compare la tête des
sphinx Nos 134 et 135 à celle des sphinx de Thoutmès III
et de Ramsès II. La face est ronde; les yeux petits,
le nez écrasé, les pommettes saillantes; la lèvre inférieure
avance légèrement; les oreilles sont celles du
taureau et une crinière de lion encadre le visage.
“Tous ces caractères sont marqués au plus haut degré
dans le sphinx N. 135, qu'on est parvenu à reconstituer
presque en entier; mais il porte de plus des inscriptions
qui nous permettent de refaire en partie son histoire. Il
porte sur l'épaule droite une légende martelée, dans laquelle
on a réussi à déchiffrer le nom du roi pasteur Apopi.
Plus tard, Ménephtah fit gratter le nom du roi pasteur
et y substitua ses cartouches, qu'il répéta encore dans
l'inscription de la base. Plus tard encore, Psioukhànou
(XXIe dynastie) grava ses cartouches sur la poitrine.
Un examen attentif m'a fait reconnaître que la surface
de la poitrine a été rabaissée pour recevoir les cartouches
de Psioukhânou, et par conséquent qu'il y avait là,
auparavant, à la place d'honneur, les cartouches d'un
roi, celui probablement pour qui on fit le monument.
Ce roi antérieur à Apopi était-il un Pasteur on un roi
des dynasties indigènes? (M. Golenischef croit reconnaître
les traits d'un roi de la XIIe dynastie dont il a vu
une statuette). Il convient d'attendre de nouvelles

découvertes avant d'affirmer que ces sphinx et les
monuments du style analogue que possède le Musée
sont l'œuvre des Pasteurs ou représentent des princes
appartenant à cette race conquérante.” (MASPERO,
Cat., p. 64 et 65).
136 — Granit noir — Long. 0m,61. — XIIo dynastie. —
Louqsor.
Table d'offrandes (?) ou autel (?) semblable au
monument N. 100 usurpé par Apapi. Le N. 136 a été
découvert en 1887 dans le temple de Louqsor. Il a été
dédié par le roi Ousortesen III. Par la présence de
cette table dans le temple de Louqsor, on pouvait
conjecturer qu'Aménophis III n'avait fait que relever
un ancien sanctuaire. Dans une inscription dégagée
l'année suivante, Aménophis III dit, en effet, qu'il a
reconstruit le temple à partir des fondations. Nous y
avons trouvé, la même année, une architrave en granit
au nom de Sebek-hotep II.” (GRÉBAUT.)
137 — Granit gris — Haut. 1m. Mar., Mon. div.,
pl. 39; Cat. Mar., N. 2; Cat. Masp., p. 5. — Mit Farès
(Fayoum).
“Partie supérieure d'une statue colossale qui représentait
un roi debout. Aucune inscription n'indique le
nom du personnage; mais la ressemblance est frappante
entre ce fragment et les monuments de Tanis (Cfr.
Nos 133, 134 et 135); aussi Mariette l'a-t-il attribué
à un roi pasteur. De toute manière, la présence de ce
morceau dans les ruines de la capitale antique du
Fayoum prouve que les princes qui régnaient à Tanis

en ce temps-là étendaient leur autorité au moins sur la
partie septentrionale de la Moyenne-Egypte.”
138 — Granit rouge — Long. 0m,49, larg. 0m,34. —
Tanis.
Groupe de trois tètes provenant d'un monument brisé,
peut-ètre d'une console ou pierre d'encorbellement. Ce
monument est du mème style que les précédents.
139 — Calcaire — Haut. 2m,33, long 0m,78. — El-kab.
Fragments rassemblés d'un sphinx découvert en 1891
par M. Grébaut, dans les ruines du temple d'El-kab,
auprès d'objets de la XIIe et de la XIIIe dynastie.
Comme El-kab fut un des centres de la résistance
contre les Pasteurs, M. Grébaut conclut que ni ce monument,
ni ceux qui précèdent ne doivent leur être
attribué, et que nous ne possédons de ces envahisseurs
que les monuments usurpés par eux.
Mais ce qui est certain, c'est que ces monuments
nous représentent les traits bien accentués des populations
voisines du lac Menzaleh. Si l'on doit hésiter à y
reconnaître des produits de l'art des Pasteurs, il faut
toujours les considérer comme les produits très originaux
d'artistes tanites, dont l'école aurait été un
moment florissante sous le moyen empire (Cfr. les
statues de la reine Nefert, N. 122). Cette école, voisine
de la frontière syrienne, pouvait, d'ailleurs, subir
l'influence des Asiatiques, dont les peintures de Beni-Hassan
attestent les relations pacifiques avec l'Egypte,
antérieurement à l'invasion des Pasteurs.

140 — Calcaire blanc — Haut. 1m,15, long. 2m,35,
larg. 1m. Lepsius, Denkm, t. II, pl. 147, et 148, a, b. —
XIe dynastie. — Thèbes, Cheikh Abd-el-Gournah.
“ Sarcophage de Tagi. Ce sarcophage, oublié depuis
Lepsius, qui le copia il y a quarante ans, fut retrouvé en
1882, et transporté au musée au mois d'avril 1883. Il est
orné à l'intérieur de la représentation des armes, objets
de toilette et d'offrandes, vases à parfums, qu'on déposait
dans la tombe. Au-dessous, des prières tracées à l'encre
noire, analogues aux prières qu'on trouve dans les pyramides
de Saqqarah.” (MASPERO).
141 — Grès — Haut. 2m,15, larg. 1m,80, prof. 0m,73. —
XIIo dynastie. — Fouilles de Grenfell pacha, sirdar de
l'armée égyptienne, à Assouan.
Partie de la niche abritant la statue de Si-renpu au
fond de son tombeau.

Salle 17.

Dans la vitrine A, jolies stèles peintes de la
XIIe dynastie.
Au centre de la salle, plusieurs sarcophages en
bois. La plupart, de forme rectangulaire, doivent
être antérieurs à la XIIe dynastie. Quelques autres,
remarquables par la forme de leurs couvercles,
sont peut-être de la XIIe. Le travail des premiers
est quelquefois un peu barbare; l'un d'eux, cependant,
présente des détails très intéressants.

142 — Bois — Long. 3m, 11, larg. 0m,62, haut. 0m, 60.
Sarcophage de Kheperka. Ornements d'architecture
que l'on pourra comparer aux Nos 8,9,10,71 et 96.
143 — Albâtre — Long. 0m,79, larg. 0m, 60. — XIIo dynastie.
— Fouilles de M. Pétrie. — Illahoun.
Belle table d'offrandes, avec les cartouches d'Ousortesen II.

Salle 18.

La salle 18 est ornée de panneaux de bois provenant
de sarcophages du Moyen Empire.

Salle 19.

La salle 19 (XIe et XIIe dynastie) contient deux
sarcophages d'Akhmim (style de la XIe dynastie),
quelques tables d'offrandes, et un grand nombre
de stèles provenant d'Abydos, où l'on était venu
les consacrer près du tombeau d'Osiris.

Salles 20 et 21.

Les salles 20 et 21, ornées de la mème manière,
sont intéressantes surtout pour les égyptologues

de profession. On pourra remarquer au centre de
la salle 21:
144 — Granit noir — Haut. 0m,22, larg. 0m,17, long.
0m,57. — XIIIe dynastie.
Petit sphinx décapité, au nom de Sebek-hotep III.
Derrière ce sphinx, des fragments de statúettes
aux noms d'Ousortesen II et Ousortesen III.
d'Amenemhat III et de la reine Sent (XIIe dynastie).

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MONUMENTS DU NOUVEL EMPIRE
(XVIIIe-XXXIe DYNASTIES).
Salles 22 à 34.

Salle 22.

Outre un grand nombre de stèles, la salle 22
nous montre:

Centre de la salle.

145 — Calcaire. — XIXe dynastie. — Abydos.
Fragment de bas-relief portant le cartouche de Ramsès
II. Les hiéroglyphes gravés sont peints en bleu,
les figures des divinités sont rehaussées d'or.

Sud de la salle.

146 et 147 — Granit rose. — XIXo dynastie. —
Louqsor.
Deux avant-bras de colosse provenant d'une statue
de Ramsès II.
148 — Granit rose.
Monstrueux scarabée. Le scarabée symbolisait les
transformations par lesquelles la vie se conserve dans
la création en se renouvelant sans cesse. C'est pour cela

que, comme hiéroglyphe, il a les significations, contradictoires
au premier abord, de “subsister” et de “se
transformer".

Entre les deux fenêtres.

149 — Calcaire — Larg. 1m,65, haut. 0m,65. — XXe dynastie,
Fragment de bas-relief du temps de Ramses III,
représentant un chef des écuries royales nommé Panuter-hon.

Salle 23.

Le long des murs, stèles et bas-reliefs.

Est de la salle.

150 — Calcaire — Haut, 0m,92, larg. 0m,52. — XVIIIo dynastie. — Tell-el-Amarna.
Bas-relief représentant le roi Khounaten (Aménophis
IV) faisant une offrande au disque solaire. Les
rayons du soleil sont autant de bras qui transmettent
la vie au roi et à la reine, et ramassent les offrandes
déposées sur l'autel (voir N. 207).
Au centre de la salle, des statues, des tables d'offrandes
et un bassin de la XVIIIo dynastie, provenant
d'El-kab (N. 151).
Au milieu de la paroi nord, un fragment de
colonne (N. 152) de Mitrahineh (Memphis), au
nom d'un grand prêtre de Ptah.

Ouest de la salle.

153 — Granit rose — Haut. 1m,82, larg. 1m,18. — Fouilles de M. de Morgan, en 1892, à Memphis.
Deux statues assises sur le mème siège, représentant
Ramsès II et le dieu Ptah Tatounen.

Est de la salle.

154 — Granit rose — Haut. 0m,87. — XVIIIo dynastie
Karnak.
Fragment d'une statue de porteur d'offrandes (époque
d'Aménophis III). On peut comparer ce fragment aux
porteurs d'offrandes de l'école tanite (N. 133).

Salle 24.

Centre de la salle.

155 — Granit rose — Long. 3m,58, larg. 0m,65. —
Fouilles du temple de Memphis, en 1892. — Mitrahineh.
Barque sacrée du temple de Ptah, le plus bel exemplaire
qu'on connaisse de cette sorte de monument.
Modèle colossal d'un travail admirable comme les deux
statues du dieu que l'on verra dans la galerie nord de
la salle 26.

Angle sud-ouest de la salle.

156 — Calcaire — Haut. 0m, 90. — XIXo dynastie. —
Fouilles du temple de Ptah, en 1892. — Memphis.
Partie supérieure d'une statue coiffée du scarabée
(voir N. 148). Le scarabée était consacré à Ptah.

Est de la salle.

157 — Granit rose — Haut. 0m,90, larg. 1m,87. —
Fouilles de M. Naville, à Bubaste.
Fragment d'inscription relative aux revenus du temple
de Bubaste sous la XXIIe dynastie.
158 — Granit noir — Haut. 0m,88, larg. 1m,15. —
XVIIIe dynastie. — Erment (Hermonthis).
Partie inférieure d'une stèle portant un texte historique.
Dans une expédition en Asie, Aménophis II avait
fait prisonniers sept chefs syriens. Six furent pendus
devant les murs de Thèbes et le septième à Napata, en
Nubie, pour servir d'exemple aux Éthiopiens.

Ouest de la salle.

159 — Calcaire — Long. 0m,95, haut. 0m,92. — XVIIIe dynastie. — Karnak.
Fragment de bas-relief portant des dates du règne
de Thoutmès I, avec le cartouche au milieu, et, de
chaque côté du cartouche, deux encadrements de forme
ovale, où les éléments des prénoms royaux de ce temps
sont assez curieusement groupés.

Salle 25.

Cette salle a été appelée salle éthiopienne, parce
qu'elle contient les monuments des rois éthiopiens,
successeurs des rois-prétres d'Amon (voir salles
76-84) exilés de Thèbes, qui, vers 740 avant l'ère
chrétienne, reconquirent l'Egypte et rétablirent
à plusieurs reprises l'empire thébain.

160 — Granit gris — Haut. 1m,80, long. 1m,84, épais.
0m, Mar., Mon. div., pl. 1 s. Cat. Masp., p. 56. —
XXIIIe dynastie. — Gebel Barkal (Napata).
Monument connu sous le nom de stèle de Piankhi.
Ce monarque éthiopien y raconte comment il soumit
toute l'Egypte qu'il trouva partagée entre un grand
nombre de princes, dont plusieurs prenaient le cartouche.
161 — Granit gris — Haut. 2m,15, larg. 0m,70, épais.
0m,34. Mar., Mon. div., pl. 11 s.; Cat. Masp., p. 61. —
IVe siècle avant l'ère chrétienne. — Gebel Barkal.
(Napata).
Stèle. — Le roi Horsiatef y raconte ses campagnes
contre les Madidi, dont il ravagea le pays. Il donna
une partie du butin aux prêtres d'Amon de Napata et
restaura les temples des villes de son royaume.
162 — Granit gris — Haut. 1m,32, larg. 0m,72. Mar.,
Mon. div., pl. 7 et 8; Cat. Masp., p. 69. — XXVIo dynastie.
Gebel Barkal.
Stèle du songe. — Tonuatamen, décidé par. un
songe, part à la conquête de l'Egypte. S'il faut en
croire son récit, il ne rencontra pas de résistance bien
sérieuse jusqu'à Memphis dont il s'empara. Mais,
ensuite, les princes du Delta s'enfermèrent dans leurs
forteresses et le monarque éthiopien dut les y assiéger.
Il parait s'être découragé, car il rentra à Memphis;
mais les princes égyptiens vinrent alors lui faire leur
soumission.

Est de la salle.

163 — Granit gris — Haut. 1m,62, larg. 0m,71. Mar.,
Mon. div., pl. 9; Cat. Masp., 68. — Gebel Barkal.
Il s'agissait d'élire un roi. Les délégués de l'armée
se rendent au temple. Lorsque les membres de la famille
royale passent devant la statue du dieu, celle-ci
saisit Aspalout et s'écrie: “C'est votre roi!” Aspalout
acclamé va se faire couronner par le dieu dans le sanctuaire.
Monument de l'époque persane.
164 — Granit noir — Haut. 0m,31. — XXVo dynastie.
— Achat fait à Louqsor.
Tète du roi éthiopien Taharqa ou Tahraka.
Non loin du N 164, on peut remarquer une
stèle en granit rose, percée de quatre trous Cette
pierre fut employée dès l'antiquité dans les fondations
d'une maison, et les trous indiquent probablement
la trace des crampons d'attache. Elle
porte un édit d'Amon, rendu par le dieu en
faveur de Shishonq, gendre et héritier du dernier
roi de la XXIIe dynastie tanite.

Ouest de la salle.

165 — Granit rose — Haut. 1m,24, larg. 0m,69. Mar.,
Mon. div., pl. 10; Cat. Masp., p. 66. — Gebel Barkal.
Stèle de l'excommunication. — Le nom du roi est
mutilé. Epoque persane.
Le roi avait fait passer par le feu des gens qui
avaient commis le crime de manger crue de la viande
de sacrifice, contrairement au rite qui ordonnait qu'elle.

fùt cuite. Cette secte abominable fut punie jusque dans
ses descendants, auxquels le roi interdit d'entrer jamais
dans le temple d'Amon.
166 — Granit noir — Haut. 1m,20. — XIXo dynastie.
Louqsor.
Tète d'une statue colossale de Ramsès II.

Centre de la salle.

167 — Granit rose — Haut. 1m,42. — XIXo dynastie- Groupe au nom de Ménephtah.
168 — Calcaire — Long. 2m., larg. 0m,96. — XXo dynastie. — A bydos.
Stèle de Ramsès IV portant mention des soixantesept années de Ramsès II (ligne 23).

Paroi est de la salle.

169 et 171 — Calcaire — Haut. 1m,15, m,95 et
0m,95, larg. 0m,83, 0m,38 et 0m,55.
Bas-reliefs; fragments rapportés par M. Maspero
d'un tombeau de la XVIIIe dynastie, voisin des grandes
pyramides, et démoli par des Bédouins en 1883.
169. Ti, sœur du défunt Ptahmaï, présente un
vase á son frère et à sa belle- sœur; derrière elle, une
chanteuse qu'une joueuse de viole et une harpiste accompagnent
de leurs instruments. Deux des fils, Phtahônkh
et Nanofir, assistent à ce spectacle. Le troisième registre
est occupé par la construction d'un naos; un ouvrier

en sculpte les détails, tandis qu'un aide va chercher des
matériaux.
170. Scènes funéraires. Au premier registre, des
serviteurs qui portent des fleurs et des fruits; des
pleureuses, un sacrificateur qui traîne un veau. Au
second, d'autres serviteurs portent les fauteuils, les
canopes, les caisses à provisions.
171. Quatre registres; 1o Préparation des pains
d'offrandes et sacrifice du bœuf; 2o Kaka, Hori et
Phtahmos, fils de Phtahmaï, sont assis devant un
monceau de provisions; 3o Un coffre rempli de pains,
et à côté un personnage qui transvase le vin dans des
amphores. Une petite femme danse en lançant des
baisers et en faisant des grâces. De toutes les figures,
c'est celle qui rappelle le mieux le type connu par les
tombeaux de Tell-el-Amarna; elle est d'une souplesse
et d'une légèreté exquise; 4o Transvasement du vin
dans des jarres qu'un serviteur tient en équilibre au
moyen d'un crochet de porteur d'eau.” (MASPERO).
172 et 172 bisCalcaire — Haut. 1m,37, larg. tot.
2m,80.— Saqqarah (Memphis).
“Bas-reliefs extraits du tombeau de Hor-Min. A
gauche, Hor-Min est devant deux des quatre génies des
entrailles. Hathor, debout dans son sycomore, verse
l'eau de purification que boivent Hor-Min et la dame
Maï. L'âme du défunt, prenant également sa part de
l'eau sacrée, est représentée au pied de l'arbre.
“Un autre tableau représente Hor-Min assis sur un
grand siège. La dame Maï est à ses pieds. Des personnages
de sa maison lui apportent des offrandes de toutes.

sortes: une oie, un veau, des fleurs, des parfums, des
liquides.
“Nous assistons à droite à la cérémonie funèbre. Le
cortège est en marche. Des esclaves, tête rasée, portent
les coffres, les tables dont on va garnir le tombeau. Des
pleureuses les suivent. Après elles marchent les génisses
que l'on va immoler. Vient ensuite le catafalque
contenant la momie couchée et posée dans un bateau
que des prètres et la dame Maï elle-mème portent sur
leurs épaules. Suit un groupe d'assistants. On a représenté
plus loin une coupe des diverses chambres de
l'édicule mortuaire. Des tables d'offrandes y sont déposées.
Des hommes les traversent avec des gestes de
douleur. Quelques scènes extraites du Rituel couronnent
ces curieux bas-reliefs.” (MARIETTE).
173 — Calcaire — Haut. 0m,58, larg. 1m,08. — Saqqarah (Memphis).
“Bas-relief. Scène de funérailles.Des femmes sautent
avec les plus étranges contorsions; d'autres font retentir
une sorte de tympanum. Des hommes marchent á
grands pas en agitant une tige de roseau. Ces danses
funèbres sont encore pratiquées aujourd'hui dans la
plupart des villages de la Haute-Egypte. Ce que le basrelief
de Saqqarah n'a pu rendre, ce sont les hululations
discordantes dont ces danses sont accompagnées.” (MARIETTE).
Enfin, au milieu du passage qui conduit de la
salle 25 aux galeries de la salle 26:

174 — Albâtre — Haut. 1m,67. Cat. Mar., N. 866;
Cat. Masp., p. 52. — XXVe dynastie. — Karnak.
“Cette jolie statue représente la reine Ameneritis,
fille du roi Kashta et sœur de Sabacon. Les formes
un peu longues et grèles sont chastes et délicates: la
tète, surchargée de la grande perruque des déesses, est
d'une expression un peu morne. Le socle est de granit
gris; l'inscription donne le nom et les titres de la reine.
Les deux noms martelés sont ceux de Sabacon et de
Kashta, que les monarques de la XXVIe dynastie considéraient
comme des usurpateurs.” (MASPERO).

Salle 26.

Galerie sud-ouest de la salle.

175 — Granit gris — Haut. 0m,80.— XXXo dynastie (?).
Pithom.
Buste provenant des fouilles de M. Naville à Pithom,
ville où les Hébreux travaillèrent pendant l'oppression
qui précéda l'Exode.
176 — Syénite — Haut. 1m,O5. Nav., Bubastis, pl. 15.
— XIXo dynastie. — Bubaste.
Tète de Ramsès II, coiffé du diadème atef (cornes de
bélier supportant le disque avec deux plumes d'autruche).
177 — Syénite — Haut. 1m,45. Nav., Bubastis, pl. 16.
— XXo dynastie. — Bubaste.
Buste du roi Ramsès IV.

Galerie ouest de la salle.

178 — Granit rose — Haut. 2m,45. — XIXo dynastie.
Louqsor.
Cynocéphale provenant du soubassement de l'obélisque
de Louqsor. Règne de Ramsès II.
179 — Calcaire — Haut. tot. 0m,70. — Saqqarah
(Memphis).
“Joli groupe représentant un frère et une sœur assis
sur un siège commun. Le frère s'appelait T'ai et la
sœur Naïa. IIs sont tous deux vêtus à la mode du beau
temps de Ramsès. T'ai a la longue robe, bouffant aux
manches et se terminant par devant en tablier; Naïa
porte la grande chemise collante. D'ènormes perruques
à longues tresses couvrent la tête de nos personnages.
“Deux petites scènes gravées ornent la partie antérieure
du siège. Une image d'Osiris assis devant un
autel est le sujet de la première. La seconde nous
montre T'aï et Naïa recevant les offrandes funèbres
que la piété des parents a déposées dans le tombeau où
notre groupe a été trouvé. Enfin, derriére les deux
statues, a été gravée une représentation des deux mèmes
personnages assis, recevant l'hommage d'une prêtresse
attachée au culte d'Amon, et nommée Tanro.
“Ce morceau appartient à la XIXe dynastie. Les
profils des personnages gravés sur le dos du siège
rappellent le temps de Séti I; les deux statues assises
ont, au contraire, tous les caractères de la physionomie
douce et épanouie, qui est le cachet de la belle tête
royale, que je crois étre celle de Ménephtah, petit-fils
de ce mème Séti I.” (MARIETTE).

180 — Albàtre — Diam. 0m,68, haut. 0m,38. — XXo dynastie.
Tell-el-Yahoudi.
Fûts de colonne provenant d'un palais de Ramsès III.
Deux autres morceaux semblables, de l'autre
côté.
181 — Calcaire — Haut. 1m,52, larg. 0m,55. — Saqqarah
(Memphis).
“Fragment d'un pilier extrait de la tombe de Neferhotep,
fils de Houï, fonctionnaire de Memphis sous undes
rois de la XIXe dynastie.
“Ce pilier est richement décoré. Sur deux de ses
cotés, sont sculptés deux grands Tat surmontés de la
couronne Atef; deux âmes coiffées du disque sont debout
au sommet de cette coiffure symbolique, un autre grand
Tat ornè la face principale. II est surmonté du chapiteau
naoforme à tête d'Hathor. La quatrième face a
disparu.” (MARIETTE).
182 — Grès rouge — Haut. 1m,O5, long. 0m,50, prof.
0m,65. — Karnak (Thébes).
“Pilier quadrangulaire gravé sur les quatre faces.
Ramsés II, deux fois représenté à genoux, fait l'offrande
du vin à Amon et à Maut.” (MARIETTE).
183 — Granit noir — Haut. 0m,80. — XIXo dynastie.
Karnak (Thèbes).
“Amon et Maut, les deux divinités principales de
Thèbes, assises sur un grand siège à dossier. L'inscription
gravée sur le devant constate que ce monument a

été exécuté par l'ordre de Séti I, XIXe dynastie. Le
cartouche-prénom (Râ-men-mâ) ne s'écarte pas de la
forme ordinaire; mais le cartouche-nom a été réduit à
sa plus simple expression (Séli).” (MARIETTE).
184 — Calcaire — Haut. 2m,62, larg. 1m,07.—XXe dynastie.— Abydos.
Grande stèle contenant une prière adressée par le roi
Ramsès IV aux divinités d'Abydos.

Galerie nord, angle nord-ouest et nord-est
de la salle.

185 et 186 — Grès siliceux — Haut. 2m,05 et
3m,15.— XIXo dynastie. — Fouilles exécutées sous la
direction de M. de Morgan, en 1892, dans le temple
de Ptah à Memphis (Mitrahineh).
Magnifiques statues de Ptah (Vulcain) dieu de Memphis.
Ce sont les plus remarquables statues divines
qu'on ait encore trouvées en Egypte.
On lit derriére la statue de l'angle nord-ouest:
Paroles du trés puissant Ptah, chef des deux terres:
“Je fais don de toute vie et prospérité, de toute force,
au seigneur des deux terres Usormarâsotpenrà, seigneur
des diadèmes, Ramsès Méiamoun, vivificateur.”
Aux pieds de la statue de l'angle nord-est:
“Usormarâsotpenrâ (prènom de Ramsès II), vivificateur
aimé de Ptah Risanbouf.”

Derrière la statue;
Paroles de Ptah Risanbouf, maître qui vivifle les
deux terres:
“Je donne multitude de panégyries (fètes de renouvellement;
ces paroles s'appliquent bien à Ramsès II,
dont les années se renouvelèrent tant de fois, et dont
les enfants se multiplièrent) au seigneur des deux
terres Usormaràsotpenrâ, seigneur des diadèmes,
Ramsès Méiamoun, vivificateur.”
187 — Granit noir — Haut. 0m,80. — Tanis (Sân)
“Partie supérieure d'une statue représentant un roi,
le bras gauche étendu, la main droite tenant sur la
poitrine le sceptre hyk. Le roi est sans barbe; sa tète
est couverte de la grosse perruque autour de laquelle
s'enroule une bandelette terminée par des urœus. La
finesse des traits de ce personnage est à remarquer. On
voit sur le dos du siège un commencement de legende
qui ne nous dit malheureusement pas de quel roi ce joli
monument nous conserve les traits.” (MARIETTE).
188 — Granit gris — Haut. 1m,26, larg. 0m,95 Mar.,
N. 873; Cat. Masp., p. 42. — Du grand temple de
Karnak.
Fragment d'une magnifique statue qui représentait
Aménophis II assis, coiffe du claft.
189 — Calcaire — Haut. 0m,53, larg. 0m,34, prof. 0m,17.
Memphis (Grandes pyramides).
“Naos, ou plutòt stèle épaisse avec la figure du défunt
en haut relief. Celui-ci est représenté à genoux, les

mains levées. II s'appelait Nekht, et avait le titre assez
singulier de premier royal fils d'Amon. Des deux
prières graveées sur le pourtour du monument, l'une,
celle de gauche, est une invocation au soleil lorsqu'il
brille à l'horizon oriental
; l'autre, celle de droite,
lorsqu'il se couche pour la vie divine. Par là les
Égyptiens marquaient les deux termes des pérégrinations
de l'âme dans l'autre monde. Le soleil qui se
couche symbolise la mort; le soleil qui se lève est
l'image de la resurrection de l'âme et de l'immortalité
promise aux justes.
“Le frère de Nekht était un deuxième prètre de
Khons, nommé Schaî (XVIIIe dynastie).” (MARIETtE).
190 — Grès statuaire — Haut. 0m,57. — Karnak
(Thèbes).
“Les particuliers, comme les rois, avaient un droit
dont les limites ne sont pas encore bien définies, celui
de consacrer leurs propres statues dans les temples. En
ce cas, bien qu'ils fussent vivants, leur nom propre est
presque toujours suivi des mots le véridique, qui, habituellement,
ne s'appliquent qu'aux morts. Le plus souvent
encore, on trouve gravée sur l'une des parties de
la statue la, formule fait pour les louanges du roi,
que nous avons discutée autre part.
“Le fragment que nous décrivons ici provient d'une
statue qui a eu cette destination. La tête, heureusement,
est d'une parfaite conservation. Elle appartient à la XIIIe dynastie, et déja l'on peut voir, par la comparaison de
cette tète avec celle des statues voisines, la différence
qui distingue les deux arts et la supériorité du plus
ancien sur le plus nouveau.

“Un, reste de la légende, gravé sur le dossier,
montre que le personnage dont nous avons l'image sous
les yeux était un noble chef. Un commencement de
prière à Amon-Ra se lit sur le devant; le nom du dieu
a été martelé, puis gravé de nouveau aprés la chute des
usurpateurs de la XVIIIe dynastie.” (MARIETTE).
191 — Calcaire — Haut. 0m,70. — Karnak.
Tète de roi. Les yeux incrustés ont disparu. Elle
provient du temple de Karnak, et, d'après les souvenirs
de M. E. Brugsch, a été trouvé dans le même lieu que
la tête dite de Taïa (N. 198).
192 — Granit rose — Haut. 0m,77. — Karnak.
Buste du roi Thoutmès III de la XVIIIe dynastie.
193 — Calcaire — Haut. 1m,20. — Saqqarah (Memphis).
“Belle stèle funéraire au nom d'Amen-Mès. Le défunt,
suivi de ses deux filles et de sa mère, se présente
devant Osiris. Les mains des suppliants sont pleines de
fleurs de lotus, symbole de la renaissance promise aux
morts; les femmes en portent sur la tête, arrangées en
élégantes coiffures. Plus bas, une table chargée de toutes
sortes de choses est placée entre deux groupes formés
d'Amenmès, de son frère et de ses deux sœurs. Une de
ces dernières, Anaï, a près d'elle un singe qui joue.
“Le monument est exécuté dans le grand style qui
distingue les règnes de Thoutmès et d'Aménophis.
Quoique le nom d'Amon n'y soit pas martelé, je le
croirais de la XVIIIe dynastie.” (MARIETTE).

194 — Calcaire — Haut. 1m, 17. Cat. Mar., N. 900;
Cat. Masp., p. 44. — XIVe dynastie. — Saqqarah.
Statue de Khaï, gardien du trésor de la chapelle funéraire
de Ramsès II. Khaï assis, enveloppé dans sa
longue robe, tient devant lui un petit naos renfermant
une image d'Osiris. Sur le pilier, prière à Ptah, à
Osiris, etc. (voir le numéro suivant).
195 — Calcaire — Haut. 1m,10. Cat. Mar., N. 901;
Cat. Masp., p. 45.
Autre statue de Khaï, dont il est fait mention dans
l'inscription de la première.
Le naos du N. 195 renferme une image du dieu Rà.
196 — Granit gris — Haut. 2m.65. — Tanis.
“Magnifique colosse, représentant un roi assis. Nous
n'hésitons pas à attribuer ce monument à la XIIe dynastie,
malgré les cartouches de Ramsès II qui les couvrent.
L'usurpation est évidente sur les deux côtés du siège,
où les deux Nils, liant autour du caractère sam les tiges
symboliques de la Haute et de la Basse-Egypte, sont
d'une autre main et d'une main plus ancienne que les
cartouches du roi qui s'en approprie le monument.”
(MARIETTE).
197 — Granit noir — Haut. 0m,77. Cat. Masp., p. 425.
Karnak.
Charmante tête de Pharaon adolescent, que Mariette
attribuait à Menephtah.
“La comparaison avec d'autres monuments m'a
conduit à y reconnaître le portrait du Pharaon Horemheb.”
(MASPERO).

198 — Calcaire — Haut. 0m,80. Cat. Masp., p. 425
— XVIIIe dynastie. — Karnak.
Superbe tête connue sous le nom de Tête de Taïa,
que Mariette lui a donné, bien que rien ne confirmecette
attribution (Cfr. le N. 191).
199 — Calcaire — XIXe dynastie.
Groupe d'un homme et d'une femme assis sur le même
siège. On remarquera la robe plissée de la femme, et levêtement
de l'homme, plissé sur les côtés, uni par devant.
L'inscription gravée derrière le siège contient uneprière
pour le défunt, officier d'archer, Nebheh, mâkherou
(voir N. 8), et pour la défunte, chanteuse d'Amon,
Bakairti (ce dernier nom écrit moitié en hiéroglyphes
moitié en écriture cursive hiératique). L'inscription
est composée d'une manière assez singulière; plusieurs
signes sont irrégulièrement tournés.
200 — Granit noir — Haut. 0m, 81. Cat. Mar., N. 795;
Cat. Masp., p. 63. — XVIIIe dynastie. — Abydos.
Naos. La cavité est remplie par l'image du grand
prètre Phtah-Mes, qui porte les cartouches de Thoutmès
III, gravés sur l'épaule et la poitrine.
201 — Calcaire — Haut. 0m,90. Cat. Masp., p. 425. —
Karnak.
Un buste, fragment d'une statue royale très soignée
du style de la XVIIIe dynastie.

Galerie est de la salle 26.

202 — Granit rose — Haut. 1m,75. — Karnak.
Statue de Thoutmès III, brisée par en bas.

203 — Calcaire blanc — Haut. 1m,23. Mar., Abydos,
t. II, pl. 51; Cat. Masp., p. 53. — XIXe dynastie.
Hori est en adoration devant Anubis. Au premier
registre, c'est le roi Séti I, au temple duquel Hori était
attaché, qui fait offrande à Osiris et à Isis.
204 — Calcaire — Haut, 0m, 90, larg. 1m,78. — XVIIIe dynastie. — El-Hibeh, prés de Feshn.
Bas-relief portant le prénom du roi Thoutmès I.
205 — CalcaireGournah, 1889.
Statue de scribe accroupi, lisant le rouleau qu'il tient
ouvert sur ses genoux. Il porte l'encrier sur le dos.
Au nom de Amenhotep. Style du commencement de la
XVIIIe dynastie. Le nom d'Amon a été martelé.
206 — Calcaire blanc — Haut. 2m,35. Cat. Masp.,
p. 422
Belle statue d'Aménophis II. Les yeux sont rapportés,
les détails du vêtement sont d'une finesse admirable.
207 — Calcaire — Haut. 1m,30, larg. 0m,50. — Don
de M. Wilbour.
“Cette stèle, découverte en 1882 à Hadji Qandil, est
un morceau unique ou peut s'en faut (voir N. 150).
Elle représente le roi Khounaton (Aménophis IV) en
adoration devant le disque solaire rayonnant. Khounaton,
monté sur le tròne à la mort d'Amenhotpou III, s'inquiéta
du développement extraordinaire que les largesses
de ses prédécesseurs avaient donné au culte d'Amon
et à la puissance des prètres de ce dieu. Le grand prêtre
d'Amon thébain était le second personnage dans l'État

et devait être souvent tenté d'aspirer au premier rang
Khounaton crut que le meilleur moyen de réagir contre
l'usurpation était d'imposer à l'État un nouveau dieu
et une nouvelle capitale. Il prit pour divinité protectrice
le disque solaire, Aton, qu'on a confondu bien à tort
avec le dieu syrien Adonis, et qui n'est autre qu'une
des formes les plus anciennes d'un des plus anciens
dieux de l'Égypte, Rà d'Héliopolis. Il lui construisit
une ville et un temple sur la rive droite du Nil, sur
l'emplacement des villages actuels de Tell-el-Amarna
et d'Hadji Qandil, et prit le nom de Khounaton, splendeur
du disque solaire
, au lieu de celui d'Amenhotpou
qu'il avait porté jusqu'alors. Les tombeaux et les ruines
montrent à quel degré de splendeur parvint la ville
nouvelle, pendant les quelques années que dura son
existence. Thèbes fut abandonnée, le dieu Amon proscrit
et son nom effacé sur tous les monuments antérieurs;
un temple d'Aton s'éleva à Karnak, en face du sanctuaire
d'Amon, à l'endroit où se dressent aujourd'hui
les pylônes d'Harmhabi. Ce retour aux anciens cultes
solaires était trop factice pour que l'effet en persistât
longtemps. Le culte d'Aton dura quelques années à
peine après la mort de son fondateur; Thèbes reprit le
dessus, ét la ville de Tell-el-Amarna perdit l'importance
qu'elle avait prise.” (MASPERO, Cat., p. 420-422).
208 et 209 — Granit rose — Haut. 2m,25. Cat.
Masp., p. 74. — Abydos.
Parois latérales d'une porte enlevée autrefois du
temple d'Osiris à Abydos et abandonnée à Belianeh sur
la berge du fleuve. Apportées au musée en avril 1882.

Le roi Ramsès II, debout, fait offrande à l'emblème
d'Abydos.
210 — Granit gris. — XVIIIe dynastie. — Karnak.
Statue de la déesse à tète de lionne. Du temple de la
déesse Maut, à Karnak. Cartouche d'Aménophis III.—
Les voyageurs du siècle dernier ont vu en place plus
de cent cinquante de ces statues. Tous les musées en
possèdent de la mème provenance.
La déesse à tête de lionne s'appelle Sekhet: elle détruit
les ennemis du soleil et ceux du roi.
211 — Granit rose — Long. 0m,74, larg. 0m,50. Cat.
Mar., N. 97; Cat. Masp., p. 25. — XVIIIe dynastie. —
Karnak.
Table d'offrandes consacrée par le roi Thoutmès III
à son père Amon-Râ, lors de la construction d'une
des salles du temple de Karnak. Le temple de Karnak
y est appelé Râ-men-kheper-khou-mennou.
212 — Calcaire — Haut. 1m,10, — XVIIIe dynastie. —
Karnak.
Fragment d'une statue accroupie, au nom du scribe
royal et architecte Aménophis, qui travailla pour
Aménophis III, constructeur du temple de Louqsor, des
colosses de Memnon, etc.
213 — Granit noir — Haut. 1m,80, larg. 0m,75. Mar.,
pl. 11. — XVIIIe dynastie. — Karnak.
“Cette stèle renferme un poème composé pour célébrer
les victories de Thoutmès III. Ce roi y est représenté
adorant le dieu (Amon), qui lui répond:

“Je suis venu, je t'accorde d'écraser les princes de
la Phénicie du Nord; je les jette sous tes pieds à travers
leurs contrées; je leur fais voir ta Majesté, telle qu'un
seigneur de lumière, lorsque tu brilles sur leur tête
comme mon image.
“Je suis venu, je t'accorde d'écraser les barbares
d'Asie, d'emmener en captivité les chefs de la Syrie
Creuse; je leur fais voir ta Majesté couverte de ta
parure de guerre, quand tu saisis tes armes sur le char.
“Je suis venu, je t'accord d'écraser la terre d'Orient;
la Phénicie et Chypre sont sous la terreur; je leur fais
voir ta Majesté, etc.
“Je suis venu, je t'accorde d'écraser les peuples qui
résident dans leurs ports, et les côtes de la Cilicie tremblent
sous la terreur; je leur fais voir ta Majesté, etc.
“Je suis venu, je t'accorde d'écraser les peuples qui
résident dans leurs iles: ceux qui vivent au sein de la
mer sont sous tes rugissements; je leur fais voir ta
Majesté, etc.
“Je suis venu, je t'accorde d'écraser les Libyens;
les îles des Danaens sont au pouvoir de ta volonté; je
leur fais voir ta Majesté, etc.
“Je suis venu, je t'accorde d'écraser les contrées maritimes;
tout le pourtour de la grande zone des eaux
est lié à ton poing; je leur fais voir ta Majesté, etc.
“Je suis venu, je t'accorde d'écraser les peuples qui
résident dans leurs lagunes, de lier les Bédouins,
maîtres des sables, en captivité; je leur fais voir ta
Majesté, etc.
“Je suis venu, je t'accorde d'écraser les barbares de
Nubie; jusqu'aux peuples de Pit, tout est dans ta
main: je leur fais voir ta Majesté semblable à tes deux
frères Hor et Sit, dont j'ai réuni les bras pour assurer
ta puissance.”
“Cette partie du poème était devenue si célèbre
qu'on la copia sur d'autres monuments pour célébrer

les exploits de Séti I et de Ramsès III.” (MASPERO,
Cat., p. 72-74).
214 — Granit noir — Haut. 1m, 85. — Karnak.
Belle statue de Thoutmès III, assis. Le buste seul
était exposé à Boulaq. En classant, d'après la matière
et le travail, de nombreux fragments conservés dans les
magasins, nous avons pu faire compléter un certain
nombre de monuments déjà exposés. Une vingtaine de
fragments, rapportés en différentes années et tirés de
différents magasins, ont complété à peu près la statue
de Thoutmès III; il ne manquait que les pieds qui ont
été refaits en ciment peint.
215 — Granit rose — Haut. 2m, 08, larg. 1m,15. —
XVIIIe dynastie. — Gournah.
Belle stèle de Pou-m-rà, deuxième prophète d'Amon.

Galerie sud-est de la salle.

216 — Calcaire — Haut. 1m,98, larg. 0m,97. Cat.
Mar., N. 72; Cat. Masp., p. 45. — XIXe dynastie. —
Saqqarah.
Stèle d'Anaouaa. Prière au soleil.
217 — Granit noir — Haut. 1m,60, larg. 0m,57. Mar.,
Mon. div., pl. 63 b. — XVIIIe dynastie. — Benha.
“Le serpent possédait, avec des influences funestes
dont on se gardait par diverses amulettes, des vertus
protectrices qu'on essayait de tourner au profit de l'humanité.
Aujourd'hui encore, dans beaucoup de villes
égyptiennes, chaque maison a son serpent qui lui sert de

génie protecteur; dans l'antiquité, non seulement les
maisons, mais les temples, étaient sous la garde d'un
esprit familier de cette espèce. Le monument N. 217
représente le serpent protecteur du temple de Horkhont-khiti
dans la ville d'Athribis; it a été érigé par le roi
Amenhotpou III, dont il porte les cartouches.” (MASPERO,
Cat., p. 418-419).
Dans la cour comprise entre les galeries de la
salle 26, on peut signaler:
Deux têtes de colosses en granit rose (XVIIIe ou
XIXe dynastie), trouvées en 1887 et 1888 dans les
ruines du temple de Mitrahineh (Memphis); une
grande stèle (grès siliceux) du roi Khounaten
(voir Nos 150 et 207) usurpée par le roi Hor-m-heb
(XVIIIe dynastie). Trouvée en 1883.
Un fragment (grès compact) d'un petit obélisque
au nom du roi Ramsès IV, acheté au Caire en
1887, et provenant probablement d'Héliopolis. Un
tambour de colonne en granit rose avec inscription
historique au nom de Ménéphtah, qui vainquit, en
l'an v de son règne, des Libyens coalisés avec les
peuples de la mer.

Galerie 27.

La galerie 27 contient une collection de stèles et
d'inscriptions de la XVIIIe à la XXe dynastie, provenant
pour la plupart des nécropoles d'Abydos
et de Saqqarah.

218 — Calcaire blanc — Haut. 1m,28, long. 8m, 25.
Mar., Mon. div., pl. 57 et 58; Cat. Masp., p. 432. —
Saqqarah, 1861.
Célèbre table de Saqqarah, provenant du tombeau
de Tounari, découvert à Saqqarah en 1861. Ce monument
offire une importance exceptionnelle. Tounari
énumère une longue suite de rois d'Égypte auxquels
il rend hommage. Ce sont des rois des Ire, IIe, IIIe, IVe Ve, VIe, XIe, XIIe, XVIIIe, XIXe dynasties. (Tounari a
vécu sous la XIXe dynastie). Sa liste ne commence pas
par Ménès, comme celle du grand temple d'Abydos,
mais par Méribipen, sixième roi de la Ire dynastie.
219 — Calcaire — Haut. 1m, 45. Cat. Mar., N. 1005,—
XIXe dynastie. — Abydos.
“Stèle ayant servi d'épitaphe dans le tombeau d'un
habitant d'Abydos. Celui-ci s'appelait Ounnefer. Il
était premier prophète d'Osiris dans le temple principal
de cette ville. Sa sœur Taïa, surnommée Neferarit,
occupait la charge de supérieure des recluses dans le
même temple. Ce monument est élevé à la mémoire
d'Ounnefer par ses deux frères Pirahotep et Minmès.
Le premier était nomarque, le second premier prophète
d'Osiris, comme le défunt lui-même.” (MARIETTE).
220 — Granit rose — Haut. 1m,60, larg. 0m,80, épais.
0m,32. — Saqqarah.
Stèle gravée sur les quatre côtés au nom du préfet
comte Rahotep. Offrande à Osiris et à Hapi, à tête de
taureau (Apis).

Cour 28.

221 et 222 — Granit rose — Haut. 1m,20, long.
2m,50. Cat. Mar., N. 3; Cat. Masp., p. 24. — XVIIIe dynastie.
Karnak.
Deux sphinx portant les cartouches de Thoutmès III.
223 — Granit rose — Haut. 3m,75. — XIIe dynastie.
Abydos.
Colosse au nom d'Ousortesen I.
224 — Granit rose — Haut. 2m,92. — Aboukir.
Statue colossale usurpée par Ramsès II.
225 — Granit gris — Haut. 2m,40. — Tanis.
Statue colossale usurpée par Ramsès II.
226 — Granit noir — Haut. 2m,10. Cat. Mar., N. 1007;
Cat. Masp., p. 26. — Tanis.
“Roi assis, sans barbe, probablement de la XIIIe ou
de la XIVe dynastie. Ramsès II a usurpé cette statue et
y a fait graver son nom.” (MASPERO).
227 — Granit rose — Haut. 3m,30. Cat. Mar., N. 1006.
— Fouilles de Mariette, à Tanis.
Statue colossale, refaite de trois fragments, usurpée
par Ramsès II.

Galerie 29.

Bas-reliefs de la XVIIIe à la XXe dynastie.
228 et 229 — Calcaire — Diam. moyen. 0m,50. —
Saqqarah (Memphis).
“A côté des tombeaux de Tounari (voir N. 218),
de Phtah-mès et d'autres fonctionnaires memphites de
la XIXe dynastie, existent les ruines de l'édicule funéraire
d'un autre personnage du rang le plus élevé,
nommé Hor-em-heb. Une salle de cet édicule était
soutenu par huit petites colonnes unies, sur lesquelles
étaient comme attachés, à hauteur d'homme, de petits
tableaux rectangulaires. Ce sont quatre de ces tableaux,
sauvés de la destruction des colonnes, que nous offrons
ici au visiteur.
“Le tombeau de Hor-em-heb fait naître un problème
historique que nous ne savons pas encore résoudre.
Hor-em-heb a occupé évidemment les charges les plus
importantes. Aux titres vagues de noble chef, de
grand des grands, de supérieur des supérieurs, il
joint ceux de grand chef des soldats, de chef des
chefs des soldats du roi
, d'envoyé à la tête de ses
soldats vers le Nord et vers le Sud.
Le rôle militaire
d'Hor-em-heb ressort avec évidence de ce seul énoncé
de ses charges; mais ce qui rend subitement ce personnage
plus intéressant encore, c'est que quelquefois il
apparaît sur les parois de son tombeau avec l'urœus sur
le front, comme s'il avait régné. Régna-t-il en effet?
Une révolution militaire porta-t-elle pour quelques

jours le général heureux sur un trône éphémère? Nul
ne saurait le dire encore.
“Aucune indication monumentale ne permet de préciser
la place qu'occupe Hor-em-heb dans l'histoire de
la XIXe dynastie. Le style des figures et des hiéroglyphes
n'est certes pas celui de Séti I et de Ramsès II.
Il est vraisemblable qui les quatre piliers dont nous
nous occupons sont du mème temps et peut-être de la
même main que la belle stèle d'Anaouaa, N. 216.”
(MARIETTE, Cat, Nos 905-908.
230 — Grès rouge — Haut. 0m,93, long. 1m,20. —
Rec. du Musée, t. I, pl. 7.
“Reste d'un bas-relief représentant le roi Aménophis
III devant le dieu Ptah. Nous avons tiré ce beau
fragment des ruines du temple de Mitrahineh, en
1888, non loin de la liste des nomes de Ramsès II.
“La table archaïque, N. 7, a été trouvée à vingt
mètres de là, enfouie très profondément. C'est donc la
XVIIIe dynastie, qui, sur l'emplacement du sanctuaire
de l'ancien empire, a rebâti le temple dont Ramsès II
a continué la décoration (voir Nos 185 et 186).” (GRÉBAUT).

Salle 30.

231 — Grès — Haut. 1m,65. — Rec. du musée, t. I, pl. 1.
— XVIIIe dynastie. — Gournah, 1887.
Statue peinte de Mut-Nefert. Le roi Thoutmès II
l'a fait sculpter pour cette reine, sa mère. Trouvée en

1887, au sud de Ramesseum, dans les ruines d'un petit
temple auquel nous avons donné le nom du prince
Oudjmès, qui parait y avoir été vénéré.
“La reine Mut-Nefert (Cfr. MARIETTE, Karnak,
page 59) est assise, vêtue de la longue robe blanche,
qui moulé ses formes; une grosse perruque couvre sa
tète. Les chairs sont peintes en jaune.
“L'ensemble est chaste, de bonnes proportions. La
mutilation du nez n'empêche pas de remarquer la douceur
du visage, éclairé par de grands yeux.
“Il n'est pas rare de rencontrer encore le même type
chez les jeunes filles de la plaine de Thèbes.
“Nous avons trouvé avec cette statue des fragments
de même matière prouvant l'existence de cinq ou six statues
semblables dans le temple d'Oudjmès.” (GRÉBAUT).
232 — Calcaire — Haut. 0m,66, long, 0m,65, larg.
0m,44. — XVIIIe dynastie. — Fouilles exécutées sous la
direction de M. de Morgan, en 1892, à Mitrahineh.
(Memphis).
Curieux coffret funéraire d'un personnage nommé
Tamat. Ce nom de Tamat signifiant en égyptien la
chatte
, c'est une chatte qu'ón a représenté au lieu du
défunt devant les tables d'offrandes. Mention du prince
Thoutmès, directeur des prophètes des villes du midi et
du nord.
233 — CalcaireRec. du musée, t. I, pl. 3. —
Temple d'Oudjmès, à Gournah, 1889.
“Très jolie stèle où le scribe Pa-schot, en adoration
devant le prince Oudjmès, dit adorer Amon et Maut.

En haut de la stèle, l'oie d'Amon et la chatte de
Maut.“ (GRÉBAUT).
234 — Calcaire.Rec. du musèe, t. I, pl. 2.
“Fragment d'une stèle qui était déposée dans le
temple d'Oudjmès. Thoutmès III rend hommage à son
père Thoutmès I, derrière lequel se tient le prince Oudjmès
enfant. Oudjmès, qu'on croyait fils d'Ahmès, était
fils de Thoutmès I, sans doute fils aîné, mort très jeune.
“La perte d'une partie considérable de l'inscription
est des plus regrettables. Elle avait été gravée par lepère
nourricier d'Oudjmès. Il était question d'un règlement
intervenu dans la vieillesse du père nourricier,
après des querelles que la stèle racontait en détail. Le
style sort des formules banales.” (GRÉBAUT).
235 — Calcaire.Rec. du musée, t. I, pl. 6. —
XVIIIe dynastie.
“Pierre qui a fait partie des assises d'une muraille
détruite du temple d'Oudjmès. Mention du père nourricier
de ce prince; cartouche du roi.” (GRÉBAUT).
236 — Calcaire.Deïr-el-Bahari.
Fragment détaché d'une muraille de Deïr-el-Bahari
et dont on n'a pas retrouvé la place antique. La femme
de Pount qui est représentée offre des proportions extra-ordinaires
(voir le N. 237).
237 — Calcaire blanc — Haut. 0m, 52, larg. 0m, 22. Cat.
Masp., p. 426. — XVIIIe dynastie. — Deïr-el-Bahari.
L'àne de la femme du chef de Pount (voir N. 236).

238 — Grès — Haut. 0m,86, larg. 0m,41. — XVIIIe dynastie.
Stèle portant les cartouches du roi Ahmès, vainqueur
des Pasteurs, et de la reine Aah-hotep.
239 — CalcaireRec. du musée, t. I, pl. 15. —
XVIIIe dynastie. — Gournah, 1887.
Stèle.
Registre supérieur: 1o A gauche, sont assis le roi
Amosis et la divine épouse d'Amon, la royale épouse
Aahmès Nefer-ta-Ari; 2o A droit, sont assis le roi
Aménophis I et la divine épouse d'Amon, la royale
épouse Aahmès-Nefer-Ari. Est-ce la même reine qui
assiste les deux rois, ou bien faut-il tenir compte de la
légère différence orthographique des deux noms, et
admettre deux reines distinctes? — Le graveur s'est
attaché à reproduire les traits d'Aménophis I et ceux
d'Amosis. Les reines ne se ressemblent pas.
Registre inférieur: 1o A droite, Houi, en prière,
invoque Amosis; 2o à gauche, Smen-taoui, en prière,
invoque Aménophis. Il est possible que Houi et Smentaoui
soient deux noms d'un même personnage.”
(GRÉBAUT).
240 — Calcaire blanc — Haut. 0m,58, larg. 0m,44.
Mar., Abydos, t. III, p. 460, N. 122. — XXe dynastie. —
Abydos.
“Au milieu de la stèle se dresse un obélisque dont le
sommet, arrondi comme celui de l'obélisque de Bégig,
est surmonté d'un gros épervier. A droite, Osiris, maître
de Khenmerout, et Isis, sont debout; à gauche, deux

Horus coiffés de la double couronne. Sous ce registre de
dieux, on trouve deux personnages adorant, le prêtre
Pameroupaqon, et Pnibmos, prêtre de Hor de Khenmerou.”
(MASPERO, Cat., p. 67-68).

Salle 31 (Époque saïte).

Centre de la salle.

241 — Granit — Long. 1m,75, larg. 0m,78, haut. 0m,75.
Cat. Masp., p. 25-26. — XXVIe dynastie.
La cavité de ce sarcophage n'a pu contenir que le
corps d'un enfant. Les inscriptions nomment le roi
Psamétik II.
L'existence de ce monument à Damanhour, dans la
maison d'un particulier, lui ayant été signalée par
Émile Brugsch bey, M. Maspero le fit apporter au
musée en juin 1883.
M. Maspero pense qu'il provient de Sa-el-Hagar,
l'antique Saïs, où était la sépulture des Psamétik.
242 — Grès siliceux — Haut. 0m,35, long. 0m,51,
larg. 0m,26.
Table d'offrandes, avec les cartouches d'Apriès.

Est de la salle.

243 — Granit rose — Haut. 0m,52, long. 0m,91, larg.
0m,91. — XXVe dynastie. — Fouilles de M. Naville. —
Tell-el-Yahoudi.
Socle portant les cartouches d'un prince Aoupout,
peut-être celui que la stèle de Piankhi (N. 160) a mentionné

sans lui donner le cartouche. Il se dit fils de Bast
comme Osorkon II.
244 — Granit à grain fin — Côté de la base 0m,52.
Base d'autel.
245 — Granit noir — Haut. 1m,25, larg. 1m,10. —
XXVIe dynastie. — Esneh, 1887.
Naos portant la bannière du roi éthiopien Shabaka.
Les cartouches sont martelés. Ce naos, dit M. Grébaut,
provient d'un temple d'Esneh, plus ancien que le
temple actuel.
246 — Granit rose — Haut. 0m,43, larg. 1m,00. —
XXXe dynastie. — Bubaste.
Bas-relief portant les cartouches de Nectanébo I.

Sud de la salle entre les deux fenêtres.

247 — Granit gris — Haut: 1m,85, larg. 0m,74.
Cuve ou autel en forme de cartouche. A droite et à
gauche deux autels à libation (voir N. 32), en basalte.

Ouest de la salle.

248 — Calcaire — Haut. 0m,70, larg. 0m,75. — Découverte
de M. E. Brugsch bey. — XXVIe dynastie. —
Mendès.
Fragment de stèle au nom du roi Psamétik I.
249 — Granit noir — Haut. 0m,90, larg. 0m,64. —
XXXe dynastie.
Naos, au nom du roi Nectanébo II.

Au-dessous, bas-relief avec le même nom.
250 — Granit noir — Haut. 1m,32. — XXVe dynastie.
Statue décapitée avec les noms de Shabatoka et de
Taharqa.
251 — Granit gris — Haut. 0m,57. — XXVIe dynastie.
Statue décapitée. Les jambes pliées d'une manière
rarement reproduite par la sculpture égyptienne. Les
cartouches de Psamétik I sont gravés sur les bras. —
La statue est au nom d'un chef de la flotte Samtaoui-Tafnekht.

Nord-est de la salle.

Sur la paroi nord, fronton de naos provenant
de Samanhoud (Sebennys), avec les cartouches
de Nectanébo I (XXXe dynastie); une stèle avec le
prénom Khnoumabrâ du roi Amasis (XXVIe dynastie);
une autre, provenant du Qouft, avec le
prénom Kheperkara de Nectanéb II, etc.

Salle 32.

252 — Granit gris — Haut. 1m,85, long. 2m,10, larg.
1m,86, Cat. Masp., p. 7. — XXXe dynastie. — Sajt-el-Henneh,
près de Bubaste.
Restes d'une chapelle monolithe au nom du roi
Nectanébo II.

253 — Granit noir — Haut. 1m,98, prof. 0m.,95, larg.
0m,95. — XXXe dynastie.
Autre naos, au nom de roi Nectanebo I, de la XXXe dynastie. Ce monument a été trouvé au Caire, mais
provient sans doute de Bubaste, d'après la mention
de la déesse Bast et de Harchefi dans Bubaste, qui se
trouve dans les légendes.
254 — Calcaire blanc — Haut. 0m,30, larg. 1m,08
et 1m,30. Mar., Mon. div., pl. 35 b. — XXVIe dynastie.
“Charmants bas-reliefs provenant d'un tombeau détruit
dès l'époque grecque, et découverts dans les ruines
d'une maison antique, à Memphis. Sur le plus grand,
le scribe Psamitik-Nofirsam, assis, surveille l'apport
et l'enregistrement des colliers d'or, destinés à sa parure
dans l'autre monde; sur le plus petit il reçoit le tribut
de ses domaines funéraires. C'est peut-être ce que l'art
saïte nous a laissé de plus délicat et de plus fin: la
facture est peut-être un peu molle, mais ce léger défaut
est racheté par une gràce et par une souplesse dignes
des merveilleuses époques de la sculpture égyptienne.”
(MASPERO).
255 — Calcaire — Haut. 0m,40, long. 1m,40. — Héliopolis.
Bas-relief au nom du prince Patenefti.
256 — Grès — Haut. 0m,43, long. 0m,66. — XXVIe dynastie. — Karnak.
Bas-relief portant le cartouche de la reine Nitocris.
257 — Grès — Haut. 0m,50, larg. 0m,77. — XXVIe dynastie.
Karnak.
Corniche portant le cartouche de la reine Shapenap
et de sa mère Ameniritis.

Nord de la salle.

258 — Grès. — XXVIe dynastie. — Karnak.
Bas-reliefs au nom de Shapenap.

Ouest de la salle.

259 — Granit rose — Haut. 1m,96. — XXXe dynastie.
Fragment d'obélisque au nom de Nectanébo I.
260 — Grès — XXVIe dynastie. — Karnak.
Autres bas-reliefs au nom de la reine Shapenap.

Salle 33

Est de la salle.

Stèles de Saqqarah, Héliopolis, Abydos, Akhmim;
sphinx décapité avec le cartouche de Nectanébo
II.

Sud de la salle.

Autre série de stèles.
261 — Grès — Haut. 1m,40, larg. 0m,86, prof. 0m,92.
— XXVIe dynastie. — Karnak.
Naos portant les cartouches de Psamétik, de Sha—
penap et de Nitocris, dans lequel a été trouvée la statue
de Thoueris en basalte, exposée dans la salle des dieux.
Devant cet édicule, fragment de statuette en
schiste avec les cartouches de Psamétik II

Ouest de la salle.

262 — Basalte — Haut. 0m,05. — XXVIe dynastie. —
Saqqarah.
Statues d'Osiris dédiée par Hor-ar-ââ surnommé
Râ-nefer-ab-nefer, père nourricier de Psamétik II.
Puis une série de stèles; l'une d'elles, d'un style
assez original, provient de Hassaïa.

Nord de la salle.

Petit naos; fragments destatues et de statuettes;
stèles; deux des stèles indiquent le temps que les
défunts ont passé sur la terre:
263 — Calcaire — Haut. 0m,48, larg. 0m,29.
Stèle de Panaferhàf, fils de la dame Tedasar, qui
vécut 57 ans, 10 mois et 4 jours.
264 — Calcaire — Haut. 0m,49, larg. 0m,30.
Stèle d'Ounnefer. Sa durée en vie, dit la légende,
années 51, mois 10, jours 17.

Salle 34.

Stèles nombreuses, la plupart provenant d'Abydos.
265 — Grès — Haut. 1m,55, larg. 0m,62, prof. 0m,86. —
XXVIe dynastie. — Baqlieh.
Naos portant les cartouches du roi Apriès.

266 — Calcaire — Diam. 0m,84. — Benha (Athribis)
Table d'offrandes ou autel circulaire.

Nord de la salle.

267 — Calcaire — Haut. 1m,23, larg. 0m,77.—Akhmim
Curieuse stèle au nom de Hor, fil du prêtre d'Isis,
Pamerhor, fils de Hor, fils de Hormes, fils de Hornakht,
fils de Pamerhor, fils de Pabasa, fil de
Parekhinou, fils de Hori, avec sa femme la chanteuse
d'Amon, la dame Isitkheb, fille de Padoutisit etc...
le texte remonte jusqu'à la cinquième génération.
268 — Schiste — Haut. 0m,98, long. 1m,30.
Bœuf décapité avec un petit porteur d'offrandes.
En face, groupe semblable en calcaire, provenant
du Sérapéum.

Angle sud-ouest de la sallè.

269 — Calcaire — Haut. 0m,88, larg. 0m,37. — XXXe dynastie.
Fayoum.
Stèle au nom de Nectanébo I, représentant ce roi
faisant offrande au dieu Sebek.

Sud de la salle.

270 — Granit noir — Haut. 0m,45, diam. 0m,47. —
XXVIe dynastie.
Mortier au nom d'un prince Pa-du-sam-taui, surnommé
Râ-nefer-ab-neb-ken.
Fragments de statues, etc.

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87

MONUMENTS DES BASSES ÉPOQUES
(XXXIIe-XXXIVe DYNASTIES).
Salles 35 à 49.

Salle 35.

271 — Granit gris — Haut. 2m,83. — Dongola.
Fragment d'un obélisque élevé à Amon de Napata,
qui réside à la montagne sainte, au nom du roi éthiopien
Atalnarsa.
272 — Granit gris — Haut. 1m,60, larg. 0m,61. —
Epoque romaine. — Méroé.
“Le dieu Amon et une reine d'Éthiopie. Ce monument,
le seul du genre qu'il y ait jusqu'à présent dans
les musées d'antiquités égyptiennes, m'avait été signalé
en 1882 par M. Berghoff, qui fut, quelques mois plus
tard, pris et décapité par le Mahdi; il a été expédié au
Caire sur ma demande par Gigler pacha, et nous est
parvenu dans les premiers jours de 1883. Il appartient
aux derniers temps de la civilisation égyptienne en
Éthiopie, comme le prouvent la grossièreté du travail
et la barbarie du style.” (MASPERO, Cat., p. 8).

Sud-est de la salle.

273.
Parmi les nombreuses stèles exposées dans la salle 35,
on peut citer une belle stèle d'Akhmim en granit rouge
et noir à grain très fin.

Ouest de la salle.

274.
Trois stèles, de Hassaïa, d'un style original, comme
celle que nous avons remarquée dans la salle 33 (ouest).
275.
Au-dessus des trois stèles N. 274, frise d'époque
ptolémaïque.

Nord de la salle.

276 — Calcaire — Haut. 1m,52, larg. 2m,90. — Benha
(Athribis).
Grand bas-relief à moitié détruit; quelques restes
d'inscription grecque.

Est de la salle.

277.
Stèles d'Akhmim; une stèle de Hassaïa, peinte et
dorée. — Nombreuses tables d'offrandes provenant
d'Akhmim, représentant la déesse Nout dans le perséa,
versant avec deux vases l'eau vivifiante du ciel, qui
doit faire renaître le défunt. Parfois ni la déesse ni
le défunt ne sont figurés; on voit seulement les deux
vases versant leur eau bienfaisante. — Quatre petites
pyrramides, sommets d'obélisque remplaçant mystiquement
l'obélisque lui-même.

Salle 36.

Est de la salle.

278 — Granit gris — Haut. 1m,28, larg. 0m,98. —
Fouilles de M. Naville. — Epoque ptolémaïque. —
Tell-el-Maskhouta (Pithom).
Stèle de Pithom, ville où sejournèrent les Hébreux
sous l'oppression (Exode, I, 11), et dont l'emplacement
à Tell-el-Maskhouta a été prouvé par les fouilles
de M. Naville.
279 — Calcaire — Haut. 0m,78, larg. 0m,44.
Jolie stèle d'Akhmim.

Sud de la salle.

280 et 281 — Grès — Haut. moy. 0m,45, larg. moy
0m,28. — Assouan.
Deux séries de trois petites stèles.
Au-dessous, deux tables d'offrandes provenant
également d'Assouan.
282 — Calcaire — Fouilles de M. Naville. — Tell-el-Maskhouta
(Pithom).
Restes d'un pillier doré.
283 — Granit noir — Haut. 1m,85, larg. 1m, 16. Mar.,
Mon. div., pl. 14. — Epoque grecque. — Caire.
“Stèle découverte en 1870, dans les fondations d'une
petite chambre de la mosquée Cheïkhoun, au Caire, par
Mohammed effendi Kourchid, alors surveillant en chef
du musée.

“Elle date de l'an VII d'Alexandre II, fils d'Alexandre
le Grand, et a été dédiée par Ptolémée, fils de
Lagos, qui ne prend encore que le titre de satrape
d'Égypte. Ptolémée était déjà fort puissant. Il avait
fait sa résidence de la forteresse du roi Alexandre I,
sur les bords de la mer Ionienne, dont le nom primitif
était Rakôti, et où il avait établi beaucoup de Grecs
avec leurs chevaux et beaucoup de galères avec leurs
soldats. S'étant rendu avec son armée au pays des
Syriens, pendant qu'ils lui livraient bataille, il se jeta
au milieu d'eux d'un cœur hardi, comme un vautour
au milieu de moineaux, il les prit en une seule fois
et en amena en Egypte leurs chefs, leurs chevaux, leurs
vaisseaux, toutes leurs richesses. — Au retour d'une
campagne heureuse en Marmarique, comme il fêtait sa
victoire et cherchait ce qui pouvait être agréable aux
dieux d'Égypte, un de ses conseillers lui suggéra de
restituer au temple de Bouto les biens que le roi Kabbash
avait donnés aux dieux de cette ville, lors de
sa réyolte contre Xerxés I, roi de Perse, et que les
Persans leur avaient enlevés après la victoire. Ptolémée
y consentit; la stèle se termine par des imprécations
contre quiconque essaiera de renouveler la spoliation.”
(MASPERO, Cat., p. 55-56).
284 — Calcaire — Haut. 1m,47, larg. 0m,78, épais
0m,36. — Epoque ptolémaïque. — Découverte d'Émile
Brugsch bey. — Mendés.
Stèle du bélier de Mendès, avec le nom de Ptolèmée
II. C'est la découverte de ce monument qui a fixé
l'emplacement de l'ancienne cité égyptienne.

Puis un certain nombre d'autres stèles de
moindre importance.

Salle 37.

Cette salle est consacrée aux monuments portant
des inscriptions démotiques, c'est-à-dire en écriture
cursive de basse époque: stèles, tables d'offrandes et
cercueils pour momies d'animaux (Nos 285 et 286).
Les statues en granit avec hiéroglyphes au dos
datent des derniers Ptolémées et des premiers
empereurs romains.

Salle 38.

Stèles et bas-reliefs égyptiens de la dernière
époque païenne. Quelques-uns sont du IIIe siècle
de notre ère.

Salle 39.

Stèles grecques et romaines, parmi lesquelles
on peut signaler les stèles du Fayoum, avec le
crocodile, emblême du dieu local Sebek.
287 — Calcaire — Haut. 0m,49, larg. 0m,56.
Scène sculptée et peinte, rappelant un peu les œuvres
des écoles de Ravenne et de Byzance. Elle paraît représenter
un empereur entouré de ses officiers.
288 — Calcaire — Haut. 0m,22, larg. 0m,35.
Epitaphe en vers grecs.

Salle 40.

289 — Marbre blanc — Haut. 0m,40. — Alexandrie.
Stêle funéraire d'un assez joli style. Une femme est
assise affli gée; un enfant lui présente une lyre.
290 — Calcaire blanc — Haut. 2m,22, larg. 0m,78,
épais. 0m,40. — Epoque ptolémaïque. — Tanis.
“Stèle brisée par le milieu. Elle porte un décret
rendu dans la ville de Canope en l'honneur de Ptolémée
Evergète I, par les prêtres rassemblés dans cette ville,
pour célèbrer l'anniversaire de la naissance du roi et de
son couronnement. Ce culte du roi et de la reine Bérénice
est consacré par des fètes annuelles et par des fondations
pieuses, afin de perpétuer à jamais le souvenir
de leurs bienfaits, et l'assemblée décide que des copies
du décret seront déposées dans tous les temples importants
de l'Egypte, en hiéroglyphes, en démotique et en
grec
“Les ruines nous ont rendu jusqu'à présent troisexemplaires
de ce décret. Le plus anciennement connu provient
du Caire, où il servait de seuil à la mosquée de
l'émir Kour; il avait été transporté soit de Memphis, soit
d'Héliopolis, et se trouve aujourd'hui au musée du Louvre
(C. 122). Le second a été trouvé à Tanis en 1866, et
signalé par M. Gambard au Dr Lepsius, puis à MM. Reinisch
et Rœssler, qui publièrent aussitôt la partie hiéroglyphique
et grecque; le texte démotique, gravé sur
la tranche de gauche, ne devint visible qu'au moment
où le monument fut transporté à Boulaq. Le troisième

exemplaire a été découvert à Kom-el-Hisn, à l'occident
du Delta, en 1881, et porte au musée le N. 290 bis.
(MASPERO, Cat., p. 353).
290 bisCalcaire compact — Haut. 2m,03, larg.
1m,90. — Epoque ptolémaïque. — Kom-el-Hisn.
“Autre exemplaire du décret précédent, mais d'une
exécution plus soignée. II porte de plus que l'exemplaire
de Tanis, un tableau où la famille royale est représentée
en adoration devant les dieux de l'Egypte. Le texte
démotique est inséré à sa place entre le texte hiérogly-phique
et la version grecque.” (MASPERO, Cat., p. 354).
On sait que la découverte du déchiffrement des hiéro-glyphes
par Champollion est due à cet usage ptolémaïque
de publier le texte de certains décrets à la fois en égyptien
et en grec. Sachant que dans le texte égyptien
les enroulements appelés cartouches contenaient des
noms royaux, connus par le texte grec, il a suffit d'analyser
rigoureusement les groupes de signes contenus
dans ces cartouches pour reconstituer peu à peu l'alphabet
hiéroglyphique.
Champollion a opéré le déchiffrement sur la pierre
de Rosette, qui, trouvée en 1799 par un officier français,
est aujourd'hui au British Museum. On pourrait
faire une application de sa méthode sur les stèles 290 et
290 bis; dans tous les cas, ces monuments servent à prouver
combien est fondée la prétention qu'ont les égyptologues
de lire exactement les textes hiéroglyphiques.
291 — Marbre — Haut. 0m,31.
Tête de guerrier gaulois ou germain.

292 — Grès rougeâtre — Haut. 1m,40, larg. 0m,65,
épais. 0m,31. — Don de M. Sabatier, ancien consul
général de France en Egypte. — Benha (Athribis).
“Bloc provenant d'un naos dont la frise portait les
cartouches dé Psamétik I et de Shabaka, alternés
(XXVIe dynastie). II fut employé dans la construction
d'un portique à quatre entrées, et porte une longue
dédicace grecque au nom des empereurs Valentinien,
Valens et Gratien. Elle nous donne le nom de l'architecte
Flavius Cyrus et celui du préfet d'Egypte, Aelius
Palladius.” (MASPERO, Cat., p. 381).
293 — Granit rouge — Haut. 1m,30, larg. 0m,91,
épais, 0m,71. Cat. Mar., N. 1017; Cat. Masp., p. 382. —
Epoque romaine. — Cheikh Abadeh (Antinoè).
Base quadrangulaire, portant une dédicace à Antinoüs
l'Illustre, par un gouverneur de la Thébaïde.
294 — Granit — Haut. 0m,86. — Epoque gréco-romaine.
Alexandrie.
“Statue découverte en 1881 au pied du Kom-el-Damas.
La tête maigre est un beau morceau, d'un
travail un peu sec; le corps est assez gauchement
taillé et hors de proportion avec la tête; les pieds
manquent. Une longue inscription hiéroglyphique,
gravée dans le dos, nous force â reconnaître que ce personnage
d'apparence exotique est un scribe égyptien
nommé Hor. Cette statue est l'œuvre d'un sculpteur
égyptien qui a subi fortement l'influence grecque.”
(MASPER), Cat., p. 382).

295 — Marbre blanc — Haut. 1m,40 environ.
“Pièce unique, provenant du Sérapéum. Elle reprèsent
une sirène jouant de la lyre. Les pattes d'oiseau
ont été refaites en partie.” (MASPERO, Cat., p. 382.)
296 et 296 bis — Calcaire — Mitrahineh.
Séries de monuments du culte asiatique de Mithra.
Ces monuments forment un groupe à part, entre les
œuvres égyptiennes et les œuvres gréco-romaines.
297 — Granit gris — Diam. 1m,30. — Eléphantine.
Grand bassin.
298 — Porphyre rouge — Haut. 2m,66. — Epoque
romaine. — Don de M. lecomte Zogheb. — Alexandrie.
Statue colossale décapitée. Style romain ou plutôt
byzantin. Ce qui fait l'importance de ce monument,
c'est surtout la valeur du bloc de porphyre dans lequel
il a été taillé.
299 — Marbre blanc — Haut. 0m,65, larg. 0m,64. —
Epoque ptolémaïque. — Mitrahineh.
“Reste d'une liste de citoyens de Memphis qui
avaient élevé dans le temple de Ptah un monument en
l'honneur d'un haut personnage.” (MASPERO, Cat.,
p. 359-360).
300 — Marbre blanc — Haut. 0m,69, larg. 1m,35. —
Epoque romaine. — Aboukir.
Personnage à demi couché, se soulevant un peu sur
le coude. Le front est chauve, la barbe courte et rare.
Portrait assez vivant.

301 — Granit rose — Haut. 0m,93, larg. 0m,52, épais.
0m,46. — Ptolèmaïs.
Autel d'un travail assez intéressant, surtout dans la
partie, supérieure, qu'on peut comparer aux autres
monuments de Ptolémaïs (Nos 304 et 307).
302 — Porphyre rouge — Haut. totale 0m,65, —
Benha-el-Assal (Athribis).
“Buste représentant un empereur romain, probablement
Maximien-Hercule (304-310 après J.-C.). Le
monument a tous les caractères de l'époque et ne se
recommande que par sa parfaite conservation.”
(MARIETTE).
303 — Marbre blanc — Haut. 1m,80. — Epoque romaine.
Tell-Mokhdam.
“Statue de dame romaine, probablement la femme
d'un haut fonctionnaire impérial. Travail soigné, mais
sec et sans ampleur.” (MASPERO, Cat., p. 382).
304 — Granit noir — Haut. avec le socle 2m,20,
larg. 0m,73. — Epoque romaine. — Ptolémaïs.
Stèle au nom de l'empereur Trajan. Dédicace d'un
temple élevé par la ville de Ptolémaïs à Esculape et à
Hygie. Péan en l'honneur d'Esculape (Cfr. J. Baillet,
la stèle de Menschieh, Revue archéologique, 1889).
305 — Calcaire — Haut. 1m,25, larg. 0m,56. — Dimeh
(Fayoum).
Naos avec délicace de Trajan.

306 — Marbre blanc — Haut. tot. 0m,95. — Mit-Farès
(Crocodilopolis).
“On peut regarder cette tête comme un des morceaux
de sculpture grecque les plus précieux que l'on
ait encore trouvés en Egypte. Elle représente un dieu
barbu, dans une attitude calme et imposante. L'état
de la chevelure et les mèches qui tombent du front jusque
sur les sourcils indiquent que le monument était l'image
de quelque fleuve, probablement le Nil. Dans l'antiquité
même, on a abattu ces mèches de manière à dénuder le
front, et, dans l'état où elle est aujourd'hui, notre
tête ferait croire qu'on a sous les yeux une copie du
Jupiter Olympien de Phidias.” (MARIETTE).
307 — Marbre blanc — Haut. 1m,05, larg. 0m,50.
Stèle de Ptolémaïs: même style que l'autel 301 et la
stèle 304.
308 — Granit rose — Haut. 2m,80. — Epoque ptolé-maïque.
Karnak.
“Colosse représentant un roi macédonien, peut-être
Alexandre II. La pose est celle des colosses égyptiens
mais l'agencement de la coiffure et le rendu des traits
du visage sont grecs.L'ensemble est mou et sans vigueur
et ne supporte nullement la comparaison avec les belles
œuvres des dynasties thébaines.” (MASPERO, Cat.,
p. 380-381).
309 — Granit — Haut. 2m,30. — Epoque ptolémaïque
ou romaine.
“Statue représentant un personnage attaché au culte
des dieux de Tanis.” (MASPERO, Cat., p. 430).

310 — Calcaire — Haut. 2m,83, larg. 2m,20. — Epoque
romaine. — Louqsor.
Bas-relief représentant Isis et Sérapis; travail barbare:
la tête et le corps sont représentés de face, les
pieds sont tournés de profil. Sérapis égorge une gazelle,
symbole de l'impureté.

Salles 41 et 42.
(L'art copte on l'art chrétien d'Egypte.)

Ces salles nous montrent les œuvres d'un nouvel
art égyptien, produit d'une religion nouvelle.
“Le christianisme triomphant ne tarda pas à remplacer
les scènes funéraires qui couvraient les stèles païennes
par des représentations plus analogues aux idées qu'il
se faisait sur la vie présente et la vie future. Un porche
d'église, arrondi ou surmonté d'un fronton triangulaire,
se substitua au naos des divinités égyptiennes. Sous le
porche on grava, soit l'image du défunt ou d'un saint,
soit une croix, soit une décoration mystique, une rosace,
une série d'ornements géométriques.” (MASPERO, Cat.,
p. 365).
Dans cet art nouveau, les figures sont généralement
d'un travail barbare, digne de l'art qui a
produit le No 310; mais les ornements, colombes,
croix de diverses formes, les feuillures, surtout,
sont d'un style intéressant et souvent fort gracieux.

Nous passerons rapidement en revue les
stèles, niches, bas-reliefs, frises et chapiteaux qui
garnissent les salles 41 et 42; on pourra, pour les
détails, se reporter aux travaux que M. Gayet
consacre aux développements de l'art copte et à
son influence sur les époques suivantes. Nous nous
contenterons d'indiquer particulièrement:
Dans la salle 41:
311 — Calcaire — Haut. 0m,53. côté 0m72. — Ahnas
(Héracléopolis),
Chapiteau.
312 — Calcaire — Haut. 0m,80, côté 1m,05.
Chapiteau ayant été creusé pour servir de baptistère.
Dans la salle 42:
313 — Marbre — Haut. 1m, larg. 1m.
Stèle cintrée, avec une inscription en langue copte,
c'est-à-dire en langue égyptienne écrite avec l'alphabet
grec augmenté de quelques nouveaux signes.
314 — Terre cuite peinte — Haut. 0m,68, larg. 1m,58.
Deux colonnes d'écriture copte, à droite et à gauche
d'une rosace. Comme dans presque tous ces monuments,
on y invoque le Père, le Fils et le Saint-Esprit,
les prophètes et les patriarches, etc., en faveur du
défunt. Un grand nombre d'épitaphes de ce genre ont
été publiées par M. Bouriant (Recueil de travaux

relatifs à la philologie et à l'archéologie égyptiennes
et assyriennes
)
De la salle 42, le visiteur revient par la salle 41
jusqu'à l'escalier de la salle 40, qui le conduit aux
galeries de la salle 43. Dans cette salle et les six
suivantes, nous trouverons la continuation des
monuments de l'époque gréco-romaine et de la
civilisation copte; nous achèverons tout de suite
cette série, commencée au rez-de-chaussée (salles
37-42), et nous terminerons par les souvenirs plus
anciens et plus précieux de l'Egypte pharaonique.

Salle 43.

ARMOIRE A.

Terres cuites de Basse Epoque, provenant principalement
du Fayoum. La plupart représentent
des Harpocrate ou Horus enfant, très éloignés de
l'ancien type égyptien. On ne les reconnaît guère
qu'à la tresse pendante et au doigt enfoncé dans la
bouche. IIs sont tantôt assis sur des oies ou sur des
chevaux, tantôt debout et appuyés contre un socle,
tantôt tenant une amphore sous le bras. Par exception,
une de ces statuettes (côté gauche, troisième
rangée, N. 315) porte une inscription hiéroglyphique.



ARMOIRE B.

Terres cuites, statuettes, masques et figures grotesques,
notamment les images du dieu Bès (côté
gauche, rangées inférieures); jolie statuette de
Faune (316, côté gauche, quatrième rangée); statuettes
d'Astarté; séries de têtes féminines diversement
coiffées; petits monuments du culte d'Isis
et de Sérapis. Du côté droit, plusieurs séries d'animaux;
les plus intéressants sont les chameaux et
les éléphants (317 et 317 bis).

ARMOIRE C.

Moules pour fabriquer des têtes de Bès, etc.;
collection de lampes en terre cuite, quelques-unes
assez remarquables: le N. 318 (côté gauche, troisième
rangée), très délicatement orné; le N. 319
(côté gauche, quatrième rangée), sous la forme
d'un buste de déesse dont le support se creusait
pour recevoir la lampe.
D'autres simulent de petits édifices, des barques,
des têtes, ou des masques, etc. Plusieurs sont percés
d'un grand nombre de trous (voir les Nos 320
et 321, à la troisième rangée).

VITRINE D.

Nombreuses pièces de verrerie, de formes variées
(Nos 322, 323, 324, 325, 326, 327, 328, 329).

Sous le N. 330, une tête finement gravée sur un
morceau de verre.

VITRINE E.

Nombreuses terres cuites: Vénus écartant ses
cheveux, N. 331 (côté droit, troisième rangée); Isis
et Horus, N. 332; série de petites figures avec des
restes de peinture; une des meilleures est sous le
N. 333. A la rangée inférieure (côté droit), série
de petits vases, grappes de raisins et fruits en
forme de cœur.

Salle 44.

ARMOIRES A ET B.

Momies de Basse Epoque, provenant d'Akhmim.
Si l'embaumement est moins soigné qu'à l'époque
pharaonique, l'équipement extérieur de la momie
est beaucoup plus complet depuis l'époque grecque;
masque doré, armure de cartonnages peints
où domine la couleur rose, bandelettes croisées,
habillent le cadavre et dissimulent l'apparence de
la mort.
Au-dessus des armoires, vases funéraires grecs
provenant des tombeaux d'Alexandrie.

ARMOIRE C.

Momies de Basse Epoque provenant du Fayoum;
cartonnages dorés et bandelettes.
A droite, momies d'enfants; sur deux d'entre
elles, le masque doré est remplacé par le portrait
du défunt mis à la place du visage.
334.
Momie avec portrait peint sur toile.
335.
Momie avec portrait peint sur bois.

ARMOIRE D.

Terres cuites, anses d'amphore et cachets; provenances
diverses.
336 — Calcaire — Haut. 0,m60. — Achat. — Provenance
inconnue.
Statuette de Vénus; la partie inférieure est restaurée.

ARMOIRE E.

Pièces de verrerie, anses et pieds de coffrets en
bronze, vases en bronze et statuettes.

ARMOIRE F.

Momies à portraits (voir N. 334) provenant du
Fayoum. Le N. 337 est un bel échantillon des
momies de ce genre, qui sont du IIe siècle de notre
ère.

ARMOIRE G.

Belles lampes en bronze (338 et 339), candélabres
et trépieds (340, 341, 342, 343), grande plaque en
plomb provenant d'un cercueil (344).

ARMOIRES H ET I.

Masques de momies; les uns complètement
dorés; les autres sont blancs et roses, avec des
couronnes de fleurs; on peut remarquer deux
masques d'enfant, au centre de l'armoire H. Les
masques suspendus le long des parois proviennent
du Fayoum; les autres posés sur les tablettes des
armoires ont été trouvés à Meir.

ARMOIRE J.

345 — Bois et stuc. — Epoque ptolémaïque. — Sérapéum.
Frontons triangulaires en bois, tirés des pignons qui
fermaient par devant et par derriêre le toit pointu du
sarcophage 394 (salle 45). Sur ces frontons, des bas-reliefs
en stuc peint représentent des sirènes aux ailes et
aux pieds d'oiseaux. Auprès de ces bas-reliefs, petits
médaillons ou antéfixes à tête de Méduse. Ces pièces
ornaient les montants du sarcophage.
346 et 347 — Bois — Haut. 0m,148. larg. 0m,29. —
Epoque romaine. — Saqqarah.
“Ces tablettes appartenaient à un écolier de l'époque
romaine. Elles portent encore sept vers de style homérique

remplis de fautes, avec une correction à la marge
du quatrième vers.” (MASPERO, Cat., p. 391).
348 — Bronze — Epoque romaine. — Coptos.
Ces deux plaques, découvertes en 1881, sont les deux
feuilles d'un diplîme militaire délivré pendant le règne
de Domitien, et donnant à un soldat un congé honorable
(après vingt-cinq ans de service) avec les privilèges y
attachés.
349 — Parchemin.Gebelein.
Parchemin d'un roi Blemmye. Les Blemmyes, belliqueuse
peuplade nubienne, désolèrent la Haute-Égypte
par leurs incursions dans les premiers siècles de l'ère
chrétienne. Ils réussirent même à en occuper momentanément
quelques provinces, et s'établirent notamment
dans l'île de Philœ.
Le haut de l'armoire est garni de plaquettes en
bois portant le nom, écrit en grec, des personnages
au cou de la momie desquels elles étaient attachées.
Par exception, le N. 350 est en terre émaillée.
Æpoque romaine.
351 (Vitrine) — Calcaire — Haut. 0m,35.—Mitrahineh.
Fragment de statuette représentant Alexandre (?) en
Hercule.

ARMOIRE K.

Momies provenant du Fayoum (252) et de Gebelein
(353). On peut signaler le cercueil en roseaux
de la petite momie.

ARMOIRE L.

Momies et cartonnages provenant d'Akhmim.
354 (Vitrine) — Long. 1m,60. — Fayoum.
Jolie momie avec ses bandelettes et ses guirlandes
de fleurs.
355 — Long. 1m,50.
Autre momie du Fayoum; on lit sur les bandelettes
le nom Artemidora.
356 — Plomb — Long. 1m,85. — Acheté à Alexandrie.
Cercueil d'époque romaine. On en a découvert beaucoup
de ce genre à Sidon en Phénicie.
357 — Long. 1m,72.
Momie à portrait peint sur bois.
358 — Long. 1m,56. — Fayoum.
Momie dans son cercueil, avec ses guirlandes de
fleurs. Masque doré, bandelettes.
359 (Vitrine) — Haut. 0m,77.
Très riche masque doré, provenant de Meïr, incrustations
en émail; scènes mythologiques en or. Dans la
même vitrine, joli masque d'enfant.

360.Fayoum.
Momie avec portrait peint sur bois. Le cartonnage
est tout rose, avec dorures représentant: 1o Le mort
sur le lit funèbre; auprès de lui, Anubis, Isis et Nephthys;
2o Thot ou Hermès, principe conservateur, et
Horus, principe rénovateur, préparant la renaissance
du défunt; l'encens brûle sur deux autels en forme de
chandeliers, devant la colonne, emblême de stabilité,
et la double plume d'autruche, emblême de réalisation
ou de création (voir N. 32); la stabilité sera, en effet,
maintenue dans la nature par la création d'une vie
nouvelle, en remplacement de celle qui vient de s'éteindre;
3o le mort se soulève de son lit pour ressusciter ou
renaître; 4o l'âme ou le principe vital qui habitait le
corps du défunt s'envole glorieux pour aller animer
une nouvelle existence.
361 — Larg. 1m,80. — Fayoum.
Momie cousue dans une gaîne de toile. Portrait
peint sur bois.

Salle 45

ARMOIRE A.

A la rangée inférieure, collection d'antéfixes en
terres cuite, notamment le N. 362, en terre cuite
peinte; c'est une tête chypriote ou grecque de

style archaïque; elle provient de Daphné, et doit
avoir appartenu aux mercenaires grecs des rois
saïtes (Cfr. le N. 376).
363 — Granit noir — Haut. 0m,34, larg. 0m,26. —
Epoque romaine. — Coptos.
“Les deux plaques inscrites sous ce numéro ont été
découvertes à Coptos, en mars 1833, encastrées comme
matériaux de construction dans le mur d'un édifice situé
sur le Forum de la ville antique. Elles ont été publiées
par E. Desjardins (Comptes-rendus de l'Académie des
Inscriptions et Belles-Lettres
, 1883, p. 217) et par
Th. Mommsem (Additamenta tertia ad Corporis Volumen
III
, p. 5-16). C'est tout ce qui reste d'une longue
inscription qui couvrait au moins six plaques, et avait
été élevée dans le temple de Coptos par des soldats
romains chargés de réparer les postes de la route qui
conduisaient de Coptos à la mer Rouge.... Ce travail
fut exécuté pendant les premières années du règne
d'Auguste en Egypte.” (MASPERO, Cat., p. 412-413).
Sur la seconde tablette, bouteilles en terre cuite
(Nos 364 et 365), poignée d'épée romaine en bronze
(366), hache en bronze à double tranchant (367);
têtes de statuettes en terre cuite et en marbre.
368 — Albâtre — Haut. 0m,11. — Époque saïte. —
Environs de Saïs.
“Figurine de style grec archaïque ou chypriote,
provenant des premiers colons de race hellénique établis

en Egypte avant la conquête macédonienne.”
(MASPERO, Cat., p. 403).
369 — Terre cuite — Haut. 0m.15, long. 0m,38. —
Alexandrie.
“Bas-relief représentant une déesse à demi couchée;
le bras droit est appuyé contre un cygne; elle brandit
un are de la main gauche; un amour, agenouillé à ses
pieds, saisit par les ailes un papillon placé à terre.”
(MASPERO, Cat., p. 401).
Sur la troisième tablette, vases et figurines; deux
petites lampes; l'une en terre cuite (370), représente
une tète de faune; l'autre, un lion couché
371 — Terre cuite — Haut. 0m,19, long. 0m,245. —
Alexandrie.
“Bas-relief de style archaïque, paraissant représenter
une scène de l'Orestie. Electre, assise, pleure au pied du
cippe funéraire d'Agamemnon. Oreste, qui vient d'arriver,
se penche vers elle pour la consoler, tandis que son
compagnon tient les chevaux.” (MASPERO, Cat., p. 401).
372 — Terre cuite — Haut. 0m,18, long. 0m,37. —
Alexandrie.
Bacchus, à demi supporté par un de ses compagnons,
arrive sur un char traîné par deux centaures qui jouent
du cor et de la lyre; il se prépare à descendre pour
accueillir l'hommage de trois personnages qui lui offrent
un sacrifice. C'est, de cette série de bas-reliefs, celui
où les traces de couleur sont le plus visibles.

373 — Terre cuite — Haut. 0m,17, long. 0m,32. —
Époque ptolémaïque. — Alexandrie.
“Mercure, reconnaissable à son caducée, à son chapeau
et à ses sandales ailées, améne le bélier Phryxos à
Jupiter, à Junon et à Neptune; le paon de la déesse et
l'aigle semblent disposés à faire un mauvais accueil à la
pauvre bête.” (MASPERO, Cat., p. 394).
374 — Terre cuite — Haut. et larg 0m,22 — Époque
grecque. — Alexandrie.
“Un homme en costume civil s'adresse à un jeune
soldat sans armure, le sein gauche découvert, qui tient
une personne (?) de la main gauche, une lance de la
main droite. Derrière l'orateur, autre guerrier, casqué
et revêtu de l'armure complète. Dans le fond deux jeunes
femmes. II faut peut-être reconnaître dans ce basrelief
Achille à Scyros.” (MASPERO, Cat., pp. 399-400.)
375 — Terre émaillée — Haut. 0m, 103. — Époque
grecque.
“Petit vase richement décoré de feuillage: une bande
de coureurs forme frise autour de la panse. Ornements
et figures s'enlèvent en émail jaunâtre sur un fond
pers.” (Maspero, Cat., p. 396).
Sur la tablette supérieure, vases et figurines en
terre cuite; petit chapiteau en terre émaillée;
antéfixe en terre cuite peinte (N. 376; haut. 0m,25,
larg. 0m,30), de même provenance et de même
date que le N. 362.

377 — Terre cuite — Haut. 0m,20, larg. 0,16. —
Époque ptolémaïque. — Alexandrie.
“Ce médaillon en terre cuite découpée paraît représenter
une reine de la famille des Ptolémées avec la
coiffure de Junon.” (MASPERO, Cat., p. 396).
378 — Terre cuite — Haut. 0m,17, larg. 0m,21. —
Alexandrie.
Personnage paraissant faire la voltige sur un cheval.
379 — Terre cuite — Haut. 0m,17, larg. 0m,112. —
Alexandrie.
Berger assis.
380 — Terre cuite — Haut. 0m,245, long. 0m,019.
Personnage assis auprès d'une stèle dans une attitude
affligée.

ARMOIRE B.

Vases, figurines, fragments de statuettes. On
peut citer:
381 — Calcaire peint — Haut. 0m,35, larg. 0,26. —
Époque ptolémaïque. — Saqqarah.
“Charmante stèle en forme de naos. Le fronton
triangulaire est soutenu par deux figurines de femmes
nues, coiffées à l'égyptienne; dans le champ, un bœuf
Apis devant un autel et une inscription grecque en cinq
lignes, tracées rapidement à l'encre. C'est l'ex-voto
d'un devin qui interprétait les songes prophétiques aux
dévots.” (MASPERO, Cat., p. 385).

382 — Morceaux de verre émaillés ou dorés- Alexandrie.
Fragments de mosaïque.
383 — Marbre blanc.
Fragment d'une statue de Vénus.
384 — Granit noir — Haut. 1m. — Ptolèmaïs.
Serpent du temple d'Esculape à Ptolémaïs (Cfr. Nos 301, 304, 307). La tête a été ajoutée.

ARMOIRE C.

Collection de poteries grecques.

ARMOIRE D.

Terres cuites alexandrines.

ARMOIRE E.

Ivoires et panneaux de bois plaqués d'ivoires,
débris de coffrets d'époque romaine.
Dans la vitrine placée entre l'armoire E et
l'armoire F, pierres gravées, cachets gnostiques,
médaillons.

ARMOIRE F.

Statuettes alexandrines; la plupart rappellent
le style de Tanagra. Une des plus intéressantes

(N. 385; terre cuite peinte; haut. 0m, 08, longueur
0m, 11; époque ptolémaïque; Alexandrie)
représente un faune.
“L'artiste a représenté un épisode ordinaire des fêtes
de Bacchus. Le faune, en voulant danser, selon l'usage,
sur une peau de bouc huilée et gonflée, est tombé à
terre et serre dans ses bras le col de l'outre; son vêtement,
soulevé par la chute, s'enfle derrière lui et n'à
pas encore eu le temps de s'affaisser.” (MASPERO,
Cat., p. 406-407).

ARMOIRE G.

Vases et statuettes. On peut citer:
386 — Terre émaillé bleue — Haut 0m, 21, diam.
0m,20. — Époque ptolémaïque. — Saqqarah.
“Superbe vase dont le col et le pied sont ornés de
guirlandes de fleurs d'olivier en relief. Une moitié
seule est de travail antique: le reste a été refait au
Musée.” (MASPERO, Cat., p. 385-386).
387 — Marbre blanc — Haut. 0m,60. — Epoque ptolémaïque.
Saqqarah.
“Une Isis debout, vêtue de la tunique longue. De
la main gauche elle relève les plis de sa robe; le bras
droit, qui tenait la patère, avait été rapporté dans l'antiquité
et manque. Les draperies sont lourdes et la tête
n'est pas en proportion avec le reste du corps: l'ensemble
ne manque pas cependant d'une certaine distinction.”
(MASPERO, Cat., p. 383).

388 — Marbre blanc.
Beau fragment de vase grec.
389 — Bronze.
Brûle-parfums.
390 — Granit noir— Epoque grecque. — Naucratis.
Statuettes d'Isis. La déeesse debout, vêtue d'une robé
plissée, tient une fleur de lotus. Ses yeux étaient incrustés
et sont vides aujourd'hui; les pieds manquent.
391 — Porphyre.
Fragment de statuette. La tête, les bras et les pieds
qui étaient rapportés, et probablement en marbre,
manquent.
392 — Calcaire blanc — Haut. 0m,215.
“Autel rond, dont la cuve renferme encore la cendre
du sacrifice. Il est monté sur une base carrée d'un
dessin très riche.” (MASPERO, Cat., p. 416).
393.Mit Farès (Fayoum).
“Pot rempli de monnaies de bronze, agglutinées par
l'oxyde; les types encore reconnaissables appartiennent
à Dioclétien, à Constantin et aux empereurs contemporains...
Trouvé enfoui à Mit-Farès (Fayoum) sous
le seuil d'une maison antique.” (MASPERO, Cat.,
p. 386).

ARMOIRE H.

Collection de statuettes en bronze, d'époque
gréco-romaine.
394 — Bois — Haut. 0m,92, long. 1m,93, larg. 0m,50. —
Epoque ptolémaïque. — Sèrapèum.
“Sur une caisse rectangulaire repose une sorte de
toit pointu, servant de couvercle au cercueil. Dans
l'espèce de pignon triangulaire qui se dresse aux deux
bouts étaient encadrés des bas-reliefs en stuc peint
(voir N. 345), représentant des sirènes aux ailes et aux
pieds d'oiseaux.” (MASPERO, Cat., p. 375).
Ce cercueil représente bien une petite maison; au
bord de la caisse est peinte une frise d'ornements à la
grecque; le couvercle a la forme d'un toit dont les
trois arêtes s'appuient sur les trois montants de bois.
Ceux-ci sont composés d'une série de petits rouleaux bien
joints, donnant l'illusion des tuiles imbriquées qui couronnent
le faîtage d'une maison. Les extrémités de ces
trois montants étaient ornées des petits médaillons à
tête de Méduse que nous avons vus sous le N. 345.
395 — Bois — Haut. 0m,46, long. 1m,93,
Sarcophage d'époque romaine. Peintures intéressantes;
fleurs et ornements variés le long des parois;
au pied du cercueil, derrière Anubis, un arbre et des
arbustes assez bien exécutés. Les chairs des personnages
sont peintes en rose.

396 — Long. 1m,05.
Petite momie avec portrait de jeune fille.
397 — Toile et cuir — Long. 1m.53 et 1m,62. —
Epoque byzantine. — Saqqarah.
Momies d'homme et de femme.
“Le corps de la femme est enfermé dans une enveloppe
en toile et en cuir cousu, dont les attaches sont
maintenues par des sceaux intacts. Sur la face supérieure
est peinte à la détrempe la figurine de la femme
ensevelie. Le costume, la chaussure, les bijoux sont
byzantins et fort analogues au costume des mosaïques
de Ravenne. — Le corps de l'homme a disparu et il ne
reste plus que la partie supérieure du linceul; encore
est-elle assez détériorée.” (MASPERO, Cat., p. 377).
Ces momies ont été considérées comme chrétiennes,
et l'on a vu dans les figures estampées sur leurs genoux
un mélange d'emblèmes chrétiens et païens: l'épervier
d'Horus, un taureau, des figures nimbées (?), etc. Je
ne suis pas sûr que ces emblèmes ne soient pas tous
païens; la figure ailée qui se trouve sur la momie de
l'homme, et où l'on est tenté de reconnaître un ange,
me paraît être une forme du ba, l'oiseau à tète humaine
des anciens Egyptiens. C'est l'àme ou principe vital de
leur système panthéiste, en train de se dégager de son
enveloppe matérielle.
“Les trois masques exposés dans la mâme vitrine
proviennent des momies païennes des derniers temps;

les têtes sont couronnées de fleurs et les yeux sont
bordés de noir, pour imiter l'effet de la poudre d'antimoine.”
(MASPERO).
398 — Long. 1m,20.
Petite momie avec portrait de jeune fille.
399 — Granit gris — Haut. moy, 0m,53.
Quatre statues trouvées à Dimeh. Inscriptions démotique
et grecque (Cfr. le naos 305, provenant également
de Dimeh, et daté du règne de Trajan).
400 — Bois — Haut. 1m,91, larg. 0m,58.
Couvercle de cercueil d'un travail intéressant. Figure
d'Osiris.
401 — Toile — Haut. 2m, larg. 0m,83.
Enveloppe de momie. Portrait sur toile.

Galerie 46.

Le visiteur repasse de la salle 45 dans la salle 44,
et trouve à gauche un passage qui le conduit dans
la galerie 46, ornée d'étoffes et broderies coptes,
provenant d'Akhmim et du Fayoum. Cette galerie
donne accès dans deux salles réservées aux monuments
coptes, et une salle réservée aux monuments
non égyptiens.

Salle 47.

ARMOIRE A.

Inscriptions en écriture copte (voir N. 313) sur
parchemin, bois, ostraca ou tessons de poterie,
omoplates de chameau. Marques d'amphores et
cachets.
Sur les parois ouest et est, trois spécimens de
papyrus coptes.

ARMOIRE B.

Ustensiles en bronze et ornements d'église:
chandelier en forme de croix (N. 402); encensoirs
(Nos 493 et 404); brûle-parfums (N. 405).

CAGE C.

Belles lampes d'église en bronze (Nos 406 et 407,
hauteur moyenne 0m, 39).
“Ces lampes se composent d'un pied en forme de
candélabre, surmonté d'un petit plateau rond et aplati,
d'où sort une pointe aiguë, analogue à celle qu'on voit
communément dans les chandeliers des églises italiennes,
et qui supportait la lampe proprèment dite. Celle-ci
était ouverte à la partie supérieure et avait une poignee,
mais surmontée d'une croix. Elle était munie d'une sorte
de coquille en bronze, qu'on levait, pour servir de réflecteur,

au moment d'allumer la mèche, et qu'on
abaissait, en guise de couvercle, lorsque la lampe était
éteinte.” (MASPERO, Cat., p. 384).
Pots et bouteilles en bronze, bassins et marmites
(Nos 408 et 409); aiguière ou burette,
lustre (N. 410).

ARMOIRE D.

Clefs (Nos 411 et 412), bagues, bijoux, cymbales
à clochettes (413) employées dans les églises;
icône ou image sainte (414) du xe siècle (?), avec
inscription copte et arabe.

ARMOIRE E.

Peignes en bois; vases de saint Mena (Nos 415
et 416); petit bas-relief avec symboles chrétiens
du poisson et de la colombe (N. 417); croix;
épingles en bronze et en ivoire; lampes en terre
cuite et en bronze. Deux de ces lampes (Nos 418
et 419) sont en forme de colombe.
Sur la paroi nord, entre deux fenêtres, panneaux
en bois sculpté avec images de saint Georges
(Nos 420 et 421); symbole chrétien de la colombe
(N. 422); dessins coptes (N. 423). Chaîne en bronze
ornée de trois croix, provenant du Fayoum.

Salle 48.

Poteries coptes. A l'angle sud-ouest de la salle,
grand et beau vase (N. 424). Les deux poteries
(425 et 426), aux angles nord-est et sud-est, sont
peut-être des fourneaux.
Sur la paroi nord, bassin en granit noir, s'ouvrant
aux quatre points cardinaux; stèles funéraires
en terre cuite; inscriptions coptes sur bois.
Sur les parois est et ouest, intéressantes boiseries
coptes.
Sur la paroi sud, grande inscription copte du
tombeau de Tagi ou Dega.
427 — Terre sèche blanchie à la chaux
Haut. 1m,30, larg. 1m,30. — Thèbes (Deïr-el-Bahari).
“Au mois de février 1883, en déblayant le tombeau
où se trouvait le sarcophage de Tagi (N. 140), je découvris
que les chrétiens l'avaient transformé en église
consacrée à saint Epiphane vers le ve siècle de notre
ère, pour le compte d'une des nombreuses laures établies
sur le versant de la vallée, de Deir-el-Bahari. Le
couloir du fond fut bouché, le couloir d'entrée prolongé
par deux murs de briques, de manière à former avec la
chambre d'entrée du tombeau ancien une véritable
croix grecque. On y descendait par un petit escalier de
quatre marches: de chaque côté du bras d'entrée, comme
des bras transversaux, les murs étaient décorés de stèles

en terre battue, arrondies au sommet, recouvertes d'un
lait de chaux, sur lesquelles des moines pieux et instruits
avaient écrit à l'encre rouge des sentences des Pères,
saint Cyrille, saint Basile, des professions de foi, des
sermons entiers, pour la plupart traduits du grec. J'ai
retrouvé les débris de trois de ces stèles avec des fragments
de sermons sur la création, sur la divinité du
Christ, sur la virginité de Marie, et une stèle entière
quej'ai réussi à détacher de la muraille et à transporter
au Musée.
“Le texte est divisé en trois colonnes de largeur et de
contenance inégales. Il renferme un sermon contre les
hérésies, qui paraît être de saint Basile, et se termine
par la prière accoutumée en l'honneur de l'empereur et
de sa famille. La première moitié, environ, était écrite
sur une autre stèle, détruite aujourd'hui. Sur le cadre
de la stèle, le même moine avait copié un second sermon:
j'ai rétabli, à l'endroit où se voyaient des traces
d'écriture, un fragment appartenant à une autre stèle,
pour montrer au visiteur quelle était la disposition de
l'ensemble.” (MASPERO. Cat., p. 369-370).
Cette inscription a été publiée par M. Bouriant dans
les Mémoires de la Mission archéologique française
au Caire.
La salle 48 contient encore trois momies d'épeque
copte, qui ne ressemblent pas du tout aux
momies païennes et n'offrent qu'un aspect informe
sous les toiles qui les enveloppent (Nos 428, 429
et 430).

Salle 49 (Monuments non égyptiens).

431 — Bois — Haut. 0m,39, long. 2m, larg. 0m, 60 —
Epoque ptolémaïque.
Cercueil en bois très épais, avec une inscription
himyarite. (Les tribus de langue himyarite occupaient
les deux rives de la mer Rouge, l'Arabie méridionale
et l'Ethiopie.)
Dans l'armoire A: vases avec inscriptions phéniciennes
provenant de Gournah (Thèbes), le N. 432
avec double inscription, en phénicien et en démotique.
Dans les deux vitrines B et C:
433 et 434. — XVIIIe dynastie. — Tell-cl-Amarna, 1887.
Séries de tablettes cunéiformes. — Ces tablettes
portent une partie de la correspondance entretenue
par la chancellerie du roi Khounaten ou Aménophis IV,
de la XVIIIe dynastie (voir N.207), avec les princes de
l'Asie, depuis la Syrie jusqu'à Babylone. On sait que
les relations de ce prince avec les nations étrangères
lui attirèrent la haine des prêtres d'Amon, ennemis
absolus des Asiatiques; d'où résulta la proscription du
culte d'Amon et la persécution dirigée contre ses sectateurs.
Cette correspondance récemment retrouvée
(1887) des rois d'Asie avec les rois d'Egypte a été
publieèe dans les Mémoires de l'Académie de Berlin
et étudiée par le Dr Sayce, le R. P. Scheil, le
Dr Winkler et le Dr Zimmern.

La trouvaille fut divisée. Il en existe aujourd'hui une
grande partie en Europe dans les musées de Berlin, de
Londres, de Paris et de St-Pétersbourg.
Nous devons au prof. A. H. Sayce le catalogue de
celles de ces tablettes que possède le musée de Gizeh
(Cfr. WINCKLER, Mittheil, aus den orìent. Samml.
I. 1, 2, 3).
  • No. 1. — Letter in the language of Arzawa from
    king Tarkhundaraus to Aménophis III
    (Winckler, No. 10). As the name of the
    king his Hittite, the language of the letter
    may possibly be Hittite; the situation of
    Arzawa is unknown.
  • No. 2. — Letter from Samu-Hadad, governor of
    the City of Samkhuna, relating that he
    has obeyed the orders of the Pharaoh
    (Winckler, No. 131). With hieratic
    docket.
  • No. 3. — Letter from Kuhurtu-yi... (Winckler,
    No. 150). Mentions that the City which
    has been placed under his charge, is defended
    by him.
  • No. 4. — Letter of Assur-yuballidh, king of Assyria
    to Amenophis IV (Winckler, No 9).
    Mentions his father Assur-nadin-akhi and
    the king of Khani-rabbat (now Malatiyèh).
  • No. 5. — Letter from Sipte........ (Winckler.
    No. 200). He defends the City entrusted
    to him by the Pharaoh.
  • No. 6. — Letter from Yabniel, the governor of
    Lachish (Winckler, No. 124). He will
    obey the orders of Baya, the royal commissioner.
  • No. 7. — Letter from Arzama, governor of the
    City of Mikhiya, asking that troops should
    be sent to him (Winckler, No. 125).
  • No. 8. — Broken fragments of a letter; names
    lost (Winckler, No. 203).
  • No. 9. — Letter from Milkili (Malchiel), from
    Southern Palestine (Winckler, No. 109).
  • No. 10. — Letter from Suyardata (Winckler,
    No. 100). He has been obliged to defend
    the City Kilte (Keilah) against Ebed-tob
    king of Jerusalem. Mention is made of Labai.
  • No. 11. — Letter from Zatatna, the governor of
    Accho (Winckler, No. 94). He has attended
    to the orders of the king. With hieratic
    docket.
  • No. 12. — Letter from Rib-Hadad, the governor
    of Gebal (Winckler, No. 79). Mentions
    Ebed-Asherah, who was in rebellion in

    the north; also the king of Mitanna;” the
    king of the Hittites has been captured” as
    well as the City of Ar... tâ.
  • No. 13. — Letter from Rib-Hadad (Winckler,
    No. 63). A messenger has been sent to the
    “Great house” (Pharaoh): mention is
    made of Yapa-Hadad and Aman-Masa
    (Amunmes).
  • No. 14. — Letter from Abi-Sar or Abi-Melech, the
    governor of Tyre (Winckler, No. 99). He
    says that Ilgi, king of Sidon, is his vassal
    and he asks the Pharaoh that the defence
    of Tyre may be committed to himself; the
    king of Hazor is said to have left his city
    and joined the Bedouins.
  • No. 15. — Letter from Biridi (Winckler, No. 115).
    He complains that after the entrance of
    the Egyptian troops into his city, Labai
    made war upon him, and he requests that
    two officers be sent from Egypt to defend
    his city against Labai.
  • No. 16. — Letter from..... the name of the writer
    is lost (Winckler, No. 202). Orders the
    person to whom the letter is addressed to
    send “thy son to the king”, as well as
    silver, chariots, horses and other things.
  • No. 17. — Fragment of a letter from Rib-Hadad,
    governor of Gebal (Winckler, No. 198).
    Asks that chariots be sent with his son in
    order to defend the fortresses of the king.
  • No. 18. — Letter from Bayai (also written Baya)
    (Winckler, No. 195). Asks that Egyptian
    troops be sent to his assistance.
  • No. 19. — Fragment of a letter from Ebed-tob, king
    of Jerusalem (Winckler, No. 199. “The
    land of the city of Gath-Carmel has
    fallen away to Tagi and the men of Gath,
    he is in Bit-'Sani (Beth-Sannah) and we
    have effected that they have given Labai
    and the country of the 'Sute to the Khahiri
    (of Hebron?). Malchiel has sent to the
    king.” Mention is also made of Khapi or
    Apis and of Addalim who is said to be
    “living in his house in Gaza.”
  • No. 20. — Fragment of a letter from Rib-Hadad
    (Winckler, No. 78). Asks the king to send
    an officer.
  • No. 21. — Letter from Ara...., governor of the
    city of Kunidi in Cœle Syria (Winckler,
    No. 152). Asks for horses and chariots,
    and assures the Pharaoh that he is loyal.
  • No. 22. — Fragment of a letter from Rib-Hadad
    (Winckler, No. 83). Mentions the cities of
    Gebal and Simyra, also the officer Aziru,
  • No. 23. — Fragment; name of the writer is lost
    (Omitted by Winckler). Mention the despatch
    of 400 pieces of silver and the name
    of a certain.....- Samas.
  • No. 24. — Letter from the king of Alasiya in
    northern Syria to the king of Egypt
    (Winckler. No. 12). He sends presents
    to the Pharaoh in a ship. With a hieratic
    docket: “the correspondence of the prince
    of the country of Alasha".
  • No. 25. — Letter from Subbi-Kuzki, king of an
    unknown country, to Amenophis IV, here
    called Khuri(ya), the Horos of Manetho
    (Winckler, No. 18). Mentions that embassies
    and gifts had been sent to Amenophis
    III, and that more gifts are now sent
    to his successor. — The Egyptian hieroglyph
    signifying “God” is engraved on
    the table.
  • No. 26. — Letter from Hadad-itlu (Winckler,
    No. 154). Complains that the two sons
    of Labai have rebelled and are ravaging
    “the country of the king.” Mentions the
    land of Gina and the cities of Sunama
    (Shunem), Burga (Bene-Berak) and Giti
    Rimuna (Gath-Rimmon).
  • No. 27. — Letter from a lady “the handmaid” of
    the king (Winckler, No. 138). Mentions
    the city Zabuma and that the Egyptian
    territory has been overrun by the Bedouins.
  • No. 28. — Letter from (Ris-kal) limma-Sin, king
    of Babylonia to Amenophis III (Winckler,
    No. 1). Says that his father sent ambassadors
    to Egypt. And he himself sent an
    embassy which was detained six years,
    after which the Pharaoh gave thirty
    manchs of gold to the Babylonian king.
    Now the Babylonian king sends presents,
    Amenophis having asked for his youngest
    daughter for a wife.
  • No. 29. — Letter from Mamya-yitsa (Winckler,
    No. 90). He awaits the orders of the king,
    with his soldiers and chariots, his brothers,
    his Bedouins and his Sute.
  • No. 30. — Letter from Pu- Hadad (Winckler,
    No. 153). Asserts his loyalty.
  • No. 31. — Letter much injuried: name of writer
    lost, it end in ...il (Winckler, No. 201).
  • No. 32. — Letter from Sumandu (Winckler,
    No. 116). Says that the Bedouius “are
    strong against us.”
  • No. 33. — Letter from Sumandu (Winckler,
    No. 117). Says that Khanya has sent
    to him and he has given accordingly oxen
    and girls.
  • No. 34. — Letter from Yitiya, governor of Ashkelon
    (Winckler, No. 118). He obeys the
    orders of the commissioner of the king,
    the son of the sun.
  • No. 35. — Letter from Yitiya, governor of Ashkelon
    (Winckler, No. 119). To assert his
    loyalty.
  • No. 36. — Letter from the governor of the City of
    Nazima (Winckler, No. 151). He has joined
    the Egyptian troops with his soldiers and
    chariots.
  • No. 37. — Letter from Dasru (Winckler, No. 127).
    “All that the king has done for his
    country is exceedingly good.”
  • No. 38. — Letter from Rib-Hadad, governor of Gobal
    (Winckler, No. 61). The City of Simyra
    is threatened by the enemy; the sons of
    Ebed-Asherah are attaking the Egyptian
    territory with the help of the king of
    Mitanna, Babylonia, and the Hittites,
    Mention is also made of the City of Kumidi.
  • No. 39. — Letter from Rib - Hadad (Winckler,
    No. 60). The Cities of Ambi, Sigata,
    Ullaza, and Arvad have joined the sons of
    Ebed-Asherah “the servant of the king"
    in revolt. The governor of Simyra and
    his Egyptian troops have been murdered.
  • No. 40. — Fragment of a letter from Rib-Hadad
    (Winckler, No. 62). He asks for assistance
    against his enemies.
  • No. 41. — Fragment of a letter from Rib-Hadad
    (Winckler, No. 65). Mentions the City of
    Beyrout (Beruta).
  • No. 42. — Fragment of a letter from the king of
    Alasiya (Winckler, No. 14). He sends the
    Pharaoh various presents including “the
    tooth of an elephant.”
  • No. 43. — Fragment of a letter from Aba-izzi
    (Winckler, No. 196). Reference is made to
    a former letter.
  • No. 44. — Letter from Abi-Milki (Abimelech), asking
    that the government of a City should
    be given to him (Winckler, No. 98).
  • No. 45. — Letter from Aziru, the son of Ebed-Asherah
    to Dùdù, a high official in the
    Egyptian court (Winckler, No. 40). To
    assert his loyalty to the king.
  • No. 46. — Fragment of a list of presents sent to
    Egypt, including silver and various sorts
    of wood (Winckler, No. 17).
  • No. 47. — Fragment of a letter from Sama .......
    (Winckler, No. 204).
  • No. 48. — Fragment of a letter mentioning the
    City of Buzruna (Bostra) on the northern
    frontier of Ammon (Winckler, No. 205).
  • No. 48. — Fragment of a letter mentioning the
    City of Buzruna (Bostra) on the northern
    frontier of Ammon (Winckler, No. 205).
  • No. 49. — Fragment of a letter (Winckler, No.206).
  • No. 50. — Fragment of a letter (Winckler, No. 209).
  • No. 51. — Fragment of a letter (Not in Winckler).
  • No. 52, — Fragment of a letter (Winckler, No. 208).
  • No. 53. — Fragment of a letter (Winckler, No. 207).
  • No. 54. — Fragment of a letter, probably from a
    king (Winckler, No. 20).
  • No. 55. — Two fragments of mythological text relating
    to the Babylonian God, Namtar
    (Winckler, No. 239).
  • No. 56. — Another fragment of the same mythological
    text (Winckler, No. 239).
Sur la paroi nord: inscription cunéiforme (437)
et table d'offrandes avec inscription méroïtique
(N. 436).
Sur la paroi est: ossuaire juif (N, 437).
L'armoire D contient:

438 — Calcaire — Haut. 0m,58, larg. 0m,40.— Epoque
persane. — Basse-Egypte.
“Stèle carrée en forme de naos. — Sur la frise, le
disque solaire étend ses ailes; il est répété au-dessus de
la porte. Dans l'intérieur du naos, sur un piédestal, est
représenté, à droite, un dieu habillé à l'asiatique et coiffé
de la haute mitre syrienne, mais tenant à la main le
sceptre des dieux égyptiens: il est debout sur un lion
passant et reçoit l'offrande d'un personnage qui, juché
sur un tabouret fort haut, arrose de libations un-petit
autel. Sur la tête du dieu plane le disque solaire combiné
avec le croissant de la lune; deux autres croissants
lunaires sont dessinés à droite et à gauche, et, au-dessus,
deux oreilles, emblèmes du dieu qui écoute la prière du
fidèle. Aucune inscription ne nous révèle le nom de la
divinité ni la date exacte du monument (MASPERO),
Cat., p. 358).
439.
Bronze perse provenant de Daphné.
440 — Bronze.
Sphinx ailé, de travail perse.
441 et 442.
Papyrus phéniciens et araméens.
443 — Argile.
“Cylindres babyloniens de Naboukoudouroussor,
trouvés, dit-on, dans l'Isthme. Enumération de quelques
édifices construits par le roi à Babylone, entre
autres un temple au soleil couchant. — XXVIe dynastie.”
(MASPERO, Cat., p. 402).

444 — Schiste vert.
Plaque couverte d'une écriture inconnue.
445 — Terre sèche crépie à la chaux — Haut.
0m,37, larg. 0m,30.
L'Oraison dominicale en syriaque vertical. Ce fragment
a été détaché des murs de l'église saint Epiphane,
découverte en 1883 (voir N. 427). — Petits cylindres
et pierres gravées.
Pour se rendre de la salle 49 à la salle 50, le
visiteur revient par la galerie 46 aux salles 44
et 43; l'entrée de la salle 50 se trouve à l'angle
nord-ouest de la salle 43.

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134

MONUMENTS DIVERS
Salles 50 à 72

(POIDS ET MESURES — ARCHITECTURE — INDUSTRIES —
AMEUBLEMENT — ART DU DESSIN — SCULPTURE —
ÉCRITURES SUR OSTRACA ET SUR PAPYRUS — INSTRUMENTS
DES SCRIBES — OBJETS ET PAPYRUS FUNÉRAIRES
— OBJETS HISTORIQUES — MOMIES D'ANIMAUX — OBJETS
CIVILS — CÉRAMIQUE — VÊTEMENTS — BIJOUX — SCARABÉES
— OBJETS DU CULTE).

Salle 50
(Poids, mesures et architecture de l'Egypte ancienne).

La salle 50 contient une collection des poids et
mesures de l'èpoque pharaonique, et quelques monuments
de l'architecture civile des anciens Egyptiens.

ARMOIRE A.

446 — Albâtre — Haut. 0m,37 — Saqqarah.
Vase portant les cartouches du roi Thoutmès III
(XVIIIe dynastie). La lègende inscrite sous les noms et
titres royaux nous apprend que la capacitè de ce vase
ètait de 21 han. Le han ètait l'unitè de mesure, dont il
est facile, avec cette indication, de reconnaître la valeur
(on a trouvà: 01, 4522).
Un autre monument nous fait connaître la valeur du
deben, unitè de poids (0gr, 9044).

447 — Granit gris — Haut: 0m,25. — Don de M. Wilbour.
— XIXe dynastie. — Saqqarah.
Poids en forme de tête de veau, du poids de 300 deben
(indiquè par la légende) et portant les cartouches duroi
Séti I.
“Les cassures au cou ne sont pas accidentelles. Le
sculpteur, en taillant les pièces de ce genre, leur donnait
à peu près le poids légal: pour obtenir une approximation
plus exacte, on abattait ensuite la pierre à petits
éclats, jusqu'à ce que le poids nouveau fit équilibre au
poids étalon sur lequel on le réglait.” (MASPERO,
Cat., p. 245).
448 et 448 bisBronze et argent — Haut. 0m,10
et 0m,15.
Mesures avec divisions marquées jusqu'à 1/128
449, 450 et 451.
Equerres et niveaux ou fils à plomb de peintre ou de
maçon provenant de la tombe de Sennot'em (XXe dynastie)
découverte à Thèbes (Deir-el-Médineh) au mois
de février 1886, sous la direction de M. Maspero. Cette
tombe, qui n'avait jamais été fouillée, contenait un
mobilier funéraire des plus complets et des plus intéressants,
depuis les instruments de l'architecte jusqu'au
texte d'un roman qui représentait la bibliothèque du
mort. Nous rencontrerons successivement, dans la salle
50 et les salles suivantes, les différentes pièces de ce
mobilier.
452 — Bois — Long. 0m, 525.
Coudée provenant du tombeau de Sennot'em.

453.
Fragment de coudée.
454 — Granit gris.
Poids de 60 deben (Cfr. le N. 447).
455.
Petite balance d'orfèvre ou de pharmacien. — Poids
de formes diverses.

ARMOIRE B.

Sur la paroi:
456 — Bois — XIXe dynastie. — Abydos.
Queues d'aronde gravées au cartouche de Séti I, et
trouvées dans l'épaisseur des murs du grand temple
d'Abydos.
457 et 458 — Bois.
Maillets de charpentier, de maçon ou de sculpteur.
459 — Bois — Haut. 0m,27, larg. 0m,34.
Modèle de pylône, tel qu'il s'en trouvait à l'entrée
non seulement des édifices religieux, mais des riches
demeures particulières.
460 — Terre cuite — Haut. 0m,28, larg. 0m,38, prof. 0m,45.
Modèle de maison précédée d'une cour, et composée
d'un rez-de-chaussée et d'un étage surmonté d'un toit
plat ou terrasse. L'escalier se trouve dans la cour, à
gauche; il est surmonté d'un toit plat en communication
avec la terrasse. La clôture de la cour est percée de
trois ouvertures, au niveau des fenêtres de l'étage
supérieur.

461 — Terre cuite.
Autre modèle de maison, comme on en voit encore
aujourd'hui à Gournah. Un escalier en forme de rampe
très allongée conduit de la cour à la terrasse. La maison
se compose d'une chambre fermée et d'un hangar complétement
ouvert sur la cour. Le toit est seulement
soutenu par une colonne, au point où la portée serait
trop longue du mur de gauche au mur de droite. —
Autres modèles de maisons.
462 — Grès.
Grillage de fenêtre.

VITRINE C.

463 et 464 — Calcaire émaillé et peint
Haut. 0m,38 et 0m,37, larg. 0m,98 et 0m,67. — XXo dynastie.
Tell-Yahoudieh, près de Chibin-el-Kanater.
Fragments d'autels (?) ornés de lotus et de fleurons.
Le N. 463 est exposé tel qu'il a été trouvé dans les
ruines du temple; le N. 464 est restauré. Le temple
de Tell-Yahoudieh, maintenant complètement démoli,
appartenait à l'époque de Ramsès III; sa décoration en
terre émaillée en faisait un monument unique dans
l'Egypte ancienne.
465 et 466 — Calcaire — Haut, 0m,49 et 0m,70.
Grillages de fenêtres (voir le N. 462).
467 — Bois peint — Haut. 1m,17, larg. 0m,77.
Battant de la porte du tombeau de Sennot'em (voir
le N. 449). Une partie de la serrure est restée fixée au
battant. — Les scènes peintes d'un côté du battant

représentent le défunt et sa famille rendant hommage
à Osiris et à Ptah-Sokari. De l'autre côté on voit Sennot'em et sa compagne Eineferta (la bienvenue) assis
en présence d'une table à jeu, et d'une autre table couverte
des aliments qui leur sont offerts.
468 — Haut. 1m,27, larg. 0m,70.
Autre porte en clayonnage, provenant des fouilles de
Meïr (été de 1892). Serrure en bois.

Salle 51 (Industries).

VITRINE A.

Bronzes provenant de Saïs.

ARMOIRE B.

Perles, émaux, mosaïques. Quelques émaux
d'un travail très délicat, notamment le fragment
N. 469 (fleurs sur fond blanc).
470 — Email bleu.
Barque solaire, exposée avec la pierre oü elle était
encastrée.
471 — Bronze. — Fouilles de M. Naville à Pithom.
Grille de fourneau.

ARMOIRE C.

Émaux de Tell-Yahoudieh (voir N. 463). On peut
remarquer une jo'ie bordure de lotus (N. 472);

une plaque émaillée, au nom de Ramsès III (473);
les restes d'une frise formée d'oiseaux fantastiques
(N. 474); un prisonnier nègre (N. 475). L'Asiatique
au vètement orné de couleurs et de dessins variés
(N. 475 bis) provient de Coptos.

VITRINE D.

Collection de bronzes (Cfr. vitrine A).

VITRINE E.

Collection de briques estampées; on remarque,
parmi les plus nettes, le nom d'Isitemkheb
(N.476). Colonnes rondes formées de quatre morceaux
(N. 477).
Les pièces de bois dressées aux angles de la
salle ont été trouvées à Thèbes, dans le tombeau
des rois, où elles ont sans doute servi au trainage
des sarcophages.

Salle 52 (Ameublement).

VITRINE A.

Lits, sièges et tabourets en bois.

ARMOIRE B.

Coffrets (Nos 478, 479, 480) provenant pour la
plupart du tombeau de Sennot'em (voir N. 449).

Plaques de coffrets en bois, avec incrustations
d'ivoire (Nos 481, 482, 483). Pieds ou supports de
fauteuils ou de lits en calcaire (N. 484), granit
(Nos 485 et 486), ou terre émaillée (N. 487). Petit
chevet (N. 488) et petit modèle de fauteuil (N.489).

ARMOIRE C.

Hoyaux ou pioches en bois (N. 490). Fuseaux et
quenouilles en bois et en bronze (Nos 491 et 492);
écheveaux de fil (N. 493); pelotes (N. 494); bobine
terminée par deux têtes sculptées (N. 495).
496.
Lit peint en blanc, porté sur des pieds de lion, au
nom de Sennot'em (voir N. 449).
Sur l'étagère de la paroi ouest, entre les deux
fenêtres, pieds de lit et de fauteuil; barres de lits
et de tabourets.

Salle 53 (Suite de l'ameublement).

ARMOIRE A.

Chaises et tabourets couverts en paille ou en fil
(Nos 497, 498 et 499). Sièges sans dossier, en bois
peint (N. 500) ou en baguettes entre-croisées,
attachées par des liens de roseau (N. 501). Pieds
de meubles sculptés.

ARMOIRE B.

Ferrures de portes en bronze; lions en bronze
ayant peut-être fait partie d'énormes serrures
(N. 502).

ARMOIRE C.

Pieds et fragments de meuble avec légendes,
peintures, dorures, incrustations en émail et lapislazuli
(Nos 503, 504, 595).

ARMOIRE D.

Paniersà offrandes, provenant d'Akhmim (Nos506
et 507). Paniers en jonc de couleurs variées, tels
qu'on les fabrique encore aujourd'hui (N. 508);
couffes (Nos 509 et 510); cordes, filets, balai (N. 511).

ARMOIRE E.

Boîtes en jonc tressé; paniers, ouvrages de
vannerie.

CADRE F.

Porte en bois (haut. 2m,20, larg. 1m,10) trouvée à
Illahoun. Avec beaucoup d'attention, on peut discerner
des figures gravées sur le milieu de cette
porte, ainsi que le nom du roi Oserkon I (XXIIe dynastie).

CADRE G.

Gonds en bronze et ferrures de porte.

ARMOIRE H.

Paniers en jonc et ouvrages de vannerie.

VITRINE I.

Sièges à dossier et sans dossier (Nos 512 et 513)
à pieds sculptés (Nos 514 et 515); petit siège à trois
pieds (N. 516) en usage chez les ouvriers cordonniers,
ébénistes, ciseleurs, etc., qui travaillaient
assis; tabourets (N. 517); siège en forme de pliant
(518).

VITRINE J.

Sièges de différentes formes, peints en blanc et
garnis de cuir (Nos 519, 520, 521, 522), provenant
du tombeau de Sennotem (voir N. 449). Chaise à
pieds de lion, peinte en blanc, et banc-étagère (523)
Tabouret à trois pieds et débris de sièges cannés

Salle 54 (Art du dessin).

La salle 54 contient un grand nombre de dessins
intéressants, la pluparts sur ostraca ou lames de
calcaire, trouvés en majeure partie par M. Daressy
dans les Tombeaux des rois à Thèbes.

A-B.

524 — Trait noir.
Jolie tête de Pharaon.

525.
Prêtre agenouillé, coiffé d'un masque de chacal et
tenant un vase. Légende: Anubis, qui est à l'ensevelissement,
à l'entrée de la demeure divine
(l'autre
monde); dieu beau, seigneur de la terre sainte.

C-D.

Dessins ébauchés, quelques-uns d'une main très
sûre; d'autres trahissent l'inhabileté de l'artiste.
526 — Trait noir rehaussé de sanguine.
Le roi Ramsès IV, chaussè de sandales à pointe recourbée,
présente une offrande au dieu Min. Sous ses
pieds deux Barbares agenouillés, les mains liées derrière
le dos.
527 — Trait noir.
Ramsès IV traine, liés à son char de triomphe, des
prisonniers barbares que son lion fidèle menace de
dévorer.

E-F.

528 — Sanguine.
Lion et griffon (?) ou animal fantastique.
529 — Trait noir.
Prêtre en prière, chaussé de sandales à pointe recourbée.

G.

530 — Trait noir.
Le dieu Ptah, revêtu d'écailles comme un poisson
Divers fragments représentant un roi avec une cuirasse
d'écailles, un lion qui se jette sur un prisonnier asiatique,
etc.
531 — Sanguine.
Combat à coups de flèches entre deux guerriers montés
sur des chars.

H.

532 — Sanguine.
Animal fantastique.

I.

533 — Trait noir.
Princesse égyptienne.

J.

534.
Le dieu Harmachis et le roi Ramsès IV.
535.
Chacal dessiné à la sanguine. — Taureaux.
536 — Peinture sur bois et stuc.
Deux porte-enseigne. Fragment de naos.

K-L-M.

537 — Trait noir.
Le roi Sorkeri (Aménophis I).
538 — Trait noir et sanguine.
Le fonctionaire Amenhotep, en présence du roi,
portant les insignes du dieu Amon. Date de l'an II,
23e jour du second mois de l'été.

N.

Dessins gravés à la pointe.

O-P.

539 — Trait noir et sanguine.
Ramsès IV sur son char; pharaon agenouillé; épervier;
tête de lionne; visage humain. (Exercices de dessin
pour reproduire divers monuments et diverses attitudes).

Q.

540 — Trait noir.
Figure agenouillée, sans doute un ex-voto consacré
à un défunt par ses fils Hori et Paarouskher.

R.

541 — Trait noir rehaussé de rouge.
Deux lutteurs vont combattre pour le divertissement
d'un pharaon.

542 — Trait noir.
Deux nègres et un lion.
543 — Trait rouge.
Jolie figure de pharaon.
Au-dessus de la vitrine:
544.
Prêtre en prière.

S.

545.
Esquisse d'une tête en couleurs.
Au-dessus de la vitrine, à droite:
546.
Amenhotep devant son souverain représenté sous la
forme d'Horus (Cfr. N. 538).

T.

Au-dessus de la vitrine:
547 — Trait noir.
Déesse ou princesse agitant deux sistres devant le roi
Ramsès-Meiamoun.
548 — Trait rouge.
Jolie figure de pharaon.

U.

Au-dessus de la vitrine:
549 — Trait noir.
Ramsesnakhtou, premier prophète d'Amon-Râ, roi
des dieux. Il est chaussé de sandales à pointe recourbée.
550.
Vache représentant la déesse Hathor.

V.

Au-dessus de la vitrine:
551 — Trait noir et trait rouge.
Pharaon tenant deux Barbares tout petits auprès de
lui.

X.

552 — Trait noir.
Deux personnages coiffés de plantes aquatiques, re
présentent le Nil du Nord et le Nil du Sud.
Au-dessus de la vitrine:
553.
Peinture d'une tête de pharaon.

Salle 55 (Sculpture).

ARMOIRE A.

Modèles de seulpteur destinés à l'instruction des
artistes qui devaient décorer les temples et les
tombeaux. Parmi les plus remarquables, deux
petits bas-reliefs représentant des béliers (Nos 554
et 555), puis un lion (N. 556)

ARMOIRE B ET C.

Autres séries de modèles.

ARMOIRE D.

Les Nos 557, 559 et 561 nous représentent des
modèles seulement ébauchés pour montrer aux
élèves la marche à suivre; les Nos 558, 560 et 562
nous représentent les mêmes modèles achevés.

ARMOIRE E.

Vingt-neuf modèles de tétes royales.
“Quinze de ces modèles proviennent de Saqqarah,
onze de Sân (Tanis), et trois de Mit-Farès (Crocodilopolis),
dans le Fayoum. La série de Saqqarah, la plus
complète de toutes, est aussi la plus instructive; c'est
une véritable suite d'exercices gradués destinés aux
élèves sculpteurs. Le N. 563 (haut. 0m, 23) nous fournit
le point de départ, avec une tète à peine ébauchée.
En regardant sur la face plane de derrière, on y distingue

encore, tracés à la pointe, les traits de proportion
qui indiquaient la place des yeux, du nez, de la
bouche et de toutes les parties du visage. La figure employée
comme modèle était évidemment celle du roi
régnant. C'était celle que les sculpteurs avaient le plus
souvent à reproduire, aussi l'étudiaient-ils avec soin de
face et de profil, jusque dans ses moindres détails. Le
N. 564 (haut. 0m,21) nous montre en effet, vu de profil,
le même personnage que tous les autres modéles
nous montrent de face. Deux modèles de pied, découverts
à Sân (Nos 565 et 566; long. 0m,125), nous
prouvent qu'on appliquait aux autres membres le procédé
qui réussissait si bien pour la tête.” (MASPERO,
Cat., p. 100-101).
On remarque encore (Nos 567 et 568) une tète
humaine et une tête de chacal finement travaillées;
ce sont des couvercles de canopes; puis
une tête royale à peine dégrossie (N. 569), montrant
par quels procédés les sculpteurs entamaient
le calcaire.
570 — Haut. 0m, 12, long. 0m,346, larg. 0m,115.
“Modèle d'architecture; il représente un petit autel,
auquel on arrive, d'un côté par deux petits escaliers,
de l'autre par deux rampes assez raides, où l'on se proposait
probablement de tailler des marches.” (MASPERO,
Cat., p. 101).
571 — Calcaire — Haut. 0m,44.
Statue ébauchée montrant, comme le N. 569,
par quel procédé les sculpteurs dégrossissaîent le calcaire.

Ils se servaient du ciseau et taillaiént largement;
d'autres pierres exigeaient d'autres procédés.
572 — Basalte (?) — Haut. 0m,46. — Mitrahinch.
Statuette à peu près semblable à la précédente, mais
de matière différente. La pierre beaucoup plus dure n'a
pu être dégrossie qu'à la pointe.
573 — Serpentine grise — Haut, 0m,98. — Mitrahineh.
“La statue reste à l'état d'ébauche. Le personnage
est debout. Il tient devant lui un naos dans lequel
devait figurer une image de divinité qui n'a pas été
sculptée. II a des sandales aux pieds et la longue robe
ramenée par un nœud sur la poitrine. La face est à
peine dégrossie.” (MARIETTE).
574 — Calcaire — Haut. 0m,52. — Tanis.
Statuette inachevée d'un personnage assis, dans une
attitude dont la sculpture égyptienne ne nous offre
qu'un petit nombre de modèles (comparer la statue 251,
de l'epoque de Psamétique I).
575 — Serpentine grise.
Statue à peine dégrossie d'un personnage debout. La
tète n'est encore qu'une masse informe.

VITRINE F.

Moules en calcaire et en terre cuite, qui servaient
à fabriquer en grandes quantités des statuettes
funéraires (N. 576), des offrandes votives

et des amulettes. Sous les Nos 577 et 578, 579 et
580, etc., on voit l'objet fabriqué à côté du moule.
“Ces moules en terre cuite ne paraissent pas avoir
été fabriqués à l'ébauchoir et au poinçon; un objet
fabriqué à la main et servant de modèle a été enfoncé
dans la terre molle et l'image ainsi obtenue a été cuite
au four.
“Les objets représentés sont des plus variés: colliers,
dieux grotesques sur les crocodiles, égides, scarabées,
yeux mystiques, chats, dieux Bès, Isis, même
des statuettes funéraires avec leur inscription complète.
Tous ces moules sont simples: les pièces qu'on y
jetait n'avaient qu'une face en relief; le dos était égalisé
d'un coup de racloir et ne recevait aucune empreinte.
Je ne suis pas bien certain, du reste, que ces
moules aient eu un usage industriel; j'en ai trouvé
quelques-uns dans les tombeaux, ce qui semblerait leur
assurer une valeur votive. Peut-être, en mettant les
moules près de la momie, pensait-on procurer aux
morts le moyen de se fabriquer eux-mêmes des amulettes
quand ceux qu'on leur avait prodigues étaient
ou volés ou bien usés. Cela expliquerait le genre des
figures et la simplicité du procédé: le mort, n'étant pas
d'ordinaire un potier de profession, aurait été assez
embarrassé de manier les moules compliqués dont on
faisait usage dans l'industrie.
“L'autre série comprend des moules en calcaire ou
en albâtre. Le type est celui de l'oiseau Bonou, sorte
de Demoiselle de Numidie, consacrée à Osiris, et qui suggéra
plus tard aux Grecs la légende du Phénix égyptien;

l'un d'eux a encore les deux pièces dont la réunion
servait à fabriquer l'oiseau complet (N. 581). Je ne
pense pas que ce fût toujours de la terre qu'on coulait
dans les creux de cette série. Certains indices me porteraient
à penser que c'étaient plutôt des moules à pâtisserie:
le choix du Bonou comme forme de certains gâteaux
d'offrande se rattacherait alors aux idées de renaissance
qu'exprimait cet oiseau.” (MASPERO, Cat., p. 287-289).

Salle 56 (Ecritures sur ostraca).

Les Égyptiens écrivaient de préférence sur le
papyrus, dont nous verrons de beaux exemplaires
dans la salle 57. Mais, le papyrus étant fort coûteux,
ils employaient souvent, pour écrire des brouillons,
des notes rapides, de courts inventaires, et parfois
mème des textes importants, soit des planchettes
de bois, blanchies ou non (Nos 582 et 583), soit des
tessons de poterie (notamment les Nos 584 et 585,
dans la vitrine I), soit des lames et même de véritables
blocs de calcaire. Ce sont ces deux dernières
catégories d'écrits que l'on désigne sous le nom
d'ostraca. Les textes exposés dans la salle 56 sont
généralement en écriture cursive hiératique; le
plus remarquable (N. 576) provient du tombeau
de Sennot'em (voir N. 449).
“C'est une pièce de calcaire brisée en deux morceaux
(superposés dans la vitrine A), longue en tout d'un

mètre, haute de 20 centimètres en moyenne, couverte
d'assez gros caractères hiératiques ponctués à l'encre
rouge. La cassure n'est pas récente; le calcaire avait
été brisé au moment de la mise au tombeau, comme
beaucoup des objets de parure ou de ménage qu'on déposait
près de la momie. L'Égyptien s'attendait à jouir
dans l'autre monde des mêmes distractions qu'il s'était
procurées ici-bas. [Ici] c'est un roman qu'on lui avait
donné; en brisant la pierre sur laquelle [ce roman]
était transcrit, on la tuait, [et on l'envoyait ainsi]
dans l'autre monde, où le double du mort s'en délectait
quand il était en humeur de lire.” (MASPERO,
Mémoires de l'Institut égyptien, 1886).
Cet ostracon contient, en effet, le commencement
d'un roman fameux en Egypte, les aventures de
Sinouhit, dont on n'a connu longtemps que la fin,
par un papyrus de Berlin en partie détruit. C'est
l'histoire d'un Égyptien de la XIIe dynastie mis
par hasard en possession d'un secret d'État qu'il
n'aurait pas dû connaître. Il craint que le roi ne
le fasse périr pour être assuré de son silence, et
s'en fuit en Syrie. Égaré dans le désert, mourant
de soif, il est recueilli par une tribu de Bédouins,
qui l'adopte. Il vit parmi eux pendant bien des
années et devient un de leur chefs; enfin le roi
lui envoie sa grâce, et l'invite à rentrer à la cour
d'Égypte, où il compose un récit curieux de ses
aventures et des mœurs des Bédouins.

Salle 57 (Ecritures sur papyrus).

Les Egyptiens employaient généralement, pour
la fabrication de leur papier, les tiges de la plante
appelée Cyperus Papyrus, qui croissait et était
cultivée dans la Basse-Egypte.
“Après avoir coupé les extrémités de la tige, on
détachait les fines membranes concentriques qui enveloppaient
la moelle; on posait à plat sur une planche
une première couche de ces membranes, et on appliquait
une seconde couche en travers sur la première. Les
Romains appelaient la première couche stamen(chaìne),
et la seconde subtemen (trame). Il est impossible de
savoir d'une manière certaine quel était le liquide dont
on se servait pour faire adhérer le subtemen au stamen.
Lorsqu'on avait ainsi obtenu une feuille de papier, on
la pressait, et divers feuillets (plagulœ), collés latéralement
les uns au bout des autres, au nombre d'une
vingtaine habituellement, et placés par ordre de finesse,
les meilleurs d'abord, puis les plus grossiers, formaient
un rouleau (scapus), Ces rouleaux variaient beaucoup
plus en longueur qu'en hauteur, la hauteur étant déterminée
par la dimension des bandes détachées de la
plante, la longueur, au contraire, pouvant être prolongée
indéfiniment par l'addition de nouveaux feuillets à la
suite des premiers,”(PIERRET, Dictionnaire d'archéologie
égyptienne
, p. 413-414).
La salle 57 contient plusieurs papyrus remarquables
par l'intérêt des textes qu'ils renferment
et par la beauté des vignettes qui les illustrent.

Ouest de la salle.

587 — Haut. 0m,24, long. 1m,98. — Trouvaille des prëtres
d'Amon, en 1891, à Deïr-el-Bahari.
Beau papyrus funéraire de Héroub, hiérodule de la
déesse Maut, fille du grand-prêtre d'Amon Ramenkheper
et de la princesse Isitemkheb, première grande
supérieure des recluses d'Amon-Ra, roi des dieux.
Les vignettes de ce papyrus sont très finement dessinées
et peintes. Elles représentent: la défunte en présence
de Ptah-Sokar-Osiris; le dieu Thot, principe conservateur,
et le dieu Horus, principe rénovateur, versent
les germes de vie sur la défunte agenouillée; — le
cynocéphale, consacré à Thot, s'approche, accompagné
de la défunte, de l'asile mystérieux où se prépare une
renaissance; — cet asile, disque porté par deux lions,
contient l'enfant qui va paraître bientôt à la lumière,
et dont l'oudja, œil symbolique du soleil, semble
attendre et préparer la venue. — Jolie figure de la
défunte prosternée en présence du crocodile, seigneur
de l'élément humide; des arbres indiquent l'action
fécondatrice de l'humidité; — les semailles et la moisson
dans les Champs-Elysées; la défunte, qui sème en suivant
la charrue, puise les graines dans un sac semblable
à ceux qu'on voit au dos de toutes les statuettes funéraires.
588 — Haut. 0m,22, long. 4m,60.—Trouvaille des prêtres
d'Amon, en 1891, à Deïr-el-Bahari.
Papyrus funéraire de Shedsouhori, directeur de la
grande demeure d'Amon-Râ, roi des dieux, c'est-à-dire,
sans doute, du temple de Karnak, à Thèbes. Ce

papyrus renferme un écrit de ce qu'il y a dans l'autre
monde (Douaut), que le soleil parcourt pendant douze
heures de nuit. Il est illustré d'une série des figures
mythologiques et symboliques qui sont sculptées en
grand dans les Tombeaux des rois, à Thèbes.

Centre de la salle.

589— Haut. 0m,23, larg. 2m,42. Mar., Papyrus du Musèe
de Boulaq
, t, I. — XXIIo dynastie. — Deïr-el-Medineh.
Papyrus opisthographe écrit en hiératique (forme
cursive des hiéroglyphes), monté entre deux verres.
Curieux traité de morale, en forme de dialogue entre
le scribe Ani et son fils Khonshotpou.

Nord de la salle.

590 — Haut. 0m,28, long. 4m,39. Mar. Papyrus du musée
de Boulaq
, t.I.—Epoque grecque.—Deïr-el-Medineh.
“Ce papyrus a été déchiré en plusieurs morceaux au
moment de la trouvaille. La page du début, achetée il y
a vingt ans par L. Vassalli bey, Conservateur du Musée,
a été volée en 1877 et n'a pas encore reparu. La partie
du milieu, achetée par Mariette, est exposée sous le
N. 590. La fin, acquise par un touriste inconnu, est
aujourd'hui cachée dans un chàteau d'Angleterre. C'est
le seul traité de géographie qui nous reste de l'antique
Egypte, encore est-il d'une géographie un peu mythique.
Il traitait du Fayoum et des localités voisines. Au
début, on voit deux figures du dieu Sobkou, naviguant
chacune en sa barque, et recevant les prières de deux
femmes coiffées de plantes fluviatiles: c'est le dieu
Sobkou du midi qui entre dans le lac Mœris et le dieu

Sobkou du nord qui en sort pour rejoindre le Nil.
Derrière, et plongé à mi-jambe, Râ s'avance, tandis
que quatre divinités, deux à tête de grenouille, deux
à tête de serpent, sont rangées deux à deux sur les
rives. Les légéndes indiquent que nous sommes au
débouché du lac; les dieux qui président à la scène
sont les Khmounou, les huit dieux créateurs du monde.
“Une femme de forte taille, étendue le long du papyrus,
est la déesse-vache Mihoïrt, qui passait pour être
le fondement du bassin qui se trouve dans la terre
de Tashe
, en d'autres termes, du lac Mœris qui est au
Fayoum. De sa tête semble partir une sorte de canal,
qui aboutit bientòt à la représentation conventionnelle
du lac Mœris et des campagnes environnantes: un
rectangle oblong, divisé en huit compartiments longitudinaux.
Les quatre compartiments du milieu représentent
le lac lui-même et devaient être remplis, les
deux compartiments internes de poissons, les deux
externes de canards et d'oies. Sur chaque rive, un
compartiment semé de figures d'arbres simulait le terrain
plante qui bordait le lac. Un dernier compartiment,
occupé par une inscription hiéroglyphique, servait de
cadre au tableau. Mais le scribe ayant, par erreur, laissé
en blanc un des compartiments du milieu, toute l'économie
de la composition s'est trouvée dérangée. Les
poissons ont envahi le compartiment des oiseaux d'eau:
ceux-ci sont descendus dans le domaine des arbres, et les
arbres, à leur tour, se sont rejetés sur la place réservée
à l'inscription hiéroglyphique qui courait sur la rive
méridionale. Des deux côtés du bassin et du canal, sont
rangées les localités importantes pour l'histoire de la

guerre que les dieux Hor et Sit se sont livrée dans le
Fayoum, Hàouat, Parohes, Pakhmoun, etc.Les légendes
nous révèlent l'idée qui a présidé à la rédaction de cet
ouvrage. Les dieux égyptiens avaient l'habitude de se
rendre visite dans leurs temples, et ces visites étaient
chaque année l'occasion de fètes splendides. Notre
papyrus est l'itinéraire que suivait le dieu Sobkou, le
dieu Crocodile roi du Mœris, quand il rendait visite
à l'une des divinités voisines.” (MASPERO, Cat.,
p. 197-199).
Au-dessus du manuscrit du lac Mœris:
591.
Tableau du pèsement de l'âme; partie d'un papyrus
funéraire d'une merveilleuse finesse.

Est de la salle.

592.
Quelques exemplaires du Livre des Morts qu'on plaçait
sur les défunts pour les guider en vue des épreuves
d'outre-tombe, et de l'examen à subir devant Osiris et
les quarante-deux juges des morts; l'âme était pesée
dans la balance divine, et le défunt devait prononcer
une apologie ou confession négative, énumérant toutes
les fautes dont il se déclarait innocent.
“Je n'ai commis aucune fraude envers les hommes.
Je n'ai pas tourmenté la veuve. Je n'ai pas menti devant
le tribunal. Je ne connais pas le mensonge. Je n'ai
pas imposé à un chef de travailleurs, chaque jour, plus

de travaux qu'il n'en devait faire. Je n'ai pas été négligent.
Je n'ai pas été oisif. Je n'ai pas desservi l'esclave
auprès de son maître. Je n'ai pas affamé. Je n'ai pas
fait pleurer. Je n'ai pas tué. Je n'ai pas ordonné le
meurtre en trahison. Je n'ai pas eu de gains frauduleux.
Je n'ai pas usurpé dans les champs. Je n'ai pas faussé
l'équilibre de la balance. Je n'ai pas enlevé le lait de la
bouche des nourrissons. Je suis pur, je suis pur, je suis
pur! O magistrats, en ce jour de jugement suprême,
donnez au défunt de venir à vous, lui qui n'a point
péché, qui n'a point menti ni fait le mal, qui n'a commis
nal crime, qui n'a point rendu de faux témoignage, qui
n'a rien fait contre lui-même, mais vit de vérité et se
nourrit de justice. Ce qu'il a fait, les hommes en parlent
et les dieux s'en réjouissent; il a donné des pains à
l'affamé, de l'eau à l'altéré, des vêtements au nu; il a
offert des sacrifices aux dieux, des repas funéraires aux
défunts. Sa bouche est pure et ses deux mains sont
pures.” (Cfr. Cat. MASPERO, p. 196-197).
Pendant la pesée de l'âme, Horus, à tête d'épervier,
faisait miséricordieusement pencher la balance du bon
côté, et Thot à tête d'ibis, inscrivait les résultats et
proclamait le jugement.
Enfin nous signalerons (paroi ouest et côté correspondant
de la vitrine centrale) les papyrus
funéraires de T'anefer, hiérodule de Khnoum
(forme du dieu Amon à tête de bélier) et de
Katseshni, fille du roi-prêtre d'Amon Ramenkheper
(Nos 593 et 594).

La vitrine A-O nous présente les instruments
dont se servaient les scribes égyptiens; palettes en
bois ou en ivoire (Nos 595, 596 et 597) avec godets
pour contenir la couleur ou l'encre, et entailles où
l'on insérait les calames ou roseaux taillés pour l'écriture;
palettes votives en albâtre (N. 598), que le
défunt devait tenir en récitant une prière à Thot,
dieu de l'écriture (ch. XCIV du Livre des Morts);
pains de couleur pour préparer l'encre (Nos 599,
600, 601, 602, 603); petits mortiers avec des pilons
pour broyer les pains de couleur (Nos 604 et 605);
tablettes à six godets contenant encore les couleurs
préparées (N. 606); couleurs broyées (N. 607);
enfin, les Nos 608, 609 et 610 nous montrent les
papyrus tels qu'on les retrouve aujourd'hui. Il
faut maintenant, pour les dérouler, une attention
minutieuse et des soins spéciaux,

Salle 58 (Objet funéraires).

ARMOIRE A.

Réseaux et tissus de perles qu'on plaçait sur les
momies; quelques-uns de ces ouvrages sont d'un
travail très fin, notamment le N. 611, avec figures
d'Anubis, et les Nos 612 et 613 (visages humains).

ARMOIRE B.

Masques de momies, peints ou dorés; hypocéphales
en terre cuite (N. 614), en bronze (N. 615)

ou en cartonnage (N. 616). Placés sous la tête
de la momie, les hypocéphales devaient, par
la vertu des formules dont ils étaient couverts,
conserver au corps sa chaleur vitale pour la
ré urrection.

ARMOIRE C.

617. — Trouvaille des prêtres d'Amon, en 1891, à
Deïr-el-Bahari.
Linceul avec figures d'Osiris. Ce linceul enveloppait
la momie du prêtre d'Amon Nespanoferhir, directeur
des jeunes garçons consacrés au culte d'Amon.

ARMOIRE D.

Cartonnages trouvés avec les momies; semelles
qu'on leur mettait sous les pieds, pour qu'aucun
contact impur ne souillât la demeure d'Osiris.
618 — Panneau de bois peint.
Figure du taureau Apis qu'on plaçait souvent sous
les pieds de la momie (Cfr. N. 1263).

ARMOIRE E.

619.
Linceul qui enveloppait la momie du prêtre d'Amon
Khonsounrenp, écrivain des commandements de la
maison d'Anhour (dieu de Thini, près d'Abydos), et
écrivain des commandements de la maison d'Osiris,
seigneur d'Abydos. Le défunt est représenté debout
devant Osiris.

ARMOIRE F.

Momie serrée dans une gaine de jonc (N. 620),
provenant du tombeau de Sennot'em (voir N. 449).
Deux masques de momie en fort cartonnage, provenant
du même tombeau (Nos 621 et 621 bis).
Chevet en bois (N. 622).

ARMOIRE G.

Masques de momies; réseaux; larges colliers
en cartonnage (623); semelles et sandales.
Sur les armoires.
Statuettes d'Osiris en bois évidé, à l'intérieur
desquelles on enfermait souvent des papyrus
funéraires; caisses en bois où l'on déposait au
nom d'un défunt un grand nombre de petites
figurines funéraires, telles que nous en allons
voir dans les trois salles suivantes (Nos 59, 60 et
61). Ces caisses portaient une inscription au nom
du défunt; le couvercle était scellé de son cachet.

VITRINE H.

Pectoraux ou ornements de momie en forme de
petite chapelle contenant un scarabée, symbole
des transformations par où la vie se renouvelle.
Ce scarabée est représenté entre Isis et Nephthys
(N. 624), ou seul (N. 625). D'autres pectoraux
représentent Anubis, dieu de l'ensevelissement

(N. 625); Osiris et Horus (N. 526), ou l'épervier
d'Horus, en bronze ou en bronze doré, les ailes
déployées (Nos 627 et 628). D'autres sont en forme
de scarabées bleus, aux ailes d'or émaillées de
bleu (N. 629).
“Quelle que fùt l'image, le pectoral avait pour vertu
de mettre le mort sous la protection des divinités représentées,
et de l'identifier au soleil levant pour la
résurrection...... Le scarabée volant, étant un emblème
du soleil, jouait sur la poitrine du mort le même
rôle que le pectoral en forme de naos.” (MASPERO,
Cat., p. 235).
Puis une collection d'yeux mystiques en cire,
en cartonnage ou en métal (Nos 630 et 631).
“Ces yeux mystiques, en égyptien ouza (oudja),
sont, à proprement parler, les yeux du dieu Rà, considéré
comme dieu suprême: l'œil droit est le soleil, l'œil
gauche est la lune. L'œil, isolé de la figure divine à
laquelle il appartenait, devenait une divinité ouza Hor,
l'œil d'Hor, qui avait son existence indépendante, et
jouait un certain rôle dans la légende osirienne: il avait
pleuré en differentes occasions, et ses pleurs avaient
donné naissance à toutes les substances utiles, au vin,
à l'huile, etc. Menacé par Sit, il n'échappait à un danger
que pour retomber dans un autre, mais sortait toujours
victorieux de chaque épreuve: aussi les vivants et les
morts avaient-ils l'habitude de se mettre sous sa protection
et d'opposer sa puissance à tous leurs ennemis.
On le consacrait en récitant sur lui certaines prières, le

chap CXL du Livre des Morts, par exemple, puis on
l'attachait au poignet de l'individu, à son cou, sur sa
poitrine, ou bien on le mettait avec d'autres amulettes
dans la cavité du ventre, après l'extraction des intestins.
On le fabriquait en toutes matières, en lapis, en cornaline
rouge, en feldspath vert, en agate, en bois, en
pâtes émaillées, etc., et on en variait la forme et la
grandeur à l'infini.” (MASPERO, Cat., p. 267-268).
Les Nos 632 et 633 nous montrent deux exemplaires
des scarabées du cœur.
“Ces gros scarabées étaient le symbole du cœur.
Après avoir enlevé le cœur du mort, on le remplaçait
par un scarabée, sur lequel était gravée une formule
magique (Livre des Morts. ch. XXX et LXIV, I, 33-36);
“O mon cœur qui me viens de ma mère, mon cœur de
quand j'étais sur terre, ne te lève pas contre moi, ne
porte pas témoignage en ennemi contre moi, par
devant les chefs divins; ne m'abandonne pas devant
le Dieu Grand, Seigneur de l'Occident! Salut à toi,
cœur d'Osiris, qui vis dans l'Occident; salut à vous,
viscères divins; salut à vous, dieux à la barbe tressée,
puissants par votre sceptre; dites du bien du mort et
accordez qu'il prospère par l'intermédiaire de Nahbkoou.”
Le cœur était placé dans la balance, au moment
du jugement suprême, et son témoignage décidait
du sort de l'homme (voir N. 592): la formule avait
pour effet de le contraindre à ne dire que le bien devant
les dieux et à taire les mauvaises actions. Pour plus
d'efficacité, on joignait souvent à la prière des représentations

de divinités qu'on gravait sur les élytres,
sur le corselet, même sur le plat du scarabée.... Les
scarabées du cœur étaient fabriqués à l'avance et s'achetaient
tout faits chez le marchand. On en trouve où
les lignes sont marquées mais non remplies, où la formule
a été gravée et le nom laissé en blanc, où la
formule est incomplète, où les signes n'offrent aucun
sens.” (MASPERO, Cat., p. 228-230).
Cette vitrine contient en outre un certain nombre
de pièces provenant de la découverte des prêtres
d'Amon, notamment un pectoral ou scarabée aux
ailes éployées (N.635). un scarabée en lapis-lazuli
(N. 636), et un cœur en quartz (N.637), trouvés
sur la momie de T'etoukhonsouaufânkh. Le
cœur était un des principaux symboles de renaissance;
il représentait le fruit des arbres, contenant
la graine ou la semence d'où sortira une
existence nouvelle.
Puis de petits génies en cire, représentant
Amset, Hapi, Tiaouniautef et Kebhsennouf,
gardiens des viscères du défunt.

VITRINE I.

634Deïr-el-Bahari, 1891.
Bretelles trouvées pour la plupart sur les momies
des prêtres d'Amon.
“Vers la fin de la gran le époque thébaine, les
momies portaient sur leur maillot des bretelles en toile,
terminées par des bouts en parchemin bordés de cuir
rouge. Ces bouts en parchemin, fabriqués par les prêtres,

portaient ordinairement, comme marque d'origine,
une scène d'adoration à Amon-Râ par le grand prêtre
ou par le roi régnan.” (MASPERO, Cat., p. 99).
Ces bretelles de momies sont done précieuses, comme
fournissant des indications certaines sur la date des
ensevelissements.

Salle 59 (Suite des objets funéraires).

ARMOIRE A.

Nombreuses statuettes funéraires, de diverses
provenances et de diverses époques; la plupart
cependant sont de l'époque saïte.
“On nommait ces statuettes Ouoshbiti ou Shbiti,
les Répondants, à cause de la fonction qu'elles remplissaient
dans l'autre monde: elles devaient répondre
à l'appel du nom du défunt et se présenter à sa place
pour exécuter les corvées qu'Osiris avait le droit
d'exiger de lui. Les formules diverses qu'on trouve
écrites sur elles ne laissent subsister aucun doute à cet
égard: “Je suis X, le serviteur de l'Enfer"; ou:
“Je suis X, le serviteur d'Osiris". La plupart s'adressent
aux statuettes elles-mêmes, et les conjurent de
venir fidèlement en aide du défunt: “O Répondant
d'Ahmos, si Ahmos est appelé pour travailler dans
l'Enfer, crie: Me voici!“ Cette idée développée avait
fini par devenir une oraison assez longue, qui est le
chap. VI du Livre des Morts, et qu'on gravait fort

souvent tout entière sur les statuettes: “O ces Répondants,
si l'on appelle, si l'on dénombre le nomarque
Phtahmos, pour qu'il fasse tous les travaux qu'il y a
à faire dans l'autre monde, — lui qui a combattu,
l'ennemi, — comme un homme qui doit la corvée,
pour ensemencer les champs, pour remplir les canaux,
pour transporter les grains de l'Est à l'Ouest;
C'est moi, me voici!” exclamez-vous, et puisses-tu
être appelé à toute heure, au cours de chaque jour.”
Pour rendre leur service plus efficace, on les déposait
en très grand nombre, par milliers même, avec les
momies. Tantôt elles sont jetées au hasard dans le sarcophage;
tantôt, on les a rangées debout contre le sarcophage
ou répandues sur le sable de la chambre. On les
entassait souvent dans des boîtes spéciales, grandes ou
petites. Elles sont en toutes matières, mais les plus
vieilles, celles qui sont antérieures à la XVIIIe dynastie,
sont plutòt en bois, en granit, en calcaire ou en
albâtre. Sous la XVIIIe dynastie, la terre cuite, recouverte
d'un émail bleu, commence à paraître, et sous
la XXVIe, la terre émaillée verte l'emporte, presque à
l'exclusion du reste. Au début, les statue funéraires
ne sont qu'une dégénérescence des statuettes en calcaire
qui servent de support au double; aussi leur donne-t-on
l'aspect et le costume de l'hommc vivant, plus rarement
le costume et l'aspect de la momie. Plus tard, l'idée de
leur usage détermina de plus en plus la forme de leur
costume: on leur mit à la main la pioche pour travailler
la terre, ou le sac à grains pour ensemencer,
parfois un vase à libations ou une croix ansée, signe de
la vie. Aux dernières époques, leur identification avec

le mort est si complète qu'elles ne sont plus que des
momies de petite taille.” (MASPERO, Cat., p. 131-133).
Beaucoup de figures portent la simple mention:
“Illumination de l'Osiris un tel”, vœu d'assimilation
au soleil en faveur du défunt.

Nous noterons dans l'armoire A, une statuette
en bois de Dirga (XIXe dynastie), couchée dans son
cercueil, sous le N. 638.
639 — Calcaire — Haut. 0m,50, larg. 0m,30. — XIIIe dynastie. — Abydos.
“Au fond de chaque temple, il y avait une chapelle
monolithe, semblable pour la forme, sinon pour les
dimensions, au N. 639; e'était là qu'était censé résider
le dieu du temple, et on y renfermait soit l'emblème de
ce dieu, soit l'animal vivant qui lui était consacré.
“L'usage voulait qu'on plaçât parfois des naos de ce
genre dans les tombeaux. Celui-ci avait une statue,
aujourd'hui perdue, du mort auquel il étaitdestiné: Iouf,
fils de Sonit. II est décoré à l'extérieur de deux scènes
d'adoration, dont l'une occupe deux faces et l'autre une
seule; la famille et les amis, conduits par la dame
Sazil, défilent devant Iouf et lui font l'offrande.”
(MASPERO, Cat., p. 140).

ARMOIRE B.

Tablettes ou stèles de bois, provenant de Goarnah
et appartenant à diverses époques depuis la

XXe dynastie jusqu'a l'époque ptoléma[illeg.]que. L'une
d'elles (N. 640) offre un exemple fort rare d'un
paysage égyptien.
“La montagne, peinte en jaune rayé de rouge,
couvre le champ de gauche: deux petite portes surmontèes
de pyramidions marquent la tombe de la dame
Zodamen-Efônkh. Une femme agenouillée se lamente
et s'arrache les cheveux en signe de deuil: des arbres,
dessinés derrière elle, figurent le jardin funéraire, où
l'âme viendra s'ébattre et se nourrir à la table qui
l'attend chargée d'offrandes. Au registre supérieur, la
dame Zodamen-Efònkh vient réclamer auprès d'Harmachis
sa part des sacrifices que lui font ses parents.
XXIIe-XXVIe dynastie. — Deir-el-Bahari.“ (MASPERO,
Cat., p. 131)
Sur la tablette supérieure de l'armoire B, série
de chevets en bois (Cfr. N. 622) et en pierre.
“Comme les Nubiens en emploient encore aujourd'hui
pour reposer leur tété pendant le sommeil. Ceux
qu'on donnait aux morts étaient destinés à leur procurer
des nuits paisibles dans l'autre monde: certains
manuscrits du Livre des Morts ont même un chapitre
du chevet, dont des extraits sont gravés quelquefois
sur les chevets funéraires. Rarement on les trouve sous
la tête de la momie; presque toujours, ils sont à terre,
à còté du cercueil.” (MASPERO, Cat., p. 130).
Les armoires C et D contiennent des figurines
funéraires de diverses époques.

Dans l'armoire E l'on voit de beaux chevets en
bois et en albâtre, avec inscriptions (Nos 641
et 642); une enveloppe de chevet en jonc tressé
(N. 643); une jolie petite stèle votive en albàtre
(N. 644), au nom du gouverneur Shiti et de la
dame Hotpoui (XIIIe dynastie, Abydos); un certain
nombre de tablettes ou petites stèles en bois
peint; quelques-unes appartiennent à là collection
des prétres d'Amon, notamment le N. 645, au
nom de la vénérable Katseshni (Cfr. N. 594).
646 — Calcaire — Haut.0m,37, larg.0m,24, prof. 0m,22.
XIIIe dynastie. — Abydos.
Naos (Cfr. N. 639) de Nakht; la chapelle contenait
une statuette du défunt, que nous retrouverons dans la
salle 63, armoire C.
A droite et à gauche de l'armoire F, figurines
funéraires de diverses époques. Au centre, jolies
statuettes, les unes debout, les autres couchées
dans le cercueil; leurs couleurs ont conservé
toute leur fraîheur. Toutes sont de la XXe dynastie
et proviennent du tombeau de Sennot'em (voir
N. 449). On peu noter la statuette vernie N. 647,
et les Nos 648 et 648 bis, portant le costume civil,
au lieu de l'emmaillottement des momies; les
Nos 649 et 650 avec leurs petits cercueils.
651 et 651 bisBois peint et doré — Haut
0e,84. — Hassaïa.
Coffrets à quatre compartiments où l'on enfermait
les viscères du défunt retirés du corps pour l'embaumement.

Trés scuvent ces coffrets étaient remplacés
par quatre vases canopes, comme ceux que nous allons
voir sur les étagères H et I.

ARMOIRE G.

Statuettes funéraires en bois, granit, albàtre,
terre cuite peinte ou peinte et émaillée (XIIIe-XXIe dynasties). On peut noter les Nos 652 (XIIIe dynastie),
653 et 654 (XVIIIe dynastie) 655 et 656
(XIXe dynastie).

ETAGÈRES H ET I.

Collection de vases canopes, en calcaire et en
albâtre, d'époques saïte et ptolémaïque. Les vases
canopes recevaient les viscères du défunt, retirés
du corps pour l'embaumement, et confiés à la
garde de quatre génies funéraires, fils d'Osiris
(voir salle 58, vitrine I, des images en cire de ces
génies).
L'estomac, renfermé dans le premier vase canope,
était gardé par Amset, génie à tête humaine.
Dans le second vase, les intestins étaient sous la
garde de Hapi, génie à tête de cynocéphale.
Dans le troisième vase, Tiaoumautef, génie à
tête de chacal, gardait les poumons. Enfin, le foie
êtait placé dans le quatrième vase, sous la protection
de Kebhsenouf, génie à tête d'épervier.

ARMOIRE J.

Statuettes funéraires en bois, granit, albâtre,
terre cuite, émaillée ou non émaillée (XIIIe-XXIe dynasties).
Les plus anciennes de ces statuettes sont
en bois ou en calcaire; l'émail n'apparaît qu'à
partir de la XVIIIe dynastie. On peut noter le
N. 657 (XIIIe dynastie), le N. 658 (XVIIIe dynastie),
l'àme, sous la forme d'un oiseau à tête humaine,
vient se poser sur la poitrine de défunt, pour
ranimer son cœur; le N. 659, etc.

CAGES K ET L.

660 et 661 — Bois peint — Haut.1m,0[illeg.]. — Trouvaille
des prêtres d'Amon, en fevrier 1891, à Deïr-el-Bahari.
Jolies statues d'Isis et Nephthys, les deux pleureuses
d'Osiris défunt, qui jouaient un rôle important dans le
mystère du renouvellement de la vie, reproduit plus
tard par les Grecs, dans les cérémonies d'Eleusis. Les
statues en bois de l'ancienne Egypte sont fort rares;
ou peut comparer celles-ci (XXIe dynastie) à celles de
l'Ancien Empire (Nos 19, 35, 95).

CAGE M.

Aux angles de la cage M, statues agenouillées
des deux pleureuses Isis (662) et Nephthys (663),
provenant de Hassaïa (Cfr. Nos 660 et 661). Isis
porte sur la tête un siège, hiéroglyphe de son nom,
Nephthys, la façade d'un édifice. — Statuettes en
bois d'Osiris, destinées souvent à contenir des papyrus

funéraires, et accompagnées d'éperviers en
bois, images d'Horus, ou d'éperviers à tête humaine,
représentant l'âme ou le principe vital. Un
de ces Osiris, accompagné de l'àme, porte le N.664.
— Un beau coffret à figurines funéraires (N. 655)
porte le nom d'Amennouitnakhtou, chef des ouvriers
en métaux du temple d'Amon (trouvaille
des prêtres d'Amon). — Enfin ou remarquera
(636) une stèle en bois peint, opisthographe, au nom
d'Ankhejenkhonsou prêtre de Mentou.

VITRINE N.

667 — Calcaire blanc et granit noir — Haut.
du sarcophage 0m,20, long. 0m,31, prof. 0m,15.
“L'àme égyptienne était figurée par un épervier à
tête et à bras d'homme: il s'envolait à la mort, et l'un
des souhaits adressés au défunt était que “son àme pùt
“rejoindre son corps à son gré". Le petit monument
représente cette réunion de l'àme et du corps. La momie,
enveloppée de son maillot et couchée sur le lit
funéraire à pieds de lion, attend; l'épervier est descendu
dans le tombeau et, posé à côté d'elle, place les deux
mains sur l'endroit où était le cœur, en regardant attentivement
la face impassible. Le mouvement du petit
oiseau symbolique, l'expression douce et presque suppliante
de l'àme, le contraste entre la vie qui anime ses
traits et l'immobilitè de la momie font de ce groupe un
véritable chef-d'œuvre en son genre. II était enfermé
daus un sarcophage de calcaire blanc, couvert d'inscriptions
et de figures: Isis à la tête, Nephthys aux
pieds, sur les côtés Anubis et les génies des morts.

“Le personnage étendu sur le lit funéraire était premier
héraut du roi et s'appelait Râ. — XXIIe dynastie.”
(MASPERO, Cat., p. 130-131).
La vitrine N contient encore (N.668; serpentine
grise; haut, 0m,045; long 0m,16; larg, 0m,05)
le petit sarcophage:
“Lit funébre du chef des scribes Miri: l'àme est
venue s'abattre à côté de lui et lui met les deux mains
sur la poitrine. La formule est celle qu'on trouve surles
statuettes funéraires. XXe dynastie.” (MASPERO,
Cat., p, 146),
Puis, quelques statuettes funéraires couchées
dans leurs petits cercueils.

VITRINE O.

Petits cercueils blancs tenant lieu de canopes et
contenant des intestins. Ils ont été trouvés dans le
tombeau de Sennot'em (voir N. 449).

VITRINE P.

Un certain nombre de terres cuites représentant
une femme couchée sur son lit; souvent avec
un petit enfant qu'elle allaite. La femme est peutétre
une image d'Isis et l'enfant une image d'Horus
(N. 663). — Deux figurines funéraires taillées dans
le même morceau de granit noir (N. 670). Pavillon
(?) en terre cuite sur lequel Hathor, la Vénus
égyptienne, est repéesentée dans une barque entre

deux figures de Bès, l'Hercule égyptien, et généralement
l'Hercule grotesque (N. 671).
Aux angles de la vitrine, pleureuses en terre
cuite.
Sur les armoires, statuettes d'Osiris servant de
boites à papyrus (voir salle 58, armoire G; voir
aussi N. 664); coffrets à figurines funéraires. et
coffrets à canopes (voir salle 58, armoire G;
salle 59, étagères H et I, et N. 651).

Salle 60 (Suite des objets funéraires).

Les quatre armoires A, B, C, D, contiennent
des figurines funéraires. Toutes proviennent de la
trouvaille des prêtres d'Amon. La plupart sont
en terre cuite recouverte d'un bel émail bleu;
d'autres sont peintes en blanc. Parmi celle-ci,
nous signalerons dans l'armoire D, quatrième
rangée, la jolie série des statuettes d'Amennouitnakhtou;
nous avons vu (salle 59, vitrine M.
N. 615) le coffret qui contenait ces statuettes.

Salle 61 (Suite des objets funéraires).

L'armoire A et l'armoire F sont remplies de
figurines funéraires des prêtres d'Amon.

L'armoire B renferme des vases canopes (voir
salle 50,étagéres H et 1) de diverses époques. On
peut noter les Nos 672 et 672 bis (XIIIe dynastie);
au milieu de l'armoire le N. 673 (xixe dynastie); et
quatre vases bleus émaillés, d'époque plolémaïque
(Nos 674, 675, 676 et 677).
Les armoires C et D contiennent des séries defigurines
funéraires, d'époques et de provenancesdiverses.
Dans l'armoire E nous remarquons, sous les
Nos 678 et 679, de beaux vases canopes d'époque
saïte, en albátre oriental; et sous les Nos 680 et
680 bis de jolis coffrets provenant d'Akhmim.

Salle 62 (Papyras funéraires).

La cage du milieu contient une série de ces
statues d'Osiris où l'on enfermait des papyrus
funéraires (voir salle 58, armoire G; salle 59,
cage M, etc.) On voit souvent des éperviers au
pied de ces statuettes; au N. 681, l'épervier est
posé sur le couvercle d'un sarcophage dont les
quatre angles supportent quatre autres éperviers
plus petits.
Parmi les papyrus exposés dans la salle 62, nousciterons:

Est de la salle.

682.
Papyrus orné de dessins esquissés à grands traits par
une main exercée, modèle de l'habileté et de la hardiesse
des dessinateurs égyptiens.

Ouest de la salle.

VITRINE K.
683.
Fragment du Livre des Morts, au nom de Mapoui.
Ce papyrus est opisthographe.

Centre de la salle.

684 — Trouvailles des prêtres d'Amon.
Papyrus de sept mètres de long, au nom de T'etkhonsouaufânkh.
Les vignettes sont fort curieuses;
quelques-unes sont de véritables caricatures (notamment
la scène qui se trouve au-dessus de la vitrine N).
VITRINE Q.
685.
Papyrus d'une finesse remarquable dont nous avons
vu un fragment dans la salle 57, au-dessus du papyrus
du lac Mœris (paroi nord).
VITRINE R.
686Thébes (Deïr-el-Bahari).
Papyrus au nom de la dame Nesikhonsou. Copie en
belle écriture cursive (hiératique) d'un décret rendu par
Amon pour assurer dans l'autre monde le bonheur

de la défunte. (Ce papyrus et le numéro suivant appartiennent
à la collection des momies royales.)
VITRINE T.
687. — XXIe dynastie. — Thébes (Deïr el-Bahari)
Papyrus de la reine Makeri, dont nous verrons la
momie dans la salle royale, auprès de la momie de sa
petite fille, morte et ensevelie avec elle. Vignettes
d'une finesse et d'une fraîcheur admirables.

Salle 63 (Objets historiques).

ARMOIRE A.

688 — Basalte vert — Long. 0m, 15, larg. 0m, 12.
“ Pieds et socle d'une statue représentant le roi
Tahraka (XXVe dynastie). Vingt-huit captifs enchaînés
(quatorze Asiatiques et quatorze nègres symbolisant
autant de nations ennemies) servent d'ornements au
socle.” (MARIETTE).
689 — Albâtre — Haut. 0m,31. — XIXe dynastie.
Belle tête royale.
690 — Calcaire — Haut. 0m, 52. — Thèbes (Assasif)
“ Stèle de Besmaut, prêtre du soleil, né l'an 18 de
Psamétique I (648 avant notre ère) et mort à l'âge
de 99 ans, c'est-à-dire sous la 23e année d'Amosis,
549 avant notre ère.” (MARIETTE).

691 et 691 bis — XVIIIe dynastie. — Hadji Qandil.
Stèles (voir N. 207). Le scribe royal Anoui se rend
sur son char chez le roi, où il sera le bienvenu (691).
Le même, assis sur un siège pliant, reçoit des offrandes
funéraires (691 bis).
692 — Terre émaillée bleue — Haut. 0m, 28. —
XXe dynastie. — Karnak, temple de Maut.
Casque royal.
692 bisAlbâtre — Haut. 0m, 14. — Karnak.
“ Fragment de vase sur lequel on lit la légende d'un
roi dont le prénom était Menkhopirri, et dont le nom,
martelé avec soin, devait probablement se lire Séti. Ce
roi, qui ne régna que sur la Thébaîde, vivait à la fin
de la XXVe ou au commencement de la XXVIe dynastie.”
(MASPERO).
693.
Fragment de bas-relief, avec la figure d'Aménophis I.
694 — Porcelaine bleue — Haut. 0m, 30. — XXVIIe dynastie. — Memphis.
Sistre, avec le cartouche de Darius.
695 et 695 bis.
Pierres avec inscriptions, vases votifs, amulettes
d'épcque saïte (695) et d'époque ptolémaïque (695 bis),
trouvés par M. Petrie dans les fondations des édifices
de Naueratis et de Tanis.

696 — Bronze — Haut. 0m, 10. — XXVIe dynastie. —
Sérapéum de Memphis.
Egide surmontée d'une tête finement sculptée du roi
Amosis.
697 — Calcaire — Haut. 0m, 11, long. 0m, 173. XIXe dynastie.
Personnage écrasant le grain. Le nom est Amenhotep,
intendant du palais.
698 — Calcaire — Haut. 0m, 60. — XVIIe dynastie. —
Thèbes (Medinet-Habou).
“ Cette jolie statue, au profil si pur, qui rappelle les
plus beaux portraits de Seti I au temple d'Abydos,
représente Amon debout, la face peinte en bleu, ou
plutòt représente le souverain à qui elle est due en
Amon. L'époque de son érection est inconnue. Sur la
ceinture on lit, tracée en encre rouge, la légende
d'Aménophis I. La figure en pied de la royale épouse
qui l'aime, Ahmes Neferari
, femme d'Amosis (ou
Ahmès), prédécesseur d'Aménophis, occupe un des côtés
du pilier qui sert d'appui au monument. Le derrière de
ce même pilier est gravé au nom de Seti.” (MARIETTE).
Angle sub-est de la salle.
699 — Granit gris — Haut. 0m, 19, long. 0m, [illeg.]0,
larg. 0m, 34. — XXe (?) dynastie. — Medinet-Habou.
Socle d'une statue supporté par deux figures de rcis
vaincus, le chef de Koush (Ethiopie) et le chef de
Naharaîn (Syrie du nord). Les còtés du socle sont
ornés de figures d'oiseaux fantastiques, “rekhou“.

ARMOIRE B.

Tablette supérieure.
700 — Albâtre — Haut. moy. 0m, 25. — XVIIIe dynastie.
“ Quatre vases sans couvercles; trouvés dans un même
coffre avec la momie de la reine Aah-hotep. lIs contenaient
des matières animales embaumées, et faisaient
office de canopes. Pas d'inscriptions.” (MARIETTE).
Deuxième tablette.
701 — Bronze — XXVe dynastie.
Gond de porte avec le nom de Chap-n-ap, fille de
Piankhi.
701 bisCalcaire — Haut. 0m, 27, larg. 0m, 21. —
XXVIe dynastie. — Sérapéum.
Stèle du roi Apriès; dans le cintre une inscription
carienne.
702 et 702 bisAlbâtre — Haut. 0m, 11 et 0m, 10. —
VIIe dynastie. — Thèbes (Assassif).
“ Deux vases contenant du bitume et portant le cartouche
de Thoutmès III. IIs ont été trouvés à Thèbes
sur le sol de la tombe d'un fonctionnaire nommé
Roma.“ (MARIETTE.)
703 — Statuette en bronze.
Une reine assise.
704 — Bronze — Haut. 0m, 12. — Saqqarah (Sérapéum).
“ Une reine debout, vêtue de la chemise collante
Elle a la perruque ronde à courts tuyaux. Deux longues
plumes lui servent dc coiffure symbolique.” (MARIETTE)

705 — Calcaire — Haut. 0m, 21. — XXe dynastie.
Fragment de figurine funéraire au nom de Ramsès III.
706 — Bronze — Haut. 0m, 07. — Don de M. V. Maunier
Statuette représentant Horus enfant, coiffé de la
double couronne du midi et du nord. Le socle porte
quatre cartouches, parmi lesquels celui d'Ahmès.
707 — XVIIIe - XXe dynastie. — Grandes Pyramides.
Deux captifs, un Syrien et un Ethiopien, sont liés
dos à dos.
708 — Granit rose — Diam. 0m, 25. — XVIIIe dynastie
Tell-el-Amarna.
Fragment de vase au nom de Khounaten.
709 et 709 bis. — XXVIe dynastie.
Ferrures de portes, ou pièces de serrures en bronze,
aux noms de Psamétique II et d'Amasis.
710 — Terre émailée bleue — Haut. 0m, 60. —
XXe dynastie. — Abydos.
Statuette funéraire du roi Ramsès IV.
711 — Calcaire.
Admirable tête de prisonnier asiatique.
712 — Schiste noir — Haut. 0m, 19.
Fragment de statuette d'un personnage vêtu d'une
robe plissée. La tète est coifée de l'uroEus.
713 — Feldspath vert — Haut, 0m, 07, long. 0m, 12,
larg. 0,048 — XXVIe dynastie.
Petit sphinx brisé aux cartouches d'Apriès.

714 — Haut. 0m, 22 — XXVIe dynastie.
Vase en forme de coEur, avec les cartouches de Psamétique
I.
715 — Porcelaine bleue — Haut. 0m, 11. — Thèbes
(Drah Abou'l Neggah).
“ Curieux flacon à poudre d'antimoine (pour noircir
le bord des paupières). II a la forme extérieure d'un
épervier mitré. La mitre sert de bouchon. On y lit la
légende du roi Ahmès I.” (MARIETTE):
Troisième tablette.
Figurines funéraires de rois ou de grands prètres
d'Amon; nous citerons celles de Khou-n-aten,
de Seti I, de Ramsès VI, les Nos 716 et 717, aux noms
de Nectanébo I et Nectanébo II (XXXe dynastie).
Quatrième tablette.
718 — Calcaire — Haut. 0m, 43.
Remarquable stèle de Nebouaou, hiérodule de Haqt,
déesse à tête de grenouille, qui symbolissait l'état embryonnaire,
ou la transition entre la fin d'une existence
et le commencement d'une autre. Une colonne, dont le
chapiteau est une tête d'Hathor surmontée de deux
plumes d'autruche, divise la stèle par le milieu. C'est
la frontière symbolique qui sépare le monde des vivants
de l'autre monde ou demeure divine. Le roi Thoutmès III
est représenté deux fois, à droite et à gauche de la
colonne, c'est-à-dire en ce monde et dans l'autre; son
image de droite et son image de gauche se tendent la
main;' l'une est sa personne vivante, l'autre son double

719 — Calcaire — Haut. 0m.41. — XXe dynastie. —
Abydos.
Stèle gravée en l'honneur de roi Ramsès III et de
son père Setnekht, au nom de Merinatef, prètre du roi
Setnekht.
720 — Granit noir — Haut. 0m, 55. — XVIIIe dynastie.
Fragment d'une statue tenant un naos gravé au nom
d'Aménophis III.
Sud-ouest de la salle.
621 — Bronze — Haut. 0m, 27, long. 0m, 64. — XXVIe dynastie. — Horbeit.
Magnifique lion, au nom du roi Apriès.
“ II porte entre les pattes de devant l'attache d'une
chaine, dont nous n'avons plus aujourd'hui qu'un morceau
plus ou moins long. A la partie postérieure de
l'espèce de boite oblongue à travers laquelle les lions
semblent passer, est un trou quadrangulaire qui permet
d'introduire la main.
“ II est à peu près certain que ce monument est une
sorte d'énorme serrure ou de cadenas.
“ A l'extrémité de la chaìne devait être ajusté un
appareil qu'on introduisait dans l'ouverture quadrangulaire
de l'autre extrémité (Cfr. H Brugsch, Zeitschrift
für œgyptische Sprache
, nov. 1863). Une fois
l'appareil en place, le cadenas était fermé.” (MARIETTE).
Ouest de la salle.
722 — Grès peint — Haut. 0m, 39. — Gournah.
Tète royale coiffée du casque dont nous avons vu un
exemplaire sous le N. 692.

ARMOIRE C.

723 — Serpentine — Haut, 0m, 22. — Eléphantine.
Statuette assise d'Ousori. Mention d'Anouké, déesse
des cataractes.
724 — Basalte gris — Haut. 0m, 10. — XXVIe dynastie.
Saqqarah (Sérapéum).
Tète de statue d'un style soigné, mais un peu sec,
d'époque saîte. A comparer à la belle tête en calcaire.
de l'ancien empire, N. 725, provenant des Grandes
Pyramides.
726 — Basalte vert — Haut. 0m 37. — Don de M. le
comte Michel Tizsykiewicz.
“ Belle statue dont il est très difficile de déterminer
l'époque. . . Ce portrait en pied est certainement antérieur
à la XVIIIe dynastie, peut-être est il de la VIe.”
(MARIETTE).
727 — Calcaire — Haut. 0m, 28.
Statuette thébaine du Moyen Empire. Personnage
debout, vêtu d'une longue jupe à raies horizontales.
728 — Calcaire — Haut. 0m, 31. — Epoque saîte.
Personnage assis, les genoux relevés.
729 — Calcaire — Haut. 0m, 69. — Saqqarah.
“ Tète provenant d'une statue brisée. Style un peu
mou. On y reconnaît cependant à première vue l'art
des anciennes dynasties.” (MARIETTE).

730 — Granit noir — Haut. 0m,21. — XIIe dynastie,
Abydos.
“Personnage assis à l'orientale. Il est enveloppé
d'une robe à franges. Il s'appelait Khati, fils d'Hathor.”
(MARIETTE).
731 — Granit noir — Haut. m,40. — XVIIIe dynastie.
Abydos,
Statue de prêtre Anhour, contemporain d'Aménophis
II.
732 — Calcaire — Haut. 0m,23. — XIXe dynastie. —
Karnak.
La tête de cette statue d'un habitant de Thèbes a été
sculptée, dit Mariette, à la ressemblance du roi Séti I,
souverain alors régnant.
733 — Scrpentine — Haut, 0m,17. — XIIIe dynastie.
Abydos.
Statue de Nakht, trouvée dans le naos N. 643.
734 — Calcaire — Haut. 0m,41.
Statuette naophore, d'époque saïte; les chairs étaient
dorées, ainsi que l'image d'Osiris qu'on voit dans le
naos.
735 — Albâtre — Haut. 0m,18. — VIe dynastie (?). —
Elèphantine.
Statuette de la femme d'Ousori (N. 723), prophète
d'Anouké.

736 — Calcaire noir — Haut. 0m,17. — XIIIe dynastie.
Abydos.
Statuette de Kemhou, fils de la dame Petou.
737 — Granit noir — Haut. 0m,10. — XIIIe dynastic
Abydos.
“Personnage assis à l'orientale et enveloppé de la
longue chemise nouée par devant. Ses mains sont étendues
sur ses cuisses: par exception, la paume en est
tournée en dehors vers le spectateur.” (MARIETTE).
Nord de la salle.
738 et 739.
Papyrus funéraire du roi Pinotem et de la princesse
Nésikhonsou, provenant de la collection des momies
royales de Deïr-el-Bahari. Le premier est écrit en hiéroglyphes
linéaires; le second, en écriture cursive
hiératique.
Sud-est de la salle.

VITRINE D.

740 — Pâte bleue. — XXVIe dynastie.
Gros scarabée, avec les cartouches d'Apriès.
741. — XXIe dynastie. — Tanis.
Feuilles d'or avec cartouche du roi Siamen.
742 — Schiste. — XVIIIe dynastie. — Abydos.
Scarabée gravé à l'occasion du mariage d'Aménophis
III avec Taïa ou Tii.

742 bis. — Schiste émaillé. — XVIIIe dynastie. —
Abydos.
Scarabée. L'inscription raconte qu'Aménophis III
avait tué cent deux lions, de l'an I à l'an X de son
règne.
743 — Pâte verte — Haut. 0m,06. — XXVIe dynastie.
Scarabée au nom du roi Néchao, qui vainquit à
Mageddo Josias, roi des Juifs, et fut battu à Karke—
misch par Nabuchodonosor.
744 — Long. 0m,38. — XVIIe dynastie. — Thèbes (Drah
Abou'l Neggah).
Hachette portant les cartouches du roi Kamès, trouvée
avec la momie de la reine Aah-Hotep (Cfr. Nos 943
et 968); le tranchant est de bronze pesant, le manche
de corne translucide.
745 et 745 bis. — XXIIo dynastie.
Bouts de bretelles de momie, avec les cartouches du
roi Osorkon.
Sud-ouest de la salle.

VITRINE E.

746 — Terre émaillée.
Brique votive au nom de Ramsès II.
Dans la même vitrine, nombreuses tablettes en
terre bleue émaillée, avec les cartouches du roi
Psioukhânou Miamoun, de la XXIe dynastie; elles
ont été trouvées sous le dallage du grand temple
de Tanis (Cfr. MASPERO, Cat., p. 97).
Nord-ouest de la sallie.

VITRINE F.

Outils votifs, la plupart gravés au nom de
Thoutmès III, et provenant du temple de Deïr-el-Bahari
(Thèbes).
Nord—est de la salle.

VITRINE G.

Petits objets historiques, scarabées, cylindres,
cachets, avec des noms royaux. Ceux du bas de
la vitrine sont classés par ordre chronologique.
747.
Vase émaillé en diverses couleurs. Mention d'Aménophis
III et de la reine Tii (Cfr. N. 742).
748, 749, 750 et 751 — Bronze — Haut.
moy, 0m,03 et 0m,05.
“Ces petits cubes proviennent du temple de Tanis.
Ils semblent avoir servi de pieds à des coffrets en ivoire
et en bois précieux. Chacun d'eux porte, gravés au
trait, puis relevés d argent, des noms de divinités, le
cartouche du dieu thébain Khonsou, etc. Le style des
inscriptions nous ramène à la XXVIe dynastie, plutôt
même à l'époque saito-persane.” (MASPERO, Cat., p. 95).
752 — Jaspe rouge — Haut. 0m,03. — XXVIIIe dynastie.
Karnak.
Belle tête de lion, avec les cartouches de la reine
Hatshepsitou.
Centre de la salle.

Au milieu des vitrines, statue en granit gris de
Hornakht, deuxième prophète d'Amon.

VITRINE H.

Divers amulettes en terre émaillée; ousa ou
œil symbolique (voir N. 630); dad ou petit édifice
à quatre étages, emblème de stabilité (N. 753); le
même amulette combiné avec la croix ansée,
symbole de la vie, et le sceptre à tête de lévrier,
emblème de prospérité; contrepoids de colliers
dit menat (N. 754); colonnettes en forme de tiges
de lotus, symboles de rajeunissement (N. 755);
tête de Bès, l'Hercule grotesque; cuisses votives,
emblèmes de régénération, etc.

VITRINE I.

Suite de la série des amulettes; on remarquera
le cœur (voir N. 637) et la boucle de ceinture,
talisman qui plaçait sous la protection d'Isis et
d'Horus (N. 756).

VITRINE J.

Tètes de serpent (N. 757), talisman contre les
piqûres des serpents; petites barques contenant
l'asile mystérieux oú se prépare le renouvellement
des existences; plumes d'Amon, symbole
de la lumière solaire; amulettes appelée Sam
(N. 758), emblème, dit-on, de la réunion de l'âme
au corps, et aussi de la prise de possession de la

terre par le défunt renaissant; disques solaires
apparaissant au-dessus de l'horizon (N. 759); ornements
de colliers en cornaline (N. 760); bœufs
votifs dont les pieds sont liés, images des victimes
offertes pendant le sacrifice funéraire (761); contrepoids
de colliers (N. 762, voir 754); petites
égides avec la tête de lionne de la déesse solaire
Sekhet (N. 663).

VITRINE K.

Couronnes du midi et couronnes du nord, en
terre bleue émaillée (Nos 764 et 764 bis); coiffures
et pièces de coiffures divines; barbes de statues en
bronze (N. 765).

VITRINE L.

Bagues et anneaux munis de sceaux ou cachets;
médaillons, la plupart avec figures du dieu Bès;
groupe du vautour et du serpent, emblème de la
possession du midi et du nord (N. 766); fleurs de
lotus en émail bleu et blanc (N. 767); poissons,
grappes de raisin et pommes de pin, attributs
d'Osiris-Bacchus Nos 768 et 768 bis).

VITRINE M.

Yeux symboliques (ouzas; Cfr. N. 630) parmi
lesquels on peut remarquer le N. 769; colonnettes
en forme de tige de lotus (Cfr. N. 755); petits
chevets votifs (Cfr. N. 640); sceau (770) considéreé
comme emblème d'éternel renouvellement.

VITRINES N ET O.

Jolis spécimens des amulettes déjà rencontrés
dans les autres vitrines; colliers provenant d'Abydos
(N. 771); petites plaques finement émaillées.
avec l'image d'un singe ramassant un fruit (Nos 772
et 772 bis); fleurs en émail bleu ou en émaux de
couleurs variées; tête de singe en terre émaillée
de plusieurs couleurs (N. 773); cœurs, oreilles,
mains, etc.; tablette (vitrine O) couverte de croix
ansées, emblèmes de vie, de boucles (Cfr. N 756),
d'amulettes dad (Cfr. N. 753), de luths, symboles
de la bonté, et de petites plaques au cartouche de
Ramsès II; petite tête humaine en émail bleu,
d'un travail très fin (N. 774); sceaux (Cfr. N. 770).

Salle 64 (Objets funéraires).

ARMOIRE A.

Petites tables d'offrandes en terre cuite (Nos 775
et 775 bis), à comparer aux luxueuses tables en
albâtre et en granit que nous avons vues dans les
salles du rez de-chaussée; objets d'offrandes de
l'Ancien Empire, provenant des Pyramides, pains
coniques (N. 776), vases de fruits et de grains
(N. 777); pièces de viande (N. 778) représentées
en calcaire; statuettes en bois de porteurs et de
porteuses (Nos 779 et 779 bis).

ARMOIRE B.

Petites rames et barques avec leur équipage.
Les barques du Moyen Émpire (Nos 780, 781, 782,
783, 784) ont été découvertes à Meïr pendant l'été
de 1892.

CADRE C-T.

Linceuls tirés de la collection des prêtres
d'Amon, aux noms de Sensen ou Senou (C) de
Nespakashouti (D), de la chanteuse Dirpou (F),
de l'initié aux plus profonds mystères d'Amon,
Padouamen (I); de la supérieure des recluses
d'Amon, Tentapet (N); du premier prophète
Pinotem (O); du prêtre Shedsouamen (P); de
la chanteuse d'Amon Zotmaut (S) et du prophète
de Maut Paarouskher (T)).

Salle 65 (Suite des objets funéraires).

ARMOIRE A.

Statuettes osiriennes (boites à papyrus) et coffrets
à figurines funéraires de la collection des
prêtres d'Amon. On peut citer le coffret 785, au
nom du prêtre officiant Paifaza.
786.
Objets votifs (?) en schiste, provenant de Gebelein.
Images grossières d'animaux, de poissons, etc. (Voir
salle 74 bis).

ARMOIRE B.

Statuette osirienne debout sur un pavois ou
brancard (N. 787), provenant des fouilles de
M. Petrie, au Fayoum. — Coffrets funéraires du
prêtre d'Amon Pakhali (Nos 788 et 788 bis); la
vache Hathor y est représentée sortant de la
montagne (788 bis).
Au centre de l'armoire:
789 — Terre cuite — Haut. 0m,40, diam. 0m,35. —
XXe dynastie. — Abydos.
“Petit naos trouvé dans le sable, à Abydos; sur un
des còtés, une porte quadrangulaire avec corniche
surmontée d'une rangée d'urœus. D'un montant de la
porte à l'autre s'étendent des tableaux qui font le tour,
à. l'extérieur de l'édicule. IIs représentent Osiris recevant
l'hommage d'une famille d'Abydos.” (MASPERO,
Cat., p. 287).
790 — Fouilles exécutées, en été 189, à Meïr.
Barque à voile du Moyen Empire. Spécimen probablement
unique.

ARMOIRE C.

Cartonnage de momies (Cfr. salle 58).

ARMOIRE D.

Coffrets à figurines funéraires. On peut signaler,
sur la tablelte inférieure, les Nos 791 et 791 bis,
provenant du tombeau de Sennot'em (voir N. 449);

sur la tablette supérieure, des coffrets surmontés
d'obélisques (Nos 792 et 792 bis) et de petits obélisques
en bois (Nos 793 et 793 bis), provenant des
fouilles de M. Petrie.

ARMOIRE E.

Momies d'animaux sacrés, ibis (794), singe (795);
crocodille (796), chat (797), épervier (798). Cercueil
de chat (799) et cercueil d'ibis (800), en forme de
vase canope, avec l'image de Thot, le dieu à tète
d'ibis. Ce dernier cercueil provient d'Abydos.
801 — Bois — Haut. 1m,15. — Akhmim.
Cercueil d'enfant, avec téte d'épervier coiffée de la
double couronne du midi et du nord.

ARMOIRE F.

Momies de chien (802), de veau (803), de bouc
(804), de chèvre (805).

ARMOIRE G.

Momies d'animaux avec leurs cercueils, singe
(806), chat (807), scarabées provenant de Saqqarah
(808 et 808 bis), cercueil de chacal (809).

ARMOIRE H.

Masque de momie (810) provenant des fouilles
de Meïr (Moyen Empire). Naos avec statuettes;
vases canopes en terre cuite; petits cercueils, la
plupart en bois; le plus remarquable, en terre
cuite, est de forme ovale: le défunt est représenté

appuyant la tête sur un bord, les pieds sur le bord
opposé, et se soulevant avec les bras comme pour
se hisser hors du cercueil (N. 811).

VITRINE I.

Séries de cônes funéraires en terre cuite rouge
M. Maspero (Cat., p. 138) y reconnaît des offrandes
fictives, simulant des pains de forme conique. Ils
sont estampés au nom du défunt, sans doute pour
lui parvenir plus sùrement dans l'autre monde
On n'a jusqu'à présent découvert de cônes funéraires
qu'à Thèbes; les plus anciens sont de la
XVIIIe dynastie; les plus modernes, de la XXVIe.

Salle 66 (Industries).

ARMOIRE A.

Petits vases en albàtre, granit, et autres matières
dures.

ARMOIRE B.

Bouchons de vases en terre estampée ou en
paille, la plupart trouvés à Thèbes dans les dépendances
du palais d'Amenhotep III.

ARMOIRE C.

Vases en bois. Les Nos 812, 812 bis, 813, 813 bis,
814, proviennent du tombeau de Sennot'em (Cfr
N. 449).

ARMOIRE D.

Ustensiles en bronze On peut remarquer le vase
à goulot N. 815, souvent représenté sur les monuments
de l'Ancien et du Moyen Empire; deux plateaux
provenant du Fayoum (816 et 816 bis); une
passoire (817); un plat creux à anses mobiles (818).

ARMOIRE E.

Vases et plateaux en albâtre, granit, etc. Les
Nos 819 et 819 bis sont en brèche rouge. Le vase
d'albâtre 820 est une figure grotesque représentant
une femme agenouillée, les bras collés au corps.

ARMOIRE F.

Vases en granit, en albâtre, en brêche. On peut
noter, parmi les grands vases, les Nos 821, 822, 823,
au centre de la vitrine; puis un vase noir et blanc
en brèche (N. 824, et un petit pot à collyre contenant
encore l'aiguille mousse ou petit baton qui
servait à appliquer le fard autour des yeux (824 bis).

Galerie 67 (Objets Civils).

ARMOIRE A.

Bàton de commandement, avec un crochet; canne
avec inscription au nom de Sennot'em, XXe dynastie
(Cfr. N. 449); outils et fragments d'outils.

ARMOIRE B.

Arcs (Nos 825 et 825 bis); flèches (Nos 826 et
826 bis), terminées tantôt par une pointe aiguë,
tantôt par une petite lame tranchante; très beau
carquois en cuir (N. 828); pointes de flèches en
bronze.

ARMOIRE C.

Divers outils de bronze, herminette provenant
d'Abydos (N. 828); instrument tranchant dont les
cordonniers se servaient pour couper le cuir
(N. 829); rasoirs (N. 830); haches (N. 831); pierres
à aiguiser (N. 832); instruments de chirurgie
(N. 833); ciseaux et pinces.

ARMOIRE D.

Massues, sabres de bois, boumerangs.

ARMOIRE E.

Bàtons et pointes de lances en bronze. Poignard
en bois (XIIe dynastie).

Salle 68 (Céramique).

ARMOIRE A.

Pots et bouteilles en terre cuite émaillée. Bouteilles
de nouvel an, souhait de féconde prospérité
(Nos 834 et 834 bis). Vases pour contenir le fard
(Cfr. N. 824 bis). Coupes peintes; images de poissons

(835). Petite bouteille verte de forme élégante
(N.836) et flacon blanc de forme originale (836 bis),
simulant un bracelet ou un anneau. — Pot bleu,
provenant des fouilles de M. Naville à Toukh el
Gamous
en 1887; la légende, en écriture hiératique,
annonce le don d'un vase. . . à Isis, en
faveur du bon chef des Mâ, Pauarma.

ARMOIRES B, C, D, E, F, G.

Poterie de diverses époques. Une des poteries de
l'armoire E représente Bès tirant la langue
(N. 887).

VITRINE H.

Poteries de la XVIIIe à la XXe dynastie. Los Nos 838
et 838 bis, décorés de couleurs encore fraîches,
proviennent du tombeau de Sennot'em (Cfr.
N. 449). Le grand vase du centre est orné de dessins
où l'on remarque un oiseau pêcheur (N 839).
Puis des vases bleus de diverses formes, de petits
pots avec des inscriptions en écriture hiératique.

VITRINE I.

Poteries très anciennes provenant de la Haute-Egypte;
les Nos 840 et 810 bis sont ornés de dessins
d'un style barbare. (Voir salle 74 bis).
Sur les armoires et les étagères, vases destinés
à recevoir le vin, l'huile, les grains, etc. On peut
citer le N. 841, sur lequel est tracée une figure
de taureau.

Salle 69 (Vètements).

Les armoires A et C contiennent du linge de la
XIe dynastie, appartenant à la dame. Ament,
prêtresse d'Hathor, dont nous avons vu la momie
sous le N. 115. Les deux pièces d'étoffe Nos 842 ot
842 bis, disposées à droite et à gauche de l'armoire
F, appartiennent également à cette prêtresse.
La lingerie contenue dans les armoires B, D, E, F,
provient de la collection des prêtres d'Amon.
L'armoire B, nous montre des étoffes ornées de
jolies bordures bleues aux dessins variés, de festons
et de franges: l'armoire D, des tissus d'une
merveilleuse finesse (Nos 843 et 843 bis), comparables
à la plus belle batiste: l'armoire F, une
sorte de grande chemise ou vêtement cousu, avec
des ouvertures ménagées pour passer la tête et les
bras (N. 844). Les chemises et les autres pièces
de linge trouvées sur les momies des prêtres
d'Amon portaient souvent la marque Amen-per
(Maison d'Amon), XXIe dynastie.

VITRINE H.

Chaussures, sandales et semelles en bois et en
cuir. On remarque le travail des lanières multicolores
qui fixaient sur le cou de pled la paire de
sandales (Nos 815 et 845 bis).

VITRINE I.

Sandales en jonc tressé, d'un travail assez délicat.
Quelques-unes se terminent par la pointe

recourbée que nous avons remarquée sur divers
dessins de la salle 54 (Nos 526, 529, 549).

Salle 70 (Bijoux et suite des objets Civils).

ARMOIRE A.

Collection de miroirs. Les miroirs égyptiens
étaient formés d'un disque en bronze poli, ou
revêtu d'un vernis d'or, avec un manche de bois,
d'ivoire ou de bronze. Ce manche était généralement
une colonnette ou une tige de lotus, souvent
surmontée d'une tête d'Hathor (N. 846), la Vénus
égyptienne (visage de femme, oreilles de vache)
ou de Bès, l'Hercule grotesque et le dieu de la toilette
(N. 847). Quelquefois c'était une statuette de
femme ou de déesse, en ivoire (N.848) ou en bronze
(N. 849). On peut encore signaler le manche à
jour du N. 850, le N. 851 avec légende hiéroglyphique,
et le N. 852, provenant de la trouvaille des
momies royales. Enfin sur la tablette inférieure,
un miroir d'assez grandes dimensions.

ARMOIRE B.

Instruments de musique, jeux et jouets d'enfants:
Instruments de musique. — Lyre en bois
(N. 853), provenant des fouilles exécutées à Meïr

en 1892; guitares (Nos 854 et 854 bis); cymbales
de bronze (Nos 855 et 855 bis); sistre de bronze
(N. 856); cloches de bronze (N. 857); tambourins
provenant d'Akhmin (Nos 858 et 858 bis), décorés
de peintures qui représentent précisément des
joueuses de tambourin; flûtes simples et flùtes doubles
(Nos 859 et 859 bis); fragment d'instrument
de musique (N 860).
Jeux. — Damiers en bois (Nos 861 et 861 bis),
le second avec une légende au nom d'Abibi (Thebes,
XVIIIe dynastic); planches de pions pour le jeu
de dames (terre cuite bleue émaillée, Nos 862 et
862 bis); pions en ivoire (863) et en bois (864);
cubes en terre émaillée et en verre (865) pour le
jeu de dés; boîte à jeu en bois incrusté d'ivoire,
avec tiroir en ivoire contenent des pions (N. 866,
Thèbes, XVIIe dynastie); jeu de solitaire qui se
jouait au moyen d'épingles d'ivoire enfoncées dans
les trous d'une des parois de la boîte à jeu (ivoire
et bois, N. 867).
Jouets. — Poupée (N. 868); poupée ou pantin
articulé qu'on faisait manœuvrer en tirant une
ficelle (N. 869); petits animaux (N. 870); grenouille
avec mâchoire articulée (N. 871); balles pour
jouer (872) couvertes de peau; autres balles en
ficelle ou (872 bis) en feuilles de papyrus découpées
et tressées (Thèbes, XIe dynastie).

ARMOIRE C.

Sur les trois tablettes supérieures, colliers de
diverses époques, en terre émaillée, cornaline,

cristal, etc Sur la tablette inférieure, larges colliers
de la XIe dynastie, trouvés à Saqqarah (Nos 873
et 873 bis).

ARMOIRE D.
(Salle 7)

Tablette supèrieurc.
Vases en verre coloré, d'une élégance et d'une
richesse merveilleuse (N. 874). Groupe (N. 875)
de deux statuettes funéraires (schiste, haut. 0m, 18),
représentant Meni avec sa femme Hontonou
XVIIIe dynastie. Miroir de bronze, en forme de
feuille de lotus (N. 876).
877 — Faïence bleue — Haut. 0m, 13, long. 0m. 21. —
XIe dynastie — Drah Abou't Neggah.
“ Hippopotame debout marchant dans les marais. Le
dessinateur a tracé à l'encre noire, sur le corps de la bète,
des roseaux, des lotus, au milieu desquels volent des
oiseaux et des papillons: c'est une manière naïve de
montrer l'hippopotame dans son milieu habituel. Ce
curieux morceau a été découvert dans une tombe de la
XIe dynastie avec l'hippopotame N. 877 bis (extrémité
gauche de la deuxiéme tablette).” (MASPERO, Cat.,
p. 103).
878, 879, 880 et 881 — Bois — Haut. 0m, 111
0m, 208, 0m, 185 et 0m, 105. — Saqqarah.
“ Sous les dynasties thébaines on avait pris l'habitude
de remplacer les statues en pierre ou en bois de grandes
dimensions qu'on déposait jadis dans les tombeaux par
des statuettes en bois de plus en plus petites. Beaucoup

d'entre elles étaient fort soignées, et le musée de Turin
en possède une vingtaine, dont quelques-unes comparables
aux plus beaux ouvrages de l'Ancien Empire. Les
Nos 878-881, sans être des chefs-d'œuvre, sont d'un art
très fin et très delicat. Ce sont quatre personnages revêtus
du costume d'apparat de la XXe dynastìe; ils marchent
droit devant eux, d'un mouvement mesuré, le buste bien
effacé, la tète haute. L'expression de la physionomie,
calme et rusée, montre qu'on a voulu faire des portraits;
les traits de la face rappellent le type japonais plutòt que
le type égyptien ordinaire On remarquera le petit œil
mystique que la statuette 878 a au poignet; c'est un
exemple presque unique de la manière dont les Egyptiens
portaient cet amulette.” (MASPERO, Cat., p. 106,
107 et 188).
882 — Bois — Haut. 0m,45.
Statuette de femme, vêtue d'une longue robe plissée
et portant une grosse perruque.
882 bis — Calcaire peint — Haut. 0m,32. — XVIIIe
XXe dynastie. — Thèbes.
Statuette d'une jeune fille vêtue d'une longue robe
blanche, et tenant une fleur contre sa poitrine. Travail
très délicat.
Deuxième tablette.
883 — Quartz blanc — Haut. 0m,105.
Petit vase en quartz très pur; le goulot est tout à
fait transparent.
884 — Bronze incrusté d'or — Haut. 0m,06.
Tête d'Hathor.

885 — Rronze — Haut. 0m,12.
Taureau redressant la tète avec un très beau mouvement.
886 — Ivoire — Haut. 0m, 15.
Sorte d'épingle; tige de lotus d'où sort un petit
personnage Pièce trouvée à Thèbes avec la statuette
N 727.
887 — Albâtre — Haut. 0m, 24.
Vase en albàtre, ou plutòt en onyx, de forme très
allongée.
888 — Bois — Long. 0m, 22.
“Cuiller à parfums, représentant un chien qui se
sauve emportant un poisson dans sa gueule; le corps du
poisson est le bol de la cuiller.” (MASPERO, Cat., p. 108).
889 — Bois — Haut. 0m,25 — XVIIIe-XXe dynastie.
“Cuiller à parfums; une jeune fille, debout sur une
barque, cueille des lotus; les fleurs et les fruits du lotus,
réunis en gerbe autour de sa tête, ont été creusés pour
recevoir le parfum.” MASPERO, Cat., p. 108)
890 et 890 bis — Bronze — Haut. 0m, 11 et 0m,12.
Statuettes royales.
891 — Email blanc, bleu, jaune et violet — Haut. 0m,195. — XXe dynastie. — Abydos.
“Cette statuette est la plus belle de toutes les statuettes
funéraires connues jusqu'à présent. Sur un fond
blanc les hiéroglyphes et les détails de sculpture ont
été gravés en relief, puis remplis de pàtes vitrifiées à la

cuisson. Le visage et les mains sont bleu turquoise; la
coiffure est jaune à raies violettes; violets également
sont les hiéroglyphes et le vautour qui déploie ses ailes
sur la poitrine. Le tout est harmonieux et fondu sans
que la moindre bavure d'un émail émousse la netteté
du trait. Ce résultat est d'autant plus remarquable
que les verres employés pour obtenir les couleurs sont
fusibles à des températures assez differentes, et que la
statuette a du être passée au feu un certain nombre de
fois avant d'être achevée. Cette statuette, unique en
son genre, appartenait à un nomarque, premier prophète
d'Amon, du nom de Phtahmos.“ (MASPERO, Cat., p. 105).
892 — Bois — Long. 0m,175.
Cuiller à parfums, dont le manche est une figure
d'antilope.
893 — Bois — Haut. 0m,045. — Epoque saïte. — Abousir.
“Un singe debout tend un arc. L'obélisque dressé
en face de lui et qu'il semble viser était la boìte qui le
renfermait.” (MASPERO, Cat., p. 118).
894 — Jaspe — Haut. 0m,06. — Époque saïte.
“Vase en forme de cœur. D'un côté est gravé un
scarabée, de l'autre le chapitre XXX du Livre des
Morts.
“ (MASPERO, Cat., p. 118).
895 — Email vert — Haut. 0m,30. — XXVIe dynastie.
Kom-el-Qalâa (Memphis).
“Un homme debout a les mains appuyées sur un
petit naos posé à terre, et qui renferme Osiris momie.

La statuette est posée sur un socle assez haut, couvert
d'inscriptions sur toutes ses faces. Le personnage était
prince héréditaire, et l'un des principaux officiers du
roi; il s'appelait Nofirabri.“ (MASPERO, Cat., p. 124
et 125).
Tablette infèrieure.
896 et 896 bis — Long. 0m,30.
Boîtes à parfums.
“Une jeune fille nue, sauf une ceinture étroite qui
lui serre les hanches, nage tenant la tête bien hors de
l'eau. Ses deux bras allongés soutenaient un canard
creusé en boîte et les deux ailes, s'écartant, formaient
le couvercle. C'est un des motifs que les dames égyptiennes
préféraient pour leurs boîtes à parfums: la
jeune fille servait de manche, et le canard recevait la
pâte odorante.” (MASPERO, Cat., p. 107).
897 — Schiste rouge — Haut. 0m,14, larg. 0m,06. —
Saïs.
Groupe de deux figures debout, dieu et déesse, adossées
à une tablette de schiste rouge. Un autre personnage
beaucoup plus petit qui se trouvait entre eux est aujourd'hui
détruit; c'était peut-être une figure de Bès. Les
visages des autres personnages sont également brisés;
la déesse est Bast, le dieu est Horus ou Thot. Les
détails de ces statuettes sont d'une finesse admirable.
Au dos de la tablette de schiste, deux inscriptions
hiéroglyphiques, et une scène en trois registres. Au
registre supérieur, Isis, coiffée des cornes et du disque,
et Horus à tête d'épervier, coiffé de la double couronne

du midi et du nord, assistent au triomphe d'Horus enfant
ou renaissant sur les principes destructeurs. Il est
debout, foulant aux pieds les crocodiles, tenant prisonniers
entre ses mains le lion et le scorpion, animaux
malfaisants, et la gazelle, symbole de l'impureté. Puis
il monte sur son char attelé d'un griffon, et poursuit
de ses flèches ses ennemis, scorpions, serpents et crocodiles.
Au registre inférieur, Harshefi ou Horus guerrier,
debout en face de Thoueris, frappe encore les
animaux malfaisants. Ce petit monument, chef-d'œuvre
de délicatesse, est donc une sorte de variante des stèles
d'Horus sur les crocodiles.
898 — Bois — Long. 0m,18. — XXVIe dynastie.
“Ce joli monument est un modèle de corne à boire,
du genre de celles que les Grecs appelaient rhyton. Le
corps est en écorce, le bouchon en bois fin. La partie
inférieure d'où jaillissait le liquide en filet mince, est
une tête de vache en bois surmontée d'un disque solaire.
Je ne crois pas qu'un autre musée possède une pièce du
même genre.” (MASPERO, Cat., p. 115-116).
899 — Bois — Haut. 0m,06, long. 0m,12. — XXe dynastie.
“Veau couché, d'un travail fort délicat, creusé pour
servir de boite; la tête et le dos de l'animal s'enlèvent
et font couvercle.” (MASPERO, Cat., p. 105).
900 et 900 bisBronze — Haut. 0m,19. — XXe dynastie.
Saqqarah.
Les statuettes funéraires en bronze sont excessivement
rares. Celles-ci sont au nom de l'intendant des
troupeaux Amenmès, et de Hori, domestique du roi.

901 — Bronze — Haut. 0m,05. — Epoque saïte. —
Saqqarah (Sérapéum).
Personnage assis à terre, enveloppé dans une longue
robe.
902 — Email vert — Haut. 0m,076. — Epoque saïte. —
Mitrahineh.
“Tète rase, probablement du dieu Imhotpou, fils de
Phtah. La finesse des traits et la perfection du modelé
justifient le surnom que lui donnaient les Egyptiens de
Dieu à belle face.“ (MASPERO, Cat., p. 101).
903 — Bronze — Haut. 0m,18. — Saqqarah. — (Sérapéum).
“Un personnage debout, la tète rasée. Le bras droit
est étendu, le bras gauche soutient une petite figurine
d'Osiris.” (MARIETTE).
904 — Bois — Haut. 0m,22. — XXe dynastie.
Statuette de la dame Honttoou, en costume d'apparat,
serrant un bouquet contre sa poitrine.
905 — Haut. 0m,15 — Abousir.
Débris de boîte. Praque incrustée d'ivoire. Taureaux
attaqués par des lions; fleurs et arbustes, etc.
906 — Lapis — Long. 0m,085.
Gros scarabée.
907 — Bois et ivoire — Haut 0m,07, long. 0m,09,
larg. 0m,06.
Petit coffret en marqueterie.

908 — Bois peint. — Epoque saïte.
Jolie tète de statuette.
909 — Porcelaine bleue — Haut. 0m,054. — XXVIe dynastie.
“Tête de statuette royale, peut-être Neko II ou
Apriès.” (MASPERO, Cat., p. 107-108).
910 — Bois — Haut. 0m,17. — XXe dynastie.
“Une esclave chauve, à tête en pain de sucre, plie
sous le poids d'une grosse jarre. La jarre est le bol, et
l'esclave le manche d'une cuiller à parfums. (MASPERO,
Cat., p. 110).
911 — Brèche verte — Haut. 0m,15.
Statuette de Ptah, dieu de Memphis; un escalier de
cinq degrés conduit à l'autel où il siège.
911 bisOr repoussé.
La statuette 911 était revêtue d'or. Ce revêtement
est exposè sous le N. 911 bis, supporté par un moulage
en platre.
912 — Ivoire — Haut. 0m,14. — Grandes Pyramides.
Statuette à moitié brisée, trouvée dans une tombe
de la Ve dynastie.
Enfin on pourra remarquer sur les deux tablettes
supErieures un certain nombre de statuettes
d'époque saïte, en terre émaillée verte; les détails
de l'équipement, généralement un peu négligés
sur les figurines funéraires, sont ici exécutés avec
le plus grand soin, notamment les instruments
aratoires que le personnage serre sur sa poitrine.

ARMOIRE E.

Rangée supèrieure.
Chevets en albâtre, statuettes; texte hiérogloy-phique
sur une tablette, pour présenter à Osiris
une offrande en faveur d'un défunt.
Deuxième rangée.
Statuettes de la XIIe dynastie, provenant des
fouilles faites à Meïr en 1892. Parmices statuettes,
plusieurs représentent le même personnage, nommé
Nakht; l'une est en bois (N. 913); l'autre, en
bronze, est une pièce unique (N. 913 bis). Gros
scarabée ptolémaïque en pâte de verre bleu, provenant
également de Meïr (N. 914); il faisait
partie d'un masque de momie. Petit panier en
tresse extrêmement fine: petite table d'offrandes,
pectoral, etc.
Troisième rangèe.
Pièces du mobilier funéraire trouvé avec la
momie de la dame Ament, prêtresse d'Hathor
(voir N. 115, et salle 69, armoires A, C, F). Miroirs
(915 et 915 bis); le manche du miroir 915 bis,
surmonté d'une tête d'Hathor aux yeux rapportés,
est en bois revêtu d'incrustations bleues et rouges.
Vases à parfums en albâtre; l'un d'eux, fermé
d'un linge, est encore scellé (N. 716). Ces vases
se trouvaient dans les jolis filets Nos 917, 918 et
918 bis, ornés de perles bleues. Deux anses de fil
servaient à soulever ou à suspendre ces filets; à

l'extrémité inférieure, une sorte de couronne,
également en fil, était le socle ou le support sur
lequel se tenaient debout lei vases sans pieds, au
fond arrondi.
919 — Bronze — Long. 0m,057, larg. 0m,08.— Époque
grecque.
“Table d'offrandes d'un aspect particulier. Elle
représente une sorte de plate-forme, sur les côtés de
laquelle sont assis deux chacals et deux cynocephales
se faisant face; trois petits personnages, agenouillées
dans le fond, présentent l'offrande et versent une libation.
(MASPERO, Cat., 119-120).
Rangèec infèrieure.
Lions de bronze (N. 920) provenant de Tell-el-Moqdam.
Petite stèle en calcaire (N. 921); un
singe monte à un arbre et cueille des fruits pour
sa maitresse, qui, d'une main, le tient en laisse,
et de l'autre porte un panier à fruits.

VITRINE F.
(Salle 7).

922 — Argent.
Vases trouvés dans les ruines de Mendès (Tell-Tmaï).
“lis faisaient partie du mobilier sacré du temple et
avaient été déposés dans une cachette où ils sont restés
oubliés jusqu'à nos jours. Ils sont ornés de lotus épanouis
et de boutons au repoussé. L'un d'eux est un couvercle,
dont la poignée est formée de deux fleurs réunies par la
tige. Rien n'in lique l'àge de ces objets; mais qu'ils
soient de l'époque grecque ou de l'époque thébaine, le

travail en est purement égyptien. Ils sont identiques
de tout point aux vases d'or et d'argent qu'on voit si
souvent représentés entre les mains des prètres et des
rois, sur les murs des temples, à la XVIIIe et à la XXe dynastie.” (MASPERO, Cat., p. 120-121).
923 et 923 bisArgentMansourah.
Ornements d'argent qui protégeaient les angles d'un
naos.
924.
Collier incrusté de pierres.

ARMOIRE G.

Objets de toilette (parfumerie). Boites à parfums
en bois; les unes, de forme arrondie, sont
ornées de jolis dessins (N. 925); d'autres représentent
un canard dont les ailes se soulèvent
(couvercle à deux battants, le manche est une statuette
de nageuse; Cfr. N. 896, ou un poisson
évidé qui se fend; l'un des côtés est le fond de la
boîle, l'autre le couvercle (926). Le poisson 926 bis
est orn'é du cartouche de Thoutmès III. Les parfums
et les pommades étaient extraits de la boîte avec
des cuillers de bois ou d'ivoire (927) et des spatules
de bronze (928). La cuiller (N. 729), bois, hauteur
0m,202, a la forme d'un cartouche qui sort d'un lotus
épanoui. La cuiller (929 bis) se termine par un
cou d'oie recourbé. Un brùle-parfums provenant
de Saqqarah (émail vert, haut. 0m,05) appartient
à l'époque saïte. C'est un petit singe assis, soutenant
de ses deux mains un grand plat qui repose

sur un chapiteau à feuilles de palmier (N. 930;
Cfr. Cat. Masp., p. 111). Les singes ou cynocéphales
servent aussi très fréquemment de sujets
d'ornement aux pots ou étuis à collyre (931). Ces
étuis sont très nombreux dans l'armoire G, avec
ou sans ornements; à un, deux, trois, quatre ou
cinq compartiments; en bois, albàtre, ivoire, terre
émaillée; accompagnés parfois de l'aiguille en
bois ou en bronze qui servait à appliquer le collyre
autour des yeux (Nos 932, 933, 934). De petits
coffrets de toilette sont ornés en marqueterie ou
en incrustations d'ivoire (N. 935).
On remarque enfin sur la tablette supérieure
(936) une plaque en bois (haut.0m, 21, larg. 0m, 129),
“où l'on a évidé avec soin les formes d'un manche de
miroir et de deux petits godels. On y coulait de la cire
sur laquelle on établissait ensuite les moules qui servaient
à la fonte des objets en question.” (MASPERO,
Cat., p. 111).

VITRINE H.
(Salle 7).

Bijoux et amulettes en or, cornaline, jaspe,
émail, etc., trouvés par M. Petrie dans une sépulture
à Hawara (Fayoum). Ils sont disposés actuellement
dans l'ordre mème où ils étaient au moment
de la découverte de la momie.

ARMOIRE I.

Tablette supèrieure.
Plaques d'ivoire, débris d'un coffret.
Deuxième tablette.

Peignes en bois et en ivoire (Nos 937 et 938).
Cuillers, spatules en ivoire (Nos 939 et 939 bis) et
en bois. Épingles en ivoire.
940 — Bois — Haut. 0m, 08. — XIe dynastie. — Thèbes
(Drah Abou'l Neggah).
“Petite tortue (formant pelote). Les trous pratiqués
sur son dos servaient à fixer des épingles de toilette
en bois, terminées par des têtes de chien. Cet ustensile
a été trouvé dans une tombe de la XIe dynastie.”
(MARIETTE).
941 — Bois — Haut. 0m,15.
Couronnement d'un manche d'éventail au nom de
Khemnakht ou Minnakht, scribe de la maison deu
Soleil.
“Les éventails égyptiens se composaient d'un manche
et d'une pièce centrale qui couronnait le manche et dans
laquelle venait s'engager les plumes maintenues au
moyen d'un roseau.” (MASPERO Cat., p. 109-110.
Troisième et quatrième tablettes.
Manche d'éventail complet; anneaux fendus en
ivoire, cornaline et or, qui servaient peut-étre de
boucles d'oreilles. Un série de ces anneaux (planchette
942) provient des fouilles farites à Mitrahineh
en 1892; une autre série (planchette 942 bis)
a été trouvée à Mendès.

VITRINE K.
(Salle 7).

Collection des bijoux de la reine Ahhotpou
(XVIIe dynastie), grand'mère du roi Aahmès I.
vainqueur des Hycsos et fondateur de la XVIIIe dynastie.
“La momie de la reine Ahhotpou fut découverte par
les fouilleurs arabes en 1860, et confisquée par le moudir
de Qéneh, qui la fit ouvrir et s'empara de ce qu'elle
contenait. Le bruit de la trouvaille s'étant répandu.
Mariette mit la main sur le cercueil et sur les bijoux
qui sont exposés dans la vitrine K, mais pas assez à
temps pour empêcher que beaucoup d'objets précieux
eussent été volés.
“Le cercueil de cette reine avait été trouvé couché
à mème dans le sable à Drah Abou'l Neggah; il est
certain que jamais momie royale n'a été enterrée de la
sorte; c'est donc par un accident déjà fort ancien quélle
a été déposée dans l'endroit où les Arabes l'ont découverte.
Je pense que vers la fin de la XXe dynastie, elle
aura été enlevée par une des bandes de voleurs dont le
Papyrus Abbott nous a révélé les exploits: cachée par
eux en attendant qu'ils eussent le loisir de la dépouiller
en sûreté, il est probable qu'ils furent pris et mis à
mort avant d'avoir pu exécuter ce beau dessein. Le
secret de leur cachette périt avec eux et n'a été révélé
que de nos jours.” (MASPERO, Cat., p. 77-78).
Les bijoux de la reine Ahhotpou sont numératés 943-968:

943 — Or et pâte de verre bleu.
“Bracelet à double charnière. Figures d'or finement
gravées sur le fond de pâte de verre bleu imitant le
lapis. Amosis est à genoux; devant lui et derrière
lui, le dieu Seb et les génies de la terre dans l'une des
postures de l'adoration. Style très fin; un des meilleurs
morceaux de la collection.” (MARIETTE).
944.
“Un beau diadème. Si ce bijou n'avait pas été trouvé
sur le sommet de la tête de la reine, en partie engagé
dans ses cheveux, j'y verrais plutôt un des plus magnifiques
spécimens de bracelet d'humérus que l'on puisse
voir.
“La décoration est très riche. Une boite en forme de
cartouche royal, gardé de chaque côtê par deux petits
sphinx affronté, en forme le motif principal. Le couvercle
de la boîte reproduit le cartouche d'Amosis, or
sur fond de pâte bleu imitant le lapis. Les deux sphinx
sont aussi en or. Si petits qu'ils soient, les yeux sont
rapportés. . . Le reste du diadème ne saurait ètre bien
décrit sans le secours d'un dessin.” (MARIETTE).
945.
“Une magnifique chaìne à laquelle est appendu un
scarabée. Elle a 0m,90 de longueur, et se termine à
chaque extrémité par une tête d'oie recourbée. D'autres
exemples nous entraînent à dire que cette chaîne ne se
fermait pas autrement qu'en liant les deux têtes d'oie

au moyen d'une ficelle. Ici encore le nom d'Amosis se
trouve sur le cou de ces animaux.
“Le scarabée mérite toute l'attention du visiteur. Les
pattes, qui sont d'un travail si fin, qu'on les croirait
moulées sur nature, sont soudées au corps, qui est d'or
massif. Le corselet et les élytres sont en pâte de verre
bleu tendre, rayée par des lignes d'or. La flexibilité de
cette chaîne atteste une habileté de main-d'œuvre vraiment
surprenante.” (MARIETTE).
946.
“Un bracelet. Perles d'or, de lapis, etc., enfilées sur
des fils d'or assez espacés pour que le jour se voie à
travers. Sur le fermoir, légende d'Amosis.”(MARIETTE).
947.
“Plusieurs armilles ou anneaux de jambe en or.Ces
anneaux sont plats et creux; ils sont ourlés à leur circonférence
extérieure d'une chaînette en fils d'or tressés
imitant le filigrane. Plusieurs autres anneaux du même
travail ont été trouvés avec les précédents.”(MARIETTE).
948 — Bois et or.
“Manche d'éventail (Cfr N. 914) en bois lamé d'or.
Sur la tranche on voit encore les trous où s'emboitaient
les plumes d'autruche. Sur les plaques d'or le roi
Kamos fait une offrande au dieu Khonsou.”(MASPERO,
Cat., p. 83).
949 — Ebène, or et bronze doré.
Miroir de la reine Ahhotpou.

950.
“Une hache. Le manche est en bois de cèdre recouvert
d'une feuille d'or. Des hiéroglyphes y sont découpés à
jour. Ces hiéroglyphes sont précieux pour la science, en
ce qu'ils révèlent pour la première fois, au complet, le
protocole royal d'Amosis. Des plaquettes de lapis, de
cornaline, de turquoise et de feldspath y sont encastrées
et en rehaussent l'éclat.
“Le tranchant est de bronze, orné d'une épaisse feuille
d'or. Ce tranchant est enrichi sur ses deux faces de représentations.
D'un côté sont des bouquets de lotus
dessinés en pierres dures sur un champ d'or; de l'autre,
sur un fond bleu sombre donné par une pâte si compacte
qu'elle semble être de la pierre, se détache la figure
d'Amosis, les jambes écartées, le bras levé pour frapper
un barbare qu'il a saisi par les cheveux. En dessous
de cette scène est une sorte de griffon à tète d'aigle.
Dans les récits de batailles, les rois sont souvent comparés
au griffon pour la rapidité de leur course quand
ils se précipitent au milieu des ennemis. En effet, le
griffon est ici appelé Month, que nous savons déjà être
le dieu des combats. L'expression aimé de Month, qui
accompagne son image, s'applique à Amosis.
“Le tranchant de notre hache adhère au manche au
moyen d'une simple entaille dans le bois, consolidée par
un treillis en or.” (MARIETTE).
951.
“Un poignard d'or et son fourreau également en or
Monument sans égal pour la grâce et l'harmonie des
formes. Quatre têtes de femme en feuilles d'or repoussées

sur le bois, forment le pommeau. La poignée est décorée
d'un semis de triangles d'or, lapis, cornaline et feldspath,
arrangés en damier. La soudure de la lame au manche
est artistement cachée par une tête d'Apis renversée.
“La láme est la partie la plus remarquable de ce magnifique
monument. Le pourtour est en or massif. Une
bande d'un métal dur et noiràtre occupe le centre. Sur
cette bande sont des figures obtenues par une sorte de
damasquinage.
“D'un côté est l'inscription: Le Dieu bienfaisant,
seigneur des deux pays, Ra-neb-peldi, vivificateeur
comme le Soleil, à toujours.
Cette inscription est
suivie par une représentation très rare qui n'est pas
exempte d'une certaine influence asiatique, celle d'un
lion se précipitant sur un taureau. Quatre sauterelles
qui vont en s'amincissant jusqu'à l'extrémité de la lame
terminent la scène.
“De l'autre côté on lit près de la poignée: Le fils
du Soleil et de son flanc,Ahmès-nakht, vivificateur,
comme le Soleil, à toujours
Quinze jolies fleurs
épanouies qui, comme sur l'autre face, se perdent vers
la pointe, complètent l'ornementation.” (MARIETTE).
952.
Un beau poignard à manche d'or massif, à lame de
bronze pàle.
953.
Pectoral (Cfr. N. 624). Ce pectoral est, avec le
bracelet à fond bleu et le poignard damasquiné, l'un des
trois objets les plus précieux de la collection. La forme

générale du monument est celle d'un petit naos, ou
petite chapelle. Au centre, Amosis est représenté debout
sur une barque. Deux divinités, Amon et Phré, lui
versent sur la tête l'eau de purification. Deux éperviers.
planent au-dessus de la scène comme des symboles du
soleil vivifiant.
“Le travail de ce beau monument est tout à fait hors
ligne, le fond des figures est découpé à jour. Les figures
elles-mêmes sont dessinées par des cloisons d'or, dans
lesquelles on a introduit des plaquettes de pierres dures
(cornaline, turquoise, lapis, pâte imitant le feldspath
vert). Ainsi disposée, cette sorte de mosaïque, ou chaque
couleur est separée de celle qui l'avoisine par un brillant
filet d'or, donne un ensemble aussi harmonieux
que riche.
“Par la finesse et la netteté de sa gravure, l'envers
du naos d'Amosis, qui est d'or simple, est aussi remarquable
que la face principale.” (MARIETTE).
954.
“Un collier formé de plusieurs rosaces auxquelles sont
suspendus des ornements en forme d'amande. Les rosaces
sont en or avec incrustation de pierres entre cloisons.
Les amandes sont également en or. Les couleurs bleu et
rouge qui les distinguent, sont obtenues cette fois par des
pâtes de ces deux nuances imitant l'èmail.” (MARIETTE).
955 — Or, argent, bois et bronze.
“Sur un petit chariot en bois, à roues de bronze,
est montée une barque d'or massif. Douze rameurs en
argent massif voguent sous les ordres du timcnier et

du pilote d'avant. Au centre un petit personnage est
assis, qui tient la hache et le bâton de commandement,
Un cartouche, gravé derrière le timonier, nous apprend
que le mort à qui était destinée primitivement
cette barque était le roi Kamos....... Le mort devait
se rendre à Abydos par eau, afin de passer dans l'autre
monde; la barque servait à l'accomplissement de la traversée.”
(MASPERO, Cat., p. 82).
956 — Argent — Long. 0m.38.
“Barques à dix rameurs et à un pilote... Les quatre
petits anneaux qu'on remarque sous la carène servaient
à fixer la barque sur un petit chariot à quatre roues.”
(MASPERO, Cat., p. 123).
957.
Une hache. Le manche est de corne, rehaussé d'or à
son extrémité inférieure. Le tranchant est d'argent.
958.
“Un poignard. La lame est en bronze jaunâtre très
pesant. Le pommeau est un disque lenticulaire d'argent.
“On se sert de cette arme en appuyant le pommeau
sur la paume de la main fermée, et en faisant passer la
lame entre l'index et le médium.” (MARIETTE).
959 — Or et argent.
Deux mouches. On a pensé que ces mouches étaient
une sorte de décoration officielle; rien n'est venu jusqu'à
présent confirmer cette hypothèse.

960 — Or massif.
Bracelet en or massif, épais, sans aucune décoration.
961.
“Deux anneaux creux en or, ayant probablement
servi de bracelet, comme l'armille dont se paraient les
femmes dans l'antiquité classique, particulièrement en
Grèce. II est sans ornements. La collection des bijoux
de la reine Aah-hotep en comprend plusieurs de ce
modèle.” (MARIETTE).
962 — Or.
“Un magnifique collier ousekh. Le collier ousekh
est déposé sur les momies en vertu d'une prescription
du Rituel. II s'agrafe sur les épaules et ne couvre que
la poitrine, qu'il cache complètement.
“Celui que nous avons sous les yeux est d'une composition
aussi riche qu'inusitée. Des cordes enroulées,
des fleurs à quatre pétales épanouis en croix, des lions
et des antilopes courant. des chacals assis, des épervicr,
des vautours, des vipères ailèes, en forment le
dessin. Les deux agrafes, selon l'habitude, sont à tête
d'épervier.
“Tous ces ornements sont en or repoussé. Ils étaient
cousus aux linges de la momie par le moyen de petits
anneaux soudés par derrière.” (MARIETTE).
963 et 963 bis.Or et pierre.
“Deux bracelets d'or et de perles. Les perles sont d'or,
de lapis, de cornaline rouge et de feldspath vert. Elles
sent enfilées sur des fils d'or. L'ensemble forme un
damier dont chaque case est de deux couleurs. Une lame,

fendue en deux parties qui se séparent et se ferment au
moyen d'une aiguillette d'or, opère la fermeture. On y
lit le nom d'Amosis.” (MARIETTE).
964.
“Un bracelet composé de deux parties réunies par
une charnière.
“La partie extérieure représente un vautour, les ailes
éployées. Le jeu des plumes a été imité par des pierrettes
de lapis, de cornaline et de pâte de verre de la
couleur du fedspath, enchâssées dans des cloisons d'or.
Ce travail est celui que faisaient le plus communément
les orfèvres égyptiens.
“La partie extérieure, plus mince, est formée de
deux bandeaux parallèles, ornés de turquoises, dont un
dessin seul pourrait faire connaitre la disposition.
“Si ce bracelet a servi, il n'a pu, à cause de ses
dimensions, ètre qu'à l'humérus.”(MARIETTE).
965 — Bronze et or.
“Deux tètes de lion. L'une en bronze, l'autre en
bronze revètu d'or. Le tète du lion est l'hiéroglyphc du
mot peh, qui signifie vaillance. Nos deux monuments
ont sans doute été introduits parmi les objets précieux
dont était enrichie la momie de la reine, parce qu'ils
font partie du cartouche-prénom d'Amosis (Rab-neb-pehti).
On remarquera l'attitude fière de la tète de lion
en or.” (MARIETTE).
966 — Or et argent.
“Neuf petites hachettes, trois d'or et six d'argent.
Dans les hiéroglyphes, la hachette, répétée neuf fois,
désigne l'ensemble des dieux.” (MARIETTE).

967 — Or.
“Une chaîne d'or. Trois mouches en or massif y sont
suspendues. Cet ensemble constitue une sorte d'ornement
qui se portait passé au cou (Cfr. N. 959).” (MARIETTE).
968 — Bois et argent.
“Un báton de bois noir, recourbé à son extrémité et
entouré d'une large feuille d'or en spirale. Spécimen unique.
Peut-être, à l'époque de Kamès et d'Amosis, était-il
un signe de commandement. On le trouve aujourd'hui
exactement sous la même forme, entre les mains de la
plupart des Nubiens et des Soudaniens, pour lesquels il
n'a plus aucune signification symbolique.”(MARIETTE).
Les autres bijoux, exposés dans la vitrine K,
n'appartiennent pas à la collection de la reine
Ahhotpou.
Nous citerons, parmi les plus remarquables, deux
charmants bracelets cloisonnés, en or, lapis-lazuli
et cornaline (Nos 969 et 969 bis), provenant de la
momie du roi Pinotem (Deïr-el-Bahari, XXIe dynastie,
trouvaille des momies royales); et un pectoral
en or (N.970) au nom du roi Ramsès III (trouvaille
des momies royales, Deir-el-Bahari, XXe dynastie).
Puis une émeraude brute (N.971) enfermée dans
une résille d'or, dont les mailles ont du être soudées
successivement l'une après l'autre (travail de la
XXe dynastie). Enfin un grand nombre de petits
amulettes, la plupart en or; et deux oiseaux à tête
humaine, symboles de l'âme, en or émaillé.

VITRINE L.

Bijoux de diverses provenances et de diverses
époques.
972 et 972 bis.
“Une paire de magnifiques pendants d'oreilles en or
recouverts d'un riche vernis rougeâtre. Ces ornements
pesants n'ont pu servir qu'attachés par un fil, soit à
l'oreille elle-mème, autour de laquelle ce fil se serait
enroulé, soit à la coiffure symbolique dont était décoré
le personnage auquel ces pendants d'oreilles furent
destinés.
“Un disque lenticulaire, garni à sa circonférence
d'une gorge de poulie, forme la partie principale de nos
deux monuments. A ce disque sont suspendus cinq urœus
coiffés du soleil qui, eux-mêmes, soutiennent, au bout
de sept chaînettes d'or, sept urœus également munis du
globe emblématique.
“Le disque principal a des ornements sur ses deux
faces. D'un côté sont cinq autres urœus (deux d'entre
eux sont coiffés de la couronne Atef, les autres portent
sur la tête le globe ordinaire); de l'autre còté on lit,
dessinés en fils d'or soudés au champ du disque, les nom
et prénom de Ramsès XIII. Une dentelure de triangles
en grènetis complète la décoration.
“Un vieux sanctuaire, où les débris de la VIe et de
la XIIe dynastie abondent, existe à Abydos, dans la
partie septentrionale des ruines de cette ville célèbre.
Une momie, sans légende qui nous fasse connaitre ses
titres et son nom, avait été ensevelie sous le dallage de
ce sanctuaire. C'est sur cette momie qu'ont été trouvés

les deux pendants d'oreilles que nous venons de mettre
sous les yeux du visiteur.”(MARIETTE).
973 — Or massif.
“Avec la même momie ont été découverts les débris
d'un bel ornement de poitrine, composé de petites égides
d'or massif. Le travail de ces imperceptibles monuments
est extrêmement fin. Les têtes symboliques de Pascht,
d'Hathor, d'Anhour, de Phré sont traitées avec une
dé icatesse si grande, que quelques-unes d'entre elles ne
perdent rien à ètre étudiées à la loupe.” (MARIETTE).
974 — Or.
“Une sorte de bandeau coupé en forme d'ovale dans
une feuille d'or (0m,20 dans sa plus grande longueur).
Une chaînette, également d'or, relie les deux extrémités.
Au centre du bandeau est une tête de Gorgone
repoussée. La destination de cet objet, qui semblerait
être un ornement de tête, est assez difficile à préciser.”
(MARIETTE).
975, 976, 977, 978, et 979 — Or massif.
“Cinq bracelets composés de deux ou trois tours massifs
d'or. Ils sont en forme de serpent. Les têtes sont
ciselées. L'une d'entre elles est ornée d'une émeraude.”
(MARIETTE).
980 — Or et incrustations.
Restes d'un collier à trois rangs; le premier rang
composé d'ouzas en or; le second de fleurs de lotus et
d'amandes en or inscrusté de pierres; le troisième de
têtes hathoriennes en or.

981 — Or massif.
Statuette représentant le dieu crocodile Sebek (Sobkou),
dieu du Fayoum (voir N. 590).
982 — Or massif.
Une statuette de Phtah.
983 — Or massif.
Une statuette d'Amon.
984 — Or massif.
“Un urœus dressé sur sa queue. Il porte le disque
sur sa tête.” (MARIETTE).
985 — Lapis-lazuli.
“Amulette en forme de stèle. D'un côté, image de
Phré en relief; de l'autre Hathor et Toum en creux.”
(MARIETTE).
986.
Plusieurs scarabées montés en bague. L'un d'entre
eux est d'or massif.
987.
“Collection de bagues. On en remarque une qui est
composée de trois autres bagues soudées par le milieu
du corps des scarabées, qui leur servent de chatons.”
(MARIETTE).
988.
“Une paire de pendantsd'oreilles. Style gréco-égyptien.
Rosaces en creux, relevées par des ornements en

filigrane. Fleurs fermées et épanouies faisant office de
pendeloques.” (MARIETTE).
989 — Or.
“Feuille d'or imitant plus ou moins une langue
humaine. On trouve ces feuilles súr les langues des
momies gréco-égyptiennes, conservées dans les hypogées
de Saqqarah.” (MARIETTE).
990.
“Bijou représentant une àme sous la forme d'oiseau
à tête humaine. Les ailes sont étendues. Cette forme de
pectoral est commune à Memphis sous les Ptolémées.
Notre bijou vient de Saqqarah.” (MARIETTE).
La vitrine L contient encore de nombreux
bijoux, bracelets, bagues, pendants d'oreilles en
or à tête de chèvre, de fabrication syrienne (indication
de M. le D' Fouquet). Bijoux des époques
persane (plaque d'or repoussé avec l'image d'Ormuz
ailé, N. 991, provenant de Tméi-el-Amdid),
grecque, romaine et byzantme.

Salle 71 (Scarabées).

Nous avons indiqué (N. 148) que le scarabée est
un symbole de transformation. Suivant les doctrines
égyptiennes, reprises par Pythagore, rien
ici-bas ne s'anéantit. Tout ce qui meurt, meurt

pour renaître; l'àme est destinée à passer dans un
corps nouveau après la dissolution de l'ancien;
mais les éléments de cet ancien corps, momentanément
désagrégés, rentrent dans le mouvement
fécond de la nature, où la Providence les remet én
œuvre pour la formation d'existences nouvelles.
Le scarabée, symbole de ces changements qui
maintiennent la vie dans la création, est donc en
même temps le symbole de l'immortalité. Aussi
le mettait-on à la place du cœur des défunts, du
cœur considéré comme la graine dont la dissolution
ferait germer une vie nouvelle (voir N. 637);
il portait alors le chapitre du cœur dont nous
avons vu l'explication (Cfr. N. 632).
Les vitrines A, B, C, nous montrent une série
de ces scarabées funéraires. Dans la vitrine A, le
N. 992 est revêtu d'un placage en pâte de verre
bleu. Dans la vitrine B plusieurs scarabées portent
sur leurs élytres les images d'Osiris en face d'Horus
Soleil; on sait qu'Horus est Osiris transformé
ou renaissant. Scarabées aux ailes éployées, ayant
servi de pectoraux (Cfr. N. 629).
Dans la vitrine C, scarabée en plàtre bleuâtre.
La vitrine D contient des cachets en terre et en
cire, la plupart ont servi à sceller des coffrets de
statuettes funéraires (voir salle 58, armoire G).
Dans les vitrines E et F, un grand nombre de
petits scarabées.

VITRINE G.

Scarabées en granit, hématite et cornaline. Gros
scarabée à tête humaine. Beau scarabée ailé ou
pectoral en terre émailléeverte, provenant de Gaou
el Kebir, ainsi que quatre figurines représentant les
génies de l'embaumement ou génies protecteurs des
viscères du défunt (voir salle 59, étagères H et I).

VITRINE H.

Scarabée aux ailes éployées ou pectoral en terre
émaillée; scarabée en verre irisé (N. 993).

VITRINES I ET J.

Choix de scarabées historiques portant des cartouches
des rois d'Egypte depuis la IVe dynastie. On
peut signaler le cartouche d'Osiris considéré comme
un roi fabuleux des dynasties divines antérieures
à Ménès (N. 994) et le nom du dieu Shou (N.995),
fils du Soleil, autre roi des dynasties mythiques.

VITRINES K ET L.

Gros scarabées portant le chapitre du cœur
(voir N. 632).

VITRINES M ET N.

Scarabées emblématiques. Devise du roi du midi
et du nord (N. 996). Représentation de la divinité
entre Set, principe destructeur, et Horus, principe
rénovateur (N. 997). Image des deux Nils, Nil du
sud et Nil du nord, Nil de la rive droite et Nil de la

rive gauche (N. 998). Combinaison de lignes et de
symboles mystérieux; de simples ornements, etc.

VITRINES O ET P.

Petites stèles représentant Horus enfant sur les
crocodiles; la stèle 998, en feldspath vert, est une
des plus remarquables. Nous avons dit que l'image
de cet enfant foulant aux pieds des crocodiles,
tenant prisonniers entre ses mains le lion, le scorpion,
les serpents et la gazelle, animaux malfaisants
ou impurs, symbolise le triomphe du principe réno
vateur sur le principe destructeur; l'enfant qui se
lève rend vaine l'œuvre de la mort qui a frappé le
vieilard. Aussi les textes appellent-ils ce jeune
Horus le vieillard qui redevient enfant. Ces
monuments sont donc bien à leur place auprès des
scarabées qui symbolisent la transformation. La
figure du jeune Horus, vainqueur des monstres,
est généralement surmontée d'une tête de Bès,
l'Hercule égyptien; quelquefois (N. 999) Bès
lui-même prend la place d'Horus et tue un énorme
serpent. Je pense qu'il faut reconnaître ici l'origine
de la légende grecque des douze travaux d'Hercule,
ces douze travaux s'accomplissent dans les douze
heures que le bon principe passe à triompher du
mauvais, en combattant les monstres et en luttant
pour dissiper les ténèbres. Le sarcophage de Nesipanoub,
prêtre d'Amon, porte même l'image
de Bès soutenant le Ciel au nom de Shou, comme
Hercule à la place d'Atlas; comme Hercule il est

vêtu d'une peau de lion. Les Grecs paraissent
donc avoir formé leur Hercule des traits combinés
d'Horus triomphant et de Bès; l'Horus guerrier
ou Harshefi, forme nouvelle de Shou que nous
avons vu massacrer les monstres (voir N. 897), a
fourni les traits du héros; Bès avec sa figure
bizarre est devenu surtout l'Hercule gourmand et
grotesque.
On peut signaler encore dans la vitrine P un
collier (N. 1000) composé de jolies figurines funéraires,
et des amulettes que nous avons vus sous
les Nos 753 et 756.

VITRINE Q ET R.

Mains en bois et en ivoire (Nos 1001 et 1001 bis);
ces mains, ainsi que les autres pièces de bois et
d'ivoire exposées par paires dans les vitrines Q et R
sous les Nos 1002 et 1002 bis sont des castagnettes
dont le bruit servait à écarter l'ennemi ou les
influences néfastes.

VITRINES S, T, U, V.

Cœurs en améthyste (Nos 1003 et 1003 bis); le
N. 1003 bis est surmonté d'une tête humaine.
Scarabées pectoraux (voir N. 129) et scarabées
funéraires en basalte, granit, terre émaillée, etc.

VITRINE W.

Scarabée sculpté sur l'image même du cœur
(N. 1004).

VITRINE X.

Scarabée en feldspath vert (N. 1005).

VITRINES Y, 1-6.

Nombreux scarabées emblématiques.

Salle 72 (Objets du culte).

Au centre de la salle, un magnifique vase cordiforme
en granit noir (N. 1006), consacré au dieu
Thot par le roi Apriès (XXVIe dynastie), domine
les vitrines A-H.

VITRINE A.

1007 — Bronze — Haut. 0m,35. — Epoque saïte. —
Zagazig.
Image d'Isis ou Nephthys, debout, étendant les bras.
Le bronze, évidé en plusieurs endroits, avait dû être
incrusté d'émaux et de pierres dures.
1008 — Bronze — Haut. 0m,074, larg. 0m,079. —
Abydos.
Un poisson lépidote, consacré à la déesse Méhit, est
posé sur un naos quadrillé. Une femme debout présente
un miroir.
Puis une petite stèle d'Horus sur les crocodiles
(Cfr. 998) en pierre saponaire (époque grecque);
un Amon ou Khnoum en bronze à tête de bélier

(époque saïte); une déesse Noub (forme d'Isis),
en schiste, assise et levant les deux bras (époque
saïte); image du dieu Bès; génies funéraires et
divers amulettes.

VITRINE B.

Image d'animaux consacrés: singes et cynocéphales
(consacrés au dieu Thot); chats (consacrés
à la déesse Bast); éperviers (attributs d'Horus
et des divinités solaires); truies ou pourceaux
(consacrés à Set ou Typhon); béliers (consacrés
au dieu Amon sous sa forme de Khnoum); lions
(emblèmes du soleil); lièvres, (altributs des génies
qui gardaient les portes des enfers et quelquefois
attributs d'Osiris lui-même); ibis (attributs du
dieu Thot); crocodile (attribut de Sebek, dieu du
Fayoum); serpents à jambes et à bras humains,
(consacrés au dieu Nehbka, qui semble symboliser
le rajeunissement), etc. L'éléphant ne paraît
avoir été consacré à aucune divinité. Le N. 1009
(terre émaillée verte, Saqqarah, époque saïte)
mérite donc d'attirer l'attention, tant par la rareté
de l'image que par la beauté du travail.

VITRINE C.

Beaux pectoraux en forme de naos (voir N. 624);
amulettes en jadéite noire et calcaire noirci (Abydos
et Saqqarah, époque saïte), figurant deux doigts
réunis, l'index et le médius, et destinés à conjurer
le mauvais œil et les influences funestes (Cfr.
N. 1001).

VITRINE D.

Sceptres et emblèmes de divinités,
1010 — Email vert — Haut. 0m,096. — Epoque saïte
Saqqarah.
“Le plus fréquent des sceptres est celui que les
textes appellent ouôb, oïs, zaamou; il est surmonté
d'une tête de quadrupède au museau allongé, aux yeux
longs, aux oreilles carrées, que l'on croit être la gerboise,
consacrée au dieu Sit. Champollion l'appelait,
sur une indication erronée de Kircher, le sceptre à tète
de coucoupha, et ce nom est encore usité dans l'école.
Ce sceptre signifiait la puissance et la fermeté; il assurait
au porteur l'empire sur l'univers. On l'assimilait
aux piliers du ciel.” (MASPERO, Cat. p. 238).
Puis des sceptres en bois à tête de chacal, signifiant
la force et la richesse; des fouets ou fléaux
en bronze, emblèmes de féondité; une sorte de
crochet en bronze, partie inférieure d'un sceptre;
des égides en bronze d'où sortent les têtes des
divinités solaires Shou et Tafnout, etc. La plupart
de ces objets sont de l'époque saïte et proviennent
de Zagazig.

VITRINE E ET F.

Divers amulettes et figurines provenant de sarcophages
trouvés au Fayoum dans les ruines voisines
de Hawara, où Lepsius plaçait le Labyrinthe.
1011 — Pâte de verre de diverses couleurs. Image de la déesse Màt.

1012 — Email bleu et noir. Tète de femme d'un joli travail.
1013 — Obsidienne.
Deux chacals accroupis, images d'Anubis du nord
et d'Anubis du sud; ce dieu est appelé ouvreur ou guide
des chemins du nord quand Osiris défunt s'en va dans
l'autre monde; ouvreur des chemins du sud quand
Osiris renaissant ou Horus revient sur la terre.
1014 — Pâte de verre.
Série de petites figurines.

VITRINE G.

Collection d'amulettes et de figurines, un grand
nombre en pàte de verre.

VITRINE H.

Collection d'amulettes, yeux mystiques (Ouzas,
Cfr. N. 630); têtes du dieu Bès, fleurs de lotus,
pains d'offrande fictifs, etc. Au centre de la vitrine
groupe d'amulettes dad et de plaques émaillées
qui formaient les pièces d'un collier au nom de
Psamétique.
Est des vitrines A-H.
1015 — Bronze — Haut. moy. 0m,60. — Saïs.
Trois belles statues de la déesse solaire Pacht ou
Sekhet, à tête de lionne, une d'un dieu léontocêphale
et une d'Horus à tête d'épervier, coiffé du pschent ou

double couronne du midi et du nord. Les yeux des
déesses sont rapportés, la prunelle est en or. Ces cinq
statues ont été trouvées à Saïs.
Ouest des vitrines A-H.
1016 — Basalte vert, poli — Haut. 0m,96. — XXVIe dynastic. — Karnak.
“Ce disgracieux hippopotame au ventre arrondi et
aux flasques mamelles de femme est un des personnages
importants du Panthéon égyptien, Apit, Toirapit,
Toïri
, ou plus souvent, avec la désinence grecque,
Thouéris. Appuyée de la patte gauche sur un nœud decorde
mystique, elle avait protégé, contre son propremari
Set Typhon, Isis enceinte d'Horus; elle passait
depuis pour veiller l'àme des justes dans l'autre mondeet,
le couteau à la patte, elle luttait contre les mauvais
esprits. Les Thébains de l'époque saïte et ptolémaïque
paraissent avoir eu pour elle une vénération particulière;
son temple est encore debout aujourd'hui, à l'est du
temple de Khons, à Karnak. La statue a été découverte
à Thèbes, au milieu de la ville antique, par des fellahs
en quète de sebakh; elle était debout dans une petite
chapelle (1) en grès sculpté, que lui avait dédiée le
prêtre Pibisi, au nom de la reine Shapenap.” (MASPERO,
Cat, p. 76-77).
Nord de la salle.
1017 — Basalte vert — Long. 0m,71, larg. 0m,46.—
XXXe dynastie. — Saqqarah.
Table d'offrandes au nom d'un fonctionnaire contemporain
de Nectanébo I, et nommé Psamétique. La

gravure est extrêmement soignée. Ce même personnage
a fait encore exécuter les trois monuments suivants,
trouvés également à Saqqarah.
1018 — Basalte vert — Haut. 0m,90.
Statue d'Osiris.
1019 — Basalte — Haut. 0m,89.
Statue d'Isis.
1020 — Basalte — Haut. 0m,97, long. 1m,03.
Psamétique lui-même représenté debout devant la
vache Hathor. Ces statues, d'un très beau travail, sont
remarquables surtout comme exemple de difficulté
vaincue; le basalte étant pour le sculpteur une matière
des plus rebelles.

VITRINE I.

La divinité à tête d'ibis est Thot ou Hermès,
personnification de l'intelligence divine, principe
conservateur de la création, dieu des lettres et des
sciences, inventeur de l'écriture. Il était adoré à
Achmounein (Hermopolis magna). L'ibis, le singe
et le cynocéphale lui étaient consacrés.
La divinité à tête de chacal est Anubis, dieu
funéraire qui présidait à l'ensevelissement, et guidait
les défunts dans les chemins de l'autre monde
(voir N. 1013). Il était le dieu principal de Siout,
et de quelques villes de la Haute-Egypte; mais il

était vénéré dans tóute la vallée du Nil, immédiatement
après Osiris, dont on ne le séparait
guère.

VITRINE J.

Images du dieu Ptah et de Pacht ou Sekhet,
déesse à tète de lionne.
Ptah ou Vulcain était le dieu suprème de Menphis.
Il possédait dans cette ville un temple célèbre
dans les ruines duquel on vient de retrouver les
deux magnifiques statues que nous avons vues
sous les Nos 185 et 186. Il avait fourni les éléments
de la création et façonné le monde,
On le représente debout ou assis, souvent sur
une coudée ou sur un autel à degrés (Cfr. N. 911),
et tenant un sceptre des deux mains. Sa figure est
fine et souriante; il est coiffé d'un serre-tète.
Quelquefois il porte sur la tète le scarabée, symbole
des transformations qui maintiennent la vie
dans la création.
La déesse solaire Sekhet, à tète de lionne, était
associée à l'œuvre de Ptah. ainsi que son fils
Imhotep, le protecteur des sciences et le dieu de la
médecine, l'Esculape des Grecs. Imhotep est représenté
assis, coiffé du serre-tête comme Ptah,
lisant un rouleau de papyrus étalé sur ses genoux.
La déesse Bast à tête de chatte, qu'on adorait à
Bubostis, était une forme adoucie de l'ardente
Sekhet, qui brûlait les ennemis du soleil; Bast était
la personnification de la chaleur bienfaisante.

ARMOIRE K.

Tablettes supèrieures.
Statuettes en bronze de petits personnages agenouillés
portant la coiffure royale, et présentant
des offrandes.
1021 — Bronze — Haut. 0m,15.
Tête d'Hathor sortant d'une fleur de lotus.
Deuxième tablette.
Coiffures divines et barbes en bronze (Cfr. N. 765).
1022 — Bronze — Long. 0m,55.
Encensoir ou brûle-parfums. Il a la forme d'un bras;
le foyer qu'il supporte est un cartouche tenu par un
petit personnage agenouillé.
1023 — Bronze — Haut. 0m — Epoque saïte.
“C'était une de ces enseignes qu'on promenait au
bout d'un bâton en tête des processions religieuses. Un
crocodile, posé sur une fleur de lotus, porte la barque
sacrée de Râ. Un naos, ouvert et vide, surmonté d'un
épervier couronné, en occupe le milieu. A l'avant on
voit le chacal d'Apmatonou (Anubis), puis le prêtre qui
tient à deux mains le vase à parfums, Hor à tète d'épervier
levant la pique, et deux personnages brisés.
Derrière le naos, Isis est debout avec Anubis à tète de
chacal, et deux Hor à tète d'épervier manient les deux
gouvernails.” (MASPERO, Cat., p. 120).

Une autre enseigne sacrée en forme de barque
est également d'époque saïte (voir sur la tablette
inférieure).

VITRINE L.

1024 — Bronze — Haut. 0m,31, larg. 0m,24.
Statue du taureau Apis sur un traineau......
“..... telle qu'on la promenait aux grandes fêtes.
Le taureau Apis était l'image vivante de Ptah sur la
terre: on le gardait dans une des cours du temple de
Ptah à Memphis où il rendait des oracles. Il n'y avait
jamais qu'un Apis à la fois: on le reconnaissait à certaines
marqués, un croissant sur le front, un scarabée
sous la langue, un vautour sur le dos, etc., que les
prêtres se chargeaient de découvrir. Une fois intronisé,
il restait en fonctions jusqu'à la mort: quelques-uns
vécurent jusqu'à vingt-sept et vingt-huit ans. Mort,
Apis devenait, comme tous les morts, un Osiris: on
l'embaumait et on le transportait en grande pompe au
Sérapéum, dans la sépulture réservée aux Apis. Là il
avait un temple, où il était encore dieu, sous le nom
d'Osorhapi, dont les Grecs ont fait Sérapis.” (MASPERO,
Cat., p. 178-179).
1025 — Bronze — Haut. 0m,09, long. 0m,16. — Epoque
saïte. — Sérapèum.
“Bœuf Apis agenouillé contrairement à l'usage.
(MASPERO, Cat., p. 162).
Série de statuettes d'Apis.

1026 — Bronze — Haut. 0m,40. — Epoque saïte. —
Sèrapèum.
“Superbe Nofirtoum, incrusté d'émaux et d'or.
Nofirtoum était le fils de la déesse Bast ou Sekhet
(voir vitrine J), et paraît avoir représenté une des
formes du soleil de la nuit, celle qui précède immédiatement
l'aurore; il était souvent représenté debout sur
un lion couché, la main droite armée d'un sabre
recourbé, la tête couronnée d'un lotus épanoui d'où
sortent deux grandes plumes.” (MASPERO, Cat., p. 156,
157 et 171).
1027 — Bronze — Haut. 0m,27. — Epoque saïte. —
Sérapèum.
“Le dieu Anhouri, coiffé de quatre longues plumes
réunies en faisceau, lève les mains dans l'attitude du
soldat qui perce de la pique un ennemi terrassé. Anhouri
est une forme jumelle de Shou; les Grecs l'identifiaient
à Arès (ou Mars).” (MASPERO, Cat., p. 160
et 161).
Anhouri était la divinité locale de Thini, près d'Abydos.
1028 — Bronze — Haut. 0m,165. — Epoque saïte. —
Sérapéum.
“Le dieu Nil (Hapi) debout, portant sur la téte le
signe de l'eau, d'où sort un bouquet de fleurs. Il est
représenté avec les chairs molles et la poitrine pendante
en signe d'abondance. Il était adoré à Silsilis. Ses statues
sont fort rares.” (MASPERO, Cat., p. 162).

1029 — Bronze — Haut. 0m,19. — Epoque saïte. —
Sèrapéum.
“Apis, sous forme d'homme à tête de taureau, le
disque et l'urœus au front.” (MASPERO, Cat., p. 180).
1030 — Bronze — Haut. 0m,26. — Epoque saïte. —
Sèrapèum.
“Le dieu a sur la tête une coiffure formée de deux
cornes et de deux petites pousses, sur lesquelles est
posée une étoile à cinq branches. Les pieds manquent.
Mariette pensait que cette figure représentait Sib, le
dieu de la terre, je préférerais y reconnaître, d'après
les peintures astronomiques, Osiris-Sâhou, dieu de
l'étoile Orion. Osiris-Sàhou était aussi le conducteur
des àmes dans l'autre monde.” (MASPERO, Cat., p. 161).
1031 — Bronze — Haut. 0m,15. — Epoque grecque.
Dieu Bès combattant (Cfr. N. 999). Bès guerrier
lutte contre le mal et les ténèbres; il a remplacé dans
ce rôle le dieu Set, devenu, sous le nom de Typhon, la
personnification du mal, aprés avoir été l'adversaire du
serpent destructeur Apophis. Nous avons dit aussi
(N. 999) qu'un monument de la XXIe dynastie nous
montre Bès, vêtu de la peau du lion, soutenant le ciel
comme Hercule, ou comme le dieu égyptien Shou.
Enfin Bès jouait de la harpe; il était le dieu de la toilette
et son image ornait souvent le manche des miroirs
des dames égyptiennes (voir N. 847). La fable grecque
d'Hercule filant chez Omphale et se parant comme une
femme est peut-être un souvenir de ce dernier rôle du
dieu égyptien.

VITRINE M.

1032 — Bronze — Haut. 0m,37.
La déesse Neit debout, coiffée de la couronne du
nord; d'autres fois elle a pour coiffure la navette, dont
l'image est l'hiéroglyphe (Neit) de son nom, souvent
aussi elle est représentèe armée de l'arc et des flèches.
Les Grecs l'assimilèrent à Minerve. Personnification
de l'espace céleste, elle était surtout adorée à Saïs bien
qu'elle eût des temples à Thèbes.
1033 — Pierre dure — Long. 0m,24. — Saïs.
Poisson. — Le poisson et, en particulier, l'oxyrhyn—
que, était consacré à la déesse Hathor ou Vénus.
1034 — Bronze — Haut. 1m,155. — Epoque saïte. —
Sèrapéum.
“Ichneumon assis sur le train de derrière, les pattes
de devant levées en attitude de défense.” (MASPERO,
Cat, p. 159).
L'ichneumon paraît être consacré à la divinité qui
s'engendre elle-même, et est à la fois père et mère
(Cfr. Cat., MARIETTE, N. 191).
1035 — Bronze — Haut. 0m,17.
“Déesse Selk; elle a pour coiffure le scorpion, qui
lui était consacré. Selk est une des quatre déesses protectrices
des entrailles qu'on enfermait dans les vases
dits canopes.” (MARIETTE.)

1036 — Bronze — Haut. 0m,05.
“Bout de sceptre. Le dieu Horus était debout sur
un crocodile qu'il frappait de sa lance; c'est le soleil
sortant chaque jour vainqueur de son combat avec les
ténèbres.” (MARIETTE).
Ce monument n'est plus entier; il ne reste de l'Horus
que ses pieds sur le dos du crocodile.
1037 — Bronze — Haut. 0m,16.
“Bout de sceptre. Un épervier est perché au sommet.
L'animal divin porte la coiffure de Month.”
(MARIETTE).
1038 — Bronze — Haut. 0m, 18.
Le dieu Khnoum, forme d'Amon a tête de bélier,
qu'on adorait en Nubie et spécialement aux cataractes.
Le temple d'Esneh lui était aussi consacré; il est appelé
le modeleur ou fabricateur des dieux et des hommes.
1039 — Terre émaillée — Haut. 0m,13.
La déesse Thoueris (voir N. 1016).
1040 — Bronze — Haut. 0m,335. — Epoque saïte. —
Sérapèum.
“Le dieu Khnoum à tête de bélier est assis sur un
fauteuil qui lui-même repose sur une fleur de lotus. Le
tout formait une enseigne sacrée qu'on portait dans les
processions.” (MASPERO).

1041 — Bronze — Haut. 0m,15, long. 0m,31, larg.0m,84.
— Epoque saïte. — Sèrapéum.
“Boîte en bronze où était enfermée une momie de
serpent. L'urœus figurée sur le couvercle avait une
tête humaine coiffée du pschent; c'est l'aspect que présentent
certains génies infernaux dans les peintures des
tombes royales.” (MASPERO), Cat., p. 162).
1042 — Bronze — Haut. 0m,23. — Epoque saïte. —
Saqqarah.
“La déesse Mat ou la Vérité, fille du Soleil. Elle est
représentée sous la forme d'une femme coiffée d'une
plume d'autruche (mât) hiéroglyphe de son nom.
1043 — Bronze — Haut. 0m,40. — Epoque saïte. —
Thébes (Assassif).
Le Dieu Amon Râ, coiffé du mortier surmonté de
deux longues plumes. Il était adoré à Thèbes et dans
toutes les colonies thébaines: à Napata, en Éthiopie,
en Nubie, dans les Oasis. Ses prêtres jouèrent un grand
rôle dans l'histoire d'Egypte; nous en parlerons avant
d'étudier les salles 76-83.
1044 — Bronze — Haut. 0m,18.
La déesse Mout ou Maut, épouse d'Amon et mère
de Khonsou, formait avec ces deux divinités la triade
adorée à Thèbes. Elle est ordinairement coiffée du
pschent ou double couronne du midi et du nord.
1045 — Bronze — Haut. 0m,15.
La déesse Nohemâit, forme d'Hathor, adorée à Hermopolis.
Elle porte sur la tête une sorte d'édicule à
l'image du sistre consacré à Hathor.

VITRINE N.

1046 — Bronze — Haut. 0m,30. — Epoque saïte. —
Sèrapéum.
Un des génies d'Héliopolis, représentés sous la forme
d'hommes à tête d'épervier, adorant le soleil.
1047 — Bronze — Haut. 0m,084, long. 0m,098. —
Epoque saïte. — Sérapèum.
Le bœuf Apis est debout sur un traîneau. A droite
Isis debout lui flatte l'épaule; par derrière, Nephthys
lui tient les deux cuisses.” (MASPERO, Cat., p. 183).
1048 — Bronze — Haut. 0m,16, — Epoque saïte. —
Sérapèum.
Le dieu Nil ou Hapi assemblant les fleurs du lotus
et du papyrus, symboles du midi et du nord de l'Egypte.
Ce monument n'étant plus entier, le dieu n'a dans la
main que les queues de ces fleurs.
1049 — Bronze — Haut. 0m,085, larg. 0m,063. —
Epoque saïte. — Sèrapéum.
Trois statuettes sur un socle commun, Horus et Thot
versent l'eau de régénération sur un défunt agenouillé
entre eux (Cfr. Nos 360 et 587).
1050 — Bronze — Haut. 0m,175. — XXVIe dynastie.
Sérapèum.
Taureau Apis. Autour du socle une légende bilingue,
hiéroglyphique et carienne.

1051 — Bronze incrusté d'or.
Imhotep ou Esculape, fils de Ptah (voir vitrine J.)
1052 — Bronze — Haut. 0m,22. — Epoque saïte. —
Sérapéum.
Hathor, déesse de la montagne qui séparait la terre
d'Egypte de l'autre monde. Elle était représentée sous
la forme d'une vache ou d'une femme à oreilles de vache.
C'est la Vénus égyptienne, déesse de la beauté. Le temple
qui lui fut consacré à Dendérah est encore debout et
presque intact.
1053 — Bronze — Haut. 0m,17.
Le dieu Thot-Lunus (voir vitrine I), représenté sous
la forme du cynocéphale qui lui était consacré.
1054 — Bronze — Haut. 0m,182.
Admirable statuette du dieu Amon (voir N. 1043).
1055 — Bronze — Haut. moy. 0m,16. — Epoque
saïte. — Sérapéum.
Osiris, Isis et Nephthys.
1056 — Bronze — Haut. 0m,268.
La déesse Isis, femme et sœur d'Osiris, et mère
d'Horus. C'est la Cérès des Grecs. Isis était, comme
Osiris, adorée dans l'Egypte entière.
1057 — Bronze — Haut. 0m,19. — Epoque saïte.
La déesse Mihil ou Hat-mihit, dame de Mendès,
coiffée du poisson silure, reçoit l'offrande d'Ameneritis.

1058 — Bronze — Haut. 0m,275.
Statuette d'Hathor (voir N. 1052).
1059 — Bronze — Haut. 0m,16. — Epoque saïte. —
Sérapéum.
Anubis incrusté d'or.
1060 — Bronze — Haut. 0m,282.
Osiris incrusté d'or. Osiris, dieu d'Abydos et dieu des
morts, était adoré dans l'Egypte entière. Il était le
symbole de la vie qui s'en va pour revenir sans cesse,
le soleil qui s'éteint chaque soir pour reluire chaque
matin, la plante que l'on coupe et qui repoussera,
l'homme qui meurt et qui revivra dans sa race, etc.
1061 — Serpentine — Haut. 0m,25.
La déesse Thouëris (Cfr. 1016).
1062 — Bronze — Haut. 0m,21.
Jolie statuette d'Horus enfant (Harpocrate), fils d'Isis
et d'Osiris défunt, et principe rénovateur qui triomphe
chaque jour du principe destructeur (Cfr. N. 998).
1063 — Bronze — Haut, 0m,28. — Séraéum.
Un ichneumon debout. Même attitude qu'au N. 1034.
1064 — Bronze — Haut. 0m,23.
Diadème atef, coiffure divine composée de la triple
mitre ou couronne du sud, en forme de lotus, avec deux
plumes d'autruche et des cornes de bélier. On y ajoutait
encore des urœus et d'autres ornements.

1065 — Bronze — Haut, 0m,24, larg. 0m,10. — Epoque
saïte. — Séraéum.
“Le dieu Osiris-Lune est assis entre Nofirtoum
(voir N. 1026) d'un côté, et Harpocrate (voir N. 1062)
de l'autre; une chatte est couchée à ses pieds, un petit
personnage agenouillé adore ce groupe de divinités.”
(MASPERO, Cat., p. 181).
1066 — Bronze — Haut. 0m,22.
Mentou ou Month, dieu adoré en Thébaïde et particulièrement
à Hermonthis. C'est le soleil dans toute
son énergie; on lui compare souvent les Pharaons victorieux
qui font sentir leur force aux ennemis de
l'Egypte; c'est donc aussi un dieu guerrier. Il est
représenté avec une tête d'épervier surmontée de deux
plumes et du disque: il tient le sabre à la main.
1067 — Argent pur — Haut. 0m,105,
Vautour, consacré à la déesse Maut.
1068 — Bronze — Haut. 0m,12 — Epoque saïte. —
Sérapéum,
“Osiris-momie, debout entre Isis et Horsiîsi (Horus
fils d'Isis) à tète d'épervier; derrière Osiris, un sceptre
à fleur de lotus sur lequel est posé un serpent lové.”
(MASPERO, Cat., p. 183).
1069 — Bronze — Haut. 0m,235.
La déesse Sekhet (voir vitrine J), assise, coiffée du
disque solaire.

1070 — Bronze — Haut. 0m,23.
Dieu panthée, à deux tètes. Ce dieu, qui personnifie
la force créatrice, réunit en lui les attributs d'Amon,
de Khnoum, d'Anubis, d'Horus. Le scarabée placé sur
la poitrine est l'image des transformations par lesquelles
la création se renouvelle sans cesse (voir salle 71).
1071 — Bronze incrusté d'or — Haut. 0m,04.
Tête de taureau.
1072 — Bronze — Haut. 0m,13.
Masque représentant une tête de chacal; c'est l'image
du dieu Anubis.
1073 — Marbre blanc — Haut. 0m,19. — Epoque
grecque.
“La déesse Selk, identifiée à Isis et agenouillée,
tient un petit matelas sur lequel est étendu Osiris-mo-mie;
elle écarte du dieu les scorpions et les reptiles
malfaisants.” (MASPERO, Cat., p. 188).
1074 — Bronze incrusté d'or — Haut. 0m,14.
Bès guerrier (Hercule) brandissant sa massue (Cfr.
N. 999).

ARMOIRE O.

Stèles; l'une d'elles, autrefois revêtue d'or, a été,
dans les temps antiques, grattée par des voleurs,
qui prirent soin seulement de respecter la figure
d'Osiris (N. 1075).
Tablettes supèrieures.

Bouts de bâtons magiques en forme de têtes de
bélier; tètes d'Hathor, N. 1076; vases en bronze,
qui contenaient de l'eau consacrée pour les purifications
des morts et les cérémonies du culte. Le
vase N. 1077 (bronze, haut. 0m,215, Zagazig, époque
saïte) porte une inscription hiéroglyphique, nous
apprenant qu'il appartenait au prêtre Psamitik,
fils de Shishonq et de la dame Miritiouri (Cfr. Cat.
Masp., p. 127).
Nous repassons maintenant vers le côté ouest de
la salle. Le côté est a été réservé surtout aux
images des dieux vivants; le côté ouest est
consacré aux images des dieux des défunts et de
la renaissance.

ARMOIRE P.

Stèles du Sérapéum, monument commémoratifs
déposés dans la tombe des Apis à Saqqarah. On
peut citer la stèle qui représente Apis transporté
au tombeau dans sa barque montée sur quatre rouleaux
en bois; il est pleuré par Isis et Nephthys
(N. 1078, tablette inférieure, haut. 0m,234, larg.
0m,346, Kom-el-Fakhri,XXVIe dynastie); le N. 1079,
daté du roi Nékao (troisième tablette); le N. 1080,
daté de l'an 37 du roi Sheshonq IV (XXIIe dynastie):
et, comme modèle de petitesse, la stèle 1081.

VITRINE Q.

Nombreuses statuettes d'Isis et d'Osiris; d'Isis
allaitant Horus. On peut signaler une Isis ptérophore
(N. 1032, bronze, haut.0m,13) et une égide
surmontée d'une tête d'Isis (N. 1083, bronze,
haut. 0m, 37).
Une statuette en bois, d'Isis accroupie, pleurant
la mort d'Osiris, est exposée drapée dans du linge
de momie, telle qu'elle a été trouvée à Saqqarah
(époque saïte).

VITRINE R.

Statuettes d'Horus. Petit Horus enfant, en bronze,
sortant d'une fleur de lotus (N.1084). Grande statuette
d'Horus en calcaire (N. 1085). Joli siège
d'Horus, porté par deux lions (N. 1086, bronze,
haut. 0m,105, Sérapéum); le dossier est un vautour
qui déploiesesailes. Statuette en bronze de la déesse
Sati, coiffée de la couronne blanche (N. 1083).
Figure d'Imhotep, fils de Ptah (N. 1089, bronze,
haut. 0m,16).
1090 — Bronze — Haut. 0m,25. — Grandes Pyramides.
Horus sous la forme d'un épervier coiffé du pschent
(double couronne du midi et du nord).
1091 — Bronze — Haut. 0m,15.
Bout de sceptre; Horus représenté sous la forme d'un
épervier.

1092 — Bronze — Haut. 0,27.
Horus à tête d'épervier, appuyé contre un obélisque.
1093 — Calcaire compact — Haut. 0m,14, larg.
0m,36.
Crocodile à tête d'épervier.

VITRINE S.

Osiris et Isis, en pierre et en bronze.
1094 — Bronze — Haut. 0m,47. — Epoque saïte. —
Sérapéum.
“Un Osiris-momie, coiffé d'un long bonnet et de deux
plumes, est debout sur une estrade carrée en forme de
naos, entourée d'une balustrade sur trois côtés. Un petit
autel qui se trouvait devant Osiris a disparu, mais la
place en est encore indiquée par un trou carré. Pour
arriver à l'autel, le prêtre devait monter un escalier de
huit marches. C'est probablement en petit la disposition
qu'on trouvait dans certains temples.” (MASPERO,
Cat., p. 172).
1095.
Statuette d'Osiris en bronze, avec un masque en or.
1096 — Diorite et électrum — Haut. 0m,29,
long. 0m,54.
Osiris prèt à ressusciter se retourne sur son lit et
redresse sa tête, coiffée des cornes de bélier et des deux
plumes en électrum.

ARMOIRE T.

Statuettes d'Osiris en pierre et en bronze. Statuette
d'Horus en bronze (N. 1096. haut. 0m,33).
Statuette de Ptah., en terre bleue émaillée (N.1097,
haut. 0m,31).

ARMOIRE U.

Images en terre émaillée des déesses Sekhet, à
tête de lionne, et Bast, à tête de chatte.

ARMOIRE V.

Images du dieu Shou élevant les bras pour soutenir
le ciel (N. 1098), du dieu Ptah (N. 1099) et
du dieu Noufirtoum (N. 1100).

ARMOIRE W.

Images du dieu Bès (Cfr. N. 999) On peut noter
le Bès en électrum (N.1101); sa face est semblable
à celle du lion, dont la dépouille était un attribut
d'Hercule.

ARMOIRE X.

La déesse Thouëris (Cfr. N. 1016),

ARMOIRE Y.

1102 — Bronze doré — Haut. 0m,038. — Epoque
saïte. — Sérapéum.
“La déesse Noshemit, assise, la barque sur la tête,
allaite Horus. Noshemit est ici évidemment une forme
locale, propre à Abydos, de la déesse Isis.” (MASPERO,
Cat., p. 187).
1103 et 1103 bisTerre émaillée.
Statuettes d'Hathor.
1104 et 1104 bisEmail vert et émail bleu — Haut. 0m,034 et 0m,04.
La déesse Hatmehit, personnification du nôme Mendésien,
portant sur la tête le poisson silure.
1105 — Lapis-lazuli et or — Haut. 0m,073. —
Epoque saïte. — Saqqarah.
La déesse Mâit ou la Vérité; la plume de sa coiffure,
hiéroglyphe de son nom, est en or.
1106 — Lapis-lazuli — Haut. moyenne 0m,025. —
Epoque saïte. — Saqqarah.
Cinq petites figurines de la déesse Mâit.
1107 — Email vert.
Figurines de la déesse Selk (Cfr. Nos 1035 et 1073).
1108 — Email vert.
Neit, déesse de Saîs (Cfr. N. 1032).

1109 — Email bleu — Haut. 0m,085. Epoque saïte.
Mitrahineh.
“Le dieu Sit (Typhon) debout, avec la tête de quadrupède
qui le caractérise; monument presque unique.”
(MASPERO, Cat., p. 181).
1110 — Email.
Sebek, le dieu crocodile du Fayoum (Cfr. N. 590).
1111 — Email bleu — Haut. 0m,048.
Le dieu serpent Nahbkoou portant les deux mains à
la bouche.

ARMOIRE Z.

1112 — Lapis-lazuli — Haut. 0m,022.
Vautour, oiseau de la déesse Maut et symbole de la
maternité.
1113 — Terre émaillée — Haut. 0m,04. — Epoque
grecque.
Le dieu Min ou Khem.
“Ce dieu, l'un des plus importants de l'ancienne
Egypte, avait des fonctions génératrices qui expliquent
suffisamment sa forme. Le corps est momifié et enveloppé
de bandelettes, sauf les deux bras, dont l'un est
ramené sur le ventre tandis que l'autre souléve le fouet.
Sa coiffure est celle du dieu Amon, avec lequel il se
confond souvent, deux longues plumes perchées sur une
sorte de mortier aplati. Les textes l'appellent le mari
de sa mére, le fils d'Isis, le père de Rà, celui qui dresse

haut ses deux plumes. Khemmis, aujour d'hui Akhmîm,
était le siège principal de son culte; les Grecs l'identifièrent
au dieu Pan et donnèrent à sa ville le nom de
Panopolis.” (MASPERO, Cat., p. 158).
1114 — Terre émaillée.
Le dieu Khonsou l'enfant, le troisième membre de
la triade thèbaine, avec Amon et Maut, la déesse
mère. Son temple est encore debout à Thèbes, entre
Louqsor et Karnak.
1115 — Terre émaillée.
Le dieu Khnoum, forme d'Amon à tète de bélier.
1116 — Email bleu — Haut. 0m,05. — Epoque saïte.
Abydos.
“Dieu à tète de lion debout, marchant. On l'a appelé
Hobs ou Hbos (et encore Mahes, nom du lion), mais
je crois que ce nom n'est qu'une erreur de lecture:
c'est en réalité Shou.“ (MASPERO, Cat., p. 163).

ARMOIRE AA.

Petites statuettes de la déesse Isis. Une de ses
figurines est en lapis-lazuli et porte une couronne
d'or (N. 1117).

ARMOIRE AB.

La déesse Nephthys (N. 1118), sœur d'Isis, à
qui elle est associée comme pleureuse d'Osiris et
protectrice de la momie. La triade d'Isis, Nephthys
et Horus est représentée par les Nos 1119, 1120
et 1121 (émail vert).

ARMOIRE AC.

Figurines d'Horus.
1122 — Verre irisé — Haut. 0m,019. — Epoque
saïte.
“Admirable figurine en verre ciselé: Hor à corps
humain et à tête d'épervier, coiffé du disque solaire.”
(MASPERO, Cat., p. 185-186).
1123 — Lapis-Iazuli — Haut. 0m,058.
“Aroëris debout, appuyé sur son bàton de commandement,
saisit de la main droite le sceptre en forme
de serpent.” (MASPERO, Cat., p. 182).

ARMOIRE AD.

Figurines d'Osiris (N. 1124, jolie figurine en
porcelaine) et d'Anubis (N. 1125); groupe des
gánies funéraires (N. 1126).

ARMOIRE AE.

Le dieu Thot, sous la forme de l'ibis (N. 1127)
ou du singe (N. 1128).

ARMOIRE AF.

Figurines en terre émaillée représentant un
nain difforme dans lequel on a voulu reconnaitre
une figure de Ptah embryon; cette explication est

rejetée par M. Maspero (Cat., p. 166). Les inscriptions
appellent ces figures Ptah, ou Ptah Sokari,
ou Ptah Sokari Osiris. C'est le symbole de la transition entre la mort et la renaissance; Sokari est
la forme inerte d'Osiris défunt et embaumé; Ptah
la force créatrice qui fait sortir de la mort une
existence nouvelle. Ce petit dieu est donc.....
“..... un Ptah au même titre que le Ptah-momie.
Les Egyptiens ont accumulé sur lui divers emblèmes.
Le plus fráquent est un scarabe qu'il porte à plat sur
sa tête; c'est une marque de renaissance. Deux serpents lui sortent parfois de la bouche, il tient une
plume à chaque main, il est perch sur deux crocodiles,
Isis et Nephthys sont à sa droite et à sa gauche, un
pervier est sur chacune de ses paules, enfin la desse
Bast, debout derrière lui, l'enveloppe de ses bras et de
ses ailes. Tous ces dieux accumuls autour de lui sont
là pour le protger et pour l'aider à revivre.” (MASPERO, p. 166).
On peut citer dans la vitrine AF:
1129.
Ptah à quatre visages.
1130.
Ptah tenant son gros ventre à deux mains.

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BOTANIQUE ET MINÉRALOGIE
Salles 73 et 74

Salle 73 (Botanique).

Dans la petite salle 73, situe au nord-ouest de la
salle 72, sont exposs quelques chantillons de
plantes antiques, fleurs recueillies sur les momies,
fruits et graines trouvs dans les tombeaux.
Les fleurs disposées sur la paroi est de la salle
et dans la grande vitrine, proviennent surtout
des momies royales de Deïr-el-Bahari et remontent
à trente siècles environ. C'est le Dr Schweinfurth
qui a prpar l'herbier et dterminé les
espèces.
La dácouverte des prêtres d'Amon a fourni de
nouveaux échantillons de la même date que ceux
des momies royales.
Les petites vitrines contiennent des fruits, des
graines, des rayons de miel, etc. Des fruits trouvés
à Gebelein dans les tombeaux de la XIe dynastie,
datent peut-être de cinquante siècles.
Les troncs d'arbres dressés aux angles de la
salle ont dû servir au trainage des sarcophages.
L'un d'eux est orné d'une tête d'Hathor et d'une
inscription hiéroglyphique.

Salle 74 (Minéralogie et outils en pierre).

La salle 74 (sud-est de la salle 72) est réservée
à la collection de minéralogie, actuellement en
formation, préparée par M. de Morgan, et à l'exposition
des outils en pierre: haches, couteaux,
pointes de flèche, etc. Il ne faut pas croire que
ces outils soient tous I réhistoriques: l'emploi de la
pierre s'est conservé concurremment avec celui
des métaux, au moins jusqu'à l'époque romaine.
Encore de nos jours, les Bicharis (qui habitent le
désert entre l'Egypte et la mer Rouge) se servent
de haches en pierre.

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SARCOPHAGES

Galeries 75.

Les galeries 75, situées au nord-ouest de la
salle 72, sont le passage conduisant aux salles
des momies royales et des prètres d'Amon. Quelques
sarcophages seulement y sont exposés; les
plus intéressants appartiennent à des prêtres du
dieu thébain Mentou ou Month, et datent de la
XXVIe dynastie.

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LES
GRANDES DÉCOUVERTES DE DEIR-EL-BAHARI.

Salles 76 à 86

LES MOMIES ROYALES
Découvertes sous la direction de M .Maspero.
en 1881
LES PRÊCTRES D'AMON
Découverts sous la direction de M. Grébaut
en 1891

Notice générale.

Les deux collections dues aux grandes découvertes de
Deïr-el-Bahari n'en forment en réalité qu'une seule,
dont la valeur est immense pour les études historiques.
La trouvaille des prètres d'Amon, accomplie à
Deïr-el-Bahari en février 1891, sous la direction de
M. Grébaut, peut en effet être à bon droit considérée
comme le complément de la trouvaille des momies
royales faite presque à la même place, dix ans auparavant,
sous la direction de M. Maspero. Parmi les
personnages ensevelis dans la première cachette, il en
est qui, selon toutes les apparences, sont parents au
premier degré de personnages ensevelis dans la seconde;
d'oú nous pouvons supposer aussi l'étroite parenté des
deux collections elles-mêmes. L'une et l'autre proviennent
de deux cachettes absolument contemporaines, et
l'une et l'autre sont dues aux prêtres d'Amon. Celle de
M. Grébaut contient les membres du sacerdoce thébain,

qui, jusqu'au commencement de la XXIIe dynastie, prirent
part à l'action de la confrérie d'Amon sans
exercer personnellement le pouvoir suprême; celle de
M. Maspero, les grands prêtres de la même confrérie
qui obtinrent les honneurs royaux, et les rois' thébains
qui avaient été les bienfaiteurs de la confrérie, quelquefois
mème ses instruments.
Ainsi, Aménophis I et Thoutmès III (Nos 1117 et 1179
des momies royales) s'étaient acquis la reconnaissance
des prètres d'Amon en accroissant leur influence et
leurs richesses; quant à Ahmès, quant à Soqnounri
(Nos 1174 et 1175 des momies royales), qui avaient
usé leur vie à chasser les Hycsos de la terre d'Egypte,
ils n'avaient pas eu de richesse à donner aux temples;
toutes leurs ressources avaient été employées à soutenir
cette guerre décisive. Mais c'est pour Amon que
Soqnounri était mort sur la champ de bataille, pour
Amon qu'Ahmès, le libérateur, avait remporté la
dernière victoire. Quel avait été le prétexte de la
guerre? Le papyrus Sallier I nous l'apprend: un conflit
de prééminence entre Amon, le dieu thébain, et
Soutekh, le dieu des conquérants du nord, c'est-à-dire
un conflit entre leurs prêtres; une lutte de science et
d'habileté entre les savants de Thèbes et d'Avaris,
c'est-à-dire entre les deux sacerdoces.
Cette lutte des deux sacerdoces nous fait comprendre
la prodigieuse durée de cette guerre de 150 ans. La continuité d'un tel effort qui usa les forces et la vie de tant
de rois thébains, exigeait une ténacité et un esprit de
suite qu'on ne pouvait guère trouver sans interruption
dans une si longue série de princes féodaux, mais qu'on

admettra facilement chez la corporation d'Amon,
société qui ne mourait pas et dont l'esprit restait
toujours le même. Elle avait inspiré la guerre et sut la
soutenir; elle fit venir aux rois thébains des alliés de
l'Ethiopie, où le culte d'Amon était en honneur depuis
la XIIe dynastie; ses émissaires soulevèrent les petits
états féodaux situés au nord de la principauté de
Thèbes. Les Soqnounri et les Ahmès ne furent que le
bras; le conseil et la direction venaient d'Amon,
c'est-à-dire de la confrérie de ses prêtres.
L'union étroite qui avait existé pendant la guerre
entre les rois et les prêtres persista encore après le succês
pour le plus grand profit des uns et des autres. Les
princes thébains n'étaient que les premiers entre les
chefs féodaux qu'ils avaient conduits à la victoire; il
s'agissait maintenant pour eux de devenir les maîtres
absolus; la confrérie d'Amon les y aida encore, et en
développant sa propre influence obtint pour un temps
l'unité de l'Egypte sous les plus glorieux de ses pharaons.
Leur dieu Amon, ce nouveau venu qui, dans la
principauté même de Thèbes, n'était arrivé qu'après
Mentou, presque comme un intrus, a pris le titre
d'Amon Ra, roi des dieux. Ce titre indique le caractère
envahissant de ses prêtres, et leur prétention de
dominer ou d'absorber les autres colléges sacerdotaux,
même les illustres sacerdoces d'Héliopolis et de Memphis.
Thèbes était au sud et non au centre du pays; pour la
mettre au centre et en faire sans conteste la capitale, on
étend le pays vers le sud. Ahmès a suffisamment refoulé
les Hycsos en Asie; Aménophis I fait de la Nubie une

province tout égyptienne et toute dévouée à Amon;
un jour même ce sera le royaume de ses prêtres chassés
de Thèbes. En même temps le roi répare les ruines
causées par la guerre et organise l'Égypte reconquise.
Nous n'avons guère de témoignages directs sur la manière
dont il régla le gouvernement des provinces du
nord, et régla les privilèges du sacerdoce thébain. Mais
des documents des règnes suivants nous apprennent que,
peu d'années après, les princes féodaux de Thini, près
Abydos, étaient tenus de résider à Thèbes, c'est-à-dire
que l'Egypte était de venue un État centralisé; et, d'autre
part, que les prêtres l'Amon eurent lieu d'être reconnaissants
envers Aménophis I, puisqu'ils le divinisèrent
sous le nom de Pahatiouinamen, le double cœur d'Amon,
et qu'un haut fonctionnaire du sacerdoce thébain
(le troisième prophète d'Amon) fut chargé du service
de sa chapelle funéraire. Sa mère Ahmès Nofritari et
sa femme Ahhotpou obtinrent également les honneurs
divins, dus sans doute à leur active intervention en
faveur de la confrérie. Peut-être est-ce alors qu'à l'abri
des mystères et des initiations d'hommes et de femmes
s'organisa cette sorte de franc-maçonnerie où dut entrer
quiconque voulait exercer quelque influence sur la
marche des affaires publiques. Ainsi Rekhmara, qui
administra en même temps les affaires d'Amon et les
affaires publiques en qualité de vice-roi, pendant les
guerres de Thoutmès III en pays étranger, descendait
du prêtre d'Amon Noferouben, et était lui-même
initié aux mystères. Sa tombe nous fournit une partie
des documents à l'aide desquels j'ai tenté de reconstituer
un mystère égyptien; elle nous apprend aussi que les

revenus du pays, le butin de l'Asie, les produits de
l'Afrique orientale s'emmagasinaient dans les dépendances
du temple d'Amon, en qualité de trésor du dieu.
La fortune publique se confondait ainsi avec la fortune
d'Amon. En même temps, le vice-roi donnait les ordres
aux prophètes et la direction aux prêtres en qualité de
président du conseil des Six, c'est-à-dire réglait le rôle
que l'influence sacerdotale devait exercer dans la politique
intérieure.
Cette confusion de la fortune d'Amon avec la fortune
nationale, du sacerdoce avec les pouvoirs publics, nous
explique les largesses vraiment prodigieuses dont
Thoutmès III et quelques autres rois comblèrent le
clergé thébain. Aussi les temples ornés de leurs cartouches
furent construits non par eux, mais avec leurs
richesses. Amon d'ailleurs leur en savait gré, et ses
prêtres, qui écrivaient l'histoire sur les murailles des
temples, leur rendaient en gloire ce qu'ils recevaient
d'eux en largesses.
Cette union étrcite du sacerdoce et de la royauté
avait, en quelques règnes, fait de la féodale Egypte un
état fortement centralisé dans la main du Pharaon.
Cependant déjà Thoutmès IV et Aménophis III, impatients
sans doute de la direction des prêtres d'Amon,
s'étaient remis à favoriser les cultes et les sacerdoces
du Nord. C'est alors qu'un roi politique, Aménophis IV
ou Khounaten, s'avisa d'étendre son action et de nouer
des relations diplomatiques avec les princes de l'Asie
jusqu'au roi de Babylone. Dès lors une partie des
secrets de l'état allait échapper aux prêtres et leur
influence diminuer d'autant. Aménophis IV dut être

jugé comme le fut plus tard Salomon pour avoir
recherché des alliances étrangères. Mais la royauté
était devenue trop puissante pour succomber d'abord
sous le mécontentement même d'une puissante confrérie.
Toutefois, comme Thèbes était sous la dépendance du
sacerdoce d'Amon et, d'ailleurs, loin des nouveaux
alliés asiatiques, le roi changea de capitale; c'était
porter un second coup plus rude encore que le premier
à l'influence de ses anciens alliés. Leur colère n'aboutit
qu'à faire proscrire leur culte, et, dans Thèbes même, lenom
d'Amon fut effacé sur les monuments. Mais la
persécution et les mesures de police n'abolirent qu'en
apparence une société si bien préparée à se transformer
à l'occasion en socieété secrète. L'organisation n'en
devint que plus forte; le roi jusque-là avait été reconnu
le chef suprème de l'association en qualité de représentant
de la Divinité sur la terre; au sortir de cette
crise, lorsque le culte d'Amon reprit avec la XIXe dynastie
sa suprématie, le premier prophète ou premier
hiérodule d'Amon, pris dans les rangs de la caste sacerdotale,
en était le vrai chef suprême. L'union semblese
rétablir comme précédemment entre le sacerdoce et
les pouvoirs publics; du moins les prêtres d'Amon
recommencent à en recueillir le profit; mais ils ont
prévu que la politique reportera de nouveau vers lenord
la capitale de l'Egypte, et se sont réservé leur
part. Sous la XVIIIe dynastie, ils ont fait la centralisation
politique de l'Egypte au profit de Pharaon,
croyant la faire au profit de Thèbes; sous la XIXe ils font à leur propre profit la centralisation religieuse.
Leur premier prophète d'Amon, devenu pontife souverain
du roi des dieux, est proclamé le chef suprême des

illustres collèges sacerdotaux du nord; pour les absorber
encore mieux, le troisième prophète d'Amon prend
les mêmes titres que le grand prêtre d'Héliopolis, chef
du premier sacerdoce de l'Egypte. Celui-ci n'est plus
même ainsi reconnu l'inférieur immédiat du grand prêtre
de Thèbes. Cependant on ne peut faire disparaître
ces collèges du nord, puissants et organisés, attachés
au culte de dieux anciens et vénérés; mais on s'attribuera
leur autorité. Lorsque Sheshonq fera sa capitale
à Bubaste, les principales prêtresses d'Amon et de Maut
seront prêtresses de Maut, dame d'Ashrou, sanctuaire
vénéré du nôme bubastite; d'autres prêtres seront dignitaires
du culte d'Anhour, dans le nôme thinite; en un
mot, Amon, le dieu unique, aura absorbé tous les
dieux reconnus avant lui. Son culte se complique de
tous les systèmes religieux ainsi annexés au système
thébain; l'adjonction des idées hermétiques et des
théories héliopolitaines enrichit ou plutôt surcharge la
théologie relativement simple et claire de la XVIIIe dynastie. La notion philosophique reste, au fond, toujours
la même, mais se couvre de détails de plus en
plus touffus. Que l'on compare une tombe du règne de
Thoutmès III aux tombes des dynasties suivantes: on
a peine à croire qu'il s'agisse de la même religion.
La suite des événements prouva que les prêtres
d'Amon avaient bien fait de se prémunir contre un
nouveau déplacement de la capitale. Les Ramessides
demeurèrent en apparence fidèles à Thèbes, qui resta
leur capitale nominalement, mais les exigences de la
politique les attirèrent bien souvent à des résidences
situées au Nord. Enfin la XXe dynastie s'établit franchement

à Tanis et abandonna la Thébaïde. C'est alors
que les grands prètres d'Amon se déclarèrent souverains
à Thèbes, et l'Egypte fut partagée entre un chef
religieux et un chef politique, comme le Japon l'était encore
il y a quelques années, entré le mikado et le taïcoun.
Mais, plus tard, une famille d'origine syrienne fonda à
Bubaste la XXIIe dynastie et devint une menace pour la
capitale religieuse. Les prêtres d'Amon cherchèrent
d'abord à se la concilier. Ils admirent à leur initiation
des Syriens qui devaient être leurs alliés et leurs protecteurs;
parmi les prètres dont les momies ont été
découvertes en 1891, il en est un dont le nom et le
surnom sont à cet égard également remarquables;
Pakhali (le Syrien), et Khanoferamen ou Khalnofer
Amen, le brave défenseur d'Amon. En même temps
les faveurs dont Amon prétendait honorer le pharaon
nouveau, Sheshonq, et les exploits de ce pharaon
étaient inscrits sur les murailles de Karnak, auprés des
noms de Ramsès et de Séti; la dignité souveraine,
celle de premier prophète d'Amon, était conférée au
fils de Sheshonq, Aoupout; rien n'était négligé pour
gagner les nouveaux rois bubastites et obtenir d'eux
le maintien du régime théocratique dans la Haute-Egypte.
Mais le Syrien Sheshonq et ses successeurs
n'étaient pas disposés à laisser subsister deux royaumes
et deux capitales. C'était comme une revanche des
Hycsos; le règne des prêtres d'Amon était fini. A la
déchéance, ils préférèrent l'exil et s'en allèrent au sud
de la 2e cataracte, jusqu'à Napata (Gebel-Barkal) rétablir
leur royaume théocratique. Ce fut le royanme
d'Ethiopie. Ils n'avaient pas perdu l'espérance de revoir

Thèbes, que leurs successeurs reconquirent en effet, et
tinrent de nouveau avec les Piankhi, les Tahraka,
les Shabak et la reine Améniritis. Aussi y laissèrentils
les restes de leurs ancêtres, dérobés à la vue de leurs
persécuteurs, et peut-être cet exode fut l'occasion du
transport secret des momies récemment retrouvéees dans
les cachettes de Deïr-el-Bahari. Elles n'en sortirent
plus; car si Amon rentra plus tard en vainqueur à
Thèbes, sa domination n'y fut désormais que précaire,
et, jusqu'à la fin, Napata demeura constamment la nouvelle
capitale.
Je n'ai pas à m'occuper ici de ce que devinrent en
Ethiopie les descendants de nos prètres d'Amon, pas
plus que je ne prétends refaire l'histoire de leurs ancêtres,
antérieurement à l'époque de la plus ancienne de
nos momies, Soqnounri, et de la guerre contre les
Hycsos. Il reste simplement à dire quelques mots du
culte d'Amon et de l'organisation de son sacerdoce.
De la théologie égyptienne à cette époque je ne veux
rappeler que le principe philosophique, la doctrine panthéiste
du monde gouverné par un esprit mystérieux
qui se cache dans le soleil. Cet esprit mystérieux.
Amon, entretient la vie dans la création en renouvelant
perpétuellement les existences. Les principes vitaux
forment une chaine sans fin allant du soleil à la terre et
de la terre au soleil. Chacune des parcelles de la vie
universelle, appelée âme, se rend suivant la chaîne descendante
du soleil à la terre où elle anime une existence;
et quand cette existence se dissout, va, toujours vivante,
par la chaîne ascendante rejoindre le soleil, d'où la divinité
la renverra ensuite sur terre pour animer un

corps nouveau. C'est la doctrine empruntée plus tard à
l'Egypte par Pythagore dans son système de la métempsycose.
Osiris vivant, c'est l'épi de blé sur sa tige
uni à la terre ou Isis; l'épi est coupé, ses grains séparés
de lui sont consommés par les hommes, à part ce qui
reste pour la semence. Celle-ci rendue à la terre se
dissout dans l'humidité. C'est la mort et la mutilation
d'Osiris coupé en morceaux. Après la dissolution de la
semence dans l'humidité, la terre chauffée par le soleil
porte une tige nouvelle, un épi nou veau. C'est le principe
féminin, Isis, reproduisant le principe mâle sous le
nom d'Horus, réparateur de son père. Dans cette reproduction
des plantes ou des êtres animés, il y a un mystère
explicable seulement par une action providentielle.
Le principe de cette action est la divinité même, et le
mot égyptien nouter, qui signifie dieu, veut dire aussi
renouvellement et floraison perpétuelle. AMON-RA,
roi des dieux, est donc l'esprit vivificateur qui préside
à ce mystère; auprès de lui on plaça Maut, qui dirige
l'action féminine, épouse du principe mâle avant la
transformation, mêre du principe mâle transformé; et
enfin Khousou l'enfant, chez qui s'accomplit l'œuvre
de reproduction.
Je ne reviendrai pas ici sur les développements que
j'ai consacrés dans d'autres publications à l'étude de cette
doctrine; je ne suivrai pas davantage le dédale des
mythes qui compliquèrent de plus en plus cette conception
si simple, comme le principe conservateur de la
création devenant le dieu Thot ou Hermès, le principe
de la transformation devenant le dieu Kheper ou Protée.
Toutes les divinités de l'Egypte furent admises à quel

que titre à concourir à l'action du dieu Amon; et il
en résulte une confusion de détails où je m'égarerais
avec le lecteur. Cette confusion, due en partie aux subtilités
de l'esprit théologique, s'accrut encore par le
soin que prirent les prêtres' d'Amon de faire entrer
dans leur système les dieux de toutes les provinces, pour
en absorber la direction religieuse.
Le nom d'Amon signifiait “caché"; on peut de là
s'imaginer le caractère du culte qu'on lui rendit. Ce
fut surtout un calte de mystère, exprimant par des
symboles les phénomènes de la production de la vie
dans la nature; l'intelligence de ces symboles était
réservée aux initiés. Il semble qu'il y eût parmi ceux-ci
divers grades; un certain nombre, admis à la connaissance
complète des mystères, s'appelaient alors “supérieurs
des secrets du ciel, de la terre et de l'autre
monde.
“ C'était en raison du degré d'initiation qu'on
pénétrait plus ou moins avant dans le temple. L'accès
de la première salle ètait assez facile. Dans la seconde
salle ou salle ousekht, on laissait encore pénétrer les
porteurs d'offrandes; mais on avait soin de les tenir à
distance lorsqu'on prononçait les formules de la consécration,
que les initiés devaient seuls entendre. Quant
aux portes suivantes, qui donnaient accès dans le ciel,
salle dont les parois revètues d'électrum resplendissaient
comme le ciel mème à la lueur des flambeaux, elles ne
s'ouvraient qu'aux privilégiés; plusieurs de nos prêtres
d'Amon se glorifient du droit d'ouvrir les portes du
ciel de Karnak.
Enfin les plus hauts dignitaires du
pontificat étaient seuls admis dans les sanctuaires où
l'on voyait la Divinité face à face.

J'ai dit qu'à la faveur de l'initiation et du secret dont
elle était entourée, la confrérie d'Amon était devenue
une sorte de franc-maçonnerie, au caractère politique
presque autant que religieux, et dont l'influence durant
les époques de prospérité avait été toute puissante sur
la direction des affaires publiques. Aussi le bénéfice de
l'initiation devait-il être recherché par des personnages
étrangers au sacerdoce proprement dit, mais désireux
de jouir des privilèges de la confrérie. De là cette multitude
de nouter atefou ou divins pères dont on s'explique
assez difficilement les attributions dans le culte,
peut-être par ce que leur titre n'en comportait pas de
bien définies. Presque tout le monde est divin p définies. Presque tout le monde est divin père
mais, presque toujours, un divinre

mais, presque toujours, un divin père est en même temps
soit prêtre à quelque autre titre, soit fonctionnaire civil,
administrateur ou chef d'industrie. Il arrive même qu'on
trouve parmi ces personnage de petits enfants. Ceux-ci
n'ont pu dans les cérémonies être employés que comme
enfants de chœur, avec le titre de Ouâb (pur pour
entrer au lieu saint); preuve que le titre indiquait l'affiliation
à la confrérie et l'admission à ses cérémonies
plutôt qu'un degré dans la hiérarchie sacerdotale.
De même le titre de kemât-n-Amen, chanteuse
d'Amon
, appliqué indistinctement à toutes les femmes
et même à une petite fille, correspondait dans l'assemblée
des femmes au titre de divin père dans celle des
hommes et ne désignait expressément ni un grade ni
une fonction “Les chanteuses d'Amon” qui sont
vraiment des musiciennes portent le titre de hosit. Au
sommet de la hiérarchie féminine on remarque princ:-palement
les prophétesses ou hidrodules de Maut, et les

supérieures des khenrit, ou recluses (?) d'Amon-Râ,
roi des dieux. Ces khenrit, à la différence des kemât-n-Amen,
formaient un corps organisé de prêtresses, dont
le rôle n'est pas encore très bien défini, mais en qui l'on
a voulu voir une sorte de harem du dieu, un collège de
courtisanes sacrées comme on en trouve dans certains
cultes de l'Asie. Un des principaux dignitaires de la
confrérie avait le soin des livres de leur supérieure. Peutètre
était-ce des khenrit qui composaient l'assemblée
des femmes dans le mystère (représenté au tombeau de
Rekhmarâ à Thèbes), où l'on figurait symboliquement
la préparation des renaissances. La qualification “la vénérable“,
qui précède le nom de quelques femmes, n'était
qu'un titre honorifique. Les titres sacerdotaux seraient
plus nombreux parmi les hommes que parmi les femmes;
mais beaucoup des tîtres que nous rencontrons indiquent
moins des rangs dans le sacerdoce que des degrés d'initiation
ou des fonctions supplémentaires. En regard des
khenrit on peut placer les neferou ou Jeunes garçons,
à qui, par comparaison encore avec les cultes de l'Asie,
on fait jouer un rôle en rapport avec celui des courtisanes
sacrées. De même, en regard des musiciennes,
hosit
, nous avons les chantres, hosi, qui occupaient
dans la hiérarchie un rang assez élevé et se succédaient
de père en fils. Il y avait encore les prètres (ouâb) et les
officiants (kher-heb) des divers degrés; depuis le simple
prêtre jusqu'au prêtre en chef (âb-m-hât) ou au premier
officiant (kher-heb tep); enfin les prophètes ou hiérodules.
Notre collection nous indique quatre classes hiérarchisées
de prophètes d'Amon, depuis le nouter hon
tep
“premier prophète” jusqu'au quatriême (N. 1151,

sarcophage de Nesestapenhirtahât). Il y a aussi
d'autres prophêtes sans autre indication de classement
que le simple trait. Ceux-ci étant généralement d'assez
hauts dignitaires, j'aurais été porté à leur donner le
titre de premiers prophètes, et à qualifier de “prophète
prince“ le nouter hon tep qui dominait toute la hiérarchie
et se considérait comme l'égal du roi d'Egypte. Je
préfère toutefois, d'après l'avis de M. Maspero, les
considérer comme prophètes honoraires, et par cela
même non classés.
Quant aux titres de “maitre des offrandes” dans la
salle d'Anubis ou salle ousekht, de desservant de la
chapelle d'Aménophis I, de prophètes de Khnoum
Khonsou, Mentou, Anubis, etc., de grand voyant de
Râ et Toum de Thèbes, d'ouvreur des portes du ciel
dans Karnak, de prètre en possession d'aller ou d'ètre
admis chez Amon-Ra, de supérieur des secrets du ciel,
de la terre et de l'autre monde, de supérieur des secrets
d'Amon et de Khonsou, ils s'ajoutaient à l'un des titres
précédemment énoncés, et n'indiquaient qu'un degré
dans l'initiation, comme je l'ai remarqué plus haut, ou
une fonction supplémentaire. A plus forte raison les
titres administratifs et les indications d'emplois civils
comme intendant des troupeaux du domaine de Râ,
chef de l'enceinte de la maison d'Amon, scribe du
domaine d'Amon, scribe attaché aux revenus sacrés,
écrivain des ordres du registre d'Amon, chef des métallurgistes
dans la demeure d'Amon-Râ, scribe de la
double maison blanche (préfecture), régulateur de la
justice de la ville de Thèbes, surveillant de la maison
du prince d'Ethiopie, etc. Quelques-uns de ces titres

devront être expliqués; ils le seront dans le catalogue,
à mesure qu'ils se présenteront.
A l'extrémité des galeries 75, le visiteur tourne
à droite et arrive à l'entrée de la salle 77; la salle
76 est alors à sa droite et la salle 78 à sa gauche.

Salle 76 (Les prêtres d'Amon).

VITRINE A.

Objets trouvés auprès des momies des prêtres
d'Amon; bel éventail en feuilles de palmier
(N. 1131); mitaines en toile (N. 1132); chaussures
en cuir de différentes couleurs et sandales en jonc
tressé; canne en bois d'ébène avec le bout et le
pommeau en ivoire (N. 1133), comme on en fabrique
encore aujourd'hui à Siout; fouet composé
d'un manche de bois et d'une lanière en cuir blanc
(N. 1134); scarabée du cœur, génies funéraires
en cire, fleurs trouvées dans les cercueils, etc.
Les parois des salles 76 83 sont garnies des
cercueils et cartonnages qui composaient les sarcophages
des prêtres d'Amon. Un sarcophage comprenait
généralement trois ou cinq pièces, un
cercueil simple ou double, c'est-à-dire une ou deux
caisses avec un ou deux couvercles, plus un cartonnage
plat qu'on posait immédiatement sur la
momie, sous le couvercle du cercueil intérieur.

Nous ne pouvons décrire en détail les 300
caisses, couvercles et cartonnages des 75 sarcophages
choisis de la collection des prètres d'Amon
et exposés dans les salles 76-83; nous signalerons
seulement les pièces les plus intéressantes.
1135.
Cartonnage du cercueil de Pameshon, prêtre en
chef d'Amon, et maître d'aller dans toutes ses places

c'est-à-dire jouissant du privilège de pénétrer dans
toutes les parties de son temple.
La décoration du sarcophage de ce prêtre est très
remarquable; nous signalerons surtout la tête de bélier
sortant de la fleur qui s'épanouit.
1136.
Caisse d'un cercueil au nom de Khonsoumheb, divin
père et scribe du domaine d'Amon.
J'ai dit que le
titre de divin père parait indiquer la simple affiliation
à la confrérie des prêtres d'Amon, faisant jouir des
privilèges réservés aux initieés, et non un degré dans la
hiérarchie sacerdotale; à l'exception du 1er prophète
d'Amon, tout le monde était divin père, rien qu'en
faisant partie de la confrérie. L'autre titre de Khonsoumbeb,
scribe du domaine, indique en effet des
fonctions civiles plutôt que sacerdotales. Le temple
d'Amon possédait de nombreux domaines et une administration
pour en enregistrer les revenus. Une peintre
du tombeau de Rekhmara, à Thèbes, nous montre
précisément la rentrée et l'enregistrement des produits
agricoles du domaine d'Amon. Notre scribe était un
des chefs de cette administration.

Salle 77 (Suite des prêtres d'Amon).

Est de la salle, entre les deux fenêtres.

Trois cercueils d'enfants.
1137 — Long. 0m,95 (environ).
Cercueil d'un jeune enfant.
1138 — Long. 0m,65 (environ).
Cercueil blanc d'un tout petit enfant.
1139.
Cercueil d'homme, réduit au moyen d'une cloison de
bois à la longueur exacte d'une momie d'enfant.

Sud-ouest de la salle.

1140 — Long. 1m,23.
Cercueil très soigné de la petite Ankhesnisit, dame
chanteuse d'Amon
(KEMATN AMON), en paix. Nous
avons vu que ce titre de chanteuse d'Amon, de même
que le titre de divin père, semble indiquer simplement
l'affiliation à la confrérie.

Nord-ouest de la salle.

1141 — Long. 1