Title: Guide du visiteur au Musée du Caire [Electronic Edition]

Author: Maspero, Gaston
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Publisher: Rice University
Place of publication: Houston, Tx
Publication date: 2006
Identifier: TIMEA, MusCa1902
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Notes:
Note: Illustrations have been included from the print version.
Source(s):

Title: GUIDE DU VISITEUR AU MUSÉE DU CAIRE

Author: G. MASPERO
File size or extent: viii, 441 p. ; 18 cm.
Publisher: Imprimerie de l'Institut Français d'Archéologie Orientale
Place of publication: Cairo
Publication date: 1902
Identifier: From the collection of Dr. Paula Sanders, Rice University.
Description of the project: This electronic text is part of the Travelers in the Middle East Archive (TIMEA), developed by Rice University.
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Origin/composition of the text: 1902
Languages used in the text:
  • French (fre)
Text classification
Keywords: (Library of Congress Subject Headings)( Library of Congress Subject Headings )
  • Art, Egyptian -- Catalogs.
  • Egypt -- Antiquities.
Revision/change: December 2006
Statement of responsibility: LMS
ed.
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Guide du visiteur au Musée du Caire [Electronic Edition]


Contents











GUIDE DU VISITEUR
AU
MUSÉE DU CAIRE





GUIDE DU VISITEUR AU MUSÉE DU CAIRE

DIRECTEUR GÉNÉRAL DU SERVICE DES ANTIQUITÉS DE L'ÉGYPTE.

LE CAIRE IMPRIMERIE DE L'INSTITUT FRANÇAIS D'ARCHÉOLOGIE ORIENTALE. 1902




AVERTISSEMENT.

Le Musée de Gizéh n'est plus aujourd'hui qu'un
souvenir du passé, comme le Musée de Boulaq avant lui.
Le transfert des monuments, commencé le 9 mars 1902,
a été achevé quatre mois plus tard, le 13 juillet. Leur
aménagement dans les salles avait dès le début marché
parallèlement avec leur exode, si bien que, dans les
premiers jours d'août, le Musée nouveau du Caire
aurait pu à la rigueur recevoir déjà les visiteurs: il
n'y restait plus qu'à recouvrir les socles, à les peindre,
à nettoyer les pavements, à faire aux murailles et aux
colonnes les petites retouches qui sont toujours nécessaires,
après la mise en place de plusieurs milliers
de gros objets.
Ce n'est pas que l'agencement actuel soit pour nous
satisfaire. Afin d'éviter la confusion pendant le transport,
on s'est borné à rétablir au Caire le classement un
peu capricieux qui prévalait à Gizèh, et l'adaptation
du contenu des chambres anciennes à celles d'à présent
ne s'est pas toujours opérée sans entassement sur certains
points, et sans éparpillement sur certains autres:
il y a des salles trop remplies à côté de salles à moitié
vides. De plus, les monuments acquis depuis trois ou
quatre ans n'ont pu qu'assez rarement être répartis
entre les séries auxquelles ils appartiennent légitimement:
ils ont été mis, en attendant mieux, dans des endroits
où souvent ils n'ont que faire. Le Salon méridional du
premier étage est devenu de la sorte une manière de débarras,
où toutes les époques se rencontrent et se heurtent.
Plus tard, quand nous serons mieux établis dans le
Musée et que nous en connaîtrons toutes les ressources,
nous essaierons de remédier à ce désordre, et de trouver
une classification qui réponde aux exigences des savants
comme à la commodité des visiteurs ordinaires. Pour le
moment, nous avons dû par force restreindre notre
ambition à créer dans l'édifice de Kasr-en-
Nil un dépôt
d'antiquités, dont par la suite et le plus tôt possible
nous tirerons un Musée égyptien.
Le catalogue ne pouvait être en vérité autre que
provisoire. Il m'a toujours paru que, pour des collections
du genre de la nôtre, où les monuments sont par euxmêmes
d'intelligence difficile, le meilleur catalogue était
moins celui qui énumère le plus d'objets que celui qui,
à propos de chaque catégorie d'objets, en explique la
nature et l'usage, puis en cite quelques exemples typiques
et pour le reste s'en remet à l'intelligence du visiteur
d'appliquer aux monuments qui attirent son attention
les notions d'archéologie qu'il vient d'apprendre. Le
touriste ne tient pas à ce qu'on lui dise que le no 234
ou le no 560 sont au nom de tel ou tel égyptien parfaitement
obscur: il aime mieux qu'on lui conte ce que
c'est qu'une stèle ou qu'une statue, quels concepts de la
vie terrestre ou de l'existence d'outre-tombe elles représentent,
pourquoi le décor et les inscriptions y sont
distribués d'une façon plutôt que d'une autre. J'avais
essayé jadis de lui donner ces renseignements, dans le

Guide du visiteur au Musée de Boulaq que je publiai
en 1883, et j'aurais souhaité en agir de même pour
le Musée nouveau: le temps m'a manqué. Il a fallu
rédiger ce volume et l'imprimer de mai à septembre,
afin de fournir aux touristes un guide à travers nos
salles. J'ai pris les morceaux des catalogues antérieurs,
je les ai cousus de mon mieux, j'y ai entremêlé quelques
remarques hâtives: il en est résulté ce Guide
du visiteur au Musée du Caire.
Je compte le refaire l'an prochain, plus à loisir:
en attendant, je prie ceux qui s'en serviront d'être
indulgents pour les erreurs ou pour les omissions
qui s'y trouvent et de me les signaler au besoin. J'ai
essayé de leur rendre service en faisant vite; ils me rendront
service à leur tour en m'aidant à faire mieux.
Le 25 septembre 1902.
G. MASPERO.

1

MUSÉE ÉGYPTIEN
DU CAIRE.

I
SALLES DU REZ-DE-CHAUSSÉE.

Les salles du rez-de-chaussée comprennent l'ensemble
des monuments pesants, statues, stèles, sarcophages en
pierre, fragments d'architecture. Ils sont distribués par
époque. En commençant par la gauche on rencontre
successivement ceux de l'Empire Memphite, puis ceux
des deux empires thébains, de l'époque saite, de l'époque
gréco-romaine, et l'on finit à l'extrême droite par ceux de
l'âge copte.
En pénétrant dans le Musée, le visiteur aperçoit en face
de lui, au nord, le portique des quatre piliers, qui précéde
l'atrium central, et sur les côtés, à l'ouest et l'est, les deux
bras de la galerie d'honneur. Un peu en avant du portique
des quatre piliers, se dressent de droite et de gauche:
221 et 222. — GRANIT ROSE. — Haut. 1 m. 20 cent.,
long. 2 m. 50 cent. — Karnak.
Deux sphinx portant les cartouches de Thoutmôsis III. Le
nez et une partie de la barbe ont été refaits en 1880, par
le sculpteur Parisot — XVIIIe dynastie.

PORTIQUE DES QUATRE PILIERS.

Les deux piliers sud portent sur leur face interne deux
colosses debouta, qui se font face. Le'premier d'entre eux, qui
est en granit rose, mesure plus de quatre mètres de hauteur.
Il vient d'Achmounéin, l'ancienne Hermopolis, et il
a été mis au jour par les chercheurs de sébakh en mai
1901, en avant d'une sorte de pylône à demi-ruiné qui
porte de longues inscriptions de Ménephtah. Signalé aussitôt
au Service par M. Perrichon bey, directeur de l'usine de
Rodah, il fut transporté à Gizèh. Il a été taillé dans une
architrave provenant d'un temple antérieur, et l'on voit
encore sur l'un des bras les restes de quelques hiéroglyphes
appartenant à l'inscription que cette architrave portait.
On y lit les cartouches de Ménephtah, mais en réalité il
représente Ramsès II, debout sur le signe des panégyries
; le Pharaon, prévoyant l'usurpation de quelqu'un
de ses successeurs, avait gravé son cartouche sous la base, et
grâce à cette précaution, il nous a été facile de lui restituer
son bien. Le monument était peint; l'on voit encore sur
la face les traces de la couleur rouge qui rehaussait les lèvres
et les paupières, sur la coufiéh les raies jaunes qui décoraient
l'étoffe. — XIXe dynastie.
Le second, qui est un peu moins grand, est également
en granit rose. Il a été rapporté de Karnak par M. Barsanti,
et il représente le célèbre Aménôthès, fils de Hapoui, qui
vivait sous Aménôthès III; devenu dieu ptolémaïque,
il reçut un culte à Thèbes dans le temple de Phtah thébain
sur la rive droite, dans celui de Deîr-el-Médinéh sur la rive
gauche. Il est debout, le pied gauche tendu en avant, coiffé
du bonnet rond et vêtu du jupon court. — XVIIIe dynastie.
Des deux piliers qui dominent l'atrium, un seul a reçu
une décoration, celui de l'est:
223. — GRANIT ROSE. — Hauteur 3 m. 75 cent.
Abydos.
Colosse au nom d'Ousirtasen Ier. — XIIe dynastie.
Sous le portique même, à droite et à gauche, sont placées
deux grandes barques en bois d'une facture particulière.
Elles sont formées, selon ce qu'Hérodote dit des barques
égyptiennes, de pièces de bois ajustées au moyen de chevilles
en bois également, et tenues par de petits chevrons en bois
courbe appliqués à l'intérieur. Elles sont pontées et munies
à l'arrière de deux montants droits, sur lesquels jouaient les
rames-gouvernails. Après avoir servi à transporter la momie
et le convoi du Pharaon Aoutouabrî Horus de la XIIIe dynastie,
elle furent enterrées auprès de la pyramide de ce
prince, avec six autres barques de mêmes dimensions, puis
mises au jour par M. de Morgan en 1894. Elles ont été
apportées au Musée et remontées par les soins de M. Barsanti.
— XIIIe dynastie.

GRANDE GALERIE D'HONNEUR.
BRAS OUEST.

Le bras ouest de la galerie d'honneur contient entre ses
colonnes les spécimens les plus beaux que nous possédions
des sarcophages en pierre de l'empire memphite et du
premier empire thébain. Derrière la plupart des sarcophages
on a adossé à la muraille de grandes stèles de l'époque
memphite.
Ces stèles étaient à l'origine les portes qui menaient à la
chambre funéraire, portes toujours fermées puisque la
communication directe est impossible entre le monde des
vivants et celui des morts: la baie en était donc barricadée
par une pierre, et la porte n'était en réalité qu'une fausse
porte. L'aspect en était celui des portes de maisons ordinaires,
mais modifié pour le nouvel usage auquel on les
réservait. La baie s'en alla rétrécissant de plus en plus, les
reliefs s'affaiblirent, et le tout finit par n'être qu'une
surface à peu près plane, sur laquelle des rainures et des
méplats très légers rappelèrent seuls les parties de la porte
antique: plus tard même, ces dernières traces de la forme
originale s'effacèrent, et la stèle devint une simple pierre
carrée ou cintrée au sommet, sur laquelle on grava une
inscription. On verra ce dernier type à la centaine en visitant
les salles de l'empire thébain et des époques suivantes: les
stèles de l'empire memphite affectent toutes la forme de
porte, mais en s'écartant ou en se rapprochant plus ou
moins du type original. Le décor en est toujours le même.
Sur le linteau arrondi ou plat, le nom et les titres; au-dessous
la baie est vide le plus souvent, mais on y voit quelquefois
la figure en pied du mort. Au-dessus du linteau, un
tableau montre le mort assis devant le guéridon et les
offrandes entassées ou énumérées devant lui. Sur les montants,
l'image en pied du mort avec ses titres et parfois un
proscynème. Le proscynème est gravé tout au haut de la
stèle, sur le bandeau horizontal qui ferme le cadre: il s'adresse
au dieu grand, c'est-à-dire à Osiris, puis à Anubis,
et il les prie de transmettre au mort les provisions que les
vivants lui envoient par l'intermédiaire du roi. Une table
d'offrandes était placée au pied de la stèle, souvent engagée
entre les montants et faisant corps avec elle, plus souvent
isolée. Le jour des funérailles et les jours de fêtes, la famille

apportait les provisions réglementaires, et les consacrant
l'une après l'autre avec les cérémonies voulues, elle les posait
sur la table devant la porte, puis elle se retirait: le mort
sortait alors de son tombeau afin de les prendre, ou, lorsqu'il
lui déplaisait se déranger, elles lui arrivaient dans sa chambre
ou dans quelque endroit qu'il fût par la toute puissance
des formules. L'inscription gravée sur la stèle confirmait la
vertu des rites, et au besoin elle suppléait à leur inexécution:
il suffisait qu'un passant la lût, en répétant le nom
du mort, pour que celui-ci reçût aussitôt les objets dont il
avait besoin, et, à défaut d'un étranger, le mort lui-même
obtenait le même résultat en se la récitant, telle qu'il la
voyait inscrite sur sa stèle.
Colonnade sud.
1344. — ALBÂTRE. — Longueur 1 m. 80 cent. —
Dahchour.
Un des deux sarcophages découverts à Dahchour en 1895
par M. de Morgan. II ne porte aucune inscription, mais
il est remarquable par la beauté de la matière et par la
perfection du travail. — XIIe dynastie.
72. — CALCAIRE. — Haut. 3 m. 17 cent., larg.
2 m. 14 cent. — Sakkarah.
Stèle du médecin principal de l'infirmerie royale Sakhim-khitouniânkhou,
contemporain du roi Sahourì. Il raconte
dans l'inscription comme quoi le Pharaon, pour le récompenser
de ses longs services, fit venir des carrières de
Tourah, le beau calcaire blanc nécessaire à la décoration
de son tombeau et le lui donna. — Ve dynastie.
1500. — GRANIT ROSE. — Long. 2 m. 20 cent. —
Gizéh.
Sarcophage rapporté en 1902. Le côté droit, qui avait été
brisé dans l'antiquité, puis restauré, a été réparé avec les
fragments originaux par M. Barsanti. Il appartenait à un
fils de roi du nom de Khâfminou, peut-être un des fils de
Khéphrên. Il est décoré de rainures prismatiques, comme
les maisons de l'époque memphite, et cette disposition du
décor trouve sa raison d'être dans l'idée que les Égyptiens
se faisaient de sa destination. Le sarcophage, le coffre de vie,
ainsi qu'on l'appelait, était la maison où le mort vivait son
existence d'outre-tombe, et l'un de ses noms, qu'il partageait
avec le tombeau entier, était la maison éternelle
. D'ordinaire cette dénomination n'influait en rien sur
le décor: quelquefois, comme c'est le cas ici et pour plusieurs
autres de nos monuments (v. p. 9, no 74, et no 96), on
poussait l'idée jusqu'au bout et on prêtait au sarcophage
de granit ou de bois l'aspect d'une maison terrestre.
70. — CALCAIRE. — Haut. 2 m. 49 cent., larg.
1 m. 84 cent. — Sakkarah.
Stèle du magistrat comte Phtahhotpou, qui vivait sous
la Ve dynastie. C'est peut-être à lui qu'on doit attribuer la
rédaction des préceptes de morale et de conduite que nous
a conservés le papyrus Prisse, le plus ancien livre du
monde. — Ve dynastie.
Le quatrième sarcophage ne porte aucun nom: il représente
les quatre faces d'une maison décorée de panneaux
et de rainures comme le sarcophage no 1500. Il est de la
IVe dynastie, et il a été rapporté de Gizèh en 1902.
140. — CALCAIRE BLANC. — Haut. 1 m. 15 cent.,
long. 2 m. 35 cent., larg. 1 mètre. — Cheikh Abdel-Gournah.
Sarcophage de Dagi. Ce sarcophage, oublié depuis
Lepsius, qui le copia il y a soixante ans, fut retrouvé en
1882, et transporté au Musée au mois d'avril 1883. Il ne
présente à l'extérieur d'autre décoration qu'une ligne d'hiéroglyphes
non coloriés où l'on lit le nom du mort
et du côté droit vers l'extrémité, les deux yeux qui
forment un tableau de bon augure à l'entrée fictive de la
maison éternelle. L'intérieur est richement décoré et nous
montre cette maison aménagée pour son maître. A gauche,
et correspondant aux deux yeux de l'extérieur, est une
porte par laquelle le double peut entrer et sortir à volonté.
Sur les parois sont rangés les provisions, les armes, les
objets de toilette et d'offrandes, les vases à parfums, qu'on
déposait dans la tombe. Au-dessous, des prières tracées
à l'encre noire, analogues aux prières qu'on trouve dans
les pyramides de Sakkarah, assurent au maître la libre
jouissance et la perpétuité de ce trésor. — XIIe dynastie.
65. — CALCAIRE. — Haut. 3 m. 02 cent., larg.
2 mètres. — Sakkarah.
Stèle du tombeau Ankhafitka, prêtre des rois Sahourî
et Ousirkaf. Son tombeau a fourni au Musée de beaux
bas-reliefs qu'on verra exposés dans la salle B. — Ve dynastie.
L'énorme sarcophage en bois qui occupe le dernier rang
de ce côté a été découvert en 1901, à Berchéh, par Ahmed
bey Kamal: il appartient à un prince d'Hermopolis, du
nom d'Amenemhaît, qui vivait sous la XIIe dynastie. Il est

en bois de cyprès ou de cèdre, apporté probablement de
la côte syrienne; les ais dont il est formé ont été unis par
des chevilles du même bois et serrés aux angles par des
rubans de cuivre. A l'intérieur, un cercueil anthropoïde,
également en bois, contenait la momie. La décoration est
analogue à celle du sarcophage de Dagi (v. p. 7, no 140),
mais l'enduit sur lesquelles les inscriptions étaient tracées
est tombé par plaques. — XIIe dynastie.
73. — CALCAIRE. — Haut. 2 m. 57 cent., larg.
2 m. 82 cent. — Sakkarah.
Stèle d'Ahinas, surnommé Papi-ânkhou. Il était administrateur
de Tourah, ce qui était une fonction importante,
à cause des carrières d'où l'on extrayait le beau calcaire
blanc employé dans les constructions royales. — VIe dynastie.
99. — CALCAIRE. — Haut. 2 m. 57 cent., larg.
2 m. 15 cent. — Sakkarah.
Grande stèle de Sabou, directeur principal de tous les
travaux d'art exécutés pour le roi: les cartouches du Pharaon
Téti nous fournissent la date de cette pièce. On trouvera
plus loin (voir p. 11), sous les nos 29 et 30, d'autres
monuments de ce personnage. — VIe dynastie.
Colonnade nord.
1344 bis. — ALBÂTRE. — Long. 1 m. 80 cent. —
Dahchour.
Le second des deux sarcophages en albâtre de la XIIo
dynastie découverts à Dahchour par M. de Morgan (voir
no 1344, p. 5).
66. — CALCAIRE. — Haut. 3 m. 75 cent., largeur
2 m. 25 cent. — Sakkarah.
Stèle du magistrat Ankhmâka, prêtre des Pharaons
Sahourî et Ousirkaf. — Ve dynastie.
74. — BEAU GRANIT ROSE. — Long. 2 m. 30 cent.,
larg. 1 m. 19 cent., haut. 1 m. 45 cent. — Gizéh.
Sarcophage rectangulaire à couvercle arrondi en voûte,
avec des oreillettes carrées, aux quatre angles. Sur le sommet
du couvercle, prière à Anubis en faveur du défunt, le
prince Hirbaiouf. L'extérieur seul est décoré de rainures
prismatiques rappelant la façade des édifices du temps (v. p. 6,
no 1500). Par la place que le puits occupe dans la nécropole,
il n'est pas douteux que Hirbaiouf fût un descendant de
Khéops. — IVe dynastie.
28. — CALCAIRE. — Haut. 2 m. 88 cent., larg.
1 m. 22 cent. — Sakkarah.
L'une des deux stèles gravées au nom de Ranikaou.
Celle-ci est gravée en relief: on verra l'autre dans la salle
B, p. 24, no 23.
96. — GRANIT ROSE. — Haut. 1 m. 33 cent., long.
2 m. 20 cent. — Gizéh.
Sarcophage en forme de maison de Khoufouânkhou, qui
était attaché aux cultes d'Isis, du Taureau blanc, du baeuf
Apis. — IVe dynastie.
98. — CALCAIRE. — Haut. 2 m. 65 cent., largeur
1 m. 59 cent. — Sakkarah.
Stèle de Tapoumânkhou, prêtre attaché aux trois grandes

pyramides de Khéops, de Khéphrên et de Mycérinus (IVe
dynastie), prêtre de Sanofrouî (Ille dynastie), de Sahourì
et d'Ousirkaf (Ve dynastie). Son fils aîné Honmînou, de
qui nous avons deux monuments (nos 26, 27), est représenté
devant lui, sur le côté droit de la stèle. — Ve dynastie.
97. — GRANIT ROSE. — Haut. 1 m. 16 cent., long.
2 m. 22 cent., larg. 1 mètre. — Gizéh.
Sarcophage du prince royal Kamâsakhim. Les angles
sont arrondis comme au sarcophage de Khéops, encore en
place dans la grande pyramide. — IVe dynastie.
10. — CALCAIRE. — Haut. 2 m. 51 cent., largeur
1 m. 57 cent. — Sakkarah.
Stèle en forme de façade de maison, au centre de laquelle
une fausse porte est simulée. Une ligne d'hiéroglyphes,
aujourd hui très endommagés, couronnait la stèle: la partie
qui contenait le nom du personnage est détruite entièrement,
mais deux petits panneaux d'inscriptions, rabattus
aux deux extrémités, nous ont conservé le nom de trois de
ses femmes. — IVe dynastie.
1501. — CALCAIRE. — Haut. 1 m. 20 cent., long.
2 m. 10 cent. — Gizéh.
Sarcophage d'un certain Zadouìti, qui était prêtre de la
pyramide du roi Mycérinus. — IVe dynastie.
55. — GRANIT NOIR. — Haut. 2 m. 64 cent., larg.
1 m. 05 cent. — El-Khizâm.
Grande stèle au nom du prince Ousorirou, trouvée par
M. Maspero à el-Khizâm, au nord de Karnak. On remaruque

sur la fausse porte (v. p. 4), le double verrou égyptien et
les deux yeux, symboles du midi et du nord. C'est avec
cette stèle que furent découverts ces premiers vases en terre,
mi-partie rouges et noirs (v. p. 178-179), où l'on a cru
quelque temps reconnaître l'aeuvre des premières dynasties
et de l'âge préhistorique exclusivement.
Contre les deux piliers qui ferment la large baie par
laquelle on passe de la galerie d'honneur au vestibule de
l'escalier ouest, sont adossés:
29 et 30. — CALCAIRE. — Haut. 2 m. 60 cent. et
2 m. 41 cent., larg. 1 m. 08 cent. et 1 m. 03 cent.
Sakkarah.
Bas-reliefs qui couvraient le côté gauche et le côté droit
de la niche au fond de laquelle se trouvait la stèle ou fausse
porte du tombeau de Sabou (v. no 99, p. 8) dit Abibi, à
Sakkarah. Le défunt reçoit les revenus de ses propriétés,
son mobilier funéraire, les mets offerts par sa famille et
les statues faites à son image qui doivent fictivement manager
et boire à sa santé les offrandes sculptées sur les murs. —
VIe dynastie.

VESTIBULE DE L'ESCALIER SUD-OUEST.

Centre de la pièce.
1278. — GRANIT ROSE. — Long. 2 m. 68 cent.,
haut. 1 m. 60 cent. — Deîr-el-Médinéh.
Ce monument, qu'on a placé ici hors série, faute de
place convenable dans le bras est de la Galerie, est le sarcophage

de la reine Nitocris, fille de Psammétique Ier et
princesse de Thèbes par adoption. Il fut rapporté de Thèbes
en 1884, par M. Maspero. La reine y est représentée
couchée sur le couvercle de granit. — XXVIe dynastie.
Paroi sud.
82. — CALCAIRE. — Haut. 1 m. 12 cent., long.
5 m. 16 cent. — Sakkarah.
Bas-relief découvert en 1883. A gauche, le gouverneur
Apoui est assis entre sa femme Sonbit et sa fille Papiânkhounas.
Au centre, Apoui, porté en palanquin, visite ses
moissons et ses troupeaux. Des barques naviguent à la voile
ou à la perche. C'est tout ce qui subsistait d'un mastaba
de la VIe dynastie, qui avait été établi sur les arrasements
d'un mastaba beaucoup plus grand de la IVe; il ne restait
plus de celui-ci que le bas des scènes du registre le plus
rapproché du sol et quelques hiéroglyphes de beau style.
Paroi sud-ouest.
68. — CALCAIRE. — Haut. 2 m. 89 cent., larg.
2 m. 42 cent. — Sakkarah.
Stèle du chef, magistrat, comte Safkhouitâbouinofirsamou.
Elle est encadrée entre deux panneaux, qui portent
la liste des offrandes à présenter au défunt; celui-ci est assis
devant une table et reçoit les cadeaux de ses ses serviteurs.
L'ensemble est couronné de la lourde corniche formée du
tore et de la gorge égyptienne, et donne une idée de
l'agencement de la niche funéraire qu'on trouve dans
certains mastabas de la Ve et de la VIe dynasties.
Paroi nord-ouest.

71. — CALCAIRE. — Haut. 3 m. 16 cent., larg.
2 m. 09 cent. — Sakkarah.
La stèle avait été faite ainsi que lw tombeau pour un
personnage appelé Ti; une femme, dont le nom semble
se lire Honi, usurpa le tombeau et fit graver son nom
dans l'intérieur de la fausse porte. Les deux parois latérales
portent une preuve curieuse de la façon dont l'usurpation
s'est produite. Le sculpteur a retaillé les figures qui les
couvraient et changé le protrait de l'homme Ti en celui de
la dame Honi; le profil de la figure masculine est visible
sous la retouche qui lui a donné le galbe et les contours
féminins. — VIe dynastie.

(SALLES A-F.)
MONUMENTS
DE L'ANCIEN EMPIRE MEMPHITE.

Les six premières salles A-F contiennent, avec quelques
monuments de la IIIe dynastie, la masse des monuments
des IVe, Ve et VIe dynasties, découverts dans les cimetières
des grandes cités de l'Égypte, à Gizèh et à Sakkarah, puis
à Abydos. C'est pour la sculpture la plus belle époque de
l'art égyptien, et les statues aussi bien que les bas-reliefs y
présentent une liberté d'allures qu'on ne retrouve plus
aux époques postérieures. Elles sont toutes des portraits du
personnage qu'elles représentent, portraits plus ou moins
réussis selon l'habileté de l'artiste, mais auquel il s'efforçait

de donner toujours les traits exacts de son modèle. Elles
ne sont pas en effet, comme nos statues, de simples aeuvres
d'art, mais elles avaient une signification religieuse qui
primait tout. Selon la croyance de l'Égyptien, l'homme se
composait de deux parties, un corps et un double, tous les
deux également périssables, si l'on ne prenait soin de les
conserver par des moyens artificiels: la destinée du double
était liée intimement à celle du corps, et lorsque, la mort
étant survenue, le corps se décomposait, le double se décomposait
avec lui. La dessication des cadavres, puis la
momification, qui en assuraient la durée pour une période
de temps indéfinie, prolongeaient la durée du double d'autant
de siècles qu'elles prolongeaient celle du corps; mais
la momie elle-même pouvait être détruite facilement ou se
décomposer par la suite des âges, et, de plus, elle demeurait
enfermée dans une chambre inaccessible aux mortels,
où, passé le jour de l'enterrement, on ne célébrait plus
sur elle les rites indispensables au culte des ancètres. On
imagina donc de lui attribuer, comme auxiliaire et au besoin
comme remplaçant, une figure du mort représenté tel qu'il
était du temps qu'il séjournait sur terre, figure en bois ou
en pierre, dont la dureté était capable de braver les siècles:
puis, comme une seule figure était sujette à la destruction
violente, on s'avisa de multiplier le nombre de ces figures,
de manière à accroître les chances de survie du double par
autant de fois qu'il aurait de statues, outre le corps, pour
lui servir d'appui. Ces statues, une fois consacrées par les
prières de l'ensevelissement, devenaient capables de servir
au double pour tous les usages auxquels le corps lui avait
servi sur terre. On leur ouvrait la bouche, les yeux, les
narines, les oreilles, c'est-à-dire qu'on faisait semblant de
dégager sur elles tous ces organes qui avaient été fermés
sur le cadavre par les manipulations des embaumeurs, et

désormais le double employait ses images à manger, à boire,
à entendre, à sentir, à parler pour lui. Elles étaient donc
moins l'image du mort que le mort lui-même, rétabli en sa
forme pleine, consolidé, projeté aussi loin dans le temps
qu'elles-mêmes duraient. Aussi fallait-il, lorsqu'on les
taillait, leur rendre l'allure et la forme même de l'individu
à qui elles étaient destinées, avec cette réserve toutefois
que la ressemblance exacte pouvait s'arrêter aux traits du
visage: quel profit le double aurait-il tiré de sa perpétuité,
s'il avait dû traîner avec lui à jamais un corps décrépit
par l'âge ou affaibli par les infirmités? On lui restituait donc
le corps qu'il avait eu pendant sa jeunesse ou son âge
mûr, et, par suite, toutes les statues supports de doubles
donnaient à leurs doubles la forme qu'il lui était utile
d'avoir, plus que celle qu'il avait réellement au temps de
sa mort.

SALLE A.

Partie occidentale de la Salle.
Sur le mur méridional, à gauche de la baie qui met en
communication la salle A avec le vestibule de l'escalier
ouest, on a dressé une fort belle stèle, malheureusement
assez endommagée, et qui appartenait à un personnage de
rang élevé, Ankhmarâ, puis, sur le mur ouest:
50. — CALCAIRE. — Haut. 0 m. 95 cent. — Gizéh.
Les grands seigneurs égyptiens passaient avec les prêtres
de véritables contrats par lesquels ils concédaient à tel ou tel
temple des terres ou des privilèges en échange de sacrifices
à faire en l'honneur de leur double aux époques réglées
par la coutume. Ce monument est un fragment de contrat,

le plus ancien que nous possédions de ce genre. — IVe
dynastie.
33. — DIORITE. — Long. 1 m. 22 cent. — Gizéh.
Statue décapitée portant le nom du roi Khéphrên et
provenant du puits du temple de granit, près du grand
sphinx de Gizéh, comme les autres statues du même roi
qu'on verra dans les salles A-B. — IVe dynastie.
7. — ALBÂTRE. — Haut. 1 m. 22 cent., largeur
0 m. 47 cent., épais. 0 m. 56 cent. — Sakkarah.
Cette pierre, d'un style très archaïque, aux côtés ornés
de longues raies verticales à l'imitation d'une façade d'édifice
(cfr. p. 6, no 1500), semble avoir été une table ou
autel à libations. Elle a été trouvée en 1888 à Mit Rahinéh
(Memphis), au-dessous des fondations du temple de la
XVIIIe dynastie; elle peut, par conséquent, avoir appartenu
au temple de l'ancien empire, fondé par Ménès, premier
roi de la Ire dynastie.
Après un fragment de statue assise en diorite, qui représente
de nouveau Khéphrên et qui a été trouvé près le
temple du sphinx, comme le no 33, on rencontre un grand
bloc provenant d'un tombeau aujourd'hui détruit. Afin
d'assurer au mort les provisions nécessaires à sa subsistance,
on gravait sur la paroi intérieure de sa chapelle funéraire
des tableaux dans lesquels on représentait les opérations de
la vie courante. On y voyait les travaux des champs depuis
le labourage jusqu'à la rentrée de la récolte aux greniers
et à l'enregistrement par les scribes des quantités de blés
emmagasinées. Si le mort voulait du pain, il n'avait qu'à
regarder la paroi, et, tout ce qui y était représenté s'accomplissant
aussitôt, il s'y approvisionnait du grain nécessaire.

que les servantes représentées dans un autre tableau
broyaient et réduisaient en pain sous ses yeux. S'il voulait
de la viande, une série de tableaux lui montrait la chasse
et l'élevage des bestiaux: le taureau couvrait la vache, le
veau naissait, grandissait, devenait taureau à son tour,
puis passait aux mains des bouchers qui l'égorgeaient, le
saignaient, le découpaient et présentaient les pièces de choix
au mort pour sa cuisine. Chaque tombeau était une enceinte
magique où tout ce qui était visible au mur s'accomplissait
perpétuellement pour le bien du maître, et suppléait à la
négligence des héritiers ou des prêtres qui oubliaient de
lui faire les offrandes réglementaires.
83. — CALCAIRE. — Haut. 1 m. 20 cent., larg.
1 m. 80 cent. — Sakkarah.
En commençant par le haut, ce fragment nous montre
d'abord la rentrée de la récolte. Les cultivateurs ont amoncelé
des tas de grains, que l'on measure avec des boisseaux
et que l'on enregistre avant de les introduire dans les
magasins, représentés à droite du bas-relief, derrière le
scribe principal. Plus bas, on broye le grain et on en fait
des gâteaux. Au registre inférieur, ce sont les ébénistes
qui travaillent à côté des orfèvres, des sculpteurs et des
ciseleurs. Un scribe fait peser et enregistre l'or destiné
aux orfèvres. — Ve dynastie.
52. — DIORITE. — Haut. 0 m. 76 cent. —
Gizéh.
Statue décapitée d'un souverain, peut-être Khéops. Elle
a été trouvée dans le temple d'Isis, à l'est de la pyramide

de la fille de Khéops, à moins d'un mètre de l'endroit où
Mariette avait recueilli la stèle no 54 (voir p. 23). — IVe
dynastie.
16. — CALCAIRE. — Haut. 1 m. 96 cent., larg.
0 m. 43 cent. — Sakkarah.
Stèle en forme de porte enlevée au tombean de Sokarkhâbiou,
surnommé Hatesou “la hyène”. — IIIe dynastie.
13. — CALCAIRE. — Haut. 1 m. 40 cent., larg.
0 m. 95 cent. — Sakkarah.
Cette stèle en forme de porte est un des monuments les
plus anciens du Musée. Elle a été prise dans le tombeau de
Shiri, prêtre du roi Sondou de la IIe dynastie. — IIIe
dynastie.
11. et 12. — CALCAIRE. — Haut. 1 m. 68 cent., larg.
0 m. 42 cent. — Sakkarah.
Deux montants de porte, sur lesquels est représentée la
femme de Sokarkhâbiou (voir p. 18. no 16). La figure de
cette femme, qui s'appelait Hathornaferhotpou de son
grand nom et Toupis de son petit nom, rappelle le type
des Nubiennes; elle a sous les yeux une bande de fard
vert.— IIIe dynastie.
Centre de la Salle.
4 — et 5. — ALBÂTRE. — Haut. 0 m. 27 cent., larg.
0 m. 39 cent., long. 0 m. 57 cent. — Sakkarah.
Tables à libations appuyées sur deux lions accotés; le
liquide coulait par une rigole dans un vase placé entre les

queues des deux lions. Elle proviennent d'un tombeau situé
près de la pyramide à degrés — IIIe dynastie.
63. — CALCAIRE. — Haut. 1 m. 34 cent., larg.
1 m. 13 cent. — Sakkarah.
Cette stèle est importante parce qu'elle justifie ce qui a
été dit plus haut (voir p. 4-5) de la nature originelle de
ce genre de monument. Le défunt NOutirnofir y est représenté
de face, revenant de l'autre monde pour prendre
possession des offrandes, au moment où il traverse la
porte de sa chambre funéraire. — Ve dynastie.

SALLE B.

En y entrant par la porte ouest, on aperçoit en face
de soi, sur les deux piliers qui encadrent la porte est,
deux grandes colonnes en granit rose, dont les chapiteaux
sont formés de feuilles de palmiers attachées par trois liens
horizontaux au sommet du fût. Elles proviennent de la
chapelle de la pyramide du Pharaon Ounas de la Ve dynastie,
et elles portent la légende royale de ce souverain. Elles
ont été découvertes et ramenées au Musée par M. Barsanti,
en 1901. — Ve dynastie.
Centre de la Salle.
64. — DIORITE. — Haut. 1 m. 68 cent.
Statue du roi Khéphrên, constructeur de la seconde
pyramide. Le Pharaon est assis, les mains allongées sur
les genoux: un épervier, debout sur le dossier du siège,
enveloppe la tête de ses ailes, image du dieu Râ qui protège
son fils Pharaon. On se demande comment les artistes

égyptiens ont réussi à modeler avec tant de souplesse une
matière anssi rebelle au ciseau que le diorite: tout le détail
des genoux et de la poitrine est rendu avec une fidélité et
une vigueur merveilleuses. Une grande expression de calme
et de force est répandue sur l'ensemble. — IVe dynastie,
On a disposé aux quatre angles de la salle celles des
statues de la IVe dynastie qui présentent le plus d'intérêt:
Angle nord-ouest de la Salle.
19. — BOIS. — Haut. 1 m. 10 cent. — Sakkarah.
Cette statue, découverte par Mariette à Sakkarah, représente
l'un des contemporains de Khéops. Il est debout, le
bâton à la main. Les jambes manquent; il a fallu lui en
rajouter, auxquelles on a laissé la couleur du bois nouveau.
Les yeux sont rapportés, comme c'est le cas pour beaucoup
de statues égyptiennes. Ils sont formés d'un morceau
de quartz blanc opaque, enchassé de bronze pour simuler
la paupière; un morceau de cristal transparent sert de
prunelle, et un petit éclat d'ébène poli, fixé sous le cristal,
produit la paillette lumineuse de la vie. Par un hasard
singulier, la statue de ce vieil Égyptien était le portrait exact
d'un des cheikhs-el-beled, ou maires, du village de
Sakkarah; nos ouvriers arabes, toujours prompts à saisir
les ressemblances, l'appelèrent aussitôt le Cheikh-el-Beled,
et le nom lui en est resté. Le Khéphrên et le Cheikh-el-Beled
sont, peut-être, ce que l'art le plus ancien a légué de
meilleur au Musée; seul le scribe accroupi du Louvre
mérite de leur être comparé.
D'après les renseignements fournis par le réis Roubi,
qui assista à la découverte, la statue était debout dans
l'enfoncement de la stèle en granit qui occupait la paroi

ouest du tombeau, et celui-ci ne renfermait rien autre que
la statue et la stèle. Le buste de femme que l'on dit d'ordinaire
avoir été trouvé avec lui, et qui passe pour la
femme du Cheikh-el-Beled (voir p. 27, no 35), provient
d'un autre tombeau.
Angle nord-est de la Salle.
41. — ALBÂTRE. — Haut. 0 m. 80 cent. — Mit-Rahineh.
Statue du roi Khéphrên, constructeur de la seconde des
grandes pyramides (voir les nos 33, 41 et 64). — IVe
dynastie.
40. — Haut. 0 m. 545 mill. — Mit-Rahinéh.
Statue du roi Mankaourî-Mycérinus; successeur de Khéphrên
et constructeur de la troisième des grandes pyramides.
— IVe dynastie.
39. — GRANIT ROSE. — Haut. 0 m. 65 cent. —
Mit-Rahinéh.
Statue du roi Ousirnirî. — IVe dynastie.
Angle sud-est de la Salle.
1310. — CALCAIRE. — Haut. 0 m. 51 cent. —
Sakkarah.
Magnifique statue représentant un scribe dont le nom
n'est malheureusement pas donné. Il est accroupi à l'orientale
et il écrit sur un papyrus déroulé sur ses genoux. La
teinte des chairs est rouge pâle; la chenti est peinte en

blanc: on voit au menton une fausse barbe très courte.
Les yeux sont incrustés; l'albâtre et le cristal qui les composent
sont enchâssés dans les cils en bronze; derrière le
cristallin un éclat d'ébène poli imite la pupille.
Par le modelé ferme et correct, par l'exécution du travail,
par l'expression de la face, ce monument peut
compter parmi les plus belles aeuvres de la statuaire égyptienne.
Il est pourtant inférieur à notre Cheikh-el-Beled,
ainsi qu'au scribe accroupi du Louvre.
38. — ALBÂTRE CALCAIRE. — Haut. 0 m. 48 cent.
Mit-Rahinéh.
Statue du roi Mankahorou. — Ve dynastie.
37. — ALBÂTRE. — Haut. 0 m. 635 mill. — Mit-Rahinéh.
Statue royale sans nom, trouvée en 1888 à Mit-Rahineh,
avec les nos 30, 40, 41, 42. Elle représente probablement
Khéops, le fondateur de la grande pyramide. —
IVe dynastie.
Angle sud-ouest de la Salle.
1311. — CALCAIRE. — Haut. 0 m. 61 cent. —
Sakkarah.
Statue trouvée près de la statue no 1310 (p. 21), à l'extérieur
du mastaba, et représentant le même personnage. Il est
assis, la main droit fermée, la gauche étalée sur les genoux.
Une grosse perruque couvre la tête et cache les oreilles.
Deux tiges de bronze qui font saillie soutenaient probablement
des boucles d'oreilles. Les yeux sont incrustés; ils

ont gardé tout leur éclat. Cette statue est d'un travail
presque aussi parfait que la statue no 1310. Le corps est plus
maigre, mais le sculpteur l'a modelé avec art, et il a su
donner à la figure une expression souriante et pleine de
charme.
Partie méridionale de la Salle.
Dans l'embrasure de la porte est qui ouvre sur le Portique
des quatre piliers, est exposé un monument de grande
valeur historique:
54. — CALCAIRE. — Haut. 0 m. 70 cent. — Gizéh.
Cette stèle mentionne les travaux de construction exécutés
sous le roi Khéops, de la IVe dynastie, sur le plateau
de Gizéh; il y est question de la grande pyramide, d'une
autre petite et du temple d'Isis, où la stèle a été retrouvée.
Ce n'est pas l'original gravé sous Khéops, mais une copie
exécutée après la restauration du temple, peut-être sous la
XXIe ou sous la XXVe dynastie.
Les bas-reliefs groupés sur le panneau sud-est du mur
sud, sont tirés de quelques tombeaux de Sakkarah. Ils représentent
ces scènes de la vie journalière que l'on gravait
sur les parois de la chapelle funéraire, pour aider le mort
à retrouver dans l'existence d'outre-tombe tout ce dont il
avait besoin pour ne manquer de rien (cfr. p. 16). Ils étaient
animés par les prières qu'on récitait sur exu pendant la
consécration du tombeau, et les opérations qui y sont retracées
étaient censées s'accomplir effectivement chaque fois
que le mort le souhaitait: il n'avait qu'à regarder les
scènes de la récolte et du sacrifice pour que ces rêves
devinssent une réalité et lui fournissent le blé et la viande
nécessaires à son entretien.
94. — CALCAIRE. — Haut. 0 m. 50 cent., larg.
1 m. 40 cent. — Sakkarah.
Joute sur l'eau. Le bas-relief qu'on voit au-dessous
représente une partie du sacrifice: au premier registre, le
sacrifice des volatiles, au second le sacrifice du baeuf; le
personnage qui les reçoit et dont on n'aperçoit plus que
les pieds sur le côté gauche de la pierre, s'appelait Sanou.
— Ve dynastie.
L'angle sud-est est occupé par une charmante statuette
d'un certain Phtahshopsisou de Sakkarah (Ve dynastie), et
l'on a disposé sur les parties avoisinantes du mur sud des
groupes de stèles et de statues, pour la plupart de la Ve
dynastie et découvertes à Sakkarah. Ce sont des aeuvres
moyennes, exécutées par de bons ouvriers, d'un style mou
mais d'un aspect agréble. Devant le second panneau, on
remarque un petit autel en calcaire au nom de Phtahkhouni
(haut. 0 m. 60 cent., Sakkarah): on allumait dans
la partie creuse un feu de charbon sur lequel on versait
les parfums solides et liquides. Adossée au pilier central
est une belle stèle:
23. — CALCAIRE. — Haut. 2 m. 30 cent., larg.
0 m. 92 cent. — Sakkarah.
Stèle en relief, au nom de Rânikaou, mentionnant sa
femme Ahît, prêtresse d'Hathor (voir p. 9, no 28).
A la droite de la stèle, le même groupement de stèles
et de statues recommence. L'on remarque plus particulièrement:
20. — CALCAIRE. — Haut. 1 m. 11 cent. —
Sakkarah.
Le prêtre Ansakha est représenté nu et circoncis: ces
deux circonstances font de sa statue un monument presque
unique dans la haute antiquité égyptienne.
45. — DIORITE. — Haut. 1 m. 08 cent. — Gizéh.
Statue décapitée représentant Khéphrên. Elle a été
trouvée dans le puits du temple de granit, près du sphinx
de Gizèh, anisi que la statue no 46 (voir p. 27).
Partie septentrionale de la Salle.
La porte qui conduit à la salle A est encadrée entre deux
petites stèles de calcaire. découvertes à Gizèh dans le tombeau
de Sitou (haut. 0 m. 70 cent., larg. 0 m. 68 cent.);
elles représentent, comme l'une des grandes stèles qui sont
exposées dans la galerie d'honneur (voir p. 10, ne 10)
la façade d'un édifice avec sa porte au milieu, ici la porte
de la maison du mort. Deux tables d'offrandes sont placées
devant elle.
14. — ALBÂTRE. — Long. 0 m. 32 cent., larg.
0 m. 56 cent. — Sakkarah.
Plaque rectangulaire au nom d'Assinofir Sanofrouinofir,
prêtre de la pyramide. Le décor montre que c'est une table
d'offrandes: on y voit en effet, au centre, le dessin schématique
— de la table d'offrandes elle-même, avec un pain
sacré et trois godets de formes différentes pour les liquides.
— Ve dynastie.
15. — ALBÂTRE. — Diamètre 0 m. 49 cent. —
Sakkarah.
Plaque circulaire, qui a servi de table d'offrandes comme
le no 14. On y voit, au centre, la table d'offrandes elle-même
—, entourée du bassin rectangulaire oblong et de dix
godets de formes différentes pour les liquides.—Ve dynastie.
La partie du mur ouest, qui s'étend entre le pilier et
l'angle nord-ouest, a reçu un ensemble de dalles trouvées
dans des tombeaux et représentant des scènes de l'offrande.
Au centre, un panneau archaïque, provenant d'un tombeau
de Sakkarah aujourd'hui détruit: une figue de femme à
moité brisée est assise devant une table, et au-dessous
s'étend en colonnes serrées la liste des étoffes et des provisions
principales.
92. — CALCAIRE. — Haut. 1 m. 41 cent., larg.
0 m. 72 cent. — Sakkarah.
On apporte au défunt Ankhafîtka le produit des domaines
qu'il a donnés à son tombeau. ainsi qu'une partie de son
mobilier funéraire.
Les trois bas-reliefs superposés à la droite appartenaient
à des scènes du même genre. L'un d'eux porte une scène
tragi-comique:
93. — CALCAIRE. — Haut. 0 m. 70 cent., larg.
0 m. 70 centt — Sakkarah.
Un cynocéphale qu'on mène en laisse se retourne pour
mordre à la jambe un homme qui probablement avait

voulu le tracasser. Le conducteur du singe rit d'un air
sarcastique: il tient en laisse une guenon de la même espêce,
que son petit embrasse à bras le corps. — Ve dynastie.
35. — BOIS. — Haut. 0 m. 60 cent. — Sakkarah.
Restes d'une fort belle statue de femme trouvée avec la
statue de Cheikh-el-Beled (v. p. 21, no 19) à Sakkarah. On
pense qu'elle représente la femme de ce personnage, mais
cette tradition est contredite par le témoignage du réis
Roubi, que j'ai rapporté à propos de la statue no 19.
26. — CALCAIRE. — Hauteur 2 m. 05 cent. —
Sakkarah.
Stèle représentant une prêtresse d'Hathor et de Neît,
appelée Noubhotpou, surnommée Babi, entourée de ses
fils et de ses filles. Elle était la femme du prêtre Honmînou,
dont la stèle est décrite à la page 28, sous le no 27. —
Ve dynastie.
46. — BASALTE VERT. — Haut. 1 m. 07 cent. —
Gizèh.
Belle statue décapitée représentant Khéphrên; le cartouche
du souverain se lit à droite et à gauche du siège
(voir p. 25, no 45). — IVe dynastie.
24. — CALCAIRE. — Haut. 2 m. 35 cent., larg.
1 m. 07 cent. — Sakkarah.
Stèle de Hosisi, directeur des grenies, du trésor et des
appartements, ordonnateur de travaux, etc. Les hiéroglyphes,

gravés en creux, sont aussi peints en bleu. Trouvée en
1887, au nord de la pyramide à degrés de Sakkarah. —
Ve dynastie.
42. — BASALTE VERT. — Haut. 1 m. 20 cent. —
Gizèh.
Autre statue assise de Khéphrên, trouvée par Mariette
dans les puits du temple de granit, près du sphinx de
Gizèh. Elle est d'un fort beau travail; la portion de la face
et du corps, qui manquait, a été refaite par Vassalli bey.
— IVe dynastie.
27. — CALCAIRE. — Haut. 2 m. 31 cent., larg.
1 m. 28 cent. — Sakkarah.
Stèle de Honmînou, fils aîné de Tapoumânkhou (no 95
et 98) et mari de Noubhotpou, dont la stèle a été décrite
à la page 27, no 26. Il était prêtre de Mycérinus et d'Ousirkaf,
premier roi de la Ve dynastie.
86. — CALCAIRE. — Haut. 1 m. 16 cent., larg.
1 m. 50 cent. — Sakkarah.
Bas-relief du tombeau d'Ankhafîtka. Il représente l'intermède
de jeux et de danses qui accompagnait toujours le
repas funéraire. Dans le haut, le mort était assis devant sa
table et ses provisions. Au-dessous de lui, dans un premier
registre, des joueurs de flûte et de harpe et des chanteurs
représentent l'orchestre; au second registre, cinq almées
dansent, tandis que deux coryphées leur marquent la
mesure en battant des mains. — Ve dynastie.
Comme complément des monuments contenus dans la
salle B, on trouvera, à l'extrémité sud-ouest du portique
qui longe l'atrium central, et dans l'angle formé par les
deux murs qui limitent cet atrium et la salle, un tombeau
complet datant de l'époque memphite:
109. — CALCAIRE. — Haut. 1 m. 65 cent., larg.
1 m. 50 cent., prof. 2 m. 95 cent. — Sakkarah.
Chambre funéraire du mastaba de Doshiri, rapporlée
par M. Maspero et reconstruite au Musée. On a placé, en
guise de sol, la plupart des pierres qui fermaient le plafond,
afin de laisser la lumière pénétrer d'en haut dans la chambre.
Le cercueil en bois était placé sur le dallage. C'est
un bon exemple de ce qu'étaient les mastabas à four de la
VIe dynastie.

SALLE C.

Elle contient, sous son portique central et dans ses quatre
réduits, une collection de statues et de stèles qui n'ont
d'intérêt que pour l'archéologue. Elles rentrent toutes
dans les catégories décrites plus haut des statues de double
(p. 13-15) et des stèles funéraires (p. 4-5), et elles ne présentent
aucune particularité digne de remarque: elles ne
diffèrent l'une de l'autre que par les noms ou par des détails
d'agencement et de costume. On y distingue pourtant
deux monuments de premier ordre.
C'est d'abord, dans l'angle nord-est, un fragment presque
informe de statue en calcaire grossier, ne conservant que
le tronc, les jambes et les marques caractéristiques du dieu
Mînou. Il a été découvert dans les ruines de Coptos par

M. Petrie, et il nous a conservé l'image du dieu de cette
ville, taillée à l'époque thinite, sous la Ire ou sous la Ile
dynastie. C'est donc l'une des statues les plus anciennes,
sinon la plus ancienne, du Musée.
Centre de la Salle.
1312. — CALCAIRE. — Haut. 1 m. 20 cent. —
Abousir.
Cette colonne se trouvait dans une chambre du mastaba de
Phtahshopsisou, à Abousir, et elle nous donne un des plus
vieux spécimens connus de la colonne lotiforme. Les six
tiges de papyrus qui forment le fût, et les boutons placés
entre les fleurs à demi épanouies du chapiteau, constituent
un ensemble très gracieux, que ne réalisent pas aussi bien
les colonnes conçues dans le même esprit sous le nouvel
empire, et dont on rencontre de nombreux exemples dans
les temples de la Haute-Égypte. — Ve dynastie.

SALLE D.

Comme celles de la salle C, la plupart des pièces que la
salle D renferme n'ont d'intérêt que pour l'archéologue;
quelques-unes seulement méritent d'attirer l'attention du
visiteur.
Mur ouest de la Salle.
Le fragment de grande stêle, debout dans l'embrasure
de la fenêtre, provient de Sakkarah, et il est remarquable
par la beauté des hiéroglyphes et des figures qui le couvrent.
La table d'offrandes en albâtre (no 31, long. 1 m.
28 cent., larg. 1 m. 16 cent.) provient également de Sakkarah,

et présente un caractère complexe. Au centre, la
table proprement dite — est figurée avec le vase ordinaire,
et devant elle le disque plat dont nous avons vu des exemples
(no 15, p. 26): les deux figures qui flanquent
le disque paraissent avoir marqué la place de quelque
object nécessaire à la cérémonie, celle peut-être des bassins
oblongs destinés à recevoir la libation.
Les deux blocs de granit dressés à droite et à gauche
de la fenêtre comptent parmi les plus anciens de nos monuments.
Ils ont été découverts par Quibell, en 1897, à
Kom-el-Ahmar, l'Hiéracônpolis des Grecs située vis-à-vis
d'El-Kab; ils portent des inscriptions d'un roi de la IIIe
dynastie, dont le tombeau a été retrouvé par M. Amélineau à
Omm-el-Gâab, et dont nous ne connaissons encore que
le nom de double Khâsakhmoui. Le protocole de ce prince
est très lisible sur la tranche du plus gros des deux blocs,
celni qui est à gauche de la fenêtre. Il y avait autrefois
sur le plat une grande scène sculptée en relief, accompagnée
de légendes, mais elle a été martelée avec soin, au
temps où le bloc fut remployé, et l'on ne distingue plus
que la silhouette parfois indistincte des hiéroglyphes et des
personnages. A l'extrême gauche, le roi était représenté
debout, marchant, le bâton de commandement à la main,
la face tournée vers une déesse également debout; des légendes
royales et des personnages de moindre taille tenant
des emblèmes complètaient la scène.
Sur le mur est, au nord de la porte qui mène à la
salle C, est exposé tout ce qui reste d'une des fausses portes
du mastaba d'Ainofir, à Dahchour. Ce qui manque a été
en partie détruit, en partie enlevé par les Bédouins pour
fournir quelques débris à des musées européens: à la suite

d'une tentative nouvelle, on se décida à prendre ce que les
voleurs avaient laissé, et on le transporta à Gizèh en
1901. La sculpture est dans le fort relief des premiers
temps de la IVe dynastie, et le dessin des personages ou
des hiéroglyphes est d'une largeur et d'une élégance rares:
on verra un peu plus loin, dans la salle E, les fragments
d'une autre stèle originaire du même tombeau.

SALLE E.

Suite des statues et des stèles funéraires. La plupart
d'entre elles appartiennent à la fin de la Ve et à la VIe
dynastie. On notera, dans l'embrasure de la fenêtre, les
restes d'une grande stèle en forme de fausse porte qui
provient du tombeau d'Ainofir à Dahchour, comme celle
qui a été décrite dans la salle D. Le travail en est aussi
large et aussi beau. Sur les ressauts de la fausse porte
sont figurés les domaines du mort, défilant deux à deux,
puis les cérémonies du sacrifice journalier qui fournissait
à la subsistance du mort. — IVe dynastie.
95. — Bois. — Haut. 1 m. 66 cent. — Sakkarah.
Belle statue de Tapoumankhou, dont la stèle a été
décrite plus haut (voir p. 9-10, no 98). C'est un morceau
de sculpture assez recommandable. — Ve dynastie.
49. — CALCAIRE. — Haut. 1 m. 15 cent., larg.
2 m. 45 cent. — Abydos.
Un des plus précieux monuments du Musée. Histoire
d'Ouni, d'abord page de Téti, premier roi de la VIe dynastie;

puis ministre des rois suivants, Pâpi Ier et Merenrî
Métésouphis Ier, conquérant de la Nubie, et vice-roi des
pays situés entre Éléphantine et Memphis. — VIe dynastie.

SALLE F.

Nous avons dressé, contre le pilier sud de la porte est qui
mène de cette salle au long portique de l'atrium central,
une fort belle colonne en granit rose découverte en 1902,
par M. Borchardt, dans les ruines de la chapelle funéraire
attenante à la pyramide du Pharaon Oursirnirî, de la Ve
dynastie. Elle est du type lotiforme, avec un fût cannelé
consistant en tiges, et un chapiteau de la forme dite
en bouton de lotus. Elle n'a pas la grâce et l'élégance
des deux colonnes d'Ounas qu'on a rencontrées dans
la salle B (voir p. 19), mais, malgré son aspect ramassé
et trapu, elle nous donne bonne idée de ce qu'était l'art
de l'architecte sous l'empire memphite.
Le centre de la salle est occupé par deux des aeuvres
les plus vivantes de la sculpture égyptienne:
6. — CALCAIRE. — Haut. 1 m. 20 cent. — Meidoum.
Les deux statues peintes du prince Râhotpou et de sa
femme la princesse Nofrît ont été découvertes par Mariette
dands un des mastabas voisins de la pyramide de Meidoum,
et on les fait remonter jusqu'aux derniers temps de la IIIe
dynastie. Celle de l'homme est fort belle, mais elle ne se
distingue que par la perfection du travail des autres statutes
d'homme de cette époque. Celle de la femme est traitée avec
une grande liberté de ciseau et présente des dispositions

entièrement originales. La façon dont la perruque est posée
sur la chevelure réelle et maintenue au moyen d'un bandeau
ne s'est encore rencontrée que là, et nulle part ailleurs
en Égypte on n'a fait sentir plus délicatement le modelé
de la gorge et du corps sous le manteau d'étoffe légère
qui serre le corps.
On a réparti dans les quatre angles de la Salle de fort
belles statues de la VIe et de la Ve dynasties.
17 et 18. — Haut. 1 m. 95 cent. et 1 m. 73 cent.
Sakkarah.
Les deux statues de Rânofir, prêtre de Phtah Memphite
sont deux statues de double (voir p. 13-15) destinées à sevir de
corps au mort. L'une (no 17) le représente la tête rase,
en son rôle de prêtre; dans l'autre (no 18), il a la perruque
et le costume civil ordinaire — Ve dynastie.
77. — CALCAIRE. — Haut. 2 mètres. — Sakkarah.
Statue de Ti, trouvée dans le tombeau de Sakkarah que
les étrangers visitent le plus souvent. — Ve dynastie.
La superbe statue, en cuivre ou en bronze, qui occupe
le dernier angle, a été découverte en 1897, par M. Quibell,
dans les ruines de l'ancienne cité de Hiérâconpolis, aujourd'hui
Kom-el-Ahmar, en face d'El-Kab. Elle était en
morceaux informes, qui furent nettoyés, assemblés et remontés
sur une âme de bois par M. Barsanti; les restes de
l'inscription gravée sur le socle, lequel n'a pu être reconstitué,
montrent qu'elle représente un des Pharaons les plus
célèbres de l'empire memphite, Papi Ier de la VIe dynastie.

Le buste, les bras et les jambes consistent en plaques de
cuivre travaillées au marteau, puis rivées et battues sur les
joints, sans que l'on aperçoive trace de soudure: le masque,
les mains et les pieds ont été fondus. C'est donc une
aeuvre mixte, moitié de fondeur, moitié de chaudronnier.
Le jupon était soit en or, soit en électrum, et l'on aperçoit
encore, au bas du buste et au sommet des cuisses, les rivets
qui l'unissaient au corps; la coiffure était probablement
en incrustations de lapis-lazuli ou de verre bleu, comme
celles des statues dont il est parlé au Conte de Sinouhît.
La petite statue placée à côté de la grande a été trouvée
avec elle et, ce semble, dans le buste. Elle représente le
même personnage. Les deux portions du buste et des
jambes ont été rapprochées indûment lors de la restauration:
elles étaient jadis séparées par le jupon en or ou en
électrum.
Ce sont deux aeuvres admirables par le style et par la
technique. Le modelé en est excellent, et l'émail rapporté
des yeux prête au visage une expression de vie intense.
Papi vivait vers 3500 av. J.-C., plus ou moins, et rien
n'est plus propre que ces deux statues en cuivre à montrer
le degré de perfection qu'avaient atteint les arts et l'industrie
de l'Égypte à cette époque reculée.
Les autres monuments exposés dans la salle F rentrent
dans l'une ou l'autre des catégories déjà décrites, et ne sont
pas d'une beauté d'exécution suffisante pour excuser l'immobilité
de la pose ou la médiocrité de la sculpture. On
notera pourtant sur les murs de l'est et de l'ouest quelques
fragments de sculpture provenant des tombeaux de Sakkarah:
91. — CALCAIRE. — Haut. 1 m. 30 cent.
Ce sont des scènes de la vie courante qui fournissaient
aux besoins du mort (v. p. 16-17). Des serviteurs fabriquent
le pain pour lui et mettent en cruche des liquides. Plus
haut, d'autres prennent des taureaux au lasso. Plus bas,
d'autres encore traient des vaches, préparent pour la cuisine
des poissons et des oiseaux, font cuire les oiseaux sur de
petits fourneaux. On aperçoit auprès d'eux deux chiens, l'un
assis, l'autre couché. — Ve dynastie.
84. — CALCAIRE. — Haut. 1 m. 43 cent., larg.
0 m. 42 cent. — Sakkarah.
Fragment de bas-relief représentant une joute sur l'eau:
un des matelots est tombé à l'eau, et il essaie de se rattrapper
à l'une des barques. — Ve dynastie.
On notera également les fragments de bas-reliefs appliqués
à la paroi ouest, entre l'angle sud-ouest et le pilier qui
encadre la porte de la salle E. Ils viennent des fouilles
entreprises par l'Académie de Berlin, sur l'initiative de
M. de Bissing parmi les ruines du temple de divinisation
que le roi Ousirnirì de la Ve dynastie s'était érigé de son
vivant dans la plaine sablonneuse d'Abou-Ghorab, en avant
de sa pyramide. Ils sont si mutilés que le sens en serait obscur,
si l'on ne connaissait point par ailleurs les scènes qu'ils
représentent. On y voit des restes de processions et d'offrandes,
des danses, des courses, et sur le principal, le roi
ou sa statue, vêtu comme nous le montre la statue de
Montouhotopou (voir p. 42, no 1600), au moment décisif des
opérations qui l'identifient à l'Osiris vivant, roi de l'Égypte

et des hommes, par un procédé analogue à celui qui plus
tard, lorsqu'il sera mort, le transformera en un Osiris
mort, roi de l'Éternité.
Enfin, deux des grandes stèles méritent une mention
spéciale. L'une, qui est adossée à la paroi nord, entre
l'angle nord-est et le pilier nord, comprend en réalité deux
stèles en forme de fausse porte, réunies par une dalle plate
qui contient le menu ordinaire du mort. C'était la face
ouest de la chapelle du tombeau d'un riche Égyptien
nommé Ati, qui était prophète de la pyramide d'Ousirkaf,
et qui vivait dans la première de la Ve dynastie. Ces
deux portes, qui ouvraient au mort l'accès du monde extérieur,
et dont l'une lui servait à entrer dans son tombeau,
l'autre à en sortir, marquaient le point important de la chapelle,
le point vers lequel toute la décoration convergeait.
C'était là que venaient aboutir en offrandes le produit
entier des scènes de culture et d'industrie représentées sur
les parois, les baeufs, les volailles, le pain, le blé, les
légumes, les étoffes, les meubles: on les plaçait sur la table
qui était au pied de l'une d'elles ou des deux, et le
tout passait dans l'autre monde. Les deux petits panneaux
de serviteurs rangés à droite et à gauche marquent l'endroit
où les scènes tracées dans les registres des parois précédentes
se raccordaient à la paroi de la stèle.
La seconde stèle, qui fait pendant à celle-ci contre la
paroi sud, a été prise à Sakkarah dans le même temps.
Elle appartenait à un Rânikaou, dont nous possédons d'autres
monuments (voir p. 24, no 23), et qui était prophète
non seulement d'Ousirkaf, mais d'un Pharaon peu connu
parmi les successeurs d'Ousirkaf, Neferrî. — Ve dynastie.

(SALLES G-L.)
PREMIER EMPIRE THÉBAIN
SALLE G.

Au milieu de la salle G, la place d'honneur a été
réservée à un sphinx en calcaire fort mutilé, mais d'une
importance considérable pour l'histoire des temps troublés
qui séparent le premier empire thébain du second.
139. — CALCAIRE. — Haut. 2 m. 33 cent., long.
o m. 78 cent. — El-Kab.
Fragments d'un sphinx découvert en 1891, par M. Grébaut,
dans les ruines d'El-Kab, auprès d'objets de la XIIe
et de la XIIIe dynasties. Il présente, comme les autres monuments
de même style, les traits biens accentués des
populations voisines du lac Menzaléh. Si l'on doit hésiter à
y reconnaître les produits de l'art des Pasteurs, il faut
toujours les considérer comme les produits très originaux
d'une école de sculpture tanite, qui aurait été florissante sous
le moyen empire. Cette école, voisinede la frontière syrienne,
pouvait d'ailleurs subir l'influence des Asiatiques, dont
les peintures de Beni-Hassan attestent les relations pacifiques
avec l'Égypte, antérieurement à l'invasion des
Pasteurs. — Époque des Pasteurs?
Dans l'angle nord-ouest du portique central, une statue
sans tête, en granit noir, est placée, qui représente un
personnage agenouillé. L'inscription, tracée sur le devant
de la jupe, nous apprend que le monument représente

un vieux prince de Thèbes, Autoufâa, et qu'il a été élevé
par le Pharaon Ousirtasen Ier en l'honneur de cet ancêtre
éloigné de sa race.
En face de la statue, dans l'angle sud-ouest du même
portique, se dresse une encoignure de muraille découverte
à Coptos par M. Petrie en 1896. Sur la face droite, un roi
de la XIe dynastie. Antouf Noubkhoppirrî, avait fait graver
la copie du décret par lequel, en l'an IV de son règne,
il déposait un certain Téti, fils de Mînhotpou, et prononçait
des malédictions contre quiconque le rétablirait en
fonctions, lui ou un de ses descendants. Plusieurs générations
plus tard, ce bloc fut remployé, et des tableaux
furent gravés sur la face nord, au nom d'Ousirtasen Ier.
Les stèles qui garnissent les murs comprennent d'abord
quelques stèles d'Abydos, qui marquent une époque de
transition entre l'art de l'empire memphite et celui du
premier empire thébain, d'autres stèles d'Akhmîm, de
Rizagat (au sud d'Erment) et de Mécheikh (près de Girgéh),
d'un style tout à fait barbare, puis des stèles de la
XIIe et de XIIIe dynasties, la plupart originaries d'Abydos,
et dont beaucoup présentent un intérêt réel pour
l'égyptologue de profession, sans mériter d'attirer l'atlention
du visiteur ordinaire.

SALLE H.

La salle H a reçu quelques-unes des plus curieuses parmi
les aeuvres que le premier empire thébain nous a laissées.
Et d'abord on a mis en vedette, au centre de la salle,
dans l'embrasure de la fenêtre et contre les quatre piliers:
Centre de la Salle.

1341. — BOIS. — Haut. 1 m. 45 cent. — Dahchour.
Le roi Horus Aoutouabrî Ier est représenté debout et en
marche. Les yeux sont incrustés, le corps est nu complètement,
ce qui caractériese comme reproduisant le double
du roi, et de fait, il avit sur la tête le signe qui
sert à écrire le nom de double. Le travail est un peu mou,
mais d'une finesse remarquable. La statue étaite enfermée
dans le naos en bois qui figure sous le no 1342. — XIIIe
dynastie.
Embrasure de la fenêtre.
128. — GRANIT ROSE. — Haut. 1 m. 50 cent. —
Abydos.
Le roi Sovkoumasouf est debout, marchant; sur la pierre
qui unit ses deux jambes est représenté son fils, qui
porte le même nom que lui. La figure du Pharaon est
mutilée; cet accident est d'autant plus à regretter que le
morceau est d'une très belle facture et donne la meilleure
idée de ce qu'était l'art égyptien un peu avant l'invasion
des Pasteurs. — XIIIe dynastie.
Aux pieds de la statue de Sovkoumsaouf est placée:
130. — ALBÂTRE. — Longueur 0 m. 67 cent. —
Hawara.
Table d'offrandes de la princesse Nofriouphtah, trouvée
par M. Petrie en 1888, dans la pyramide d'Amenemhaît
III. Les objets destinés à être offerts au mort sont
gravés en relief sur le plat de la table, et leur nom hiéroglyphique

est inscrit à côté ou à l'intérieur de chacun d'eux:
c'est une particularité unique jusqu'à présent, et qui a permis
d'identifier avec certitude plusieurs mots dont le sens
nous était inconnu auparavant. — XIIe dynastie.
Pilier sud-ouest.
1375. — GRANIT ROSE RAYÉ ET TACHETÉ DE NOIR.
Haut. 1 m. 52 cent. — Licht.
Statue représentant l'intendant du palais, Nakhîti, fils
de Satankheï, assis sur une chaise sans ornements. — XIIe
dynastie.
Pilier sud-est.
1370. — CALCAIRE. — Hauteur 1 m. 75 cent —
Hawara (Fayoum).
Statue représentant le roi Amenemhaît III, de la XIIe
dynastie. Sur les côtés du siège, le Nord et le Midi lient
autour du signe les plantes symboliques des deux parties
de l'Égypte. La tête du roi est fort intéressante: avec ses
pommettes saillantes, elle rappelle le type des monuments
attribués primitivement aux Hyksos (voir nOB 133, 134,
135, 137), et elle viendrait à l'appui de la théorie que ces
statues, bien qu'appartenant à un art particulier, remontent
à la XIIe dynastie (v. p. 38, no 139). — XIIe dynastie.
122. — GRANIT NOIR. — Haut. 1 m. 20 cent. —
Tanis.
Statue assise de la reine Nofrit, femme du roi Ousirtasen
Ier, découverte par Mariette en 1863. Le buste de la

même princesse qu'on voit à côté a la même origine.
On y peut déjà remarquer quelques-uns des caractères de
l'école tanite (voir no 133-139). Un autre fragment d'une
statue de la même reine, de même provenance, est exposé
contre le mur est de la salle. — XIIe dynastie.
Pilier nord-est.
1600. — GRÈS PEINT. — Haut. 1 m. 75 cent. —
Déîr el-Bahari.
Statue découverte à Thèbes, en décembre 1900, par
M. Carter, dans l'hypogée dénommé Bab-el-Hoçân, qui
paraît avoir appartenu à Montouhotpou Ier de la XIe
dynastie. C'est le portrait de ce roi, mais habillé en Osiris
de la Basse-Égypte, et c'est pourquoi les chairs sont peintes
en noir, le vêtement en blanc, la couronne caractéristique
en rouge. Le manteau court dans lequel le buste et les bras
sont serrés, est celui que les Pharaons revêtaient lors des fêtes
de fondation, au cours desquelles ils étaient déifiés et identifiés
avec Osiris: c'est probablement l'une des statues qui
servaient dans la fête célébrée à cette ocasion en l'honneur
de Montouhotpou, et qui fut ensuite déposée dans le tombeau
en qualité de statue de double. Elle était enveloppée
d'une couche épaisse de linges très fins, comme s'il se fût
agi d'une momie, et couchée sur le flanc: bien qu'on eût
soutenu le bonnet avec des pierres, ce support s'était trouvé
insuffisant à la longue, et la tête s'était séparaée du tronc
par son propre poids. La cassure s'est produite à la bouche;
les quelques éclats qui s'étaient détachés ont été
recueillis et remis en place.
C'est une aeuvre rude et forte, qui porte les marques
caractéristiques des écoles de sculpture de la Haute-Égypte
à cette époque. — XIe dynastie.

SALLE I.

Le milieu de cette salle est occupé par l'ensemble que
forment le tombeau de Harhotpou et les statues du roi
Ousirtasen Ier, ces dernières découvertes à Licht par
MM. Gautier et Jéquier.
114. — CALCAIRE. — Profondeur de la chambre
3 m. 20 cent., larg. 2 m. 66 cent., haut. 2 m. 50 cent.,
long. du sarcophage 2 m. 50 cent.
Tombeau de Harhotpou, fils de la dame Sonoshe,
découvert en février 1883, à mi-côte de la montagne qui
borne au nord la vallée de Deîr-el-Bahari, presque au
débouché de la route qui conduit de la plaine aux tombeaux
des rois. La chapelle extérieure. s'il y en eut jamais
une. a été complètement détruite. Un couloir raide, grossièrement
taillé dans le roc, menait, par une pente d'environ
trente mètres, à une sorte de vestibule d'où il ressortait
sur la droit, pour aller tomber dans la chambre où
s'élevait l'édicule aujourd'hui conservé au Musée. Le corps
de la montagne est formé en cet endroit d'une sorte de
roche brune, très fraible, dans laquelle sont infiltrés par
millers des filons de calcaire blanc; je ne saurais mieux
la comparer qu'à une pâte feuilletée, tant certains des filons
sont minces. Comme cette matière ne se prêtait nullement
à la taille et à la décoration, l'architecte, après y avoir
creusé une cavité de dimensions convenables, y construisit,
en blocs de calcaire blanc bien parés, le sarcophage
et l'édicule que nous voyons. Ces blocs enlevés un
à un et dûment empaquetés, ont été transportés par eau
de Thèbes à Boulak puis remontés dans l'ordre même où
ils étaient à l'origine.
Il nous est facile de nous représenter la façon dont s'y
sont pris les ouvriers pour l'édifier. Le mur du fond et
les deux murs de droite et de gauche furent élevés et
décorés tout d'abord, puis les blocs introduits et ornés au
moyen desquels on bâtit le sarcophage. C'est en effet une
des particularités du moyen empire de substituer fréquemment
aux grands sarcophages monolithes, des sarcophages
formés de blocs réunis par un peu de ciment ou par des
queues d'aronde. Le sarcophage une fois en place, on a bâti le
mur de face, en n'y réservant comme porte qu'une sorte de
baie, juste assez large pour laisser passer la momie. La
chambre fut ouverte et pillée pendant la première moitié du
XIXe siècle, car M. Wilbour a reconnu dans la collection
Abbott, à New-York, un bloc qui porte le nom du propriétaire
et qui provient soit du sarcophage, soit d'une des
parois. Le cercueil de bois fut rompu en petits morceaux,
tous les menus objets furent brisés ou détruits; j'ai
retrouvé dans les décombres un bras de statuette en bois
d'un travail admirable, les rames et une partie de l'équipage
d'une barque également en bois, et d'autres débris, qui
prouvent l'existence d'un mobilier funéraire. Les voleurs
défoncèrent les deux bouts du sarcophage, cassèrent à
coups de pic deux pierres du mur de droite et une pierre
du mur de gauche. Les fragments furent laissés à terre à
l'exception du morceau qu'a signalé M. Wilbour. Ils m'ont
servi à reconstituer presque entièrement la muraille: les
parties manquantes ont été refaites en plâtre et teintées
dans le ton des parties originales, à Boulak, par MM. Vassalli
bey et Emile Brugsch bey, conservateurs du Musée, au
Caire par MM. Fanghaenel et Oropesa.
Les visiteurs qui ont déjà vu le tombeau de Ti à Sakkarah,
ceux même qui ont examiné seulement les bas-reliefs

exposés dans nos salles de l'ancien empire, reconnaîtront
sur-le-champ quelles différences profondes il y a entre le
style des hypogées de l'époque memphite et celui du
tombeau que nous examinons. Au lieu d'être sculptées et
peintes, les parois sont peintes seulement; au lieu de scènes
variées, entremêlées de rares hiéroglyphes, on ne voit
qu'une maigre série d'objects d'offrandes, accompagnés
d'interminables inscriptions. Le sarcophage ne présente
plus une masse presque nue ou décorée de dessins mais il
contient autant de textes que les murailles; il est même
garni d'une corniche multicolore que je n'ai pas retrouvée
ailleurs. Ces différences, souvent observées sur d'autres
tombeaux, avaient fait croire à Mariette qu'il y avait eu,
entre la VIe et la XIe dynastie, rupture des traditions artistiques,
et que les monuments thébains étaient le produit d'un
art local, indépendant, à l'origine, de l'art memphite des
anciennes dynasties. Cette théorie n'a pas éteé justifiée par les
faits. J'ai ouvert (1882-1883) dans la plaine de Sakkarah,
autour du Maslaba-el-Faraoun, des mastabas en briques,
dont la chambre sépulcrale est décorée de la même manière
que la chambre de Harhotpou, mais avec une moindre
profusion de légendes. Ils portent les cartouches de Nofirkerî
Papi II et ils appartient, par conséquent, aux derniers
temps de la VIe dynastie. Si peu nombreux qu'ils soient
encore, ils n'en suffisent pas moins à prouver que cet art
soi-disant thébain du moyen empire avait son prototype
dans l'art memphite de l'ancien.
Chacune des parois a l'un des côtés occupé par un
panneau de dessins géométriques, dont l'ensemble représente
une porte. Les détails en sont curieux à étudier pour
des architectes, car ils nous rendent assez exactement
l'aspect qu'avaient les portes décorées dans les maisons

particulières. La décoration de chacune des parois est fort
simple. Sur la face de la porte, au-dessus de la baie, des
armes sont peintes, arcs, flèches, casse-têtes, etc.; c'est
l'arsenal du mort, auquel donnent accès les deux panneaux
en figure de porte placés à droite et à gauche de la porte
réelle. La paroi de droite est à la fois un magasin d'étoffes,
de bijoux et d'armes, où sont entassés des coupons de
linge blanc, des colliers, des miroirs en or et en argent,
des schets de parfums et de poudre noire et verte pour les
veux, des bracelets en verroterie, des sandales, des ares
des casse-têtes, des boucliers, etc. La paroi du fond est la
salle à manager: elle ne porte aucune figure, mais l'espèce
de tableau quadrillé qui en recouvre la partie supérieure
nous donne la liste des denreées nécessaires à la table du
mort, vins, bières, liqueurs, viandes de boucherie, gibier
volailles, légumes, laitages, gâteaux de toute espèce. La
paroi de gauche est comme une officine de parfumeur; on
y voit, dans de grands vases peints de manière à imiter le
jaspe, le granit, la poterie fine, les sept essences et les
deux fards noir et vert dont le mort avait besoin pour se
parfumer dans l'autre monde et pour assurer à ses membres
une jeunesse éternelle. C'est en résumé, sous une forme
nouvelle, l'expression des mêmes idées qui avaient présidé
à la décoration des mastabas de l'ancien empire. Les prières
sont en partie des extraits du Livre des Morts, en partie
des chapitres de ce Rituel des funérailles dont les pyramides
d'Ounas, de Téti, des deux Papi, de Métésouphis, nous ont
livré la plus ancienne édition, et quelques papyrus de
l'époque romaine, l'édition la plus récente. Les vertus
magiques dont ils sont doués transforment en offrandes
réelles les simulacres d'offrandes peints sur la muraille.
Le sarcophage est un résumé de la tombe entière, ou

plutôt une seconde tombe enfermée dans la première. Il
n'avait point de couvercle, selon un usage assez fréquent
pendant la durée du moyen empire, et la momie n'y avait
d'autre défense que ses bandelettes et son cercueil de bois.
Celui-ci a disparu, sauf un éclat encore couvert d'une
écriture hiératique aussi fine d'aspect que l'écriture de la
XXVIe dynastie; quant au cadavre, je n'en ai trouvé nulle
trace. Les parois intérieures du sarcophage sont décorées de
portes d'offrandes comme la porte elle-même; elles ont été
brisées en partie par les voleurs et rajustées pour le mieux
d'après les peintures analogues du sarcophage de Dagi (voir
p. 7, no 140). Les textes de l'intérieur sont tracés d'une
écriture beaucoup plus fine que celle des parios: ce sont
encore des chapitres du Livre des Morts ou du Rituel des
funérailles
, le Chapitre d'amener la barque afin que le mort
passe à l'orient du ciel, le Chapitre de se rappeler les
charmes magiques
nécessaires dans l'autre monde, le Chapitre
de ne pas manger d'excréments
, et, comme corollaire,
celui de manger du pain d'offrande.
Tel est cet hypogée curieux, le mieux conservé peut-être
des tombeaux du moyen empire thébain que l'on connaisse
aujourd'hui. Neuf statues d'Ousirtasen ler sont rangées à
l'extérieur le long des parois:
1365. — CALCAIRE. — Haut. 1 m. 90 cent., larg.
0 m. 53 cent. — Licht.
Ces dix belles statues assises ont été découvertes par
M. Gautier, en décembre 1894, dans une cachette voisine
de la chapelle funéraire de la pyramide sud de Licht; l'une
d'elles qui était brisée a été rajustée. Elles représentent

toutes le roi Ousirtasen Ier, le constructeur de la pyramide.
Sur les côtés des trônes, de beaux bas-reliefs nous montrent
tantôt le Nil du sud et le Nil du nord, tantôt Horus et
Set, personnifications de l'Égypte du sud et de celle du
nord, unissant les deux régions sous le sceptre d'Ousirtasen
Ier. Cette union est exprimée plus fortement encore
dans un des bas-reliefs où Horus et Set sont l'un et l'autre
coiffés du pschent, double diadème indiquant la domination
sur les deux régions. Les neuf arcs sous les pieds du roi
symbolisent les nations barbares qu'il a écrasées. — XIIe
dynastie.
Les six figures osiriennes rangées le long des piliers,
trois au nord, trois au sud, proviennent de la même fouille.
Elles décoraient probablement les deux parois d'un des
couloirs de la chapelle funéraire, de la même manière que
les figures osiriennes du tombeau de Siranpouît, à Assouan,
mais elles avaient été arrachées de leur position première
dès l'antiquité, et leurs pieds n'ont pas été retrouvés. Elles
représentent, comme les précédentes, le Pharaon Ousirtasen
Ier.—XIIIe dynastie.
Les quatre boîtes rectangulaires deux en granit, deux
en grès siliceux, blanc ou peint à imitation de granit, sont
des boîtes à canopes décourvertes par M. de Morgan au
cours de ses fouilles de Dahchour. La plus curieuse est dans
l'angle sud-ouest, sous le no 1345, et porte le nom de
Khnoumhotpou, intendant du palais d'Ousirtasen Ier.
Quelques stèles d'un travail plus soigné ou d'une valeur
historique plus considérable sont réparties le long des
parios ou sur les faces des piliers.
Côté sud de la Salle.

110. — CALCAIRE. — Haut 0 m. 82 cent., long.
0 m. 57 cent. — Gournah.
Stèle funéraire au nom de Khouou, fils d'Antoufet petilfils
d'Antouf, décourverte par M. Grébaut, en 1887. La
gravure en est en creux avec relief dans le creux. Le travail
est analogue à celui de la stèle no 111, mais il dénote une
main mieux exercée; avant de dessiner les figures de Khouou
et de sa femme Doui, l'artiste a tracé des carreaux à l'encre
pour régler les proportions. L'inscription réclame des
offrandes funéraires pour le mort, car il a pratiqué la
charité et il s'est fort bien acquitté de toutes les missions
que son maître (le roi) lui a confiées. — XIe dynastie.
111. — CALCAIRE. — Haut. 1 m. 04 cent. — Drah abou'l-Neggah.
Stèle du prince Antefâ, trouvée à Drah Abou'l-Neggah.
Elle représente une façade du tombeau, et la porte d'entrée
est figurée au bas. A l'intérieur Antefâ, assis sous un dais,
reçoit les offrandes de ses serviteurs. Il était gouverneur de
la Thébaïde et tout paraît indiquer qu'il fut le chef de la
famille royale des Antouf, le premier de ceux qui sont
mentionnés sur la Table des Ancêtres de Karnak. —
Xe dynastie.
112. — CALCAIRE COMPACT. — Haut. 0 m. 95 cent.,
larg. 1 m. 47 cent. — Drah abou'l Neggah.
Cette stèle fut découverte par Mariette en 1860, à Drah
Abou'l-Neggah, dans la petite pyramide en briques située
à la lisière des terres cultivées; brisée par un fellah qui en

mit les morceaux dans la maçonnerie d'une sakièh, les
fragments furent recueillis en 1882 et apportés au Musée
de Boulaq. La partie supérieure manquit déjà au moment
de la découverte. L'inscription est datée de l'an 50 du roi
Antouf IV, de la XIe dynastie. Le roi est représenté entouré
de ses chiens portant des noms berbères. L'un d'eux est
nommé au papyrus Abbott, qui nous a conservé le procè-verbal
d'une commission chargée, sous le règne de
Ramsées IX, de visiter les tombes royales qui avaient été
exploitées par une bande de voleurs.
En 1887, un nouveau fragment fut retrouvé par Grébaut
entre les mains d'un particulier; un peu plus tard,
M. Daressy réussit à recueillir dans les décombres un certain
nombre des fragments qui complètent à peu près la partie
inférieure de la stèle, et même un fragment du visage du
roi appartenant à la partie supérieure. Tout espoir de
reconstituer le précieux monument d'Antouf IV n'est done
pas perdu.
119. — GRANIT NOIR. — Long. 0 m. 82 cent., larg.
0 m. 59 cent. — Khatanéh.
Très belle table d'offrandes, au nom du roi Amenemhaît
II, découverte en 1885. — XIIe dynastie.
Coté nord de la Salle
118. — Larg. 0 m. 83 cent., long. 0 m. 73 cent.
Gébéléin.
Bas-relief représentant le roi Mantouhotpou massacrant
les prisonniers qu'il a faits sur les Sati, les Khonatiou et les

Tahonou. Trouvé en 1891, dans les fondations d'une
maison ptolémaïque. — XIe dynastie.
118. — CALCAIRE. — Hauteur 1 mètre, longueur
0 m. 70 cent.
Le roi Mankhâourî Nâhît est en adoration devant le dieu
Mînou de Coptos. C'est un monument presque unique de
la XIVe dynastie.
Côté ouest de la Salle.
121. — CALCAIRE.. — Haut. 1 m. 05 cent., larg.
0 m. 88 cent. — Akhmim.
Cette stèle fuméraire cintrée a été trouvée â Akhmîm en
1887, par M. Grébaut. Elle appartenait à un personnage
de la XIIe dynastie qui a repris le nom d'Antouf si fréquent
sous la XIe. L'inscription principale est gravée en creux.
La partie inférieure de la stèle est couverte par de nombreuses
offrandes en relief, d'une gravure légère et fine. La légende
de quelques-uns des enfants est en relief. — XIIe dynastie.
1343. — CALCAIRE. — Haut. 1 m. 85 cent., larg.
1 m. 20 cent. — Dahchour.
Stèle à corniche et à table d'offrandes, au nom de
l'intendant du palais de Khâkhopîrrî, Apaîti. — XIIe dynastie.

SALLE J.

La salle J contient la suite des monuments du premier
empire thébain. Et d'abord, dan l'embrasure de la fenêtre:
125. — GRANIT GRIS.. — Haut. 1 m. 45 cent. —
Alexandrie.
Buste d'une statue colossale d'un roi du moyen empire,
usurpée par Ménephtah, roi de la XIXe dynastie, le Pharaon
de l'Exode, selon une des traditions alexandrines. —
XIIIe dynastie?
143. — ALBÂTRE. — Long. 0 m. 79 cent., larg.
0 m. 60 cent. — Illahoun.
Belle table d'offrandes aux cartouches d'Ousirtasen Il.
Elle provient des fouilles faites par Petrie pour le compte
de l'Egypt Exploration Fund. XIIe dynastie.
A droite et à gauche de ce beau buste, on a disposé les
pièces dont se compose la table d'offrandes décrite ci-dessous:
123. — GRÉS. — Haut. 0 m. 46 cent., long.
2 m. 68 cent., larg. 1 m. 06 cent. — Karnak.
Ces deux blocs, considérés jusqui'ici comme formant
deux tables distincles, sont les deux moitiés d'une table
unique, ainsi que le prouvent les inscriptions horizontales
qui commencent sur un bloc et se poursuivent sur l'autre.
Les côtés destinés à être joints ne portent pas d'inscriptions;
ils ne sont pas polis comme les autres côtés, mais simplement
entaillés, en ne conservant qu'une large bande
saillante, soit qu'on ait voulu faciliter l'adhérence parfaite,
soit que, avant de graver les incriptions, on ait eu l'intention
de faire deux tables. Sur chaque bloc, vingt godets,
disposés symétriquement, recevaient les offrandes présentées
aux dieux. Les légendes rappellent une fondation

d'offrandes à faire dans le temple de Karnak au nom d'un
roi, inconnu d'ailleurs, Sankhabrî Amoni Antouf Amenemhaît
qui doit être placé dans la XIIIe dynastie. Les
martelages de l'éleément Amon, dans son nom, sont dus à
Aménôthés IV, qui fit effacer partout le nom du dieu
Amon. — XIIIe dynastie.
Appuyées contre la face nord des deux piliers qui
séparent la salle J de la salle H, on aperçoit:
129. — GRANIT GRIS. — Haut. 0 m. 90 cent. —
Bubaste.
Partie inférieure d'une statue du roi Khaîanou, de la
XIVe (?) dynastie, découverte par Naville, à Bubaste, en
1887, dans les fouilles de l'Egypt Exploration Fund.
1374. — GRÈS SILICEUX. — Haut. 1 m. 05 cent.
Abousir.
Le fonctionnaire Khontkhaitimsaouf est accroupi, le
buste droit, les genoux à plat sur le sol. Il était vieux à
l'époque où la statue fut faite, et le sculpteur a accentué
les traits du visage de manière à donner l'impression de la
vieillesse. — XIIe dynastie.
141. — GRÈS — Haut. 2 m. 15 cent., larg.
1 m. 80 cent., prof. 0 m. 53 cent. — Assouan.
Ce n'est qu'une partie de la niche qui abritait la statue
de Siranpouîtou, prince d'Eléphantine, au fond de son
tombeau. C'est un bon spécimen de ce que pouvait être
l'art provincial vers la XIIe dynastie.
131. — SYÉNITE. — Longueur 1 m. 05 cent. —
Karnak.
Rapporté en 1887 du grand temple de karnak. C'est
une table d'offrandes au nom d'Ousirlasen Ier, et qui
remonte à l'époque où le grand sanctuaire thébain paraît
sêtre agrandi pour la première fois. — XIIe dynastie.
124. — GRANIT GRIS. — Haut. 0 m. 95 cent. —
Bubaste.
Tête d'une statue royale de la XIIe (?) dynastie, découverte
par M. Naville, en 1888, et provenant de l'Egypt Exploration Fund.
126. — PLÂTRE. — Hauteur 0 m. 82 cent. —
Bubaste.
Moulage d'une tête de statue royale trouvée par Naville,
à Bubaste, en 1888, pendant les fouilles de l'Egypt Exploration Fund.
146. — GRANIT NOIR. — Long. 0 m. 61 cent. —
Louxor.
Table d'offrandes (?) ou autel (?) semblable au monument
no 132 usurpé par Apophis, et découverte en 1887 dans le
temple de Louqsor. La dédicace est d'Ousirtasen III.
1410. — GRÈS SILICEUX. — Haut. 2 m. 75 cent.
Karnak.
Colosse incomplet des pieds, découvert en 1901, par
Legrain, à Karnak; il avait été employé à remblayer le sol

lorsque Thoutmôsis III construisit son premier pylône, au
sud de l'obélisque de la reine Hatshopsouîtou. Les cartouches
gravés au dos nous apprennent que c'est un des
souverains dont le prénom est inscrit dans la Chambre des
Ancêtres
, mais dont nous ignorions le nom. Il s'appelait
Ousirtasen Sanofirabrî, et, pour le moment, il est Ousirtasen
IV. Le monument est d'un style barbare mais puissant.
Ousirtasen IV appartient à la XIIIe ou à la XIVe dynastie.

SALLE K.

La salle K renferme surtout des stèles du premier empire
thébain et un certain nombre d'autres stèles qui sont des
débuts du second empire. On a mis en vedette quelques
uns de ces monuments, qui sont inscrits sur les deux faces:
120. — CALCAIRE. — Haut. 1 m. 86 cent., larg.
1 m. 48 cent. — Abydos.
Grande stèle gravée sur les quatre faces, au nom du
prince Montouhotpou, avec les catouches du roi Ousirtasen
ler. — XIIe dynastie.
127. — CCALCAIRE. — Haut. 1 m. 90 cent., larg.
0 m. 46 cent. — Abydos.
Stèle cintrée gravée sur les deux faces et sur les tranches,
au nom de Sahotpouabrî, personnage du temps d'Ousirtasen
Ill. Le défunt prescrit à ses enfants d'adorer le roi
Amenemhaît Ill, dieu créateur et providence de l'Égypte.
Dans le réduit ouest de la salle L, on a exposé un
chapiteau hathorique en granit rose, rapporté de Bubaste

en mai 1902. Il est d'un style fort pur, et il vient probablement
du temple élevé dans cette ville par les Pharaons
de la XIIe dynastie. Dans le réduit est, on voit:
144. — GRANIT NOIR. — Haut. 0 m. 22 cent., larg.
0 m. 17 cent., long. 0 m. 57 cent.
Petit sphinx décapité au nom de Sovkhotpou Ill. —
XIIIe dynastie.

SALLE L.

Les principaux monuments de la salle L appartiennent,
comme ceux de la salle J, à l'époque de la XIIIe dynastie
puis à celle des Pasteurs, soit qu'ils aient été élevés par ces
rois même et les représentent, soit qu'ils aient été usurpés
par eux et représentent des rois antérieurs.
Côté ouest de la Salle.
133. — GRANIT GRIS. — Haut. 1 m. 60 cent.,
larg. 0 m. 925 mill. — Tanis.
Groupe de deux personnages debout sur un socle
commun. D'énormes perruques disposées en tresses épaisses
couvrent la tête. Leurs traits sont durs, accusés,
et offrent une grande ressemblance avec ceux des sphinx à
crinière de lion. La lèvre supérieure est rasée, mais les
joues et le menton sont ornés d'une longue barbe ondulée.
Chacun d'eux soutient sur les mains étendues des groupes
ingénieusement arrangés d'oiseaux aquatiques et de poissons,
mêlés à des fleurs de lotus. Les porteurs d'offrandes
sont la personnification des deux Nils du sud et du nord,
apportant leurs dons au Pharaon. Leurs barbes ondulées

et leurs perruques tressées donnent toutefois l'idée d'un
art asiatique, étranger à la vallée du Nil, et l'attribution
qu'en faisait Mariette aux Pasteurs ne fut d'abord contetée
par personne: cette attribution paraît aujourd'hui
moins certaine (v. p. 38, no 139). Sous la XXIe dynastie, le
roi Psioukhânou fit graver ses cartouches sur ce monument.
En avant de ces deux personnages, on a placé:
132. — GRANIT NOIR. — Haut. 0 m. 48 cent., larg.
0 m. 67 cent. — Caire.
Sorte d'autel destiné à perpétuer le souvenir d'un service
d'offrandes fondé dans un des temples de la ville de
Tanis par le roi Pasteur Apapi Aqnonri. Le monument est
plus ancien que le roi dont il porte le nom, la légende primitive
a été effacée puis remplacée par celle qu'on y lit
maintenant. Il appartenait à la XIIe dynastie.
A droite et à gauche de l'ensemble formé par ces monuments
sont disposés:
134 et 135. — GRANIT NOIR. — Haut. 1 m. 30 c.
et 1 mètre. — Tanis.
Deux sphinx que Mariette considérait également comme
des produits de l'art des Pasteurs. Ils se distinguent en effet
des autres monuments par des caractères bien tranchés,
comme on le reconnaîtra sans peine, si l'on compare leur tête
à celle des sphinx de Thoutmôsis III (v. p. 1, nos 221-222)
et de Ramsès Il. La face est ronde, les yeux sont petits, les
narines écrasées, les pommettes saillantes; la lèvre inférieure
avance légèrement; les oreilles sont celles du taureau, et
une crinière de lion encadre le visage.
Tous ces caractères sont marqués au plus haut degré
sur le sphinx no 133, qu'on est parvenu à reconstituer
presque en entier: mais il posséde en plus des inscriptions
qui nous permettent de refaire son histoire. Il porte sur
l'épaule droite une légende martelée, dans laquelle ou
réussit à déchiffrer le nom du roi pasteur Apophis. Plus tard
Ménephtah fit gratter le nom d'Apophis et lui substitua
ses cartouches, qu'il répéta encore dans l'inscription de la
base. Plus tard encore, Psioukhânou (XXIe dynastie) ajouta
sa légende sur la poitrine. Un examen attentif m'a fait
reconnaître que la surface de la poitrine a été rabaissée
pour recevoir ces derniers cartouches, et par conséquent
qu'il y avait là, auparavant, à la place d'honneur, la mention
d'un roi, celui probablement pour qui on exécuta
le monument. Ce roi antérieur à Apophis, était-il un Pasteur
ou appartenait-il aux dynasties indigènes? M. Golenischeff
croit reconnaìtre les traits d'Amenemhaît Ill de la XIIe dynastie
et son opinion est étayée de tant de documents qu'elle
me paraît probable. Toutefois, il convient d'attendre de
nouvelles découvertes avant d'affirmer que ces sphinx et les
monuments du style analogue que posséde le Musée ne sont
par l'aeuvre des Pasteurs et ne représentent pas des prlnces
appartenant à cette race conquérante (cfr. p. 41, no 1370).
Côté est de la Salle.
137. — GRANIT GRIS. — Haut. 1 mètre. — Mit-Farès.
Partie supérieure d'une statue colossale qui représente
un roi debout. Aucune inscription n'indique le nom du
personnage, mais la ressemblance est frappante entre ce
fragment et les monuments de Tanis; aussi Mariette l'a-t-il

attribué à un roi Pasteur. De toute manière, la présence de
ce morceau dans les ruines de la capitale antique du Fayoum,
prouve que les princes qui régnaient à Tanis en ce tempslà
étendaient leur autorité au moins sur la partie septentrionale
de la Moyenne-Égypte.
138. — GRANIT ROUGE. — Long. 0 m. 49 cent.,
larg. 0 m. 34 cent. — Tanis et Damanhour.
Le groupe de trois têtes provient de Damanhour: l'autre
a, dit-on, été trouvé à Tanis. Ils appartiennent à un
monument aujourd'hui détruit, peut-être à une console ou
à une pierre d'encorbellement. Le style présente des
analogies frappantes avec celui des objets que nous venons
de décrire et qu'on a attribués aux derniers des rois Pasteurs.
L'un des deux groupes est devant la statue 137; l'autre
lui fait pendant. de l'autre côté de la galerie.

SALLE M.

La salle M contient des statues et des stèles de la XVIIIe
dynastie, et quelques statues de la XIXe.
Coté sud de la Salle.
Commençant au milieu du mur ouest, à la porte qui
mène dans la salle N, on trouve adossé au pilier sud de cette
porte:
1615. — GRANIT GRIS. — Haut. 0 m. 85 cent. —
Cheikh Abd el Gournah.
Buste provenant d'une statue d'assez beau style et qui
représentait le Pharaon Ménephtah, comme le prouvent les

cartouches gravés sur les épaules. Le collier et la coufiéh
sont relevés de jaune et de bleu: on a laissé au reste du
morceau la couleur naturelle du granit. Il a été trouvé
dans le temple funéraire du roi, au sud du Ramesséum.
212. — CALCAIRE BLANC. — Haut. 1 m. 10 cent.
Karnak.
Statue accroupie, sans tête, d'un certain scribe Aménôthès,
fils de Hapoui, qui fut ministre d'Aménôthès Ill et
dont la fortune bizarre a été indiquée brièvement plus haut
(voir p. 2).
Sur la partie du mur ouest qui s'étend entre le pilier et
l'angle de la salle sont exposés, avec deux stèles de peu
d'importance et un dessus de porte aux cartouches de
Thoutmôsis Ill:
158. — GRANIT NOIR. — Haut. 0 m. 88 cent., larg.
1 m. 16 cent. — Erment.
Dans une expédition en Asie, Aménôthès Il avait fait
prisonniers sept chefs syriens. Il en pendit six devant les
murs de Thèbes et le septième à Napata, en Nubie, pour
servir de leçon aux Éthiopiens. Cette stèle, dont la partie
supérieure fut emportée en 1881 par l'archiduc Rodolphe
et se trouve aujourd'hui à Vienne, est le duplicata d'une
stèle qui se trouve dans le temple d'Amada en Nubie.
228 et 229. — CALCAIRE. — Diam. moy. 0 m. 50 c.
Sakkarah.
Les quatre tambours de colonnes disposés à droite et à
gauche de la stèle d'Aménôthès Il Proviennent des ruines

de l'édicule funéraire d'un certain Harmhabi. Une salle en
était soutenue par huit petites colonnes unies, sur lesquelles
étaient figurés, à hauteur d'homme, de petits tableaux
rectangulaires. Sur les quatre qui sont exposés ici, Harmhabi
joint aux titres vagues de noble chef, de grand des grands,
de supérieur des supérieurs
, ceux de grand chef des soldats,
de chef des chefs des soldats du roi, d'envoyé à la tête de ses
soldats vers le nord et vers le sud.
Bien plus, il apparaît
quelquefois sur les parois de son tombeau avec l'uraeus
au front, comme s'il avait régné. Il n'est autre en effet que le
Pharaon Harmhabi, le prédécesseur immédiat de Ramsès Ier.
Avant de monter sur le trône, il avait exercé de hautes
charges dans l'État, et il s'était fait construire près de
Memphis ce tombeau qu'il n'occupa jamais. Les débris en
ont été dispersés dans les différents musées du monde, et on
en trouve des portions considérables à Leyden ainsi qu'à
Vienne.
L'angle sud-ouest est rempli par un buste assez mutilé
d'une statue de Thoutmôsis Ill, provenant de Karnak, et
contre le piédestal duquel est adossé l'un des monuments
les plus précieux de notre Musée:
197. — GRANIT NOIR. — Haut 0 m. 77 cent. —
Karnak.
Charmante tête de Pharaon adolescent que Mariette
attribuait à Ménephtah. La comparaison avec d'autres
monuments m'a conduit à y reconnaître le portrait du pharaon
Harmhabi, le même dont la belle statue du dieu Khonsou
nous montrera les traits (voir p. 69).
Contre le mur qui court de l'angle sud-ouest au premier

pilier sud sont rangés. après un montant de porte au nom
du prince Phtahoumoua:
1377. — CALCAIRE. — Haut 2 m. 05 cent., long.
1 m. 10 cent. — Gournah.
Cette belle stèle a été découverte par M. Petrie dans le
temple de Ménéphtah. Elle représente Aménôthès Ill, offrant
d'un côté la vérité, de l'autre les deux vases de vin à
Amon: la figure du dieu et le nom du roi, martelés sous
Khouniatonou, ont été rétablis sous Séti Ier. Au second
registre, Aménôthès, monté sur son char, foule les cadavres
de ses ennemis renversés; des prisonniers nègres et sémites
sont attachés aux chevaux et au devant du char. Une bande
d'oiseaux rokhouitou, symbole des êtres qui connaissent
les dieux de l'Égypte, est en adoration sous le tableau: on
lit dans l'inscription la mention des victoires du souverain
sur la Mésopotamie, l'Éthiopie, la Palestine et la Syrie.
217. — GRANIT NOIR. — Haut. 1 m. 60 cent.,
larg. 0 m. 57 cent. — Benha.
Le serpent possédait, avec des influences funestes dont
on se gardait par divers amulettes, des vertus protectrices
qu'on essayait de tourner au profit de l'humanité.
Aujourd'hui encore, dans beaucoup de villes égyptiennes.
chaque maison a son serpent qui lui sert comme de génie
familier; dans l'antiquité, non seulement les maisons, mais
les temples, étaient sous la garde d'un familler de cette
espèce. Le monument no 217 représente le serpent protecteur
du temple de Harkhontkhaîti dans la ville d'Athribis; il
a été érigé par le roi Aménôthès III, dont il porte les
cartouches.
Pilier sud-ouest.

202, — GRANIT ROSE. — Haut. 1 m. 75 cent. —
Karnak.
Statue de Thoutmôsis Ill, brisée par en bas.
Pilier du milieu.
206. — CALCAIRE BLANC. — Haut. 2 m. 35 cent.
Belle statue d'Aménòthès Il en costume militaire. Les
yeux sont rapportés, les détails du vêtement sont d'une
finesse admirable.
La statue en calcaire peint qui est placée en avant du
Pharaon représente le scribe du temple d'Osiris de I'Oasis
méridionale, Prinnofir. Il est agenouillé et il tient devant
lui un vase sur lequel était posé un gros ibis, emblème du
dieu Thot: l'oiseau a disparu.
Pilier sud-est.
192. — GRANIT ROSE. — Haut. 0 m. 77 cent. —
Karnak.
Buste du conquérant Thoutmôsis Ill.
Mur entre le pilier sud-est et l'angle sud-est.
213. — GRANIT NOIR. — Haut. 1 m. 80 cent.,
larg. 0 m. 75 cent. — Karnak.
Cette stèle renferme un poème composé pour célébrer les
victoires de Thoutmôsis Ill. Ce roi y est représenté adorant
Amon, qui lui répond:
“Je suis venu, je t'accorde d'écraser les princes de la
Phénicie du nord; je les jette sous tes pieds à travers leurs
contrées; je leur fais voir ta Majesté, telle qu'un seigneur
de lumière, lorsque tu brilles sur leur tête comme mon image.
“Je suis venu, je t'accorde d'écraser les barbares d'Asie,
d'emmener en captivité les chefs de la Syrie Creuse; je leur
fais voir ta Majesté couverte de sa parure de guerre, quand
tu saisis tes armes sur ton char.
“Je suis venu, je t'accorde d'écraser la terre d'Orient,
la Phénicie et Cypre sont sous la terreur; je leur fais voir
ta Majesté, etc.
“Je suis venu, je t'accorde d'écraser les peuples qui
résident dans leurs ports, et les côtes de la Cilicie tremblent
sous ta terreru: je leur fais voir ta Majesté, etc.
“Je suis venu, je t'accorde d'écraser les peuples qui
résident dans leurs îles; ceux qui vivent au sein de la mer
sont sous tes rugissements; je leur fais voir ta Majesté, etc.
“Je suis venu, je t'accorde d'écraser les Libyens; les
îles des Danaens sont au pouvoir de ta volonté; je leur fais
voir ta Majesté, etc.
“Je suis venu, je t'accorde d'écraser les contrées maritimes;
tout le pourtour de la grande zone des eaux est lié
à ton poing; je leur fais voir ta Majesté, etc.
“Je suis venu, je t'accorde d'écraser les peuples qui
résident dans leurs lagunes, de lier les Bédouins, maîtres
des sables, en captivité; je leur fais voir ta Majesté, etc.
“Je suis venu, je t'accorde d'écraser les barbares de
Nubie, jusqu'aux peuples de Pit, tout est dans ta main; je
leur fais voir ta Majesté semblable à tes deux frères Horus et
Typhon, dont j'ai réuni les bras pour assurer ta puissance.
Cette partie du poème était devenue si populaire qu'on la
copia sur d'autres monuments pour célébrer les exploits de
Séti Ier et de Ramsès Ill.
Angle sud-est.

191. — CALCAIRE. — Haut. 0 m. 58 cent. —
Karnak.
Tète de roi. Les yeux incrustés ont disparu. Elle provient
du temple de Karnak, et, d'après les souvenirs de Brugsch
bey, elle a été trouvée dans le même lieu que la tête dite de
Taîa (voir p. 68, no 196). — XVIIIe dynastie.
190. — GRÈS STATUAIRE. — Haut. 0 m. 57 cent.
Karnak.
Les particuliers obtenaient des rois la faveur de consacrer
leurs propres statues dans les temples; presque toujours
alors on trouve gravé sur l'une des parties du monument la
formule fait par la faveur du roi tel ou tel. Le fragment provient
d'une statue qui a eu cette destination. La tête est
d'une conservation parfaite et appartient à la XIIIe dynastie.
Un reste de la légende, gravé sur le dossier, montre que
le personnage dont nous avons l'image sous les yeux était
un noble chef. Un commencement de prière à Amon-Rà se
lit sur le devant: le nom du dieu a été martelé, puis gravé
de nouveau après la chute des rois dits hérétiques de la
XVIIIe dynastie.
Partie méridionale du mur est.
1404. — CALCAIRE BLANC. — Haut. 0 m. 85 cent.
long. 0 m. 70 cent. — Kom Hellal.
Dessus de porte au nom de Thoutmôsis Ier. Ce qui lui
donne un intérêt particulier, ce sont les deux superbes
figures de Set-Noubîti qui sont sculptées à droite et à
gauche du cartouche, et dont la conservation est parfaite.
200. — GRANIT NOIR. — Haut. 0 m. 60 cent. —
Abydos.
Naos. La cavité est remplie par l'image du grand-prêtre
Phatahmosou, qui porte les cartouches de Thoutmôsis III
gravés sur l'épaule et la poitrine.
On a dressé contre le pilier méridional de le porte est,
le buste d'une magnifique statue:
188. — GRANIT GRIS. — Haut. 1 m. 26 cent. —
Karnak.
Aménôthès II assis, coiffé de la coufiéh: le menton et la
barbe ont disparu.
205. — CALCAIRE. — Haut. 0 m. 95 c. — Gournah.
Le scribe Aménôthès, accroupi, lit le rouleau qu'il tient
ouvert sur ses genoux. Il porte l'encrier sur le dos. Le
nom d'Amon a été martelé partout.
Coté nord de la Salle.
Le pilier qui sert de montant nord à la porte est supporte
deux fragments de statues:
201. — CALCAIRE. — Haut. 0 m. 90 cent. —
Karnak.
Buste provenant d'une statue royale très soignée du
style de la XVIIIe dynastie, peut-être Aménôthès III.
La statue en granit gris, décapitée, qui est accroupie en

avant du buste du Pharaon, est un autre monument de
cet Aménôthès, fils de Hapoui, que nous avons déjà rencontré
dans le vestibule (v. p. 2) et au côté sud de cette
salle M (v. p. 60, no 212). Il a le pagne long, et sur
l'épaule gauche l'appareil du scribe: le rouleau qu'il tient
à demi déroulé sur ses genoux contient ses titres et son
nom. — XVIIIe dynastie.
236-237. — CALCAIRE.
Ce sont des blocs détachés de l'un des portiques de Deîr-el-Bahari,
et dont on n'a pas retrouvé la place antique. La
femme du prince de Pouanit est représentée sur l'un des
blocs avec des proportions extraordinaires; on voit sur
l'autre l'âne qui la portait et qui devait en avoir plus que
sa charge.
Portion nord du mur est.
204. — CALCAIRE. — Haut. 0 m. 90 cent., larg.
1 m. 78 cent. — El Hibeh.
Dessus de porte avec le prénom du roi Thoutmòsis Ier.
Le roi y est dit l'aimé du dieu local, un Sovkou, maître
d'Arioutou.
A la droite de ce bas-relief est placée une statue, brisée
vers la poitrine, d'un Pharaon portant un autel: les légendes
nous apprennent qu'elle représentait Aménôthès III.
A la gauche, les jambes ont disparu, mais le buste et la
tête subsistent. Un vautour perché sur le haut de la colonne
à laquelle le souverain est adossé lui protège la tête. Audessus
du bas-relief et sur l'épaisseur du mur sont rangés:
Angle nord-est.

198. — CALCAIRE. — Haut. 0 m. 80 cent. —
Karnak.
Superbe tète à laquelle Mariette avait donné le nom de
la reine Tii, femme d'Aménôthès III, bien que rien ne
confirmât cette attribution. La ressemblance de style me
porte à croire que c'est le portrait soit de la mère, soit de
la femme du Pharaon Harmhabi, de la XVIIIe dynastie.
1379. — CALCAIRE. — Haut. 0 m. 74 cent. —
Karnak.
Buste d'une princesse, femme ou fille de Ramsès Il.
Elle est coiffée de la perruque longue à rangs de petites
mèches et que surmonte le mortier entouré d'une rangée
d'uraeus. Elle a le collier large autour du cou, et un ornement
d'émail à la pointe du sein: elle ramène sur sa poitrine
la monâît (v. p. 193) dont le manche se termine par
une tête de femme. C'est un morceau d'une jolie expression,
d'un style un peu mièvre. — XIXe dynastie.
Mur nord de la Salie.
Dans le premier entrecolonnement à gauche de l'angle
nord sont placées des stèles dont la principale, en granit
noir (haut. 0 m. 90 cent.), a été découverte en 1900 au
temple du Phtah Thébain, à Karnak, par M. Legrain. Elle a
été consacrée à Phtah par le roi Thoutmôsis III, qui, au
retour de sa première campagne syrienne, employa une
partie du butin à restaurer le sanctuaire bâti à ce dieu
par les Pharaons de la XIIe dynastie. Le roi y racontait
les fondations pieuses qu'il avait établies à ce sujet. Martelée
en partie sous Khouniatonou, elle fut relevée et

regravée dans les endroits endommagés, sous Séti ler, qui
y inséra son nom. Les graveurs de la XIXe dynastie ne
surent pas toujours rétablir correctement le texte primitif.
Pilier nord-est.
214. — GRANIT NOIR. — Haut. 0 m. 22 cent. —
Karnak.
Belle statue de Thoutmòsis III, assis. Elle a été reconstituée
au moyen d'une vingtaine de fragments: les pieds,
qui manquaient, on été refaits en eiment peint.
Pilier central.
L'admirable statue qui est adossée au pilier central a été
découverte en 1901 à Karnak, dans le temple de Khonsou.
Elle sort des mêmes ateliers que la tête dite de Tii (no 198,
p. 68), et, comme celle-ci, elle a les traits du Pharaon
Harmhabi, mais plus raffinés encore: elle porte une expression
de tristesse ou de fatigue qui s'expliquerait si, comme
m'inclinent à le penser certains caractères physiologiques
notés très finement par le sculpteur, le modèle était dans
un état très avancé de consomption. Brisée sous la XIXe
dynastie, les morceaux en furent utilisés sous Ramsès IV
dans le dallage du sanctuaire central de Khonsou, et c'est
là que M. Legrain l'a découverte, au cours des travaux
entrepris par le Service pour la consolidation du temple.
Pilier nord-ouest.
231. — GRÈS. — Haut. 1 m. 45 cent. — Gournah
Statue peinte de Maoutnofrit, mère de Thoutmòsis Il,
découverte en 1887, au sud de Ramesséum, dans les ruines

de la chapelle d'Ouazmôsis. Elle est assise, vêtue de la
robe blanche, qui moule ses formes; une grosse perruque
lui couvre la tête. Les chairs sont peintes en jaune. L'ensemble
est de bonnes proportions. La mutilation du nez
n'empêche pas de remarquer la douceur du visage. M. Grébaut
trouva avec cette statue des fragments de même matière,
prouvant qu'il y avait cinq ou six statues semblables dans
la chapelle d'Ouazmôsis.
Parmi les monuments exposés contre le mur compris
du pilier à l'angle nord-ouest de la salle, les plus curieux
sont:
189. — CALCAIRE. — Haut. 0 m. 53 cent., larg.
0 m. 34 cent., prof. 0 m. 16 cent. — Pyramides de
Gizéh.
Naos ou plutôt stèle épaisse où le défunt est représenté à
genoux, les mains levées. Il s'appelait Nakhîti, et il avait le
titre assez répandu de premier royal fils d'Amon. L'une des
prières gravées sur le pourtour du monument est une invocation
au soleil lorsqu'il brille à l'horizon oriental; l'autre,
celle de droite, s'adresse au soleil lorsqu'il se couche au pays
de vie
, c'est-à-dire à I'Occident.
Fragments d'une stèle en calcaire, qui était déposée dans
la chapelle d'Ouazmôsis. Dans le cintre, Thoutmôsis III rend
hommage au Pharaon Thoutmôsis Ier, derrière lequel se tient
le prince Ouazmôsis enfant. L'inscription était des plus
curieuses et la perte de la partie la plus considérable est
regrettable. Elle racontait la vie du père nourricier d'Ouazmôsis,
ses démêlés avec sa famille, et le règlement qui en
était intervenu pendant sa vieillesse par les bons soins de
Thoutmôsis III.
Angle nord-ouest.

Il est occupé par deux bustes provenant de Karnak. On
ne sait plus quels Pharaons ils représentent; le fragment
en granit rose est probablement de la XVIIIe dynastie, le
fragment en granit noir de la XIXe dynastie.
Mur ouest de la Salle.
Dans cette portion du mur nous avons réuni des stèles et
des fragments de bas-reliefs de l'époque de Khouniatonou,
et qui nous montrent ce souverain avec des membres de sa
famille.
207. — CALCAIRE. — Haut. 1 m. 30 cent., larg.
0 m 50 cent. — Don de M. Wilbour.
Cette stèle, découverte en 1882 à Hadji Kandil, est un
morceau unique ou peu s'en faut (v. p. 72, le no 150). Elle
représente le roi Khouniatonou-Aménôthès IV en adoration
devant le disque solaire rayonnant. Khouniatonou, monté
sur le trône à la mort d'Aménôthès III, s'inquiéta du
développement extraordinarie que les largesses de ses pré
décesseurs avaient donné au culte d'Amon et à la puissance
des prêtres de ce dieu. Le grand-prêtre d'Amon thébain
était le second personnage du royaume et devait être souvent
tenté d'aspirer au premier rang. Khouniatonou crut que le
meilleur moyen de réagir contre l'usurpation était d'imposer
à l'état un nouveau dieu et une nouvelle capitale. Il prit
pour divinité protectrice le disque solaire Atonou, qu'on a
confondu bien à tort avec le dieu syrien Adonis, et qui
n'est autre qu'une des formes les plus anciennes d'un des
dieux les plus vieux de l'Égypte, Râ d'Héliopolis. Il lui
construisit une ville et un temple sur la rive droite du Nil,

vers l'emplacement des villages actuels d'el-Tell, d'el-Amarna
et d'Hadji Kandil, puis il prit le nom de Khouniatonou, splendeur
du disque solaire
, au lieu de celui d'Aménôthès qu'il
avait porté jusqu'alors. Les tombeaux et les ruines montrent
à quel degré de splendeur parvint la ville nouvelle,
pendant les quelques années que son existence dura.
Thèbes fut abandonnée, le dieu Amon proscrit et son nom
effacé sur tous les monuments antérieurs; un temple
d'Atonou s'éleva à Karnak, en face du sanctuaire d'Amon.
à l'endroit où se dressent aujourd'hui les pylônes d'Harmhabi.
Ce retour aux anciens cultes solaires était trop
factice pour que l'effet en persistât longtemps. Le culte
d'Atonou survécut quelques années à peine à son fondateur;
Thèbes reprit le dessus, et la ville fondée à el-Amarna
perdit son importance.
150. — CALCAIRE. — Haut. 0 m. 92 cent., larg.
0 m. 52 cent. — El-Amarna.
Bas-relief représentant le roi Khouniatonou-Aménôthès IV
faisant une offrande au disque. Les rayons du soleil sont
autant de bras qui transmettent la vie au roi et à la reine,
et qui ramassent les offrandes déposées sur l'autel.
Parmi les monuments exposés sur le palier de la salle.
on remarquera, aux pieds du groupe de deux personnages
placé à l'est:
211. — GRANIT ROSE. — Long. 0 m. 74 cent., larg.
0 m. 50 cent. — Karnak.
Table d'offrandes consacrée par le roi Thoutmòsis III à
son père Amon-Râ, lors de la construction d'une des salles

du temple de Karnak. Le temple de Karnak y est appelé
Manakhpirrîkhoumanouou.
Dans la partie nord-est, entre la statue de Thoutmosis III
et de Khonsou, une superbe statue en granit rose découverte
en octobre 1901 à Karnak, par M. Legrain. Elle
représente l'Aménôthès, fils de Hapoui, de qui nous possédons
déjà trois statues (cfr. p. 2 et 60, no 212, et
p. 66-67), mais les traits sont d'un vieillard. Le nez, qui
avait été endommagé dans l'antiquité, a été retaillé, probablement
à l'époque grecque, lorsqu' Aménôthès reçut les
honneurs divins, et cette retouche prête à sa figure une
physionomie camarde qu'elle n'avait pas à l'origine. L'inscription
nous apprend qu'il avait quatre-vingts ans au
moment où le monument fut érigé contre la face nord du
premier pylône de Thoutmôsis III par ordre d'Aménôthès III.
Dans la partie nord-ouest, en face de la stèle d'Ouazmòsis
(voir p. 70), on voit:
154. — GRANIT ROSE. — Haut. 0 m. 87 cent. —
Karnak.
Fragment d'une statue de porteur d'offrandes de l'époque
d'Aménôthès. III. On peul comparer ce fragment aux
porteurs d'offrandes de l'école tanite (voir p. 56, no 133).
Cóté méridional du palier.
1378. — GRÈS SILICEUX. — Haut. 1 m. 60 cent. —
Karnak.
Statue découverte dans le temple de Maout, et représentant
Senmaout, intendant du temple d'Amon, sous le

règne de la reine Hatshopsouîtou. Il est assis à terre,
enveloppé dans une longue robe, et il tient devant lui un
emblême surmonté de la tête d'Hathor.
167. — GRANIT ROSE. — Haut. 1 m. 42 cent.
Groupe au nom de Ménéphtab, celui qui, selou une
tradition, fut le Pharaon de l'Exode. Il est agenouillé, et
il soutient devant lui, contre ses genoux, une slatuette
d'Osiris momiforme assis. — XIXe dynastie.

SALLE N.

Elle est décorée d'un certain nombre de statues ou
fragments de statues représentant, assise ou debout, la
déesse Sakhît à tête de lionne, l'associée du dieu Phtah
dans le culte memphite. Le roi Aménôthès III, à la suite
d'on ne sait quelles circonstances, en avait consacré plusieurs
centaines dans le temple de Maout, dame d'Ashîrou
à Thèbes; il y en avait encore plus de cent cinquante en
place, debout, dans la seconde moitié du XVIIIe siècle,
mais tous les Musées d'Europe s'y sont approvisionnés, et
il n'en reste plus aujourd'hui qu'un petit nombre assez
endommagées. Les meilleures de celles que nous possédons
sont le no 210 (granit gris, haut. 1 m. 80 cent.) dans
l'embrasure de la fenêtre, et la statue adossée au pilastre
nord de la porte qui conduit à la salle M. Elles portent les
cartouches d'Aménôthès III, tandis que celle qui est
symétrique à la deuxième contre le pilastre sud a été usurpée
par Ramsès Il.
Quelques-uns des monuments exposés dans cette salle
ont un intérêt réel pour l'archéologie, ainsi la stèle de

Thoutmòsis IV adossée au mur ouest, entre la porte de la
salle M et la paroi nord, surtout la grande stèle en calcaire
blanc, découverte à Karnak en 1901 par M. Legrain, et
qui contient une longue inscription du roi Ahmôsis, dans
laquelle il parle des offrandes qu'il a faites à Amon en
l'honneur de Ia reine Ahhotpou, enfin:
159. — CALGAIRE. — Long. o m. 95 cent., haut.
0 m. 92 cent. — Karnak.
Fragment de bas-relief portant les dates du règne de
Thoutmôsis Ier, avec le cartouche au milieu, et de chaque
côté du cartouche, deux encadrements de forme ovale, où
les éléments des prénoms royaux de ce temps sont groupés
assez curieusement.
230. — GRÈS ROUGE. — Haut. 0 m. 93 cent., long.
1 m. 20 cent. — Mit-Rahinéh.
Reste d'un bas-relief reprèsentant le roi Aménôthès III
devant le dieu Phtah. Il a été découvert par M. Grébaut
dans les ruines du temple de Mit-Rahinéh, en 1888, non
loin de la liste des nomes de Ramsès II.
232. — CALCAIRE. — Haut. 0 m. 66 cent., long.
0 m. 65 cent., larg. 0 m. 44 cent. — Mit-Rahinéh.
Curieux coffret funéraire d'un personnage nommè Tamaît.
Ce nom signifiant en égyptien la chatte, c'est une chatte
qu'on a représentée au lieu du défunt devant les tables
d'offrandes. Mention du prince Thoutmôsis, directeur des
prophètes des villes du midi et du nord.

GALERIE O.

Les deux côtés en sont garnis de stèles qui proviennent
pour la plupart d'Abydos et de Thèbes, et qui ont une
valeur réelle pour l'histoire et l'archéologie, sans présenter
toutefois un intérêt suffisant aux visiteurs qui ne sont pas
égyptologues. On y remarquera à l'extrémité ouest trois
blocs en grès rouge provenant d'un temple découvert à
Karnak, en 1897, par M. Legrain et qui nous montrent la
consécration des deux grands obélisques du temple par la
reine Hatshopsouîtou, ainsi que des épisodes de l'enterrement
de cette reine par son neveu et successeur Thoutmôsis
III. On y notera encore des scènes funèbres prises
dans des tombeaux thébains et memphites:
169 et 171. — CALCAIRE. — Haut. 1 m. 15 cent.
0 m. 95 cent. et 0 m. 95 cent., larg. 0 m. 83 cent.,
0 m. 38 cent. et 0 m. 55 cent.
Bas-reliefs rapportés par M. Maspero d'un tombeau de
la XVIIIe dynastie, voisin des grandes pyramides, que les
Bédouins démolirent en 1883.
169. — Tii, saeur du défunt Phtahmaì, présente un vase
à son frère et à sa belle-saeur; derrière elle, une chanteuse,
qu'une joueuse de viole et une harpiste accompagnent de
leurs instruments. Deux des fils, Phtabônkhou et Nanotir,
assistent à ce spectacle. Ce troisième registre est occupé
par la construction d'un naos: un ouvrier en sculpte les
détails, tandis qu'un aide va chercher des matériaux.
170. — Scènes funéraires. Au premier registre, des
serviteurs qui portent des fleurs et des fruits: des pleureuses,

un sacrificateur qui traîne un veau. Au second
registre, d'autres serviteurs portent les fauteuils, les canopes,
les caisses à provisions.
171. — Quatre registres. 1o Préparation des pains
d'offrandes et sacrifice du baeuf. 2o Kakaî, Hori et Phtahmosou,
fils de Phtahmaî, sont assis devant un monceau
de provisions. 3o Un coffre rempli de pains, et à côté un
personnage qui transvase le vin dans des amphores. Une
petite femme danse en lançant des baisers et en faisant des
gràces. De toutes les figures, c'est celle qui rappelle le
mieux le type connu par les tombeaux d'el-Amarna: elle
est d'une souplesse et d'une légèreté exquises. 4o Transvasement
du vin dans des jarres, qu'un serviteur tient en
équilibre au moyen d'un crochet de porteur d'eau.
172 et 172 bis. — CALCAIRE. — Haut. 1 m. 37 cent.
larg. totale 2 m. 80 cent. — Sakkarah.
Bas-reliefs extraits du tombeau de Harminou. A gauche,
Harminou est devant deux des quatre génies des entrailles.
Hathor, debout dans son sycomore, lui verse l'eau ainsi
qu'à la dame Maì. L'âme du défunt est représentée au pied
de l'arbre prenent également sa part de l'eau sacrée.
Sur un autre tableua Harminou est assis dans un grand
siège. La dame Maî est à ses pieds et des personnages de
sa maison lui apportent des offrandes de toutes sortes: une
oie, un veau, des fleurs, des parfums, des liquides. A
droite, la cérémonic funèbre est figurée. Des esclaves,
tête rasée, portent les coffres, les tables dont on va garnir
le tombeau. Des pleureuses les suivent, puis les génisses
que l'on va immoler, enfin le catafalque contenant la
momie couchée et posée dans un bateau que des prêtres et

la dame Maì elle-même portent sur leurs épaules; derrière
elle un groupe d'assistants. On a représenté plus loin une
coupe des diverses chambres de l'édicule mortuaire, que
des hommes traversent avec des gestes de douleur.
173. — CALCAIRE. — Haut. 0 m. 58 cent., larg.
1 m. 08 cent. — Sakkarah.
Bas-reliefs. Scène de funérailles. Des femmes sautent
avec les plus étranges contorsions; d'autres font relentir
une sorte de tambour de basque. Des hommes marchent
à grands pas en agitant une tige de roseau. Ces danses
funèbres sont encore pratiquées aujourd'hui dans la plupart
des villages de la Haute-Égypte. Ce que le bas-relief
de Sakkarah n'a pu rendre, ce sont les ululations discordantes
dont ces danses sont accompagnées.
Dans l'axe de la galerie on a disposé dans le sens de la
longueur quelques monuments d'un intérêt particulier.
D'abord un cube de pierre blanche avec inscription qui
n'est autre que le socle du colosse d'Achmounéin mentionné
dans la description du vestibule (voir p. 2); le calcaire
en est si friable et si inconsistant que nous n'avons pas osé
lui rendre sa fonction antique, de peur qu'il ne fût écrasé
par le poids du granit.
155. — GRANIT ROSE. — Long. 3 m. 58 cent.,
larg. 0 m. 65 cent. — Mit-Rahinéh.
Barque sacrée du temple de Phtah, découverte en 1892.
Elle a malheureusement souffert, et bien qu'elle soit d'un
travail admirable, elle ne vaut point les monuments du

même genre qu'on voit à Turin et au British Museum. —
XIXe dynastie.
Au centre, en face de la salle des moulages, on a érigé
sur un bloc quadrangulaire en granit (haut. 1 m. 15 cent.,
long. 1 m. 04 cent.), gravé au nom de Ramsès II, un fragment
de petit obélisque du même prince (haut. 1 m. 55
cent., larg. 0 m. 34 cent.).
218. — CALCAIRE BLANC. — Haut. 1 m. 28 cent.,
long. 8 m. 25 cent. — Sakkarah.
Célèbre table royale, provenant du tombeau de Tounari
et découverte en 1861. Tounari, qui vivait sous Ramsès II.
énumère une longue suite de rois d'Égypte auxquels il
rend hommage. Ce sont des rois des Ire, IIe, IIIe, IVe, Ve
VIe, XIe, XIIe, XVIIIe, XIXe dynasties. Sa liste ne commence
pas à Méuès comme celle du grand temple d'Abydos,
mais à Maribaî, quatrième roi de la Ire dynastie: elle
ne comprend donc que les Pharaons dont les monuments
et le culte étaient présents dans le nome Memphite sous
la XIXe dynastie.

PORTIQUE DU NORD.

Le portique du nord aura par la suite, en son milieu, un
groupe colossal dont les débris se trouvent actuellement
à Médinet-Habou: le seul fragment que nous en ayons
transporté ici jusqu'à présent est une statue de la princesse
Takhaît, qui a été placée dans le bas-côté ouest contre le
mur nord. Dans le reste du portique on a disposé quelques
pièces colossales, et d'abord, en haut de l'escalier qui
mène à l'atrium central, contre les deux piliers:
185 et 186. — GRÈS SILICEUX. — Haut. 2 m. 05 c.
et 3 m. 15 cent. — Mit-Rahinéh.
Ces deux magnifiques statues de Phtah, le dieu de Memphis,
sont les plus remarquables statues divines qu'on ait
encore trouvées en Égypte. Elles avaient été érigées dans
une dépendance du grand temple de cette ville par Ramsès Il,
et elles ont été retirées des ruines par M. de Morgan en
1892. — XIXe dynastie.
Les deux colosses en granit rose adossés contre les deux
piliers du nord, symétriquement aux colosses de Phtah,
proviennent celui de l'ouest de Karnak, celui de l'est de
Tell-el-Yahoudiyéh, et représentent le premier le Pharaon
Séti II escorté de la princesse Takhaît, le second le Pharaon
Ramsès III, l'un et l'autre en grand costume sacerdotal.
— XIXe et XXe dynasties.
Sur le devant du portique, la face tournée vers l'atrium,
deux groupes de granit sont placés entre les piliers, à l'est
et à l'ouest de l'escalier.
1355. — GRANIT NOIR TACHETÉ. — Haut. 1 m. 70 c.,
larg. 1 m. 15 cent.
Ramsès II, assis entre Isis et Hathor, assises comme
lui: ce monument a été découvert par M. Petrie.
153. — GRANIT ROSE. — Haut. 1 m. 82 cent.,
larg. 1 m. 18 cent. — Mit-Rahinéh.
Les deux statues assises sur le même siège représentent
Ramsès Il et le dieu Tanen. Le groupe a été découvert

par M. de Morgan en 1892, dans les ruines du temple de
Phtah; le bas des jambes et le socle manquent malheureusement.
— XIXe dynastie.
Les deux tombeaux établis au fond de la salle à droite
et à gauche de la grande baie qui ouvre sur la galerie O,
sont de la XIXe dynastie. L'un d'eux, celui de l'est, a été
découvert à Sakkarah par M. Loret, en 1898: il contient
l'histoire d'un procès séculaire qui divisa une famille à
propos d'une source et des terrains qui l'enveloppaient.
C'est une pièce capitale pour l'histoire économique de
l'Égypte thébaine. — XIXe dynastie.
La grande stèle en granit gris placée à l'est entre la première
colonne et le pilier a une valeur considérable. Elle
a été trouvée en 1898 par M. Petrie, dans les ruines du
Memnonium de Ménephtah à Thèbes. Elle avait été érigée
d'abord par Aménôthès III dans son temple funéraire, un
peu en arrière des deux colosses qui dominent la plaine de
Thèbes. Elle porte donc sur sa face primitive, celle de l'ouest,
une inscription de très beau style en l'honneur d'Aménôthès
III. Deux siècles plus tard, Ménephtah s'empara d'elle
et il fit graver sur l'autre face, une longue inscription, dans
laquelle il racontait sa campagne de l'an V contre les
Libyens. C'est une série de morceaux poétiques, peut-être
des extraits mis bout à bout de chants composés sur le
moment même par les poètes de la cour, et dans lequel
l'émoi de l'Égypte, les épisodes de la bataille, la fuite du
roi Libyen, les sentiments suscités par l'annonce de sa
défaite dans les pays ennemis et dans la vallée, sont décrits
avec une grande vivacité d'allure et un éclat d'expressions
rares en Égypte. Rien qu'à ce titre, le monument serait
des plus précieux, mais le dernier paragraphe redouble
encore l'intérêt qu'il excitait. L'auteur y dit: “Maintenant

que les Libyens ont été battus, le pays de Khita est pacifique,
le Canaan est pris avec tout ce qu'il y a de mauvais
en lui, les gens d'Ascalon sont amenés captifs, ceux de
Guézer sont saisis, ceux d'Iounâmam n'existent plus, le
peuple d'Israel est rasè et il n'y a plus de sa graine
, la Syrie
est devenue comme les veuves de l'Égypte, tous les pays
réunis sont en paix!” C'est la première fois que la mention
d'Israël, écrit , apparaît sur un
monument égyptien, et cela vers l'époque à laquelle une
des traditions alexandrines place l'Exode du peuple hébreu.
— XIXe dynastie.
Parmi les autres monuments réunis dans cet endroit,
on n'a plus guère à signaler, à l'ouest, entre la première
colonne et le pilier et faisant face à la stèle d'Israël (voir
p. 82) une stèle énorme du roi hérétique Khouniatonou
(voir p. 71, no 207). Elle a été malheureusement fort
mutilée. On remarquera enfin, sur le palier de la salle:
183. — GRANIT NOIR. — Haut. 0 m. 80 cent. —
Karnak.
Amon et Maout, les deux divinités principales de Thèbes,
sont assises sur un grand siège à dossier. L'inscription
gravée sur le devant constate que le monument a été
exécuté par l'ordre de Séti Ier, et les deux divinités reproduisent
les traits du roi qui les a honorées ainsi, selon
l'usage constant du temps. Le morceau est d'une facture
très soignée. — XIXe dynastie.

ATRIUM CENTRAL.

Le décor de l'atrium central n'est pas complet. C'est là
que doivent figurer les plus pesants et les plus grands de

nos monuments, les colosses venus des divers points de
l'Égypte, les fragments d'obélisques, les pyramidions,
mais plusieurs de ces pièces lourdes ne sont pas encore
arrivées au Caire, et elles attendent parmi les ruines que le
Service possède les ressources nécessaires pour les enlever.
Trois des grands socles restent donc vides, et l'un de ceux
qui sont occupés l'est par une statue trop petite, qui sera
remplacée aussitôt que nous nous serons procuré un monument
mieux proportionné au site.
Aux quatre angles, sur les paliers latéraux de l'escalier,
on a posé provisoirement des sarcophages en bois du type
ordinaire de la XIIe dynastie. Il suffira de signaler l'un
d'eux:
142. — BOIS. — Haut. 3 m. 11 cent., larg.
0 m. 62 cent., haut. 0 m. 60 cent. — Sakkarah.
Le sarcophage de Kheperka présente sur ses faces extérieures
le décor qui est de règle à cette époque, et dont
nous avons déjà un bon exemple dans la partie occidentale
de la grande galerie d'honneur (voir p. 7-8).
Sur les deux piédestaux qui se dressent à droite et à
gauche de l'escalier septentrional, on a établi deux superbes
colosses de granit rose:
224. — GRANIT ROSE. — Haut. 2 m. 92 cent. —
Aboukir.
Ainsi que le no 196 cette statue colossale a été usurpée
par Ramsès II, et elle appartenait à un souverain de la
XIIe ou de la XIIIe dynastie dont le nom n'a laissè aucune
trace. Elle le représentait debout, marchant, d'une allure
très fière. — XIIe-XIIIe dynasties.
227. — GRANIT ROSE. — Haut. 3 m. 30 cent. —
Tanis.
Statue colossale qui représentait un roi de la XIIe ou de
XIIIe dynastie, debout, marchant du même mouvement
que la statue d'Aboukir (no 224): comme celle-ci, elle a été
usurpée par Ramsès II. Elle a été brisée en trois fragments
dès les temps anciens.
Les trois pièdestaux garnis sur les deux côtés de l'atrium
sont occupés par des statues assises de même époque que
les précédentes et usurpées comme elles par Ramsès II:
196. — GRANIT GRIS. — Haut. 2 m. 65 cent. —
Tanis.
Ce magnifique colosse représente un roi assis de la XIIe
dynastie. Ramsés II effaça le nom du premier possesseur et
lui substitua ses cartouches. L'usurpation est évidente sur
les deux côtés du siège, où les deux Nils, liant autour du
caractère les tiges symboliques de la Haute et de la
Basse-Égypte, sont d'une autre main et d'un style plus
ancien que les inscriptions qu'on lit autour d'elles.—XIIe
et XIXe dynasties.
225. — GRANIT GRIS. — Haut. 2 m. 40 cent. —
Tanis.
Cette statue colossale a été usurpée par Ramsès II,
comme les nos 196 et 224. Elle appartenait primitivement,
comme celles-ci, à un Pharaon de la XIIe ou de la XIIIe
dynastie
226. — GRANIT NOIR. — Haut. 2 m. 10 cent. —
Tanis .
Roi assis, sans barbe, probablement de la XIIIe ou de
la XIVe dynastie. Ramsès II a usurpé cette statue et y a fait
graver son nom comme sur les précédentes. Sur la même
ligne, on a disposé provisoirement les restes d'une grande
belle table d'offrandes en albâtre, consacrée par Thoutmôsis
III dans le temple de Karnak, puis:
Au centre de l'atrium se dresse un pyramidion d'obélisque
en granit rose, d'un travail très fin, amené de Karnak
en 1884: les tableaux qui le couvrent montrent le Pharaon
Thoutmôsis III en adoration devant Amon et les
dieux thébains.
1403. — GRANIT NOIR TACHETÉ. — Long. 1 m. 50 cent.
et 1 m. 60 cent., haut. 0 m. 98 cent. — Licht.
Autel en forme de bloc quadrangulaire, dont le dessus
est orné pour imiter deux tables d'offrandes placées dos à
dos. Sur les côtés, des Nils et des nomes de l'Égypte apportent
les produits du sol. Ce beau monument a été découvert
par MM. Gautier et Jéquier dans la chapelle funéraire
d'Ousirtasen Jer, au pied de la pyramide de Licht. —
XIIe dynastie.

SALLE P.

Cette salle, qu'on pourrait appeler la Salle des Singes
pour le nombre de statues de cynocéphales qu'on y voit,
renferme, avec quelques monuments de la XVIIIe dynastie,
la plupart de ceux de la XIXe.
Côté nord de la Salle.

La partie du mur ouest qui s'étend de la porte à l'angle
nord-ouest, contient les restes d'une belle stèle du prince
Sitaou, qui vivait à El-Kab au début de la XXe dynastie,
puis dans l'angle nord-ouest:
156. — GRANIT ROSE. — Haut. 0 m. 90 cent. —
Memphis.
Partie supérieure d'une statue royale coiffée du scarabée,
et provenant des fouilles faites au temple de Phtah
en 1892. Elle appartenait peut-être à une statue de Ménephatah.
— XIXe dynastie.
Les murs d'écran, qui rejoignent les pilastres du côté
nord, sont décorés de belles stèles originaires d'Abydos.
Contre les pilastres eux-mêmes on a dressé:
187. — GRANIT NOIR. — Haut. 0 m. 80 cent. —
Tanis.
Partie supérieure d'une statue représentant un roi, le
bras gauche étendu, la main droite serrant contre la poitrine
le sceptre hik. Le roi est sans barbe; sa tête est
couverte de la grosse perruque, autour de laquelle s'enroule
une bandelette terminée par des uraeus. On voit sur le dos
du siège un commencement de légende, qui ne nous dit
malheureusement pas de quel roi ce joli monument nous
conserve les traits.
Galerie ouest de la Salle.

178. — GRANIT ROSE. — Haut. 2 m. 45 cent. —
Louxor.
Cynocéphale-provenant du soubassement de l'obélisque
de Louxor. Les figures qui complétaient la décoration de
la base ont été emportées à Paris avec l'obélisque luimême.
— XIXe dynastie.
177. — SYÉNITE. — Hauteur 1 m. 45 cent. —
Bubaste.
Buste du roi Ramsès IV, provenant des fouilles de
M. Naville. — XXe dynastie.
La porte qui mène à la salle R est garnie dans son
épaisseur de:
208 et 209. — GRANIT ROSE. — Haut. 2 m. 24 cent.
Abydos.
Parois latérales d'une porte enlevée autrefois du temple
d'Osiris à Abydos, et abandonnée à Bélianéh sur la berge
du fleuve; elles ont été apportées au Musée en avril 1882.
Le Pharaon Ramsès II, debout, fait offrande au reliquaire
qui contient les restes de l'Osiris d'Abydos. — XIXe
dynastie.
Côté sud de la Salle.
Dans l'angle sud-ouest est placé tout ce qui reste d'une
statue en granit gris de Ramsès III, découverte à Médinet-Habou

par M. Daressy: le roi tenait devant lui l'image
aujourd'hui décapitée d'un Osiris momiforme. Derrière ce
groupe:
176. — SYÉNITE. — Hauteur 1 m. 05 cent. —
Bubaste.
Tête de Ramsès II, coiffée des cornes de bélier supportant
le disque surmonté des deux plumes d'autruche;
découverte par M. Naville à Bubaste. — XIXe dynastie.
184. — CALCAIRE. — Haut. 2 m. 62 cent., larg.
1 m. 07 cent. — Abydos.
Grande stèle contenant une prièe adressée par le roi
Ramsès IV aux divinités d'Abydos. — XXe dynastie.
195. — CALCAIRE. — Hauteur 1 m. 17 cent. —
Sakkarah.
Statue de Khaî, gardien du trésor de la chapelle funéraire
de Ramsès II. Khaî assis, enveloppé dans sa longue
robe, tient devant lui un petit naos renfermant une image
du dieu Râ à tête d'épervier. — XIXe dynastie.
180. — ALBÂTRE. — Diam. 0 m. 68 cent., haut.
0 m. 38 cent. — Tell-el-Yahoudiéh.
Tambour de colonne provenant d'un palais de Ramsès
III. Le pendant se trouve devant le pilier est de la paroi
sud. — XXe dynastie.
620. — GRANIT NOIR. — Haut. 1 m. 80 cent.
Statue assise qui porte en plusieurs endroits les nom et
prénom de Ramsès II. C'est probablement une statue de
la XIIe dynastie, usurpée par ce Pharaon. — XIXe dynastie.
Pilier central.
1314. — CALCAIRE PEINT. — Haut. 1 m. 02 cent.
Tell-Moustéh.
Statue représentant un cynocéphale accroupi, paré d'un
collier auquel pend un large pectoral. Le corps est creux:
il contenait, au moment de la découverte, cinq statuettes de
singe qui sont exposées dans la cage F (voir p. 301) du
Salon Septentrional au premier étage. — XIXe dynastie.
194. — CALCAIRE. — Haut. 1 m. 10 cent. —
Sakkarah.
Autre statue de Khaî (cf. no 195, p. 88); le naos renferme
une image d'Osiris. — XIXe dynastie.
215. — GRANIT ROSE. — Haut. 2 m. 08 cent, larg.
1 m. 15 cent. — Gournah.
Belle stèle de Pouimarî, deuxième prophète d'Amon,
prise dans son tombeau à Gournah. — XVIIIe dynastie.
Entre les deux fenêtres.
149. — CALCAIRE. — Long. 1 m. 65 cent., haut.
0 m. 65 cent. — El Hibéh.
Linteau de porte provenant du tombeau d'un chef
des écuries royales nommé Pahonnoutir; les cartouches

de Ramsès III nous donnent la date de ce monument. —
XXe dynastie.
1604. — CALCAIRE GROSSIER. — Haut. 0 m. 80 c.
Stèle de style et de conservation médiocre, curieuse
pourtant par le sujet qu'elle représente. Dans certaines
stèles que nous avons signalées (voir p. 4 et p. 19, no 63),
on voit le mort sortant par la fausse porte de son tombeau
pour prendre l'offrande qu'on vient de déposer devant
lui: ici il passe la tête dans l'embrasure par dessus le
battant et semble regarder ce qui se passe devant lui. Le
personnage à qui nous devons ce monument unique jusqu'à
présent s'appelait Nibari. — XXe dynastie.
Centre de la Salle.
Un sphinx y est couché, la face à l'est, un grand sphinx
en granit rose au nom de Ramsès II, et qui provient de
Tanis. Devant lui, on a placé un groupe mutilé représentant
un Osiris momiforme assis sur un siège plein: les
jambes sont flanquées de deux statuettes du Pharaon
Ménephtah, debout, en costume royal. Derrière lui, on voit
les restes d'un autre groupe, découvert par M. Daressy à
Médinet-Habou, et qui reproduit une scène souvent figurée
sur les parois des temples mais rarement exprimée, comme
elle l'est ici, par des statues de grandeur naturelle. Le roi
Ramsès III, debout entre Horus et Typhon, recevait l'affusion
d'eau vivifiante qu'ils versaient sur lui; Typhon a
disparu, mais Horus est demeuré à peu près intact ainsi
que le roi.
De toutes les statues distribuées autour du sphinx, sur
le palier de la salle, la plus curieuse est:
179. — CALCAIRE. — Haut. tot. 0 m. 70 cent.—
Sakkarah.
Joli groupe représentant Zaî et la saeur Naîa assis sur
un siège commun. Ils sont tous deux vêtus à la mode de
Ramsès, Zaî avec la longue robe, bouffant aux manches
et se terminant par devant en tablier, Naîa avec la grande
chemise collante. D'énormes perruques à longues tresses
leur couvrent la tête. Les profils des personnages gravés
sur le dos du siège rappellent le type de Séti Jer; les deux
statues assises ont, au contraire, tous les caractères de la
physionomie douce et épanouie, qui est le cachet de la
belle tête royale que Mariette pensait être celle de
Mînephtah, petit-fils de ce même Séti ler, mais qui paraît
avoir été celle d'Harmhabi (voir p. 61, no 197). —
XIXe dynastie.

SALLE Q.

La salle Q contient une collection de statues brisées, de
stèles et d'incriptions de la XIXe et de la XXe dynasties,
provenant pour la plupart des nécropoles d'Abydos et de
Sakkarah. Le plus curieux de ces monuments est:
168. — CALCAIRE. — Long. 2 mètres, larg.
0 m. 96 cent. — Abydos.
Lorsque j'ai rapporté cette stèle d'Abydos en 1882, elle
était en aussi bon état que la stèle symétrique du même
roi qui a été décrite dans la salle P (voir p. 88, no 184).
Elle a été réduite à l'état où on la voit par l'humidité qui
prévalait dans certaines salles du Musée de Gizéh. Elle
est de Ramsès IV, et elle renferme une longue prière de

ce Pharaon dans laquelle il se souhaite à lui-même les
67 années de Ramsès II. II ne régna d'ailleurs que quatre
ans. — XXe dynastie.

SALLE R.

On y voit quelques monuments, malheureusement très
mutilés de l'époque des Ramessides.
Côté ouest de la Salle.
On y rencontre, entre la porte de la galerie O et celle de
la salle P:
1o beau bas-relief détaché par M. Petrie d'un tombeau
de Dendérah, et dont le tableau principal nous
montre le scribe Siêsît purifié par un personnage à moitié
détruit;
2o Les débris d'une des claire-voies en grès qui éclairaient
les salles ruinées de Médinet-Habou. Le dessin en
montrait le prénom de Ramsès III entre deux éperviers
qui étendent leur ailes et deux personnages agenouillés:
il ne subsiste plus qu'une moitié à peu peu près de l'ensemble.
— XXe dynastie.
Les deux têtes colossales en granit rose qui sont dressées
à droite et à gauche de la porte furent détachées de statues
du Pharaon Ramsès II aujourd'hui détruites: elles ont été
découvertes à Mit-Rahinéh par M. de Morgan, en 1892,
dans les ruines du temple de Phtah. Deux autres fragments
de statues s'appuient à la face antérieure des deux socles et
en masquent la nudité. Du côté sud, c'est un Amon en granit
noir, debout, marchant; le haut de la coiffure manque

ainsi que les pieds. Du côté nord, le scribe Aménôthès est
debout; la statue était en granit noir également et d'un
bon travail de la XIXe dynastie.
Enfin, au pilastre qui sépare la salle R de la salle S, on
a adossé une pièce superbe: une tête détachée d'un colosse
de Ramsès II, provenant du temple de Louxor. Contre le
socle s'appuie:
181. — CALCAIRE BLANC. — Haut. 1 m. 52 cent.,
larg. 0 m. 55 cent. — Sakkarah.
Fragment d'un pilier tiré du tombeau de Nofirhotpou,
fils de Houi, qui vivait sous la XIXe dynastie. On y voit,
à la face antérieure, un dadou , surmonté d'un chapiteau
Hathorien de bon travail: deux dadou coiffés de plumes
et surmontés d'un épervier à tête humaine ornaient les
deux côtés.
Côté est de la Salle.
Il n'offre que des monuments d'ordre secondaire, parmi
lesquels on remarquera pourtant un côté de siège et une
jambe qui appartenaient à un colosse d'Osorkon II, découvert
à Bubaste. C'est l'une des aeuvres qui montrent le
mieux que la traditon du grand art ne s'était pas perdue
sous la XXIIe dynastie, quoiqu'on en ait dit.
Deux sarcophages anthropoïdes en calcaire et grès rouge
de la XIXe dynastie, et les deux bras d'un colosse en granit
rose de Ramsès II, découverts à Mit-Rahinéh en 1892,
s'espacent sur le palier de la salle.

SALLE S.

On y voit les derniers monuments de l'époque Ramesside
mais brisés et presque sans valeur artistique: c'est toujours
la même profusion de stèles et de statues banales de style
comme de sujet. Une pièce pourtant manifeste quelque
originalité, le groupe fort endommagé qui est placé dans
l'embrasure de la fenêtre: il nous montre, exprimés en un
groupe de statues et d'emblèmes, les éléments qui forment
le cartouche de Ramsès II. Les deux couvercles de sarcophages
en granit rose qui le flanquent à droite et à gauche,
sont d'une rudesse de travail qui nous engagerait à le
ramener à une époque plus barbare, si les noms ne trahissaient
l'âge Ramesside.
Un autre groupe de granit rose, adossé au pilastre est
qui sépare la salle S de la salle R, reproduit en grandeur
héroïque une scène figurée souvent sur les temples de la
seconde époque thébaine, le Pharaon qui sacrifie au
dieu Amon les chefs barbares liés et agenouillés devant
lui. Ici le Pharaon est Mînephtah, à côté de qui l'on aperçoit
son fils Séli, le même qui fut roi plus tard sous le
nom de Séti II: c'est probablement un souvenir de la
grande victoire de l'an V sur les Libyens. — XIXe dynastie.
Sur le palier de la salle s'allonge un beau linteau de
porte en granit rose, recueilli à Belianéh en 1881 avec les
deux montants qui garnissent la porte est de la salle P. II
porte le nom de Séti Ier, et il provient comme eux de l'un
des temples d'Abydos. — XIXe dynastie.

SALLE T.

La salle T mériterait d'être appelée la Salle des Naos
pour le nombre des monuments de ce genre qui y sont

réunis. De tout temps, le naos, cette sorte de tabernacle
dans lequel on logeait l'emblème vivant ou inanimé du
dieu, avait fait partie intégrante du mobilier des temples;
mais, sous les dynasties thébaines, il était de préférence en
bois, ou, s'il était en pierre, il n'avait que des dimensions
restreintes. Sous la dynastie saïte, il fut le plus souvent en
pierre dure, granit, basalte, schiste, calcaire, et de proportions
considérables. De plus, on le couvrit de sculptures
représentant les formes du dieu local ainsi que de ses dieux
parèdres et des génies attachés à sa personne: il devint
comme un résumé du temple dans lequel il se trouvait, de
manière à pouvoir remplacer ce temple si celui-ci venait à
disparaître. J'ajouterai que d'ordinaire on se figure l'art saïte
comme grêle et mièvre par rapport à l'art des âges antérieurs.
Un coup d'aeil jeté sur ces naos montrera qu'il ne
craignait pas plus les masses que ses prédécesseurs: seulement,
au lieu de répandre sur elles des bas-reliefs largement
espacés, il les habillait d'un décor serré de petits
tableaux encombrés de figures et d'inscriptions taillées dans
la pierre avec une patience et un art admirables.
Centre de la Salle.
252. — GRANIT GRIS — Haut. 1 m. 85 cent., long.
2 m. 10 cent., larg. 1 m. 86 cent. — Saft-el-Hennéh.
Restes d'une chapelle monolithe au nom du roi Nectanébo
II. Cet admirable monument, qui était complet il y a
vingt-cinq ans, a été brisé par le propriétaire d'un domaine
voisin vers 1877, et une partie des débris utilisés à la
construction d'une pile de pont. Les plus gros des fragments
subsistants furent apportés au Musée en 1881-1882;
le reste est arrivé successivement, après les fouilles de

Naville en 1883, puis par les soins des agents du Service.
Nous ne désespérons pas de retrouver un jour la plupart
des morceaux qui manquent. Ce monument était dédié
aux dieux du nome Arabique et il est précieux pour la
quantité de renseignements mythologiques qu'il fournit.—
XXXe dynastie.
Derrière ce naos, et tournés vers l'ouest, nous avons
placé les restes d'un fort beau groupe, semblable pour la
pose et pour l'intention au groupe de Psammétique et de
la vache Hathor qu'on rencontrera au premier étage dans
le salon septentrional (cfr. p. 282, no 1020).
268. — SCHISTE. — Haut. 0 m. 98 cent., long.
1 m. 30 cent. — Sakkarah.
Un baeuf Apis, debout, marchant, allongeait sa tête
aujourd'hui détruite, au-dessus de I'image, également
détruile, d'un certain Pétésamtoui qu'il plaçait amsi sous
sa protection. Le modelé du corps est excellent et le mouvement
de l'animal rendu avec beaucoup de bonheur. —
Époque persane.
265. — GRÈS. — Haut. 1 m. 55 cent., larg.
0 m. 62 cent., prof. 0 m. 86 cent. — Baqliéh.
Naos portant les cartouches du roi Apriès. Le dieu Thot,
qui était le patron de la localité d'où il provient, y est
représenté sous toutes ses formes ainsi que ses parèdres du
cycle osirien: le sistre d'Hathor, qui est dressé au fond de
la niche, nous apprend quelle était la déesse associée à
Thot dans cet endroit. — XXVIe dynastie.
Le long du mur est on a exposé, avec les restes du tombeau
de Hori, un linteau de porte qui présente un certain
intérêt historique:
258. — GRÈS. — Haut. 0 m. 50 cent., long.
1 m. 60 cent. — Karnak.
Il provient d'une des nombreuses chapelles élevées dans
la ville de Karnak, du VIIIe au VIe siècle avant J.-C., par
les pallacides d'Amon qui régnaient héréditairement sur
Thèbes. sous la suzeraineté des Pharaons Éthiopiens et
Saïtes. Lorsque l'office de grand-prêtre avait été aboli, elles
avaient succédé à la lignée mâle dans le gouvernement de la
principauté thébaine, mais leur pouvoir n'était que nominal:
elles avaient à côté d'elles un haut personnage qui exerçait
l'autorité pour elles, et peut-être tenail-il le rôle de mari
que les ministres exerçaient à Madagascar auprès de la reine,
avant la conquête française. Ici trois d'entre elles, Amenertas
et Shapenouapît II à gauche, Nitocris et probablement
Shapenouapît à droite, cette dernière suivie du régent
Pétéharrisni, sont en adoration devant Amon et Maout à
gauche, devant Amon et Khonsou à droite. Nitocris est une
fille de Psammétique Ier dont il est question dans la stèle
découverte par M. Legrain à Karnak; elle fut adoptée par
Shapenouapît II et elle entra de la sorte dans la famille
thébaine. — XXVIe dynastie.
Les autres fragments retrouvés de ce naos sont exposés
dans la salle U, p. 106.
283. — GRANIT NOIR. — Haut. 1 m. 85 cent.,
larg. 1 m. 16 cent. — Caire.
Stèle découverte en 1870 dans les fondations d'une
petite chambre de la mosquée Chéikhoun, au Caire, par

Mohammed effendi Kourchid, alors surveillant en chef du
Musée. Elle date de l'an XII d'Alexandre ll, fils d'Alexandre
le Grand, et a été dédiée par Ptolémée, fils de Lagos, qui
ne prend encore que le titre de satrape d'Égypte. Ptolémée
était déjà fort puissant. Il avait fait sa résidence de la forteresse
du roi Alexandre Ier, sur les bords de la Mer Ionienne,
c'est-à-dire d'Alexandrie dont le nom primitif était Rakôti,
et où il avait établi beaucoup de Grecs avec leurs chevaux
et de galères avec leurs soldats. S'étant rendu au
pays des Syriens, pendant qu'ils lui livraient bataille, il se
jeta an milieu d'eux d'un caeur hardi, comme un vautour
au milieu de moineaux; il les prit en une seule fois et il
amena en Égypte leurs chefs, leurs chevaux, leurs vaisseaux,
toutes les richesses. — Au retour d'une campagne henreuse
en Marmarique, comme il fêtait sa victoire et cherchait
ce qui pouvait être agréable aux dieux d'Égypte, un
de ses conseillers lui suggéra de confirmer au temple de
Bouto la donation que le roi Khabbîsha avait faite aux dieux
de cette ville, des biens qui leur avaient été enlevés jadis
par Xerxès Ier, roi de Perse. Ptolémée y consentit: la stèle
se termine par des imprécations contre quiconque essaiera
de renouveler la spoliation. — Époque ptolémaïque,
246. — GRANIT ROSE. — Haut. 0 m. 43 cent., larg.
1 mètre. — Bubaste.
Fragment de beau bas-relief où l'on voit le Pharaon
Nectanébo Ier agenouillé en adoration devant ses propres
cartouches. Il est accompagné de son double, qui est représenté,
selon un mode peu usité, par une figure d'homme
coiffée de l'épervier d'Horus et posée entre les deux bras
d'un signe , lequel est à son tour supporté par le signe
de la bataille . Il est rare que la nature spéciale

du double soit indiquée de façon aussi complète. —
XXXe dynastie.
245. — GRANIT NOIR. — Haut. 1 m. 25 cent.,
larg. 1 m. 10 cent. — Esnéh.
Naos qui garde au fronton la bannière du roi éthiopien
Sabacon; les cartouches sont martelés. Il provient
d'un temple d'Esnéh, antérieur au temple actuel. —
XXVe dynastie.
La statue accroupie devant le piédestal de ce naos représente
un prince, Ouahbrî, qui a érigé également la statue
placée devant le naos no 249 (voir p. 100).
Le naos qui s'adosse au pilier central a été découvert à
Tounah, la Tanis supérieure des géographes gréco-romains.
Il a été consacré par le Pharaon Apriès en l'honneur du
dieu Thot d'Hermopolis. C'est un bloc admirable de granit
rose, taillé avec un soin et poli avec une perfection remarquables.
Il est d'autant plus intéressant pour nous que
toute la région où il a été découvert est jusqu'à présent
très pauvre en monuments de l'âge saïte: il nous prouve
que les grandes cités de cette partie de l'Égypte moyenne
possédaient encore à cette époque des tailleurs de pierre
et des sculpteurs experts. — XXVIe dynastie.
249. — GRANIT NOIR. — Haut. 0 m. 90 cent.,
larg. 0 m. 64 cent.
Ce petit naos porte le nom de Nectanébo II, et il
semble provenir de Saïs, s'il faut en juger la dédicace
à la déesse Néìt qu'il porte sur les deux montants. —
XXXe dynastie.
La statue de granit noir qui est accroupie en avant de la
base de ce naos, dans une posture fréquente vers l'époque
saïte, vient de Saïs même et appartient à un prince
de Saïs, Ouahbrì, fils de Pefaanîét, dont nous avons rencontré
une statue devant la base du naos no 245 (v. p. 99).
1405. — GRANIT ROSE. — Haut. 2 m. 65 cent.,
larg. 1 m. 25 cent. — Karnak.
Stèle retrouvée par M. Legrain dans le dallage de la
grande cour, devant le temple de Séti Il. Au sommet, un
grand-prêtre d'Amon, nommé Aouarati, est en adoration
devant les principales divinités de Thèbes. Un décret
d'Amon remplit toute la partie inférieure de la stèlc. Aouarati,
alors qu'il était adolecent, en l'an X de son père
Osorkon II, avait acquis dans le district de Siout tout un
domaine rural comprenant des terrains de culture, des
plantations d'arbres, des esclaves, etc. L'inventaire de ces
biens est dressé avec la valeur de chaque lot acheté à des
personnes différentes; toutes les formalités requises d'enregistrement
out été remplies, tant pour les terres qui
appartenaient au Pharaon que pour celles qui dépendaient
du temple d'Amon. Après avoir établi ainsi ses titres de
propriétés, Aouarati déclare donner ce domaine à son beaufrère
le prophète d'Amon et gouverneur de district, Khânouisît,
et à ses héritiers. Les sept dernières lignes sont
remplies par des imprécations d'Amon contre quiconque
oserait créer des difficultés au nouveau propriétaire à propos
de ces terrains.
254. — CALCAIRE BLANC. — Haut. 0 m. 30 cent.
Mit-Rahinéh.
Charmants bas-reliefs provenanl d'un tombeau détruit

dès l'époque persane. Ils avaient été employés à Memphis
comme matériaux de construction à l'époque grecque, ainsi
que le prouve le ravalement qu'ils ont subi et qui a endommagé
le bas de l'un d'eux; Mariette les a retrouvés d'ailleurs
dans les ruines d'une maison à Memphis. Sur trois
d'entre eux le scribe Psamitik-Nofirsamou, assis, surveille
l'apport et l'enregistrement du tribut de ses domaines funéraires;
sur le quatrième, la fabrication des meubles destinés
à son tombeau est représentée. C'est peut-être ce que l'art
saïte nous a laissé de plus délicat et de plus fin: la facture
en est un peu molle, mais ce léger défaut est rachelé par
une grâce et par une souplesse dignes des meilleures époques
de la sculpture égyptienne. — XXVIe dynastie.
L'angle nord-ouest est occupé par la statue en grès
rouge d'un certain Ouahbrî, prince et grand-prêtre de
Néît à Saïs, dont la tête a disparu malheureusement, et qui
est peut-être identique à l'Ouahbrî des deux statues indiquées
plus haut (voir p. 99 et 100). Il est agenouillé, et il
tient devant lui un naos surmonté d'un pyramidion tel
qu'en ont plusieurs des naos exposés dans cette salle. La
baie du naos est remplie par tout un dessin d'architecture
très intéressant, pour ce qu'il nous montre comment nos
naos monumentaux étaient fermés quelquefois. Ils n'avaient
pas toujours un simple battant en bois, mais la porte affectait
les allures grandioses d'une façade de pylône ou ici,
comme il s'agit d'un naos destiné à Osiris, d'une façade de
tombeau. — Époque saïte.
253. — GRANIT NOIR. — Haut. 1 m. 98 cent., prof.
0 m. 95 cent., larg. 0 m. 95 cent. — Le Caire.
Naos dédié par Nectanébo Ier. Il a été trouvé au Caire.
mais il provient certainement de Bubaste, d'après la mention

de la déesse Bastît et de Harchafìtou dans Bubaste,
qui se trouve parmi les légendes. C'est un des nombrenx
monuments qui furent transportés au Caire vers l'époque
des Éyoubites et des sultans mamelouks, pour être
employés comme blocs de fondation ou comme pierres de
seuil dans les mosquées ou dans les maisons privées. —
XXXe dynastie.
Côté méridional de la Salle.
Le premier naos qu'on y rencontre, en partant du montant
sud de la porte qui conduit sous le portique de l'atrium
central, est en schiste, au nom de Nectanébo Ier (hauteur
2 m. 05 cent.). Il est demeuré inachevé et l'inscription
dédicatoire n'a été gravée qu'au fronton et súr le montant
de gauche. Elle nous apprend qu'il était dédié à AnhouriShou,
fils de Râ, maître de Sébennytos, et à sa compagne
Mahît, et qu'à l'origine il avait été placé dans le temple
de Sébennytos. Il a été trouvé dans les fondations d'une
mason du Caire. — L'épervier en grès qu'on y voit ne lui
appartient pas: il n'a été mis là que pour montrer quelle
nature d'emblèmes les prêtres enfermaient dans les naos
de leurs temples. — XXXe dynastie.
254 bis. — CALCAIRE. — Haut. 0 m. 30 cent.,
larg. 1 m. 08 cent. et 1 m. 30 cent. — Mit-Rahinéh.
Les deux bas-relifs qui sont reunis sous ce numéro proviennent
du tombeau de Psammétique-Nofirsamou, comme
les bas-reliefs décrits sous le no 254 (voir p. 100). Le plus
grand représente le mort', auquel des femmes apportent les
colliers et les bijoux en or de son trousseau funéraire, qu'un
scribe enregistre devannt lui. Dans l'autre, les domaines
viennent déposer à ses pieds leurs tributs de légumes, de

fleurs, de volailles et de bestiaux. Ils sont mieux conservés
que les précédents, et on y distingue plus aisément les
grandes qualités de facture qui distinguaient les sculptures
de ce tombeau. — XXVIe dynastie.
255. — CALCAIRE. — Haut. 0 m. 40 cent., long.
1 m. 40 cent. — Héliopolis.
Ce bas-relief est, comme les précédents, emprunté à un
tombeau où étaient reproduites les scènes que nous sommes
accoutumés de voir dans les mastabas du vieil empire
memphite. Le seigneur Patenefi, assis confortablement sur
son fauteuil, reçoit l'offrande des roseaux et des baeufs vers
la gauche; vers la droite, il est en barque et prend au
filet des oiseaux d'eau. Le travil est fort bon, sans être
aussi fin que celui des bas-reliefs de Psammétique-Nofirsamou.
— XXVIe dynastie.
1609. — GRANIT ROSE. — Haut. 1 m. 90 cent.
Cette stèle, d'une lecture fort difficile, n'a été que tout
récemment mise en lumière par M. Daressy. Elle est datée
de l'an Ier d'Ahmasis, et elle nous donne la relation égyptienne
d'événements dont nous n'avions que des versions
grecques recueillies par Hérodote et par Diodore de Sicile.
Le roi y raconte à sa façon la manière dont il prit les armes
contre Apriès, les victoires qu'il remporta sur ce dernier,
et son intronisation comme roi légitime des deux Égyptes.
— XXVIe dynastie.
1610. — GRANIT GRIS. — Haut. 2 m. 10 cent.
Kom-Gayêf.
Cette superbe stèle, d'une gravure admirable, a été découverte
sur l'emplacement de l'ancienne Naucratis par S. A. le

prince Hussein Kamel, qui a bien voulu la donner gracieusement
au Musée en 1899. Elle est datée de la première
année de Nectanébo II, et elle célèbre les dons et privilèges
qu'il accorda à la déesse Néìt, à savoir: un dixième de l'or,
de l'argent, des bois bruts et ouvrés, de toutes les marchandises
qui, venant de Grèce et d'Asie-Mineure, entraient en
Égypte par la bouche canopique du Nil et y payaient les
droits de douane prescrits, ainsi qu'un dixième de l'or, de
l'argent, de toutes les marchandises entreposées dans la ville
de Pamaraîti, surnommée Naucratis. Cette stèle, outre les
renseignements précieux qu'elle nous fournit sur le système
des douanes de mer de l'Égypte, nous apprend que le
nom égyptien de Naucratis était Pamaraîti, et nous y rencontrons
pour la première fois le nom de Naucratis transcrit
en hiéroglyphes. — XXXe dynastie.
244. — GRANIT À GRAIN FIN. — Côté de la base
0 m. 52 cent.
Base de colonne en forme de cloche renversée: l'inscription
qui court le long de la plinthe paraît être postérieure
au monument lui-même. — Époque persane.
247. — GRANIT GRIS. — Haut. 1 m. 85 cent., larg.
0 m. 74 cent.
Cuve ou autel en forme de cartouche. — Époque saïte.
262. — BASALTE. — Hauteur 0 m. 05 cent. —
Sakkarah.
Statue d'Osiris dédiée par un certain Harô surnommé
Rânofirabnofir, qui avait le titre de nourricier du Pharaon
Psammétique II. — XXVIe dynastie.
284. — CALCAIRE. — Haut. 1 m. 47 cent., larg.
0 m. 78 cent., épais. 0 m. 36 cent. — Mendès.
Cette stèle, qui fut découverte par M. E. Brugsch bey à
Tmai-el-Amdid, renferme un décret de Ptoléméee II en
l'honneur du bélier de Mendès et d'une fille divinisée du
souverain. — Époque ptolémaïque.
278. — GRANIT GRIS. — Haut. 1 m. 28 cent.,
larg. 0 m. 98 cent. — Tell-el-Maskhouta.
Cette stèle, qui provient des fouilles de Naville, a été
érigée par Ptolémée Philadelphe pour commémorer les
travaux qu'il entreprit au fond de la Mer Rouge, et les
expéditions qu'il envoya sur cette mer, afin de développer
le commerce de l'Égypte avec l'Arabie méridionale et les
régions des éléphants et des aromates. — Époque ptolémaïque.
Le bloc de granit rose sur lequel elle est posée consacre
une donation faite au temple d'Abydos par Sheshonq Ier,
alors qu'il n'était pas encore roi, afin de perpétuer le culte
funéraire de ses ancêtres. C'est un document de la plus
haute importance pour l'histoire des derniers temps de la
XXIe dynastie.
Le dernier naos, celui qui est adossé au pilier sud de la
porte qui conduit à la salle U, vient, de Memphis et avait
été érigé par le roi Ahmôsis en l'honneur du dieu Phtah:
l'épervier en calcaire qui y est placé ne lui appartient pas
non plus que celui du naos symétrique de Nectanébo Ier.
Dans l'embrasure même de la porte, on voit du côté sud
(voir p. 97), une stèle en calcaire au nom d'un certain
Hori, prophète de Minou, qui a été découverte à Akhmîm

et est un bon spécimen de l'art de cette ville sous les premiers
Ptolémées; du côté nord, des bas-reliefs provenant
de la même chapelle que les bas-reliefs décrits plus haut
(voir p. 97, no 258) au nom de la reine Shapenouapît Il,
de la reine Ankhanasi et de son maire du palais Péténéit,
ainsi que du Pharaon Psammétique.

SALLE U.

Elle est consacrée, partie aux Bubastites de la XXIIe
dynastie, partie aux Saïtes de la XXVIe, mais sans offrir
aucune pièce qui sorte de l'ordinaire. Le bloc exposé dans
l'embrasure de la fenêtre est la partie supérieure d'un naos
découvert à Bubaste par Naville, et qui fut consacré par le
Pharaon Osorkon II. C'est au même Pharaon qu'appartiennent
tous les fragments adossés à la muraille ouest.
Est de la Salle.
157. — GRANIT ROSE. — Haut. 0 m. 90 cent.,
larg. 1 m. 86 cent. — Bubaste.
Fragment d'inscription relative aux revenus du temple
de Bubaste: on y voit par les masses énormes d'or et d'argent
mentionnées quelle était encore la richesse de l'Égypte
dans la première moitié de la XXIIe dynastie.
Deux statues flanquent la porte de la salle T, dont la
plus importante s'adosse au montant nord:
250. — GRANIT NOIR. — Haut. 1 m. 32 cent. —
Mit-Rahineh.
Il n'en reste plus que le tronc et les jambes, mais on lit

sur la base les noms des deux Pharaons Éthiopiens Shabitkou
et Taharkou. — XXVe dynastie.
Toutefois les deux monuments les plus importants qu'on
voit dans la salle U. sont rangés sur le palier:
1279. — BASALTE NOIR. — Tell Tmai.
Couvercle brisé du sarcophage d'un des béliers sacrés
de Mendès, découvert par Emile Brugsch bey, en 1870,
dans les ruines de la ville antique. — Epoque ptolémaïque.
Au sud de ce sarcophage est placé le lit en granit noir
découvert par M. Amélineau en 1897, dans une des tombes
archaïques d'Omm-el-Gaab. La momie d'Osiris y est
étendue de son long, les mains dégagées du maillot et
tenant les emblèmes sacrés, la tête coiffée de la couronne
blanche. Le dieu vient de s'éveiller et il a rendu mère
Isis, figurée ici par un épervier placé vers le milieu de son
corps: les quatre éperviers, fils d'Horus, veillent à sa tête
et à ses pieds. Quelques fragments des éperviers ont été
découverts en 1900 par M. Petrie et remis à leur place:
d'autres manquent encore. Une légende royale placée sur
le bord du lit contenait le nom du Pharaon qui a dédié ce
monument, mais elle a été martelée avec soin et elle est
restée indéchiffrable: les uns, comme M. Daressy, y voient
un Pharaon de la XIIIe dynastie, les autres y reconnaissent
avec Groff un des derniers Pharaons saïtes, peut-être
Nectanébo Ier. Cette dernière hypothèse me paraît jusqu'à
présent être la plus vraisemblable. L'un des tombeaux
thinites de la nécropole d'Abydos, sans doute celui d'un roi
comme Ouénéphés dont le nom prêtait à un rapprochement
avec l'un des noms d'Osiris, aura été converti par la suite
des temps en tombeau d'Osiris, et pour cette raison sera

devenu le siège d'un culte considérable. Un monument du
Louvre prouve que cet Alkhai, pour employer le terme
égyptien, fut restauré à l'époque saïte, et peut-être le lit
découvert par M. Amélineau date de cette restauration.

SALLE V.

La salle V contient la fin des monuments de l'époque
saïte et quelques monuments de l'époque ptolémaïque. La
plupart d'entre eux rentrent dans la catégorie des stèles
funéraires et ne présentent d'intérêt que pour l'Égyptoloque.
Certains fragments d'un naos de Nectanébo Ier en
basalte noir sont d'une très belle facture, mais il en reste
trop peu pour nous donner l'idée de ce qu'était le monument
complet. On remarquera seulement, adossé à l'un des
piliers:
261. — GRÈS. — Haut. 1 m. 40 cent., larg.
0 m. 86 cent., prof. 0 m. 92 cent. — Karnak.
Morceaux d'un naos qui portait les cartouches de Psammétique
ler, de Shapenouapìt Il et de Nitocris. C'est à l'intérieur
de ce naos que fut trouvée la statue de Thouéris, en
basalte, qui est exposée au premier étage dans le salon septentrional
(voir p. 306, no 1016). — XXVIe dynastie.
Centre de la Salle.
241. — GRANIT. — Long, 1 m. 75 cent., larg.
0 m. 78 cent., haut. 0 m. 75 cent. — Damanhour.
L'existence de ce monument à Damanhour, dans la maison
d'un particulier, ayant été signalée par M. Émile
Brugsch bey, M. Maspero le fit apporter au Musée en juin
1883. Il appartenait au roi Psammétique Il, comme le

prouvent les inscriptions, toutefois la cavité est si étroite
qu'elle n'a pu contenir que le corps d'un adolescent:
Psammétique II mourut très jeune. Le sarcophage doit
avoir été approté à Damanhour de Sa-el-Hagar, l'antique
Saïs, où était la sépulture de la famille des Psammétique.
— XXVIe dynastie.

SALLE X.

La salle X contient le peu que nous possédons de monuments
éthiopiens, ceux des rois de Napata qui conquirent
l'Égypte au VIIIe siècle avant notre ère et dont les trois principaux,
Sabacon, Shabitkou et Taharkou forment la dynastie
éthiopienne de Manéthon, comme ceux des souverains
d'époque postérieure qui du VIIe siècle avant J.-C. au IIIe
siècle de notre ère, régnèrent sur l'Éthiopie seule à Napata,
puis à Méroé. C'est une variété encore peu connue de l'art
pharaonique. Au début, leurs monuments sont entièrement
égyptiens par la technique, par le costume, par les types
représentés, par l'écriture et par la langue. A mesure
qu'on se rapproche de notre ère, les communications avec
l'Égypte devenant hostiles, la tradition s'altère et se rompt:
la langue se déforme, puis elle est emplacée par un idiome
inconnu, dont les mots sont rendus en un système d'hiéroglyphes
et de démotique dérivés de très loin des systèmes
égyptiens.
Centre de la Salle.
174. — ALBÂTRE. — Haut. 1 m. 67 cent. — Karnak.
Cette jolie statue représente la reine Amenertas, fille du
roi Kashto et saeur du Pharaon Sabacon. Les formes un peu
longues et grêles sont chastes et délicates: la tête, surchargée
de la grande perruque des déesses, est d'une

expression un peu morne. Le socle est de granit gris;
l'inscription donne le nom et les titres de la reine. Les
deux noms martelés sont ceux de Sabacon et de Kashto,
que les monarques de la XXVIe dynastie considéraient
comme des usurpateurs. La statuette mutilée en granit noir
qui est exposée le long de la paroi ouest appartenait à la
même reine et était également d'un travail achevé. —
XXVe dynastie.
Contre les quatre piliers on a rangé des fragments de
statue fort beaux. Et d'abord, contre le pilier sud-est, un
monument entièrement égyptien:
1366. — BASALTE. — Hauteur 1 m. 51 cent. —
Médinet-Abou.
Statue d'Osiris découverte en 1894, et consacrée au
nom de la reine Nitocris, la fille de Psammétique Ier. Les
formes du corps sont un peu longues et grêles, mais la face
a une douceur d'expression toute saïte. — XXVIe dynastie.
La statue en granit gris qui lui fait pendant sur le
pilier sud-ouest représente une reine de l'époque éthiopienne,
reconnaissable à la double uraeus qui se dresse
sur son front: les pieds manquent. Le faire est un peu
plus large que celui de l'Osiris précédent; l'ensemble est
aussi bon pour le moins que celui de la statue d'Amenertas.
La belle statue qui se dresse en avant du pilier nord-est
représente un certain Mantoumihaît, qui fut le conseiller
des princesses thébaines (voir p. 97, no 258) dans la première
moitié du VIIe siècle, et qui gouverna pour elles la
principauté d'Amon. Il sut sortir indemne des périls dont
le menaçaient l'hostilité des Assyriens et des Éthiopiens, et,

pliant tour à tour devant Taharkou et Assourbanabal, s'il
ne réussit pas à empêcher le pillage de Thèbes par les
armées ninivites, il répara de son mieux les ruines qu'elles
y avaient laissées. Malgré la mutilation qu'il a subi, ce
fragment de statue en granit noir est un admirable portrait
plein d'expression et de vie. Il a été trouvé par Miss
Benson à Thèbes dans le temple de Maout. — XXVe dynastie.
Contre le pilier du nord-ouest on aperçoit une aeuvre
non moins mutilée, mais non moins belle:
164. — GRANIT NOIR. — Haut. 0 m. 31 cent. —
Louqsor.
Tête du conquérant éthiopien Taharkou. Une autre tête
du même souverain, en granit rose, est placée derrière la
stèle de Piânkhi (no 160), dans l'embrasure de la fenêtre.
Les quatre stèles réparties sur le palier de la salle et
dans l'embrasure de la porte qui mène à la salle V, proviennent
des ruines de Napata, de l'endroit qui s'appelait
jadis la Montagne Sainte et qu'on nomme aujourd'hui le
Gebel Barkal. Ce sont, comme Mariette les a définies au
moment de la découverte, cinq pages importantes extraites
des archives de l'Éthipie.
La plus ancienne se dresse en avant de la fenêtre:
160. — GRANIT GRIS. — Haut. 1 m. 80 cent.,
long. 1 m. 84 cent., épais. 0 m. 43 cent. — Gebel
Barkal.
Le roi de Napata Piânkhi, qui vivait entre 750 et 730
av. J.-C., y raconte longuement comment il soumit toute
l'Égypte, partagée entre un grand nombre de princes,
dont quatre se prétendaient des Pharaons et prenaient

le cartouche. Après avoir réduit le plus puissant d'entre
eux, Tafnakhti, de Saïs, dont le fils Bocchoris forma plus
tard à lui seul toute la XXIVe dynastie, il rentra à Napata en
paix et il dédia cette stèle triomphale dans le temple
d'Amon sur la Montagne Sainte.
162. — GRANIT GRIS. — Haut. 1 m. 32 cent.,
larg. 0 m. 72 cent. — Gebel Barkal.
Trois quarts de siècle se sont écoulés depuis la victoire
de Piânkhi, et ses successeurs ont été tout ce temps-là les
Pharaons officiels de l'Égypte, mais ils ont soulevé contre
eux l'hostilité de l'empire ninivite, et le dernier d'entre
eux, Taharkou, a été refoulé plusieurs fois en Éthiopie
par Asarhaddon puis par Assourbanabal: l'Égypte n'est
plus qu'une province assyrienne, et les princes du Delta
obéissent à l'étranger. Le fils de Sabacon, qui succéda à
Taharkou dans Napata, Tanouatamanou, entraìné parun
songe, se décida à recommencer la conquête de l'Égypte.
S'il faut en croire son récit, il ne rencontra pas de résistance
bien sérieuse jusqu'à Memphis, dont il s'empara.
Mais, ensuite, les princes du Delta s'enfermèrent dans leurs
forteresses, et le monarque éthiopien dut les y assiéger:
il allait se décourager lorsqu'ils vinrent lui faire leur
soumission à Memphis, Pakrourou en tête. La royauté
de Tanouatamanou sur l'Égypte ne dura que quatre ans.
— XXVe dynastie.
Est de la Salle.
163. — GRANIT GRIS. — Haut. 1 m. 62 cent.,
larg. 0 m. 71 cent. — Gebel Barkal.
L'avènement de la XXVIe dynastie a consommé la rupture
entre l'Égypte et l'Éthiopie: désormais le domaine

des Pharaons de Napata ne dépasse pas au nord la première
cataracte. La stèle de l'intronisation raconte les formalités qui
à cette époque accompagnaient l'élection des souverains. Le
Pharaon précédent étant mort, les délégués de l'armée, du
clergé, des nobles et du peuple se réunissent au temple
d'Amon et prient le dieu de leur désigner un maître.
Lorsque les membres de la famille royale passent devant la
statue du dieu, celle-ci saisit Aspalout et le désigne ainsi
pour la royauté. Aspalout acclamé va se faire couronner
par Amon dans le sanctuaire. Ces faits se passaient vers
les débuts du VIe siècle avant J.-C.
165. — GRANIT GRIS. — Haut. 1 m. 24 cent.,
larg. 0 m. 69 cent. — Gebel Barkal.
Les rois d'Éthiopie descendaient de la famille des grands
prêtres d'Amon thébain. Ils étaient eux-mêmes très dévots
et soumis à toutes les ordonnances sacerdotales, si bien que
les moindres infractions aux règles ou aux coutumes établies
leur paraissaient être un crime digne de mort. Un roi, dont
le nom a été effacé avec un soin minutieux, raconte comment
il fit passer par le feu des gens qui avaient commis le
crime de manger crue de la viande de sacrifice, contrairement
au rite qui ordonnait qu'elle fût cuite. Cette secte
abominable fut punie jusque dans ses descendants, auxquels
le roi interdit d'entrer jamais au temple d'Amon. Ces
faits se passaient probablement dans la première moitié
du VIe siècle.
161. — GRANIT GRIS. — Haut. 2 m. 15 cent., larg.
0 m. 70 cent., épais. 0 m. 34 cent. — Gebel Barkal.
Vers le milieu du VIe siècle, le roi Harsiatef entreprit
des campagnes contre les barbares du désert et spécialement

contre les Madidi, dont il ravagea le pays. Il donna une
part du butin aux prêtres d'Amon ou de Napata, et il restaura
les temples des villes de son royaume. La stèle est rédigée
dans une langue barbare, où les formes grammaticales de
l'ancien égyptien sont assez maltraitées. Harsiatef paraîtavoir
vécu presque jusqu'au moment de la conquête persane.
271. — GRANIT GRIS. — Haut. 2 m. 83 cent. —
Dongola.
Vers le commencement du Ve siècle, le Pharaon Adilounirasa
restaura le temple élevé dans Dongola au dieu
national Amon de Napata, qui réside à la Montagne
Sainte, et lui consacra deux obélisques en granit noir. C'est
ici le fragment de l'un d'eux. Ils ne devaient pas être de
grande taille à en juger les proportions du morceau qui
nous en reste. Lorsque les populations nubiennes se convertirent
au christianisme les deux obélisques furent brisés,
et les morceaux en furent employés à la construction des
églises. Notre fragment provient d'une église ruinée du
vieux Dongola.
272. — GRANIT GRIS. — Haut. 1 m. 60 cent.,
larg. 0 m. 61 cent. — Méroé.
Le dieu Amon et une reine d'Éthiopie. Ce monument,
le seul du genre qu'il y ait jusqu'à présent dans les musées
m'avait été signalé en 1882 par M. Berghoff, qui fut,
quelques mois plus tard, pris et décapité par le Mahdi; il
fut expédié au Caire sur ma demande, par Gigler pacha,
et il nous parvint dans les premiers jours de 1883. Il
appartient aux derniers temps de la civilisation égyptienne
en Éthiopie, comme le prouvent la grossièreté du travail
et la barbarie du style. — Époque romaine.

SALLE Y.

La salle Y est consacrée aux monuments de l'époque
gréco-romaine, à ceux qui conservent encore la tradition
égyptienne antique comme à ceux qui se rattachent par la
technique aux écoles occidentales. Une partie de ceux que
les deux musées de Boulaq et de Gizéh possédaient ont été
mis en dépôt dans le Musée d'Alexandrie: ce qui nous
reste ici forme encore une collection considérable.
Centre de la Salle.
303. — MARBRE BLANC. — Haut. 1 m. 80 cent.
Tell Mokhdam.
Statue de dame romaine, probablement la femme d'un
haut fonctionnaire impérial. Le travail en est très soigné,
mais sec et sans ampleur: la draperie tombe assez bien.
la face donne l'impression d'un portrait fidèle. — Époque
romaine.
Le socle (no 293) sur lequel elle est posée ne lui appartenait
pas à l'origine, mais il portait une statue d'un genre
entièrement différent:
293. — GRANIT ROUGE. — Haut. 1 m. 30 cent.,
larg. 0 m. 91 cent., épais. 0 m. 71 cent. — Cheikh
Abadéh.
Base quadrangulaire, qui portait jadis une statue dédiée
à Antinous l'illustre par le gouverneur de la Thébaïde,
Pheidos Akhylas: la statue n'a pas été retrouvée. —
Époque romaine.
301. — GRANIT ROSE. — Haut. 0 m. 93 cent.,
larg. 0 m. 52 cent., épais. 0 m. 46 cent. —
Menchiéh.
Autel d'un travail très soigné, qui fut dédié à Zeus-Hélios
Sauveur par un certain Claudius Julianus, tribun
de la IIIe légion cyrénaïque, ainsi qu'il résulte de l'inscription
grecque tracée sur sa face principale. — Époque des
Antonins.
Palier de la Salle.
On y voit à l'ouest, derrière la statue de la dame
romaine:
289. — MARBRE BLANC. — Haut. 0 m. 70 cent.
Alexandrie.
Stèle funéraire d'un fort joli style. Une jeune femme,
Nikô, fille de Timon, est assise affligée; un enfant lui présente
une lyre. — IIe siècle av. J.-C.
On rencontre ensuite successivement sur le palier, en
commençant par l'angle nord-ouest de la salle:
302. — PORPHYRE ROUGE. — Haut. tot. 0 m. 65 cent.
Benha-el-Assal.
Ce buste massif et lourd représente un empereur
romain, probablement Maximien-Hercule (304-310 après
J.-C.). Il offre tous les caractères de la mauvaise sculpture
de l'époque et il ne se recommande que par la matière et
par la parfaite conservation.
Vient ensuite un groupe formé d'un socle de statue
élevé à l'empereur Hadrien pour avoir tracé la Via
Hadriana Nova
, entre Bérénice, sur la Mer Rouge, et la ville

neuve d'Antinoé, à travers des régions difficiles, et l'avoir
jalonnée d'aiguades, de stations et de postes militaires;
puis d'une statue d'adolescent romain de style médiocre,
trouvée récemment dans la Basse-Égypte. La suite des morceaux
comprend de même trois pièces en marbre blanc, un
buste d'homme de l'époque romaine, dont la physionomie
rappelle celle du Pison que Galba associa à son principal
éphémère; une tête de jeune homme malheureusement
mutilée, et une tête de prisonnier Galate (no 291, marbre
blanc, haut, 0 m. 31 cent.), qui se rattache pour le faire
à l'école de Pergame et qui paraît avoir été importée de
Carie ou d'un autre point de l'Asie-Mineure.
Au milieu de cet ensemble purement occidental, deux
aeuvres forment un contraste parfait par le sentiment et par
l'exécution, les deux statues en granit noir, placées en face
l'une de l'autre, à droite et à gauche de la dame romaine.
Celle de droite représente un homme de petite taille, serré
dans les replis du manteau macédonien: c'est un égyptien
aux traits souriants et un peu gros, mais très animés.
Celle de gauche (haut. 0 m. 86 cent,) a été découverte à
Alexandrie en 1881, au pied du Kom-el-Damas. La tête,
maigre, est un beau morceau, d'un travail un peu sec: le
corps est assez gauchement taillé et hors de proportions
avec la tête, les pieds manquent. Une longue inscription
hiéroglyphique, gravée dans le dos, nous force à reconnaître
que ce personnage d'apparence exotique est un scribe
nommé Horus. Ces deux statues sont l'aeuvre de sculpteurs
égyptiens qui auraient subi très fortement l'influence grecque;
il y avait à Alexandrie une école indigène, qui représente
comme une dernière floraison de l'art pharaonique
avant la décadence et la mort sans renaissance. — Époque
gréco-romaine.
C'est à une école analogue, mais memphite, que se
rattache la statue située sur le palier sud, un peu en arrière
de la dame romaine. Elle est en calcaire assez grossier et
elle nous fait connaître un personnage vêtu à l'égyptienne,
debout, marchant, et qui porte à deux mains devant lui un
naos d'Horus. Les yeux sont incrustés, les sourcils relevés
de noir, la facture molle et gauche; c'est somme toute une
aeuvre des plus médiocres mais intéressante néanmoins
pour l'histoire de la sculpture égyptienne. L'école grécomemphite,
s'il faut la juger par ce monument, avait moins
de relief et d'originalité que l'école alexandro-égyptienne:
cela se comprend du reste si l'on songe au petit nombre
de belles aeuvres grecques que Memphis, demeurée foncièrement
égyptienne, devait lui offrir comme modèles en
comparaison d'Alexandrie devenue foncièrement grecque.
Côté nord de la Salle.
On y rencontre d'abord, contre le pilier qui borde la
porte est, une curieuse statue de granit gris, représentant
un prêtre du dieu Sovkou. Il tient dans la main gauche et
appuyé sur l'avant-bras un petit crocodile, emblème de son
dieu. Le nez est écrasé, les yeux qui étaient incrustés ont
disparu, l'ensemble est rude et un peu barbare, mais d'un
style large et franc qui ne manque pas de mérite: c'est un
assez bon morceau d'art provincial du temps des Antonins
ou des Sévères.
Le grand bas-relief qui suit nous montre l'empereur
Domitien en adoration devant les dieux Mînou, Osiris,
Horus, accompagnés d'Isis et d'une Hathor: les hiéroglyphes
sont peu lisibles, et le tout donne l'idée du degré de
gaucherie auquel l'art égyptien était tombé vers la fin du
Ier siècle après notre ère.
290. — CALCAIRE BLANC. — Haut. 2 m. 22 cent.,
larg. 0 m. 78 cent., épaisseur 0 m. 40 cent. —
Tanis.
Stète brisée par le milieu. On y lit un décret rendu
dans la ville de Canope en l'honneur de Ptolémée Évergète Ier
par les prêtres rassemblés dans cette ville, pour célébrer
I'anniversaire de la naissance du roi et de son couronnement.
Ce culte du roi et de la reine Bérénice est consacré
par des fêtes annuelles et par des fondations pieuses, afin
de perpétuer à jamais le souvenir de leurs bienfaits;
le concile décide que des copies du décret seront déposées
dans tous les temples importants de l'Égypte, en
hiéroglyphes, en démotique et en grec. Les ruines nous
ont rendu jusqu'à présent trois exemplaires de ce décret.
Le plus anciennement connu provient du Caire, où il servait
de seuil à la mosquée de l'émir Kour; il avait été
transporté, soit de Memphis, soit d'Héliopolis et se trouve
aujourd'hui au Musée du Louvre (cfr. n0 122). Le second,
découvert à Tanis en 1866, fut signalé par M. Gambard au
Dr Lepsius, puis à MM. Reinisch et Raessler, qui en publièrent
aussitôt la partie hiéroglyphique et grecque; le texte
démotique, gravé sur la tranche de gauche, ne devint
visible qu'au moment où le monument fut transporté à
Boulaq. Le troisième exemplaire a été découvert à Kom-el-Hisun,
à l'occident du Delta, en 1881, et se trouve un peu
plus loin dans la salle, sous le n0 290 bis (voir p. 120).
— Époque ptolémaïque.
Après un beau décret sur marbre rendu sous Ptolémée IV
par la communauté des Iduméens de la police de Memphis
en l'honneur d'un certain Dorion, on voit, en avant
du pilier central:
295. — MARBRE BLANC. — Haut. 1 m. 40 cent.
environ. — Sakkarah.
C'est une sirène jouant de la lyre, qui fut découverte
au Sérapéum par Mariette au temps de ses premières fouilles.
Les pattes d'oiseau ont été refaites en partie, d'après les
sirènes en stuc du cercueil de même époque que nous
possédons (voir n0 345, p. 280) — Époque ptolémaïque.
290 bis. — CALCAIRE COMPACT. — Haut. 2 m. 03 c.,
larg. 1 m. 90 cent. — Kom-el-Hisn.
C'est le second exemplaire du décret de Canope, dont
nous avons parlé sous le n0 290 (voir p. 119). Il est d'une
exécution plus soignée que l'exemplaire de Tanis, et il
porte de plus un tableau où la famille royale est en adoration
devant les dieux d'Égypte. Le texte démotique est
inséré à sa place entre le texte hiéroglyphique et la version
grecque. — Époque ptolémaïque.
296. — CALCAIRE.Mit-Rahineh.
On a réuni sous ce numéro une série de bas-reliefs
et de statuettes qui décoraient un Mithraeum trouvé à Memphis
par M. Grébaut. Ces monuments, sans valeur artistique,
montrent que les partiques du culte de Mithra s'étaient
répandues en Égypte aussi bien que dans le reste de l'empire
des Césars. — Bonne époque romaine.
Le dernier des monuments exposés dans cette partie de
la salle, contre le montant nord de la porte ouest, compte
parmi les plus importants de cette époque. C'est une stèle
en granit, découverte à Philae, en 1897, pendant les sondages

que le Capitaine Lyons opéra dans cette île au
moment où l'on commença à la préparer à recevoir le choc
des eaux du barrage. Dans le cintre, un cavalier romain
terrasse un barbare, et dans le champ, une inscription trilingue,
hiéroglyphique, latine et grecque. Elle raconte
comment le premier préfet romain de l'Égypte, Cornélius
Gallus, réprima la révolte de la Thébaïde, y prit cinq
villes en quelques jours, franchit le premier la cataracte
où nul Romain n'avait pénétré avant lui, et traita avec le
roi d'Éthiopie. Le ton du document est assez emphatique,
et c'est probablement l'une des inscriptions dont la teneur,
rapportée à l'empereur Auguste, causa le rappel puis la
mort de Gallus.
Côté sud de la Salle.
La stèle en granit noir adossée au pilier sud de la porte
ouest est jusqu'à présent unique en son genre. Elle est
bilingue, mais l'inscription qu'elle porte ne présente
qu'un intérêt médiocre: ce qui fait son originalité, c'est la
tête qui surmonte le cintre. On dirait que le sculpteur
égyptien a été hanté par le souvenir des hermès grecs, et
qu'il a essayé d'en adapter le concept aux traditions
nationales: au lieu de poser la tête sur une base oblongue
rectangulaire, il l'a dressée sur la stèle cintrée habituelle.
Il est assez probable que cette fantaisie originale trouva
peu d'imitateurs.
On rencontre successivement le long de la muraille, en
marchant vers l'est, un bas-relief romain d'assez bon style
montrant toute une famille groupée autour de son chef;
un long décret en langue grecque qui vient de Dendérah;
puis une statue qui, pour n'être pas antique, n'en est pas

moins curieuse. Elle ressemble étrangement à certaines
statues de reines, de femmes nobles ou de saintes de style
français du XIIIe et du XIVe siècle, et elle doit avoir été
originairement déposée dans quelque église latine, mais
par quel enchaînement de circonstances l'a-t-on trouvée
cette année dans le sébakh au voisinage de Zagazig? Viendrait-elle
de l'église érigée à Damiette pendant les quelques
années que cette ville demeura au pouvoir des Croisés?
305. — CALCAIRE. — Haut. 1 m. 25 cent., larg.
0 m. 56 cent. — Dimeh.
Ce petit naos porte une date de l'an XI de Tibère Claude
César; un des citoyens de Dimeh, Stotoumtithé, fils
d'Harpaèsis, l'avait dédié au dieu local pour lui-même et
pour les siens. Ce qui lui assure une importance réelle,
c'est qu'il a été trouvé avec un certain nombre d'objets,
entre autres des portraits peints qu'il nous permet de dater
avec certitude.
Les deux petits sphinx qui flanquent le naos sont d'époque
ptolémaïque, ainsi que la belle tête en marbre qui le
domine:
306. — MARBRE BLANC. — Haut. tot. 0 m. 95 cent.
Mit-Farès.
C'est l'un des morceaux de sculpture grecque les plus
précieux que l'on ait découverts en Égypte. Il représente
un dieu barbu, dans une attitude calme et imposante.
L'arrangement de la chevelure semble indiquer un Sérapis:
dans l'antiquité même, on a abattu ces mèches qui
tombaient presque sur les sourcils, de manière à dénuder

le front. Malgré cette mutilation l'effet produit est assez
heureux pour que l'on se demande si l'on n'a pas sous les
yeux quelque copie du Sérapis de Bryaxis. — Époque
des Césars.
Des autres morceaux qui achèvent de remplir la salle
je ne vois guère à signaler que:
292. — GRÈS ROUGEÂTRE. — Haut. 1 m. 40 cent.,
larg. 0 m. 66 cent., épais. 0 m. 34 cent. —
Benha.
Bloc provenant d'un naos, dont la frise offrait les cartouches
de Psammétique Ier et de Sabakon alternés (XXVIe
dynastie), Il fut employé dans la construction d'un portique
à quatre entrées, et il porte une longue dédicace grecque
au nom des empereurs Valentinien, Valens et Gratien.
Elle nous donne le nom de l'architecte, Flavius Cyrus, et
celui du préfet d'Égypte, Aelius Palladius.
304. — GRANIT NOIR. — Haut. y compris le socle
2 m. 30 cent., larg. 0 m. 73 cent. — Menchièh.
Cette stèle est datée du règne de Trajan. Elle porte la
dédicace du temple élevé par la ville de Ptolémaïs au dieu
Esculape ainsi qu'à la déesse Hygie, et elle nous a conservé
le péan qui fut composé à cette occasion par un poète du
cru. — Époque romaine.

SALLE Z.

On y a réuni quelques monuments de l'époque saïte et
de l'époque gréco-romaine qui méritaient d'être mis en
lumière. Et d'abord, contre les piliers qui séparent la salle V

de la salle Z: à l'ouest, un superbe tronçon de colonne
hathorique en granit noir, au nom d'Apriès (XXVIe dynastie);
à l'est, un fragment d'obélisque en granit rose au nom
de Nectanébo Ier (XXXe dynastie), l'un et l'autre de fort bon
travail.
Côté ouest de la Salle.
308. — GRANIT ROSE. — Haut. 2 m. 80 cent. —
Karnak
Colosse représentant un roi macédonien, peut-ètre
Alexandre II. La pose est celle des colosses égyptiens, mais
l'agencement de la coiffure et le rendu des traits du visage
sont grecs. L'ensemble est mou, sans vigueur, et ne soutient
nullement la comparaison avec les belles aeuvres des
dynasties thébaines. — Époque ptolémaïque.
309. — GRANIT. — Haut. 2 m. 30 cent. — Tanis.
Cette statue représente un personnage attaché au culte
des dieux de Tanis. Il porte à deux mains, devant lui, un
petit groupe formé des trois divinités dont il exerçait le
sacerdoce, un Amon, un Osiris et une Maout. — Époque
romaine.
Côté est de la Salle.
1460. — GRANIT ROSE. — Haut. 2 m. 75 cent.
Nazlet Saleh.
Curieux spécimen de l'art égyptien à l'époque romaine.
C'est une statue représentant un empereur, peut-être
Carcalla, vêtu de la jupe des Pharaons et la tête surmontée
de leur double couronne.
Le dernier colosse appuyé au pilastre nord provient de
Kom-el-Gayef, l'ancienne Naucratis, et il nous fait connaître
un haut personnage qui, sous les premiers Ptolémées,
avait la surveillance de la colonie grecque. Il est en granit
rose, d'un style mou et lâche, et il n'a d'autre mérite que
sa masse.
Palier de la Salle.
1297. — GRANIT NOIR. — Long. 3 m. 17 cent. —
Caire.
Ce superbe couvercle de sarcophage appartenait à un
certain Ousimaris, qui vivait sous l'un des premiers Ptolémées;
c'est un admirable spécimen de ce qu'était l'art de
la gravure sur pierre à Memphis, vers cette époque. Il fut
enlevé dans son puits à Gizèh ou à Sakkarah, sous l'un
des Sultans Mamelouks, et employé dans les fondations de
la mosquée de Saiedna Hussein, au Caire, d'où il a été
transporté au Musée.
Contre les deux pilastres ouest, sont adossés deux monuments
d'un genre particulier. Les Égyptiens, on ne sait par
quelle association d'idées, avaient choisi la forme du lion couché
pour les gargouilles par lesquelles s'écoulait l'eau qui
mondait les terrasses de leurs temples, au moment des grandes
pluies ou des lavages qui suivaient nécessairement les
sacrifices sanglants qu'on y célébrait à certains moments de
l'année. Ce sont deux de ces lions-gargouilles que nous avons
placés contre les pilastres. Celui de l'est est en granit rose et
vient de Louxor, celui de l'ouest est en grès rouge et vient
de Kom-Ombo; tous les deux sont d'une facture simple et
forte, bien qu'ils appartiennent à l'époque ptolémaïque.

Le grand lion en granit rose qu'on voit dans l'embrasure
de la fenêtre n'a aucune de ces qualités: il paraît du reste
ètre plus ancien, et peut-être remonte-t-il à la XIIe dynastie,
mais il a été retouché sous les Ptolémées et il n'a
conservé que très peu de son aspect original.

SALLE A'.

La plupart des stèles en écriture égyptienne réunies
dans cette salle sont des proscynèmes funéraires en l'honneur
de personnages inconnus de l'époque gréco-romaine,
et elles n'ont d'autre intérêt que de révéler aux égyptologues
des titres de sacerdoces locaux, qu'ils rencontrent
rarement sur les monuments des grandes époques. Il y
aurait des études curieuses à faire sur les écoles locales et
sur les habitudes propres à chaque localité. A el-Hassaia,
qui est une des nécropoles d'Edfou, les stèles sont assez
souvent non seulement peintes mais dorées. A Akhmîm, on
voit sur les tables d'offrandes la déesse Nouît dans son perséa,
versant avec deux vases l'eau vivifiante qui ouvre définitivement
au mort l'accès de l'autre monde: parfois ni la
déesse ni le défunt ne sont figurés, mais seulement les
deux vases qui répandent leur eau bienfaisante. Beaucoup
de stèles provenant du Fayoum se reconnaissent au crocodile
qui y est représenté, et qui n'est autre que le dieu
Sovkou. Quelques-unes des stèles sont bilingues, égyptiennes
et grecques à la fois. Sur les dernières, celles qui
datent du ne et du IIIe siècle après notre ère, les hiéroglyphes
sont gravés souvent de façon si barbare qu'ils en
deviennent indéchiffrables: on sent que l'ancienne civilisation
s'en va rapidement. Les sculpteurs et peut-être même
les scribes ne savaient plus rien de la vieille écriture, ét
ils en traçaient les caractères de façon méconnaissable.

SALLE B'.

Mur de l'ouest.
310. — CALCAIRE. — Haut. 2 m. 83 cent., larg.
2 m. 20 cent. — Louxor.
Bas-relief reprèsentant Isis et Sérapis. Travail barbare;
la tête et le corps sont représentés de face, les pieds sont
tournés profil. Sérapis égorge une gazelle, symbole des
dieux typhoniens, ses ennemis. — Époque romaine.
Les deux colonnes dressées en face des pilastres qui
séparent la salle B' de la salle D', ont reçu des usages fort
différent. L'une d'elles provient d'Athribis, et se trouvait
dans une église. Le fût en était plus mince que le chapiteau,
et il est probable qu'ils n'étaient pas associés à
l'origine, mais lorsque le temple païen auquel ils appartenaient
fut détruit, les architectes chrétiens les ajustèrent
tant bien que mal selon leur habitude: ils ont été tenus
séparés. L'autre colonne provient de Kom-Gizèh, à l'est
d'Alexandrie, et elle porte une échelle graduée en lettres
grecques: c'est un nilomètre d'époque byzantine.

SALLES C'-D'.

Ces salles nous montrent les aeuvres d'un nouvel art
égyptien, produit d'une religion nouvelle. Le christianisme
triomphant ne tarda pas à remplacer les scènes funéraires
qui couvraient les stèles païennes par des représentations
plus analogues aux idées qu'il se faisait sur la vie présente
et la vie future. Un proche d'église, arrondi ou surmonté
d'un fronton triangulaire, se substitua au naos des divinités

égyptiennes. Sous le porche on grava, soit l'image du
défunt ou d'un saint, le plus souvent les bras levés dans
la posture de l'orant, soit une croix, soit une décoration
mystique, une rosace, une série d'ornements géométriques:
l'art égyptien ne fut plus qu'une branche provinciale de l'art
byzantin. Les figures sont généralement d'un travail barbare,
comme on le voit au no 310; mais les ornements,
colombes, croix de formes diverses, les feuillages surtout,
sont d'une facture intéressante et souvent fort gracieux.
Les stèles, assez nombreuses, sont pour la plupart des
éptaphes qui ne donnent que le nom du mort, la date du
décès par jour du mois et par indiction, enfin une courte
formule où l'on prie les survivants de se rémémorer celui
ou celle qui les a quittés et de ne pas l'oublier dans leurs
prières. Parfois la formule s'allonge et elle est remplacée
par une lamentation assez développée, par une sorte de
panégyrique en l'honneur du personnage, ou par une
énumération des Saints les plus vénérés dans l'église Copte.
Chaque province avait ses types préférés qu'il y aurait
utilité à déterminer, afin de pouvoir classer les stèles sans
indication d'origine qui abondent dans notre Musée. Ainsi
les stèles décorées comme un porche d'église cintré et supporté
de deux colonnes trapues, avec une croix ou une
figure de Saint Georges terrassant le dragon ou tel autre
emblème sacré dans la baie, se rencontrent de préférence
dans la région thébaine. A Erment et dans les environs, vers
le XIe siècle, on substitua au porche la façade complète de
l'église sur laquelle serpente la radix Jesse. Au voisinage
d'Esnéh, la stèle est une sorte de plaque en marbre, arrondie,
à base rectiligne, sertie sur son pourtour d'un bandeau
plat que décorent parfois des feuillages: une longue inscription
à lignes serrées en couvre le champ. Vers Edfou, la

stèle est une dalle allongée, garnie de rosaces, d'entrelacs
ou de rinceaux, sur lesquels sont découpés un porche
d'église, un chrisme, une croix ansée, et où l'inscription
n'occupe qu'une très petite place. Ces catégories ne s'entendent
que des stèles riches: partout les pauvres n'avaient
qu'une plaque de calcaire ou de grès mal dégrossie,
avec une courte inscription et une rosace ou un emblème
taillé rudement.
Les fragments d'architecture sont certainement ce qu'il
y a de meilleur dans cet art copte. Les colonnes présentent
les mêmes modèles que les colonnes byzantines, mais avec
moins de finesse dans l'exécution. Les fûts sont en général
sans ornements: les chapiteaux affectent, quelques-uns la
forme plus ou moins altérée des chapiteaux corinthiens ou
composites de la basse époque romaine, quelques autres
des formes entièrement byzantines. C'est ainsi qu'on verra
sur la paroi:
312. — CALCAIRE. — Haut. 0 m. 80 cent., côté
1 m. 05 cent. — Alexandrie.
Beau chapiteau, dont le coprs est couvert d'entrelacs, sur
lesquels sont plaqués, au centre de chaque face, des fleurons
de bon style flanqués chacun de deux feuilles plus
petites, le tout liè en bouquet. Il rappelle les chaptieaux de
la basilique de San Vitale à Ravenne, et il appartenait
sans doute à l'Église de St-Marc. Il fut creusé plus tard et
utilisé par les musulmans, comme auge à boire pour les
chevaux et les bestiaux: un trou pratiqué au milieu d'une
des faces éacuait le surplus de l'eau. — VIe siècle.
Des autres chapiteaux dressés contre les pilastres de la
face nord ou qui flanquent les portes est et ouest de la salle,

le plus remarquable est le grand chapiteau en calcaire,
tout hérissé de feuillages verts sur fond noir: il provient
des fouilles faites à Baouît, en 1902, par l'Institut français
d'archéologie, et je l'attribuerai volontiers au IXe ou au xe siècle
après notre ère.
Non moins curieuses et plus variées de décors sont les
longues bandes de calcaire sculpté qui bordaient les murs
à hauteur des chapiteaux des colonnes. Elles sont décorées
de tiges herbacées ou de feuillages qui, tantôt courent en
droite ligne, tantôt se recourbent en enroulements et en
méandres, au milieu desquels passent des processions de
figures ou d'animaux, des amours et des Néréides montées
sur des dauphins, des saints cavaliers lancés à tout
le galop de leur cheval, des agneaux au milieu de monstres
fantastiques. Souvent ces frises en pierre sont remplacées
par des frises en bois, telles que celles que nous
rencontrerons au premier étage (voir p. 254).
Les tympans qui surmontaient les niches où l'on plaçait
un autel sont d'un art moins habile, mais ils offrent un
intérêt considérable pour le mélange de sujets sacrés et profanes
qu'on y remarque. La cavité en forme de conque qui
y est creusée est. encadrée le plus souvent dans un fronton
triangulaire, qui parfois se relève de deux fleurons à droite
et à gauche. Cette partie droite extérieure est décorée
habituellement de feuillages sur le plat et de palmettes
plus ou moins découpées aux deux angles; la croix grecque
est sculptée au sommet. La conque est souvent rayée de
cannelures qui se détachent d'un point saillant placé
vers le milieu de la base. Ce point n'est le plus souvent
qu'un simple fleuron, mais parfois il est marqué par une
croix, et parfois aussi toute la cavité est occupée par une
figure ou par un groupe en ronde-bosse, une Néréide sur

son dauphin, un aigle qui déploie ses ailes, le roi David
jouant de la cithare, un satyre poursuivant une nymphe,
deux génies qui soutiennent une croix encadrée dans sa
couronne de feuillages. On sent encore sur les plus anciens
d'entre eux une influence de l'art classique: ici, comme
dans bien des endroits, les premiers sculpteurs chrétiens
n'ont fait que continuer la tradition technique de l'art
païen.
Quelques-uns des panneaux de marbre on de calcaire
blanc qu'on voit dans notre collection ont décoré les
montants des portes monumentales. Ils portent des scènes
analogues à celles qu'on voit sur les tympans, une Léda
avec son cygne qu'un Eros ailé encourage, ou des sujets
de sainteté, une Vierge assise avec l'enfant sur ses genoux
et deux anges debout à côté d'elle, des anges du jugement
avec sa trompette, le tout d'une facture rude et
grossière qui n'est pas sans présenter quelque analogie
avec celle de certains bas-reliefs de nos premières églises
romanes.
Ce ne sont là que des indications: tout reste à faire
dans le champ de l'archélogie copte. Jusque dans ces dernières
années, elle a été négligée à la fois par les égyptologues,
aux yeux desquels elle n'est qu'une suite grossière
de l'archéologie pharaonique, et par les archéologues
byzantins, qui en ignoraient tous les monuments: elle
offre pourtant un intérêt considérable pour l'histoire de
l'art en Égypte sous la domination des empereurs d'Orient
et des souverains musulmans, et les savants qui l'étudieront
avec soin y trouveront peut-être des lumières inattendues
pour éclaircir les origines d'une partie de l'art byzantin
ou de l'art arabe.

GRANDE GALERIE D'HONNEUR
BRAS EST.

La partie orientale de la galerie d'honneur contient, par
opposition aux grands sarcophages de la vieille époque
pharaonique, les grands sarcophages des époques saïte
et ptolémaïque. Ils sont alignés sous les portiques, sur
deux rangs de profondeur, les plus massifs entre les
colonnes, les autres debout le long du mur derrière les
premiers.
L'ensevelissement le plus riche comportait à cette époque,
surtout dans la région de Memphis, un cercueil
momiforme s'emboîtant dans un sarcophage rectangulaire.
Parfois, le cercueil et le sarcophage étaient taillés dans la
même pierre; le plus souvent, le cercueil était d'une pierre
très dure, basalte, granit gris, schiste, et le sarcophage de
calcaire blanc. Il peut arriver qu'une momie ait été trouvée
directement dans le sarcophage; toutefois, à l'ordinaire,
lorsqu'on ne donnait au mort qu'une seule enveloppe de
pierre, c'est le sarcophage qu'on supprimait. Lorsque la
famille visait à l'économie, elle remplaçait la pierre par le
bois, et alors on peut rencontrer un sarcophage et un cercueil
de bois pour une seule momie: plus fréquemment,
le sarcophage est absent et le cercueil reste seul, taillé dans
un tronc massif, de manière à reproduire la forme et autant
que possible l'aspect du cercueil de pierre.
Le décor varie selon qu'il s'agit d'un cercueil ou d'un
sarcophage. Le cercueil ne porte le plus souvent sur la face
extérieure, de la poitrine aux pieds, que la copie très incorrecte

d'un ou deux chapitres du Livre des Morts, de préférence
le chapitre LXXIV, qui assure au mort la bienveillance
de ses juges dans l'autre monde. Lorsque des figures
ou des scènes accompagnent l'inscription, les quatre enfants
d'Horus, Amsîti, Hapi, Douamaoutf, Kabhsnaouf, y jouent
le rôle principal, tantôt seuls, tantôt accompagnés de plusieurs
Anubis, de plusieurs Horus et de quelques génies
secondaires; elles sont réparties symétriquement le long
des jambes, de chaque côté de l'inscription. Souvent alors,
la partie bombée du couvercle qui correspond à la poitrine
est couverte de tableaux destinés à illustrer les actes successifs
de la vivification du mort par le soleil et de ses
courses à travers le ciel. La déesse Nouît étend ses ailes
pour le protéger, en tenant dans chaque main les plumes
dont elle se sert pour faire la lumière, lui-même il est
étendu sur le lit funéraire entre Isis et Nephthys qui le
pleurent, et, d'un disque solaire, seul ou placé sur la
montagne d'horizon, une nappe de lumière descend qui
l'inonde et ranime sa momie. Il fallait que le mort trouvât
écrits ou figurés sur son cercueil les formules et les personnages
qui pouvaient lui être le plus utiles dans sa vie
nouvelle: les ayant au-dessus de lui, il était certain de
retirer le bénéfice complet de leur présence.
Le sarcophage, avec ses quatre parois et son couvercle,
ouvrait un champ plus vaste que celui du cercueil à l'ingéniosité
du décorateur. Il était comme le résumé du tombeau
entier, et le mort avait le droit d'y trouver tout ce qui était
représenté sur les parois du tombeau. Sur le couvercle, ce
sont plutôt des chapitres du Livre des Morts, ceux qui, à
l'époque ptolémaïque, passaient pour exercer l'influence la
plus heureuse sur la destinée de l'âme, ceux surtout qui
étaient destinés à faciliter la rénnion de l'âme au corps. C'est

pour cela qu'on voit si souvent, au milieu de la face plate ou
bombée du couvercle, l'image d'une âme, l'épervier à tête
humaine déployant ses ailes: elle est là, comme au petit
monument de Râ (voir p. 214, no 607), pour veiller sur le
corps qui est sien et pour le ranimer. Sur les parois extérieures
se déploie la série des génies et des dieux qui
gardent la momie d'Osiris, jour et nuit, mois et ans, ou
bien des extraits du Livre de l'Hadès (voir p. 223): le mort y
aperçoit l'image de celles des heures de la nuit dont il lui
importe le plus de connaître la population et la topographie,
afin de pouvoir les parcourir sans danger avec le
soleil. L'intérieur présente souvent: sur la face interne du
couvercle, l'image de la décesse Nouît, le ciel, qui s'allonge
au-dessus du mort comme elle fait au-dessus de Sibou, son
mari, pour le défendre du mal; sur les faces internes de
la cuve, Nouît ou Amentît, la déesse d'occident, escortée
de génies tutélaires. Le mort était entouré de tous côté par
les dieux qui assuraient la perpétuité de son existence.
La série des grands sarcophages se développe entre les
colonnes dans l'ordre suivant:
On rencontre d'abord, à l'extrémité ouest de la colonnade
nord, le très beau cercueil momiforme en basalte gris,
de Zannéhibou, découvert à Sakkarah en 1902, et long de
2 m. 60 cent., puis, à la suite, un des chefs-d'aeuvre de la
gravure égyptienne à l'époque des Ptolémées:
1299. — GRANIT GRIS. — Haut. tot. 1 m. 38 cent.
Sakkarah.
Sarcophage rectangulaire couvert de figures et d'hiéroglyphes
à l'intérieur et à l'extérieur; il provient du même puits

que le no 1300 (voir p. 135), et il a appartenu à Takhôs, fils
de la dame Batêiti, à la fois prêtre et chef militaire. Mariette
supposait que des deux Takhôs, fils de Batêiti, dont les deux
sarcophages nos 1299 et 1300 nous révèlent l'existence,
l'un avait été le grand-père de l'autre, et que la mère du
second aurait été la fille du premier, appelée Batêiti comme
sa grand'mère; rien n'est venu confirmer cette conjecture.
Les amulettes en pâte de verre de la salle C (voir p. 189,
vitrine F) du Musée proviennent pour la plupart de leurs
deux sarcophages. — Début de l'époque ptolémaïque.
1285. — GRANIT GRIS TACHETÉ DE ROSE. — Long.
2 m. 60 cent. — Sakkarah.
Sarcophage et cercueil momiforme de Ankhhapi, fils de
Tafnakhti et de la dame Dadi (?). Le cercueil renfermait les
restes du défunt. — Époque ptolémaïque.
1300. — GRANIT GRIS. — Long. 2 m. 85 cent.,
haut. 1 m. 35 cent. — Sakkarah.
Sarcophage de Takhôs, fils de Batêiti, découvert par
Mariette dans le même puits que le no 1299 (voir p. 134).
— Époque ptolémaïque.
1280. — GRANIT GRIS. — Long. 2 m. 43 cent. —
S akkarah.
Cercueil anthropoïde au nom d'un Psammétique. —
Époque persane.
On rencontre successivement, en commençant par l'extrémité
est de la galerie, le sarcophage d'un certain Psammétique-Nebpahit

(granit gris, longueur 2 m. 50 cent.,
Sakkarah), qui n'est autre que le Psammétique dans
la tombe duquel ont été trouvés les beaux monuments
exposés au premier étage, dans le salon nord (voir
pages 281-282, nos 1017, 1018, 1019, 1020): ensuite
un superbe sarcophage également en granit gris (longueur
2 m. 80 cent., Sakkarah), sur lequel on a effacé
avec soin le nom du premier possesseur, Ankhhapi. A la
suite des guerres civiles et étrangères qui désolèrent
l'Égypte au cours du IVe siècle av. J.-C., les nécropoles de
Memphis furent violées à plusieurs reprises par les Perses
et par les Macédoniens: les grands sarcophages gravés
furent retirés des tombes par des industriels peu scrupuleux
et remis dans le commerce, probablement à prix
réduit. Quelques-uns de ces sarcophages d'occasion furent
exportés à l'étranger, en Phénicie surtout, et on les retrouve
dans les tombes riches de Tyr et de Sidon: le sarcophage
d'Eshmounazar qui est aujourd'hui au Louvre, et celui du
Musée de Ste Irène à Constantinople sont de bons exemples
de ces adaptations. D'autres demeurèrent en Égypte et
furent réemployés dans les nécropoles de Gizèh ou de Sakkarah;
le plus souvent on remplaçait le nom de l'ancien par
celui du nouveau propriétaire, mais parfois aussi, après
avoir effacé le vieux nom, on ne se donnait pas la peine
d'écrire le nouveau, et c'est le cas ici, presque partout.
1286. — CALCAIRE COMPACT. — Long. 2 m. 44 cent.
Akhmîm.
Sarcophage de Takhôs, rapporté d'Akhmîm en 1885. La
décoration, d'une couleur harmonieuse et claire, est demeurée
inachevée; on voit encore sur les côtés la mise au
carreau qui guida le dessinateur et le sculpteur. — Époque
ptolémaïque.
Le dernier cercueil de cette série est celui de Péténisis
qui fut découvert à Sakkarah en 1902, dans les fouilles
exécutées autour de la pyramide d'Ounas. Il est en basalte
gris, long de 2 m. 60 cent., et il a le méme type que
celui de Zannéhibou (voir p. 134) auquel il fait face
symétriquement.
La plupart des cercueils dressés contre les murs sont
remarquables par la finesse de la gravure et la beauté du
poli. Les principaux sont:
1308. — BASALTE VERT. — Long. 1 m. 98 cent.
Sakkarah.
Sarcophage de la dame Batêiti, mère de l'un des Takhôs
dont nous avons le sarcophage (voir p. 134, 135, nos 1299,
1300). Il est remarquable par la finesse extrême des gravures
qui le décorent. Chaque hiéroglyphe y a été traité à
part selon les procédés de la gravure sur pierre fine et est
un petit chef-d'aeuvre d'exécution. Que les Égyptiens aient
réussi une fois à accomplir un tel travail, on ne doit pas
en être surpris; mais ce qui est étonnant, c'est que ce travail
ingrat leur était si facile qu'ils en ont multiplié les
produits pour ainsi dire à l'infini.
1301. — BASALTE GRIS. — Long. 1 m. 82 cent. —
Sakkarah.
Cercueil en forme de momie trouvé dans le puits d'Ankhapi
(voir p. 135, no 1285). La légende qui court sur le
devant, de la poitrine aux pieds, nous apprend qu'il appartient
à la dame Parhatibastit, mère d'Onnophris. —
Époque ptolémaïque.
1302 et 1302 bis. — BASALTE. — Long. 1 m. 88c.
Sakkarah.
Le sarcophage d'Harmhabi, fils de la dame Térou, doit
appartenir à la seconde période saïte, ainsi que le prouvent
la grâce et le fini des légendes. Les patients artistes auxquels
l'exécution en fut confiée semblent s'être imposée la
tâche de le couvrir en entier, comme d'une tapisserie, de
dessins et de signes tant à l'intérieur qu'à l'extérieur.
— XXXe dynastie.
1303. — CALCAIRE. — Hauteur 1 m. 93 cent. —
Sakkarah.
Couvercle d'un sarcophage, aujourd'hui perdu, qui
appartint à Ménéi, prêtre d'Osiris. On voit sur la poitrine
la représentation du défunt couché sur son lit funèbre.
L'âme se rapproche du corps, sur lequel elle plane les
ailes déployées. Au-dessus de la scène, le soleil, soutenu
par Isis et Nephthys, se lève et fait pleuvoir ses rayons
sur la momie qu'il ranime et vivifie. — Époque ptolémaïque.
1306 et 1306 bis. — BASALTE GRIS. — Longueur
1 m. 80 cent. — Sakkarah.
Couvercle et cuve du sarcophage de Kamhapi, trouvé
dans le puits d'Ankhhapi. — Époque ptolémaïque.
1307 et 1307 bis. — CALCAIRE COMPACT. Haut.
1 m. 94 cent. — Sakkarah.
Sarcophage de Hakni, fille de Ranpinafri, trouvé dans
le puits d'Ankhhapi. On remarquera au centre du disque

solaire la représentation du dieu panthée à quatre têtes de
bélier, avec corps humain, pattes d'oiseau et de bélier, qui
permet à l'âme humaine de voyager en paix dans les quatre
maisons du monde. — Époque ptolémaïque.
Adossé contre le pilier nord-est de la galerie, on voit un
très beau couvercle:
1304. — GRANIT NOIR. — Long. 2 m. 27 cent. —
Sakkarah.
Sarcophage d'Onnophris, fils de la dame Parhatibastil,
qui provient du puits d'Ankhhapi. — Époque ptolémaïque.
Enfin, au milieu du vestibule de l'escalier est, se dresse
le grand sarcophage en basalte gris de Pétésamtouî qui
est d'époque ptolémaïque et qui provient de Kom Yasin,
dans la Basse-Égypte.

II
SALLES DU PREMIER ÉTAGE.

Les salles du premier étage sont consacrées de préférence
aux petits objets ou aux monuments de grande taille mais
dont le poids n'est point trop considérable. On y rencontrera
ce qui pour les voyageurs représente surtout la partie
la plus caractéristique de la civilisation égyptienne, les
vases, les meubles, les ustensiles de cuisine, les outils,
l'appareil funéraire de toutes les époques, les papyrus, les
cercueils, les momies. Parmi ces dernières figure cette
incomparable série de Pharaons qui fut découverte dans
les dernières années du XIXe siècle à Thèbes, et qui assure
à notre musée une place hors ligne parmi tous les musées
du monde. Les objets y sont si nouveaux d'aspect qu'il a
fallu souvent les décrire très longuement pour en faire
comprendre l'usage à nos contemporains.
En montant à ce premier ètage par l'escalier est, celui
qui mène le plus directement aux salles par lesquelles
notre description commence, on arrive dans la grande
galerie d'honneur qui court tout le long de la face sud de
l'édifice.

GRANDE GALERIE D'HONNEUR.

Elle est garnie d'un bout à l'autre par les momies
que M. Grébaut découvrit un peu à l'est de Deîr-el-Bahari.
Le site lui en fut indiqué par le réis Mohammed Abd-er-Rasoul,
en janvier 1891, et il y mit des ouvriers sans tarder.
Une couche de sable enlevèe, on reconnut l'existence d'un
dallage sous lequel la bouche d'un grand puits se cachait:
une maçonnerie de briques crues la fermait, puis un autre
dallage, sous lequel descendait une sorte de béton formé de
fragments de pierre, de sable et de morceaux d'argile. A huit
mètres de profondeur, une porte fermée avec des branchages,
des débris de cercueil et des blocs de pierre se dessina
dans la paroi nord; à onze mètres, on atteignit le fond et
l'on aperçut sur la paroi nord une deuxième baie de porte
bouchée par un mur en briques. Le 4 février, M. Daressy,
chargé par M. Grébaut de surveiller les opérations, fit percer
ce mur et pénétra dans une galeric encombrée de
cercueils comme la cachette découverte dix années plus tôt
à Deîr-el-Bahari: toutefois le style des cercueils annonçait
une époque plus tardive, celle de la XXIe et de la XXIIe
dynasties. La galerie mesurait 1 m. 70 c. ou 1 m. 90 c. de
largeur et autant de hauteur. Elle se poursuivait, par une
pente assez faible, sur une longueur de 93 mètres, après
quoi elle aboutissait à une pièce presque carrée, d'environ
quatre mètres de côté, communiquant avec une chambre
plus étroite. A 76 mètres de l'entrée on avait creusé perpendiculairement
à cette galerie une galerie nouvelle qui
court vers l'ouest sur une longueur de 52 mètres. Le tout

était encombré de momies, de cercueils, de vases, de canopes,
de caisses à ouashbatiou, tantôt empilés sans ordre
tantôt disposés sur deux rangs contre les parois; des fleurs,
des fruits desséchés, des statuettes, des lambeaux de linge
formaient par endroits comme une litière épaisse. L'enlèvement
des objets, commencé le 5 février, dura jusque dans
les premiers jours d'avril: ils ne purent être exposés au
public que dans l'hiver de 1892. Nous ne possédonsplus
tous les personnages qui arrivèrent à Gizéh à cette époque.
Sur la proposition de M. de Morgan, devenu alors Directeur
général du Service, le Gouvernement égyptien préleva
sur cette masse énorme de cercueils et de momies un
certain nombre de sujets, souvent fort bien conservés, qu'il
répartit entre les différents Musées d'Europe ou d'Amérique.
On peut évaluer à près d'une centaine le nombre des monuments
qui furent jetés alors à travers le monde, et dont
nulle trace ne nous est restée.
La plupart des momies emmagasinées dans cette cachette
se rattachent à la famille des grands-prêtres d'Amon, qui
par moments furent rois à Thèbes sous la XXIe dynastie
et dont les membres principaux étaient cachés dans
le premier souterrain de Deîr-el-Bahari. Elles appartenaient
également aux familles sacerdotales, alliées à la
famille des grands-prêtres et qui exerçaient héréditairement
leurs fonctions dans le temple de Karnak. Elles s'échelonnaient
selon une hiérarchie rigoureuse, qui les approchait
plus ou moins de la personne du dieu. Certains de ces personnages,
admis à la connaissance des dogmes et des rites,
étaient les supérieurs des secrets du ciel, de la terre et de
l'autre monde
, et jouissaient du droit de pénétrer jusqu'au
fond du temple. Les autres n'allaient que jusqu'à une distance
déterminée à l'intérieur. L'abord de la première salle

était assez facile. Dans la seconde salle ou salle ouaskhit,
on laissait encore entrer les porteurs d'offrandes, mais on
les tenait à distance lorqu'on prononçait les formules de la
consécration. Quant aux portes suivantes, qui donnaient
accès dans le ciel, salle dont les parois revêtues d'électrum
resplendissaient à la lueur des flambeaux comme le ciel
même, elles ne s'ouvraient qu'aux privilégiés; plusieurs de
nos prêtres d'Amon se glorifient du droit d'ouvrir les portes
du ciel de Karnak.
On se figure difficilement ce que devait
être le sanctuaire de la grande divinité thébaine, et le
mélange de luxe et de délabrement qu'il devait présenter;
à côté de salles en ruines ou de portions d'édifices non
achevées, on y rencontrait à chaque pas des chambres
étincelantes d'or et d'argent et encombrées d'objets précieux.
Chacune d'elles avait son personnel dont les membres
figurent parmi nos momies. Il était donc comme une ville
religieuse au milieu de la grande ville, et cette population
spéciale pullulait dans les parties du temple qui lui appartenaient,
de la même façon que plus tard, dans les mosquées
et les fondations pieuses de l'Égypte musulmane, les
employés et serviteurs chargés de l'entretien des bâtiments
et des biens aoukafs.
La hiérarchie du sacerdoce d'Amon n'est pas encore
établie en son entier, et certains des titres qu'on y rencontre
semblent n'avoir eu qu'une valeur purement honorifique.
C'est ainsi qu'une grande quantité des personnages
ensevelis dans la cachette sont dits Iotfou-noutir, ou en
français Pères divins: il n'est pas jusqu'à de petits enfants
qui ne soient appelés de la sorte (no 1141), et les adultes
joignent d'ordinaire à ce titre des dénominations qui nous
les montrent fonctionnaires civils, prêtres, chefs d'ateliers,
directeurs d'exploitation rurale au bénéfice du dieu. Aux

Pères divins il semble que répondissent parmi les
femmes les chanteuses d'Amon Kamaîtou ni Amanou,
car on rencontre quelques petites filles ainsi qualifiées
(no 1140). Les chanteuses de métier s'appelaient hosît. Les
Kamaîtou accompagnaient leur mari, leur frère ou leur
père, et à l'occasion agitaient le sistre, mais sans en faire
profession. Il n'y a qu'un petit nombre de fonctions sacerdotales
réservées aux femmes: on rencontre surtout des
prophétesses ou hiérodules de Maout, et des supérieures des
khenritou ou recluses (?) d'Amon-Râ, roi des dieux. Ces
khenritou, à la différence des kamaîtou, formaient un corps
organisé de prêtresses, dont le rôle n'est pas encore très
bien défini, mais qui représentaient probablement le personnel
inférieur du harem divin, un collège de courtisanes
sacrées semblable à ceux de la Phénicie, de la Syrie et de
la Chaldée. Peut-être la contre-partie masculine de cette corporation
bizarre nous est-elle indiquée par le terme de
Nofriou, les jeunes garçons, qu'on rencontre parfois. Des
chantres — hosiou — correspondaient aux musiciennes —
hosouîtou: des prêtres — ouâbou — de divers degrés remplissaient
les fonctions matérielles du culte, dont les khrihabou,
les hommes au rouleau, possédaient à fond le rituel,
et les prophètes ou hiérodules Honou noutir représentaient
le haut sacerdoce. Il y avait des prophètes hors cadre, qui
probablement jouaient auprès du clergé officiel le même
rôle que chez nous les prêtres attachés à une paroisse:
les prophètes officiels étaient répartis entre quatre classes,
dont la plus élevée ne comprenait qu'une seule personne,
le premier prophète d'Amon Honou noutir ni Amanrâ soutontêrou.
Le premier prophète d'Amon, d'abord enfermé
dans son rôle sacerdotal, avait fini par en sortir et par
réunir entre ses mains l'autorité civile et militaire, sinon
sur l'Égypte entière, au moins sur Thèbes et sur l'Ethiopie.

Une première fois déjà, dans la seconde moitié de la
XVIIIe dynastie, son ambition et sa richesse avaient
inquiété les souverains: ce qu'on a appelé l'hérésie d'Aménôthès
IV est moins une réforme religieuse qu'un essai de
réaction contre le pouvoir envahissant du sacerdoce thébain.
La théocratie d'Amon, sortie victorieuse de l'épreuve,
s'établit solidement sous la XXe dynastie: sous la XXIe,
deux des premiers prophètes, Hrihorou et Painotmou Ier,
eurent les honneurs et le protocole de la royauté.
Amon-Râ était pour les Thébains le dieu unique,
noutir ouâiti, celui auprès de qui tous les autres dieux
n'étaient que des personnages de second rang. C'est à
peine s'il admettait une déesse et un dieu-enfant, Maout et
Khonsou, à partager quelques-uns de ses honneurs. La
souveraineté que les rois thébains, ses adorateurs et ses
protégés, avaient conquise sur le reste de l'Égypte et sur
le monde, c'est à lui qu'ils la devaient: de même que
les Pharaons des XVIIIe, XIXe et XXe dynasties étaient les
rois des rois de ce monde, il était lui le roi des dieux,
Amonrâsonthêr: pour bien marquer son autorité supérieure,
il avait groupé les autres divinités de l'Égypte
autour de lui soit dans les salles de son grand temple, soit
dans de petits temples dispersés par la ville. Il les tenait
ainsi sous sa domination, tout en leur accordant le traitement
honorable dû a leur caractère divin; ses prêtres
pouvaient exercer leurs sacerdoces sans déchoir, et rien n'est
plus fréquent que de rencontrer parmi nos momies des
gens qui s'intitulent prophètes de Mantou, de Khnoumou,
de Khonsou, de Phtah, Grand voyant de Râ et de Toumou.
Les biens d'Amon couvraient d'ailleurs le tiers du
territoire égyptien et il fallait, à côté du sacerdoce voué au
culte, toute une administration qui vaquât aux intérêts

temporels du dieu. Nos personnages sont donc à l'occasion
intendants des baeufs d'Amon ou des bestiaux du domaine
de Râ, chefs de l'enceinte de la maison d'Amon, scribes du
domaine d'Amon, scribes attachés aux revenus sacrés,
écrivains des ordres du registre d'Amon, chefs des métallurgistes
dans la demeure d'Amon-Râ, scribes de la double
maison blanche (préfecture), régulateurs de la justice de
la ville de Thêbes, surveillants de la maison du prince
d'Éthiopie. Lorsque l'un ou l'autre des égyptologues que
ce genre d'études intéresse aura eu la patience de dépouiller
les inscriptions de nos cercueils et d'en extraire les titres,
nous serons bien près de connaître l'organisation entière
de la mainmorte d'Amon.
La technique de ces cercueils est fort remarquable. Ils
ont tous la forme générale de la momie couchée sur le dos,
et les contours, très simplifiés en ce qui concerne la cuve
même, prennent une exactitude et un relief remarquables
en ce qui concerne les couvercles. Le plus souvent la face
seule est représentée à découvert, avec le masque doré ou
peint en rouge, en rose, en vert sombre ou clair, quelquefois
avec les yeux en émail rapportés; dans bien des cas
les deux mains font saillie sur la poitrine, tantôt fermées
et serrant un emblème osirien, le sceptre, la croix ansée,
le dadou, tantôt allongeant les doigts comme pour élaler
les bagues qui les décorent. Assez rarement le mort est
figuré comme couché au-dessus de son cadavre, en costume
civil. Les inscriptions et les tableaux s'enlèvent en couleurs
sur un fond jaune, dont la coloration, assez pâle au
moment où l'enduit fut étalé sur le bois, s'est assombrie
avec le temps par l'oxydation lente du vernis. On y observe
d'habitude les mêmes formules et les mêmes sujets que sur
les cercueils des personnages civils ou militaires de la même

époque, la représentation des génies qui veillent sur l'intégrité
du corps avec Anubis et Horus, les scènes du
jugement de l'âme, l'introduction du mort dans les domaines
d'Osiris ou de Râ; quelquefois pourtant des textes nouveaux
et des figures inconnues surgissent et se détachent sur les
lieux-communs de la décoration. M. Virey a signalé, par
exemple, une variante des scènes de la création où le dieu
Shou est remplacé par le dieu Bîsou: celui-ci, coiffé de
ses plumes, soulève à deux mains la déesse Nouît du ciel
pour la tenir séparée de Shou, le dieu de la terre. Bîsou
est un des dieux orientaux dont l'industrie phénicienne
avait répandu l'image dans tous les pays qui bordent la
Méditerranée, l'un de ceux dont les Hellènes se servirent
pour donner corps à la légende de leur Hercule: c'est
donc avec raison que M. Virey rapproche la variante fournie
par notre cercueil, et qui montre Bîsou élevant Nouît, de
cette partie de la légende grecque dans laquelle il nous est
dit comme quoi Hercule se substitua à Atlas pour supporter
le ciel. Sur un autre cercueil, celui d'un Petamôn, qui
remplissait des fonctions élevées parmi le sacerdoce, on lit,
au milieu des inscriptions usuelles, un texte qui nous
révèle l'une des explications que les théologiens thébains
donnaient de l'Ennéade à l'époque Ramesside. Le mort,
identifié avec le dieu créateur, s'écrie: “Je suis un qui deviens
deux, je suis deux qui deviens quatre, je suis quatre qui
“deviens huit, et je suis un par-dessus celui-là!” Le dieu
créateur était l'expression suprême de l'Ennéade complète:
par conséquent, le Un qui devient deux c'est Râ, qui
tira de lui-même la première paire de l'Ennéade, le dieu
Shou et la déesse Tafnouît. Deux qui devient quatre, c'est
la production des quatre dieux qui étayent le monde
comme autant de piliers Heh, Nâou, Kakou, Amânou, et
qui paraissent au moment où Shou sépare Nouît le ciel de

Sibou la terre. Quatre qui devient huit, c'est le dédoublement
de ces quatre personnages en couples comprenant
chacun un dieu et une déesse, Hehou-Hehouît. Nâou-Nâouît,
Kakou-Kakouît, Amânou-Amanît. Enfin le un qui
vient après ce quatre qui devient huit, c'est le chef suprême,
celui qui, s'ajoutant à l'ogdoade hermopolitaine, la transforme
en Ennéade, c'est-à-dire le dieu Amon-Râ de Thèbes.
en qui se résument tous les dieux. On voit quel rôle les
nombres jouaient dans le développement de la pensée
thébaine vers le XIe siècle avant J.-C. Les cercueils de la
seconde trouvaille de Déîr el-Baharî nous font connaître
plusieurs textes du même genre, extraits probablement de
quelque livre composé à Thèbes pour expliquer les conceptions
des écoles antérieures: c'était, à côté du texte
immuable des livres sacrés, la somme où les écrivains
avaient incorporé les spéculations inspirées par ce texte
aux penseurs de l'école.
Il est fàcheux que les documents de cette nature ne soient
pas plus nombreux. Amon, devenu le souverain des dieux
de l'Égypte et le dieu unique, avait fini par devenir dans
l'esprit de ses prêtres le seul dieu qui existât par luimême.
Tous les autres n'étaient que ses créatures ou que
ses formes secondes, qu'il avait appelées à la vie en délachant
de ses doubles ou des ses âmes des parcelles de
doubles ou d'âmes dont il avait animé des corps façonnés
par les hommes, des statues divines et prophétiques: aux
yeux du théologien thébain, ce qui, dans le Phtah de
Memphis ou dans le Khnoumou d'Éléphantine, était vraiment
divin, c'était ce qu'Amon-Râ thébain y avait mis de
lui-mème. Bien entendu les autres sacerdoces n'admettaient
point qu'il en fût ainsi, et ils considéraient le dieu de leur
ville comme unique et existant par soi au même titre

qu'Amon: mais le sacerdoce thébain maintenait sa doctrine,
et tant que Thèbes dirigea les doctrines de l'Égypte, il sut
l'imposer partout. Les prêtres et les prêtresses que furent
nos momies n'appartenaient plus à l'âge de prédominence
d'Amon: la royauté terrestre s'était déplacée vers le Nord,
et le jour où elle avait quitté Thèbes, le dien de Thèbes
avait perdu du coup sa primauté. Le sacerdoce n'en continua
pas moins d'exalter son dieu au-dessus de tous les
autres, et jamais peut-être la grandeur d'Amon ne fut
proclamée plus haut qu'au moment où elle venait de
s'éclipser. Non-seulement elle s'étala dans des textes spéciaux,
tels que ceux dont j'ai cité un spécimen, mais on
remania les formules anciennes pour y en introduire
l'expression, et souvent, en parcourant une prière bien
connue de tous, nous sommes surpris d'avoir à constater
qu'une variante d'apparence innocente en détourne le sens
et l'efficacité au profit d'Amon. Pour bien faire sentir l'importance
de la série en ce qui concerne l'histoire religieuse
de l'Égypte, il nous faudrait donc étudier chaque momie
par le menu, et indiquer à mesure qu'on les rencontrerait
les éléments de connaissance nouvelle qu'elle apporte à la
science. Cette recherche ne présenterait pas autant d'intérêt
pour le public que pour les savants de métier. Il ne faut
pas oublier d'ailleurs que, la plupart du temps, chaque
ensevelissement comportait, outre la momie, quatre ou cinq
pièces, un ou deux cercueils, munis chacun de son couvercle,
plus un cartonnage plat que l'on posait d'ordinaire
immédiatement sur la momie, sous le couvercle du cercueil
intérieur: la description, pour être complète, risquerait
de se développer à l'infini. Je me bornerai donc à sihnaler
quelques momies-types, et d'abord plusieurs momies
d'enfants, dont les unes étaient, comme la petite Ankhousnisit
(no 1140, long. 1 m. 23 cent.), chanteuses d'Amon,

ou comme le petit Tarnofirouf (no 1141, long. 1 m. 66 cent.)
père divin d'Amon (voir p. 142). D'autres ne possédaient
aucun titre, mais elles avaient un cercueil à leur taille
(no 1137, long. 0 m. 95 cent.; et no 1138, long.
0 m. 65 cent.); d'autres enfin avaient été enfermées dans un
cercueil d'occasion, tel que celui du no 1139 qui était un
cercueil d'homme ajusté à la taille exacte de l'enfant au
moyen d'une cloison de bois chevillée en travers. Ce remploi
de cercueil n'était pas borné aux enfants, en l'honneur
desquels on était assez peu disposé à faire les sacrifices
d'argent nécessaires à l'acquisition d'un matériel neuf. Pour
beaucoup de personnages, même de rang très haut, on
utilisait des cercueils d'occasion. Nous avons déjà vu qu'à
l'époque saïte d'immenses cercueils en basalte ou en granit
avaient été retirés du fond de leurs puits, au cours d'une
révolution, et vendus à des Égyptiens qui les utilisèrent sur
place, ou à des étrangers qui les exportèrent en Phénicie
(voir p. 136). Sept ou huit siècles plus tôt, les bandes de
voleurs qui exploitaient la nécropole jetaient sur le marché
de très beaux cercueils des XVIIIe, XIXe dynasties,
que les familles ou les entreprises de pompes funèbres
achetaient sous main à l'usage de leurs clients. On grattait
alors le nom du premier maître et ses titres, qu'on
remplaçait par les noms et par les titres du possesseur
nouveau. J'en citerai seulement quelques exemples caractéristiques
parmi ceux qui abondent dans la trouvaille
de M. Grébaut:
1146. — Sarcophage du divin père d'Amon Ankhoutnimaout,
fils de Manakhpirrî. Ce sarcophage avait appartenu
d'abord à la dame Tamarîtra ou Tentmariphrâ
dont on a oublié de gratter le nom sur le cercueil extérieur.
1151. — Cercueil de Nassitapenharîtahaît, quatrième
prophète ou hiérodule d'Amon. Ce cercueil était dans un
très grand sarcophage, usurpé sur un premier occupant
dont le nom, constamment gratté jusqu'à la moitié, se
terminait par celui du dieu Amon. Le nom du propriétaire
nouveau est tracé en écriture cursive sur les mains des deux
couvercles. On trouve sur les côtés une scène de pleureuses
assez remarquable.
Autant qu'il est permis d'en juger d'après les noms des
souverains cités et d'après la filiation des personnages découverts
par M. Grébaut dans la seconde cachette de Déîr el-Baharî,
la série entière comprend six ou sept générations.
La mode funéraire ne s'est pas modifiée grandement pendant
les deux siècles qu'elles vécurent; toutefois, il ne serait pas
difficile à qui voudrait s'en donner la peine de distinguer
dans cet ensemble un certain nombre de cercueils, que leur
facture et le style de leur décoration nous prouveraient
sortir d'un même atelier. On pourrait donner comme type
d'un premier groupe:
1135. — Cartonnage du cercueil de Pameshon, prêtre
en chef d'Amon, et maître d'aller dans toutes ses places
,
c'est-à-dire jouissant du privilège de pénétrer dans toutes
les parties du temple de Karnak. Le décor est très soigné et
d'un bon style: nous signalerons surtout la tête de bélier
sortant de la fleur qui s'épanouit, symbole du dieu qui se
lève chaque matin dans les fourrés du ciel d'Orient.
1147. — Sarcophage d'Ankhoufnimaout, prêtre de
Maout, scribe de l'administration du domaine d'Amon,
et prophète ou hiérodule de la reine Ahhotpou, à qui
les prêtres d'Amon rendaient les honneurs divins ainsi

qu'au roi Aménôthès Ier divinisé et à la reine Ahmasis
Nofritari; ces deux souverains étaient devenus, sous la
XXe dynastie, les patrons de la nécropole thébaine.
1149. — Couvercle du second cercueil de Paifouzaro,
prêtre célébrant, chef de la comptabilité des terres de la
maison d'Amon. — Mention des honneurs divins rendus
au roi Aménôthès Ier et aux reines Ahmasis Nofritari et
Ahhotpou: Paifouzaro appartenait, comme on le voit, à
la même confrérie qu'Ankhoufnimaout.
1150. — Couvercle du second cercueil de Pakhaloui, le
Syrien, surnommé Khalnofiramanou, le brave soldat
d'Amon. Il était père divin, prophète d'Amon, ouvreur
des portes du ciel dans Karnak
, premier célébrant d'Amon
prêtre chargé des encensements à Amon dans Karnak, et
chef des secrets du ciel, de la terre et de l'autre monde.
Les portes du ciel dans Karnak étaient les portes de la
troisième salle du temple, dont les parois étaient revêtues
d'électrum: nous savons par un texte du tombeau de
Rekhmarâ, que ce revêtement d'or et d'électrum, fabriqué
avec le butin rapporté de Syrie par le Pharaon Thoutmôsis
III, était d'une splendeur telle, qu'on eût dit l'horizon
du ciel.
1151 bis. — Il appartient, comme le ne 1151 (voir
page 152), à Nassitapenharîtahaît, quatrième prophète
d'Amon. Il avait été usurpé lui aussi sur un premier occupant
dont le nom, constamment gratté jusqu'à la moitié,
se terminait par amen. Le nom de Nassîtpenharîttahît y
est tracé également en écriture cursive sur les mains des
deux couvercles. De même que le premier cercueil. celui-ci
porte sur le côté une scène de lamentations des plus
remarquables.
1153. — Cercueil d'Ankhoufnikhonsou, divin père,
supérieur des secrets, chef des métallurgistes de la demeure
d'Amon La direction des ateliers de métallurgie des temples
d'Amon était un poste considérable à cause du maniement
des métaux précieux qui, après des guerres heureuses,
arrivaient en quantité prodigieuse.
1154. — Cercueil de Nsipanofirho, divin père d'Amon,
divin père de Maout, scribe des jeunes garçons de la
demeure d'Amon (voir à la p. 145, l'une des interprétations
possibles du titre de jeune garçon).
1155. — Beau cartonnage blanc qui provient du cercueil
d'Amannouitnakhîtou, chef des métallurgistes de la
demeure d'Amon.
1156. — Cartonnage du cercueil de la vénérable Marîtamanou,
dame chanteuse d'Amon-Râ, roi des dieux. La
figure de femme représentée sur ce cartonnage se distingue
par une disposition particulière de la coiffure, plus élevée
qu'à l'ordinaire, partagée en deux masses et un peu ondulée.
Les bras ne sont pas croisés, mais un seul, le bras
gauche, est ramené sur la poitrine; le bras droit descend
le long du corps. Le vêtement est une robe blanche à rayures
verticales, blanches aussi, déterminées par les différences
d'épaisseur du tissu, alternativement serré et ténu. Une des
mains serre une branche de vigne.
1157 et 1157 bis. — Couvercles du cercueil intérieur de
la même Marìtamanou, et d'un autre cercueil semblable
appartenant à une chanteuse d'Amon dont le nom n'a pas
été inscrit. La figure de femme représentée sur ce second
couvercle présente les mêmes dispositions que nous avons

rencontrées au cartonnage no 1156; de plus, la forme du
corps est très accentuée sous le vêtement, et les pieds nus
sortent de la robe, comme au cercueil de la dame Isit,
provenant du tombeau de Sannotmou.
1158. — Sarcophage de Nsiamenopît, prêtre en chef
ou grand prêtre maître de s'approcher d'Amon, admis
auprès d'Amon dans Karnak, maître des offrandes dans la
salle d'Anubis, l'ensevelisseur, ce dieu grand qui est au
commencement de la demeure divine, et grand chantre
dans la connaissance d'Amon et fils des chantres thébains.
C'est done un grand-prêtre admis à pénétrer au sanctuaire
d'Amon.
1159. — Caisse du cercueil intérieur de Zadmâousônuokhou,
dame chanteuse d'Amon et musicienne avec la main
pour Maout: la musicienne ou chanteuse — hosit
avec la main est celle des almées qui bat la mesure en
frappant ses mains l'une contre l'autre, tandis que ses compagnes
dansent, chantent ou jouent de leurs instruments.
Les cercueils qui suivent forment un second groupe
dont la facture est très caractéristique. Ils proviennent tous
des deux galeries du fond. Les cercueils extéieurs y sont
blancs, décorés avec une certaine richesse, mais d'une
manière moins compliquée que la plupart des autres;
tous portent à la même place la scène des génies funéraires.
Les cercueils intérieurs sont d'une belle couleur
jaune clair; les carfonnages sont généralement décorés
d'une façon très remarquable. Les sarcophages les plus
soignés de cette belle série portent les noms et les titres
du prêtre de haut rang Petamôn, et de la chanteuse d'Amon
Mashasobkît.
1160. — Petramôn était divin père, amié du dieu, supérieur
des secrets qui sont dans le ciel, la terre et l'autre
monde, supérieur des secrets d'Amon, de Maout et de
Khonsou, ouvreur des portes du ciel dans Karnak, officiant
en chef de celui dont le nom est mystère, c'est-à dire
d'Amon, grand-prêtre de Râ et de Toumou dans Thèbes,
desservant de la chapelle funéraire d'AménoCthès Ier, prophète
ou hiérodule d'Amon, probablement à titre honoraire,
bon chantre dans la science d'Amon et fils de
chantres thébains: l'art du chant était donc héréditaire
dans sa famille.
1161. — Mashasobkît était peut-être la femme de
Petamôn. Elle porte les titres de dame chanteuse d'Amon-Râ,
roi des dieux, grande chanteuse avec la main pour
Maout dans Ashîrou, aimée d'Hathor de Thèbes, grande
chanteuse le jour de l'enfantement diurne dans la retraite
des femmes, hiérodule du dieu enfant de la triade, Khonsou
dans Thèbes.
1164. — Cartonnage de Khonsounironpi, prêtre d'AmonRâ,
roi des dieux, divin père d'Anhour-Shousirâ, dieu du
nome de Thinis, écrivain des ordres de la maison de
Khnoumou, écrivain des ordres et grand surveillant de la
maison du prince d'Éthiopie, qui était l'héritier du trône
d'Égypte et le grand-prêtre d'Amon.
Les sarcophages de ces deux groupes proviennent surtout
des deux galeries qui conduisent au fond de la cachette.
On formerait aisément un troisième groupe de ceux qui
furent extraits de la chambre du fond et qui appartiennent
probablement aux premiers possesseurs de la tombe, à
Tanofir (no 1166) et à sa famille. Les cercueils en étaient

très soignés, mais leur richesse même leur devint funeste;
on leur arracha les mains et les visages afin de prendre la
dorure qui les couvrait. Ils n'en conservent pas moins leur
intérêt pour l'abondance des textes et des tableaux qui
recouvrent leurs parois. La technique en présente d'ailleurs
quelques particularités qui les distinguent nettement des
monuments compris dans les deux séries précédentes. L'un
des cartonnages qu'on y rencontre est finement découpé à
jour; les scénes s'y détachent groupe à groupe et personnage
à personnage. Sur les autres, les ornements caracléristiques
de l'époque se détachent en relief sur le fond du
bois au moyen d'application en pâte, ainsi les caeurs qui
pendent sur la poitrine ou les scarabées à tête de bélier
qui figurent Amon.
1166. — Sarcophage de Tanofir, troisième prophète
d'Amon-Râ, roi des dieux, prophète de Mantou, intendant
des troupeaux du domaine de Râ, prophéte du dieu Khnoumou
d'Eléphantine, grand-prêtre de Râ et de Toumou
dans Thèbes, desservant de la chapellc funéraire d'Aménôthès
Ier, ouvreur des portes du ciel dans Karnak, chef des
secrets qu'il y a dans le ciel, la terre et l'autre monde.
C'était un fort grand personnage, et son rang explique à la
fois la beauté de son appareil funéraire et l'étendue de son
tombeau.
1167 et 1167 bis. — Sarcophage et cartonnage de la
vénérable Mâkerî, chanteuse d'Amon. Le sarcophage a
conservé sa dorure, tandis que tous les autres en ont été
dépouillés. Le cartonnage a la figure et les mains couvertes
d'un enduit blanc préparé pour recevoir une
dorure qui n'a pas été appliquée. Cette blancheur des
mains et du visage produit un effet saisissant.
1169. — Sarcophage de la supérieure en troisième
ordre du harem ou des recluses d'Amon-Râ, roi des dieux,
fille du premier prophète d'Amon Manakhpirrî de la XXIe
dynastie, Katsashni.
1171. — Sarcophage de Haroub, fille de Manakhpirrî,
grand-prêtre d'Amon sous la XXIe dynastie, et de la princesse
Isimkhabiou, dont la momie fut découverte à Déirel-Bahari
en 1881, et se trouve exposée avec ses cercueils
et cartonnages dans la salle P du premier étage (voir
p. 338, no 1238). Elle était deuxième prophétesse ou hiérodule
de Maout dans Ashîrou, hiérodule de Maout dans
la demeure de l'enfantement, — Pa-misou, — la chapelle
où la déesse mettait au monde le troisième dieu de la
triade thébaine, le dieu-enfant. Haroub serait la saeur du
grand-prêtre Painotmou II, le dernier de la famille qui
exerç le souverain pontificat à Thèbes, avant l'avènement
de la XXIIe dynastie. Ce rapprochement établit d'une
manière intéressante l'étroite parenté qui existe entre les
deux collections des prêtres d'Amon et des momies royales,
puisque nous trouvons la momie de la fille dans l'une, et
celle de la mère dans l'autre.

SALON MÉRIDIONAL

Le salon méridional n'est pour le moment qu'une sorte
de dédôt, où sont entassés sans ordre un certain nombre
d'objets d'acquisition ancienne ou récente qui n'auraient pu
être rangés dans leurs séries. Ils seront remis à leur place
naturelle sitôt que nous aurons le temps de remainer le
Musée: en attendant, je me bornerai à indiquer brièvement
les principaux monuments qu'on y recontre actuellement.
VITRINE A.

La première vitrine qu'on y aperçoit au centre, en y
accédant de la galerie d'honneur, contient quelques-uns des
objets trouvés des prêtres d'Amon. On y remarquera
un bel éventail en feuille de palmier (no 1131), des mitaines
en toile (no 1132) dont on ne connaît aucun autre
exemple jusu'à présent; des chaussures en cuir de différentes
couleurs et des sandales en jonc tressé; une canne
en bois d'ébène avec le bout et le pommeau en ivoire
(no 1133), du genre de celles qu'on fabrique à Siout encore
aujourd'hui; un fouet composé d'un manche de bois et
d'une lanière en cuir blanc (no 1134); enfin des scarabées
du caeur, des génies funéraires en cire, des fleurs recueillies
dans les cercueils, et d'autres pièces de l'appareil funéraire
commuin à toutes les momies. Ces objets ne représentent
pas, loin de là, tout ce qui était contenu de ce genre dans
la cachette découvérte par M. Grébant. Nous avons encore
en magasin un certain nombre de momies non développées
qui nous rendront de quoi enrichir considérablement cette
série.
ARMOIRES B-E.
Les quatre armoires d'angle qui ont été disposées en
croix derrière la vitrine A contiennent un choix de statuettes
de l'empire memphite, du genre de celles qu'on a vues
au rez-de-chaussée dans les salles A-F. Elles sont en
général de travail mauvais, et isolées n'inspireraient qu'un
intérêt médiocre: réunies de la sorte, elles permettent au
visiteur de se faire une idée de ce qu'était la sculpture
funéraire à cette époque la plus brillante de l'art égyptien.
Elle était aussi banale et aussi dépourvue d'individualité
que la nôtre, et les marbriers qui tiennent boutique aux

environs de nos cimetières nous en montrent tout autant:
c'était de l'art à bas prix pour les particuliers de fortune
moyenne et de goût aisément satisfait. Outre l'intérêt
historique elles présentent une valeur ethnographique qui
n'est pas à dédaigner. Les gens qu'elles nous montrent
appartenaient aux classes les plus diverses de la société
égyptienne, et ils nous font connaître les types fort variés
qu'on y rencontrait. Ils se retrouvent tous dans la population
contemporaine, nous prouvant qu'elle descend bien
en ligne directe des vieux Égyptiens. On y reconnaît le
personnage mince, élancé, alerte, aux traits fins et bien
découpés; le demi-bourgeois trapu et lourd; le fellah épais
et disgracieux, à la face camuse et ronde. Les femmes
surtout ont un air fort contemporian et quiconque fréquente
les campagnes en rencontre nécessairement parmi
les fellahines qui vont puiser l'eau au Nil. Les visiteurs
qui ont déjà fait le voyage de la Haute-Égypte ne pourront
manquer de se rappeler devant elles quelques figures
aperçues au cours de leurs excursions.
Les vitrines rangées le long du balcon nord contiennent
une partie de notre collection de fleurs, de feuillages et de
planles antiques: les reste est exposé sur le balcon oriental
du premier étage (voir p, 400-401). La moitié des graines
qu'elle contient remonte à l'empire memphite et fut
recueillie par Mariette dans les tombeaux de la IVe, de la
Ve et de la VIe dynasties: le blé et l'orge s'y rencontrent
parfois en quantités considéables. Je dois ajouter pour les
personnes que la question du blé de momie intéresserait que,
si le blé acheté par les touristes aux marchands d'antiquités
germe parfois et produit des épis, le blé que nous
avons receilli nous-mêmes dans les hypogées n'a jamais
germé.
La partie orientale du grand salon méridional, celle qui
précède la chambre A, est occupée, partie par un ensemble
d'objets divers provenant des fouilles récentes et encore
mal classés, partie par certaines calégories d'objects civils.
ARMOIRE A.
Bâton de commandement muni d'un crochet; canne
avec inscription au nom de Sannotmou, de la XXe dynastie,
dont le tombeau fut découvert à Thèbes, en février 1886;
outils et fragments d'outils en cuivre et en bronze, haches,
ciseaux, couperets, tranchets, rasoirs, aiguilles, poinçons,
pointes de lames et de flèches, etc.
ARMOIRE B.
Ares (nos 825 et 825 bis); flèches (nos 826 et 826 bis),
terminées tantôt par une pointe aiguë, tantôt par une petite
pointe tranchante; très beaus carquois en cuir (no 827);
pointes de flèches en bronze ou en cuivre, montrant les
diverses formes en usage dans l'Égypte pharaonique,
plates, avec ou sans nervures, triangulaires, à ailettes, en
feuille de saule, etc.
ARMOIRE C.
Elle contient des outils et des armes de bronze: une
herminette provenant d'Abydos (no 828); un tranchet de
cordonnier (no 829); des rasoirs (no 830); une belle
hache qui semble porter encore des traces de dorure
(no 831); des pierres à aiguiser (no 832); des ciseaux
et des pinces (no 833), dont plusieurs ont pu servir d'instruments
de chirurgie.
CADRES D-E.

Ils renferment chacun un linceul en gros treillis, provenant
de la momie d'un des personnages de la famille
des grands-prêtres d'Amon. Une grande figure d'Osiris-momie
est d'ordinaire dessinée à l'encre noire sur ces toiles.
Celle du cadre D, appartenait au Père divin d'Amon, Petamonou:
dans le cadre E, la chanteus d'Amon et de Thot,
Bakitnikhonsou, fait offrande à Osiris.
ARMOIRE D.
On y voit la suite des armes, des masses, des sabres de
bois, des boumérangs, et la poignée en bois au moyen de
laquelle les soldats égyptiens manaeuvraient leur bouclier.
ARMOIRE E.
On a exposé dans cette armoire E des hampes en bois
et des pointes de lance en cuivre et en bronze, quelques
haches, un fragment d'arc, enfin, ce qui est plus précieux,
des débris d'armes et d'instruments en fer fortement oxydé.
VITRINE F.
On a réuni dans la vitrine plate F des spécimens, choisis
parmi les plus beaux, des vases, plaquettes et figurines en
terre ématlée des diverses époques. La pièce capitale est
le vase no 747, qui fut donné par le Pharaon Aménôthès Ill
à la reine Tii et qui porte le nom de ces souverains. Le
fond est d'un blanc crémeux, sur lequel s'enlèvent en
vigueur le décor et les hiéoglyphes: chaque figure avait
été tracée à la pointe, puis évidée dans la pâte et remplie

de l'émail voulu. L'babileté de l'ouvrier a été telle que
nulle des couleurs n'a fusé, ni bâvé sur les voisines. C'est
un des chefs-d'aeuvres de la céramique égyptienne.
Les pièces bleues abondent: en premier lieu, celles qui
remontent aux XVIIIe, XIXe dynasties, parmi lesquelles
on remqrque les beaux gobelets en fleur de lotus
épanoui provenant de Touna (no 1385), le couvercle de
boîte en forme d'anthérion (XVIIIe dynastie), la plaquette
de Ramsès Il, les étuis à collyre. Les découpures figurant
des déesses, les images des quatre génies funéraires, les
scrabées avec ou sans ailes, sont de l'époque, saïte et de
l'époque grecque; la couverte en est fine, pure, male,
répartie également. On reconnaîtra au contraire les émaux
bleus de l'époque gréco-romaine à l'épaisseur et à l'irrégularité
de la couche colorée. La couverte est grossière;
mêlée et noircie de fumée pendant la cuisson, elle a empâté
les lignes et coulé dans les creux.
Quelques verres à fond bleu compètent la collection:
un étui à collyre en forme de colonne à chapiteau, des
feuilles de palmiers, un poisson qui provient de Sakkarah,
un vase à décor de fougères.
CAGE G.
On a réuni provisoirement dans la cage G des objets
d'époques diverses, provenant pour la plupart des fouilles
de l'Egypt Exploration Fund, en Haute-Égypte.
Dans la partie sud, sont exposés les monuments découverts
par Quibell à Kom-el-Ahmar. Au centre, la grande
palette en schiste du roi Bouzaou de la Ile dynastie thinite.
Sur la face qui est tournée au public, le souverain, coiffé du
bonnel de la Haute-Égypte , lève la massue à tête blanche

contre un prisonnier de type asiatique qui, d'après l'inscription
tracée à côté de lui, semble être un Hirou-Shaîtou,
un nomade du désert arabique; devant le roi, un épervier,
posé sur un buisson de feuilles de lotus, paraît amener
des prisonniers enchaînés qu'on peut croire avoir été au
nombre de 6000; derrière lui, son serviteur porte les
sandales royales, et un vase à eau, comme c'est aussi l'usage
en Chaldée chez les vieux rois de Lagash. Au-dessous de
cette scène, deux ennemis se sauvent en tendant la main
en signe de supplication. Sur la face opposée, qu'on aperçoit
réflétée dans la glace, le même roi, coiffé de la couronne
de la Basse-Égypte , et suivi de son serviteur, audessus
duquel est la caisse qui sert de demeure au double,
se rend au lieu du sacrifice, précédé des quatre étendards
consacrés aux dieux des quatre points cardinaux, les deux
Horus (Horus et Set), Anubis et Saptou, qui marquent
sa domination sur les quatre maisons du monde:
dix cadavres d'ennemis, décapités après la bataille, sont
étendus sur le sol, la tête entre les jambes, et au-dessus d'eux
la barque qui contient l'image des dieux. Dans le registre
du milieu, deux personnages essaient de relenir deux animaux
à corps d'antilope, à têtes de félin et aux longs cous
de serpents entrelacés, de ces monstres fantastiques dont
l'Égypte peuplait le désert. Au-dessous, un taureau démolit
à coups de cornes un camp fortifié; il est probable que
les deux fuyards de l'aulre face se sont échappés de cette
enceite. C'est, comme on voit, un monument des victoires
de ce vieux roi. Dans la partie ouest de la vitrine, nous
avons mis le moulage d'une autre palette plus petite, provenant
des mêmes fouilles et conservée aujourd'hui à
Londres. Le champ en était fermé par deux renards ou
deux chacals dressés sur leurs pattes de derrière et affrontés,

mais dont les têtes ont disparu. Sur les deux faces
sont figurés les animaux du désert, d'abord les deux monstres
de la palette précédente, dont le cou démesuré
enveloppe le godet central, puis des daims, des bouquetins,
des gazelles forcés par de gros chiens. Sur l'autre
face, une girafe se mêle aux antilopes et aux taureaux
sauvages, mais la chasse est menée par des lions, par un
chacal fantastique, et par un griffon à ailes et à tête d'épervier.
Pour compléter cet ensemble, on remarquera, sur le
còté est de la cage, une statuette en schiste de fort bon
style représentant un Pharaon, probablement Khâsakhmoui
de la Ille dynastie, en Osiris coiffé de la couronne de la
Haute-Égypte: des prisonniers sont entassés le long
des tranches du socle, tordus en toutes sortes de postures
diverses. Bien que la moitié de la face ait disparu, l'ensemble
donne une bonne idée de ce qu'était déjà la sculpture
égyptienne à cette époque reculée. Des figures en ivoire
sculpté ont la même provenance: elles sont malheureusement
en si mauvais état qu'on désespère de pouvoir les
conserver longtemps.
La plupart des menus objets ont été découverts à Dendérah
par M. Petrie: on y remarquera le vase à libations
en bronze au cartouche de Ramsès II, el les plaquettes
de verre multicolores qui servaient, vers l'époque grécoromaine,
à la décoration des stèles, des cercueils ou des
murailles, enfin un bel encensoir en bronze.
1383. — IVOIRE. — Haut. 0 m. 15 cent. — Thèbes.
Statuette du dieu Bisou, ayant servi de manche de miroir.
Elle est d'un fort beau travail, mais d'une fragilité qui
en rend la conservation très précaire. — XVIIIe dynastie.
VITRINE H.

Elle renferme provisoirment des objets provenant des
fouilles entreprises dans ces dernières années et qu'on n'a
pas encore répartis entre leurs séries.
1387. — BOIS. — Haut. 0 m. 14 cent. — Gournah.
Pot à collyre, découvert par M. Daressy à Thèbes, dans
le tombeau de hatiaî: un homme agenouillé porte sur son
épaule une grosse outre. Travail charmant. XVIIIe dynastie.
1388. — BOIS DORÉ.Gournah.
Ces deux pectaraux étaient attachés au cou de la momie
du prêtre Hatiaî, par une double chaîne composée de
perles d'émail, de cornaline et de bois dorée qui est exposée
dans la partie gauche de la vitrine. Au milieu du plus grand
est encastré un gros scarabée en ambre, qui était intact
au moment de la découverte; il a été brisé pendant la confection
du catalogue généal. — XVIIIe dynastie.
1389. — BOIS.Gournah.
Cuiller à parfums. Le manche représente un bouquet de
fleurs de lotus; le bol est formé par une feuille de plante
aquatique à bords ondulés. — XVIIIe dynastie.
1390. — BOIS, CUIR, CORNE.Gournah.
Are à double courbure, formé d'un morceau de bois
serré entre deux lames de corne et recouvert d'écorce
d'abre; il a encore sa corde antique. Il a été trouvé,

avec le brassard en cuir qui lui appartenait et qui est exposé
également dans la vitrine, à Gournah, dans le tombeau
d'un archer. — XVIIIe dynastie.
On remarquera également la palette du scribe Hatiaî,
en bois et en bronze, avec ses calames en roseaux; un
beau rasoir en bronze avec son manche et sa garde en
bois; des balles de fronde en plomb, d'époque romaine;
la coupe en bronze de Hatiaî, dont le fond est décoré
d'animaux sauvages gravés à la pointe sur un champ de
plantes aquatiques; enfin:
1407. — BRONZE. — Diam. 0 m. 275 mill.
Coupe à fond plat, décorée d'oiseaux et de fleurs symboliques.
Les anses ou charnières sont garnies de sphinx ailés
à tête de dieu Bisou: les ailes se terminent par des têtes
de taureau, et on sent dans l'ensemble une influence assyrienne.
— Époque saïte.

PORTE QUI MÈNE A LA SALLE A.

Les deux armoires dressées à plat dans l'embrasure de
la porte qui mène du grand salon à la chambre A contiennent
la suite des bijoux et objets civils:
ARMOIRE A.
On y voit une belle collection de miroirs. Les miroirs
égyptiens étaient formés d'un disque en métal, généralement
en cuivre ou en bronze, parfois simplement poli,
parfois revêtu d'un vernis d'or; le manche était de bois,
d'ivoire, de terre émaillée ou de bronze. Il figurait d'ordinaire

une colonnette ou une tige de lotus, souvent surmontée
d'une tête d'Hathor (no 846), la Vénus égyptienne aux
oreilles de vache, ou de Bisou, l'Hercule grotesque et le
dieu de la toilette (no 847); quelquefois c'était une statuette
de femme ou de déesse, en ivoire (no 848) ou en bronze
(no 849). On peut encore signaler le manche à jour du
no 850, le no 851 avec légende hiéroglyphique de la dame
Hathorhotpou, prêtresse d'Hathor, et le no 852, qui provient
de la trouvaille des momies royales de Deîr-el-Bahari.
ARMOIRE B.
Elle contient, à la rangée supérieure, une série de
chevets en albâtre et de statuettes en bois point de la
XIIe dynastie, provenant des fouilles faites à Meïr en 1892.
Le texte hiéroglyphique gravé sur la tablette qui occupe le
centre a pour objet de présenter à Osiris une offrande en
faveur d'un défunt.
On voit sur la deuxième tablette la fin des statuettes de
Meïr; deux d'entre elles représentent le même personnage,
nommé Nakhîti, l'une en bois (no 913), l'autre en bronze
et qui est une pièce unique (no 913 bis). Le gros scarabée
ptolémaïque en pâte de verre bleu provient également
de Meïr (no 914); il faisait partie d'un masque de momie.
Sous le scarabée, un joli chat en lerre émaillée bleue mouchetée
de noir, et un lion en bronze provenant de la
trouvaille de Tell-Moqdam (voir plus has no 920, p. 169);
un peu plus loin, une petite table d'offrandes en bronze
sur laquelle sont rangés une grenouille, un lion et deux
éperviers en relief.
Pièces du mobilier funéraire trouvé avec la momie de
la dame Amonît, prêtresses d'Hathor, dont on verra plus loin

la momie et le cercueil. Miroirs (nos 915 et 915 bis); le
manche du no 915 bis, surmonté d'une tête d'Hathor
aux yeux rapportés, est en bois revêtu d'incrustations bleues
et rouges; un autre manche en bois jaune a la forme du
support d'honneur. Vases à parfums en albâtre; l'un d'eux,
fermé d'un linge, est encore scellé (no 716). Ils se
trouvaient dans les jolis filets nos 917, 918 et 918 bis,
ornés de perles bleues. Deux anses de fil servaient à soulever
ou à suspendre ces filets; à l'extrémité inférieure, une
sorte de couronne, également en fil, était le socle ou le
support sur lequel se tenaient ces vases au fond arrondi.
On distingue à la rangée inférieure, entre autres objets
curieux:
919. — BRONZE. — Long. 0 m. 057 mill.
Table d'offrandes d'un aspect particulier. Elle représente
une sorte de plateforme, sur les côtés de laquelle
sont assis deux chacals et deux cynocéphales se faisant face;
trois petits personnages, agenouillés dans le fond, présentent
l'offrande et versent une libation.
Une honne partie de la tablette est occupée par de
beaux lions de bronze (no 920) provenant de Tell-Moqdam.
La petite stèle en calcaire no 921 offre une représentation
unique jusqu'à présent sur les monuments de
ce genre: un singe monte à un arbre et cueille des fruits
pour sa maîtresse, qui, d'une main, le tient en laisse, et de
l'autre porte un panier à fruits.

SALLE A.

La salle A contient la fin des objets de toilette, le linge
et les objects d'habillement, les instruments de musique, les

jouets, le commencement de la céramique et de la vaisselle
métallique.
Côté sud de la Salle.
ARMOIRE A.
On y remarque, à la tablette supérieure, des plaques
d'ivoire, débris d'un coffret, puis deux bois d'éventails
complets. Les éventails égyptiens se composaient d'un
manche et d'une pièce centrale qui couronnait le manche,
et dans laquelle venaient s'engager les plumes, maintenues
en place au moyen d'un ressort qui, ici, est en bois. Deux
de ces pièces centrales sont exposées à la deuxième tablette,
dont la principale est:
941. — BOIS. — Haut. 0 m. 15 cent.
Couronnement d'un manche d'éventail au nom de Minnakhîti,
scribe de la maison du Soleil.
Sur cette même deuxième tablette et sur la troisième sont
rangés des anneaux fendus, en ivoire, en cornaline et en or,
qui servaient peut-être de boucles d'oreilles. Une série de ces
anneaux (planchette 942) provient des fouilles faites à
Mit-Rahineh en 1892; une autre série (planchette 942 bis)
a été trouvée à Mendès. A côté d'eux, sont exposés des
peignes en bois et en ivoire (nos 937 et 938), des spatules
en ivoire (nos 939 et 939 bis), et:
940. — BOIS. — Haut. 0 m. 08 cent. — Thèbes.
Une petite tortue en bois formant pelote. Les trous pratiqués
sur son dos servaient à fixer des épingles de toilette

en bois, terminées par des têtes de chien. Cet uslensile a
été trouvé à Drah abou'l-Neggah, dans une tombe de la
XIe dynastie.
Enfin, sur la tablette basse, sont disposés, avec des
peignes à double rangée de dents, des manches de fouet en
bois, représentant d'un côté un bras humain terminé par
un poing fermé, de l'autre le plus souvent un poisson
latus sortant d'un bouquet de lotus, quelquefois un singe,
un renard courant ou quelque autre animal. C'est le fouet
qu'on voit si souvent à la main des conducteurs de char.
Le naeud en cuir qui le rattachait au poignet du propriétaire
et la tresse également en cuir ont disparu; on en voit
sculement des fragments, encore engagés dans les trous
qui percent le bois aux deux extrémités.
ARMOIRE B.
L'armoire B contient un mélange d'objets de nature et
de provenances diverses, qu'il faudra répartir plus tard entre
les séries auxquelles ils appartiennent. J'y singalerai les
sept boucliers sortis des tombes de Berchéh; les taches
qui sont distribuées sur la surface de chacun d'eux forment
ce qu'on pourrait appeler les armes du soldat qui le possédait.
Dans la partie gauche de la vitrine, sont des pierres
de fondation découvertes par M. Petrie à Sheikh Abd-el-Gournah,
parmi les ruines d'un édifice construit par Siphtah
Ménephtah et par son chancelier Baï. Dans la partie centrale,
on voit de beaux spécimens de ces verreries multicolores
dont on composait des décorations complètes de stèles et de
sarcophages, dans le , à l'époque ptolémaïque. Les
deux sellettes en bronze, avec leur garniture de vases
servant au sacrifice funéraire, proviennent de Berchéh et
remontent à la XIIe dynastie.
VITRINE C.

Chaussures, sandales et semelles en bois et en cuir. On
remarquera le travail des lanières multicolores qui fixaient
sur le cou de pied les paires de sandales nos 845 et 845 bis.
CADRES D-R.
Linceuls tirés de la collection des prêtres d'Amon, aux
noms de Senou, de Nsipekashouîti, de la chanteuse Tarpou,
de la supérieure des recluses d'Amon, Tentapai, du
premier prophète Pinotomou, du prêtre Shadsouamanou,
de la chanteuse d'Amon Zatmaout et du prophète de Maout
Pariousakhir.
VITRINE S.
Vases en pierre dure de provenance et d'époques diverses.
ARMOIRE I.
Instruments de musique, jeux et jouets d'enfants:
Instruments de musique. — Lyre en bois (no 853), provenant des fouilles exécutées à Meïr en 1892; guitares
(nos 854 et 854 bis); cymbales de bronze (nos 855 et
855 bis); sistre de bronze (no 856); cloches de bronze
(no 857); tambourins provenant d'Akhmîm (nos 858 et
858 bis), décorés de peintures qui représentent précisément
des joueuses de tambourin; flûtes simples et flûtes doubles
(nos 859 et 859 bis); fragment d'instrument de musique
(no 860).
1393. — BRONZE. — Long. 0 m. 60 cent.
Tambour en forme de baril, dont les extrémités étaient
recouvertes de pean. Les anses sont ornées de petites palmettes
dans le style de la XVIIIe dynastie.
Jeux. — Damiers en bois; (nos 861 et 861 bis), le
second avec une légende au nom d'Abibi (Thèbes, XVIIIe
dynastie); collection de pions pour le jeu de dames (terre
cuite bleue émaillée, nos 862 et 862 bis); pions en ivoire
(no 863) et en bois (no 864); cubes en terre émaillée
et en verre (no 865) pour le jeu de dés; boîte à jeu en bois
incrusté d'ivoire, avec tiroir en ivoire contenant des pions
(no 866, Thèbes, XVIIe dynastie); jeu de solitaire qui se
jouait au moyen d'épingles d'ivoire enfoncées dans les trous
d'une des parois de la boìte à jeu (ivoire et bois no 867);
disque en calcaire sur lequel un serpent s'enroule, la tête
au centre, la queue en dehors, de manière à simuler une
sorte de labyrinthe, et sur lequel on pouvait jouer un jeu
analogue à notre jeu de l'oie.
Jouets. — Poupée (no 868); poupée ou pantin articulé
qu'on faisait manaeuvrer en tirant une ficelle (no 869);
petits animaux (no 870); grenouille avec màchoire articulée
(no 871); balles (no 872) couvertes de peau; autres
balles en ficelle ou (no bis) en feuilles de papyrus
découpées et tressées. — Thèbes. XIe dynastie.
ARMOIRE U.
Commencement de la collection des poteries: terre cuite
noire, blanche et rouge, le plus souvent sand décor modelé
ou peint.
Côté nord de la Salle.
ARMOIRE A.

Sur trois des tablettes, on voit: des colliers de diverses
époques, en terre émaillée, en cornaline, en cristal, ete.
Sur la deuxième tablette en partant du haut, larges colliers
de la XIe dynastie, trouvés à Sakkarah (nos 873 et 873 bis).
ARMOIRE B.
Objets de toilette (parfumerie). Boîtes à parfums on
bois: les unes, de forme arrondie, sont ornées de jolis
dessins (no 925); d'autres représentent un canard dont
les ailes se soulèvent (couvercle à deux battants, le manche
est une statuette de nageuse; cfr. no 896), ou un poisson
évidé qui se fend, l'un des côtés est le fond de la boîte,
l'autre le couvercle (no 926). Le poisson no 926 bis est
orné du cartouche de Thoutmosis III. Les parfums et les
pommades étaient extraits de la boîte avec des cuillers de
bois ou d'ivoire (no 927) et des spatules de bronze
(no 928). La cuiller no 929, (bois, hauteur 0 m. 202 mill.),
a la forme d'un cartouche qui sort d'un lotus épanoui. La
cuiller no 929 bis se termine par un cou d'oie recourbé.
Un brûle-parfums, provenant de Sakkarah (émail vert, haut.
0 m. 05 cent.), appartient à l'époque saïte. C'est un petit
singe assis, soutenant de ses deux mains un grand plat qui
repose sur un chapiteau à feailles de palmier (no 930).
Les cynocéphales servent aussi très fréquemment de
sujets d'ornement aux pots et aux étuis à collyre (no 931).
Ces étuis sont très nombreux dans l'armoire B, avec ou sans
ornements, en un, deux, trois, quatre ou cinq compartiments,
en bois, en albâtre, en ivoire, en terre émaillée,
accompagnés parfois de l'aiguille en bois ou en bronze

qui servait à appliquer le collyre autour des yeux (nos 932,
933, 934). De petits coffrets de toilette sont ornés en
marqueterie ou en incrustations d'ivoire (no 935).
On remarque enfin, sur la tablette supérieure, une plaque
(no 936) en bois (haut. 0 m. 21 cent., larg. 0 m. 129
mill.) où l'on a évidé avec soin les formes d'un manche de
miroir et de deux petits godets. On y coulait de la cire sur
laquelle on établissait ensuite les moules qui servaient à la
fonte des objets en question.
VITRINE C.
Sandales en jonc tressé, d'un travail assez délicat.
Quelques-unes se terminent par la pointe recourbée que
nous verrons ailleurs sure divers dessins de la salle I
(nos 526, 529, 549).
ARMOIRES D-0.
Les armoires D et F contiennent du linge de la XIe dynastie,
appartenant à la dame Amonît, prêtresse d'Hathor,
dont nous verrons la momie sous le no 115. Les deux
pièces d'étoffe (no 842 et 842 bis), disposées à
droite et à
gauche de l'armoire F, appartiennent également à cette
prêtresse. La lingerie contenue dans les armoires E, G, H,
I, provient de la collection des prêtres d'Amon. L'armoire
B nous montre des étoffes ornées de jolies bordures
bleues aux dessins variés, de festons et de franges; l'armoire
G, des tissus d'une merveilleuse finesse (nos 843 et
843 bis) comparables à la plus belle batiste; l'armoire l,
une sorte de grande chemise ou vêtement cousu, avec des
ouvertures ménagées pour passer la tête et les bras (no 844).

Les chemises et les autres pièces de linge trouvées sur les
momies des prêtres d'Amon portaient souvent la marque
Paamanou, Temple d'Amon.
VITRINE P.
La vitrine P contient une collection de vases en pierre
dure, analogue à celle qu'on voit dans la vitrine S, au
côté sud de cette salle.
ARMOIRE Q.
Poteries rouges, blanches et noires, d'époques et de
provenances diverses.
ARMOIRE R.
Linge provenant de la momie de la dame Amonît, comme
celui qui est dans les armoires D et F.

PORTE QUI MÈNE A LA SALLE B.

Dans l'embrasure de la porte qui conduit de la salle A
à la salle B, deux armoires plates sont disposées, qui contiennent
la série des vases commencée dans la salle A.
ARMOIRE A.
Petits vases en albàtre, en granit et en autres matières
dures. Le vase en albâtre no 820 est une figure grotesque de
femme agenouillée, les mamelles pendantes, le ventre
gonflé, les bras collés au corps.
ARMOIRE B.

Vases en terre cuite d'époques et de provenances diverses.
Les plus intéressants sont modelés en forme d'animaux:
taureau debout, vache couchée et retournant la tête, en
terre rouge peinte en blanc, relevée de rouge et de noir:
sauterelle en terre rouge, dont le détail est indiqué fort
exactement à l'encre noire; oies ou canards; enfin, un
chameau portant deux vases à droite et à gauche. Plusieurs
vases représentent des figures grotesques d'hommes ou de
femmes, surtout des pleureuses qui lèvent la main à la
tète comme pour s'arracher les cheveux.

SALLE B.

La salle B contient le gros de la poterie en terre cuite,
simple ou émaillée ainsi que la vaisselle en pierre, en cuivre
et en bronze.
Cóté ouest de la Salle.
ARMOIRES A-B.
Effes contiennent de bons spécimens de poterie commune
sans distinction d'époques ni de localités: pots allongés et
ou ronds , vases communiquants , brùle-parfums
, supports , pichets à anse simple , ou double
, avec ou sans goulot, en terre blanche, rouge et noire.
ARMOIRE C.
Vases en bois, les uns évidés, les autres peints pour simuler
diverses espèces de pierre, surtout l'albàtre. Les nos 812.
812 bis, 813, 813 bis, 814, proviennent du tombeau de
Sannotmou (cfr. salon méridional, armoire A).
ARMOIRE D.

Chapeaux de boue compacte, dont on se servait pour sceller
les jarres qui renfermaient le vin. Dans la plupart des
cas, la terre demeurait nue; parfois, elle recevait une couche
de peinture noire ou un lait de chaux, sur lequel on traçait
un décor de fleurs peintes. Des inscriptions, imprimées
sur la terre molle encore au moyen d'un sceau en bois, et
relevées souvent de couleur jaune, donnaient l'indication du
liquide contenu dans le vase et de l'administration à laquelle
il appartenait: Vin du temple d'Amon ou Vin du temple
d'Atonou dans la Ville d'Atonou.
Pour boucher les cruches,
on employait des tampons formés de joncs roulés et liés en
disques plats, sur lesquels on appliquait ensuite la terre du
chapeau.
ARMOIRE E.
Vases et plateaux en albâtre, en granit, en diorite, etc.
Les vases de la forme servaient d'ordinaire à contenir les
parfums pâteux et les onguents parfumés, qu'on offrait aux
dieux et aux morts, et dont les vivants s'enduisaient le corps
ou se frottaient les cheveux; ceux de la forme contenaient
le kohol, c'est-à-dire les poudres noires, les unes à base de
charbon pulvérisé, les autres à base de cuivre on d'antimoine,
dont les hommes et les femmes se teignaient les
paupières et les sourcils.
Centre de la Salle.
VITRINE F.
Poteries de l'époque archaïque, provenant de la Haute-Égypte;
beaucoup d'entre elles sont ornées de dessins d'un
style barbare, représentant des animaux, des bateaux et

des hommes. La poterie bicolore, rouge et noire, se trouve
dans les tombeaux jusques aux débuts du premier empire
thébain, notamment à El-Khizâm et à Gébéléin.
VITRINE G.
Poteries de la XVIIIe à la XXe dynastie. Les nos 838 et
838 bis, décorés de couleurs encore fraîches, proviennent
du tombeau de Sannotmou (cfr. armoire C). Le grand
vase du centre est orné de dessins où l'on remarque un
oiseau pêcheur (no 839). Plus loin, sont des vases bleus de
diverses formes, et de petits pots avec des inscriptions en
écriture hiératique; l'un des plus curieux représente un
Bîsou femelle tirant la langue (no 837).
Côté est de la Salle.
ARMOIRE H.
Poteries analogues à celles qui remplissent les armoires
A et B, rangées sans distinction d'époque ni de provenances.
Au centre de la vitrine, un vase rond, peu profond, simule
un canard qui nage la tête droite et les ailes levées.
ARMOIRE I.
Pots et bouteilles en terre cuite émillée. Bouteilles de
nouvel an, avec des souhaits de prospérité (nos 834 et
834 bis). Vases pour contenir le fard (cfr. no 824 bis).
Coupe peinte, avec figures de poissons (no 835). Petite
bouteille verte de galbe élégant (no 836) et flacon blanc
de forme originale (no 836 bis). simulant un bracelet ou un
anneau. Pot blue, provenant des fouilles de M. Naville à

Toukh-el-Garmous, en 1887; la légende, en écriture hiératique,
annonce le don du vase à Isis, en faveur du bon
chef des Mashaouasha, Pouarma.
ARMOIRE J.
Ustensiles en bronze. On peut y noter le vase à goulot
(no 815) , souvent représenté sur les monuments de
l'ancien et du moyen empire; deux plateaux, provenant du
Fayoum (nos 816 et 816 bis); une passoire (no 817); un
plat creux à anses mobiles (no 818).
ARMOIRE K.
Vases en granit, en albâtre, en brèche. On distinguera,
parmi les grands vases, les nos 821, 822, 823, au centre
de la vitrine; puis un vase noir et blanc en brèche (no 824).
et un petit pot à collyre, contenant encore l'aiguille mousse
ou petit bâton qui servait à appliquer le fard autour des
yeux (no 824 bis).
Entre les armoires, on a disposés d'énormes jarres à
filtrer et à rafraîchir l'eau, identiques pour la forme aux zirs
de l'Égypte moderne. Les grands vases qu'on voit sur le
haut des armoires étaient destinés à contenir l'huile, le vin,
les grains, etc, toutes les provisions du ménage égyptien.

SALLE C.

La salle C contient la fin des objets civils et le commencement
des objets funéraires, surtout les amulettes.
VITRINE A.
La vitrine A renferme les dépôts de fondation trouvés
par Naville, à Deîr-el-Bahari, couteaux, haches et herminettes

en miniature, ciseaux, poinçons, etc., au nom de Thoutmosis
III, vases à parfums, modèle de bascule à soulever
les pierres. On y remarque également:
702 et 702 bis. — ALBÀTRE. — Haut. 0 m. 11 cent.
et 0 m. 10 cent. — Thèbes (Assassif).
Deux vases contenant du bitume et portant le cartouche
de Thoutmosis III. Ils ont été trouvés à Thèbes sur le
sol de la tombe d'un fonctionnaire nommé Ramà.
ARMOIRE B.
L'armoire B renferme des statuettes et des fragments de
statuettes d'époque diverse, surtout du deuxième empire
thébain:
723. — SERPENTINE. — Haut. 0 22 cent. — Eléphantine.
Statuette assise d'Ousori; sa mère porte le nom
d'Anoukît, la déesse des cataractes. — XIIIe dynastie.
724. — BASALTE GRIS. — Haut. 0 m. 10 cent. —
Sakkarah (Sérapéum).
Tête de statue d'un style soigné, mais un peu sec. d'époque
saïte. A comparer à la belle tête en calcaire de l'ancien
empire, no 725, provenant des grandes pyramides. —
XXVIe dynastie.
726. — BALSATE VERT. — Haut. 0 m. 37 cent. —
Don de M. le Comte Michel Tyszkiewicz.
Belle statue du temps du premier empire thébain.
ARMOIRE C.

727. — CALCAIRE JAUNE. — Haut. 0 m. 28 cent.
Statuette thébaine. Personnage debout, vêtu d'une longue
jupe à raies horizontales: les yeux sont relevés de noir. —
XIIIe dynastie.
728. — CALCAIRE. — Haut. 0 m. 31 cent. — Époque
saïte.
Personnage assis, les genoux relevés.
729. — CALCAIRE. — Haut. 0 m. 09 cent. — Sakkarah.
Tête provenant d'une statue brisée. Style un peu mou.
On y reconnaît cependant à première vue l'art des anciennes
dynasties.
730. — GRANIT NOIR. — Haut. 0 m. 21 cent. —
Abydos.
Personnage assis à l'orientale. Il est enveloppé d'une
robe à franges. Il s'appelait Khaîti, fils d'Hathor. — XIIe
dynastie.
731. — GRANIT NOIR. — Haut. 0 m. 40 cent. —
Abydos.
Statue du prêtre Anhouri, contemporain d'Aménôthès Il:
il est agenouillé et il tient à deux bras devant lui l'emblème
de sa dignité. Le cartouche prénom d'Aménôthès Il est
gravé sur la peau de panthère qui lui couvre l'épaule gauche.
— XVIIIe dynastie.
732. — CALCAIRE. — Haut. 0 m. 23 c. — Karnak.
La tête de cette statue d'un habitant de Thèbes a été
sculptée à la ressemblance du roi Séti Ier, souverain alors
régnant.
734. — CALCAIRE. — Haut. 0 m. 41 cent.
Statuette naophore, d'époque saïte; les chairs étaient
dorées, ainsi que l'image d'Osiris qu'on voit dans le naos.
735. — ALBÂTRE. — Haut. 0 m. 18 cent. — Eléphantine.
Statuette de la femme d'Ousori (v. le no 723, p. 181).
736. — CALCAIRE NOIR. — Haut. 0 m. 17 cent. —
Abydos.
Statuette accroupie de Kamhou, fils de la dame Paîtou. —
XIIIe dynastie.
737. — GRANIT NOIR. — Haut. 0 m. 10 cent. —
Abydos.
Personnage assis à l'orientale et enveloppé de la longue
chemise nouée par-devant. Ses mains sont étendues sur
ses cuisses: par exception la paume en est tournée en dehors
vers le spectateur. — XIIIe dynastie.
700. — ALBÂTRE. — Haut. moy. 0 m. 25 cent. —
Thèbes.
Quatre vases sans couvercles trouvés dans le même
coffre que la momie de la reine Ahhotpou. Ils contenaient

des matières animales embaumées, et faisaient office de
canopes. Pas d'inscription.
701. — BRONZE. — XXVe dynastie.
Gond de porte avec le nom de Éthiopien Piànkhi.
703. — STATUETTE EN BRONZE. — Une reine assise.
704. — BRONZE. — Haut. 0 m. 12 cent. — Sakkarah
(Sérapéum).
Une reine debout, vêtue de la chemise collante. Elle a
la perruque ronde à courts tuyaux. Deux longues plumes
lui servent de coiffure symbolique.
705. — CALCAIRE. — Haut. 0 m. 21 cent. —
Thèbes.
Fragment de figurine funéraire au nom de Ramsès III.
706. — BRONZE. — Haut. 0 m. 07 cent. — Don
de M. V. Maunier.
Statuette représentant Horus enfant, coiffé de la double
couronne du midi et du nord. Le socle porte quatre cartouches,
parmi lesquels celui d'Ahmôsis.
707.Grandes pyramides.
Deux captifs, un Syrien et un Éthiopien, sont liés dos
à dos. — XVIIIe-XXe dynasties.
708. — GRANIT ROSE. — Diam. 0 m. 25 cent. —
Tell-el-Amarna.
Fragment d'autel (?), au nom du Pharaon hérétique
Khouniatonou. — XVIIIe dynastie.
709 et 709 bis. — BRONZE.
Pentures de porte, ou pièces de serrures en bronze, aux
noms de Psammétique Il et d'Ahmasis. — XXVIe dynastie.
710. — TERRE ÉMAILLÉE BLEUE. — Haut. 0 m. 30 c.
Abydos.
Statuette funéraire du roi Ramsès IV. — XXe dynastie.
711. — CALCAIRE. — Haut. 0 m. 06 cent. —
Daphné.
Admirable tête de prisonnier asiatique. — XXVIe
dynastie.
712. — SCHISTE NOIR. — Haut. 0 m. 19 cent.
Fragment de statuette d'un personnage vêtu d'une robe
d'étoffe plissée. La tête est coiffée de l'uraeus. — XXe
dynastie.
713. — FELDSPATH VERT. — Haut. 0 m. 07 cent.,
long. 0 m. 12 cent., larg. 0 m. 048 mill.
Petit sphinx brisé aux cartouches d'Apriès. — XXVIe
dynastie.
718. — CALCAIRE. — Haut. 0 m. 43 cent.
Remarquable stèle de Nebouaou, hiérodule de Hakaît.
déesse à tête de grenouille, qui symbolisait l'état embryonnaire,

ou la transition entre la fin d'une existence et le
commencement d'une autre. Une colonne, dont le chapiteau
est une tête d'Hathor surmontée de deux plumes d'autruche,
divise la stèle par le milieu. Le roi Thoutmôsis III
est représenté deux fois à droite et à gauche de la colonne:
son image de droite et son image de gauche se tendent la
main, l'une est sa personne vivante, l'autre son double.
719. — CALCAIRE. — Haut. 0 m. 41 cent. —
Abydos.
Stèle gravée en l'honneur du roi Ramsès III et de son
père Setnakhîti, au nom de Marinatef, prêtre du roi Setnakhîti.
— XXe dynastie.
752. — JASPE ROUGE. — Hauteur 0 m. 03 cent. —
Karnak.
Belle tête de lion, avec les cartouches de la reine
Hatshepsouîtou. — XVIIIe dynastie.
ARMOIRE D.
Au centre de l'armoire se trouve un grand vase en calcaire
aux cartouches de Ménephtah. Les plus importants parmi les
autres objets sont:
688. — BALSATE VERT. — Long. 0 m. 15 cent.,
larg. 0 m. 12 cent.
Pieds et socle d'une statue représentant le roi Tahraka
(XXVe dynastie). Vingt-huit captifs enchaînés, quatorze
Asiatiques et quatorze nègres symbolisent autant de nations
ennemies et servent d'ornements au socle.
689. — ALBÂTRE. — Haut. 0 m. 31 cent.
Belle tête royale. — XIXe dynastie.
690. — CALCAIRE. — Hauteur 0 m. 52 cent. —
Thèbes (Assassif).
Stèle de Besmaout, prêtre du soleil, nél'an 18 de Psammétique
Ier (648 avant notre ère) et mort à l'âge de 99 ans,
c'est-à-dire sous la 23e année d'Ahmasis, 549 avant notre
ère.
691 et 691 bis. — CALCAIRE. — Tell-el-Amarna.
Stèles. Le scribe royal Anoui se rend sur son char chez
le roi, où il sera le bienvenu (691). Le même, assis sur
un sièe pliant, reçoit des offrandes funéraires (691 bis).
— XVIIIe dynastie.
692. — TERRE ÉMAILLÉE BLEUE. — Haut. 0 m. 28
cent. — Thèbes.
Casque royal. — XXe dynastie.
692 bis. — ALBÂTRE. — Haut. 0 m. 14 cent. —
Karnak.
Fragment de vase sur lequel on lit la légende d'un roi
dont le prénom était Manakhpirrî, et dont le nom, martelé
avec soin, devait peut-être se lire Râmeni. Ce roi, qui ne
régna que sur la Thébaïde, vivait à la fin de la XXVe ou
au commencement de la XXVIe dynastie.
693. — CALCAIRE. — Haut. 0 m. 25 cent.
Gournah.
Fragment de bas-relief, avec la figure d'Aménôthès ler.
— XXe dynastie.
694. — PORCELAINE BLEUE. — Haut. 0 m. 30 cent.
Memphis.
Sistre, avecle cartouche de Darius. — XXVIIe dynastie.
695 et 695 bis. — Pierres avec inscriptions, vases votifs,
amulettes d'époque saïte (no 695) et d'époque ptolémaïque
(no 695 bis), trouvés par M. Petrie dans les fondations des
édifices de Naucratis et de Tanis.
696. — BRONZE. — Haut. 0 m. 10 cent. — Sérapéum
de Memphis.
Égide surmontée d'une tête finement sculptée du roi
Ahmasis. — XXVIe dynastie.
697. — CALCAIRE. — Haut. 0 m. 11 cent., long.
0 m. 173 mill.
Personnage allongé écrasant le grain. Le nom est Aménôthès.
— XIXe dynastie.
698. — CALCAIRE. — Haut. 0 m. 60 cent. —
Thèbes (Médinet-Habou).
Cette jolie statue, au profil si pur, qui rappelle les plus
beaux portraits de Séti Ier au temple d'Abydos, représente
Amon debout, la face peinte en bleu, ou plutôt repré-

sente le souverain à qui elle est due en Amon. L'époque
de son érection est inconnue. Sur la ceinture, on lit, tracée
en rouge, la légende d'Aménôthès Ier. La figure en pied de
la royale épouse qui l'aime, Ahmasi Nofritari, femme d'Ahmasis,
prédécesseur d'Aménôthè, occupe un des côtétés du
pilier qui sert d'appui au monument. Le derrière de ce même
pilier est gravé au nom de Séti. — Si la base n'avait
pas été détruite, nous y verrions, sans doute, les cartouches
d'Ahmôsis, qui deviendrait le fondateur du monument
— XVIIIe dynastie.
1368. — BASALTE NOIR. — Haut. 0 m. 18 cent.
Petite tête royale paraissant offrir les traits d'Amenemhait
Ill; cfr. la belle statue exposée dans la salle H du rezde-chaussée. — XIIe dynastie.
VVITRINE E.
Cette vitrine contient, sous le no 1394, une série d'objets
provenant des dépôts de fondation de Deîr-el-Bahari, aux
noms de Thoutmosis Il, de Thoutmosis III et de la reine
Ilatshepsouîtou, herminettes, ciseaux, house, vases, et le
modèle de bascule en bois destiné à soulever les blocs de
pierre. — XVIIIe dynastie.
VITRINE F.
La vitrine F contient une série d'amulettes en pâtes de
verre de couleurs diverses qu'on coulait dans des moules
en terre, du genre de ceux qu'on rencontre dans les vitrines
G, H, l, et dont le sens et la significantion seront définis
par la suite. Ils ont été rassemblés ici comme spécimens

de la verrerie à cette dernière époque de la civilisation
païenne de l'Égypte. Ils proviennent pour la plupart de
Memphis et du Fayoum.
VITRINE OCTOGONALE G.
La vitrine octogonale du centre, contient, dans ses huit
compartiments, la suite des amulettes dont on équipait les
momies aux époques saïte et grecque.
A. — Dans le haut, les deux doigts humains allongés,
en obsidienne, en jayet ou en verre noir: ils servaient à
écarter le mauvais aeil, puis à ouvrir la bouche de la momie
pour la préparer à accomplir ses fonctions. Au-dessous,
les mains fermées ou ouvertes, tout en écartant le mauvais
aeil, prêtaient au mort le pouvair de saisir et de garder ce
dont il avait besoin. Par le pied, il marchait; par la rénnion
sur les deux corbeilles des deux emblèmes du vautour et
de l'uraeus, il avait tout pouvoir sur les régions du Sud et
du Nord. Ce pouvoir lui était confirmé par la possession
des deux amulettes représentant les deux couronnes de
l'Égypte, la rouge et la blanche ; grâce à elles, il
était identifié aux rois de la Haute et de la Basse-Égypte,
il montait avec eux dans la barque solaire, selon un chapitre
du Livre des Morts, et il parcourait le monde sans danger.
Les petites tables d'offrandes lui permettaient de se réciter
à lui-même la formule du Souton di Hotpou, et de s'assurer
la réalité des offrandes qui étaient figurées ou censées figurer
sur le plat de la table. Enfin, le baeuf du sacrifice, les
quatre pattes liées, la tête coupée, lui fournissait éternellement
la viande du baeuf réel.
B. — Dès une époque très ancienne, avant même l'avèement
de la Ire dynastie, les habitants de l'Égypte employaient

comme ornement des coquilles d'espèces diverses
de préférence des Cyprea: ils les perçcaient, pour en faire
des colliers ou des bracelets, qu'ils déposaient dans la tombe,
avec la momie de la personne qui s'en était parée pendant
la vie. Les plus gros de ces coquillages, pendus sur le
devant du jupon en lanières de cuir, dénotent aujourd'hui
encore, chez certaines peuplades de la Nubie, la jeune fille
nubile: peut-être en était-il de même autrefois, et le coquillage
30388 a-t-il servi à un usage analogue dans l'ancienne
Égypte. Par la suite des temps, on imita ces coquilles
en faïence bleue ou verte, et on leur attacha une signification
mystique, mais nous l'ignorons encore: nous constatons
seulement que ce genre d'amulette est fréquent dans la
nécropole d'Abydos. Des coquilles d'huîtres portant le cartouche
d'Oursirtasen Ier ne sont pas d'une authenticité
absolue. — Enfin, les amandes ou olives en cornaline, en
verre ou en émail verdâtre, sont destinées, comme l'indique
la légende de certains d'entre elles, à donner la lumière au
défunt par la protection d'Isis et d'Osiris. Le no 3804 porte
le cartouche prénom d'Aménôthès Ill, et montre ce souverain
perçant un lion de sa lance devant un personnage
agenouillé qui implore son appui.
C. — Collection d'amulettes fabriqués au repoussé sur
des lamelles d'or, et qu'on logeait dans l'épaisseur du maillet
des momies aux époques saïte et grecque, l'âme, le
serpent , le vautour , la déesse Hathor, tout cela
selon les prescriptions des chapitres du Livre des Morts,
où les propriétés de ces emblèmes sont défines. — Les
plaquettes en terre émaillée verte ou bleue servaient aux
vivants comme aux morts, et rangeaient le porteur sous la
sauvegarde des divinités qui y sont figurées: on remarquera
surtout le serpent à jambes et à bras d'homme, qui a pour

fonctions de fournir à l'alimentation et qui donne l'abondance
de ses provisions aux âmes. — La chapelle de Phtah
et celle d'Hapi ou d'Hathor sont une garantie de la
bienveillance de Phtah, d'Hapi ou d'Hathor pour le porteur;
le naos couronné de sa corniche d'uraeus a un rôle analogue
vis-à-vis de la divinité dont il contient ou dont il est
censé contenir l'image. — Enfin le pectoral, avec le scarabée
isolé ou dressé sur la barque solaire, concédait au mort
la faculté de pénétrer dans cette barque et d'y adorer le
soleil levant, ainsi qu'il est prescrit au chapitre afférent du
Livre des Morts.
D. — Le nom était une partie essentielle de la personnalité
des hommes et des choses: rien n'existait qui n'avait
pas reçu son nom, et qui perdait son nom perdait sa personnalité
et son indépendance. Les dieux eux-mêmes étaient
soumis à la fatalité du nom: lorsqu'on les invoquait par
leurs noms réels, dans les conditions requises, ils devaient
obéir à la volonté de celui qui les appelait. L'amulette en
forme de cartouche , le plus souvent de lapis-lazuli
avait ce double effeet d'assurer au mort la possession de son
nom, et de lui faire connaître le nom des dieux qu'il souhaitait
appeler: on ne le remplissait pas en général, afin d'éviter
qu'un sorcier ou un ennemi ne vînt ainsi à savoir le nom
de la momie et ne l'employât à ses fins mauvaises. — Les
plaques inscrites à des noms de rois ou de particuliers ne
sont pas des amulettes, non plus que les cylindres en émail.
mais les unes appartenaient à des colliers, les autres servaient
de cachet à ceux qui les portaient. L'usage des cylindres
remonte aux époque primitives de l'Égypte, et peut-être
est-il dû à une influence asiatique. On trouve encore des
cylindres royaux sous l'empire Memphite, entre autres celui
de Nofiririkarî, dont la légende est presque entiérement

effacée; la mode en reparaît un moment sous la XIIe dynastie,
surtout avec Amenemhaît III, puis elle cesse bientôt.
E. — Pectoraux provenant pour la plupart des momies
des prêtres d'Amon trouvées à Deîr-el-Bahari. Ce ne sont
pour la plupart que des variantes de l'amulette décrit dans
la notice du compartiment C. Quelques-uns pourtant sont dignes
d'être notés, ainsi le no 26711, découvert à Abousir en
1889, et qui montre Anubis, à tête de chacal, debout devant
Osiris-momie. Les personnages et les motifs du décor sont
formés de pâtes de verre, ou de lamelles de pierre découpées
et ajustées sur un fond de bois; un petit scarabée, au nom
de Phtah le Juste, est incrusté au-dessus de la scène.
F. — Le compartiment F est consacré presque tout
entier aux amulettes qui dépendent de la déesse Hathor et
du dieu Bisou, qui lui est souvent associé.
Dans le haut, est exposé un instrument en bronze découpé
(no 762), qui appartient à l'objeet appelé monaît par les
Égyptiens. Comme on pense d'ordinaire que la monaît est
un collier, on dit que notre object est le contrepoids de ce
collier; mais les Égyptiens rangeaient la monait à côté du
sistre, par conséquent parmi les objets qu'on agitait, ainsi
qu'on faisait du sistre. De fait, la monaît était une sorte de
fouet, avec lequel on battait l'air pendant les cérémonies qui
affectaient un caractère religieux, une audience royale ou
une procession aussi bien qu'un sacrifice, afin d'écarter les
mauvais esprits dont la présence invisible aurait pu compromettre
le bon effet des rites. Elle complétait donc par là
l'effet du sistre. Ce qu'on appelle le contrepoids du collier
n'est que le manche de cette sorte de fouet. Cet amulette
en émail bleu et vert paraît avoir eu la vogue sous la XXVIe
dvanastie, et nous en possédons des spécimens aux noms

de Néchao Il et d'Ahmasis. — Les têtes d'Hathor étaient un
véritable porte-bonheur; Hathor étant la destinée, qui
portait sa tête se la rendait favorable et jouissait d'un heureux
destin. — Enfin, Bisou, le dieu nain venu du Pouanît,
protégeait le sommeil des vivants et des morts contre
les animaux dangereux et les esprits mauvais.
G. — Le compartiment G renferme des amulettes en
forme d'animaux: l'oie consacrée, à Sibou et à Amon:
l'épervier consacré aux deux Horus; l'uraeus, qui est la déesse
de la flamme solaire comme de la flamme terrestre; la grenouille
de Bastît et de Hakaît, symbole de durée et de
rénovation, qui, chez les Égyptiens chrétiens des premiers
temps, marqua la résurrection; les poissons latus, oxyrrhynque
et autres, adorés à Esnéh et dans Bahnésa: le crocodile
de Sovkou, et l'hippopotame de Set-Typhon.
H. — La série des animaux s'achève dans le comparti-H,
par les hérissons consacrés à Râ et à Bisou; la chatte de
Bastît, le chien d'Anubis et d'Ouapouaîtou, le taureau Hapis:
les béliers couchés d'Amon, de Khnoumou et d'Harshafìtou;
les lions de Shou et de Tafnouît; les singes de Thot:
la truie de Thouéris; le lièvre d'Osiris. Un emblème spécial,
formé de deux avant-corps de lion supportant le disque
solaire est attribué tantôt à Shou-Tafnouit, tantôt à
Khonsou.
Au centre de la vitrine, sur un socle isolé, est placée la
statuette:
791. — GRANIT GRIS. — Haut. 0 m. 65 cent. —
Karnak.
Le deuxième prophète d'Amon, Harnakhîti, est accroupi
les bras croisés sur un naos portatif qu'il tient entre ses

jambes, et qui renferme la tête de bélier surmontée du disque
solaire, emblème de son dieu. — XIXe dynastie.
VITRINE H.
Suite des amulettes qu'on déposait sur le cadavre aux
époques saïte et ptolémaïque:
I. — Dans le haut du compartiment, le petit vase à deux
oreillettes représentait le caeur, tantôt simple , tantôt
surmonté d'une tête humaine. Il était destiné à remplacer
le caeur de chair que l'embaumement avait ravi au défunt;
un chapitre du Rituel, le trentième, récité sur cet amulette,
empêchait le caeur de se lever en face de son ancien maître
le jour du jugement, et de porter contre lui un témoignage
défavorable. Le bas de la vitrine est occupé par le
naeud de ceinture ou Taît, qui met le mort sous la protection
d'Isis par la vertu du sang de cette déesse (chap. CLVI
du Livre des Morts); le double naeud est un équivalent du
caeur, comme le prouvent les inscriptions qu'on y lit, et
il procure au mort les mêmes avantages que l'amulette
cordiforme .
J. — L'amulette nommé Dadou, Doudou, , représente
les quatre colonnes qui supportaient les quatre angles du
ciel, mais vues l'une derrière l'autre, de telle sorte que
leurs chapiteaux se superposent et simulent un autel à
quatre tablettes. C'est l'emblème de la stabilité éternelle,
à laquelle le défunt avait droit; c'est aussi l'emblème d'Osiris,
seigneur de Mendès, avec qui le défunt était indentifié.
Le chapitre CLV du Livre des Morts opérait la consécration
de cet amulette.
K. — Amulettes de valeurs diverses: la croix ansée, ,

sorte de naeud de corde qui symbolisait la vie de l'homme
et des dieux; la combinaison en un seul amulette des signes
la vie, la stabilité, la richesse; les niveaux de maçon
et les équerres , qui valaient au mort l'équilibre de
ses facultés; le soleil à l'horizon

, Khouît, grâce auquel il
pouvait circuler dans l'horizon avec et comme le soleil; les
sceaux carrés, qui portent pour lui des souhaits de bonne
année; le Samou , au moyen duquel il se réunit aux
dieux; la Mânakhît, ou gros gland qui décorait l'attache du
collier par derrière la tête, et, par suite, confirmait au mort la
possession du collier ouoskhou , dont il avait besoin pour
sa sécurité dans l'autre monde.
L. — On y a rangé les demi-serpents qui, lancés comme
le boumerang dont ils étaient une forme, fournissaient
une arme au mort contre ses ennemis pendant ses voyages
au delà du tombeau; ils le protégeaient également contre
la piqûre des serpents et des scorpions. A côté des demiserpents,
on voit les doubles plumes d'autruche , et le
posch-kefaou, qui se confondent souvent: par la double
plume
, le mort obtenait le droit de parcourir, de couper (ten)
comme disaient les Égyptiens, le ciel en deux à l'imitation
du soleil; avec le posch-kefaou, il s'ouvrait la bouche, le nez.
les yeux, les oreilles, afin de pouvoir respirer, manger, parler,
voir, entendre, remplir toutes les fonctions de la vie.
Enfin, les quatre yeux ou ouzaît rassemblés lui octroyaient
la faculté de voir dans les quatre maisons du monde el
d'y être en sûreté, tandis que les yeux multipliés au dela
de quatre le rendaient capable de tout voir comme Osiris,
dont le nom était rendu par calembour le dieu “aux yeux
multiples” (Osh-iri pour Osiri), et avec qui on l'identifiait.
M. — L'aeil mystique ouzaît, représente l'aeil enduit
de kohol et en bon état: il était l'emblème des deux yeux
d'Horus, le soleil et la lune, et il garantissait au mort la
protection et les vertus de ces deux divinités.
N. — Dans le haut de la vitrine, sont rangés les chevets
en hématite, dont on gratifiait le mort au lieu des chevets
en bois, pour qu'il eût dans son tombeau un sommeil
paisible, protégé contre les attaques des ennemis par la
puissance des génies qui sont attachés à cet amulette et
qu'on voit représentés sur les chevets en bois. Le reste de la
vitrine est rempli par de bons exemplaires de la colonnette
verte , chap. CLIX du Livre des Morts, qui donne au mort
une verdeur et une fraîcheur éternelle.
VITRINE I.
La vitrine I contient, à côté d'un certain nombre d'amulettes
en pâte émaillée bleue, et d'instruments votifs en
cuivre ou en bronze, herminettes, ciseaux, hachettes, provenant
des dépôts découverts par M. Petrie dans les fondations
de plusieurs temples de la rive gauche de Thèbes
(no 1395), les feuilles d'or originaires de Tanis et gravées
au nom du roi Siamanou Méiamoun de la XXIe dynastie
(no 741), enfin des vases en albâtre au nom du roi Téti
de la VIe dynastie et enlevés à la pyramide de ce souverain.
ARMOIRES J-K.
Les deux armoires J et K renferment le commencement
de la série des vases canopes de diverses époques. On peut
noter dans l'armoire K les nos 672 et 672 bis, provenant
de Meïr, le dernier n'étant qu'un bloc massif, non évidé.

simulant un canope (XIIIe dynastie); le no 673 (XIXe dynastie),
et quatre vases bleus émaillés d'époque ptolémaïque
(nos 674, 675, 676 et 677). Il y a dans l'armoire J, sous
les nos 678 et 679, de beaux vases canopes d'époque saïte,
en albâtre oriental, et sous les nos 680 et 689 bis de jolis
coffrets provenant d'Akhmîm.
VITRINE L.
746. — Brique votive au nom de Ramsès Il.
Dans la même vitrine, nombreuses tablettes en terre
bleue émaillée, avec les cartouches du roi Psioukhànou
Méiamoun, de la XXIe dynastie; elles ont été trouvées sous
le dallage du grand temple de Tanis.

PORTE QUI MÉNE À LA SALLE D.

Les deux armoires qui sont placées dans l'embrasure de
la porte qui ouvre sur la salle C, contiennent de nombreuses
statuettes funéraires, de diverses provenances, la plupart
de l'époque saïte. On nommait ces statuettes Oushbatiou ou
Shabtaiou, les Répondants, à cause de la fonction qu'elles remplissaient
dans l'autre monde: elles devaient répondre à l'appel
du nom du défunt, et se présenter à sa place pour exécuter
les corvées qu'Osiris avait le droit d'exiger de lui. Les formules
diverses qu'on lit sur leur corps ne laissent subsister
aucun doute à cet égard: “Je suis X, le serviteur de l'Hadès”,
ou: “Je suis X, le serviteur d'Osiris”. La plupart s'adressent
aux statuettes elles-mêmes, et les conjurent de venir fidèlement
en aide du défunt: “O Répondant d'Ahmôsis! Si
Ahmôsis est appelé pour travailler dans l'Hadès, crie:” Me
voici!” Cette idée développée avait fini par devenir une
oraison assez longue, qui est le chap. VI du Livre des Morts,

et qu'on gravait fort souvent tout entière sur les statuettes:
“O ces Répondants! si l'on appelle, si l'on dénombre le
nomarque Phtahmôsis, pour qu'il fasse tous les travaux
qu'il y a à faire dans l'autre monde — lui qui a combattu
l'ennemi, — comme un homme qui doit la corvée, pour
ensemencer les champs, pour remplir les canaux, pour
transporter les grains de l'est à l'ouest: “C'est moi, me
voici!” exclamez-vous, et puisses-tu être appelé à toute
heure, au cours de chaque jour”.
Pour rendre leur service plus efficace, on les déposait en
très grand nombre, par milliers même, avec les momies.
Tantôt elles sont jetées au hasard dans le sarcophage, tantôt
on les a rangées debout contre le sarcophage ou répandues
sur le sable de la chambre. On les entassait souvent dans
des boîtes spéciales, grandes ou petites. Elles sont en toutes
matières, mais les plus vieilles, celles qui sont antérieures
à la XVIIIe dynastie, sont plutôt en bois, en granit, en
calcaire ou en albâtre. Sous la XVIIIe dynastie, la terre cuite,
vètue d'un émail bleu, commence à paraître, et sous la
XXVIe, la pierre et la terre émaillée vertel l'emportent, à l'exclusion
du reste. Au début, les statuettes funéraires ne sont
qu'une dégénérescence des statues en calcaire qui servent
de support au double; aussi leur prête-t-on l'aspect et le
costume de l'homme vivant, plus rarement le costume et
l'aspect de la momie. Il arrive alors qu'afin de mieux marquer
leur identité avec l'individu à qui elles étaient consacrées,
on les représente serrant sur la poitrine l'épervier à
tète humaine, symbole de l'âme: on facilitait ainsi, par
leur entremise, la réunion de l'âme au corps. Plus tard,
l'idée de leur qualité de remplaçants du mort détermina
de plus en plus la forme de leur costume: on leur mit à
la main la pioche pour travailler la terre, ou le sac à grains
pour ensemencer, parfois un vase à libations ou une croix

ansée, signe de la vie. Aux dernières époques, leur identification
avec le mort est si complète qu'elles ne sont
plus que des momies de petite taille. La plupart d'entre
elles portent alors la simple mention: “Illumination de
l'Osiris un tel”. qui assure à leur maître la faculté de
vivre et d'agir à la lumière du soleil comme pendant la vie.

CHAMBRE D.

La plupart des objets exposés dans la chambre D apparliennent
au mobilier funéraire, à celui surtout qu'on recueille
dans les tombeaux du second empire thébain et des époques
postérieures, statuettes, coffrets, figures osiriennes, bateaux,
plus des cartonnages de momies saïles ou ptolémaïques et
des momies d'animaux.
Partie méridionale de la Salle.
ARMOIRE A.
Barques funéraires avec leur équipage de matelots et les
personnages qui suivaient le convoi du mort. Elles proviennent
de Meïr, et elles appartiennent à la XIIe dynastic.
ARMOIRE B.
Statuette osirienne debout sur un pavois ou brancard
(no 787), découverte dans les fouilles de M. Petrie. au
Fayoum. Coffrets funéraires du prêtre d'Amon Pakhali (ne
788 et 788 bis); la vache Hathor y est représentée sortant
de la montagne (no 788 bis).
Au centre de l'armoire:
789. — TERRE CUITE. — Haut. 0 m. 40 cent.,
diam. 0 m. 35 cent. — Abydos.
Petit naos trouvé dans le sable, à Abydos; sur un des
côtés, une porte quadrangulaire avec corniche, surmontée
d'une rangée d'uraeus. D'un montant de la porte à l'autre
s'étendent des tableaux qui font le tour à l'extéieur de
l'édicule: ils représentent Osiris recevant l'hommage d'une
famille d'Abydos. — XXe dynastie.
ARMOIRE C.
L'armoire C est remplie des figurines funéraires des
prètres d'Amon.
ARMOIRE D.
Petites rames et barques avec leur équipage. Les barques
du moyen empire (no3 780, 781, 782, 783 et 784) ont été
découvertes à Meïr pendant l'été de 1892.
ARMOIRE E.
Le masque de momie (no 810) provient des fouilles de Meïr
(moyen empire). Les petits cercueils sont la plupart en
bois. mais le plus remarquable est en terre cuite, de forme
ovale; le défunt y est représenté appuyant la tête sur
un bord, les pieds sur le bord opposé, et se soulevant
avec les bras comme pour se hisser hors du tombeau (no 811).
Tout au bas de l'armoire, divers vases d'offrandes en
miniature, et la représentation d'un troupeau de baeufs
en bois stuqué et peint ont été trouvés dans une tombe du

premier empire thébain. C'est comme le support matériel
des troupeaux que l'ou assignait au mort pour sa nourriture.
D'ordinaire on se bornait à les représenter, sculptés
ou peints, sur la muraille: les habitants de la Moyenne-Égypte,
contemporains du premier empire thébain, qui
avaient une tendance à rendre en groupes isolés tout ce
que leurs prédécesseurs et leurs successeurs mirent à plat
sur les bas-reliefs funéraires, enfermèrent souvent des représentations
de ce genre dans les hypogées des gens riches.
ARMOIRE F.
Petites tables d'offrandes en terre cuite (no3 775 et
775 bis), provenant de Rizagat, près d'Erment, dans la
Haute-Égypte: le travail en est grossier, et la comparaison
avec les luxueuses tables en albâtre et en granit que nous
avons vues dans les salles du rez-de-chaussée montrera les
différences qu'il y avait, aux mêmes époques, entre la civilisation
des différentes parties de l'Égypte. Les objets d'offrandes
de l'ancien empire proviennent du voisinage des
Pyramides, pains coniques (no 776), vases de fruits et
de grains (no 777), pièces de viande (no 778) représentées
en calcaire, ainsi que les statuettes en bois de porteurs et
de porteuses (no3 779 et 779 bis).
ARMOIRE G.
Contient, comme les armoires de la porte, des Répondants
en émail bleu, qui proviennent de la cachette des prêtres
d'Amon à Deîr-el-Bahari. — XXIe et XXIIe dynasties.
ARMOIRE H.
Contient surtout des coffrets destinés à renfermer les
statuettes funéraires, et quelques-unes de ces grandes

figurines osiriennes en bois peint et doré où l'on mettait
les papyrus destinés au mort, exemplaires du Livre des
Morts
ou du Livre de l'Hadès.
722. — GRÈS PEINT. — Haut. 0 m. 39 cent. —
Gournah.
Tête royale, coiffée du casque dont nous avons vu un
exemplaire sous le no 692, p. 187.
720. — GRANIT NOIR. — Haut. 0 m. 55 cent. —
Thèbes.
Fragment d'une statue appuyée contre un autel (?)
gravé au nom d'Aménôthès III. — XVIIIe dynastie.
ARMOIRE I.
Répondants, pour la plupart en émail bleu, et provenant
de la cachette des prêtres d'Amon à Deîr-el-Bahari.
Partie septentrionale de la Salle.
ARMOIRE J.
Figures funéraires ou Répondants de matières, d'époques
et de provenances diverses.
ARMOIRE K.
Momies d'oiseaux provenant pour la plupart d'Abydos
et de Sakkarah, ibis (no 793), éperviers (no 798): momies
de gazelles ou de chèvres provenant de Kom-mereh, au sud
d'Esnéh. On voit, au milieu de l'armoire, un tout petit
crocodile embaumé (no 796).
ARMOIRE L.

Figurines funéraires de diverses époques.
ARMOIRE M.
Momies d'animaux avec leurs cercueils. Les cinq jarres
en terre cuite, peintes de couleurs vives et surmontées d'un
couvercle en forme de tête d'épervier, proviennent de la
Chounét ez-Zébib d'Abydos, et contiennent des momies d'ibis
(no 800). On reconnaîtra aisément à leurs formes les cercueils
qui contiennent des momies de singe (no 806) et de chat
(no 807). Le petit coffret en pierre, dont le couvercle est
surmonté d'un scarabée, renferme une momie de scarabée
provenant de Sakkarah (nos 808 et 808 bis.). Momie de
chacal (no 809).
ARMOIRE N.
Cartonnages de l'époque gréco-romaine, représentant
l'équipement complet d'une momie, du masque qui couvre
la tête aux sandales qui protègent les pieds.
ARMOIRE O.
Coffrets à figurines funéraires. On peut signaler, sur la
tablette inférieure, les nos 791 et 791 bis, provenant du
tombeau de Sannotmou; sur la tablette supérieure, des
coffrets surmontés d'obélisques (nos 792 et 792 bis) et
de petits obélisques en bois (nos 793 et 793 bis), provenant
des fouilles de M. Petrie.
ARMOIRE P.

Figurines de matières et de provenances diverses; comme
partout ailleurs. les figurines en émail bleu sont originaires
de Thèbes et ont appartenu aux preêtres d'Amon.
ARMOIRE Q.
Momies de chien (no 802), de veau (no 803), de bouc
(no 804), de chèvre (no 805) et de chats, quelques-unes
avec la face dorée; masques en carton provenant de momies
de chiens ou de chacals.
ARMOIRE R.
Statuettes en bois de la XIIe dynastie, représentant les
serviteurs du mort; statuettes funéraires en bois; âmes en
bois et en pâte dorée de basse époque.
Milieu de la Salle.
VITRINE S.
790. — BOIS. — Long. 0 m. 55 cent. — Meir.
Barque à voile du moyen empire, provenant des fouilles
exécutées pendant l'été de 1892. Spécimen probablement
unique.
CAGE T.
La cage T contient une série de ces statues d'Osiris où l'on
enfermait des papyrus funéraires. On voit souvent des
éperviers accroupis devant elles; au no 681, l'épervier

est posé sur le couvercle d'un sarcophage, dont les quatre
angles supportent quatre autres éperviers plus petits. La
plupart des statuettes exposées dans cette vitrine sont
originaires d'Akhmîm pour la plupart et d'époque ptolémaïque
(no 681). Les coffrets à figurines funéraires
appartiennent à la collection des prêtres d'Amon. On
peut citer le coffret no 785, au nom du prêtre officiant
Paifaza.
VITRINE U.
Matériel funéraire extrait des tombes de Berchéh, de la
XIe et de la XIIe dynastie: table d'offrandes en forme d'auge,
où sont représentés en relief des aliments peints de leurs
couleurs naturelles; troupeau de baeufs (cfr. armoire D,
p. 201), volailles en pâte et en bois peints; vases à libation
en émail bleu et vert, miroirs, palette de scribe, petits porteurs
d'offrandes, simulacres de boucliers; modèle en relief
d'un grenier, où l'on voit des ouvriers mesurant le blé au
boisseau puis allant le verser dans les magasins, en présence
d'un scribe enregistreur, du défunt Sépa, et de son intendant:
bateaux représentant le convoi funéraire qui emporte le
mort de sa ville à son tombeau, puis de son tombeau dans
l'autre monde.
VITRINE V.
Séries de cônes funéraires en terre cuite rouge: peutètre
ce sont des offrandes fictives, simulant des pains de
forme conique. Ils sont estampés au nom du défunt, sans
doute pour lui parvenir plus sûrement dans l'autre monde.
On n'a jusqu'à présent découvert de cônes funéraires qu'à
Thèbes: les plus anciens sont de la XIe dynastie, les plus
modernes de la XXVIe.
VITRINE W.

Modèles de barques analogues à celles qu'on voit dans
les vitrines Q et S de cette salle D, et simulant le convoi
du défunt: l'on remarquera la ressemblance que plusieurs
d'entre elles présentent avec les sampans en usage aujourd'hui
dans l'Extrême-Orient, chez les Annamites et chez
les Chinois.
Dans l'embrasure de la porte qui conduit à la galerie est
de l'atrium vitré, on remarque:
801. — BOIS. — Haut. 1 m. 15 cent. — Akhmìm.
Cercueil d'enfant, avec tête d'épervier coiffée de la couronne
du midi et du nord.
699. — GRANIT GRIS. — Haut. 0 m. 19 cent., long.
0 m. 80 cent., larg. 0 m. 34 cent. — Mèdinet-Habou.
Socle d'une statue, supporté par deux figures de rois
vaincus, le chef de Koush (Éthiopie) et le chef de Naharaina
(Syrie du nord). Les côtés du socle sont ornés de figures
d'oiseaux fantastiques. — XVIIIe dynastie.
Dans la portion de la galerie qui correspond à la salle D,
on a plaqué contre le mur est quelques cadres renfermanl
la suite des toiles exposées dans la salle A (v. p. 172).

SALLE E.

La salle E contient la fin de la série des statuettes funéraires
et la série presque complète des vases canopes.
Partie méridionale de la Salle.

ARMOIRE A.
Statuettes funéraires en bois, en granit, en albâtre, en
terre cuite, émaillée ou non (XIIIe-XXIe dynastie). Les plus
anciennes de ces statuettes sont en bois ou en calcaire:
l'émail n'apparaît qu'à partir de la XVIIIe dynastie. Quelquesunes
sont en costume civil, surtout sous la XVIIIe dynastie.
la plupart ont la forme ordinaire de momie. On peut noter
encore le no 657 (XIIIe dynastie), et le no 658 (XVIIIe dynastie);
l'âme, sous la forme d'un oiseau à tête humaine,
vient se poser sur la poitrine du défunt, pour ranimer son
caeur.
639. — CALCAIRE. — Haut. 0 m. 50 cent., larg.
0 m. 30 cent. — Abydos.
Au fond de chaque temple, il y avait une chapelle
monolithe semblable pour la forme, sinon pour les dimensions,
au no 639; c'était là qu'était censé résider le dieu
du temple, et on y renfermait soit l'emblème de ce dieu.
soit l'animal vivant qui lui était consacré.
L'usage voulait qu'on plaçât parfois des naos de ce genre
dans les tombeaux. Celui-ci avait une statue, aujourd'hui
perdue, du mort auquel il était destiné, Iouf, fils de Sonît.
Il est décoré à l'extérieur de deux scènes d'adoration, dont
l'une occupe deux faces et l'autre une seule; la famille et
les amis, conduits par la dame Sazît, défilent devant Iouf
et lui font l'offrande. — XIIIe dynastie.
ARMOIRE B.
Statuettes funéraires en bois, granit, albàtre, terre cuite
peinte ou peinte et émaillée (XIIIe-XXIe dynasties). On peut

noter les nos 652 (XIIIe dynastie), 653 et 654 (XVIIIe dynastie),
655 et 656 (XIXe dynastie); ces dernières sont
en costume civil.
ARMOIRES C-D.
La série des canopes commence dans ces deux armoires
C-D. On appelait de ce nom les vases en calcaire et en
albâtre qui recevaient les viscères du défunt, retirés du
corps pour l'embaumement, et confiés aux soins de quatre
génies funéraires, fils d'Horus ou d'Osiris. L'estomac,
renfermé dans le premier vase canope, était veillé par
Amsìt, génie à tête humaine. Dans le second vase. les intestins
étaient sous la garde de Hapi, génie à tête de cynocéphale.
Dans le troisième vase, Tioumaoutf, génie à tête de
chacal, défendait les poumons. Enfin le foie était placé dans
le quatrième vase, sous la protection de Kabhsnêouf, génie
à tête d'épervier.
Les deux armoires C-D renferment des canopes de la
XIIe et de la XIIIe dynastie, provenant des pyramides
royales de Licht et de Dahchour. L'armoire C contient, en
outre. des boìtes d'albàtre en forme d'oies creusées, trouvées
dans la pyramide de Licht, et où l'on avait déposé des
oies momifiées comme offrandes au roi Ousirtasen; plus,
deux coffrets en bois, renfermant chacun une collection de
vases en albàtre qui contenaient les essences et les huiles
canoniques. Dans l'armoire D on notera des queues d'aronde
au nom d'Ousirtasen Ier, et une charmante statuette
représentant un petit personnage debout (XIIe dynastie).
ARMOIRE E.
Figurines funéraires de diverses époques. Au centre,
jolies statuettes, les unes debout, les autres couchées dans

le cercueil; leurs couleurs ont conservé toute leur fraîcheur.
Toutes sont de la XXe dynastie et proviennent du tombeau
de Sannotmou. On peut noter la statuette vernie no 647,
et les nos 648 et 648 bis, portant le costume civil; les
nos 649 et 650 sont enfermés dans de petits cercueils.
ÉTAGÈRE F.
Vases canopes en albâtre ou en calcaire d'époque saïte
et ptolémaïque.
ARMOIRE G.
Statuettes funéraires, la plupart en calcaire peint, provenant
de Thèbes et ayant appartenu à des personnages de
la XXIIe dynastie.
Dans l'embrasure de la porte qui conduit à la galerie
est du grand atrium vitré, on voit les
ÉTAGÉRES H-I.
Suite des vases canopes: époque saïte ou ptolémaïque.
Dans la partie de la galerie attenante à la salle E, on a
réuni, sous le no 1346, la série des canopes en albâtre et
en calcaire découverts à Dahchour, dans le souterrain des
princesses et dans les tombes environnantes, ainsi que dans
les caveaux du roi Horou et de la princesse Noubhotpoutakhrodît.
ARMOIRE J.
Figurines funéraires en calcaire peint et en matières
diverses, de provenances et d'époques différentes.
ÉTAGÉRE K.

Suite des canopes d'époque saïte et ptolémaïque.
651 et 651 bis. — BOIS PEINT ET DORÉ. — Haut.
0 m. 84 cent. — Hassaìa.
Coffrets à quatre compartiments où l'on enfermait les
viscères du défunt, retirés du corps pour l'embaumement.
Très souvent ces coffrets étaient remplacés par quatre vases
canopes isolés.
ARMOIRE L.
Dans l'armoire L, on voit quelques chevets en bois avec
inscriptions (nos 641 et 642); une enveloppe de chevet en
jonc tressé (no 643); une jolie petite stèle votive en albâtre
(no 644), au nom du gouverneur Shaîti et de la dame
Hotpoui (XIIIe dynastie, Abydos). Un certain nombre de
tablettes ou petites stèles en bois peint sont du type que
Mariette appelait le type de Râ-Harmachis, et la plupart
appartiennent à la collection des prêtres d'Amon, notamment
le no 645, au nom de la vénérable Katseshîtou (cfr.
no 594).
ÉTAGÈRES M, N, O.
Suite et fin de la série des vases canopes des époques
saïte et ptolémaïque.
ARMOIRE P.
Statuettes funéraires en émail vert ou bleu des époques
saïte et ptolémaïque.
646. — CALCAIRE. — Haut. 0 m. 37 cent., larg.
0 m. 24 cent., prof. 0 m. 22 cent. — Abydos.
Naos (cfr. p. 208, no 689) de Nakhîti. La statuette du
défunt, représenté accroupi, est encore à sa place au fond
du naos.
ARMOIRE Q.
Tablettes ou stèles de bois, provenant de Gournah, et
appartenant à diverses époques, depuis la XXe dynastie
jusqu'à l'époque ptolémaïque. L'une d'elles (no 640) offre
un exemple fort rare d'un paysage égyptien. La montagne.
peinte en jaune rayé de rouge, couvre le champ de gauche:
deux petites portes surmontées de pyramidions marquent
la tombe de la dame Zodamonou Efônoukhi. Une femme
agenouillée se lamente et s'arrache les cheveux en signe
de deuil; des arbres, dessinés derrière elle, figurent le
jardin funéraire, où l'âme viendra s'ébattre et se nourrir à
la table qui l'attend chargée d'offrandes. Au registre supérieur,
la dame Zodamonou Efônoukhi vient réclamer auprès
d'Harmachis sa part des sacrifices que lui font ses parents.
— XXIIe-XXVIe dynasties.
On a rangé sur le devant de l'armoire quelques chevets
en pierre ou en bois, du genre de ceux que les Nubiens
emploient encore aujourd'hui pour reposer leur tête pendant
le sommeil. Ceux qu'on donnait aux morts étaient destinés
à leur procurer des nuits paisibles dans l'autre monde:
certains manuscrits du Livre des Morts ont même un chapitre
du chevet, dont des extraits sont gravés quelquefois
sur les chevets funéraires. Rarement on les trouve sous la
tête de la momie; presque toujours ils sont à terre, à côté
du cercueil.

PORTE QUI MÈNE A LA SALLE F.

ARMOIRE A.
Équipement complet de deux momies, dont l'une (no 623)
provient de Sakkarah et était celle d'un général Zaharsato:
masque doré ou peint; sur la poitrine s'étale un collier
ouoskhou agrafé aux épaules par deux têtes d'épervier; audessous
du collier, la déesse Nouît, accroupie, allonge ses
deux ailes pour en envelopper le corps du défunt, enfin,
une sorte de tablier découpé couvrait le bas du ventre et les
jambes, et de chaque côté de ce tablier, l'image des enfants
d'Horus, Amsît, Kabhsnêouf, Tioumaoutf, Hapi, veillent
sur les quatre points cardinaux pour écarter le mal qui
pourrait en venir.
Dans le bas de l'armoire sont posés des emboitages de
carton qui figurent les pieds du mort et les sandales dont
ils étaient garnis pendant la vie. — Epoque ptolémaïque.
ARMOIRE B.
Matériel funéraire du même genre que celui qui est
exposé dans les vitrines des salles précédentes.

SALLE F.

La salle F continue la série des objets funéraires, mais
on y a réuni plus spécialement les pièces qui forment le
revêtement extérieur de la momie et qui lui constituent
comme une armure magique destinée à la protéger contre
les atteintes des esprits malins.
VITRINE A.

667. — CALCAIRE BLANC ET GRANIT NOIR. — Haut.
du sarcophage 0 m. 20 cent., long. 0 m. 21 cent.,
prof. 0 m. 15 cent.
L'àme égyptienne était figurée par un épervier à tête et
à bras d'homme: elle s'envolait à la mort, et l'un des souhaits
adressés au défunt était que son âme pût rejoindre son corps
à son gré.
Le petit monument représente cette réunion de
l'âme et du corps. La momie, enveloppée de son maillot
et couchée sur le lit funéraire à pieds de lion, attend.
L'épervier est descendu dans le tombeau et, posé à côté
d'elle, place les deux mains sur l'endroit où battait le caeur,
en regardant attentivement, la face impassible. Le mouvement
du petit oiseau symbolique, l'expression douce et
presque suppliante de son visage, le contraste entre la vie qui
anime ses traits et l'immobilité de la momie font de ce
groupe un véritable chef-d'aeuvre en son genre. Il était
enfermé dans un sarcophage de calcaire blanc, couvert
d'inscriptions et de figures, Isis à la tête, Nephthys aux
pieds, sur les côtés Anubis et les génies des morts. Le
personnage étendu sur le lit funéraire était premier héraut
du roi et s'appelait Râ. — XXe dynastie.
668. — SERPENTINE GRISE. — Haut. 0 m. 04 cent.,
long. 0 m. 16 cent., larg. 0 m. 03 cent.
Lit funèbre du chef des scribes Miri; l'âme est venue
s'abaltre à côté de lui et lui met les deux mains sur la
poitrine. La formule est celle qu'on trouve sur les statuettes
funéraires. — XXe dynastie.
A côté de ces deux pièces, quelques Répondants sont
couchés dans le petit cercueil où on les enfermait pour

mieux compléter leur identification avec la momie du mort
qu'ils étaient censés représenter (v. p. 198-200).
VITRINE B.
Les figures de femme qui lèvent les bras vers la tête
sont des pleureuses, qui se lamentent sur le mort, comme
Isis et Nephtys s'étaient lamentées sur leur frère Osiris.
A côté d'elles, un certain nombre de terres cuites représentent
une femme entièrement nue, couchée sur son lit,
souvent avec un petit enfant qu'elle allaite. La femme est
une Isis et l'enfant un Horus. Le mort, identifié à Osiris.
devenait par là même le mari d'Isis et le père d'Horus; ces
figures lui assurent dans l'autre monde la possession de la
déesse, et, par suite, celle de l'enfant qui naît du mariage
de la déesse avec le dieu. Le no 670 montre deux Répondants
jumeaux, taillés dans le même morceau de granit noir.
ARMOIRE C.
Suite du matériel funéraire, statuettes, canopes, vases,
amulettes du même genre que ceux qui sont exposés dans
les armoires précédentes.
Le petit groupe en granit noir, à gauche de la porte,
représente un grand-prêtre de Phtah, sous la XXIIe dynastie,
du nom de Shodsouamonou, assis à côté de sa femme, la
dame Tachepnisit.
1398. — ALBÂTRE. — Diam. 0 m. 52 cent. —
Gournah.
Vase pour les ablutions. L'inscription qui en fait le tour
donne le nom de Khebnisepet, petite-fille d'Osorkon II. —
XXIIe dynastie.
ARMOIRE D.

Réseaux et tissus de perles qu'on plaçait sur les momies
à diverses époques; quelques-uns de ces ouvrages sont d'un
travail très fin, notamment le no 611, avec figure d'Anubis
(époque persane), et les nos 612 et 613, à visages humains,
qui proviennent de Méïr et qui remontent peut-être
à la XIIe dynastie.
Mur oriental de la Salle.
ARMOIRE E.
Cartonnages de momies, du genre de ceux qui sont
décrits dans l'armoire A de la porte qui mène à la salle E:
les semelles sont celles qu'on leur mettait sous les pieds, pour
qu'aucun contact impur ne souillât la demeure d'Osiris. Ces
cartonnages sont d'époque ptolémaïque, et l'un d'eux portait
l'inscription grecque suivante, tracée en lettres d'or:
ΔHMΩCLK'ΔAÏMNHCTOC.
VITRINE F.
634. — CUIR ROUGE ET JAUNE. — Déìr-el-Bahari
1901.
Vers la fin de la grande époque thébaine, les momies
portaient sur leur maillot des bretelles en toile, terminées
par des bouts en parchemin bordés de cuir rouge. Ces
bouts en parchemin, fabriqués par les prêtres, présentent
ordinairement, comme marque d'origine, une scène d'adoration
à Amon-Rà par le grand-prêtre ou par le roi
régnant. Ils sont donc précieux, comme fournissant des

indications certaines sur la date des ensevelissements. Les
bouts de bretelles exposés dans cette vitrine ont été trouvés
pour la plupart sur les momies des prêtres d'Amon;
beaucoup portent le cartouche d'Osorkon Il.
ARMOIRE G.
Masques de momies, peints ou dorés: hypocéphales en
terre cuite (no 614), en bronze (no 615), ou en cartonnage
(no 616). Placés sous la tête de la momie, les hypocéphales
devaient, par la vertu des formules dont ils étaient
couverts, conserver au corps sa chaleur vitale pour la
résurrection.
618. — BOIS PEINT. — Long. 0 m. 25 cent.
Figure du taureau Hapis, qu'on plaçait souvent sous les
pieds de la momie.
VITRINE H.
Petits cercueils blanes, tenant lieu de canopes et renfermant
les entrailles des morts. Quelques-uns étaient empaquetés
de linge, pour mieux rappeler l'aspect de la momie
et du cercueil qu'ils étaient censés représenter. Ils ont été
trouvés dans le tombeau de Sannotmou.
ARMOIRE I.
Momie serrée dans une gaine de jonc (no 620), provenant
du tombeau de Sannotmou. Les deux masques de
momie, en fort cartonnage, sont originaires du même tombeau
(nos 621 et 621 bis). Chevet en bois, identique pour
la forme à certains chevets dont se servent encore les
indigènes du Congo (no 622).
Milieu de la Salle.
VITRINE J.

Les pectoraux sont des ornements de momie en forme
de petite chapelle, qui contient soit des figures de dieux, soil
un scarabée, symbole des transformations par où la vie se
renouvelle. Ce scarabée est placé entre Isis et Nephthys
(no 624), ou seul (no 625). D'autres pectoraux représentent
Anubis, dieu de l'ensevelissement (no 625), Osiris et Horus
(no 526), ou l'épervier d'Horus, en cuivre ou en bronze
doré, les ailes déployées (nos 627 et 628). D'autres encore
sont en forme de scarabées bleus, aux ailes d'or émaillées
de bleu (nos 629 et 635). Quelle que fût l'image, le
pectoral avait pour vertu de placer le mort sous la protection
des divinités représentées et de l'identifier au soleil
levant pour la résurrection. Le scarabée volant, emblème
du soleil, placé sur la poitrine de la momie, jouait le même
rôle que le pectoral en forme de naos.
C'est ensuite une collection d'yeux mystiques en cuir
(no 630), en toile et cire (no 631). Ces yeux mystiques.
en égyptien ouzaît, sont, comme je l'ai déjà dit, les yeux
du dieu Râ, considéré comme dieu suprême: l'aeil droit est
le soleil, l'aeil gauche est la lune. L'aeil, isolé de la figure
divine à laquelle il appartenait, devenait une divinité Ouzaît-Horou,
l'aeil d'Horus, qui avait son existence indépendante
et jouait un certain rôle dans la légende osirienne:
il avait pleuré en différentes occasions, et ses
pleurs avaient donné naissance à toutes les substances utiles,
au vin, à l'huile, etc. Menacé par Set, il n'échappait à
un danger que pour retomber dans un autre, mais sortait
toujours victorieux de chaque épreuve; aussi les vivants et
les morts avaient-ils l'habitude de se mettre sous sa protection,

et d'opposer sa puissance à tous leurs ennemis. On le
consacrait en récitant sur lui certaines prières, le chap. CXL
du Livre des Morts, par exemple, puis on l'attachait au
poignet de l'individu, à son cou, sur sa poitrine, ou bien
on le mettait avec d'autres amulettes dans la cavité du
ventre, après l'extraction des intestins, ou sur le flanc de
la momie pour boucher la fente par laquelle on avait enlevé
ces intestins. On le fabriquait en toutes matières, en lapis,
en cornaline rouge, en feldspath vert, en agate, en bois,
en pâtes émaillées, et on en variait la forme et la grandeur
à l'infini.
Les nos 632 et 633 nous montrent deux exemplaires des
gros scarabées qui étaient le symbole du caeur. Après avoir
enlevé le caeur du mort, on le remplaçait par un scarabée,
sur lequel était gravée une formule magique (Livre des
Morts
, chap. XXV et LXIV, I. 33-36): “O mon caeur qui
me vient de ma mère, mon caeur de quand j'étais sur
terre, ne te lève pas contre moi, ne porte pas témoignage
en ennemi contre moi par devant les chefs divins; ne
m'abandonne pas devant le dieu grand, seigneur de l'Occident!
Salut à toi, caeur d'Osiris, qui vit dans l'Occident:
salut à vous, viscères divins, salut à vous, dieux à la
barbe tressée, puissants par votre sceptre; dites du bien
du mort et accordez qu'il prospère par l'intermédiaire de
Nahbkoou”. Le caeur était placé dans la balance, au
moment du jugement suprême, et son témoignage décidait
du sort de l'homme; la formule avait pour effet de le
contraindre à ne dire que le bien devant les dieux et à
taire les mauvaises actions. Pour plus d'efficacité, on joignait
souvent à la prière des représentations de divinités
qu'on gravait sur les élytres, sur le corselet, même
sur le plat du scarabée. Ces scarabées du caeur étaient
fabriqués à l'avance et s'achetaient tout faits chez le marchand.

On en trouve où les lignes sont marquées, mais
non remplies, où la formule a été gravée et le nom laissé
en blanc, où la formule est incomplète et où les signes
n'offrent aucun sens.
CAGE K.
Statues agenouillées des deux pleureuses Isis (no 662) et
Nephthys (no 663), provenant de Hassaïa (crf. nos 660 et
661). Isis porte sur la tête un siège , hiéroglyphe de son
nom, Nephthys , la façade d'un édifice. — Statuettes en
bois d'Osiris, destinées souvent à contenir des papyrus
funéraires, et accompagnées d'éperviers en bois, images
d'Horus, ou d'éperviers à tête humaine, représentant l'âme.
Un de ces Osiris, accompagné de l'âme, porte le no 664. —
Un beau coffret à figurines funéraires (no 665), offre le
nom d'Amannouitnakhìtou, chef des ouvriers en métaux
du temple d'Amon (trouvaille des prêtres d'Amon). —
Enfin, on remarquera (no 666) une stèle en bois peint,
opisthographe, au nom d'Ankhoufnikhonsou, prêtre de
Montou.
Contre les deux piliers qui séparent la salle F de la salle
II sont adossées les
CAGES L et M.
660 el 661. — BOIS PEINT. — Haut. 1 m. 09 cent.
Déìr-el-Bahari.
Ces jolies statues en bois ont été trouvées dans la cachette
des prêtres d'Amon, en février 1891. Elles représentent
Isis et Nephthys, les deux pleureuses d'Osiris
défunt, au moment où elles prononçaient sur la momie

du dieu les conjurations qui l'avaient rappelée à la vie;
elles rendaient le même office au mort, identifié avec Osiris,
et c'est pour cela qu'on trouve souvent leur image
dans le tombeau, Les statues en bois de l'ancienne Égypte
sont assez rares; on peut comparer celles-ci (XXIe dynastie)
à celles de l'ancien empire (rez-de-chaussée nos 19,
35, 95).

SALLE G.

La salle G est consacrée toute entière aux manuscrits
sur papyrus ou sur toile. Les Égyptiens employaient généralement,
pour la fabrication de leur papier, les tiges de
la plante appelée cyperus papyrus, qui croissait et était
cultivée dans la Basse-Égypte. Après avoir coupé les extrémités
de la tige, on détachait les fines membranes concentriques
qui enveloppaient la moelle; on posait à plat sur
une planche une première couche de ces membranes, et
on appliquait une seconde couche en travers sur la première.
Les Romains appelaient la première couche stamen (chaîne),
et la seconde subtemen (trame). Il est impossible de savoir
d'une manière certaine quel était le liquide dont on se
servait pour faire adhérer le subtemen au stamen. Lorsqu' on
avait ainsi obtenu une feuille de papier, on la pressait, et
divers feuillets (plagulae), collés latéralement les uns au
bout des autres, au nombre d'une vingtaine habituellement,
et placés par ordre de finesse, les meilleurs d'abord, puis
les plus grossiers, formaient un rouleau (scapus). Ces
rouleaux variaient beaucoup plus en longueur qu'en hauteur,
la hauteur étant déterminée par la dimension des
bandes détachées de la plante, la longueur, au contraire,
pouvant être prolongée indéfiniment par l'addition de
nouveaux feuillets à la suite des premiers.
La plupart des papyrus exposés sur le mur et dans les
vitrines qui remplissent la salle G sont des papyrus funéraires
appartenant à deux types différents. Ce sont d'abord
ces exemplaires du Livre des Morts qu'on plaçait sur les
défunts, pour leur permettre de reconstituer leur personnalité
après la sépulture, de vivre au fond du tombeau ou
d'en sortir pendant le jour, — d'où le titre de l'ouvrage,
— puis de les guider dans leurs voyages d'outre-tombe,
et de leur faciliter l'examen qu'ils subiraient devant
Osiris et ses quarante-deux assesseurs; l'âme était pesée
dans la balance divine, et le défunt devait prononcer une
confession négative, énumérant toutes les fautes dont il se
déclarait innocent: “Je n'ai commis aucune fraude envers
les hommes. Je n'ai pas tourmenté la veuve. Je n'ai pas menti
devant le tribunal. Je ne connais pas le mensonge. Je n'ai
pas imposé à un chef de travailleurs, chaque jour, plus de
travaux qu'il n'en devait faire. Je n'ai pas été négligent.
Je n'ai pas été oisif. Je n'ai pas desservi l'esclave auprès de
son maître. Je n'ai pas affamé. Je n'ai pas fait pleurer. Je
n'ai pas tué. Je n'ai pas ordonné le meurtre en trahison.
Je n'ai pas eu de gains frauduleux. Je n'ai pas usurpé dans
les champs. Je n'ai pas faussé l'équilibre de la balance. Je
n'ai pas enlevé le lait de la bouche des nourrissons. Je suis
pur, je suis pur, je suis pur! Ò magistrats, en ce jour du
jugement suprême, donnez au défunt de venir à vous, lui
qui n'a point péché, qui n'a point menti ni fait le mal,
qui n'a commis nul crime, qui n'a point rendu de faux
témoignage, qui n'a rien fait contre lui-même, mais vit
de la vérité et se nourrit de la justice. Ce qu'il a fait, les
hommes le disent et les dieux s'en réjouissent: il a donné
des pains à l'affamé, de l'eau à l'altéré, des vêtements au
nu, il a offert des sacrifices aux dieux, des repas funéraires
aux défunts. Sa bouche est propre, et ses deux mains sont

propres”. Pendant la pesée de l'âme, Horns, à tête d'épervier,
faisait miséricordieusenient pencher la balance du
bon côté, et Thot, à tête d'ibis, inscrivait les résultans et
proclamait le jugement.
Le second ouvrage, qu'on réservait plus spécialement aux
dignitaires et aux afliliés du culte d'Amon à partir de la
XVIIIe dynastie, était intitulé: Le livre de savoir ce qu'il y
a dans l'Hadès
. Il représentait la course du soleil mort, le
dieu Aoulou, la chair du soleil, dans le domaine de la nuit.
La barque du dieu s'enfonçait vers Abydos, à ce qu'on
appelait la BOUCHE DE LA FENTE, dans la montagne qui
bordait le monde, et elle remontait vers le nord en parcourant
les territoires assignés aux douze heures heures nocturnes
ainsi qu'aux dieux qui y résidaient: elle visitait ainsi
l'Ammah ou le Bostaou, royaume du dieu Phtah de Mem
phis, les royaumes Osiriens, l'Agarît où les morls d'ého
polis se rassemblaient, puis, au matin, elle remontait à
l'orieut avec le nouveau soleil pour parcourir la région des
heures du jour. Le Livre de l'Hadès était un guide illustré;
qui enseignait aux morts cmbarqués en compagnic du
soleil l'itinéraire de la barque norturne, les dieux qui en
composaient l'équipage, ceux qui habitaient chaque heure,
le moyen de traverser la nuit avec Rà mort pour renaitre
avec lui au matin. Il est rare que les papyrus nous rendent
ce livre au complet: le plus souvent, ils n'en contiennent
que deux ou trois heures, avec leurs vignettes dessinées
rapidement et leurs texles copiés si négligemment qu'ils
sont à peu près inintelligibles.
On voit surtout dans la saile G des exemplaires du Livre
des Morts
en hiéroglyphes cursifs on en hieratique. Les
plus anciens remontent à la XVIIIe dynastie et soul près
de la porte de la salle G: la plupart des autres provien
nent de la seconde trouvaille de Deir el Bahari, el out

appartenu à des hommes ou à des femmes de la race des
prêtres et grands-prêtres d'Amon thébain. Les livres de
l'Hadès qui les accompagnent sont peu soignés. A l'extrémité
ouest de la salle sur la fin du mur sud, on remarque
quelques recueils mixtes, où des scènes du Livre des Morts
sont mêlées à des scènes du Livre de l'Hadès, ainsi, le
papyrus no 684, du prètre Zodkhonsouaoufankhou.
Enfin, nous signalerons (paroi ouest et côté correspondant
de la vitrine centrale) les papyrus funéraires de
Zanofir, hiérodule de Khnoumou et de Katseshni, fille du
roi-prêtre d'Amon Manakhpirrì (nos 593 et 594).
Le papyrus situé immédiatement au-dessus de celui de
Zodkhonsouaoufankhou appartenait à une chanteuse d'Amon
du nom de Nsimaoutnabittaoui. C'est l'un des plus curieux
de la collection pour les scènes représentées, et l'un des
plus parfaits comme exécution: j'appellerai l'attention des
visiteurs sur la vignette finale, qui montre la morte debout
devant l'entrée de son tombeau, dans la nécropole thébaine,
et faisant offrande à la déesse-serpent Maritsakro, ainsi
qu'à la vache Hathor pour obtenir d'elles le libre accès de
l'autre monde.
Sur la partie du mur ouest qui s'étend entre le mur sud
et la porte de la galerie qui donne sur l'atrium central, on
voit, sous le no 587, le beau papyrus funéraire de Haroub,
hiérodule de la déesse Maout, fille du grand-prètre d'Amon
Manakhpirrì et de la princesse Isimkhabiou, première grande
supérieure des recluses d'Amon-Râ. roi des dieux. Les
vignettes de ce papyrus dont le texte n'appartient ni au
Livre des Morts ni au Livre de l'Hadès, sont très finement
dessinées et peintes. Elles représentent: la défunte en présence
de Phtah-Sokar-Osiris; le dieu Thot, principe conservateur,
et le dieu Horus, principe rénovateur, versant les
germes de vie sur la défunte agenouillée; — le cynocéphale,

consacré à Thot, s'approche, accompagné de la
défunte, de l'asile mystérieux où se prépare une renaissance:
— cet asile, disque porté par deux lions, contient l'enfant
qui va paraître bientôt à la lumière, et dont l'ouzaît, aeil
symbolique du soleil, semble attendre et préparer la venue.
— Jolie figure de la défunte, prosternée en présence du
crocodile, seigneur de l'élément humide: des arbres indiquent
l'action fécondatrice de l'humidité; — les semailles et
la moisson dans les Champs-Elysées: la défunte, qui sème
en suivant la charrue, puise les graines dans un sac semblable
à ceux qui pendent au dos des statuettes funéraires.
On voit, non loin de là, de fort beaux exemplaires du
Livre de l'Hadès, au milieu desquels, à l'extrémité est du
mur nord, s'est égaré un superbe Livre des Morts, au nom
d'Ousorhaîtmès.
Quelques-uns des papyrus exposés dans les vitrines,
méritent une mention spéciale: ainsi, dans la vitrine placée
le long de la paroi sud, le Livre des Morts en hiératique
de la princesse Katseshni, fille du roi-prêtre Manakhpirrî
de la XXIe dynastie (no 594). Dans la vitrine double qui
forme épine au centre de la salle, on voit quelques papyrus
de style excellent, entre autres:
686. — Les prètres d'Amon, gens d'esprit juridique.
avaient imaginé de faire rendre à leur dieu des décrets
qui assuraient le bonheur dans l'autre monde des personnages
en faveur de qui ils étaient rendus. Celui-ci esl en
l'honneur de la dame Nsikhonsou; une tablette de bois,
exposée dans la salle Q, nous donne un autre décret du même
genre. dédié à cette même femme.
687. — Papyrus de la reine Makerî, dont nous verrons
la momie dans la salle Q, auprès de la momie de sa
petite fille, morte et ensevelie avec elle. Les vignettes sont
d'une finesse et d'une fraîcheur admirables.
Le papyrus placé à côté de celui-là, vers l'ouest, vient
également d'une des momies trouvées à Deîr-el-Bahari en
1881, celle de la reine Honîttaoui. Il est tracé d'une main
aussi habile, mais plus libre, et quelques détails seulement
en sont rehaussés de couleur. La vignette qui montre la
reine debout, l'encensoir à la main, devant un monceau
d'offrandes, est un chef-d'aeuvre de dessin pur et délicat.
Outre les papyrus funéraires nous possédons quelques
papyrus littéraires dont un au moins est célèbre parmi les
égyptologues:
Centre de la Salle.
589. — Haut. 0 m. 23 cent., larg. 2 m. 42 cent.
Déir-el-Médineh.
Papyrus épistolographe écrit en hiératique, monté entre
deux verres. Curieux traité de morale, en forme de dialogue
entre le scribe Ani et son fils Khonshotpou. — XXVIe
dynastie.

SALLE H.

La salle H contient, avec quelques papyrus, le matériel
employé par les scribes pour écrire, dessiner et peindre,
et des spécimens d'écriture cursive tracés sur des ostraca
en calcaire pour la plupart; on y a joint la collection des
moules destinés à fabriquer les petits amulettes.
Le matériel des scribes est exposé dans la vitrine A, qui
est placée au milieu de la salle.
VITRINE A.
Palettes en bois ou en ivoire (nos 595, 596 et 597), avec
godets pour contenir la couleur ou l'encre, et entailles, où
l'on insérait les calames ou roseaux employés pour l écriture;
palettes votives en albâtre (no 598), que le défunt devait
tenir en récitant une prière à Thot, dieu de l'écriture
(ch. XCIV du Livre des Morts); pains de couleur pour préparer
l'encre (nos 599, 600, 601, 602 et 603); petits
mortiers avec des pilons pour broyer les pains de couleur
(nos 604 et 605); tablettes à six godets contenant encore
les couleurs préparées (no 606); couleurs broyées (no 607).
Enfin, les nos 608, 609 et 610, sont des papyrus roulés et
dans l'état où on les retrouve aujourd'hui; il faut, pour
les déployer, une attention minutieuse et des soins spéciaux.
VITRINE B.
Ostraca hiératiques et tablettes de scribes ou d'écoliers,
portant pour la plupart des spécimens de l'écriture du
deuxième empire thébain. Le no 582, qui porte des notes
de comptabilité, est de la XIIe dynastie.
VITRINE C.
Creux en calcaire et en terre cuite, qui servaient à
fabriquer en grandes quantités des statuettes funéraires
(no 576), des offrandes votives et des amulettes. Dans
beaucoup de cas, nous avons fait tirer un exemplaire de
chacun de ces creux, et nous l'avons exposé à côté de
l'original.
Les creux en terre cuite ne paraissent pas avoir été
préparés à l'ébauchoir et au poinçon; un objet fabriqué à

la main, servant de modèle, a été enfoncé dans la terre
molle, et l'image ainsi obtenue a été cuite au four.
Les objets représentés sont des plus variés: colliers,
dieux grotesques, Horus sur les crocodiles, égides, scarabées,
yeux, chats, dieux Bìsou, Isis, même des statuettes
funéraires avec leur inscription complète. Tous ces moules
sont simples; les pièces qu'on y jetait n'avaient qu'une face
en relief, le dos était égalisé d'un coup de racloir et ne
recevait aucune empreinte. Je ne suis pas bien certain, du
reste, que ces moules aient eu un usage industriel: j'en ai
trouvé quelques-uns dans les tombeaux, ce qui semblerait
leur assurer une valeur votive. Peut-être, en mettant les
moules près de la momie, pensait-on procurer à celle-ci le
moyen de se fabriquer à elle-même des amulettes, quand
ceux qu'on lui avait prodigués avaient été ou volés ou
usés. Cela expliquerait le genre des figures et la simplicité
du procédé; le mort, n'étant pas d'ordinaire un potier.
aurait été assez embarrassé de manier les moules compliqués
dont on faisait usage dans I'industrie.
L'autre série comprend des moules en calcaire ou en
albâtre. Le type est celui de l'oiseau Bonou, sorte de
demoiselle de Numidie consacrée à Osiris, et qui suggéra
plus tard aux Grees la légende du Phénix égyptien: I'un
d'eux a encore les deux pièces dont la réunion servait à
fabriquer l'oiseau complet (no 581). Je ne pense pas que
ce fût toujours de la terre qu'on coulait dans les creux de
cette série. Certains indices me porteraient à penser que
c'étaient plutôt des moules à pâtisserie. Le choix du Bonou
comme forme de certains gâteaux d'offrande se rattacherait
alors aux idées de renaissance qu'exprimait cet oiseau.
Les ostraca sont exposés dans les vitrines et armoires
D-H, rangées le long des murs est et ouest de la salle.
Comme le papyrus était fort coûteux, on employait souvent,

pour écrire des brouillons, des notes rapides, de courts
inventaires, et parfois même des textes importants, soit des
planchettes de bois, blanchies ou non (nos 582 et 583),
soit des tessons de poterie, notamment les nos 584 et 585,
dans la vitrine I, soit ces lames et ces blocs de calcaire,
auxquels on applique improprement le nom d'ostraca. Les
textes exposés dans les cinq vitrines D-H de la salle H sont généralement
en écriture cursive hiératique; le plus remarquable
(vitrine E, no 586), provient du tombeau de Sannotmou.
C'est une pièce de calcaire brisée en deux morceaux, longue
en tout d'un mètre, haute de vingt centimètres en moyenne,
couverte d'assez gros caractères hiératiques ponctués à
l'encre rouge. La cassure n'est pas récente; le calcaire avail
été brisé au moment de la mise au tombeau, comme beaucoup
des objets de parure ou de ménage qu'on déposait près
de la momie. L'Égyptien s'attendait à jouir dans l'autre
monde des mêmes distractions qu'il s'était procurées ici-bas.
Ici, c'est un roman qu'on lui avait donné; en brisant la pierre
sur laquelle ce roman était transcrit, on la tuait, et on l'envoyait
ainsi dans l'autre monde
, où le double du mort s'en
délectait quand il était en humeur de lire. Il y trouvait le
commencement des aventures de Sinouhìt, dont on n'a
connu longtemps que le milieu et la fiu sur un papyrus de
Berlin en partie détruit. C'est l'histoire d'un Égyptien de
la XIIe dynastie, mis par hasard en possession d'un secret
d'État qu'il n'aurait pas dû connaître. Il craint que le roi ne
le fasse périr pour être assuré de son silence, et il s'enfuit en
Syrie. Egaré dans le désert, mourant de soif, il est recueilli
par une tribu de Bédouins, qui l'adopte. Il vit parmi eux
pendant des années et devient un de leurs chefs; enfin
le roi lui envoie sa grâce, et l'invite à rentrer à la cour
d'Égypte, où il compose un récit curieux de ses aventures
et des maeurs des Bédouins.
Les papyrus sont répartis en quatre groupes le long des
murs. Le plus important est celui qu'on voit sur le mur est
au-dessus de la vitrine E:
590. — Haut. 0 m. 28 cent., long. 4 m. 39 cent.
Déir-el-Médineh.
Ce papyrus a été déchiré en plusieurs morceaux au
moment de la trouvaille. La page du début, donnée par
L. Vassalli bey, conservateur du Musée, a été volée en 1877.
La partie du milieu, achetée par Mariette, est exposée sous
le no 590. La fin, acquise par un touriste inconnu, est
aujourd'hui cachée dans un château d'Angleterre. C'est un
traité de géographie, mais d'une géographie un peu mythique.
H traitait du Fayoum et des localités voisines. Au
début, on voit deux figures du dieu Sovkou, naviguant
chacune en sa barque et recevant les prières de deux femmes
coiffées de plantes fluviatiles; c'est le dieu Sovkou du midi
qui entre dans le lac Maeris et le dieu Sovkou du nord qui
en sort pour tomber dans le Nil. Derrière, et à mi-jambe,
Rà s'avance, tandis que quatre divinités, deux à tête de
grenouille, deux à tête de serpent, sont rangées deux à deux
sur les rives. Les légendes indiquent que nous sommes au
débouché du lac; les dieux qui président à la scène sont
les Khmounou, les huit dieux créateurs du monde.
Une femme de forte taille, étendue le long du papyrus,
est la déesse-vache Mihitouérit, qui passait pour être le fondement
du bassin qui se trouve dans la terre de Tashe
, en
d'autres termes, du lac Maeris qui est au Fayoum. De sa
tète semble partir une sorte de canal, qui aboutit bientôt
à la représentation très conventionnelle du lac et des
campagnes environnantes, un rectangle oblong, divisé en
huit compartiments longitudinaux. Les quatre compartiments
du milieu représentent le lac lui-même; ils devaient

être remplis, les deux compartiments internes de poissons,
les deux externes de canards et d'oies. Sur chaque rive,
un compartiment semé de figures d'arbres simulait le terrain
planté qui bordait le lac. Un dernier compartiment, occupé
par une inscription hiéroglyphique, servait de cadre au
tableau. Mais le scribe ayant, par erreur, laissé en blanc
l'un des compartiments du milieu, toute l'économie de la
composition s'est trouvée dérangée. Les poissons ont envahi
le compartiment des oiseaux d'eau; ceux-ci sont descendus
dans le domaine des arbres, et les arbres, à leur tour, se
sont rejetés sur la place réservée à l'inscription hiérogly phique
qui courait sur la rive méridionale. Des deux côtés du
bassin et du canal, sont rangées les localités importantes
pour l'histoire de la guerre que les dieux Horus et Set se sont
livrée dans le , Hâouar, Parohes, Pakhnoumou, etc.
Les légendes nous révèlent l'idée qui a présidé à la rédaction
de cet ouvrage. Les dieux égyptiens avaient l'habitude de se
rendre visite dans leurs temples, et ces visites étaient, chaque
année, l'occasion de fêtes splendides. Notre papyrus est
l'itinéraire que suivait le dieu Sovkou, le dieu Crocodile,
roi du Maeris, quand il rendait visite à l'une des divinités
voisines. — Époque ptolémaïque.

SALLE I.

La salle I contient, avec la fin de nos papyrus, la plus
grande partie des documents relatifs aux arts du dessin.
surtout des esquisses tracées sur pierre aux encres rouge
et noire, ainsi que des modèles de sculpture.
1o. — Papyrus.
Les papyrus sont rangés dans le haut des parois nord et
sud, et n'offrent que des exemplaires plus ou moins complets

soit du Livre aes Morts, soit du Livre de l'Hadès. Le
no 592, exposé sur la paroi méridionale, provient de Sakkarah
et n'a point le nom de son propriétaire. On préparait, en
effet, les exemplaires du Livre des Morts à l'avance, laissant
en blanc les endroits où le texte exigeait le nom du mort:
lorsqu'on vendait le papyrus, on intercalait le nom du
personnage à qui on le destinait, mais il arrivait parfois.
— et c'est le cas ici, — que le scribe oubliât ou négligeàt
de faire l'insertion. — Le no 738, qui s'étale un peu
plus loin sur la même paroi, a été trouvé avec la momie du
roi-prêtre Pinotmou Ier de la XXIe dynastie: le texte en est
en hiéroglyphes linéaires assez médiocres, mais les vignettes
sont d'un beau style, celle surtout qui montre le roi debout.
en adoration devant Osiris-momie, assis sous son dais dans
la salle des deux vérités.
De tous les papyrus qui ornent la paroi septentrionale,
un seul mérite d'être cité:
682. — Papyrus de la dame Isimkhabiou. Il est orné de
vignettes jetées à grands traits par une main exercée, et
il offre un excellent modèle de l'habileté et de la hardiesse
des dessinateurs égyptiens.
2o — Ostraca.
Les esquisses sont pour la plupart tracées sur des éclats
ou des lames de calcaire de dimensions variables, qu'on
appelle par abus des ostraca. Elles sont exposées dans et
sur les longues vitrines qui sont appliquées le long des parois
nord et sud. Elles proviennent pour la plupart des tombes
royales du Bab-el-Molouk à Thèbes, et elles y ont été recueillies
par M. Daressy, au moment où il les déblaya à fond
pour en faciliter l'accès au public.
Paroi méridionale.

Au-dessus de la vitrine A-B:
548. — Trait rouge. — Jolie figure de Pharaon présentant
l'offrande.
Dans la vitrine C:
543. — Trait rouge. — Jolie figure de Pharaon, adressant
sa prière à un dieu non figuré.
fu-dessus de la vitrine E:
544. — Prètre en prière, avec une longue inscription
gravée devant lui.
Dans la vitrine E:
533. — Trait noir. — Princesse égyptienne, en longue
robe transparente.
Au-dessus de la vitrine F:
549. — Trait noir. — Ramsesnakhïtou, premier prophète
d'Amon-Râ, roi des dieux. Il est chaussé de sandales
à pointe recourbée.
Dans la vitrine F:
530. — Trait noir. — Le dieu Phtah, revètu d'une
cuirasse d'écailles comme un poisson.
Au-dessus de la vitrine F:
525. — Trait noir. — Prêtre agenouillé, coiffé d'un
masque de chacal et tenant un vase. Légende: Anubis, qui
est à l'ensevelissement, chef de la demeure divine: dieu
beau, seigneur de la nécropole.
Dans la vitrine H:
552. — Trait noir. — Deux personnages, coiffés de
plantes aquatiques, le Nil de la droite et le Nil de la gauche,
lient au signe samou , les plantes symboliques du midi et
du nord.
Dans la vitrine I:
540. — Trait noir. — Figure agenouillée, sans doute
un ex-voto consacré à un défunt par ses fils Hori et Pariousokhir.
Collection des prêtres d'Amon (?).
Au-dessus de la vitrine J:
528. — Sanguine. — Lion et griffon (?), ou animal
fantastique.
535. — Chacal dessiné à la sanguine. — Taureaux.
532. — Sanguine. — Animal fantastique, sorte de griffon
à tête de femme, avec le collier d'Hathor passé au cou.
Au-dessus de la vitrine K:
550. — Trait noir. — Vache représentant la déesse
Hathor.
Paroi septentrionale de la Salle.
Au-dessus de la vitrine L:
534. — Trait noir. — Le dieu Harmakhis tient le roi
Ramsès IV embrassé.
Au-dessus de la vitrine M:
538. — Trait noir et sanguine. — Le fonctionnaire Amenhotpou,
en présence du roi, portant les insignes du dieu
Amon. Date de l'an Il, 23e jour du second mois de l'été.
Au-dessus de la vitrine O:
551. — Trait noir et trait rouge. — Pharaon tenant
deux barbares représentés de petite taille.
526. — Trait noir rehaussé de sanguine. — Le roi
Ramsès IV, chaussé de sandales à pointe recourbée, présente
une offrande au dieu Mînou. Sous ses pieds deux barbares
agenouillés, les mains liées derrière le dos.
539. — Trait noir et sanguine. — Ramsès IV sur son
char: Pharaon agenouillé; épervier; tête de lionne; visage
humain. Ce sont des exercices de dessin pour reproduire
divers mouvements et diverses attitudes.
Dans la vitrine O:
531. — Sanguine. — Combat à coups de flèches entre
deux guerriers montés sur des chars.
Au-dessus de la vitrine P:
527. — Trait noir. — Ramsès IV traîne, liés à son char
de triomphe, des prisonniers barbares que son lion fidèle
menace de dévorer.
Dans la vitrine P:
541. — Trait noir rehaussé de rouge. — Deux lutteurs
vont combattre pour le divertissement de Pharaon.
542. — Trait noir. — Deux chasseurs nègres ramènent
une gazelle (?).
Au-dessus de la vitrine Q:
547. — Trait noir. — Déesse ou princesse agitant les
deux sistres devant le roi Ramsès-Meiamoun.
Au-dessus de la vitrine R:
546. — Trait noir. — Le premier prophète d'Amon.
Amenhotpou, devant son souverain représenté sous la
forme d'Horus (cfr. no 538).
Dans la vitrine R:
524. — Trait noir. — Jolie tête de Pharaon.
Dans la vitrine S:
545. — Trait noir. — Esquisse d'une tête au trait
noir rehaussé de couleur.
3o — Modèles de sculpture et statues à différents états
d'achèvement.
Les modèles de sculpture et les pièces ébauchées sont
distribuées entre les six armoires dressées, A-B contre le
mur est, C-F contre le mur ouest de la salle. Les modèles
de têtes royales sont précieux, surtout parce qu'ils nous
permettent de suivre le procédé que le praticien employait
pour commencer et achever son aeuvre. Quinze
d'entre eux proviennent de Sakkarah, onze de San (Tanis),
et trois de Mît-Farès (Crocodilopolis), dans le .
La série de Sakkarah, la plus complète de toutes, est aussi
la plus instructive: c'est une véritable suite d'exercices gradués
destinés aux élèves sculpteurs. Le no 563 (haut. 0 m.
23 cent.) nous fournit le point de départ, avec une tète à peine
ébauchée. En regardant sur la face plane de derrière, on
y distingue encore, tirés à la pointe, les traits de proportion
qui indiquaient la place des yeux, du nez, de la bouche
et de toutes les parties du visage. La figure usitée
comme modèle était évidemment celle du roi régnant.

C'était celle que les sculpteurs avaient le plus souvent à reproduire;
aussi l'étudiaient-ils avec soin de face et de profil,
jusque dans ses moindres détails. Le no 564 (haut. 0 m.
21 cent.) nous montre, en effet, vu de profil, le même personnage
que tous les autres modèles nous montrent de face. Deux
modèles de pied, découverts à Sân (nos 565 et 566; long.
om. 125 mill.), nous prouvent qu'on appliquait aux autres
membres le procédé qui réussissait si bien pour la tête. On
remarquera encore (nos 567 et 568) une tête humaine et
une tête de chacal finement travaillées qui sont des couvercles
de canopes, puis une tête royale à peine dégrossie
(no 569), enfin trois petits bas-reliefs représentant des béliers
(nos 554, 555) et un lion (no 556).
En dehors de ces pièces, nous signalerons:
ARMOIRE A.
590. — Haut. 0 m. 12 cent., long. 0 m. 315
mill., larg. 0 m. 115 mill.
Modèle d'architecture; il représente un petit autel auquel
on arrive d'un côté par deux petits escaliers, de l'autre
par deux rampes assez raides, où l'on se proposait probablement
de tailler des marches.
Le long des murs sont rangées les statues à différents
états d'achèvement:
571. — CALCAIRE. — Haut. 0 m. 41 cent.
Statuette ébauchée, montrant, comme le no 569, par
quel procédé les sculpteurs dégrossissaient le calcaire. Ils se
servaient du ciseau et ils descendaient largement la taille:
d'autres pierres exigeaient d'autres procédés.
572. — BASALTE (?). — Haut. 0 m. 46 cent. —
Mit-Rahineh.
Statuette à peu près semblable à la précédente, mais de
matière différente. La pierre, beaucoup plus dure, n'a pu
ètre dégrossie qu'à la pointe.
573. — SERPENTINE GRISE. — Haut. 0 m. 98 cent.
Mit-Rahineh.
La statue reste à l'état d'ébauche. Le personnage est debout.
Il tient devant lui un naos, dans lequel devait figurer
une image de divinité qui n'a pas été sculptée. il a des sandales
aux pieds et la longue robe ramenée par un naeud sur
la poitrine. La face est à peine dégrossie.
574. — CALCAIRE. — Haut. 0 m. 52 cent. —
Tanis.
Statuette inachevée d'un personnage, assis dans une attitude
dont la sculpture égyptienne ne nous offre qu'un petit
nombre de modèles (comparer la statue no 251, de l'époque
de Psammétique Ier).
575. — SERPENTINE GRISE.
Statue à peine dégrossie d'un personnage debout. La
tête n'est encore qu'une masse informe.

SALLE J.

La salle J est consacrée au mobilier et à l'outillage domestique.
VITRINES A-B.

Les deux petites vitrines plates adossées aux piliers qui
séparent la salle H de la salle J, renferment: celle de
l'ouest, (vitrine A) un très beau fragment de peinture décorative
sur pisé provenant du palais d'Aménôthès III, à
Médinet-Habou; celle de l'est, un grand éclat de calcaire
(no 1327, de 0 m. 85 cent. de long.) découvert par M. Daressy
dans le tombeau de Ramsès Neferkarâ, à Thèbes, au Bibanel-Molouk,
et portant un plan de ce tombeau, analogue à
celui du tombeau de Ramsès IV qui nous est déjà connu
par le papyrus du Musée de Turin que Lepsius a publié.
Les murs sont indiqués en rouge; les portes sont représentées
rabattues avec le vide peint en jaune. Quelques
légendes en hiératique, à demi effacées, donnent les noms
des diverses parties du monument et leurs dimensions. Celles-ci
ne s'accordent pas entièrement avec celles de l'original:
c'est comme un avant-projet qui avait été modifié en
cours d'exécution.
ARMOIRE C.
Boites en jonc tressés; paniers, ouvrages de vannerie.
ARMOIRE D.
Chaise et tabourets couverts en paille ou en fil (nos 497,
498 et 499). Sièges sans dossier, en bois peint (no 500)
ou baguettes entrecroisées, attachées par des liens en roseaux
(no 501). Pieds de meubles sculptés. Fragment de
panneau en bois, avec les restes d'un épervier et d'ornements
en relief, jadis relevés de dorures et de pierres ou d'émaux
coloriés (no 504, époque plolémaïque): Fragments de
meubles avec peintures, dorures, incrustation en émail et
en lapis-lazuli (nos 503, 504, 505).
1358 bis. — BOIS D'ÉBÈNE. — Haut. 0 m. 76 cent. —
Deîr-el-Bahari.
Porte du naos dont faisait partie le panneau exposé dans
la salle K (v. p. 249, no 1358), et trouvé par Naville à
Deîr-el-Bahari: Thoutmosis III y est figuré présentant
l'offrande à son père Amon. Le revers est consolidé d'ais
transversaux; on y voit les anneaux en bronze dans
lesquels les verroux glissaient. — XVIIIe dynastie.
ARMOIRE E.
Paniers et ouvrages de vannerie, filets, cordes, sparteries,
venant d'Akhmîm pour la plupart. Au centre, à droite et à
gauche du gros panier, deux petites tables à étages, abritées
d'un auvent pointu sur plan carré, étaient destinées à
recevoir des offrandes. Découvertes à Akhmîm en 1884.
ARMOIRES F et G.
Paniers à offrandes, provenant d'Akhmîm (nos 506 et
507). Paniers en jonc de couleurs variées, tels qu'on les
fabrique encore aujourd'hui (no 508); couffes (nos 509 et
510); cordes, filets, balai (no 511).
Les trois cages échelonnées au milieu de la salle, contiennent:
VITRINE H.
Sièges de diverses formes: eseabeau de bois peint en
blanc (no 500); petit siège à trois pieds (no 516) en usage
chez les cordonniers; sièges de différentes formes. garnis
de cuir ou peints de manière à simuler une décoration
de cuir et provenant du tombeau de Sannotmou (nos 519,
521, 522).
VITRINE I.

Petit modèle de lit recouvert de jone (no 517); pliants
dont les montants se terminent en tête de canard; tabourets
et sièges en jone tressés; pliant au nom de Sannotmou, en
bois et en toile (no 520).
VITRINE J.
Chaise d'un modèle vulgaire, avec siège en jone tressé
(no 497) et tabouret de même façon (no 498). Petit tabouret
en bois, à trois pieds, en usage chez les ouvriers cordonniers,
ébénistes, ciseleurs, etc.; petit modèle en bois du
même genre de tabouret. Fauteuils à pieds de lion. Fonds
de chaises ou de fanteuils en jones tressés ou en cordes. —
XXe dynastie.

SALLE K.

La salle K contient une collection des poids et mesures
de l'époque pharaonique, plus quelques monuments de l'architecture
civile des anciens Égyptiens. En y pénétrant par
la porte de l'est, qui la met en communication avec la salle
L., on y trouve successivement:
Partie nord de la Salle.
CADRE A.
Porte en bois (haut. 2 m. 20 cent., larg. 2 m. 10 cent.)
trouvée à Illahoun. Avec beaucoup d'attention, on peut
discerner des figures gravées sur le milieu de cette porte,
ainsi que le nom du roi Osorkon Iee (XXIIe dynastie).
ARMOIRE B.

Elle renferme quelques mosaïques et quelques émaux
d'un travail très délicat, notamment le fragment no 409,
qui représente des fleurs sur fond blane.
470. — ÉMAIL BLEU. — Haut. 0 m. 28 cent.,
larg. 0 m. 20 cent.
Barque solaire, exposée avec la pierre où elle était encastrée.
— Époque ptolémaïque.
Au-dessus de cette pièce, un grand fragment triangulaire,
d'un émail bleu admirable, provenant de Gournah.
C'est le côté d'une pyramide funéraire, et l'on y voit représenté
le scribe du trésor d'Amon, Kanoura, en adoration
devant le dieu Râ-Harmakhis. — XVIIIe dynastie.
Une collection de perles en verre, en émail, en pierres
de différentes espèces, cornaline, agate, onyx, lapis-lazuli,
en bois nu ou doré, en argent, en or, occupe le reste de l'armoire.
Chaque espèce est exposée dans un de ces pelits
godets en terre cuite, qu'on trouve par milliers à Sakkarah
et dans les nécropoles de l'ancien empire: ils servaient à
contenir les offrandes destinées au mort.
Entre l'armoire B et l'armoire C, dans un cadre vitré,
est exposée une peinture représentant un prisonnier nègre,
figuré à un peu plus de la moitié de la grandeur naturelle.
Elle provient des fouilles faites par M. Daressy dans les ruines
du palais construit par Aménôthès Ill à un kilomètre
environ au sud de Médinet-Habou. Les salles avaient chacune
un sol de terre, battue avec soin jusqu'à acquérir la

dureté de la pierre: on le recouvrait d'une couche mince
de plâtre ou de chaux, sur laquelle on peignait des scènes
champêtres ou des bordures de prisonniers.
ARMOIRE C.
446. — ALBÀTRE. — Haut. 0 m. 37 cent. —
Sakkarah.
Vase portant les cartouches du roi Thoutmosis III. La
légende mscrite sous les noms et titres royaux nous apprend
que la capacité de ce vase était de 21 hinou. Le hinou était
l'unité de mesure, dont il est facile, avec cette indication,
de reconnaitre la valeur: elle est ici de o1, 4522. — XVIIIe
dynastie.
Un antre monument nous fait connaître la valeur du
debonou , unité de poids (ogr, 9044).
Le gros poids rond, à calotte hémisphérique, en granit
gris, qui est exposé dans le compartiment du milieu sur
la droite, porte, gravés très finement, le nom et les titres de
Taharkou: il pesait 260 debonou, selon l'inscription tracée
sur la calotte, et il appartenait au temple de Phtah. —
XXVe dynastie.
447. — GRANIT GRIS. — Haut. 0 m. 25 cent. —
Don de M. Wilbour. — Sakkarah.
Poids en forme de tête de veau, estimé à 300 debonou
suivant l'inscription, et portant les cartouches du roi
Séti Ier. Les cassures du cou ne sont pas accidentelles. Le
sculpteur, en taillant les pièces de ce genre, leur donnait à
peu près le poids légal; pour obtenir une approximation

plus exact, il abattait ensuite la pierre à petits éclats jusqu'à
ce que le poids nouveau fìt équilibre au poids étalon sur
lequel on le réglait. — XIXe dynastie.
448 et 448 bis. — BRONZE ET ARGENT. — Haut.
0 m. 10 cent. et 0 m. 15 cent.
Mesures pour les liquides, avec divisions marquées jusqu'à
1/128. — XVIIIe dynastie.
449, 450 et 451.
Équerres et niveaux ou fils à plomb, de peintre ou de
maçon, provenant de la tombe de Sannotmou (XXe dynastie).
découverte à Thèbes (Deïr-el-Médineh) au mois de février
1886. Cette tombe, qui n'avait jamais été fouillée, contenait
un mobilier funéraire des plus complets et des plus
intéressan's, depuis les instruments de l'architecte jusqu'au
texte d'un roman qui représentait la bibliothèque du mort.
Nous avons rencontré successivement, dans la salle A el les
salles suivantes, les différentes pièces de ce mobilier.
452. — BOIS. — Long. 0 m. 523 mill.
Coudée provenant du tombeau de Sannotmou.
453. — PIERRE. — Long. 0 m. 13 cent. — Tanis.
Fragment de coudée portant diverses indications astronomiques.
— XXVIe dynastie.
454. — GRANIT GRIS.Memphis.
Poids de 60 debonou (cfr. le no 447, p. 243).
455. — Petite balance d'orfère ou de pharmacien. —
Poids de formes diverses.
ARMOIRE D.

Sur la paroi:
456. — BOIS.Abydos.
Queues d'aronde gravées au cartouche de Séti Ier, et trouvées
dans l'épaisseur des murs du grand temple d'Abydos.
457 et 458. — BOIS.
Maillets de charpentier, de maçon ou de sculpteur.
Entre l'armoire D et l'armoire E, dressé le long du pilier,
on voit un cadre de lit jadis peint en blanc. De petits fragments
du treillis en cordes qui soutenait le matelas sont
visibles encore aux angles du cadre.
ARMOIRE E.
496. — BOIS.
Lit peint en blanc, porté sur des pieds de lion, au nom
de Sannotmou. Les deux serpents peints sur le plat du
cadre sont chargés de défendre contre les spectres et les
revenants la personne, morte ou vivante, qui était couchée
sur le lit.
Sur le mur est, au sud de la porte, on a réuni en un
même ensemble des pièces de bois, montants et pieds en
forme de pattes de lion, provenant de lits bas, analogues
aux angarebs des Nubiens modernes. Ils ont été trouvés
pour la plupart à Gébéléin, et ils appartiennent au début
du premier empire thébain. — XIe et XIIe dynasties.
ARMOIRE F.

536. — BOIS ET STUC. — Haut. 0 m. 90 cent.
Fragment d'un naos d'époque ptolémaïque, sur lequel
sont représentés deux porte-enseigne d'un dessin assez
soigné. La couleur rose dont les chairs sont peintes marque
le milieu et la fin de l'époque ptolémaïque. L'échelle
légère en roseaux provient d'Akhmîm et appartient au début
de l'époque romaine: elle fut trouvée avec les guéridons
mentionnés à la salle (cfr. p. 240, armoire E). Une vieille
conception prévalait, d'après laquelle on ne pouvait monter
au ciel qu'au moyen d'une échelle sur laquelle veillaient les
dieux des quatre maisons du monde: c'est l'image de cette
échelle qu'on avait mise dans le tombeau, afin de faciliter au
mort l'ascension vers l'autre monde.
ARMOIRE G.
459. — BOIS. — Haut. 0 m. 27 centimètres, larg.
0 m. 34 centimètres.
Modèle de pylône, tel qu'il s'en trouvait à l'entrée non
seulement des édifices religieux, mais des riches demeures
particulières.
460. — TERRE CUITE. — Haut. 0 m. 28 cent., larg.
0 m. 38 cent., prof. 0 m. 45 cent.
Modèle de maison, précédée d'une cour et composée d'un
rez-de-chaussée et d'un étage surmonté d'une terrasse. L'escalier
se trouve dans la cour, à gauche; il est abrité par un
toit plat en communication avec la terrasse. La clôture de la
cour est percée de trois ouvertures, au niveau des fenêtres de
l'étage supérieur.
461. — TERRE CUITE.
Autre modèle de maison, comme on en voit encore
aujourd'hui à Gournah. Un escalier en forme de rempe très
allongée conduit de la cour à la terrasse. La maison se
compose d'une chambre fermée et d'un hangar complètement
ouvert sur la cour. Le toit est seulement soutenu par
une colonne, au point où la portée serait trop longue du mur
de gauche au mur de droite. — Autres modèles de maisons,
dont deux, en pierre et carrés, montrent, sur l'un des côtés
du rez-de-chaussée, une fenêtre garnie vers le bas d'une
claire-voie: dans l'angle gauche de la terrasse une petite
chambre s'élève, où l'on vient dormir ou prendre le frais le
soir, pendant l'été.
468. — Haut. 1 m. 27 cent., larg. 0 m. 70 cent.
Porte en clayonnage, provenant des fouilles de Meïr en
1892. Serrure en bois du côté de la porte.
471. — BRONZE. — Fouilles de M. Naville à
Pithom.
Grillage de fenêtre. — XXIIe dynastie.
Dans le cadre placé entre les deux armoires G et H, on a
exposé des cannes et des insignes de commandement, sceptre
à tête de coucoupha , pedum terminé par un crochet
recourbé , fragment du sceptre Zamà à manche tors, etc.
ARMOIRE H.
Coffrets (nos 478, 479, 480) provenant pour la plupart
du tombeau de Sannotmou. Plaques de coffrets en bois,
avec incrustations d'ivoire (nos 481, 482, 483), Pieds ou

supports de fauteuils ou de lits en calcaire (no 484), en
granit (nos 485 et 486), en terre émaillée (no 487). Petit
chevet (no 488) et petit modèle de fauteuil (no 489).
Sur le pilier, entre les armoires H et l, est un cadre vitré
contenant une figure peinte de prisonnier asiatique, de
même style et de même provenance que la figure de nègre
décrite précédemment, p. 242.
ARMOIRE I.
Hoyaux ou pioches en bois (no 490). Fuseaux et quenouilles
en bois et en bronze (no 491 et 492): écheveaux
de fil (no 493); pelotes (no 494); bobine teminée par deux
têtes sculptées (no 495).
Sur le pilier, entre les armoires l et J, peinture représentant
un prisonnier syrien, de même provenance que les
deux figures décrites plus haut, cfr. p. 242.
ARMOIRE J.
Émaux de Tell-Yahoudiyeh (voir no 463). On peul remarquer
une jolie bordure de lotus (no 472); une plaque
émaillée, au nom de Ramsès Ill (no 473); les restes d'une
frise formée d'oiseaux fantastiques (no 474); un prisonnier
nègre (no 475). L'Asiatique au vêtement orné de couleurs
et de dessins variés (no 475 bis) provient de Tell-el-Amarna
(voir no 207 et 433). La figure de roi, en émail vert, qui
est exposée sur la gauche, a été trouvée à Karnak, par
M. Legrain, en 1902: elle représente le roi Aménôthès Ier
de la XVIIIe dynastie.
CADRE K.
Gonds en bronze et pentures de porte.
Au centre de la salle, dans trois vitrines spéciales sont
exposés de l'ouest à l'est:
VITRINE M.
1358. — BOIS D'ÉBÈNE. — Haut. 1 m. 75 cent. —
Déìr-el-Bahari.
Panneau latéral d'un grand naos dédié à Amon par
Thoutmôsis Il. Sur le côté extérieur, le Pharaon est représenté
faisant offrande au dieu, dont le nom et les images
ent été effacés au temps de Khouniatonou, vers la fin de
la XVIIIe dynastie; à l'intérieur, la décoration ne comporte
que des séries superposées des signes symboliques de la
stabilité et de la liberté d'allures , séparées par des
bandes d'inscriptions.
CAGE N.
Lits, sièges et tabourets en bois.
VINRINE O.
467. — BOIS PEINT. — Haut. 1 m. 17 cent., larg.
0 m. 77 cent.
Battant de la porte de la chambre funéraire de Sannolmon.
Une partie de la serrure est restée fixée au battant. —
Les seènes peintes sur l'un des côtés représentent le défunt
et sa famille rendant hommage à Osiris et à Phtah-Sokari.
De l'autre côté, on voit Sannotmou et sa compagne Einofriti
assis en présence d'une table à jeu, et d'une autre table
converte des aliments qui leur sont offerts.
Sur les piliers qui ne sont pas occupés par les peintures
du palais d'Aménôthès IIl, on a rangé des débris de meubles.
de bois et des motifs de constructions en pierre, dont les
principaux sont:
462, 465 et 466. — CALCAIRE. — Haut. 0 m. 49
cent. et 0 m. 70 cent.
Grillages de fenêtres.
Aux pieds des mêmes piliers sont rangés sur le sol des
fragments d'architecture, chapiteaux à tête d'Hathor ou à
bouton de lotus, claires-voies servant à l'éclairage des temples.
Les pièces de bois dressées aux angles de la salle ont
été trouvées à Thèbes dans les tombeaux des rois: elles ont
servi sans doute à mettre en place le sarcophage des souverains.

SALLE L.

VITRINES A-B.
Deur vitrines plates A et B, placées au point des séparations
des salles J et L, contiennent des bronzes provenant
de Saïs. lls avaient été brûlés pendant un incendie, puis
enterrés sous les décombres; on les a laissés tels quels, pour
montrer au visiteur l'état dans lequel cette sorte d'objet est
au sortir de terre. C'est un mélange de statues, de vases et
de pièces diverses agglutinées les unes aux autres, et parmi
lesquelles on remarque deux admirables statuetles assises de
Bastìt, la déesse à tête de chatte. — XXVIe dynastie.
Deux des armoires adossées au mur oriental contiennent
la fin des petits bronzes.
ARMOIRE C.

Pentures de portes en bronze, pieds de fauteuils en calcaire
(no 484), galets en pierre et en terre émaillée, percés au
centre d'un trou rond, qui ont servi à l'ornementation de
pieds de lits ou de fautenils (nos 485, 486).
ARMOIRE D.
Collection de briques estampées; on remarque, sur celles
qui portent les empreintes les plus nettes, le nom d'Isimkhabiou
(no 476). Les briques en quart de cercle qui sont
entassées au bas de l'armoire (no 477) proviennent de Louxor
et sont d'époque romaine; elles formaient, par la réunion
des quatre segments, les assises d'une colonne ronde.
ARMOIRE E.
Elle est consacrée aux pentures de portes en bronze;
les lions en bronze ont fait peut-être partie d'énormes serrures
(no 502), et sont de très bon style saïte. Le petit
sphinx couché, muni de bras humains qui tiennent un vase
d'offrande, est un peu plus ancien, ainsi que le bouquetin
couché, qui servait de support à un bras de siège.
748, 749, 750 et 751. — BRONZE. — Haut. moy.
0 m. 03 cent. et 0 m. 05 cent.
Ces petits cubes proviennent du temple de Tanis. Ils semblent
avoir servi de pieds à des coffrets en ivoire et en bois
précieux. Chacun d'eux porte, gravés au trait puis relevés
d'argent, des noms de divinités, le cartouche du dieu thébain
Khonsou, etc. Le style des inscriptions nous ramène
à la XXIe dynastie, plutôt même à l'époque saïto-persane.
Centre de la Salle.

VITRINE F.
Les bronzes qui y sont réunis proviennent d'une trouvaille
faite en 1901 à Bédréchéin par Daninos pacha. Ils
semblent avoir été apportés de Thèbes vers l'époque saïte.
A la suite de quelque événement inconnu, peut-être au
temps de la révolte d'Inaros, ils furent arrachés violemment,
et l'un des voleurs enterra sa part du butin au fond d'une
cachette, pratiquée dans l'épaisseur d'un mur en briques
appartenant à un édifice mal défini. C'étaient des masses
d'objets brisés et agglutinés par l'oxyde. Au nettoyage, on
reconnut que la plus grande partie d'entre eux étaient des
plaques en cuivre ou en bronze, les unes décorées de dessins
au trait, les autres découpées et travaillées en relief, qui
avaient fait partie de la décoration inféieure d'une ports,
ou d'une ou plusieurs de ces chaises à porteurs dont les
Pharaons se servaient dans leurs pompes triomphales. Chacune
d'elle représente un roi casqué ou un dieu Nil debout,
marchant et portant devant lui, à deux mains, une table
d'offrandes, sur laquelle sont posés des vases à libations
et d'où pendent des gerbes de fleurs. Les cartouches sur lesquels
les fleurs viennent s'appuyer sont vides pour la plupart;
dans ceux qui ont une inscription, on reconnaìt les
noms du dieu Osiris, de Thoutmôsis III, d'Osorkon III,
de Psammétique II, d'Ahmasis. Les disques sont pour la
plupart des miroirs, dont la face extérieure est décorée au
trait de dessins fort délicats. L'un de ces disques, incomplet,
portait une représentation des scènes de la procession du
dieu Minou, semblables à celles qu'on voit sur les murs des
temples thébains.
J'ai l'impression que ces morceaux faisaient partie du
mobilier d'une princesse thébaine, mariée à Memphis vers
le milieu de la XXVIe dynastie.
Le reste de la trouvaille comprend des pièces intéressantes
pour l'étude des procédés de la métallurgie en
Égypte. Le fragment de statue agenouillée montre comment
on emboîtait les pièces, fondues séparément, du torse et des
reins: les bras, les fragments de vêtements, la main gigantesque
tenant un vase à eau, sont d'un travail remarquable.
Sur la paroi ouest, à côté de la porte qui mène à la salle K.
on voit:
À gauche:
463 et 464. — CALCAIRE ÉMAILLÉ ET PEINT. — Haut.
0 m. 38 cent. et 0 m. 37 cent., larg. 0 m. 98 cent.
et 0 m. 67 cent. — Tell-Yahoudiyeh, près de Chibinel-Kanater.
Fragments d'autels (?) ornés de lotus et de fleurons. Le
no 463 est exposé tel qu'il a été trouvé dans les ruines du
temple: le no 464 est restauré. Le temple de Tell-Yahoudiyeh,
maintenant complètement démoli, appartenait à l'époque
de Ramsès III; sa décoration en terre émaillée en
faisait un monument unique dans l'Égypte ancienne. —
XXe dynastie.
À droite:
721. — BRONZE. — Haut. 0 m. 26 cent., long.
0 m. 64 cent.
Ce magnifique lion, au nom du roi Apriès, porte entre
les pattes de devant l'attache d'une chaine, dont nous
n'avons plus aujourd'hui qu'un morceau plus ou moins

long. A la partie postérieure de l'espèce de boîte oblongue
à travers laquelle la bête semble passer, est un trou quadrangulaire
qui permet d'introduire la main.
Mariette pense qu'il est à peu près certain que ce monument
est une sorte d'énorme serrure ou de cadenas. A l'extrémité
de la chaîne devait être ajusté un appareil qu'on introduisait
dans l'ouverture quadrangulaire de l'autre extrémité.
Une fois l'appareil en place, le cadenas était fermé.

SALLE M.

La salle M, qui termine la galerie est vers le nord, est
consacrée toute entière à l'exposition des monuments coptes.
Contre le premier pilastre est, qui la sépare de la salle L,
est adossé un meuble en bois dêouvert en 1900 par
M. Quibell, à Kom Ichgaou. La face tournée vers le spectateur,
la seule décorée, porte au centre du panneau un
petit bas-relief représentant un lion qui saisit un lièvre à
très longues oreilles. — VIIe ou VIIIe siècle après J.-C.
Sur le pilastre qui lui fait face on a disposé des bois
provenant de l'église funéraire de Bawît, et recueillis en
1901 par l'inspecteur Mohammed effendi Chaban: portes
en panneaux rapportés, de style analogue aux portes des
mosquées fatimites, frises décorées de rinceaux, et surtout
un montant de porte (no 32925) représentant un évangéliste
debout dans une niche voûtée et encadrée de deux
colonnes: au-dessus, la croix grecque encastrée dans une
couronne de feuillage.
Sur la paroi est on voit dans l'ordre suivant:
ARMOIRE A.
Clefs en cuivre forgé et ciselé, dont les deux plus grandes
(no 411 et 412) proviennent du Déîr-el-Abyad:

bagues, bijoux, cymbales à clochettes ou sistres (no 413)
employés dans les églises aux mêmes usages que nos clochettes
ordinaires; icône ou image sainte (no 414) du XIe
ou du XIIe siècle, avec inscription copte et arabe; lampes
en forme ordinarie, relevées d'une croix à la poignée; lampes
en forme de colombe, dont l'une a encore ses chaìnes
(nos 418, 419) de suspension; ampoules; peignes en bois.
Deux grandes plaques en argent, relevées de croix et d'ornements
dorés, sont des reliures d'évangéliaires. On lit sur
la plus petite, qui provient de Louxor (no 1326 bis, haut.
0 m. 25 cent., larg. 0 m. 10 cent.), le nom de l'ABBA-
ABPAMIOYΕΠKOΠOY, en beaux caractères du VIIe ou
VIIIe siècle. La plus grande, qui appartint à l'AΠAICAMMΩN,
est peut-être un peu plus moderne. La croix
d'argent et d'or qui les accompagne (no 1326, haut. 0 m. 30 c.
larg. 0 m. 20 c.), provient ègalement du trésor de l'église
copte dont les ruines ont été retrouvées par M. Grébaut,
à l'ouest de la grande colonnade du temple de Louxor. Elle
porte sur ses quatre bras la légende suivante: EYXAPIC-
THPIONTAPITCENHCYΠEPAΠAYCEΩYXH-
CΔΙΔYMOY, qui montre que l'objet a été consacré par la
dame Taritsenê pour le repos de l'âme de Didyme. Au
centre, sous l'icône, un bas-relief en bois, du XIe ou du
XIIe siècle, représente un ange ailé et cuirassé qui s'élance
à travers l'espace, la roue à la main, pour écraser la femme
couchée à ses pieds.
ARMOIRE B.
Elle renferme une collection de panneaux et d'ais sculptés
provenant de meubles analogues au meuble décrit précédemment
p. 254, entre autres, deux panneaux avec images
de Saint-Georges (nos 420 et 421), et un troisième avec le

symbole de la colombe (no 422), qui remonte au IXe ou au
Xe siècle. Le beau vase à glaçure changeante et la croix en
mosaïque qu'on voit au centre de l'armoire sont d'une époque
beaucoup plus récente; la dernière n'est probablement
pas de travail égyptien, et elle semble ne pouvoir être plus
ancienne que le XVIIe siècle.
Dans le bas de l'armoire, à gauche, sont entassés des
marques d'amphore et des cachets de terre cuite.
427. — TERRE SÈCHE BLANCHIE À LA CHAUX.
Haut. 0 m. 30 cent., larg. 1 m. 30 cent. — Thèbes
(Déìr-el-Bahari).
Au mois de février 1883, en déblayant le tombeau ou
se trouvait le sarcophage de Tagi (no 410), je découvris que
les chrétiens l'avaient transformé en église consacrée à
Saint-Épiphane, vers le ve siècle de notre ère, pour le compte
d'une des nombreuses laures établies sur le versant de la
vallée de Déìr-el-Bahari. Le couloir du fond fut bouché. et le
couloir d'entrée prolongé par deux murs de briques. de
manière à former une vèritable croix grecque avec la
chambre d'entrée du tombeau ancien. On y descendait pav
un petit escalier de quatre marches: de chaque côté du
bras d'entrée comme des bras transversaux, les murs étaient
décorés de stèles en terre battue, arrondies au sommel.
recouvertes d'un lait de chaux, sur lesquelles des moines
pieux et instruits avaient écrit à l'encre rouge des sentences
des Pères, Saint-Cyrille, Saint-Basile, des professions de foi.
des sermons entires, pour la plupart traduits du grec.
J'ai retrouvè les débris de trois de ces stèles avec des fragments
de sermons sur la création, sur la divinité du Christ.
sur la virginité de Marie, et une stèle entière que j'ai
réussi à d'étacher de la muraille et à transporter au Musée.
Le texte est divisé en trois colonnes de largeur et de
contenance inègales. Il renferme un sermon contre les hérésies,
qui paraît être de Saint-Basile, et qui se termine par la
prière accoutumée en l'honneur de l'empereur et de sa
famille. La première moitié, environ, était écrite sur une
autre stèle, détruite aujourd'hui. Sur le cadre de la nôtre,
le même moine avait copié un second sermon; j'ai rétabli,
à l'endroit où se voyaient des traces d'écriture, un fragment
appartenant à une troisième stèle, pour montrer au visiteur
quelle était la disposition de l'ensemble.
Sur la paroi ouest de la salle, en partant du sud, les
monuments et les vitrines se succèdent dans l'ordre suivant:
ARMOIRE C.
Ustensiles en bronze et ornements d'église; chandelier
en forme de croix (no 402); encensoirs (nos 403 et 404):
brûle-parfums (no 405).
ARMOIRE D.
Poteries coptes, de classement encore incertain. On a
trouvé des fragments du même style à Éléphantine et à
Philae, avec des objets qui paraissent dater du VIIe et du
VIIIe siècle.
Au milieu de la salle, on recontre successivement, en
marchant du sud au nord:
ARMOIRE E.
Elle contient des objets coptes de nature diverse: une
omoplate de chameau, portant des inscriptions coptes à

l'encre noire; deux plaquettes en bois avec un beau spécimen
d'écriture soignée, et des plaques en terre cuite portant
des inscriptions diverses ou le monogramme du Christ.
VITRINE F.
Elle contient des spécimens d'écriture copte sur papyrus.
CAGE G.
Belles lampes d'église en bronze (nos 406 et 407, hauteur
moyenne 0 m. 30 cent.). Elles se composent d'un pied
en forme de candélabre, surmonté d'un petit plateau rond
et aplati, d'où sort une pointe aiguë, analogue à celle
qu'on voit communément dans les chandeliers de églises
italiennes, et qui supportait la lampe proprement dite.
Celle-ci était ouverte à la partie supérieure et avait une
poignée, mais surmontée d'une croix. Elle était munie
d'une sorte de coquille en bronze, qu'on levait, pour
servir de réflecteur, au moment d'allumer la mèche, et
qu'on abaissait, en guise de couvercle, lorsque la lampe
était étainte.
Tous les autres objets appartiennent également à l'àge
copte: pots et bouteilles en bronze, bassins et marmites
(nos 408 et 409); aiguière ou burette; lustre (no 410).
Les deux dernières vitrines contiennent deux momies
d'époque copte, provenant d'Akhmîm, et qui présentent
un aspect informe sous les toiles qui les enveloppent. Le
no 428 étale à l'extérieur une longue bande tissée de
pourpre violette; le no 429 porte, écrit sur l'enveloppe
extérieure en gros caractères, le nom ΠAΦNOYTIoC.

SALLE N.

La salle N contient la série des terres cuites et une
partie des portraits de l'époque gréco-romaine, puis les
monuments qui portent des inscriptions en langues sémitiques,
assyrien, phénicien, araméen, syriaque, ou en l'un
des idiomes asianiques.
Ces derniers monuments sont exposés à droite et à gauche
de la porte qui ouvre sur la salle M.
À droite de la porte:
ARMOIRE A.
436. — GRÈS. — Haut. 0 m. 20 cent. — Dakkéh.
Petite table d'offrandes portant une inscription en caractères
démotiques du royaume d'Éthiopie. — Époque ptolémaïque.
438. — CALCAIRE. — Haut. 0 m. 58 cent., larg.
0 m. 40 cent. — Basse-Égypte.
Stèle carrée en forme de naos. Sur la frise, le disque
solaire étend ses ailes; il est répété au-dessus de la porte.
Dans l'intérieur du naos, sur un piedestal, est représenté
à droite un dieu habillé à l'asiatique et coiffé de la haute
mitre syrienne, mais tenant à la main le sceptre des dieux
égyptiens: il est debout sur un lion passant et reçoit l'offrande
d'un personnage qui, juché sur un tabouret fort
haut, arrose de libations un petit autel. Sur la tête du
dieu plane le disque solaire combiné avec le croissant de la
lune; deux autres croissants lunnaires sont dessinés à droite

et à gauche, et au-dessus deux oreilles, emblème du dieu
qui écoute la prière du fidèle. Aucune inscription ne nous
révèle le nom de la divinité, ni la date exacte du monument.
— Époque persane.
439. — Bronze perse provenant de Daphnae.
440. — BRONZE.
Sphinx ailé, de travail perse.
441 et 442. — Papyrus phéniciens et araméens.
443. — Cylindres babyloniens de Nabuchodorosor,
trouvés, dit-on, dans l'isthme. Énumération de quelques
édifices construits par le roi à Babylone, entre autres un
temple au soleil couchant. — XXVIe dynastie.
701 bis. — CALCAIRE. — Haut. 0 m. 27 cent.,
larg. 0 m. 21 cent. — Sérapéum.
Stèle du roi Apriès, consacrée par un personnage, probablement un interprète, dont le nom écrit en hiéroglyphes,
se lit Pirami; on voit, dans le centre et sur la droite
de la scène centrale, une inscription carienne inexpliquée
jusqu'à présent.
À gauche de la porte:
ARMOIRE B.
Vases avec inscriptions phéniciennes; l'un d'eux (no 432).
avec double inscription, en phénicien et en démotique.
vient de Gournah (Thèbes).
445. — TERRE SÈCHE CRÉPIE À LA CHAUX. — Haut.
0 m. 37 cent., larg. 0 m. 30 cent. — Thèbes.
L'Oraison Dominicale en syriaque. Ce fragment a été
détaché des murs de l'église Saint-Épiphane, découverte en
1883 (voir p. 256, no 427).
Dans les deux vitrines plates C et D, placées chacune
dans un angle opposé de la salle, on a exposé une série des
tablettes cunéiformes découvertes à El-Amarna en 1887,
et qui portent une partie de la correspondance entretenue
par la chancellerie du roi Khouniatonou-Aménôthès IV, de
la XVIIIe dynastie, avec ses vassaux et avec les princes de
l'Asie, depuis la Syrie jusqu'à Babylone. On sait que les
relations de ce prince avec les nations étrangères lui attirèrent
la haine des prêtres d'Amon, ennemis absolus des
Asiatiques; d'où résulta la proscription du culte du dieu
et la persécution dirigée contre ses sectateurs. L'ensemble
de la trouvaille a été publié par Winckler et Abel, die
Thontafeln von El-Amarna
, F. 1, 2, 3 des publications
orientales des Musés Royaux de Berlin. Le catalogue de la
partie qui se trouve dans notre collection a été rédigé sur
les notes de Sayce. On y voit une lettre dans le langage
encore mal connu d'Arzapi (no 1, Winckler 10); une lettre
d'Assourouballìt, roi d'Assyrie, à Aménôthês IV (no 4,
Winokler 9); une autre du roi d'Alasia (no 24, Winckler
12); une autre de Kallimasin, roi de Babylone, en
réponse à celle par laquelle le roi d'Égypte lui demandait
sa plus jeune fille en mariage (no 28, Winckler 1). Les
autres ont trait aux affaires de la province égyptienne de
Syrie, surtout à ce qui concerne les révoltes et les guerres
intestines de la Palestine et de la côte phénicienne. Deux
fragments seulement (nos 55-56, Winckler 239) nous
offrent les débris d'un texte mythologique.
431. — BOIS. — Long. 2 m., larg. 0 m. 60 cent.,
haut. 0 m. 39 cent. — Sakkarah.
Cercueils de bois très épais, portant une inscription funéraire
conçue dans le dialecte Minnéen de l'Himyarite. A
l'époque ptolémaïque, les relations commerciales établies
entre l'Égypte et les peuples de l'Arabie méridionale attiraient
beaucoup de négociants et de mercenaires minnéens
aux bords du Nil. L'un d'eux mourut à Memphis, et c'est son
cercueil qui est exposé aujourd'hui sous le no 431.
1o PORTRAITS GRECS.
On a réuni sur deux panneaux, au nord et au sud de
la salle, un certain nombre de portraits peints à la cire ou
à la gouache à l'époque romaine. Vers le 1er siècle après
J.-C., l'usage s'établit, dans certaines parties de l'Égypte et
surtout au Fayoum, de remplacer le masque en relief des
momies par un panneau de bois, sur lequel le portrait du
mort était peint selon les conventions et les procédés de
l'art grec. Une inscription datée de Marc-Aurèle, trouvée
en même temps que les nos 1264, 1265, exposés dans la
galerie O, permet de dater ces portraits et, par suite, la
meilleure partie de notre collection, de la fin du IIe siècle
de notre ère.
2o TERRES CUITES ET VERRERIES.
Côté sud de la Salle.
ARMOIRE E.
Terres cuites, statuettes, masques et figures grotesques,
notamment les images du dieu Bisou (côté gauche, rangées

inférieures); jolie statuette de faune (no 316, côté gauche,
quatrième rangée); statuettes d'Astarté; séries de
têtes féminines diversement coiffées; petits monuments du
culte d'Isis et de Sérapis.
1323. — PARCHEMIN. — Haut. des pages, 0 m.
15 cent., larg. 0 m. 12 cent. — Akhmim.
Trente-trois feuilles de parchemin, ayant formé un livre
recouvert en carton et en cuir; sur la première page est dessinée
une croix copte. Les pages 2 à 10 renferment l'évangile
apocryphe de Saint-Pierre; les folios 11 et 12 sont blancs;
les pages 13 à 19 contiennent l'apocalypse de Saint-Pierre,
et les pages 21 à 66 la majeure partie du Livre d'Enoch, le
tout en grec.
1324. — PAPYRUS. — Haut. des pages 0 m. 315
mill., larg. 0 m. 275 mill. — Akhmîm.
Les feuilles, montées entre deux verres, composaient
primitivement un livre recouvert en cuir. La première page
contient une table de division. Les suivantes renferment
un recueil de problèmes d'arithmétique élèmentaire. — VIe
ou VIIe siècle de notre ère.
ARMOIRE F.
Cette armoire contient des séries d'animaux, dont les
plus intéressants sont les chameaux et les éléphants (317
et 317 bis). Le chameau était inconnu à l'Égypte pharaonique
et ne paraít y avoir été introduit qu'à l'époque grécoromaine,
encore n'y était-il que peu répandu: nos figurines
de chameaux datent du 1er siècle avant J.-C. ou du premier
après. Les éléphants étaient nombreux en Syrie vers le
XVIe siècle avant notre ère, et l'une des peintures du tombeau

de Rakhmirì, à Thèbes, nous montre un jeune éléphant
amené en tribut par les Syriens en compagnie d'un
ours isabelle du Liban. Les Ptolémées, voulant opposer des
troupeaux d'éléphants de guerre aux bandes des ro s Séleucides
et ne pouvant s'approvisionner dans l'Inde, essayèrent
de dresser l'éléphant d'Afrique et entreprirent de grandes
chasses dans les régions qui bordent la côte de la Mer Rouge
et jusqu'en Abyssinie: à cette occasion ils fondèrent des
postes spéciaux, Ptolémais epi thêras, Berenice epi thêras.
Nos figurines d'éléphants les plus anciennes datent de l'époque
ptolémaïque et représentent ces éléphants d'Afrique.
ARMOIRE G.
Elle contient des verreries et des fragments mal classés.
d'époque gréco-romaine, statues en marbre, poteries, basreliefs.
ARMOIRE H.
Terres cuites de basse époque, provenant principalement
du Fayoum. La plupart représentent ou des Aphrodites,
coiffées d'une large stéphané, ou des Harpocrate ou Horus
enfant, très éloignés de l'ancien type égyptien. On ne les
reconnaìt guère qu'à la tresse pendante et au doigl enfoncé
dans la bouche. Ils sont tantôt assis sur des oies ou sur
des chevaux, tantôt debout et appuyés contre un socle, tantôt
embarassés d'une amphore sous le bras. Par exception, une
de ces statuettes (côté droit, troisième rangée, no 315) porte
une inscription hiéroglyphique.
Côté nord de la Salle.
ARMOIRE I.
Elle renferme un mélange de menus objets de provenances
diverses. Sur les deux premières tablettes du haut,

sont rangées des anses d'amphore, rhodiennes pour la plupart,
et analogues à celles qu'on voit en si grand nombre
dans notre Musée d'Alexandrie: elles portent, imprimé en
creux, le nom de l'exportateur ou du magistrat sous lequel
l'amphore avait été exportée. Sur les deux tablettes suivantes
on trouve des tablettes d'écolier provenant d'Antinoé, la
plupart de basse époque romaine, et des moules en bois
qui étaient destinés à imprimer, les uns des inscriptions, les
autres des emblémes ou des scénes mythologiques sur
des objets en terre cuite.
Au bas de l'armoire on a entassé des bronzes d'époque
romaine, surtout des anses détachées de vases perdus.
ARMOIRE J.
Elle contient des statuettes et des morceaux de sculpture
de l'époque romaine, parmi lesquelles on remarqne:
387. — MARBRE BLANC. — Haut. 0 m. 60 cent.
Sakkarah.
Une Isis debout, vêtue de la tunique longue. De la
main gauche elle relève les plis de sa robe; le bras droit,
qui tenait la patère, avait été rapporté dans l'antiquité et
manque. Les draperies sont lourdes et la tête n'est pas en
proportion avec le reste du corps: I'ensemble ne manque
pas cependant d'une certaine distinction. — IIe siècle
après J.-C.
388. — MARBRE BLANC.
Beau fragment de vase grec.
390. — GRANIT NOIR. — Haut. 0 m. 60 cent. —
Naucratis.
Statuette d'Isis. La déesse debout, vêtue d'une robe
plissée, tient une fleur de lotus. Ses yeux étaient incrustés
et sont vides aujourd'hui; les pieds manquent. — Époque
ptolémaïque.
391. — PORPHYRE. — Haut. 0 m. 70 cent.
Fragment de statuette. La tête, les bras et les pieds qui
étaient rapportés, et probablement en marbre, manquent.
— IIIe sièle aprés J. -C.
383. — MARBRE BLANC. — Haut. 0 m. 36 cent.
Coptos.
Fragment d'une statue de Vénus, de même pose probablement
que la statuette de la salle O.
399. — GRANIT GRIS. — Haut. moy. 0 m. 53 cent.
Les quatre statues ont été trouvées à Dimèh. Elles portent
des incriptions démotiques et grecques. Cfr., au rez-dechassée,
dans la salle grecque, le naos 305, qui provient
aussi de Diméh, et qui est du règne de Tibère Claude.
ARMOIRE K.
Nombreuses pièces de verrerie, de formes variées (nos
322, 323, 324, 325, 326, 327, 328, 329). Le no 326
est très curieux pour l'histoire de la technique. L'ampoule
de verre transparent qui en forme le corps est habillée
d'un réseau en bâtons de verre opaque, bleu et rouge, soudés
l'un à l'autre et au corps. Des anses bleues et rouges, garnies
d'anneaux libres de même couleur, s'emmanchent sur
le col. Le no 330 montre une tête finement gravée sur
un morceau de verre.
ARMOIRE L.

La collection des lampes en terre cuite du Fayoum renferme
quelques spécimens assez remarquables. Le no 318
est orné très délicatement: sur le plat, on a figuré
en relief léger une barque montée par des Amours. Le
no 319 a la forme d'un buste de déesse, dont le support se
creusait pour recevoir la lampe. D'autres simulent de petits
édifices, temples, chapelles, maisons à plusieurs étages,
d'un intérêt réel pour l'étude de l'architecture civile à
l'époque gréco-romaine. D'autres ont la forme de barques,
de têtes ou de masques tragiques ou comiques. Plusieurs
sont percèes d'un grand nombre de trous, ainsi les nor 320
et 331.

GALERIE O.

On y a réuni, avec la fin des statuettes et des objets civils
de l'époque gréco-romaine, les cartonnages, les cercueils
les masques de momies, et, d'une manière générale, tout
l'appareil funéraire des en usage aux derniers temps de
l'Égypte païenne.
Palier du haut de l'escalier est.
Contre les deux piliers qui séparent la salle M du palier
est de la galerie O, sont adossés:
351. — CALCAIRE. — Haut. 0 m. 35 cent. —
Mit Rahineh.
Fragment de statuette représentant Alexandre (?) en
Hercule. Elle est de l'époque des derniers Antonins ou des
Sévères.
336. — CALCAIRE. — Haut. 0 m. 60 cent. —
Alexandrie.
Charmante statuette d'Aphrodite. La déesse nue, appuyée
contre un dauphin, levait les bras pour nouer la bandelette
qui lui retenait les cheveux. La partie inférieure a été restaurée
en 1885 par le sculpteur Mercié, de passage au
Caire, et exécutée en marbre par M. Barsanti. C'est une
aeuvre charmante, du 1.e siècle avant J. -C., l'une de celles
qui nous permettent le mieux de nous faire une idée de ce
qu'était l'art grec d'Alexandrie.
Paroi est.
ARMOIRE A.
Elle contient des statuettes alexandrines qui, pour la
plupart, rappellent d'assez loin le style de Tanagra. II
convient de signaler le no 385 (haut. 0 m. 08 cent., long,
0 m. 11 cent.), qui a été trouvé près de Kom-Gayef, du
temps de Mariette, et qui, par conséquent, est originaire de
Naucratis. L'artiste y a représenté un épisode ordinaire des
fètes bacchiques. Un faune, en voulant danser, selon l'usage.
sur une peau de bouc huilée et gonflée, est tombé à terre
et serre dans ses bras le col de l'outre; son vêtement,
soulevé par la chute, s'enfle derrière lui et n'a pas encore
eu le temps de s'affaisser. Le morceau est charmant de
conception et d'exécution, et je le placerai volontiers all
IIIe siècle avant notre ère.
ARMOIRE B.
Toutes ces momies proviennent d'Akhmîm, l'ancienne
Panopolis. Si l'embaumement est moins soigné qu'à l'époque

pharaonique, l'équipement extérieur de la momie est
beaucoup plus complet depuis l'époque grecque; masque
doré, armure de cartonnages peints où domine la couleur
rose, bandelettes croisées, habillent le cadavre et dissimulent
l'apparence de la mort. La plus petite de ces momies
est celle d'une jeune femme, habillée à la mode des premiers
temps du IIIe siècle avant J.-C., avec une robe collante en
une de ces étoffes rayées multicolores, que l'on fabrique encore
aujourd'hui à Akhmîm. Les lignes du nez, du menton
et des yeux ont été accentuées de traits roses dont quelquesuns
marquent peut-être des tatouages. La chevelure est
surmontée d'une épaisse couronne où il est permis de
reconnaitre les fleurs du Delphinium Orientale.
Sur le dessus des armoires, on a rangé des vases funéraires
grecs provenant des tombeaux d'Alexandrie.
ARMOIRE C.
L'armoire C renferme la suite des terres cuites d'époque
ptolémaïque et grecque, gourdes, anses d'amphores, vases
de forme diverse, figurines parmi lesquelles on remarque:
371. — TERRE CUITE. — Haut. 0 m. 19 cent.,
long. 245 mill. — Alexandrie.
Bas-relief de style archaïque, paraissant représenter une
scène de l'Orestie. Électre, assise, pleure au pied du cippe
funéraire d'Agamemnon. Oreste, qui vient d'arriver, se
penche vers elle pour la consoler, tandis que son compagnon
tient les chevaux.
Elle renferme également une collection de bijoux en or
et en bronze, de pierres gravées, de dés et de tessères en
ivoire de la même époque.
VITRINES D, E, F.

Les trois vitrines D, E, F, placées le long de la rampe du
palier, contiennent des masques de momie en plâtre peint,
provenant de Balansourah. Tous les types en sont grécoromains,
et le décor ne présente plus aucune trace d'influence
égyptienne. Les têtes de femme sont particuliérement intéressantes,
à cause des variétés qu'on y observe dans la
disposition des cheveux. On pourrait presque faire, d'après
elles, l'histoire de la coiffure féminine dans la MoyenneÉgypte,
au IIe et au IIIe siècle aprés J.-C.
Milieu du palier.
On y remarque d'abord une fort belle momie d'époque
ptolémaïque, couchée dans une cage vitrée. Elle provient
du Fayoum, et le corps est enveloppé de bandelettes disposées
artistiquement en losanges réguliers, dont le centre est
indiqué par une sorte de macaron en pâte dorée. Ce maillot
est arrêté à la hauteur des épaules par un ruban droit,
incrusté de pâtes de verre translucide, multicolores, taillées
en cabochons de manière à imiter des pierres précieuses,
saphirs et émeraudes. Au-dessus de la tête de la momie est
encadré dans la toile un panneau peint, qui nous donne le
portrait de la morte. C'est une femme de trente-cinq ans
environ, aux traits réguliers et énergiques mais durs, au
nez aquilin, à la bouche longue et mince, aux grands yeux
noirs cernés de kohol. Elle a un collier et des boucles
d'oreilles en or incrustées de pierreries, et on voit, vers la
naissance du cou, le commencement de la tunique couleur
cendre de rose dont elle s'habillait pendant la vie. Elle
porte la coiffure en diadème haut du temps des Antonins.
La vitrine voisine renferme deux des momies les plus
curicuses du Musée.
397. — TOILE ET CUIR. — Long. 1 m. 53 cent.
et 1 m. 62 cent. — Sakkarah.
Le corps de la femme est enfermé dans une enveloppe en
toile et en cuir cousu, dont les attaches sont maintenues
par des sceaux intacts. Sur la face supérieure est peinte à
la détrempe la figure de la femme ensevelie. Le costume,
les chaussures, les bijoux, sont byzantins et fort analogues
au costume des mosaïques de Ravenne. — Le corps de
l'homme a disparu et il ne reste plus que la partie supérieure
du linceul; encore est-elle assez détériorée.
Les trois masques exposés dans la même vitrine proviennent
de momies païennes des derniers temps; les
têtes sont couronnées de fleurs et les yeux sont bordés de
noir pour imiter l'effet de la poudre d'antimoine.
384. — GRANIT NOIR. — Haut. 1 m. — Menchiéh.
Serpent du temple d'Esculape à Ptolémaïs de la Haute-Égypte.
La tête est de mauvais travail moderne.
Mur nord de la Galerie.
En suivant le mur nord de la galerie O, on rencontre
successivement:
ARMOIRE G.
Elle contient des objets mobiliers en bronze, plats ronds,
cuillers, brasiers, colliers. La pièce la plus curieuse est
certainement la coupe en argent: elle représente un épervier,
qui s'éploie et se creuse en forme de coquille, comme
pour faire un panier à fruits. Le miroir en bronze, décoreé
de dessins au trait, est de bonne époque hellénique; il et a été
importé en Égypte de quelque cité de la Grèce propre ou
de l'Asie Mineure.
393. — Pot rempli de monnaies de bronze agglutinées
par l'oxyde; des types encore reconnaissables appartiennent
à Dioclétien, à Constantin et aux empereurs contemporains.
Trouvé enfoui à Mit-Farès (Fayoum), sous le
seuil d'une maison antique.
ARMOIRES H-I.
Momies et cartonnages provenant d'Akhmîm.
ARMOIRE J.
Momies provenant du Fayoum (no 252) et de Gébéléin
(no 353). On peut signaler un cercueil d'enfant en roseaux
qui a la forme d'une chapelle, comme si l'on avait voulu
identifier le petit mort à un dieu enfant, probablement à
Harpocrate, l'Horus fils d'Isis et d'Osiris.
ARMOIRE K.
Momies de basse époque provenant du Fayoum; cartonnages
dorés et bandelettes. A droite, momies d'enfants.
Sur deux d'entre elles (no 334, 335), le masque doré
est remplacé par le portrait du défunt mis à la place du
visage.
ARMOIRE L.
Collection de statuettes en bronze, d'époque grécoromaine.
Mur méridional de la Galerie.
Le long du mur méridional, on rencontre en marchant
de l'est à l'ouest:
ARMOIRE M.

Ivoires et panneaux de bois plaqués d'ivoire, débris de
coffrets d'époque romaine.
ARMOIRE N.
Belles lampes en bronze (nos 338 et 339), candélabres et
trépieds (nos 340, 341, 342, 343); grande plaque en plomb
provenant d'un cercueil (no 344).
ARMOIRE O.
400. — Bois. — Haut. 1 m. 91 cent., larg.
0 m. 58 cent.
Couvercle de cercueil en forme de façade de chapelle,
renfermant la figure peinte d'un Osiris-momie vu de face.
Les deux poings qui tenaient les sceptres du dieu étaient
en relief et dorés: l'un d'eux a disparu. — Époque
romaine.
ARMOIRES P ET R.
Masques de momies dont les uns sont complétement
dorés, landis que les autres sont blancs et roses, avec des
couronnes de fleurs; deux masques d'enfants sont exposés
au centre de l'armoire P. Les masques suspendus le long
des parois proviennent du Fayoum; les autres ont été
trouvés à Meïr. Tous sont d'époque romaine.
VITRINE Q.
Entre les deux armoires, dans la vitrine Q, un bouclier
votif en bois, peint pour imiter le métal qui recouvrait les
boucliers ordinaires.
ARMOIRE S.

Suite des terres cuites alexandrines et gréco-romaines.
ARMOIRE T.
Elle contient des pièces d'émail bleu d'époques romaine,
byzantine et copte, parmi lesquels on remarque:
386. — TERRE ÉMAILLÉE BLEUE. — Haut. 0 m. 21
cent., diam. 0 m. 20 cent. — Sakkarah.
Superbe vase dont le col et le pied sont ornés de guirlandes
de fleurs d'olivier en relief. Une moitié seule est de
travail antique; le reste a été refait au Musée par Vassalli
bey. — Époque ptolémaïque.
Un gros chien de même matière est remarquable à la
fois par la grossièreté du modelé et par la beauté de la
couleur. La statuette d'Anubis à corps humain, debout, a
été malheureusement mutilée; le museau de la bête a disparu.
Dans le corps de droite de l'armoire, on a réuni une
petite collection d'objets trouvés sur le site des premiers
établissements helléniques en Égypte, quelques antéfixes
en terre cuite, notamment le no 362, qui est peint. C'est
une tête chypriote ou grecque de facture archaïque. Elle
provient de Daphné, et elle doit avoir appartenu aux camps
des mercenaires grecs des rois saïtes (cfr. le no 376).
368. — ALBÀTRE. — Haut. 0 m. 11 cent. —
Environs de Sais.
Figurines de style grec archaïque on chpriote, provenant
des premiers colons de race héllénique Établis en
Égypte avant la conquête macédonienne. — XXVIe dynastie.
382. — MORCEAUX DE VERRE ÉMAILLÉS OU DORÉS. —
Alexandrie.
Fragments de mosaïque.
ARMOIRE U.
On y trouve la suite des momies à portrait provenant
du Fayoum (v. p. 270 et 272). Le no 337 était une jeune fille.
Le portrait se détache sur un fond d'or serti de cabochons
en verre multicolore: les mains et les plis du vêtement
qu'elles retiennent sont dorés. Ces momies sont du IIe siècle
après notre ère.
ARMOIRE V.
Les poteries qu'on y voit ont été trouvées en Égypte,
mais elles ont été fabriquées en Grèce et importées à
diverses époques. La plupart sont du IVe siècle; on y rencontre
pourtant des fragments de vases plus anciens,
corinthiens du VIe siècle ou athéniens.
Centre de la Salle.
360. — Momie avec portrait peint sur bois. Le cartonnage
est tout rose, avec des dorures représentant: 1o Le mort
sur le lit funèbre: auprès de lui, Anubis, Isis et Nephthys;
2o Thot et Horus, préparant la renaissance du défunt;
l'encens brûle sur deux autels en forme de chandeliers,
devant la colonne et la double plume d'autruche; 3o le
mort se soulève de son lit pour ressusciter ou renaître;
4o l'âme s'envole pour aller animer une nouvelle existence.
Dans la même cage, au pied de la momie, on a exposé:
1360. — BIOS. — Haut. 0 m. 40 cent., larg.
0 m. 20 cent., prof. 0 m. 15 cent. — Fayoum.
Portrait de scribe peint à la gouache et disposé au
fond d'une sorte de niche, ouverte sur les côtés et supportée
par deux colonnes; les instruments de son métier, une
tablette et un stylet, ont été reproduits près de lui, dans
le champ du tableau. — IIe siècle après J.-C.
361. — Larg. 1 m. 80 cent.
Momie du Fayoum, cousue dans une gaine de toile.
Portrait peint sur bois.
396. — Long. 1 m. 05 cent.
Petite momie du Fayoum avec portrait de jeune fille.
VITRINE W.
Suite de la série des portraits exposés dans la salle N
(v. plus haut, p. 262). Les deux portraits de jeune femme et
de jeune homme, qui occupent le milieu du panneau sud,
se distinguent des autres par une vigueur de dessin et par
une fermeté d'exécution, qu'on n'a pas souvent l'occasion
de constater dans les aeuvres de cette espèce.
398. — Long. 1 m. 20 cent.
Petite momie du Fayoum, avec portrait de jeune fille.
357. — Long. 1 m. 72 cent.
Momie d'homme à portrait peint sur bois. — Fayoum.
354. — Long. 1 m. 60 cent.
Momie du type ordinaire, à masque doré, yeux incrustés
et cartonnages peints; elle est encore entourée de ses guirlandes
de fleurs. — Fayoum.
359. — Haut. 0 m. 77 cent.
Trés riche masque doré, provenant de Meïr, avec incrustations
en émail; scènes mythologiques en or.
356. — PLOMB. — Long. 1 m. 85 cent. — Achat.
Cercueil d'époque romaine. On en a découvert beaucoup
de ce genre à Sidon en Phénicie.
1315. — Long 1 m. — Meïr.
Momie d'une enfant de trois ans, nommée Anoubias,
fille d'Apion, avec masque et ornements en plâtre peint.
Sous les pieds on lit la légende:
ANOYBIACAΠIΩoMNOC
LΓEYΨXI (sic).
Aux pieds on a exposé une pièce d'étoffe qui donne,
tracée à l'encre, l'inscription suivante:
(sic) ANOYBACCAPAΠIΩoMNOC
MHTPOCΕY$AIMΩoMNIΔOC
EBIΩCΕnoTHnoAΩoMPOC
1322. — BOIS. — Haut. 1 m. 65 cent., larg.
1 m. 46 cent.
Cercueil carré à couyercle en dos d'âne et momie de
Théodinarin. La momie a le masque doré et le cartonnage
peint de couleurs éclatantes. — Epoque ptolémaïque.
355. — Long. 1 m. 50 cent.
Autre momie de Fayoum; on lit sur les bandelettes, à
quatre reprises, l'inscription suivante tracée à l'encre:
APT$I$$oMPA A$oMP$$ $$YPY$$I L$$$GM
qui donne le nom et l'âge de la morte. — Époque ptolémaïque.
394. — BOIS. — Haut. 1 m. 92 cent., long. 1 m.
98 cent., larg. o m. 60 cent. — Sérapéum.
Sur une caisse rectangulaire repose une sorte de toit
pointu, servant de couvercle au cercueil. Dans l'espèce de
pignon triangulaire qui se dresse aux deux bouts, étaient
encadrés des bas-reliefs en stuc peint (voir no 345), représentant
des sirènes aux ailes et aux pieds d'oiseau. Les
trois montants de bois qui soutiennent le toit sont composés
d'une série de petits rouleaux bien joints, donnant
l'illusion des tuiles imbriquées qui couronnent le faîtage
d'une maison. Les extrémités de ces trois montants étaient
ornées de petits médaillons à tête de Méduse qui sont inscrits
sous le no 345 (v. p. 280). — IIe siècle avant J.-C.
A droite et à gauche de ce cercueil, dans deux petites
vitrines, on a exposé deux séries nouvelles de masques en
plâtre provenant de momies de l'époque romaine. Les plus
curieux sont compris sous les nos 1317-1318, à provenance

de Balansourah. Dans cette localité, les momies de cette
époque étaient couchées dans une caisse en bois très simple,
et l'on posait sur les bandelettes, à la partie antérieure du
corps, un buste en plâtre dont nous avons ici quelques
spécimens. Le no 1317 a le type romain avec les cheveux
coupés court: le visage est doré. Le vêtement se compose
d'une chlamyde blanche, avec de longues bandes et quelques
ornements analogues à la croix gammée en pourpre
violette. Une des mains tient une guirlande de roses.
393. — BOIS. — Haut. 0 m. 46 cent., long. 1 m.
93 cent.
Sarcophage d'époque romaine. Peintures intéressantes:
fleurs et ornements variés le long des parois; au pied du
cercueil, derrière Anubis, un arbre et des arbustes assez
bien exécutés. Les chairs des personnages sont peinles en
rose. — Fayoum.
358. — Long. 1 m. 56 cent. — Fayoum.
Momie dans un cercueil rectangulaire en bois, avec ses
guirlandes de fleurs. Masque doré. — Époque romaine.
La fin de la série gréco-romaine déborde sur le vestibule
de la salle P, et en a pris le coin nord-est:
ANMOIRE X.
349. — PARCHEMIN. — Gébéléin.
Parchemin d'un roi Blemmye. Les Blemmyes, belliqueuse
peuplade nubienne, désolèrent la Haute-Égypte par leurs
incursions à partir du troisième siècle de l'ère chrétienne.
Ils réussirent même à en occuper quelques provinces el
ils s'établirent dans l'île de Philae. — VIe siècle après J.-C.
Le haut de l'armoire est garni de plaquettes en bois,
portant le nom, écrit en grec, des personnages au cou de
la momie desquels elles étaient attachées. Par exception le
no 350 est en terre émaillée. — Époque romaine.
345. — BOIS ET STUC. — Sérapéum.
Frontons triangulaires en bois, tirés des pignons qui
fermaient par devant et par derrière le toit pointu du
sarcophage no 394 (v. p. 278). Sur ces frontons, des basreliefs
en stuc représentent des sirènes aux ailes et aux
pieds d'oiseau. Auprès de ces bas-reliefs, on voit des médaillons
ou antéfixes à tête de Méduse. Ces pièces ornaient les
montants du sarcophage en question. - Époque ptolémaïque.
346 et 345. — BOIS. — Haut. 0 m. 148 mill.,
larg. 0 m. 49 cent. — Sérapéum.
Ces tablettes appartenaient à un écolier de l'époque
romaine. Elles portent encore sept vers de style homérique,
remplis de fautes, avec une correction à la marge du
quatrième vers. — Époque impériale.
348. — BRONZE. — Haut. 0 m. 22 cent. — Coptos.
Ces deux plaques, découvertes en 1881, sont les deux
feuilles d'un diplôme militaire délivré pendant le règne de
Domitien, et accordant à un soldat un congé honorable
(après 25 ans de service) avec les privilèges y attachés.
Les trois petites vitrines rangées en avant de cette
armoire X, contiennent la fin de la série des masques trouvés
à Balansourah et dans d'autres localités voisines de la
Moyenne-Égypte.

SALON SEPTENTRIONAL.

On a réuni dans le salon septentrional les statuettes de
divinités en bronze, en émail, en pierre dure et en diverses
matières moins employées que les précédentes.
Au milieu, sous la grande arche qui sépare au nord le
salon du vestibule de la salle P, on voit un groupe d'objets
découverts à Sakkarah, dans la tombe d'un fonctionnaire de
Nectanébo Ier, Psammétique, dont nous avons rencontré le
cercueil au rez-de-chaussée, dans la galerie d'honeur.
1017. — BASALTE VERT. — Long. 0 m. 71 cent.,
larg. 0 m. 46 cent. — Sakkarah.
Table d'ffrandes de Psammétique. La gravure en est
extrêmement soignée, mais on peut remarquer une certaine
affectation d'archaïsme dans le texte de l'inscription. Ainsi,
l'un des titres de la légende si fruste que porte la statuette
no 1, se retrouve sous la même forme, mais très
finement gravé, dans la légende de notre personnage. —
XXXe dynastie.
1018. — BASALTE VERT. — Haut. 0 m. 90 cent. —
Sakkarah.
Statue d'Osiris, l'un des chefs-d'aeuvres de la statuaire
égyptienne au plus beau moment de la seconde renaissance
saïte. Malgré la dureté de la matière, l'artiste a su rendre
le modelé du corps momifié sous les bandelettes et de la
face nue, avec une exactitude et une délicatesse imperturbables.
— XXXe dynastie.
1019. — SERPENTINE. — Haut. 0 m. 89 cent. —
Sakkarah.
Statue d'lsis, aussi admirable en son genre que la statue
d'Osiris décrite sous le no 1018. — XXXe dynastie.
1020. — SERPENTINE. — Haut. 0 m. 97 cent.,
long. 1 m. 03 cent. — Sakkarah.
Psammétique lui-même, représenté debout en avant la
vache Hathor, le dos à la poitrine de la bête. Celle-ci allonge
sa tête fine au-dessus de l'homme pour le protéger, el
l'ensemble est empreint d'un sentiment de douceur mélancolique.
— XXXe dynastie.
Centre de la Salle.
VITRINE A.
En avançant dans le salon, au centre de la salle, on
rencontre, au milieu de la vitrine A, un magnifique vase de
granit noir en forme de caeur (no 1006), consacré au dieu
Thot par le roi Apriès (XXVIe dynastie). Les compartiments
de la vitrine renferment des insignes et des pièces d'ornement
en terre émaillée, en pierre et en bronze:
A. — Le compartiment A est consacré entier aux bagues
en émail bleu de la XVIIIe dynastie, recueillies pour la
plupart à Thèbes et à El-Amarna. Le châton porte parfois
un cartouche de roi, souvent un nom ou une image du dieu
sous la protection de qui le porteur de la bague se rangeait,
parfois un emblème contre la jettature, l'aeil mystique
, la tête d'Hathor, un poisson, un lotus, un scarabée.
B. — Ornements de tête en bronze, provenant de statues
et de statuettes aujourd'hui perdues, les deux plumes

d'Amon et d'Anhouri , le bouquet de plumes de Bisou,
le lotus de Nefertoumou, le bouquet de lotus

d'Hapi le
dieu Nil et de ses compagnes, les cornes des déesses et
des dieux solaires, simples ou combinées avec des emblèmes
divers, les deux plumes, le disque, l'uraeus; les
deux cornes flamboyantes ; la tresse de cheveux
qui est l'indice des dieux-enfants; enfin des simulacres de
barbe . Les Égyptiens de l'époque historique se rasaient
le visage et la tête, mais la plupart de leurs rites funéraires
ou religieux remontaient à une époque où l'on avait
porté la barbe et les cheveux longs: pour que ces rites
eussent leur pleine valeur, il fallait que celui qui les
accomplissait s'affublât d'une perruque et d'une barbe en
crin tressé, en cuir, même en bois, qu'il attachait à sa
perruque au moyen de deux lanières en cuir ou en étoffe
épousant le contour des joues. C'est cette barbe postiche
qu'on voit, avec des variantes, au menton des dieux ou des
rois, et dont les simulacres en bronze sont classés dans notre
compartiment B.
C. — Pièces de collier, en or, en verre, en pierres précieuses,
en émail bleu. La plupart sont de simples perles
rondes; d'autres ont la forme de petites bouteilles, de
scarabéoïdes, de fleurs de lotus. Un fragment de collier en
cypraea de pâte bleue, enfilées sur un fil d'or, provient
d'Abydos.
D. — Suite des pièces de collier, la plupart en émail
bleu. Beaucoup d'entre elles ont la forme de cartouches au
nom de Ramsès Il; la plupart imitent les amulettes décrits
dans la salle C, vitrines F et H (cfr. p. 189-197). Une pâte
bleue coulée représente un des dieux cananéens naturalisés en

Égypte, Rashpou, le Resheph des inscriptions phéniciennes,
debout, armé de la lance, du bouclier et du casse-tête: il
est reconnaissable à la tête de gazelle qui sort de son
casque et qui lui ombrage le front.
E. — Divers amulettes et figurines provenant de sarcophages
trouvés par Vassalli bey au Fayoum, dans les ruines
voisines de Hawara. Ils étaient incrustés sur la fine couche
de plâtre qui recouvrait le bois, et ils y formaient
des tableaux et des légendes d'un effet charmant. On y
remarque l'image de la déesse Mait (no 1011), au corps
rouge, aux chairs bleu turquois, à la perruque bleu sombre,
à la plume et au collier multicolores; la tête de
femme aux chairs bleu turquois, relevé de noir, et à la
perruque noire (no 1012); l'épervier en pâte noire ciselée
et relevée de bleu turquois; enfin les deux chacals en
jayet (no 1013), les deux Ouapouaîtou, qui ouvrent les
voies du ciel du nord et du ciel du sud à la barque du
soleil.
F. — Pâtes de verre translucides ou opaques. Quelquesunes
sont des plus curieuses pour l'histoire de la technique
du verrier. Elles sont formées d'un assemblage de fils ou de
bâtonnets multicolores, agglutinés puis tirés en longueur
de manière à former des bâtons qui, débités en tranches,
produisent des deAcors géométriques, des fleurs, des inscriptions,
de petits tableaux; plusieurs de celles qui sont
réunies dans ce compartiment montrent, sur un fond rouge
encadré de blanc, l'image d'un singe verdâtre tacheté de
noir et de jaune, et qui ramasse un fruit verdàtre comme
lui (nos 772, 772, bis). Le no 773 est une tête de singe
en ronde bosse, bleu turquois avec les détails en jaune et
en blanc. Toutes ces pièces si curieuses sont de l'époque
gréco-romaine.
G. — Sceptres et insignes de divinité, en bronze: fouet
des dieux ithyphalliques ; sceptres de déesses en tige de
lotus avec la fleur épanouie, simple ou surmontée d'un
serpent , poignets de sistres; égides à tête de lion et de
chatte; contrepoids de l'instrument appelé monaît
(v. p. 193).
1007. — BRONZE. — Haut. 0 m. 35 cent.
Image d'Isis ou Nephtys, debout, étendant les bras. Le
bronze, évidé en plusieurs endroits, avait dû être incrusté
d'émaux et de pierres dures. — Époque saïte.
H. — Cachets et bagues en bronze, en calcaire, en bois,
en cristal, formant cachets: le chaton a parfois la forme
d'un scarabée mobile sur un pivot métallique.
Partie est du Salon.
A l'est de la vitrine A, et marchant vers la salle M, on
rencontre successivement:
CAGE B.
On a réuni dans la cage B toute une série d'objets de
diverse nature, remarquables par la finesse du travail ou
par la beauté de la matière.
Centre de la cage.
Au haut de la cage, sur la plaquette supérieure, s'allonge
un encensoir en bois doré, consistant en un manche à tête
d'épervier qui se termine par une main allongée portant
un vase : il a été découvert à Diméh et il est d'époque

ptolémaïque, mais il est identique par la forme aux encensoirs
qu'on voit représenté sur les monuments de l'époque
pharaonique. Autour de lui sont groupés des vases en
pâte de verre multicolore, de la XVIIIe, XIXe et XXe dynastie.
Ils présentent toutes les variétés de décors et de couleurs
de vases crus longtemps phéniciens, mais qui étaient
en réalité de fabrication égyptienne, ainsi qu'il ressortira
plus loin des verreries exposées dans la salle S.
Côté nord de la cage B.
Sur l'étage moyen sont rangés, au centre, un joli vase
à parfum en albâtre, flanqué de deux pièces de faïence
émaillée des plus curieuses:
877. — FAÏENCE BLEUE. — Haut. 0 m. 13 cent.,
long. 0 m. 21 cent. — Drah aboul-Neggah.
Hippopotame debout, marchant dans les marais. Le
dessinateur a tracé à l'encre noire, sur le corps de la bête,
des roseaux et des lotus, au milieu desquels volent des
oiseaux et des papillons: c'est une manière naïve de montrer
l'hippopotame dans son milieu habituel. Ce curieux
morceau a été découvert dans une tombe de la XIe dynastie
avec l'hippopotame no 887 bis, qui, couché paresseusement
sur le flanc, allonge la tête sur les pattes de devant.
La Jolie tête de femme en bois peint, aux cheveux
ondés, qu'on voit à l'extrême gauche, à la suite de l'hippopotame
couché, est d'époque saïte (no 908); elle a eu malheureusement
le nez et les lèvres écrasés d'un coup de pioche
au moment de la découverte.
La planche inférieure est occupée presque entière par
des statuettes trouvées dans les tombes de la XIXe ou de
la XXe dynastie. Sous les dynasties thébaines, on avait pris

l'habitude de remplacer les statues en pierre et en bois de
grandes dimensions qu'on déposait jadis dans les hypogées
par des statuettes en bois ou même en calcaire qui devinnent
de plus en plus petites. Beaucoup d'entre elles étaient
fort soignées, et le Musée de Turin en possède une vingtaine,
dont quelques-unes sont comparables aux plus beaux ouvrages
de l'ancien empire. Au milieu, et dominant les autres,
se dresse une statuette de jeune femme, vêtue de la
grosse perruque et de la longue robe plissée qui lui dessine
les formes avec exactitude (no 881, bois, haut. 0 m.42 cent.)
Elle est flanquée, à droite et à gauche, de deux autres
figurines, dont une au moins, celle de droite (no 882 bis,
haut. 0 m. 20 cent.), est d'un travaid fort délicat; elle porte
une robe blanche et elle presse un sistre contre sa poitrine.
Les nos 878-881 (haut. 0 m. 111 mill., 0 m. 208 mill.,
0 m. 186 mill. et 0 m. 175 mill.), sans être des chefsd'aeuvre,
témoignent d'un art très fin et très délicat. Ce
sont quatre personnages revêtus du costume d'apparat de
la XXe dynastie; ils marchent droit devant eux, d'un
mouvement mesuré, le buste bien effacé, la tête haute.
L'expression de la physionomie, calme et rusée, montre
qu'on a voulu faire des portrais; les traits de la face
rappellent le type japonais plutôt que le type égyptien
ordinaire. On remarquera le petit aeil mystique que la
statuette 878 a au poignet: c'est un exemple presque
unique de la manière dont les Égyptiens portaient cet
amulette. Enfin, la petite dame Honittaoui, qui se trouve à
l'extrême droite de cette troupe (no 904, haut. 0 m. 22 c.)
et qui serre un bouquet de fleurs contre sa poitrine,
témoigne, sinon de talent, au moins d'une habileté de
main remarquable. A l'extrême gauche se trouve une petite
figure de jeune femme en calcaire peint (no 882 bis, hauleur
0 m. 32 cent.), d'un faire assez gracieux.
A gauche du petit homme no 880, est placée une pièce
d'ivoire remarquable (no 886, haut. 0 m. 15). Elle représente
un personnage debout sur une colonnette en forme
de lotus: le travail en est des plus soignés, et rappelle celui
de certains des ivoires italiens du Bargello à Florence.
L'objet a été trouvé à Thèbes avec la statuette no 727, et
appartient à l'art thébain de la XIIIe dynastie.
Les deux pièces placées sur le devant (nos 896, 896 bis,
long. 0 m. 30) sont deux boîtes ou deux cuillers à parfums.
Une jeune fille, nue sauf une ceinture étroite qui
lui serre les hanches, nage en tenant la tête bien hors de
l'eau. Ses deux bras allongés poussaient un canard creusé
en boîte et les deux ailes, s'écartant, formaient le couvercle.
C'est un des motifs que les dames égyptiennes préféraient
pour leurs boîtes à parfums: la jeune fille servait de
manche, et le canard recevait la pâte ou la poudre odorante.
Côté ouest de la cage B.
La tablette moyenne contient, avec un très beau vase
en albâtre poli, des statuettes funéraires de l'époque saïte,
en émail vert, et de la seconde époque thébaine en schiste
et en bois peint, ainsi que trois figurines en terre émaillée
bleu clair, représentant des joueuses de flûtes, et une figure
en terre émaillée bleu turquois représentant un sphinx à
tête de femme assis sur son train de derrière. Ces quatre
dernières pièces sont d'époque gréco-romaine.
Au centre de la tablette inférieure, et dominant l'ensemble,
se dresse:
895. — ÉMAIL VERT. — Haut. 0 m. 30 cent. —
Com-el-Qalâa.
Un homme debout, les mains appuyées sur un petit naos
posé à terre et qui renferme Osiris-momie. Il est sur un
socle assez haut, couvert d'inscriptions sur toutes ses faces.
Il était prince et l'un des principaux officiers du roi;
il s'appelait Nofirabrì. — XXVIe dynastie.
Toutes les pièces qui l'entourent sont remarquables
pour le travail ou pour le sujet. C'est ainsi qu'on a:
893. — BOIS. — Haut. 0 m. 045 mill. — Abousir.
Un singe debout tend un arc. L'obélisque dressé en face
de lui et qu'il semble viser était la boite qui le renfermait.
— Époque saïte.
894. — JASPE. — Haut. 0 m. 06 cent.
Vase en forme de caeur. D'un côté est gravé un scarabée,
de l'autre le chapitre XXX du Livre des Morts.
Époque saïte.
898. — BOIS. — Long. 0 m. 18 cent.
Ce joli monument est un modèle de corne à boire, du
genre de celles que les Grecs appelaient rhyton. Le corps
est en écorce, le bouchon en bois fin. La partie inférieure.
d'où le liquide jaillissait en filet mince, est une tête de
vache en bois surmontée d'un disque solaire. Je ne crois
pas qu'un autre musée possède une pièce du même genre.
— XXVIe dynastie.
901. — BRONZE. — Haut. 0 m. 05 cent. —
Sakkarah (Sérapéum).
Personnage accroupi, les bras croisés sur les genoux
et le menton appuyé sur les bras; il est à terre, enveloppé
dans une longue robe. — Époque saïte.
902. — ÉMAIL VERT. — Haut. 0 m. 076 mill. —
Mit Rahineh.
Tête rase, probablement du dieu Imouthès, fils de
Phtah. La finesse des traits et la perfection du modelé
justifient le surnom, que lui donnaient les Égyptiens, de
dieu à belle face. — Époque saïte.
903. — BRONZE. — Haut. 0 m. 18 cent. —
Sakkarah.
Un personnage debout, la tête rasée. Le bras droit est
étendu, le bras gauche soutient une petite figurine d'Osiris.
— Époque grecque.
905. — Haut. 0 m. 15 cent.
Débris d'une boîte en bois incrusté d'ivoire; on voit,
sur les registres qui les couvrent, des taureaux attaqués
par des lions, des fleurs, des arbustes. C'est un de ces
monuments de la fin de la XVIIIe ou de la XIXe dynastie
sur lesquels on croit reconnaître l'influence de l'art égéen.
Côté sud de la cage B.
La tablette du milieu porte, au centre, un petit groupe
en schiste noir représentant un homme et sa femme debout

à côté l'un de l'autre; la femme avait une sorte de diadème
doré autour de la perruque, et elle passe son bras
derrière l'épaule de son mari. Une partie des jambes manque
et ce qui reste a beaucoup souffert; ce n'en est pas
moins un bon morceau du style thébain de la XXe dynastie.
A gauche,
885. — BRONZE. — Haut. 0 m. 12 cent.
Un taureau redresse la tête d'un très beau mouvement,
rare dans les monuments égyptiens du même genre. Le
taureau est d'ordinaire représenté marchant la tête inclinée
en avant, d'une allure calme et lente.
Sur la gauche, le petit veau couché, en terre émaillée
bleue tachetée de noir, est de la XXe ou de la XXIe dynastie.
On voit derrière lui:
887. — Haut. 0 m. 24 cent.
Vase en albâtre on plutôt en onyx, de forme très allongée
et d'un poli rare.
Le milieu de la tablette inférieure est occupé par la plus
belle de toutes les statuettes funéraires connues jusqu'à
présent:
891. — ÉMAIL MULTICOLORE. — Haut. 0 m. 195.
Abydos.
Sur un fond blanc, les hiéroglyphes et les détails de
sculpture ont été gravés en relief, puis remplis de pâtes
vitrifiées à la cuisson. Le visage et les mains sont bleu
turquois; la coiffure est jaune à raies violettes; violets
également sont les hiéroglyphes et le vautour qui déploie

ses ailes sur la poitrine. Le tout est harmonieux et fondu,
sans que la moindre bavure d'un émail émousse la netteté
du trait. Ce résultat est d'autant plus remarquable que les
verres employés pour obtenir les couleurs sont fusibles à
des températures assez différentes, et que la statuette a dû
être passée au feu un certain nombre de fois avant d'être
achevée. Elle appartenait à un nomarque, Phtahmos, premier
prophète d'Amon. — XXe dynastie.
909. — PORCELAINE BLEUE. — Haut 0 m. 054 mill.
Tête de statuette royale, peut-être Nékao II ou Apriès. —
XXVIe dynastie.
911. — BRÈCHE VERTE — Haut. 0 m. 15 cent.
Statuette de Phtah, dieu de Memphis; un escalier de
cinq degrés conduit à l'autel où elle siège. Elle était revêtue
d'une feuille d'or qui accusait ses formes au moment de la
découverte; cette enveloppe a été montée sur un moularge
en plàtre, et elle est exposée en pendant de l'original,
sur la droite de la statue no 891.
900 et 900 bis. — BRONZE. — Haut. 0 m. 19 cent.
Sakkarah.
Les statuettes funéraires en bronze sont excessivement
rares. Celles-ci sont au nom de l'intendant des troupeaux.
Amenmès, et de Hori, domestique du roi.
912. — JVOIRE. — Haut. 0 m. 14 cent. —
Grandes pyramides.
Statuette à moitié brisée, trouvée dans une tombe de la
Ve dynastie.
Le devant de la vitrine est rempli par un ensemble de
boîtes et de cuillers à parfums de formes diverses, mais
toutes recueillies dans des tombeaux du second empire
thébain:
888. — BOIS. — Long. 0 m. 22 cent.
Cuiller à parfums, représentant un chien qui se sauve
emportant un poisson dans sa gueule; le corps du poisson
est le bol de la cuiller.
889. — BOIS. — Haut. 0 m. 25 cent.
Cuiller à parfums. Une jeune fille, debout sur une barque,
cueille des lotus; les fleurs et les fruits du lotus,
réunis en gerbe autour de sa tête, ont été creusés pour
recevoir le parfum.
892. — BOIS. — Long. 0 m. 175 mill.
Cuiller à parfums, dont le manche est une figure d'antilope.
899. — BOIS. — Haut. 0 m. 06 cent., long.
0 m. 12 cent.
Veau couché, d'un travail fort délicat, creusé pour
servir de boîte; la tête et le dos de l'animal s'enlèvent et
font couvercle.
910. — BOIS. — Haut. 0 m. 17 cent.
Un esclave chauve, à tête en pain de sucre, plie sous
le poids d'une grosse jarre. La jarre est le bol, et l'esclave
le manche d'une cuiller à parfums.
Côté est de la cage B.

Sur la tablette supérieure on aperçoit un groupe de deux
statuettes funéraires en schiste, adossées contre un même
dossier (no 875), an nom d'un certain Mani et de sa
femme Honît-em-anou. Aux extrémités, deux pions d'ivoire
en forme de tête de lion proviennent de Deîr-el-Bahari.
Au centre de la tablette basse est une admirable tête
d'épervier en or, surmontée des deux plumes d'Amon également
en or: le détail des plumes s'accuse en plaquettes
d'émail. Les yeux de l'épervier sont formés d'une baguette
d'obsidienne arrondie aux deux bouts et qui traverse la tête.
Le monument a été trouvé par Quibell, à Kom-el-Ahmar;
il est probablement de la VIe dynastie. Parmi les autres
objets on remarque:
883. — QUARTZ BLANC. — Haut. 0 m. 106 mill.
Petit vase en quartz très pur; le goulot est tout à fait
transparent.
890 et 890 bis. — BRONZE. — Haut. 0 m. 11 cent.
et 0 m. 12 cent.
Deux charmantes statuettes d'époque saïte représentent
un Pharaon debout et marchant, l'uraeus au front.
906. — LAPIS. — Long. 0 m. 085 mill.
Gros scarabée.
905. — BOIS ET IVOIRE. — Haut. 0 m 07 cent.,
long. 0 m. 09 cent., larg. 0 m. 06 cent.
Petit coffret en marqueterie.
Les autres pièces appartiennent à des séries déjà décrites,
mais sont remarquables par la finesse du travail: égides
en bronze, pectoraux en terre émaillée avec scarabée
incrusté, yeux mystiques en émail polychrome, hippopotame
en pierre blanche, lion en terre émaillée bleue,
miroir en bronze en forme de feuille de lotus, enfin des
vases de formes diverses en pâte de verre multicolore, de la
XVIIIe et de la XXe dynastie.
CAGE C.
Nombreuses statuettes d'Isis et d'Osiris, surlout d'Isis
allaitant Horus. On remarquera une Isis qui allonge ses
bras frangés d'ailes pour protéger Osiris (no 1082, bronze;
haut. 0 m. 13 cent.), et une égide surmontée d'une têle
d'Isis (no 1083, bronze; haut. 0 m. 37 cent.). Une statuette,
en bois, d'Isis accroupie, pleurant la mort d'Osiris,
est exposée dans du linge de momie probablement
en vue d'une conjuration magique, telle qu'elle a été
trouvée à Sakkarah. — Époque saïte.
CAGE D.
1046. — BRONZE. — Haut. 0 m. 30 cent. —
Sérapéum.
Un des génies d'Héliopolis, sous la forme d'homme à
tête d'épervier, adorant le soleil. — Époque saïte.
1047. — BRONZE. — Haut. 0 m. 084 mill., long.
0 m. 008 mill. — Sérapéum.
Le baeuf Hapis est debout sur un traîneau. A droite, Isis
debout lui flatte l'épaule; par derrière, Nephthys lui tient
les deux cuisses. — Époque saïte.
1048. — BRONZE. — Haut. 0 m. 16 cent. —
Sérapéum.
Le dieu Nil ou Hapi assemblait les fleurs du lotus et du
papyrus, symboles du midi et du nord de l'Égypte, pour
donner la suzeraineté des deux mondes à Pharaon. Ce
monument n'étant plus entier, le dieu n'a dans la main
que les queues de ces fleurs. — Époque saïte.
1049. — BRONZE. — Haut. 0 m. 085 mill., larg.
0 m. 063 mill. — Sérapéum.
Trois statuettes sur un socle commun. Horus et Thot
versent l'eau sur un personnage agenouillé entre eux, pour
le purifier et pour le préparer à reprendre les fonctions
de la vie courante. — Époque saïte.
1050. — BRONZE. — Haut. 0 m. 175 mill. —
Sérapéum.
Taureau Hapis. Autour du socle une légende bilingue.
hiéroglyphique et carienne. — XXVIe dynastie.
1051. — BRONZE INCRUSTÉ D'OR. — Haut. 0 m. 11 c.
Imhotpou, Imouthès, fils de Phtah, identifié par les
Grecs avec leur Esculape.
1052. — BRONZE. — Haut. 0 m. 22 cent. —
Sérapéum.
Hathor, déesse de la montagne qui séparait la terre
d'Égypte de l'autre monde, était représentée sous la
forme d'une vache ou d'une femme à oreilles de vache.

Elle était la déesse de la beauté, que les Grecs identifièrent
à leur Aphrodite. — Époque saïte.
1053. — BRONZE. — Haut. 0 m. 17 cent.
Le dieu Thot-Lune (voir p. 301, cage F), représenté
sous la forme du cynocéphale qui lui était consacré.
1054. — BRONZE. — Haut. 0 m. 40 cent. —
Thèbes (Assassif).
Le dieu Amon-Râ, coiffé du mortier surmonté de deux
longues plumes. Il était adoré à Thèbes et dans toutes les
colonies thébaines, à Napata, en Éthiopie, en Nubie, dans
les Oasis. — Époque saïte.
1055. — BRONZE. — Haut. moy. 0 m. 16 cent.
Sérapéum.
Osiris, Isis et Nephthys. — Époque saïte.
1056. — BRONZE. — Haut. 0 m. 268 mill.
La déesse Isis, femme et saeur d'Osiris, mère d'Horus:
à l'époque historique, elle fut, comme Osiris, adorée dans
l'Égypte entière. Les Grecs l'identifièrent avec Démêter.
1057. — BRONZE. — Haut. 0 m. 19 cent.
La déesse Mihit ou Hatmihit, dame de Mendès, coiffée
du poisson silure, reçoit l'offrande d'Amenertas.
1058. — BRONZE. — Haut. 0 m. 275 mill.
Statuette d'Hathor (voir p. 296, no 1052).
1059. — BRONZE. — Haut. 0 m. 16 cent. —
Sérapéum.
Anubis incrusté d'or. — Époque saïte.
1060. — BRONZE. — Haut. 0 m. 282 mill.
Osiris incrusté d'or, dieu de Mendès et d'Abydos et dieu
des morts, était adoré dans l'Égypte entière. II était à
l'origine un dieu du Nil, mais il devint, dès les temps antérieurs
à l'histoire, le principal des dieux des morts. La
légende le disait fils de Sibou et de Nouît: il aurait épousé
sa saeur Isis, et il aurait succédé à son père Sibou sur le
trône d'Égypte. Après avoir policé ses sujets, il aurait conquis
le monde pour le civiliser, mais, au retour de ses
campagnes, il aurait été assassiné traîtreusement par
Set-Typhon. Il aurait ressuscité par les soins et par les incantations
d'Isis, de Nephthys, d'Horus, d'Anubis, et il aurait
régné désormais sur les champs d'Ialou, où il recevait les
morts fidèles à son culte. Comme roi d'Égypte, il s'appelait
Onnophris; comme dieu des morts, il était plus spécialement
Khontamentit, le chef de l'ouest. — Époque saïte.
1062. — BRONZE. — Haut. 0 m. 21 cent.
Jolie statuette d'Horus enfant (Harpocrate), fils d'Isis et
d'Osiris.
1063. — BRONZE. — Haut. 0 m. 28 cent. —
Sérapéum.
Ichneumon assis sur le train de derrière, les pattes de
devant levées en attitude de défense. Il est consacré au
soleil. — Époque saïte.
1065. — BRONZE. — Haut. 0 m. 24 cent., larg.
0 m. 10 cent. — Sérap$eum.
Le dieu Osiris-Lune est assis entre Nofirtoumou d'un côté
et Harpocrate de l'autre; une chatte est couchée à ses
pieds, un petit personnage agenouillé adore ce groupe de
divinités. — Époque saïte.
1066. — BRONZE. — Haut. 0 m. 22 cent. —
Thèbes.
Montou ou Monthou, dieu adoré en Thébaïde et particulèrement
à Hermonthis. C'est le soleil dans toute son
énergie; on lui compare souvent les Pharaons victorieux
qui font sentir leur force aux ennemis de l'Égypte et il est
donc aussi un dieu guerrier. Il est représenté avec une
tête d'épervier surmontée de deux plumes et du disque: il
tient le sabre à la main.
1067. — ARGENT PUR. — Haut. 0 m. 105 mill.
Vautour, consacré à la déesse Maout.
1068. — BRONZE. — Haut. 0 m. 12 cent. —
Sérapéum.
Osiris-momie, debout entre Isis et Harsiêsis (Horus fils
d'Isis) à tête d'épervier; derrière Osiris, un sceptre à
fleurs de lotus sur lequel est posé un serpent lové. —
Époque saïte.
1070. — BRONZE. — Haut. 0 m. 23 cent.
Dieu panthée, à deux têtes. Ce dieu personnifie la force
créatrice, réunit en lui les attributs d'Amon, de Khnoumou,

d'Anubis, d'Horus. Le scarabée placé sur la poitrine est
l'image des transformations par lesquelles la création se
renouvelle sans cesse.
1071. — BRONZE INCRUSTÉ D'OR. — Haut. 0 m. 04 c.
Tête de taureau.
1072. — BRONZE. — Haut. 0 m. 12 cent.
Masque représentant la tête du chacal Anubis.
1073. — MARBRE BLANC. — Haut. 0 m. 19 cent.
La déesse Selkis, identifiée à Isis et agenouillée, tient un
petit matelas sur lequel est étendu Osiris-momie; elle
écarte du dieu les scorpions et les reptiles malfaisants. —
Époque grecque.
1074. — BRONZE INCRUSTÉ D'OR. — Haut. 0 m. 14 c.
Bisou guerrier brandissant sa massue.
1015. — BRONZE. — Haut. moy. 0 m. 60 cent.
Sais.
Quatre belles statues de la déesse solaire Sakhit, à tête
de lionne, et une statue d'Horus à tête d'épervier, coiffé
du pschent ou double couronne du Midi et du Nord; les
yeux des déesses sont rapportés, la prunelle est en or.
Ces cinq statues ont été trouvées à Sais, par M. Daressy.
— Époque saïte.
CAGE E.
Images du dieu Phtah et de Sakhit, sa compagne, la
déesse à tête de lionne.
Phtah ou Vulcain était le dieu suprême de Memphis. Il
possédait dans cette ville un temple célèbre, dans les ruines
duquel ont été retrouvées les deux magnifiques statues que
nous avons vues au rez-de-chaussée sous les nos 185 et 186. Il
était maçon ou fondeur de son métier, et il avait fondu ou
construit le monde. On le représente debout ou assis, souvent
sur une coudée ou sur un autel à degrés (cfr. no 911),
et tenant un sceptre des deux mains. Sa figure est fine et
souriante, d'où son épithète de Nefer-ho, le dieu à la belle
face: il est coiffé d'un serre-tête. Quelquefois, il porte sur
la tête le scarabée, symbole des transformations qui maintiennent
le monde dans la création.
La déesse solaire Sakhìt, à tête de lionne, était associée
à l'oeuvre de Phtah, ainsi que son fils Imhotpou, le protecteur
des sciences et le dieu de la médecine. Imhotpou est
représenté assis, coiffé du serre-tête comme Phtah, lisant un
roulean de papyrus étalé sur ses genoux. La déesse Bastìt
à tête de chatte, qu'on adorait à Bubastis, était une forme
adoucie de l'ardente Sakhit, qui brùlait les ennemis du
soleil; Bastît était la personnification de la chaleur bienfaisante.
CAGE F.
La divinité à tête d'ibis est Thot ou Hermès, personnification
de l'intelligence divine, qui opéra la création
par la voix, dieu des lettres et des sciences, inventeur de
l'écriture. Il était adoré à Achmounéin (Hermopolis).
L'ibis et le singe cynocéphale lui étaient consacrés.
La divinité à tête de chacal est Anubis, le dieu funéraire
qui présidait à l'ensevelissement, ou bien Ouapouaìtou,
le guide du soleil dans le ciel et des défunts dans les

chemins de l'autre monde. Il était le dieu principal de Kousiéh,
de Siout et de quelques villes de la Haute-Égypte;
mais il était vénéré dans toute la vallée du Nil, immédiatement
après Osiris, dont on ne le séparait guère.
Pilastre nord-est.
1409. — CALCAIRE COMPACT. — Haut. 0 m. 83 cent.
et 0 m. 34 cent. — Gournah.
Ces deux admirables fragments de statues appartiennent,
ce semble, à la XVIIIe dynastie. L'homme a les cheveux
ondulés, le lobe des oreilles percé pour recevoir des
boucles en métal: il tenait à la main l'éventail en
plumes d'autruche que portaient certains officiers de haut
grade appartenant à la maison militaire du souverain. Le
visage de la femme est encadré dans une immense perruque,
dont les petites tresses masquent les oreilles et retombent
sur la poitrine jusqu'à la naissance du sein. Le buste
est drapé dans le péplum en toile fine, plissée, qui, après
avoir enveloppé le corps, revient par-dessus l'épaule se
nouer sous le sein gauche; la main gauche était ramenée
sur la poitrine et y serrait l'instrument monaît (voir p. 193),
tandis que le bras droit passait derrière l'épaule du mari.
Les inscriptions tracées sur le dossier sont mutilées et ne
nous font point connaître le nom de ces deux personnages.
Bas-coté est du Salon.
ARMOIRE G.
L'une des stèles de la tablette inférieure, autrefois revêtue
d'or, a été, dans les temps antiques, grattée par des
voleurs qui prirent soin seulement de respecter la figure
d'Osiris.
Le reste de l'armoire est rempli par des bouts de bâtons
magiques en forme de tête de bélier et par des vases en
bronze, qui contenaient de l'eau consacrée pour les purifications
des morts et les cérémouies du culte. Le no 1077
(bronze, haut. 0 m, 215 cent.; Zagazig, époque saïte)
porte une inscription hiéroglyphique nous apprenant qu'il
appartenait au prêtre Psammétique, fils de Shishonq et de
la dame Miritiouri. La belle téte d'Hathor no 1076, est
détachée d'un sistre en terre émaillée bleue, d'époque saïte.
ARMOIRE H.
Tablette supérieure.
On voit sur la tablette supérieure des statuettes en
bronze de petits personnages agenouillés, portant la coiffure
royale et présentant des offrandes, et avec elles:
1021. — BRONZE. — Haut. 0 m. 15 cent.
Tête d'Hathor sortant d'une fleur de lotus.
Le mitieu est occupé par des coiffures divines et des barbes
en bronze analogues à celles que nous avons vues dans la
cage A (voir p. 282). Sur le devant, s'allonge un encensoir
ou brûle-parfums, en bronze, du type de ceux que
nous avons déjà rencontrés (voir p. 285). Il a ja forme
d'un bras; le foyer qu'il supporte est un cartouche tenu
par un petit personnage agenouillé (long. 0 m. 55 cent.).
1023. — BRONZE. — Haut. 0 m. 36 cent.
C'était une de ces enseignes qu'on promenait au bout
d'un bâton, en tête des processions religieuses. Un crocodile.
posé sur une fleur de lotus, porte la barque sacrée de

Râ. Un naos, ouvert et vide, surmonté d'un épervier couronné,
en occupe le milieu. A l'avant on voit le chacal
d'Ouapouaîtou, puis le prêtre avec son vase à parfums.
Horus levant la pique, et deux personnages brisés. Derrière
le naos, lsis et Anubis à tête de chacal; deux Horus
manient les deux gouvernails. — Époque saïte.
ARMOIRE I.
Figurines en terre émaillée représentant un nain difforme,
que les inscriptions appellent Phtah, Phtah, Sokari ou
Phtah-Sokari-Osiris. On l'appelle d'ordinaire embryon ou
Phtah-Patèque; il est atteint d'une difformité produite par
un défaut à l'attache du crâne et de l'épine dorsale. Quoiqu'il
en soit de l'origine de ce type, le Phtah qu'il représente
est un Phtah au même titre que le Phtah-momie. Sous
sa forme ordinaire, Phtah est représenté emmailloté comme
une momie; seulement la tête est vivante et les mains
sont libres pour manifester l'énergie créatrice qui dégagera
la vie de ses entraves. Les Égyptiens ont accumulé
sur lui divers emblèmes. Le plus fréquent est un scarabée
qu'il porte à plat sur la tête. Deux serpents lui sortent
parfois de la bouche, il tient une plume à chaque main ou
il est perché sur deux crocodiles; Isis et Nephthys sont à
sa droite et à sa gauche; un épervier perche sur chacune
de ses épaules; enfin la déesse Bastît, debout derrière
lui, l'enveloppe de ses bras et de ses ailes. Tous ces dieux
accumulés autour de lui sont là pour le protéger.
ARMOIRE J.
1112. — LAPIS-LAZULI. — Haut. 0 m. 022 mill.
Vautour de la déesse Maout, symbole de maternité.
1113. — TERRE ÉMAILLÉE. — Haut. 0 m. 04 cent.
Le dieu Mìnou, l'un des plus importants de l'ancienne
Égypte, avait des fonctions génératrices qui expliquent
suffisamment sa forme. Le corps est momifié et enveloppé
de bandelettes, sauf les deux bras dont l'un est ramené sur
le ventre tandis que l'autre soulève le fouet. Sa coiffure
est celle du dieu Amon, avec lequel il se confond souvent:
deux longues plumes perchées sur une sorte de mortier
aplati. Les textes l'appellent le mari de sa mère, le fils
d'Isis, le père de Râ, celui qui dresse haut ses deux plumes.
Khemmis, aujourd'hui Akhmîm, était le siège
principal de son culte; les Grecs l'identifièrent au dieu
Pan et donnèrent à sa ville le nom de Panopolis. — Époque
grecque.
1114. — TERRE ÉMAILLÉE.
Le dieu Khonsou enfant était le troisième membre de la
triade thébaine, avec Amon et Maout, la déesse mère.
1115. — TERRE ÉMAILLÉE.
Le dieu Khnoumou, à tête de bélier, est le dieu de la
cataracte. Il était potier, et il avait créé le monde en le
modelant, sur le tour, du limon recueilli dans le Nil. A
l'époque gréco-romaine, son culte prit un développement
considérable et passa dans les religions occidentales:
Khnoumou devint alors le Khnoubis, Khnouphis, Khnef,
des gnostiques païens ou chrétiens.
1116. — ÉMAIL BLEU. — Haut. 0 m. 05 cent. —
Abydos.
Dieu à tête de lion debout, marchant, qui est une forme
de Shou; il avait alors le surnom de Mai-hosi, Mihousi,

le lion fascinateur, parce qu'on croyait que son regard
fascinait.
ARMOIRE K.
Petites statuettes de la déesse Isis. Une de ces figurines
est en lapis-lazuli et porte une couronne d'or (no 1117).
ARMOIRE L.
Images en terre émaillée des déesses Sakhît, à tête de
lionne, et Bastît, à tête de chatte.
ARMOIRE M.
Images du dieu Shou élevant les bras pour soutenir le
ciel (no 1098), du dieu Phtah (no 1099) et du dieu Nofertoumou
(no 1100), qui a la fleur de lotus sur la tête.
ARMOIRE N.
Images du dieu Bisou (cfr. no 999). On peut noter le
Bisou en électrum (no 1101); sa face est semblable à celle
du lion.
Partie ouest du Salon.
Au milieu de cette partie, et faisant pendant au groupe
des Sakhît, on voit:
1016. — SERPENTINE VERTE, POLIE. — Haut. 0 m.
36 cent. — Karnak.
Ce disgracieux hippopotame au ventre arrondi et aux
flasques mamelles de femme est un des personnages importants
du Panthéon égyptien, Apît, Taouêrapît, Touêri, ou

plus souvent, avec la désinence grecque, Thouéris. Appuyée
de la patte gauche sur un noeud de corde mystique, elle
avait protégé, contre le meurtrier Set-Typhon, Isis enceinte
d'Horus; elle passait depuis pour veiller l'âme des
justes dans l'autre monde, et, le couteau à la patte, elle
luttait conntre les mauvais esprits. Les Thébains de l'époque
saïte ou ptolémaïque paraissent avoir eu pour elle une
vénération particulière; son temple est encore debout
aujourd'hui, à l'est du temple de Khonsou à Karnak. La
statue a été découverte à Thèbes, au milieu de la ville antique,
par des fellahs en quête de sebakh: elle était debout
dans une petite chapelle en calcaire blanc sculpté, que lui
avit dédié le prêtre Pibisi, au nom de la reine Nitocris,
fille adoptive de Psammétique Ier et de la reine Shapenouapit.
Cette chapelle, ou du moins ce qui en reste, est exposée
au rez-de-chaussée, sous le no 261.
CAGE O.
Elle est consacrée toute entière à Osiris-momie. Les seules
figures qui présentent un intérêt particulier sont:
1094. — BRONZE. — Haut. 0 m. 47 cent. —
Sérapéum.
Un Osiris-momie, coiffé d'un long bonnet et de deux
plumes, est debout sur une estrade carrée en forme de
naos, entourée d'une balustrade sur trois côtés. Un petit
autel qui se trouvait devant le dieu a disparu, mais la
place en est encore indiquée par un trou carré. Pour y
arriver, le prêtre devait monter un escalier de huit marches.
C'est probablement en petit la dispositoin qu'on
trouvait dans certains temples. — Époque saïte.
1095. — Haut. 0 m. 20 cent.
Osiris en bronze, avec un masque en or.
1096. — DIORITE ET ÉLECTRUM. — Haut. 0 m. 29
cent., larg. 0 m. 54 cent.
Osiris commence à ressusciter: son premier mouvement
le retourne sur son lit et lui redresse la tête, coiffée des
cornes de bélier et des deux plumes en électrum. C'est
probablement en petit l'image d'un de ces colosses couchés
qu'Hérodote avait vus dans le temple de Sais. — XXVIe
dynastie.
CAGE P.
1032. — BRONZE. — Haut. 0 m. 37 cent.
La déesse Neit, debout, est coiffée ici de la couronne
du nord. Parfois elle a pour coiffure la navette. dont
l'image est l'hiéroglyphe de son nom; souvent aussi elle est
représentée armée de l'arc et des flèches. Les Grecs, frappés
par ses doubles attributes de guerrière et de fileuse, l'identifièrent
à leur Athéné. Elle est peut-être d'origine libyenne:
à l'époque historique, Sais et la région occidentale du
Delta étaient le centre de son culte.
1033. — PIERRE DURE. — Long. 0 m. 24 cent.
Sais.
Beau spécimen du poisson latus, qui était adoré à
Esnéh: c'est d'après cette espèce que les Grecs donnèrent
à cette ville le nom de Létopolis. Le latus était l'incarnation
de l'Hathor locale, aussi ses images portent-elles
quelquefois sur le dos les deux cornes de vache surmontées
du croissant solaire, qui caractérisent cette déesse du

couchant. La plupart des poissons en bois, en bronze ou en
pierre, réunis près de celui-ci, sont également des latus.
L'un d'eux pourtant, en schiste, est un oxyrrhynque; on
l'adorait dans le nome qui prit, à l'époque grecque, le nom
de nome Oxyrfhynchite et qui avait pour capitale la ville
actuelle de Bahnésa. Il était consacré à Set-Typhon, et il
passait pour avoir dévoré un des membres d'Osiris.
1034. — BRONZE. — Haut. 0 m. 155 mill. —
Sérapéum.
Un ichneumon debout. Même attitude qu'au no 1063.
1035. — BRONZE. — Haut. 0 m. 17 cent.
Déesse Selkît; elle a pour coiffure le scorpion, qui lui
était consacré. Selkît est une des quatre déesses protectrices
des entrailles qu'on enfermait dans les vases dits canopes.
Un bout de sceptre en fleur de lotus nous présente une
admirable figure de la déesse Selkît. Elle s'allonge sur un
socle rectangulaire, que supporte à l'avant une petite figurine
appuyée sur le lotus: le scorpion a une tête de femme
surmontée des cornes de vache et du disque solaire.
1036. — BRONZE. — Haut. 0 m. 05 cent.
Bout de sceptre. Le dieu Horus était debout sur un
crocodile qu'il frappait de sa lance; c'est le soleil sortant
chaque jour vainqueur de son combat avec les ténèbres.
Par malheur, le monument n'est plus entier: il ne reste
de l'Horus que les pieds sur le dos du crocodile.
1037. — BRONZE. — Haut. 0 m. 16 cent.
Autre bout de sceptre. Un épervier est perché au sommet.
L'animal divin porte la coiffure de Montou.
1038. — BRONZE. — Haut. 0 m. 18 cent.
Le dieu Khnoumou, à tête de bélier: (efr. p. 305.
no 1115).
1039. — TERRE ÉMAILLÉE. — Haut. 0 m. 13 cent.
La déesse Thouéris (v. p. 306, no 1016).
1040. — BRONZE. — Haut. 0 m. 335 mill. —
Sérapéum.
Le dieu Khnoumou, à tête de bélier, est assis sur un fauteuil,
qui lui-même repose sur une feuille de lotus. Le tout
formait une enseigne sacrée qu'on portait dans les processions.
— époque saïte.
1041. — BRONZE. — Long. 0 m. 31 cent. —
Sérapéum.
Boîte en bronze, où était enfermée une momie de serpent.
L'uraeus figurée sur le couvercle avait une tête
humaine coiffée du pschent: c'est l'aspect que présentent
certains génies infernaux dans les peintures des tombes
royales. — époque saïte.
1042. — BRONZE. — Haut. 0 m. 23 cent. —
Sakkarah.
La déesse Maît, la Vérité, fille du Soleil. Elle est représentée
sous la forme d'une femme coiffée d'une plume
d'autruche, hiéroglyphe de son nom. — époque saïte.
1043. — BRONZE. — Haut. 0 m. 182 mill.
Admirable statuette d'Amon (v. p. 297, no 1054).
1044. — BRONZE. — Haut. 0 m. 18 cent.
Le déesse Mout ou Maout, femme d'Amon et mère de
Khonsou, formait avec ces deux divinités la triade adorée
à Thèbes. Elle est ordinairement coiffée du pschent ou double
couronne du midi et du nord. Elle est représentée
souvent sous la forme du vautour qui sert à écrire son
nom (efr. p. 299, no 1067).
1045. — BRONZE. — Haut. 0 m. 15 cent.
La déesse Nohemâit, forme d'Hathor, adorée à Hermopolis
et à Héliopolis. Elle porte sur la tête une sorte
d'édicule à l'image du sistre consacré à Hathor.
CAGE Q.
Statuettes d'Horus, fils d'Isis et d'Osiris. Les plus jolies
pièces sont l'Horus enfant, en bronze, sortant d'une fleur
de lotus (no 1084); une grande statue d'Horus, en calcaire
(no 1085); un joli siège d'Horus, porté par deux lions
(no 1086, bronze, haut. 0 m. 115 mill., Sérapéum) et qui a
pour dossier un vautour déployant ses ailes: les deux éperviers
nos 1090 et 1091; enfin l'Horus à tête d'épervier adossé
à un obélisque (no 1092). On voit à côté des Horus une statuette
en bronze de la déesse Satit, la fée de la cataracte,
avec la couronne blanche sur la tête (no 1088); c'est l'une
des soeurs et femmes de Khnoumou. On remarquera encore
une figure d'lmouthès, fils de Phtah (no 1089, bronze,
haut. 0 m. 16 cent.). Le crocodile à tête d'épervier est un
mélange des deux divinités d'Ombos, Horus et Sovkou le
crocodile et l'épervier: il porte le nom de Sovkou-Râ, le
crocodile-soleil (no 1093).
CAGE R.

1024. — BRONZE. — Haut. 0 m. 21 cent., larg.
0 m. 24 cent.
Statue du taureau Hapis sur un traineu, telle qu'on la
promenait aux grandes fêtes. Le taureau Hapis était l'image
vivante de Phtah
sur la terre: on le gardait dans une des
cours du temple de Phtah à Memphis, où il rendait des oracles.
Il n'y avait jamais qu'un Hapis à la fois; on le reconnaissait
à certaines marques, un croissant sur le front, un
scarabée sous la langue, un vautour sur le dos, que
les prêtres se chargeaient de découvrir. Une fois intronisé,
il restait en fonctions jusqu'à la mort; quelques-uns vécurent
jusqu'à vingt-sept et même à vingt-huit ans. Mort, il
devenait, comme tous les morts, un Osiris: on l'embaumait
et on le transportait en grande pompe au Sérapéum,
dans la sépulture réservée aux Hapis. Là, il avait un temple
où il était encore dieu, sous le nom d'Osorhapi, dont les
Grecs ont fait Sarapis, Sérapis.
1025. — BRONZE. — Haut. 0 m. 09 cent., long.
0 m. 15 cent. — Sérapéum.
Boeuf Hapis agenouillé contrairement à l'usage. —
époque saïte.
1026. — BRONZE. — Haut. 0 m. 40 cent. —
Sérapéum.
Superbe Nofirtoumou, incrusté d'émaux et d'or. Nofirtoumou
était le fils de Bastît ou de Sakhî et il paraît avoir
incarné une des formes du soleil de la nuit, celle qui
précède immédiatement l'aurore; il était souvent représenté

debout sur un lion couché, la main droite armée d'un
sabre recourbé, la tête couronnée d'un lotus épanoui d'où
sortent deux grandes plumes. — époque saïte.
1027. — BRONZE. — Haut. 0 m. 27 cent. —
Sérapéum.
Le dieu Anhouri était adoré à Thini. Il est coiffé de
quatre longues plumes réunies en faisceau, et il lèveles mains
dans l'attitude du soldat qui perce de la pique un ennemi
terrassé. Anhouri est une forme jumelle de Shou; les
Grecs l'identifiaient à Arès.
1028. — BRONZE. — Haut. 0 m. 165 mill. —
Sérapéum.
Le dieu Nil (Hapi) debout, portant sur la tête le signe
de l'eau, d'où sort un bouquet de fleurs. Il est représenté
avec les chairs molles et la poitrine pendante en signe
d'abondance. Il était adoré à Silsilis. Ses statues sont fort
rares. — époque saïte.
1029. — BRONZE. — Haut. 0 m. 14 cent. —
Sérapéum.
Hapis, sous forme d'homme à tête de taureau, le disque
et l'uraeus au front. — époque saïte.
1030. — BRONZE. — Haut. 0 m. 26 cent. —
Sérapéum.
Le dieu a sur la tête une coiffure formée de deux cornes
et de deux petites pousses, sur lesquelles est posée une
étoile à cinq branches; les pieds manquent. Mariette pensait

que cette figure représentait Sibou, le dieu de la terre;
je préférerais y reconnaître, d'après les peintures astronomiques,
Osiris-Sâhou, dieu de l'étoile Orion. Osiris-Sâhou
était aussi le conducteur des âmes dans l'autre monde. —
époqusaïte.
1031. — BRONZE. — Haut. 0 m. 15 cent.
Dieu Bisou combattant (cfr. p. 300, no 1074). Il lutte contre
le mal et contre les ténèbres; il a remplacé dans ce rôle
le dieu Set, devenu, sous le nom de Typhon, la personnification
du mal, après avoir été l'adversaire du serpent destructeur
Apôphis. Bisou jouait de la harpe; il était le dieu
de la toilette et son image ornait souvent le manche des
miroirs des dames égyptiennes. — époque saïte.
Pilastre nord-ouest.
La petite vitrine adossée contre la face est de ce pilastre.
contient une collection de coiffures divines en plomb.
d'époque ptolémaïque, disposées de manière à pouvoir
être placées sur des statuettes d'autre matière et changées
à volonté. Contre la face sud du même pilastre, on a placé
une belle stèle représentant Horus sur les crocodiles.
Bas-côté ouest de la Salle.
ARMOIRE S.
Statuettes d'Osiris, en pierre et en bronze. Statuette
d'Horus en bronze (no 1096, haut. 0 m. 33 cent.). Statuette
de Phtah, en terre bleue émaillée (no 1097. haut.
0 m. 31 cent.).
ARMOIRE T.

Stèle du Sérapéum, monuments commémoratifs déposés
dans la tombe des Hapis à Sakkarah. On peut citer la
stèle qui représente un Hapis, transporté au tombeau dans sa
barque montée sur quatre rouleaux en bois; il est pleuré
par Isis et Nephthys (no 1078, tablette inférieure, haut.
0 m. 234 mill., largeur 0 m. 346 mill., Kom-el-Fakhri.
XXVIe dynastie); le no 1079, daté du roi Nékao (troisième
tablette); le no 1080, daté de l'an 37 du roi Sheshonq IV
(XXIIe dynastie): et, comme modèle de petitesse, la stèle
no 1081.
ARMOIRE U.
Le dieu Thot, sous la forme de l'Ibis (no 1127) ou du
singe (no 1128).
1129. — Phtah à quatre visages, représentant le dieu
des quatre maisons du monde.
ARMOIRE V.
Figurines d'Osiris (no 1124, jolie figurine en porcelaine)
et d'Anubis (no 1125); groupes des génies funéraires
(no 1126).
ARMOIRE W.
La déesse Nephthys (no 1118), soeur d'Isis, à qui elle
est associée comme pleureuse d'Osiris et protectrice de la
momie. La triade d'Isis, Nephthys et Horus est représentée
par les nos 1110, 1120 et 1121 (émail vert).
ARMOIRE X.

1102. — BRONZE DORÉ. — Haut. 0 m. 038 mill.
Sérapéum.
La déesse Noshemît, assise, sa barque sur la tête, allaite
Horus. Noshemît est ici évidemment une forme locale,
propre à Abydos, de la déesse Isis. — époque saïte.
1103 et 1103 bis. — TERRE ÉMAILLÉE.
Statuettes d'Hathor.
1104 et 1104 bis. — ÉMAIL VERT ET ÉMAIL BLEU.
La déesse Hatmihît, du nome Mendésien, portant sur
la tête le poisson silure (v. p. 297, no 1057).
1105. — LAPIS-LAZULI ET OR. — Haut. 0 m. 073
mill. — Sakkarah.
La déesse Maît; la plume de sa coiffure, hiéroglyphe
de son nom, est en or. — époque saïte.
1106. — LAPIS-LAZULI. — Haut. moy. 0 m. 025
mill. — Sakkarah.
Cinq figurines de la déesse Maît. — époque saïte.
1107. — ÉMAIL VERT.
Figurines de la déesse Selkît (cfr. p. 309, no 1035).
1108. — ÉMAIL VERT.
Néît, déesse de Sais (cfr. p. 308, no 1032).
1109. — ÉMAIL BLEU. — Haut. 0 m. 085 mill. —
Mit-Rahineh.
Le dieu Set-Typhon debout, avec la tête de quadrupède
qui le caractérise; monument presque unique. — époque
saïte.
ARMOIRE Y.
Figurines d'Horus, tant d'Horus, fils d'Isis, que de
Haroéris.
1122. — VERRE BRISé. — Haut. 0 m. 919 mill.
Admirable petite figure en verre ciselé: Horus à corps
humain et à tête d'épervier, coiffé du disque solaire.
1123. — LAPIS-LAZULI. — Haut. 0 m. 058 mill.
Haroéris, l'Horus dieu du ciel adoré à Ombos, est debout,
appuyé sur son bâton de commandement; il saisit de la
main droite le sceptre en forme de serpent.
ARMOIRE Z.
La déesse Thouéris (cfr. p. 306, no 1016).
Pilier sud-ouest.
On y a adossé une fort belle stèle d'Horus sur les crocodiles,
découverte à Alexandrie.

SALLES P-S.
LES MOMIES ROYALES.

Dès les premiers temps de la XXe dynastie, la police
thébaine dut protéger, non seulement les tombeaux des

particuliers, mais ceux-mêmes des souverins et de leurs
familles, contre les entreprises des voleurs qui exploitaient
la nécropole thébaine. Des bandes s'étaient formées en
effet, parmi la population avoisinant les temples de la
ville de Médinet-Habou, au village de Gournah, qui souvent,
avec la complicité des gardiens et des fonctionnaires locaux.
pénétraient dans les hypogées les mieux fermés, ouvraient
les cercueils, brisaient les momies et enlevaient tout ce
qu'elles rencontraient de bijoux en or ou en argent et d'objets
précux. De temps à autre les plaintes des familles
attiraient l'attention des autorités sur ces rapines: le Pharaon
régnant décidait l'envoi d'une commission qui comprenait
parfois de très hauts personnages, le grand-prêtre
d'Amon, le comte de Thèbes, les chefs de la police thébaine.
les supérieurs des temples. On saisissait quelques individus
suspects à qui la torture arrachait bientôt des aveux: on
opérait des descentes judiciaires dans les tombeaux qui
étaient signalés comme en mauvais point, et on y dressait
procès-verbal de l'état des lieux. Quelquefois, les gardiens,
craignant d'être englobés dans la poursuite contre
les malfaiteurs, avaient réparé les dégâts tant bien que
mal et refait les momies avec des débris ramassés pèlemêle;
le plus souvent, la commission trouvait les chambres
funéraires telles que les voleurs les avaient laissées, les
momies éparses sur le sol, les cercueils en morceaux, le
mobilier brisé. Ils ordonnaient alors la restauration, el
quelques condamnations prononcées contre les coupables
arrêtaient les déprédations pour quelques jours. Elles recommençaient
bientôt de plus belle: le rène des Ramessides
de la XXe dynastie fut occupé presque en entier à les
combattre, mais avec si peu de succès qu'après la mort du
dernier d'entre eux, les grands-prêtres d'Amon, demeurés
maitres de Thèbes, résolurent de dérober les momies les

plus vénérées, celles des Pharaons et des hauts personnages
sacerdotaux, aux profanations dont elles étaient l'objet.
Ils les firent extraire de leurs tombes, et ils les réunirent
en groupes qu'ils cachèrent dans plusieurs endroits de la
nécropole thébaine. Les opérations se firent en si grand
secret qu'elles échappèrent à l'attention des voleurs: les
cachettes furent oubliées bientôt de ceux mêmes qui les
avaient choisies, et les Pharaons qu'elles renfermaient
dormirent en paix jusqu'à nos jours.
Ce fut seulement pendant l'été de 1875 qu'un fouilleur
de Cheikh Abd-el-Gournah découvrit l'une d'elles. La
masse d'objets qu'elle contenait était telle et de maniement
si difficile qu'il ne put profiter que de la moindre partie
de sa trouvaille, celle qui était le plus facile à transporter
et à dissimuler. Dès le printemps de 1876, un officier général
anglais, du nom de Campbell, montrait à M. Maspero
le rituel hiératique du grand-prêtre Pinotmou. En 1877,
M. de Sauley faisait entrer au Louvre les dernières pages
d'un long papyrus ayant appartenu à la reine Notmit.
mère de Hrihorou, et dont le commencement est aujourd'hui
en Angleterre; Mariette avait lui-même acheté à Suez
deux autres papyrus, écrits au nom d'une reine Tiouhator
Honittaoui. Vers le même temps, les statuettes funéraires
du roi Pinotmou appraissaient sur le marché. les unes
fines, les autres grossières. Bref, le fait d'une découverte
devint tellement évident, qu'en 1879, M. Maspero affirmait
déjà d'une tablette, appartenant alors à Rogers bey, acquise
plus tard par le Musée du Louvre, qu'elle provenait d'un
tombeau avoisinant le groupe encore inconnu des tombes
de la famille de Hrihorou; en réalité elle provenait de la
cachette de Deîr-el-Bahari, où la momie à laquelle elle
appartenait s'est retrouvée.
Rechercher l'emplacement de ces hypogées royaux était

donc l'un des principaux objets du voyage que M. Maspero
entreprit dans la Haute-égypte aux mois de mars et d'avril
1881. Un seul point était acquis, le nom des personnages
qui avaient vendu les objets déjà connus, Abd-er-Rassoul
Ahmed, de Sheikh Abd-el-Gournah, et Moustapha aga
Ayad, vice-consul d'Angleterre et de Belgique à Louxor.
Ce dernier, couvert de l'immunité diplomatique, échappait
aux poursuites. Le 4 avril, Abd-er-Rassoul Ahmed fut
arrêté, et naturellement, il nia tous les faits que le témoignage
des voyageurs européens mettait à sa charge:
le 6 avril, il fut expédié à Qéneh, où le moudir, Daoud
pacha, instruisit le procès de la famille. Les interrogations
et les débats eurent pour unique résultat de provoquer de
nombreaux témoignages favorables à l'accusé. Les notables
et les maires de Gournah déclarèrent, sous la foi du serment,
qu'Abd-er-Rassoul Ahmed n'avait jamais fouillé et
ne fouillerait jamais, qu'il était incapable de détourner le
moindre objet d'antiquité, à plus forte raison de violer
une tombe royale. Pour le moment, le Service n'avait rien
à opposer que le témoignage d'étrangers absents: Abd-er-Rassoul
Ahmed fut mis en liberté provisoire, sous la
garantie de deux de ses complices. Mais son arrestation,
les deux mois d'emprisonnement qu'il avait subis, la
vigueur avec laquelle l'enquête avait été conduite par
S. E. Daoud pacha, la conviction où l'on était que l'affaire
reprendrait, lui avaient donné fort à réfléchir. La discorde
se mit entre lui et ses quatre frères. Après un mois de
discussions et de querelles, l'aîné d'entre eux, Mohammed
Ahmed Abd-er-Rassoul, se résolut brusquement à tout
révéler. Il se rendit secrètement à Qéneh et fit sa déclaration
au moudir. Celui-ci en référa aussitôt au Ministre de
l'Intérieur qui transmit la dépêche à S. A. le Khédive Tewfik,
qui décida d'envoyer uu des employés du Musée à Thèbes.

M. Emile Brugsch conservateur-adjoint, fut délégué d'urgence:
il partit le samedi 1er juillet, accompagné de MM. Ahmed
effendi Kamal, secrétaire-interprète du Musée, et Tadros
Moutafian, inspecteur de la circonscription des Pyramides.
Le mercredi 5, ils furent conduits par Mohammed Ahmed
Abd-er-Rassoul au caveau funéraire: jamais cachette ne
fut mieux dissimulée. La chaine de collines qui sépare le
Bab-el-Molouk de la plaine thébaine forme, entre l'Assassif
et la vallée des Reines, une série de cirques naturels,
dont le plus connu était jusqu'à présent celui où s'élève le
monument de Deîr-el-Bahari. Dans la muraille de rochers
qui sépare Deir-el-Bahari du cirque suivant, juste derrière
la butte de Sheikh Abd-el-Gournah, à soixante mètres environ
au-dessus du niveau des terres cultivées, on creusa un puits
de 11 m. 50 cent. de profondeur sur 2 mètres de largeur.
On y pratiqua au fond, dans la paroi ouest, l'entrée d'un
couloir qui mesure 1 m. 40 cent. de large sur 1 m. 80 cent.
de haut. Après un parcours de 7 m. 40 cent., il tourne
brusquement vers le nord et se prolonge sur une étendue
d'environ 60 mètres, sans garder partout les mêmes
dimensions: en certains endroits, il atteint 2 mètres de
large, en d'autres, il n'a plus que 1 m. 30 cent. Vers le
milieu, cinq à six marches grossièrement taillées accusent
un changement de niveau assez sensible, et, sur le Côté
droit, une sorte de niche inachevée montre qu'on a songé
à changer une fois de plus la direction de la galerie. Celleci
débouche enfin dans une sorte de chambre oblongue,
irrégulière, d'environ huit mètres de longueur. Le premier
objet qui frappa les yeux de M. Brugsch fut un cercueil
blanc et jaune au nom de Nibsou. Il était dans le
couloir à 0 m. 60 cent. environ de l'entrée; un peu plus
loin, un cercueil dont la forme rappelait le style de la
XVIIe dynastie, puis la reine Tiouhathor Honittaoui, puis

Séti Ier. A côté des cercueils et jonchant le sol, des boîtes
à statuettes funéraires, des canopes, des vases à libations
en bronze, et, tout au fond, dans l'angle que forme le
couloir en se redressant vers le nord, la tente funèbre de
la reine Isimkhabiou, pliée et chiffonnée comme un objet
sans valeur, qu'un prêtre trop pressé de sortir aurait jeté
négligemment dans un coin. Le long du grand couloir,
même encombrement et même désordre; il fallait s'avancer
en rampant, sans savoir où l'on mettait les mains et les
pieds. Les cercueils et les momies, entrevus rapidement à
la lueur d'une bougie, portaient des noms historiques,
Aménôthès Ier, Thoutmosis II; dans la niche près de l'escalier,
Ahmôsis Ier et son fils Siamanou, Saqnounrî, la
reine Ahhotpou, Ahmasi Nofritari et d'autres. Dans la
chambre du fond, le pêle-mêle était au comble, mais on
reconnaissait à première vue la prédominance du style
propre à la XXe dynastie: les arabes avaient déterré un
plein hypogée de Pharaons. Le bateau du Musée, mandé
en hâte, n'était pas encore là; mais on avait sous la main
l'un des pilotes, réis Mohammed, sur lequel on pouvait
compter. Il descendit au fond du puits et se chargea d'en
extraire le contenu: MM. Brugsch, Ahmed effendi Kamal
et Tadros Moutafian recevaient les objets au fur el à mesure
qu'ils sortaient de terre, les transportaient au pied de la
colline et les rangeaient côte à côte, sans ralentir un instant
leur surveillance. Quarante-huit heures d'un labeur
énergique suffirent à tout exhumer, mais il fallait mener
le convoi à travers la plaine de Thèbes et au delà de la
rivière jusqu'à Louxor. Plusieurs des cercueils, soulevés à
grand' peine par douze ou seize hommes, mirent de sept à
huit heures pour aller de la montagne à la rive, et l'on se
figurera aisément ce que dut être ce voyage, par la pousière
et la chaleur de juillet.
Enfin, le 11 au soir, momies et cercuels étaient tous à
Louxor, dûment enveloppés de nattes et de toiles. Trois
jours après, le vapeur du Musée arrivait; le temps de
charger, et aussitôt il repartait pour Boulaq avec son frêt
de rois. Chose curieuse! de Louxor à Qouft, sur les deux
rives du Nil, les femmes fellahs échevelées suivirent le
beateau en poussant des hurlements et les hommes tirèrent
des coups de fusils, comme ils font aux funérailles. L'ensemble
de la trouvaille, rendu à Boulaq vers le 20 juillet,
fut d'abord exposé pêle-mêle, sans classification autre que
celle qui résultait des dimensions et de la nature des objets.
Il fallut quatre ans d'étude pour parvenir à savoir ce
qu'on possédait. Le déroulement des corps commença au
mois de mai 1886, et se continua jusque dans les derniers
jours de juin: ils furent mesurés, inspectés, décrits minutieusement
et toutes les précautions prises pour en assurer
la conservation. Néanmoins, ils se sont endommagés
gravement depuis la découverte, et quelque soin qu'on
aitmis à les entourer de substances préservatrices, les
insectes se sont attaqués à la plupart d'entre eux: on
peut prévoir le jour où ils disparaitront sous leurs atteintes.
Cependant, ils ne représentaient qu'une partie, la moindre,
des momies mises à l'abri par les prêtres, et l'on était
certain que d'autres cachetles existaient encore dans la
nécropole. Elle furent cherchées en vain par M. Maspero,
au sud de Deîr-el-Bahari, avec plus de bonheur, à l'est de
la même localité, par M. Grébaut qui mit au jour l'un des
souterrains où l'on avait entassé les corps des prêtres et
des prêtresses d'Amon thébain, qui sont exposés dans la
galerie méridionale. En 1898, M. Loret, s'inspirant des
rapports de quelques arabes, reprit la piste, mais dans le Babel-Molouk
lui-même. Les fouilles, menées avec une tenacité
remarquable, furent couronnées de succès et aboutirent, le

12 février 1898, à la découverte de l'hypogée de Thoutmosis
III, violé dès la XXe dynastiie el dont la momie avait
été cachée dans le trou de Deîr-el-Bahari par les grandsprêtres
d'Amon thébain. M. Loret y récolta divers objets
curieux, entre autres des panthères et des statnetles en
bois bituminé, et deux momies de femme qui sont anjourd'hui
dans nos collections (v. salle R, mur sud).
Encouragé par ce résultat, il pratiqua des sondages sur un
autre point de la vallée, entre les tombeaux nos 12 et 13,
presque en face de l'hypogée de Ramsès III; le 8 mars,
il mit au jour l'entrée d'un souterrain nouveau qu'il reconnut
avoir été celui d'Aménôthès Il, fils de Thoutmosis III.
Le sol de l'antichambre était jonché d'objets brisés, vases et
statuettes en bois et en albâtre, barques fragmentées. Celui
de la chambre funéraire disparaissait sous une litière véritable
de débris analogues, statuettes en bois du roi et de plusieurs
divinités, Répondants au nom d'Aménôthès II et d'un
prince royal Ouabkhousenou, croix ansées et dadou en bois et en émail bleu, et les mille objets intact ou
brisés qu'on verra plus loin dans les vitrines de la salle R.
La momie du Pharaon était encore dans son sarcophage,
couverte de fleurs et de feuilles desséchées, et trois des
quatre réduits qui ouvrent sur la salle funéraire contenaient
des amas d'objets d'offrandes, jarres éventrées, paquets
d'étoffes, viandes emmaillotées, vases en terre émaillée
verte ou bleue, Répondants enfermés dans de petits
cercueils; on voyait en outre, dans l'un d'eux, trois
momies entièrement dépouillées de bandelettes, un enfant
d'une quinzaine d'années, coiffé de la grosse tresse des
princes royaux, une femme, un homme. Le quatrième
réduit, creusé dans la paroi droite, était à demi fermé par
une muraille de moëllons; lorsque M. Loret y pénétra,
il y aperçut neuf cercueils étendus sur le sol, six au fond,

trois en avant, qui laissaient sur la droite un petit intervalle
libre: cinq avaient des couvercles, quatre en étaient
dépourvus. M. Loret pensa d'abord que c'étaient seulement
des membres secondaires de la famille d'Aménôthès, frères
ou fils n'ayant pas régné, mais bientôt, examinant les
noms tracés sur les couvercles des cercueils ou sur les
linceuls, il reconnut une série de Pharaons des trois grandes
dynasties thébaines, le complément de la première trouvaille
de Deîr-el-Bahari, Ramsès IV, Siphtah, Sétill, Aménôthès III,
Thoutmosis IV, Setnakhìti, Ramsès V, Ramsès VI, plus
un personnage qu'il identifia avec Khouniatonou, le roi
hérétique de la XVIIIe dynastie.
M. Loret avait déjà empaqueté et embarqué ses momies,
lorsqu'à la suite de divers incidents d'ordre administratif, il
reçut l'injonction d'avoir à les réintégrer dans leur cachette;
il ne transporta à Gizéh que les restes du mobilier funéraire
et les offrandes, qui furent exposés dans deux salles
spéciales. Les momies demeurèrent sur place près de deux
années; ce fut seulement en janvier 1900 que, d'accord avec
Sir William Garstin, sous-secrétaire d'état au Ministère des
Travaux Publics, M. Maspero put donner suite aux intentions
de transport de M. Loret. Le tombeau d'Aménôthès II
fut aménagé pour recevoir le public. On laissa dans
l'antichambre, sous la protection d'une barrière et d'un
grillage, la momie étendue sur la barque funéraire; on
recoucha les trois momies nues de femme, d'enfant et
d'homme, dans le réduit qu'elles occupaient au moment
de la trouvaille; on remit le cercueil entr'ouvert d'Aménôthès
II dans son sarcophage, et l'on réussit ainsi à donner
en partie aux visiteurs la sensation de l'aspect que le tombeau
d'un Pharaon pouvait présenter, lorsque le Pharaon
reposait dans son tombeau. J'ajoute qu'en novembre 1901,
un habitant du village de Sheikh Abd-el-Gournah, croyant

que la momie était couverte de bijoux précieux, força
l'entrée de l'hypogée, arracha les bandelettes. Désappointé
de ne rien trouver, il emporta la barque de
l'antichambre qui, étant plus d'à moitié pourrie, dut ne
pas arriver intacte chez lui: la momie qu'elle portait
fut brisée à ce moment, mais la momie du Pharaon et les
trois momies du réduit sont demeurées intactes. Les neuf
momies transférées à Gizéh n'y furent point exposées:
comme le déménagement du Musée était prochain, on
pensa qu'il valait mieux leur éviter le séjour de salles trop
humides ou trop surchauffées, et on les enferma tout
emballées dans une pièce inaccessible aux touristes. Toutefois,
M. Groff avait, dès le premier jour, déclaré que
M. Loret avait lu trop vite le nom de Khouniatonou sur la
poitrine de l'une d'elles; il croyait qu'une étude moins
rapide donnerait le nom de Ménephtah. Au mois de mars
1900, la caisse qui renfermait la momie indécise fut
ouverte en présence de MM. Schäfer, Borchardt, de Bissing,
Brugsch, Daressy, Groff, Maspero, et l'aspect de l'inscription
originale donna raison à M. Groff. Il reste done
acquis que nous possédons la momie du fils et successeur
de Ramsès II, ce Ménephtah que la tradition reçue généralement
avait identifié au Pharaon de l'Exode noyé dans la
Mer Rouge.
L'ensemble de cette série royale est contenu dans les
salles P, Q, R et S.

SALLE P.

La salle P contient les plus célèbres des Pharaons retrouvés
en 1881 et en 1898, dans la eachette de Deîr-el-Bahari
et dans le tombeau d'Aménôthès II.
Centre de la Salle.

1174. — Long. de la momie 1 m. 85 cent.
Saqnounri Tiouâken est un des derniers rois de la
XVIIe dynastie. Son cercueil est trapu, lourd, recouvert
d'une couche de stuc blanc, jadis doré; la tête et la coiffure
sont peintes en jaune, l'uraeus est au front. Une bande
verticale d'hiéroglyphes descend de la poitrine aux pieds
et se termine sous le talon. Les caractères, d'abord tracés
hardiment à l'encre, ont été maladroitement retouchés à
la pointe après la dorure, et sont déformés dans plus d'un
endroit, si bien qu'on serait tenté de lire Satnounri on
Râ-stenen-Tiouâten, si l'on ne connaissait point, d'autre
part, la forme réelle du nom. La momie était enveloppée
d'une étoffe grossière et ne portait aucune inscription
apparente. Elle a été ouverte le 9 juin 1886. Saqnounri
a été assassiné par des conjurés, ou bien il a trouvé
la mort dans une bataille, au cours de la guerre
contre les Pasteurs. Un coup de hache lui a eulevé la
joue droite et brisé la mâchoire inférieure, mettant les
dents à découvert. Un autre coup de hache a entamé
le crâne et pratiqué une fente par laquelle une partie de
la cervelle a dû s'échapper. Enfin, un trou produit par une
lance ou par un poignard, est béant près de l'orbite droit.
Le corps entier est en mauvais état de conservation,
ayant dû être embaumé à la hâte.
VITRINE A.
1175. — Long. de la momie 1 m. 67 cent.
Cercueil en bois, reproduisant les contours généraux
du corps. Le fond est jaune; la chevelure, les ornements

et les trait du visage sont relevés de bleu. Sur la poitrine,
un pectoral montre les cartouches du roi Nibpahitirî
Ahmôsis Ier et la figure d'Amon-Râ. Le maillot de la momie
porte sur la poitrine le nom du roi tracé à l'encre
en hiératique. La momie a été ouverte le 9 juin 1886.
Derrière le cercueil, dans l'armoire B, est le couvercle
du cercueil d'Ahmôsis Ier.
VITRINE C.
1176. — Long. de la momie 1 m. 69 cent.
Cercueil à fond blanc, qui appartient à Aménôthès Ier,
fils d'Ahmôsis et de Nofritari. La momie est revêtue d'une
toile orange maintenue par des bandes de toile ordinaire.
Elle porte un masque en bois et en carton peint, identique
au masque du couvercle. Elle est enveloppée, des pieds à
la tête, de longues guirlandes. Une guêpe, attirée par les
fleurs, était entrée dans le cercueil au moment de l'enterrement:
elle s'y est conservée intacte et nous a fourni un
exemple probablement unique d'une momie de guêpe.
ARMOIRE D.
Couvercle du cerceueil du roi Aménôthès Ier. Les inscriptions
à l'encre, tracées sur la poitrine, nous ont conservé
deux procès-verbaux de visites de la momie par les inspecteurs
chargés d'en vérifier l'état et d'en assurer l'entretien.
La première raconte que “l'an VI, le 7 du troisième mois
de Pirit, le premier prophète d'Amon-Râ, roi des dieux,
Pinotmou Ier, fils de Piânkhi, envoya restaurer l'appareil
funèbre du roi Sorkerî Aménôthès”; la seconde dit plus
solennellement que, “l'an XVI, le 22 du quatrième mois

de Pirit, le premier prophète d'Amon-Râ, roi des dieux,
Masahirti, fils du roi Pinotmou, envoya renouveler l'appariel
funéraire de ce dieu" c'est-à-dire d'Aménôthès, qui, en
essect, était adoré et recevait un culte règulier. — XVIIIe
et XXIe dynasties.
VITRINE E.
1179. — Long. de la momie 1 m. 77 cent.
Cercueil à fond blanc dont l'inscription est au nom
de Akhpirnirî Thoutmosis Hikouasit, c'est-à-dire de
Thoutmosis II, petit-fils du précédent. La momie, recouverte
de toile blanche, porte, tracée sur la poitrine, uneinscription
où il est dit que, “l'an VI, le 7 du troisième mois de Pirit,
le premier prophète d'Amon-Râ, Pinotmou, fils du premier
prophète d'Amon-Râ, Piânkhi, envoya restaurer l'appareil
funèbre du roi Aâniri” (sic), ce qui est une étourderie
du scribe, pour Akhpirniri.
Le couvercle du cercueil de Thoutmosis II (no 1179 bis)
est dans l'armoire F.
VITRINE G.
1181. — Long. de la momie 1 m. 60 cent.
Cercueil jadis peint et doré, aujourd'hui défiguré par
les voleurs; l'intérieur est enduit d'une couche de bitume
qui rend les légendes presque entièrement illisibles. La
momie portait, attachées au corps, deux petites rames et
une poignée de jones qui avaient servi de support aux fleurs
d'un grand bouquet monté. Elle avait été fouillée par les
arabes, et elle était en si mauvais état qu'il fallut l'ouvrir à son
arrivée au Musée. Le corps avait été brisé en trois endroits,

dès l'antiquité, et les morceaux, réunis tant bien que mal,
étaient enveloppés d'une toile aussi fine que la plus fine
batiste.
Par-dessus se trouvait une sorte de suaire, malheureusement
déchiré en plusieurs morceaux: il est chargé de
longs textes hiéroglyphiques, tracés à l'encre et empruntés
pour la plupart au Livre des Morts. Une sorte d'introduction
nous apprend que cet exemplaire sacré a été tracé par
ordre spécial du roi Aménôthès II pour son père et prédécesseur
Thoutmosis III, fils de la reine Isis, dont le nom
nous apparaît ici pour la première fois. Cette mention, à
laquelle le scribe égyptien attachait probablement peu d'importance,
nous donne pourtant la solution d'un des problèmes
les plus obscurs de l'histoire d'égypte: en nous
montrant que Thoutmosis III, fils de Thoutmosis II, était
né d'une concubine, elle nous explique pourquoi la reine
Hatshoposuîtou, fille de Thoutmosis Ier et de la reine
Ahmasi, avait pour elle le droit héréditaire, et, par suite,
la préséance sur son demi-frère Thoutmosis II et sur son
neveu Thoutmosis III; ils lui durent de régner, Thoutmosis II,
après son mariage avec la princesse héritière,
Thoutmosis III, après son mariage avec la fille d'Hatshopsouîtou
et de Thoutmosis II.
Le couvercle du cercueil de Thoutmosis III est dans
l'armoire H.
VITRINE I.
1180. — Long. de la momie 1 m. 75 cent.
Grand cercueil blanc, dont les pieds ont été brisés
anciennement; les traits sont relevés de noir, les yeux

sont en émail. Sur la poitrine, au-dessous des cartouches,
Manmaîtri Séti Ménephtah, de Séti Ier, on lit trois procèsverbaux
en hiératique de longueur différente. D'après le
premier, “l'an VI, le 7 du deuxième mois de Shaît, le
premier prophéte d'Amon, Hrihorou, envoya restaurer
l'appareil funéraire du roi Séti Ier”; le second déclare
que, “l'an XVI, le 7 du quatrième mois de Pirit, sous le roi
Siamanou Hrihorou, on retira le roi Séti Ier de son tombeau
pour le déposer dans la tombe de la princesse Anhapou”.
L'opération faite, le prêtre chargé du culte royal témoigna
devant le Pharaon de la condition de la momie, et déclara
que le corps n'avait souffert aucun dommage dans le transfert.
Enfin “en l'an X, le 11 du quatrième mois de Pirit,
sous le grand-prêtre Pinotmou Ier, le roi Séti Ier fut transporté
dans le tombeau d'Aménôthès Ier”; en foi de quoi
on écrivit le troisième et dernier procès-verbal. La momie
était enveloppée d'une forte toile jaunâtre et ne portait
aucune inscription apparente.
VITRINE J.
1177. — Long. de la momie 1 m. 80 cent.
Cercueil en bois, non peint, en forme d'Osiris; les
veux et les traits sont rehaussés de noir, les mains tientnent
encore un sceptre. Sur la poitrine sont tracés à l'encre
les cartouches Ousirmari Sotpenri, Ramsès II Mariamanou,
et trois inscriptions, dont l'une, effacèe à l'éponge, a été
surchargée, mais reste encore lisible en partie. Elle a pour
objet de constater que l'an VI, le grand-prêtre Hrihorou fit
restaurer la momie de Ramsès II. Des deux inscriptions
restantes, l'une raconte que l'an XVII, le 7 du quatrième
mois de Pirit, le grand-prêtre fit retirer le corps de Ramsès

II du tombeau de Séti Ier où on l'avait déposé; l'autre,
tracée rapidement au sommet de la tête, nous apprend
que l'an X du grand-prêtre Pinotmou, on transporta
Ramsès II dans le tombeau d'Aménôthès, en même temps
que son père Séti Ier.
Le style du monument et certains détails d'orthographe
nous reportaient à la XXe dynastie plutôt qu'à la XIXe. Pour
savoir si la momie était bien celle de Ramsès II, comme
le prétendent les inscriptions du couvercle, M. Maspero fit
enlever une partie des bandages qui paraissaient être mal
attachés, et il trouva, sur la poitrine du maillot original,
une inscription à l'encre