Title: Notice Des Principaux Monuments Exposés Au Musée De Gizeh [Electronic Edition]

Author: Egypt. Maslahat al-Athar. ; Jizah (Egypt).; Musée [Corporate]
Statement of responsibility:
Creation of machine-readable version: TechBooks,
Creation of digital images: Digital Media Center, Fondren Library, Rice University,
Conversion to TEI.2-conformant markup: TechBooks,
Parsing and proofing: Digital Media Center, Fondren Library, Rice University,
Distributor: Rice University
Funding from: Funding for the creation of this electronic text provided by the Institute for Museum and Library Services (IMLS), Fondren Library, and the Enriching Rice through Information Technology (ERIT) program sponsored by the Computer and Information Technology Institute (CITI), Rice University.
File size or extent: ca. 761 Kilobytes
Publisher: Rice University
Place of publication: Houston, Tx
Publication date: 2006
Identifier: TIMEA, MusGi1895
Availability: Publicly available via the Travelers in the Middle East Archive (TIMEA) through the following Creative Commons attribution license: "You are free: to copy, distribute, display, and perform the work; to make derivative works; to make commercial use of the work. Under the following conditions: By Attribution. You must give the original author credit. For any reuse or distribution, you must make clear to others the license terms of this work. Any of these conditions can be waived if you get permission from the copyright holder. Your fair use and other rights are in no way affected by the above." (Status: unknown)
Part of a series: This text is part of the Travelers in the Middle East Archive (TIMEA), funded by the Institute for Museum and Library Services (IMLS), Fondren Library, and the Enriching Rice through Information Technology (ERIT) program sponsored by the Computer and Information Technology Institute (CITI), Rice University.
Notes:
Note: Illustrations have been included from the print version.
Source(s):

Title: Notice Des Principaux Monuments Exposés Au Musée De Gizeh

Author: Egypt. Maslahat al-Athar. ; Jizah (Egypt).; Musée [Corporate]
1895 edition
File size or extent: 342, 30 p. : ill. ; 19 cm.
Place of publication: Caire
Publisher: Imprimerie Nationale
Publication date: 1895
Identifier: From the collection of Dr. Paula Sanders, Rice University.
Description of the project: This electronic text is part of the Travelers in the Middle East Archive (TIMEA), developed by Rice University.
Editorial practices
The text has been encoded using the recommendations for Level 4 of the TEI in Libraries Guidelines. All electronic texts have been spell-checked and verified against printed text. Quotation marks have been retained. Original grammar, punctuation, and spelling have been preserved. No corrections or normalizations have been made, except that hyphenated, non-compound words that appear at the end of lines have been closed up to facilitate searching and retrieval. Footnotes have been moved to the end of the paragraph in which they are referenced. Images exist as archived TIFF images, one or more JPEG versions for general use, and thumbnail GIFs.
Classification system(s)
Taxonomy LCSH Library of Congress Subject Headings
Origin/composition of the text: 1895
Languages used in the text:
  • French (fre)
Text classification
Keywords: (Library of Congress Subject Headings)( Library of Congress Subject Headings )
  • Jizah (Egypt) -- Antiquities.
Revision/change: July 2006
Statement of responsibility: LMS
ed.
Corrected tagging errors, verified and enhanced metadata. Removed references to duplicate page images.
Revision/change: October 2006
Statement of responsibility: LMS
ed.
Automatically added place name markup.

Notice Des Principaux Monuments Exposés Au Musée De Gizeh [Electronic Edition]


Contents











NOTICE DES PRINCIPAUX MONUMENTS EXPOSÉS AU MUSÉE DE GIZEH



SERVICE DES ANTIQUITÉS DE L'ÉGYPTE

NOTICE DES PRINCIPAUX MONUMENTS
EXPOSÉS AU
MUSÉE DE GIZEH

LE CAIRE
IMPRIMERIE NATIONALE 1895


AVANT-PROPOS

Construit par ordre du Khédive Ismaïl,
le palais de Gizeh fut affecté au service des
antiquités en 1890, et M. E. Grébaut, alors
directeur général des musées et des fouilles,
y fit apporter de Boulaq les monuments qui
pendant trente années avaient été réunis
dans un musée provisoire par les soins de
A. Mariette, de M. G. Maspero et de M. E.
Grébaut lui-mème. L'exiguité du local de
Boulaq et les découvertes récentes du service
des antiquités réclamaient un agrandissement
considérable des bâtiments consacrés
aux collections, et le gouvernement
égyptien, reculant devant les difficultés

tredit le plus vaste et le plus riche du
monde.
Une pléiade de savants a travaillé à la
formation de ces remarquables collections,
mais deux hommes surtout ont contribué
à leur grandeur: A. Mariette et M. G. Maspero.
Mariette a fondé le service des antiquités
égyptiennes, le musée et la conservation
des monuments; c'est à lui que la science
est redevable de la découverte des édifices
les plus importants de la vallée du Nil;
Mariette est le créateur.
M. G. Maspero a doté l'archéologie en
Egypte de la méthode scientifique qu'elle
possède aujourd'hui: il a formé le service
administratif, a enrichi le musée des résultats
de son incomparable découverte
des momies royales, et, par ses nombreux
travaux scientifiques, a fait connaïtre au
monde savant les merveilles renfermées
dans les galeries de Boulaq et répandues
sur le sol de l'Egypte.

ix

La donnée en était fausse, maise le jeune auteur y marquait
déjà la plupart des qualités qui l'ont rendu célèbre
plus tard, une grande habileté de discussion, la clarté
et la vigueur du style, beaucoup de pénétration.
Le hasard le rejeta du côté de l'Orient.
Une caisse de momie qui provenait de la collection
Vivant Denon, fut exposée à la mairie de Boulogne;
le jeune Mariette rédigea à cette occasion une petite
notice dans laquelle il conseillait à ses concitoyens de
l'acquérir. Son conseil fut suivi. Mariette se procura,
pour étudier les textes qui couvraient le cercueil, quelques
livres traitant de l'Égypte, et ce qui n'avait été
d'abord qu'un amusement, devint une passion sérieuse.
Il fut bientòt assez fort pour se hasarder à aborder la
discussion des textes; manquant d'appui dans sa ville
natale, il s'adressa à Charles Lenormant, le seul des
élèves directs de Champollion qui continuât alors en
France la tradition du maître. Le mémoire qu'il soumit
au jugement du savant parisien portait sur l'interprétation
et le classement des cartouches qui recouvrent la
Chambre des Ancètres; il est resté inédit.
Mariette se décida à venir chercher fortune à Paris.
L'amitié du peintre Janron lui procura une petite place
d'adjoint au Louvre; dans les premiers jours de 1848,
il se mit en tête d'aller chercher fortune en Égypte,
et demanda au gouvernement français les ressources
nécessaires au voyage. Tattam venait d'attirer l'attention
des savants sur les richesses renfermées dans les
couvents jacobites de l'Egypte. Mariette composa rapidement
un long essai de bibliographie copte qui est
demeuré inédit, et sollicita une mission à l'effet d'aller

remettre sur la bonne piste et déboucha, après le cent
quarante et unième sphinx, sur un dromos spacieux,
dallé de belles pierres. Deux mois de fouilles mirent au
jour l'ensemble des monuments qui s'y trouvaient, un
hémicycle décore de statues grecques, deux chapelles,
une procession de génies montés sur des animaux, et
conduisirent les travailleurs jusqu'à la porte du Sérapéum.
Là un obstacle imprévu les arrêta: des marchands
d'antiquités, pour la plupart agents consulaires
de diverses nations européennes, jaloux du succès de
Mariette, réussirent à obtenir d'Abbas pacha la suspension
des fouilles. L'appui du gouvernement français
aplanit en partie les difficultés; une somme de trente
mille francs, votée le 16 août 1852 par l'Assemblée nationale,
permit de reprendre les travaux avec plus d'activité,
et, dans la nuit du 12 au 13 novembre, Mariette
pénétra dans les souterrains du Sérapéum. Ce qu'il y
trouva, le monde savant le connaît; soixante-quatre
Apis, dont les plus ancies remontent à la XVIIIe dynastie
et dont le plus moderne est presque contemporain
de Cléopàtre; des milliers de stèles votives, de figurines
funéraires, d'amulettes, de bijoux, qui font aujourd'hui
l'ornement du musée du Louvre.
La chronologie des taureaux, suffisamment établie
par les dates d'inhumation, apporta de nouvelles informations
pour le rétablissement de la chronologie des
rois égyptiens du nouvel empire. Toute l'année 1852
se passa à déblayer et à dépouiller le Sérapéum. Dans
les premiers jours de 1853, Mariette se transporta avec
ses ouvriers aux pieds des pyramides de Gizeh.
Cette fois il travaillait aux frais d'un particulier. Le

fois décide Mariette à quitter Paris, se représentèrent
plus fortes à son retour. Il n'était pas depuis un an sur
le sol natal, qu'il aspirait déjà à le quitter pour rependre
sa carriêre avetureuse aux bords du Nil. Les
circonstances politiques favorisèrent son dessein. Abbas
pacha, qui avait tant contrarié les fouilles du Sérapéum,
était mort en 1851, laissant le pouvoir à son oncle Saïd
pacha, ami de la France. Encouragé par M. de Lesseps,
le nouveau prince pria le gouvernement français de lui
prêter Mariette pendant un hiver, celui de 1857–1858;
il s'agissait de préparer des fouilles pour un voyage que
le prince Napoléon projetait en Egypte. Le voyge n'eut
pas lieu, mais le Pacha, gagné par la bonne humeur de
Mariette, lui donna le titre de bey, l'autorisa à multiplier
les chantiers des fouilles, à lever les ouvriers à la
corvée et fonder un musée qui fut établi provisoirement
à Boulaq. La création, l'agrandissement et le maintien
de ce musée devinrent désourmais la grande prèoccupation
de Mariette. On ne saurait imaginer les trésors de
diplomatie qu'il dut dépenser pour arracher aux divers
souverains de l'Egypte le terrain et l'argent nècessaire
à son œuvre. Une crue du Nil, qui menaça de tout détruire
en 1878, lui permit enfin de disposer le local selon
ses intentions, mais le classement définitif, sans cesse
retardé par le manque de fonds, dura des années et
n'était pas encore achevé quand il mourut.
Seul maître du sol antique de l'Egypte, Mariette
voulut l'exploiter sur un plan grandiose; il l'attaqua
sur trente-sept points à la fois, de l'embouchure du Nil
la première cataracte. Un petit nombre seulement de
ces ateliers réussit à souhait. Les fouilles du Delta ne

xv

Abydos, Dendérah, Edfou et Thèbes profitèrent le
plus de son activité. On peut dire qu'avant lui, Abydos
était inconnue; en vingt ans, il fit sortir de dessous
erre le temple de Séti I, deux temples de Ramsès II,
le: restes du grand temple d'Osiris, plus de deux cents
tombes et quinze mille monuments de différente nature,
dont la plupart sont aujourd'hui au musée de Boulaq.
A Dendérah, déblaiement du grand temple d'Hathor
et d'une partie des edifices environnants. A Thèbes,
grandes fouilles au temple d'Ammon, à Karnak, à
Médinet-Abou, à Deïr-el-Bahari, dans la plupart des
villages qui couvrent aujourd'hui l'emplacement de la
grande métropole égyptienne. A Edfou, une ville entière
s'était établie sur les toits du temples et rendait l'etude
impossible; elle fut transportée dans la plaine et le
temple sortit intact de son linceul de décombres. Et je
ne fais que mentionner en passant les recherches fructueuses
qu'il exécuta lui-même ou fit exécuter tout le
long de la vallée par son fidèle auxiliaire, le peintre italien
Louis Vassali, qu'il avait connu en 1858 et qui est
resté jusqu'en 1883 conservateur du musée de Boulaq.
Saïd pacha, qui l'avait si bien soutenu, mourut en
janvier 1863, et Ismaïl pacha monta sur le trône. Le
nouveau souverain, tout occupé de grands desseins politiques,
n'attachait que peu d'importance à l'archéologie;
il continua cependant les traditions de Saïd et ne suspendit
point les travaux. Mariette, nommé commissaire
égyptien à l'Exposition universelle de 1867, transporta
à Paris les plus belles pièces du musée de Boulaq,
et fit connaitre à l'Europe émerveillée les richesses
et les beautés inconnues de la civilisation égyptienne.

et une vigueur de tempérament dont il avait parfois
abusé dans l'ardeur de la recherche scientifique. Dès
1861, les analyses médicales signalaient en lui les
germes de la maladie terrible, le diabète sucré, dont il
devait mourir vingt ans plus tard; le rude hiver de
1870, qu'il passa tout entier à Paris, fit de l'athlète
d'autrefois un valétudinaire confirmé. Il n'en continua
pas moins ses travaux: Dendérah fut publié en six
volumes de 1870 à 1876, Karnak et Deïr-el-Bahari
livrés au public, les Monuments divers commencés.
En 1877, le diabéte se déclara avec une violence telle,
qu'au mois de juin, Mariette, condamneé par les médecins,
passa pour n'avoir plus que quelques jours à vivre.
Il se rétablit pourtant, et cette reprise de santé fut
marquée par un redoublement d'activité; le deuxième
volume d' Abydos et le Catalogue général des monuments
trouvés dans cette ville sont de cette époque.
Mais la maladie était trop avancée déja pour qu'on pût
faire autre chose qu'en retarder les progrès. Mariette
songeait à rédiger enfin les Mastabas et projetait, dans
une lecture faite à l'Institut en 1879, une longue série
de travaux, sans paraître soupconner que ses jours
étaient comptés. Un dernier voyage en France, qu'il
fit en 1880, acheva de l'épuise: menacé de mort s'il
retournait en Egypte, il prit la mer contre l'avis des
médecins, gagna Alexandrie, puis le Caire à grand' peine.
Un moment on crut avoir conjuré le mal, mais ce fut
une illusion qui ne dura que quelques heures; il mourut
le 17 janvier au soir, après une agonie terrible de
huit jours, et fut enterré le lendemain. Les derniers
travaux qu'il eût commandés venaient d'amener l'ou-

xix

Mariette avait rèvé de voir les collections
du musée égyptien installées dans un monument
digne d'elles. Il avait laissé sur
place, dans le site mème où ils avaient été
découverts, la plupart des grands monuments
que leur taille ne permettait pas
de classer dans les galeries trop petites
du musée de Boulaq. Malheureusement la
mort devait bientôt enlever à la science
cet intrépide travailleur, et son rève n'a
mème pas été réalisé par son successeur
direct, M. Maspero.
C'est à M. Grébaut, deuxième successeur
de l'illustre Mariette, que revint la tâche
de mettre en valeur les collections amassées
pendant tant d'années. M. Grébaut
commenca cette œuvre de longue haleine:
45 salles renfermant bon nombre de nomuments
furent ouvertes au public en 1891.
Mais la maladie, la fatigue, devaient encore
arréter les travaux du nouveau directeur,
et le 1er mai 1892, il me remettait des ma-

n'en sont pas moins appelées à prendre dans
l'avenir une extension plus considérable
encore; chaque année, chaque mois elles
s'enrichissent d'objets nouveaux, et il est
difficile de prévoir l'importance qu'il sera
nécessaire de donner aux bâtiments destinés
à renfermer des documents aussi nombreux.
Quio qu'il en soit, quelles que puissent
étre les découvertes, il est certain que
dans quelques années, le palais de Gizeh
lui-méme sera devenu trop petit.
Le musée des antiquités égyptiennes du
Caire est plus spécialement pharaonique. II
ne comprend les périodes gréco-romaine et
copte que dans le but de montrer comment
s'est éteint cet art si spécial, si caractéristique,
qui se développa dans la vallée du
Nil. Les antiquités grecques, romaines et
coptes ont maintenant un autre centre, elles
doivenet se réunir dans le musée spécial à
ces époques, créé en mai 1892 dans la ville
d'Alexandrie. C'est là, dans la capitale
méme de l'Egypte des Ptolémées, que se

tous sont exposés au rez-de-chaussée, et
l'autre renfermant les objets petits ou légers
qui ornent les salles du premier étage.
L'entrée actuelle du musée ne correspond
pas avec cellc du palais d'Ismaïl pacha; une
porte a été percée sur le coté droit de l'édifice,
un escalier provisoire a été construit,
et le visiteur, après avoir franchi le vestibule,
entre de plain-pied dans les salles de
l'ancien empire.
Treize salles sont réservées aux monuments
des premières dynasties. C'est là que
le visiteur peut admirer les chefs-d'œuvre
de l'art égyptien du cinquantième siècle
avant notre ère, puis le moyen empire est
représenté par six salles ornées de statues
et de bas-reliefs.
Les antiquités du nouvel empire occupent
dix-sept salles, et, en les parcourant,
on arrive graduellement à la salle
gréco-romaine, qui renferme les principaux
monuments de l'époque ptolémaïque,
et aux deux salles coptes, dont l'époque

pierre et de bois, les armes, les menus objets
royaux ou funéraires, les papyrus, les
ostraca, les modèles de sculpteurs, les croquis
d'artistes, les meubles, les échantillons
industriels et les textes d'architecture.
Là se termine la série pharaonique: les
salles gréco-romaines et coptes lui succèdent;
la dernière renferme tous les objets
étrangers à l'art égyptien, mais cependant
découverts dans son sol.
A ces galeries il convient d'ajouter celles
spécialement destinées à la fameuse découverte
des momies royales et à celle des
prètres d'Ammon.
Tel est, en quelques lignes, le musée de
Gizeh; telles sont les collections renfermées
dans le vaste palais. Le visiteur trouvera
bien certainement que le parcours d'un si
grand nombre de salles est très pènible:
nous avons cherché à diminuer sa fatigue
en placant sur les murailles, dans chaque
salle, toutes les indications pour qu'il ne
perde pas son chemin et puisse retrouver

TABLEAU CHRONOLOGIQUE

ANCIEN EMPIRE, Ire-Xe DYNASTIES. — Fondation de
Memphis par Mènès
(Ire dynastie), environ 5000 ans
av. J.- C. — Construction des grandes pyramides sous
la
IVe dynastie, environ 4000 ans av. J.-C.
Si incertaine que soit la chronologie égyptienne, il
est permis, d'après les calculs les plus modérés, d'évaluer
à six ou sept mille ans l'antiquité des premières
dynasties. Memphis était alors le centre de la civilisation
dans la vallée du Nil. Les grandes pyramides, le Sphinx
et le temple de Gizeh étaient alors bàtis ou en cours de
construction. Les Égyptiens possédaient le Sinaï et
en voyaient déja des expéditions dans l'intérieur de
l'Afrique jusqu'au Darfour et au Lac No.
MOYEN EMPIRE, XIe-XVIIe DYNASTIES, env. 3000 ans
av. J. - C. — Le lac Mœris et le Labyrinthe.
Le moyen empire fut contemporain du patriarche
Abraham, quarante siècles environ avant notre époque.
Thèbes était alors la capitale de l'Égypte Sous les
Ousortesen et les Amenemhat (XIIe dynastie), la Nubie
fut conquise et colonisée, les arts furent très florissants;
mais survint l'invasion des Pasteurs, qui, venant
d'Asie, envahirent l'Egypte et la ruinèrent par plusieurs
siècles de guerres.
NOUVEL EMPIRE, XVIIIe-XXXIe DYNASTIES, de 1700
environ à 332 ans av. J. - C.
Les princes thèbains de la XVIIIe dynastie chassèrent
les Pasteurs de l'Égypte et, rétablissant la puissance

Affranchie en 405, de nouveau soumise en 340, elle
passe de la puissance perse sous la puissance macédonienne
et grecque.
ÉPOQUE GRECQUE.Les Ptolémées — 332–30 ans
av. J. - C.
Alexandre le Grand, roi de Macédoine, fonde Alexandrie
(332 av. J.-C.). Cette ville parvient à une prodigieuse
prospérité. Les rois grecs, dont elle fut la capitale,
construisirent dans la Haute-Égypte les temples
de Dendérah, d'Esneh, d'Edfou, d'Ombos et de Philae.
A la mort de Cléopâtre (30 av. J.-C.), l'Égypte passe
sous la domination romaine.
ÉPOQUE ROMAINE.Le christianisme; la conquête
arabe — de 30 ans av. J.-C. à 640 ans après J.-C.
L'époque romaine, avec les empereurs de Rome et
ensuite de Constantinople, voit la Sainte-Famille en
Égypte, le progrès du christianisme, Saint-Antoine au
désert, la vie cénobitique en Thébaïde et le développement
de la civilisation copte, à laquelle la conquéte
mahométane fait succéder la civilisation arabe.
Le tableau suivant, extrait du catalogue de Mariette
pacha
(Notices des principaux monuments du
musée de Boulaq, 1876, p. 11), fournit des indications
opproximatives sur l'époque des diverses dynasties.

AVIS

Par mesure de sécurité, certains monuments ont dû
être changés de place; d'autres, récemment découverts,
n'ont pu étre rangés suivant leur ordre chronologique,
faute d'espace. Il en est resulté quelque trouble dans la
classification méthodique du musée.
Pour trouver la description d'un monument, il suffit
de se reporter au numéro qu'il porte (étiquette en papier
gris): les numéros se suivent régulièrement dans le catalogue
et les deux suppléments.
Les vitrines F, H, K, L de la salle 70 et les objets
contenus dans l'armoire D de la même salle ont été transportés
au rez-de-chaussée, salle 7. L'armoire D renferme
maintenant de petits objets récemment entrés au musée.

1

MONUMENTS DE L'ANCIEN EMPIRE
(Ire-Xe DYNASTIES)
Salles 1 à 13

Salle 1 (Monuments archaïques).

Nord-ouest de la salle.

1 — Granit noir, tacheté de rouge — Haut. 0m, 40.
Rec. du musée, t. I. pl. 13. — Saqqarah, 1888.
Personnage agenouillé, découvert en 1888 à Mitrahineh,
site de Memphis. La facture de la statuette et
surtout le style de la légende font supposer pour ce
monument l'antiquité la plus reculée.
2 — Bois — Trois panneaux. Haut. moy. 1m, 45. larg.
moy. 0m, 40. Cat. Mar., Nos 989, 992; Cat. Masp., p. 213.
Saqqarah.
Ces panneaux étaient encastrés dans les stéles ou
fausses portes du tombeau de Hosi, à Saqqarah,
nécropole de Memphis. Le style est d'une finesse
remarquable, contrairement à ce que nous avons
observé au N. 1, mais le groupement incertain des
hiéroglyphes indique une époque oû l'art de l'écrivain
n'était pas encore soumis aux régles rigoureuses qu'on
observe plus tard. Ce monument est antérieur a l'époque
des grandes pyramides.
Deux autres panneaux de méme provenance se
trouvent de l'autre côté de la salle.

Sud-ouest de la salle.

3 — Pisé et stuc — Haut. 0m, 29, long. 1m, 74. Cat. Mar.,
p. 205. — Meïdoum.
Oies paissant, trés jolie fresque pleine de vie et de
gaieté. Cette scéne et les hiéroglyphes peints qu'on voit
plus haut proviennent d'un tombeau de Meïdoum que
Mariette jugeait antérieur à l'époque des grandes pyramides.

Centre de la salle.

4 et 5 — Albâtre — Haut. 0m, 27, larg. 0m, 39, long.
0m, 57. Cat. Mar., Nos 93 et 94; Cat. Masp., p. 212. —
Saqqarah.
Tables à libàtions appuyées sur deux lions accotés;
le liquide coulait par une rigole dans un vase placé entre
les queues des deux lions; provenant d'un tombeau
situé prés de la pyramide à degrés de Saqqarah.
6 — Calcaire — Haut. 1m, 20, Mar., Mon. div., pl. 20;
Cat. Mar., N. 973; Cat. Masp., p. 221. — Meidoum.
Magnifiqués statues peintes du prince Rahotpou et
dé la dame Nofrit, découvertes dans un tombeau voisin
de la pyramide de Meïdoum. Mariette leur attribuait la
méme date qu'au N. 3 (fin de la IIIe dynastie).
7 — Albâtre — Long. 1m, 22, larg. 0m, 47, haut. 0m, 56.
Rec. du muséc, t. 1, p. 13. — Saqqarah, 1888.
Cette pierre d'un style trés archaïque, aux côtes
ornés de longues raies verticales (Cfr. Nos 8, 9, 10, 71,

96), semble avoir été une table ou autel à libations.
Elle a été trouvée en 1888 à Mitrahineh (Memphis),
au-dessous des fondations du temple de la XVIIIe dynastie,
et devait, par conséquent, appartenir au temple de
l'ancien empire, fondé par Ménés, premier roi de la
1re dynastie.
8 et 9 — Calcaire — Haut. 0m, 79, larg. 0m, 68. Cat.
Masp., pl. 33. — Gizeh.
Stéles de Sitou (IVe dynastie), nécropole de Gizeh.
Elles représentent la facade d'un édifice égyptien de
cette époque, avec la porte au milieu. En effet, les
stéles des tombeaux étaient primitivement de fausses
portes par oû le monde des vivants était censé communiquer
avec l'autre (voir salle 3, au milieu de la stéle
N. 55, la porte à deux battants fermée par le double
verrou égyptien). Les offrandes destinées au défunt
pour sa nourriture dans l'autre vie étaient déposées
devant ces portes pour qu'il en prit possession, puisqu'il
pouvait passer par là, et la stéle 63, dans la salle 4,
nous montre le défunt Nuternofer, venant de l'autre
monde prendre les offrandes, et traversant sa porte.
Plus tard, au lieu de déposer les aliments en nature
devant la stéle, on les représenta sur la stéle en sculpture
ou en peinture; la théologie égyptienne admettait
que par la vertu magique appelée mâkherou, ces
images d'offrandes devenaient réelles et assimilables
pour le défunt. Enfin, on en vint à ne plus méme
représenter la porte, et la stéle devint une simple table
de pierre ou de bois, portant une inscription oû l'on
priait la Divinité de faire parvenir les offrandes au

défunt, et représentant celui-ci en possession de l'en voi
déposé devant lui.
Ce que nous venons de dire ne s'applique, bien
entendu, qu'aux stéles funéraires et non aux stéles
commémoratives, tables de pierre oû l'on gravait la
mention d'un fait historique ou d'un événement religieux.

Sud de la salle.

10 — Calcaire — Haut. 2m, 51, larg. 1m, 57. — Saqqarah.
Stéle sans nom, ornée comme les Nos 8 et 9, rapportée
de Saqqarah en 1892.
11 et 12 — Calcaire — Haut. 1m, 68. larg. 0m, 42. Cat.
Mar., Nos 994 et 995; Cat. Masp. p. 212. — IIIe dynastie.
Saqqarah.
Deux montants de porte sur lesquels est représentée
la femme de Sokarkhabiou (voir N. 16). La figure de
cette femme, qui s'appelait Hathornoferhotpou de son
grand nom et Tepes de son petit nom, rappelle, dit
M. Maspero, le type des Nubiennes; elle a sous les
yeux une bande de fard vert.

Est de la salle.

13 — Calcaire — Haut. 1m, 40, larg. 0m, 95. Cat. Mar.,
N. 996; Cat. Masp., p. 213. — Saqqarah.
Stéle ou fausse porte du tombeau de Shiri, prétre du
roi Send, de la IIe dynastie.
14 — Albâtre — Long. 0m, 32, larg. 0m, 56. Cat. Mar.,
N. 92. — Saqqarah.
Table d'offrandes rectangulaire, au nom de Snefrounefer,
prétre de la pyramide Assanefer (ve dynastie).

Au centre, le caractére hotep (offrande); aux angles,
un pain sacré et trois godets pour les liquides.
15 — Albâtre — Diam. 0m, 49. Cat. Mar., N. 964. —
Saqqarah.
Autre table d'offrandes, de forme circulaire.

Sud de la salle.

16 — Calcaire — Haut. 1m, 96, larg 0m, 43. Cat. Masp.,
pl. 213. — IIIe dynastie. — Saqqarah.
Stéle ou fausse porte du tombeau de Sokarkhabiou
(Cfr. Nos 11 et 12), dont le petit nom était Hetes.
La salle contient encore des stéles (Cfr. N. 8),
des tables d'offrandes (Cfr. Nos 14 et 15), des tables
à libations (Cfr. Nos 4 et 7), des autels pour brûler
l'encens (Cfr. N. 32).

Salle 2 (Monuments des IVe Ve et VIe dynasties).

Centre de la salle.

17 et 18 — Calcaire — Haut. 1m, 95 et 1m, 73. Cat.
Mar., Nos 23 et 582; Cat. Masp., p. 521. — Ve dynastie.
Saqqarah.
Statues de Rànefer, prétre de Ptah, dieu de Memphis.
Rànefer est représenté la téte rasée (N. 17) et la
téte couverte d'une perruque (N. 18).
Il n'est pas surprenant que les tombeaux nous aient
rendu deux et parfois méme plus de deux statues d'un

méme personnage. Aprés la mort, l'ombre du défunt
avait besoin d'un support matériel, d'un corps, en un
mot, lui permettant de manger des offrandes, car une
ombre impalpable n'aurait pu s'assimiler des aliments
solides. Ce support était, naturellement, la momie, que
le Rituel du sacrifice funéraire remettait en état de
jouir de la vie en prenant possession des offrandes.
Mais si bien protégée qu'elle fût, celle-ci pouvait étre
détruite. On faisait donc à l'image du défunt des statues
qu'on soumettait au contact de la momie. Gràce à l'intervention
du prétre, ce contact suffisait à faire passer
en elle le fluide ou l'essence du défunt. On fixait
ensuite, par une sorte d'opération de lanterne magique,
l'ombre sur les statues; celles-ci valaient, dés lors,
autant que la momie; elles étaient, suivant l'expression
de M. Maspero, des doubles accomplis du défunt;
plus il y en avait, mieux l'existence de l'ombre était
garantie.
L'ancien empire employa généralement, comme nous
pouvons le voir, des statues d'assez grandes dimensions;
le nouvel empire, au contraire, préféra donner au mort
des multitudes de petites statues de 5 à 25 centimétres
de long, qu'on appelait ushabti.
19 — Bois — Haut. 1m, 10. — IVe dynastie. — Découverte
de Mariette à Saqqarah.
Célébre statue connue sous le nom de Cheikh-el-Beled:
“Il est debout, le bàton à la main. Les jambes manquent:
il a fallu lui en rajouter, auxquelles on a
laissé la couleur du bois nouveau. Les yeux sont rapportés,

comme c'est le cas pour beaucoup de statues
égyptiennes. Ils sont formés d'un morceau de quartz
blanc opaque, enchassés de bronze pour simuler la
paupiére, un morceau de cristal transparent sert de
prunelle, et un petit clou d'argent, fixé sous le cristal,
produit la paillette lumineuse de l'œil vivant.
Par un hasa d singulier, la statue de ce vieil Egyptien
est le portrait exacte d'un des cheikhs-el-beled, ou
maires, du village de Saqqarah; nos ouvriers arabes,
toujours prompts à saisir les ressemblances, l'ont
appelée aussitôt le Cheikh-el-Beled et le nom lui en
est resté. Le Khàfri et le Cheikh-el-Beled sont, peutétre.
ce que l'art le plus ancien a légué de meilleur au
musée; seul le scribe accroupi du Louvre mérite de
lui étre comparé.” (MASPERO).

Nord de la salle.

20 — Calcaire — Haut 1m, 11.
Statue du prétre Anskha, représenté nu et circoncis.
Coiffure remarquable.
21 — Calcaire — Haut. 1m, 08.
Statue du kher-heb (prétre officiant) Atep. Le
kher-heb
dirigeait un grand nombre de cérémonies,
par exemple celle qui faisait passer la personnalité du
défunt dans ses statues (N. 17).
22 — Calcaire — Haut. 0m, 83. Cat. Mariette, N. 878.
Statue d'Eikaou, préposé aux écritures de la comptabilité.
23 — Calcaire — Haut. 2m, 30, larg. 0m, 92. — Saqqarah.
Stéle en relief, au nom de Rankaou (voir le N. 28)
mentionnant sa femme Ahat, prétresse d'Hathor.
24 — Calcaire — Haut. 2m, 35, larg. 1m, 07. — Saqqarah
Stéle de Hesesi, directeur des greniers, du trésor et
des appartements, ordonnateur des travaux, etc. Les
hiéroglyphes gravés en creux sont aussi peints en bleu.
Trouvée en 1887, au nord de la pyramide à degrés de
Saqqarah.

Sud de la salle.

25 — Calcaire.Saqqarah.
Statue d'Ourarenptah, docteur preposé aux écrits.
Cette statue, découverte à Saqqarah en 1892, est d'une
beauté remarquable. Le visage est doux et souriant, le
nez malheureusement endommagé.
26 — Calcaire.Saqqarah.
Stéle représentant une prétresse d'Hathor et de Neit,
appelée Noubhotep de son grand nom et Bebi de son
petit nom, entourée de ses fils et de ses filles. Cette
stéle vient du méme tombeau que la suivante (N. 27),
portant le nom du prétre Teshon et les cartouches des
rois Usorkaf et Rankaou, de la Ve dynastie. Rapportée
de Saqqarah en 1892.
27 — Calcaire — Haut. 2m, 31, larg. 1m, 28. — Saqqarah.
Stéle de Teshon, fils ainé de Tepemankh (Nos 95
et 98) et mari de Noubhotep (N. 26). Rapportée de
Saqqarah en 1892.
28 — Calcaire — Haut. 2m, 88, larg. 1m, 22. — Saqqarah.
Stéle gravée en relief au nom de Rankaou (voir
N. 23). Rapportée de Saqqarah en 1887.
29 et 30 — Calcaire — Haut. 2m, 60 et 2m, 41, larg.
1m, 08 et 1m, 03. Cat. Mar., Nos 997 et 998; Cat. Masp.,
p. 201 et 202. — VIe dynastie. — Saqqarah.
Bas-reliefs qui couvraient le côté gauche et le côté
droit de la niche au fond de laquelle se trouvait la stéle
ou fausse porte du tombeau de Sibou (voir N. 99) dit
Abba, à Saqqarah. Le défunt recoit les revenus de ses
propriétés, son mobilier funéraire, les mets offerts par
sa famille, et les statues faites à son image (N. 17),
qui doivent fictivement manger et boire à sa santé les
offrandes sculptées sur les murs (N. 8).

Centre de la salle.

31 — Albâtre — 1m, 28 sur 1m, 16. — Saqqarah.
Belle table d'offrandes (Cfr. N. 14) de l'ancien empire,
trouvée à Saqqarah dans la maison de Mariette et
transportée au musée en 1887.
32 — Diorite — Diam. 0m, 30. Cat. Masp., p. 212. —
Saqqarah.
Vase au nom de Ptahkhouni, trouvé à Saqqarah.
Ce vase est posé sur un autel à bruûler l'encens, au nom
de Sitou. Quatre autres autels à encensements en forme
de chandeliers se trouvent aux quatre coins de la salle.
Ces autels portaient un foyer sur lequel on versait le
parfum trois fois de suite, de sorte que la flamme montait
trois fois vers le ciel, pour redescendre trois fois

vers la terre, image du principe vital qui retournait à
la Divinité aprés la mort de chaque individu, et que la
Divinité renvoyait ensuite ici-bas pour animer de nouvelles
existences.

Nord-est de la salle.

33 — Diorite — Haut. 1m, 22. — Gizeh.
Statue décapitée portant le nom du roi Chephren
(Khafrà) et provenant du puits du temple de granit,
prés du grand sphinx de Gizeh, comme la belle statue
du méme roi rapportée par Mariette (N. 64).
34 — Calcaire — Haut. 1, 50, larg. 0m, 92. Cat. Mar.,
N. 38. — VIe dynastie. — Saqqarah.
Stéle de Hapi, prêtre de la pyramide du roi Téti.

Sud-est de la salle.

35 — Bois — Haut. 0m, 60. Cat. Mar., N. 493; Cat.
Masp., p. 220. — Saqqarah.
Restes d'une statue de femme trouvée avec la statue
du Cheikh-el-Beled (N. 19) à Saqqarah.
36 — Calcaire — Haut. 1m, 37, larg. 0m, 65. — Abydos.
Stéle de Sesha portant aussi les noms de Ptahnefersim
et de Rameriptahsankh. Cette stéle, de la VIe dynastie,
ne provient pas de Memphis, comme la plupart
de nos beaux monuments archaïques, mais d'Abydos,
oû la tradition placait le tombeau d'Osiris.

Salle 3 (Suite des monuments des IVe, Ve et VIe dynasties).

Centre de la salle.

37 — Albâtre calcaire — Haut. 0m, 635. Rec. du musée,
t. 1, pl. 12. — Saqqarah.
Statue royale sans nom, trouvée en 1888 à Saqqarah,
ainsi que les quatre suivantes.
38 — Albâtre calcaire — Haut. 0m, 48. Rec. du musée. t. I, pl. 11. — Ve dynastie.
Statue du roi Menkahor.
39 — Granit rose — Haut. 0m, 65. Rec. du musée,
t. I, pl. 10. — Ve dynastie.
Statue du roi Usorenrâ.
40 — Diorite — Haut. 0m, 545. Rec. du musée, t. I, pl.9.
— IVe dynastie.
Statue du roi Mycerinus (Menkarâ), successeur de
Chephren et constructeur de la troisième des grandes
pyramides.
41 — Albâtre — Haut. 0m, 80. Rec. du musée, t. I, pl. 8.
— IVe dynastie.
Statue du roi Chephren (Khafrà), constructeur de
la seconde des grandes pyramides (voir les Nos 33, 41
et 64).
42 — Basalte vert — Haut. 1m, 20. Cat. Mar., N. 792;
Cat. Masp., p. 217.
Autre statue de Chephren (voir N. 41), trouvée par
Mariette dans les puits du temple de granit, près du
sphinx de Gizeh.
43 — Calcaire — Haut. 0m, 92. Cat. Mar., N. 494; Cat.
Masp., p. 218. — Saqqarah.
Statue d'Ateti Ankhiris, magistrat sous la VIe dynastie.
44 — Calcaire — Haut. 0m, 81.
Statue de Khoui, surnommé Emap? Deux femmes
accroupies le long de ses jambes, dans une posture
remarquable, l'une est sa fille, la prêtresse d'Hathor
Noubdouaut; la légende qui désigne l'autre est incomplète.

Est de la salle.

45 — Diorite — Haut. 1m, 08. — Gizeh.
Statue décapitée, sans inscription, trouvée dans le
puits du temple de granit, près du sphinx de Gizeh,
ainsi que la suivante.
46 — Basalte vert — Haut. 1m, 07.
Statue décapitée de l'époque de Chephren, dont le
cartouche se lit à droite et à gauche du siége.
47 — Calcaire — Haut. 0m, 62. larg. 0m, 50
Pierre gravée des deux côtés, au nom de roi Pépi
Noferkarâ (VIe dynastie), à qui la déesse Ment (stabilité,
puissance conservatrice) remet le don de vie et de
prospérité.
48 — Granit gris — Haut. 0m, 28, long. 1m, 17.
Fragment de naos ou petite chepelle au nom du roi
Sahurà (ve dynastie). Employé par les anciens Égyp

tiens eux-mêmes, après la destruction du naos, comme
pierre de construction pour un édifice. On voit sur la
face supérieure les signes du kher (mettre dessous), qui
indiquent de quel côté la pierre dut alors être assise.

Sud-est de la salle.

49 — Calcaire — Haut, 1m, 15, larg. 2m, 45. Cat. Mar.,
N. 922; Cat. Masp., p. 209; Mar., Abydos, t. II, pls. 44
et 45, t. III, pl. 84; N. 522.
Un des plus précieux monuments du musée. Histoire
d'Ouna, d'abord page de Teti, premier roi de la
VIe dynastie; puis ministre des rois suivants: Pépi I et
Merenrà Sokarimsaf, conquérant de la Nubie et viceroi
des pays situés entre Eléphantine et Memphis. Un
texte à peu près contemporain découvert près d'Assouan
par M. Schiaparelli au commencement de 1892, nous
apprend qu'à cette époque reculée, des explorateurs
égyptiens pénétrèrent dans l'intérieur de l'Afrique jusqu'au
pays des pygmées.

Sud-ouest de la salle.

50 — Calcaire — Cat. Masp., pl. 211; E. de Rougé,
Inscr. hièrogl., pl. 1. — IVe dynastie. — Grandes pyramides.
Les grands seigneurs égyptiens, dit M. Maspero,
passaient avec les prètres de véritables contrats par
lesquels ils donnaient à tel ou tel temple, des terres ou
des privilèges en échange de sacrifices à faire en l'honneur
de leur double (voir N. 17), aux époques réglées
par la coutume. Ce monument est un frangment du
contrat, le plus ancien que nous possédions de ce genre.

Angle sud-ouest de la salle.

51 — Basalte gris — Haut. 2m, 33, larg. 0m, 30. Cat.
Mar., N. 1000 — VIe dynastie. — Abydos.
Montant de porte (?) provenant d'Abydos et portant
le nom de T'aou, beau-frère du roi Pépi Rameri, et
oncle du roi Noferkarâ.
52 — Diorite — Haut. 0m, 76. — Gizeh.
Statue décapitée d'un prince, trouvée dans le temple
d'Isis, â I'est de la pyramide de la fille de Chéops, à
moins d'un métre de l'endroit où Mariette avait recueilli
la stèle N. 54.

Ouest de la salle.

53 — Calcaire — Haut. 1m, 64, larg. 0m, 76. — Saqqarah.
Stèle peinte de Tatit, reine de l'ancien empire, trouvée
à Saqqarah, en 1888.

Nord-ouest de la salle.

54 — Calcaire — Haut. 0m, 70. Cat. Mar., N. 581; Cat.
Masp., p. 207. — Pyramides de Gizeh.
Cette stèle mentionne les travaux de construction
exécutés sous le roi Chéops (Khoufou), de la VIe dynastie,
sur le plateau de Gizeh; travaux de la grande
pyramide, d'une autre petite, et du temple d'Isis, ou la
stèle a été retrouvée. Ce n'est pas l'original consacré
par Chéops, mais une copie exécutée après la restauration
du temple, peut-ètre sous la XXVe dynastie.
55 — Granit noir — Haut. 2m, 64, larg. 1m, 05. —
Karnak.
Grande stèle au nom du prince Ousor, trouvée par
M. Maspero au nord de Karnak. On remarque sur la
fausse porte (voir N. 8), le double verrou égyptien et
les deux yeux, symboles du midi et du nord.

Nord de la salle.

ARMOIRE A.
Objets provenant des tombeaux de l'ancien empire,
petits vases d'albâtre et de bronze, tablettes
d'offrandes, hiéroglyphes peints sur stuc (Cfr.
N. 3); oise d'offrandes en calcaire, nourriture du
double ou de la statue du défunt (voir N. 18).
ARMOIRE B.
Vases, tablettes d'offrandes. Sous le N. 56, couvercle
d'albâtre au nom de roi Pépi Noferkarâ
(VIe dynastie). Quatre têtes ou couvercles de
canopes, vases où l'on enfermait les visères du
défunt, retirés du corps pour l'embaumement;
ces objets proviennent de la pyramide de Licht,
ouverte par M. Maspero. Une étoffe de lin (N. 57)
avec le nom du roi Pépi. Les fragments d'un vase
(N. 58) au nom de Rameri, une coupe au nom de
Snefrou (IIIe dynastie), provenant d'El Hibeh,
près de Feshn, des oies d'albâtre (N. 59), trouvées
dans la pyramide de Licht, un buste de statuette
provenant d'Abydos, etc.
60 — Calcaire — Haut. 1m, 30. Cat. Mar., N. 912. —
VIe dynastie. — Abydos.
Stèle reprèsentant la royale épouse Papiankhnas
et le chef Aou, assis des deux côtes d'une table d'offrandes.
61 — Syénite — Haut. 0m, 62, long. 0m, 50. — VIe dynastie.
— Fouilles dirigées par M. Naville, en 1887, dans
le temple de Bubastis.
Fragment portant le cartouche du roi Pépi.

Salle 4.

La salle 4 contient quelques statues, dont la
plus remarquable (N. 62, hauteur 1m, 19) représente
la dame Hakenou, deux petites tables
d'offrandes et un certain nombre de stèles. Nous
signalerons surtout, au milieu de la muraille du
sud, la stèle.
63 — Calcaire — Haut. 1m, 34, larg. 1m, 13.
Le défunt Nuternofer est représenté de face, revenant
de l'autre monde pour prendre possession des
offrandes, au moment où il traverse sa porte (voir
N. 8).

Salle 5 (Grand vestibule).

La salle 5 contient quelques-unes des plus
grandes stèles de Saqqarah, rapportées tout récemment

au musée, deux sarcophages archaïques,
et la plus fameuse des statues de Chephren.

Centre de la salle.

64 — Diorite — Haut. 1m, 68. Cat. Mar., N. 578; Cat.
Masp., p. 75.
Statue du roi Chephren, constructeur de la seconde
pyramide (voir Nos 33, 41 et 42) trouvée par Mariette
dans le puits du temple de granit, près du grand sphinx
à Gizeh.
“Khafri est assis, les mains allongées sur les genoux;
un épervier, debout sur le dossier du siège, enveloppe
la tête de ses ailes, image du dieu Râ qui protège son
fils Pharaon. On se demande comment les artistes
égyptiens ont réussi à modeler avec tant de souplesse
une matiére aussi rebelle au ciseau que le diorite; tout
le détail des genoux et de la poitrine est rendu avec
une fidélité et une vigueur merveilleuses. Une grande
expression de calme et de force est répandue sur l'ensemble.”
(MASPERO).

Sud-est de la salle.

65 — Calcaire — Haut. 3m, 02, larg. 2m. — Ve dynasstie.
Saqqarah, 1888.
Stèle du tombeau d'Ankheftka (voir N. 86), prêtre
des rois Sahura et Usorkaf.
66 — Calcaire — Haut. 3m, 75, larg. 2m, 25. — Saqqarah,
1892.
Stèle du magistrat Ankhmaka, prètre de Sahura
et d'Usorkaf.

Près de l'entrée principale de la salle.

67 — Calcaire — Haut. 0m, 95, long. 1m, 95, larg. 0m, 75.
Saqqarah, 1892.
Sarcophage d'un prêtre royal, Uta, attaché au service
du roi Mycerinus (Menkaura, N. 40), constructeur
de la troisième des grandes pyramides.

Nord-est de la salle.

68 — Calcaire — Haut. 2m, 89, larg. 2m, 42. — Saqqarah,
1892.
Stèle du chef, magistrat, comte Safekhnofersim.
69 — Calcaire — Haut. 2m, 90, larg. 1m, 00.
Deux panneaux qui étaient placés en avant de la stèle
précédente. Liste des offrandes à présenter au défunt
Safekhnofersim assis devant une table, et apport de
produits par les serviteurs.

Nord-ouest de la salle.

70 — Calcaire — Haut. 2m, 49, larg. 1m, 84. — Ve dynastie.
Stèle du magistrat comte Ptahhotep, qui vivait sous
la Ve dynastie, et dont le nom est fameux par les préceptes
de morale et de conduite que nous a conservés le
papyrus Prisse, le plus ancien livre du monde.

Ouest de la salle.

71 — Calcaire — Haut. 3m, 16, larg. 2m, 09. — Saqqarah,
1892.
La femme représentée dans la fausse porte de cette stèle
s'appellait Taï; l'inscription, assez détériorée, semble
indiquer qu'elle était à la tête du harem. — Comparer
le style de ce monument avec les Nos 8, 9 et 10.
72 — Calcaire — Haut. 3m, 17, larg. 2m, 14. — Ve dynastie.
Saqqarah, 1892.
Stèle du mèdecin principal de l'infirmerie royale
Skhemkhetnankh (celui qui tient les choses qui vivifient),
contemporain du roi Sahura.

Sud-ouest de la salle.

73 — Calcaire — Haut. 2m, 57, larg. 2m, 82. — VIe dynastie.
Saqqarah.
Stèle d'Ahines, gouverneur de Toura.

Centre de la salle.

74 — Beau granit rose — Long. 2m, 30, larg. 1m, 19,
haut. 1m, 45. — Grandes pyramides, Memphis.
“Sarcophage rectangulaire. Le couvercle est arrondi
en voûte extérieurement; aux quatre angles, oreillettes
carrées. Sur le sommet de ce couvercle, prière à Anubis
en faveur du défunt, le prince Her-baï-f. La cuve n'a
pas été gravée à l'intérieur. A l'extérieur, gravure
fine; ornements prismatiques rappelant la façade des
édifices du temps, dans le modèle du beau sarcophage
de Khoufou-Ankh, le nom du défunt avec la mention
du titre de prince occupe le milieu des quatre faces.
Les hiéroglyphes ont toute la grandeur des légendes
de ce temps. Par la place que le puits occupe dans la
nécropole, il n'est pas douteux que le prince Her-baï-f
ne soit un descendant de Chéops.” (MARIETTE).

Sud de la salle.

75 — Granit noir — Hau. 0m, 48.
Statuette de l'ancien empire (N. 118).
76 — Granit noir peint — Haut. 0m, 42.
Statuette de l'ancien empire; au nom de Sedenmat,
que nous retrouverons dans la salle 7 (armoire A).
Deux autres statuettes à peu près semblables
de l'autre côté (nord) de la salle.

Salle 6.

La salle 6 contient un certain nombre de statues
(voir N. 18), des stèles ou fausses portes (N. 8), et
une vraie porte. Les cartouches du roi Papi font
remonter cette porte à la VIe dynastie, de même
que la plupart des autres monuments de la salle.

Salle 7.

Centre de la salle.

77 — Calcaire — Haut. 2m, 00. Cat. Mar., N. 24; Cat.
Masp., p. 222. — Ve dynastie. — Saqqarah.
Statue de Ti, trouvée dans son célèbre tombeau de
Saqqarah, ouvert aux visiteurs.

Nord de la salle.

78–80.
L'armoire B contient une série de statuettes
provenant de Gizeh et surtout de Saqqarah, notamment

celle du nain Khnoumhotep, chef de la
lingerie (N. 78; haut. 0m, 30; Cat. Masp., p. 220;
Saqqarah; VIe dynastie); celle de Nefer (N. 79;
haut. 0m, 36; Cat. Mar., N. 458); une autre, en
bois, d'un homme drapé dans un grand manteau
(N. 80; haut. 0m, 31; Cat. Mar., N. 770; Cat. Masp.,
p. 219); enfin au milieu de la tablette inférieure,
deux statues ensemble, au nom de Sedenmât
(voir le N. 76).

Est de la salle.

81 — Calcaire — Haut. 1m, 20. Cat. Mar., N. 793. —
Saqqarah.
Groupe de Neferhotep et de la dame Tenteta.

Sud de la salle.

82 — Calcaire — Haut. 1m, 12, long. 5m, 16. — VIe dynastie.
Saqqarah.
Bas-relief trouvé par M. Maspero. A gauche, le gouverneur
Apa est assis entre sa femme Senbt et sa fille
Papiankhnas. Au centre, Apa porté en palanquin
visite ses moissons et ses troupeaux. Des barques naviguent
à la voile ou à la perche.

Ouest de la salle.

83 — Calcaire — Haut. 1m, 20, larg. 1m, 80. Cat. Mar.,
N. 999; Cat. Masp., p. 204. — Saqqarah.
Rentrée de la récolte. Les cultivateurs ont amoncelé
des tas de grains, que l'on mesure avec des boisseaux

et que l'on enregistre avant l'introduction dans les
magasins, représentés à droite du bas-relief, derriére le
scribe principal. Le grain est broyé; on en fait des
gâteaux. Au registre inférieur, travaux des ébénistes,
des orfèvres, des sculpteurs et des ciseleurs. Un scribe
fait peser et enregistre l'or destiné aux orfèvres.
84 — Calcaire — Haut. 1m, 43, larg. 0m, 42. — Saqqarah.
Fragment de bas-relief représentant une joute sur
l'eau.
85 — Calcaire — Haut. 0m, 48, larg. 0m, 38.
Groupe de trois personnages; la parure de la femme
est assez remarquable.
86 — Calcaire — Haut. 1m, 16, larg. 1m, 50. — Saqqarah,
1888.
Bas-relief du tombeau d'Ankheftka (voir N. 65):
Joueurs de flûte et de harpe, chanteurs, danseuses;
deux musiciennes marquent la mesure pour les danseuses
en battant des mains.

Nord de la salle.

87–90. L'armoire A contient des statuettes de l'ancien
empire, pleines de mouvement et de vie. Sous le
N. 87 (calcaire; hauteur 0m, 52; Cat. Mariette,
N. 771; Cat. Maspero, p. 218), un jeune homme
debout, portant un sac sur l'épaule gauche. —
Sous le N. 88 (calcaire; hauteur moyenne 0m, 40;

Cat. Maspero, p. 220), un homme et une femme
brassent la pâte. — Sous le N. 89 (calcaire;
hauteur 0m, 35; Cat. Mariette N. 769; Cat Maspero,
p. 219) un personnage agenouillé, à l'expression
douce et craintive. — Sous le N. 90 (calcaire;
hauteur 0m, 40; Cat. Mariette, N. 768, un personnage
assis à terre, les genoux relevés, portant la
main à son front en geste d'abattement. — Puis
des hommes poissant des amphores avant d'y
mettre des liquides, etc.
Enfin, la salle 7 contient encore quelques basreliefs
et surtout des statuettes (voir les vitrines
C, D, E, F, au centre de la salle).

Salle 8.

Sud-est de la salle.

La salle 8 contient quelques statues et des
bas-reliefs intéressants.
91 — Calcaire. — Cat. Maspero, p 203.
Des serviteurs fabriquent le pain, mettent en cruche
des liquides.
Plus haut, d'autres prennent des taureaux au lasso.
Plus bas, d'autres traient des vaches (scène à moitié
détruite, préparent pour la cuisine des poissons et des
oiseaux, font cuire les oiseaux sur de petits fourneaux.
Auprés d'eux sont deux chiens, l'un assis, l'autre couché.

Sud-ouest de la salle.

92 — Calcaire — Haut. 1m, 41, larg. 0m, 72. — Saqqarah.
On apporte au défunt Ankhefika (voir Nos 65 et 86)
les produits de son domaine et son mobilier funéraire.

Nord-ouest de la salle.

93 — Calcaire — Haut. 0m, 70, larg. 0m, 60. Cat. Masp.,
p. 204. — Saqqarah.
Un singe qu'on mène en laisse se retourne pour
mordre un homme à la jambe.
“Au-dessus, des pâtres font traverser un canal à
des boeufs.” (MASPERO, Cat., p. 203).

Nord-est de la salle.

94 — Calcaire — Haut. 0m, 50, larg. 1m, 40, Cat. Masp.,
p. 202. — Saqqarah.
Joute sur l'eau. Le bas-relief qu'on voit plus haut
représente le vannage du grain qu'on met ensuite en bas.

Centre de la salle.

95 — Bois — Haut. 1m, 66. — Saqqarah.
Belle statue de Tepemankh, dont nous verrons la
stèle sous le N. 98.

Salle 9 (Sarcophages et grandes stéles).

Centre de la salle.

96 — Granit rose — Haut. 1m, 33, long. 2m, 20. Cat.
Mar., N. 970; Cat. Masp., p. 223. — IVe dynastie. —
Grandes pyramides.
Sarcophage de Khoufouankh, qui était attaché aux
cultes d'Isis, du Taureau blanc, du boeuf Apis. Ornements

d'architecture sur les quatre faces (Cf. Nos 8, 9,
10 et 71).
97 — Granit rose — Haut. 1m, 16, long. 2m, 22, larg.
1m, Cat. Mar., N. 7; Cat. Masp., p. 224. — IVe dynastie.
— Grandes pyramides.
Sarcophage du prince royal Khamskhem. Les angles
sont arrondis comme au sarcophage de Chéops, encore
en place dans la grande pyramide.
98 — Calcaire — Haut. 2m, 65, larg. 1m, 59. — Ve dynastie.
Saqqarah, 1892.
Stèle de Tepemankh, dont nous avons vu la statue
de bois sous le N. 95. Ce personnage était desservant
des trois grandes pyramides de Chéops, Chephren et
Mycerinus (IVe dynastie), de Snefrou (IIIe dynastie), de
Sahûra et d'Usorkaf (Ve dynastie). Son fils aîné Teshon
(voir Nos 26 et 27) est réprésenté devant lui, du côté
droit de la stéle.
99 — Calcaire — Haut. 2m, 57, larg. 2m, 15. — VIe dynastie.
Saqqarah, 1892.
Grande stéle de Sibou (voir Nos 29 et 39), directeur
principal des travaux d'art. Les cartouches du roi Teti
nous donnent la date de cette pièce.
100 — Calcaire — Haut. 3m, 09, larg. 1m, 20. — Saqqarah,
1892.
Stèle de Ptahkapou, que les cartouches des rois Tatkara
(Assa), Neferarkara et Usorenrâ nous autorisent à
placer à la fin de la Ve dynastie ou au commencement
de la VIe.
La salle 9 contient encore d'autres bas-reliefs
de moindre importance, un certain nombre de
statues décapitées et de statuettes, un anneau de
bois sculpté (N. 101).
Dans l'armoire, sous le N. 102, une barque trouvée
à Saqqarah en 1889; cinq autres barques
funéraires.
Sous le N. 103, un modèle de grenier trouvé à
Akhmim en 1888. Le grenier est divisé en cinq
chambres; un escalier placé à gauche monte sur les
toits, d'où l'on versait le grain à l'intérieur par une
lucarne. On le retirait par de petites portes percées
près du sol et fermées de volets qui se levaient
en glissant dans des coulisses.
Sous le N. 104, une petite maison précédée d'une
cour. et rapportée d'Akhmim en 1889.
Puis une poupée, deux petits personages assis
devant des offrandes, et enfin
105 — Bois — Haut. 0m, 19, larg. 0m, 50, prof. 0m, 30.
Cat. Mar., N. 691; Cat. Masp., p. 19. — VIe dynastie.
Saqqarah.
“Boîte ou sorte de nécessaire portatif à l'usage des
prêtres chargés du culte des morts. Elle renferme une
table d'offrandes et tout l'attirail des vases et des outils
en bois, en albâtre, en bronze, dont on se sevait pour
présenter le repas funéraire.” (MASPERO).
Les autres objets contenus dans l'armoire ne
sont peut-être pas de l'ancien empire, mais plutôt

de la XIIe dynastie. Il en est de même des panneaux
de bois peint placés au-dessus de la porte nord.

Salle 10.

106 — Momie — Long. du corps 1m, 66. Cat. Masp.,
p. 347. — VIe dynastie. — Saqqarah, 1881.
Momie du roi Mirinri Sokarimsaf (d'après M. Maspero;
on a lu aussi Mentemsaf et Hunimsaf), fils du roi
Pepi I. Cette momie serait une des plus anciennes connues
jusqu'à présent.
107. — Ve dynastie. — Saqqarah.
Fragments du crâne et d'un bras de la momie du roi
Ounas (Ve dynastie) retrouvés à Saqqarah dans sa
pyramide ouverte aujourd'hui aux visiteurs.
108 — Bois et stuc— Long. du bras 0m, 82. — Ve dynastie. — Saqqarah, 1892.
Beau débris de statue.
109 — Calcaire — Haut. 1m, 65, larg. 1m, 50. prof. 2m, 95.
Saqqarah.
Chambre du tombeau de Deshera, rapportée à Saqqarah
par M. Maspero et reconstruite au musée. On a
placé en guise de sol, la plupart des pierres qui formaient
le plafond, afin de laisser la lumière pénétrer d'en haut
dans la chambre.

Salle 11.

Nous mentionnerons rapidement les stèles de la
VIe dynastie, provenant d'Abydos et d'Akhmim; une
statue en bois trouvée à Akhmim en 1888; un petit
groupe en calcaire rapporté d'Abydos; enfin, dans
l'armoire A, des statuettes de bois et des tabettes
écrites, que j'attribuerai volontiers au moyen empire,
ainsi que les sarcophages en bois des salles
11 et 12, provenant d'Akhmim.

Salles 12 et 13.

Quelques stèles d'Abydos, marquant une époque
de transition entre l'art de l'ancien empire (memphite)
et l'art du moyen empire (thébain); d'autres
stèles d'Akhmim, de Rizagat (au sud d'Arment) et
de Mecheikh (près de Girgeh), d'un style tout à
fait barbare.

[Back to top]


29

MONUMENTS DU MOYEN EMPIRE
(XIe-XVIIe DYNASTIES)
Salles 14 à 21

Salle 14.

La salle 14 et surtout la salle 15 contiennent
des monuments de la XIe dynastie; d'abord, des
stèles d'un travail un peu barbare indiquent encore
la transition entre l'art de l'ancien empire et l'art
du moyen empire (voir les salles 12 et 13).

Salle 15.

Est de la salle.

110 — Calcaire — Haut. 0m, 82, long. 0m, 57. Rec. du
musée
, t. I. pl. 18. — XIe dynastie. — Gournah, 1887.
Stèle funéraire au nom de Khouou, fils d'Antef et
petit-fils d'Antef. Gravure en creux avec relief dans le
creux. A rapprocher N. 6228. Dénote pourtant plus
d'exercice. Avant de dessiner les figures de Khouou
et de sa femme Mert-Hathor-Toui, l'artiste a tracé à
l'encre des carrés pour régler les proportions. Inscription

insignifiante. Le défunt demande qu'on souhaite pour
lui des offrandes funéraires, car il a pratiqué la charité
et s'est fort bien acquitté de toutes les missions que
son maître (le roi) lui a confiées. Mais, au point de vue
de l'épigraphie, le N. 110 est un monument très important.

Sud de la salle.

111 — Calcaire — Haut. 1m, 04. Mar., Mon. div., pl.
50 b; Cat. Mar. N. 804; Cat. Masp., p. 41. — XIe dynastie.
Drah Abou-el-Neggah.
Stèle du prince Antefà, trouvée à Drah-Abou-el-Neggah,
Elle pred la forme de la façade du tombeau.
La porte d'entrée est figurée au bas.
Antefà. assis sous un dais, reçoit les offrandes de ses
serviteurs.
Il était gouverneur de la Thébaïde. Cette stèle nous
paraît plus ancienne que celle du roi Entef IV.

Ouest de la salle.

112 — Calcaire compacte — Haut. 0m, 95, larg.
1m, 47. Cat. Masp., p. 67.
En 1882, M. Maspero apporta au musée le principal
fragment de cette stèle restée en place à Drah-Abou-el-Neggah,
dans la petite pyramide en brique située
à la lisière des terres où Mariette l'avait
découverte en 1860. La partie supêrieure manquait
déjà L'inscription est datée de l'an 50 du roi Entef IV,
de la XIe dynastie. Le roi est entouré de ses chiens
portant des noms berbères.
La stèle d'Entef est décrite au papyrus Abbott, qui
nous a conservé le procès-verbal d'une commission
chargée, sous le règne de Ramsès IX, de visiter les
tombes royales qui avaient été exploitées par une bande
de voleurs.
En 1887, nous avons retrouvé un petit fragment
entre les mains d'un particulier. M. Daressy a réussi à
retrouver dans les décombres un certain nombre des
fragments qui complètent à peu près la partie inférieure
de la stèle, et même un fragment du visage du roi
appartenant à la partie supérieure. Nous appelons l'attention
sur ce fait qui prouve que tout espoir de reconstituer
le précieux monument d'Entef IV n'est pas perdu.

Nord de la salle.

113 — Larg. 0m, 83, long. 0m, 73. — XIe dynastie. — Gebelein.
Bas-relief représentant le roi Mentuhotep massacrant
des prisonniers. Les peuples nommés sont les Sati, les
Khenti, les Tahennu. Trouvé en 1891, dans les fondations
d'une maison ptolémaïque. Joli travail.
114 — Calcaire — Prof. de la chambre 3m, 20, larg.
2m, 66, haut. 2,m50; long. du sarcophage 2m, 50.
Tombeau de Horhotpou, fils de la dame Sonilshe.
“Cet édifice est un tombeau de la XIe dynastie que
j'ai rapporté de Thèbes au mois d'avril 1883. Il a été
découvert en février 1883 à mi-côte de la montagne
qui borne le nord de la vallée de Deïr-el-Bahari,

presque au débouchè de la route qui conduit de la plaine
thébaine aux tombeaux des rois. La chapelle extérieure,
s'il y en eut jamais une, a été complètement détruite.
Un couloir fort raide. grossièrement taillè dans le roc,
mène par une pente d'environ 30 mètres à une sorte de
vestibule d'où il ressort sur la droite pour aller tomber
dans la chambre où s'élevait l'édicule aujourd'hui conservé
au musée. Le corps de la montagne est formé en
cet endroit d'une sorte de roche brune, très friable,
dans laquelle sont infiltrés par milliers des filons de
calcaire blanc; je ne saurais mieux la comparer qu' à
une pâte feuilletée, tant certains des filons sont minces.
Comme cette matière ne se prêtait nullement à la taille
et à la décoration, l'architecte, après y avoir creusé un
trou de dimensions convenables, y construisit, en blocs
de calcaire blanc bien parés, le sarcophage et l'édicule
que nous voyons, Ces blocs enlevés un à un et dûment
empaquetés, ont été transportés par eau de Thèbes au
musée, puis remontés dans l'ordre même où ils étaient
à l'origine. C'est un spécimen, unique dans les musées,
de ce qu'étaient les tombeaux sous la XIe et la XIIe dynastie.
“Il nous est facile de nous représenter la façon dont
s'y sont pris les ouvriers pour l'édifier. Le mur de fond
et les deux murs de droite et de gauche furent élevés et
décorés tout d'abord; puis les blocs introduits et ornés
au moyen desquels on bâtit le sarcophage. C'est en effet
une des particularités du moyen empire de substituer
fréquemment aux grands sarcophages monolithes, des
sarcophages formés de blocs réunis par un peu de ciment
et par des queues d'aronde. … Le sarcophage en place,

on a bâti le mur de face, en n'y réservant comme porte
qu'une sorte de baie, juste assez large pour laisser passer
la momie. … Ce tombeau fut ouvert et pillé pendant
la première moitié de notre siécle, car M. Wilbour a
reconnu dans la collection Abbott, à New-York, un bloc
qui porte le nom du propriétaire et qui provient soit du
sarcophage, soit d'une des parois. Le cercueil de bois
fut brisé en petits morceaux, tous les menus objets
furent brisés ou détruits; j'ai retrouvé dans les décombres
un bras de statuette en bois d'un travail
admirable, les rames et une partie de l'équipage d'une
barque également en bois, et d'autre débris, qui prouvent
l'existence d'un mobilier funéraire. … Les voleurs défoncèrent
les deux bouts du sarcophage, cassèrent à coups
de pic deux pierres du mur de droite et une pierre du
mur de gauche. … Les fragments furent laissés à terre,
à l'exception du morceau qu'a signalé M. Wilbour.
Ils m'ont servi à reconstituer presque entièrement la
muraille: les parties manquantes ont été refaites au
plâtre et peintes dans le ton des parties originales par
MM. Vassalli bey et Emile Brugsch bey, conservateurs
du musée.
“Les visiteurs qui ont déjà vu le tombeau de Ti à
Saqqarah, ceux même qui ont examiné seulement les
bas-reliefs des salles 7 et 8, reconnaitront sur-le-champ
quelles differences profondes il y a entre le style des
monuments de l'ancien empire et celui du tombeau que
nous examinons. Au lieu d'étre sculptées et peintes, les
parois sont peintes seulement; au lieu de scènes variées
entremêlées de rares hiéroglyphes, on ne voit qu'une
maigre série d'objets d'offrandes, accompagnés d'interminables

inscriptions. Le sarcophage, au lieu de présenter
une masse presque nue ou décorée de dessins
géométriques, comme les sarcophages Nos 67, 74, 96 et
97, contient autant de textes que les murailles; il est
même garni d'une corniche multicolore que je n'ai
retrouvée nulle part ailleurs. Ces différences, souvent
observées sur d'autres tombeaux, avaient fait croire à
Mariette qu'il y avait eu, entre la VIe et la XIe dynasties,
rupture des traditions artistiques, et que les monuments
thébains étaient le produit d'un art local, indépendant,
à l'origine, de l'art memphite des anciennes dynasties.
Cette théorie, qui a été adoptée généralement par les
historiens de l'art, n'a pas été justifiée par les faits.
J'ai ouvert (1882–1883) dans la plaine de Saqqarah,
autour du Mastabat-el-Faraoun, des mastabas en briques,
dont la chambre sépulcrale est décorée de la mème
manière que la chambre de Horhotpou, mais avec une
moindre profusion de légendes. Ils portent les cartouches
de Nofirkeri Papi II et appartiennent, par conséquent
aux derniers temps de la VIe dynastie. Si peu nombreux
qu'ils soient encore, ils n'en suffisent pas moins à prouver
que cet art soi-disant thébain du moyen-empire
avait son prototype dans l'art memphite de l'ancien.
“Chacune des parois a l'un des côtés occupé par un
panneau de dessins géométriques, dont l'ensemble représente
une porte. Les détails en sont curieux à étudier
pour des architectes, car ils nous rendent assez exactement
l'aspect qu'avaient les portes décorées dans les
maisons particulières. … La décoration de chacune
des parois est fort simple. Sur la face de la porte, audessus
de la baie, des armes sont peintes, arcs, flèches,

casse-têtes, etc.; c'est l'arsenal du mort, auquel donnent
accès les deux panneaux en figure de porte placés à
droite et à gauche de la porte ràelle. La paroi de droite
est à la fois un magasin d'étoffes, de bijoux et d'armes,
où sont entassés des coupons de linge blanc, des colliers,
des miroirs en or et en argent, des sachets de parfums
et de poudre noire et verte pour les yeux, des bracelets
en verroterie, des sandales, des arcs, de casse-têtes, des
boucliers, etc. La paroi du fond est la salle à manger:
elle ne porte aucun figure, mais l'espéce de tableau
quadrillé qui en recouvre la partie supérieure nous
donne la liste des denrées nécessaires à la table du mort,
vins, bières, liqueurs, viandes de boucherie, gibier,
volailles, légumes, laitages, gàteaux de toute esèce.
La paroi de gauche est comme une officine de parfumeur;
on y voit, dans de grands vases peints de manière è
imiter le jaspe, le granit, la poterie fine, les sept essences
et les deux fards noir et vert dont le mort avait
besoin pour se parfumer dans l'autre monde et pour
assurer à ses membres une jeunesse éternelle. C'est en
résumé, sous une forme nouvelle, l'expression des mêmes
idées qui avaient présidé à la décoration des mastabas de
l'ancien empire. Les priéres sont en partie des extraits
du Livre des morts, en partie des chapitres de ce Rituel
des funérailles
, dont les pyramides d'Ounas, de Teti,
des deux Papi, de Sokarimsaf nous ont livré la plus
ancienne édition, et quelques papyrus de l'époque romaine,
l'édition la plus récente. Les vertus magiques
dont elles sont douées transforment en offrandes réelles
les simulacres d'offrandes peints sur la muraille.
“Le sarcophage est un résumé de la tombe entière, ou

plutòt une seconde tombe enfermée dans la première. II
n'avait point de couvercle, selon un usage assez fréquent
pendant la durée du moyen empire, et la momie n'y
avait d'autre défense que ses bandelettes et son cercueil
en bois. Celui-ci a disparu, sauf un éclat encore couvert
d'une écriture hiératique aussi fine d'aspect que l'écriture
de la XXVIe dynastie; quant au cadavre, je n'en
ai trouvé nulle trace. Les parois intérieures du sarcophage
sont décorées de portes d'offrandes comme la
porte elle-même; elles ont été brisées en partie par les
voleurs et restaurées par M. Emile Brugsch bey, d'après
les peintures analogues du sarcophage de Tagi (voir
salle 16. N. 140). Les textes de l'intérieur sont tracés
d'une écriture beaucoup plus fine que celle des parois; ce
sont encore des chapitres du Livre des Morts ou du Rituel
des Funérailles
, le Chapitre d'amener la barque
afin que le mort passe à I'orient du ciel, le Chapitre de
se rappeler les charmes magiques
nécessaires dans
l'autre monde, le Chapitre de ne pas manger d'excréments,
et, comme corollaire, celui de manger du pain
d'offrandes.
“Tel est cet hypogée curieux, le mieux conservé
peut-être des tombeaux du moyen empire thébain que
l'on connaisse aujourd'hui.” (MASPERO, Cat., p. 251).

Centre de la salle.

115 — Momie — Long. 1m, 66. — XIe dynastie. — Decouverte,
en 1891, à Thébes.
La dame Ament, prêtresse d'Hathor, est couchée,
embaumée dans la position où la mort l'a prise, il y a
cinquante siècles.
“Dans un tombeau intact, que nous avons ouvert à
Deïr-el-Bahari en 1891, nous avons trouvé au fond
d'une petite chambre sans inscriptions, une grande cuve
en pierre, également sans inscriptions. Ce couvercle
soulevé, est apparue une caisse en bois très bien conservée,
qui renfermait, enveloppée de linges épais, la
momie 115. …
“La momie porte ses colliers de perles en verre, or
et argent. Aux doigts, elle a des bagues d'argent. Dans
son sarcophage, nous avons ramassé les objets exposés
dans la salle 70, vitrine E.” (GREBAUT).
Le cercueil de bois était double; les deux caisses,
extérieure et intérieure, sont exposées à droite et à
gauche de la momie, sous les Nos 116 et 117.
116 et 117 — Bois.
Ces caisses nous ont fait connaitre le nom et les qualités
de la momie précédente.

Salle 16 (Salle des Hycsos).

Outre un grand nombre de stèles de la XIIe dynastie,
la salle 16 contient plusieurs monuments de
grand intérêt, surtout ceux de l'école tanite, que
nous allons voir tout à l'heure (Nos 133–139).

Sud de la salle.

118 — Calcaire — Haut. 1m, long. 0m, 70, Mar., Abydos,
t. II, pl. 27 b; t. III, pls. 234 et 236, N. 771; Cat.
Masp., p. 64.
“Le roi Menkhàourt Nahit est en adoration devant
le dieu Min de Coptos. C'est un monument presque
unique de la XIVe dynastie.” (MASPERO).
119 — Granit noir — Long. 0m, 82, larg. 0m, 59. —
XIIe dynastie. — Chataneh, près de Facous.
Très belle table d'offrandes, au nom du roi Amenemhat
II.
120 — Calcaire — Haut. 3m, 00, larg. 1m, 48, — XIIe dynastie. — Abydos.
Grande stèle gravée sur les quatre faces, au nom du
prince Mentuhotep, avec les cartouches du roi Ousortesen
I.

Ouest de la salle.

121 — Calcaire — Haut. 1m, 05, larg. 0m, 88. Rec. du
muèse
, t. I. pl. 17. — XII dynastie. — Akhmim, 1887.
Une belle stèle funéraire cintrée, trouvée à Akhmim
en 1887, d'un personnage de la XIIe dynastie qui a repris
le nom d'Antef, si fréquent sous la XIe. L'inscription
principale est gravée en creux. La partie inférieure de
la stèle est couverte par de nombreuses offrandes en
relief, d'une jolie gravure légère et fine. Quelques légendes
en relief.
122 — Granit noir — Haut. 1m, 20. Cat. Masp., p. 25.
— XIIe dynastie. — Fouilles de mariette, en 1863, à
Tanis.
Statue assise de la reine Nefert, femme du roi Ousortesen
I. Auprès de la statue un buste de la même
princesse; même provenance. On peut déjà remarquer
sur ces monuments quelques-uns des caractèrres de l'ècole
tanite (voir Nos 133–139).
123 — Grès — Haut. 0m, 46, long. 2m, 63, larg. 1m, 06.
Cat. Mar., Nos 95 et 96; Cat. Masp., p. 431. — XIIIe (?)
dynastie. — Karnak.
Deux blocs, considerés jusqu'ici comme formant deux
tables distinctes, sont les deux moitiésd'une table unique,
ainsi que le prouvent les inscriptions horizontales qui
commencen sur un bloc et se poursuivent sur l'autre.
Les côtés destinés à être joints ne portent pas d'inscriptions,
ils ne sont pas polis comme eux, en ne conservant
qu'une large bande saillante, soit qu'on ait voulu faciliter
l'adhérence parfaite, soit que, avant de graver les
inscriptions, on ait eu l'intention de faire deux tables.
Sur chaque bloc, vingt godets disposés symètriquement
recevaient les offrandes présentées aux dieux.
Les légendes rappellent une fondation d'offrandes à
faire dans le temple de Karnak au nom d'un roi, inconnu
d'ailleurs, Ra-s-ankh-het Ameni-Entef-Amenemhà,
qui doit être placé après la XIIe dynastie, probablement
dans la XIIIe. Les martelages de l'élément Amen, dans
son nom, sont dus à Amenophis IV, qui fit effacer partout
le nom du dieu Ammon.

Est de la salle.

124 — Granit gris — Haut. 0m, 95. — Fouilles de
M. Naville, en 1888, à Bubaste.
Tête d'une statue royale de la XIIe (?) dynastie.
125 — Granit gris — Haut. 1m, 45. — XIXe dynastie.
Alexandrie.
Buste d'une statue colossale d'un roi du moyen empire,
usurpée par Ménephtah, roi de la XIXe dynastie,
le Pharaon de l'Exode.
126 — Plâtre — Haut. 0m, 82. — Fouilles de M. Naville,
en 1880, à Bubaste.
Moulage d'une tête de statue royale.
127 — Calcaire — Haut. 1m, 90, larg. 0m, 46. Mar.,
Abydos, t. II. pls. 21–26; Cat. Masp., p. 71. — XIIe dynastie.
Abydos.
Stèle cintrée gravée sur les deux faces et sur les tranches,
au nom de Ra-s-hotep-ab, personnage du temps de
Ousortesen III. Le dèfunt prescrit à ses enfants d'adorer
le roi Amenemha III, dieu créateur et providence de
l'Égypte. Le style affecte une forme littéraire.
128 — Granit rose — Haut. 1m, 50, Mar., Abydos,
t. II, pl. 26; t. III, pl. 30 N. 347. Cat. Mar., N. 19; Cat.
Masp., p. 51. — XIIIe dynastie. — Abydos.
“Le roi Sovkemsaouf (ou Sebekemsaf) est debout,
marchant; sur la pierre qui unit ses deux jambes est
représenté son fils, le prince Sovkemsaouf. La figure
du pharaon est mutilée; cet accident est d'autant plus
à regretter que le morceau est d'une très belle facture

et donne la meilleure idée de ce qu'était l'art égyptien
un peu avant l'invasion des Pasteurs.” (MASPERO).
129 — Granit gris — Haut. 0m, 90. Nav., Bubastis,
pl. 12. — Fouilles de M. Naville, en 1887, à Bubaste.
Partie inférieure d'une statue du roi Raïan (ou plutôt
Khian, selon M. Daressy), de la XIVe (?) dynastie. D'après
une tradition arabe signalèe par M. Naville, c'est sous
un roi Raïan que Joseph aurait été amené en Egypte.
130 — Albâtre — Long. 0m, 67. — Pyramide de
Hawara.
Table d'offrandes de la princesse Neferou Ptah,
trouvée par M. Petrie en 1888.
131 — Syénite — Long. 1m, 05. — XIIe dynastie. —
Karnak, 1887.
Ce précieux monument que nous avons rapportè en
1887, provient du grand temple de Karnak. C'est une
table d'offrandes au nom d'Ousortesen. Elle remonte
par conséquent à l'époque qui parait avoir été celle de
la fondation du grand sanctuaire thebain.
132 — Granit noir — Haut. 0m, 48, larg. 0m, 67. Mar.,
Mon. div., pl. 38; Cat. Mar., N. 1001; Cat. Masp.,
pl. 65. — Caire.
Sorte d'autel destiné à perpétuer le souvenir d'un
service d'offrandes fondé dans un des temples de la ville
de Tanis par le roi pasteur Apapi Aaqnonri.
“Le monument est plus ancien que le roi dont il
porte le nom, la légende primitive a été effacée pour
être remplacée par celle qu'on y lit maintenant.” (MARIETTE).
Cfr. le N. 136 trouvé dans le temple de Louxor; on
se rendra facilement compte que le monument usurpé
par Apapi appartenait à la XIIe dynastie.
133 — Granit gris — Haut. 1m, 60, larg. 0m, 925. Cat.
Mar., N. 1; Cat. Masp., pl. 71. — Tanis.
“Groupe de deux personnages debout sur un socle
commun. D'énormes perruques disposées en tresses
épaisses couvrent la tête. Leurs traits sont durs, accusés,
et offrent une grande ressemblance avec ceux des sphinx
à crinière de lion. La lèvre supérieure est rasée, mais
les joues et le menton sont ornés d'une longue barbe
ondulee. Chacun d'eux soutient sur les mains étendues
des groupes ingénieusement arrangés d'oiseaux aquatiques
et de poissons, mêlés à des fleurs de baschnin.
“Il n'y a pas de monuments qui appartiennent plus
incontestablement à l'époque agitée qui vit les Pasteurs
maitres de l'Egypte.” (MARIETTE).
Ces porteurs d'offrandes ont été considérés comme
une personnification des Nils (Nil du sud et du nord)
apportant leurs dons à l'Egypte. Leurs barbes ondulées
et leurs perruques tressées donnent cependant bien
l'idée d'un art asiatique, étranger à la valée du Nil,
et l'attribution qu'en faisait Mariette aux Pasteurs n'a
d'abord été contestée par personne. Nous allons voir
tout à l'heure (Nos 134, 135 et 139) que cette attribution
parait aujourd'hui moins certaine.
Sous la XXIe dynastie, le roi Psioukhânou fit graver
ses cartouches sur ce monument. (Cfr. le porteur
d'offrandes de la XVIIIe dynastie, N. 153, salle 23).
134 et 135 — Granit noir — Haut. 1m, 30 et 1m.
Fouilles de Mariette, en 1863. — Tanis.
Deux sphinx que Mariette considérait également
comme des produits de l'art des Pasteurs.
“Ils se distinguent en effet des autres monuments
égyptiens par des caractères bien tranchés, comme on
le reconnaitra sans peine, si l'on compare la tète des
sphinx Nos 134 et 135 à celle des sphinx de Thoutmès III
et de Ramsés II. La face est ronde; les yeux petits,
le nez écrasé, les pommettes saillantes; la lévre inférieure
avance lègèrement; les oreilles sont celles du
taureau, et une crinière de lion encadre le visage.
“Tous ces caractères sont marquès au plus haut degré
dans le sphinx N. 133, qu'on est parvenu à reconstituer
presque en entier: mais il porte de plus des inscriptions
qui nous permettent de refaire en partie son histoire. Il
porte sur l'épaule droite une légende martelee, dans laquelle
on a réussi a déchiffrer le nom du roi pasteur Apopi.
Plus tard Ménephtah fit gratter le nom du roi pasteur
et y substitua ses cartouches, qu'il répéta encore dans
l'inscription de la base. Plus tard encore, Psioukhânou
(XXIe dynastie) grava ses cartouches sur la poitrine.
Un examen attentif m'a fait reconnaitre que la surface
de la poitrine a été rabaissée pour recevoir les cartouches
de Psioukhânou, et par conséquent qu'il y avait là,
auparavant, à la place d'honneur, les cartouches d'un
roi, celui probablement pour qui on fit le monument.
Ce roi antérieur à Apopi était-il un Pasteur ou un roi
des dynasties indigènes? (M. Golenischef croit reconnaître
les traits d'un roi de la XIIe dynastie dont il a vu
une statuette). Il convient d'attendre de nouvelles

découvertes avant d'affirmer que ces sphinx et les
monuments du style analogue que possède le musée
sont l'œuvre des Pasteurs ou représentent des princes
appartenant à cette race conquérante.” (MASPERO,
Cat., p. 64 et 65).
136 — Granit noir — Long. 0m, 61. — XIIe dynastie. —
Louxor.
Table d'offrandes (?) ou autel (?), semblable au
monument N. 108 usurpé par Apapi. Le 136 a été
découvert en 1887 dans le temple de Louxor. Il a été
dédié par le roi Ousortesen III. Par la présence de
cette table dans le temple de Louxor, on pouvait
conjecturer qu'Aménophis III n'avait fait que relever
un ancien sanctuaire. Dans une inscription dégagée
l'année suivante, Aménophis III dit, en effet, qu'il a
reconstruit le temple à partir des fondations. Nous y
avons troué, la même année, une architrave en granit
au nom de Sebek-Hotep II.
137 — Granit gris — Haut. 1m. Mar., Mon. Div.,
pl. 39; Cat. Mar., N. 2; Cat. Masp., p. 5. — Mit Farès
(Fayoum).
“Partie supérieure d'une statue colossale qui représentait
un roi debout. Aucune inscription n'indique le
nom du personnage; mais la ressemblance est frappante
entre ce frangment et les monuments de Tanis (Cfr.
Nos 133, 134 et 135); aussi Mariette l'a-t-il attribué
à un roi pasteur. De toute manière, la présence de ce
morceau dans les ruines de la capitale antique du
Fayoum, prouve que les princes qui régnaient à Tanis

en ce temps-là étendaient leur autorité au moins sur la
partie septentrionale de la Moyenne-Egypte.”
138 — Granit rouge — Long. 0m, 49, larg. 0m, 34. —
Tanis.
Groupe de trois têtes provenant d'un monument brisé,
peut-être d'une console ou pierre d'encorbellement. Ce
monument est du même style que les précédents.
139 — Calcaire — Haut. 2m, 33, long. 0m, 78. — Elkab.
Fragments rassemblés d'un sphinx découvert en 1981
par M. Grébaut, dans les ruines du temple d'Elkab,
auprès d'objets de la XIIe et de la XIIIe dynastie.
Comme Elkab fut un des centres de la résistance
contre les Pasteurs, M. Grébaut conclut que ni ce monument
ni ceux qui précèdent ne doivent leur étre
attribués, et que nous ne possèdons de ces envahisseurs
que les monuments usurpés par eux.
Mais ce qui est certain, c'est que ces monuments
nous représentent les traits bien accentués des populations
voisines du lac Menzaleh. Si l'on doit hésiter à y
reconnaître des produits de l'art des Pasteurs, il faut
toujours les considérer comme les produits très originaux
d'artistes tanites, dont l'école aurait été un
moment florissante sous le moyen empire (Cfr. les
statues de la reine Nefert, N. 122). Cette école, voisine
de la frontière syrienne, pouvait, d'ailleurs, subir
l'influence des Asiatiques, dont les peintures de Beni-Hassan
et le voyage d'Abraham attestent les relations
pacifiques avec l'Egypte, antérieurement à l'invasion
des Pasteurs.
140 — Calcaire blanc — Haut. 1m, 15, long. 2m, 35,
larg. 1m, Lepsius, Denkm, t. II, pls. 147 et 148, a, b.
XIe dynastie. — Thèbes, Cheikh Abd-ei-Gournah.
“Sarcophage de Tagi. Ce sarcophage, oublié depuis
Lepsius, qui le copia il y a 40 ans, fut retrouvé en 1882,
et transporté au musée au mois d'avril 1883. Il est orné
à l'intérieur de la représentation des armes, objets de
toilette et d'offrandes, vases à parfums, qu'on déposait
dans la tombe. Au-dessous, des prières tracées è l'encre
noire, analogues aux prières qu'on trouve dans les pyramides
de Saqqarah.” (MASPERO).
141 — Grès — Haut. 2m, 15, larg. 1m, 80, prof. 0m, 73. —
XIIe dynastie. — Fouilles de Grenfell pacha, sirdar de
l'armee égyptienne, à Assouan.
Partie de la niche abritant la statue de Si-renpu au
fond de son tombeau.

Salle 17.

Dans la vitrine A, jolies stèles peintes de la
XIIe dynastie.
Au centre de la salle, plusieurs sarcophages en
bois. La plupart, de forme rectangulaire, doivent
être antérieurs à la XIIe dynastie. Quelques autres,
remarquables par la forme de leurs couvercles,
sont peut-être de la XIIe. Le travail des premiers
est quelquefois un peu barbare; l'un d'eux, cependant,
présente des détails très intéressants.
142 — Bois — Long. 3m, 11, larg. 0m, 62, haut. 0m, 60.
Sarcophage de Kheperka. Ornements d'architecture
que l'on pourra comparer aux Nos 8, 9, 10, 71 et 96.
143 — Albâtre — Long. 0m, 79, larg. 0m, 60. — XIIe dynastie. — Fouilles de M. Pétrie. — Illahoun.
Belle table d'offrandes, avec les cartouches d'Ousortesen
II.

Salle 18.

La salle 18 est ornée de panneaux de bois provenant
de sarcophages du moyen empire.

Salle 19.

La salle 19 (xie et xiie dynastie) contient deux
sarcophages d'Akhmim (style de la xie dynastie),
quelques tables d'offrandes, et un grand nombre,
de stéles provenant d'Abydos, oû l'on était venu
les consacrer prés du tombeau d'Osiris.

Salle 20 et 21.

Les salles 20 et 21, ornées de la méme maniére,
sont intéressantes surtout pour les égyptologues

de profession. On pourra remarquer au centre de
la salle 21.
144 — Granit noir — Haut. 0m, 22, larg. 0m, 17, long.
0m, 57. — xiiie dynastie.
Petit sphinx décapité, au nom de Sebek-Hotep III.
Derriére ce sphinx, des fragments de statuettes
aux noms d'Ousortesen II et Ousortesen III,
d'Amenemhàt III
et de la reine Sent (xiie dynastie).

[Back to top]


MONUMENTS DU NOUVEL EMPIRE
(XVIIIe-XXXIe DYNASTIES)
Salles 22 à 34

Salle 22.

Outre un grand nombre de stéles, la salle 22
nous montre:

Centre de la salle.

145 — Calcaire. — XIXe dynastie. — Abydos.
Fragment de bas-relief portant le cartouche de Ramsés
II. Les hiéroglyphes gravés sont péints en bleu,
les figures de divinités sont rehaussées d'or.

Sud de la salle.

146 et 147 — Granit rose. — XIXe dynastie. —
Louxor.
Deux avants-bras de colosse provenant d'une statue
de Ramsés II.
148 — Granit rose.
Monstrueux scarabée. Le scarabée symbolisait les
transformations par lesquelles la vie se conserve dans
la création en se renouvelant sans cesse. C'est pour cela

que, comme hiéroglyphe, il a les significations, contradictoires
au premier abord, de “subsister” et de “se
transformer”.

Entre les deux fenétres.

149 — Calcaire — Larg. 1m, 65, haut. 0m, 65. — XXe dynastie.
Fragment de bas-relief du temps de Ramsés III,
représentant un chef des écuries royales nommé Panuter-hon.

Salle 23.

Le long des murs, stéles et bas-reliefs.

Est de la salle.

150 — Calcaire — Haut. 0m, 92, larg. 0m, 52. — XVIIIe dynastie. — Tell-el-Amarna.
Bas-relief représentant le roi Khounaten (Aménophis
IV) faisant une offrande au disque solaire. Les
rayons du soleil sont autant de bras qui transmettent
la vie au roi et à la reine, et ramassent les offrandes
déposées sur l'autel (voir N. 207).
Au centre de la salle, des statues, des tables d'offrandes
et un bassin de la XVIIIe dynastie, provenant
d'Elkab (N. 151).
Au milieu de la paroi nord, un fragment de
colonne (N. 152) de Mitrahineh (Memphis), au nom
d'un grand prétre de Ptah.

Ouest de la salle.

153 — Granit rose — Haut. 1m, 82, larg. 1m, 18. —
Fouilles de M. Morgan, en 1892, à Memphis.
Deux statues assises sur le méme siége, représentant
Ramsés II et le dieu Rà-hor-khouti.

Est de la salle.

154 — Granit rose — Haut. 0m, 87. — XVIIIe dynastie.
Karnak.
Fragment d'une statue de porteur d'offrandes (époque
d'Aménophis III). On peut comparer ce fragment aux
porteurs d'offrandes de l'école tanite (N. 133).

Salle 24.

Centre de la salle.

155 — Granit rose — Long. 3m, 58, larg. 0m, 65. —
Fouilles du temple de Memphis, en 1892. — Mitrahinch.
Barque sacrée du temple de Ptah, le plus bel exemplaire
qu'on connaisse de cette sorte de monument.
Modéle colossal d'un travail admirable, comme les deux
statues du dieu que l'on verra dans la galerie nord de
la salle 26.

Angle sud-ouest de la salle.

156 — Calcaire Haut. 0m, 90. — XIXe dynastie. —
Fouilles du temple de Ptah, en 1892. — Memphis.
Partie supérieure d'une statue coiffée du scarabée
(voir N. 148). Le scarabée était consacré à Ptah.

Est de la salle.

157 — Granit rose — Haut. 0m, 90, larg. 1m, 87. —
Fouilles de M. Naville, à Bubaste.
Fragment d'inscription relative aux revenus du temple
de Bubaste sous la XXIIe dynastie.
158 — Granit noir — Haut. 0m, 88, larg. 1m, 15. —
XVIIIe dynastie. — Erment (Hermonthis).
Dans une expédition en Asie, Aménophis II avait fait
prisonniers sept chefs syriens. Six furent pendus devant
les murs de Thébes et le septiéme à Napata, en Nubie,
pour servir d'exemple aux Ethiopiens.

Ouest de la salle.

159 — Calcaire — Long. 0m, 95, haut. 0m, 92. — XVIIIe dynastie. — Karnak.
Fragment de bas-relief portant des dates du régne
de Thoutmés I, avec le cartouche au milieu, et, de
chaque côté du cartouche, deux encadrements de forme
ovale, oû les éléments des prénoms royaux de ce temps
sont assez curieusement groupés.

Salle 25.

Cette salle a été appelée salle éthiopienne, parce
qu'elle contient les monuments des rois éthiopiens,
successeurs des rois-prétres d'Ammon (voir salles
76–84) exilés de Thébes, qui, vers 740 avant l'ére
chrétienne, reconquirent l'Egypte et rétablirent
à plusieurs reprises l'empire thébain.
160 — Granit gris — Haut. 1m, 80, long. 1m, 84, épais.
0m, 43. Mar., Mon. div., pl. 1 s; Cat. Masp., p. 56. —
XXIIIe dynastie. — Gebel Barkal (Napata).
Monument connu sous le nom de stéle de Piankhi.
Ce monarque éthiopien y raconte comment il soumit
toute l'Egypte, qu'il trouva partagée entre un grand
nombre de princes, dont plusieurs prenaient le cartouche.
161 — Granit gris — Haut. 2m, 15, larg. 0m, 70, épais.
0m, 34. Mar., Mon. div., pl. 11 s.; Cat. Masp., p. 61. —
IVe siécle avant l'ére chrétienne. — Gebel Barkal
(Napata).
Stéle. — Le roi Horsiatef y raconte ses campagnes
contre les Madidi, dont il ravagea le pays. Il donna
une partie du butin aux prétres d'Ammon de Napata et
restaura les temples des villes de son royaume.
162 — Granit gris — Haut. 1m, 32, larg. 0m, 72. Mar.,
Mon. div., pls. 7 et 8; Cat. Masp., p. 69. — XXVIe dynastie.
— Gebel Barkal.
Stéle du songe. — Tonuatamen, décidé par un
songe, part à la conquéte de l'Egypte. S'il faut en
croire son récit, il ne rencontra pas de résistance bien
sérieuse jusqu'à Memphis, dont il s'empara. Mais,
ensuite, les princes du Delta s'enfermérent dans leurs
forteresses, et le monarque éthiopien dut les y assiéger.
Il parait s'étre découragé, car il rentra à Memphis;
mais les princes égyptiens vinrent alors lui faire leur
soumission.

Est de la salle.

163 — Granit gris — Haut. 1m, 62, larg. 0m, 71. Mar.,
Mon. div., pl. 9; Cat. Masp., 68. — Gebel Barkal.
Il s'agissait d'élire un roi. Les délégués de l'armée
se rendent au temple. Lorsque les membres de la famille
royale passent devant la statue du dieu, celle-ci
saisit Aspalout et s'écrie: “C'est votre roi!” Aspalout
acclamé va se faire couronner par le dieu dans le sanctuaire.
Monument de l'époque persane.
164 — Granit noir — Haut. 0m, 31. — XXVe dynastie.
— Achat fait à Louxor.
Téte du roi éthiopien Taharqa ou Tahraka.
Non loin du N. 164 on peut remarquer une
stéle en granit rose, percée de quatre trous Cette
pierre fut employée dés l'antiquité dans les fondations
d'une maison, et les trous indiquent probablement
la trace des crampons d'attache. Elle
porte un écrit d'Ammon, rendu par le dieu en
faveur de Shishonq, gendre et héritier du dernier
roi de la XXIIe dynastie tanite.

Ouest de la salle.

165 — Granit rose — Haut. 1m, 24, larg. 0m, 69. Mar.,
Mon. div., pl. 10; Cat. Masp. p. 66. — Gebel Barkal.
Stéle de l'excommunication. — Le nom du roi est
mutilé. Epoque persane.
Le roi avait fait passer par le feu des gens qui
avaient commis le crime de manger crue de la viande
de sacrifice, contrairement au rite qui ordonnait qu'elle

fût cuite. Cette secte abominable fut punie jusque dans
ses descendants, auxquels le roi interdit d'entrer jamais
dans le temple d'Ammon.
166 — Granit noir — Haut. 1m, 20. — XIXe dynastie.
— Louxor.
Téte d'une statue colossale de Ramsés II.

Centre de la salle.

167 — Granit rose — Haut. 1m, 42. — XIXe dynastie.
Groupe au nom de Ménephtah, le Pharaon de l'Exode.
168 — Calcaire — Long. 2m., larg. 0m, 96. — XXe dynastie.
Abydos.
Stéle de Ramsés IV. Mention des 67 années de
Ramsés II
(ligne 23).

Paroi est de la salle.

169 et 171 — Calcaire — Haut. 1m, 15, 0m, 95 et
0m, 95, larg. 0m, 83, 0m, 38 et 0m, 55.
Bas-reliefs; fragments rapportés par M. Maspero
d'un tombeau de la XVIIIe dynastie, voisin des grandes
pyramides, et démoli par des bédouins en 1883.
“169. Ti, sœur du défunt Ptahmaï, présente un
vase à son frére et à sa belle-sœur; derriere elle, une
chanteuse qu'une joueuse de viole et une harpiste accompagnent
de leurs instruments. Deux des fils, Phtahônkh
et Nanofir, assistent à ce spectacle. Ce troisiéme registre
est occupé par la construction d'un naos; un ouvrier

en sculpte les détails, tandis qu'un aide va chercher des
matériaux.
“170. Scénes funéraires. Au premier registre, des
serviteurs qui portent des fleurs et des fruits; des
pleureuses, un sacrificateur qui traine un veau. Au
second, d'autres serviteurs portent les fauteuils, les
canopes, les caisses à provisions.
“171. Quatre registres: 1o Préparation des pains
d'offrandes et sacrifice du bœuf; 2o Kaka, Hori et
Phtahmos, fils de Phtahmaï, sont assis devant un
monceau de provisions; 3o Un coffre rempli de pains,
et à côté un personnage qui transvase le vin dans des
amphores. Une petite femme danse en lancant des
baisers et en faisant des gràces. De toutes les figures,
c'est celle qui rappelle le mieux le type connu par les
tombeau de Telle-el-Amarna: elle est d'une souplesse
et d'une légéreté exquise; 4o Transvasement du vin dans
des jarres, qu'un serviteur tient en équilibre au moyen
d'un crochet de porteur d'eau.” (MASPERO).
172 et 172 bis — Calcaire — Haut. 1m, 37, larg. tot.
2m, 80. — Saqqarah (Memphis).
“Bas-reliefs extraits du tombeau de Hor-Min. A
gauche, Hor-Min est devant deux des quatre génies des
entrailles. Hathor, debout dans son sycomore, verse
l'eau de purification que boivent Hor-Min et la dame
Maï. L'àme du défunt, prenant également sa part de
l'eau sacrée, est représentée au pied de l'arbre.
“Un autre tableau représente Hor-Min assis sur un
grand siége. La dame Maï est à ses pieds. Des personnages
de sa maison lui apportent des offrandes de toutes

sortes; une oie, un veau, des fleurs, des parfums, des
liquides.
“Nous assistons à droite à la cérémonie funèbre. Le
cortège est en marche. Des esclaves, tète rasée, portent
les coffres, les tables dont on va garnir le tombeau. Des
pleureuses les suivent. Après elles marchent les génisses
que l'on va immoler. Vient ensuite le catafalque
contenant la momie couchée et posée dans un bateau
que des prètres et la dame Maï elle-même portent sur
leurs épaules. Suit un groupe d'assistants. On a représenté
plus loin une coupe des diverses chambres de
l'édicule mortuaire. Des tables d'offrandes y sont déposées.
Des hommes les traversent avec des gestes de
douleur. Quelques scènes extraites du Rituel couronnent
ces curieux bas-reliefs.” (MARIETTE).
173 — Calcaire — Haut. 0m, 58, larg. 1m, 08. — Saqqarah
(Memphis).
“Bas-relief. Scène de funérailles. Des femmes sautent
avec les plus étranges contorsions; d'autres font retentir
une sorte de tympanum. Des hommes marchent à
grands pas en agitant une tige de roseau. Ces danses
funèbres sont encore pratiquées aujourd'hui dans la
plupart des villages de la Haute-Egypte. Ce que le basrelief
de Saqqarah n'a pu rendre, ce sont les hululations
discordantes dont ces danses sont accompagnées.” (MARIETTE).
Enfin, au milieu du passage qui conduit de la
salle 25 aux galeries de la salle 26:
174 — Albâtre — Haut. 1m, 67. Cat. Mar., N. 866;
Cat. Masp., p. 52. — XXVe dynastie. è Karnak.
“Cette jolie statue représente la reine Ameniritis,
fille du roi Kashta et soeur de Sabacon. Les formes
un peu longues et grêles sont chastes et délicates: la
tête, surchargée de la grande perruque des déesses, est
d'une expression un peu morne. Le socle est de granit
gris; l'inscription donne le nom et les titres de la reine.
Les deux noms martelés sont ceux de Sabacon et de
Kashta, que les monarques de la XXVIe dynastie considéraient
comme des usurpateurs.” (MASPERO).

Salle 26.

Galerie sud-ouest de la salle.

175 — Granit gris — Haut. 0m, 80. è XXXe dynastie (?).
Pithom.
Buste provenant des fouilles de M. Naville à Pithom,
ville où les Hébreux travaillèrent pendant l'oppression
qui précéda l'Exode.
176 — Syénite — Haut. 1m, 05. Nav., Bubastis, pl. 15.
— XIXe dynastie. — Bubaste.
Téte de Ramsès II, coiffé du diadème atef (cornes de
bélier supportant le disque avec deux plumes d'autruche).
177 — Syénite — Haut. 1m, 45. Nav., Bubastis, pl. 16.
— XXe dynastie. — Bubaste.
Buste du roi Ramsès IV.

Galeric ouest de la salle.

178 — Granit rose — Haut. 2m, 45. — XIXe dynastic.
Louxor.
Cynocéphale provenant du soubassement de l'obélisque
que de Louxor. Règne de Ramsès II.
179 — Calcaire — Haut. tot. 0m, 70. — Saqqarah
(Memphis).
Joli groupe représentant un frère et une soeur assis
sur un siège commun. Le frère s'appelait T'ai et la
soeur Naîa. Ils sont tous deux vêtus à la mode du beau
temps de Ramsès. T'ai a la longue robe, bouffant aux
manches et se terminant par-devant en tablier; Naîa
porte la grande chemise collante. D'énormes perruques
à longue tresse couvrent la tête de nos personnages.
“Deux petites scènes gravées ornent la partie antérieure
du siège. Une image d'Osiris assis devant un
autel est le sujet de la première. La seconde nous
montre T'aï et Naïa recevant les offrandes funébres
que la piété des parents a déposées dans le tombeau oò
notre groupe a été trouvé. Enfin, derrière les deux
statues, a été gravée une représentation des deux mêmes
personnages assis, recevant l'hommage d'une prêtresse
attachée au culte d'Ammon, et nommée Tanor.
“Ce morceau appartient à la XIXe dynastie. Les
profils des personnages gravés sur le dos du siège
rappellent le temps de Séti I, les deux statues assises
ont, au contraire, tous les caractères de la physionomie
douce et épanouie, qui est le cachet de la belle tête
royale, que je crois étre celle de Ménephtah, petit-fils
de ce même Seti I.” (MARIETTE).
180 — Albâtre — Diam. 0m, 38. — XXe dynastie. — Tell-el-Yahoudi.
Fûts de colonne provenant d'un palais de Ramsès III.
Deux autres morceaux semblables, de l'autre
côté.
181 — Calcaire — Haut. 1m, 52, larg. 0m, 55. — Saqqarah
(Memphis).
“Fragment d'un pilier extrait de la tomb de Neferhotep,
fils de Houï, fonctionnaire de Memphis sous un
des rois de la XIXe dynastie.
“Ce pilier est richement décoré. Sur deux de ses
côtés, sont sculptés deux grands Tat surmontés de la
couronne Atef; deux âmes coiffées du disque sont debout
au sommet de cette coiffure symbolique, un autre grand
Tat orne la face principale. II est surmonté du chapiteau
naoforme à tête d'Hathor. La quatrième face a
disparu.” (MARIETTE).
182 — Grès rouge — Haut. 1m, 05, long. 0m, 50, prof.
0m, 65. — Karnak (Thèbes).
“Pilier quadrangulaire gravé sur les quatre faces.
Ramsès II, deux fois représenté à genoux, fait l'offrande
du vin à Ammon et à Month.” (MARIETTE).
183 — Granit noir — Haut. 0m, 80. — XIXe dynastie.
Karnak (Thèbes).
“Ammon et Maut, les deux divinités principales de
Thèbes, assises sur un grand siège à dossier. L'inscription
gravée sur le devant constate que ce monument a

été exécuté par l'ordre de Séti I, XIXe dynastie. Le
cartouche-prénom (Ra-men-ma) ne s'écarte pas de la
forme ordinaire; mais le cartouche-nom a été réduit à
sa plus simple expression (Seti).” (MARIETTE).
184 — Calcaire — Haut. 2m, 62, larg. 1m, 07. — XXe dynastie.
Abydos.
Grande stèle contenant une prière adressée par le
roi Ramsès IV aux divinités d'Abydos.

Gallerie nord, angle nord-ouest et nord-est
de la salle.

185 et 186 — Grès siliceux — Haut. 2m, 05 et
3m, 15. — XIXe dynastie. — Fouilles exécutées sous la
direction de M. de Morgan, en 1892, dans le temple
de Ptah à Memphis (Mitrahineh).
Magnifiques statues de Ptah (Vulcain), dieu de Memphis.
Ce sont les plus remarquables statues divines
qu'on ait encore trouvées en Égypte.
On lit derrière la statue de l'angle nord-ouest:
Paroles du trés puissant Ptah, chef des deux terres:
“Je fais don de toute vie et prospérité, de toute force,
“au seigneur des deux terres Usormarâsotpenrâ, seigneur
des diadèmes, Ramsès Méiamoun, vivificateur.”
Aux pieds de la statue de l'angle nord-est:
“Usormarâsotpenrâ (prénom de Ramsès II), vivificateur
aimé de Ptah Risanbouf.”
Derrière la statue:
“Paroles de Ptah Risanbouf, maître qui vivifie les
“deux terres:
“Je donne multitude de panégyries (fêtes de renouvellement;
ces paroles s'appliquent bien à Ramsès II,
“dont les années se renouvelèrent tant de fois, et dont
“les enfants se multiplièrent) au seigneur des deux
“terres Usormarâsotpenrâ, seigneur des diadèmes,
“Ramsès Méiamoun, vivificateur.”
187 — Granit noir — Haut. 0m, 80. — Tanis (Sân).
“Partie supérieure d'une statue représentant un roi,
le bras gauche étendu, la main droite tenant sur la
poitrine le sceptre hyk. Le roi est sans barbe; sa tête
est couverte de la grosse perruque autour de laquelle
s'enroule une bandelette terminée par des uroeus. La
finesse des traits de ce personnage est à remarquer. On
voit sur le dos du siège un commencement de légende
qui ne nous dit malheureusement pas de quel roi ce joli
monument nous conserve les traits.” (MARIETTE).
188 — Fragment granit gris — Haut. 1m, 26, larg.
0m, 95. Mar., N. 873; Cat. Masp., p. 426. — Du grand
temple de Karnak.
Fragment d'une magnifique statue qui représentait
Aménophis II assis, coiffé du claft.
189 — Calcaire — Haut. 0m, 53, larg. 0m, 34, prof.
0m, 17. — Memphis (Grandes pyramides).
“Naos, ou plutôt stèle épaisse avec la figure du défunt
en haut-relief. Celui-ci est représenté à genoux, les

mains levées. II s'appelait Nekht, et avait le titre assez
singulier de premier royal fils d'Ammon. Des deux
pierres gravées sur le pourtour du monument, l'une,
celle de gauche, est une invocation au soleil lorsqu'il
brille à l'horizon oriental
; l'autre, celle de droite,
lorsqu'il se couche pour la vie divine. Par là les
Égyptiens marquaient les deux termes des pérégrinations
de l'ame dans l'autre monde. Le soleil qui se
couche symbolise la mort; le soleil qui se lève est
l'image de la resurrection de l'àme et de l'immortalité
promise aux justes.
“Le frère de Nekht était un deuxième prêtre de
Khons, nommé Schaî (XVIIIe dynastie).” (MARIETTE).
190 — Grès statuaire — Haut. 0m, 57. — Karnak
(Thèbes).
“Les particuliers, comme les rois, avaient un droit
dont les limites ne sont pas encore bien définies, celui
de consacrer leurs propres statues dans les temples. En
ce cas, bien qu'ils fussent vivants, leur nom propre est
presque toujours suivi des mots le véridique, qui, habituellement,
ne s'appliquent qu'aux morts. Le plus souvent
encore, on trouve gravée sur l'une des parties de
la statue la formule fait pour les louanges du roi,
que nous avons discuté autre part.
“Les fragment que nous décrivons ici provient d'une
statue qui a eu cette destination. La tête, heureusement,
est d'une parfaite conservation. Elle appartient à la XIIIe dynastie, et déjà l'on peut voir, par la comparaison de
cette tête avec celle des statues voisines, la différence
qui distingue les deux arts et la supériorité du plus
ancien sur le plus nouveau.
“Un reste de la légende, gravé sur le dossier,
montre que le personnage dont nous avons l'image sous
les yeux était un noble chef. Un commencement de
prière à Ammon-Ra se lit sur le devant; le nom du dieu
a été martelé, puis gravé de nouveau après la chute des
usurpateurs de la XVIIIe dynastie.” (MARIETTE).
191 — Calcaire — Haut, 0m, 70. — Karnak.
Tête de roi. Les yeux incrustés ont disparu. Elle
provient du temple de Karnak, et, d'après les souvenirs
de M. E. Brugsch, a été trouvé dans le même lieu que
la tête dite de Taïa (N. 196).
192 — Granit rose — Haut. 0m, 77. — Karnak.
Buste du roi Thoutmès III, de la XVIII e dynastie.
193 — Calcaire — Haut. 1m, 20. — Saqqarah (Memphis).
“Belle stèle funéraire au nom Amen-mès. Le défunt,
suivi de ses deux filles et de sa mère, se présente
devant Osiris. Les mains des suppliants sont pleines de
fleurs de lotus, symbole de la renaissance promise aux
morts; les femmes en portent sur la tête, arrangées en
élégantes coiffures. Plus bas, une table chargée de toutes
sortes de choses est placée entre deux groupes formées
d'Amenmès, de son frère et de ses deux soeurs. Une de
ces dernières, Anaï, a près d'elle un singe qui joue.
“Le monument est exécuté dans le grand style qui
distingue les règnes de Thoutmès et d'Aménophis.
Quoique le nom d'Ammon n'y soit pas martelé, je le
croirais de la XVIIIe dynastie.” (MARIETTE).
194 — Calcaire — Haut. 1m, 17. Cat. Mar., N. 900;
Cat. Masp., p. 44. — XIXe dynastie. — Saqqarah.
Statue de Khaï gardien du trésor de la chapelle funéraire
de Ramsès II. Khaï assis, enveloppé dans sa
longue robe, tient devant lui un petit naos renfermant
une image d'Osiris. Sur le pilier, prière à Ptah, à Osiris,
etc. (voir le numéro suivant).
195 — Calcaire — Haut. 1m, 10. Cat. Mar., N. 901;
Cat. Masp., p. 45.
Autre statue de Khaï, dont il est fait mention dans
l'inscription de la première.
Le naos du N. 195 renferme une image du dieu Rà.
196 — Granit gris — Haut. 2m, 65. — Tanis.
“Magnifique colosse, représentant un roi assis. Nous
n'hésitons pas à attribuer ce monument à la XIIe dynastie
tie malgré les cartouches de Ramsès II qui les couvrent.
L'usurpation est evidente sur les deux còtés du siège,
où les deux Nils, liant autour du caractère sam les tiges
symboliques de la Haute et de la Basse-Egypte, sont
d'une autre main et d'une main plus ancienne que les
cartouches du roi qui s'en approprie le monument”
(MARIETTE).
197 — Granit noir — Haut. 0m, 77. Cat. Masp., p. 425.
Karnak.
Charmante tête de Pharaon adolescent, que Mariette
attribuait à Menephtah.
“La comparaison avec d'autres monuments m'a
conduit à y reconnaître le portrait du Pharaon Horemheb.” (MASPERO).
198 — Calcaire — Haut. 0m, 80. Cat. Masp., p. 425.
— XVIIIe dynastie. — Karnak.
Superbe tête connue sous le nom de Tête de Taïa,
que Mariette lui a donné, bien que rien ne confirme
cette attribution (Cfr. le N. 191).
199 — Calcaire. — XIXe dynastie.
Groupe d'un homme et d'une femme assis sur le même
siège. On remarquera la robe plissée de la femme, et le
vêtement de l'homme, plissé surles còtés, uni par devant.
L'inscription gravée derrière le siège contient une
prière pour le défunt, officier d'archer, Nebheh, mâkherou
(voir N. 8), et pour la défunte, chanteuse d'Ammon,
Bakairti (ce dernier nom écrit moitié en hiéroglyphes,
moitié en écriture cursive hiératique). L'inscription est
composée d'une manière assez singulière; plusieurs
signes sont irrègulièrement tournès.
200 — Granit noir — Haut. 0m, 81. Cat. Mar., N. 795;
Cat. Masp., p. 63. — XVIIIe dynastie. — Abydos.
Naos. La cavité est remplie par l'image du grand
prêtre Phtah-Mes, qui porte les cartouches de Thoutmes
III, gravés sur l'épaule et la poitrine.
201 — Calcaire — Haut. 0m, 90. Cat. Masp., p. 425.
Karnak.
Un buste, fragment d'une statue royale très soignée,
du style de la XVIIIe dynastie.

Galerie est de la salle 26.

202 — Granit rose — Haut. 1m, 75. — Karnak
Statue de Thoutmès III, brisée par en bas.
203 — Calcaire blanc — Haut. 1m, 23. Mar., Abydos,
t. II, pl. 51; Cat. Masp., p. 53. — XIXe dynastie.
Hori est en adoration devant Anubis. Au premier registre,
c'est le roi Séti I, au temple duquel Hori était
attaché, qui fait offrande à Osiris et à Isis.
204 — Calcaire. — Haut 0m, 90, larg. 1m, 78. — XVIIIe dynastie. — El Hibeh, près de Feshn.
Bas-relief portant le prénom du roi Thoutmés I.
205 — CalcaireGournah, 1889.
Statue de scribe accroupi, lisant le rouleau qu'il tient
ouvert sur ses genoux. II porte l'encrier sur le dos.
Au nom de Amenhotep. Style du commencement de la
XVIIIe dynastie. Le nom d'Ammon a été martelé.
206 — Calcaire blanc — Haut. 2m, 35. Cat. Masp.,
p. 422.
Belle statue d'Aménophis II. Les yeux sont rapportés,
les détails du vêtement sont d'une finesse admirable.
207 — Calcaire — Haut. 1m, 30, larg. 0m, 50. — Don
de M. Wilbour.
“Cette stèle, découverte en 1882 à Hadji Qandil, est
un morceau unique ou peut s'en faut (voir N. 150).
Elle représente le roi Khounaton (Aménophis IV) en
adoration devant le disque solaire rayonnant. Khounaton,
monté sur le trône à la mort d'Amenhotpou III, s'inquiéta
du développement extraordinaire que les largesses
de ses prédécesseurs avaient donné au culte d'Ammon
et à la puissance des prètres de ce dieu. Le grand prêtre
d'Ammon thébain était le second personnage dans l'Etat

et devait ètre souvent tenté d'aspirer au premier rang.
Khounaton crut que le meilleur moyen de réagir contre
l'usurpation était d'imposer à l'Etat un nouveau dieu
et une nouvelle capitale. II prit pour divinité protectrice
le disque solaire, Aton, qu'on a confondu bien à tort
avec le dieu syrien Adonis, et qui n'est autre qu'une
des formes les plus anciennes d'un des plus anciens
dieux de l'Egypte, Rà d'Héliopolis. II lui construisit
une ville et un temple sur la rive droite du Nil, sur
l'emplacement des villages actuels de Tell-el-Amarna
et d'Hadji Qandil, et prit le nom de Khounaton, splendeur
du disque solaire
, au lieu de celui d'Amenhotpou
qu'il avait porté jusqu'alors. Les tombeaux et les ruines
montrent à quel degré de splendeur parvint la ville
nouvelle, pendant les quelques années que dura son
existence. Thèbes fut abandonnée, le dieu Ammon proscrit
et son nom effacé sur tous les monuments antérieurs;
un temple d'Aton s'éleva à Karnak, en face du sanctuaire
d'Ammon, à l'endroit oò se dressent aujourd'hni
les pylônes d'Harmhabi. Ce retour aux anciens cultes
solaires était trop factice pour que l'effet en persistàt
longtemps. Le culte d'Aton dura quelques années à
peine après la mort de son fondateur; Thèbes reprit le
dessus, et la ville de Tell-el-Amarna perdit Pimportance
qu'elle avait prise.” (MASPERO, Cat., p. 420–422).
208 et 209 — Granit rose — Haut. 2m, 25. Cat.
Masp., p. 74. — Abydos.
Parois latérales d'une porte enlevée autrefois du
temple d'Osiris à Abydos et abandonnée à Belianeh sur
la berge du fleuve. Apportées au musée en avril 1882.
Le roi Ramsès II, debout, fait offrande à l'emblème
d'Abydos.
210 — Granit gris. — XVIIIe dynastie. — Karnak.
Statue de la déesse à tête de lionne. Du temple de la
déesse Maut, à Karnak. Cartouche d'Aménophis III. —
Les voyageurs du siècle dernier ont vu en place plus
de cent cinquante de ces statues. Tous les musées en
possèdent de la mème provenance.
La déesse à tête de lionne s'appelle Sekhet; elle détruit
les ennemis du soleil et ceux du roi.
211 — Granit rose — Long. 0m, 74, larg. 0m, 50. Cat.
Mar., N. 97; Cat. Masp., p. 25. — XVIIIe dynastie.—
Karnak.
Table d'offrandes consacrée par le roi Thoutmès III
à son père Ammon-Rà, lors de la construction d'une
des salles du temple de Karnak. Le temple de Karnak est
appelé Rà-men-kheper-khou-mennou.
212 — Calcaire — Haut. 0m, 00. — XVIIIe dynastie.—
Karnak.
Fragment d'une statue accroupie, au nom du scribe
royal et architecte Aménophis, qui travailla pour
Aménophis III, constructeur du temple de Louxor,
des colosses de Memmon, etc.
213 — Granit noir — Haut. 1m, SO, larg. 0m, 75. Mar.,
pl. 11. — XVIIIe dynastie. — Karnak.
“Cette st—le renferme un poème composé pour célébrer
les victoires de Thoutmès III. Ce roi y est représenté
adorant le dieu (Ammon), qui lui répond:
“Je suis venu, je t'accorde d'écraser les princes de
la Phénicie du Nord; je les jette sous tes pieds à travers
leurs contrées; je leur fais voir ta Majesté, telle qu'un
seigneur de lumière, lorsque tu brilles sur leur tête
comme mon image.
“Je suis venu, je t'accorde d'écraser les barbares
d'Asie, d'emmener en captivité les chefs de la Syrie
Creuse; je leur fais voir ta Majesté couverte de ta
parure de guerre, quand tu saisis tes armes sur le char.
“Je suis venu, je t'accorde d'ecraser la terre d'Orient;
la Phénicie et Chypre sont sous la terreur; je leur fais
voir ta Majesté, etc.
“Je suis venu, je t'accorde d'écraser les peuples qui
résident dans leurs ports, et les còtes de la Cilicie tremblent
sous la terreur; je leur fais voir ta Majesté, etc.
“Je suis venu, je t'accorde d'écraser les peuples qui
résident dans leurs iles; ceux qui vivent au sein de la
mer sont sous tes rugissements; je leur fais voir ta
Majesté, etc.
“Je suis venu, je t'accorde d'écraser les Libyens;
les iles des Danaens sont au pouvoir de ta volonté; je
leur fais voir ta Majesté, etc.
“Je suis venu, je t'accorde d'écraser les contrées maritimes;
tout le pourtour de la grande zone des eaux
est lié à ton poing: je leur fais voir ta Majesté, etc.
“Je suis venu, je t'accorde d'éeraser les peuples qui
résident dans leurs lagunes, de lier les Bédouins,
maîtres des sables, en captivité; je leur fais voir ta
Majesté, etc.
“Je suis venu, je t'accorde d'ecraser les barbares de
Nubie; jusqu'aux peuples de Pit, tout est dans ta
main; je leur fais voir ta Majesté semblable à tes deux
frères Hor et Sit, dont j'ai réuni les bras pour assurer
ta puissance.”
“Cette partie du poème était devenue si célèbre
qu'on la copia sur d'autres monuments pour célébrer

les exploits de Séti I et de Ramsès III.” (MASPERO,
Cat., p. 72–74).
214 — Granit noir — Haut. 1m, 85. — Karnak.
Belle statue de Thoutmès III, assis. Le buste seul était
exposé à Boulaq. En classant, d'après la matière et le
travail, de nombreux fragments conservés dans les
magasins, nous avons pu faire compéter un certain
nombre de monuments déjà exposés. Une vingtaine de
fragments, rapportés en différentes années et tirés de
différent magasins, ont compléte à peu près la statue
de Thoutmès III; il ne manquait que les pieds qui ont
été refaits en ciment peint.
215 — Granit rose — Haut. 2m, 08, larg. 1m, 15. —
XVIIIe dynastie. — Gournah.
Belle stèle de Pu-m-rà, deuxième prophéte d'Ammon.

Galerie sud-est de la salle.

216 — Calcaire — Haut 1m, 98, larg, 0m, 97. Cat.
Mar., N. 72; Cal. Masp., p. 45. — XIXe dynastie.—
Saqqarah.
Stèle d'Anaouaa. Prière au soleil.
217 — Granit noir — Haut, 1m, 60, larg. 0m, 57. Mar.,
Mon. div., pl. 63 b. — XVIIIe dynastie. — Benha.
“Le serpent possédait, avec des influences funestes
dont on se gardait par divers amulettes, des vertus
protectrices qu'on essayait de tourner au profit de l'humanité.
Aujourd'hui encore, dans beaucoup de villes
égyptiennes, chaque maison a son serpent qui lui sert de

génie protecteur; dans l'antiquité, non seulement les
maisons, mais les temples, étaient sous la garde d'un
esprit familier de cette espèce. Le monument N. 217
représente le serpent protecteur du temple de Horkhontkhiti
dans la ville d'Athribis; il a été érigé par le roi
Amenhotpou III, dont il porte les cartouches.” (MASPERO,
Cat., p. 418–419).
Dans la cour comprise entre les galeries de la
salle 26, on peut signaler:
Deux tètes de colosses en granit rose (XVIIIe ou
XIXe dynastie), trouvées en 1887 et 1888 dans les
ruines du temple de Mitrahineh (Memphis); une
grande stèle (grès siliceux) du roi Khounaten
(voir Nos 150 et 207) usurpée par le roi Hor-mheb
(XVIIIe dynastie). Trouvée en 1883.
Un fragment (grès compact) d'un petit obélisque
au nom du roi Ramsès IV, acheté au Caire en
1887, et provenant probablement d'Héliopolis. Un
tambour de colonne en granit rose avec inscription
historique au nom de Ménéphtah, qui vainquit, en
l'an v de son règne, les Libyens coalisés avec les
peuples de la mer.

Galerie 27.

La galerie 27 contient une collection de stèles et
d'inscriptions de la XVIIIe à la XXe dynastie, provenant
pour la plupart des nécropoles d'Abydos
et de Saqqarah.
218 — Calcaire blanc — Haut. 1m, 28, long. 8m, 25.
Mar., Mon. div., pls. 57 et 58; Cat. Masp., p. 432. —
Saqqarrah, 1861.
Célèbre table de Saqqarah, provenant du tombeau
de Tounari, découverte à Saqqarah en 1861. Ce monument
offre une importance exceptionnelle. Tounari
énumère une longue suite de rois d'Egypte auxquels
il rend hommage. Ce sont des rois des Ire, IIe, IVe,
Ve, VIe, XIe, XIIe, XVIIIe, XIXe dynasties. (Tounari a
vécu sous la XIXe dynastie). Sa liste ne commence pas
par Ménès, comme celle du grand temple d'Abydos,
mais par Méribipen, quatrème roi de la Ire dynastie.
219 — Calcaire — Haut. 1m, 45. Cat. Mar., N. 1005. — XIXe dynastie. — Abydos.
“Stele ayant servi d'épitaphe dans le tombeau d'un
habitant d'Abydos. Celui-ci s'appelait Ounnefer. II
était premier prophète d'Osiris dans le temple principal
de cette ville. Sa Soeur Taîa, surnommée Neferarit,
occupait la charge de supérieure des recluses dans le
même temple. Ce monument est élevé à la mémoire
d'Ounnefer par ses deux frères Pirahotep et Minmès.
Le premier était nomarque, le second premier prophète
d'Osiris, comme le défunt lui-même.” (MARIETTE).
220 — Granit rose — Haut. 1m, 60, larg. 0m, 80, épais.
0m, 32. — Saqqarah.
Stèle gravée sur les quatre côtés au nom du préfet
comte Rahotep. Offrande à Osiris et à Hapi, à tête de
taureau (Apis).

Cour 28.

221 et 222 — Granit rose — Haut. 1m, 20, long.
2m, 50. Cat. Mar., N. 3; Cat. Masp., p. 24. — XVIIIe dynastie. — Karnak.
Deux sphinx portant les cartouches de Thoutmès III.
223 — Granit rose — Haut. 3m, 75. — XIIe dynastie.
Abydos.
Colosse au nom d'Ousortesen I.
224 — Granit rose — Haut. 2m, 92. — Aboukir.
Statue colossale usurpée par Ramsès II.
225 — Granit gris — Haut. 2m, 40. — Tanis.
Statue colossale usurpée par Ramsès II.
226 — Granit noir — Haut. 2m, 10, Cat. Mar., N. 1007;
Cat. Masp., p. 26. — Tanis..
“Roi assis, sans barbe, probablement de la XIIIe ou
de la XIVe dynastie. Ramsès II a usurpé cette statue et
y a fait graver son nom.” (MASPERO).
227 — Granit rose — Haut. 3m, 30, Cat. Mar., N. 1006.
— Fouilles de Mariette à Tanis.
Statue colossale, refaite de trois fragments, usurpée
par Ramsès II.

Galerie 29.

Bas-reliefs de la XVIIIe à la XXe dynastie.
228 et 229 — Calcaire — Diam. moy. 0m, 50. —
Saqqarah (Memphis).
“A còté des tombeaux de Tounari (voir N. 218)
de Phtah-mès et d'autres fonctionnaires memphites de
la XIXe dynastie, existent les ruines de l'édicule funéraire
d'un autre personnage du rang le plus élevé,
nommé Hor-em-heb. Une salle de cet édicule était
soutenue par huit petites colonnes unies, sur lesquelles
étaient comme attachés, à hauteur d'homme, de petits
tableaux rectangulaires. Ce sont quatre de ces tableaux,
sauvés de la destruction des colonnes, que nous offrons
ici au visiteur.
“Le tombeau de Hor-em-heb fait naître un problème
historique que nous ne savons pas encore résoudre.
Hor-em-heb a occupé évidemment les charges les plus
importantes. Aux titres vagues de noble chef, de
grand des grands, de supérieur des supérieurs, il
joint ceux de grand chef des soldats, de chef des
chefs des soldats du roi
, d'envoyé à la tête de ses
soldats vers le Nord et vers le Sud.
Le rôle militaire
d'Hor-em-heb ressort avec évidence de ce seul énoncé
de ses charges; mais ce qui rend subitement ce personnage
plus interessant encore, c'est que quelquefois il
apparaît sur les parois de son tombeau avec l'urœus sur
le front, comme s'il avait régne. Régna-t-il en effet?
Une révolution militaire porta-t-elle pour quelques

jours le général heureux sur un trône éphémère? Nul
ne saurait le dire encore.
“Aucune indication monumentale ne permet de préciser
la place qu'occupe Hor-em-heb dans l'histoire de
la XIXe dynastie. Le style des figures et des hiéroglyphes
n'est certes pas celui de Séti I et de Ramsès II.
Il est vraisemblable qui les quatre piliers dont nous
nous occupons sont du même temps et peut-ètre de la
même main que la belle stèle d'Anaoua, N. 216.” (MASPERO,
Cat., Nos 905–908).
230 — Grès rouge — Haut. 0m, 93, long. 1m, 20. —
Rec. du musée, t. I, pl. 17.
“Reste d'un bas-relief représentant le roi Aménophis
III devant le dieu Ptah. Nous avons tiré ce beau
fragment des ruines du temple de Mitrahineh, en
1888, non loin de la liste des nomes de Ramsès II.
“La table archaïque, N. 7, a été trouvée à vingt
mètres de là, enfouie très profondément. C'est donc la
XVIIIe dynastie, qui, sur l'emplacement du sanctuaire
de l'ancien empire, a rebâti le temple dont Ramsès II a
continué la décoration (voir Nos 185 et 186).” (GRÉBAUT).

Salle 30.

231 — Grès — Haut. 1m, 65. — Rec. du musée. t. I, pl. 1.
— XVIIIe dynastie. — Gournalr, 1887.
Statue peinte de Mut-Nefert. Le roi Thoutmès II
l'a fait sculpter pour cette reine, sa mère. Trouvée en

1887, au sud de Ramesseum, dans les ruines d'un petit
temple auquel nous avons donné le nom du prince Oudjmès,
qui parait y avoir été vénéré.
“La reine Mut Nefert (Cfr. MARIETTE, Karnak,
page 59) est assise, vêtue de la longue robe blanche, qui
moule ses formes; une grosse perruque couvre sa tète.
Les chairs sont peintes en jaune.
“L'ensemble est chaste, de bonnes proportions. La
mutilation du nez n'empêche pas de remarquer la douceur
du visage, éclairé par de grands yeux.
“Il n'est pas rare de rencontrer encore le même type
chez les jeunes filles de la plaine de Thèbes.
“Nous avons trouvé avec cette statue des fragments
de même matière prouvant l'existance de cinq ou six statues
semblables dans le temple d'Oudjmès.” (GRÉBAUT).
232 — Calcaire — Haut. 0m, 66, long. 0m, 65, larg.
0m, 44. — XVIIIe dynastie. — Fouilles exécutées sous la
direction de M. de Morgan, en 1892, à Mitrahineh
(Memphis).
Curieux coffret funéraire d'un personnage nommé
Tamat. Ce nom de Tamat signifiant en égyptien la
chatte
, c'est une chatte qu'on a représentée au lieu du
défunt devant les tables d'offrandes. Mention du prince
Thoutmès, directeur des prophètes des villes du midi et
du nord.
233 — CalcaireRec. du musée, t. I, pl. 2. —
Temple d'Oudjmès à Gournah, 1889.
“Très jolie stèle où le scribe Pa-schot, en adoration
devant le prince Oudjmès, dit adorer Ammon et Maut.
En haut de la stéle, l'oie d'Ammon et la chatte de
Maut.” (GRÉBAUT).
234 — Calcaire.Rec. du musée, t. I, pl. 2.
“Fragment d'une stèle qui était déposée dans le
temple d'Oudjmès. Thoutmès III rend hommage à son
père Thoutmès I, derrîère lequel se tient le prince Oudjmès
enfant. Oudjmès, qu'on croyait fils d'Ahmès, était
fils de Thoutmès I, sans doute fils ainé, mort très jeune.
“La perte d'une partie considérable de l'inscription
est des plus regrettables. Elle avait été gravée par le
père nourricier d'Oudjmès. II était question d'un règlement
intervenu dans la vieillesse du père nourricier,
après des querelles que la stèle racontait en détail. Le
style sort des formules banales.” (GRÉBAUT).
235 — Calcaire.Rec. du musée, t. I, pl. 6. —
XVIIIe dynastie.
“Pierre qui a fait partie des assises d'une muraille
détruite du temple d'Oudjmès. Mention du père nourricier
de ce prince; cartouche du roi.” (GRÉBAUT).
236 — Calcaire.Deïr-el-Bahari.
Fragment détaché d'une muraille de Deïr-el-Bahari
et dont on n'a pas retrouvé la place antique. La femme
de Pount qui est représentee offre des proportions extraordinaires
(voir le N. 237).
237 — Calcaire blanc — Haut 0m, 52, larg. 0m, 22. Cat.
Masp, p. 426. — XVIIIe dynastie. — Deïr-el-Bahari.
L'âne de la femme du chef de Pount (voir N. 236).
238 — Grès — Haut. 0m, 86, larg. 0m, 41. — XVIIIe dynastie.
Stèle portant les cartouches du roi Ahmès, vainqueur
des Pasteurs, et de la reine Aah-hotep.
239 — Calcaire.Rec. du musée, t. I, pl. 15. — XVIIIe dynastie. — Gournah, 1887.
Stèle.
“Registre supérieur: 1o A gauche, sont assis le roi
Amosis et la divine épouse d'Ammon, la royale épouse
Aahmes Nefer ta-Ari; 2o A droite, sont assis le roi
Aménophis I et la divine épouse d'Ammon, la royale
épouse Aahmes-Nefer-Ari. Est-ce la mème reine qui
assiste les deux rois, ou bien faut-il tenir compte de la
légère différence orthographique des deux noms, et
admettre deux reines distinctes? — Le graveur s'est
attaché a reproduire les traits d'Aménophis I et ceux
d'Amosis. Les reines ne se ressemblent pas.
“Registre infériour: 1o A droite, Houi, en prière,
invoque Amosis; 2o à gauche, Smen—taoui, en prière
invoque Aménophis. Il est possible que Houi et Smentaoui
soient deux noms d'un même personnage.”
(GRÉBAUT).
240 — Calcaire blanc — Haut. 0m, 58, larg. 0m, 44.
Mar. Abydos, t. III, p. 460, N. 122. — XXe dynastie. — A bydos.
“Au milieu de la stèle se dresse un obélisque dont le
sommet, arrondi comme celui de l'obélisque de Bégig,
est surmonté d'un gros épervier. A droite, Osiris, maitre
de Khenmerout, et Isis, sont debout; à gauche, deux

Horus coiffés de la double couronne. Sous ce registre de
dieux, on trouve deux personnages adorant le prêtre
Pameroupagon et Pnibmos, prêtre de Hor de Khenmerou.”
(MASPERO, Cat., p. 67 et 68).

Salle 31 (Époque saïte).

Centre de la salle.

241 — Granit — Long. 1m, 75, larg. 0m, 78,
haut. 0m, 75.
Cat. Masp., p. 25. — XXVIe dynastie.
La cavité de ce sarcophage n'a pu contenir que le
corps d'un enfant. Les inscriptions nomment le roi
Psamétik II.
L'existence de ce monument à Damanhour, dans la
maison d'un particulier, lui ayant été signalée par
Emile Brugsch bey, M. Maspero le fit apporter au
musée en juin 1883.
M. Maspéro pense qu'il provient de Sa-el-Hagar,
l'antique Saïs, où était la sépulture de Psamétik.
242 — Grès siliceux — Haut, 0m, 35, long, 0m, 51,
larg. 0m, 26.
Table d'offrandes, avec les cartouches d'Apriès.

Est de la salle.

243 — Granit rose — Haut. 0m, 52, long. 0m, 91, larg.
0m, 91. — XXVe dynastie. — Fouilles de M. Naville. — Tell-el-Yahoudi.
Socle portant les cartouches d'un prince Aoupout,
peut-être celui que la stèle de Piankhi (N. 160) a mentionné

sans lui donner le cartouche. Il se dit fils de Bast
comme Osorkon II.
244 — Granit à grain fin — Côté de la base 0m, 52.
Base de colonne.
245 — Granit noir — Haut. 1m, 25, larg. 1m, 10. — XXVIe dynastie. — Esneh, 1887.
Naos portant la bannière du roi éthiopien Shabaka.
Les cartouches sont martelés. Ce naos, dit M. Grèbaut,
provient d'un temple d'Esneh, plus ancien que le
temple actuel.
246 — Granit rose — Haut. 0m, 43, larg. 1m, 00. —
XXXe dynastie. — Bubaste.
Bas-relief portant les cartouches de Nectanébo I.

Sud de la salle, entre les deux fenêtres.

247 — Granit gris — Haut. 1m, 85, larg. 0m, 74.
Cuve ou autel en forme de cartouche. A droite et à
gauche deux autels à brûler l'encens (voir N. 32), en
basalte.

Ouest de la salle.

248 — Calcaire — Haut 0m, 70, larg. 0m, 75. — Découverte
de M. E. Brugsch bey. — XXVIe dynastie. —
Mendès.
Fragment de stèle au nom du roi Psamétik I.
249 — Granit noir — Haut. 0m, 90, larg. 0m, 64. — XXXe dynastie.
Naos, au nom du roi Nectanébo II.
Au-dessous, bas—relief avec le même nom.
250 — Granit noir — Haut. 1m, 32.—XXVe dynastie.
Statue décapitée avec les noms de Shabatoka et de
Taharqa
251 — Granit gris — Haul. 0m, 57. — XXVIe dynastie.
Statue décapitée. Les jambes pliées d'une manière
rarement reproduite par la sculpture égyptienne. Les
cartouches de Psamétik I sont gravés sur les bras. —
La statue est au nom d'un chef de la flotte SamtaouiTafnekht.

Nord-est de la salle.

Sur la paroi nord, fronton de naos provenant
de Samanhoud, avec les cartouches de Nectanébo
I (XXXe dynastie); une stèle avec le prénom
Khnoumabrâ du roi Amasis (XXVIe dynastie); une
autre, provenant du Qouft, avec le prénom Kheperkara
de Nectanébo II, etc.

Salle 32.

252 — Granit gris — Haut. 1m, 85, long. 2m, 10, larg.
1m, 86. Cat. Masp., p. 7. — XXXe dynastie. — Saft-el-Henneh,
près de Bubasle.
Restes d'une chapelle monolithe au nom du roi
Nectanébo II.
253 — Granit noir — Haut. 1m, 98, prof. 0m, 95, larg.
0m, 95. — XXXe dynastie.
Autre naos, au nom de roi Nectanébo I, de la XXXe dynastie. Ce monument a été trouvé au Caire, mais
provient sans doute de Bubaste, d'après la mention
de la déesse Bast et de Harchefi dans Bubaste, qui se
trouve dans les légendes.
254 — Calcaire blanc — Haut. 0m, 30, larg. 1m, 08
et 1m, 30. Mar., Mon. div., pl. 35 b. — XXVIe dynastie.
“Charmants bas-reliefs provenant d'un tombeau détruit
dès l'époque grecque, et découverts dans les ruines
d'une maison antique, à Memphis. Sur le plus grand,
le scribe Psamitik-Nofirsam, assis, surveille l'apport et
l'enregistrement des colliers d'or, destinés à sa parure
dans l'autre monde; sur le plus petit il reçoit le tribut
de ses domaines funéraires. C'est peut—être ce que l'art
saïte nous a laissé de plus délicat et de plus fin: la
facture est peut-être un peu molle, mais ce léger défaut
est racheté par une grâce et par une souplesse dignes
des mer veilleuses époques de la sculpture égyptienne.”
(MASPERO).
255 — Calcaire — Haut. 0m, 40, long. 1m, 40. — Héliopolis.
Bas-relief au nom du prince Patenefti.
256 — Grès — Haut. 0m, 43, long. 0m, 66. — XXVIe dynastie.
Karnak.
Bas-relief portant le cartouche de la reine Nitocris.
257 — Grès — Haut. 0m, 50, larg. 0m, 77. — XXVIe dynastie.
Karnak.
Corniche portant le cartouche de la reine Shapenap
et de sa mère Ameniritis.

Nord de la salle.

258 — Grès. — XXVIe dynastie. — Karnak.
Bas-reliefs au nom de Shapenap.

Ouest de la salle.

259 — Granit rose — Haut. 1m, 96.— XXXe dynastie.
Fragment d'obélisque au nom de Nectanébo I.
260 — Grès — XXVIe dynastie. — Karnak.
Autres bas-reliefs au nom de la reine Shapenap.

Salle 33.

Est de la salle.

Stèles de Saqqarah, Héliopolis, Abydos, Akhmim;
sphinx décapité avec le cartouche de Nectanébo
II.

Sud de la salle.

Autre série de stèles.
261 — Grès — Haut., 1m, 40, larg. 0m, 86, prof. 0m, 92.
— XXVIe dynastie. — Karnak.
Naos portant les cartouches de Psamétik, de Shapenap
et de Nitocris, dans lequel a été trouvée la statue
de Thoueris en basalte, exposée dans la salle des dieux.
Devant cet édicule, fragment de statuette en
schiste avec les cartouches de Psamétik II.

Ouest de la salle.

262 — Basalte — Haut. 0m, 05. — XXVIe dynastie. —
Saqqarah.
Statue d'Osiris dédiée par Hor-ar-ââ surnommé Rânefer-ab-nefer,
père nourricier de Psamétik II.
Puis une série de stèles; l'une d'elles d'un style
assez original, provient de Hasaïa.

Nord de la salle.

Petit naos; fragments de statues et de statuettes;
stèles; deux des stèles indiquent le temps que les
défunts ont passé sur la terre.
263 — Calcaire — Haut. 0m, 48, larg. 0m, 29.
Stèle de Panoferhâf, fils de la dame Tedasar, qui
vécut 57 ans, 10 mois et 4 jours.
264 — Calcaire — Haut. 0m, 49, larg. 0m, 30.
Stèle d'Ounnefer. Sa durée en vie, dit la légende,
années 51, mois 10, jours 17.

Salle 34.

Stéles nombreuses, la plupart provenant d'Abydos.
265 — Grès — Haut. 1m, 55, larg. 0m, 62, prof. 0m, 86. — XXXVIe dynastie. — Baqlieh.
Naos portant les cartouches du roi Apriès.
266 — Calcaire — Diam. 0m, 84. — Benha (Athribis).
Table d'offrandes ou autel circulaire.

Nord de la salle.

267 — Calcaire — Haut. 1m, 23, larg. 0m, 77.—Akhmim.
Curieuse stèle au nom de Hor, fils du prètre d'Isis,
Pamerhor, fils de Hor, fils de Hormes, fils de Hornakht,
fils de Pamerhor, fils de Pabasa, fils de
Parekhinou, fils de Hori, avec sa femme la chanteuse
d'Ammon, la dame Isitkheb, fille de Padoutisit, etc. …
le texte remonte jusqu'à la cinquième génération.
268 — Schiste — Haut. 0m, 98, long. 1m, 30.
Bœuf décapité avec un petit porteur d'offrandes.
En face, groupe semblable en calcaire, provenant
du Sérapéum.

Angle sud-ouest de la salle.

269 — Calcaire — Haut. 0m, 88, larg. 0m 37. — XXXe dynastie.
Fayoum.
Stèle au nom de Nectanébo I, représentant ce roi
faisant offrande au dieu Sebek.

Sud de la salle.

270 — Granit noir — Haut. 0m, 45, diam. 0m, 47. — XXVIe dynastie.
Vase au nom d'un prince Pa-du-sam-taui, surnommé
Râ-nefer-ab-neb-ken.
Fragments de statues, etc.

[Back to top]


87

MONUMENTS DES BASSES ÉPOQUES
(XXXIIe-XXXIVe DYNASTIES)
Salles 35 à 49

Salle 35.

271 — Granit gris — Haut. 2m, 83. — Dongola.
Fragment d'un obélisque élevé à Ammon de Napata,
qui réside à la montagne sainte, au nom du roi éthiopien
Atalnarsa.
272 — Granit gris — Haut. 1m, 60. larg, 0m, 61. —
Epoque romaine. — Méroé.
“Le dieu Ammon et une reine d'Éthiopie. Ce monument,
le seul du genre qu'il y ait jusqu'à présent dans
les musées d'antiquités égyptiennes, m'avait été signalé
en 1882 par M. Berghoff, qui fut, quelques mois plus
tard, pris et décapité par le Mahdi; il a été expédie au
Caire sur ma demande par Gigler pacha, et nous est
parvenu dans les premiers jours de 1883. II appartient
aux derniers temps de la civilisation égyptienne en
éthiopie, comme le prouvent la grossièreté du travail
et la barbarie du style.” (MASPERO, Cat., p. 8).

Sud-est de la salle.

273.
Parmi les nombreuses stèles exposées dans la salle 35,
on peut citer une belle stéle d'Akhmim en granit rouge
et noir à grain très fin.

Quest de la salle.

274.
Trois stèles, de Hassaïa, d'un style original, comme
celle que nous avons remarquée dans la salle 33 (ouest).
275.
Au-dessus des trois stéles N. 274, frise d'époque
ptolémaïque.

Nord de la salle.

276 — Calcaire — Haut. 1m, 52, larg. 2m, 90. — Benha
(Athribis).
Grand bas-relief à moitié détruit; quelques restes
d'inscription grecque.

Est de la salle.

277.
Stèles d'Akhmim; une stèle de Hassaïa, peinte et
dorée. — Nombreuses tables d'offrandes provenant
d'Akhmim, représentant la déesse Nout dans le perséa,
versant avec deux vases l'eau vivifiante du ciel, qui
doit faire renaitre le défunt. Parfois ni la déesse ni
le défunt ne sont figurés; on voit seulement les deux
vases versant leur eaux bienfaisante. — Quatre petites
pyramides, sommets d'obélisque remplaçant mystiquement
l'obélisque lui-même.

Salle 36.

Est de la salle.

278 — Granit gris — Haut. 1m, 28, larg. 0m, 98. —
Fouilles de M. Naville. — Epoque ptolémaïque. —
Tell-el-Maskhouta (Pithom).
Stéle de Pithom, ville construite par les Hébreux
sous l'oppression (Exode, I, II), et dont l'emplacement
à Tell-el-Maskhouta a été prouvé par les fouilles de
M. Naville.
279 — Calcaire — Haul. 0m, 78, larg 0m, 44.
Jolie stèle d'Akhmim.

Sud de la salle.

280 et 281 — Grès — Haut. moy. 0m, 45, larg. moy.
0m, 28. — Assouan.
Deux séries de trois petites stèles.
Au—dessous, deux tables d'offrandes provenant
également d'Assouan.
282 — Calcaire — Fouilles de M. Naville. — Tell-el-Maskhouta (Pithom).
Restes d'un pilier doré.
283 — Granit noir — Haut. 1m, 85, larg. 1m, 16. Mar.
Mon. div., pl. 14. — Epoque grecque. — Caire.
“Stèle découverte en 1870, dans les fondations d'une
petite chambre de la mosquée Cheïkhoun, au Caire, par
Mohammed effendi Kourchid, alors surveillant en chef
du musée.
“Elle date de l'an VII d'Alexandre II, fils d'Alexandre
le grand, et a été dédiée par Ptolémée, fils de
Lagos, qui ne prend encore que le titre de satrape
d'Egypte. Ptolémée était déjà fort puissant. Il avait
fait sa résidence de la fortresse du roi Alexandre I,
sur les bords de la mer Ionienne, dont le nom primitif
était Rakôti, et où il avait établi beaucoup de Grecs
avec leurs chevaux et beaucoup de galères avec leurs
soldats. S'étant rendu avec son armée au pays des
Syriens, pendant qu'ils lui livraient bataille, il se jeta
au milieu d'eux d'un cœur hardi, comme un vautour
au milieux de moineaux, il les prit en une seule fois
et en amena en Egypte leurs chefs, leurs chevaux, leurs
vaisseaux, toutes les richesses. — Au retour d'une
campagne heureuse en Marmarique, comme il fêtait sa
victoire et cherchait ce qui pouvait être agréable
aux dieux d'Egypte, un de ses conseillers lui suggéra
de restituer au temple de Bouto les biens que le roi
Kabbash avait donnés aux dieux de cette ville, lors de
sa révolte contre Xerxès I, roi de Perse, et que les
Persans leur avaient enlevés après la victoire. Ptolémée
y consentit; la stèle se termine par des imprécations
contre quiconque essaiera de renouveler la spoliation.”
(MASPERO, Cat., p. 55–56).
284 — Calcaire — Haut. 1m, 47, larg. 0m, 78, épais.
0m, 36. — Epoque ptolémaïque. — Découverte d'Emile
Brugsch bey. — Mendés.
Stèle du bélier de Mendès, avec le nom de Ptolémée
II. C'est la découverte de ce monument qui a fixé
l'emplacement de l'ancienne cité égyptienne.
Puis un certain nombre d'autres stèles de
moindre importance.

Salle 37.

Cette salle est consacrée aux monuments portant
des inscriptions démotiques, c'est-à-dire en écriture
cursive de basse époque: stèles, tables d'offrandes et
cercueils pour momies d'animaux (Nos 285 et 286).
Les statues en granit avec hiérogly phes au dos
datent des derniers Ptolémées et des premiers empereurs
romains.

Salle 38.

Stèles et bas-reliefs égyptiens de la dernière
époque païenne. Quelques-uns sont du IIIe siècle
de notre ère.

Salle 39.

Stèles grecques et romaines. parmi lesquelles
on peut signaler les stèles du Fayoum, avec le
crocodile, emblême du dieu local Sebek
287 — Calcaire — Haut. 0m, 49, larg. 0m, 56.
Scène sculptée et peinte, rappelant un peu les œuvres
des écoles de Ravenne et de Byzance. Elle paraît représenter
un empereur entouré de ses officiers.
288 — Calcaire — Haut. 0m, 22, larg. 0m, 35.
Epitaphe en vers grecs.

Salle 40.

289 — Marbre blanc — Haut. 0m, 40. — A lexandrie.
Stèle funéraire d'un assez joli style. Une femme est
assise affligée; un enfant lui présente une lyre.
290 — Calcaire blanc — Haut. 2m, 22, larg. 0m, 78,
épais. 0m, 40. — Époque ptolémaïque. — Tanis.
“Stèle brisée par le milieu. Elle porte un décret
rendu dans la ville de Canope en l'honneur de Ptolémée
Evergète I, par les prètres rassemblés dans cette ville,
pour célébrer l'anniversaire de la naissance du roi et de
son couronnement. Ce culte du roi et de la reine Bérénice
est consacré par des fètes annuelles et par des fondations
pieuses, afin de perpétuer à jamais le souvenir
de leurs bienfaits, et l'assemblée décide que des copies
du décret seront déposées dans tous les temples importants
de l'Egypte, en hiéroglyphes, en démotique et en
grec.
“Les ruines nous ont rendu jusqu'à présent trois
exemplaires de ce décret. Le plus anciennement connu
previent du Caire, où il servait de seuil à la mosquée
de l'émir Kour; il avait été transporté soit de Memphis,
soit d'Héliopolis, et se trouve aujourd'hui au musée
du Louvre (C. 122). Le second a été à Tanis en 1866, et
signalé par M. Gambard au Dr Lepsius, puis à MM. Reinisch
et Rœssler, qui publièrent aussitòt la partie hiéroglyphique
et grecque; le texte démotique, gravé sur
la tranche de gauche, ne devint visible qu'au moment
où le monument fut transporté à Boulaq. Le troisième

exemplaire a été découvert à Kom-el-Hisn, à l'occident
du Delta, en 1881, et porte au musée le N. 290 bis.
(MASPERO, Cat., p. 353).
290 bisCalcaire compact — Haut. 2m, 03, larg.
1m, 90. — Epoque ptolémaïque. — Kom-el-Hisn.
“Autre exemplaire du décret précédent, mais d'une
exécution plus soignée. II porte de plus que l'exemplaire
de Tanis, un tableau où la famille royale est représentée
en adoration devant les dieux de l'Égypte. Le texte
démotique est inséré à sa place entre le texte hiéroglyphique
et la version grecque.” (MASPERO, Cat., p. 354).
On sait que la découverte du déchiffrement des hiéroglyphes
par Champollion est due à cet usage ptolémaïque
de publier le texte de certains décrets à la fois en égyptien
et en grec. Sachant que dans le texte égyptien
les enroulements appelés cartouches contenaient des
noms royaux, connus par le texte grec, il a suffit d'analiser
rigoureusement les groupes de signes contenus
dans ces cartouches pour reconstituer peu à peu l'alphabet
hiéroglyphique.
Champollion a opéré le déchiffrement sur la pierre
de Rosette, qui, trouvée en 1799 par un officier français,
est aujourd'hui au British Museum. On pourrait
faire une application de sa méthode sur les stèles 290 et
290 bis; dans tous les cas, ces monuments servent à prouver
combien est fondée la prétention qu'ont les égyptologues
de lire exactement les textes hiéroglyphiques.
291 — Marbre — Haut. 0m, 31.
Tête de guerrier gaulois ou germain.
292 — Grès rougeâtre — Haut. 1m, 40. larg. 0m, 66,
épais. 0m, 34. — Don de M. Sabatier, ancien consul
général de France en Egypte. — Benha (Athribis).
“Bloc provenant d'un naos, dont la frise portait les
cartouches de Psamétik I et de Shabaka, alternés
(XXVIe dynastie). Il fut employé dans la construction
d'un portique à quatre entrées, et porte une longue
dédicace grecque au nom des empereurs Valentinien,
Valens et Gratien. Elle nous donne le nom de l'architecte
Flavius Cyrus et celui du préfet d'Egypte, Aelius
Palladius.” (MASPERO, Cat., p. 381).
293 — Granit rouge — Haut. 1m, 30, larg. 0m, 91.
épais. 0m, 71. Cat. Mar., N. 1017; Cat. Masp., p. 382.—Époque
romaine. — Cheikh Abadeh (Antinoé).
Base quadrangulaire, portant une dédicace à Antinoüs
l'Illustre par un gouverneur de la Thébaïde.
294 — Granit — Haut. 0m, 86.— Époque gréco-romaine.
Alexandrie.
“Statue découverte en 1881 au pied du Kom-el-Damas.
La tète maigre est un beau morceau, d'un
travail un peu sec; le corps est assez gauchement
taillé et hors de proportion avec la tète; les pieds
manquent. Une longue inscription hiéroglyphique,
gravée dans le dos, nous force à reconnaitre que ce personnage
d'apparence exotique est un scribe égyptien
nommé Hor, Cette statue est l'œuvre d'un sculpteur
égyptien qui a subi fortement l'influence grecque.”
(MASPERO, Cat., p. 382).
295 — Marbre blanc — Haut. 1m, 40 environ.
“Pièce unique, provenant du Sérapéum. Elle représent
une sirène jouant de la lyre. Les pattes d'oiseau
ont été refaites en partie.” (MASPERO, Cat., p. 382).
296 et 296 bisCalcaire.Mitrahineh.
Séries de monuments du culte asiatique de Mithra.
Ces monuments forme un groupe à part, entre les
œuvres égyptiennes et les œuvres gréco-romaines.
297 — Granit gris — Diam. 1m, 30. — Eléphantine.
Grand bassin.
298 — Prophyre rouge — Haut. 2m, 66. — Epoque
romaine.—Don de M. le comte Zogheb.—Alexandrie.
Statue colossale décapitée. Style romain ou plutôt
byzantin. Ce qui fait l'importance de ce monument,
c'est surtout la valeur du bloc de porphyre dans lequel
il a été taillé.
299 — Marble blanc — Haut. 0m, 65, larg. 0m, 64. —
Epoque ptolémaïque. — Mitrahineh.
“Reste d'une liste de citoyens de Memphis qui
avaient élevé dans le temple de Ptah un monument en
l'honneur d'un haut personnage.” (MASPERO, Cat.,
p. 359–360).
300 — Marbre blanc — Haut. 0m, 69, larg. 1m, 35. —
Époque romaine — A boukir.
Personnage à demi couché, se soulevant un peu sur
le coude. Le front est chauve, la barbe courte et rare.
Portrait assez vivant.
301 — Granit rose — Haut. 0m, 93, larg. 0m, 52, épais.
0m, 46. — Ptolémaïs.
Autel d'un travail assez intéressant, surtout dans la
partie supérieure, qu'on peut comparer aux autres
monuments de Ptolémaïs (Nos 304 et 307).
302 — Prophyre rouge — Haut. totale 0m, 65. —
Benha-el-A ssal (Athribis).
“Buste représentant un empereur romain, probablement
Maximien-Hercule (304–310 après J.-C.). Le
monument a tous les caractères de l'époque et ne se
recommande que par sa parfaite conservation.”
(MARIETTE).
303 — Marbre blane — Haut. 1m, 80. — Epoque romaine.
Tell-Mokhdam.
“Statue de dame romaine, probablement la femme
d'un haut fonctionnaire impérial. Travail soigné, mais
see et sans ampleur.” (MASPERO, Cat., p. 382).
304 — Granit noir — Haut. avec le socle 2m, 20,
larg. 0m, 73. — Epoque romaine. — Ptolémaïs.
Stèle au nom de l'empereur Trajan. Dédicace d'un
temple élevé par la ville de Ptolémaïs à Esculape et à
Hygie. Péan en l'honneur d'Esculape (Cfr. J. Baillet,
la stèle de Menschieh, Revue archeologique, 1889).
305 — Calcaire — Haut. 1m, 25, larg. 0m, 56. — Dimeh
(Fayoum).
Naos avec dédicace de Trajan.
306 — Marbre blanc — Haut. tot. 0m, 95. — MitFarès (Crocodilopolis).
“On peut regarder cette tête comme un des morceaux
de sculpture grecque les plus préciux que l'on
ait encore trouvés en Egypte. Elle représente un dieu
barbu, dans une attitude calme et imposante. L'état de
la chevelure et les mèches qui tombent du front jusque
sur les sourcils indiquent que le monument était l'image
de quelque fleuve, probablement le Nil. Dans l'antiquité
mème, on a abattu ces mèches de manière à dénuder le
front, et, dans l'état où elle est aujourd'hui, notre tète
ferait croire qu'on a sous les yeux une copie du Jupiter
Olympien de Phidias.” (MARIETTE).
307 — Marbre blanc — Haut. 1m, 05, larg. 0m, 50.
Autre stèle de Ptolémaïs; même style que l'autel 301
et la stèle 304.
308 — Granit rose — Haut. 2m, 80. — Epoque ptolémaïque. — Karnak.
“Colosse représentant un roi macédonien, peut-ètre
Alexandre II, La pose est celle des colosses égyptiens,
mais l'agencement de la coiffure et le rendu des traits
du visage sont grecs. L'ensemble est mou et sans vigueur
et ne supporte nullement la comparaison avec les belles
œuvres des dynasties thébaines.” (MASPERO, Cat.,
p. 380–381).
309 — Granit — Haul. 2m, 30. — Epoque ptolémaïque
ou romaine.
“Statue représentant un personnage attaché au culte
des dieux de Tanis.” (MASPERO, Cat., p. 430).
310 — Calcaire — Haut. 2m, 83, larg. 2m, 20.—Epoque
romaine. — Louxor.
Bas-relief représentant Isis et Sérapis; tra vail barbare;
la tète et le corps sont représentés de face, les
pieds sont tournés de profil. Sérapis égorge une gazelle,
symbole de l'impureté.

Salles 41 et 42
(L'art copte ou l'art chrétien d'Égypte).

Ces salles nous montrent les œuvres d'un nouvel
art égyptien, produit d'une religion nouvelle.
“Le christiaisme triomphant ne tarda pas à remplacer
les scènes funéraires qui couvraient les stèles païennes
par des représentations plus analogues aux idées qu'il
se faisait sur la vie présente et la vie future. Un porche
d'église, arrondi ou surmonté d'un fronton triangulaire,
se substitua au naos des divinités égyptiennes. Sous le
porche on grava, soit l'image du défunt ou d'un saint,
soit une croix, soit une décoration mystique, une rosace,
une série d'ornements géométriques.” (MASPERO, Cat.,
p. 365).
Dans cet art nouveau, les figures sont généralement
d'un travail barbare, digne de l'art qui a
produit le N. 310; mais les ornements, colombes,
croix de diverses formes, les feuillures, surtout,
sont d'un style intéressant et souvent fort gracieux.

Nous passerons rapidement en revue les
stèle, niches, bas-reliefs, frises et chapiteaux qui
garnissent les salles 41 et 42; on pourra, pour les
détails, se reporter aux travaux que M. Gayet
consacre aux développements de l'art copte et à son
influence sur les époques suivantes. Nous nous
contenterons d'indiquer particuliérement:
Dans la salle 41:
311 — Calcaire — Haut. 0m, 56, côlé 0m, 72. — Ahnas
(Héracléopolis).
Chapiteau.
312 — Calcaire — Haut. 0m, 80, côté 1m, 05.
Chapiteau ayant été creusé pour servir de baptistère.
Dans la salle 42:
313 — Marbre — Haut. 1m, larg. 1m.
Stèle cintrée, avec une inscription en langue copte,
c'est-à-dire en langue égyptienne écrite avec l'alphabet
gree augmenté de quelques nouveaux signes.
314 — Terre cuite peinte — Haut. 0m, 68, larg. 1m, 58.
Deux colonnes d'écriture copte, à droite et à gauche
d'une rosace. Comme dans presque tous ces monuments,
on y invoque le Père, le Fils et le Saint-Esprit,
les prophètes et les patriarches, etc., en faveur du
défunt. Un grand nombre d'épitaphes de ce genre ont
été publiées par M. Bouriant (Recueil de travauxrelatifs

à la philologie et à l'archéologie égyptiennes
et assyriennes).
Da la salle 42, le visiteur revient par la salle 41
jusqu'a l'escalier de la salle 40, qui le conduit aux
galeries de la salle 43. Dans cette salle et les six
suivantes nous trouverons la continuation des
monuments de l'époque gréco-romaine, et de la
civilisation copte; nous achèverons tout de suite
cette série, commencée au rez-de-chaussée (salles
37–42), et nous terminerons par les souvenirs plus
ancens et plus précieux de l'Egypte pharaonique.

Salle 43.

ARMOIRE A.

Terres cuites de basse époque, provenant principalement
du Fayoum. La plupart représentent
des Harpocrate ou Horus enfant, très éloignés de
l'ancien type égyptien. On ne les reconnait guère
qu'à la tresse pendante et au doigt enfoncé dans la
bouche. Ils sont tantôt assis sur des oies ou sur des
chevaux, tantôt debout et appuyés contre un socle,
tantôt tenant une amphore sous le bras. Par exception,
une de ces statuettes (côté gauche, troisième
rangée, N. 315) porte une inscription hiéroglyphique.


ARMOIRE B.

Terres cuites, statuettes, masques et figures grotesques,
notamment les images du dieu Bès (côté
gauche, rangées inférieures); jolie statuette de
Faune (316, côté gauche, quatrième rangée); statuettes
d'Astarté; séries de têtes féminines diversement
coiffées; petits monuments du culte d'Isis et
de Sérapis. Du côté droit, plusieurs séries d'animaux;
les plus intéressants sont les chameaux et
les éléphants 317 et 317 bis).

ARMOIRE C.

Moules pour fabriquer des têtes de Bès, etc.;
collection de lampes en terre cuite, quelques-unes
assez remarquables, le N. 318 (côté gauche, troisième
rangée) très délicatement orné; le N. 319
(côté gauche, quatrième rangée), sous la forme
d'un buste de déesse dont le support se creusait
pour recevoir la lampe.
D'autres simulent de petit édifices, des barques,
de têtes, ou des masques, etc. Plusieurs sont percés
d'un grand nombre de trous (voir les Nos 320
et 321, à la troisième rangée).

VITRINE D.

Nombreuses pièces de verrerie, de formes variées
(Nos 322, 323, 324, 325, 326, 327, 328, 329).

Sous le N. 330, une tête finement gravée sur un
morceau de verre.

VITRINE E.

Nombreuses terres cuites; Vénus écartant ses
cheveux, N. 331 (côté droit, 3me rangée); Isis et
Horus, N. 332; série de petites figures avec des
restes de peinture; une des meilleures est sous le
N. 333. A la rangée inférieure (côté droit), série
de petits vases, grappes de raisins et fruits en
forme de cœur.

Salle 44.

ARMOIRES A ET B.

Momies de basse époque, provenant d'Akhmim.
Si l'embaumement est moins soigné qu'à l'époque
pharaonique, l'équipement extérieur de la momie
est beaucoup plus complet depuis l'époque grecque;
masque doré, armure de cartonnages peints
où domine la couleur rose, bandelettes croisées,
habillent le cadavre et dissimulent l'apparence de
la mort.
Au-dessus des armoires, vases funéraires grecs
provenant des tombeaux d'Alexandrie.

ARMOIRE C.

Momies de basse époque provenant du Fayoum;
cartonnages dorés et bandelettes.
A droite, momies d'enfants. Sur deux d'entre
elles, le masque doré est remplacé par le portrait
du défunt mis à la place du visage.
334.
Momie avec portrait peint sur toile.
335.
Momie avec portrait peint sur bois.

ARMOIRE D.

Terres cuites, anses d'amphore et cachets; provenances
diverses.
336 — Calcaire — Haut. 0m, 60. — Achat. — Provenance
inconnue.
Statuette de Vénus; la partie inférieure est restaurée.

ARMOIRE E.

Pièces de verrerie, anses et pieds de coffrets en
bronze, vases en bronze et statuettes.

ARMOIRE F.

Momies à portraits (voir N. 334) provenant du
Fayoum. Le N. 337 est un bel échantillon des
momies de ce genre, qui sont du IIe siècle de notre
ère.

ARMOIRE G.

Belles lampes en bronze (338 et 339), candélabres
et trépieds (340, 341, 342, 343), grande plaque en
plomb provenant d'un cercueil (344).

ARMOIRES H ET I.

Masques de momies; les uns complètement dorés;
les autres sont blancs et roses, avec des couronnes
de fleurs; on peut remarquer deux masques d'enfant,
au centre de l'armoire H. Les masques
suspendus le long des parois proviennent du
Fayoum; les autres posés sur les tablettes des
armoires ont été trouvés à Meïr.

ARMOIRE J.

345 — Bois et stuc, — Epoque ptolémaïque. — Sé-rapèum.
Frontons triangulaires en bois, tirés des pignons qui
fermaient par-devant et par-derrière le toit pointu du
sarcophage 394 (salle 45). Sur ces frontons, des bas-reliefs
en stuc peint représentent des sirènes aux ailes et
aux pieds d'oiseau. Auprès de ces bas-reliefs, petits
médaillons ou antéfixes à tète de Méduse. Ces pièces
ornaient les montants du sarcophage.
346 et 347 — Bois — Haut. 0m, 148, larg. 0m, 29.
Epoque romaine. — Saqqarah.
“Ces tablettes appartenaient à un écolier de l'époque
romaine. Elles portent encore sept vers de style homérique

remplis de fautes, avec une correction à la marge
du quatrième vers.” (MASPERO, Cat., p. 391).
348 — Bronze. — Epoque romaine. — Coptos.
Ces deux plaques, découvertes en 1881, sont les deux
feuilles d'un diplôme militaire délivré pendant le règne
de Domitien, et donnant à un soldat un congé honorable
(après 25 ans de services) avec les privilèges y attachés.
349 — Parchemin.Gebelein.
Parchemin d'un roi Blemmye. Les Blemmyes, belliqueuse
peuplade nubienne, désolèrent la Haute-Égypte
par leurs incursions dans les premiers siècles de l'ère
chrétienne. Ils réussirent même à en occuper momentanément quelques provinces, et s'établirent notamment
dans l'ile de Philæ.
Le haut de l'armoire est garni de plaquettes en
bois portant le nom, écrit en grec, des personnages
au cou de la momie desquels ils étaient attachés.
Par exception le N. 350 est en terre émaillée. Époque
romaine.
351 (Vitrine) — Calcaire — Haut. 0, 35. — Mitrahineh.
Fragment de statuette représentant Alexandre (?) en
Hercule.

ARMOIRE K.

Momies provenant de Fayoum (252) et de Gebelein
(353). On peut signaler le cercueil en roseaux
de la petite momie.

ARMOIRE L.
Momies et cartonnages provenant d'Akhmim.

354 (Vitrine) — Long. 1m, 60. — Fayoum.
Jolie momie avec ses bandelettes et ses guirlandes de
fleurs.
355 — Long. 1m, 50.
Autre momie du Fayoum; on lit sur les bandelettes
le nom Artemidora.
356 — Plomb — Long. 1m, 85. — Acheté à Alexandrie.
Cercueil d'époque romaine. On en a découvert beaucoup
de ce genre à Sidon en Phénicie.
357 — Long. 1m, 72.
Momie à portrait peint sur bois.
358 — Long. 1m, 56. — Fayoum.
Momie dans son cercueil, avec ses guirlandes de
fleurs. Masque doré, bandelettes.
359 (Vitrine) — Haut. 0m, 77.
Très riche masque doré, provenant de Meïr, incrustations
en émail; scènes mythologiques en or. Dans la
même vitrine, joli masque d'enfant.
360.Fayoum.
Momie avec portrait peint sur bois. Le cartonnage
est tout rose, avec dorures représentant: 1o Le mort

sur le lit funèbre; auprès de lui, Anubis, Isis et Nephthys;
2o Thot ou Hermès, principe conservateur, et
Horus, principe rénovateur, préparant la renaissance
du défunt; l'encens brûle sur deux autels en forme de
chandeliers, devant la colonne, emblème de stabilité,
et la double plume d'autruche, emblème de réalisation
ou de création (voir N. 32); la stabilité sera, en effet,
maintenue dans la nature par la création d'une vie
nouvelle, en remplacement de celle qui vient de s'éteindre;
3o le mort se soulève de son lit pour ressusciter ou
renaître; 4o l'àme ou le principe vital qui habitait le
corps du défunt s'envole glorieux pour aller animer
une nouvelle existence.
361 — Larg. 1m, 80. — Fayoum.
Momie cousue dans une gaine de toile. Portrait
peint sur bois.
Les vitrines M et N contiennent les monnaies
et médailles; on trouve dans la vitrine M les
monnaies greques, les monnaies byzantines du
Bas-empire, les monnaies des nomes et une série
de pièces de l'epoque romaine. La vitrine N est
entièrement consacrée aux monnaies et médailles
de l'empire romain. Le classement de ces monnaies
est dû aux soins de M. Dutilh.

Salle 45

ARMOIRE A.

A la rangée inférieure, collection d'antéfixes en
terres cuite, notamment le N. 362, en terre cuite,
peinte; c'est une tête chypriote ou grecque de
style archaïque; elle provient de Daphné, et doit
avoir appartenu aux mercenaires grecs des rois
saïtes (Cfr. le N. 376).
363 — Granit noir — Haut. 0m, 34, larg. 0m, 26. —
Epoque romaine. — Coptos.
“Les deux plaques inscrites sous ce numéro ont été
découvertes à Coptos, en mars 1833, encastrées comme
matériaux de construction dans le mur d'un édifice situé
sur le Forum de la ville antique. Elles ont été publiées
par E. Desjardins (Comptes rendus de l'Académie des
Inscriptions et Belles Lettres
, 1883, p. 217) et par
Th. Mommsem (Additamenta tertia ad Corporis.. …
vol. III, p. 5–16). C'est tout ce qui reste d'une longue
inscription qui convrait au moins six plaques, et avait
été éleyée dans le temple de Coptos par des soldats
romains chargés de réparer les postes de la route qui
conduisaient de Coptos à la mer Rouge. … Ce travail
fut exécuté pendant les premières années du règne
d'Auguste en Egypte.” (MASPERO, Cat., p. 412–413).
Sur la seconde tablette, bouteilles en terre cuite
(Nos 364 et 365), poignée d'épée romaine en bronze

(366), hache en bronze à double tranchant (367);
têtes de statuettes en terre cuite et en marbre.
368 — Alhâtre — Haut. 0m, 11. — Époque saïte. —
Environs de Saïs.
“Figurine de style grec archaïque ou chypriote,
provenant des premiers colons de race hellénique établis
en Égypte avant la conquête macédonienne.”
(MASPERO, Cat., p. 403).
369 — Terre cuite — Haut. 0m, 15, long. 0m.38. —
Alexandrie.
“Bas-relief représentant une déesse à demi couchée;
le bras droit est appuyé contre un cygne; elle brandit
un arc de la main gauche; un amour agenouillé à ses
pieds, saisit par les ailes un papillon placé à terre.”
(MASPERO, Cat., p. 401).
La troisième tablette, vases et figurines; deux
petites lampes; l'une en terre cuite (370) représente
une tète de faune; l'autre un lion couché.
371 — Terre cuite — Haut. 0m, 19, long. 0m, 245. —
Alexandrie.
“Bas-relief de style archaïque, paraissant représenter
une scène de l'Orestie. Electre assise, pleure au pied du
cippe funéraire d'Agamemmon. Oreste, qui vient d'arriver,
se penche vers elle pour la consoler, tandis que son
compagnon tient les chevaux.” (MASPERO, Cat., p. 401).
372 — Terre cuite — Haut. 0m, 18, long. 0m, 37. —
Alexandrie.
Bacchus, à demi supporté par un de ses compagnons,
arrive sur un char traîné par deux centaures qui jouent
du cor et de la lyre; il se prépare à descendre pour accueillir
l'hommage de trois personnages qui lui offrent
un sacrifice. C'est, de cette série de bas-reliefs, celui
où les traces de couleur sont le plus visibles.
373 — Terre cuite — Haut. 0m, 17, long. 0m, 32. —
Époque ptotémaïque — Alexandrie.
“Mercure, reconnaissable à son caducée, à son chapeau
et ses sandales ailées, amène le bélier Phryxos à
Jupiter, à Junon et à Neptune; le paon de la déesse et
l'aigle semblent disposés à faire un mauvais accueil à la
pauvre bête.” (MASPERO, Cat., p. 394).
374 — Terre cuite — Haut. et larg. 0m, 32. — Époque
grecque. — Alexandrie.
“Un homme en costume civil s'adresse à un jeune
soldat sans armure, le sein gauche découvert, qui tient
une personne (?) de la main gauche, une lance de la main
droite. Derrière l'orateur autre guerrier, casqué et
revêtu de l'armure complète. Dans le fond deux jeunes
femmes. Il faut peut-être reconnaitre dans ce bas-relief
Achile à Scyros.” (MASPERO, Cat., p. 399–400).
375 — Terre émaillée — Haut. 0m, 103. — Époque
grecque.
“Petit vase richement décoré de feuillage. Une
bande de coureurs forme frise autour de la panse. Ornements

et figures s'enlèvent en émail jaunâtre sur un
fond pers.” (MASPERO, Cat., p. 396).
Sur la tablette supérieure, vases et figurines en
terre cuite; petit chapiteau en terre émaillée; antéfixe
en terre cuite peinte (N. 376; haut. 0m, 25,
larg. 0m, 30), de mème provenance et de même
date que le N. 362.
377 — Terre cuite — Haut. 0m, 20, larg. 0m, 16. —
Époque ptolémaïque. — Alexandrie.
“Ce médaillon en terre cuite décorée parait représenter
une reine de la famille des Ptolémées avec la
coiffure de Junon.” (MASPERO, Cat., p. 396).
378 — Terre cuite — Haut. 0m, 17, larg. 0m, 21. —
Alexandrie.
Personnage paraissant faire la voltige sur un cheval.
379 — Terre cuite — Haut. 0m, 17, larg. 0m, 112. —
Alexandrie.
Berger assis.
380 — Terre cuite — Haut. 0m, 245, long. 0m, 019.
Personnage assis auprés d'une stèle dans une attitude
affligée.

ARMOIRE B.

Vases, figurines, fragments de statuettes. On
peut citer:
391 — Calcaire peint — Haut. 0m, 35, larg. 0, 26. —
Époque ptolémaïque. — Saqqarah.
“Charmante stèle en forme de naos. Le fronton
triangulaire est soutenu par deux figurines de femmes
nues, coiffées à l'égyptienne; dans le champ, un bœuf
Apis devant un autel et une inscription grecque en cinq
lignes, tracées rapidement à l'encre. C'est l'ex voto
d'un devin qui interprétait les songes prophétiques aux
dévots.” (MASPERO, Cat., p. 385).
382 — Morceaux de verre émaillés ou dorés.Alexandrie.
Fragments de mosaïque.
383 — Marbre blanc.
Fragment d'une statue de Vénus.
384 — Granit noir — Haut. 1m, — Ptolémaïs.
Serpent du temple d'Esculape à Ptolémaïs (Cfr. Nos 301, 304, 307). La tête a été ajoutée.

ARMOIRE C.

Collection de poteries grecques.

ARMOIRE D.

Terres cuites alexandrines.

ARMOIRE E.

Ivoires et panneaux de bois plaqués d'ivoires,
débris de coffrets d'époque romaine.
Dans la vitrine placée entre l'armoire E et
l'armoire F, pierres gravées, cachets gnostiques,
médaillons.

ARMOIRE F.

Statuettes alexandrines; la plupart rappellent
le style de Tanagra. Une des plus intéressantes
(N. 385; terre cuite peinte; haut. 0m, 08, longueur
0m, 11; époque ptolémaïque; Alexandrie)
représente un faune.
“L'artiste a représenté un épisode ordinaire des fêtes
de Bacchus. Le faune, en voulant danser, selon l'usage,
sur une peau de bouc huilée et gonflée, est tombé à
terre et serre dans ses bras le col de l'outre; son vêtement,
soulevé par la chute, s'enfle derrière lui et n'a
pas encore eu le temps de s'affaisser.” (MASPERO,
Cat., p. 406–407).

ARMOIRE G.

Vases et statuettes. On peut citer:
386 — Terre émaillée bleue — Haut 0m, 21, diam.
0m, 20. — Epoque ptolemaïque. — Saqqarah.
“Superbe vase dont le col et le pied sont ornés de
guirlandes de fleurs d'olivier en relief. Une moitié
seule est de travail antique; le reste a été refait au
musée.” (MASPERO, Cat., p. 385–386).
387 — Marbre blanc — Haut. 0m, 60. — Epoque ptolémaïque. — Saqqarah.
“Une Isis debout, vêtue de la tunique longue. De
la main gauche elle relève les plis de sa robe; le bras
droit qui tenait la patère avait été rapporté dans l'antiquité
et manque. Les draperies sont lourdes et la tête
n'est pas en proportion avec le reste du corps; l'ensemble
ne manque pas cependant d'une certaine distinction.”
(MASPERO, Cat., p. 383).
388 — Marbre blanc.
Beau fragment de vase grec.
389 — Bronze.
Brûle-parfums.
390 — Granit noir. — Epoque grecque. — Naucratis.
Statuettes d'Isis. La déesse debout, vêtue d'une robe
plissée, tient une fleur de lotus. Ses yeux étaient incrustés
et sont vides aujourd'hui; les pieds manquent.
391 — Porphyre.
Fragment de statuette. La tête, les bras et les pieds
qui étaient rapportés, et probablement en marbre,
manquent.
392 — Calcaire blanc — Haut, 0m, 215.
“Autel rond. dont la cuve renferme encore la cendre
du sacrifice. Il est monté sur une base carrée d'un
dessin très riche.” (MASPERO, Cat., p. 416).
393.Mit-Farés (Fayoum).
“Pot rempli de monnaies de bronze, agglutinées par
l'oxyde; des types encore reconnaissables appartiennent
à Dioclétien, à Constantin et aux empereurs contemporains …
Trouvé enfoui à Mit-Farès (Fayoum) sous le
seuil d'une maison antique.” (MASPERO, Cat., p. 386).

ARMOIRE H.

Collection de statuettes en bronze, d'époque
gréco-romaine.
394 — Bois — Haut. 0m, 92, long. 1m, 98, larg. 0m, 50. —
Époque ptolémaïque. — Sérapéum.
“Sur une caisse rectangulaire repose une sorte de
toit pointu, servant de couvercle au cercueil. Dans
l'espèce de pignon triangulaire qui se dresse aux deux
bouts étaient encadés des bas-reliefs en stuc peint
(voir N. 345), représentant des sirènes aux ailes et aux
pieds d'oiseau.” (MASPERO, Cat. 375).
Ce cercueil représente bien une petite maison; au
bord de la caisse est peinte une frise d'ornements à la
grecque; le couvercle a la forme d'un toit dont les
trois arrôtes s'appuient sur les trois montants de bois.
Ceux-ci sont composés d'une série de petits rouleaux bien
joints, donnant l'illusion des tuiles imbriquées qui couronnent
le faitage d'une maison. Les extrémités de ces
trois montants étaient ornées des petits médaillons à
tôte de Méduse que nous avons vus sous le N. 345.
395 — Bois — Haut. 0m, 46, long. 1m, 93.
Sarcophage d'époque romaine. Peintures intéressantes;
fleurs et ornements variés le long des parois;
au pied du cercueil, derrière Anubis, un arbre et des
arbustes assez bien exécutés. Les chairs des personnages
sont peintes en rose.
396 — Long. 1m, 05.
Petite momie avec portrait de jeune fille.
397 — Toile et cuir — Long. 1m, 53 et 1m, 62. —
Époque byzantine. — Saqqarah.
Momies d'homme et de femme.
“Le corps de la femme est enfermé dans une enveloppe
en toile et en cuir cousu, dont les attaches sont
maintenues par des sceaux intacts. Sur la face supérieure
est peinte à la détrempe la figurine de la femme
ensevelie. Le costume, les chaussures, les bijoux sont
byzantins et fort analogues au costume des mosaïques
de Ravenne. — Le corps de l'homme a disparu et il ne
reste plus que la partie supérieure du linceul; encore
est-elle assez détériorée.” (MASPERO, Cat., p. 377).
Ces momies ont été considérées comme chrétiennes,
et l'on a vu dans les figures estampées sur leurs genoux
un mélange d'emblèmes chrétiens et païens: l'épervier
d'Horus, un taureau, des figures nimbées(?), etc. Je
ne suis pas sûr que ces emblémes ne soient pas tous
païens; la figure ailée qui se trouve sur la momie de
l'homme, et où l'on est tenté de reconnaitre un ange,
me parait ètre une forme du ba, l'oiseau à tète humaine

des anciens Egyptiens. C'est l'àme ou principe vital de
leur système panthéiste, en train de se dégager de son
enveloppe matérielle.
“Les trois masques exposés dans la même vitrine
proviennent des momies païennes des derniers temps;
les têtes sont couronnées de fleurs et les yeux sont
bordés de noir, pour imiter l'effet de la poudre d'antimoine.”
(MASPERO.)
398 — Long. 1m, 20.
Petite momie avec portrait de jeune fille.
399 — Granit gris — Haut. moy. 0m, 53.
Quatre statues trouvées à Dimeh. Inscriptions démotique
et grecque (Cfr. le naos 305, provenant également
de Dimeh, et daté du régne de Trajan).
400 — Bois — Haut. 1m, 91, larg. 0m, 58.
Couvercle de cercueil d'un travail intéressant. Figure
d'Osiris.
401 — Toile — Haut. 2m, larg. 0m, 83.
Enveloppe de mommie. Portrait sur toile.

Galerie 46.

Le visiteur re passe de la salle 45 dans la salle 44,
et trouve à gauche un passage qui le conduit dans
la galerie 46, ornée d'étofes et broderies coptes,

provenant d'Akhmim et du Fayoum. Cette galerie
donne accès dans deux salles réservées aux monuments
coptes, et une salle réservée aux monuments
non égyptiens.

Salle 47.

ARMOIRE A.

Inscriptions en écriture copte (voir N. 313) sur
parchemin, bois, ostraca ou tessons de poterie,
omoplate de chameau. Marques d'amphores et
cachets.
Sur les parois ouest et est, trois spécimens de
papyrus coptes.

ARMOIRE B.

Ustensiles en bronze et ornements d'église:
chandelier en forme de croix (N. 402); encensoirs
(Noe 403 et 404); brule-parfums (N. 405).

CAGE C.

Belles lampes d'église en bronze (Nos406 et 407,
hauteur moyenne 0m, 39).
“Ces lampes se composent d'un pied en forme de
candélabre, surmonté d'un petit plateau rond et aplati,
d'où sort une pointe aiguë, analogue à celle qu'on voit
communément dans les chandeliers des églises italiennes,
et qui supportait la lampe proprement dite. Celle-ci
était ouverte à la partie supérieure et avait une poignée,
mais surmontée d'une croix. Elle était munie d'une sorte
de coquille en bronze, qu'on levait, pour servir de réflecteur,
au moment d'allumer la mèche, et qu'on
abaissait, en guise de couvercle, lorsque la lampe était
éteinte.” (MASPERO, Cat., p. 384).
Pots et bouteilles en bronze, bassins et marmites
(Nos 408 et 409); aiguière ou burette,
lustre (N. 410).

ARMOIRE D.

Clefs (Nos 411 et 412), bagues, bijoux, cymbales
à clochettes (413) employées dans les églises;
icône ou image sainte (414) du Xe siècle (?), avec
inscription copte et arabe.

ARMOIRE E.

Peignes en bois; vases de saint Mena (Nos 415
et 416); petit bas-relief avec symboles chrétiens
du poisson et de la colombe (N. 417); croix;
épingles en bronze et en ivoire; lampes en terre
cuite et en bronze. Deux de ces lampes Nos 418
et 419) sont en forme de colombe.
Sur la paroi nord, entre deux fenêtres, panneaux
en bois sculpté avec images de saint Georges
(Nos 420 et 421); symbole chrétien de la colombe
(N. 422); dessins coptes (N. 423). Chaîne en bronze
ornée de trois croix, provenant du Fayoum.

Salle 48.

Poteries coptes. A l'angle sud-ouest de la salle,
grand et beau vase (N. 424), Les deux poteries
(425 et 426), aux angles nord-est et sud-est sont
peut-être des fourneaux (?).
Sur la paroi nord, bassin en granit noir, s'ouvrant
aux quatre points cardinaux; stèles funéraires
en terre cuite; inscriptions coptes sur bois.
Sur les parois est et ouest, intéressantes boiseries
coptes.
Sur la paroi sud, grande inscription copte du
tombeau de Tagi ou Dega.
427 — Terre sèche blanchie à la chaux
Haut. 1m, 30, larg. 1m, 30. — Thèbes (Deïr-el-Bahari).
“Au mois de février 1883, en déblayant le tombeau
où se trouvait le sarcophage de Tagi (N. 140), je découvris
que les chrétiens l'avaient transformé en église
consacrée à saint Epiphane vers le Ve siècle de notre
ère, pour le compte d'une des nombreuses laures établies
sur le versant de la vallée de Deïr-el-Bahari. Le

couloir du fond fut bouché; le couloir d'entrée prolongé
par deux murs de briques, de manière à former avec la
chambre d'entrée du tombeau ancien une véritable
croix grecque. On y descendait par un petit escalier de
quatre marches; de chaque còté du bras d'entrée, comme
des bras transversaux, les murs étaient décorés de stèles
en terre battue, arrondies au sommet, recouvertes d'un
lait de chaux, sur lesquelles des moines pieux et instruits
avaient écrit à l'encre rouge des sentences des pères
saint Cyrille, saint Basile; des professions de foi, des
sermons entiers, pour la plupart traduits du grec. J'ai
retrouvé les débris de trois de ces stèles avec des fragments
de sermons sur la création, sur la divinité du
Christ, sur la virginité de Marie, et une stèle entière
que j'ai réussi à détacher de la muraille et à transporter
au musée.
“Le texte est divisé en trois colonnes de largeur et de
contenance inégales. Il renferme un sermon contre les
hérésies, qui parait être de saint Basile, et se termine
par la prière accoutumée en l'honneur de l'empereur et
de sa famille. La première moitié, environ, était écrite
sur une autre stèle, détruite aujourd'hui. Sur le cadre
de la stèle, le même moine avait copié un second sermon;
j'ai rétabli, à l'endroit où se voyaient des traces
d'écriture, un fragment appartenant à une autre stèle,
pour montrer au visiteur quelle était la disposition de
l'ensemble.” (MASPERO, Cat., p. 369–370).
Cette inscription a été publiée par M. Bouriant dans
les Mémoires de la Mission archéologigue française
au Caire.
La salle 48 contient encore trois momies d'époque
copte, qui ne ressemblent pas du tout aux
momies payennes et n'offrent qu'un aspect informe
sous les toiles qui les enveloppent (Nos 428, 429
et 430).

Salle 49 (Monuments non égyptiens).

431 — Bois — Haut. 0m, 39, long. 2m, 00, larg. 0m, 60. —
Epoque ptolémaïque.
Cercueil en bois très épais, avec une inscription
himyarite. (Les tribus de langue himyarite occupaient
les deux rives de la mer Rouge, l'Arabie méridionale
et l'Ethiopie.)
Dans l'armoire A: vases avec inscriptions phéniciennes
provenant de Gournah (Thèbes), le N. 432
avec double inscription, en phénicien et en démotique.
Dans les deux vitrines B et C:
433 et 434. — XVIIIe dynastie. — Tell-el-Amarna, 1887.
Séries de tablettes cunéiformes. — Ces tablettes
portent une partie de la correspondance entretenue
par la chancellerie du roi Khounaten ou Aménophis IV,
de la XVIIIe dynastie (voir N. 207), avec les princes de
l'Asie, depuis la Syrie jusqu'à Babylone. On sait que

les relations de ce prince avec les nations étrangères
lui attirèrent la haine des prêtres d'Ammon, ennemis
absolus des Asiatiques; d'où résulta la proscription du
culte d'Ammon et la persécution dirigée contre ses sectateurs.
Cette correspondance récemment retrouvée
(1887) des rois d'Asie avec les rois d'Egypte a été
publiée dans les Mémoires de l'Académie de Berlin
et étudiée par le Dr Sayce, le R. P. Scheil, le
Dr Winkler et le Dr Zimmern.
La trouvaille fut divisée. II en existe aujourd'hui une
grande partie en Europe dans les musées de Berlin, de
Londres, de Paris et de St.-Pétersbourg.
Nous devons au prof. A. H. Sayce le catalogue de
celles de ces tablettes que possède le musée de Gizeh
(Cfr. WINCKLER, Mittheil. aus den Orient, Samml.
I. 1, 2, 3):
  • No. 1. — Letter in the language of Arzawa from
    king Tarkhundaraus to Aménophis III
    (Winckler, No. 10). As the name of the
    king is Hittite, the language of the letter
    may possibly be Hittite; the situation of
    Arzawa is unknown.
  • No. 2. — Letter from Samu-Hadad, governor of
    the City of Samkhuna, relating that he
    has obeyed the orders of the Pharaoh
    (Winckler, No. 131). With hieratic
    docket.

  • No. 3. — Letter from Kuhurtu—yi. … (Winckler,
    No. 150). Mentions that the City which
    has been placed under his charge, is defended
    by him.
  • No. 4. — Letter of Assur-yuballidh, king of Assyria
    to Amenophis IV (Winckler, No. 9).
    Mentions his father Assur—nadin—akhi and
    the king of Khani—rabbat (now Malatiyèh).
  • No. 5. — Letter from Sipte. … (Winckler,
    No. 200). He defends the City entrusted
    to him by the Pharaoh.
  • No. 6. — Letter from Yabniel, the governor of
    Lachish (Winckler, No. 124). He will
    obey the orders of Baya, the royal commissioner.
  • No. 7. — Letter from Arzama, governor of the
    City of Mikhiya, asking that troops should
    be sent to him (Winckler, No. 125).
  • No. 8. — Broken fragments of a letter; names
    lost (Winckler, No. 203).
  • No. 9. — Letter from Milkili (Malchiel), from
    Southern Palestine (Winckler, No. 109).
  • No. 10. — Letter from Suyardata (Winckler,
    No. 100). He has been obliged to defend
    the City Kilte (Keilah) against Ebed—tob
    king of Jerusalem. Mention is made of Labai.

  • No. 11. — Letter from Zatatna, the governor of
    Accho (Winckler, No. 94). He has attended
    to the orders of the king. With hieratic
    docket.
  • No. 12. — Letter from Rib-Hadad, the governor
    of Gebal (Winckler, No. 79). Mentions
    Ebed-Asherah, who was in rebellion in
    the north; also the king of Mitanna; “the
    king of the Hittites has been captured” as
    well as the City of Ar … tâ.
  • No. 13. — Letter from Rib-Hadad (Winckler,
    No. 63). A messenger has been sent to the
    “Great house” (Pharaoh); mention is
    made of Yapa-Hadad and Aman-Masa
    (Amunmes).
  • No. 14. — Letter from Abi-Sar or Abi-Melech, the
    governor of Tyre (Winckler, No. 99). He
    says that Ilgi, king of Sidon, is his vassal
    and he asks the Pharaoh that the defence
    of Tyre may be committed to himself; the
    king of Hazor is said to have left his city
    and joined the Bedouin.
  • No. 15. — Letter from Biridi (Winckler, No. 115).
    He complains that after the entrance of
    the Egyptian troops into his city, Labai
    made war upon him and he requests that
    two officers be sent from Egypt to defend
    his city against Labai.

  • No. 16. — Letter from. … the name of the writer
    is lost (Winckler, No. 202). Orders the
    person to whom the letter is addressed to
    send “thy son to the king”, as well as
    silver, chariots, horses and other things.
  • No. 17. — Fragment of a letter from Rib-Hadad,
    governor of Gebal (Winckler, No. 198).
    Asks that chariots be sent with his son in
    order to defend the fortresses of the king.
  • No. 18. — Letter from Bayai (also written Baya)
    (Winckler, No. 195). Asks that Egyptian
    troops be sent to his assistance.
  • No. 19. — Fragment of a letter from Ebed-tob, king
    of Jerusalem (Winckler, No. 199). “The
    land of the city of Gath-Carmel has
    fallen away to Tagi and the men of Gath,
    he is in Bit-'Sani (Beth-Sannah) and we
    have effected that they have given Labai
    and the country of the ‘Sute to the Khabiri
    (of Hebron?) Malchiel has sent to the
    king”. Mention is also made of Khapi or
    Apis and of Addalim who is said to be
    “living in his house in Gaza”.
  • No. 20. — Fragment of a letter from Rib-Hadad
    (Winckler, No. 78). Asks the king to send
    an officer.

  • No. 21. — Letter from Ara. …, governor of the
    city of Kunidi in Cœle Syria (Winckler,
    No. 152). Asks for horses and chariots,
    and assures the Pharaoh that he is loyal.
  • No. 22. — Fragment of a letter from Rib-Hadad
    (Winckler, No. 83). Mentions the cities of
    Gebal and Simyra, also the officer Aziru.
  • No. 23. — Fragment; name of the writer is lost
    (Omitted by Winckler). Mention the despatch
    of 400 pieces of silver and the name
    of a certain. … — Samas.
  • No. 24. — Letter from the king of Alasiya in
    northern Syria to the king of Egypt
    (Winckler. No. 12). He sends presents
    to the Pharaoh in a ship. With a hieratic
    docket: “the correspondence of the prince
    of the country of Alasha”.
  • No. 25. — Letter from Subbi-Kuzki, king of an
    unknown country, to Amenophis IV, here
    called Khuri(ya), the Horos of Manetho
    (Winckler, No. 18). Mentions that embassies
    and gifts had been sent to Amenophis
    III, and that more gifts are now sent
    to his successor. — The Egyptian hieroglyph
    signifying “God” is engraved on
    the table.

  • No. 26. — Letter from Hadad-itlu (Winckler,
    No. 154). Complains that the two sons
    of Labai have rebelled and are ravaging
    “the country of the king”. Mentions the
    land of Gina and the cities of Sunama
    (Shunem), Burga (Bene-Berak) and Giti
    Rimuna (Gath-Rimmon).
  • No. 27. — Letter from a lady “the handmaid” of
    the king (Winckler, No. 138). Mentions
    the city Zabuma and that the Egyptian
    territory has been overrun by the Bedouins.
  • No. 28. — Letter from (Ris-kal)limma-Sin, king
    of Babylonia to Amenophis III (Winckler,
    No. 1). Says that his father sent ambassadors
    to Egypt. And he himself sent an
    embassy which was detained six years,
    after which the Pharaoh gave thirty
    manchs of gold to the Babylonian king.
    Now the Babylonian king sends presents,
    Amenophis having asked for his youngest
    daughter for a wife.
  • No. 29. — Letter from Mamya-yitsa (Winckler,
    No. 90). He awaits the orders of the king,
    with his soldiers and chariots, his brothers,
    his Bedouins and his