Title: Notice Des Principaux Monuments Exposés Au Musée De Gizeh [Electronic Edition]

Author: Mathaf al-Misri
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Place of publication: Houston, Tx
Publication date: 2006
Identifier: TIMEA, MusGi1892
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Source(s):

Title: Notice Des Principaux Monuments Exposés Au Musée De Gizeh

Author: Mathaf al-Misri
File size or extent: xxvii, [1], 341 p. fold. plates. 19 cm.
Publisher: Imprimerie Nationale
Place of publication: Le Caire
Publication date: 1892
Identifier: From the collection of Dr. Paula Sanders, Rice University
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Origin/composition of the text: 1892
Languages used in the text:
  • French (eng)
Text classification
Keywords: (Library of Congress Subject Headings)( Library of Congress Subject Headings )
  • Jizah (Egypt) -- Antiquities
  • Art -- Catalogs
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Notice Des Principaux Monuments Exposés Au Musée De Gizeh [Electronic Edition]


Contents










SERVICE DES ANTIQUITÉS DE L'ÉGYPTE

NOTICE DES PRINCIPAUX MONUMENTS
EXPOSÉS AU
MUSÉE DE GIZEH

LE CAIRE IMPRIMERIE NATIONALE 1892




AVANT- PROPOS

Construit par ordre du Khédive Ismaïl,
le palais de Gizeh fut affecté au service des
antiquités en 1890, et M. E. Grébaut, alors
directeur général des musées et des fouilles,
y fit apporter de Boulaq les monuments qui
pendant trente années avaient été réunis
dans un musée provisoire par les soins de
A. Mariette, de M. G. Maspero et de M. E.
Grébaut lui-même. L'exiguité du local de
Boulaq et les découvertes récentes du service
des antiquités réclamaient un agrandissement
considérable des bâtiments consacrés
aux collections, et le gouvernement
égyptien, reculant devant les difficultés

qui s'opposaient alors à la construction
d'un musée neuf sur la rive droite du Nil,
décida que la somptueuse demeure d'Ismaïl
deviendrait le palais des antiquités égyptiennes.
Quelque mal appropriée qu'elle soit à
l'usage auquel elle est aujourd'hui consacrée;
cette vaste construction a permis
d'exposer toutes les collections, et les 91
salles, dont 46 viennent d'être récemment
ouvertes, permettent au public et aux savants
d'admirer et d'étudier les restes de
cette civilisation prodigieusement antique
et sans rivale.
S. A. Abbas pacha Hilmi a bien voulu
honorer de Sa présence l'inauguration des
nouvelles galeries; l'intérêt que S. A. le
Khédive porte aux monuments laissés dans
le sol par ses antiques prédécesseurs sur le
trône de l'Egypte est un grand encouragement
pourle personnel chargé de ces collections.
Il fait espérer que dans quelques
années, le musée de Gizeh sera sans contredit

le plus vaste et le plus riche du
monde.
Une pléiade de savants a travaillé à la
formation de ces remarquables collections,
mais deux hommes surtout ont contribué
à leur grandeur: A. Mariette et M. G. Maspero.
Mariette a fondé le service des antiquités
égyptiennes, le musée et la conservation
des monuments; c'est à lui que la science
est redevable de la découverte des édifices
les plus importants de la vallée du Nil;
Mariette est le créateur.
M. G. Maspero a doté l'archéologie en
Egypte de la méthode scientifique qu'elle
possède aujourd'hui; il a formé le service
administratif, a enrichi le musée des résultats
de son incomparable découverte des
momies royales, et, par ses nombreux travaux
scientifiques, a fait connaître au
monde savant les merveilles renfermées
dans les galeries de Boulaq et répandues
sur le sol de l'Egypte.

vi

Peu de temps avant sa mort, Mariette
désira que ses cendres fussent placées près
du Musée qu'il avait fondé. Il voulut être
le perpétuel gardien de ces trésors scientifiques
pour lesquels il avait vécu. Ses dernières
volontés ont été respectées, et sa
tombe s'élève aujourd'hui en face du palais
de Gizeh, monument grandiose et simple
de son dévouement à son œuvre.
Mariette (Auguste-Ferdinand) naquit à Boulogne-sur-Mer
le 11 février 1821. Il appartenait à une
famille de marins et de lettrés. Son grand-père a
laissé en manuscrit une de ces collections d'œuvres
mèlées, vaudevilles, comédies de mœurs, poésies fugitives
où se plaisaient les littérateurs provinciaux du
siècle passé. Son père était simple employé de sa ville
natale.
Elevé au collège de Boulogne, il devint professeur
dès vingt ans et y demeura attaché à divers titres
jusqu'à la fin de 1848. Il essaya d'abord la peinture,
puis le journalisme, devint rédacteur en chef d'un
journal d'intéret local, composa des nouvelles, des
romans, des feuilletons humoristiques, et, entre temps,
trouva moyen d'étudier des questions d'archéologie
provinciale. Le seul des premiers essais qui vaille la
deine d'ètre conservé est une brochure publiėe en 1846,

sous forme de lettre adressée à M. Bouillet, sur la
position de Portus ltius. La donnée en était fausse,
mais le jeune auteur y marquait déjà la plupart des
qualités qui l'ont rendu célèbre plus tard, une grande
habileté de discussion, la clarté et la vigueur du style,
beaucoup de pénétration.
Le hasard le rejeta du còté de l'Orient.
Une caisse de momie qui provenait de la collection
Vivant Denon, fut exposée à la mairie de Boulogne;
le jeune Mariette rédigea à cette occasion une petite
notice dans laquelle il conseillait à ces concitoyens de
l'acquérir. Son conseil fut suivi. Mariette se procura,
pour étudier les textes qui couvraient le cercueil, quelques
livres traitant de l'Égypte, et ce qui n'avait été
d'abord qu'un amusement, devint une passion sérieuse.
Il fut bientòt assez fort pour se hasarder à aborder la
discussion des textes; manquant d'appui dans sa ville
natale, il s'adressa à Charles Lenormant, le seul des
élèves directs de Champollion qui continuât alors en
France la tradition du maitre. Le mémoire qu'il soumit
au jugement du savant parisien portait sur l'interprétation
et le classement des cartouches qui recouvrent la
Chambre des Ancêtres; il est resté inédit.
Mariette se décida à venir chercher fortune à Paris.
L'amitié du peintre Janron lui procura une petite place
d'adjoint au Louvre; dans les premiers jours de 1848,
il se mit en tête d'aller chercher fortune en Égypte, et
demanda au gouvernement français les ressources
nécessaires au voyage. Tattam venait d'attirer l'attention
des savants sur les richesses renfermées dans les
couvents jacobites de l'Égypte. Mariette composa rapidement

un long essai de bibliographie copte qui est
demeuré inédit, et sollicita une mission à l'effet d'aller
étudier et acquérir ce qui pourrait rester dans les
cloîtres de manuscrits coptes et syriaques. Il obtint
sans peine ce qu'il demandait, et débarqua à Alexandrie
le 12 octobre 1850.
La mission qu'il s'était imposée était des plus délicates
à remplir: le patriarche copte, justement irrité
des procédés bizarres employés par Tattam pour former
sa collection, avait fait mettre les manuscrits en sûreté.
Les négociations traînèrent et retinrent Mariette au
Caire pendant plusieurs semaines. Il profita de ses
loisirs forcés pour visiter les environs de la ville,
Gizeh, Daschour et surtout Saqqarah. Il avait remarqué
partout, à Alexandrie comme au Caire, des sphinx
en calcaire, d'assez mauvais style, mais chargés de
graffiti, où le nom d'Osiris étais associé sans cesse à
ceux d'Apis et de Sérapis. Le hasard lui fit trouver un
jour, dans la région nord du plateau de Saqqarah, un
sphinx qui représentait les mêmes caractères. Cette
rencontre fortuite éveilla au fond de sa mémoire le
souvenir d'un passage de Strabon, où le voyageur grec
raconte que le Sérapéum de Memphis est dans dans un
lieu trèus sablonneux et qu'on y voit des sphinx enfoncés,
les uns jusqu'aux épaules, les autres jusqu' à
mi-crops. L'idée que le Sérapéum, si longtemps cherché
en vain, était là, s'empara de lui avec une telle force
qu'il en oublia les manuscrits et le patriarche copte. Il
assembla quelques ouvriers et commença des fouilles en
règles le 1er novembre 1850. Jusqu'au cent trente-qua-trième
sphinx de l'avenue, tout marcha règulièrement,

puis l'allée tourna brusquement à gauche, et pendant
quelques jours il ne découvrit plus rien. Il finit pourtant
par se remettre sur la bonne piste et déboucha,
après le cent quarante-et-unième sphinx, sur un dromos
spacieux, dallé de belles pierres. Deux mois de fouilles
mirent au jour l'ensemble des monuments qui s'y trouvaient,
un hémicycle décoré de statues grecques, deux
chapelles, une procession de génies montés sur des animaux,
et conduisirent les travailleurs jusqu'à la porte
du Sérapéum. Là, un obstacle imprévu les arrèta: des
marchands d'antiquités, pour la plupart agents consulaires
de diverses nations européennes, jaloux du succés
de Mariette, réussirent à obtenir d'Abbas pacha la suspension
des fouilles. L'appui du gouvernement français
aplanit en partie les difficultés; une somme de trente
mille francs, votée le 16 août 1852 par l'Assemblée
nationale, permit de reprendre les travaux avec plus
d'activité, et, dans la nuit du 12 au 13 novembre,
Mariette pénétra dans les souterrains du Sérapéum. Ce
qu'il y trouva, le monde savant le connait; soixantequatre
Apis, dont les plus anciens remontent à la XVIIIe
dynastie et dont le plus moderne est presque contemporain
de Cléopàtre; des milliers de stéles votives, de
figurines funéraires, d'amulettes, de bijoux, qui font
aujourd'hui l'ornement du musée du Louvre.
La charonologie des taureaux, suffisamment établie
par les dates d'inhumation, apporta de nouvelles informations
pour le rétablissement de la chronologie des
rois égyptiens du nouvel empire. Toute l'année 1852 se
passa à déblayer et à dépouiller le Sérapéum. Dans les
premiers jours de 1853, Mariette se transporta avec
ses ouvriers aux pieds des Pyramides de Gizeh.

x

Cette fois, il travaillait aux frais d'un particulier.
Le duc de Luynes l'avait chargé de dégager la partie
antérieure du grand sphinx. Il découvrit, à une centaine
de mètres vers le sud-est, un temple de l'ancien empire,
construit en blocs énormes de granit et d'albâtre,
mais ce fut le seul résultat sérieux de sa campagne. Il
était du reste pressé de revenir en France. Nommé
conservateur-adjoint au musée égyptien du Louvre, il
s'occupa de classer l'immense collection qu'il avait
rapportée du Sérapéum et d'en préparer la publication.
Il débuta pour donner dans le Bulletin archéologique de
l'Athénœum français
(1855-1856), des renseignements
sur les soixante-quatre Apis trouvés dans les souterrains
du Sérapéum: cette étude a été arrêtée à la XXVIe dynastie
par la disparition du bulletin et n'a jamais été
terminée. En même emps, et comme complément de
ce premier travail, il publiait un choix de monuments
et de dessins découverts ou exécutés pendant le déblaiement
du Sérapéum (Paris, 1856, A. BERTRAND, in -4°),
et un mémoire sur la mère d'Apis (Paris, 1856, A. BERTRAND,
in -4°), où il ébauchait une théorie alors nouvelle
de la religion égyptienne. Ajoutons, pour en finir avec
ce premier épisode, le plus glorieux de sa vie, que les
monuments du Sérapéum et la relation de la découverte
ont été poursuivis longtemps par une véritable fatalité.
La publication, commenée une première fois en 1861,
reprise en 1864 et poussée jusqu' à la XXVIe dynastie,
recommencée en 1876 de concert avec moi, n'est pas
encore terminée: seul le premier volume, qui renferme
le journal des fouilles et le récit de la découverte, a pu
être livré au public en 1882.

xi

Les mêmes difficultés de vie qui avaient une première
fois décidé Mariette à quitter Paris, se représentèrent
plus fortes à son retour. Il n'était pas depuis un an sur
le sol natal, qu'il aspirait déjà à le quitter pour reprendre
sa carrière aventureuse aux bords du Nil. Les circonstances
politiques favorisèrent son dessein. Abbas
pacha, qui avait tant contrarié les fouilles du Sérapéum,
était mort en 1851, laissant le pouvoir à son oncle
Saïd pacha, ami de la France. Encouragé par M. de
Lesseps, le nouveau prince pria le gouvernement français
de lui prèter Mariette pendant un hiver, celui de
1857-1858; il s'agissait de préparer des fouilles pour un
voyage que le prince Napoléon projetait en Egypte. Le
voyage n'eut pas lieu, mais le Pacha, gagné par la
bonne humeur de Mariette, lui donna le titre de bey,
l'autorisa à multiplier les chantiers de fouilles, à lever
les ouvriers à la corvée et à fonder un musée, qui fut
établi provisoirement à Boulaq. La création, l'agrandissement
et le maintien de ce musée devinrent désormais
la grande préoccupation de Mariette. On ne saurait
imaginer les trésors de diplomatie qu'il dut dépenser
pour arracher aux divers souverains de l'Egypte le
terrain et l'argent nécessaires à son œuvre. Une crue
du Nil, qui menaça de tout détruire en 1878, lui permit
enfin de disposer le local selon ses intentions, mais le
classement définitif, sans cesse retardé par la manque
de fonds, dura des années et n'était pas encore achevé
quand il mourut.
Seul maitre du sol antique de l'Égypte, Mariette
voulut l'exploiter sur un plan grandiose; il l'attaqua
sur trente-sept points à la fois, de l'embouchure du Nil

à la première cataracte. Un petit nombre seulement de
ces ateliers réussit à souhait. Les fouilles du Delta ne
donnèrent des résultats sérieux qu'à San, sur les ruines
de l'ancienne Tanis: on y mit au jour, outre des monuments
importants de la XIIIe, de la XIVe, de la XIXe et
la XXIe dynastie, des statues et des sphinx d'un type
particulier que Mariette attribua aux Hyksos. Saïs,
Tanis, Bubaste, ne produisirent presque rien, mais
les succès obtenus sur l'emplacement de l'antique Memphis
compensèrent largement cet échec. La ville même
estS difficile à explorer, à cause des bois de palmier et
des villages qui la recouvrent, mais les nécropoles, de
Gizeh à Meidoum, sont inépuisables. Mariette s'attaqua
d'abord aux pyramides et ouvrit, en 1858, le Mastabat-el-Faraoun,
qu'il crut ètre le tombeau d'Ounas,
de la Ve dynastie. L'ayant trouvé vide et nu, il se
confirma dans l'idée que les pyramides ne renfermaient
jamais d'inscriptions, et qu'à les explorer il perdrait
son temps et son argent. Il reporta tous ses efforts
sur les tombes privées, dont la mission de Lepsius
avait relevé l'importance, et les examina avec ordre
et méthode. Les fouilles, menées activement de 1858
à 1863, puis reprises en 1877, après avoir traîné
pendant des années, ont fait connaître plus de trois
cents tombes nouvelles à Gizeh, à Saqqarah, à Meïdoum.
Il fit connaître quelques-uns des résultats obtenus
jusqu'en 1867, dans son mémoire: Sur les tombes
de l'ancien empire qu'on trouve à Saqqarah (Revue
archéologique
, 1867, t. I), et se préparaît à tout
publier quand la mort vint le surprendre. J'ai retrouvé
dans ses papiers des morceaux d'introduction et des

notices, plus ou moins détaillés, de cent cinquante
tombes, matériaux à peine dégrossis de ce mémoire sur
les Mastabas; le gouvernement français les a publiés
tels quels (1882-1884).
Abydos, Dendérah, Edfou et Thèbes profitèrent le
plus de son activité. On peut dire qu'avant lui, Abydos
était inconnue: en vingt ans, il fit sortir de dessous
terre le temple de Séti I, deux temples de Ramsès II,
les restes du grand temple d'Osiris, plus de deux cents
tombes et quinze mille monuments de différente nature,
dont la plupart sont aujourd'hui au musée de Boulaq.
A Denderah, déblaiement du grand temple d'Hathor et
d'une partie des édifices environnants. A Thèbes,
grandes fouilles au temple d'Ammon, à Karnak, à
Médinet-Abou, à Deïr-el-Bahari, dans la plupart des
villages qui couvrent aujourd'hui l'emplacement de la
grande métropole égyptienne. A Edfou, une ville
entière s'était établie sur les toits du temple et rendait
l'étude impossible; elle fut transportée dans la plaine
et le temple sortit intact de son linceul de décombres.
Et je ne fais que mentionner en passant les recherches
fructueuses qu'il exécuta lui-même ou fit exécuter tout
le long de la vallée par son fidèle auxiliaire, le peintre
italien Louis Vassali, qu'il avait connu en 1858 et qui
est resté jusqu'en 1883 conservateur du musée de
Boulaq.
Saïd pacha, qui l'avait si bien soutenu, mourut en
janvier 1863, et Ismaïl pacha monta sur le tròne. Le
nouveau souverain, tout occupé de grands desseins politiques,
n'attachait que peu d'importance à l'archéologie;
il continua cependant les traditions de Saïd et

ne suspendit point les travaux. Mariette, nommé commissaire
égyptien à l'Exposition universelle de 1867,
transporta à Paris les plus belles pièces du musée de
Boulac, et fit connaìtre à l'Europe émerveillée les
richesses et les beautés inconnues de la civilisation
égyptienne. Il profita de son succès pour commencer à
publier le résultat de ses fouilles. Il avait dressé à ce
sujet un plan grandiose: son œuvre devait être comme
un livre immense dont chaque chapitre renfermerait
tout ce qu'une localité déterminée aurait produit; l'ensemble
s'appellerait: Fouilles exécutées en Egypte.
La première partie formait deux volumes in-folio, renfermant
les monuments trouvés au Gebel-Barkal, en
Nubie, et les principaux textes des temples de Séti I
et de Ramsès II, à Abydos. Ces deux volumes, à peine
mis en vente (1867), furent retirés du commerce et
dépecés; les planches de Gebel-Barkal furent insérées
plus tard dans les Monuments divers; les autres, dans
les deux volumes d' Abydos, et, de l'ouvrage primitif,
il ne reste plus à ma connaissance que trois exemplaires.
Aussi bien, Mariette, de retour en Égypte au
lendemain de l'Exposition, avait reconnu que son plan
était trop vaste et s'était résigné à publier isolément
les matériaux de l'œuvre au fur et à mesure qu'ils
seraient assemblés en quantité suffisante. Le tome premier
d' Abydos , paru en 1869, ne renfermait plus que
les planches et le texte relatifs au temple construit par
Séti I.
Les malheurs de la France en 1870, les embarras politiques
et financiers de l'Egypte, la maladie, les chagrins
domestiques, interrompirent brusquement l'activité

de Mariette. Mariette était resté veuf en 1864
avec sept enfants vivants, de onze qu'il avait eus. La
mort soudaine de sa fille aînée, puis celle d'une autre
fille et d'un fils qu'il aimait tendrement, l'assombrirent
d'année en année. Les infirmités vinrent avec les chagrins.
A la force morale il joignait une force physique
prodigieuse et une vigueur de tempérament dont il
avait parfois abusé dans l'ardeur de la recherche scientifique.
Dès 1861, les analyses médicales signalaient en
lui les germes de la maladie terrible, le diabète sucré,
dont il devait mourir vingt ans plus tard; le rude
hiver de 1870, qu'il passa tout entier à Paris fit de
l'athlète d'autrefois un valétudinaire confirmé. Il n'en
continua pas moins ses travaux: Denderah fut publié
en six volumes de 1870 à 1876, Karnak et Deïr-el-Bahari
livrés au public, les Monuments divers commencés.
En 1877, le diabète se déclara avec une violence
telle, qu'au mois de juin, Mariette, condamné par
les médecins, passa pour n'avoir plus que quelques jours
à vivre. Il se rétablit pourtant, et cette reprise de
santé fut marquée par un redoublement d'activité; le
deuxième volume d' Abydos et le Catalogue général
des monuments trouvés dans cette ville sont de cette
époque. Mais la maladie était trop avancée déjà pour
qu'on pût faire autre chose qu'en retarder les progrès.
Mariette songeait à rédiger enfin les Mastabas et projetait,
dans une lecture faite à l'Institut en 1879, une
longue série de travaux, sans paraître soupçonner que
ses jours étaient comptés. Un dernier voyage en France,
qu'il fit en 1880, acheva de l'épuiser: menacé de mort s'il
retournait en Egypte, il prit la mer contre l'avisdes médecins,

gagna Alexandrie, puis le Caire à grand'peine.
Un moment on crut avoir conjuré le mal, mais ce fut
une illusion qui ne dura que quelques heures; il mourut
le 17 janvier au soir, après une agonie terrible de
huit jours, et fut enterré le lendemain. Les derniers
travaux qu'il eût commandés venaient d'amener l'ouverture,
à Saqqarah, des deux pyramides royales remplies
d'inscriptions.
On pourra juger diversement certaine partie de son
œuvre : de toute manière, il faudra reconnaitre qu'il
eut le génie de la découverte. Homme de cabinet au
début de sa carrière, les aventures de sa vie errante
l'empèchèrent de pousser bien loin ses études de philologie;
elles développèrent les qualités archéologiques
qu'il portait en lui. Il avait l'esprit logique et systématique:
avant de rien entreprendre, il se traçait à
lui-même un plan d'action d'où il ne s'écartait plus par
la suite. Aussi la plupart de ses découvertes ne sontelles
pas dues au hasard: quand il trouvait le Sérapéum,
il savait d'avance où il fallait chercher pour
bien trouver; ses grands travaux d'Abydos n'ont été
entrepris qu'après de longues méditations, et son exploration
de Denderah n'est que la démonstration matérielle
d'une théorie conçue a priori. Cette méthode, si
elle a des avantages, a aussi des inconvénients, et Mariette
en a souffert: il a vécu trente ans au pied des
pyramides de Saqqarah sans les ouvrir, et cela, parce
qu'une théorie a priori lui enseignait que nulle pyramide
ne peut refermer d'inscriptions. La logique, qui
l'avait si bien servi ailleurs, le desservit ici.
Mariette était décoré de la plupart des ordres de

l'Europe: il était membre de l'Académie des inscriptions
et belles lettres depuis 1878, et pacha. Il a laissé
de nombreux papiers que le gouvernement français a
achetés et publiés en partie. (G. MASPERO, Guide au
musée de Boulaq
, 1884, p. 13.)
Mariette avaitrêvé de voir les collections
du musée égyptien installées dans un monument
digne d'elles. Il avait laissé sur
place, dans le site même où ils avaient été
découverts, la plupart des grands monuments
que leur taille ne permettait pas de
classer dans les galeries trop petites du
musée de Boulaq. Malheureusement la
mort devait bientôt enlever à la science
cet intrepide travailleur, et son rêve n'a
même pas été réalisé par son successeur
direct, M. Maspero.
C'est à M. Grébaut, deuxième successeur
de l'illustre Mariette, que revint la tâche
de mettre en valeur les collections amassées
pendant tant d'années. M. Grébaut commença
cette œuvre de longue haleine; 45
salles renfermant bon nombre de monuments

furent ouvertes au public en 1891.
Mais la maladie, la fatigue, devaient encore
arrrêter les travaux du nouveau directeur,
et le 1er mai 1892, il me remettait des magasins
bondés d'antiquités et des galeries
encore inachevés.
Pendant six mois, sans crédits spéciaux,
mais habilement secondé par les savants
conseils de MM. E. Brugsch bey, Daressy,
Bazil, Virey et A. Barsanti, je me suis
attaché à terminer l'installation des collections,
et, au début de l'automne 1892, le
musée comptait 46 salles nouvelles prêtes
à ouvrir au public.
Ces 91 salles renferment toutes les antiquités
que possède l'Egypte. Ces galeries
sont, sans contredit, comme musée égyptologique,
les plus riches et les mieux fournies
qui soient dans le monde. Elles montrent
la civilisation pharaonique dans les
moindres détails, et, depuis les statues et les
stèles royales de l'ancien empire jusqu'aux
dernières œuvres d'art des chrétiens coptes,

elles fournissent aux visiteurs toutes les
manifestations du sentiments artistique
des habitants de la vallée du Nil.
Bien que très nombreuses, ces collections
n'en sont pas moins appelées à prendre
dans l'avenir une extension plus considérable
encore; chaque année, chaque mois
elles s'enrichissent d'objets nouveaux et
il est difficile de prévoir l'importance qu'il
sera nécessaire de donner aux bâtiments
destinés à renfermer des documents aussi
nombreux. Quoi qu'il en soit, quelles que
puissent être les découvertes, il est certain
que dans quelques années, le palais de Gizeh
Iui même sera devenu trop petit.
Le musée des antiquités égyptiennes du
Caire est plus spécialement pharaonique. Il
ne comprend les périodes gréco-romaine et
copte que dans le but de montrer comment
s'est éteint cet art si spécial, si caractéristique,
qui se développa dans la vallée du
Nil. Les antiquités grecques, romaines et
coptes ont maintenant un autre centre, elles

doivent se réunir dans le musée spécial à
ces époques, créé en mai 1892 dans la ville
d'Alexandrie. C'est là, dans la capitale
même de l'Egypte des Ptolémées, que se réuniront
les documents relatifs à l'histoire
grecque et romaine du pays, et si le musée
de Gizeh conserve quelques salles renfermant
des objets postérieurs aux âges pharaoniques,
c'est uniquement pour que les
visiteurs puissent suivre dans ses diverses
phases l'agonie de l'art et des usages de
l'Egypte indépendante.
La classification des antiquités dans le
palais de Gizeh est faite suivant l'ordre
chronologique aux étages inférieurs, et suivant
la nature des objets aux étages supérieurs.
Il eut été bien difficile, pour ne pas
dire impossible, de classer chronologiquement
les menus objets, souvent leur époque
précise est inconnue, souvent aussi il eût
été nécessaire de placer côte à côte des objets
de taille très dissemblable, parce qu'ils
appartiennent à la même époque ou qu'ils
portent le nom du même souverain.

xxi

Le musée se trouve donc naturellement
divisé en deux parties: l'une comprenant
les monuments volumineux et lourds qui
tous sont exposés au rez-de-chaussée, et
l'autre renfermant les objets petits ou légers
qui ornent les salles du premier étage.
L'entrée actuelle du musée ne correspond
pas avec celle du palais d'Ismaïl pacha; une
porte a été percée sur le côté droit de l'édifice,
un escalier provisoire a été construit,
et le visiteur, après avoir franchi le vestibule.
entre de plain-pied dans les salles de
l'ancien empire.
Treize salles sont réservées aux monuments
des premières dynasties. C'est là
que le visiteur peut admirer les chefs-d'œuvre
de l'art égyptien du cinquantième
siècle avant notre ère, puis le moyen empire
est représenté par six salles ornées de
statues et de bas-reliefs.
Les antiquités du nouvel empire occupent
17 salles, et, en les parcourant, on
arrive graduellement à la salle gréco-ro-maine,

qui renferme les principaux monuments
de l'époque ptolémaïque, et aux
deux salles coptes, dont l'époque précède de
fort peu la conquête musulmane de l'Egypte.
Dans la grande salle du bas de la partie
du palais dite le Harem, sont rangés des
sarcophages appartenant à toutes les époques.
Ces objets, fort lourds et très encombrants,
ne pouvaient être disséminés dans
les salles historiques; ils font partie des
séries funéraires exposées à l'étage supérieur.
Les monuments plus légers et plus petits
occupent tout le premier étage. Ils sont
classés suivant l'usage auquel ils étaient
destinés dans l'antiquité: c'est ainsi que
les bronzes religieux, et, en général, toutes
les représentations de la divinité et les
objets destinés aux cérémonies du culte,
occupent le grand salon en forme de croix,
situé au-dessus des salles du moyen empire.
A côté sont les scarabées, puis les bijoux

et tous les objets destinés à la parure, les
étoffes, la céramique, les vases de métal, de
pierre et de bois, les armes, les menus objets
royaux ou funéraires, les papyrus, les
ostraca, les modèles de sculpteurs, les
croquis d'artistes, les meubles, les échantillons
industriels et les textes d'architecture.
Là se termine la série pharaonique; les
salles gréco-romaines et coptes lui succèdent;
la dernière renferme tous les objets
étrangers à l'art égyptien, mais cependant
découverts dans son sol.
A ces galeries il convient d'ajouter celles
spécialement destinées à la fameuse découverte
des momies royales et à celle des
prètres d'Ammon.
Tel est, en quelques lignes, le musée de
Gizeh; telles sont les collections renfermées
dans le vaste palais. Le visiteur trouvera
bien certainement que le parcours d'un si
grand nombre de salles est très pénible:
nous avons cherché à diminuer sa fatigue

en plaçant sur les murailles, dans chaque
salle, toutes les indications pour qu'il ne
perde pas son chemin et puisse retrouver
aisément les galeries qui l'intéressent. Nous
avons aussi ouvert toutes les issues afin
de rendre les communications plus faciles.
L'installation des objets dans le musée
était un travail long et pénible. MM.
Brugsch bey, conservateur, et M. Daressy,
conservateur-adjoint, s'y sont attachés avec
un grand dévouement, mais le temps leur
manquait pour rédiger une notice pouvant
servir de guide au visiteur; aussi ai—je
profité de l'extrême complaisance et de la
science profonde de M. E. Virey, un égyptologue
étranger, et l'ai—je prié de rédiger
le catalogue. Qu'il me soit permis de lui
exprimer ici, au nom du service des antiquités,
toute ma gratitude.
Gizeh, le 1er novembre 1892.

J. DE MORGAN.


TABLEAU CHRONOLOGIQUE

ANCIEN EMPIRE, Ie-Xe DYNASTIES. — Fondation de Memphis
par Mènès
(1re dynastie), env. 5000 ans av. J.-C. —
Construction des grandes pyramides sous la
IVe dynastie,
env. 4000 ans av. J.-C.

Si incertaine que soit la chronologie égyptienne, il est
permis, d'après les calculs les plus modérés, d'évaluer à
six ou sept mille ans l'antiquité des premières dynasties.
Memphis était alors le centre de la civilisation dans la
vallée du Nil. Les grandes pyramides, le Sphinx et le
temple de Gizeh étaient alors bâtis ou en cours de construction.
Les Egyptiens possédaient le Sinaï et envoyaient
déjà des expéditions dans l'intérieur de l'Afrique jusqu'au
Darfour et au lac No.

MOYEN EMPIRE, XIe-XVIIe DYNASTIES, env. 2600 ans av.
J.-C. — Le lac Mœris et le Labyrinthe.

Le moyen empire fut contemporain du patriarche Abraham,
quarante siècles environ avant notre époque. Thèbes
était alors la capitale de l'Egypte. Sous les Ousortesen et
les Amenemhat (XIIe dynastie), la Nubie fut conquise et colonisée,
les arts furent très florissants: mais survint l'invasion
des Pasteurs, qui, venant d'Asie, envahirent l'Egypte
et la ruinèrent par plusieurs siècles de guerres.

NOUVEL EMPIRE, XVIIIe-XXXIe DYNASTIES, de 1700 environ
à 332 ans av. J.-C.

Les princes thébains de la XVIIIe dynastie chassèrent les
Pasteurs de l'Egypte et, rétablissant la puissance indigène,
fondèrent le nouvel empire, 3600 ans environ avant notre
époque. Aux rois libérateurs, aux Soqnounri et aux Ahmès,
succédèrent les rois conquérants, les Thoutmès et les Aménophis
(XVIIIe dynastie), les Séti et les Ramsès II ou Sésostris
(XIXe dynastie). Les Syriens, les Phéniciens, les

Ethiopiens, les Somalis étaient sujets ou tributaires des
Pharaons, et les rois d'Assyrie recherchaient leur alliance.
Ainsi l'on a récemment trouvé la correspondance du roi de
Babylone avec Aménophis IV (XVIIIe dynastie), le Pharaon
qui priva Thèbes pour quelques années de son rang de capitale,
et créa la curieuse ville de Tell-el-Amarna. Alors
furent construits les plus beaux monuments de la vallée du
Nil. La fin de la XIXe dynastie fut une époque de troubles;
les Hébreux, opprimés depuis Ramsès II, quittèrent l'Egypte.
La XXe dynastie, qui rétablit l'ordre et repoussa
l'invasion des peuples de la Méditerranée: Pélasges, Sicules,
Sardes, Dariens, etc., fut contemporaine de la guerre
de Troie, il y a environ 3000 ans. Les rois de la XXIe dynastie
firent alliance avec Salomon; au contraire le fondateur
de la XXIIe dynastie, Sésac ou Sheshonq, fit Roboam
prisonnier dans Jérusalem vers 965. Mais, à cette époque,
les prêtres d'Ammon quittèrent Thèbes et se retirèrent en
Ethiopie; l'Egypte se divisa et s'affaiblit. Les descendants
éthiopiens des prètres d'Ammon la reconquirent un moment
pour la quitter de nouveau; les Assyriens l'envahirent.
Une période de prospérité revint avec lá dynastie saïte
(XXVIe), 665 ans avant l'ère chrétienne. Un des rois de
cette dynastie, Nékhao, vainquit et tua à Mageddo, Josias,
roi des Juifs, mais recula devant Nabuchodonosor; il entreprit
de joindre le Nil à la mer Rouge par un canal et fit,
suivant Hérodote (t. IV, p. 42), exėcuter la circumnavigation
de l'Afrique, de la mer Rouge à la Méditerranée,
par le cap de Bonne-Espérance. Les troupes grecques à la
solde de la XXVIe dynastie n'empêchèrent pas l'Egypte d'être
conquise par les Perses, en 527 avant l'ère chrétienne. Affranchie
en 405, de nouveau soumise en 340, elle passe de
la puissance perse sous la puissance macédonienne et grecque.

ÉPOQUE GRECQUE — Les Ptolémées — 332—30 ans av.
J.-C.

Alexandre le Grand, roi de Macédoine, fonde Alexandrie
(332 av. J.-C.). Cette ville parvient à une prodigieuse

prospérité. Les rois grecs, dont elle fut la capitale, construisent
dans la Haute-Egypte les temples de Dendérah,
d'Esneh, d'Edfou, d'Ombos et de Philae. A la mort de
Cléopâtre (30 av. J.-C.), l'Egypte passe sous la domination
romaine.

ÉPOQUE ROMAINE — Le christianisme; la conquête
arabe — de 30 ans av. J.-C. à 640 ans après J.-C.

L'époque romaine, avec les empereurs de Rome et ensuite
de Constantinople, voit la Sainte-Famille en Egypte,
les progrés du christianisme, Saint-Antoine au désert, la
vie cénobitique en Thébaïde et le développement de la civilisation
copte, à laquelle la conquête mahométane fait
succéder la civilisation arabe.
Le tableau suwant, extrait du catalogue de Mariette
pacha
(Notice des principaux monuments du musée de
Boulaq, 1876, p. 11), fournit des indications approximatives
sur l'époque des diverses dynasties.

TABLEAU DES DYNASTIES EGYPTIENNES.
Dynasties. Capitales. Durée. Avant J.-C.
Ancien empire Ire Thinis 253 ans 5004
IIe 302 ans 4751
IIIe 214 ans 4449
IVe Memphis 284 ans 4235
Ve 248 ans 3951
VIe Eléphantine 203 ans 3703
VIIe Memphis 70 jours
VIIIe 142 ans 3500
IXe Héracléopolis. 109 ans 3358
Xe 185 ans 3249
Moyen empire XIe
XIIe Thèbes 213 ans 3064
XIIIe 453 ans 2851
XIVe Xoïs 184 ans 2398
XVe
XVIe (Pasteurs) 511 ans 2214
XVIIe
Nouvel empire XVIIIe 241 ans 1703
XIXe Thèbes 174 ans 1462
XXe 178 ans 1288
XXIe Tanis 130 ans 1110
XXIIe Bubastis 170 ans 980
XXIIIe Tanis 89 ans 810
XXIVe Saïs 6 ans 721
XXVe (Ethiopiens) 50 ans 715
XXVIe Saïs 138 ans 665
XXVIIe (Perses) 121 ans 527
XXVIIIe Saïs 7 ans 406
XXIXe Mendès 21 ans 399
XXXe Sébennytès 38 ans 378
XXXIe (Perses) 8 ans 340
Basses ėpoques XXXIIe (Macédoniens) 27 ans 332
XXXIIIe (Grecs) 275 ans 305
XXXIVe (Romains) 411 ans 30
Après J.-C.
Edit de Théodose 381

1

MONUMENTS DE L'ANCIEN EMPIRE
(Ire-Xe DYNASTIES)
Salles 1 à 13

Salle 1 (Monuments archaïques).

Nord-ouest de la salle.

1 — Granit noir, tacheté de rouge — Haut. 0m, 40.
Rec. du musée, t. I, pl. 13. — Saqqarah , 1888.
Personnage agenouillé, découvert en 1888 à Mitrahineh,
site de Memphis. La facture de la statuette et
surtout le style de la légende font supposer pour oe
monument l'antiquité la plus reculée.
2 — Bois — Trois panneaux. Haut. moy. 1m, 15, larg.
moy, 0m, 40. Cat. Mar., Nos 989, 992; Cat. Masp., p. 213.
Saqqarah.
Ces panneaux étaient encastrès dans les stèles ou
fausses portes du tombeau de Hosi, à Saqqarah,
nécropole de Memphis. Le style est d'une finesse
remarquable, contrairement à ce que nous avons
observé au N. 1, mais le groupement incertain des
hiéroglyphes indique une époque où l'art de l'écrivain
n'était pas encore soumis aux règles rigoureuses qu'on
observe plus tard. Ce monument est antérieur à l'époque
des grandes pyramides.
Deux autres panneaux de même provenance se
trouvent de l'autre côté de la salle.

Sud-ouest de la salle.

3 — Pisé et stuc — Haut. 0m, 29, long. 1m, 74. Cat. Mar.,
p. 205. — Meïdoum.
Oies paissant, très jolie fresque pleine de vie et de
gaieté. Cette scène et les hiéroglyphes peints qu'on
voit plus haut proviennent d'un tombeau de Meïdoum
que Mariette jugeait antérieur à l'époque des grandes
pyramides.

Centre de la salle.

4 et 5 — Albâtre — Haut. 0m, 27, larg. 0m, 39, long.
0m, 57. Cat. Mar., Nos 93 et 94; Cat. Masp., p. 212. —
Saqqarah.
Tables à libations appuyées sur deux lions accotés;
le liquide coulait par une rigole dans un vase placé
entre les queues des deux lions; provenant d'un tombeau
situé près de la pyramide à degrés de Saqqarah.
6 — Calcaire — Haut. 1m, 20. Mar., Mon. div., pl, 20;
Cat Mar., N. 973; Cat. Masp., p. 221. — Meïdoum.
Magnifiques statues peintes du prince Rahotpon et
de la dame Nofrit, découvertes dans un tombeau voisin
de la pyramide de Meïdoum. Mariette leur attribuait
la même date qu'au N. 3 (fin de la IIIe dynastie).
7 — Albâtre — Long. 1m, 22, larg. 0m, 47, haut. 0m, 56.
Rec. du musée, t. I, p. 13. — Saqqarah , 1888.
Cette pierre d'un style très archaïque, aux côtés
ornés de longues raies verticales (Cfr. Nos 8, 9, 10, 71,

96), semble avoir été une table ou autel à libations.
Elle a été trouvée en 1888 à Mitrahineh (Memphis),
au-dessous des fondations du temple de la XVIIIe dynastie,
et devait, par conséquent, appartenir au temple de
l'ancien empire, fondé par Ménès, premier roi de la
Ire dynastie.
8 et 9 — Calcaire — Haut. 0m, 79, larg. 0m, 68. Cat.
Masp., pl. 33. — Gizeh.
Stèles de Silou (IVe dynastie), nécropole de Gizeh.
Elles représentent la façade d'un édifice ėgyptien de
cette époque, avec la porte au milieu. En effet, les
stèles des tombeaux étaient primitivement de fausses
portes par où le monde des vivants était censé commuquer
avec l'autre (voir salle 3, au milieu de la stèle
N. 55, la porte à deux battants fermée par le double
verrou égyptien). Les offrandes destinées au défunt
pour sa nourriture dans l'autre vie étaient déposées
devant ces portes pour qu'il en prìt possession, puisqu'il
pouvait passer par là, et la stèle 63, dans la salle 4,
nous montre le défunt Nuternofer, venant de l'autre
monde prendre les offrandes, et traversant sa porte.
Plus tard, au lieu de déposer les aliments en nature
devant la stèle, on les représente sur la stèle en sculpture
ou en peinture, la théologie égyptienne admettait
que par la vertu magique appelée màkherou, ces
images d'offrandes devenaient réelles et assimilables
pour le défunt. Enfin, on en vint à ne plus même
représenter la porte, et la stèle devint une simple table
de pierre ou de bois, portant une inscription où l'on
priait la Divinité de faire parvenir les offrandes au

défunt, et représentant celui-ci en possession de l'envoi
déposé devant lui.
Ce que nous venons de dire ne s'applique, bien
entendu, qu'aux stèles funéraires et non aux stèles commémoratives,
tables de pierre où l'on gravait la mention
d'un fait historique ou d'un événement religieux.

Sud de la salle.

10 — Calcaire — Haut. 2m, 51, larg. 1m, 57.— Saqqarah.
Stèle sans nom, ornée comme les Nos 8 et 9, rapportée
de Saqqarah en 1892.
11 et 12 — Calcaire — Haut. 1m, 68, larg. 0m 42. Cat.
Mar., Nos 994 et 995; Cat. Masp., p. 212.— IIIe dynastie.
Saqqarah.
Deux montants de porte sur lesquels est représentée
la femme de Sokarkhabiou (voir N. 16). La figure de
cette femme, qui s'appelait Hathornoferhotpou de son
grand nom et Tepes de son petit nom, rappelle, dit
M. Maspero, le type des Nubiennes; elle a sous les
yeux une bande de fard vert.

Est de la salle.

13 — Calcaire — Haut. 1m, 40, larg. 0m, 95. Cat. Mar.,
N. 996; Cat. Masp., p. 213. — Saqqarah.
Stèle ou fausse porte du tombeau de Shiri, prêtre du
roi Send, de la IIe dynastie.
14 — Albâtre — Long. 0m, 32, larg, 0m, 56. Cat. Mar.,
N. 92. — Saqqarah.
Table d'offrandes rectangulaire, au nom de Snefrounefer,
prêtre de la pyramides Assanefer (Ve dynastie).

Au centre, le caractère hotep (offrande); au centre, un
pain sacré et trois godets pour les liquides.
15 — Albàtre — Diam, 0m, 49. Cat. Mar., N. 964. —
Saqqarah.
Autre table d'offrandes, de forme circulaire.

Sud de la salle.

16 — Calcaire — Haut. 1m, 96, larg. 0m, 43. Cat. Masp.,
pl. 213. — IIIe dynastie. — Saqqarah.
Stėle ou fausse porte du tombeau de Sokarkhabiou
(Cfr. Nos 11 et 12), dont le petit nom était Hetes.
La salle contient encore des stèles (Cfr. N. 8),
des tables d'offrandes (Cfr. Nos 14 et 15), des tables
à libations (Cfr. Nos 4 et 7), des autels pour brûler
l'encens (Cfr. N. 32).

Salle 2 (Monuments des IVe, V et VIe dynasties).

Centre de la salle.

17 et 18 — Calcaire — Haut. 1m, 95 et 1m, 73. Cat.
Mar., Nos 23 et 582; Cat. Masp., p. 521. — Ve dynastie.
Saqqarah.
Statues de Rànefer, prêtre de Ptah, dieu de Memphis.
Rànefer est représenté la tête rasée (N. 17) et la
tète couverte d'une perruque (N. 18).
Il n'est pas surprenant que les tombeaux nous aient
rendu deux et parfois même plus de deux statues d'un

même personnage. Après la mort, l'ombre du défunt
avait besoin d'un support matériel, d'un corps, en un
mot, lui permettant de manger les offrandes, car une
ombre impalpable n'aurait pu s'assimiler des aliments
solides. Ce support était, naturellement, la momie, que
le Rituel du sacrifice funéraire remettait en état de
jouir de la vie en prenant possession des offrandes.
Mais, si bien protégée qu'elle fût, celle-ci pouvait être
détruite. On faisait donc à l'image du défunt des statues
qu'on soumettait au contact de la momie. Grâce à l'intervention
du prêtre, ce contact suffisait à faire passer
en elles le fluide ou l'essence du défunt. On fixait
ensuite, par une sorte d'opération de lanterme magique,
l'ombre sur les statues; celles-ci valent, dès lors,
autant que la momie; elles étaient, suivant l'expression
de M. Maspero, des doubles accomplis du défunt;
plus il y en avait, mieux l'existence de l'ombre était
garantie.
L'ancien empire employa généralement, comme nous
pouvons le voir, des statues d'assez grandes dimensions;
le nouvel empire, au contraire, préféra donner
au mort des multitudes de petites statues de 5 à 25
centimètres de long, qu'on appelait ushabti.
19 — Bois — Haut. 1m, 10. — IVe dynastie. — Découverte
de Mariette à Saqqarah.
Célėbre statue connue sous le nom de Cheikh-el-Beled:
«Il est debout, le bâton à la main. Les jambes manquent:
il a fallu lui en rajouter, auxquelles on a
laissé la couleur du bois nouveau. Les yeux sont rapportés,

comme c'est le cas pour beaucoup de statues
égyptiennes. Ils sont formés d'un morceau de quartz
blanc opaque, enchassés de bronze pour simuler la
paupière, un morceau de cristal transparent sert de
prunelle, et un petit clou d'argent, fixé sous le cristal,
produit la paillette lumineuse de l'œil vivant.
Par un hasard singulier, la statue de ce vieil Egyptien
est le portrait exact d'un des cheikhs-el-beled, ou
maires, du village de Saqqarah; nos ouvriers arabes,
toujours prompts à saisir les ressemblances, l'ont
appelée aussitôt le Cheikh-el-Beled, et le nom lui en
est resté. Le Khâfri et le Cheikh-el-Beled sont, peutêtre,
ce que l'art le plus ancien a légué de meilleur au
musėe; seul le scribe accroupi du Louvre mérite de
lui être comparé.» (MASPERO.)

Nord de la Salle.

20 — Calcaire — Haut. 1m, 11.
Statue du prêtre Anskha, représenté nu et circoncis.
Coiffure remarquable.
21 — Calcaire — Haut. 1m, 08.
Statue du kher-heb (prêtre officiant) Atep. Le
Kher-heb dirigeait un grand nombre de cérémonies,
par exemple celle qui faisait passer la personnalité du
défunt dans ses statues (N. 17).
22 — Calcaire — Haut. 0m, 83. Cat. Mar., N. 878.
Statue d'Eikaou, préposé aux écritures de la comptabilité.
23 — Calcaire — Haut. 2m, 30, larg. 0m, 92. — Saqqarah.
Stèle en relief, au nom de Rankaou (voir le N. 28),
mentionnant sa femme Ahat, prêtresse d'Hathor.
24 — Calcaire — Haut. 2m, 35, larg, 1m, 07. — Saqqarah.
Stèle de Hesesi, directeur des greniers, du trésor et
des appartements, ordonnateur des travaux, etc. Les
hiéroglyphes gravés en creux sont aussi peints en bleu.
Trouvée en 1887, au nord de la pyramide à degré de
Saqqarah.

Sud de la salle.

25 — Calcaire. Saqqarah.
Statue d'Ourarenptah, docteur préposé auX écrits.
Cette statue, découverte à Saqqarah en 1892, est d'une
beauté remarquable. Le visage est doux et souriant, le
nez malheureusement endommagé.
26 — Calcaire. Saqqarah.
Stéle représentant une prêtresse d'Hator et de Neit,
appelée Noubhotep de son grand nom et Bebi de son
petit nom, entourée de ses fils et de ses filles. Cette
stèle vient du même tombeau que la suivante (N. 27),
portant le nom du prêtre Teshon et les cartouches des
rois Usorkaf et Rankaou, de la Ve dynastie. Rapportée
de Saqqarah en 1892.
27 — Calcaire — Haut. 2m, 31, larg. 1m, 28. — Saqqarah.
Stèle de Teshon, fils aîné de Tepemankh (Nos 95
et 98) et mari de Noubhotep (N. 26). Rapportée de
Saqqarah en 1892.
28 — Calcaire — Haut. 2m, 88, larg. 1m, 22. — Saqqarah.
Stèle gravée en relief au nom de Rankaou (voir
N0 23). Rapportée de Saqqarah en 1887.
29 et 30 — Calcaire — Haut. 2m, 60 et 2m, 41, larg.
1m, 08 et 1m, 03. Cat. Mar., Nos 997 et 998; Cat. Masp.,
p. 201 et 202. — VIe dynastie. — Saqqarah.
Bas-reliefs qui couvraient le côté gauche et ìe côté
droit de la niche au fond de laquelle se trouvait la stéle
ou fausse porte du tombeau de Sibou (voir N. 99) dit
Abba, à Saqqarah. Le défunt reçoit les revenus de ses
propriėtés, son mobilier funéraire, les mets offerts par
sa famille, et les statues faites à son image (N. 17),
qui doivent fictivement manger et boire à sa santé les
offrandes sculptées sur les murs (N. 8).

Centre de la salle.

31 — Albâtre — 1m, 28 sur 1m, 16. — Saqqarah.
Belle table d'offrandes (Cfr. N. 14) de l'ancien
empire. trouvée à Saqqarah dans la maison de Mariette
et transportée au musée en 1887.
32 — Diorite — Diam. 0m, 30. Cat. Masp., p. 212. —
Saqqarah.
Vase au nom de Ptahkhouni, trouvé à Saqqarah.
Ce vase est posé sur un autel à brûler l'encens, au nom
de Sitou. Quatre autre autels à encensements en forme
de chandeliers se trouvent aux quatre coins de la salle.
Ces autels portaient un foyer sur lequel on versait le
parfum trois fois de suite, de sorte que la flamme montait
trois fois vers le ciel, pour redescendre trois fois

vers la terre, image du principe vital qui retournait à
la Divinité après la mort de chaque individu, et que la
Divinité renvoyait ensuite ici-bas pour animer de nouvelles
existances.

Nord-est de la salle.

33 — Diorite — Haut. 1m, 22. — Gizeh.
Statue décapitée portant le nom du roi Chephren
(Khafrâ) et provenant du puits du temple de granit,
près du grand sphinx de Gizeh, comme la belle statue
du même roi rapportée par Mariette (N. 64).
34 — Calcaire — Haut. 1m, 50, larg. 0m, 92. Cat. Mar.,
N. 38.— VIe dynastie. — Saqqarah.
Stèle de Hapi, prêtre de la pyramide du roi Téti.

Sud-est de la salle.

35 — Bois. — Haut. 0m, 60. Cat. Mar., N. 493; Cat.
Masp., p. 220. — Saqqarah.
Restes d'une statue de femme trouvée avec la statue
de Cheikh-el-Beled (N. 19) à Saqqarah.
36 — Calcaire — Haut. 1m, 37, larg. 0m, 65, Mar.
Abydos.
Stèle de Sesha portant aussi les noms de Ptahnefersim
et de Rameriptahsankh. Cette stèle, de la VIe
dynastie, ne provient pas de Memphis, comme la plupart
de nos beaux monuments archaïques, mais d'Abydos,
où la tradition plaçait le tombeau d'Osiris.

Salle 3 (Suite des monuments des IVe, Ve et VIe dynasties).

Centre de la salle.

37 — Albâtre calcaire — Haut. 0m, 635. Rec. du musėe,
t. I. pl. 12. — Saqqarah.
Statue royale sans nom, trouvée en 1888 à Saqqarah,
ainsi que les quatre suivantes.
38 — Albâtre calcaire — Haut. 0m, 48. Rec. du musėe,
t. I. pl. 11. — Ve dynastie.
Statue du roi Menkahor.
39 — Granit rose — Haut. 0m, 65. Rec. du musée,
t. I, pl. 10. — Ve dynastie.
Statue du roi Usorenrâ.
40 — Diorite — Haut. 0m, 545. Rec. du musėe, t. I, pl. 9.
— IVe dynastie.
Statue du roi Mycerinus (Menkarâ), successeur de
Chephren et constructeur de la troisième des grandes
pyramides.
41 — Albâtre — Haut. 0m, 80. Rec. du musèe, t. I. pl. 8.
— IVe dynastie.
Statue du roi Chephren (Khafrâ), constructeur de
la seconde des grandes pyramides (voir les Nos 33, 41
et 64).
42 — Basalte vert — Haut. 1m, 20. Cat. Mar., N. 792;
Cat. Masp., p. 217.
Autre statue de Chephren (voir N. 41), trouvée par
Mariette dans le puits du temple de granit, près du
sphinx de Gizeh.
43 — Calcaire — Haut. 0m, 92. Cat. Mar., N. 494; Cat.
Masp., p. 218. — Saqqarah.
Statue d'Ateti Ankhiris, magistrat sous la VIe dynastie.
44 — Calcaire — Haut. 0m, 81.
Statue de Khoui, surnommé Emap? Deux femmes
accroupies le long de ses jambes, dans une posture remarquable,
l'une est sa fille, la prètresse d'Hathor,
Noubdonant; la légende qui dèsigne l'autre est incomplète.

Est de la salle.

45 — Diorite — Haut. 1m, 08. — Gizeh.
Statue décapitée, sans inscription, trouvée dans le
puits du temple de granit, près du sphinx de Gizeh,
ainsi que la suivante.
46 — Basalte vert — Haut. 1m, 07.
Statue décapitée de l'époque de Chephren , dont le
cartouche se lit à droite et à gauche du siège.
47 — Calcaire — Haut. 0m, 62, larg. 0m, 50.
Pierre gravée des deux côtés, au nom du roi Pepi
Noferkarâ (VIe dynastie), à qui la déesse Ment (stabilité,
puissance conservatrice) remet le don de vie et de
prospérité.
48 — Granit gris — Haut. 0m, 28, long. 1m, 17.
Fragment de naos ou petite chapelle au nom du roi
Sahurà (Ve dynastie). Employé par les anciens Egyptiens

eux-mêmes, après la destruction du naos, comme
pierre de construction pour un autre édifice. On voit sur
la face supérieure les signes du kher (mettre dessous),
qui indiquent de quel còté la pierre dut alors être assise.

Sud-est de la salle.

49 — Calcaire — Haut, 1m, 15, larg. 2m, 45. Cat. Mar.,
N. 922; Cat. Masp., p. 209; Mar., A bydos, t. II, pls. 44
et 45, t. III, pl. 84; N. 522.
Un des plus précieux monuments du musée. Histoire
d'Ouna, d'abord page de Teti, premier roi de la VIe
dynastie; puis ministre des rois suivants: Pépi I et
Merenrà Sokarimsaf, conquérant de la Nubie et viceroi
des pays situés entre Eléphantine et Memphis. Un
texte à peu prės contemporain découvert près d'Assouan
par M. Schiaparelli au commencement de 1892, nous
apprend qu'à cette époque reculée, des explorateurs
égyptiens pénétrèrent dans l'intérieur de l'Afrique
jusqu'au pays des pygmées.

Sud-ouest de la salle.

50 — Calcaire. — Cat. Masp., pl. 211; E. de Rougé,
Inscr. hiérogl., pl. I. — IVe dynastie. — Grandes pyramides.
Les grands seigneurs égyptiens, dit M. Maspero,
passaient avec les prètres de véritables contrats par lesquels
ils donnaient à tel ou tel temple, des terres ou
des privilèges en échange de sacrifices à faire en l'honneur
de leur double (voir N. 17), aux époques réglées
par la coutume. Ce monument est un fragment du
contrat, le plus ancien que nous possédions de ce genre.

Angle sud-ouest de la salle.

51 — Basalte gris — Haut. 2m, 33, larg. 0m,30. Cat.
Mar., N. 1000. — VIe dynastie. — A bydos.
Montant de porte (?) provenant d'Abydos et protant
le nom de T'aou, beau-frère du roi Pépi Rameri, et
oncle du roi Noferkarâ.
52 — Diorite — Haut. 0m, 76. — Gizeh.
Statue décapitée d'un prince, trouvée dans le temple
d'Isis, à l'est de la pyramide de la fille de Chéops, à
moins d'un mètre de l'endroit où Mariette avait recueilli
la stèle N 54.

Ouest de la salle.

53 — Calcaire — Haut. 1m, 64, larg. 0m, 76. — Saqqarah.
Stèle peinte de Tatit, reine de l'ancien empire, trouvée
à Saqqarah, en 1888.

Nord-ouest de la salle.

54 — Calcaire — Haut. 0m, 70. Cat. Mar., N. 581; Cat.
Masp., p. 207. — Pyramides de Gizeh.
Cette stèle mentionne les travaux de construction
exécutés sous le roi Chéops (Khoufou), de la IVe dynastie,
sur le plateau de Gizeh; travaux de la grande
pyramide, d'une autre petite, et du temple d'Isis, où la
stèle a été retrouvée. Ce n'est pas l'original consacré
par Chéops, mais une copie exécutée après la restauration
du temple, peut-être sous la XXVe dynastie.
55 — Granit noir — Haut. 2m,64, larg. 1m, 05. — Karnak.
Grande stèle au nom du prince Ousor, trouvée par
M. Maspero au nord de Karnak. On remarque sur la
fausse porte (voir N. 8), le double verrou égyptien et
les deux yeux, symboles du midi et du nord.

Nord de la salle.
ARMOIRE A.

Objets provenant des tombeaux de l'ancien empire,
petits vases d'albâtre et de bronze, tablettes
d'offrandes, hiéroglyphes peints sur stuc (Cfr.
N. 3); oies d'offrandes en calcaire, nourriture
du double ou de la statue du défunt (voir N. 18).

ARMOIRE B.

Vases, tablettes d'offrandes. Sous le N. 56, couvercle
d'albàtre au nom du roi Pepi Noferkarâ
(VIe dynastie). Quatre tètes ou couvercles de
canopes, vases où l'on enfermait les viscères du
défunt, retirées du corps pour l'embaumement;
ces objets proviennent de la pyramide de Licht,
ouverte par M. Maspero. Une étoffe de lin (N. 57)
avec le nom du roi Pepi. Les fragments d'un vase
(N. 58) au nom de Rameri, une coupe au nom de
Snefrou (IIIe dynastie), provenant d'El Hibeh,
près de Feshn, des oies d'albâtre (N. 59), trouvées
dans la pyramide de Licht, un buste de statuette
provenant d'Abydos, etc.
60 — Calcaire — Haut. 1m,30, larg. 0m, 00. Cat. Mar.,
N. 912. — VIe dynastie. — A bydos.
Stèle représentant la royale épouse Papiankhnas
et le chef Aou, assis des deux côtés d'une table d'offrandes.
61 — Syénite — Haut. 0m, 62, long. 0m, 50. — VIe dynastie.
— Fouilles dirigées par M. Naville, en 1887,
dans le temple de Bubastis.
Fragment portant le cartouche du roi Papi.

Salle 4.

La salle 4 contient quelques statues, dont la
plus remarquable (N. 62, hauteur 1m,19) représente
la dame Hakenou, deux petites tables
d'offrandes et un certain nombre de stèles. Nous
signalerons surtout, au milieu de la muraille du
sud, la stèle
63 — Calcaire — Haut. 1m,34, larg. 1m, 13.
Le défunt Nuternofer est représenté de face, revenant
de l'autre monde pour prendre possession des
offrandes, au moment où il traverse sa porte (voir
N. 8).

Salle 5 (Grand vestibule).

La salle 5 contient quelques-unes des plus
grandes stèles de Saqqarah, rapportées tout

récemment au musée, deux sarcophages archaïques,
et la plus fameuse des statues de Chephren.

Centre de la salle.

64 — Diorite — Haut. 1m, 68. Cat Mar., N. 578; Cat.
Masp., p. 75.
Statue du roi Chephren, constructeur de la seconde
pyramide (voir Nos 33, 41 et 42) trouvée par Mariette
dans le puits du temple de granit, près du grand
sphinx à Gizeh.
«Khafri est assis, les mains allongées sur les genoux;
un épervier, debout sur le dossier du siège, enveloppe
la tète de ses ailes, image du dieu Rà qui protège son
fils Pharaon. On se demande comment les artistes
égyptiens ont réussi à modeler avec tant de souplesse
une matiètail aussi rebelle au ciseau que le diorite; tout
le détail des genoux et de la poitrine est rendu avec
une fidélité et une vigueur merveilleuses. Une grande
expression de calme et de force est répandue sur l'ensemble.»
(MASPERO.)

Sud-est de la salle.

65 — Calcaire — Haut. 3m.02, larg. 2m. — Ve dynastie.
Saqqarah , 1888.
Stèle du tombeau d'Ankheftka (voir N. 86) prêtre
des rois Sahura et Usorkaf.
66 — Calcaire — Haut. 3m,75, larg. 2m, 25. — Saqqarah ,
1892.
Stèle du magistrat Ankhmaka, prêtre de Sahura
et d'Usorkaf.

Près de l'entrée principale de la salle.

67 — Calcaire — Haut. 0m, 95, larg. 1m,95, larg. 0m,75.
Saqqarah , 1892.
Sarcophage d'un prêtre royal, Uta, attaché au service
du roi Mycerinus (Menkaura, N. 40), constructeur
de la troisième des grandes pyramides.

Nord-est de la salle.

68 — Calcaire — Haut. 2m, 89, larg. 2m, 42. — Saqqarah , 1892.
Stèle du chef, magistrat, comte Safekhnofersim.
69 — Calcaire — Haut. 2m, 90, larg. 1m, 09.
Deux panneaux qui étaient placés en avant de la stèle
précédente. Liste des offrandes à présenter au défunt.
Safekhnofersum assis devant une table, et apport de
produits par les serviteurs.

Nord-ouest de la salle.

70 — Calcaire — Haut. 2m, 49, larg. 1m, 84. — Ve dynastie.
Stèle du magistrat comte Ptahhotep, qui vivait sous
la Ve dynastie, et dont le nom est fameux par les préceptes
de morale et de conduite que nous a conservés le
le papyrus Prisse, le plus ancien livre du monde.

Ouest de la salle.

71 — Calcaire — Haut. 3m, 16, larg. 2m, 09. — Saqqarah , 1892.
La femme représentée dans la fa usse porte de cettestèle
s'appelait Taï; l'inscription, assez détériorée, semble indiquer
qu'elle était à la tête du harem. — Comparer le
style de ce monument avec les Nos, 8, 9 et 10.
72 — Calcaire — Haut. 3m,17, larg. 2m, 14. — Ve dynastie.
Saqqarah , 1892.
Stèle du médecin principal de l'infirmerie royale
Skhemkhetnankh (celui qui tient les choses qui vivifient),
contemporain du roi Sahura.

Sud-ouest de la salle.

73 — Calcaire — Haut. 2m,57, larg. 2m,82. — VIe dynastie.
Saqqarah.
Stéle d'Ahines, gouverneur de Toura.

Centre de la salle.

74 — Beau granil rose — Long. 2m,30, larg, 1m,19,
haut. 1m,45. — Grandes pyramides — Memphis.
«Sarcophage rectangulaire. Le couvercle est arrondi
en voûte extérieurement; aux quatre angles, oreillettes
carrées. Sur le sommet de ce couvercle, prière à Anubis
en faveur du défunt, le prince Her-baï-f. La cuve n'a
pas été gravée à l'intėrieur. A l'extérieur, gravure
fine: ornements prismatiques rappelant la façade des
édifices du temps, dans le modéle du beau sarcophage
de Khoufou-ankh. Le nom du défunt avec la mention
du titre de prince occupe le milieu des quatre faces.
Les hiéroglyphes ont toutes la grandeur des légendes
de ce temps. Par la place que le puits occupe dans la
nécropole, il n'est pas douteux que le prince Her-baï-f
ne soit un descendant de Chéops.» (Mariette.)

Sud de la salle.

75 — Granit noir — Haut. 0m, 48.
Statuette de l'ancien empire (voir N. 18).
76 — Granit noir peint — Haut. 0m, 42.
Statuette de l'ancien empire, au nom de Sedenmat,
que nous retrouverons dans la salle 7 (armoire A).
Deux autres statuettes à peu près semblables
de l'autre côté (nord) de la salle.

Salle 6.

La salle 6 contient un certain nombre de statues
(voir N. 18), des stèles ou fausses portes (N. 8) et
une vraie porte. Les cartouches du roi Papi font
remonter cette porte à la VIe dynastie, de même
que la plupart des autres monuments de la salle.

Salle 7.

Centre de la salle.

77 — Calcaire — Haut. 2m. Cat. Mar., N. 24; Cat.
Masp., p. 222. — Ve dynastie. — Saqqarah.
Statue de Ti, trouvėe dans son célèbre tombeau de
Saqqarah, ouvert aux visiteurs.

Nord de la salle.

78-80.
L'armoire B contient une série de statuettes
provenant de Gizeh et surtout de Saqqarah, notamment

celle du nain Khnoumhotep, chef de la
lingerie (N. 78; haut. 0m,30; Cat. Masp., p. 220;
Saqqarah; VIe dynastie); celle de Nefer (N. 79;
haut. 0m,36; Cat. Mar., N. 458); une autre, en bois,
d'un homme drapé dans un grand manteau (N. 80;
haut. 0m,31. Cat. Mar., N. 770; Cat. Masp., p. 219);
enfin au milieu de la tablette inférieure, deux
statues ensemble, au nom de Sedenmât (voir le
N. 76).

Est de la salle.

81 — Calcaire — Haut. 1m,20. Cat. Mar., N. 793 —
Saqqarah.
Groupe de Neferhotep et de la dame Tenteta.

Sud de la salle.

82 — Calcaire — Haut. 1m, 12, long. 5m, 16. — VIe dynastie.
Saqqarah.
Bas-relief trouvé par M. Maspero. A gauche, le gouverneur
Apa est assis entre sa femme Senbt et sa fille
Papiankhnas. Au centre, Apa porté en palaquin visite
ses moissons et ses troupeaux. Des barques naviguent
à la voile ou à la perche.

Ouest de la salle.

83 — Calcaire — Haut. 1m, 20, larg. 1m, 80. Cat. Mar.,
N. 999; Cat. Masp., p. 204. — Saqqarah.
Rentrée de la récolte. Les cultivateurs ont amoncelé
des tas de grains, que l'on mesure avec des boisseaux

et que l'on enregistre avant l'introduction dans les
magasins, représentés à droite du bas-relief, derrière le
scribe principal. Le grain est broyé; on en fait des
gâteaux. Au registre inférieur, travaux des ébénistes,
des orfèvres, des sculpteurs et des ciseleurs. Un scribe
fait peser et enregistre l'or destiné aux orfèvres.
84 — Calcaire — Haut. 1m, 43, larg. 0m, 42. — Saqqarah , 1892
Fragment de bas-relief représentant une joute sur
l'eau.
85 — Calcaire — Haut. 0m, 48, larg. 0m, 38.
Groupe de trois personnages; la parure de la femme
est assez remarquable.
86 — Calcaire — Haut. 1m, 16. larg. 1m, 50. — Saqqarah ,
1888.
Bas-relief du tombeau d'Ankheftka (voir N. 65):
Joueurs de flûte et de harpe, chanteurs, danseuses;
deux musiciennes marquent la mesure pour les danseuses
en battant des mains.

Nord de la salle.

87-90.
L'armoire A contient des statuettes de l'ancien
empire, pleines de mouvement et de vie. Sous le
N. 87 (calcaire; hauteur 0m, 52; Cat. Mariette,
N. 771; Cat. Maspero, p. 218), un jeune homme
debout, portant un sac sur l'épaule gauche. —
Sous le N. 88 (calcaire; hauteur moyenne 0m, 40;

Cat. Maspero, p. 220), un homme et une femme
brassent la pâte. — Sous le N. 89 (calcaire;
hauteur 0m,35; Cat. Mariette N. 769; Cat. Maspero,
p. 219) un personnage agenouillé, à l'expression
douce et craintive. — Sous le N. 90 (calcaire;
hauteur 0m,40; Cat. Mariette, N. 768), un personnage
assis à terre, les genoux relevés, portant la
main à son front en geste d'abattement. — Puis
des hommes poissant des amphores avant d'y
mettre des liquides, etc.
Enfin, la salle 7 contient encore quelques basreliefs
et surtout des statuettes (voir les vitrines
C, D, E, F, au centre de la salle).

Salle 8.

Sud-est de la salle.

La salle 8 contient quelques statues et des
bas-reliefs intéressants.
91Calcaire — Cat. Masp., p. 203.
Des serviteurs fabriquent le pain, mettent en cruche
des liquides.
Plus haut, d'autres prennent des taureaux au lasso.
Plus bas, d'autres traient des vaches (scène à moitié
détruite), préparent pour la cuisine des poissons et des
oiseaux, font cuire les oiseaux sur de petits fourneaux.
Auprès d'eux sont deux chiens, l'un assis, l'autre couché.

Sud-ouest de la salle.

92Calcaire — Haut. 1m,41, larg. 0m,72. — Saqqarah.
On apporte au défunt Ankheftka (voir Nos 65 et 86)
les produits de son domaine et son mobilier funéraire.

Nord-ouest de la salle

93 — Calcaire — Haut. 0m,70, larg. 0m,60. Cat. Masp.,
p. 204. — Saqqarah.
Un singe qu'on mène en laisse se retourne pour
mordre un homme à la jambe.
«Au-desous, des pâtres font traverser un canal à
des bœufs.» (MASP., Cat., p. 203.)

Nord-est de la salle.

94 — Calcaire — Haut. 0m,50, larg. 1m, 40. Cat. Masp.,
p. 202. — Saqqarah.
Joute sur l'eau. Le bas-relief qu'on voit plus haut
représente le vannage du grain qu'on met ensuite en tas.

Centre de la salle.

95 — Bois. — Haut. 1m,66. — Saqqarah.
Belle statue de Tepemankh, dont nous verrons la
stèle sous le N. 98.

Salle 9 (Sarcophages et grandes stèles).

Centre de la salle.

96 — Granit rose — Haut. 1m,33, long. 2m,20. Cat.
Mar., N. 970; Cat. Masp., p. 223. — IVe dynastie. —
Grandes pyramides.
Sarcophage de Khoufouankh, qui était attaché aux
cultes d'Isis, du Taureau blanc, du baeuf Apis. Ornements

d'architecture sur les quatre faces (Cfr. Nos 8,
9, 10, 71).
97 — Granit rose — Haut. 1m,16, long. 2m, 22, larg.
1m. Cat. Mar., N. 7; Cat. Masp., p. 224. — IVe dynastie.
— Grandes pyramides.
Sarcophage du prince royal Khamskhem. Les angles
sont arrondis comme au sarcophage de Chéops, encore
en place dans la grande pyramide.
98 — Calcaire — Haut. 2m,65, larg. 1m,59. — Ve dynastie. — Saqqarah , 1892.
Stèle de Tepemankh, dont nous avons vu la statue
de bois sous le N. 95. Ce personnage était desservant
des trois grandes pyramides de Chéops, Chephren et
Mycerinus (IVe dynastie), de Snefrou (IIIe dynastie), de
Sahùra et d'Usorkaf (Ve dynastie). Son fils ainé Teshon
(voir Nos 26 et 27) est représenté devant lui, du còté
droit de la stèle.
99 — Calcaire — Haut. 2m,57, larg. 2m,15. — VIe dynastie.
Saqqarah , 1892.
Grande stèle de Sibou (voir Nos 29 et 39), directeur
principal des travaux d'art. Les cartouches du roi Teti
nous donnent la date de cette pièce.
100 — Calcaire — Haut. 3m,09, larg. 1m, 20. — Saqqarah ,
1892.
Stèle de Ptahkapou, que les eartouches des rois Tatkara
(Assa), Neferarkara et Usorenrâ nous autorisent à
placer à la fin de la Ve dynastie ou au commencement
de la VIe.
La salle 9 contient encore d'autres bas-reliefs
de moindre importance, un certain nombre de
statues décapitées et de statuettes, un panneau de
bois sculpté (N. 101).
Dans l'armoire, sous le N. 102, une barque trouvée
à Saqqarah en 1889; cinq autres barques
funéraires.
Sous N. 103, un modèle de grenier trouvé à
Akhmim en 1888. Le grenier est divisé en cinq
chambres; un escalier placé à gauche monte sur les
toits, d'oú l'on versait le grain à l'intérieur par une
lucarne. On le retirait par des petites portes percées
près du sol et fermées de volets qui se levaient
en glissant dans des coulisses.
Sous le N. 104, une petite maison précédée d'une
cour, et rapportée d'Akhmim en 1889.
Puis une poupée, deux petits personnages assis
devant des offrandes, et enfin
105 — Bois — Haut. 0m,19, larg. 0m,50 prof. 0m,30.
Cat. Mar., N. 691; Cat. Masp., p. 19. — VIe dynastie.
Saqqarah.
«Boìte ou sorte de nécessaire portatif à l'usage des
prètres chargés du culte des morts. Elle renferme une
table d'offrandes et tout l'attirail des vases et des outils
en bois, en albâtre, en bronze, dont on se servait pour
présenter le repas funéraire.» (Maspero.)
Les autres objets contenus dans l'armoire ne
sont peut être pas de l'ancien empire, mais plutôt

de la XIIe dynastie. Il en est de même des panneaux
de bois peint placés au-dessus de la porte nord.

Salle 10.

106 — Momie — Long. du corps 1m,66. Cat. Masp.,
p. 347. — VIe dynastie. — Saqqarah , 1881.
Momie du roi Mirinrî Sokarimsaf (d'après M. Maspero,
on a lu aussi Mentemsaf et Hunimsaf), fils du roi
Pepi I. Cette momie serait une des plus anciennes connues
jusqu' à présent.
107. — Ve dynastie. — Saqqarah.
Fragments du cràne et d'un bras de la momie du roi
Ounas (Ve dynastie) retrouvée à Saqqarah dans sa
pyramide ouverte aujourd'hui aux visiteurs.
108 — Bois et stue — Long. du bras 0m,82. —
Ve dynastie. — Saqqarah , 1892.
Beau débris de statue.
109 — Calcaire — Haut. 1m,65 larg. 1m,50, prof. 2m,95.
Saqqarah.
Chambre du tombeau de Deshera, rapportée de Saqqarah
par M. Maspero et reconstruite au musée. On a
placé en guise de sol, la plupart des pierres qui formaient
le plafond, afin de laisser la lumiére pénétrer d'en haut
dans la chambre.

Salle 11.

Nous mentionnerons rapidement les stèles de la
VIe dynastie, provenant d'Abydos et d'Akmim; u'ne
statue en bois trouvée à Akmim en 1888; un petit
groupe en calcaire rapporté d'Abydos; enfin, dans
l'armoire A des statuettes de bois et des tablettes
écrites, que j'attribuerais volontiers au moyen empire,
ainsi que les sarcophages en bois des salles
11 et 12, provenant d'Akmim.

Salles 12 et 13.

Quelques stèles d'Abydos, marquant une époque
de transition entre l'art de l'ancien empire (memphite)
et l'art du moyen empire (thébain); d'autres
stèles d'Akhmim. de Rizagat (au sud d'Erment) et
de Mecheikh (prés de Girgeh), d'un style tout à
fait barbare.

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29

MONUMENTS DU MOYEN EMPIRE
(XIe—XVIIe DYNASTIES)
Salles 14 à 21

Salle 14.

La salle 14 et surtout la salle 15, contiennent
des monuments de la XIe dynastie; d'abord, des
stèles d'un travail un peu barbare indiquent encore
la transition entre l'art de l'ancien empire et l'art
du moyen empire (voir les salles 12 et 13).

Salle 15.

Est de la salle.

110 — Calcaire — Haut. 0m,82, long. 0m,57. Rec. du
musée
, t. I, pl. 18. — XIe dynastie. — Gournah, 1887.
Stèle funéraire au nom de Khouou, fils d'Antef et
petit-fils d'Antef. Gravure en ereux avec relief dans le
creux. A rapprocher du N. 6228. Dénote pourtant plus
d'exereice. Avant de dessiner les figures de Khouou
et de sa femme Mert-Hathor-Toui, l'artiste a tracé à.
l'enere des carrés pour régler les proportions. Inscription

insignifiante. Le défunt demande qu'on souhaite pour
lui des offrandes funéraires, car il a pratiqué la charité
et s'est fort bien acquitté de toutes les missions que
son maître (le roi) lui a confiées. Mais, au point de vue
de l'èpigraphie, le N. 110 est un monument très important.

Sud de la salle.

111 — Calcaire — Haut. 1m,04. Mar., Mon. div. pl.
50 b; Cat Mar., N. 804; Cat. Masp., p. 41. — XIe dynastie.
Drah-Abou-el-Neggah.
Stèle du prince Antefà, trouvée à Drah-Abou-el-Neggah.
Elle prend la forme de la façade du tombeau.
La porte d'entrée est figurée au bas.
Antefà, assis sous un dais, reçoit les offrandes de ses
serviteurs.
Il était gouverneur de la Thébaïde. Cette Stèle nous
paraît plus ancienne que celle du roi Entef IV.

Ouest de la salle.

112 — Calcaire compacte— Haut. 0m,95, larg.
1m,47. Cat. Masp., p. 67.
En 1882, M. Maspero apporta au musée le principal
fragment de cette stèle, restée en place, à Drah-Abou-el-Neggah,
dans la petite pyramide en brique située
à la lisière des terres cultivées, où Mariette l'avait
découverte en 1860. La partie supérieure manquait
déjà. L'inscription est datée de l'an 50 du roi Entef IV,
de la XIe dynastie. Le roi est entouré de ses chiens
portant des noms berbères.
La stèle d'Entef est décrite au papyrus Abbott, qui
nous a conservé le procès-verbal d'une commission
chargée, sous le régne de Ramsès IX, de visiter les
tombes royales qui avaient été exploitées par une
bande de voleurs.
En 1887, nous avons retrouvé un petit fragment
entre les mains d'un particulier. M. Daressy a réussi à
retrouver dans les décombres un certain nombre des
fragments qui complètent à peu près la partie inférieure
de la stéle, et même un fragment du visage du roi
appartenant à la partie supérieure. Nous appelons
l'attention sur ce fait qui prouve que tout espoir de
reconstituer le précieux monument d'Entef IV n'est
pas perdu.

Nord de la salle.

113 — Larg. 0m.83, long. 0m,73. — XIe dynastie. — Gebelein.
Bas-relief représentant le roi Mentuhotep massacrant
les prisonniers. Les peuples nommés sont les
Sati, les Khenti, les Tahennu. Trouvé en 1891, dans
les fondations d'une maison ptolémaïque. Joli travail.
114 — Calcaire — Prof. de la chambre 3m,20, larg.
2m,66, haut. 2m,50, long. du sarcophage 2m,50.
Tombeau de Horhotpou, fils de la dame Sonitshe.
«Cet édifice est un tombeau de la XIe dynastie que
j'ai rapporté de Thèbes au mois d'avril 1883. Il a été
découvert en février 1883 à mi-côte de la montagne
qui borne le nord de la vallée de Déir-el-Bahari,

presque au débouché de la route qui conduit de la plaine
thébaine aux tombeaux des rois. La chapelle extérieure,
s'il y en eut jamais une, a été complètement détruite.
Un couloir fort raide, grossièrement taillé dans le roc,
mène par une pente d'environ 30 mètres à une sorte de
vestibule d'où il ressort sur la droite pour aller tomber
dans la chambre où s'élevait l'édicule aujourd'hui conservé
au musée. Le corps de la montagne est formé en
cet endroit d'une sorte de roche brune, très friable,
dans laquelle sont infiltrés par milliers des filons de
calcaire blanc; je ne saurais mieux la comparer qu'à
une pâte feuilletée, tant certains des filons sont minces.
Comme cette matière ne se prêtait nullement à la taille
et à la décoration, l'architecte, après y avoir creusé un
trou de dimensions convenables, y construisit, en blocs de
calcaire blanc bien parés, le sarcophage et l'édicule que
nous voyons. Ces blocs enlevés un à un et dûment
empaquetés, ont été transportés par eau de Thèbes au
musée, puis remontés dans l'ordre même oû ils étaient
à l'origine. C'est un spécimen, unique dans les musées,
de ce qu'étaient les tombeaux sous la XIe et la XIIe
dynastie.
«Il nous est facile de nous représenter la façon dont
s'y sont pris les ouvriers pour l'édifier. Le mur de
fond et les deux murs de droite et de gauche furent
élevés et décorés tout d'abord; puis les blocs introduits
et ornés au moyen desquels on bàtit le sarcophage.
C'est en effet une des particularités du moyen
empire de substituer fréquemment aux grands sarcophages
monolithes, des sarcophages formés de blocs
réunis par un peu de ciment et par des queues d'aronde……

Le sarcophage en place, on a bâti le mur
de face, en n'y réservant comme porte qu'une sorte de
baie, juste assez large pour laisser passer la momie….
(Ce tombeau) fut ouvert et pillé pendant la première
moitié de notre siècle, car M. Wilbour a reconnu dans
la collection Abbott, à New-York, un bloc qui porte le
nom du propriétaire et qui provient soit du sarcophage,
soit d'une des parois. Le cercueil de bois fut brisé en
petits morceaux, tous les menus objets furent brisés ou
détuits; j'ai retrouvé dans les décombres un bras de
statuette en bois d'un travail admirable, les rames et
une partie de l'équipage d'une barque également en
bois, et d'autre débris, qui prouvent l'existence d'un
mobilier funéraire…. Les voleurs défoncèrent les deux
bouts du sarcophage, cassèrent à coups de pic deux
pierres du mur de droite et une pierre du mur de
gauche…. Les fragments furent laissés à terre, à
l'exception du morceau qu'a signalé M. Wilbour. Ils
m'ont servi à reconstituer presque entièrement la muraille:
les parties manquantes ont été refaites au plâtre
et peintes dans le ton des parties originales par MM.
Vassalli bey et Emile Brusgch bey, conservateurs du
musée.
«Les visiteurs qui ont déjà vu le tombeau de Ti à
Saqqarah, ceux même qui ont examiné seulement les
bas-reliefs des salles 7 et 8, reconnaîtront sur-le-champ
quelles différences profondes il y a entre le style des
monuments de l'ancien empire et celui du tombeau que
nous examinons. Au lieu d'être sculptées et peintes, les
parois sont peintes seulement; au lieu de scènes variées,
entremêlées de rares hiéroglyphes, on ne voit qu'une

maigre série d'objets d'offrandes, accompagnés d'interminables
inscriptions. Le sarcophage, au lieu de présenter
une masse presque nue ou décorée de dessins
géométriques, comme les sarcophages Nos 67, 74, 96 et
97, contient autant de textes que les murailles; il est
même garni d'une corniche multicolore que je n'ai
retrouvée nulle part ailleurs. Ces différences, souvent
observées sur d'autres tombeaux, avaient fait croire à
Mariette qu'il y avait eu, entre la VIe et la XIe dynasties,
rupture des traditions artistiques, et que les
monuments thébains étaient le produit d'un art local,
indépendant, à l'origine, de l'art memphite des anciennes
dynasties. Cette théorie, qui a été adoptée généralement
par les historiens de l'art, n'a pas été justifiée par les
faits. J'ai ouvert (1882-1883) dans la plaine de Saqqarah,
autour du Mastabat el Faraoun, des mastabas en
briques, dont la chambre sépulcrale est décorée de la
même manière que la chambre de Horhotpou, mais
avec une moindre profusion de légendes. Ils portent les
cartouches de Nofirkerî Papi II et appartiennent, par
conséquent, aux derniers temps de la VIe dynastie. Si
peu nombreux qu'ils soient encore, ils n'en suffisent pas
moins à prouver que cet artsoi-disant thébain du moyen-empire
avait son prototype dans l'art memphite de
l'ancien.
«Chacune des parois a l'un des côtés occupé par un
panneau de dessins géométriques, dont l'ensemble représente
une porte. Ces détails en sont curieux à étudier
pour des architectes, car ils nous rendent assez exactement
l'aspect qu'avaient les portes décorées dans les
maisons particulières…. La décoration de chacune

des parois est fort simple. Sur la face de la porte, audessus
de la baie, des armes sont peintes, arcs, flèches,
casse-têtes, etc.; c'est l'arsenal du mort, auquel donnent
accès les deux panneaux en figure de porte, placés à
droite et à gauche de la porte réelle. La paroi de droite
est à la fois un magasin d'étoffes, de bijoux et d'armes,
où sont entassés des coupons de linge blanc, des colliers,
des miroirs en or et en argent, des sachets de parfums
et de poudre noire et verte pour les yeux, des bracelets
en verroterie, des sandales, des arcs, des casse-têtes,
des boucliers, etc. La paroi du fond est la salle à manger:
elle ne porte aucune figure, mais l'espèce de tableau
quadrillé qui en recouvre la partie supérieure nous
donne la liste des denrées nécessaires à la table du mort,
vins, bières, liqueurs, viandes de boucherie, gibier, volailles,
légumes, laitages, gâteaux de toute espèce. La
paroi de gauche est comme une officine de parfumeur;
on y voit, dans de grands vases peints de manière à
imiter le jaspe, le granit, la poterie fine, les sept essences
et les deux fards noir et vert dont le mort avait
bescin pour se parfumer dans l'autre monde et pour
assurer à ses membres une jeunesse éternelle. C'est, en
résumé, sous une forme nouvelle, l'expression des mêmes
idées qui avaient présidé à la décoration des mastabas de
l'ancien empire. Les prières sont en partie des extraites
du Livre des morts, en partie des chapitres de ce Rituel
des funérailles
, dont les pyramides d'Ounas, de Teti,
des deux Papi, de Sokarimsaf nous ont livré la plus
ancienne édition, et quelques papyrus de l'époque romaine
l'édition la plus récente. Les vertus magiques
dont elles sont douées transforment en offrandes réelles
les simulacres d'offrandes peints sur la muraille.
«Le sarcophage est un résumé de la tombe entière, ou
plutôt une seconde tombe enfermée dans la première. Il
n'avait point de couvercle, selon un usage assez fréquent
pendant la durée du moyen empire, et la momie n'y
avait d'autre défense que ses bandelettes et son cercueil
en bois. Celui-ci a disparu, sauf un éclat encore couvert
d'une écriture hiératique aussi fine d'aspect que l'écriture
de la XXVIe dynastie; quant au cadavre, je n'en
ai trouvé nulle trace. Les parois intérieuses du sarcophage
sont décorées de portes et d'offrandes comme la
porte elle-même; elles ont été brisées en partie par les
voleurs et restaurées par M. Emile Brugsch bey, d'après
les peintures analogues du sarcophage de Tagi (voir
salle 16, N. 140). Les textes de l'intérieur sont tracés
d'une écriture beaucoup plus fine que celle des parois; ce
sont encore des chapitres du Livre des Morts ou du Rituel
des Funérailles
, le Chapitre d'amener la barque
afin que le mort passe à l'orient du ciel, le Chapitre de
se rappeler les charmes magiques
nécessaires dans
l'autre monde, le Chapitre de ne pas manger d'excréments,
et, comme corollaire, celui de manger du pain
d'offrandes.
«Tel est cet hypogée curieux, le mieux conservé
peut-être des tombeaux du moyen empire thébain que
l'on connaisse aujourd'hui.» (MASPERO, Cat., p. 251.)

Centre de la salle.

115 — Momie — Long. 1m, 66. — XIe dynastie. — Découverteen
1891, à Thèbes.
La dame Ament, prètresse d'Hator, est couchée,
embaumée dans la position où la mort l'a prise, il y a
cinquante siècles.
«Dans un tombeau intact, que nous avons ouvert à
Deir-el-Bahari en 1891, nous avons trouvé au fond
d'une petite chambre sans incriptions, une grande cuve
en pierre, également sans inscriptions. Ce couvercle
soulevé, est apparue une caisse en bois très bien conservée,
qui renfermait, enveloppée de linges épais, la
momie 115….
«La momie porte ses colliers de perles en verre, or
et argent. Aux doigts, elle a des bagues d'argent. Dans
son sarcophage, nous avons ramassé les objets dans la
salle 70, vitrine E.» (GRÉBAUT.)
Le cercueil de bois était double; des deux caisses,
extérieure et et intérieure, sont exposées à droite et à
gauche de la momie, sous les Nos 116 et 117.
116 et 117 — Bois.
Ces caisses nous ont fait connaitre le nom et les qualités de la momie précédente.

Salle 16 (Salle des Hycsos).

Outre un grand nombre de stèles de la XIIe dynastie,
la salle 16 contient plusieurs monuments
de grand intérėt, surtout ceux de l'école tanite,
que nous allons voir tout à l'heure (Nos 133-139).

Sud de la salle.

118 — Calcaire — Haut. 1m, long. 0m, 70. Mar., Abydos ,
t, II, pl. 27 b; t. III, pls. 234 et 236, N. 771; Cat.
Masp., p. 64.
«Le roi Menkhàourî Nahit est en adoration devant
le dieu Min de Coptos. C'est un monument presque
unique de la XIVe dynastie.» (MASPERO.)
119 — Granit noir — Long. 0m, 82, larg. 0m, 59. —
XIIe dynastie. — Khataneh, près de Facous.
Très belle table d'offrandes, au nom du roi Amenemhat II.
120 — Calcaire — Haut. 3m, co, larg, 1m, 48, — XIIe
dynastie. — Abydos.
Grande stèle gravée sur les quatre faces, au nom du
prince Mentuhotep, avec les cartouches du roi Ousortesen
I.

Ouest de la salle.

121 — Calcaire — Haut. 1m, 05, larg. 0m, 88. Rec. du musée,
t. I, pl. 17. — XIIe dynastie. — Akhmim , 1887.
Une belle stèle funéraire cintrée, trouvée à Akhmim
en 1887, d'un personnage de la XIIe dynastie qui a repris
le nom d' Antef, si fréquent sous la XIe. L'inscription
principale est gravée en creux. La partie inférieure de
la stèle est couverte par de nombreuses offrandes en
relief, d'une jolie gravure légère et fine. Quelques légendes
en relief.
122 — Granit noir — Haut. 1m, 20. Cat. Masp. p. 25.
— XIIe dynastie. — Fouilles de Mariette, en 1863. à
Tanis.
Statue assise de la reine Nefer, femme du roi Ousortesen
I. Auprès de la statue un buste de la même
princesse; même provenance. On peut déjà remarquer
sur ces monuments quelques-uns des caractères de l'école
tanite (voir Nos 133-139).
123 — Grès — Haut. 0m, 46, long. 2m, 63, larg. 1m, 06.
Cat. Mar., Nos 95 et 96; Cat. Masp., p. 431. — XIIIe (?)
dynastie. — Karnak.
Deux blocs, considérés jusqu'ici comme formant deux
tables distinctes, sont les deux moitiés d'une table unique,
ainsi que le prouvent les insciptions horizontales qui
commencent sur un bloc et se poursuivent sur l'autre.
Les côtés destinés à être joints ne portent pas d'inscriptions,
ils ne sont pas polis comme les autres côtés, mais
simplement entaillés comme eux, en ne conservant
qu'une large bande sailante, soit qu'on ait voulu faciliter
l'adhérence parfaite, soit que, avant de graver les
inscriptions, on ait eu l'intention de faire deux tables.
Sur chaque bloc, vingt godets, disposés symétriquement,
recevaient les offrandes présentées aux dieux.
Les légendes reppellent une fondation d'offrandes à
faire dans le temple de Karnak au nom d'un roi, inconnu
d'ailleurs, Rà-s-ankh-het Ameni-Entef-Amenemhà,
qui doit être placé après la XIIe dynastie, probablement
dans la XIIIe. Les martelages de l'élément Amen, dans
son nom, sont dus à Amenophis IV, qui fit effacer partout
le nom du dieu Ammon

Est de la salle.

124 — Granit gris — Haut. 0m. 95. Nav., Bubastis ,
pl. 00. — Fouilles de M. Naville, en 1888, à Bubaste.
Tête d'une statue royale de la XIIe (?) dynastie.
125 — Granit gris — Haut. 1m, 45. — XIXe dynastie,
Alexandrie.
Buste d'une statue colossale d'un roi du moyen empire,
usurpée par Ménephtah, roi de la XIXe dynastie,
le pharaon de l'Exode.
126 — Plâtre — Haut. 0m, 82. — Fouilles de M. Naville,
en 1888, à Bubaste.
Moulage d'une tête de statue royale.
127 — Calcaire — Haut. 1m, 90, larg. 0m. 46. Mar,.
Abydos , t. II, pls. 24-26; Cat. Masp., p. 71. — XIIe dynastie.
Abydos.
Stèle cintrée gravée sur les deux faces et sur les tranches,
au nom de Ra-s-hotep-ab, personnage du temps
de Ousortesen III. Le défunt prescrit à ses enfants d'adorer
le roi Amenemha III, dieu créateur et providence
de l'Egypte. Le style affecte une forme littéraire.
128 — Granit rose — Haut. 1m, 50, Mar., Abydos ,
t. II, pl. 26; t. III, pl. 30 N. 347. Cat. Mar., N. 19; Cat.
Masp., p. 51. — XIIIe dynastie. — Abydos.
«Le roi Sovkemsaouf (ou Sebekemsaf) est debout,
marchant; sur la pierre qui unit ses deux jambes est
représenté son fils, le prince Sovkemsaouf. La figure
du pharaon est mutilée; cet accident est d'autant plus
à regretter que le morceau est d'une très belle facture

et donne la meilleure idée de ce qu'était l'art égyptien
un peu avant l'in vasion des Pasteurs.» (MASPERO.)
129 — Granit gris — Haut. 0m, 90. Nav., Bubastis ,
pl. 12. — Fouilles de M. Naville, en 1887, à Bubaste.
Partie inférieure d'une statue du roi Raïan, de la
XIVe (?) dynastie. D'après une tradition arabe signalée
par M. Naville, e'est sous un roi Raïan que Joseph
aurait été amené en Egypte.
130 — Albâtre. — Long. 0m, 67. — Pyramides de
Hawara.
Table d'offrandes de la princesse Neferou Ptah,
trouvée par M. Petrie en 1888.
131 — Syénite — Long. 1m, 05. — XIIe dynastie. —
Karnak , 1887.
Ce précieux monument que nous avons rapporté en
1887, provient du grand temple de Karnak. C'est une
table d'offrandes au nom d'Ousortesen. Elle remonte
par conséquent à l'époque qui paraît avoir celle de la
fondation du grand sanctuaire thébain.
132 — Granit noir — Haut. 0m, 48, larg. 0m, 67. Mar.,
Mon. div., pl. 38; Cat. Mar., N. 1001; Cat. Masp.,
pl. 65. — Caire.
Sorte d'autel destiné à perpétuer le souvenir d'un
service d'offrandes fondé dans un des temples de la ville
de Tanis par le roi pasteur Apapi Aaqnonrî.
«Le monument est plus ancien que le roi dont il
porte le nom, la légende primitive a été effacée pour
être remplacée par celle qu'on y lit maintenant.» (MARIETTE.)
Cfr. le N. 136 que nous avons trouvé dans le temple
de Louqsor: on se rendra facilement compte que le monument
usurpé par Apapi appartenait à la XIIe dynastie.
133 — Granit gris — Haut. 1m, 60, larg. 0m, 925. Cat.
Mar., N. 1; Cat. Masp., pl. 71. — Tanis.
«Groupe de deux personnages debout sur un socle
commun. D'énormes perruques disposées en tresses
épaisses couvrent la tête. Leurs traits sont durs, accusés,
et offrent une grande ressemblance avec ceux des sphinx
à crinière de lion. La lèvre supérieure est rasée, mais
les joues et le menton sont ornés d'une longue barbe
ondulée. Chacun d'eux soutient sur les mains étendues
des groupes ingénieusement arrangée d'oiseaux aquatiques
et de poissons, mèlés à des fleurs de baschnin.
«Il n'y a pas de monuments qui appartiennent plus
incontestablement à l'époque agitée qui vit les Pasteurs
maîtres de l'Egypte.» (MARIETTE.)
Ces porteurs d'offrandes ont été considérés comme
une personnification des Nils (Nil du sud et du nord)
apportant leurs dons à l'Egypte. Leurs barbes ondulées
et leurs perruques tressées donnent cependant bien
l'idée d'un art asiatique, étranger à la vallée du Nil,
et l'attribution qu'en faisait Mariette aux Pasteurs n'a
d'abord été contestée par personne. Nous allons voir
tout à l'heure (Nos 134, 135 et 139) que cette attribution
paraît aujourd'hui moins certaine.
Sous la XXIe dynastie, le roi Psioukhànou fit graver
ses cartouches sur ce monument. (Cfr. le porteur
d'offrandes de la XVIIIe dynastie, N. 153, salle 23.)
134 et 135 — Granit noir — Haut. 1m, 30 et 1m.—
Fouilles de Mariette en 1863. — Tanis.
Deux sphinx que Mariette considérait également
comme des produits de l'art des Pasteurs.
«Ils se distinguent en effet des autres monuments
égyptiens par des caractères bien tranchés, comme on
le reconnaitra sans peine, si l'on compare la tête des
sphinx Nos 134 et 135 à celle des sphinx de Toutmès III
et de Ramsès II. La face est ronde; les yeux petits,
le nez écrasé, les pommettes saillantes; la lèvre inférieure
avance légèrement; les oreilles sont celles du
taureau, et une crinière de lion encadre le visage.
«Tous ces caractères sont marqués au plus haut degré
dans le sphinx N. 133, qu'on est parvenu à reconstituer
presque en entier; mais il porte de plus des
inscriptions qui nous permettent de refaire en partie
son histoire. Il porte sur l'épaule droite une lègende
martelée, dans laquelle on a réussi à déchiffrer le nom
du roi pasteur Apopi. Plus tard Ménephtah fit gratter
le nom du roi pasteur et y substitua ses cartouches,
qu'il répéta encore dans l'inscription de la base. Plus
tard encore Psioukhânou (XXIe dynastie) grava ses
cartouches sur la poitrine. Un examen attentif m'a
fait reconnaître que la surface de la poitrine a été
rabaissée pour recevoir les cartouches de Psioukhànou,
et par conséquent qu'il y avait là auparavant, à la
place d'honneur, les cartouches d'un roi, celui probablement
pour qui on fit le monument. Ce roi antérieur à
Apopi était-il un Pasteur ou un roi des dynasties indigènes?
(M. Golenischeff croit reconnaître les traits
d'un roi de la XIIe dynastie dont il a vu une statuette).

Il convient d'attendre de nouvelles découvertes avant
d'affirmer que ces sphinx et les monuments de style
analogue que possède le musée sont l'ôeuvre des Pasteurs
ou représentent des princes appartenant à cette race
conquèrante.» (MASPERO, Cat., p. 64 et 65.)
136 — Granit noir — Long. 0m, 61. — XIIe dynastie.
Louqsor, 1887.
Table d'offrandes (?) ou autel (?), semblable au
monument N. 108 usurpé par Apapï. Le 136 a été
découvert en 1887 dans le temple de Louqsor. Il a été
dédié par le roi Ousortesen III. Par la présence de
cette table dans le temple de Louqsor, on pouvait
conjecturer qu'Aménophis III n'avait fait que relever
un ancien sanctuaire. Dans une inscription dégagée
l'année suivante, Aménophis III dit, en effet, qu'il a
rèconstruit le temple à partir des fondations. Nous y
avons trouvé, la même année, une architrave en
granit au nom de Sebek-Hotep II.
137 — Granit gris — Haut. 1m. Mar., Mon. div.,
pl. 39; Cat. Mar., N. 2; Cat. Masp., p. 5. — Mit Farès
(Fayoum).
«Partie supèrieure d'une statue colossale qui représentait
un roi debout. Aucune inscription n'indique le
nom du personnage; mais la ressemblance est frappante
entre ce fragment et les monuments de Tanis
(Cfr. Nos 133, 134 et 135); aussi Mariette l'a-t-il
attribué à un roi pasteur. De toute manière, la prèsence
de ce morceau dans les ruines de la capitale
antique du Fayoum, prouve que les princes qui
règnaient à Tanis en ce temps-là étendaient leurautorité

au moins sur la partie septentrionale de la
Moyenne-Egypte
138 — Granit rouge — Long. 0m, 49, larg. 0m, 34. —
Tanis.
Groupe de trois têtes provenant d'un monument brisé,
peut–être d'une console ou pierre d'encorbellement. Ce
monument est du même style que les précédents.
139 — Calcaire — Haut. 2m, 33, long. 0m. 78. — Elkab.
Fragments rassemblés d'un sphinx découvert en 1891
par M. Grébaut, dans les ruines du temple d'Elkab,
auprès d'objets de la XIIe et de la XIIIe dynastie.
Comme Elkab fut un des centres de la résistance
contre les Pasteurs, M. Grébaut conclut que ni ce
monument ni ceux qui précèdent ne doivent leur être
attribués, et que nous ne possédons de ces envahisseurs
que les monuments usurpés par eux.
Mais ce qui est certain, c'est que ces monuments
nous représentent les traits bien accentués des populations
voisines du lac Menzaleh. Si l'on doit hésiter à y
reconnaître des produits de l'art des Pasteurs, il faut
toujours les considérer comme les produits très originaux
d'artistes tanites, dont l'école aurait été un
moment florissante sous le moyen empire (Cfr. les
statues de la reine Nefert, N. 122). Cette école, voisine
de la frontière syrienne, pouvait, d'ailleurs, subir
l'influence des Asiatiques, dont les peintures de BeniHassan
et le voyage d'Abraham attestent les relations
pacifiques avec l'Egypte, anterieurement à l'invasion
des Pasteurs.
140 — Calcaire blanc — Haut. 1m, 15, long. 2m, 35,
larg. Im. Lepsius, Denkm, t. II, pls. 147 et 148, a, b.
XIe dynastie. — Thèbes, Cheikhi Abd-el-Gournah.
«Sarcophage de Tagi. Ce sarcophagc, oublié depuis
Lepsius, qui le copia il y 40 ans, fut retrouvé en 1882,
et transporté au musée au mois d'avril 1883. Il est orné
à l'intérieur de la représentation des armes, objets de
toilette et d'offrandes, vases à parfums, qu'on déposait
dans la tombe. Au–dessous, des prières tracées à l'encre
noire, analogues aux prières qu'on trouve dans les pyramide
de Saqqarah
141 — Grès — Haut. 2m, 15, larg. 1m, 80, prof. 0m, 73.
— XIIe dynastie. — Fouilles de Grenfell pacha, sirdar
de l'armée égyptienne, à Assouan.
Partie de la niche abritant la statue de Si-renpu au
fond de son tombeau.

Salle 17.

Dans la vitrine A, jolies stèles peintes de la
XIIe dynastie.
Au centre de la salle, plusieurs sarcophages en
bois. La plupart, de forme rectangulaire, doivent
être antérieurs à la XIIe dynastie. Quelques autres,
remarquables par la forme de leurs couvercles,
sont peut-être de la XIIe. Le travail des premiers
est quelquefois un peu barbare; l'un d'eux, cependant,
présente des détails très intéressants.
142 — Bois — Long. 3m,11, larg. 0m,62, haut. 0m,60.
Sarcophage de Kheperka. Ornements d'architecture
que l'on pourra comparer aux Nos 8, 9, 10, 71 et 96.
143 — Albâtre — Long, 0m, 79, larg. 0m. 60. — XIIe dynastie.
— Fouilles de M. Petrie. — Meïdoum.
Belle table d'offrandes, avec les cartouches d'Ousortesen I.

Salle 18.

La salle 18 est ornée de panneaux de hois provenant
de sarcophage du moyen empire.

Salle 19.

La salle 19 (XIIe et XIIe dynastie) contient deux
sarcophages d'Akhmîm (style de la XIe dynastie),
quelques tables d'offrandes, et un grand nombre
de stèles provenant d'Abydos, où l'on était venu
les consacrer près du tombeau d'Osiris.

Salles 20 et 21.

Les salles 20 et 21, ornées de la même manière,
sont intéressantes surtout pour les égyptologues

de profession. On pourra remarquer au centre de
la salle 21
144 — Granit noir — Haut, 0m, 22, larg. 0m, 17, long.
0m, 57. — XIIIe dynastie.
Petit sphinx décapité, au nom de Sebekhotep III.
Derrière ce sphinx, des fragments de statuettes
aux noms, d'Ousortesen II et Ousortesen III, d'Amenemhât
III
, et de la reine Sentp (XIIe dynastie).

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MONUMENTS DU NOUVEL EMPIRE
(XVIIIe-XXXIe DYNASTIES)
Salles 22 à 34

Salle 22.

Outre un grand nombre de stèles, la salle 22
nous montre:

Centre de la salle.

145 — Calcaire — XIXe dynastie. — Abydos.
Fragment de bas-relief portant le cartouche de Ramsès
II. Les hièroglyphes gravés sont peints en bleu,
les figures de divinités sont rehaussées d'Qr.

Sud de la salle.

–146 et 147 — Granit rose — XIXe dynastie. —
Louqsor.
Deux avant-bras de colosse.
148 — Granit rose.
Monstrueux scarabée. Le scarabée symbolisait les
transformations par lesquelles la vie se conserve dans
la création en se renouvelant sans cesse. C'est pour cela

que, comme hiéroglyphe, il a les significations, contradictoires
au premier abord, de «subsister» et de «se
transformer».

Entre les deux fenêtres.

149 — Calcaire — Larg. 1m, 65, haut. 0m, 65. — XXe
dynastie.
Fragment de bas-relief du temps de Ramsès III,
représentant un chef des écuries royales nommé Panuter-hon.

Salle 23.

Le long des murs, stèles et bas-reliefs.

Est de la salle.

150 — Calcaire — Haut. 0m, 92, larg. 0m, 52. — XVIIIe
dynastie. — Tell-el-Amarna.
Bas-relief représentant le roi Khounaten (Aménophis
IV) faisant une offrande au disque solaire. Les
rayons du soleil sont autant de bras qui transmettent
la vie au roi et à la reine, et ramassent les offrandes
déposées sur l'autel (voir N. 207).
Au centre de la salle, des statues, des tables d'offrandes
et un bassin de la XVIIIe dynastie, provenant
d'Elkab (N. 151).
Au milieu de la paroi nord, un fragment de
colonne (N. 152) de Mitrahineh (Memphis), au nom
d'un grand prêtre de Ptah-Kora.

Ouest de la salle.

153 — Granit rose — Haut. 1m, 82, larg. 1m, 18. —
Fouilles de M. de Morgan, en 1892, à Memphis.
Deux statues assises sur le même siège, représentant
Ramsès II et le dieu Râ–hor–khouti.

Est de la salle.

154 — Granit rose — Haut. 0m, 87.— XVIIIe dynastie.
Karnak.
Fragment d'une statue de porteur d'offrandes (époque
d'Aménophis III). On peut comparer ce fragment aux
porteurs d'offrandes de l'école tanite (N. 133).

Salle 24.

Centre de la salle.

155 — Granit rose. — Long. 3m, 58, larg. 0m, 65 —
Fouilles du temple de Memphis, en 1892. — Mitrahineh.
Barque sacrée du temple de Ptah, le plus bel exemplaire
qu'on connaisse de cette sorte de monument.
Modèle colossal d'un travail admirable, comme les deux
statues du dieu que l'on verra dans la galerie nord de
da salle 26.

Angle sud-ouest de la salle.

156 — Calcaire — Haut. 0m, 90. — XIXe dynastie. —
Fouilles du temple de Ptah en 1892. — Memphis.
Partie supèrieure d'une statue coiffée du scarabée
(voir N. 148). Le scarabée était consacrée à Ptah.

Est de la salle.

157 — Granit rose — Haut. 0m, 90, larg. 1m, 87. —
Fouilles de M. Naville, à Bubaste.
Fragment d'inscription relative aux revenus du temple
de Bubaste sous la XXIIe dynastie.
158 — Granit noir — Haut. 0m, 88, larg. 1m, 15. —
XVIIIe dynastie. — Erment (Hermonthis).
Dans une expédition en Asie, Aménophis II avait fait
prisonnier sept chefs syriens. Six furent pendus devant
les murs de Thèbes et le septième à Napata en Nubie
pour servir d'exemple aux Éthiopiens.

Ouest de la salle.

150 — Calcaire — Long. 0m, 95, haut, 0m, 92. — XVIIIe
dynastie. — Karnak.
Fragment de bas-relief portant des dates du règne
de Thoutmès I, avec le cartouche au milieu, et de
chaque côté du cartouche, deux encadrements de forme
ovale, oú les éléments des prénoms royaux de ce temps
sont assez curieusement groupés.

Salle 25.

Cette salle a été appelée salle éthiopienne, parce
qu'elle contient les monuments des rois éthiopiens,
successeurs des rois-prêtres d'Ammon (voir salles
76-84) exilés de Thèbes, qui, vers 740 avant l'ère
chrétienne, reconquirent l'Egypte et rétablirent
à plusieurs reprises l'empire thébain.
160 — Granit gris — Haut. 1m, 80, long. 1m, 84, épais.
0m, 43. Mar., Mon. div., pl. 1 s.; Cat. Masp., p. 56. —
XXIIIe dynastie. — Gebel Barkal (Napata).
Monument connu sous le nom de Stėle de Pianchi.
Ce monarque éthiopien y raconte comment il soumit
toute l'Egypte, qu'il trouva partagėe entre un grand
nombre de princes, dont plusieurs prenaient le cartouche.
161 — Granit gris — Haut, 2m, 15, larg. 0m, 70, épais.
0m, 34. Mar., Mon. div., pl. 11s.; Cat. Masp., p. 61. —
IVe siècle avant l'ère chrétienne. — Gebel Barkal
(Napata).
Stèle. Le roi Horsiatef y raconte ses campagnes contre
les Madidi, dont il ravagea le pays. Il donna une
partie du butin aux prêtres d'Ammon de Napata et restaura
les temples des villes de son royaume.
162 — Granit gris — Haut. 1m, 32, larg. 0m, 72. Mar.,
Mon. div., pls. 7 et 8; Cat. Masp., p. 69. — XXVIe dynastie.
Gebel Barkal.
Stèle du songe. — Tonuatamen, décidé par un
songe, part à la conquête de l'Egypte. S'il faut en
croire son récit, il ne rencontra pas de résistance bien
sérieuse jusqu'à Menphis, dont il s'empara. Mais,
ensuite, les princes du Delta s'enfermèrent dans leurs
forteresses, et le monarque éthiopien dut les y assiéger.
Il paraìt s'être découragé, car il rentra à Memphis;
mais les princes égyptiens vinrent alors lui faire leur
soumission.

Est de la salle.

163 — Granit gris — Haut. 1m, 62, larg. 0m, 71. Mar.,
Mon. div., pl. 9; Cat. Masp., 68. — Gebel Barkal.
Il s'agissait d'élire un roi. Les délégués de l'armée
se rendent au temple. Lorsque les membres de la
famille royale passent devant la statue du dieu, celle-ci
saisit Aspalout et s'écrie: «C'est votre roi!» Aspalout
acclamé va se faire couronner par le dieu dans le sanctuaire.
Monument de l'époque persane.
164 — Granit noir — Haut. 0m, 31. — XXVe dynastie.
— Achat fait à Louqsor.
Tète du roi éthiopien Taharqa ou Tahraka.
Non loin du N. 164 on peut remarquer une
une stèle en granit rose, percée de quatre trous.
Cetle pierre fut employée dès l'antiquité dans les
fondations d'une maison, et les trous indiquent
probablement la trace des crampons d'attache.
Elle porte un écrit d'Ammon, rendu par le dieu
en faveur de Shishonq, gendre et héritier du dernier
roi de la XXIIe dynastie tanite.

Ouest de la salle.

165 — Granit rose — Haut. 1m, 24, larg. 0m, 69. Mar.,
Mon. div., pl. 10; Cat. Masp., p. 66. — Gebel Barkal.
Stéle de l'excommunication. Le nom du roi est
mutilè. Epoque persane.
Le roi avait fait passer par le feu des gens qui
avaient commis le crime de manger crue de la viande
de sacrifice, contrairement au rite qui ordonnait qu'elle

fût cuite. Cette secte abominable fut punie jusque dans
ses descendants, auxquels le roi interdit d'entrer jamais
dans le temple d'Ammon.
166 — Granit noir — Haut. 1m, 20. — XIXe dynastie
Louqsor.
Tête d'une statue colossale de Ramsès II.

Centre de la salle.

167 — Granit rose — Haut. 13, 42. — XIXe dynastie.
Groupe au nom de Ménephtah, le Pharaon de l'Exode.
168 — Calcaire — Long. 2m. larg. 0m, 96. — XXe
dynastie. — Abydos.
Stèle de Ramsès IV. Mention des 67 années de
Ramsès II
(ligne 23).

Paroi est de la salle.

169 et 171 — Calcaire — Haut. 1m, 15, 0m, 95 et
0m, 95, larg. 0m. 83, 0m, 38 et 0m, 55.
Bas-reliefs; fragments rapportés par M. Maspero
d'un tombeau de la XVIIIe dynastie, voisin des grandes
pyramides, et démoli par des bédouins en 1883.
«169. Ti, saeur du défunt Ptahmaï, présente un vase
à son frère et à sa belle-saeur; derrière elle, une chanteuse
qu'une joueuse de viole et une harpiste accompagnent
de leurs instruments. Deux des fils, Phtahônkh
et Nanofir, assistent à ce spectacle. Ce troisième registre
est occupé par la construction d'un naos; un ouvrier

en sculpte les détails tandis qu'un aide va chercher des
matériaux.
«170. Scènes funéraires. Au premier registre, des
serviteurs qui portent des fleurs et des fruits; des
pleureuses, un sacrificateur qui traîne un veau. Au
second, d'autres serviteurs portent les fauteuils, les
canopes, les caisses à provisions.
171. Quatre registres. 1° Préparation des pains
d'offrandes et sacrifice du baeuf. 2° Kaka, Hori et
Phtahmos, fils de Phtaimaï, sont assis devant un
monceau de provisions. 3° Un coffre rempli de pains,
et à côté un personnage qui transvase le vin dans des
amphores. Une petite femme danse en lançant des
baisers et en faisant des grâces. De toutes les figures
c'est celle qui rappelle le mieux le type connu par les
tombeaux de Tell-el-Amarna: elle est d'une souplesse et
d'une légèreté exquise. 4° Transvasement du vin dans
des jarres, qu'un serviteur tient en équilibre au moyen
d'un crochet de porteur d'eau.» (MASPERO).
172 et 172 bisCalcaire — Haut. 1m,37, larg. tot.
2m,80. — Saqqarah (Memphis).
«Bas-reliefs extraits du tombeaux de Hor-Min. A
gauche, Hor-Min est devant deux des quatre génies des
entrailles. Hathor, debout dans son sycomore, verse
l'eau de purification que boivent Hor-Min et la dame
Maï. L'àme du défunt, prenant également sa part de
l'eau sacrée, est représentée au pied de l'arbre.
«Un autre tableau représente Hor-Min assis sur un
grand siège. La dame Maï est à ses pieds. Des personn
ages de sa maison lui apportent des offrandes de toutes

sortes: une oie, un veau, des fleurs, des parfums, des
liquides.
«Nous assistons à droite à la cérémonie funèbre. Le
cortège est en marche. Des esclaves, tête rasée, portent
les coffres, les tables dont on va garnir le tombeau. Des
pleureuses les suivent. Après elles marchent les génisses
que l'on va immoler. Vient ensuite le catafalque
contenant la momie couchée et posée dans un bateau
que des prêtres et la dame Maï elle-mème portent sur
leurs épaules. Suit un groupe d'assistants. On a représenté
plus loin une coupe des diverses chambres de
l'édicule mortuaire. Des tables d'offrandes y sont déposées.
Des hommes les traversent avec des gestes de
douleur. Quelques scènes extraites du Rituel couronnent
ces curieux bas-reliefs.» (MARIETTE.)
173 — Calcaire — Haut. 0m, 58, larg. 1m, 08. — Saqqarah
(Memphis).
«Bas-relief. Scène de funérailles. Des femmes sautent
avec les plus étranges contorsions; d'autres font retentir
une sorte de tympanum. Des hommes marchent à
grands pas en agitant une tige de roseau. Ces danses
funèbres sont encore pratiquées aujourd'hui dans la
plupart des villages de la Haute-Egypte. Ce que le bas-relief
de Saqqarah n'a pu rendre, ce sont les hululations
discordantes dont ces danses sont accompagnées.» (MARIETTE.)
Enfin, au milieu du passage qui conduit de la
salle 25 aux galeries de la salle 26:
174 — Albâtre — Haut. 1m, 67; Cat. Mar., N. 866;
Cot. Masp., p. 52. — XXVe dynastie. — Karnak.
«Cette jolie statue représente la reine Ameniritis.
fille du roi Kashta et saeur de Sabacon. Les formes
un peu longues et grêles sont chastes et délicates: la
tête, surchargée de la grande perruque des déesses, est
d'une expression un peu morne. Le socle est de granit
gris; l'inscription donne le nom et les titres de la reine.
Les deux noms martelés sont ceux de Sabacon et de
Kashta, que les monarques de la XXVIe dynastie considéraient
comme des usurpateurs.» (MASPERO).

Salle 26.

Galerie sud-ouest de la salle.

175 — Granit gris — Haut. 0m, 80. — XXXe dynastie (?).
Pithom.
Buste provenant des fouilles de M. Naville, à Pithom,
ville où les Hébreux travaillèrent pendant l'oppression
qui précéda l'Exode.
176 — Syènite — Haut. 1m, 05. Nav., Bubastis , pl. 15.
— XIXe dynastie. — Bubaste.
Tète de Ramsès II, coiffé du diadème atef (cornes de
bélier supportant le disque avec deux plumes d'autruche).
177 — Syénite — Haut. 1m, 45. Nav., Bubastis , pl. 16.
— XXe dynastie. — Bubaste
Buste du roi Ramsès IV.

Galerie ouest de la salle.

178 — Granit rose — Haut. 2m, 45. — XIXe dynastie.
Louqsor.
Cynocéphale provenant du soubassement de l'obélisque
de Louqsor. Règne de Ramsès II.
179 — Calcaire — Haut. tot. 0m 70. — Saqqarah
(Memphis).
«Joli groupe représentant un frère et une saeur assis
sur un siège commun. Le frère s'appellait T'ai et la
saeur Naïa. Ils sont tous deux vêtus à la mode du beau
temps de Ramsès. T'aï a la longue robe, bouffant aux
manches et se terminant par devant en tablier; Naïa
porte la grande chemise collante. D'énormes perruques
à longue tresse couvrent la tête de nos personnages.
«Deux petites scènes gravées, ornent la partie antérieure
du siège. Une image d'Osiris assis devant un
autel est le sujet de la première. La seconde nous
montre T'aï et Naïa recevant les offrandes funèbres
que la piété des parents a déposées dans le tombeau ou
notre groupe a été trouvé. Enfin, derrière les deux
statues, a été gravée une représentation des deux mêmes
personnages assis, recevant l'hommage d'une prêtresse
attachée au culte d'Ammon, et nommée Tanor.
«Ce morceau appartient à la XIXe dynastie. Les
profils des personnages gravés sur le dos du siège
rappellent le temps de Séti I, les deux statues assises
ont, au contraire, tous les caractères de la physionomie
douce et épanouie, qui est le cachet de la belle tête
royale, que je crois être celle de Ménephtah, petit-fils
de ce même Séti I.» (MARIETTE.)
180 — Albâtre — Diam. 0m, 68, haut. 0m, 38. — XXe dynastie.
Tell-cl-Yahoudi.
Fûts de colonne provenant d'un palais de Ramsès III.
Deux autres morceaux semblables, de l'autre
côté
181 — Calcaire — Haut. 1m, 52, larg. 0m, 55. — Saqqarah (Memphis).
«Fragment d'un pilier extrait de la tombe de Neferhotep,
fils de Houï, fonctionnaire de Memphis sous un
des rois de la XIXe dynastie.
«Ce pilier est richement décoré. Sur deux de ses
côtés, sont sculptés deux grands Tat surmonté de la
couronne Atef; deux âmes coiffées du disque sont debout
au sommet de cette coiffure symbolique, un autre grand
Tat orne la face principale. Il est surmonté du chapiteau
naoforme à tête d'Hator. La quatrième face a disparu.»
(MARIETTE.)
182 — Grès rouge — Haut. 1m, 05, long. 0.50, prof.
0m, 65. — Karnak (Thèbes).
«Pilier quadrangulaire gravé sur les quatres faces.
Ramsès II, deux fois représenté à genoux, fait l'offrande
du vin à Ammon et à Month.» (MARIETTE.)
183 — Granit noir — Haut. 0m, 80. — XIXe dynastie.
Karnak (Thèbes).
«Ammon et Maut, les deux divinités principales de
Thèbes, assises sur un grand siège à dossier. L'inscription
gravée sur le devant constate que ce monument a

été exécuté par l'ordre de Séti I, XIXe dynastie. Le
cartouche-prénom (Ra-men-Ma) ne s'écarte pas de la
forme ordinaire; mais le cartouche-nom a été réduit à
sa plus simple expression (Seti).» (MARIETTE.)
184 — Calcaire — Haut. 2m, 62, larg. 1m, 07. — XXe dynastie.
Abydos.
Grande stèle contenant une prière adressée par le
roi Ramsès IV aux divinités d'Abydos.

Galerie nord, angle nord-ouest et nord-est
de la salle.

185 et 186 — Grès siliceux — Haut. 2m, 05. et
3m, 15. — XIXe dynastie. — Fouilles exécutées sous la
direction de M. de Morgan, en 1892, dans le temple
de Ptah à Memphis (Mitrahineh).
Magnifiques statues de Ptah (Vulcain), dieu de Memphis.
Ce sont les plus remarquables statues divines
qu'on ait encore trouvées en Egypte.
On lit derrière la statue de l'angle nord-ouest:
«Paroles du très puissant Ptah, chef des deux terres:
«Je fais don de toute vie et prospérité, de toute force,
au seigneur des deux terres Usormaràsotpenrà, seigneur
des diadèmes, Ramsès Méiamoun, vivificateur.»
Aux pieds de la statue de l'angle nord-est:
«Usormarâsotpenrâ (prénom de RamsèsII), vivificteur
aîné de Ptah Risanbouf.»
Derrière la statue:
«Paroles de Ptah Risanbouf, maître qui vivific les
deux terres:
«Je donne multitude de panégyries (fêtes de renouvellement;
ces paroles s'appliquent bien à Ramsès II,
dont les années se renouvelèrent plus de cent fois, et
dont les enfants se multiplièrent) au seigneur des deux
terres Usormarâsotpenrâ, seigneur des diadèmes, Ramsès
Méiamoun, vivificateur.»
187 — Granit noir — Haut. 0m, 80. — Tanis (Sân).
«Partie supérieure d'une statue représentant un roi,
le bras gauche étendu, la main droite tenant sur la
poitrine le sceptre hyk. Le roi est sans barbe; sa tête
est couverte de la grosse perruque autour de laquelle
s'enroule une bandelette terminée par des uraeus. La
finesse des traits de ce personnage est à remarquer. On
voit sur le dos du siège un commencement de légende
qui ne nous dit malheureusement pas de quel roi ce joli
monument nous conserve les traits.» (MARIETTE.)
188 — Fragment granit gris — Haut. 1m, 26, larg.
0m, 95. Mar., N. 873; Cat. Masp., p. 426. — Du grand
temple de Karnak.
Fragment d'une magnifique statue qui représentait
Aménophis II assis, coiffé du claft.
189 — Calcaire — Haut. 0m, 53, larg7 0m, 34, prof.
0m, 17. — Memphis (Grandes pyramides).
«Naos, ou plutôt stèle épaisse avec la figure du défunt
en haut-relief. Celui-ci est représenté à genoux, les

mains levées. Il s'appelait Nekht, et avait le titre assez
singulier de premier royal fils d'Ammon. Des deux
pierres gravées sur le pourtour du monument, l'une,
celle de gauche, est une invocation au soleil lorsqu'il
brille à l'horizon oriental
; l'autre, celle de droite,
lorsqu'il se couche pour la vie divine. Par là les
Egyptiens marquaient les deux termes des pérégrinations
de l'âme dans l'autre monde. Le soleil qui se
couche symbolise la mort; le soleil qui se lève est
l'image de la résurrection de l'âme et de l'immortalité
promise aux justes.
«Le frère de Nekht était un deuxième prêtre de
Khons, nommé Schaï (XVIIIe dynastie).» (MARIETTE.)
190 — Grès statuaire — Haut. 0m, 57. — Karnak
(Thèbes).
«Les particuliers, comme les rois, avaient un droit
dont les limites ne sont pas encore bien définies; celui
de consacrer leurs propres statues dans les temples. En
ce cas, bien qu'ils fussent vivants, leur nom propre est
presque toujours suivi des mots le véridique, qui, habituellement,
ne s'appliqueut qu'aux morts. Le plus souvent
encore, on trouve gravée sur l'une des parties de
la statue la formule fait pour les louanges du roi
que nous avons avons discutée autre part.
«Le fragment que nous décrivons ici provient d'une
statue qui a eu cette destination. La tête, heureusement,
est d'une parfaite conservation. Elle appartient à
la XIIIe dynastie, et déjà l'on peut voir, par la comparaison
de cette tête avec celle des statues voisines, la
différence qui distingue les deux arts et la supériorité
du plus ancien sur le plus nouveau.
«Un reste de la légende, gravé sur le dossier,
montre que le personnage dont nous avons l'image sous
les yeux était un noble chef. Un commencement de
prière à Ammon-Ra se lit sur le devant; le nom du dieu
a été martelé, puis gravé de nouveau après la chute des
usurpateurs de la XVIIIe dynastie.» (Mariette.)
191 — Calcaire — Haut. 0m, 70. — Karnak.
Tête de roi. Les yeux incrustés ont disparu. Elle
provient du temple de Karnak, et, d'après les souvenirs
de M. E. Brughsch, a été trouvée dans le même lieu
que la tête dite de Taïa (N. 196).
192 — Granit rose — Haut. 0m, 77. — Karnak.
Buste du roi Thoutmès III, de la XVIIIe dynastie.
193 — Calcaire — Haut. 1m, 20. — Saqqarah (Memphis).
«Belle stèle funéraire au nom d' Amen-mès. Le défunt,
suivi de ses deux filles et de sa mère, se présente
devant Osiris. Les mains des suppliants sont pleines de
fleurs de lotus, symbole de la renaissance promise aux
morts; les femmes en portent sur la tête, arrangées en
élégantes coiffures. Plus bas, une table chargée de toutes
sortes de choses est placée entre deux groupes formés
d'Amenmès, de son frère et de ses deux saeurs. Une de
ces dernières, Anaï, a près d'elle un singe qui joue.
«Le monument est exécuté dans le grand style qui
distingue les règnes de Thoutmès et d'Aménophis.
Quoique le nom d'Ammon n'y soit pas martelé, je le
croirais de la XVIIIe dynastie.» (MARIETTE.)
194 — Calcaire — Haut. 1m, 17. Cat. Mar., N. 900;
Cat. Masp., p. 44. — XIXe dynastie. — Saqqarah.
Statue de Khaï, gardien du trésor de la chapelle funéraire
de Ramsés II. Khaï assis, enveloppé dans sa
longue robe, tient devant lui un petit naos renfermant
une image d'Osiris sur le pilier, prière à Ptah, à Osiris,
etc. (voir le numéro suivant).
195 — Calcaire — Haut. 1m, 10. Cat. Mar., N. 901;
Cat. Masp., p. 45.
Autre statue de Khaï, dont il est fait mention dans
l'inscription de la première.
Le naos du N. 195 renferme une image du dieu Rà.
196 — Granit gris — Haut. 2m, 65. — Tanis.
«Magnifique colosse, représentant un roi assis. Nous
n'hésitons pas à attribuer ce monument à la XIIe dynastie,
malgré les cartouches de Ramsès II qui le couvrent.
L'usurpation est évidente sur les deux côtés du siège,
où les deux Nils, liant autour du caractère sam les tiges
symboliques de la Haute et de la Basse-Egypte, sont
d'une autre main et d'une main plus ancienne que les
cartouches du roi qui s'en approprie le monument.»
(MARIETTE.)
197 — Granit noir — Haut. 0m, 77. Cat. Masp., p. 425.
Karnak.
Charmante tète de Pharaon adolescent, que Mariette
attribuait à Menephtah.
«La comparaison avec d'autres monuments m'a
conduit à y reconnaître le portrait du pharaon Horemheb.»
(MASPERO.)
198 — Calcaire — Haut. 0m, 80. Cat. Masp., p. 425.
— XVIIIe dynastie. — Karnak.
Superbe tête connue sous le nom de Tête de Taïa,
que Mariette lui a donné, bien que rien ne confirme
cette attribution (Cfr. le N. 191).
199 — Calcaire — XIXe dynastie.
Groupe d'un homme et d'une femme assis sur le même
siège. On remarquera la robe plissée de la femme, et le
vêtement de l'homme, plissé sur les côtés, uni par-devant.
L'inscription gravée derrière le siège contient une
prière pour le défunt, officier d'archers, Nebheh, mâkherou
(voir N. 8), et pour la défunte, chanteuse d'Ammon,
Bakairti (ce dernier nom écrit moitié en hiéroglyphes,
moitié en écriture cursive hiératique. L'inscription est
composée d'une manière assez singulière; plusieurs
signes sont irrégulièrement tournés.
200 — Granit noir — Haut. 0m, 81. Cat. Mar., N. 795;
Cat. Masp., p. 63. — XVIIIe dynastie. — Abydos.
Naos. La cavité est remplie par l'image du grand prêtre
Phtah-Mes, qui porte les cartouches de Thoutmès III,
gravés sur l'épaule et la poitrine.
201 — Calcaire — Haut. 0m, 90. Cat. Masp., p. 425.
Karnak.
Un buste, fragment d'une statue royale três soignée,
du style de la XVIIIe dynastie.

Galerie est de la salle 26.

202 — Granit rose — Haut. 1m, 75. — Karnak.
Statue de Thoutmès III, brisée par en bas.
203 — Calcaire blanc — Haut 1m. 23. Mar., Abydos ,
t. II, pl. 51; Cat. Masp., p. 53. — XIXe dynastie.
Hori est en adoration devant Anubis. Au premier registre,
c'est le roi Séti I, au temple duquel Hori était
attaché, qui fait offrande à Osiris et à Isis.
204 — Calcaire — Haut. 0m, 90, larg. 1m, 78. — XVIIIe
dynastie. — El Hibeh, près de Feshn.
Bas-relief portant le prénom du roi Thoutmès I.
205 — CalcaireGournah, 1889.
Statue de scribe accroupi, lisant le rouleau qu'il tient
ouvert sur les genoux. Il porte l'encrier sur le dos. Au
nom de Amenhotep. Style du commencement de la
XVIIIe dynastie. Le nom d'Ammon a été martelé.
206 — Calcaire blanc — Haut. 2m, 35. Cat. Masp.
p. 422.
Belle statue d'Aménophis II. Les yeux sont rapportés,
les détails du vêtement sont d'une finesse admirable.
207 — Calcaire — Haut. 1m, 30, larg. 0m, 50. — Don
de M. Wilbour.
«Cette stèle, découverte en 1882 à Hadji Handil, est
un morceau unique ou peut s'en faut (voir N. 150).
Elle représente le roi Khounaton (Aménophis IV) en
adoration devant le disque solaire rayonnant. Khounaton,
monté sur le trône à la mort d'Amenhotpou III, s'inquiéta
du développement extraordinaire que les largesses
de ses prédécesseurs a vaient donné au culte d'Ammon
et à la puissance des prêtres de ce dieu. Le grand prêtre
d'Ammon thébain était le second personnage dans l'Etat

et devait être souvent tenté d'aspirer au premier rang.
Khounaton crut que le meilleur moyen de réagir contre
l'usurpation était d'imposer à l'Etat un nouveau dieu
et une nouvelle capitale. Il prit pour divinité protectrice
le disque solaire, Aton, qu'on a confondu bien à tort
avec le dieu syrien Adonis, et qui n'est autre qu'une
des formes les plus anciennes d'un des plus anciens
dieux de l'Egypte, Râ d'Héliopolis. Il lui construisit
une ville et un temple sur la rive droite du Nil, sur
l'emplacement des villages actuels de Tell-el-Amarna
et d'Hadji Handil, et prit le nom de Khounaton, splendeur
du disque solaire
, au lieu de celui d'Amenhotpou
qu'il avait porté jusqu'alors. Les tombeaux et les ruines
montrent à quel degré de splendeur parvint la ville
nouvelle, pendant les quelques années que dura son
existence. Thèbes fut abandonnée, le dieu Ammon proscrit
et son nom effacé sur tous les monuments antérieurs;
un temple d'Aton s'éleva à Karnak, en face du sanctuaire
d'Ammon, à l'endroit où se dressent aujourd'hui
les pylones d'Harmhabi. Ce retour aux anciens cultes
solaires était trop factice pour que l'effet en persistât
longtemps. Le culte d'Aton dura quelques années à
peine après la mort de son fondateur; Thèbes reprit le
dessus, et la ville de Tell-el-Amarna perdit l'importance
qu'elle avait prise.» (MASPERO, Cat., p. 420-422.)
208 et 209 — Granit rose — Haut. 2m, 24. Cat.
Masp., p. 74. — Abydos.
Parois latérales d'une porte enlevée autrefois du
temple d'Osiris à Abydos et abandonnée à Belianeh sur
la berge du fleuve. Apportées au musée en avril 1882.
Le roi Ramsès II, debout, fait offrande à l'emblème
d'Abydos.
210 — Granit gris — XVIIIe dynastie. — Karnak.
Statue de la déesse à tête de lionne. Du temple de la
déesse Maut, à Karnak. Cartouche d'Aménopbis III.—
Les voyageurs du siècle dernier ont vu en place plus
de cent cinquante de ces statues. Tous les musées en
possèdent de la même provenance.
La déesse à tête de lionne s'appelle Sekhet; elle detruit
les ennemis du soleil et ceux du roi.
211 — Granit rose — Long. 0m, 74, long. 0m50. Cat.
Mar., N. 97; Cat. Masp. p. 25. — XVIIIe dynastie. —
Karnah.
Table d'offrandes consacrée par le roi Thoutmès III
à son père Ammon-Rà, lors de la construction d'une des
salles du temple de Karnak. Le temple de Karnak est
appelé Rà-men-kheper-khou-mennou.
212 — Calcaire — Haut. 0m, 00. — XVIIIe dynastie. —
Karnak.
Fragment d'une statue accroupie, au nom du scribe
royal et architecte Aménophis, qui travailla pour
Aménophis III, constructeur du temple de Louqsor,
des colosses de Memnon, etc.
213 — Granit noir — Haut. 1m, 80. larg. 0m, 75. Mar.,
pl. 11. — XVIIIe dynastie. — Karnak.
«Cette stèle renferme un poème composé pour célébrer
les victoires de Thoutmès III. Ce roi y est représenté
adorant le dieu (Ammon), qui lui répond:
«Je suis venu, je t'accorde d'écraser les princes de
la Phénicie du Nord; je les jette sous tes pieds à travers
leurs contrées; je leur fairs voir ta Majesté, telle qu'un
seigneur de lumière, lorsque tu brilles sur leur tête
comme mon image.
«Je suis venu, je t'accorde d'écraser les barbares
d'Asie, d'emmener en captivité les chefs de la Syrie
Creuse; je leur fais voir ta Majesté couverte de ta
parure de guerre, quand tu saisis tes armes sur le
char.
«Je suis venu, je t'accorde d'écraser la terre d'Orient;
la Phénicie et Chypre sont sous la terreur; je leur fais
voir ta Majesté, etc.
«Je suis venu, je t'accorde d'écraser les peuples qui résident
dans leurs ports, et les côtes de la Cilicie tremblent
sous la terreur; je leur fais voir ta Majesté, etc.
«Je suis venu, je t'accorde d'écraser les peuples qui
résident dans leurs iles; ceux qui vivent au sein de la
mer sont tes rugissements; je leur fais voir ta
Majesté, etc.
«Je suis venu, je t'accorde d'écraser les Libyens;
les îles des Danaens sont au pouvoir de ta volonté; je
leur fais voir ta Majesté, etc.
«Je suis venu, je t'accorde d'écraser les contrées maritimes;
tout le pourtour de la grande zone des eaux
est lié à ton poing; je leur fais voir ta Majesté, etc.
«Je suis venu, je t'accorde d'écraser les peuples qui
résident dans leurs lagunes, de lier les Bédouins.
maîtres des sables, en captivité; je leur fais voir ta
Majesté, etc.
«Je suis venu, je t'accorde d'écraser les barbares de
Nubie; jusqu'aux peuples de Pit, tout est dans ta
main; je leur fais voir ta Majesté semblable à tes deux
frères Hor et Sit, dont j'ai réuni les bras pour assurer
ta puissanse.
«Cette partie du poème était devenue si célèbre
qu'on la copia sur d'autres monuments pour célèbrer

les exploits de Séti I et de Ramsès III.» (MASPERO,
Cat., p. 72-74.)
214 — Granit noir — Haut. 1m, 85.
Belle statue de Thoutmès III, assis. Le buste seul était
exposé à Boulaq. En classant, d'après la matière et le
travail, de nombreux fragments conservés dans les
magasins, nous avons pu faire compléter un certain
nombre de monuments déjà exposés. Une vingtaine de
fragments, rapportés en différentes années et tirés de
différents magasins, ont complété à près la statue de
Thoutmès III; il ne manquait que les pieds qui ont été
refaits en ciment peint.
215 — Granit rose — Haut. 2m, 08, larg. 1m, 15. —
XVIIIe dynastie. — Gournah.
Belle stèle de Pu-m-râ, deuxième prophète d'Ammon.

Galerie sud-est de la salle.

216 — Calcaire — Haut. 1m, 98. larg. 0m, 97. Cat.
Mar., N. 72; Cat. Masp., p. 45. — XIXe dynastie. —
Saqqarah.
Stèle d'Anaouaa. Prière au soleil.
217 — Granit noir — Haut. 1m, 60, larg. 0m, 58. Mar.,
Mon. div., pl. 63b. — XVIIIe dynastie. — Benha.
«Le serpent possédait, avec des influences funestes
dont on se gardait par divers amulettes, des vertus
protectrices qu'on essayait de tourner au profit de l'humanité.
Aujourd'hui encore, dans beaucoup de villes

égyptiennes, chaque maison a son serpent qui lui sert de
génie protecteur; dans l'antiquité, non seulement les
maisons, mais les temples, étaient sous la garde d'un
esprit familier de cette espèce. Le monument N. 217
représente le serpent protecteur du temple de Horkhont-khiti
dans la ville d'Athribis; il a été érigé par le roi
Amenhotpou III, dont il porte les cartouches.» (MASPERO,
Cat., p. 418–419.)
Dans la cour comprise entre les galeries de la
salle 26, on peut signaler:
Deux têtes de colosses en granit rose (XVIIIe ou
XIXe dynastie), trouvées en 1887 et 1888 dans les
ruines du temple de Mitrahineh (Memphis); une
grande stèle (grès siliceux) du roi Khounaten
(voir Nos 150 et 207) usurpée par le roi Hor-mheb
(XVIIIe dynastie). Trouvée en 1888.
Un fragment (grès compact) d'un petit obélisque
au nom du roi Ramsès IV, acheté au Caire en
1887, et provenant probablement d'Héliopolis. Un
tambour de colonne en granit rose avec inscription
historique au nom de Ménéphtah, qui vainquit, en
l'an v de son règne, les Libyens coalisés avec les
peuples de la mer.

Galerie 27.

La galerie 27 contient une collection de stèles et
d'inscriptions de la XVIIIe à la XXe dynastie, provenant

pour la plupart des nécropoles d'Abydos et
de Saqqarah.
218 — Calcaire blanc — Haut. 1m, 28, long. 8m, 25.
Mar., Mon. div., pls. 57 et 58; Cat. Masp. p. 432. —
Saqqarah , 1861.
Célèbre table de Saqqarah, provenant du tombeau
de Tounari, découverte à Saqqarah en 1861. Ce monument
offre une importance exceptionnelle. Tounari
énumère une longue suite de rois d'Egypte auxquels
il rend hommage. Ce sont des rois des Ire, IIe, IIIe, IVe,
Ve, VIe, XIe, XIIe, XVIIIe, XIXe dynasties (Tounari a
vécu sous la XIXe dynastie). Sa liste ne commence pas
par Ménès, comme celle du grand temple d'Abydos,
mais par Méribipen, quatrième roi de la Ire dynastie.
219 — Calcaire — Haut. 1m, 45. Cat. Mar., N. 1005. —
XIXe dynastie. — Abydos.
«Stèle ayant servi d'épitaphe dans le tombeau d'un
habitant d'Abydos. Celui-ci s'appelait Ounnefer. Il
était premier prophète d'Osiris dans le temple principal
de cette ville. Sa saeur Taïa, surnommée Neferarit,
occupait la charge de supérieure des recluses dans le
même temple. Ce monument est élevé à la mémoire
d'Ounnefer par ses deux frères Pirahotep et Minmès.
Ce premier était monarque, le second premier prophète
d'Osiris, comme le défunt lui-mème.» (MARIETTE.)
220 — Granit rose — Haut. 1m, 60, larg. 0m, 80, épais.
0m, 32. — Saqqarah.
Stèle gravée sur les quatre côtés au nom du préfet
comte Rahotep. Offrande à Osiris et à Hapi, à tète de
taureau (Apis).

Cour 28.

221 et 222 — Granit rose — Haut. 1m, 20, long.
2m, 50. Cat. Mar., N. 3; Cat. Masp., p. 24 — XVIIIe dynastie.
Karank.
Deux sphinx portant les cartouches de Toutmès III.
223 — Granit rose — Haut. 3m, 75. — XIIe dynastie.
Abydos.
Colosse au nom d'Ousortesen I.
224 — Granit rose — Haut. 2m, 92. — Aboukir.
Statue colossale usurpée par Ramsès II.
225 — Granit gris — Haut. 2m, 40. — Tanis.
Statue colossale usurpée par Ramsès II.
226 — Granit noir — Haut. 2m. 10, Cat. Mar., N. 1007;
Cat. Masp., p. 26. — Tanis.
«Roi assis, sans barbe, probablement de la XIIIe ou
de la XIVe dynastie. Ramsès II a usurpé cette statue et
y a fait graver son nom.» (MARIETTE.)
227 — Granit rose — Haut. 3m, 30. Cat. Mar., N. 1006.
— Fouilles de Mariette à Tanis.
Statue colossale, refaite de trois fragments, usurpée
par Ramsès II.

Galerie 29.

Bas-reliefs de la XVIIIe à la XXe dynastie.
228 et 229 — Calcaire — Diam. moy, 0m, 50. —
Saqqarah (Memphis).
«A côté des tombeaux de Tounar-i (voir N. 218)
de Phtah-mès et d'autres fonctionnaires memphites de
la XIXe dynastie, existent les ruines de l'édicule funairaire
d'un autre personnage du rang le plus élevé,
nommé Hor-em-heb. Une salle de cet édicule était
soutenue par huit petites colonnes unies, sur lesquelles
étaient comme attachés, à hauteur d'homme, des petits
tableaux rectangulaires. Ce sont quatre de ces tableaux,
sauvés de la destruction des colonnes, que nous offrons
ici au visiteur.
«Le tombeau de Hor-em-heb fait naìtre un problème
historique que nous ne savons pas encore résoudre.
Hor-em-heb a occupé évidemment les charges les plus
importantes. Aux titres vagues de noble chef, de
grand des grands, de supérieur des supérieurs
, il
joint ceux de grand chef des soldats, de chef des
chefs des soldats du roi, d'envoyé à la tête de ses
soldats vers le Nord et vers le Sud.
Le ròle militaire
d'Hor-em-heb ressort avec évidence de ce seul énoncé
de ses charges; mais ce qui rend subitement ce personnage
plus intéressant encore, c'est que quelquefois il
apparaît sur les parois de son tombeau avec l'uraeus sur
le front, comme s'il avait régné. Régna-t-il en effet?
Une révolution militaire porta-t-elle pour quelques

jours le général heureux sur un tròne éphémère? Nul
ne saurait le dire encore.
«Aucune indication monumentale ne permet de préciser
la place qu'occupe Hor-em-heb dans l'histoire de
la XIXe dynastie. Le style des figures et des hiéroglyphes
n'est certes pas celui de Séti I et de Ramsès II.
Il est vraisemblable que les quatre piliers dont nous
nous occupons sont du même temps et peut-être de la
même main que la belle stèle d'Anaoua, n° 216.» (MARIETTE,
Cat., Nos 905-908.)
230 — Grès rouge — Haut. 0m, 93, long. 1m, 20. Rec. du musèe, t. I, pl. 17.
«Reste d'un bas-relief représentant le roi Aménophis
III devant le dieu Ptah. Nous avons tiré ce beau fragment
des ruines du temple de Mit-Rahineh, en 1888,
non loin de la liste des nomes de Ramsès II.
«La table archaïque, N. 7, a été trouvée à vingt
mètres de là, enfouie très profondément. C'est done la
XVIIIe dynastie, qui, sur l'emplacement du sanctuaire
de l'ancien empire, a rebâti le temple dont Ramsès II a
continué la décoration (voir Nos 185 et 186).» (GRÉBAUT.)

Salle 30.

231 — Grès — Haut. 1m, 65. Rec. du musèe, t. I, pl. 1.
— XVIIIe dynastie. — Gournah, 1887.
Statue peinte de Mut-Nefert. Le roi Thoutmès II
l'a fait sculpter pour cette reine, sa mère. Trouvée en

1887, au sud de Ramésseum, dans les ruines d'un petit
temple auquel nous avons donné le nom du prince Oudjmes,
qui parait y avoir été vénéré.
«Le nom de la reine Mut-Nefert était inconnu. Elle
est assise, vètue de la longue robe blanche, qui moule
ses formes; une grosse perruque couvre sa tète. Les
chairs sont peintes en jaune.
«L'ensemble est chaste, de bonnes proportions. La
mutilation du nez n'empèche pas de remarquer la douceur
du visage, éclairé par de grands yeux.
«Il n'est pas rare de rencontrer encore le mème type
chez les jeunes filles de la plaine de Thèbes.
«Nous avons trouvé avec cette statue des fragments
de mème matière prouvant l'existence de cinq ou six
statues semblables dans le temple d'Oudjmes.» (GRÉBAUT.)
232 — Calcaire — Haut. 0m, 66, long. 0m, 65, larg.
0m, 44. — XVIIIe dynastie. — Fouilles exécutées sous la
direction de M. de Morgan, en 1892, à Mitrahineh
(Memphis).
Curieux coffret funéraire d'un personnage nommé
Tamat. Ce nom de Tamat signifiant en égyptien la
chatte
, c'est une chatte qu'on a représentée au lieu du
défunt devant les tables d'offrandes. Mention du prince
Thoutmès, directeur des prophètes des villes du midi et
du nord.
233 — CalcaireRec. du musée, t. I, pl. 2. —
Temple d'Oudjmès à Gournah, 1889.
«Très jolie stèle où le scribe Pa-schot, en adoration
devant le prince Oudjmès, dit adorer Ammon et Maut.

En haut de la stèìe, l'oie d'Ammon et la chatte de
Maut.» (GRÉBAUT.)
234 — CalcaireRec. du musée, t. I. pl. 2.
«Fragment d'une stèìe qui était déposée dans le
temple d'Oudjmès. Thotmès III rend hommage à son
père Thoutmès I, derrière ìequel se tient le prince Oudjmès
enfant. Oudjmès, qu'on croyait fils d'Ahmès, était
fils de Thoutmès I, sans doute fils aîné, mort très jeune.
«La perte d'une partie considérable de l'inscription
est des plus regrettables. Elle avait été gravée par le
père nourricier d'Oudjmès. Il était question d'un règlement
intervenu dans la vieillesse du père nourricier,
après des querelles que la stèle racontait en détail. Le
style sort des formules banales.» (GRÉBAUT.)
235 — CalcaireRec. du musée, t. I, pl. 6. — XVIIIe dynastie.
«Pierre qui a fait partie des assises d'une muraille
détruite du temple d'Oudjmès. Mention du pėre nourricier
de ce prince; cartouche du roi.» (GRÉBAUT.)
236 — CalcaireDeir-el-Bahari.
Fragment détaché d'une muraille de Deïr-el-Bahari,
et dont on n'a pas retrouvé la place antique. La femme
de Pount qui est représentée offre des proportions extraordinaires
(voir le N. 237).
237 — Calcaire blanc — Haut. 0m, 52, larg. 0m, 32.
Cat. Masp., p. 426. — XVIIIe dynastie. — Deir-el-Bahari.
L'âne de la femme du chef de Pount (voir N. 236).
238 — Grès — Haut. 0m, 66, larg. 0m, 41. — XVIIIe dynastie.
Stèì portant les cartouches du roi Ahmès, vainqueur
des Pasteurs, et de la reine Aah-hotep.
239 — CalcaireRec. du musèe, t. I, pl. 15. —
XVIIIe dynastie. — Gournah, 1887.
Stèle.
«Registre supérieur: 1° A gauche sont assis le roi
Amosis et la divine épouse d'Ammon, la royale épouse
Ashmes Nefer-ta-Ari. 2° A droite sont as roi
Aménophis I et la divine épouse d'Ammon, la royale
épouse Aahmes-Nefer-Ari. Est-ce la mème reine qui
assiste les deux rois, ou bien faut-il tenir compte de la
légère différence orthographique des deux noms, et
admettre deux reines distinctes? — Le graveur s'est
attaché à reproduire les traits d'Aménophis I et ceux
d'Amosis. Les reines ne se ressemblent pas.
«Registre inférieur: 1° A droite, Houi, en prière, invoque
Amosis; 2° à gauche, Smen-taoui. en prière,
invoque Aménophis. Il est possible que Houi et Smentaoui
soient deux noms d'un même personnage.»
(GRÉBAUT.)
240 — Calcaire blanc — Haut. 0m, 58, larg. 0m, 44.
Mar., Abydos , t. III, p. 460, N. 122. — XXe dynastie. —
Abydos.
«Au milieu de la stèle se dresse un obélisque dont le
sommet, arrondi comme celui de l'obélisque de Bégig,
est surmonté d'un gros épervier. A droite, Osiris, maître
de Khenmerout, et Isis, sont debout; à gauche, deux

Horus coiffés de la double couronne. Sous ce registre de
dieux, on trouve deux personnages adorant, le prêtre
Pameroupagon, et Phibmos, prêtre de Hor de Khenmerou.»
(MASPERO, Cat., p. 67-68.)

Salle 31 (Époque saïte).

Centre de la salle.

241 — Granit — Long. 1m. 75, larg. 0m, 78, haut. 0m, 75.
Cat. Masp., p. 25. — XXVIe dynastie.
La cavité de ce sarcophage n'a pu contenir que le
corps d'un enfant. Les inscriptions nomment le roi
Psammétik II.
L'existence de ce monument à Damanhour, dans la
maison d'un particulier, lui ayant été signalée par
Emile Brugsch bey, M. Maspero le fit apporter au
musée en juin 1883.
M. Maspero pense qu'il provient de Sa-el-Hagar,
l'antique Saïs, où était la sépulture de Psammétik.
242 — Grès siliceux — Haut. 0m, 35, long. 0m, 51,
larg. 0m, 26.
Table d'offrandes, avec les cartouches d'Apriès.

Est de la salle.

243 — Granit rose — Haut, 0m. 52, long. 0m, 91, larg.
0m, 91. — XXVe dynastie.
Socle portant les cartouches d'un prince Aoupout,
peut-être celui que la stèle de Piankhi (N. 160) mentionné

sans lui donner le cartouche. Il se dit fils de Baet
comme Osorkon II.
244 — Granit à grain fin — Côté de la base 0m, 52.
Base de colonne.
245 — Granit noir — Haut. 1m, 25, larg. 1m, 10. —
XXVIe dynastie. — Esneh , 1887.
Naos portant la bannière du roi éthiopien Shabaka.
Ces cartouches sont martelés. Ce naos, dit M. Grébaut,
provient d'un temple d'Esneh, plus ancien que le
temple actuel.
246 — Granit rose — Haut. 0m, 43, larg. 1m, 00. —
XXXe dynastie. — Bubaste.
Bas-relief portant les cartouches de Nectanébo I.

Sud de la salle, entre les deux fenêtres.

247 — Granit gris — Haut. 1m, 85, larg. 0m, 74.
Cuve ou autel en forme de cartouche. A droite et à
gauche deux autels à brûler l'encens (voir N. 32),
en basalte.

Ouest de la salle.

248 — Calcaire — Haut. 0m, 70, larg. 0m, 75. — Découverte
de M. E. Brugsch bey. — XXVIe dynastie. —
Mendès.
Fragment de stèle au nom du roi Psammétik I.
249 — Granit noir — Haut. 0m, 90. larg. 0m, 64. —
XXXe dynastie.
Naos, au nom du roi Nectanébo II.
Au-dessous, bas-relief avec le même nom.
250 — Granit noir — Haut. 1m, 32. — XXVe dynastie.
Statue décapitée avec les noms de Shabatoka et de
Taharqa.
251 — Granit gris — Haut. 0m, 57. — XXVIe dynastie.
Statue décapitée. Les jambes pliées d'une maniėre
rarement reproduite par la sculpture égyptienne. Les
cartouches de Psammétik I sont gravéssur les bras. —
La statue est au nom d'un chef de la flotte Samtaoui
Tafnekht.

Nord-est de la salle.

Sur la paroi nord, fronton de naos provenant
de Samanhoud, avec les cartouches de Nectanébo
I (XXXe dynastie); une stèle avec le prénom
Khnoumabrâ du roi Amasis (XXVIe dynastie); une
autre, provenant de Qouft, avec le prénom Kheperkarà
de Nectànébo II, etc.

Salle 32.

252 — Granit gris — Haut. 1m, 85, long. 2m, 10, larg.
1m, 86. Cat. Masp., p. 7. — XXXe dynastie. — Saft-el-Henneh,
près de Bubaste.
Restes d'une chapelle monolithe au nom du roi
Nectanébo II.
253 — Granit noir — Haut. 1m, 98, prof. 0m, 95, larg.
0m, 95. — XXXe dynastie.
Autre naos, au nom du roi Nectanébo I, de la XXXe
dynastie. Ce monument a été trouvé au Caire, mais
provient sans doute de Bubaste, d'après la mention
de la deesse Bast et de harchefi dans Bubaste, qui se
trouve dans les légendes.
254 — Calcaire blanc — Haut. 0m, 30, larg. 1m, 08 et
1m, 30. Mar., Mon. div., pl. 35 b. — XVXIe dynastic.
Charmants bas–reliefs provenant d'un tombeau détruit
dès l'époque grecque, et découverts dans les ruines
d'une maison antique, à Memphis. Sur le plus grand,
le scribe Psamitik-Nofirsam, assis, surveille l'apport et
l'enregistrement des colliers d'or, destinés à sa parure
dans l'autre monde; sur le plus petit il reçoit le tribut
de ses domaines funéraires. C'est peut-ètre ce que l'art
saïte nous a laissé de plus délicat et de plus fin: la
facture est peut-être un peu molle, mais ce léger défaut
est racheté par une grâce et par une souplesse dignes
des merveilleuses époques de la sculpture égyptienne.
255 — Calcaire — Haut. 0m, 40, long. 1m. 40. — Héliopolis.
Bas-relief au nom du prince Patenefti.
256 — Gres — Haut. 0m, 43. long. 0m, 66. — XXVIe dynastie.
Karnak.
Bas-relief portant le cartouche de la reine Nitocris.
257 — Grès — Haut. 0m, 50, larg. 0m, 77. — XXVIe dynastie.
Karnak.
Corniche portant le cartouche de la reine Shapenap
et de sa mère Ameniritis.

Nord de la salle.

258 — Grès — XXVIe dynastie. — Karnak.
Bas-reliefs au nom de Shapenap.

Ouest de la salle.

259 — Granit rose — Haut. 1m, 96. — XXXe dynastie.
Fragment d'obélisque au nom de Nectanébo I.
260 — Grès — XXVIe dynastie. — Karnak.
Autres bas-reliefs au nom de la reine Shapenap.

Salle 33.

Est de la salle.

Stèles de Saqqarah, Héliopolis, Abydos, Akhmin;
sphinx décapité avec le cartouche de Nectanébo II.

Sud de la salle.

Autre série de stèles.
261 — Grès — Haut, 1m, 40, larg. 0m, 86. prof. 0m, 92.
— XXVIe dynastie. — Karnak ,
Naos portant les cartouches de Psammétik, de Shapenap
et de Nitocris, dans lequel a été trouvée la statue
de Thouerès en basalte, exposée dans la salle des dieux.
Devant cet édicule, fragment de statuette en
schiste avec les cartouches de Psammétik II.

Ouest de la salle.

262 — Basalte — Haut. 0m, 05. — XXVIe dynastie. —
Saqqarah.
Statue d'Osiris dédiée par Hor-ar-ââ surnommé Rànefer-ab-nefer,
père nourricier de Psammétik II.
Puis une série de stèles; l'une d'elles d'un style
assez original, provient de Hasaïa.

Nord de la salle.

Petit naos; fragments de statues et de statuettes;
stèles; deux des stèles indiquent le temps que les
défunts ont passé sur la terre.
263 — Calcaire — Haut. 0m, 18, larg. 0m, 29.
Stèle de Panoferhâf, fils de la dame Tedasar, qui
vécut 57 ans, 10 mois et 4 jours.
264 — Calcaire — Haut. 0m, 49, larg. 0m, 30.
Stèle d'Ounnefer. Sa durée en vie, dit la légende,
année 51, mois 10, jours 17.

Salle 34.

Stèles nombreuses, la plupart provenant d'Abydos.
265 — Grès — Haut. 1m, 55, larg. 0m, 62, prof. 0m, 86. —
XXVIe dynastie. — Baqlieh.
Naos portant les cartouches du roi Apriès.
266 — Calcaire — Diam. 0m, 84. — Benha (Athribis).
Table d'offrandes ou autel circulaire.

Nord de la salle.

267 — Calcaire — Haut. 1m, 23, larg. 0m, 77. — Akhmin.
Curieuse stèle au nom de Hor, fils du prêtre d'Isis,
Pamerhor, fils de Hor, fils de Hormes, fils de Hornakht,
fils de Pamerhor, fils de Pabasa, fils de
Parekhinou, fils de Hori, avec sa femme la chanteuse
d'Ammon, la dame Isitkheb, fille de Padoutisit, etc….
le texte remonte jusqu'à la cinquième génération.
268 — Schiste — Haut. 0m, 98, long. 1m, 30.
Baeuf décapité avec un petit porteur d'offrandes.
En face, groupe semblable en calcaire provenant
du Sérapeum.

Angle sud-ouest de la salle.

269 — Calcaire — Haut, 0m, 88, larg. 0m, 37. — XXXe
dynastie. — Fayoum.
Stèle au nom de Nectanébo I. représentant ce roi
faisant offrande au dieu Sebek.

Sud de la salle.

270 — Granit noir — Haut. 0m, 45, diam. 0m, 47. —
XXVIe dynastie.
Vase au nom d'un prince Pa-du-sam-taui, surnommé
Râ-nefer-abneb-ken.
Fragments de statues, etc.

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87

MONUMENTS DES BASSES EPOQUES
(XXXIIe — XXXIVe DYNASTIES)
Salles 35 à 48

Salle 35.

271 — Granit gris — Haut, 2m, 83. — Dongola.
Fragment d'un obélisque élevé à Ammon de Napata,
qui réside à la montagne sainte, au nom du roi éthiopien
Atalnarsa.
272 — Granit gris — Haut. 1m, 60, larg. 0m, 61. —
Epoque romaine. — Mèroé.
«Le dieu Ammon et une reine d'Éthiopie. Ce monument,
le seul du genre qu'il y ait jusqu'à présent dans
les musées d'antiquités égyptiennes, m'avait été signalé
en 1882 par M. Berghoff, qui fut, quelques mois plus
tard, pris et décapité par le Mahdi; il a été expédié au
Caire sur ma demande par Gigler pacha, et nous est
parvenu dans les premiers jours de 1883. II appartient
aux derniers temps de la civilisation égyptienne en
Éthiopie, comme le prouvent la grossièreté du travail
et la barbarie du style.» (MASPERO, Cat., p. 8.)

Sud-ouest de la salle.

273.
Parmi les nombreuses stèles exposées dans la salle
35, on peut citer une belle stèle d'Akmim en granit
rouge et noir à grain très fin.

Ouest de la salle.

274.
Trois stèles de Hassaïa, d'un style original, comme
celle que nous avons remarquée dans la salle 33 (ouest).
275.
Au-dessus des trois stèles N. 274, frise d'époque
ptolémaïque.

Nord de la salle.

276 — Calcaire — Haut. 1m, 52, larg. 2m, 90. — Benha
(Athribis).
Grand bas-relief à moitié détruit; quelques restes
d'inscription grecque.

Est de la salle.

277.
Stèles d'Akhmim; une stèle de Hassaïa, peinte et
dorée. — Nombreuses tables d'offrandes provenant
d'Akhmim, représentant la déesse Nout dans le perséa,
versant avec deux vases l'eau vivifiante du ciel, qui
doit faire renaître le défunt. Parfois ni la déesse ni
le défunt ne sont figurés; on voit seulement les deux
vases versant leur eau bienfaisante. — Quatre petites
pyramides, sommets d'obélisque remplaçant mystiquement
l'obélisque lui-même.

Salle 36.

Est de la salle.

278 — Granit gris — Haut. 1m, 28, larg. 0m, 98. —
Fouilles de M. Naville. — Epoque ptolémaïque. —
Tell-el-Maskhouta (Pithom).
Stèle de Pithom, ville construite par les Hébreux
sous l'oppression (Exode, I, 11), et dont l'emplacement
à Tell-el-Maskhouta a été prouvé par les fouilles de
M. Naville.
279 — Calcaire — Haut. 0m, 78, larg. 0m, 44.
Jolie stèle d'Akhmim.

Sud de la salle.

280 et 281 — Grès — haut. moy. 0m, 45, larg. moy.
0m, 28. — Assouan.
Deux séries de trois petites stèles.
Au-dessous, deux tables d'offrandes provenant
également d'Assouan.
282 — Calcaire — Fouilles de M. Naville. — Tell-el-Maskhouta
(Pithom).
Restes d'un pilier doré.
283 — Granit noir — Haut. 1m, 85, larg. 1m, 16. Mar.,
Mon. div., pl. 14. — Epoque greeque. — Caire.
«Stèle découverte en 1870, dans les fondations d'une
petite chambre de la mosquée Cheïkhoun, au Caire, par
Mohammed effendi Kourchid, alors surveillant en chef
du musée.
«Elle date de l'an VII d'Alexandre II, fils d'Alexandre
le Grand, et a été dédiée par Ptolémée, fils de
Lagos, qui ne prend encore que le titre de satrape
d'Egypte. Ptolémée était déjà fort puissant. II avait
fait sa résidence de la forteresse du roi Alexandre I,
sur les bords de la mer Ionienne, dont le nom primitif
était Rakôti, et où il avait établi beaucoup de Grecs
avec leurs chevaux et beaucoup de galères avec leurs
soldats. S'étant rendu avec son armée au pays des
Syriens, pendant qu'ils lui livraient bataille, il se jeta
au milieu d'eux d'un caeur hardi, comme un vautour
au milieu de moineaux, il les prit en une seule fois
et emmena en Egypte leurs chefs, leurs chevaux, leur
vaisseaux, toutes leurs richesses. — Au retour d'une
campagne heureuse en Marmarique, comme il fêtait sa
victoire et cherchait ce qui pouvait être agréable
aux dieux d'Égypte, un de ses conseillers lui suggéra
de restituer au temple de Bouto les biens que le roi
Kabbash avait donnés aux dieux de cette ville, lors de
sa révolte contre Xerxès I, roi de Perse, et que les
Persans leur avaient enlevés après la victoire. Ptolémée
y consentit; la stèle se termine par des imprécations
contre quiconque essaiera de renouveler la
spoliation.» (MASPERO, Cat., p. 55-56.)
284 — Calcaire — Haut. 1m, 47, larg. 0m, 78, épais.
0m, 36. — Epoque ptolémaïque. — Découverte d'Emile
Brugsch bey. — Mendès.
Stèle du bélier de Mendès, avec le nom de Ptolémée
II, C'est la découverte de ce monument qui a fixé
l'emplacement de l'ancienne cité égyptienne.
Puis un certain nombre d'autres stèles de
moindre importance.

Salle 37.

Cette salle est consacrée aux monuments portant
des inscriptions démotiques, c'est-à-dire en écriture
cursive de basse époque: stèles, tables d'offrandes et
cercueils pour momies d'animaux (Nos 285 et 286).
Les statues en granit avec hiéroglyphes au dos
datent des derniers Ptolémées et des premiers empereurs
Romains.

Salle 38.

Stèles et bas-relief égyptiens de la dernière époque
païenne. Quelques-uns sont du IIIe siècle de
notre ère.

Salle 39.

Stèles grecques et romaines, parmi lesquelles on
peut signaler les stèles du Fayoum, avec le crocodile,
emblème du dieu local Sebek.
287 — Calcaire — Haut. 0m, 49, larg. 0m, 56.
Scène sculptée et peinte, rappelant un peu les aeuvres
des écoles de Ravenne et de Byzance. Elle parait représenter
un empereur entouré de ses officiers.
288 — Calcaire — Haut. 0m, 22, larg. 0m 35.
Epitaphe en vers grecs.

Salle 40.

289 — Marbre blanc — Haut. 0m, 40, — Alexandrie.
Stèle funéraire d'un assez joli style. Une femme est
assise affligée; un enfant lui présente une lyre.
290 — Calcaire blanc — Haut. 2m, 22, larg. 0m, 78,
épais. 0m, 40. — Epoque ptolémaïque. — Tanis.
«Stèle brisée par le milieu. Elle porte un décret
rendu dans la ville de Canope en l'honneur de Ptolémée.
Evergète I, par les prêtres rassemblés dans cette ville,
pour célébrer l'anniversaire de la naissance du roi et de
son couronnement. Ce culte du roi et de la reine Bérénice
est consacré par des fêtes annuelles et par des fondations
pieuses, afin de perpétuer à jamais le souvenir
de leurs bienfaits, et l'assemblée décide que des copies
du décret seront déposés dans tous les temples importants
de l'Egypte, en hiéroglyphes, en démotique et en
grec.
« Les ruines nous ont rendu jusqu'à présent trois
exemplaires de ce décret. Le plus anciennement connu
provient du Caire, où il servait de seuil à la mosquée
de l'émir Kour; il avait été transporté, soit de Memphis,
soit d'Héliopolis, et se trouve aujourd'hui au musée
du Louvre (C. 122). Le second a été à Tanis en 1866, et
signalé par M. Guimbard au Dr Lespius, puis à MM. Reinisch
et Raessler, qui en publièrent aussitôt la partie hiéroglyphique
et grecque; le texte démotique, gravé sur
la tranche de gauche, ne devint visible qu'au moment
où le monument fut transporté à Boulaq. Le troisième

exemplaire a été découvert à Kom-el-Hisn, à I'occident
du Delta, en 1881, et porte au musée le N. 290 bis.»
(MASPERO, Cat., p. 353.)
290 bisCalcaire compact — Haut. 2m, 03, larg.
1m, 90. — Epoque ptolémaïque. — Kom-el-Hisn.
«Autre exemplaire du décret précédent, mais d'une
exécution plus soignée. Il porte de plus que l'exemplaire
de Tanis, un tableau où la famille royale est représentée
en adoration devant les dieux de l'Egypte. Le texte
démotique est inséré à sa place entre le texte hiéroglyphique
et la version grecque.» (MASPERO, Cat., p. 354.)
On sait que la découverte du déchiffrement des hiéroglyphes
par Champollion est due à cet usage ptolémaïque
de publier le texte de certains décrets à la fois en égyptien
et en grec. Sachant que dans le texte égyptien
les enroulements appelés cartouches contenaient des
noms royaux, connus par le texte grec, il a suffi d'analyser
rigoureusement les groupes de signes contenus
dans ces cartouches pour reconstituer peu à peu l'alphabet
hiéroglyphique.
Champollion a opéré le déchiffrement sur la pierre
de Rosette, qui, trouvée en 1799 par un officier français,
est aujourd'hui au British Museum. On pourrait
faire une application de sa méthode sur les stèles 290 et
290bis; dans tous les cas, ces monuments servent à prouver
ver combien est fondée la prétention qu'ont les égyptologues
de lire exactement les textes hiéroglyphiques.
291 — Marbre — Haut. 0m, 31.
Tète de guerrier gaulois ou germain.
292 — Grès rougeâtre — Haut. 1m, 40, larg. 0m, 66,
épais. 0m, 34. — Don de M. Sabatier, ancien consul
général de France en Egypte. — Benha (Athribis).
«Bloc provenant d'un naos, dont la frise portait les
cartouches de Psammétik I et de Shabaka, alternés
(XXVIe dynastie). Il fut employé dans la construction
d'un portique à quatre entrées, et porte une longue
dédicace grecque au nom des empereurs Valentinien,
Valens et Gratien. Elle nous donne le nom de l'architecte
Flavius Cyrus et celui du préfet d'Égypte, Aelius
Palladius.» (MASPERO, Cat., p. 381).
293 — Granit rouge — Haut. 1m, 30, larg. 0m, 91,
épais. 0m, 71. Cat. Mar., N. 1017; Cat. Masp., p. 382. —
Epoque romaine. — Cheikh Abadèh (Antinoé).
Base quadrangulaire, portant une dédicace à Antinoüs
l'Illustre par un gouverneur de la Thébaïde.
294 — Granit — Haut. 0m, 86. — Epoque greco-romaine.
Alexandrie.
«Statue découverte en 1881 au pied du Kom-el-Damas.
La tète maigre est un beau morceau, d'un
travail un peu sec; le corps est assez gauchement
taillé et hors de proportion avec la tète; les pieds
manquent. Une longue inscription hiéroglyphique'
gravée dans le dos, nous force à reconnaìtre que ce personnage
d'apparence exotique est un scribe égyptien
nommé Hor. Cette statue est l'aeuvre d'un sculpteur
égyptien qui a subi fortement l'influence grecque.»
(MASPERO, Cat., p. 382.)
295 — Marbre blanc — Haut. 1m, 40 environ.
«Pièce unique, provenant du Sérápėum. Elle représente
une sirène jouant de la lyre. Les pattes d'oiseau
ont été refaites en partie.» (MASPERO, Cat., p. 382.)
296 et 296 bisCalcaireMitrahineh.
Séries de monuments du culte asiatique de Mithra.
Ces monuments forment un groupe à part, entre les
aeuvres égyptiennes et les aeuvres gréco–romaines.
297 — Granit gris — Diam. 1m, 30. — Eléphantine.
Grand bassin.
298 — Porphyre rouge — Haut. 2m. 66. — Epoque
romaine. — Alexandrie.
Statue colossale décapitée. Style romain ou plutòt
byzantin. Ce qui fait l'importance de ce monument,
c'est surtout la valeur du bloc de porphyre dans lequel
il a été taillé.
299 — Marbre blanc — Haut. 0m, 65, larg. 0m, 64. —
Epoque ptolémaïque. — Mitrahineh.
«Reste d'une liste de citoyens de Memphis qui
avaient élevé dans le temple de Phtah un monument en
l'honneur d'un haut personnage.» (MASPERO, Cat.,
p. 359-360.)
300 — Marbre blanc — Haut. Om, 69, larg. 1m, 35. —
Epoque romaine. — Aboukir.
Personnage à demi couché, se soulevant un peu sur
le coude. Le front est chauve, la barbe courte et rare.
Portrait assez vivant.
301 — Granit rose — Haut. 0m, 93, larg. 0m, 52, épais.
0m, 46. — Ptolèmaïs.
Autel d'un travail assex intéressant, surtout dans la
partie supérieure, qu'on peut comparer aux autres
monuments de Ptolémaïs (Nos 304 et 307).
302 — Porphyre rouge — Haut. totale 0m, 65. —
Benha-el-Assal (Athribis).
«Buste représentant un empereur romain, probablement
Maximien-Hercule (304-310 après J.-C.). Le
monument a tous les caractėres de l'époque et ne se
recommande que par sa parfaite conservation.»
(MARIETTE.)
303 — Marbre blanc — Haut. 1m, 80. — Epoque romaine.
Tell-Mokhdam.
«Statue de dame romaine, probablement la femme
d'un haut fonctionnaire impérial. Travail soigné, mais
sec et sans ampleur.» (MASPERO, Cat., p. 382.)
304 — Granit noir — Haut. avec le socle 2m, 20,
larg. 0m, 73. — Epoque romaine. — Ptolémaïs.
Stèle au nom de l'empereur Trajan. Dédicace d'nu
temple élevé par la ville de Ptolémaïs à Esculape et à
Hygie. Péan en l'honneur d'Esculape (Cfr. J. Baillet,
la stèle de Menschieh, Revue archéologique, 1889).
305 — Calcaire — Haut. 1m, 25, larg. 0m, 56. — Dimeh
(Fayoum).
Naos avec dédicace de Trajan.
306 — Marbre blanc — Haut. tot. 0m, 95. — Mit-Farès
(Crocodilopolis).
«On peut regarder cette tète comme un des morceaux
de sculpture grecque les plus précieux que l'on
ait encore trouvés en Egypte. Elle représente un dieu
barbu, dans une attitude calme et imposante. L'état de
la chevelure et les mèches qui tombent du front jusque
sur les sourcils indiquent que le monument était
l'image de quelque fleuve, probablement le Nil. Dans
l'antiquité mème, on a abattu ces mèches de manière à
dénuder le front, et, dans l'état où elle est aujourd'hui,
notre tête ferait croire qu'on a sous les yeux une
copie du Jupiter Olympien de Phidias.» (MARIETTE.)
307 — Marbre blanc — Haut. 1m, 05, larg. 0m, 50.
Autre stèle de Ptolėmaïs; mème style qne l'autel 301
et la stèle 304.
308 — Granit rose — Haut. 2m, 80. — Epoque ptolémaïque.
Karnak.
«Colosse reprèsentant un roi macédonien, peut-ètre
Alexandre II. La pose est celle des colosses ėgyptiens,
mais l'agencement de la coiffure et le rendu des traits
du visage sont grecs. L'ensemble est mou et sans vigueur
et ne supporte nullement la comparaison avec les belles
aeuvres des dynasties thébaines.» (MASPERO, Cat.,
p. 380-381.)
309 — Granit — Haut. 2m, 30. — Epoque ptolémaïque
ou romaine.
«Statue représentant un personnage attaché au
culte des dieux de Tanis.» (MASPERO, Cat., p. 430.)
310 — Calcaire — Haut. 2m, 83. larg. 2m, 20. — Epoque
romaine. — Louqsor.
Bas-relief représentant Isis et Sérapis; travail barbare;
la tète et le corps sont représentés de face les
pieds sont tournés de profil. Sérapis égorge une gazelle,
symbole de l'impureté.

Salles 41 et 42

(L'art copte, ou l'art chrétien d'Égypte).

Ces salles nous montrent les aeuvres d'un nouvel
art égyptien, produit d'une religion nouvelle.
«Le christianisme triomphant ne tarda pas à déplacer
les scènes funéraires qui couvraient les stèles
païennes par des représentations plus analogues aux
idées qu'il se faisait sur la vie prėsente et la vie future.
Un porche d'église, arrondi ou surmonté d'un fronton
triangulaire, se substitua au naos des divinités égyptiennes.
Sous le porche on grava, soit l'image du défunt
ou d'un saint, soit une croix, soit une décoration mystique,
une rosace, une série d'ornements géométriques.»
(MASPERO, Cat., p. 365.)
Dans cet art nouveau, les figures sont généralement
d'un travail barbare, digne de l'art qui a
produit le N. 310; mais les ornements, colombes,
croix de diverses formes, les feuillures, surtout,
sont d'un style intéressant et souvent fort gracieux.

Nous passerons rapidement en revue les
stèle, niches, bas-reief, frises et chapiteaux qui
garnissent les salles 41 et 42; on pourra, pour les
détails, se reporter aux travaux que M. Gayet
consacre aux développements de l'art et à son
influence sur les époques suivantes. Nous nous
contenterons d'indiquer particulièrement:
Dans la salle 41:
311 — Calcaire — Haut. 0m, 56. còté 0m, 72. — Ahnas
(Héracléopolis).
Chapiteau.
312 — Calcaire — Haut 0.m, 80, còté 1m. 05.
Chapiteau ayant été creusé pour servir de baptistėre.
Dans la salle 42:
313 — Marbre — Haut. 1m, larg. 1m.
Stèle cintrée, avec une inscription en langue copte,
c'est-à-dire en langue égyptienne écrite avec l'alphabet
grec augmenté de quelques nouveaux signes.
314 — Terre cuite peinte — Haut. 0m, 68, larg. 1m 58.
Deux colonnes d'écriture copte, à droite et à gauche
d'une rosace. Comme dans presque tous ces monuments,
on y invoque le Père, le Fils et le Saint-Esprit,
les prophètes et les patriarches, etc., en faveur du
dėfunt. Un grand nombre d'épitaphes de ce geare ont
été publiées par M. Bouriant (Recueil de travaux

relatifs à la philologie et à l'archéologie égyptiennes
et assyriennes
).
De la salle 42, le visiteur revient par la salle 41
jusqu'à l'escalier de la salle 40, qui le conduit aux
galeries de la salle 43. Dans cette salles et les six
suivantes nous trouverons la continuation des monuments
de l'époque gréco-romaine, et de la
civilisation copte; nous achèverons tout de suite
cette série, commencée au rez-de-chaussée (salles
37-42), et nous terminerons par les souvenirs plus
anciens et plus précieux de l'Egypte pharaonique.

Salle 43.

Armoire A.

Terres cuites de basse époque, provenant principatement
du Fayoum. La plupart représentent
des Harpocrate ou Horus enfant, très éloignés de
l'ancien type égyptien. On ne les reconnaît guère
qu'à la tresse pendante et au doigt enfoncé dans la
bouche. Ils sont tantôt assis sur des oies ou sur des
chevaux, tantôt debout et appuyés contre un socle,
tantôt tenant une amphore sous le bras. Par
exception une de ces statuettes (côté gauche,
troisième rangée, N. 315) porte une inscription
hiéroglyphique.


MUSÉE DES ANTIQUITÉS EGYPTIENNES
(Rez-de-chaussée)
Sud


Armoire B.

Terres cuites, statuettes, masques et figures
grotesques, notamment les images du dieu Bes (côté
gauche, rangées inférieures); jolie statuette de
Faune (316, côté gauche, quatrième rangée); statuettes
d'Astarté; séries de têtes féminines diversement
coiffées; petits monuments du culte d'Isis et de
Sérapis. Du côté droit, plusieurs séries d'animaux;
les plus intéressants sont les chameaux et les éléphants
(317 et 317 bis).

Armoire C.

Moules pour fabriquer des têtes de Bès etc.;
collection de lampes en terre cuite, quelques-unes
assez remarquables, le N. 318 (côté gauche, troisième
rangée) très délicatement orné; le N. 319
(côté gauche, quatrième rangée) sous la forme
d'un buste de déesse dont le support se creusait
pour recevoir la lampe.
D'autres simulent de petits édifices, des barques,
des têtes, ou des masques, etc. Plusieurs sont percés
d'un grand nombre de trous (voir les Nos 320
et 321, à la troisième rangée).

Vitrine D.

Nombreuses pièces de verrerie, de formes variées
(Nos 322, 323, 324, 325, 326, 327, 328, 329).

Sous le N. 330, une tète finement gravée sur un
morceau de verre.

Vitrine E.

Nombreuses terres cuites; Vénus écartant ses
cheveux (N. 331, côté droit, 3me rangée); Isis et
Horus (N. 332); série de petites figures avec des
restes de peinture; un des meilleurs est sous le
N° 333. A la rangée inférieure (côté droit), série
de petits vases, grappes de raisins et fruits en
forme de cæur.

Salle 44.

Armoires A ET B.

Momies de basse époque, provenant d'Akhmim.
Si l'embaumement est moins soigné qu'a l'époque
pharaonique, l'équipement extérieur de la momie
est beaucoup plus complet depuis l'époque greeque;
masque doré, armure de cartonnages peints
ou domine la couleur rose, bandelettes croisées,
habillent le cadavre et dissimulent l'apparence de
la mort.
Au-dessus des armoires, vases funéraires grecs
provenant des tombeaux d'Alexandrie.

Armoire C.

Momies de basse époque provenant du Fayoum;
cartonnages dorés et bandelettes.
A droite, momies d'enfants. Sur deux d'entre
elles, le masque doré est remplacé par le portrait
du défunt mis à la place du visage.
834.
Momie avec portrait peint sur toile.
335.
Momie avec portrait peint sur bois.

Armoire D.

Terres cuites, anses d'amphore et cachets; provenance
diverses.
336 — Calcaire — Haut. 0m, 60. — Achat. — Provenance
inconnue.
Statuette de Vénus; la partie inférieure est restaurée.

Armoire E.

Pièces de verrerie, anses et pieds de coffrets en
bronze, vases en bronze et statuettes.

Armoire F.

Momies à portraits (voir N. 334) provenant du
Fayoum. Le N. 337 est un bel échantillon des
momies de ce genre, qui sont du IIe siècle de notre
ère.

Armoire G.

Belles lampes en bronze (338 et 339), candélabres
et trépieds (340, 341, 342, 343); grande plaque
en plomb provenant d'un cercueil (344).

Armoires H ET I.

Masques de momies; les uns complètement dorés;
les autres sont blancs et roses, avec des couronnes
de fleurs; on peut remarquer deux masques d'enfant,
au centre de l'armoire H. Les masques
suspendus le long des parois proviennent du
Fayoum ; les autres posés sur les tablettes des
armoires ont été trouvés à Meir.

Armoire J.

345 — Bois et stuc. — Epoque ptolémaïque. — Sèrapèum.
Frontons triangulaires en bois, tirés des pignons qui
fermaient par-devant et par-derrière le toit pointu du
sarcophage 394 (salle 45). Sur ces frontons des bas-reliefs
en stuc peint représentent des sirènes aux ailes et
aux pieds d'oiseau. Auprès de ces bas-reliefs, petits
médaillons ou antéfixes à tête de Méduse. Ces pièces
ornaient les montants du sarcophage.
346 et 347 — Bois — Haut. 0m 148, larg. 0m, 29. —
Epoque romaine. — Saqqarah.
«Ces tablettes appartenaient à un écolier de l'époque
romaine. Elles portent encore sept vers de style homérique

remplis de faute, avec une correction à la marge
du quatrième vers.» (MASPERO, Cat. p. 391).
348 — Bronze — Epoque romaine. — Coptos.
Ces deux plaques. découvertes en 1881, sont les deux
feuilles d'un diplôme militaire délivré pendant le règne
de Domitien, et donnant à un soldat son congé honorable
(après 25 ans de services) avec les privilèges y attachés.
349 — Parchemin.Gebelein.
Parchemin d'un roi Blemmye. Les Blemmyes, belliqueuse
peuplade nubienne, désolèrent la Haute-Egypte
par leurs incursions, dans les premiers siècles de l'ère
chrétiene. Ils réussirent même à en occuper momentanément
quelques provinces. et s'établirent notamment
dans l'ile de Philæ.
Le haut de l'armoire est garni de plaquettes en
bois portant le nom, écrit en grec, des personnages
au cou de la momie desquels ils étaient attachés.
Par exception le N. 350 est en terre émaillée. Epoque
romaine.
351 (Vitrine) — Calcaire — Haut. 0m, 35. — Mitrahineh.
Fragment de statuette représentant Alexandre (?) en
Hercule.

Armoire K.

Momies provenant du Fayoum (352) et de Gebelein
(353). On peut signaler le cercueil en roseaux
de la petite momie.

Armoire L.

Momies et cartonnages provenant d'Akmim.
354 (Vitrine) — Long. 1m, 60. — Fayoum.
Jolie momie avec ses bandelettes et ses guirlandes de
fleurs.
355 — Long. 1m, 50.
Autre momie du Fayoum; on lit sur les bandelettes
le nom Artemidora.
356 — Plomb — Long. 1m, 85. — Achetée à Alexandrie.
Cercueil d'époque romaine. On en a découvert beaucoup
de ce genre à Sidon en Phénicie.
357 — Long. 1m, 72.
Momie à portrait peint sur bois.
358 — Long. 1m, 56. — Fayoum.
Momie dans son cercueil, avec ses guirlandes de
fleurs. Masque doré, bandelettes.
359 (Vitrine) — Haut. 0m, 77.
Très riche masque doré, provenant de Meir, incrustatìons
en émail; scènes mythologiques en or. Dans la
mème vitrine, joli masque d'enfant.
360. Fayoum.
Momie avec portrait peint sur bois. Le cartonnage
est tout rose, avec dorures représentent: 1° Le mort

sur le lit funèbre; auprès de lui, Anubis, Isis et
Nephthys; 2° Thotou Hermès, principe conservateur,
et Horus, principe rénovateur, préparant la renaissance
du défunt; l'encens brûle sur deux autels en forme de
chandeliers, devant la colonne, emblême de stabilité,
et la double plume d'autruche, emblème de réalisation
ou de création (voir N. 32); la stabilité sera, en effet,
maintenue dans la nature, par la création d'une vie
nouvelle, en remplacement de celle qui vient de s'éteindre;
3° le mort se soulève de son lit pour ressusciter ou
renaître; 4° lâme ou le principe vital qui habitait le
corps du défunt. s'envole glorieux pour aller animer
une nouvelle existence.
361 — Larg. 1m, 80 — Fayoum.
Momie cousue dans une gaine de toile. Portrait
peint sur bois.
Les vitrines M et N contiennent les monnaies
et médailles; on trouve dans la vitrine M les
monnaies grecques, les monnaies byzantines du
Bas-empire, les monnaies des nomes et une série
de pièces de l'époque romaine. La vitrine N est
entièrement consacrée aux monnaies et médailles
de l'empire romain. Le classement de ses monnaies
est dû aux soins de M. Duthil.

Salle 45.

Armoire A.

A la rangée inférieure, collection d'antéfixes en
terre cuite, notamment le N. 362, en terre cuite
peinte; c'est une tête chypriote ou grecque de
style archaïque; elle provient de Daphné, et doit
avoir appartenu aux mercenaires grecs des rois
saïtes (Cfr. le N. 376).
363 — Granit noir — Haut. 0m, 34, larg. 0m, 26. —
Epoque romaine. — Coptos.
«Les deux plaques inscrites sous ce numéro ont été
découvertes à Coptos, en mars 1833, encastrées comme
matériaux de construction dans le mur d'un édifice situé
sur le Forum de la ville antique. Elles ont été publiées
par E. Dujardin (Comptes rendus de l'Académie des
Inscriptions et Belles Lettres
, 1883, p. 217) et par
Th. Mommsen (Additanenta tertia ad Corporis….
vol. III, p. 5–16). C'est tout ce qui reste d'une longue
inscription qui couvrait au moins six plaques, et avait
été élevée dans le temple de Coptos par des soldats
romains chargés de réparer les postes de la route qui
conduisaient de Coptos à la mer Rouge…. Ce travail
fut exécuté pendant les premières années du règne
d'Auguste en Égypte.» (MASPERO, Cat., p. 412-413.)
Sur la seconde tablette, bouteilles en terre cuite
(Nos 364 et 365), poignée d'épée romaine en bronze

(366), hache en bronze à double tranchant (367);
tètes de statuettes en terre cuite et en marbre.
368 — Albâtre — Haut. 0m, 11. — Epoque saïte. —
Environs de Saïs.
«Figurine de style grec archaïque ou chypriote,
provenant des premiers colons de race hellénique établis
en Egypteavant la conquête macédonienne.» (MASPERO.
Cat., p. 403.)
369 — Terre cuite — Haut. 0m, 15, long. 0m, 38. —
Alexandrie.
«Bas-relief représentant une déesse à demi couchée;
le bras droit est appuyé contre un cygne; elle brandit
nn are de la main gauche; un amour, agenouillé à ses
pieds, saisit par les ailes un papillon placé à terre.»
(MASPERO, Cat., p. 401.)
La troisième tablette, vases et figurines; deux
petites lampes; l'une en terre cuite (370) représente
une tête de faune; l'autre un lion couché.
371 — Terre cuite — Haut. 0m, 19, long. 0m, 245. —
Alexandrie.
«Bas-relief de style archaïque, paraissant représenter
une scène de l'Orestie. Electre assise, pleure au pied du
cippe funéraire d'Agamennon. Oreste, qui vient d'arriver,
se penche vers elle pour la consoler, tandis que son
compagnon tient les chevaux.» (MASPERO, Cat., p. 401.)
372 — Terre cuite — Haut. 0m, 18, long. 0m, 37. —
Alexandrie.
Bacchus, à demi supporté par un de ses compagnons,
arrive sur un char traîné par deux centaures qui jouent
du cor et de la lyre; il se prépare à descendre pour accueillir
l'hommage de trois personnages qui lui offrent
un sacrifice. C'est, de cette série de bas-reliefs, celui
où les traces de couleur sont le plus visibles.
373 — Terre cuite — Haut. 0m, 17, long. 0m, 32. —
Epoque ptolémaïque. — Alexandrie.
«Mercure, reconnaissable à son caducée, à son chapeau
et à ses sandales ailées, amène le bélier Phryxos à
Jupiter, à Junon et à Neptune: le paon de la déesse et
l'aigle semblent disposés à faire un mauvais accucil à la
pauvre bête.» (MASPERO, Cat., p. 394.)
374 — Terre cuite — Haut. et larg. 0m, 32. — Epoque
grecque. — Alexandrie.
«Un homme en costume civil s'adresse à un jeune
soldat sans armure, le sein gauche découvert, qui tient
une personne(?) de la main gauche, une lance de la main
droite. Derrière l'orateur autre guerrier, casqué et
revêtu de l'armure complète. Dans le fond deux jeunes
femmes. Il faut peut-être reconnaitre dans ce bas-relief
Achille à Scyros.» (MASPERO, Cat., p. 399-400.)
375 — Terre émaillée — Haut, 0m, 103. — Epoque
grecque.
«Petit vase richement décoré de feuillage. Une
bande de coureurs forme frise autour de la panse. Ornements

et figures s'enlèvent en émail jaunàtre sur un
fond pers.» (MASPERO, Cat., p. 396.)
Sur la tablette supérieure, vases et figurines en
terre cuite; petit chapiteau en terre émaillée; antéfixe
en terre cuite peinte (N. 376; haut. 0m, 25,
larg. 0m, 30), de même provenance et de même
date que le N. 362.
377 — Terre cuite — Haut. 0m, 20, larg. 0m, 16. —
Epoque ptolémaïque. — Alexandrie.
«Ce médaillon en terre cuite décorée paraît représenter
une reine de la famille des Ptolémées avec la
coiffure de Junon.» (MASPERO, Cat., p. 396.)
378 — Terre cuite — Haut. 0m, 17. larg. 0m, 21. —
Alexandrie.
Personnage paraissant faire la voltige sur un cheval.
379 — Terre cuite — Haut. 0m, 17, larg. 0m, 112. —
Alexandrie.
Berger assis.
380 — Terre cuite — Haut. 0m, 245, long. 0m, 019.
Personnage assis auprès d'une stèle, dans une attitude
affligée.

Armoire B.

Vases, figurines, fragments de statuettes. On
peut citer:
381 — Calcaire peint — Haut. 0mm, 35, larg. 0m, 26.—
Epoque ptolémaïque. — Saqqarah.
«Charmante stèle en forme de naos. Le fronton
triangulaire est soutenu par deux figurines de femmes
nues, coiffées à l'égyptienne; dans le champ, un bœuf
Apis devant un autel et une inscription grecque en cinq
lignes, tracées rapidement à l'encre. C'est l'ex-voto
d'un devin qui interprétait les songes prophétiques aux
dévots.» (MASPERO, Cat., p. 385.)
382 — Morceaux de verre émaillés ou dorés.
Alexandrie.
Fragments de mosaïque.
383 — Marbre blane.
Fragment d'une statuette de Vénus.
384 — Granit noir — Haut. 1m. — Ptolémaïs.
Serpent du temple d'Esculape à Ptolémaïs (Cfr. Nos
301, 304, 307). La tête a été ajoutée.

Armoire C.

Collection de poteries grecques.

Armoire D.

Terres cuites alexandrines.

Armoire E.

Ivoires et panneaux de bois plaqués d'ivoires,
débris de coffrets d'époque romaine.
Dans la vitrine placée entre l'armoire E et
l'armoire F. pierres gravées, cachets gnostiques,
médaillons.

Armoire F.

Statuettes alexandrines; la plupart rappellent
le style de Tanagra. Une des plus intéressantes
(N. 385; terre cuite peinte; hauteur 0m,08, longueur
0m,11; époque ptolémaïque; Alexandrie)
réprésente un faune.
«L'artiste a représenté un épisode ordinaire des fêtes
de Bacchus. Le faune, en voulant danser, selon l'usage,
sur une peau de boue huilée et gonflée, est tombé à
terre et serre dans ses bras le col de l'outre; son vêtement,
soulevé par la chute, s'enfle derrière lui et n'a
pas encore eu le temps de s'affaisser.» (MASPERO,
Cat., p. 406-407.)

Armoire G.

Vases et statuettes. On peut citer:
386 — Terre émaillée bleue — Haut. 0m,21,diam.
0m,20. — Epoque ptolémaïque. — Saqqarah.
«Superbe vase dont le col et le pied sont ornés de
guirlandes de fleurs d'olivier en relief. Une moitié
seule est de travail antique: le reste a été refait au
musée.» (MASPERO, Cat., p. 385-386.)
387 — Marbre blanc — Haut. 0m, 60. — Epoque ptolémaïque.
Saqqarah.
«Une Isis debout, vètue de la tunique longue. De
la main gauche elle relève les plis de sa robe; le bras
droit qui tenait la patère avait été rapporté dans l'antiquité
et manque. Les draperies sont lourdes et la tête
n'est pas en proportion avec le reste du corps; l'ensemble
ne manque pas cependant d'une certaine distinction.»
(MASPERO, Cat., p. 383.)
388 — Marbre blanc.
Beau fragment de vase grec.
389 — Bronze.
Brûle-parfums.
390 — Granit noir — Epoque grecque. — Naucratis.
Statuette d'Isis. La déesse débout, vètue d'une robe
plissée, tient une fleur de lotus. Ses yeux étaient incrustés
et sont vides aujourd'hui; les pieds manquent.
391 — Porphyre.
Fragment de statuette. La tête, les bras et les pieds
qui étaient rapportés, et probablement en marbre,
manquent.
392 — Calcaire blanc — Haut. 0m,215.
«Autel rond, dont la cuve renferme encore la cendre
du sacrifice. Il est monté sur une base carrée d'un
dessin très riche.» (MASPERO, Cat., p. 416.)
393Mit-Farès (Fayoum).
«Pot rempli de monnaies de bronze, agglutinées par
l'oxyde; des types encore reconnaissables appartiennent
à Dioclétien, à Constantin et aux empereurs contemporains…
Trouvé enfoui à Mit-Farès (Fayoum), sous le
seuil d'une maison antique.» (MASPERO, Cat., p. 386.)

Armoire H.

Collection de statuettes en bronze, d'époque
gréco-romaine.
394 — Bois — Haut. 0m,92, long. 1m,98, larg. 0m,50.—
Epoque ptolémaïque. — Sérapéum.
«Sur une caisse rectangulaire repose une sorte de
toit pointu, servant de couverele au cercueil. Dans
l'espèce de pignon triangulaire qui se dresse aux deux
bouts étaient encadrés des bas-reliefs en stuc peint
(voir N. 345), représentant des sirénes aux ailes et aux
pieds d'oiseau.» (MASPERO, Cat., p. 375.)
Ce cercueil représente bien une petite maison; au
bord de la caisse est peinte une frise d'ornements à la
grecque; le couvercle a la forme d'un toit dont les
trois arêtes s'appuient sur trois montants de bois.
Ceux-ci sont composés d'une série de petits rouleaux bien
joints, donnant l'illusion des tuiles imbriquées qui couronnent
le faîtage d'une maison. Les extrémités de ces trois
montants étaient ornées des petits médaillons à tête de
Méduse que nous avons vus sous le N. 345.
395 — Bois — Haut. 0m,46, long. 1m,93.
Sarcophage d'époque romaine. Peintures intéressantes;
fleurs et ornements variés le long des parois;
au pied du cercueil, derrière Anubis, un arbre et des
arbustes assez bien exécutés. Les chairs des personnages
sont peintes en rose.
396 — Long. 1m,05.
Petite momie avec portrait de jeune fille.
397 — Toile et cuir — Long. 1m,53 et 1m,62. —
Epoque byzantine. — Saqqarah.
Momies d'homme et de femme.
«Le corps de la femme est enfermé dans une enveloppe
en toile et en cuir cousu, dont les attaches sont
maintenues par des sceaux intacts. Sur la face supérieure
est peinte à la détrempe la figure de la femme
ensevelie. Le costume, les chaussures, les bijoux sont
byzantins et fort analogues au costume des mosaïques
de Ravenne. — Le corps de l'homme a disparu et il ne
reste plus que la partie supérieure du linceul; encore
est-elle assez détériorée.» (MASPERO, Cat., p. 377.)
Ces momies ont été considérées comme chrétiennes.
et l'on a vu dans les figures estampées sur leurs genoux
un mélange d'emblêmes chrétiens et païens: l'épervier
d'Horus, un taureau, des figures nimbées (?), etc. Je
ne suis pas sûr que ces emblêmes ne soient pas tous
païens; la figure ailée qui se trouve sur la momie de
l'homme, et où l'on est tenté de reconnaître un ange,
me paraît ètre une forme du ḇa, l'oiseau à tête humaine

des anciens Egyptiens. C'est l'â me ou principe vi|tlal de
leur système panthéiste, en train de se dégager de son
enveloppe matérielle.
«Les trois masques exposés dans la mème vitrine
proviennent des momies païennes des derniers temps;
les têtes sont couronnées de fleurs et les yeux sont
bordés de noir, pour imiter l'effet de la poudre d'antimoine.
(MASPERO.)
398 — Long. 1m,20.
Petite momie avec portrait de jeune fille.
399 — Granit gris — Haut. moy. 0m,53.
Quatre statues trouvées à Dimeh. Inscriptions démotique
et grecque (Cfr. le naos 305, provenant également
de Dimeh, et daté du règne de Trajan.)
400 — Bois — Haut. 1m,91, larg. 0m,58.
Couvercle de cercueil d'un travail intéressant. Figure
d'Osiris.
401 — Toile — Haut. 2m, larg. 0m,83.
Enveloppe de momie. Portrait sur toile.

Galerie 46

Le visiteur repasse de la salle 45 dans la salle 44,
et trouve à gauche un passage qui le conduit dans
la galerie 46, ornée d'étoffes et broderies coptes,

provenant d'Akhmim et du Fayoum. Cette galerie
donne accès dans deux salles réservées aux monuments
coptes, et une salle réservée aux monuments
non égyptiens.

Salle 47.

Armoire A.

Inscriptions en écriture copte (voir N. 313) sur
parchemin, bois, ostraca ou tessons de poterie,
omoplate de chameau. Marques d'amphores et
cachets.
Sur les parois ouest et est, trois spécimens de
papyrus coptes.

Armoire B.

Ustensiles en bronze et ornements d'église;
chandelier en forme de croix (N. 402); encensoirs
(Nos 403 et 404); brûle-parfums (N. 405), etc.

Cage C.

Belles lampes d'église en bronze (Nos 406 et 407,
hauteur moyenne 0m,39).
«Ces lampes se composent d'un pied en forme de
candélabre, surmonté d'un petit plateau rond et aplati,
d'oû sort une pointe aiguë, analogue à celle qu'on voit
communément dans les chandeliers des églises italiennes,
et qui supportait la lampe proprement dite. Celle-ci
était ouverte à la partie supérieure et a vait une poignée,
mais surmontée d'une croix. Elle était munie d'une sorte
de coquille en bronze, qu'on levait, pour servir de réflecteur,
au moment d'allumer la mèche, et qu'on
abaissait, en guise de couvercle, lorsque la lampe était
éteinte.» (MASPERO, Cat., p. 384.)
Pots et bouteilles en bronze, bassines et marmites
(Nos 408 et 409); aiguière ou burette;
lustre (N. 410).

Armoire D.

Clefs (Nos 411 et 412), bagues, bijoux, cymbales
à clochettes (413) employées dans les églises;
icône ou image sainte (414) du Xe siècle (?), avec
inscription copte et arabe.

Armoire E.

Peignes en bois; vases de Saint Mena (Nos 415
et 416); petit bas-relief avec symboles chrétiens
du poisson et de la colombe (N. 417); croix;
épingles en bronze et en ivoire; lampes en terre
cuite et en bronze. Deux de ces lampes (Nos 418
et 419) sont en forme de colombe.
Sur la paroi nord, entre deux fenêtres, panneaux
en bois sculpté avec images de saint Georges
(Nos 420 et 421); symbole chrétien de la colombe
(N. 422); dessins coptes (N. 423). Chaîne en bronze
ornée de trois croix, provenant du Fayoum.

Salle 48.

Poteries coptes. A l'angle sud-ouest de la salle,
grand et beau vase (N. 424). Les deux poteries
(425 et 426), aux angles nord-est et sud-est sont
peut-être des fourneaux (?).
Sur la paroi nord, bassin en granit noir, s'ouvrant
aux quatre points cardinaux; stèles funéraires
en terre cuite; inscriptions coptes sur bois.
Sur les parois est et ouest, intéressantes boiseries
coptes.
Sur la paroi sud, grande inscription copte du
tombeau de Tagi ou Dega.
427 — Terre sèche blanchie à la chaux
Haut. 1m,30, larg, 1m,30. — Thèbes (Deïr-el-Bahari).
«Au mois de février 1883, en déblayant le tombeau
où se trouvait le sarcophage de Tagi (N. 140), je découvris
que les chrétiens l'avaient transformé en église
consacrée à saint Epiphane, vers le Ve siècle de notre
ère, pour le compte d'une des nombreuses laures établies
sur le versant de la vallée de Deïr-el-Bahari. Le

couloir du fond fut bouché; le couloir d'entrée prolongé
par deux murs de briques, de maniére à former avec la
chambre d'entrée du tombeau ancien une véritable
croix grecque. On y descendait par un petit escalier de
quatre marches; de chaque côté du bras d'entrée,
comme des bras transversaux, les murs étaient décorés
de stéles en terre battue, arrondies au sommet, recouvertes
d'un lait de chaux, sur lesquelles des moines
pieux et instruits avaient écrit à l'encre rouge des sentences
des pères saint Cyrille, saint Basïle; des professions
de foi, des sermons entiers, pour la plupart traduits
du grec. J'ai retrouvé les débris de trois de ces stèles
a vec des fragments de sermons sur la création, sur la
divinité du Christ sur la virginité de Marie, et une
stéle entière que j'ai réussi à détacher de la muraille et
à transporter au musée.
«Le texte est divisé en trois colonnes de largeur et de
contenance inégale. Il renferme un sermon contre les
héresies, qui paraît être de saint Basile, et se termine
par la prière accoutumée en l'honneur de l'empereur et
de sa famille. La premiére moitié, environ, était écrite
sur une autre stèle, détruite aujourd'hui. Sur le cadre
de la stèle, le même moine avait copié un second sermon;
j'ai rétabli, à l'endroit où se voyaient des traces
d'écriture, un fragment appartenant à une autre stèle,
pour montrer au visiteur quelle était la disposition de
l'ensemble.» (MASPERO, Cat., p. 369–370.)
Cette inscription a été publiéepar M. Bouriant dans
les Mémoires de la Mission archéologique française
au Caire.
La salle 48 contient encore trois momies d'époque
copte, qui ne resemblent pas du tout aux
momies payennes et n'offrent qu'un aspect informe
sous les toiles qui les enveloppent (Nos 428, 429
et 430).

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MONUMENTS DIVERS
(MONUMENTS NON ÉGYPTIENS — POIDS ET MESURES — ARCHITECTURE
— INDUSTRIES — AMEUBLEMENT — ART DU
DESSIN — SCULPTURE — ÉCRITURES SUR OSTRACA ET SUR
PAPYRUS — INSTRUMENTS DES SCRIBES — OBJETS ET
PAPYRUS FUNÉRAIRES — OBJETS HISTORIQUES — MOMIES
D'ANIMAUX — OBJETS CIVILS — CERAMIQUE — VETEMENT —
BIJOUX — SCARABÉES — OBJETS DU CULTE)
Salles 49 à 72

Salle 49 (Monuments non égyptiens).

431 — Bois — Long. 2m,00, larg. 0m, 60, haut. 0m, 39.
Cercueil en bois très épais, avec une inscription
himvarite (les tribus de langue himyarite occupaient
les deux rives de la mer Rouge, l'Arabie méridionale
et l'Ethiopie).
Dans l'armoire A: vases avec inscriptions phéniciennes;
l'un d'eux (N° 432) avec double inscription,
en phénicien et en démotique, vient de Gournah
(Thèbes).
Dans les deux vitrines B et C :
433 et 434. — xviiie dynastie. — Tel-el-Amarna, 1887.
Séries de tablettes cunéiformes. — Ces tablettes
portent une partie de la correspondance entretenue
par la chancellerie du roi Khounaten ou Anénophis IV,

de la XVIIIe dynastie (voir N. 207), avec les princes de
l'Asie, depuis la Syrie jusqu'à Babylone. On sait que
les relations de ce prince avec les nations étrangères
lui attirèrent la haine des prêtres d'Ammon, ennemis
absolus des Asiatiques; d'ou résulta la proscription du
culte d'Ammon et la persécution dirigée contre ses sectateurs.
Cette correspondance récemment retrouvée
(1887) des rois d'Asie avec les rois d'Egypte a été
publiée dans les Mémoires de l'Académie de Berlin
et étudiée par le Dr Sayce, le R. P. Scheil, le
Dr Winckler et le Dr Zimmern.
Sur la paroi nord: inscription cunéiforme (435)
et table d'offrandes avec inscription méroétique
(N. 436).
Sur la paroi est : ossuaire juif (N. 437).
L'armoire D contient:
438 — Calcaire — Haut. 0m, 58, larg. 0m, 40. — Epoque
persane. — Basse-Egypte.
«Stèle carrée en forme de naos. Sur la frise, le
disque solaire étend ses ailes; il est répété au-dessus de
la porte. Dans l'intérieur du naos, sur un piédestal, est
représenté à droite un dieu habillé à l'asiatique et coiffé
de la haute mitre syrienne, mais tenant à la main le
sceptre des dieux égyptiens; il est debout sur un lion
passant et reçoit l'offrande d'un personage qui, juché
sur un tabouret fort haut, arrose de libations un petit
autel. Sur la tête du dieu plane le disque solaire combiné
avec le croissant de la lune; deux autres croissants

lunaires sont dessinés à droite et à gauche, et au-dessus
deux oreilles, emblème du dieu qui écoute la prière du
fidèle. Aucune inscription ne nous révèle le nom de la
divinité, ni la date exacte du monument.» (MASPERO,
Cat., p. 358.)
439.
Bronze perse provenant de Daphné.
440 — Bronze.
Sphinx ailé, de travail perse.
441 et 442.
Papyrus phéniciens et araméens.
443.
«Cylindres babyloniens de Naboukoudounossour,
trouvés, dit-on, dans l'isthme. Enumération de quelques
édifices construits par le roi à Babylone, entre autres
un temple au soleil couchant. XXVIe dynastie.» (MASPERO,
Cat., p. 102.)
444.
Plaque contenant une écriture inconnue.
445 — Terre sèche crépie à la chaux — Haut.
0m, 37, larg. 0m, 30.
L'Oraison Dominicale en syriaque. Ce fragment a
été détaché des murs de l'église de saint Epiphane, découverte
en 1883 (voir N. 427). — Petits cylindres et
pierres gravées.
POIDS ET MESURES
Pour se rendre de la salle 49 à la salle 50, le
visiteur revient par la galerie 46 aux salles 44
et 43; l'entrée de la salle 50 se trouve à l'angle
nord-uest de la salle 43.

Salle 50
(Poids, mesures et architecture de l'Egypte ancienne).

La salle 50 contient une collection des poids et
et mesures de l'époque pharaonique, et quelques
monuments de l'architecture civile des anciens
égyptiens.

Armoire A.

446 — Albâtre — Haut. 0m, 37. — Saqqarah.
Vase portant les cartouches du roi Thoutmès III
(XVIIIe dynastie). La légende inscrite sous les noms et
titres royaux nous apprend que la capacité de ce vase
était de 21 hin. Le hin était l'unité de mesure, dont il
est facile, avec cette indication, de reconnaitre la valeur
(on a trouvé : 01,4522).
Un autre monument nous fait connaitre la valeur de
l'outen, unité de poids (0gr,9044).
447 — Granit gris — Haut. 0m, 25. Don de M. Wilhour.
— XIXe dynastie. — Caire.
Poids en forme de tète de veau, du poids de 300 outens
(indiqué par la légende) et portant les cartouches du
roi Séti I.
«Les cassures au cou ne sont pas accidentelles. Le
sculpteur, en taillant les pièces de ce genre, leur donnait
à peu près le poids légal; pour obtenir une approximation
plus exacte, on abattait ensuite la pierre à
petits éclats jusqu'à ce que le poids nouveau fit
équilibre au poids étalon sur lequel on le réglait.»
(MASPERO, Cat., p. 245.)
448 et 448 bis — Bronze et argent — Haut. 0m, 10
et 0m, 15.
Mesures avec divisions marquées jusqu'à 1/128
449, 430 et 451.
Equerres et niveaux ou fils à plomb de peintre ou de
maçon provenant de la tombe de Sennot'em (XXe dynastie)
découverte à Thèbes (Deïr-el-Médineh) au mois
de février 1886. sous la direction de M. Maspero. Cette
tombe, qui n'avait jamais été fouillée, contenait un
mobilier funéraire des plus complets et des plus intéressants,
depuis les instruments de l'architecte jusqu'au
texte d'un roman qui représentait la bibliothèque du
mort. Nous rencontrerons successivement, dans la salle
50 et les salles suivantes, les différentes pièces de ce
mobilier.
452 — Bois — Long. 0m, 00.
Coudée provenant du tombeau de Sennot'em.
453.
Fragment de coudée.
454 — Granit gris.
Poids de 60 outens. (Crf. le N. 447).
455.
Petite balance d'orfévre ou de pharmacien. — Poids
de formes diverses.

Armoire B.

Sur la paroi :
456 — Bois. — XIXe dynastie. — Abydos
Queues d'aronde gravées au cartouche de Séti I, et
trouvées dans l'épaisseur des murs du grand temple
d'Abydos.
457 et 458 — Bios.
Maillets de charpentier, de maçon ou de sculpteur.
459 — Bois — Haut. 0m, 27, larg. 0m, 34.
Modèle de pylone, tel quil s'en trouvait à l'entrée
non seulement des édifices religieux, mais des riches
demeures particulières.
460 — Terre cuitc — Haut. 0m, 28. larg 0m, 38, prof.
0m, 45.
Modéle de maison précédée d'une cour, et composée
d'un rez-de-chaussée et d'un etage surmonté d'un toit
plat ou terrasse. L'escalier se trouve dans la cour, à
gauche; il est surmonté d'un toit plat en communication
avec la terrasse. La clôture de la cour est percée de
trois ouvertures, au niveau des fenêtres de l'étage
supérieur.
461 — Terre?ćuite.
Autre modêle de maisen, come on en voit encore
aujourd'hui à Gournah. Un escalier en forme de rampe

très allongée conduit de la cour à la terrasse. La maison
se compose d'une chambre fermée et d'un hangar complètement
ouvert sur la cour. Le toit est seulement
soutenu par une colonne, au point ou la portée serait
trop longue du mur de gauche au mur de droite. —
Autres modèles de maisons.
462.
Grillage de fenêtre.

Vitrine C.

463 et 464Calcaire émaillé et peint
Haut. 0m, 38 et 0m, 37, larg. 0m, 98 et 0m, 67. — XXe dynastie.
Tell-Yahoudieh, près de Chihin-et-Kanater.
Fragments d'autels (?) ornés de lotus et de flourons.
Le N. 463 est exposé tel qu'il a été trouvé dans les
ruines du temple; le N. 464 est restauré. Le temple de
Tell- Yahoudieh, maintenant complètement démoli,
appartenait à l'époque de Ramsès III; sa déceration en
terre émaillée en faisait un monument uni ne dans
l'Egypte ancienne.
465 et 466 — Caleaire — Haut, 0m, 49 et 0m, 70.
Grillages de fenètres (voir le N. 462).
467 — Bois peint — Haut. 1m, 17, larg., 77.
Battant de la porte du tombeau de Sennot'em (voir
le N. 449). Une partie de la serrure est restee fixée au
battant. — Les scènes peintes d'un còté du cattant représentent
le défunt et sa famille rendant hommage à
Osiris et à Ptah-Sokari. De l'aufre còté on vort. Sennot'em
et sa compagne Eineferla (la bienrenee) assis

en présence d'une table à jeu, et d'une autre table couverte
des aliments qui leur sont offerts.
468 — Haut. 1m, 27, larg. 0m, 70.
Autre porte en clayonnage, provenant des fouilles de
Méer (été de 1892). Serrure en bois du còté de la
porte.

Salle 51 (Industries).

Vitrine A.

Bronzes provenant de Saïs.

Armoire B.

Perles, émaux, mosaïques. Quelques émaux
d'un travail très délicat, notamment le fragment
N. 469 (fleurs sur fond blanc).
470 — Émail bleu.
Barque solaire, exposée avec la pierre où elle était
encastrée.
471 — Bronze. — Fouilles de M. Naville à Pithom.
Grillage de fenêtre.

Armoire C.

Émaux de Tell-Yahoudieh (voir N. 463). On peut
remarquer une jolie bordure de lotus (N. 472);

une plaque émaillée, au nom de Ramsès III (473);
les restes d'une frise formée d'oiseaux fantastiques
(N. 474); un prisonnier nègre (N. 475). L'Asiatique
au vètement orné de couleurs et de dessins variés
(N. 475 bis) provient de Tell-el-Amarna (voir
Nos 207 et 433).

Vitrine D.

Collection de bronzes (Cfr. vitrine A).

Armoire E.

Collection de briques estampées; on remarque,
parmi les plus nettes, le nom d'Isitemkheb
(N. 476). Colonnes rondes formées de quatre
morceaux (N. 477).
Les pièces de bois dressées aux angles de la
salle ont été trouvées à Thèbes, dans le tombeau
des rois, où elles ont sans doute servi au trainage
des sarcophages.

Salle 52 (Ameublement).

Vitrine A.

Lits, sièges et tabourets en bois.

Armoire B.

Coffrets (Nos 478, 479, 480) provenant pour la
plupart du tombeau de Sennot'em (voir N. 449).

Plaques de coffrets en bois, avec incrustations
d'ivoire (Nos 481, 482, 483). Pieds ou supports de
fauteuils ou de lits en calcaire (N. 484), granit
(Nos 485 et 486), ou terre émaillée (N. 487). Petit
chevet (488) et petit modèle de fauteuil (N. 489).

Armoire C.

Hoyaux ou pioches en bois (N. 490). Fuseaux et
quenouilles en bois et en bronze (Nos 491 et 492);
écheveaux de fil (N. 493); pelotes (N. 494); bobine
terminée par deux têtes sculptées (N. 495).
496.
Lit peint en blanc, porté sur des pieds de lion, au
nom de Sennot'em (voir N. 419).
Sur l'étagère de la paroi ouest, entre les deux
fenêtres, pieds de lit et de fauteuil; barres de lits
et de tabourets.

Salle 53 (Suite de l'ameublement).

Armoire A.

Chaise et tabourets couverts en paille ou en fil
(Nos 497, 498 et 499). Sièges sans dossier, en bois
peint (N. 500) ou baguettes entrecroisées, attachées
par des liens en roseaux (N. 501). Pieds de
meubles sculptés.

Armoire B.

Ferrures de portes en bronze; lions en bronze
ayant peut-être fait partie d'énormes serrures
(N. 502).

Armoire C.

Pieds et fragments de meuble avec légendes,
peintures, dorures, incrustations en émail et lapis
lazuli (Nos 503, 504, 505).

Armoire D.

Paniers à offrandes, provenant d'Akhmîm (Nos 506
et 507). Paniers en jonc de couleurs variées, tels
qu'on les fabrique encore aujourd'hui (N. 508);
couffes (Nos 509 es 510); cordes, filets, balai (N. 511).

Armoire E.

Boîtes en jone tressés; paniers, ouvrages de
vannerie.

Cadre F.

Porte en bois (haut. 2m, 20, large. 1m, 10) trouvée à
Illahoun. Avec beaucoup d'attention, on peut discerner
des figures gravées sur le milieu de cette
porte, ainsi que le nom du roi Oserkon I (XXIIe
dynastie).

Cadre G.

Gonds en bronze et ferrures de porte.

Armoire H.

Paniers en jonc et ouvrages de vannerie.

Vitrine I.

Sièges à dossier et sans dossier (Nos 512 et 513);
à pieds sculptés (Nos 514 et 515); petit siège à trois
pieds (N. 516) en usage chez les ouvriers cordonniers,
ébénistes, ciseleurs, etc., qui travaillaient
assis; tabourets (N. 517); siège en forme de pliant
(518).

Vitrine J.

Sièges de différentes formes, peints en blanc et
garnis de cuir (Nos 519, 520, 521, 522), provenant
du tombeau de Sennotem (voir N. 449). Chaise à
pieds de lion, peinte en blanc, et banc-étagère (523).
Tabouret à trois pieds et débris de sièges cannés.

Salle 54 (Art du dessin).

La salle 54 contient un grand nombre de dessins
intéressants, la plupart sur ostraca ou lames de
calcaire.

A-B.

524 — Trait noir.
Jolie tête de Pharaon.
525.
Prêtre agenouillé, coiffé d'un masque de chacal et
tenant un vase. Légende : Anubis, qui est à l'ensevelissement,
à l'entrée de la demeure divine (l'autre
monde); dieu beau, seigneur de la terre sainte.

C-D.

Dessins ébauchés, quelques-uns d'une main très
sûre; d'autres trahissent l'inhabileté de l'artiste.
526. — Trait noir rehaussé de sanguine.
Le roi Ramsès IV, chaussé de sandales à pointe recourbée,
présente une offrande au dieu Min. Sous ses
pieds deux barbares agenouillés, les mains liées derrière
le dos.
527 — Trait noir.
Ramsès IV traine, liés à son char de triomphe, des
prisonniers barbares que son lion fidèle menace de
dévorer.

E-F.

528 — Sanguine.
Lion et griffon (?), ou animal fantastique.
529 — Trait noir.
Prêtre en prière, chaussé de sandales à pointe
recourbée.

G.

530 — Trait noir.
Le dieu Ptah, revètu d'écailles comme un poisson.
Divers fragments représentant un roi avec une cuirasse
d'écailles, un lion qui se jette sur un prisonnier asiatique,
etc.
531 — Sanguine.
Combat à coups de flèches entre deux guerriers
montés sur des chars.

H.

532 — Sanguine.
Animal fantastique.

I.

533 — Trait noir.
Princesse égyptienne.

J.

534.
Le dieu Harmachis et le roi Ramses IV.
535.
Chacal dessiné à la sanguine. — Taureaux.
536 — Peinture sur bois et stue.
Deux porte-enseignes.

K-L-M.

537 — Trait noir.
Le roi Sorkeri (Amenophis I).
538 — Trait noir et sanguine.
Le fonctionnaine Amenhotep, en présence du roi, portant
les insignes du dieu Ammon. Date de l'an II,
23e jour du second mois de l'été.

N.

Dessins gravés à la pointe.

O-P.

539 — Trait noir et sanguine.
Ramsès IV sur son char; Pharaon agenouillé; épervier;
tête de lionne: visage humain. (Exercices de dessin
pour reproduire sivers mouvements et diverses attitudes.)

Q.

540. — Collection, des prêtres d'Ammon (?).
Figure agenouillée, sans doute un ex-voto consacré
à un défunt par ses fles Horiet Paarouskher.

R.

541. — Trait noir rehaussé de rouge.
Deux lutteurs vont combattre pour le divertissement
de Pharaon.
542 — Trait noir.
Deux chasseurs nègres ramènent une gazelle (?).
543 — Trait rouge.
Jolie figure de Pharaon.
Au-dessus de la vitrine:
544.
Prêtre en prière.

S.

545.
Esquisse d'une tète en couleurs.
Au-dessus de la vitrine, à droite:
546.
Amenhotep devant son souverain représenté sous la
forme d'Horus (Cfr. N. 538).

T.

Au-dessus de la vitrine:
547 — Trait noir.
Déesse ou princesse agitant deux sistres devant le roi
Ramsès-Meiamoun.
548 — Trait rouge.
Jolie figure de Pharaon.

U.

Au-dessus de la vitrine:
549 — Trait noir.
Ramsesnakhtou, premier prophète d'Ammon-Râ, roi
des dieux. Il est chaussé de sandales à pointe recourbée.
550.
Vache représentant la déesse Hathor.

V.

Au-dessus de la vitrine:
551 — Trait noir et trait rouge.
Pharaon tenant deux barbares, tout petits auprès de
Rui.

X.

552 — Trait noir.
Deux personnages, coiffés de plantes aquatiques, représentent
le Nil de la rive droite et le Nil de la rive
gauche.
Au-dessus de la vitrine:
553.
Peinture d'une tête de Pharaon.

Salle 55 (Sculpture).

Armoire A.

Modèles de sculpteur destinés à l'instruction
des artistes qui devaient décorer les temples et les
tombeaux. Parmi les plus remarquables, deux
petits bas-reliefs représentant des béliers (Nos 554
et 555), puis un lion (N. 556).

Armoires B ET C.

Autres séries de modèles.

Armoire D.

Les Nos 557, 559 et 561 nous représentent des
modèles seulement ébauchés pour montrer aux
élèves la marche à suivre; les Nos 558, 560 et 562
nous représentent les mêmes modèles achevés.

Armoire E.

Vingt-neuf modèles de tête royale.
«Quinze de ces modèles proviennent de Saqqarah ,
onze de Sân (Tanis), et trois de Mit-Farès (Crocodilopolis),
dans le Fayoum . La série de Saqqarah, la plus
complète de toutes, est aussi la plus instructive; c'est
une véritable suite d'exercices gradués destinés aux
élèves sculpteurs. Le N. 563 (haut. 0m, 23) nous fournit
le point de départ, avec une tête à peine ébauchée.
En regardant sur la face plane de lerrière, on y distingue

encore, tracés à la pointe, les traits de proportion
qui indiquaient la place des yeux, du nez, de la
bouche et toutes les parties du visage. La figure employée
comme modèle était évidemment celle du roi
régnant. C'était celle que les sculpteurs avaient le plus
souvent à reproduire; aussi l'étudiaient-ils avec soin de
face et de profil, jusque dans ses moindres détaills. Le
N. 564 (haut. 0m, 21) nous montre, en effet, vu de profile,
le même personnage que tous les autres modèles
nous montrent de face. Deux modèles de pied. découverts
àSân (Nos 565 et 566; long. 0m, 125), nous
prouvent qu'on appliquait aux autres membres le procédé
qui réussissait si bien pour la tête.» (MASPERO,
Cat., p. 100-101.)
On remarque encore (Nos 567 et 568) une tête
humaine et une tête de chacal finement travaillées;
ce sont des couvercles de canopes; puis
une tête royale à peine dégrossie (N. 569), montrant
par quels procédés les sculpteurs entamaient
le calcaire.
570 — Haut. 0m, 12, long. 0m, 346, larg, 0m, 115.
«Modèle d'architecture; il représente un petit autel
auquel on arrive d'un côté par deux petits escaliers,
de l'autre par deux rampes assez raides, où l'on se proposait
probablement de tailler des marches.» (MASPERO,
Cat., p. 101.)
561 — Calcaire — Haut. 0m, 44.
Statuette ébauchée, montrant, comme le N. 569,
par quel procédé les sculpteurs dégrossissaient le calcaire.

Ils se servaient du ciseau et taillaient largement;
d'autres pierres exigeaient d'autres procédés.
572 — Basalte (?) — Haut. 0m, — Mitrahineh.
Statuette à peu près semblable à la précédente, mais
de matière différente. La pierre beaucoup plus dure n'a
pu être dégrossie qu'à la pointe.
573 — Serpentine grise — Haut. 0m, 98. — Mitrahineh.
«La statue reste à l'état d'ébauche. Le personnage
est debout. Il tient devant lui un naos dans lequel
devait figurer une image de divinité qui n'a pas été
sculptée. Il a des sandales aux pieds et la longue robe
ramenée par un nœud sur la poitrine. La face est à
peine dégrossie.» (Mariette.)
574 — Caleaire — Haut. 0m, 52. — Tanis.
Statuette inachevée d'un personnage assis, dans une
attitude dont la sculpture égyptienne ne nous offre
qu'un petit nombre de modéles (comparer la statue 251,
de l'époque de Psammétique I).
575 — Serpentine grise.
Statue à peine dégrossie d'un personnage debout. La
tête n'est encore qu'une masse informe.

Vitrine F.

Moules en calcaire et en terre cuite, qui servaient
à fabriquer en grandes quantités des statuettes
funéraires (N. 576), des offrandes votives

et des amulettes. Sous les Nos 577 et 578, 579 et
580, etc., on voit l'objet fabriqué à côté du moule.
«Ces moules en terre cuite ne paraissent pas avoir
été fabriqués à l'ébauchoir et au poinçon: un objet
fabriqué à la main servant de modèle a été enfoncé
dans la terre molle, et l'image ainsi obtenue a été cuite
au four.
«Les objets représentés sont des plus variés: colliers,
dieux grotesques sur les crocodiles, égides, scarabées,
yeux mystiques, chats, dieux Bès, Isis, même
des statuettes funéraires avec leur inscription complète.
Tous ces moules sont simples; les pièces qu'on y
jetait n'avaient qu'une face en relief; le dos était égalisé
d'un coup de racloir et ne recevait aucune empreinte.
Je ne suis pas bien certain, du reste, que ces
moules aient eu un usage industriel; j'en ai trouvé
quelques-uns dans les tombeaux, ce qui semblerait leur
assurer une valeur votive. Peut—être en mettant les
moules près de la momie, pensait-on procurer aux
morts le moyen de se fabriquer eux-mêmes des amulettes
quand ceux qu'on leur avait prodigués étaient ou
volés ou bien usés. Cela expliquerait le genre des
figures et la simplicité du procédé; le mort n'étant pas
d'ordinaire un potier, aurait été assez embarrassé de
manier les moules compliqués dont on faisait usage
dans l'industrie.
«L'autre série comprend des moules en calcaire ou
en albâtre. Le type est celui de l'oiseau Bonou, sorte
de demoiselle de Numidie consacrée â Osiris, et qui suggéra
plus tard aux Grecs la légende du Phénix égyptien;

l'un d'eux a encore les deux pièces dont la réunion servait
à fabriquer l'oiseau complet (N. 581). Je ne pense pas
que ce fû ttoujours de la terre qu'on coulait dans les creux
de cette série. Certains indices me porteraient à penser
que c'étaient plutôt des moules à pâtisserie. Le choix
du Bonou comme forme de certains gâteaux d'offrande
se rattachait alors aux idées de renaissance qu'exprimait
cet oiseau.» (MASPERO, Cat., p. 287-289.)

Salle 56 (Ecritures sur ostraca).

Les Egyptiens écrivaient de préférence sur le
papyrus. dont nous verrons de beaux exemplaires
dans la salle 57. Mais le papyrus étant fort coûteux,
ils employaient souvent, pour écrire des brouillons,
des notes rapides, de courts inventaires, et parfois
même de textes importants, soit des planchettes
de bois, blanchies ou non (Nos 582 et 583), soit des
tessons de poterie (notamment les Nos 584 et 585,
dans la vitrine I), soit des lames et même de véritables
blocs de calcaire. Ce sont ces deux dernières
catégories d'écrits que l'on désigne sous le nom
d'ostraca. Les textes exposés dans la salle 56 sont
généralement en écriture cursive hiératique; le
plus remarquable (N. 586) provient du tombeau de
Sennot' em (voir N. 449).
«C'est une pièce de calcaire brisée en deux morceaux
(superposés dans la vitrine A), longue en tout d'un

mètre, haute de 20 centimètres en moyenne, couverte
d'assez gros caractères hiératiques ponctués à l'encre
rouge. La cassure n'est pas récente; le calcaire avait
été brisé au moment de la mise au tombeau, comme
beaucoup des objets de parure ou de ménage qu'on déposait
près de la momie. L'Egyptien s'attendait à jouir
dans l'autre monde des mêmes distractions qu'il s'était
procurées ici-bas. [Ici] c'est un roman qu'on lui avait
donné: en brisant la pierre sur laquelle [ce roman]
était transcrit, on la tuait, [et on l'enrvoyait ainsi]
dans l'acatre monde. où le double du mort s'en délectait
quand il était en humeur de lire. (MASPERO,
Mémoires de l'Institut égyptien. 1886.)
Cet ostracon contient, en effet, le commencement
d'un roman fameux en Egypte, les aventures de
Sinouhit, dont on n'a connu longtemps que la fin.
par un papyrus de Berlin en partie détruit. C'est
l'histoire d'un Egyptien de la XIIe dynastie, mis par
hasard en possession d'un secret d'Etat qu'il
n'aurait pas dù connatre. Il craint que le roi ne
le fasse périr pour étre assuré de son silence, et
s'enfuit en Syrie. Egaré dans le désert, mourant
de soif, il est recueilli par une tribu de Bédouins,
qui l'adopte. Il vit parmi eux pendant bien des
années et devient un de leurs chefs; enfin le roi
lui envoie sa grâce, et l'invite à rentrer à la cour
d'Egypte, oû il compose un récit curieux de ses
aventures et des mœurs des Bédouins.

Salle 57 (Ecritures sur papyrus).

Les Egyptiens employaient généralement, pour
la fabrication de leur papier, les tiges de la plante
appelée cyperus papyrus, qui croissait et était
cultivée dans la Basse-Egypte.
«Après avoir coupé les extrémités de la tige, on
détachait les fines membranes concentriques qui enveloppaient
la moelle; on posait à plat sur une planche
une première couche de ces membranes, et on appliquait
une seconde couche en travers sur la première. Les
Romains appelaient la première couche stamen (chaîne),
et la seconde substemen (trame). Il est impossible de
savoir d'une manière certaine quel était le liquide dont
on se servait pour adhérer le substemen au stamen.
Lorsqu'on avait ainsi obtenu une feuille de papier, ou
la pressait, et divers feuillets (plagulœ), collés latèralement
les uns au bout des autres, au nombre d'une
vingtaine habituellement, et placés par ordre de finesse,
les meilleurs d'abord, puis les plus grossiers, formaient
un rouleau (scapus). Ces rouleaux variaient beaucoup
plus en longueur qu'en hauteur, la hauteur étant déterminée
par la dimension des bandes détachées de la
plante, la longueur ou contraire pouvant être prolongée
indéfiniment par l'addition de nouveaux feuillets à la
suite des premiers.» (Pierret, Dictionnaire d'archéologie
égyptienne
, p. 413-414.)
La salle 57 contient plusieurs papyrus remarquables
par l'intêrèt des textes qu'ils renferment
et par la beauté des vignettes qui les illustrent.
587 — Haut. 0m, 24, long. 1m, 98. — Trouvaille des prêtres
d'Ammon, en 1891, à Deïr-el-Bahari.
Beau papyrus funéraire de Heroub, hiérodule de la
déesse Maut, fille du grand prêtre d'Ammon Ramenkheper
et de la princesse Isitemkheb, première grande
supérieure des recluses d'mmon-Râ, roi des dieux.
Les vignettes de ce papyrus sont très finement dessinées et peintes. Elles représentent: la défunte en présence
de Ptah-Sokar-Osiris; le dieu Thot principe
conservateur. et le dieu Horus. principe rénovateur,
versent les germes de vie sur la défunte agenouillée;—
le cynocéphale, consacré à Thot, s'approche, accompagné
de la défunte, de l'asile mystérieux où se prèpare
une renaissance; — cet asile, disque portê par deux
lions, contient l'enfant qui va paraître bientôt à la
lumière, et dont l'oudja, œil symbolique du soleil,
semble attendre et préparer la venue. — Jolie figure
de la défunte prosternée en présence du crocodile, seigneur
de l'élément humide; des arbres indiquent l'action
fécondatrice de l'humidité; — les semailles et la
moisson dans les Champs-Elysées: la défunte qui sème
en suivant la charrue, puise les graines dans un sac
semblable à ceux qu'on voit au dos de toutes les statuettes
funéraires.
588 — Haut. 0m, 22, long. 4m, 60. — Trouvaille des prêtres
d'Ammon, en 1891, à Deïr-el-Bahari.
Papyrus funéraire de Shedsouhori, directeur de la
grande demeure d'Ammon-Râ, roi des dieux, e'est-à-dire,
sans doute, du temple de Karnak, à Thèbes. Ce

papyrus renferme un écrit de ce qu'il y a dans l'autre
monde (Douaut), que le soleil parcourt pendant douze
heures de nuit. Il est illustré d'une série des figures
mythologiques et symboliques qui sont sculptées en
grand dans les tombeaux des rois, à Thèbes.

Centre de la salle.

589 — Haut. 0m, 23, larg. 2m, 12. Mar., Papyrus du musée
de Boulaq
, t. I. — XXIIe dynastie. — Dèïr-el-Médineh.
Papyrus opistographe écrit en hiératique (forme
cursive des hiéroglyphes), monté centre deux verres.
Curieux traitè de morale, en forme de dialogue entre
le scribe Ani et son fils Khonshotpou.

Nord de la salle.

590 — Haut. 0m, 28, long. 4m, 39. Mar., Papyrus du musée
de Boulaq
, t. I. — Époque grecque. — Dèïr-el-Mèdineh.
«Ce papyrus a été déchiré en plusieurs morceaux au
moment de la trouvaille. La page du dèbut, achetée par
L. Vassalli bey, conservateur du musée, a été volèe
en 1877. La partie du milieu, achetée par Mariette,
est exposée sous le N. 590. La fin, acquise par un touriste
inconnu, est aujourd'hui cachée dans un château
d'Angleterre. C'est un traitè de géographie, mais d'une
géographie un peu mythique. Il traitait du Fayoum et
des localités voisines. Au début, on voit deux figures
du dieu Sobkou, naviguant chacun en sa barque et
recevant les prières de deux femmes coiffèes de plantes
fluviatiles; e'est le dieu Sobkou du midi qui entre dans
le lac Moeris et le dieu dieu Sobkou du nord qui en sort

pour entrer dans le Nil. Derrière, et à mi-jamhe, Rà
s'avance, tandis que quatre divinités, deux à tète de
grenouille, deux à tète de serpent, sont rangées deux à
deux sur les rives. Les légendes indiquent que nous
sommes au débouché du lac; les dieux qui président à
la scène sont les Khmounou, les huit dieux crèateurs du
monde.
«Une femme de forte taille, étendue le long du papyrus
est la déesse-vache Mihoïrt, qui passait pour ètre
le fondement du bassin qui se troure flans la terre
de Tashe
, en d'autres termes, du lac Moeris qui est au
Fayoum. De sa tète semble partir une sorte de canal,
qui aboutit bientòt à la représentation conventionnelle
du lac Moeris et des campagnes environnantes; un
rectangle oblong, divisé en huit compartiments longitudinaux.
Les quatre compartiments lu milieu représentent
le lac lui-même et devaient être remplis, les
deux compartiments internes de poissons, les deux
externes, de canards et d'oies. Sur chaque rive, un
compartiment semé de figures d'arbres simulait le terrain
planté qui bordait le lac. Un dernier compartiment,
occupé par une inscription hiéroglyphique, servait de
cadre au tableau. Mais le scribe ayant, par erreur, laissé
en blanc l'un des compartiments du milleu, toute l'économie
de la composition s'est trouvée dérangée. Les
poissons ont envahi le compartiment des oiseaux d'eau:
ceux-ci sont descendus dans le domaine des arbres, et
les arbres, à leur tour, se sont rejetés sur la place réservée
à l'inscription hiérogly phique qui courait sur la rive
méridionale. Des deux côtés du bassin et du canal, sont
rangées les localités importantes pour l'histore de la

guerre que les dieux Hor et Sit se sont livrée dans le
Fayoum, Hàonat, Parohes, Pakhnoum, etc. Les légendes
nons révèlent l'idée qui a présidé à la rédaction de cet
ouvrage. Les dieux égyptiens avaient l'habitude de se
rendre visite dans leurs temples, et ces visites étaient,
chaque année, l'occasion de fêtes splendides. Notre
papyrus est l'itinéraire que suivait le dieu Sobkon, le
dieu Crocodile, roi du Mœris, quand il rendait visite
à l'une des divinités voisines.» (MASPERO, Cat.,
p. 197-199.)
Au-dessus du manuscrit du lac Mœris:
591.
Autre papyrus moins important, mais d'une merveilleuse
finesse.

Est de la salle.

592.
Quelques exemplaires du Livre des morts qu'on plaçait
sur les défunts pour les guider en vue des épreuves
d'outre-tombe, et de l'examen à subir devant Osiris et
les quarante-deux juges des morts; l'âme était pesée
dans la balance divine, et le défunt devait prononcer
une apologie ou confession négative, énumérant toutes
les fautes dont il se déclarait innocent.
«Je n'ai commis aucune fraude envers les hommes.
Je n'ai pas tourmenté la veuve. Je n'ai pas menti devant
le tribunal. Je ne connais pas le mensonge. Je n'ai
pas imposé à un chef de travailleurs, chaque jour, plus

[illeg.]
La vitrine A-O nous montre les instruments dont
se servaient les scribes égyptiens; palettes en bois
ou en ivoire (Nos 595, 596 et 597) avec godets pour
contenir la couleur ou l'encre, et entailles où l'on
insérait les calames ou roseaux taillés pour l'écriture;
palettes votives en albâtre (N. 598), que le
défunt devait tenir en récitant une prière à Thot,
dieu de l'écriture (ch. XCIV du Livre des morts);
pains de couleur pour préparer l'encre (Nos 599,
600, 601, 602, 603); petits mortiers avec des pilons
pour broyer les pains de couleur (Nos 604 et 605);
tablettes à six godets contenant encore les couleurs
préparées (N. 606); couleurs broyées (N. 607);
enfin, les Nos 608, 609 et 610) nous indiquent les
papyrus tels qu'on les retrouve aujourd'hui. Il faut
maintenant, pour les dérouler, une attention minutieuse
et des soins spéciaux.

Salle 58 (Objets funéraires).

Armoire A.

Réseaux et tissus de perles qu'on plaçait sur les
momies; quelques-uns de ces ouvrages sont d'un
travail très fin, notamment le N. 611, avec figures
d'Anubis, et les Nos 612 et 613 (visages humains).

Armoire B.

Masques de momies, peints ou dorés; hypocéphales
en terre cuite (N. 614), en bronze (N. 615)

ou en cartonnage (N. 616). Placés sous la tête
de la momie les hypocéphales devaient, par
la vertu des formules dont ils étaient couverts,
conserver au corps sa chaleur vitale pour la
résurrection.

Armoire C.

617. — Trouvaille des prêtres d'Ammon, en 1891, à
Deïr-el-Bahari.
Linceul avec figure d'Osiris. Ce linceul enveloppait
la momie du prêtre d'Ammon Nespanoferhir, directeur
des jeunes garçons consacrés au culte d'Ammon.

Armoire D.

Cartonnages trouvés avec les momies; semelles
qu'on leur mettait sous les pieds, pour qu'aucun
contact impur ne souillât la demeure d'Osiris.
618 — Panneau de bois peint.
Figure du taureau Apis.

Armoire E.

619.
Linceul qui enveloppait la momie du prêtre d'Ammon
Khonsounrenp, écrivain des commandements de
la maison d'Anhour (dieu de Thini, près d'Abydos),
et écrivain des commandements de la maison d'Osiris,
seigneur d'Abydos. Le défunt est représenté debout
devant Osiris.

ARMOIRE F.

Momie serrée dans une gaîne de jonc (N. 620),
provenant du tombeau de Sennot'em (voir N. 449).
Deux masques de momie en fort cartonnage, provenant
du même tombeau (Nos 621 et 621 bis).
Chevet en bois (N. 622).

ARMOIRE G.

Masques de momies; réseaux; larges colliers
en cartonnage (623); semelles et sandales.

Sur les armoires.

Statuettes d'Osiris en bois évidé, à l'intérieur
desquelles on enfermait souvent des papyrus
funéraires; caisses en bois où l'on déposait au
nom d'un défunt un grand nombre de petites
figurines funéraires, telles que nous en allons
voir dans les trois salles suivantes (Nos 59, 60 et
61). Ces caisses portaient une inscription au
nom du défunt; le couvercle était scellé de son
cachet.

VITRINE H.

Pectoraux ou ornements de momie en forme de
petite chapelle contenant un scarabée, symbole
des transformations par où la vie se renouvelle.
Ce scarabée est représenté entre Isis et Nephthys
(N. 624), ou seul (N. 625). D'autres pectoraux

représentent Anubis, dieu de l'ensevelissement
(N. 625); Osiris et Horus (N. 526), ou l'épervier
d'Horus, en bronze ou en bronze doré, les ailes déployées
(Nos 627 et 628). D'autres sont en forme
de scarabées bleus, aux ailes d'or émaillées de
bleu (N. 629).
«Quelle que fût l'image, le pectoral avait pour vertu
de mettre le mort sous la protection des divinités représentées et de l'identifier au soleil levant pour la
résurrection…. Le scarabée volant, emblème du soleil,
jouait sur sa poitrine le même rôle que le pectoral en
forme de naos.» (MASPERO, Cat., p. 235.)
Puis une collection d'yeux mystiques en cuir
(N. 630), en toile et en cire (N. 631).
«Ces yeux mystiques, en égyptien ouza (oudja)
sont, à proprement parler, les yeux du dieux Râ, considéré comme dieu suprême; l'œil droit est le soleil, l'œil
gauche est la lune. L'œil, isolé de la figure divine à
laquelle il appartenait, devenait une divinité ouza Hor,
l'œil d'Hor, qui avait son existence indépendante et
jonait un certain rôle dans la légende osirienne; il avait
pleuré en différentes occasions, et ses pleurs avaient
donné naissance à toutes les substances utiles: au vin,
à l'huile, etc. Menacé par Sit, il n'échappait à un danger
que pour retomber dans un autre, mais sortant toujours
victorieux de chaque épreuve; aussi les vivants et les
morts avaient-ils l'habitude de se mettre sous sa protection, et d'opposer sa puissance à tous leurs ennemis.
On le consacrait en récitant sur lui certaines prières, le

chap. CXL du Livre des morts, par exemple, puis on
l'attachait au poignet de l'individu, à son cou, sur sa
poitrine, ou bien on le mèttait avec d'autres amulettes
dans la cavité du ventre, après l'extraction des intestins.
On le fabriquait en toutes matières, en lapis, en cornaline
rouge, en feldspath vert, en agathe, en bois, en
pâtes émaillés, etc., et on en variait la forme et la
grandeur à l'infini.» (MASPERO, Cat., p. 267-268.)
Les Nos 632 et 633 nous montrent deux exemplaires
des scarabées du cœur.
«Ces gros scarabées étaient le symbole du cœur.
Après avoir enlevé le cœur du mort, on le remplaçait
par un scarabée, sur lequel était gravée une formule
magique (Livre des morts, ch. XXX et LXIV, l. 33-36):
O mon cœur qui me vient de ma mère, mon cœur de
«quand j'étais sur terre, ne te lève pas contre moi, ne
porte pas témoignage en ennemi contre moi par
devant les chefs divins; ne m'abandonne pas devant
le dieu grand, seigneur de l'Occident! Salut à toi,
cœur d'Osiris, qui vis dans l'Occident; salut à vous,
viscères divins, salut à vous, dieux à la barbe tressée,
puissants par votre sceptre; dites du bien du mort et
accordez qu'il prospère par l'intermédiaire de Nahbkoou.»
Le cœur était placé dans la balance, au moment
du jugement suprême et son témoignage décidait
du sort de l'homme (voir N. 592); la formule avait
pour effet de le contraindre à ne dire que le bien devant
les dieux et à taire les mauvaises actions. Pour plus
d'efficacité, on joignait souvent à la prière des représentations

de divinités qu'on gravait sur les élytres,
sur le corselet, même sur le plat du scarabée…… Ces
scarabées du cœur étaient fabriqués à l'avance et s'achetaient
tout faits chez le marchand. On en trouve où
les lignes sont marquées, mais non remplies, où la
formule a été gravée et le nom laissé en blanc, où la
formule est incomplète et où les signes n'offrent aucun
sens.» (MASPERO, Cat., p. 228-230.)
634.Deïr-el-Bahari, 1891.
Bretelles trouvées sur les momies des prêtres d'Ammon.
«Vers la fin de la grande époque thébaine, les momies
portaient sur leur maillot des bretelles en toile,
terminées par des bouts en parchemin bordés de cuir
rouge. Ces bouts en parchemin, fabriqués par les prêtres,
portaient ordinairement, comme marque d'origine, une
scène d'adoration à Ammon-Rà par le grand prêtre ou
par le roi régnant.» (MASPERO, Cat., p. 99.)
Ces bretelles de momies sont donc précieuses, comme
fournissant des indications certaines sur la date des
ensevelissements.

VITRINE I.

Cette vitrine contient un certain nombre de
pièces provenant de la découverte des prêtres
d'Ammon, notamment un pectoral ou scarabée
aux ailes éployées (N. 635), un scarabée en lapislazuli
(N. 636), et un cœur en quartz (N. 637),
trouvés sur la momie de T'etoukhonsouaufankh.

Le cœur était un des principaux symboles de
renaissance; il représentait le fruit des arbres,
contenant la graine ou la semence d'où sortira
une existence nouvelle.
Puis de petits génies en cire, représentant
Amset, Hapi, Tiaoumautef et Kebhsennouf,
gardiens des viscères du défunt.

Salle 59 (Suite des objets funéraires).

ARMOIRE A.

Nombreuses statuettes funéraires, de diverses
provenances et de diverses époques; la plupart
cependant sont de l'époque saïte.
«On nommait ces statuettes Ouoshbiti ou Shbiti,
les Répondants
, à cause de la fonction qu'elles remplissaient
dans l'autre monde: elles devaient répondre
à l'appel du nom du défunt et se présenter à sa place
pour exécuter les corvées qu'Osiris avait le droit d'exiger
de lui. Les formules diverses qu'on trouve écrites
sur elles ne laissent subsister aucun doute à cet égard:
«Je suis X, le serviteur de l'Enfer»; ou: «Je suis X,
«le serviteur d'Osiris». La plupart s'adressent aux
statuettes elles-mêmes, et les conjurent de venir fidèlement
en aide du défunt: «O Répondant d'Ahmos!»
Si Ahmos est appelé pour travailler dans l'Enfer, il crie:
«Me voici!» Cette idée développée avait fini par devenir

une oraison assez longue, qui est le chap. IV du
Livre des morts, et qu'on gravait fort souvent tout
entière sur les statuettes: «O ces Répondants! si l'on
appelle, si l'on dénombre le monarque Phtahmos,
pour qu'il fasse tous les travaux qu'il y a faire dans
l'autre monde — lui qui a combattu l'ennemi, —
comme un homme qui doit la corvée, pour ensemencer
les champs, pour remplir les canaux, pour
transporter les grains de l'est à l'ouest: «C'est moi,
me voici!» exclamez-vous et puisses-tu être appelé
à toute heure, au cours de chaque jour.»
Pour rendre leur service plus efficace, on les déposait
en très grand nombre, par milliers même, avec les
momies. Tantôt elles sont jetées au hasard dans le sarcophage,
tantôt on les a rangées debout contre le sarcophage
ou répandues sur le sable de la chambre. On les
entassait souvent dans des boîtes spéciales, grandes ou
petites. Elles sont en toutes matières, mais les plus
vieilles, celles qui sont antérieures à la XVIIIe dynastie,
sont plutôt en bois, en granit, en calcaire ou en
albâtre. Sous la XVIIIe dynastie, la terre cuite, recouverte
d'un émail bleu, commence à paraître, et sous la
XXVIe, la terre émaillée verte l'emporte, presque à
l'exclusion du reste. Au début, les statuettes funéraires
ne sont qu'une dégénérescence des statues en calcaire qui
servent de support au double; aussi leur donne-t-on
l'aspect et le costume de l'homme vivant, plus rarement
le costume et l'aspect de la momie. Plus tard, l'idée de
leur usage détermina de plus en plus la forme de leur
costume: on leur mit à la main la pioche pour travailler
la terre, ou le sac à grains pour ensemencer,

parfois un vase à libations ou une croix ansée, signe de
la vie. Aux dernières époques, leur identification avec
le mort est si complète qu'elles ne sont plus que des
momies de petite taille.» (MASPERO, Cat., p. 131-133).
Beaucoup de figures portent la simple mention:
«Illumination de l'Osiris un tel», vœu d'assimilation
au soleil, en faveur du défunt.
Nous noterons, dans l'armoire A, une statuette
en bois de Dirga (XIXe dynastie), couchée dans son
cercueil, sous le N. 638.
639 — Calcaire — Haut. 0m, 50, larg. 0m, 30, — XIIIe dynastie.
Abydos.
«Au fond de chaque temple, il y avait une chapelle
monolithe semblable pour la forme, sinon pour les
dimensions, au N. 639; c'était la qu'était censé résider
le dieu du temple, et on y renfermait soit l'emblême
de ce dieu, soit l'animal vivant qui lui était consacré.
«L'usage voulait qu'on plaçât parfois des naos de ce
genre dans les tombeaux. Celui-ci avait une statue,
aujourd'hui perdue, du mort auquel il était destiné, Iouf,
fils de Sonit. Il est décoré à l'extérieur de deux scènes
d'adoration, dont l'une occupe deux faces et l'autre une
seule; la famille et les amis, conduits par la dame
Sazit, défilent devant Iouf et lui font l'offrande.»
(MASPERO, Cat., p. 140.)

ARMOIRE B.

Tablettes ou stèles de bois, provenant de Gournah
et appartenant à diverses époques, depuis la

XXe dynastie jusqu'à l'époque Ptolémaïque. L'une
d'elles (N. 640) offre un exemple fort rare d'un
paysage égyptien.
«La montagne peinte en jaune rayé de rouge,
couvre le champ de gauche; deux petites portes surmontées
de pyramidions marquent la tombe de la dame
Zodamen Efônkh. Une femme agenouillée se lamente et
s'arrache les cheveux en signe de deuil; des arbres
dessinés derrière elle figurent le jardin funéraire, où
l'âme viendra s'ébattre et se nourrir à la table qui
l'attend chargée d'offrandes. Au registre supérieur, la
dame Zodamen Efônkh vient réclamer auprès d'Harmachis
sa part des sacrifices que lui font ses parents.
XXIIe-XXVIe dynastie.» (MASPERO, Cat., p. 131.)
Sur la tablette supérieure de l'armoire B, série
de chevets en bois (Cfr. N. 622) et en pierre.
«Comme les Nubiens en emploient encore aujourd'hui
pour reposer leur tête pendant le sommeil. Ceux
qu'on donnait aux morts étaient destinés à leur procurer
des nuits paisibles dans l'autre monde; certains
manuscrits du Livre des morts ont même un chapitre
du chevet, dont des extraits sont gravés quelquefois
sur les chevets funéraires. Rarement on les trouve sous
la tête de la momie; presque toujours ils sont à terre,
à côté du cercueil.» (MASPERO, Cat., p. 130.)
Les armoires C et D contiennent des figurines
funéraires de diverses époques.
Dans l'armoire E l'on voit de beaux chevets en
bois et en albâtre, avec inscriptions (Nos 641
et 642); une enveloppe de chevet en jonc tressé
(N. 643); une jolie petite stèle votive en albàtre
(N. 644), au nom du gouverneur Shiti et de la
dame Hotpoui (XIIIe dynastie, Abydos ); un certain
nombre de tablettes ou petites stèles en bois
peint; quelques-unes appartiennent à la collection
des prêtres d'Ammon, notamment le N. 645, au
nom de la vénérable Katseshni (Cfr. N. 594).
646 — Calcaire — Haut. 0m, 37, larg. 0m, 24, prof. 0m, 22.
— XIIIé dynastie. — Abydos.
Naos (Cfr. N. 639) de Nakht; la chapelle contenait
une statuette du défunt, que nous retrouverons dans la
salle 63, armoire C.
A droite et à gauche de l'armoire F, figurines
funéraires de diverses époques. Au centre, jolies
statuettes, les unes debout, les autres couchées
dans le cercueil; leurs couleurs ont conservé
toute leur fraicheur. Toutes sont de la XXe dynastie
et proviennent du tombeau de Sennot'em (voir
N. 449). On peut noter la statuette vernie N. 647,
et les Nos 648 et 648 bis, portant le costume civil,
au lieu de l'emmaillotement des momies; les
Nos 649 et 650, avec leurs petits cercueils.
651 el 651 bisBois peint et doré — Haut
m, 84. — Hassaïa.
Coffrets à quatre compartiments où l'on enfermait
les viscéres du défunt retirés du corps pour l'embaumement.

Très souvent ces coffrets étaient remplacés
par quatre vases canopes, comme ceux que nous allons
voir sur les étagères H et I.

ARMOIRE G.

Statuettes funéraires en bois, granit, albâtre,
terre cuite peinte ou peinte et émaillée (XIIIe-XXIe
dynasties). On peut noter les Nos 652 (XIIIe dynastie),
653 et 654 (XVIIIe dynastie), 655 et 656
(XIXe dynastie).

ETAGÈRES H Et I.

Collection de vases canopes, en calcaire et en
albâtre, d'époques saïte et ptolémaïque. Les vases
canopes recevaient les viscères du défunt, retirés
du corps pour l'embaumement, et confiés à la
garde de quatre génies funéraires, fils d'Osiris
(voir salle 58, vitrine I, des images en cire de ces
génies).
L'estomac, renfermé dans le premier vase canope,
était gardé par Anset, génie à tête humaine.
Dans le second vase, les intestins étaient sous la
garde de Hapi, génie à tête de cynocépale.
Dans le troisième vase, Tiaoumautef, génie à
tête de chacal, gardait les poumons. Enfin le foie
était placé dans le quatrième vase, sous la protection
de Kebhsenouf, génie à tête d'épervier.

ARMOIRE J.

Statuettes funéraires en bois, granit, albâtre,
terre cuite, émaillée ou non émaillée (XIIIe-XXIe dynastie).
Les plus anciennes de ces statuettes sont
en bois ou en calcaire; l'émail n'apparaît qu'à
partir de la XVIIIe dynastie. On peut noter le
N. 657 (XIIIe dynastie), le N. 658 (XVIIIe dynastie);
l'âme, sous la forme d'un oiseau à tête humaine,
vient se poser sur la poitrine du défunt, pour
ranimer son cœur; le N. 659, etc.

CAGES KET L.

660 et 661 — Bois peint — Haut. 1m,09. — Trouvaille
des prêtres d'Ammon, en février 1891, à Déïr-el-Bahari.
Jolies statues d'Isis et Nephthys, les deux pleureuses
d'Osiris défunt, qui jouaient un rôle important dans le
mystère du renouvellement de la vie, reproduit plus
tard par les Grecs, dans les cérémonies d'Eleusis. Les
statues en bois de l'ancienne Egypte sont fort rares;
on peut comparer celles-ci (XXIe dynastie) à celles de
l'ancien empire (Nos 19, 35, 95).

CAGE M.

Aux angles de la cage M, statues agenouillées
des deux pleureuses Isis (662) et Nephthys (663),
provenant de Hassaïa (Cfr. Nos 660 et 661). Isis
porte sur la tête un siège, hiéroglyphe de son nom,
Nephthys, la façade d'un édifice. — Statuettes en
bois d'Osiris, destinées souvent à contenir des papyrus

funéraires, et accompagnées d'éperviers en
bois, images d'Horus, ou d'éperviers a tête humaine,
représentant l'âme ou le principe vital. Un
de ces Osiris, accompagné de l'âme porte le N. 664.
— Un beau coffret à figurines funéraires (N. 665),
porte le nom d'Amennouitnakhtou, chef des ouvriers
en métaux du temple d'Ammon (trouvaille
des prêtres d'Ammon). — Enfin on remarquera
(666) une stèle en bois peint, opisthographe, au nom
d'Ankhefenkhonsou, prêtre de Mentou.

VITRINE N.

667 — Calcaire blanc et granit noir — Haut.
du sarcophage 0m,20, long. 0m,31, prof. 0m,15.
«L'âme égyptienne était figurée par un épervier à
tête et à bras d'homme: il s'envolait à la mort et l'un
des souhaits adressés au défunt était que» son âme pût
«rejoindre son corps à son gré». Le petit monument
représente cette réunion de l'âme et du corps. La momie,
enveloppée de son maillot et couchée sur le lit
funéraire à pieds de lion, attend; l'épervier est descendu
dans le tombeau et, posô à còté d'elle, place les deux
mains sur l'endroit où était le cœur, en regardant attentivement,
la face impassible. Le mouvement du petit
oiseau symbolique, l'expression douce et presque suppliante
de l'âme, le contraste entre la vie qui anime ses
traits et l'immobilité de la momie font de ce groupe un
véritable chef-d'œuvre en son genre. Il était enfermé
dans un sarcophage de calcaire blanc, couvert d'inscriptions
et de figures: Isis, à la tête, Nephthys aux
pieds, sur les côtés Anubis et les génies des morts.
«Le personnage étendu sur le lit funéraire était premier
héraut du roi et s'appelait Rà. — XXIIe dynastie.»
(MASPERO, Cat., p. 130-131.)
La vitrine N contient encore (N. 668: serpentine
grise; haut. 0m,045; long. 0m,16; larg. 0m,05)
le petit sarcophage:
«Lit funèbre du chef des scribes Miri; l'âme est
venue s'abattre à côté de lui et lui met les deux mains
sur la poitrine. La formule est celle qu'on trouve sur
les statuettes funéraires. XXe dynastie.» (MASPERO,
Cat., p. 146.)
Puis, quelques statuettes funéraires couchées
dans leurs petits cercueils.

VITRINE O.

Petits cercueils blancs tenant lieu de canopes et
contenant des intestins.

VITRINE P.

Un certain nombre de terres cuites représentant
une femme couchée sur son lit; souvent avec
un petit enfant qu'elle allaite. La femme est peutètre
une image d'Isis et l'enfant une image d'Horus
(N. 669). — Deux figurines funéraires taillées dans
le même morceau de granit noir (N. 670). Pavillon
(?) en terre cuite sur lequel Hathor, la Vénus
égyptienne, est représentée dans une barque entre

deux figures de Bès, l'Hercule égyptien, et généralement
l'Hercule grotesque (N. 671).
Aux angles de la vitrine: pleureuses en terre
cuite.
Sur les armoires, statuettes d'Osiris servant de
boîtes à papyrus (voir salle 58, armoire G; voir
aussi N. 664); coffrets à figurines funéraires, et
coffrets à canopes (voir salle 58, armoire G:
salle 59, étagères H et I, et N. 651).

Salle 60 (Suite des objets funéraires).

Les quatre armoires A, B, C, D contiennent
des figurines funéraires. Toutes proviennent de la
trouvaille des prêtres d'Ammon. La plupart sont
en terre cuite recouverte d'un bel émail bleu;
d'autres sont peintes en blanc. Parmi celles-ci,
nous signalerons dans l'armoire D, quatrième
rangée, la jolie série des statuettes d'Amennouitnakhtou;
nous avons vu (salle 59, vitrine M,
N. 615) le coffret qui contenait ces statuettes.

Salle 61 (Suite des objets funéraires).

L'armoire A et l'armoire F sont remplies de
figurines funéraires des prêtres d'Ammon.
L'armoire B renferme des vases canopes (voir
salle 50, étagères H et I) de diverses époques. On
peut noter les Nos 672 et 672 bis (XIIIe dynastie);
au milieu de l'armoire le N. 673 (XIXe dynastie); et
quatre vases bleus émaillés d'époque ptolémaïque
(Nos 674, 675, 676 et 677).
Les armoires C et D contiennent des séries de
figurines funéraires, d'époques et de provenances
diverses.
Dans l'armoire E nous remarquons, sous les
Nos 678 et 679, de beaux vases canopes d'époque
saïte, en albâtre oriental; et sous les Nos 680 et
680 bis de jolis coffrets provenant d'Akmîm.

Salle 62 (Papyrus funéraires).

La cage du milieu contient une série de ces
statues d'Osiris où l'on enfermait des papyrus
funéraires (voir salle 58, armoire G; salle 59,
cage M, etc.). On voit souvent des éperviers au
pied de ces statuettes; au N. 681, l'épervier est
posé sur le couvercle d'un sarcophage, dont les
quatre angles supportent quatre autres éperviers
plus petits.
Parmi les papyrus exposés dans la salle 62, nous
citerons:

Est de la salle.

682.
Papyrus orné de dessins esquissés à grands traits par
une main exercée, modèle de l'habilité et de la hardiesse
des dessinateurs égyptiens.

Centre de la salle.
VITRINE K.

683.
Fragment du Livre des morts, au nom de Mapoui.
Ce papyrus est opistographe.

Ouest de la salle.

684. — Trouvaille des prêtres d'Ammon.
Papyrus de sept mètres de long, au nom de T' et-khonsouaufânkh.
Les vignettes sont fort curieuses;
quelques-unes sont de vėritables caricatures (notamment
la scène qui se trouve au-dessus de la vitrine N).

VITRINE Q.

685.
Papyrus d'une finesse remarquable dont nous avons
vu un fragment dans la salle 57, au-dessus du papyrus
du lac Mœris (paroi nord).

VITRINE R.

686.Thèbes (Deïr-el-Bahari).
Papyrus au nom de la dame Nesikhonsou. Copie en
belle écriture cursive (hiératique) d'un décret rendu par
Ammon pour assurer dans l'autre monde le bonheur

de la défunte. (Ce papyrus et le numéro suivant appartiennent
à la collection des momies royales).

VITRINE T.

687. — XXIe dynastie. — Thèbes (Deïr-el-Bahari).
Papyrus de la reine Makeri, dont nous verrons la
momie dans la salle royale, auprès de la momie de sa
petite fille, morte et ensevelie avec elle. Vignettes
d'une finesse et d'une fraîcheur admirables.

Salle 63 (Objets historiques).

ARMOIRE A.

688 — Basalte vert — Long. 0m, 15, larg. 0m, 12.
«Pieds et socle d'une statue représentant le roi
Tahraka (XXVe dynastie). Vingt-huit captifs enchaînés
(quatorze Asiatiques et quatorze nègres, symbolisant
autant de nations ennemies) servent d'ornements au
socle.» (MARIETTE.)
689 — Albâtre — Haut. 0m, 31. — XIXe dynastie.
Belle tête royale.
690 — Calcaire — Haut. 0m, 52. — Thèbes (Assasif).
«Stèle de Besmaut, prêtre du soleil, né l'an 18 de
Psammétique I (648 avant notre ère) et mort à l'âge
de 99 ans, c'est-à-dire sous la 23e année d'Amosis.
549 avant notre ère.» (MARIETTE.)
691 et 691 bis. — XVIIIe dynastie. — Tell-el-Amarna.
Stèles (voir N. 207). Le scribe royal Anoui se rend
sur son char chez le roi, où il sera le bienvenu (691),
Le même, assis sur un siège pliant, reçoit des offrandes
funéraires (691 bis).
692 — Terre émaillée bleue — Haut. 0m,28. —
XXe dynastie.
Casque royal.
792 bisAlbâtre — Haut. 0m, 14. — Karnak.
«Fragment de vase sur lequel on lit la légende d'un
roi dont le prénom était Menkhopirrî. et dont le nom,
martelé avec soin, devait probablement se lire Séti. Ce
roi, qui ne régna que sur la Thébaïde, vivait à la fin
de la XXVe ou au commencement de la XXVIe dynastie.»
(MASPERO.)
693.
Fragment de bas-relief, avec la figure d'Aménophis I.
694 — Porcelaine bleue — Haut. 0m, 30. — XXVIIe
dynastie. — Memphis.
Sistre, avec le cartouche de Darius.
695 et 695 bis.
Pierres avec inscriptions, vases votifs, amulettes
d'époque saïte (695) et d'époque ptolémaïque (695 bis),
trouvées par M. Petrie dans les fondations des édifices
de Naucratis et de Tanis.
696 — Bronze — Haut. 0m, 10. — XXVIe dynastie. —
Sérapéum de Memphis.
Egide surmontée d'une tête finement sculptée du roi
Amosis.
697 — Calcaire — Haut. 0m, 11, long. 0m, 173. — XIXe
dynastie.
Personnage écrasant le grain. Le nom est Amenhotep.
698 — Calcaire — Haut. 0m, 60. — XVIIIe dynastie. —
Thèbes (Médinet-Habou).
«Cette jolie statue, au profil si pur, qui rappelle les
plus beaux portraits de Séti I au temple d'Abydos,
représente Ammon debout, la face peinte en bleu, ou
plutôt représente le souverain à qui elle est due en
Ammon. L'époque de son érection est inconnue. Sur la
ceinture, on lit, tracée en encre rouge, la légende
d'Aménophis I. La figure en pied de la royale épouse
qui l'aime, Ahmes Neferari
, femme d'Amosis (ou
Ahmès), prédécesseur d'Aménophis, occupe un des côtés
du pilier qui sert d'appui au monument. Le derrière de
ce même pilier est gravé au nom de Séti. — Si la base
n'avait pas été détruite, nous y verrions, sans doute,
les cartouches d'Amosis qui deviendrait le fondateur du
monument.» (Mariette.)

Angle sud-est de la salle.

699 — Granit gris — Haut. 0m, 19, long. 0m, 80.
larg. 0m, 34 — XXe (?) dynastie. — Mèdinet-Habou.
Socle d'une statue, supporté par deux figures de rois
vaincus, le chef de Koush (Ethiopie) et le chef de
Naharaïn (Syrie du nord). Les côtés du socle sont
ornés de figures d'oiseaux fantastiques.

ARMOIRE B.
Tablette supèrieure.

700 — Albâtre. — Haut. moy. 0m, 25. — XVIIIe dynastie.
«Quatre vases sans couvercles, trouvés dans un même
coffre avec la momie de la reine Aah-hotep. Ils contenaient
des matières animales embaumées, et faisaient
office de canopes. Pas d'inscription.» (MARIETTE.)

Deuxième tablette.

701 — Bronze — XXVe dynastie.
Gond de porte avec le nom de Piankhi.
704 bisCalcaire — Haut. 0m, 27, larg. 0m, 21. —
XXVIe dynastie. — Sérapéum.
Stèle du roi Apriès; dans le centre une inscription
carienne inexpliquée jusqu'à présent.
702 et 702 bisAlbâtre — Haut. 0m, 11 et 0m, 10. —
XVIIIe dynastie. — Thèbes (Assassif).
«Deux vases contenant du bitume et portant le cartouche
de Toutmès III. Ils ont été trouvés à Thèbes
sur le sol de la tombe d'un fonctionnaire nommé
Roma.» (MARIETTE.)
703 — Statuette en bronze.
Une reine assise.
704 — Bronze — Haut. 0m, 12. — Saqqarah (Sérapéum).
«Une reine debout, vêtue de la chemise collante.
Elle a la perruque ronde à courts tuyaux. Deux longues
plumes lui servent de coiffure symbolique.» (MARIETTE.)
705 — Calcaire — Haut. 0m, 21. — XXe dynastie.
Fragment de figurine funéraire au nom de Ramsès III.
706 — Bronze — Haut. 0m, 07. — Don de M. V. Maunier,
Statuette représentant Horus enfant, coiffé de la
double couronne du midi et du nord. Le socle porte
quatre cartouches, parmi lesquels celui d'Ahmès.
707. — XXIIIe-XXe dynastie. — Grandes pyramides.
Deux captifs, un Syrien et un Ethiopien, sont liés
dos à dos.
708 — Granit rose — Diam. 0m, 25 — XVIIIe dynastie.
Tell-el-Amarna.
Fragment d'autel (?), (voir N. 32) au nom de Khounaten.
709 et 709 bis. — XXVIe dynastie.
Ferrures de porte, ou pièces de serrures en bronze,
aux noms de Psammétique II et d'Amasis.
710Terre émaillée bleue — Haut. 0m, 30. —
XXe dynastie. — Abydos.
Statuette funéraire du roi Ramsès IV.
711 — Calcaire.
Admirable tête de prisonnier asiatique.
712 — Schiste noir — Haut. 0m, 19.
Fragment de statuette d'un personnage vêtu d'une
robe d'étoffe plissée. La tête est coiffée de l'uraeus.
713 — Feldspath vert — Haut. 0m, 07, long. 0m, 12,
larg. 0m, 048. — XXVIe dynastie.
Petit sphinx brisé aux cartouches d'Apriès.
714 — Haut. 0m, 22. — XXVIe dynastie.
Vase en forme de cœur, avec les cartouches de Psammétique I.
715 — Porcelaine bleue — Haut. 0m, 11. — Thèbes
(Drah Abou'l Neggah).
«Curieux flacon à poudre d'antimoine (pour noircir
le bord des paupières). Il a la forme extérieure d'un
épervier mitré. La mitre sert de bouchon. On y lit la
légende du roi Ahmès I.» (MARIETTE).

Troisième tablette.

Figurines funéraires de rois ou de grands prêtres
d'Ammon; nous citerons les Ns 716 et 717,
aux noms de Nectanébo I et Nectanébo II
(XXXe dynastie).

Quatrième tablette.

718 — Calcaire — Haut. 0m, 43.
Remarquable stèle de Nébouaou, hiérodule de Hagt,
déesse à tête de grenouille, qui symbolisait l'état embryonnaire,
ou la transition entre la fin d'une existence
et le commencement d'une autre. Une colonne dont le
chapiteau est une tête d'Hathor surmontée de deux
plumes d'autruche, divise la stèle par le milieu. C'est
la frontière symbolique qui sépare le monde des vivants
de l'autre monde ou demeure divine. Le roi Thoutmès III
est représenté deux fois à droite et à gauche de la
colonne, c'est-à-dire en ce monde et dans l'autre; son
image de droite et son image de gauche se tendent la
main; l'une est sa personne vivante, l'autre son double.
719 — Calcaire — Haut. 0m, 41. — XXe dynastîe. —
Abydos.
Stèle gravée en l'honneur du roi Ramsèes III et de
son père Setnekht, au nom de Merinatef, prêtre du
roi Setnekht.
720 — Granit noir — Haut. 0m, 55. — XVIIIe dynastie.
Fragment d'une statue appuyéé contre un autel (?)
gravé au nom d'Aménophis III.

Sud-ouest de la salle.

721 — Bronze — Haut. 0m, 27, long. 0m, 64. — XXVIe dynastie.
Horbeit.
«Magnifique lion, au nom du roi Apriès.
«Il porte entre les pattes de devant l'attache d'une
chaîne, dont nous n'avons plus aujourd'hui qu'un morceau
plus ou moins long. A la partie postérieure de
l'espèce de boîte oblongue à travers laquelle les lions
semblent passer, est un trou quadrangulaire qui permet
d'introduire la main.
«Il est à peu près certain que ce monument est une
sorte d'énorme serrure ou de cadenas.
«A l'extrémité de la chaîne devait être ajusté un
appareil qu'on introduisait dans l'ouverture quadrangulaire
de l'autre extrémité (Cfr. M. Brugsch, Zeitschrift
für Ægyptische Sprache
, nov. 1863). Une fois
l'appareil en place, le cadenas était fermé.» (MARIETTE.)

Ouest de la salle.

722 — Grès peint — Haut. 0m, 39. — Gournah.
Tête royale coiffée du casque dont nous avons vu
un exemplaire sous le N. 692.

ARMOIRE C.

723 — Serpentine — Haut. 0m, 22. — Éléphantine.
Statuette assise d'Ousori. Mention d'Anouké, déesse
des cataractes.
724 — Basalte gris — Haut. 0m, 10. — XXVIe dynastie.
Saqqarah (Sérapéum).
Tête de statue d'un style soigné, mais un peu sec,
d'époque saïte. A comparer à la belle tête en calcaire
de l'ancien empire, N. 725, provenant des grandes
pyramides.
726 — Basalte vert — Haut. 0m, 37. — Don de
M. le comte Michel Tyszkiewicz.
«Belle statue dont il est très difficile de déterminer
l'époque…. Ce portrait en pied est certainement antérieur
à la XVIIIe dynastie peut-être est-il de la VIe
(MARIETTE.)
727 — Calcaire — Haut. 0m, 28.
Statuette thébaine du moyen empire. Personnage
debout, vêtu d'une longue jupe à raies horizontales.
728 — Calcaire — Haut. 0m, 31. — Époque saïte.
Personnage assis, les genoux relevés.
729 — Calcaire — Haut. 0m, 09. — Saqqarah.
«Tête provenant d'une statue brisée. Style un peu
mou. On y reconnaît cependant à première vue l'art
des anciennes dynasties.» (MARIETTE.)
730 — Granit noir — Haut. 0m, 21. — XIIe dynastie.
Abydos.
Personnage assis à l'orientale. Il est enveloppé d'une
robe à franges. Il s'appelait Khati, fils d'Hathor.»
(MARIETTE.)
731 — Granit noir — Haut. 0m, 40. — XVIIIe dynastie.
Abydos.
Statue du prêtre Anhour, contemporain d'Aménophis
II.
732 — Calcaire — Haut, 0m, 23. — XIXe dynastie. —
Karnak.
La tête de cette statue d'un habitant de Thèbes à été
sculptée, dit Mariette, à la ressemblance du roi Séti I,
souverain alors régnant.
733 — Serpentine — Haut. 0m, 17. — XIIIe dynastie.
Abydos.
Statue de Nakht, trouvée dans le naos N. 646.
734 Calcaire — Haut. 0m, 41.
Statuette naophore, d'époque saïte; les chairs étaient
dorées, ainsi que l'image d'Osiris qu'on voit dans le
naos.
735 — Albâtre — Haut. 0m, 18. — VIe dynastie (?). —
Eléphantine.
Statuette de la femme d'Ousori (N. 723), prophète
d'Anouké.
736 — Calcaire noir — Haut. 0m, 17. — XIIIe dynastie.
Abydos.
Statuette de Kemhou, fils de la dame Petou.
737 — Granit noir — Haut. 0m, 10. — XIIIe dynastie.
Abydos.
«Personnage assis à l'orientale et enveloppé de la
longue chemise nouée par devant. Ses mains sont étendues
sur ses cuisses; par exception la paume en est
tournée en dehors vers le spectateur.» (MARIETTE.)

Nord de la salle.

738 et 739.
Papyrus funéraires du roi Pinotém et de la princesse
Nésikhonsou, provenant de la collection des momies
royales de Deïr-el-Bahari. Le premier est écrit en hiéroglyphes
linéaires; le second, en écriture cursive
hiératique.

Sud-est de la salle.
VITRINE D.

740 — Pâte bleue. — XXVIe dynastie.
Gros scarabée, avec les cartouches d'Apriès.
741. — XXIe dynastie.
Feuilles d'or avec le cartouche du roi Siamen.
742 — Schiste. — XVIIIe dynastie. — Abydos.
Scarabée gravé à l'occasion du mariage d'Aménophis
III avec Taïa ou Tii.
742 bisSchiste émaillé. — XVIIIe dynastie. —
Abydos.
Scarabée. L'inscription raconte qu'Aménophis III
avait tué cent deux lions, de l'an I à l'an X de son
règne.
743 — Pâte verte — Haut. 0m, 06. — XXVIe dynastie.
Scarabée au nom du roi Néchao, qui vainquit à
Mageddo Josias, roi des Juifs, et fut battu à Karkemisch
par Nabuchodonosor.
744 — Long. 0m, 38. — XVIIe dynastie. — Thèbes (Drah
Abou'l Neggah).
Hachette portant les cartouches du roi Kamès, trouvée
avec la momie de la reine Aah-Hôtep (voir salle 70,
vitrine K). Ce tranchant est de bronze pesant, le manche
de corne translucide.
745 et 745 bis. — XXIIe dynastie.
Bouts de bretelles de momie, avec les cartouches du
roi Osorkon.

Sud-ouest de la salle.
VITRINE E.

746.
Brique votive au nom de Ramsès II.
Dans la même vitrine, nombreuses tablettes en
terre bleue émaillée, avec les cartouches du roi
Psioukhânou Miamoun, de la XXIe dynastie; elles
ont été trouvées sous le dallage du grand temple
de Tanis (Cfr. Cat. Maspero, p. 97).

Nord-ouest de la salle.
VITRINE F.

Outils votifs, la plupart gravés au nom de
Thoutmès III.

Nord-est de la salle.
VITRINE G.

Petits objets historiques, scarabées, cylindres,
cachets, avec des noms royaux.
747.
Vase émaillé en diverses couleurs. Mention d'Amémophis
III et de la reine Tii (Cfr. N. 742).
748, 749, 750 et 751 — Bronze — Haut.
moy. 0m, 03 et 0m, 05.
«Ces petits cubes proviennent du temple de Tanis.
Ils semblent avoir servi de pieds à des coffrets en ivoire
et en bois précieux. Chacun d'eux porte, gravés au
trait, puis relevés d'argent, des noms de divinités, le
cartouche du dieu thébain Khonsou, etc. Le style des
inscriptions nous ramâne à la XXIe dynastie, plutôt
même à l'époque saïto-persane.» (MASPERO, Cat., p. 95.)
752 — Jaspe rouge — Haut. 0m, 03. — XVIIIe dynastie
Karnak.
Belle tête de lion, avec les cartouches de la reine
Hatshepsitou.

Centre de la salle.

Au milieu des vitrines, statue en granit gris de
Hornakht, deuxième prophète d'Ammon.

VITRINE H.

Divers amulettes en terre émaillée; ouza ou
œil symbolique (voir N. 630); dad ou petit édifice
à quatre étages, emblème de stabilité (N. 753); le
même amulette combiné avec la croix ansée,
symbole de la vie, et le sceptre à tête de lévrier,
emblème de prospérité; contrepoids de colliers
dit menat (N. 754); colonnettes en forme de tiges
de lotus, symboles de rajeunissement (N. 755);
tête de Bès, l'Hercule grotesque; cuisses votives,
emblèmes de régénération, etc.

VITRINE I.

Suite de la série des amulettes; on remarquera
le cœur (voir N. 637) et la boucle de ceinture,
talisman qui plaçait sous la protection d'Isis et
d'Horus (N. 756).

VITRINE J.

Têtes de serpent (N. 757) talisman contre les
piqûres des serpents; petites barques contenant
l'asile mystérieux où se prépare le renouvellement
des existences; plumes d'Ammon, symbole
de la lumière solaire; amulettes appelés Sam
(N. 758), emblème, dit-on, de la réunion de l'âme
au corps, et aussi de la prise de possession de la

terre par le défunt renaissant; disques solaires
apparaissant au—dessus de l'horizon (N. 759); ornements
de colliers en cornaline (N. 760); bœufs
votifs dont les pieds sont liés, images des victimes
offertes pendant le sacrifice funéraire (761); contrepoids
de colliers (N. 762, voir 754); petites
égides avec la tête de lionne de la déesse solaire
Sekhet (N. 663).

VITRINE K.

Couronnes du midi et couronnes du nord, en
terre bleu émaillée (Nos 764 et 764 bis); coiffures
et pièces de coiffures divines; barbes de statues en
bronze (N. 765).

VITRINE L.

Bagues et anneaux munis de sceaux ou cachets;
médaillons, la plupart avec figures du dieu Bès;
groupe du vautour et du serpent, emblème de la
possession du midi et du nord (N. 766); fleurs de
lotus en émail bleu et blanc (N. 767); poissons,
grappes de raisin et pommes de pin, attributs
d'Osiris-Bacchus (Nos 768 et 768 bis).

VITRINE M.

Yeux symboliques (Ouzas; Cfr. N. 630) parmi
lesquels on peut remarquer le N. 769; colonnettes
en forme de tiges de lotus (Cfr. N. 755); petits chevets
votifs (Cfr. N. 640); sceau (770), considéré
comme emblème d'éternel renouvellement.

VITRINE N ET O.

Jolis spécimens des amulettes déjà rencontrés
dans les autres vitrines; colliers provenant d'Abydos
(N. 771); petites plaques finement émaillées, avec
l'image d'un singe ramassant un fruit (Nos 772
et 772 bis; fleurs en émail bleu ou en émaux
de couleurs variées; tête de singe en terre émaillée
de plusieurs couleurs (N. 773); cœurs, oreilles,
mains, etc.; tablette (vitrine O) couverte de croix
ansées, emblème de vie; de boucles (Cfr. N. 756)
d'amulettes dad (Cfr. N. 753), de luths, symboles
de la bonté, et de petites plaques au cartouche de
Ramsès II; petite tête humaine en émail bleu,
d'un travail très fin (N. 774); sceaux (Cfr. N. 770).

Salle 64 (Objets funéraires).

ARMOIRE A.

Petites tables d'offrandes en terre cuite (Nos 775
et 775 bis), à comparer aux luxueuses tables en
albâtre et en granit que nous avons vues dans les
salles du rez-de-chaussée; objets d'offrandes de
l'ancien empire, provenant des Pyramides, pains
coniques (N. 776), vases de fruits et de grains
(N. 777); pièces de viande (N. 778) représentées
en calcaire; statuettes en bois de proteurs et de
porteuses (Nos 779 et 779 bis).

ARMOIRE B.

Petites rames et barques avec leur équipage.
Les barques du moyen empire (Nos 780, 781, 782
783, 784) ont été découvertes à Méïr pendant
l'été de 1892.

CADRES C — T.

Linceuls tirés de la collection des prêtres d'Ammon,
aux noms de Sensen ou Senou (C), de Nespakashouti
(D)
, de la chanteuse Dirpou (F), de
l'initié aux plus profonds mystères d'Ammon,
Padouamen (I); de la supérieure des recluses
d'Ammon, Tentapet (N); du premier prophète
Pinotem (O); du prêtre Shedsouamen (P); de la
chanteuse d'Ammon Zotmaut (S) et du prophète
de Maut Paarouskher (T).

Salle 65 (Suite des objets funéraires).

ARMOIRE A.

Statuettes osiriennes (boîtes à papyrus) et coffrets
à figurines funéraires de la collection des
prêtres d'Ammon. On peut citer le coffret 785, au
nom du prêtre officiant Paifaza.
786.
Objets votifs (?) en schiste, provenant de Gebelein.
Images grossières d'animaux, de poissons, etc.

ARMOIRE B.

Statuette osirienne debout sur un pavois ou
brancard (N. 787), provenant des fouilles de
M. Petrie, au Fayoum. — Coffrets funéraires du
prêtre d'Ammon Pakhali (Nos 788 et 788 bis). la vache
Hathor y est représentée sortant de la montagne
(788 bis).
Au centre de l'armoire:
787 — Terre cuite — Haut. 0m, 40, diam. 0m, 35. —
XXe dynastie. — Abydos.
«Petit naos trouvé dans le sable, à Abydos; sur un
des côtés, une porte quadrangulaire avec corniche,
surmontée d'une rangée d'urœus. D'un montant de la
porte à l'autre s'étendent des tableaux qui font le tour
à l'extérieur de l'édicule. Ils représentent Osiris recevant
l'hommage d'une famille d'Abydos.» (MASPERO,
Cat., p. 287.)
760. — Fouilles exécutées, en été 1892, à Méir.
Barque à voile du moyen empire. Spécimen probablement
unique.

ARMOIRE C.

Cartonnages de momies (Cfr. salle 58).

ARMOIRE D.

Coffrets à figurines funéraires. On peut signaler,
sur la tablette inférieure, les Nos 791 et 791 bis,

provenant du tombeau de Sennotem (voir N. 449);
sur la tablette supérieure, des coffrets surmontés
d'obélisques (Nos 792 et 792 bis) et de petits obélisques
en bois (Nos 793 et 793 bis), provenant des
fouilles de M. Petrie.

ARMOIRE E.

Momies d'animaux sacrés, ibis (794), singe (795),
crocodile (796), chat (797), épervier (798). Cercueil
de chat (799) et cercueil d'ibis (800), en forme de
vase canope, avec l'image de Thot, le dieu à tête
d'ibis. Ce dernier cercueil provient d'Abydos.
801 — Bois — Haut. 1m, 15. — Akhmim.
Cercueil d'enfant, avec tête d'épervier coiffée de la
couronne du midi et du nord.

ARMOIRE F.

Momies de chien (802), de veau (803), de bouc
(804), de chèvre (805).

ARMOIRE G.

Momies d'animaux avec leurs cercueils, singe
(806), chat (807), scarabée provenant de Saqqarah
(808 et 808 bis). Cercueil de chacal (809).

ARMOIRE H.

Masque de momie (810) provenant des fouilles
de Méir (moyen empire). Naos avec statuettes;
vases canopes en terre cuite; petits cercueils, la

plupart en bois; le plus remarquable, en terre
cuite, est de forme ovale; le défunt est représenté
appuyant la tête sur un bord, les pieds sur le bord
opposé, et se soulevant avec les bras comme pour
se hisser hors du cercueil (N. 811).

VITRINE I.

Séries de cônes funéraires en terre cuite rouge.
M. Maspero (Cat., p. 138) y reconnaît des offrandes
fictives, simulant des pains de forme conique. Ils
sont estampés au nom du défunt, sans doute pour
lui parvenir plus sûrement dans l'autre monde.
On n'a jusqu'a présent découvert de cônes funéraires
qu'à Thèbes; les plus anciens sont de la XIe
dynastie, les plus modernes, de la XXVIe.

Salle 66 (Industries).

ARMOIRE A.

Petits vases en albâtre, granit, et autres matières
dures.

ARMOIRE B.

Bouchons de vases en terre estampée ou en
paille, la plupart trouvés à Thèbes.

ARMOIRE C.

Vases en bois. Les Nos 812, 812 bis, 813 813, bis,
814, proviennent du tombeau de Sennot'em (Cfr.
N. 449).

ARMOIRE D.

Ustensiles en bronze. On peut remarquer le vase
à goulot N. 815, souvent représenté sur les monuments
de l'ancien et du moyen empire; deux plateaux
provenant du Fayoum (816 et 816 bis); une
passoire (817); un plat creux à anses mobiles (818).

ARMOIRE E.

Vases et plateaux en albâtre, granit, etc. Les
Nos 819 et 819 bis sont en brèche rouge. Le vase
d'albâtre 820 est une figure grotesque représentant
une femme agenouillée, les bras collés au corps.

ARMOIRE F.

Vases en granit, en albâtre, en brèche. On peut
noter, parmi les grands vases, les Nos 821, 822, 823,
au centre de la vitrine; puis un vase noir et blanc,
en brèche (N. 824); et un petit pot à collyre contenant
encore l'aiguille mousse ou petit bâton qui
servait à appliquer le fard autour des yeux (824 bis),

Galerie 67 (Objets civils).

ARMOIRE A.

Bàton de commandement, avec un crochet; canne
avec inscription au nom de Sennot'em, XXe dynastie
(Cfr. N. 449); outils et fragments d'outils.

ARMOIRE B.

Arcs (Nos 825 et 825 bis); flèches (Nos 826 et
826 bis), terminées tantôt par une pointe aiguë,
tantôt par une petite lame tranchante, très beau
carquois en cuir (N. 827); pointes de flèches en
bronze.

ARMOIRE C.

Divers outils de bronze, herminette provenant
d'Abydos (N. 828); instrument tranchant dont les
cordonniers se servaient pour couper le cuir
(N. 829); rasoirs (N. 830); haches (N. 831); pierres
à aiguiser (N. 832); instruments de chirurgie
(N. 833); ciseaux et pinces.

ARMOIRE D.

Massues, sabres de bois, boumerangs.

ARMOIRE E.

Bâtons et pointes de lances en bronze.

Salle 68 (Céramique).

ARMOIRE A.

Pots et bouteilles en terre cuite émaillée. Bouteilles
de nouvel an, souhait de féconde prospérité
(Nos 834 et 834 bis). Vases pour contenir le fard
(Cfr. N. 824 bis). Coupes peintes; images de poissons

(835). Petite bouteille verte de forme élégante
(N. 836) et flacon blanc de forme originale (836 bis),
simulant un bracelet ou un anneau. — Pot bleu,
provenant des fouilles de M. Naville à Tukh el Gamous
en 1887; la légende, en écriture hiératique
annonce le don d'un vase … à Isis, en faveur du
bon chef des (?) …… Pauarma (Naville).

ARMOIRES B, C, D, E, F, G.

Poteries de diverses époques. Une des poteries
de l'armoire E représente Bes tirant la langue
(N. 837).

VITRINE H.

Poteries de la XVIIIe à la XXe dynastie. Les Nos 838
et 838 bis, décorés de couleurs encore fraîches,
proviennent du tombeau de Sennot'em (Cfr. N. 449).
Le grand vase du centre est orné de dessins où
l'on remarque un oiseau pêcheur (N. 839). Puis
des vases bleus de diverses formes; de petits pots
avec des inscriptions en écriture hiératique.

VITRINE I.

Poteries du moyen empire provenant de la Haute-Egypte,
les Nos 840 et 840 bis sont ornés de dessins
d'un style barbare.
Sur les armoires et les étagères, vases destinés
à recevoir le vin, l'huile, les grains, etc. On peut
citer le N. 841, sur lequel est tracée une figure de
taureau.

Salle 69 (Vêtement).

Les armoires A et C contiennent du linge de la
XIe dynastie, appartenant à la dame Ament, prêtresse
d'Hathor, dont nous avons vu la momie sous
le N. 115. Les deux pièces d'étoffe Nos 842 et 842 bis,
disposées à droite et à gauche de l'armoire F,
appartiennent également à cette prêtresse. La
lingerie contenue dans les armoires B, D, E, F,
provient de la collection des prêtres d'Ammon.
L'armoire B nous montre des étoffes ornées de
jolies bordures bleues aux dessins variés, de festons
et de franges; l'armoire D, des tissus d'une
merveilleuse finesse (Nos 843 et 843 bis), comparables
à la plus belle batiste; l'armoire F, une
sorte de grande chemise ou vêtement cousu, avec
des ouvertures ménagées pour passer la tête et les
bras (N. 844). Les chemises et les autres pièces
de linge trouvées sur les momies des prêtres
d'Ammon portaient souvent la marque AMENPER
(Maison d'Ammon).

VITRINE H.

Chaussures, sandales et semelles en bois et en
cuir. On remarque le travail des lanières multicolores
qui fixaient sur le cou de pied la paire de
sandales Nos 845 et 845 bis.

VITRINE I.

Sandales en jonc tressé, d'un travail assez délicat.
Quelques—unes se terminent par la pointe

recourbée que nous avons remarquée sur divers
dessins de la salle 54 (Nos 526, 529, 549).

Salle 70 (Bijoux et suite des objets civils).

ARMOIRE A.

Collection de miroirs. Les miroirs égyptiens
étaient formés d'un disque en bronze poli, ou
revêtu d'un vernis d'or, avec un manche de bois,
d'ivoire ou de bronze. Ce manche était généralement
une colonnette ou une tige de lotus, souvent
surmontée d'une tête d'Hathor (N. 846), la Vénus
égyptienne (visage de femme, oreilles de vache)
ou de Bès, l'Hercule grotesque et le dieu de la toilette
(N. 847). Quelquefois c'était une statuette de
femme ou de déesse, en ivoire (N. 848) ou en
bronze (N. 849). On peut encore signaler le
manche à jour du N. 850, le N. 851 avec légende
hiéroglyphique, et le N. 852, provenant de la
trouvaille des momies royales. Enfin sur la tablette
inférieure, un miroir d'assez grandes dimensions.

ARMOIRE B.

Instruments de musique, jeux et jouets d'enfants:
Instruments de musique. — Lyre en bois
(N. 853), provenant des fouilles exécutées à Méir

en 1892; guitares (Nos 854 et 834 bis); cymbales
de bronze (Nos 855 et 855 bis); sistre de bronze
(N. 856); cloches de bronze (N. 857); tambourins
provenant d'Akhmîm (Nos 858 et 858 bis), décorés
de peintures qui représentent précisément des
joueuses de tambourin; flûtes simples et flûtes doubles
(Nos 859 et 859 bis); fragment d'instrument
de musique (N. 860).
Jeux. — Damiers en bois; (Nos 861 et 861 bis),
le second avec une légende au nom d'Abibi (Thèbes,
XVIIIe dynastie); planches de pions pour le jeu
de dames (terre cuite bleue émaillée, Nos 862 et
862 bis); pions en ivoire (863) et en bois (864);
cubes en terre émaillée et en verre (865) pour le
jeu de dés; boîte à jeu en bois incrusté d'ivoire,
avec tiroir en ivoire contenant des pions (N. 866,
Thébes, XVIIe dynastie); jeu de solitaire qui se
jouait au moyen d'épingles d'ivoire enfoncées
dans les trous d'une des parois de la boîte à jeu
(ivoire et bois, N. 867).
Jouets. — Poupées (N. 868); poupée ou pantin
articulé qu'on faisait manœuvrer en tirant une
ficelle (N. 869); petits animaux (N. 870), grenouille
avec mâchoire articulée (N. 871); balles
pour jouer (872) couvertes de peau, autres balles
en ficelle ou (872 bis) en feuilles de papyrus découpées
et tressées (Thébes, XIe dynastie).

ARMOIRE C.

Sur les trois tablettes supérieures, colliers de
diverses époques, en terre émaillée, cornaline,

cristal, etc. Sur la tablette inférieure, larges colliers
de la XIe dynastie, trouvés à Saqqarah (Nos 873
et 873 bis).

ARMOIRE D.
Tablette supèrieure.

Vases en verre coloré, d'une élégance et d'une
richesse merveilleuses (N. 874). Groupe (N. 875)
de deux statuettes funéraires (schiste, haut. 0m,18),
représentant Meni avec sa femme Hontonou
(XVIIIe dynastie). Miroir de bronze, en forme de
feuille de lotus (N. 876).
877 — Faïence bleue — Haut. 0m,13, long. 0m,21. —
XIe dynastie. — Drah Abou'l Neggah.
«Hippopotame debout marchant dans les marais. Le
dessinateur a tracé à l'encre noire, sur le corps de la bète,
des roseaux, des lotus, au milieu desquels volent des
oiseaux et des papillons: c'est uue manière naïve de
montrer l'hippopotame dans son milieu habituel. Ce
curieux morceau a été découvert dans une tombe de la
XIe dynastie avec l'hippopotame, N. 887 bis (extrémité
gauche de la deuxième tablette).» (MASPERO, Cat.,
p. 103.)
878, 879, 880 et 881 — Bois — Haut. 0m,111,
0m,208, 0m,185 et 0m,175. — Saqqarah.
«Sous les dynasties thébaines on a vait pris l'habitude
de remplacer les statues en pierre ou en bois de grandes
dimensions qu'on déposait jadis dans les tombeaux par
des statuettes en bois de plus en plus petites. Beaucoup

d'entre elles étaient fort soignées, et le Musée de Turin
en possède une vingtaine, dont quelques-unes comparables
aux plus beaux ouvrages de l'ancien empire. Les
Nos 878-881, sans être des chefs-d'œuvre, sont d'un art
très fin et très délicat. Ce sont quatre personnages revètusdu
costume d'apparat de la XXe dynastie; ils marchent
droit devant eux, d'un mouvement mesuré, le buste bien
effacé, la tète haute. L'expression de la physonomie,
calme et rusée, montre qu'on a voulu faire des portraits;
les traits de la face rappellent le type japonais plutôt que
le type égyptien ordinaire. On remarquera le petit œil
mystique que la statuette 878 a au poignet: c'est un
exemple presque unique de la manière dont les Egyptiens
portaient cet amulette.» (MASPERO, Cat., p. 106,
107 et 108.)
882 — Bois — Haut. 0m,45.
Statuette de femme, vètue d'une longue robe plissée
et portant une grosse perruque.
882 bisCalcaire peint — Haut. 0m,32. — XVIIIe
XXe dynastie. — Thébes
Statuette d'une jeune fille vètue d'une longue robe
blanche, et tenant une fleur contre sa poitrine. Travail
très délicat.

Deuxième tablette.

883 — Quartz blanc — Haut. 0m,105.
Petit vase en quartz très pur; le goulot est tout à fait
transparent.
884 — Bronze incrustè d'or — Haut. 0m,06.
Tête d'Hathor.
885 — Bronze — Haut. 0m,12.
Taureau redressant la tête avec un très beau mouvement.
886 — Ivoire — Haut. 0m,15.
Sorte d'épingle; tige de lotus d'où sort un petit
personnage. Pièce trouvée à Thèbes avec la statuette
N. 727.
887 — Albâtre — Haut. 0m,24,
Vase en albâtre, ou plutôt en onyx, de forme très
allongée.
888 — Bois — Long, 0m,22.
«Cuiller à parfums, représentant un chien qui se
sauve emportant un poisson dans sa gueule; le corps du
poisson est le bol de la cuiller.» (MASPERO, Cat., p. 108.)
889 — Bois — Haut. 0m,25. — XVIII-XXe dynastie.
«Cuiller à parfums; une jeune fille, debout sur une
barque, cueille des lotus; les fleurs et les fruits du lotus,
réunis en gerbe autour de sa tête, ont été creusés pour
recevoir le parfum.» (MASPERO, Cat., p. 108).
890 et 890 bisBronze — Haut. 0m,11 et 0m,12.
Statuettes royales.
891 — Émail blanc, bleu, jaune et violet
Haut, 0m,195. — XXe dynastie. — Abydos.
«Cette statuette est la plus belle de toutes les statuettes
funéraires connues jusqu'à présent. Sur un fond
blanc les hiéroglyphes et les détails de sculpture ont été
gravés en relief, puis remplis de pâtes vitrifiées à la

cuisson. Le visage et les mains sont bleu turquois; la
coiffure est jaune à raies violettes; violets également
sont les hiéroglyphes et le vautour qui déploie ses ailes
sur la poitrine. Le tout est harmonieux et fondu sans
que la moindre bavure d'un émail émousse la netteté
du trait. Ce résultat est d'autant plus remarquable,
que les verres employés pour obtenir les couleurs sont
fusibles à des températures assez différentes, et que la
statuette a dû être passé au feu un certain nombre de
fois avant d'être achevée. Cette statuette, unique en
son genre, appartenait à un nomarque, premier prophète
d'Ammon, du nom de Phtahmos.» (MASPERO, Cat.,
p. 105.)
892 — Bois — Long. 0m,175.
Cuiller à parfums, dont le manche est une figure de
d'antilope.
893 — Bois — Haut. 0m,045. — Époque saïte — Aobusir.
«Un singe debout tend un arc. L'obélisque dressé
en face de lui et qu'il semble viser était la boîte qui le
renfermait.» (MASPERO, Cat., p. 118.)
894 — Jaspe — Haut. 0m,06. — Epoque saïte.
«Vase en forme de cœur. D'un côté est gravé un
scarabée, de l'autre le chapitre XXX du Livre des
morts.
» (MASPERO, Cat., p. 118.)
895 — Email vert — Haut 0m,30. — XXVIe dynastie.
Kom el Qalâa.
«Un homme debout a les mains appuyées sur un
petit naos posé à terre, et qui renferme Osiris momie.
La statuette est posée sur un socle assez haut, couvert
d'inscriptions sur toutes ses faces. Le personnage était
prince héréditaire, et l'un des principaux officiers du
roi; il s'appelait Nofirabrî.» (MASPERO, Cat., p. 124
et 123.)

Tablette inférieure.

896 et 896 bisBois — Long. 0m,30.
Boîtes à parfums.
«Une jeune fille nue, sauf une ceinture étroite qui
lui serre les hanches, nage tenant la tête bien hors de
l'eau. Ses deux bras allongés soutenaient un canard
creusé en boîte et les deux ailes, s'écartant, formaient le
couvercle. C'est un des motifs que les dames égyptiennes
préféraient pour leurs boîtes à parfums: la jeune fille
servait de manche, et le canard recevait la pâte odorante.»
(MASPERO, Cat., p. 107.)
897 — Schiste rouge — Haut. 0m,14, larg. 0m,06.
Groupe de deux figures debout, dieu et déesse, adossés
à une tablette de schiste rouge. Un autre personnage
beaucoup plus petit qui se trouvait entre eux est aujourd'hui
détruit; c'était peut être une figure de Bés. Les
visages des autres personnages sont également brisés;
la déesse est Bast, le dieu est Horus ou Thot. Les détails
de ces statuettes sont d'une finesse admirable.
Au dos de la tablette de schiste, deux inscriptions
hiéroglyphiques, et une scène en trois registres. Au
registre supérieur, Isis, coiffée des cornes et du disque,
et Horus à tête d'épervier, coiffé de la double couronne
du midi et du nord, assistent au triomphe d'Horus enfant

ou renaissent sur les principes destructeurs. Il est debout,
foulant aux pieds les crocodiles, tenant prisonniers entre
ses mains le lion et le scorpion, animaux malfaisants,
et la gazelle, symbole de l'impureté. Puis il monte sur
son char attelé d'un griffon. et poursuit de ses flèches
ses ennemis, scorpions, serpents et crocodiles. Au registre
inférieur, Harshewi, ou Horus guerrier, debout
en face de Thoueris, frappe encore les animaux malfaisants.
Ce petit monument, chef-d'œuvre de délicatesse,
est donc une sorte de variante des stèles d'Horus sur
les crocodiles.
898 — Bois — Long. 0m,18. — XXVIe dynastie.
«Ce joli monument est un modèle de corne à boire,
du genre de celles que les Grecs appelaient rnyton. Le
corps est en écorce, le bouchen en bois fin. La partie
inférieure d'où jallissait le liquide en filet mince, est une
tête de vache en bois surmontée d'un disque solaire. Je
ne crois pas qu'un autre musée posséde une pièce du
même genre.» (MASPERO, Cat., p. 115-116.)
899 — Bois — Haut. 0m,06, long. 0m,12. — XXe dynastie.
«Veau couché, d'un travail fort délicat, creusé pour
servir de boite: la tête et le dos de l'animal s'enlèvent
et font couvercle.» (MASPERO, Cat., p. 105.)
900 et 900 bisBronze — Haut. 0m,19. — XXe dynastie.
Saqqarah.
Les statuettes funéraires en bronze sont excessivement
rares. Celles-ci sont aux nom de l'intendant des
troupeaux Amenmès, et de Hori, domestique du roi.
901 — Bronze — Haut, 0m, 05. — Epoque saïte. —
Saqqarah (Sérapéum).
Personnage assis à terre, enveloppé dans une longue
robe.
902 — Émail vert — Haut. 0m, 076, — Époque saïte. —
Mitrahineh.
«Tête rase, probablement du dieu Imhotpou, fils de
Phtah. La finesse des traits et la perfection du modelé
justifient le surnom que lui donnaient les Egyptiens de
dieu à belle face.» (MASPERO, Cat., p. 104.)
903 — Bronze — Haut. 0m, 18. — Saqqarah (Sérapéum).
«Un personnage debout, la tête rasée. Le bras droit
est étendu, le bras gauche soutient une petite figurine
d'Osiris.» (MARIETTE.)
904 — Bois — Haut. 0, m22. — XXe dynastie.
Statuette de la dame Hottoou, en costume d'apparat,
serrant un bouquet contre sa poitrine.
905 — Haut. 0m, 15.
Débris de boîte. Plaque incrustée d'ivoire. Taureaux
attaqués par des lions; fleurs et arbustes, etc.
906 — Lapis — Long. 0m, 085.
Gros scarabée.
907 — Bois et ivoire — Haut. 0m, 07, long. 0m, 09,
larg. 0m, 06.
Petit coffret en marqueterie.
908 — Bois peint. — Époque saïte.
Jolie tête de statuette.
909 — Porcelaine bleue — Haut. 0m, 054. — XXVIe
dynastie.
«Tête de statuette royale, peut-être Neko II ou
Apriès.» (MASPERO, Cat., p. 107-108.)
910 — Bois — Haut. 0m, 17. — XXe dynastie.
«Un esclave chauve, à tête en pain de sucre, plie
sous le poids d'une grosse jarre. La jarre est le bol, et
l'esclave la manche d'une cuiller à parfums.» (MASPERO,
Cat., p. 110.)
911 — Brèche verte — Haut. 0m, 15.
Statuette de Pthah, dieu de Memphis; une scalier de
cinq degrés conduit à l'autel où il siège.
911 bisOr repoussé.
La statuette 911 était revêtue d'or. Ce revêtement
est exposé sous le N. 911 bis, supporté par un moulage
en plâtre.
912 — Ivoire — Haut. 0m, 14. — Grandes pyramides.
Statuette à moitié brisée, trouvée dans une tombe de
la Ve dynastie.
Enfin on pourra remarquer sur les deux tablettes
supérieures un certain nombre de statuettes
d'époque saïte, en terre émaillée verte; les détails
de l'équipement, généralement un peu négligés
sur les figurines funéraires, sont ici exécutés avec
le plus grand soin; notamment les instruments
aratoires que le personnage serre sur sa poitrine.

ARMOIRE E.
Rangée supérieure.

Chevets en albâtre, statuettes; texte hiéroglyphique
sur une tablette, pour présenter à Osiris
une offrande en faveur d'un défunt.

Deuxième rangèe.

Statuettes de la XIIe dynastie, provenant des
fouilles faites à Meïr en 1892. Parmi ces statuettes il
en est deux qui représentent le même personnage,
nommé Nakht; l'une est en bois (N. 913); l'autre,
en bronze, est une pièce unique (N. 913 bis). Gros
scarabée ptolémaïque en pâte de verre bleu, provenant
également de Meïr (N. 914); il faisait partie
d'un masque de momie. Petit panier en tresse
extrêmement fine; petite table d'offrandes, pectoral,
etc.

Troisième rangée.

Pièces du mobilier funéraire trouvé avec la
momie de la dame Ament, prêtresse d'Hathor (voir
N. 115, et salle 69, armoires A, C, F). Miroirs
(915 et 915 bis); le manche du miroir 915 bis surmonté
d'une tête d'Hathor aux yeux rapportés, est
en bois r evêtu d'incrustations bleues et rouges.
Vases à parfums en albâtre; l'un d'eux, fermé
d'un linge, est encore scellé (N. 916). Ces vases
se trouvaient dans les jolis filets Nos 917, 918 et
918 bis, ornés de perles bleues. Deux anses de fil
servaient à soulever ou à suspendre ces filets; à

l'extrémité inférieure, une sorte de couronne,
également en fil, était le socle ou le support sur
lequel se tenaient debout les vases sans pieds, au
fond arrondi.
919 — Bronze — Long. 0m, 057, larg. 0m, 08. — Epoque
grecque.
«Table d'offrandes d'un aspect particulier. Elle représente
une sorte de plateforme, sur les côtés de
laquelle sont assis deux chacals et deux cynocéphales
se faisant face: trois petits personnages, agenouillés
dans le fond, présentent l'offrande et versent une libation.»
(MASPERO, Cat., 119-120.)

Rangée inféricure.

Lions de bronze (N. 920) provenant de Tell-el-Moqdam.
Petite stèle en calcaire (N. 921); un
singe monte à un arbre et cueille des fruits pour
sa maîtresse, qui, d'une main, le tient en laisse,
et de l'autre porte un panier à fruits.

VITRINE F.

922 — Argent.
Vases trouvés dans les ruines de Mendès (Tell-Tmaï).
«Ils faisaient partie du mobilier sacré du temple et
avaient été déposés dans une cachette où ils sont restés
oubliés jusqu'à nos jours. Ils sont ornés de lotus épanouis
et de boutons au repoussé. L'un d'eux est un couvercle,
dont la poignée est formée de deux fleurs réunies par la
tige. Rien n'indique l'àge de ces objets; mais qu'ils
soient de l'époque grecque ou de l'époque thébaine, le

travail en est purement égyptien, Ils sont identiques
de tout point aux vases d'or et d'argent qu'on voit si
souvent représentés entre les mains des prêtres et des
rois, sur les murs des temples, à la XVIIIe et à la XXe
dynastie.» (MASPERO, Cat., p. 120-121.)
923 et 923 bisArgent. Mansourah.
Ornements d'argent qui protégeaient les angles d'un
naos.
924.
Collier incrusté de pierres.

ARMOIRE G.

Objets de toilette (parfumerie). Boîtes à parfums
en bois; les unes de forme arrondie, sont
ornées de jolis dessins (N. 925); d'autres représentent
un canard dont les ailes se soulèvent
(couvercle à deux battants, le manche est une statuette
de nageuse; Cfr. N. 896), ou un poisson
évidé qui se fend; l'un des côté est le fond de la
boîte, l'autre le couvercle (926). Le poisson 926 bis
est orné du cartouche de Thoutmès III. Les parfums
et les pommades étaient extraits de la boîte, avec
des cuillers de bois ou d'ivoire (927) et des spatules
de bronze (928). La cuiller (N. 929, bois, hauteur
0m, 202) a la forme d'un cartouche qui sort d'un
lotus épanoui. La cuiller 929 bis se termine par un
cou d'oie recourbé. Un brûle-parfums provenant
de Saqqarah (émail vert, haut. 0m, 05) appartient
à l'époque saïte. C'est un petit singe assis, soutenant
de ses deux mains un grand plat qui repose

sur un chapiteau à feuilles de palmier (N. 930;
Cfr. Cat. Masp., p. 111). Les singes ou cynocéphales
servent aussi très fréquemment de sujets
d'ornement aux pots ou étuis à collyre (931).
Ces étuis sont très nombreux dans l'armoire G,
avec ou sans ornements; à un, deux, trois, quatre
ou cinq compartiments; en bois, albâtre, ivoire.
terre émaillée; accompagnés parfois de l'aiguille
en bois ou en bronze qui servait à appliquer le collyre
autour des yeux (Nos 932, 933, 934). De petits
coffrets de toilette sont ornés en marqueterie ou en
incrustations d'ivoire (N. 935).
On remarque enfin sur la tablette supérieure
(936) une plaque en bois (haut. 0m, 21, larg. 0m, 129)
«où l'on a évidé avec soin les formes d'un manche de
miroir et de deux petits godets. On y coulait de la cire
sur laquelle on établissait ensuite les moules qui servaient
à la fonte des objets en question.» (MASPERO,
Cat., p. 111.)

VITRINE H.

Bijoux et amulettes en or, cornaline, jaspe, émail,
etc., trouvés par M. Petrie dans une sépulture à
Hawara (Fayoum). Ils sont disposés actuellement
dans l'ordre même où il étaient au moment de la
découverte de la momie.

ARMOIRE I.
Tablette supérieure.

Plaques d'ivoire, débris d'un coffret.

Deuxième tablette.

Peignes en bois et en ivoire (Nos 937 et 938).
Cuillers, spatules en ivoire (Nos 939 et 939 bis) et en
bois. Epingle⋅ en ivoire.
940 — Bois — Haut. 0m, 08. — XIe dynastie. — Thèbes
(Drah Abou'l Neggah).
«Petite tortue (formant pelote). Les trous pratiqués
sur son dos servaient à fixes des épingles de toilette
en bois, terminées par des têtes de chien. Cet ustensile
a été trouvé dans une tombe de la XIe dynastie.»
(Mariette.)
941 — Bois — Haut. 0m, 15.
Couronnement d'un manche d'éventail au nom de
Khemnakht ou Mînnaht, scribe de la maison du Soleil.
«Les éventails égyptiens se composaient d'un manche
et d'une pièce centrale qui couronnait le manche et
dans laquelle venaient s'engager les plumes maintenues
au moyen d'un roseau.» (MASPERO, Cat., p. 109-110.)

Troisième et quatrième tablette.

Manche d'éventail complet; anneaux fendus, en
ivoire, cornaline et or, qui servaient peut-être
de boucles d'oreilles. Une série de ces anneaux
(planchette 942) provient des fouilles faites à Mitrahineh
en 1892; une autre série (planchette 942 bis)
a été trouvée à Mendès.

VITRINE K.

Collection des bijoux de la reine Ahhotpou (XVIIe
dynastie), mère ou grand'mère du roi Aahmès I,
vainqueur des Hycsos et fondateur de la XVIIIe
dynastie.
«La momie de la reine Ahhotpou fut découverte par
les fouilleurs arabes en 1860, et confisquée par le moudir
de Qéneh, qui la fit ouvrir et s'empara de ce qu'elle
contenait. Le bruit de la trouvaille s'étant répandu,
Mariette mit la main sur le cercueil et sur les bijoux
qui sont exposés dans la vitrine K, mais pas assez à
temps pour empêcher que beaucoup d'objets précieux
eussent été volés.
«Le cercueil de cette reine avait été trouvé couché
à même dans la sable à Drah Abou'l Neggah; il est
certain que jamais momie royale n'a été enterrée de la
sorte; c'est donc par un accident déjà fort ancien qu'elle a
été déposée dans l'endroit où les Arabes l'ont découverte.
Je pense que vers la fin de la XXe dynastie elle aura été
enlevée par une des bandes de voleurs dont le papyrus
Abbott nous a révélé les exploits: cachée par eux en attendant
qu'ils eussent le loisir de la dépouiller en sûreté,
il est probable qu'ils furent pris et mis à mort avant
d'avoir pu exécuter ce beau dessein. Le secret de leur
cachette périt avec eux et n'a été révélé que de nos
jours.» (MASPERO, Cat., p. 77-78.)
La plupart des notices qui suivent sont empruntées
au catalogue de Mariette.
943 — Or et pâte de verre bleu.
«Bracelet à double charnière. Figures d'or finement
gravėes sur le fond de pâte de verre bleu imitant le
lapis. Amosis est à genoux; devant lui et derrière
lui, le dieu Seb et les génies de la terre dans l'une des
postures de l'adoration. Style très fin; un des meilleurs
morceaux de la collection.» (MARIETTE.)
944.
«Un beau diadème. Si ce bijou n'avait pas été trouvé
sur le sommet de la tête de la reine, en partie engagé
dans ses cheveux, j'y verrais plutôt un des plus magnifiques
spécimens de bracelet d'humérus que l'on puisse
voir.
«La décoration est très riche. Une boîte en forme de
cartouche royal, gardé de chaque côté par deux petits
sphinx affrontés, en forme le motif principal. Le couvercle
de la boîte reproduit le cartouche d'Amosis, or
sur fond de pâte bleu imitant le lapis. Les deux sphinx
sont aussi en or. Si petits qu'ils soient, les yeux sont
rapportés…. Le reste du diadème ne saurait être bien
décrit sans le secours d'un dessin.» (Mariette.)
945.
«Une magnifique chaîne à laquelle est appendu un
scarabée. Elle a 0m, 90 de longueur, et se termine à
à chaque extrémité par une tête d'oie recourbée. D'autres
exemples nous entraînent à dire que cette chaîne ne se
fermait pas autrement qu'en liant les deux têtes d'oie

au moyen d'une ficelle. Ici encore le nom d'Amosis se
lit sur le cou de ces animaux.
«Le scarabée mérite toute l'attention du visiteur. Les
pattes, qui sont d'un travail si fin, qu'on les croirait
moulées sur nature, sont soudées au corps, qui est d'or
massif. Le corselet et les élytres sont en pâte de verre
bleu tendre, rayée par des ligne d'or. La flexibilité de
cette chaîne atteste une habileté de main-d'œuvre vraiment
surprenante.» (MARIETTE.)
946.
«Un bracelet. Perles d'or, de lapis, etc., enfilées sur
des fils d'or assez espacés pour que le jour se voie à
travers. Sur le fermoir, légende d'Amosis.» (MARIETTE.)
947.
«Plusieurs armilles ou anneaux de jambe en or. Ces
anneaux sont plats et creux; ils sont ourlés à leur circonférence
extérieure d'une chaînette en fils d'or tressés
imitant le filigrane. Plusieurs autres anneaux du même
travail ont été trouvés avec les précédents.» (MARIETTE.)
948 — Bois et or.
«Manche d'éventail (Cfr. N. 914) en bois lamé d'or.
Sur la tranche on voit encore les trous où s'emboîtaient
les plumes d'autruche. Sur les plaques d'or le roi
Kamos fait une offrande au dieu Khonsou.» (MASPERO,
Cat., p. 83.)
949 — Ebène, or et bronze doré.
Miroir de la reine Ahhtpou.
950.
«Une hache. Le manche est en bois de cèdre recouvert
d'une feuille d'or. Des hiéroglyphes y sont découpés à
jour. Ces hiéroglyphes sont précieux pour la science, en
ce qu'ils révèlent pour la première fois, au complet, le
protocole royal d'Amosis. Des plaquettes de lapis, de
cornaline, de turquoise et de feldspath y sont encastrées
et en rehaussent l'éclat.
«Le tranchant est de bronze, orné d'une épaisse feuille
d'or. Ce tranchant est enrichi sur ses deux faces de représentations.
D'un côté sont des bouquets de lotus
dessinés en pierres dures sur un champ d'or; de l'autre,
sur un fond bleu sombre donné par une pâte si compacte
qu'elle semble être de la pierre, se détache la figure
d'Amosis, les jambes écartées, le bras levé pour frapper
un barbare qu'il a saisi par les eheveux. En dessous
de cette scène est une sorte de griffon à tête d'aigle.
Dans les récits de batailles, les rois sont souvent comparês
au griffon pour la rapidité de leur course quand
ils se précipitent au milieu des ennemis. En effet, le
griffon est ici appelé Month, que nous savons déjà être
le dieu des combats. L'expression aimé de Month, qui
accompagne son image, s'applique à Amosis.
«Le tranchant de notre hache adhère au manche au
moyen d'une simple entaille dans le bois, consolidée
par un treillis en or.» (MARIETTE.)
951.
«Un poignard d'or et son fourreau également en or.
Monument sans égal pour la grâce et l'harmonie des
formes. Quatre têtes de femme en feuilles d'or repoussées

sur le bois, forment le pommeau. La poignée est décorée
d'un semis de triangles or, lapis, cornaline et feldspath,
arrangés en damier. La soudure de la lame au manche
est artistement cachee par une tête d'Apis renversée.
«La lame est la partie la plus remarquable de ce magnifique
monument. Le pourtour est en or massif. Une
bande d'un métal dur et noirâtre occupe le centre. Sur
cette bande sont des figures obtenues par une sorte de
damasquinage.
«D'un côté est l'inscription: Le dieu bienfaisant,
seigneur des deux pays, Ra-neb-pehti, vivificateur,
comme le Soleil, à toujours.
Cette inscription est
suivie par une représentation très rare qui n'est pas
exempte d'une certaine influence asiatique, celle d'un
lion se précipitant sur un taureau. Quatre sauterelles
qui vont en s'amincissant jusqu'à l'extrémité de la lame
terminent la scène.
«De l'autre côté on lit près de la poignée : Le fils
du Soleil et de son flanc, Ahmès-nakht, vivificateur,
comme le Soleil, à toujours.
Quinze jolies fleurs
épanouies qui, comme sur l'autre face, se perdent vers
la pointe, complètent l'ornementation.» (MARIETTE.)
952.
Un beau poignard à manche d'or massif, à lame de
bronze pâle.
953.
«Pectoral (Cfr. N. 624). Ce pectoral est, avec le
bracelet à fond bleu et le poignard damasquiné, l'un des
trois objets les plus précieux de la collection. La forme

générale du monument est celle, d'un petit naos, ou
petite chapelle. Au centre, Amosis est représenté debout
sur une barque. Deux divinités, Ammon et. Phrė, lui
versent sur la tête l'eau de purification. Deux éperviers
planent au-dessus de la scène comme des symboles du
soleil vivifiant.
«Le travail de ce beau monument est tout à fait hors
ligne, le fond des figures est découpé à jour. Les figures
elles-mêmes sont dessinées par des cloisons d'or, dans
lesquelles on a introduit des plaquettes de pierres dures
(cornaline, turquoise, lapis, pâte imitant le feldspath
vert). Ainsi disposée, cette sorte de mosaïque, où chaque
couleur est séparée de celle qui l'avoisine par un brillant
filet d'or, donne un ensemble aussi harmonieux
que riche.
«Par la finesse et la netteté de sa gravure, l'envers
du naos d'Amosis, qui est d'or simple, est aussi remarquable
que la face principale.» (MARIETTE.)
954.
«Un collier formé de plusieurs rosaces auxquelles sont
suspendus des ornements en forme d'amande. Les rosaces
sont en or avec incrustations de pierres entre cloisons.
Les amandes sont également en or. Les couleurs bleu et
rouge qui les distinguent, sont obtenues cette fois par des
pâtes de ces deux nuances imitant l'émail.» (MARIETTE.)
955 — Or, argent, bois et bronze.
«Sur un petit chariot en bois, à roues de bronze,
est montée une barque d'or massif. Douze rameurs en
argent massif voguent sous les ordres du timonier et

du pilote d'avant. Au centre un petit personnage est
assis, qui tient la hache et la bâton de commandement.
Un cartouche, gravé derrière le timonnier, nous apprend
que le mort à qui était destinée primitivement
cette barque était le roi Kamos…. Le mort devait
se rendre à Abydos par eau, afin de passer dans l'autre
monde; la barque servait à l'accomplissement de la
traversée.» (MASPERO, Cat., p. 82.)
956 — Argent — Long. 0m, 38.
«Barque à dix rameurs et à un pilote… Les quatres
petits anneaux qu'on remarque sous la carėne servaient
à fixer la barque sur un petit chariot à quatre roues.»
(MASPERO, Cat., p. 123.)
957.
Une hache. Le manche est de corne, rehaussé d'or à
son extrémité inférieure. Le tranchant est d'argent.
958.
«Un poignard. La lame est de bronze jaunâtre très
pesant. Le pommeau est un disque lenticulaire d'argent.
«On se sert de cette arme en appuyant le pommeau
sur la paume de la main fermée, et en faisant passer la
lame entre l'index et le médium.» (MARIETTE.)
959 — Or et argent.
Deux mouches. On a pensé que ces mouches étaient
une sorte de décoration officielle; rien n'est venu jusqu'à
présent confirmer cette hypothèse.
960 — Or massif.
Bracelet en or massif, épais, sans aucune décoration.
961.
«Deuxanneaux creux en or, a yant probablement servi
de bracelet, comme l'armille dont se paraient les femmes
dans l'antiquité classique, particulièrement en Grèce. Il
est sans ornements. La collection des bijoux de la reine
Aah-hotep en comprend plusieurs de ce modèle.» (MARIETTE.)
962 — Or.
«Un magnifique collier ousekh. Le collier ousekh est
déposé sur les momies en vertu d'une prescription du
Rituel. Il s'agrafe sur les épaules et ne couvre que la
poitrine, qu'il cache complètement.
«Celui que nous avons sous les yeux est d'une composition
aussi riche qu'inusitée. Des cordes enroulées,
des fleurs à quatre pétales ėpanouies en croix, des lions
et des antilopes courant, des chacals assis, des éperviers,
des vautours, des vipères ailėes, en forment le
dessin. Les deux agrafes, selon l'habitude, sont à tête
d'épervier.
«Tous ces ornements sont en or repoussé. Ils étaient
cousus aux linges de la momie par le moyen de petits
anneaux soudés par derrière.» (MARIETTE.)
963 et 963 bisOr et pierre.
«Deux bracelets d'or et de perles. Les perles sont d'or,
de lapis, de cornaline rouge et de feldspath vert. Elles
sont enfilées sur des fils d'or. L'ensemble forme un
damier dont chaque case est de deux couleurs. Une lame

fendue en deux parties qui se séparent et se ferment au
moyen d'une aiguillette d'or, opère la fermeture. On y
lit le nom d'Amosis.» (MARIETTE.)
964.
«Un bracelet composé de deux parties réunies par
une charnière.
«La partie extérieure représente un vautour, les ailes
éployées. Le jeu des plumes a été imité par des pierrettes
de lapis, de cornaline et de pâte de verre de la couleur
du feldspath, enchâssées dans des cloisons d'or. Ce
travail est celui que faisaient le plus communément les
orfèvres égyptiens.
«La partie postérieure, plus mince, estf ormée de deux
bandeaux parallèles, ornés de turquoises, dont un dessin
seul pourrait faire connaître la disposition.
«Si ce bracelet a servi, il n'a pu, à cause de ses
dimensions, être qu'à l'humérus.» (MARIETTE.)
965 — Bronze et or.
«Deux têtes de lion. L'une en bronze, l'autre en
bronze revêtu d'or. La tête du lion est l'hiéroglyphe du
mot peh, qui signifie vaillance. Nos deux monuments
ont sans doute été introduits parmi les objets précieux
dont était enrichie la momie de la reine, parce qu'ils
font partie du cartouche-prénom d'Amosis (Rab-neb-pehti).
On remarquera l'attitude fière de la tête de lion
en or.» (MARIETTE.)
966 — Or et argent.
«Neuf petites hachettes, trois d'or et six d'argent.
Dans les hiéroglyphes, la hachette, répétée neuf fois,
désigne l'ensemble des dieux.» (MARIETTE.)
967 — Or.
«Une chaîne d'or. Trois mouches en or massif y sont
suspendues. Cet ensembel constitue une sorte d'ornement
qui se portait passé au cou (Cfr. N. 959).» (MARIETTE.)
968 — Bois et argent.
«Un bâton de bois noir, recourbé à son extrémité et
entouré d'une large feuille d'or en spirale. Spécimen unique.
Peut-être, à l'époque de Kamès et d'Amosis, était-il
un signe de commandement. On le trouve aujourd'hui,
exactement sous la même forme, entre les mains de la
plupart des Nubiens et des Soudaniens, pour lesquels il
n'a plus aucune signification symbolique.» (MARIETTE.)
Les autres bijoux exposés dans la vitrine K
n'appartiennent pas à la collection de la reine
Ahhotpou.
Nous citerons, parmi les plus remarquables, deux
charmants bracelets cloisonnés, en or, lapis-lazuli
et cornaline (Nos 969 et 969 bis), provenant de la
momie du roi Pinotem (Deïr-el-Bahari, XXIe dynastie,
trouvaille des momies royales); et un pectoral
en or (N. 970) au nom du roi Ramsès III (trouvaille
des momies royales, Deïr-el-Bahari, XXe dynastie).
Puis une émeraude brute (N. 971) enfermée dans
une résille d'or, dont les mailles ont dû être soudées
successivement l'une après l'autre (travail de la
XXe dynastie). Enfin un grand nombre de petits
amulettes, la plupart en or; et deux oiseaux à tête
humaine, symboles de l'àme, en or émaillé.

VITRINE L.

Bijoux de diverses provenances et de diverses
époques.
972 et 972 bis.
«Une paire de magnifiques pendants d'oreilles en or
recouverts d'un riche vernis rougeâtre. Ces ornements
pesants n'ont pu servir qu'attachés par un fil, soit à
l'oreille elle-même, autour de laquelle ce fil se serait
enroulé, soit à la coiffure symbolique dont était décoré
le personnage auquel ces pendants d'oreilles furent
destinés.
«Un disque lenticulaire, garni à sa cironférence d'une
gorge de poulie, forme la partie principale de nos deux
monuments. A ce disque sont suspendus cinq urœus
coiffés du soleil qui, eux-mêmes soutiennent, au bout
de sept chaînettes d'or, sept urœus également munis
du globe emblématique.
«Le disque principal a des ornements sur ses deux
faces. D'un côté sont cinq autres urœus (deux d'entre
eux sont coiffés de la couronne Atef, les autres portent
sur la tête le globe ordinaire); de l'autre côté on lit,
dessinés en fils d'or soudés au champ du disque, les
nom et prénom de Ramsès XIII. Une dentelure de
triangles en grenetis complète la décoration.
«Un vieux sanctuaire, où les débris de la VIe et de
la XIIe dynastie abondent, existe à Abydos, dans la
partie septentrionale des ruines de cette ville célèbre.
Une momie, sans légende qui nous fasse connaître ses
titres et son nom, avait été ensevelie sous le dallage de
ce sanctuaire. C'est sur cette momie qu'on été trouvés

les deux pendants d'oreilles que nous venons de mettre
sous les yeux du visiteur.» (MARIETTE.)
973 — Or massif.
«Avec la même momie ont été découverts les débris
d'un bel ornement de poitrine, composé de petites égides
d'or massif. Le travail de ces imperceptibles monuments
est extrêmement fin. Les têtes symboliques de Pascht,
d'Hathor, d'Anhour, de Phré son traitées avec une délicatesse
si grande, que quelques-unes d'entre elles ne
perdent rien à être étudiées à la loupe.» (MARIETTE).
974 — Or.
«Une sorte de bandeau coupé en forme d'ovale dans
une feuille d'or (0m, 20 dans sa plus grande longueur).
Une chaînette, également d'or, relie les deux extrémités.
Au centre du bandeau est une tête de Gorgone repoussée.
La destination de cet objet, qui semblerait être
un ornement de tête, est assez difficile à préciser.»
(MARIETTE.)
975, 976, 977, 978 et 979 — Or massif.
«Cinq bracelets composés de deux ou trois tours massifs
d'or. Ils sont en forme de serpent. Les têtes sont
ciselées. L'une d'entre elles est ornée d'une émeraude.»
(MARIETTE.)
980 — Or et incrustations.
Restes d'un collier à trois rangs; le premier rang
composé d'ouzas en or; le second de fleurs de lotus et
d'amandes en or incrusté de pierres; le troisième de
têtes hathoriennes en or.
981 — Or massif.
Statuette représentant le dieu crocodile Sebek (Sobkou)
dieu du Fayoum (voir N. 590).
982 — Or massif.
Une statuette de Phtah.
983 — Or massif.
Une statuette d'Ammon.
984 — Or massif.
«Un urœus dressé sur sa queue. Il porte le disque
sur sa tête.» (MARIETTE.)
985 — Lapis-lazuli.
«Amulette en forme de stèle. D'un côté, image de
Phré en relief; de l'autre Hathor et Toum en creux.»
(MARIETTE.)
986.
Plusieurs scarabées montés en bague. L'un d'entre
eux est d'or massif.
987.
«Collection de bagues. On en remarque une qui est
composée de trois autres bagues soudées par le milieu
du corps des scarabées, qui leur servent de chatons.»
(MARIETTE.)
988.
«Une paire de pendants d'oreilles. Style gréco-égyptien.
Rosaces en creux, relevées par des ornements en

filigrane. Fleurs fermées et épanouies faisant office de
pendeloques.» (MARIETTE.)
989 — Or.
«Feuille d'or imitant plus ou moins une langue humaine.
On trouve ces feuilles sur les langues des momies
gréco-égyptiennes, conservées dans les hypogées de
Saqqarah.» (MARIETTE.)
990.
«Bijou représentant une âme sous la forme d'oiseau
à tête humaine. Les ailes sont étendues. Cette forme
de pectoral est commune à Memphis sous les Ptolémées.
Notre bijou vient de Saqqarah.» (MARIETTE.)
La vitrine L contient encore de nombreux
bijoux, bracelets, bagues, pendants d'oreilles en
or à tête de chèvre, de fabrication syrienne (indication
de M. le Dr Fouquet). Bijoux des époques
persane (plaque d'or repoussé avec l'image d'Ormuzd
ailé, N. 991, provenant de Tméi el Amdid),
grecque, romaine et byzantine.

Salle 71 (Scarabées).

Nous avons indiqué (N. 148) que le scarabée
est un symbole de transformation. Suivant
les doctrines égyptiennes reprises par Pythagore,
rien ici-bas ne s'anéantit. Tout ce qui meurt,

meurt pour renaître; l'àme est destinée à passer
dans un corps nouveau après la dissolution de
l'ancien; mais les éléments de cet ancien corps,
momentanément désagrégés, rentrent dans le
mouvement fécond de la nature, où la Providence
les remet en œuvre pour la formation d'existences
nouvelles. Le scarabée, symbole de ces changements
qui maintiennent la vie dans la création,
est donc en même temps le symbole de l'immortalité.
Aussi le mettait-on à la place du cœur des
défunts, du cœur considéré comme la graine dont
la dissolution ferait germer une vie nouvelle (voir
N. 637); il portait alors le chapitre du cœur dont
nous avons vu l'explication (Cfr. N. 632).
Les vitrines A, B, C nous montrent une série
de ces scarabées funéraires. Dans la vitrine A, le
N. 992 est revêtu d'un placage en pàte de verre
bleu. Dans la vitrine B plusieurs scarabées portent
sur leurs élytres les images d'Osiris en face d'Horus
Soleil; on sait qu'Horus est Osiris transformé
ou renaissant. Scarabées aux ailes éployées, ayant
servi de pectoraux (Cfr. N. 629).
Dans la vitrine C, scarabée en pàte bleuâtre.
La vitrine D contient des cachets en terre et en
cire; la plupart ont servi à sceller des coffrets de
statuettes funéraires (voir salle 58, armoire G).
Dans les vitrines E et F, un grand nombre de
petits scarabées.

VITRINE G.

Scarabées en granit. hématite et cornaline. Gros
scarabée à tête humaine. Beau scarabée ailé ou
pectoral en terre émaillée verte, provenant de Gaou
el Kebir, ainsi que quatre figurines représentant
les génies de l'embaumement ou génies protecteurs
des viscères du défunt (voir salle 59, étagères H et I).

VITRINE H.

Scarabée aux ailes éployées ou pectoral en terre
émaillée; scarabée en verre irisé (N. 993).

VITRINES I ET J.

Choix de scarabées historiques portant des cartouches
des rois d'Egypte depuis la IVe dynastie. On
peut signaler le cartouche d'Osiris considéré comme
un roi fabuleux des dynasties divines antérieures
à Ménès (N. 994) et le nom du dieu Shou (N. 995),
fils du Soleil, autre roi des dynasties mythiques.

VITRINES K ET L.

Gros scarabées portant le chapitre du cœur (voir
N. 632).

VITRINES M ET N.

Scarabées emblématiques. Devise du roi du midi
et du nord (N. 996). Représentation de la divinité
entre Set, principe destructeur, et Horus, principe
rénovateur (N. 997). Image des deux Nils, Nil du
sud et Nil du nord, Nil de la rive droite et Nil de la

rive gauche (N. 998). Combinaison de lignes et de
symboles mystérieux; de simples ornements, etc.

VITRINES O ET P.

Petites stèles représentant Horus enfant sur les
crocodiles; la stèle 998, en feldspath vert, est
une des plus remarquables. Nous avons dit que
l'image de cet enfant foulant aux pieds des crocodiles,
tenant prisonniers entre ses mains le
lion, le scorpion, les serpents et la gazelle, animaux
malfaisants ou impurs, symbolise le triomphe
du principe rénovateur sur le principe
destructeur, l'enfant qui se lève rend vaine l'œuvre
de la mort qui a frappé le vieillard. Aussi les
textes appellent-ils ce jeune Horus le vieillard
qui redevient enfant.
Ces monuments sont donc
bien à leur place auprès des scarabées qui symbolisent
la transformation. La figure du jeune Horus,
vainqueur des monstres, est généralement surmontée
d'une tête de Bès, l'Hercule égyptien;
quelquefois (N. 999) Bès lui-même prend la place
d'Horus et tue un énorme serpent. Je pense qu'il
faut reconnaître ici l'origine de la légende grecque
des douze travaux d'Hercule; ces douze travaux
s'accomplissent dans les douze heures que
le bon principe passe à triompher du mauvais,
en combattant les monstreset en luttant. pour
dissiper les ténèbres. Le sarcophage de Nesipanoub,
prètre d'Ammon, portemème l'image de
Bès soutenant le Ciel comme Shou et comme
Hercule; comme Hercule, ce dieu est vètu d'une

peau de lion. Le; Grecs paraissent donc avoir
formé leur Hercu e des traits combinés d'Horus
triomphant et de Bès; l'Horus guerrier ou Harshewi,
forme nouvelle de Shou que nous avons
vu massacrer les monstres (voir N. 897), a fourni
les traits du héros; Bès avec sa figure bizarre est
devenu surtout l'Hercule gourmand et grotesque
(voir les Oiseaux d'Aristophane).
On peut signaler encore dans la vitrine P un
collier (N. 1000) composé de jolies figurines funéraires,
et des amulettes que nous avons vus sous
les Nos 753 et 756.

VITRINES Q ET R.

Mains en bois et en ivoire (Nos 1001 et 1001 bis);
ce sont probablement des talismans destinés à conjurer
les influences néfastes. Je ne saurais encore
préciser la signification des autres pièces d'ivoire
demi-circulaires (Nos 1002 et 1002 bis) exposées
dans les vitrines Q et R.

VITRINES S, T, U, V.

Cœurs en améthyste (Nos 1003 et 1003 bis); le
N. 1003 bis est surmonté d'une tête humaine.
Scarabées pectoraux (voir N. 629) et scarabées
funéraires en basalte, granit, terre émaillée, etc.

VITRINE W.

Scarabée sculpté sur l'image même du cœur
(N. 1004).

VITRINE X.

Scarabée en feldspath vert (N. 1005).

VITRINES Y, 1–6.

Nombreux scarabées emblématiques.

Salle 72 (Objets du culte).

Au centre de la salle, un magnifique vase cordiforme
en granit noir (N. 1006), consacré au dieu
Thot par le roi Apriès (XXVIe dynastie), domine les
vitrines A–H.

VITRINE A.

1007 — Bronze — Haut. 0m, 35. — Epoque saïte.—
Zagazig.
Image d'Isis ou Nephthys, debout, étendant les bras.
Le bronze, évidé en plusierus endroits, avait dù être
incrusté d'émaux et de pierres dures.
1008 — Bronze — Haut. 0m, 074, larg. 0m, 079.—
Abydos.
Un poisson lėpidote, consacré à la déesse Mehit, est
posé sur un naos quadrillé. Une femme debout présente
un miroir.
Puis une petite stèle d'Horus sur les crocodiles
(Cfr. 998) en pierre saponaire (époque grecque);
un Ammon ou Khnoum en bronze, à tête de

bélier (époque saïte); une déesse Noub (forme
d'Isis), en schiste, assise et levant les deux bras
(époque saïte); images du dieu Bès; génies funéraires
et divers amulettes.

VITRINE B.

Images d'animaux consacrés: singes et cynocéphales
(consacrés au dieu Thot); chats (consacrés
à la déesse Bast); éperviers (attributs d'Horus
et des divinités solaires); truies ou pourceaux
(consacrés à Set ou Typhon); béliers (consacrés
au dieu Ammon sous sa forme de Khnoum); lions
(emblèmes du soleil); lièvres (attributs des génies
qui gardaient les portes des enfers et quelquefois
attributs d'Osiris lui même); ibis (attributs du
dieu Thot); crocodile (attribut de Sebek, dieu du
Fayoum); serpents à jambes et à bras humains,
(consacrés au dieu Nehbka, qui semble symboliser
le rejeunissement), etc. L'éléphant ne paraît
avoir été consacré à aucune divinité. Le N. 1009
(terre émaillée verte, Saqqarah, époque saïte)
mérite donc d'attirer l'attention, tant par la rareté
de l'image que par la beauté du travail.

VITRINE C.

Beaux pectoraux en forme de naos (voir N. 624);
amulettes en jadéite noire et calcaire noirci (Abydos
et Saqqarah, époque saïte), figurant deux doigts
réunis, l'index et le médius, et destinés à conjurer
le mauvais œil et les influences funestes (Cfr.
N. 1001).

VITRINE D.

Sceptres et emblèmes de divinités.
1010 — Email vert — Haut. 0m, 096. — Epoque saïte. —
Saqqarah.
«Le plus fréquent des sceptres est celui que les
textes appellent ouôb, oïs, zââmou; il est surmonté
d'une tête de quadrupéde au museau allongé, aux yeux
longs, aux oreilles carrées, que l'on croit ètre la gerboise,
consacrée au dieu Sít. Champollion l'appelait,
sur une indication erronée de Kircher, le sceptre à tête
de coucoupha, et ce nom est encore usité dans l'école.
Ce sceptre signifiait la puissance et la fermete; il assurait
au porteur l'empire sur l'univers. On l'assimilait
aux piliers du ciel.» (MASPERO, Cat., p. 238.)
Puis des sceptres en bois à tête de chacal, signifiant
la force et la richesse; des fouets ou fléaux
en bronze, emblèmes de fécondité; une sorte de
crochet en bronze, partie inférieure d'un sceptre;
des égides en bronze d'où sortent les tėtes des divinités
solaires Shou et Tafnout, etc. La plupart de
ces objets sont de l'époque saïte et proviennent de
Zagazig.

VITRINES E ET F.

Divers amulettes et figurines provenant de sarcophages
trouvés au Fayoum dans les ruines voisines
de Hawara, où Lepsius plaçait le labyrinthe.
1011 — Pâte de verre de diverses couleurs.
Image de la déesse Mât.
1012 — Email bleu et noir.
Tête de femme d'un joli travail.
1013 — Obsidienne.
Deux chacals accroupis, images d'Anubis du nord
et d'Anubis du sud; ce dieu est appelé ouvreur ou guide
des chemins du nord quand Osiris défunt s'en va dans
l'autre monde; ouvreur des chemins du sud quand
Osiris renaissant ou Horus revient sur la terre.
1014 — Pâte de verre.
Série de petites figurines.

VITRINE G.

Collection d'amulettes et de figurines, un grand
nombre en pâte de verre.

VITRINE H.

Collection d'amulettes, yeux mystiques (Ouzas,
Cfr. N. 630); têtes du dieu Bès, fleurs de lotus,
pains d'offrande fictifs, etc. Au centre de la vitrine,
groupe d'amulettes dad et de plaques émaillées
qui formaient les pièces d'un collier au nom de
Psammétique.

Est des vitrines A-H.

1015 — Bronze — Haut. moy. 0m, 60. — Saïs.
Quatre belles statues de la déesse solaire Pacht ou
Sekhet, à tête de lionne, et une statue d'Horus à tête
d'épervier, coiffé du pschent ou double couronne du midi

et du nord. Les yeux des déesses sont rapportés, la prunelle
est en or. Ces cinq statues ont été trouvées à Saïs.

Ouest des vitrines A-H.

1016 — Serpentine verle, polie — Haut. 0m, 96
— XXVIe dynastie. — Karnak.
Statue.
«Ce disgracieux hippopotame au ventre arrondi et
aux flasques mamelles de femme est un des personnages
importants du Panthéon égyptien, Apit, Toirapil,
Toïri
, ou plus souvent, avec la désinence grecque.
Thouéris. Appuyée de la patte gauche sur un nœud
de corde mystique, elle avait protégé, contre son propre
mari Set Typhon, Isis enceinte d'Horus; elle passait
depuis pour veiller l'àme des justes dans l'autre
monde, et, le couteau à la patte, elle luttait contre
les mauvais esprits. Les Thébains de l'époque saïte
et ptolémaïque paraissent avoir eu pour elle une
vénération particuliére; son temple est encore debout
aujourd'hui, à l'est du temple de Khons à Karnak. La
statue a été découverte à Thébes, au milieu de la ville
antique, par des fellahs en quète de sebakh; elle était
debout dans une petite chapelle en calcaire blanc sculpté,
que lui avait dédiée le prêtre Pibisi, au nom de la
reine Nitocris, fille de Psammétique I et de la reine
Shapenap.» (MASPERO, Cat., p. 76-77.)
Cette petite chapelle est exposée dans la salle 33 sous
le N. 261.

Nord de la salle.

1017 — Basalte vert — Long. 0m, 71, larg. 0m, 46. —
XXXe dynastie. — Saqqarah.
Table d'offrandes au nom d'un fonctionnaire contemporain
de Nectanébo I, et nommé Psammétique. La
gravure est extrêmement soignée, mais on peut remarquer
dans le texte de l'inscription une certaine affectation
d'archaïsme. Ainsi l'un des titres de la légende si
fruste que porte la statuette archaïque N. 1, se retrouve
sous la même forme finement gravé dans la légende
de Psammétique. Ce même personnage a fait encore
exécuter les trois monuments suivants, trouvés également
à Saqqarah.
1018 — Basalte vert — Haut. 0m, 90.
Statue d'Osiris.
1019 — Serpentine — Haut. 0m, 89.
Statue d'Isis.
1020 — Serpentine — Haut. 0m, 97, long. 1m, 03.
Psammétique lui-même représenté debout devant la
vache Hathor. Ces statues, d'un très beau travail, sont
remarquables surtout comme exemple de difficulté
vaincue; la serpentine étant pour le sculpteur unematière
des plus rebelles.

VITRINE I.

La divinité à tête d'ibis est Thot ou Hermès,
personnification de l'intelligence divine, principe

conservateur de la création, dieu des lettres et des
sciences, inventeur de l'écriture. Il était adoré à
Achmounein ( Hermopolis magna). L'ibis, le singe
et le cynocéphale lui étaient consacrés.
La divinité à tête de chacal est Anubis, dieu
funéraire qui présidait à l'ensevelissement, et guidait
les défunts dans les chemins de l'autre monde
(voir N. 101. 3)Il était le dieu principal de Siout,
et de quelques villes de la Haute-Egypte; mais il
était vénéré dans toute la vallée du Nil, immédiatement
après Osiris, dont on ne le séparait guére.

VITRINE J.

Images du dieu Ptah et de Pacht ou Sekhet
déesse à tête de lionne.
Ptah ou Vulcain était le dieu supréme de Memphis.
Il possédait dans cette ville un temple célèbre
dans les ruines duquel on vient de retrouver les
deux magnifiques statues que nous avons vues
sous les Nos 185 et 186. Il avait fourni les éléments
de la création et façonné le monde.
On le représente debout ou assis, souvent sur
une coudée ou sur un autel à degrés (Cfr. N. 911),
et tenant un sceptre des deux mains. Sa figure est
fine et souriante; il est coiffé d'un serre-tète.
Quelquefois il porte sur la tête le scarabée, symbole
des trans formations qui maintiennent la vie
dans la création.
La déesse solaire Sekhet, à tète de lionne, était
associée à l'œuvre de Ptah, ainsi que son fils
Imhotep, le protecteur des sciences et le dieu de la

médecine, l'Esculape des Grecs. Imhotep est représenté
assis, coiffé du serre-tête comme Ptah,
lisant un rouleau de papyrus étalé sur ses genoux.
La déesse Bast à tête de chatte, qu'on adorait à
Bubastis, était une forme adoucie de l'ardente
Sekhet, qui brûlait les ennemis du soleil; Bast
était la personnification de la chaleur bienfaisante.

ARMOIRE. K
Tablette supèrieure.

Statuettes en bronze de petits personnages agenouillés
portant la coiffure royale, et présentant
des offrandes.
1021 — Bronze — Haut. 0m, 15.
Tête d'Hathor sortant d'une fleur de lotus.

Deuxième tablette.

Coiffures divines et barbes en bronze (Cfr. N. 765).
1022 — Bronze — Long. 0m, 55.
Encensoir ou brûle-parfums. Il a la forme d'un bras;
le foyer qu'il supporte est un cartouche tenu par un
petit personnage agenouillé.
1023 — Bronze — Haut. 0m, 36. — Epoque saïte.
«C'était une de ces enseignes qu'on promenit au
bout d'un bâton en tête des processions religieuses. Un
crocodile, posé sur une fleur de lotus, porte la barque
sacrée de Râ. Un naos, ouvert et vide, surmonté d'un
épervier couronné, en occupe le milieu. A l'avant on

voit le chacal d'Apmatonou (Anubis), puis le prêtre qui
tient à deux mains le vase à perfums, Hor à tėte d'éperivier
levant la pique, et deux personnages brisés.
Derrière le naos, Isis est debout avec Anubis à tête de
chacal, et deux Hor à tête d'épervier manient les deux
gouvernails.» (MASPERO, Cat., p. 120.)
Une autre enseigne sacrée en forme de barque
est également d'époque saïte (voir sur la tablette
inférieure).

VITRINE L.

1024 — Bronze — Haut. 0m, 31, larg. 0m, 24.
Statue du taureau Apis sur un traîneau….
«….telle qu'on la promenait aux grandes fêtes. Le
taureau Apis était l'image virante de Ptah sur la
terre: on le gardait dans une des cours du temple de
Ptah à Memphis où il rendait des oracles. Il n'y avait
jamais qu'un Apis à la fois; on le reconnaissait à certaines
marques, un croissant sur le front, un scarabée
sous la langue, un vautour sur le dos, etc., que les
prêtres se chargeaient de découvrir. Une fois intronisé.
il restait en fonctions jusqu'à la mort: quelques-uns
vécurent jusqu'à ving-sept et vingt-huit ans. Mort.
Apis devenait, comme tous les morts, un Osiris : on
l'embaumait et on le transportait en grande pompe au
Sérapéum, dans la sépulture réservée aux Apis. Là il
avait un temple, où il était encore dieu, sous le nom
d'Osorhapi, dont les Grecs ont fait Sérapis.» (MASPERO,
Cat., p. 178-179.)
1025 — Bronze — Haut. 0m, 09, long. 0m, 16. — Epoque
saïte. — Sérapéum.
«Bœuf Apis agenouillé contrairement à l'usage.»
(MASPERO, Cat., p. 162.)
Série de statuettes d'Apis.
1026 — Bronze — Haut. 0m, 40. — Epoque saïte. —
Sérapéum.
«Superbe Nofirtoum, incrusté d'émaux et d'or.
Nofirtoum était le fils de la déesse Bast ou Sekhet
(voir virtine J), et paraît avoir représenté une des
formes du soleil de la nuit, celle qui précède immédiatement
l'aurore, il était souvent représenté debout sur
un lion couché, la main droite armée d'un sabre
recourbé, la tête couronnée d'un lotus épanoui d'où
sortent deux grandes plumes.» (MASPERO, Cat., p. 156,
157, 161.)
1027 — Bronze — Haut. 0m, 27, — Epoque saïte. —
Sérapéum.
«Le dieu Anhouri, coiffé de quatre longues plumes
réunies en faisceau, lève les mains dans l'attitude du
soldat qui perce de la pique un ennemi terrassé. Anhouri
est une forme jumelle de Shou; les Grecs l'identifiaient
à Arès (ou Mars).» (MASPERO, Cat., p. 160-161.)
Anhouri était le divinité locale de Thini, près d'Abydos.
1028 — Bronze — Haut. 0m, 165. — Epoque saïte. —
Sérapéum.
«Le dieu Nil (Hapi) debout, portant sur la tête le
signe de l'eau, d'où sort un bouquet de fleurs. Il est
représenté avec les chairs molles et la poitrine pendante
en signe d'abondance. Il était adoré à Silsilis. Ses statues
sont fort rares.» (MASPERO, Cat., p. 162.)
1029 — Bronze — Haut. 0m, 19. — Epoque saïte. —
Sérapéum.
«Apis, sous forme d'homme à tête de taureau, le
disque et l'urœus au front.» (MASPERO, Cat., p. 180).
1030 — Bronze — Haut. 0m, 26. — Epoque saïte. —
Sérapéum.
«Le dieu a sur la tète une coiffure formée de deux
cornes et de deux petites pousses, sur lesquelles est
posée une étoile à cinq branches. Les pieds manquent.
Mariette pensait que cette figure représentait Sib, le
dieu de la terre, je préfércrais y reconnaître, d'après
les peintures astronomiques, Osiris-Sàhou, dieu de
l'étoile Orion. Osiris-Sàhou était aussi le conducteur
des âmes dans l'autre monde.» (MASPERO, Cat., p. 161.)
1031 — Bronze — Haut. 0m, 15, Epoque grecque.
Dieu Bès combattant (Cfr. N. 999). Bès guerrier
lutte contre le mal et les ténèbres; il a remplacé dans
ce rôle le dieu Set, devenu, sous le nom de Typhon, la
personnification du mal, après avoir été l'adversaire du
serpent destructeur Apophis. Nous avons dit aussi
(N. 999) qu'un monument de la XXIe dynastie nous

montre Bès, vêtu de la peau du lion, soutenant le ciel
come Hercule, ou comme le dieu égyptien Shou. Enfin
Bès jouait de le harpe; il était le dieu de la toilette et
son image ornait souvent le manche des miroirs des
dames égyptiennes (voir N. 847); la fable grecque
d'Hercule filant chez Omphale et se parant comme une
femme, est peut-être un souvenir de ce dernier rôle du
dieu égyptien.

VITRINE M.

1032 — Bronze — Haut. 0m, 37.
La déesse Neit debout, coiffée de la couronne du
nord, d'autres fois elle a pour coiffure la navette, dont
l'image est l'hiéroglyphe (Neit) de son nom, souvent
aussi elle est représentée armée de l'arc et des flèches.
Les Grecs l'assimilèrent à Minerve. Personnification de
l'espace céleste, elle était surtout adorée à Saïs, bien
qu'elle eût des temples à Thèbes.
1033 — Pierre dure — Long. 0m, 24. — Saïs.
Poisson. — Le poisson et, en particulier, l'oxyrhynque,
était consacré à la déesse Hathor ou Vénus.
1034 — Bronze — Haut. 1m, 155. — Epoque saïte. —
Sérapéum.
«Ichneumon assis sur le train de derrière, les pattes
de devant levées en attitude de défense.» (MASPERO,
Cat., p. 159.)
L'ichneumon parait être consacré à la divinité qui
s'engendre elle-même, et est à la fois père et mère
(Cfr. Cat. Mariette, N. 191).
1035 — Bronze — Haut. 0m, 17.
«Déesse Selk; elle a pour coiffure le scorpion, qui
lui était consacré. Selk est une des quatre déesses protectrices
des entrailles qu'on enfermait dans les vases
dit canopes.» (MARIETTE).
1036 — Bronze — Haut. 0m, 05.
«Bout de sceptre. Le dieu Horus était debout sur
un crocodile qu'il frappait de sa lance; c'est le soleil
sortant chaque jour vainqueur de son combat avec les
ténèbres.» (MARIETTE).
Ce monument n'est plus entier: il ne reste de l'Horus
que ses pieds sur le dos du crocodile.
1037 — Bronze — Haut. 0m, 16.
«Bout de sceptre. Un épervier est perché au sommet.
L'animal divin porte la coiffure de Month.» (MARIETTE).
1038 — Bronze — Haut. 0m, 18.
Le dieu Khnoum, forme d'Ammon à tête de bélier,
qu'on adorait en Nubie et spécialement aux cataractes.
Le temple d'Esneh lui était aussi consacré. Il est appelé
le modeleur ou fabricateur des dieux et des hommes.
1039 — Terre émaillée — Haut. 0m, 13.
La déesse Thoueris (voir N. 1016).
1040 — Bronze — Haut. 0m, 335. — Epoque saïte. —
Sérapéum.
«Le dieu Khnoum à tête de bélier est assis sur un
fauteuil qui lui-même repose sur une fleur de lotus. Le

tout formait une enseigne sacrée qu'on portait dans les
processions.» (MASPERO Cat., p. 170.)
1041 — Bronze — Haut. 0m, 15, long. 0m, 31 larg. 0m, 84.
— Epoque saïte. — Sérapéum.
Boîte en bronze, où était enfermée une momie de
serpent. L'urœus figurée sur le couvercle avait une
tête humaine coiffée du pschent; c'est l'aspect que présentent
certains génies infernaux dans les peintures des
tombes royales.» (MASPERO, Cat., p. 162.)
1042 — Bronze — Haut. 0m, 23. — Epoque saïte. —
Saqqarah.
La déesse Mât ou la Vérité, fille du Soleil. Elle est
représentée sous la forme d'une femme coiffée d'une
plume d'autruche (mat), hiéroglyphe de son nom.
1043 — Bronze — Haut. 0m, 40. — Epoque saïte. —
Thèbes (Assassif).
Le dieu Ammon Râ, coiffé du mortier surmonté de
deux longues plumes. Il était adoré à Thèbes et dans
toutes les colonies thébaines: à Napata, en Ethiopie,
en Nubie, dans les Oasis. Ses prêtres jouèrent un grand
rôle dans l'histoire d'Egypte; nous en parlerons avant
d'étudier les salles 76-83.
1044 — Bronze — Haut. 0m, 18.
La déesse Mout ou Maut, épouse d'Ammon et mère
de Khonsou, formait avec ces deux divinités la triade
adorée à Thèbes. Elle est ordinairement coiffée du pschent
ou double couronne du midi et du nord.
1045 — Bronze — Haut. 0m, 15.
La déesse Nohemâit, forme d'Hathor, adorée á Hermopolis.
Elle porte sur la tête une sorte d'édicule à
l'image du sistre consacré à Hathor.

VITRINE N.

1046 — Bronze — Haut. 0m, 30. — Epoque saïte. —
Sérapéum.
Un des génies d'Héliopolis, représentés sous la forme
d'hommes à tête d'épervier, adorant le soleil.
1047 — Bronze — Haut. 0m, 084, long. 0m, 098. —
Epoque saïte. — Sérapéum.
«Le bœuf Apis est debout sour un traineau. A droite
Isis debout lui flatte l'épaule; par derrière, Nephthys
lui tient les deux cuisses.» (MASPERO, Cat., p. 183.)
1048 — Bronze — Haut. 0m, 16. — Epoque saïte. —
Sérapéum.
Le dieu Nil ou Hapi, assemblait les fleurs du lotus
et du papyrus, symboles du midi et du nord de l'Egypte.
Ce monument n'étant plus entier, le dieu n'a dans la
main que les queues de ces fleurs.
1049 — Bronze — Haut. 0m, 085, larg. 0m, 063. —
Epoque saïte. — Sérapéum.
Trois statuettes sur un socle commun, Horus et Thot
versent l'eau de régénération sur un défunt agenouillé
entre eux (Cfr. Nos 360 et 587).
1050 — Bronze — Haut. 0m, 175. — XXVIe dynastie. —
Sérapéum.
Taureau Apis. Autour du socle une légende bilingue,
hiéroglyphique et carienne.
1051 — Bronze incrusté d'or. — Haut. 0m, 00.
Imhotep ou Esculape, fils de Ptah (voir vitrine J).
1052 — Bronze — Haut. 0m, 22. — Epoque saïte. —
Sérapéum.
Hathor, déesse de la montagne, qui séparait la terre
d'Egypte de l'autre monde. Elle était représentée sous
la forme d'une vache ou d'une femme à oreilles de
vache. C'est la Vénus égyptienne, déesse de la beauté.
Le temple qui lui fut consacré à Denderah est encore
debout et presque intact.
1053 — Bronze — Haut. 0m, 17.
Le dieu Thot-Lunus (voir vitrine I), représenté sous
la forme du cynocéphale, qui lui était consacré.
1054 — Bronze — Haut. 0m 182,.
Admirable statuette du dieu Ammon (voir N. 1043).
1055 — Bronze — Haut. moy. 0m, 16. — Epoque
saïte. — Sérapéum.
Osiris, Isis, et Nephthys.
1056 — Bronze — Haut. 0m, 268.
La déesse Isis, femme et sœur d'Osiris, et mėre
d'Horus. C'est la Cérès des Grecs. Isis était, comme
Osiris, adorée dans l'Egypte entière.
1057 — Bronze — Haut. 0m, 19. — Epoque saïte.
La déesse Mihit ou Hat-mihit, dame de Mendės,
coiffée du poisson silur, reçoit l'offrande d'Ameniritis.
1058 — Bronze — Haut. 0m, 275.
Statuette d'Hator (voir N. 1052).
1059 — Bronze — Haut. 0m, 16. — Epoque saïte. —
Sérapéum.
Anubis incrusté d'or.
1060 — Bronze — Haut. 0m, 282.
Osiris incrusté d'or. Osiris, dieu d'Abydos et dieu des
morts, était adoré dans l'Egypte entière. Il était le
symbole de la vie qui s'en va pour revenir sans cesse,
le soleil qui s'éteint chaque soir pour reluire chaque
matin, la plante que l'on coupe et qui repoussera,
l'homme qui meurt et qui revivra dans sa race, etc.
1061 — Serpentine — Haut. 0m, 25.
La déesse Thoueris (Cfr. 1016).
1062 — Bronze — Haut. 0m, 21.
Jolie statuette d'Horus enfant (Harpocrate), fils
d'Isis et d'Osiris défunt, et principe rénovateur qui
triomphe chaque jour du principe destructeur (Cfr.
N. 998).
1063 — Bronze — Haut. 0m, 28. — Sérapéum.
Un ichneumon debout. Mème attitude qu'au N. 1034.
1064 — Bronze — Haut. 0m, 23.
Diadème atef, coiffure divine composée de la triple
mitre ou couronne du sud, en forme de lotus, avec deux
plumes d'autruche et des cornes de bélier. On y ajoutait
encore des urœus et d'autres ornements.
1065 — Bronze — Haut. 0m, 24, larg. 0m, 10. — Epoque
saïte. — Sérapéum.
«Le dieu Osiris-Lune est assis entre Nofirtoum
(voir N. 1026) d'un côté, et Harpocrate (voir N. 1062)
de l'autre: une chatte est couchée à ses pieds, un petit
personnage agenouillé adore ce groupe de divinités.»
(MASPERO, Cat., p. 181.)
1066 — Bronze — Haut. 0m, 22.
Mentou ou Month, dieu adoré en Thébaïde et particulièrement
à Hermonthis. C'est le soleil dans toute
son énergie: on lui compare souvent les Pharaons victorieux
qui font sentir leur force aux ennemis de
l'Egypte; c'est donc aussi un dieu guerrier. Il est
représenté avec une tête d'épervier surmontée de deux
plumes et du disque; il tient le sabre à la main.
1067 — Argent pur — Haut. 0m, 105.
Vautour.
1068 — Bronze — Haut. 0m, 12. — Epoque saïte. —
Sérapéum.
«Osiris-momie, debout entre Isis et Horsiîsi (Horus
fils d'Isis) à tête d'épervier; derrière Osiris, un sceptre à
fleur de lotus sur lequel est posé un serpent lové.»
(MASPERO, Cat., p. 183.)
1069 — Bronze — Haut. 0m, 235.
La déesse Sekhet (voir vitrine J), assise, coiffée du
disque solaire.
1070 — Bronze — Haut. 0m, 23.
Dieu panthée, à deux têtes. Ce dieu, qui personnifie
la force créatrice, réunit en lui les attributs d'Ammon,
de Khnoum, d'Anubis, d'Horus. Le scarabée placé sur
la poitrine est l'image des transformations par lesquelles
la création se renouvelle sans cesse (voir salle 71).
1071 — Bronze incrusté d'or — Haut. 0m, 04.
Tête de taureau.
1072 — Bronze — Haut. 0m, 13.
Masque représentant une tête de chacal; c'est l'image
du dieu Anubis.
1073 — Marbre blanc — Haut. 0m, 19. — Epoque
grecque.
«La déesse Selk, identifiée à Isis et agenouillée,
tient un petit matelas sur lequel est étendu Osiris-momie;
elle écarte du dieu les scorpions et les reptiles
malfaisants.» (MASPERO, Cat., p. 188.)
1074 — Bronze incrusté d'or — Haut. 0m, 14.
Bès guerrier (Hercule) brandissant sa massue. (Cfr.
N. 999).

ARMOIRE O.
Tablette supérieure.

Stèles; l'une d'elles, autrefois revêtue d'or, a été,
dans les temps antiques, grattée par des voleurs,
qui prirent soin seulement de respecter la figure
d'Osiris (N. 1075).

Tabettes inférieures.

Bouts de bâtons magiques en forme de têtes de
bélier; têtes d'Hathor (N. 1076); vases en bronze,
qui contenaient de l'eau consacrée pour les purifications
des morts et les cérémonies du culte. Le
vase N. 1077 (bronze, haut. 0m, 215; Zagazig, époque
saïte) porte une inscription hiéroglyphique, nous
apprenant qu'il appartenait au prètre Psamitik,
fils de Shishonq et de la dame Miritiouri (Cfr. Cat.
Masp., p. 127).
Nous repassons maintenant vers le côté ouest de
la salle. Le côté est a été réservé surtout aux
images des dieux des vivants; le côté ouest est consacré
aux images des dieux des défunts et de la
renaissance.

ARMOIRE P.

Stèles du Sérapéum, monuments commémoratifs
déposés dans la tombe des Apis à Saqqarah. On
peut citer la stèle qui représente Apis transporté
au tombeau dans sa barque montée sur quatre rouleaux
en bois; il est pleuré par Isis et Nephthys,
(N. 1078, tablette inférieure, haut. 0m, 234, larg.

0m, 346, Kom-el-Fakhri, XXVIe dynastie); le N. 1079,
daté du roi Nékao (troisième tablette); le N. 1080,
daté de l'an 37 du roi Seshonq IV (XXIIe dynastie);
et, comme modèle de petitesse, la stèle 1081.

VITRINE Q.

Nombreuses statuettes d'Isis et d'Osiris; d'Isis
allaitant Horus. On peut signaler une Isis ptérophore
(N. 1082, bronze; haut. 0m, 13) et une égide
surmontée d'une tėte d'Isis (N. 1083, bronze;
haut. 0m, 37).
Une statuette, en bois, d'Isis accroupie, pleurant
la mort d'Osiris, est exposée drapée dans du linge
de momie, telle qu'elle a été trouvée à Saqqarah
(époque saïte).

VITRINE R.

Statuettes d'Horus. Petit Horus enfant, en bronze,
sortant d'une fleur de lotus (N 1084). Grande statuette
d'Horus en calcaire (N. 1085). Joli siège
d'Horus, porté par deux lions (N. 1086, bronze,
haut. 0m, 105, Sérapéum), le dossier est un vautour
qui déploie ses ailes. Statuette en bronze de la déesse
Sati, coiffée de la couronne blanche (N. 1088).
Figure d'Imhotep, fils de Ptah (N. 1089, bronze,
haut. 0m, 16).
1090 — Bronze — Haut. 0m, 25. — Grandes pyramides.
Horus sous la forme d'un épervier coiffé du pschent
(double couronne du midi et du nord).
1091 — Bronze — Haut. 0m, 15.
Bout de sceptre; Horus représenté sous la forme d'un
épervier.
1092 — Bronze — Haut. 0m, 27.
Horus à tête d'épervier, appuyé contre un obélisque,
symbole de résurrection et de régénération.
1093 — Calcaire compact — Haut. 0m, 14,
larg. 0m, 36.
Crocodile à tète d'épervier.

VITRINE S.

Osiris et Isis, en pierre et en bronze.
1094 — Bronze — Haut. 0m, 47. — Epoque saïte. —
Sèrapéum.
«Un Osiris-momie, coiffé d'un long bonnet et de deux
plumes, est debout sur une estrade carrée en forme de
naos, entourée d'une balustrade sur trois côtés. Un petit
autel qui se trouvait devant Osiris a disparu, mais la
place en est encore indiquée par un trou carré. Ponr
arriver à l'autel, le prêtre devait monter un escalier de
huit marches. C'est probablement en petit la disposition
qu'on trouvait dans certains temples.» (MASPERO, Cat.,
p. 172.)
1095.
Statuette d'Osiris en bronze, avec un masque en or.
1096 — Diorite et éectrum — Haut. 0m, 29,
long. 0m, 54.
Osiris prêt à ressusciter se retourne sur son lit et
redresse sa tête, coiffée des cornes de bélier et des deux
plumes en électrum.

ARMOIRE T.

Statuettes d'Osiris en pierre et en bronze. Statuette
d'Horus en bronze (N. 1096, haut. 0m, 33).

ARMOIRE U.

Images en terre émaillée des déesses Sekhet, à
tête de lionne, et Bast, à tête de chatte.

ARMOIRE V.

Images du dieu Shou élevant les bras pour soutenir
le ciel (N. 1098), du dieu Ptah (N. 1099) et
du dieu Nofertoum (N. 1100).

ARMOIRE W.

Images du dieu Bès (Cfr. N. 999). On peut noter
le Bès en électrum (N. 1101); sa face est semblable
à celle du lion, dont la dépouille était un attribut
d'Hercule.

ARMOIRE X.

La déesse Thouéris (Cfr. N. 1016).

ARMOIRE Y.

1102 — Bronze doré — Haut. 0m, 038. — Epoque
saïte. — Sérapèum.
«La déesse Noshemit, assisse, la barque sur la tête,
allaite Horus. Noshemit est ici évidemment une forme
locale, propre à Abydos, de la déesse Isis.» (MASPERO,
Cat., p. 187.)
1103 et 1103 bisTerre émaillée.
Statuettes d'Hathor.
1104 et 1104 bisEmail vert et émail bleu
— Haut. 0m, 064 et 0m, 04.
La déesse Hatmehit, personnification du nome Mendésien,
portant sur la tête le poisson silure.
1105 — Lapis-lazuli et or — Haut. 0m, 073. —
Epoque saïte. — Saqqarah.
La déesse Mâit ou la Vérité; la plume de sa coiffure,
hiéroglyphe de son nom, est en or.
1106 — Lapis-lazuli — Haut. moy. 0m, 025. —
Epoque saïte. — Saqqarah.
Cinq petites figurines de la déesse Mâit.
1107 — Email vert.
Figurines de la déesse Selk (Cfr. Nos 1035 et 1073).
1108 — Email vert.
Neit, déesse de Saïs (Cfr. N. 1032).
1109 — Email bleu — Haut. 0m, 085. — Epoque saïte.
Mitrahineh.
«Le dieu Sit (Typhon) debout, avec la tête de quadrupède
qui le caractérise; monument presque unique.»
(MASPERO, Cat., p. 181.)
1110 — Email.
Sebek, le dieu crocodile du Fayoum (Cfr. N. 590).
1111 — Email bleu — Haut. 0m, 048.
Le dieu serpent Nahbkoou portant les deux mains à
la bouche.

ARMOIRE Z.

1112 — Lapis-lazuli — Haut. 0m, 022.
Vautour, oiseau de la déesse Mout et symbole de la
maternité.
1113 — Terre émaillée — Haut. 0m, 04. — Epoque
grecque.
Le dieu Min ou Khem.
«Ce dieu, l'un des plus importants de l'ancienne
Egypte, avait des fonctions génératrices qui expliquent
suffisamment sa forme. Le corps est momifié et enveloppé
de bandelettes, sauf les deux bras, dont l'un est
ramené sur le ventre tandis que l'autre soulève le fouet.
Sa coiffure est celle du dieu Ammon, avec lequel il se
confond souvent, deux longues plumes perchées sur une
sorte de mortier aplati. Les textes l'appellent le mari
de sa mère, le fils d'Isis, le père de Râ, celui qui dresse

haut ses deux plumes. Khemmis, aujourd'hui Akhmîm,
était le siège principal de son culte; les Grecs l'identifièrent
au dien Pan et donnèrent à sa ville le nom de
Panopolis.» (MASPERO, Cat., p. 158.)
1114 — Terre émaillée.
Le dieu Khonsou l'enfant, troisième membre de la
triade thébaine, avec Ammon et Mout, la déesse mère.
Son temple est encore debout à Thèbes, entre Louqsor
et Karnak.
1115 — Terre émaillée.
Le dieu Khnoum, forme d'Ammon à tête de bélier.
1116 — Email bleu — Haut. 0m, 05. — Epoque saïle.
Abydos.
«Dieu à tête de lion debout, marchant. On l'a appelé
Hobs ou Hbos (et encore Mahes, nom du lion), mais
je crois que ce nom n'est qu'une erreur de lecture: c'est
en réalité Shou.» (MASPERO, Cat., p. 163.)

ARMOIRE AA.

Petites statuettes de la déesse Isis. Une de ces
figurines est en lapis-lazuli et porte une couronne
d'or (N. 1117).

ARMOIRE AB.

La déesse Nephthys (N. 1118) sœur d'Isis, à
qui elle est associée comme pleureuse d'Osiris et
protectrice de la momie. La triade d'Isis, Nephthys
et Horus est représentées par les Nos 1119, 1120 et
1121 (émail vert).

ARMOIRE AC.

Figurines d'Horus.
1122 — Verre irisé — Haut. 0m, 919. — Epoque
saïte.
«Admirable petite figure en verre ciselé: Hor à corps
humain et à tête d'épervier, coiffé du disque solaire.»
(MASPERO, Cat., p. 185-186.)
1123 — Lapis-lazuli — Haut. 0m, 058.
«Aroëris debout, appuyé sur son bâton de commandement,
saisit de la main droite le sceptre en forme de
serpent.» (MASPERO, Cat., p. 182.)
Horus, qui succède à l'Osiris mort, précède l'Osiris
qui mourra; il est la suite de la vie éteinte, mais le
commencement de la vie nouvelle. Dans ce dernier caractère,
il s'appelle Aroëris, ou Horus ainé.

ARMOIRE AD.

Figurines d'Osiris (N. 1124, jolie figurine en
porcelaine) et d'Anubis (N. 1125); groupe des génies
funéraires (N. 1126).

ARMOIRE AE.

Le dieu Thot, sous la forme de l'Ibis (N. 1127)
ou du singe (N. 1128).

ARMOIRE AF.

Figurines en terre émaillée représentant un nain
difforme dans lequel on a voulu reconnaître une
figure de Ptah embryon; cette explication est

rejetée par M. Maspero (Cat., p. 166). Les inscriptions
appellent ces figures Ptah, ou Ptah Sokari,
ou Ptah Sokari Osiris. C'est le symbole de la transition
entre la mort et la renaissance; Sokari est
la forme inerte d'Osiris défunt et embaumé; Ptah
la force créatrice qui fait sortir de la mort une
existence nouvelle. Ce petit dieu est donc….
«….un Ptah au mème titre que le Ptah-momie
[sous sa forme ordinaire, Ptah est représenté emmaillotté
comme une momie; seulement la tête est vivante
et les mains sont libres, pour manifester l'énergie créatrice
qui dégagera la vie de ses entraves]. Les Égyptiens
ont accumulé sur lui divers emblėmes. Le plus fréquent
est un scarabée qu'il porte è plat sur sa téte; c'est une
marque de renaissance. Deux serpents lui sortent parfois
de la bouche, il tient une plume à chaque main; il
est perché sur deux crocodiles; Isis et Nephthys sont à
sa droite et à sa gauche; un épervier est sur chacune
de ses épaules; enfin la déesse Bast, debout derrière lui,
l'enveloppe de ses bras et de ses ailes. Tous ces dieux
accumulés autour de lui sont là pour le protéger et
pour l'aider à revivre. «(MASPERO, p. 166).
On peut citer dans la vitrine AF:
1129.
Ptah à quatre visages.
1130.
Ptah tenant son gros ventre à deux mains.

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BOTANIQUE ET MINÉRALOGIE
Salles 73 et 74

Salle 73 (Botanique).

Dans la petite salle 73, située au nord-est de la
salle 72, sont exposés quelques échantillons de
plantes antiques, fleurs recueillies sur les momies,
fruits et graines trouvés dans les tombeaux.
Les fleurs disposées sur la paroi ouest de la salle
et dans la grande vitrine, proviennent surtout des
momies royales de Deïr-el-Bahari et remontent à
trente siècles environ. C'est le Dr Schweinfurth
qui a préparé l'herbier et déterminé les espèces.
La découverte des prêtres d'Ammon a fourni de
nouveaux échantilions de la même date que ceux
des momies royales.
Les petites vitrines contiennent des fruits, des
graines, des rayons de miel, etc. Des fruits trouvés
à Gebelein dans des tombeaux de la XIe dynastie,
datent peut-être de cinquante siècles.
Les troncs d'arbres dressés aux angles de la salle
ont dû servir au trainage des sarcophages. L'un
d'eux est orné d'une tête d'Hathor et d'une inscription
hiéroglyphique.

Salle 74 (Minéralogie).

La salle 74 (sud-est de la salle 72) est réservée
à la collection de minéralogie, actuellement en
formation, préparée par M. de Morgan.

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SARCOPHAGES

Galeries 75.

Les galeries 75, situées au nord-ouest de la salle
72, ne sont que le passage conduisant aux salles
des momies royales et des prêtres d'Ammon. Quelques
sarcophages seulement y sont exposés; les
plus intéressants appartiennent à des prêtres du
dieu thébain Mentou ou Month, et datent de la
XXVIe dynastie.

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LES
GRANDES DÉCOUVERTES DE DEÏR-EL-BAHARI.

Salles 76 à 86

LES MOMIES ROYALES
Découvertes sous la direction de M. Maspero
en 1881
LES PRÊTRES D'AMMON
Découvertes sous la direction de M. Grébaut
en 1891

Notices générales.

Les deux collections dues aux grandes découvertes de
Déïr-el-Bahari n'en forment en réalité qu'une seule, dont
la valeur est immense pour les études historiques.
Le trouvaille des pràtres d'Ammon, accomplie à
Déïr-el-Bahari en février 1891, sous la direction de
M. Grébaut, peut en effet être à bon droit considérée
comme le complément de la trouvaille des momies
royales faite presque à la mème place, dix ans auparavant,
sous la direction de M. Maspero. Parmi les
personnages ensevelis dans la première cachette, il en
est qui, selon toutes les apparences, sont parents au
premier degré de personnages ensevelis dans la seconde:
d'où nous pouvons supposer aussi l'étroite parenté des
deux collections elles-mêmes. L'une et l'autre proviennent
de deux cachettes absolument contemporaines, et
l'une et l'autre sont dues aux prètres d'Ammon. Celle de
M. Grébaut contient les membres du sacerdoce thébain,

qui, jusqu'au commencement de la XXIIe dynastie,
prirent part à l'action de la confrérie d'Ammon sans
exercer personnellement le pouvoir suprême; celle de
M. Maspero, les grands-prêtres de la même confrérie qui
obtinrent les honneurs royaux, et les rois thébains qui
avaient été les bienfaiteurs de la confrérie, quelquefois
même ses instruments.
Ainsi Aménophis I et Thoutmès III (Nos 1177 et 1179
des momies royales) s'étaient acquis la reconnaissance
des prêtres d'Ammon en accroissant leur influence et
leurs richesses; quant à Ahmès, quant à Soqnounri
Nos 1174 et 1175 des momies royales), qui avaient
usé leur vie à chasser les Hycsos de la terre d'Egypte,
ils n'avaient pas eu de richesses à donner aux temples;
toutes leurs ressources avaient été employées à soutenir
cette guerre décisive. Mais c'est pour Ammon que
Soqnounri était mort sur le champ de bataille, pour
Ammon qu'Ahmès, le libérateur, avait remporté la
dernière victoire. Quel avait été le prétexte de la
guerre? Le papyrus Sallier I nous l'apprend: un conflit
de prééminence entre Ammon, le dieu thébain, et
Soutekh, le dieu des conquérants du nord, c'est-à-dire
un conflit entre leurs prêtres; une lutte de science et
d'habilété entre les savants de Thèbes et d'Avaris,
c'est-à-dire entre les deux sacerdoces; ainsi, dans l'histoire
des Hébreux, la Bible nous raconte la lutte entre
les prophètes de Jéhovah, triomphants avec les rois
nationaux, et les prêtres de Baal, triomphants avec les
rois étrangers.
Cette lutte des deux sacerdoces nous fait comprendre
la prodigieuse durée de cette guerre de 150 ans. La continuité

d'un tel effort qui usa les forces et la vie de tant
de rois thébains exigeait une ténacité et un esprit de
suite qu'on ne pouvait guère trouver sans interruption
dans une si longue série de princes féodaux, mais qu'on
admettra facilement chez la corporation d'Ammon,
société qui ne mourait pas et dont l'esprit restait
toujours le même. Elle avait inspiré la guerre et sut la
soutenir : elle fit venir aux rois thébains des alliés de
l'Ethiopie, où le culte d'Ammon était en honneur depuis
la XIIe dynastie; ses émissaires soulevèrent les petits
états féodaux situés au nord de la principauté de
Thèbes. Les Soqnounri et les Ahmés ne furent que le
bras; le conseil et la direction venaient d'Ammon,
c'est-à-dire de la confrérie de ses prêtres.
L'union étroite qui avait existé pendant la guerre
entre les rois et les prêtres persista encore après le succès
pour le plus grand profit des uns et des autres. Les
princes thébains n'étaient que les premiers entre les
chefs féodaux qu'ils avaient conduits à la victoire; il
s'agissait maintenant pour eux de devenir les maitres
absolus: la confrérie d'Ammon les y aida encore, et en
développant sa propre influence obtint pour un temps
l'unité de l'Egypte sous les plus glorieux de ses pharaons.
Leur dieu Ammon, ce nouveau venu qui, dans la
principauté même de Thébes, n'était arrivé qu'aprés
Mentou, presque comme un intrus, a pris le titre d'Ammon
Râ, roi des dieux.
Ce titre indique le caractère
cnvahissant de ses prêtres, et leur prêtention de dominer
ou d'absorber les autres collèges sacerdotaux, même
les illustres sacerdoces d'Héliopolis et de Memphis. Thè

bes était au sud et non au centre du pays; pour la
mettre au centre et en faire sans conteste la capitale, on
étend le pays vers le sud. Ahmès a suffisamment refoulé
les Hycsos en Asie; Aménophis I fait de la Nubie une
province tout égyptienne et toute dévouée à Ammon;
un jour même ce sera le royaume de ses prêtres chassés
de Thèbes. En même temps, le roi répare les ruines
causées par la guerre et organise l'Egypte reconquise.
Nous n'avons guère de témoignages directs sur la manière
dont il régla le gouvernement des provinces du
nord, et régla les privilèges du sacerdoce thébain. Mais
des documents des règnes suivants nous apprennent
que, peu d'années après, les princes féodaux de Thini
(Abydos) étaient tenus de résider à Thèbes, c'est-à-dire
quel'Egypte était devenue un état centralisé; et, d'autre
part, que les prètres d'Ammon eurent lieu d'ètre reconnaissants
envers Aménophis I, puisqu'ils le divinisèrent
sous le nom de Pahatiouinamen, le double cœur d'Ammon,
et qu'un haut fonctionnaire du sacerdoce thébain
(le troisième prophète d'Ammon), fut chargé du service
de sa chapelle funéraire. Sa mère Ahmès Nofritari et sa
femme Ahhotpou obtinrent également les honneurs
divins, dus sans doute à leur active intervention en
faveur de la confrérie. Peut-être est-ce alors qu'à l'abri
des mystères et des initiations d'hommes et de femmes,
s'organisa cette sorte de franc-maçonnerie où dut entrer
quiconque voulait exercer quelque influence sur la
marche des affaires publiques. Ainsi Rekhmara, qui administra
en même temps les affaires d'Ammon et les
affaires publiques en qualité de vice-roi pendant les
guerres de Thoutmès III en pays étranger, descendait

du prêtre d'Ammon Noferouben, et était lui-même initié
aux mystères. Sa tombe nous fournit une partie des
documents à l'aide desquels j'ai tenté de reconstituer un
mystère égyptien; elle nous apprend aussi que les revenus
du pays, le butin de l'Asie, les produits de l'Afrique
orientale s'emmagasinaient dans les dépendances du
temple d'Ammon, en qualité de trésor du dieu. La
fortune publique se confondait ainsi avec la fortune
d'Ammon. En mème temps le vice-roi donnait les ordres
aux prophètes et la direction aux prètres en qualité de
président du conseil des Six, c'est-à-dire réglait le rôle
que l'influence sacerdotale devait exercer dans la politique
intérieure.
Cette confusion de la fortune d'Ammon avec la fortune
nationale, du sacerdoce avec les pouvoirs publics,
nous explique les largesses vraiment prodigieuses dont
Thoutmès III et quelques autres rois comblèrent le
clergé thébain. Aussi les temples ornés de leurs cartouches
furent construits non par eux, mais avec leurs
richesses. Ammon d'ailleurs leur en savait gré, et ses
prêtres, qui écrivaient l'histoire sur les murailles des
temples, leur rendaient en gloire ce qu'ils recevaient
d'eux en largesses.
Cette union étroite du sacerdoce et de la royauté
avait, en quelques règnes, fait de la féodale Egypte un
état fortement centralisé dans la main de Pharaon.
Cependant déjà Thoutmès IV et Aménophis III, impatients
sans doute de la direction des prêtres d'Ammon,
s'étaient remis à favoriser les cultes et les sacerdoces
du Nord. C'est alors qu'un roi politique, Aménophis IV
ou Khounaten, s'avisa d'étendre son action et de nouer

des relations diplomatiques avec les princes de l'Asie
jusqu'au roi de Babylone. Dès lors une partie des
secrets de l'Etat allait échapper aux prêtres et leur
influence diminuer d'autant. Aménophis IV dut être
jugé comme le fut plus tard Salomon pour avoir recherché
des alliances étrangères. Mais la royauté était
devenue trop puissante pour succomber d'abord sous
le mécontentement même d'une puissante confrérie.
Toutefois, comme Thèbes était sous la dépendance du
sacerdoce d'Ammon et, d'ailleurs, loin des nouveaux
alliés asiatiques, le roi changea de capitale; c'était
porter un second coup plus rude encore que le premier
à l'influence de ses anciens alliés. Leur colère n'aboutit
qu'à faire proscrire leur culte, et dans Thèbes même, le
nom d'Ammon fut effacé sur les monuments. Mais la
persécution et les mesures de police n'abolirent qu'en
apparence une société si bien préparée à se transformer
à l'occasion en société secrète. L'organisation n'en
devint que plus forte; le roi jusque-là avait été reconnu
le chef suprême de l'association en qualité de représentant
de la Divinité sur la terre; au sortir de cette
crise, lorsque le culte d'Ammon reprit avec la XIXe
dynastie sa suprématie, la caste sacerdotale posséda son
chef suprème, pris dans ses rangs, sous le nom de premier
prophète ou premier hiérodule d'Ammon. L'union
semble se rétablir comme prêcédemment entre le sacerdoce
et les pouvoirs publics; du moins les prêtres
d'Ammon recommencent à en recueillir le profit; mais
ils ont prévu que la politique reportera de nouveau
vers le nord la capitale de l'Egypte, et se sont réservé
leur part. Sous la XVIIIe dynastie, ils ont fait la centralisation

politique de l'Egypte au profit de Pharaon,
croyant la faire au profit de Thèbes; sous la XIXe ils
font à leur propre profit la centralisation religieuse.
Leur premier prophète d'Ammon, devenu pontife souverain
du roi des dieux, est proclamé le chef suprême
des illustres collêges sacerdotaux du nord; pour les
absorber encore mieux, le troisième prophète d'Ammon
prend les mêmes titres que le grand prètre d'Héliopolis,
chef du premier sacerdoce de l'Egypte. Celui-ci n'est
plus même ainsi reconnu l'inférieur immédiat du grand
prètre de Thèbes. Cependant on ne peut faire disparaître
ces collèges du nord, puissants et organisés, attachés
au culte de dieux anciens et vénérés; mais on s'attribuera
leur autorité. Lorsque Sheshonq fera sa capitale à
Bubaste, les principales prêtresses d'Ammon et de Maut
seront prêtresses de Maut, dame d'Ashrou, sanctuaire
vénéré du nome bubastite; d'autres prêtres deviendront
dignitaires du culte d'Anhour, dans le nome thinite;
en un mot, Ammon, le dieu unique, absorbera tous les
dieux reconnus avant lui. Son culte se complique de
tous les systèmes religieux ainsi annexés au système
thébain; l'adjonction des idées hermétiques et des
théories héliopolitaines enrichit ou plutòt surcharge la
théologie relativement simple et claire de la XVIIIe
dynastie. La notion philosophique reste, au fond, toujours
la même, mais se couvre de détails de plus en
plus touffus. Que l'on compare une tombe du règne de
Thoutmès III aux tombes des dynasties suivantes: on
a peine à croire qu'il s'agisse de la même religion.
La suite des événements prouva que les prêtres
d'Ammon avaient bien fait de se prémunir contre un

nouveau déplacement de la capitale. Les Ramessides
demeurèrent en apparence fidèles à Thèbes, qui resta
leur capitale nominalement, mais les exigences de la
politique les attirèrent bien souvent à des résidences
situées au nord. Enfin la XXIe dynastie s'établit franchement
à Tanis et abandonna la Thébaïde. C'est alors
que les grands-prêtres d'Ammon se déclarèrent souverains
à Thèbes, et l'Egypte fut partagée entre un chef
religieux et un chef politique, comme le Japon l'était encore
il y a quelques années entre le mikado et le taïcoun.
Mais, plus tard, une famille d'origine syrienne fonda à
Bubaste la XXIIe dynastie et devint une menace pour la
capitale religieuse. Les prêtres d'Ammon cherchèrent
d'abord à se la concilier. Ils admirent à leur initiation
des Syriens qui devaient être leurs alliés et leurs protecteurs;
parmi les prêtres dont les momies ont été
découvertes l'année dernière, il en est un dont le nom
et le surnom sont à cet égard également remarquables;
Pakhali (le Syrien), et Khanoferamen ou Khalnofer
Amen, le brave défenseur d'Ammon. En même temps
les faveurs dont Ammon prétendait honorer le Pharaon
nouveau, Sheshonq, et les exploits de ce Pharaon,
étaient inscrits sur le murailles de Karnak, auprès des
noms de Ramsès et de Séti; la dignité souveraine,
celle de premier prophète d'Ammon, était conférée au
fils de Sheshonq, Ouapout; rien n'était négligé pour
gagner les nouveaux rois bubastites et obtenir d'eux
le maintien du régime théocratique dans la Haute-Egypte.
Mais le Syrien Sheshonq et ses successeurs
n'étaient pas disposés à laisser subsister deux royaumes
et deux capitales. C'était comme une revanche des

Hycsos; le règne des prêtres d'Ammon ėtait fini. A la
déchéance ils préférèrent l'exil et sėn allèrent au sud
de la 2e cataracte, jusquà Napata (Gebel-Barkal) rėtablir
leur royaume théocratique. ė fut le royaume
d'Ethiopie. Ils n'avaient pas perdu l'espérance de revoir
Thèbes, que leurs successeurs reconquirent en effet, et
tinrent de nouveau avec les Piankhi, les Tahraka,
les Shabak et la reine Améniritis. Aussi y laissèrentils
les restes de leurs ancêtres, dérobés à la vue de leurs
persécuteurs, et peut-être cet exode fut l'occasion du
transport secret des momies récemment retrouvées dans
les cachettes de Deïr-el-Bahari. Elles n'en sortirent
plus; car si Ammon rentra plus tard en vainqueur à
Thèbes, sa domination n'y fut désormais que précaire,
et jusqu'à la fin, Napata demeura constamment la nouvelle
capitale.
Je n'ai pas à m'occuper ici de ce que devinrent en
Ethiopie les descendants de nos prètres d'Ammon, pas
plus que je ne prétends refaire l'histoire de leurs ancêtres,
antérieurement à l'epoque de la plus ancienne de
nos momies, Soqnounri, et de la guerre contre les
Hycsos. Il reste simplement à dire quelques mots du
culte d'Ammon et de l'organisation de son sacerdoce.
De la théologie égyptienne à cette époque je ne veux
rappeler que le principe philosophique, la doctrine panthéiste
du monde gouverné par un esprit mystérieux
qui se cache dans le soleil. Cet esprit mystérieux, Ammon,
entretient la vie dans la création en renouvelant
perpétuellement les existences. Les principes vitaux
forment une chaine sans fin allant du soleil à la terre et
de la terre au soleil. Chacune des parcelles de la vie

universelle, appelée âme, se rend suivant la chaîne descendante
du soleil à la terre où elle anime une existence;
et quand cette existence se dissout, va, toujours vivante,
par la chaîne ascendante rejoindre le soleil, d'où la divinité
la renverra ensuite sur terre pour animer un
corps nouveau. C'est la doctrine empruntée plus tard à
l'Egypte par Pythagore dans son système de la métempsycose,
Osiris vivant, c'est l'épi de blé sur sa tige
uni à la terre ou Isis; l'épi est coupé, ses grains séparés
de lui sont consommés par les hommes, à part ce qui
reste pour la semence. Celle-ci rendue à la terre s'y
dissout dans l'humidité. C'est la mort et la mutilation
d'Osiris coupé en morceaux. Après la dissolution de la
semence dans l'humidité, la terre chauffée par le soleil
porte une tige nouvelle, un épi nouveau. C'est le principe
féminin, Isis, reproduisant le principe mâle sous le
nom d'Horus, réparateur de son père. Dans cette reproduction
des plantes ou des êtres animés, il y a un mystère
explicable seulement par une action providentielle.
Le principe de cette action est la divinité même, et le
mot égyptien nouter, qui signifie dieu, veut dire aussi
renouvellement et floraison perpétuelle. Ammon-Ra,
roi des dieux, est donc l'esprit mystérieux qui préside
à ce mystère; auprès de lui on plaça Maut, qui dirige
l'action féminine, épouse du principe mâle avant la
transformation, mėre du principe mâle transformé; et
enfin Khonsou l'enfant, chez qui s'accomplit l'œuvre de
reproduction.
Je ne reviendrai pas ici sur les développements que
j'ai consacrés dans d'autres publications à l'ėtude de cette
doctrine; je ne suivrai pas d'avantage le dédale des

mythes qui compliquėrent de plus en plus cette conception
si simple, comme le principe conservateur de la
création devenant le dieu Thot ou Hermès, le principe
de la transformation devenant le dieu Kheper ou Protée.
Toutes les divinités de l'Egypte furent admises à quelque
titre à concourir à l'action du dieu Ammon; et il en
résulte une confusion de détails où je m'égarerais avec
le lecteur. Cette confusion, due en partie aux subtilités
de l'esprit théologique, s'accrut encore par le soin que
prirent les prêtres d'Ammon de faire entrer dans leur
système les dieux de toutes les provinces, pour en absorber
la direction religieuse.
Le nom même d'Ammon signifiait «caché»; on peut
de là s'imaginer le caractère du culte qu'on lui rendit.
Ce fut surtout un culte de mystères, exprimant par des
symboles les phénomènes de la reproduction de la vie
dans la nature; l'intelligence de ces symboles était réservée
aux initiés. Il semble qu'il y eût parmi ceux-ci
divers grades; un certain nombre, admis à la connaissance
complėte des mystères, s'appelait alors «supérieurs
des secrets du ciel, de la terre et de l'autre
monde.
» C'était en raison du degré d'initiation qu'on
pénétrait plus ou moins avant dans le temple. L'accès
de la premiėre salle était assez facile. Dans la seconde
salle ou salle usekht, on laissait encore pénétrer les
porteurs d'offrandes; mais on avait soin de les tenir
à distance lorsqu'on prononçait les formules de la consécration,
que les initiés devaient seuls entendre. Quant
aux portes suivantes, qui donnaient accės dans le ciel,
salle dont les parois revêtus d'électrum resplendissaient
comme le ciel même à la lueur des flambeaux, elles ne

s'ouvraient qu'aux privilégiés; plusieurs de nos prètres
d'Ammon se glorifient du droit d'ouvrir les portes
du ciel de Karnak.
Enfin les plus hauts dignitaires
du pontificat étaient seuls admis dans les sanctuaires où
l'on voyait la Divinité face à face.
J'ai dit qu'à la faveur de l'initiation et du secret dont
elle était entourée, la confrérie d'Ammon était devenue
une sorte de franc-maçonnerie, au caractère politique
presque autant que religieux, et dont l'influence durant
les ėpoques de prospérité avait été toute puissante sur
la direction des affaires publiques. Aussi le bénéfice de
l'initiation devait-il être recherché par des personnages
étrangers au sacerdoce proprement dit, mais désireux
de jouir des privilèges de la confrèrie. De là cette multitude
de «nuter atefu» ou divins pères, dont on s'explique
assez difficilement les attributions dans le culte,
peut-êre parce que leur titre n'en comportait pas de
bien définies. Presque tout le monde est divin père,
mais, presque toujours, un divin père est en même temps
soit prêtre à quelque autre titre, soit fonctionnaire civil,
administrateur ou chef d'industrie. Il arrive même qu'on
trouve parmi ces personnages de petits enfants. Ceuxci
n'ont pu, dans les cérémonies, être employés que
comme enfants de chœur, avec le titre de Ab (prêtre qui
fait l'aspersion); preuve que le titre indiquait l'affiliation
à la confrérie et l'admission à ses cérémonies plutôt
qu'un degré dans la hiérarchie sacerdotale.
De même le titre de kemât n Amen, chanteuse
d'Ammon
, appliqué indistinctement à toutes les femmes
et même à une petite fille, correspondait dans l'assemblée
des femmes au titre de divin père dans celle des

hommes, et ne désignait expressément ni un grade ni
une fonction. «Les chanteuses d'Ammon» qui sont vraiment
des musiciennes protent le titre de hosit. Au
sommet de la hiérarchie féminine on remarque principalement
les prophétesses ou hiérodules de Maut, et les
supérieures des khenrit, ou recluses (?) d'Amon-Rà,
roi des dieux. Ces khenrit. à la différence des kemât n
Amen
, formaient un corps organisé de prêtresses, dont
le rôle n'est pas encore très bien défini, mais en qui l'on
a voulu voir une sorte de harem du dieu, un collège de
courtisanes sacrées comme on en trouve dans certains
cultes de l'Asie. Un des principaux dignitaires de la
confrérie était chargé du soin de leurs livres. Peut-ètre
étaient-ce des khenrit qui composaient l'assemblée des
femmes dans le mystère (représenté au tombeau de
Rekhmarâ à Thėbes), où l'on figurait symboliquement la
préparation des renaissances. La qualification «la vénérable»,
qui précède le nom de quelques femmes, n'était
qu'un titre honorifique. Les titres sacerdotaux seraient
plus nombreux parmi les hommes que parmi les femmes;
mais beaucoup des titres que nous rencontrons indiquent
moins des rangs dans le sacerdoce que des degrés d'initiation
ou des fonctions supplémentaires. En regard des
khenrit on peut placer les neferou ou jeunes garçons,
à qui, par comparaison encore avec les cultes de l'Asie,
on fait jouer un rôle en rapport avec celui des courtisanes
sacrées. De même en regard des musiciennes.
hosit
, nous avons les chantres, hosi, qui occupaient
dans la hiérarchie un rang assez élevé et se succédaient
de père en fils. Il y avait encore les prêtres (âb) et les
officiants (kher-heb) des divers degrés; depuis le simple

prêtre jusqu'au prêtre en chef (âbmhat) ou au premier
officiant (kher heb tep); enfin les prophètes ou hiérodules. Notre collection nous indique quatre classes hiérarchisées
de prophètes d'Ammon, depuis le nuter hon
tep
«premier prophète» jusqu'au quatrième (N. 1151,
sarcophage de Nesestapenhirtahàt). Il y a aussi
d'autres prophètes sans autre indication de classement
que le simple trait. Ceux-ci étant généralement d'assez
hauts dignitaires, j'aurais été porté à leur donner le
titre de premiers prophètes, et à qualifier de «prophète
prince» le nuter hon tep qui dominait toute la hiérarchie
et se considérait comme l'égal du roi d'Égypte. Je
prèfère toutefois, d'après l'avis de M. Maspero, les
considérer comme prophètes honoraires, et par cela
même non classés.
Quant aux titres de «maitre des offrandes» dans la
salle d'Anubis ou salle usekht, de desservant de la
chapelle d'Aménophis I, de prophètes de Khnoum,
Khonsou, Mentou, Anubis, etc., de grand voyant de
Râ et Toum de Thèbes, d'ouvreur des portes du ciel
dans Karnak, de prêtre en possession d'aller ou d'être
admis chez Ammon Râ, de supérieur des secrets du ciel,
de la terre et de l'autre monde, de supérieur des secrets
d'Ammon et de Khonsou, ils s'ajoutaient à l'un des titres
précédemment énoncés, et n'indiquaient qu'un degré
dans l'initiation, comme je l'ai remarqué plus haut, ou
une fonction supplémentaire. A plus forte raison les
titres administratifs et les indications d'emplois civils
comme intendant des troupeaux du domaine de Râ,
chef de l'enceinte de la maison d'Ammon, scribe du
domaine d'Ammon, scribe attaché aux revenus sacrés,

écrivain des ordres du registre d'Ammon, chef des métallurgistes
dans la demeure d'Ammon Râ, scribe de la
double maison blanche (préfecture). régulateur de la
justice de la ville de Thèbes, surveillant de la maison
du prince d'Ethiopie, etc. Quelques-uns de ces titres
devront être expliqués; ils le seront dans le catalogue,
à mesure qu'ils se présenteront.
A l'extrémité des galeries 75, le visiteur tourne
à droite et arrive à l'entrée de la salle 77; la salle
76 est alors à sa droite et la salle 78 à sa gauche.

Salle 76 (Les prêtres d'Ammon).

VITRINE A.

Objets trouvés auprès des momies des prêtres
d'Ammon; bel éventail en feuille de palmier
(N. 1131); mitaines en toile (N. 1132); chaussures
en cuir de différentes couleurs et sandales en jonc
tressé; canne en bois d'ébène avec le bout et le
pommeau en ivoire (N. 1133), comme on en fabrique
encore aujourd'hui à Siout; fouet composé
d'un manche de bois et d'une lanière en cuir blanc
(N. 1134); scarabées du cœur, génies funéraires
en cire. fleurs trouvées dans les cercueils, etc.
Les parois des salles 76-83 sont garnies des
cercueils et cartonnages qui composaient les sarcophages

des prêtres d'Ammon. Un sarcophage
comprenait généralement trois ou cinq pièces, un
cercueil simple ou double, c'est-à-dire une ou deux
caisses avec un ou deux couvercles, plus un cartonnage
plat qu'on posait immédiatement sur la
momie, sous le couvercle du cercueil intérieur.
Nous ne pouvons décrire en détail les 300
caisses, couvercles et cartonnages des 75 sarcophages
choisis entre les 150 de la collection des
prêtres d'Ammon et exposés dans les salles 76-83;
nous signalerons seulement les pièces les plus
intéressantes.
1135.
Cartonnage du cercueil de Pameshon, prêtre en
chef d'Ammon, et maître d'aller dans toutes ses
places
, c'est-à-dire jouissant du privilège de pénétrer
dans toutes les parties de son temple.
La décoration du sarcophage de ce prêtre est très
remarquable; nous signalerons surtout la tète de bélier
sortant de la fleur qui s'épanouit.
1136.
Caisse d'un cercueil au nom de Khonsoumheb, divin
père et scribe du domaine d'Ammon.
J'ai dit que le
titre de divin père paraît indiquer la simple affiliation
à la confrėrie des prêtres d'Ammon, faisant jouir des
priviléges réservés aux initiés, et non un degré dans la
hiérarchie sacerdotale; à l'exception du 1er prophète
d'Ammon, tout le monde était divin père, rien qu'en

faisant partie de la confrérie. L'autre titre de Khonsoumheb,
scribe du domaine, indique en effet des
fontions civiles plutòt que sacerdotales. Le temple
d'Ammon possédait de nombreux domaines et une
administration pour en enregistrer les revenus. Une
peinture du tombeau de Rekhmara, à Thèbes, nous
montre précisément la rentrée et l'enregistrement des
produits agricoles du domaine d'Ammon. Notre scribe
était un des chefs de cette administration.
A l'intėrieur de son cercueil on remarque le martelage
de deux figures ou de deux légendes qui se trouvaient
en regard l'une de l'autre. On a dù effacer à cette place
soit le nom du défunt, en usurpant son cercueil au
profit d'une autre momie, soit une représentation religieuse
qui n'aurait pas été conforme à l'orthodoxie des
prêtres d'Ammon.

Salle 77 (Suite des prêtres d'Ammon).

Est de la salle, entre les deux fenêtres.

Trois cercueils d'enfants.
1137 — Long. 0m, 95 (environ).
Cercueil d'un jeune enfant.
1138 — Long. 0m, 65 (environ).
Cercueil blanc d'un tout petit enfant.
1139.
Cercueil d'homme, réduit au moyen d'une cloison de
bois, à la longueur exacte d'une momie d'enfant.

Sud-ouest de la salle.

1140 — Long. 1m, 23.
Cercueil très soigné de la petite Ankhesnisit, dame
chanteuse d'Ammon
(Kemat N Ammon), en paix.
Nous avons vu que ce titre de chanteuse d'Ammon,
de même que le titre de divin père, semble indiquer
simplement l'affiliation à la confrérie.

Nord-ouest de la salle.

1141 — Long. 1m, 06.
Cercueil très soigné du petit Tanneferf, divin père
d'Ammon (Cfr. N. 1136) et prêtre chargé des aspersions.

Salle 78 (Suite des prêtres d'Ammon).

1142.
Sarcophage de la dame chanteuse d'Ammon Nesinebtaui,
appelée aussi Teninebtaui. La coexistence de ces
deux noms est très remarquable, parce qu'ils sont synonymes;
le premier signifie «dépendant (Nesi) du seigneur
des deux terres
»; le second, «celle qui appartient
(Tent) au seigneur des deux terres».
1143.
Cercueil de Douamenmât, divin pêre d'Ammon. On
peut remarquer à l'intérieur du cercueil des figures
assez curieuses de dieux et de génies.

Salle 79 (Suite des prêtres d'Ammon).

1144.
Sarcophage du divin père Padouamen, prêtre et
initié d'un ordre très élevé (supérieur des secrets
d' Ammon avec son essence divine
).
1145.
Sarcophage de la dme Dirpou, chanteuse d'Ammon.
Deux petites statuettes en bois d'Isis et de Nephthys se
trouvaient sous les aisselles de la momie. Le linge était
d'une extrême finesse, festonné et bordé de galons bleus.
Les fleurs enfermées dans le cercueil avaient conservé
une certaine apparence de fraîcheur, que l'exposition à
l'air a fait disparaître.
1146.
Sarcophage du divin père d'Ammon, Ankhfenmaut,
fils de Ramenkheper. Ce sarcophage avait appartenu
d'abord à la dame Tamertirà ou Tentmerparâ, dont
on a oublié de gratter le nom sur le cercueil extérieur.
1147.
Sarcophage d' Ankhfenmaut, prêtre de Maut, scribe
de l'administration du domaine d'Ammon (Cfr. N. 1136),
et prophête ou hiérodule de la reine Ahhotpou, à qui
les prêtres d'Ammon rendaient les honneurs divins.
On remarque sur le couvercle du cercueil intérieur
des invocations au roi Aménophis I divinisé, ainsi
qu'aux reines Ahhotpou et Ahmès Nofertari.
1148 et 1148 bis.
Couvercles des deux cercueils de Padouamen, prêtre
écrivain des comptes de grains du domaine d'Ammon-Râ
roi des dieux (Cfr. N. 1136), inscriptions très intéressantes
pour les études religieuses.

Salle 80 (Suite des prêtres d'Ammon).

1149.
Couvercle du second cercueil de Paifout'aro, prêtre
célèbrant, chef de la comptabilité des terres de la
maison d'Ammon (Cfr. N. 1130). — Mention des honneurs
divins rendus au roi Aménophis I et aux reines
Ahmès, Nofertari et Ahhotpou (Cfr. N. 1147).
1150.
Couvercle du second cercueuil de Pakhali (le Syrien).
Ce personnage porte aussi le surnom de Khanoferamon
ou Khalnoferamon (brave soldat d'Ammon).
Ce surnom et som nom de syrien me porteraient à
conjecturer qu'il jouissait de quelque crédit auprès de
la dynastie syrienne fondée à Bubaste par Sheshonq, et
que les prètres d'Ammon réussirent à le gagner et à se
faire protéger par lui auprès du nouveau roi. Nous
savons en effet qu'ils célébrèrent sur les murs de Karnak
les victoires de Sheshonq, et reçurent comme premier
prophète son fils Ouapout. Ce fut seulement un peu
plus tard que les rois syriens les forcèrent à émigrer en
Ethiopie.
Pakhali était divin père, prophète honoraire d'Ammon,

ouvreur des portes du ciel dans Karnak , premier
célébrant d'Ammon, prêtre chargé des encensements
à Ammon dans Karnak, et supérieur des secrets
(c'est-à-dire initié aux plus profonds mystères) du ciel,
de la terre et de l'autre monde Les portes du ciel
dans Karnak
étaient les portes de la troisième salle du
temple, dont les parois revêtues d'électrum resplendissaient
à la lueur des torches apportées par les initiés.
Cette salle brillante ressemblait au ciel, tel que les
Égyptiens se le figuraient. Nous savons, en effet, par
un texte du tombeau de Rekhmara, que ce revêtement
d'or et d'électrum, fabriqué avec le butin de Thoutmès
III en Syrie, était d'une splendeur telle, qu' on eut
dit l'horizon du ciel.
L'ouvreur des portes d'or était
donc un initié d'ordre supérieur, jouissant du privilège
de pénétrer quand il le voulait dans la salle du ciel ou
troisième salle du temple.
1151 et 1151 bis.
Cercueils de Nesestapenhirtahat, quatrième prophète
ou hiérodule d'Ammon. Ces cercueils forment un très
grand sarcophage, usurpé sur un premier occupant
dont le nom, constamment gratté jusqu' à la moitié, se
terminait par amen. Le nom de esestapenhirtahât
est tracé en ècriture cursive sur les mains des deux
couvercles. On trouve sur les còtés des deux cercueils
une scêne de pleureuses assez remarquable.
1152
Cercueil de Padouamen supérieur des secrets (initié
aux plus profonds mystères) qui sont dans la salle d'or

(Cfr. N. 1150), d' Ammon, de Maut et de Khonsou,
admis auprès d'Ammon dans Karnak
, c'est-à-dire
autorisé à s'approcher du sanctuaire du dieu.

Salle 81 (Suite des prêtres d'Ammon).

1153.
Cercueil d' Ankhfenkhonsou, divin père, supérieur
des secrets (initié aux mystères), chef des métallurgistes
de la demeure d'Ammon. La direction des ateliers de
métallurgie des temples d'Ammon, dont on voit le
fonctionnement au tombeau de Rekhmara, était un
poste considérable à cause du maniement des métaux
précieux qui, après des guerres heureuses, arrivaient
au temple en prodigieuse quantité.
1154.
Cercueil de Nespanoferhir, divin père d'Ammon,
divin père de Maut, scribe des jeunes garçons de la
demeure d'Ammon. On suppose que les jeunes garçons
(neferou) de la demeure d'Ammon, jouaient dans le
temple un rôle analogue à celui des khenrit, en qui
l'on croit reconnaître des courtisanes sacrées, comme il
s'en trouvait dans certains cultes de l'Asie.

Est de la salle, entre les deux fenêtres.

1155.
Joli cartonnage blanc du cercueil d' Amennouitnakhtou,
prêtre, initié aux mystères et chef des métallurgistes

de la demeure d'Ammon (Cfr. N. 1153). Nous
avons vu les figurines funéraires de ce personnage dans
la salle 60 (armoire D), et la caisse qui les contenait
dans la salle 59, N. 665.
1156.
Cartonnage du cercueil de la vénérable Meritamen,
dame chanteuse d'Ammon-Râ, roi des dieux. La figure
de femme représentée sur ce cartonnage se distingue
par une disposition particulière de la coiffure, plus
élevée qu'à l'ordinaire, partagée en deux masses et un
peu ondulée. Les bras ne sont pas croisés; un seul, le
bras gauche, est ramené sur la poitrine; le bras droit
descend le long du corps. Le vètement est une robe
blanche à rayures verticales blanches aussi, déterminées
par les différences d'épaisseur du tissu, alternativement
serré et ténu. Dans une des mains une branche de vigne.

Ouest de la salle, aux deux côtés de la porte.

1157 et 1157 bis.
Couvercles du cercueil intérieur de la même Meritamen,
et d'un autre cercueil semblable appartenant à
une chanteuse d'Ammon dont le nom n'a pas été inscrit.
La figure de femme représentée sur ce cercueil présente
les mêmes dispositions qu'au cartonnage N. 1156; de
plus la forme du corps est très acccentuée sous le vètement
et les pieds nus sortent de la robe. Cette disposition
peu usitée se retrouvera cependant dans la salle 87, sur
le cercueil de la dame Isit, provenant du tombeau de
Sennot'em (Cfr., N. 449).
1158.
Sarcophage de Nesiamenav, 1° prêtre en chef ou
grand prêtre maître de s'approcher d'Ammon, admis
auprès d'Ammon dans Karnak; 2° maître des offrandes
dans la salle d'Anubis, qui est à l'ensevelissement, ce
dieu grand qui est au commencement de la demeure
divine; 3° grand chantre (hosi) dans la connaissance
d'Ammon et fils des chantres thébains.
Nous voyons ici, à còtè des prophètes, un grand prêtre
admis à pénétrer au sanctuaire d'Ammon. Ce prêtre
en même temps jouissait du privilège de consacrer les
offrandes dans la salle d'Anubis, c'est-à-dire dans la
salle ousekht ou deuxième salle du temple, immédiatement
avant l'entrée de la troisième salle, c'est-à-dire
au commencement du ciel (voir N. 1150). Nous savons
par le tombeau de Rekhmara que les formules de cette
consécration devaient rester un mystère pour le peuple.
1159.
Caisse du cercueil intérieur de Tétmaausankh, dame
chanteuse d'Ammon, et musicienne avec la main pour
Maut (la musicienne ou chanteuse (hosit) avec la main
est celle qui bat la mesure).
Une des peintures de ce cercueil montre le ciel soutenu
au-dessus de la terre par un dieu à tête de scarabée,
symbolisant le changement. Ce dieu préside à
I'échange de fluide vital qui se fait de la terre au ciel
et du ciel à la terre. Le fluide est représenté dans la
peinture par deux trainées de petits traits.

Salle 82 (Suite des prêtres d'Ammon).

Les sarcophages exposés dans cette salle ne sont
pas de la même fabrication que le reste de la collection.
Les cercueils extérieurs sont blancs, décorés
avec une certaine richesse, mais d'une manière
moins compliquée que la plupart des autres;
tous portent à la même place la scène des génies
funéraires. Les cercueils intérieurs sont d'une
belle couleur jaune clair; les cartonnages sont
généralement très remarquables. Les sarcophages
les plus soignés de cette belle série portent les
noms du prêtre Padouamen, et de la chanteuse
d'Ammon Mashasebekt.
1160.
Padouamen était: 1° divin père aimé de Dieu; 2° supérieur
des secrets ou initié aux plus profonds mystères
qui sont dans le ciel, la terre et l'autre monde; 3° supérieur
des secrets d'Ammon (le père) de Maut (la mère)
et de Khonsou (l'enfant); 4° ouvreur des portes du ciel
dans Karnak (voir N. 1159); 5° officiant en chef de
celui dont le nom est mystère (Ammon); 6° grand
voyant de Rà et Toum dans Thèbes
: 7° desservant
de la chapelle funéraire d'Aménophis I
; 8° prophète
où hiérodule d'Ammon, probablement à titre honoraire;
bon chantre dans la connaissance d'Ammon, fils
de chantres thébains
; 10° régulateur de la justice
dans la ville de Thèbes.
Quelques-uns de ces titres ont besoin d'être expliqués.
Le grand voyant de Rà (le soleil qui se montre aux

vivants) et de Toum (le soleil avant son apparition),
c'est-à-dire le grand prêtre qui voitle soleil à toute heure,
était le grand prêtre d'Héliopolis, jouissant du privilège
d'entrer à toute heure dans Habenben, sanctuaire
du temple du soleil. Les prêtres d'Ammon, qui donnèrent
à leur dieu le titre de roi des dieux, affirmèrent
d'une maniêre éclatante leur supériorité sur les collèges
sacerdotaux du nord, en attribuant généralement au
troisième de leurs dignitaires le titre dont se glorifiait
le chef du sacerdoce héliopolitain, le plus illustre de la
Basse-Egypte.
C'était encore au troisième prophète d'Ammon qu'était
généralement confié le service de la chapelle funéraire
d'Aménophis I, bienfaiteur de la confrérie, et
divinisé par elle.
La mention de bon chantre, fils de chantres thébains
fait supposer l'existence d'écoles de chant avec leurs
traditions, écoles dont la plus illustre, au jugement des
prêtres d'Ammon, était naturellement celle de Thèbes.
Le titre de régulateur de la Justice dans sa ville
semble indiquer que Padouamen était un des principaux
magistrats de Thèbes. Le préfet Rekhmara, qui rendit
la justice à Thèbes, était prêtre de Mât, déesse de la
Justice.
Le cartonnage du sarcophage du Padouamen est
opistographe; le texte du verso est fort intéressant pour
les études religieuses.
1161.
Mashasebekt était peut-être la femme de Padouamen.
Elle porte les titres de: 1° dame chanteuse d'AmmonRâ,

roi des dieux; 2° grande chanteuse avec la main
pour Maut dans Ashrou; 3° aimée d'Hathor de Thèbes;
4° grande chanteuse le jour de l'enfantement…. dans
la retraite des femmes; 5° appliquée (littéralement
couchée) pour Khonsou dans Thèbes. Ces deux derniers
titres sont malaisés à expliquer avec précision; ils se
rapportent sans doute aux mystères que les femmes
célébraient entre elles pour symboliser l'œuvre du perpétuel
rajeunissement de la création.
Le titre «airnée» d'Hathor de Thèbes» s'explique de
lui-mème; on observera seulement que Thèbes est écrit
ousit « la prospère» au lieu de la forme ordinaire
ouasit. Il y a là une sorte de jeux de mots par l'écriture,
peut-être dû à l'influence de l'écriture secrète
qu'on employait parfois à cette époque.
1162.
Sarcophage de Pennestitaui, divin père d'Ammon,
scribe du domaine d'Ammon, attaché aux revenus
sacrés de tous les dieux (Cfr. N. 1136).
1163.
Cercueil de Tanefer, divin père de la déesse Mât,
fille de Toum de Thèbes (Cfr. N. 1160).
1164.
Cartonnage de Khonsounrenp, 1° prètre d'Ammon-Râ,
roi des dieux; 2° divin père d'Anhour Shousirâ
(dieu du nome de Thini ou d'Abydos); 3° écrivain des
ordres de la maison de Khnoum (Khnoum, forme
d'Ammon à tête de bélier, avait un temple à Esneh;