CHAPITRE PREMIER.
LA COUR ET LE JARDIN.
La partie de la cour dans laquelle on pénètre,
après
avoir passé la grande porte
d'entrée, sert de magasin
provisoire á certaines
pièces incomplètes ou nouvellement
achetées, qui n'ont pas encore leur place marquée
dans les galeries. Ainsi les nos 6000 et 6004 sont
les
morceaux d'une chapelle monolithe, élevée par le
roi
Nectanébo de la XXXe dynastie,
à Bubaste, et détruite,
il y a quelques
années, par un haut fonctionnaire égyptien:
j'espère en retrouver les autres débris et la
reconstruire.
6002. — Marbre blanc. — H. Im 90.
Aigle gigantesque de beau travail grec.L'île de Thasos,
d'où il provient, forme, avec le bourg de Kavala,
un fief
héréditaire dans la famille de Mohammed Ali,
et
dépend du souverain régnant de l'Égypte.
L'aigle,
envoyé en cadeau à Ismaïl-Pacha,
il y a quelques années,
a été
donné par ce prince au musée de Boulaq.
—
Ep. ptolémaïque.
Thasos.
6006. — Basalte noir. — H. Im 75.
Déesse Sokhit à tête de lionne. La
déesse Sokhit est
la
grande amie du dieu
Phtah; elle compose avec Phtah
et son fils Imhotpou la
trinité adorée à
Memphis. Elle
a un
rôle violent, celui de destructrice des ennemis du
Soleil: il
est souvent question, dans les textes, de sa
flamme dévorante
qui anéantit les méchants. Le roi
Amenhotpou III, de
la XVIII
e dynastie, lui avait
consacré,
dans le temple de Mout à Thèbes,
une salle spéciale,
qu'il avait remplie de statues semblables
à celle
qui est inscrite sous le n
o
6006. Il en restait encore
cent cinquante vers le milieu du
siècle dernier; mais,
depuis cette époque, tous les
musées de l'Europe en
ont fait enlever des spécimens,
et on n'en voit plus
aujourd'hui qu'une soixantaine en assez mauvais
état.
Le n
o 6006 porte le cartouche
d'Amenhotpou III. —
XVIII
e dyn.
6007. — Granit gris. — H. Im 60; larg.
0m 61.
Le dieu Ammon et une reine d'Ethiopie. Ce monument,
le seul de ce genre
qu'il y ait jusqu'à présent
dans les
musées d'antiquité égyptienne, m'avait
été
signalé, en 1882, par M. Berghoff, qui
fut, quelques
mois plus tard, pris et décapité par le
Mahdi: il a été
expédié au
Caire, sur ma demande, par Gigler-Pacha,
et nous est parvenu dans les
premiers jours de 1883. Il
appartient aux derniers temps de la civilisation
égyptienne
en Ethiopie, comme le prouvent la
grossièreté
du travail et la barbarie du style.
— Ep. romaine.
Naga.

Deux grands
sphinx séparent l'Avant-cour de la
cour
réelle et du jardin du Musée. Celui de gauche
(n
o 6008) est seul authentique: l'autre n'est
qu'un
moulage en plâtre du précédent. Le
sphinx n'était pas
pour les Égyptiens la combinaison
arbitraire d'un corps
de lion et d'une tête humaine:
c'était, même pour les
savants de l'époque
romaine, la reproduction d'un
animal d'espèce rare, qui vivait
dans le désert. La réunion
dans un même
être de la force du lion et de l'intelligence
humaine le rendait
particulièrement redoutable:
aussi en fit-on un dieu,
Harmakhouti, Harmakhis,
le soleil
levant et couchant, auquel est
consacré
le grand
sphinx de Gizéh. Le roi,
étant fils du soleil et
identifié souvent avec
Harmakhis, la forme du
sphinx servit à représenter
les rois dans certaines circonstances.
On n'a trouvé
jusqu'à présent de
sphinx isolé
que le
grand
sphinx de Gizéh: les
sphinx vont toujours
par couples et
forment en avant des temples de longues
avenues. Le
sphinx femelle est fort
rare dans l'Égypte
pharaonique: je ne l'ai vu encore que sur
quelques
basreliefs, où il représente une reine.
Certains
sphinx royaux ont non-seulement la tête mais les
bras
de l'homme: ils sont généralement en bronze et
de petites
dimensions. Le
sphinx n
o 6008 porte
le cartouche
de Ramsès II.
Passés les
sphinx, on se trouve dans une sorte d'avenue
bordée à droite et à gauche de grands
sarcophages.
Les trois de gauche sont grecs et proviennent des
catacombes
d'
Alexandrie: l'ornementation en est assez
légèrement ébauchée, et rappelle le
style de l'époque romaine.
Les trois de droite sont
égyptiens d'époque ptolémaïque et
ont été découverts à
Saqqarah.
6015. — Granit gris taché de rose.
—
H. Im 20; larg. Im
10; long. 2m 40.
Sarcophage d'Onkhhapi, fils de Tafnakht et de la
dame Tatet: le petit
cercueil en forme de momie qu'il
renferme contenait jadis le corps du
dernier possesseur.
L'habitude a toujours été, à
Memphis, de
déposer
les morts de distinction dans de grands sarcophages
rectangulaires à chevet plus ou moins arrondi. Aux
anciennes
époques, ces sarcophages, qui étaient la
maison éternelle du mort, sont quelquefois
décorés en
forme de maison (cf.
Salle de l'Ancien Empire n
o 964),
et
presque toujours en granit rose. A l'époque saïte et
ptolémaïque, on les taillait de
préférence dans le granit
gris ou dans le basalte et
ils portent d'innombrables
tableaux sculptés avec une finesse
remarquable. Le sujet
en est emprunté à l'un des
livres les plus curieux de
la mythologie égyptienne, le
Livre de savoir ce qu'il
y a dans l'enfer. Les
Égyptiens se figuraient le monde
souterrain, le monde de la
nuit, comme une série de
couloirs et de grandes chambres
voûtées, remplies
d'être fantastiques bons
ou méchants. Il était partagé
en douze
régions, dont chacune répondait à l'une
des
douze heures de la nuit. La barque du soleil, sur laquelle
le
défunt était censé s'embarquer après
de la
mort, entrait chaque soir dans ces contrées
ténébreuses
et n'en sortait que le lendemain matin,
à l'aube;
pour que le mort pût accomplir sans danger
dans ce
voyage, il devait connaître à fond toute la
population
infernale. C'est à lui donner les renseignements
nécessaires
qu'était consacré le livre en
question. Chaque
heure était décrite minutieusement,
avec le nom et

l'étendue du territoire
qu'elle occupait, le nom et la
fonction de chacun de ses habitants, leur
voix, leurs
discours, les dimensions des serpents qui gardaient
les
portes de communication d'une heure à l'autre. Les
figures
représentent d'abord la barque solaire avec son
équipage et les génies qui la traînent
à la cordelle, puis
les êtres décrits dans
chaque section du texte. Le mort
savait donc ce qu'il allait voir,
dès avant de commencer
le voyage; il était assez
familiarisé avec la forme
des divinités infernales,
pour distinguer celles qui lui
étaient favorables de celles qui
lui étaient hostiles. Ce
grand livre à images
était trop étendu pour qu'il fût
aisé de le représenter en entier sur un sarcophage;
aussi se bornait-on le plus souvent à en reproduire
une partie,
trois ou quatre heures entières, le plus souvent
celles du
milieu de la nuit, et des extraits des autres
heures. — Ep.
grecque.
6013. — Granit gris. — H. 1m 35.
6014. — Granit gris. — H. 1m 30.
Sarcophages du même type que le précédent,
trouvés
au fond du même puits, à
Saqqarah,
et ayant
appartenus à deux frères du nom de Zeho, en
grec
Téos ou Takhos, tous les deux fils de la même
mère
Betiti, tous les deux généraux dans
l'armée égyptienne
sous l'un des premiers
Ptolémées. Le couvercle du
n
o 6014 n'a pas été fait pour la cuve et en
diffère
par la pierre et par les dimensions; il avait
appartenu
à un autre personnage, dont le nom et les titres
ont
été grattés pour faire place au nom et
aux titres de
Zeho. — Ep. grecque.

Au bout de cette petite allée, sur la gauche,
s'élève
le tombeau de Mariette-Pacha, le fondateur du
Musée
de Boulaq. Il est précédé
d'une plateforme en ciment,
sur laquelle sont placés quatre
petits
sphinx en calcaire
blanc d'un travail assez grossier. Aussi bien
les
a-t-on choisis, non à cause de leur mérite
artistique,
mais à cause de leur provenance: ils faisaient
partie
de la grande avenue de
sphinx, qui conduit du
Sérapéum
Grec au tombeau des Apis, et rappellent la
première
découverte de Mariette sur le sol
d'Égypte. Derrière
les
sphinx, et monté
sur un socle quadrangulaire,
se dresse le sarcophage qui renferme le corps:
il est
en marbre de Montreux, et taillé à l'imitation
des sarcophages
égyptiens de l'Ancien Empire. A la
tête, sur
un haut piédestal à
moitié caché par des plantes grimpantes,
s'élève une statue colossale de Ramsès II,
découverte
à
Tanis en 1860. Le monument a
été dessiné
et construit par un des plus
fidèles amis de Mariette,
l'architecte Ambroise Baudry: les
frais en ont été couverts
par une souscription
publique.
Mariette (Auguste Ferdinand) naquit à Boulognesur-mer
le 11
février 1821. Il appartenait à une famille
de marins
et de lettrés. Son grand-père a laissé
en
manuscrit une de ces collections d'oeuvres mêlées,
vaudevilles, comédies de moeurs, poésies fugitives,
où se plaisaient les littérateurs provinciaux du
siècle
passé. Son père était
simple employé à la mairie de
sa ville natale.
Élevé au collège de Boulogne, il y devint
professeur
dès vingt ans, et y demeura attaché
à divers titres jusqu'à
la fin de 1848. Il essaya
d'abord de la peinture,
puis du journalisme, devint rédacteur en
chef d'un

journal
d'intérêt local, composa des nouvelles, des romans,
des feuilletons humoristiques, et, entre temps,
trouva moyen
d'étudier des questions d'archéologie
provinciale. Le
seul de ces premiers essais qui vaille
la peine d'être
conservé est une brochure, publiée en
1846 sous forme
de
Lettre adressée à M. Bouillet,
auteur
d'un Dictionnaire historique et biographique,
sur
la position de Portus Itius: la donnée en
était fausse,
mais le jeune auteur y marquait
déjà la plupart des
qualités qui l'ont
rendu célèbre plus tard, une grande
habileté de discussion, la clarté et la vigueur du
style,
beaucoup de pénétration. Nul doute que, s'il
eût suivi
la voie dans laquelle il venait de s'engager, il ne
fût
parvenu à tenir un rang
élevé dans le domaine de l'archéologie
classique: le hasard le rejeta du côté de
l'Orient.
Le graveur Vivant Denon, qui avait fait partie des
artistes
attachés à l'expédition française en
Ègypte,
avait laissé en mourant une petite collection
d'antiquités
rapportée de ses voyages. Une caisse de
momie, qui
provenait de cette collection, fut exposée
à la mairie
de Boulogne, et le jeune Mariette
rédigea, à cette occasion,
une petite notice de
quelques pages, dans laquelle
il conseillait à ses concitoyens
de l'acquérir pour le
Musée. Son conseil fut suivi;
Mariette se procura pour
étudier les textes qui couvraient le
cercueil quelques
livres traitant de l'Égypte, et ce qui n'avait
d'abord été
qu'un amusement devint une passion
sérieuse. Il fut
bientôt assez fort pour se hasarder
à aborder la discussion
des textes; manquant d'appui dans sa
ville
natale, il s'adressa à Charles Lenormant, le seul des
élèves directs de Champollion qui continuât
alors en

France la tradition du
maître. Le mémoire qu'il soumit
au jugement du savant
parisien portait sur l'interprétation
et le classement des
cartouches qui recouvrent
la
Chambre des
Ancêtres, enlevée au temple de
Karnak et
déposée à la Bibliothèque Nationale
par
Prisse d'Avennes. Il est resté inédit, mais je
l'ai retrouvé
dans les papiers de Mariette, et en le lisant,
on
comprend l'admiration qu'il inspira aux personnes qui
eurent
communication du manuscrit. Encouragé nonseulement
par C.
Lenormant, mais par Alfred Maury,
par Ferdinand de Saulcy, par Adrien de
Longpérier,
Mariette se décida à venir
chercher fortune à Paris.
Après quelques mois
d'attente, l'amitié du peintre Janron
lui procura une petite
place d'adjoint au Louvre:
renonçant au professorat, il se livra
tout entier à l'archéologie
égyptienne.
C'était dans les premiers jours de 1848. Le traitement
du nouvel
employé fut des plus modestes. Au
bout de quelques mois, il
s'aperçut que la place, pour
honorable qu'elle fût,
ne suffisait pas à lui assurer les
moyens de soutenir sa
famille. Les chances d'avancement
étaient nulles, car le vicomte
Emmanuel de Rougé,
son supérieur immédiat,
était jeune et ne songeait pas
à se retirer devant
lui. Il se mit en tête d'aller chercher
fortune en
Égypte et demanda au gouvernement
français les
ressoures nécessaires au voyage. Tattam
venait d'attirer
l'attention des savants sur les richesses
renfermées dans les
couvents jacobites de l'Égypte:
Mariette composa rapidement un
long essai de bibliographie
copte, qui est demeuré
inédit, et sollicita une
mission, à l'effet d'aller
étudier et acquérir ce qui pouvait
rester dans les
cloîtres de manuscrits coptes et

syriaques. Il obtint sans peine ce
qu'il demandait et
débarqua à
Alexandrie, le 12
octobre 1850.
La mission qu'il s'était imposée était des plus
délicates
à remplir: le patriarche copte, justement
irrité
des procédés bizarres
employés par Tattam pour former
sa collection, avait fait mettre
les manuscrits en
sûreté. Les négociations
traînèrent et retinrent Mariette
au Caire pendant
plusieurs semaines. Il profita
de ces loisirs forcés pour
visiter les environs de la
ville, Gizéh, Dahshour et surtout
Saqqarah. Il avait
remarqué partout, à
Alexandrie
comme au Caire, des
sphinx en calcaire d'assez mauvais style, mais
chargés
de graffiti où le nom d'Osiris
était associé sans cesse
à ceux d'Apis et
de Sérapis. Le hasard lui fit trouver
un jour, dans la
région nord du plateau de
Saqqarah,
un
sphinx qui
présentait les mêmes caractères. Cette
rencontre fortuite éveilla au fond de sa mémoire le
souvenir d'un passage de Strabon, où le voyageur grec
raconte
que le Sérapéum de
Memphis est dans un lieu
trés sablonneux, et qu'on y voit des
sphinx enfouis,
les uns
jusqu'aux épaules, les autres jusqu'à mi-corps.
L'idée que le Sérapéum, si longtemps
cherché en vain,
était là, s'empara de lui
avec une telle force qu'il en
oublia les manuscrits et le patriarche copte.
Il assembla
quelques ouvriers, et commença des fouilles en
règle le 1 novembre 1850. Jusqu'au cent trente
quatrième
sphinx de l'avenue, tout marcha
régulièrement,
puis l'allée tourna
brusquement à gauche et, pendant
quelques jours, il ne
découvrit plus rien. Il finit pourtant
par se remettre sur la
bonne piste et déboucha,
après le cent quarante et
unième
sphinx, sur un dromos
spacieux, dallé de
belles pierres: deux mois de

fouilles mirent au jour l'ensemble
de monuments qui
s'y trouvaient, un hémicycle
décoré de statues grecques,
deux chapelles, une
procession de génies montés
sur des animaux, et
conduisirent les travailleurs jusqu'à
la porte du
Sérapéum. Là, un obstacle
imprévu
les arrêta: des marchands
d'antiquités, pour la plupart
agents consulaires de diverses
nations européennes,
jaloux du succès de Mariette,
réussirent à obtenir
d'Abbas-Pacha la suspension des
fouilles. L'appui du
gouvernement français aplanit en partie les
difficultés,
une somme de 30.000 frs., votée le 16
août 1851 par
l'Assemblée Nationale, permit de
reprendre avec plus
d'activité, et, dans la nuit du 12 au 13
novembre, Mariette
pénétra dans les souterrains du
Sérapéum. Ce
qu'il y trouva, le monde savant le
connaît: soixante
quatre Apis, dont les plus anciens remontent
à la
XVIII
e dynastie, et dont le
plus moderne est presque
contemporain de Cléopâtre,
des milliers de stèles votives,
de figurines
funéraires, d'amulettes, de bijoux,
qui font aujourd'hui
l'ornement du Musée du Louvre.
La chronologie des taureaux,
suffisamment établie par
les dates d'inhumation, apporta de
nouvelles informations
pour le rétablissement de la chronologie
des rois
égyptiens du Nouvel-Empire. Toute l'année
1852 se
passa à déblayer et à
dépouiller le Sérapéum: dans les
premiers
jours de 1853, Mariette se transporta avec
ses ouvriers au pied des
Pyramides de Gizéh.
Cette fois, il travaillait aux frais d'un particulier: le
duc de Luynes
l'avait chargé de dégager la partie
antérieure
du grand
Sphinx. Il découvrit,
à une centaine
de mètres vers le Sud-Est, un temple
de l'Ancien Empire,
construit en blocs énormes de granit et
d'albâtre,

mais ce fut le seul
résultat sérieux de sa campagne. Il
était
du reste pressé de revenir en France. Nommé
conservateur-adjoint au Musée Égyptien du Louvre,
il
s'occupa de classer l'immense collection qu'il avait
rapportée
du Sérapéum, et d'en préparer la
publication.
Il débuta par donner dans le
Bulletin Archéologique
de l'Athénoeum
Français (1855—1856) des
Renseignements
sur les soixante-quatre Apis trouvés
dans
les souterrains du Sérapéum: cette
étude a été arrêtée
à la XXVI
e dynastie par la disparition du
Bulletin
et n'a jamais été terminée. En
même temps, et comme
complément de ce premier
travail, il publiait un
Choix
de monuments et de dessins
découverts ou exécutés
pendant le
déblaiement du Sérapéum (Paris 1856,
A.
Bertrand, in-4°) et un
Mémoire
sur la mère d'Apis
(Paris 1856, A. Bertrand, in-4°), oú il
ébauchait une
théorie alors nouvelle de la religion
égyptienne. Ajoutons,
pour en finir avec ce premier
épisode, le plus
glorieux de sa vie, que les monuments du
Sérapéum
et la relation de la découverte
ont été poursuivis longtemps
par une
véritable fatalité. La publication,
commencée
une première fois en 1861, reprise en 1864
et
poussée jusqu'à la XXVI
e dynastie, recommencée en
1876 de concert avec moi, n'est
pas encore terminée:
seul, le premier volume, qui renferme le
journal des
fouilles et le récit de la découverte, a
pu être livré au
public en 1882.
Les mêmes difficultés de vie qui avaient une
première
fois décidé Mariette à
quitter Paris, se représentérent
plus fortes
à son retour. Il n'était pas depuis un
an sur le sol
natal, qu'il aspirait déjà à le quitter
pour
reprendre sa carrière aventureuse aux bords du
Nil.

Les circonstances politiques
favorisèrent son dessein.
Abbas-Pacha, qui avait tant
contrarié les fouilles du Sérapéum,
était mort en 1854, laissant le pouvoir à son
oncle
Saïd-Pacha, ami de la France. Encouragé par
M. de
Lesseps, le nouveau prince pria le gouvernement
français de lui
prêter Mariette pendant un hiver,
celui de 1857—1858:
il s'agissait de préparer des fouilles
pour un voyage que le
prince Napoléon projetait
en Égypte. Le voyage n'eut
pas lieu, mais le Pacha,
gagné par la bonne humeur de Mariette,
lui donna le
titre de Bey, l'autorisa à multiplier les chantiers
de
fouilles, à lever des ouvriers par la corvée, et
à fonder
un musée, qui fut établi
provisoirement à Boulaq. La
création,
l'agrandissement et le maintien de ce musée
devinrent
désormais la grande préoccupation de Mariette.
On ne
saurait imaginer les trésors de diplomatie
qu'il dut
dépenser, pour arracher aux divers souverains
de
l'Égypte le terrain et l'argent nécessaires
à
son oeuvre. Une crue du
Nil, qui menaça de tout
détruire
en 1878, lui permit enfin de disposer le local
selon
ses intentions, mais le classement définitif, sans
cesse retardé par le manque de fonds, dura des années
et n'était pas encore achevé quand il mourut.
Seul maître du sol antique de l'Égypte, Mariette
voulut
l'exploiter sur un plan grandiose: il l'attaqua sur
trente-sept
points à la fois, de l'embouchure du
Nil à
la
première cataracte. Un petit nombre seulement de
ces ateliers
réussit à souhait. Les fouilles du Delta ne
donnèrent de résultats sérieux qu'à
Sân, sur les ruines
de l'antique
Tanis: on y mit au jour, outre
des monuments
importants de la XIII
e, de la
XIV
e, de la XIX
e
et de la XXI
e dynasties, des statues et des
sphinx d'un

type particulier que Mariette
attribua aux Hyksos.
Saïs,
Thmuis, Bubaste, ne produisirent
presque rien,
mais les succès obtenus sur l'emplacement de
l'antique
Memphis compensèrent largement cet échec.
La
ville même est difficile à explorer, à
cause du bois
de palmier et des villages qui la recouvrent; mais
les
nécropoles, de Gizéh à Meïdoum, sont
inépuisables.
Mariette s'attaqua d'abord aux Pyramides et
ouvrit, en 1858, le
Mastabat el-Faraoun, qu'il crut
être le tombeau d'Ounas de la V
e
dynastie. L'ayant
trouvé vide et nu, il se confirma dans
l'idée que les
Pyramides ne renfermaient jamais d'inscriptions,
et
qu'à les explorer, il perdrait son temps et son argent.
Il reporta tous ses efforts sur les tombes privées,
dont la
mission de Lepsius avaient révélé
l'importance,
et les examina avec ordre et méthode. Les
fouilles, menées activement de 1858 à 1863, puis
reprises
en 1877, après avoir traîné
pendant des anneés,
ont fait connaître plus de trois
cents tombes
nouvelles, à Gizéh, à
Saqqarah, à Méïdoum. Il fit
connaître quelques-uns des résultats obtenus jusqu'en
1867 dans son mémoire:
Sur les tombes de
l'Ancien
Empire qu'on trouve à Saqqarah (Revue
Archéologique,
1867, t. I), et se préparait à tout publier
quand la mort vint le surprendre. J'ai retrouvé dans
ses papiers
des morceaux d'introduction et des notices
plus ou moins
détaillées de cent cinquante tombes,
matériaux à peine dégrossis de ce
mémoire
Sur
les Mastabas: le gouvernement
français les a publiés
tels quels
(1882—1884).
Abydos, Dendérah,
Edfou et Thèbes profitèrent
le
plus de son activité. On peut dire qu'avant lui
Abydos

était inconnue: en vingt
ans, il y fit sortir de dessous
terre le temple de Séti Ier,
deux temples de Ramsès II,
les restes du grand temple d'Osiris,
plus de deux cents
tombes, et quinze mille monuments de
différente nature,
dont la plupart sont aujourd'hui au
Musée de
Boulaq. A Dendérah, déblaiement
du grand temple
d'Hathor et d'une partie des édifices
environnants.
A Thèbes, grandes fouilles au temple d'Ammon
à
Karnak, à Méinét-Thabou,
à Déïr el-Baharî, dans
la
plupart de villages qui couvrent aujourd'hui l'emplacement
de la grande
métropole égyptienne. A
Edfou,
une ville
entière s'était établie sur les toits du
temple et rendait l'étude impossible: elle fut
transportée
dans la plaine, et le temple sortit intact de
son
linceul de décombres. Et je ne fais que mentionner
en
passant les recherches fructueuses qu'il exécuta
lui-même, ou fit exécuter tout le long de la
vallée par
son fidèle auxiliaire, le peintre italien
Louis Vassali,
qu'il avait connu en 1858, et qui est resté
jusqu'en
1883 Conservateur du musée de Boulaq.
Saïd-Pacha, qui l'avait si bien soutenu, mourut en
janvier 1863,
et Ismaïl-Pacha monta sur le trône. Le
nouveau
souverain, tout occupé de grands desseins
politiques,
n'attachait que peu d'importance à l'archéologie:
il
continua cependant les traditions de Saïd
et ne suspendit point
les travaux. Mariette, nommé
commissaire égyptien
à l'Exposition Universelle de
1867, transporta à
Paris les plus belles pièces du
Musée de Boulaq, et
fit connaître à l'Europe
émerveillée
les richesses et le beautés
inconnues de la
civilisation égyptienne. II profita de son
succés pour
commencer à publier le
résultat de ses fouilles. Il

avait dressé
à ce sujet un plan grandiose: son oeuvre
devait être
comme un livre immense, dont chaque
chapitre renfermerait tout ce qu'une
localité déterminée
aurait produit;
l'ensemble s'appellerait
Fouilles
exécutées en Égypte. La
première partie formait
deux volumes in-folio, renfermant les
monuments
trouvés au Gebel-Barkal en Nubie, et les
principaux
textes des temples de Séti I
er et de Ramsés II, à
Abydos.
Ces deux volumes,
à peine mis en vente (1867),
furent retirés du
commerce et dépecés: les planches
de Gebel-Barkal
furent insérées plus tard dans les
Monuments Divers, les autres dans les deux volumes
d'
Abydos, et, de l'ouvrage primitif, il ne reste plus
à
ma connaissance que trois exemplaires. Aussi bien,
Mariette, de retour en Égypte au lendemain de l'exposition,
avait reconnu que son plan était trop vaste,
et
s'était résigné à publier
isolément les matériaux
de l'oeuvre, au fur et
à mesure qu'ils seraient assemblés
en
quantité suffisante. Le tome premier
d'
Abydos, paru en 1869, ne renfermait plus que les
planches et le texte
relatifs au temple construit par
Séti Ier.
Les malheurs de la France en 1870, les embarras
politiques et financiers de
l'Égypte, la maladie, les
chagrins domestiques, interrompirent
brusquement
l'activité de Mariette. Mariette était
resté veuf en
1864, avec sept enfants vivants de onze qu'il
avait
eus: la mort soudaine de sa fille aînée, puis
celle d'une
autre fille et d'un fils qu'il aimait tendrement,
l'assombrirent
d'année en année. Les
infirmités vinrent avec
les chagrins. A la force morale il
joignait une force
physique prodigieuse et une vigueur de
tempérament,

dont il avait parfois
abusé dans l'ardeur de la
recherche scientifique. Dès
1861, les analyses médicales
signalaient en lui les germes de la
maladie terrible,
le diabète sucré, dont il devait
mourir vingt
ans plus tard: le rude hiver de 1870, qu'il passa
tout
entier à Paris, fit de l'athlète d'autrefois un
valétudinaire
confirmé. Il n'en continua pas moins
ses
travaux:
Dendérah fut
publié en six volumes de 1870
à 1876,
Karnak et Déïr el-Baharî
livrés au public,
les
Monuments Divers
commencés. En 1877, le diabète
se déclara
avec une violence telle, qu'au mois
de Juin, Mariette, condamné
par les médecins, passa
pour n'avoir plus que quelques jours
à vivre. Il se
rétablit pourtant, et cette reprise de
santé fut marquée
par un redoublement
d'activité: le deuxième
volume d'
Abydos et le
Catalogue général des
monuments
trouvés dans cette ville sont de cette
époque.
Mais la maladie était trop avancée
déjà pour
qu'on pût aire autre chose qu'en
retarder les progrès.
Mariette songeait à
rédiger enfin les
Mastabas
et projetait, dans une lecture faite à l'Institut en 1879,
une longue série de travaux, sans paraître
soupçonner
que ses jours étaient comptés.
Un dernier voyage
en France, qu'il fit en 1880, acheva de
l'épuiser:
menacé de mort s'il retournait en
Égypte, il prit la
mer contre l'avis des médecins,
gagna
Alexandrie,
puis
le Caire à grand peine. Un moment, on
crut
avoir conjuré le mal, mais ce fut une illusion qui
ne
dura que quelques heures: il mourut le 17 Janvier
au soir, après
une agonie terrible de huit jours,
et fut enterré le lendemain.
Les derniers travaux
qu'il ait commandés venaient d'amener
l'ouverture,

à
Saqqarah, de deux
pyramides royales remplies d'inscriptions.
On pourra juger diversement certaines parties de
son oeuvre: de toute
manière, il faudra reconnaître
qu'il eut le
génie de la découverte. Homme de cabinet
au
début de sa carrière, les aventures de sa
vie errante
l'empêchèrent de pousser bien loin ses
études de philologie: elles développèrent les
qualités
archéologiques qu'il portait en lui. Il
avait l'esprit
logique et systématique: avant de rien
entreprendre,
il se traçait à lui - même
un plan d'action d'où il ne
s'écartait plus par la
suite. Aussi la plupart de ses
découvertes ne sont-elles pas
dues au hasard: quand
il trouvait le Sérapéum, il
savait d'avance oú il fallait
chercher pour bien trouver, ses
grands travaux
d'
Abydos n'ont été entrepris
qu'après de longues méditations,
et son exploration
de Dendérah n'est que
la démonstration
matérielle d'une théorie conçue
à
priori. Cette méthode, si elle a des avantages, a
aussi
des inconvénients, et Mariette en a souffert: il a
vécu
trente ans au pied des pyramides de
Saqqarah, sans
les
ouvrir, et cela, parce qu'une théorie à priori lui
enseignait que nulle pyramide ne peut renfermer
d'inscriptions. La logique,
qui l'avait si bien servi
ailleurs, le desservit ici.
Mariette était décoré de la plupart des ordres
de
I'Europe: il était membre de l'Académie des
Inscriptions
et Belles - Lettres depuis 1878, et pacha. Il a
laissé de nombreux papiers que le gouvernement
français
a achetés et publiés en parties.
De l'autre côté du tombeau de Mariette,
l'allée

aboutit à un ensemble
formé d'un colosse, d'une
table d'offrandes et de deux
sphinx.
6030 et 6032.— Granit rose. — H. Im 40;
larg., 0m 84;
long. 2m 50.
Les deux
sphinx ont été légèrement
restaurés: ils
représentent le Pharaon Thoutmos III
dont ils portent
les cartouches. — XVIII
e dyn.
6031. — Granit rose. — H. 3m 30.
Ramsès II, debout, tient deux enseignes surmontées,
celle de droite d'une tête de Mout, celle de
gauche d'une
tête d'Hathor. Il est coiffé d'une grosse
perruque,
sur laquelle est posé le disque solaire et
vêtu d'un
pagne à tablier, chargé de six uraeus
lovées.
Contre la jambe gauche est
représenté le treizième
fils de
Ramsès II, qui fut régent pendant les
dix-sept
dernières années du règne de son
père, et
lui succéda sous le nom de
Ménephtah. — XIXe dyn.
6033. — Granit rose. — Larg. 0m 74;
long. 0m 50.
Les Égyptiens déposaient au pied des statues ou
des
stèles qu'ils plaçaient dans les tombeaux et dans
les
temples, des blocs de pierre, ordinairement rectangulaires,
et munis, au
milieu de l'un des côtés, d'une
saillie
creusée en forme de gouttière. La face
supérieure
en est évidée plus ou moins
profondément,
et porte souvent, en relief, des ronds qui
représentent
les pains d'offrande, des vases à
libation couchés
à plat, et d'autres objets qu'on
avait l'habitude

d'offrir aux morts ou aux dieux.
C'étaient de véritables
autels, sur lesquels au
moment du sacrifice,
on déposait successivement les portions de
la victime,
les gâteaux, les fruits, les légumes, et
sur laquelle
on versait les liquides, l'eau, le vin, l'huile, la
bière etc., qui faisaient partie du sacrifice: de là
le
nom de
tables d'offrandes ou de
tables à libations
qu'on leur donne communément.
La table d'offrandes n
o 6033 a
été consacrée par
Thoutmos III
à son père Ammon Râ, lors de la
construction d'une des salles du temple de
Karnak.
— XVIII
e dyn.
Dans l'espèce de petite cour qui s'étend
derrière
le colosse de Ramsès II, entre le
Musée et le
Nil,
on remarque, contre le mur le plus
rapproché du
sphinx de Thoutmos III:
6025. — Calcaire blanc. — H. 2m 49;
larg. 1m 84.
Stèle de Ptahhotpou. — Ve dyn.
6027. — Calcaire blanc. — H. 2m 57;
larg. 1m 82.
Stèle de Papinas. — VIe dyn.
6028. — Granit noir. — H. 1m 20.
Statue de la princesse Nofirt, femme d'Ousirtasen Ier. — XIIe dyn.
6029. — Granit gris. — L. 1m 75; Iarg.
0m 78,
h. 0m 75.
Sarcophage du roi Psamitik II de la XXVI
e dyn.
Ce sarcophage se trouvait à
Damanhour, dans la
maison d'un des
notables du pays. Son existence
m'ayant été
signalée par M. Emile Brugsch-Bey,
Conservateur du
Musée, je l'ai fait transporter à
Boulaq en juin
1883. Il est de travail grossier et
inachevé:
I'intérieur en a été
évidé juste assez pour
recevoir la momie. La
cavité n'a que 1
m 40 de longueur,
ce
qui nous permettrait de penser que Psamitik
II, dont le règne
fut fort court et très insignifiant,
mourut avant d'atteindre
à I'âge d'homme.
Il est peu probable que notre sarcophage provienne
de
Damanhour
même ou des environs: il a dû être
porté dans cette ville de Sâ. el-Haggar, l'antique
Saïs,
où était, au témoignage
d'Hérodote, la sépulture de
famille des Psamitik.
— XXVI
e dyn.
La façade du Musée n'est pas encore
complétement
garnie de monuments: on y voit pour le moment,
une grande stèle de l'an 1
er d'Amasis
(XXVI
e dyn.),
une table d'offrandes
d'Ousirtasen I
er (XII
e
dyn.),
un gros scarabée sculpté en relief sur un
large
bloc de granit, et une patte de
sphinx gigantesque.
Des deux
cõtés de la porte siègent deux colosses
légèrement restaurés:
6020. — Granit gris. — H. 2m 35.
Roi, assis, sans barbe, probablement un des rois
de la XIIIe ou de la XIVe
dynasties. Ramsès II a
usurpé cette statue et y a
fait graver son nom.
6021. — Granit gris. — H. 2m 60.
Roi, assis, coiffé du pschent. Comme la
précédente,
elle représentait un roi de la
XIIIe ou de la
XIVe dynastic, mais a été usurpée par
Ramsès II.
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CHAPITRE DEUXIÈME.
LES DEUX VESTIBULES ET LA SALLE HISTORIQUE
DE L'OUEST.
§ I. — Petit vestibule.
Le petit vestibule ne renferme que peu de monuments
importants. D'abord,
quelques sarcophages,
la plupart en forme de momies, appartenant tous
à
l'époque grecque: le plus
intéressant, en calcaire
blanc compact (long. 2m 28), est celui du prophète
d'Osiris, Ounnofri, fils de la dame Nephthys.
Sur la paroi de droite, deux grandes dalles
détachées
d'un tombeau représentent
des scènes des funérailles.
21. — Calcaire blanc. — H. Im 37; larg.
2m
80. — (Mariette, Mon. Div., pl. 60.)
Bas-reliefs du tombeau de Hormin. Les scènes se
passent les
unes sur la terre, les autres dans l'enfer.

Le spectacle commence au second
registre. Le convoi
de Hormin défile devant nous. Des
esclaves passent
avec les coffres et les tables destinées au
tombeau,
des pleureuses suivent, puis la momie couchée
dans son catafalque et portée par un groupe de
prêtres:
le fils du mort et sa femme
Mâï marchent à
côté en se lamentant, et les amis vêtus de
leur plus
beau costume terminent la procession avec d'autres
pleureuses. Au-dessous, les serviteurs sont occupés
à préparer le repas funéraire, tout en
poussant les
cris obligatoires:
Que ta nuit soit
bonne éternellement,
que ton double ait de l'encens, de
l'eau, toutes
Choses bonnes! Dans le haut, des registres
à moitié
détruits nous font assister
au dernier adieu de la
famille. D'abord le prêtre
présente l'huile à la momie
debout devant lui.
Plus loin, un prêtre exécute
la
cérémonie de l'
Ouverture de
bouche, qui permettait
au mort de parler, de manger, de boire,
comme
de son vivant: cependant, la veuve accroupie pleure
et
embrasse les genoux de la momie. Par derrioère,
la famille
consacre les statues du défunt et leur présente
la libation.
A gauche, et dans le haut du monument, Hormin
se bat contre les mauvais
génies de l'enfer, contre le
serpent, contre
l'âne, emblème de Typhon, et contre
les
crocodiles.
20. — Calcaire blanc. — H. 0m 58; larg.
Im
08.
Ce bas-relief est comme le complément du
précédent.
Il représente la
scène de l'adieu au moment
où la momie, debout
à l'entrée de son tombeau, reçoit

les dernières
prières. Les femmes sautent en
s'arrachant les cheveux; les
hommes courent en agitant
des roseaux et en criant, pour
écarter les mauvais
esprits. — XIX
e dyn.
Rangées le long des murs commence la série des
stèles qui font la richesse du Musée de Boulaq.
Elles
sont pour la plupart, ou bien des épitaphes
trouvées
dans les tombeaux, ou des stèles votives
déposées
dans le grand temple d'Osiris,
à
Abydos.
1°. Chaque tombeau avait au moins une stèle qui
donnait le nom ou la filiation du mort. Quelquefois,
elle
était exposée en plein air, dans la paroi de la
montagne; le plus souvent, elle était cachée dans
la
chambre de réception. Quelquefois, elle est peinte
sur le mur ou gravée à même le rocher et ne
fait
qu'un avec lui; le plus souvent, elle avait
été taillée
dans un bloc
détaché, puis dressée ou
encastrée à
sa place. Presque toujours on la
trouve au-dessus du
puits, ou à côté
de la porte qui mène à la chambre
du sarcophage.
Il y a aujourd'hui peu de tombeaux
qui n'aient perdu leur
stèle.
2°. Les stèles votives sont de beaucoup les plus
nombreuses: elles proviennent toutes d'
Abydos. La
petite ville d'
Abydos
jouait un grand rôle dans les
dogmes relatifs à
l'autre vie. Les Égyptiens pensaient,
comme la plupart des
peuples, que le passage
de cette terre-ci à l'
autre terre ne peut pas se faire
indifféremment à tous les endroits. Le point exact
d'où
leurs âmes partaient pour entrer dans le
monde surnaturel,
se trouvait à l'Ouest d'
Abydos, et
c'était
une fente pratiquée dans la montagne. La
barque
du soleil, arrivée à la fin de sa course
diurne, se

glissait avec son
cortège de dieux par la
Bouche
de la
fente et pénétrait dans la nuit. Les
âmes s'y
glissaient avec elle sous la protection d'Osiris.
Il
fallait donc qu'elles se rendissent à
Abydos de tous
les points de l'Égypte; on supposait qu'elles faisaient
le
voyage par eau. Cette expédition est fréquemment
représentée sur les peintures des tombeaux.
D'ordinaire,
le mort, habillé de ses vêtements de
chaque
jour, commande la manoeuvre comme il aurait
fait pendant la
vie. D'autres fois, il est enfermé
dans un catafalque
entouré de pleureuses et de prêtres.
Des canots
et des chalands chargés d'offrandes
escortent les barques
principales. Les gens de l'équipage
poussent des cris de bon
voyage: « En paix,
en paix, auprès d'Osiris!
» ou causent et s'excitent
entre eux. On serait
tenté de croire qu'il s'agit d'une
véritable
expédition, et les anciens se sont laissés
prendre aux apparences. Ils racontaient que les plus
considérés et les plus riches des Égyptiens
se font
enterrer dans
Abydos, parce qu'ils estiment à
honneur
de reposer auprès d'Osiris. En fait, les
personnages
qui font la traversée dans les peintures ne
vont pas réellement à
Abydos: ils sont
enterrés à
Memphis, à
Béni-Hassan, à Thèbes ou dans telle
autre ville. C'était leur âme qui partait en
voyage
après la mort: tout au plus les parents
envoyaientils
une stèle à
Abydos. On la
déposait
auprès de
l'escalier
du dieu grand, où elle figurait le tombeau
tout
entier, comme la représentation du voyage figurait
le voyage
lui-même.
Entre deux des murailles qui formaient l'enceinte
des temples d'
Abydos,
s'étendait une sorte de couloir


Stèle de Sokarkhâbiou (IIIe dynastie).

profond, irrégulier,
clos à ses deux extrémités
par des
murs de briques crues. Sous la VI
e
dynastie,
quelques riches personnages y firent construire
leur
tombeau: plus tard, les pèlerins ou les dévots
déposèrent, dans les espaces laissés vides,
leurs
exvoto
funèbres, leurs stèles, leurs statues, qui
comblèrent
à la longue l'espace compris entre les
murallies.
Il y a vingt ans encore, cette masse compacte,
isolée au milieu des ruines du temple, formait
une sorte de
butte artificielle qu'on nommait
Kom
es-soultân: autrefois, c'était l'
escalier du dieu grand.
Quatre-vingts sur cent des stèles qu'on trouve dans
les
musées du monde entier ont été
tirées de cet endroit.
Dans l'esprit des Égyptiens, la stèle
n'était pas
seulement une épitaphe, un morceau de
pierre chargé
de rappeler aux
générations futures que tel ou telle
avaient
existé jadis. Elle conservait le nom et la filiation
de
chacun, et donnait au mort un état civil
sans lequel il
n'aurait pas eu de personnalité: un
mort sans nom aurait
été comme s'il n'existait pas.
Ce
n'était là toutefois que la moindre vertu de la
stèle: grande ou petite, quadrangulaire ou arrondie
au
sommet, avec ou sans figures, il suffisait qu'elle
eût
été consacrée, pour assurer des moyens
d'existence
à celui dont elle portait le nom, et pour
le
mettre en possession de toutes les choses
nécessaires
à la vie dans l'autre monde.
L'idée qu'on attachait à la stèle n'a jamais
variée:
les formes matérielles que cette
idée a revêtues se
sont modifiées
beaucoup selon les époques. Prenez
deux des
stèles les plus vieilles qu' on connaisse
jusqu'à
présent, celles du
Cousin royal Shiri,
prêtre

du roi
Pirsen (
Salle de l'Ancien Empire, n
o 1027)
et celle de
Sokarkhâbiou surnommé
Hotés (
Salle de
l'Ancien
Empire, n
o 993). L'aspect en est d'une
porte
un peu étroite, un peu basse, dont la baie ne
serait
pas ouverte. L'inscription gravée sur le linteau
nous apprend le nom du maître du tombeau. Les
figures
taillées dans les montants sont ses, portraits
et ceux des
personnes de sa famille. La petite scène
du fond le montre
assis devant sa table, et même
on a pris soin de graver
à côté de lui le menu de
son repas. La
stèle était, à proprement parler, la
façade
extérieure de la
maison
éternelle où chacun allait
reposer
à son tour. Rien d'étonnant qu'on l'ait
faite
à la semblance d'une porte; si la porte est
fermée,
c'est que nul ne devait
pénétrer dans la chambre
du sarcophage,
passé le jour de l'enterrement. Avec
le temps, chacun des
éléments qui la composaient,
perdit sa valeur
architectonique. Même quand elle
a encore des propositions
colossales, comme c'est le
cas pour celles de
Papinas (
Cour, n
o
6027) et de
Ptahhotpou (
Cour, n
o 6025), les montants, le linteau,
la niche
n'ont plus que quelques centimètres
de relief. Une fois
transportées sur une surface à peu
près unie, toutes ces parties furent soumises aux
lois de la
perspective égyptienne. Les dessinateurs
avaient l' habitude
de décomposer leurs sujets en
plans verticaux qu'ils
superposaient: le registre le
plus voisin du sol répondait
au plan le plus rapproché
du spectateur, les registres
suivants répondaient
à des plans de plus en plus
éloignés. D'après
ce principe, la
scène qui occupait le fond de la niche
fut
reportée au-dessus du linteau, et occupa désormais

Stèle de Ptahhotpou (Ve dynastie).



Stèle de Sitou (IVe
dynastie).

le haut de la stèle.
Les bas côtés furent rabattus
sur le
même plan que la face extérieure des
montants, et
restèrent séparés l'un de l'autre par
une
sorte de rainure longue et étroite, qui rappelait
la place remplie jadis par la paroi du fond. La
stèle ainsi
constituée demeura la stèle - type pendant
les
trois dernières dynasties de l'Ancien-Empire
(IV
e—VI
e),
sans qu'on jugeât nécessaire d'en reproduire
toutes les parties. Quelquefois, on négligeait le
registre
supérieur, et on se contentait de la partie
architectonique:
c'est le cas pour les deux stèles de
Sitou que renferme le Musée (
Salle de l'Ancien-Empire,
n
os 883, 1043). Le plus souvent, on
supprimait
la partie architectonique, et on ne gardait que
la
scène située jadis au fond de la niche, et dont
on
modifiait plus ou moins l'arrangement. En même
temps, les textes hiéroglyphiques prenaient plus de
développement. L'inscription se bornait d'abord à
énumérer le nom et les titres du défunt, sa
filiation,
les provisions qu'on lui servait les jours de
fête: on
y joignit une prière, où l'on
adjurait les dieux des
morts de lui assurer une destinée
heureuse dans le
monde infernal. Le dieu invoqué est presque
toujours
le chacal Anubis ou le
Dieu Grand,
c'est-à-dire
Osiris: la formule est toujours
brève. Les longues
prières et les
éloges pompeux ne commencent
guères
qu'après la VI
e dynastie,
à l'époque
encore mal définie
où la puissance memphite déclina,
et
où Thébes prit en mains les destinées
de
I'Égypte.
Les stèles carrées d'origine thébaine
procèdent
directement des stèles de la VI
e dynastie, où l'on

n'avait conservé que
la scène gravée primitivement
au fond de la
niche. Une corniche, tantòt sculptée
en relief,
tantôt simplement indiquée au pinceau,
deux
baguettes rondes ou deux platebandes placées
à
droite et à gauche, sont tout ce qui rappelle la
porte
antique: encore disparaissent-elles souvent.
La scène
elle-même se complique d'éléments
nouveaux.
La stèle du
prince
héréditaire de Thèbes,
Entef
(
Grand Vestibule, n
o
167), nous fournit un bon
exemple de ces modifications, et nous montre
de
quelles conceptions elles provenaient. La porte de
l'hypogée est dessinée au milieu du registre
inférieur:
à gauche, deux serviteurs
amènent chacun
une gazelle d'espèce
différente, à droite, deux bouchers
égorgent un boeuf sous la surveillance d'un
prêtre. Au-dessus de la porte, c'est-à-dire dans
le
tombeau même, Entef est assis sous un dais
supporté
de colonnettes peintes. Son chien favori est
à
côté de lui sous son fauteuil: un
peu derrière lui,
à gauche, un homme
l'évente avec un grand chassemouche,
à droite, un
autre domestique lui tient sa
canne et ses sandales, en attendant qu'il
lui plaise
s'en servir. Trois serviteurs viennent en procession
lui offrir, l'un de
la bière douce,
l'autre une cuisse
de boeuf, le troisième un panier de pain,
tandis que
des provisions diverses sont étalées
à terre devant
lui. Jadis, tous ces détails, la
boucherie, l'apport des
offrandes, les processions d'esclaves et de
parents,
étaient gravés sur les parois du
tombeau: les voilà
passés sur les
stèles. La stèle était jadis la porte
du
tombeau: elle tend de plus en plus à devenir le
résumé du tombeau lui-même. Et cette
tendance se

Stèle d'Entef (XIe
dynastie).


manifeste non-seulement dans le
choix des sujets,
mais dans la forme extérieure de la
pierre. La stèle
Memphite avait la forme carrée
des Mastabas de Gizéh
ou de
Saqqarah: la stèle
Thébaine s'arrondit
au sommet, comme les chambres
funéraires de la
Moyenne et de la Haute Égypte.
La stèle carrée au
sommet est
l'abrégé des tombeaux carrés: la
stèle
cintrée, l'abrégé des
tombeaux voûtés, creusés dans
le roc.
Ce changement dans le caractère des
représentations
devait entraîner
nécessairement des changements
importants dans le
caractère des inscriptions.
La formule qui se maintiendra
jusqu'aux derniers
jours de l'Égypte est dès
à présent fixée dans ses
grandes
lignes. La rédaction la plus simple en est
à peu
près conçue en ces termes: «
Présentation de
la table d'offrandes
(Souten di hotpou) au dieu X
pour qu'il donne des provisions
en pain, en eau,
boeufs, oies, en lait, en vin, en bière, en
vêtements,
en parfums, en toutes les choses bonnes et
pures dont vit Dieu, au
double de
N. fils de
N.»
La
théorie du sacrifice funéraire et la destination
de la stéle nous sont révélées
tout entières par ces
quelques mots. Comme les vivants ne
sont pas en
communication directe avec les morts et ne peuvent
leur transmettre les offrandes de la main à la main,
ils
prennent un dieu pour intermédiaire et lui
dédient
le sacrifice, à la condition qu'il
prélevera la
part du mort sur toutes les bonnes choses
qu'on
lui présente et dont il vit. Le
double des pains, des
boissons, de la viande passait de la
sorte dans l'autre
monde et y nourissait le
double de l'homme. Il n'y

avait même pas
besoin que cette offrande fût réelle
pour
être effective: le premier-venu, répétant
en
l'honneur du mort la formule de l'offrande, procurait
par cela
seul au
double la possession de tous
les objets
dont il récitait l'énumération. Aussi
n'étaitil
pas rare que l'on ajoutât à
la formule ordinaire
une adjuration, adressée à
tous ceux que la fortune
amènerait devant la
stèle. « O princes, chefs des
prophètes,
ô grands-prêtres,
ô prêtres célébrants et
initiés,
ô multitude des prophètes,
ô fonctionnaires,
ô citoyens vivants dans votre
ville, vous tous qui
serez dans ce temple et qui passerez devant
ce
monument, récitez cette stéle, soit que vous
désiriez
qu'
Osiris Khontamenti ne
cesse de vous présenter
ses gâteaux de
fête, soit que vous désiriez
qu'
Ouopouatou votre Dieu, dont plaisant est l'amour,
rende votre
coeur heureux comme celui d'un
roi, à toujours et
à jamais, si vous aimez la vie, si
vous voulez ignorer la
mort et assurer la force à
vos enfants, dites de votre
bouche:» «
Présentation
de la table d'offrandes, milliers de
pains, d'eau, de
gâteaux, de boeufs, d'oies, de parfums,
d'étoffes,
de toutes les choses agréables
dont vit un dieu,
au double de S-hotphitrî, fils de la
Dame Moutnibdidit.»
(
Salle
historique de l'Ouest, no
125). Ces
deux formules sont la partie essentielle de la
stèle,
le reste des inscriptions n'a qu'une importance
secondaire.
Tantôt, il fallait justifier les titres du
défunt
à la bienveillance des dieux: on racontait
sa
vie, on disait les faveurs dont le roi l'avait
comblé,
on célébrait ses vertus. On
pense bien que le rédacteur
de l'inscription n'avait garde
d'indiquer les

vices de son héros:
le dicton moderne,
menteur
comme une
épitaphe aurait été de mise en
Égypte,
et qeut-être le
découvrirons-nous un jour au coin
de quelque papyrus.
Souvent, afin de mieux assurer
au mort la plénitude de son
bonheur, on décrivait
les vicissitudes de sa vie
d'outre-tombe, et l'idée
qu'on s'en faisait variait selon
les époques. A la
XII
e dynastie,
on l'embarquait sur la barque du Soleil,
on le faisait participer aux
courses du dieu et
à ses triomphes. « Il a
passé le bras chargé d'offrandes
dans les
fêtes des morts avec les suivants
d'Osiris, et les chefs de
Mendès l'exaltent, les grands
d'
Abydos l'exaltent.
— Il a mis les mains à la manoeuvre
dans la
barque solaire, sur les voies d'Occident,
et les chefs d'
Abydos lui ont
dit: » « Va en
paix! » —
« Il conduit, avec le dieu Grand, jusqu'à
la
Bouche de la fente, la grande barque
sacrée
d'Osiris, lors de ses courses pendant les
fêtes des
morts, et Osiris, le taureau d'Occident, l'exalte.
»
Sous la XVIII
e dynastie, on
lui souhaite « la gloire
au ciel, la puissance sur terre, la
voix juste dans
le monde souterrain, d'aller et de venir dans son
tombeau, de se rafraîchir à son ombre et d'y
boire
chaque jour l'eau de sa citerne, de recevoir du
Nil tous les
aliments, toutes les herbes annuelles
chacune en sa saison, de poser
son âme sur les
arbres de son jardin, d'être au
frais sous ses sycomores
et de manger les fruits de leurs branches,
»
et mille autres prospérités
matérielles ou morales.
Souvent encore, l'invocation
traditionnelle au dieu se
compliquait d'un hymne, où le
défunt tâchait de se
rendre le dieu favorable en
l'accablant de compliments:

l'hymne finissait alors par
occuper tout et
ne laissait plus de place pour le reste des
formules
(
Grand Vestibule, n
o 292).
Les peintures ou les sculptures qui couvrent parfois
le champ de la
stèle sont comme la traduction
des légendes en
images. Prenons pour exemple
la stèle n
o 253 de notre Musée (
Grand Vestibule).
Au registre le plus bas, des
parents et des domestiques
apportent des offrandes. Au registre qui
vient
ensuite, le défunt
Ahmôs,
chef comptable des boeufs,
et sa femme
Pouhou, assis à gauche,
reçoivent l'encens
et l'eau de leur fils
Ah; une petite fille
Moutnofrit
est assise à côte de ses parents. En face,
à droite,
le père et la mère d'Ahmos
sont assis également.
Au dernier registre,
Ahmos, Pouhou, la petite
Moutnofrit,
et un autre fils d'
Ahmôs nommé
Mâhou, adorent
Osiris, assis dans
son naos. On voit à première
vue ce dont il
s'agit. Dans les deux registres du bas,
la scène est sur
terre, et les survivants de la famille
accomplissent l'action
indiquée au début de
la formule: ils
présentent la table d'offrandes au
mort et au dieu Osiris. Dans le registre du haut,
la scène
est en enfer: les morts de la famille adorent
le dieu, pour recevoir de
lui les portions qui
leur reviennent de l'offrande faite sur terre.
C'est
la mise en action de la seconde partie de la formule,
d'après laquelle le dieu doit donner des milliers
de pains,
de boeufs, etc., au
double en faveur
de qui on
accomplit le sacrifice. Toutes les scènes
représentées sur les stèles ne sont que des
variantes
des scènes figurées sur la
stèle d'Ahmôs. Sous
la XII
e dynastie, où l'on n'aimait pas beaucoup

Stéle d'Ahmos
(XVIIIe dynastie).



Stèle no 165
(XXe dynastie).

reproduire l'image des dieux,
la scène qui se passe
devant Osiris est presque toujours
remplacée par la
formule; en revanche, la
présentation de l'offrande,
le sacrifice, le
défilé de la famille et des vassaux
occupent une
grande place. Sous la XIII
e et la
XIV
e dynasties, on remplace fréquemment
les registres
de personnages par des listes, où sont
énumérées toutes les personnes qui avaient
assisté ou
auraient dû assister à
l'enterrement. Sous le Nouvel
Empire, on joint quelquefois aux
scènes d'offrandes
la représentation de
l'enterrement, le transport de
la momie, les lamentations des femmes,
l'arriveée à
l'hypogée (
Grand Vestibule, n
o 165).
Quand on supprimait
quelques détails, ce n'était
pas, comme sous
la XII
e dynastie, ceux qui
avaient trait à l'adoration
du dieu par le mort, mais ceux
qui se rapportaient
à l'enterrement ou au sacrifice. Quand
il n'y a qu'un
seul tableau, le dieu y figure, et alors la formule
est
gravée au bas de la stèle, à la
place qu'occupaient
les scènes supprimées.
Tels sont les faits principaux qu'il importe de
connaître
pour comprendre le sens que les Égyptiens
attachaient
à la stèle. Il ne me reste plus qu'è
signaler
les plus curieux parmi les monuments de ce genre
que
renferme le Petit vestibule.
3. — Calcaire blanc. — H. 0m 24.—
(Mariette, Mon. Div., pl. 47 c.)
Stèle funéraire en l'honneur d'Ounnofri, fils de
Ziba, mort à l'âge de 51 ans, I mois, 27
jours.—
Epoque Saïte.
Louxor.
19. — Calcaire blanc. — H. 0m 23. —
(Mariette, Mon. Div., pl. 47 d.)
Stèle funéraire en l'honneur de Panofrihaf, fils
de
la dame Tetosiri, mort à l'âge de 57 ans, 10
mois,
4 jours. — Epoque Saïte.
Louxor.
50. — Calcaire blanc. — H. 0
m 30; larg.
0
m
19. — (Marietta,
Abydos, III, p. 355, n
o 993.)
La chanteuse Sitathor est représentée accroupie,
et jouant de la harpe devant sa fille Anoukitnofirhotpit. —
XIIIe dyn.
§ 2. — Grand vestibule.
Il est presque entièrement rempli des stèles
trouvées
dans les fouilles d'
Abydos. On y remarque, en
commençant par le mur à gauche de la porte
d'entrée:
143. — Calcaire blanc. — H. 0
m 40; larg.
0
m
29. — (Mariette,
Abydos,
III, p. 178—179,
n
o
663.)
Stèle funéraire d'Apenônkh, fils de la dame
Aki.
La cavité ménagée au centre de la
pierre était destinée
à recevoir une
statuette, celle d'un dieu ou
celle du défunt: cette
particularité n'est pas rare dans
notre musée, et
je la signale ici une fois pour toutes.
165. — Calcaire blanc. — H. I
m 65; larg.
0m
58.
Au premier registre, deux personnages sans légende
sont
devant Osiris. Au second est la scène des

funérailles. La
momie de Phrâmhabi est debout devant
la porte de son
tombeau; sa soeur Aati lui
embrasse les genoux en se lamentant. Au
registre
suivant, le Chef des fondeurs Amenemhabi, assis
avec sa
soeur Aati, reçoit l'offrande de deux parents.
L'inscription
ne renferme que la formule ordinaire
de dédicace au nom
d'Amenemhabi. — XX
e dyn.
166. — Calcaire blanc. — H. 0m 30.
Les dieux Osorhapi, Ammon-Râ, Mout et Khonsou,
de la
localité de Bokhnou, reçoivent
l'offrande d'un
roi dont le cartouche est vide. Ce cartouche,
rempli
vers 1856 par une main moderne, a été
martelé
soigneusement lors de l'entrée au
Musée, pour éviter
toute erreur.
167. — Calcaire blanc. — H. 0m 95; larg.
0m
73. — (Mariette, Mon. Div., pl. 50 b.)
Stèle d'Entef (cfr. p. 34). — XIe dyn.
Drah abou 'l neggah.
168. — Calcaire blanc. — H. 0m 39; larg.
0m
26.
Stèle d'un travail très fin: les figures ont
été martelées,
et les inscriptions,
simplement tracées à l'encre
noire, ont
été effacées à
l'éponge dès l'antiquité. —
XIIe dyn.
169. — Calcaire blanc. — H. 0m 90; larg.
0m
59. — (Mariette, Mon. Div., pl. 56, 2.)
Sous la corniche, deux séries de personnages sont
agenouillées en face d'un amas de provisions. Au

premier registre, le Chef des
marchands du temple
d'Aton, Houi, accompagné de sa femme
Notmmannofri
et de son fils, fait le sacrifice à son
père et
à sa mère. Au second, il est
arrosé d'eau parfumée
par son propre fils Iri.
Cette stèle doit dater de la
fin du règne
d'Aménophis III ou du commencement
de celui
d'Aménophis IV: elle prouve en tout cas
l'existence
à
Memphis d'un temple du dieu Aton.
171. — Calcaire blanc. — H. 0
m 34; larg.
0
m
24. — (Mariette,
Abydos,
III, p. 499,
n
o 1314.)
Les dieux Osiris, Isis, Horus, et la barque sacrée
d'Osiris
à
Abydos, reçoivent l'hommage d'une famille
de
huit membres, dont les chefs sont Sônkhihor et
sa soeur
Rânofrit. — Ep. Saïte.
176. — Calcaire blanc. — H. 0
m 55; larg.
0
m
34. — (Mariette,
Abydos,
III, p. 427,
n
o 1141.)
Stèle funéraire au nom de
Phtahmâkouï et de la
dame Skhamnofrit. Au dernier
registre, on remarque
une déesse qui, sortant à
mi-corps du feuillage
d'un sycomore, verse de l'eau sur deux
femmes
et sur un épervier à tête et
à bras d'homme: c'est
la déesse Isis qui donne
l'eau de jeunesse à l'âme
du mort, à
sa femme et à sa fille. — XXe dyn.
190. — Calcaire blanc. — H. 0
m 31; larg.
0
m
34. — (Mariette,
Abydos,
III, p. 450, n
o 1195.)
L'enseigne d'Osiris est debout au milieu de la
stèle,
supportée de chaque côté par une figure de
roi,
et flanquée à droite et à gauche
de deux autres enseignes
surmontées du bélier: un
Hor et une Isis
complètent la triade d'
Abydos. La formule
porte le
nom de la Chanteuse d'Ammon, Tamout, et de sa
fille
Moutemapit. — XX
e dyn.
205. — Calcaire blanc. — H. 0
m 26; larg.
0
m
38. — (Mariette,
Abydos,
III, p. 195, n
o 694.)
La partie supérieure du monument a disparu: ce
qui reste
offre les traces de deux époques différentes.
Le
registre du haut appartient à une famille de la
XIIe dynastie. Vers la XVIIIe dynastie, un Comptable
du blé et chef des
Greniers d'Osiris, Tounna, a fait
briser la stèle et a
gravé son nom sur les parties qui
n'avaient pas
été remplies autrefois.
244. — Calcaire blanc. — H. 0
m 37; larg.
0
m
33. — (Mariette,
Abydos,
III, p. 435,
n
o 1161.)
Stèle funéraire, en l'honneur du prêtre
d'Hor,
Houho, de sa première femme Khaïtbasti, de
sa seconde
femme Hathor, de sa troisième femme Tontapit
et de la fille de cette dernière Moutnofrit. Il
résulte
des termes du texte que ces trois femmes ne
vivaient pas simultanément dans le harem de Houho,
mais
furent épousées l'une après l'autre, et que
les
deux premières étaient mortes avant le
mariage de
la troisième. — XIXe dyn.
254. — Calcaire blanc. — H. 0
m 88; larg.

0
m
48. — (Mariette,
Abydos,
III, p. 320—321,
n
o
905.)
Le prince héréditaire Amoni est assis en grand
pompe devant la porte de son tombeau, la canne et
le sceptre
à la main. Devant lui sont assis par terre,
sa femme
Gouaït, fille de Tiounhâaou (pain des petits
enfants) et deux autres personnes de la famille: les
personnages
figurés aux registres suivants sont des
amis ou des parents
venus pour prendre part au
repas funéraire. —
XIIe dyn.
261. — Calcaire blanc. — H. I
m 06. —
(Mariette, Mon. Div., pl. 94.)
Table d'offrandes du Docteur, scribe en chef, Sitou.
Des offrandes
diverses, volaille, raisin, pain, etc. sont
figurées sur la
partie postérieure. Le bassin où coulait
la
libation est divisé en étages, qui montrent la
hauteur de l'eau dans les réservoirs aux saisons:
vingt-deux
coudées en hiver et au printemps, vingttrois
en automne et
au commencement de l'hiver,
vingt-cinq pendant
l'été. — VIe
dyn.
Dahshour.
285. — Calcaire. blanc. — H. I
m
17.
Cette statue et la suivante ont été tirées
du tombeau
de Khâï, gardien du Trésor
de la chapelle funéraire
de Ramsès II. Le mort,
assis, tient devant lui
une petite chapelle portative, qui renferme une
image
d'Osiris. Deux classes assez différentes avaient
le
droit de porter ces petites chapelles: des prêtres
de
haut rang, qui ne paraissaient en public avec leur
fardeau que
dans les processions solennelles; des religieux
ambulants, qui s'en
allaient à travers le pays,

comme certains moines italiens
font encore aujourd'hui,
exhibant leur dieu à la
vénération des fidèles.
Il va de soi
que Khâï appartenait à la
première classe.
Le pilier auquel il est adossé
porte une prière à Phtah,
à Osiris,
à Sokari, à Nofritoum: elle parle de la
consécration
des deux statues que possède notre
Musée.
— XIX
e dyn.
286. — Calcaire blanc. — H. Im 10.
Autre statue du même personnage, dans la même
pose. Le naos renferme une statuette du dieu Râ.
291. — Calcaire blanc. — H. 0
m 93; larg.
0
m
55. — (Mariette,
Abydos,
III, p. 218—219,
n
o
741.)
Par une exception remarquable, le cintre de la
stèle est
rempli d'un tableau qui représente l'abattage
des victimes.
L'offrande est faite au nom de
Nakhti, fils de la dame Sitkhontkhiti.
— XIIe Dyn.
292. — Calcaire blanc. — H. 0m 31; larg.
0m
22. — (Mariette, Mon. Div., pl. 57 a.)
Au premier registre, le scribe Anaoua, majordome
de
Memphis, est en
adoration devant Toum à droite,
devant Harmakhis
à tête d'épervier, à gauche.
L'inscription est de celles dont j'ai parlé
(p.37—38),
où la formule est remplacée
par un hymne. Ici,
l'hymne est adressé au Soleil qui se
lève à l'horizon
pour aller se coucher au pays de
vie. « Salut à toi,
qui te lèves
à ton horizon sous la forme de Râ

reposant sur la
Vérité, toi que tous les êtres voient
quand tu traverses le ciel et vers qui ils viennent
en cachant leurs
faces! Donne - moi qu'au matin
de chaque jour, je sois florissant et
que je parcoure
le ciel avec ta majesté; car lorsque tes
rayons
tombent sur leur face, on ne peut te discerner, et
l'or
lui-même n'a pas ton éclat.» —
XIX
e dyn.
293. — Calcaire blanc. — H. 0
m 31; larg.
0
m
22. — (Mariette,
Abydos,
III, p. 451,
n
o 1200.)
Pamihou est en adoration devant une déesse assise,
qui porte
sur la tête une petite barque. C'est la
déesse
Noshemit, personnification de la barque sacrée
d'Osiris
à
Abydos.
297. — Calcaire blanc. — H. 0m 77; larg.
0
m 48. — (Mariette,
Abydos,
III, p. 319, n
o 904.)
Le chancelier Amoni, fils de la dame Qomtit, est
assis sous un naos
richement décoré. — XIIe dyn.
328. — Calcaire blanc, — H. 0m 35; larg.
0m
40.
Fragment de muraille représentant des troupeaux
de
chèvres et de boeuf. — Ve—VIe dyn.
329. — Calcaire blanc. — H. 0
m 97; larg.
0
m
66. — (Mariette,
Abydos,
III, p. 454,
n
o 1206.)
Au premier registre, deux processions de dieux
qui vont à la
rencontre l'une de l'autre: à droite
Osiris d'
Abydos, Isis
et la déesse de l'Amenti, représentée
par son embléme, à gauche Ammon
générateur,
seigneur de
Khemmis, Hor et Anubis.
Au
second registre, Rouï et sa femme Sokhit
reçoivent
les offrandes de leur fils Ramsès; en
face d'eux, à
gauche, le général du
roi, Khâï, et sa femme reçoivent
l'hommage de leur fils. Au troisième registre,
c'est
Ramsès et sa femme Ataï qui reçoivent
à leur
tour l'hommage de leur fils
Khâï et des personnes
de leur famille.
— XIX
e dyn.
330.— Calcaire blanc. — H. 0
m 48; larg.
0
m
27. — (Mariette,
Abydos, III, p. 382,
n
o 1057.)
Stèle du Grand-prêtre d'Ammon, vice-roi
d'Ethiopie,
Piônkh, fils du roi Hrihor, le seul
monument
connu de ce prince. — XXe dynastie.
Cette stèle appartient à une série de
monuments,
mal étudiés jusqu'à
présent, où l'offrande est faite pour
une partie
de l'âme humaine différente du
double,
à qui on adresse d'ordinaire les
prières. La partie
ignée de l'âme, le
Khou ou Lumineux, devait être
instruit des formules nécessaires
à sa gloire dans
l'autre vie,
muni
des amulettes et du viatique indispensables
à tous les
habitants de l'autre monde:
de là, les expressions de
Khou instruit et de
Khou
muni fréquentes dans les textes. C'est au
Khou instruit que s'adresse le proscynème, des
stèles, et
cette qualification de Khou avait
amené les théologiens
à mettre, devant
le nom du défunt, le titre de

Râ ou Soleil. Le
défunt est identifié ici au Soleil
comme il l'est
ailleurs à Osiris: l'idée de lumière
contenue dans le terme de
Khou, le
lumineux, se
continue dans le titre de
Râ. C'est au défunt glorieux
et
instruit, resplendissant et omniscient comme
le soleil, que s'adresse
le proscynème de nos stèles.
L'identification
avec Râ, qu'on croit avoir été
exclusivement
réservée aux rois, était
donc accordée
aux simples particuliers sous la XIX
e et sous la
XX
e dynasties, sinon plus tôt.
378. — Calcaire blanc. — H. I
m 60; larg.
0m
90. — (Mariette, Mon. Div., pl. 61.)
La corniche est mutilée: on y voyait, au centre,
la barque
solaire, devant laquelle se tenaient, à droite
et
à gauche, un cynocéphale en adoration et une
figure agenouillée du défunt.
Sous la corniche, deux petits tableaux nous montrent
le Scribe en chef
d'Ammon, Phrâhiouïnamf, et
sa femme, la Chanteuse
d'Ammon, Niouhaï, agenouillés
devant le chacal
d'Anubis. Le tableau suivant
est l'arrivée du couple
défunt devant Osiris et Isis.
Osiris est appelé
successivement « le roi de l'Eternité,
le dieu
grand, sorti de l'eau primordiale, l'épervier
fort, le roi
des dieux, maître des âmes,
chef des
épouvantements, maître des diadèmes,
celui
qui est grand dans Hnès, qui paraît comme
bélier
dans Mendès, le suzerain dans le cycle des
dieux,
seigneur des couronnes dans Héliopolis, celui
qui
porte haut les deux plumes de sa coiffure, le roi
du ciel, le
souverain de l'Amenti, celui qu'ont
révéré
les dieux et les hommes, qui
fait ce qui est

juste et tourne le dos au
péché: quiconque connaît
l'humilité et compte ses actions justes, le
connaît
par là-même.» Sous
ce tableau, vient, comme on
doit s'y attendre, l'offrande au
défunt et à sa femme,
puis la formule:
« Offrande à Osiris et à Isis, …
pour
qu'ils m'accordent de recevoir l'offrande au tombeau,
la
libation qui sort de l'eau courante, pour
que mon âme sorte
où il lui plaira et qu'elle voie
Hor comme le voit
l'horizon.» — XX
e dyn.
379. — Albâtre. —
Diamètre, 0m 49.
Table d'offrandes en forme de disque plat semé
de godets et
portant en relief le signe hotpou, qui
sert
à écrire le nom des tables d'offrandes. —
Vedyn.
420. — Calcaire blanc. — H. I
m 14; larg.
0
m
80. — (Mariette,
Abydos, II, pl. 63 et t.
III,
p. 413 — 414, n
o 1122.)
Au premier registre, le Maître des essences et parfums
du
trésor royal, chef des coiffures royales du
Pharaon,
Româ, sa femme Soukhâ, sa fille Tapou,
et son
petit-fils Nihiaï, présentent leur hommage
à
la triade d'Osiris, Isis et Hor. Au second registre,
Româ et sa femme reçoivent l'offrande de leur
fils
Apii, chef des domestiques, et de plusieurs autres
membres de
la famille. Le troisième registre est
rempli tout entier par
un bel hymne à Osiris: « Salut
à toi,
Osiris, fils aîné de Sib, le plus grand des six
dieux issus de la déesse Nout, le grand favori de
son
père Râ, le père des pères,
celui qui est le plus

avant dans son coeur; roi du
temps, maître de l'éternité,
un en ses
manifestations, terrible, dès qu'il
sortit du sein de sa
mère, il réunit le couronnes,
il attacha l'uraeus
sur sa tête; multiforme, dieu
dont le nom est inconnu, et
qui a beaucoup de
noms dans les villes et dans les provinces; si
Râ
se lève au ciel, c'est au gré
d'Osiris, et s'il se
couche, c'est à la vue de ses
splendeurs! » —
XIX
e
dyn.
442. — Calcaire blanc. — H. 0m 70.
Zaï, vêtu d'une longue robe bouffante
ramenée en
tablier sur les jambes, est assis à
côté de sa femme
Naï, qui lui passe le
bras sur l'épaule. Au dossier,
un petit bas-relief nous
montre les deux époux recevant
l'offrande de la Chanteuse
d'Ammon Tinro.
XIXe dyn.
443. — Grès rouge. —
H. Im 05; long.
0m 50; larg. 0m 65.
Fragment de pilier quadrangulaire, gravé sur les
quatre
faces. Ramsès II, agenouillé, présente le
vin
à Ammon et à la déesse Mout.
— XIXe dyn.
445. — Granit rose. — H. Im 10; diam.
0m
75.— (Maspero, Zeitschrift, 1881, p. 118.)
Tambour de colonne représentant le Pharaon
Ménephtah,
en adoration devant un dieu dont le nom
est
détruit. On savait que Ménephtah triompha d'une
coalition formée par les Libyens et les
Peuples
de
la mer, mais on ne se savait pas jusqu'à
présent
à quel moment il convenait de placer sa
victoire:

l'inscription de cette colonne
nous apprend qu'elle
fut remportée en l'an V. —
XIX
e dyn.
446. — Granit rose. — H. I
m 50. —
(Mariette,
Abydos,
II, pl. 26, t.
III, p. 30,
n
o 347.)
Le roi Sovkemsaouf, de la XIIIe dynastie, est
debout,
marchant: sur la pierre qui unit ses deux
jambes est
représenté son fils, le prince Sovkemsaouf.
La
figure du Pharaon est mutilée, ce qui nous
empêche
d'en saisir complétement l'expression.
Cet accident
est d'autant plus à regretter, que le
morceau
est d'une très belle facture et donne la
meilleure
idée de ce qu'était l'art
égyptien un peu avant l'invasion
des Pasteurs. —
XIIIe dyn.
465. — Bronze. — H. 0m 27; long. 0m
64.
— (Mariette, Mon. Div., pl. 41.)
Ce lion fut trouvé dans le sebakh, avec
deux autres
lions plus petits et une plaque mince de bronze. Il
porte les cartouches d'Apriès (XXVIe
dynastie), et
faisait partie des pièces qui composaient
l'ornementation
d'une porte de naos. La partie postérieure
était
appliquée contre un mur, ou
appliquée sur une traverse
de bois qui maintenait l'objet en
place: la
chaîne, dont quelques anneaux pendent encore
entre
les pattes de devant, servait à rattacher ce lion
à
d'autres lions, disposés sur les
degrés de l'escalier
qui menait soit au naos soit
à une petite salle d'un
temple.
Comme fabrication, ce monument ne laisse rien
à
désirer: il a été coulé d'un
seul morceau, sauf
l'anneau de la chaîne, par le
procédé dit de fonte
au carton. Comme oeuvre
d'art, il nous donne un
bon exemple de l'habileté avec
laquelle les Egyptiens
savaient reproduire les formes animales. Le
lion
est représenté couché dans une
sorte de cage oblongue,
d'où ne sortent que sa
tête et ses pattes de devant:
la face et les membres ont une
expression de
force calme fort bien rendue. — XXVIe dyn.
Horbaït.
466. — Granit gris. — H. 0m 70.
Statue d'Osiris debout, dédiée par une Chanteuse
d'Ammon, Tashib. — XXVIe dyn.
Médinet-Habou.
467. — Granit gris. — H. 0m 67.
Autre statue d'Osiris, dédiée par la Chanteuse
d'Ammon
Moutiritis, dame de compagnie de la reine Ameniritis.
— XXVIe dyn.
Médinet-Habou.
468. — Albâtre. — H.
Im 67.
Cette jolie statue, un peu trop vantée au moment
de la
découverte, représente la reine Ameniritis, fille
du roi Kashta et soeur de Sabacon. Les formes un
peu longues et
grêles sont chastes et délicates: la
tête, surchargee de la grande perruque des
déesses,
est d'une expression un peu morne.
Malgré ses défauts,
cette statue n'en est pas
moins un des morceaux
les plus précieux du Musée.
Le socle sur lequel elle repose est de granit gris:
l'inscription donne
le nom et les titres de la reine.

Les deux noms
martelés sont ceux de Sabacon et
de Kashta, que les
monarques de la XXVI
e dynastie
considéraient comme des usurpateurs. — XXV
e dyn.
469. — Granit noir. — H. 0m 80.
Groupe d'Ammon et de Mout, consacré par le
roi
Séti Ier: le sculpteur a donné aux deux
divinités
les traits du roi. — XIXe dyn.
471. — Calcaire blanc. — H. 0
m 50; larg.
0
m
45. — (Mariette,
Abydos,
III, p. 113 — 115,
n
o
655.)
La dame Tanii demande à Osiris et à Anubis de
lui
accorder des milliers de pains, des milliers de
cruches de
bière, des milliers de boeufs et d'oies,
« des
milliers de pastilles d'encens et des parfums
divins qui naissent sur
le grand champ d'Héliopolis.»
Pour justifier
cette faveur des dieux, elle raconte les faveurs que lui ont
accordées les rois:
« J'ai
été une merveille parmi les êtres
doués de connaissance,
une femme rendue heureuse par
tous
les éloges qui sortent de la bouche auguste du
roi,
en vérité, car le roi m'a
récompensée par des repas
de chaque jour; quand
j'entrais, on me louait,
quand je sortais, ce n'était que
marques d'affection
accordées à ma parole et
à ma sagesse, que récits
des choses que j'avais
faites.» Aussi bien, Tanii
doit-elle jouir des bonheurs
réservés aux servants
d'Osiris: « elle
accourt à
Abydos, en ce jour dont on
ne parle point (le jour
de la mort), elle entre dans
le sanctuaire et en voit les secrets; elle
entre dans

la barque d'Osiris et parcourt
le fleuve sur la barque
du dieu; elle se manifeste comme Râ,
des guirlandes
de
fleurs de vie pour ses yeux,
son nez et
ses oreilles, des
fleurs
célestes pour ses membres;
Taït, la
déesse des étoffes, lui donne un
vêtement,
car elle a donné ses
vêtements à Aroîri, ce jour
où il a pris le diadème royal, et ton nez est
à toi,
tes deux yeux voient, ô Tanii.»
— XII
e dynastie.
§ 3. — Salle historique de l'ouest.
La plupart des monuments conservés dans cette
salle donnent
des renseignements précieux pour l'histoire;
presque tous ne
sont historiques qu'accidentellement.
Il peut arriver, en effet, que
les biographies
de particuliers, racontées sur les
stèles votives, fassent
des allusions plus ou moins claires
aux événements
de la vie publique: un
général parle de ses
campagnes, un ministre des
actes de son administration,
ou, sans prendre d'aussi hauts
personnages, un
scribe, un domestique, peut citer, à propos
d'un des
faits de sa vie, une date et un nom de roi. C'est avec
de
pareils éléments que nous parvenons à
reconstituer
tant bien que mal de longues périodes
d'histoire. II y
avait pourtant à côté
de ces documents inconscients,
des pierres que l'on avait fait graver,
avec l'intention
expresse de conserver la mémoire de tel ou
tel événement
à la
postérité. Après une guerre heureuse,
un roi dédiait dans un temple une stèle où
il vantait
ses exploits, énumérait les hommes et
les villes

prises, donnait le texte des
traités conclus avec l'ennemi.
La plupart de monuments de ce
genre que
renfermaient les temples ont péri, et le nombre
de
ceux qui subsistent est si restreint, que peu de
Musées
seraient en état d'en remplir une salle,
même
aussi petite que l'est notre
Salle
historique de l'ouest.
87. — Calcaire blanc. — H. I
m 23; larg.
0
m
60. — (Mariette,
Abydos,
II, pl. 51; t.
III,
p. 415 — 416, n
o 1124.)
Au premier registre, le roi Séti Ier, debout, fait l'offrande
à Osiris et à Isis la grande, dame du ciel.
Au
second, le défunt est agenouillé devant Anubis:
c'est Hori, attaché au temple de Séti Ier, et
gouverneur
de la Villa de Ramsès Ier. — XIXe dyn.
89. — Granit noir. — H. Im 85; larg.
Im
16. — (Mariette, Mon. Div., pl. 14.)
Cette stèle a été découverte en
1870, dans les fondations
d'une petite chambre de la mosquée
Shéïkhoun,
au Caire, par Mohammed Effendi
Kourshîd,
surveillant en chef du Musée.
Elle date de l'an VII d'Alexandre II, fils d'Alexandre
le Grand, et a
été dédiée par
Ptolémée fils
de Lagos, qui ne prend encore que
le titre de Satrape
d'
Egypte. Ptolémée
était déjà fort puissant:
«
il avait fait sa résidence de la Forteresse du roi
Alexandre
premier sur les bords de la mer Ionienne,
dont le nom primitif
était Rakôti, et où
il avait
établi beaucoup de Grecs avec leurs chevaux,

et beaucoup de
galères avec leurs soldats.
S'étant rendu avec
son armée au pays des Syriens,
pendant qu'ils lui livraient
bataille, il se jeta au milieu
d'eux d'un coeur hardi, comme un vautour
au
milieu des moineaux, il les prit en une seule fois,
et emmena
en Égypte leurs chefs, leurs chevaux,
leurs vaisseaux,
toutes leurs richesses.» Au retour
d'une campagne heureuse
en Marmarique, comme
il fêtait sa victoire et cherchait ce
qui pouvait être
agréable aux dieux
d'Égypte, un de ses conseillers
lui suggéra de
restituer au temple de Bouto les
biens que le roi Khabbash avait
donné aux dieux
de cette ville, lors de sa
révolte contre Xerxès Ier,
roi de Perse, et que
les Persans leur avait enlevés
après la victoire.
Ptolémée y consentit: la stèle se
termine par des imprécations contre quiconque essaiera
de
renouveler la spoliation. — Ep. grecque.
97. — Basalte gris. — H. 2
m 33; larg.
0
m
30. — (Mariette,
Abydos, t.
I, Pl. 2; t.
III,
p. 84—85, n
o 523.)
Montant de porte, utilisé dans la construction de
la margelle
d'un puits, au village arabe d'Harabat el
Madfounah. Il donne le nom et
les titres de Zaou,
frère de la reine
Mirirî-Onkhnas, femme du roi
Pepi Ier et mère des
rois Sokaremsaf Ier et Pepi II.
— VIe dyn.
98. — Granit rose. — H. Im 80; long.
Im
84; ép. 0m 43. —
(Mariette, Mon. Div.,
pl. I — 6.)

Les descendants des rois-prêtres d'Ammon-Râ,
exilés
en Nubie par les Pharaons de la XXII
e dynastie,
y avaient fondé,
avec les provinces conquises vingt
siècles plus
tôt par les rois de la XII
e dynastie,
un
royaume indépendant dont la capitale était
Napata
(Gebel-Barkal). Bâtie au pied d'une colline,
à laquelle
la piété des habitants
avait donné le nom de
Montagne
Sainte, et longtemps considérée comme un des
chefs-lieux de la province égyptienne d'Ethiopie, Napata,
aux mains de ses nouveaux maîtres, devint
une sorte de
Thèbes éthiopienne, modelée autant que
possible à l'image de Thèbes d'Égypte.
Ammon-Râ,
roi des dieux, y trônait en souverain
avec Mout et
Khons; le temple était construit à
l'imitation du sanctuaire
de
Karnak. C'est dans ses ruines qu'un
officier
égyptien de passage découvrit par hasard
en 1862
cinq stèles dont il remit des estampages et des
dessins
à M. Mariette. L'année
d'après, le gouverneur
de la province expédia les
cinq monuments au Musée
de Boulaq, sur l'ordre du vice-roi.
Notre stèle n
o 98 est de beaucoup la
plus ancienne.
Elle nous reporte vers l'an 740 avant notre
ère, et nous fait connaître l'état de
misère et de division
où était
l'Égypte. Le Sud et Thèbes appartenaient
déjà aux Ethiopiens: au delà, le pays
était
réparti entre vingt princes, dont quatre au
moins
s'attribuaient le cartouche et les insignes de la
royauté.
Au milieu de ces roitelets turbulents et pillards,
parut
un chef militaire d'origine obscure, Tafnekht,
seigneur de
Noutir près Canope. Il s'empara successivement
de tous les
nomes situés à l'Occident
de la branche
principale du fleuve, le Saïte, l'Athribite,

le Libyque, le Memphite.
Respectant les régions
situées à
l'Orient du Delta, où la XXIII
e
dynastie
tanite continuait à régner, il remonta
le cours du
Nil:
Méïdoum,
le Fayoum,
Hnès et son roi Pefàabasti,
Khmoun et son roi
Osorkon, le reconnurent pour
maître. Il poursuivait le cours
de ses succès et venait
de mettre à contribution
le nome d'Ouab, quand
les chefs encore indépendants du Delta
et de la Haute
Égypte s'adressèrent au seul
prince qui fût capable
de lui tenir tête,
à Piônkhi Miamoun, roi d'Ethiopie.
Piônkhi donna aux troupes qu'il avait en
Thébaïde
l'ordre de se porter en avant sans
retard, tandis que
lui-même rassemblait à Napata
le gros de ses forces
et se préparait à entrer en
campagne. La flotte éthiopienne
rencontra, au Nord d'
Abydos,
la flotte de Tafnekht
qui cinglait vers Thèbes, en
détruisit une partie
et força l'autre
à la retraite. Une seconde flotte,
montée par les
contingents de trois rois et de tous
les vassaux de Tafnekht, fut
battue, après un combat
de trois jours, et les Ethiopiens
vinrent aborder
au nome d'Oun. La lenteur de leurs mouvements
permit au roi Nimrod de se jeter dans Khmoun et
de la mettre en
état: une partie des troupes d'invasion
demeura en
observation devant la place, tandis que
le reste continuait de marcher
vers le Nord. Nimrod,
cerné de tous
côtés, ne pouvait plus espérer le
secours
de ses alliés ou de son suzerain: il n'en
continua
pas moins la résistance et tint les
envahisseurs
en échec. Il fallut, pour le
réduire, l'arrivée de Piônkhi
lui-même, avec de nombreux renforts. Piônkhi
changea l'attaque de Khmoun en siège régulier: il
fit élever des chemins d'assaut contre la muraille et

dresser des tours
chargées d'archers et de frondeurs.
En trois jours, la place
battue de tous les côtés
ne fut plus tenable et
son commandant fit demander
grâce par sa femme, la reine
Nsitentnsi, et par les
dames du harem. Piònkhi le
reçut à merci, entra
dans la ville au bruit des
acclamations, alla prier
au temple de Thot et prit solennellement
possession
du butin au nom d'Ammon Thèbain. La chute de
Khmoun entraîna la soumission de toute la moyenne
Égypte: Piônkhi parvint aux portes de
Memphis
presque sans coup férir.
A peine arrivé, il envoya sommer la ville. «Ne
fermez point vos portes; ne combattez point contre
la
Haute-Égypte. Shou, le dieu de Ja création,
où
j'entre, il entre, d'où je sors, il sort,
aussi ne peuton
résister à mes attaques. Je ne
veux qu'offrir
des offrandes à Phtah et aux dieux du nome
Memphite;
je veux honorer Sokari dans sa chapelle, voir
le dieu
Phtah, et puis je retournerai en paix. Si
vous me livrez
Memphis, elle
sera épargnée, et on
n'y fera pas même
un petit enfant pleurer. Voyez
les nomes du Midi, on n'y a
massacré personne,
excepté les impies qui
blasphémaient Dieu; ces obstinés
là,
on les a exécutés.» Piônkhi
avait fait appuyer
ses paroles d'un détachement d'archers,
de
matelots et de soldats du génie, qui devaient
s'emparer
du port de la ville. La garnison était sur
ses
gardes: elle repoussa ces troupes et leur infligea des
pertes
sérieuses. Bientôt après, Tafnekht profita
d'une
nuit obscure pour se jeter dans la place, avec un
grand
convoi d'armes et un corps de huit mille hommes,
fortifia les points
faibles de l'enceinte et partit

vers le Nord, afin de
rassembler une nouvelle armée.
Il comptait sur une longue
résistance, mais la
flotte éthiopienne, trompant
la vigilance des assiégés,
pénétra par surprise dans le port et y captura
tous
les navires qu'elle trouva, tandis qu'une partie de
l'armée se glissait le long de la rivière et
s'introduisait
dans la ville par les quais. Apràs deux jours
de
bataille dans les rues, la garnison mit bas les armes
et
Piônkhi put reprendre sa marche en avant. Il
s'empara des
forteresses avoisinantes et ne s'arrêta
qu'un instant
à Héliopolis, pour y célébrer le
sacrifice
royal. « Il monta l'escalier qui conduit au
grand
sanctuaire pour y voir le dieu d'Héliopolis, lui,
luimême.
Tout seul, il tira le verrou, ouvrit les
battants,
contempla son père Râ, mit en ordre
ses
deux barques sacrées; puis il ferma les battants,
plaça la terre sigillaire et y imprima le sceau
royal.»
C'était en quelque sorte prendre
possession du pouvoir
suprême. Osorkon de Bubaste reconnut
le nouveau Pharaon; un mouvement des Ethiopiens décida
les
autres princes du Delta à suivre son exemple.
Tafnekht,
abandonné de ses vassaux, demanda la paix,
et
Piônkhi la lui accorda sans conditions. Après
avoir
reçu, non loin d'
Athribis, au coeur même de
la Basse
Égypte, l'hommage de ses sujets, il reprit le
chemin
de son royaume, et rentra dans Napata, chargé de
gloire et de butin, «d'or, d'argent, de bronze et
d'étoffes
précieuses, de tous les bons produits
des pays
du Nord, de toutes les denrées de la Syrie et
de
l'Arabie.» Pour la première fois, depuis deux
cents
ans, le royaume des Pharaons était
reconstitué des
sources du
Nil bleu aux bouches du fleuve,
mais

non plus au profit de
l'Égypte. L'Éthiopie, si longtemps
vassale,
devenait maîtresse è son tour; Napata
régnait à la place de Thèbes et de
Memphis.
—
XXIII
e dyn.
Gebel-Barkal.
99. — Granit gris. — H. 2m 15; larg.
0m
70; ép. 0m 34. —
(Mariette, Mon. Div.,
pl. 11—13.)
C'est la plus moderne des cinq stéles du Gebel-Barkal;
on ne
saurait la placer plus haut que la fin
de l'époque persane
ou le commencement de l'époque
grecque. Le royaume de Napata
avait rompu toutes
relations avec l'Égypte. Les
contrées de la Nubie
inférieure, entre la
première et la seconde cataracte,
étaient
devenues presque désertes: les villes fondées
par
les princes de la XVIII
e et de la XIX
e dynastie
étaient en ruines, et
leurs temples commençaient à
disparaître sous les sables. Le royaume de Napata
avait sa
frontière aux environs de la seconde cataracte.
Il
était divisé en deux régions, comme
l'Égypte:
dans le To-Qonous se trouvaient, en remontant
le fleuve, Pnoubs, Dongoul (Dongolah), Napata,
Astamouras, au confluent
du
Nil et de l'Astamouras
(Astaboras), Béroua enfin, la
Méroé des géographes
Alexandrins;
au-delà de Béroua, on entrait dans le
pays d'Alo,
qui s'étendait le long du
Nil blanc et du
Nil bleu, jusque
dans la grande plaine de Sennaar.
Sur la frontière
méridionale du pays d'Alo, résidaient
les Asmakh,
descendants des soldats égyptiens,
émigrés
en Ethiopie au temps de Psamitik Ier. A
l'Est,
au Sud et à l'Ouest, entre le Darfour, le massif
d'Abyssinie

et la Mer Rouge, vivaient une
foule de tribus
à moitié sauvages, les unes
noires, les autres blanches
de race africaine, d'autres de race
sémitique,
les Rehrehsa (Rhausi, Rhapsii), au sud de
Béroua,
entre le
Nil bleu et le Tacazzé, les Madi
ou Maditi
(Mataïa, Matitae) entre le Tacazzé et
la chaîne de
montagnes qui bordent la Mer Rouge. C'est
parmi
ces pleuplades que le roi Horsiatef de notre
stèle
n
o 99 trouva
matière à victoires faciles. Neuf campagnes,
dirigées contre elles en l'an II, III, V, VI, XI,
XVI,
XVIII, XXIII et XXXIV de son règne, sont
racontées
successivement sans grands détails.
«L'an VI,
le 4 du mois de Shomou, moi, le fils du soleil,
Horsiatef,
vivant à jamais, je fis convoquer une
multitude
de soldats contre les Madidi. Je les frappai
dans leurs
villes, et je fis un grand carnage parmi
eux dans Labi, je pris leurs
boeufs, leurs vaches,
leurs ânes, leurs moutons, leurs
chèvres, leurs serviteurs,
leurs servantes, et c'est ta
crainte excellente, ô
Ammon, qui obligea le prince des
Madidi à m'envoyer
dire: Tu es mon Dieu, et je suis ton
esclave,
je ne suis qu'une femme. Puis, venant vers moi, il
me fit
apporter la rançon par les mains d'un homme.
Jerevins,
j'allai pour honorer Ammon de Napata, mon
excellent père, et
je lui donnai nombre de boeufs.»
Le butin passait presque
entier aux prêtres. Sans
parler des dons qu'il leur fit
à son avènement, il
restaura et enrichit les
temples des villes principales
de son royaume, à Napata, a
Béroua, à Galal, à Sahrosa,
à Sakalga, à Karti (Korté), à
Mahat, à Artinaï,
à Nahana,
à Pkimaton, à Pnoubs.
Gebel-Barkal.
101. — Granit noir. — H. 0m
31.
Tête mutilée du conquérant
éthiopien Taharqou,
le Tahrakah de l'Ecriture —
XXVe dyn.
Acheté à Louxor.
102. — Calcaire blanc. — H. 1
m 22; larg.
0
m
58. — (Mariette,
Abydos, t. II, pl. 50; t.
III,
p. 122—123, n
o 1136.)
Au premier registre, le prêtre de Pharaon,
porteéventail
à la droite du roi, le premier
héraut de sa Majesté,
Ramsès-emparî, surnommé Mion, est
agenouillé
devant Osiris et Isis d'
Abydos: les deux
cartouches
de Ménephtah sont gravés dans le
cintre et donnent
la date de la stèle. Dans le second
registre, il présente
le vin et l'eau à son
père loupa-âa, l'étranger,
et
à sa mère. La formule n'a rien de curieux qu'une
variante du nom: au lieu du sobriquet de Mion,
Ramsès -
emparî, porte une qualification sémitique,
Ben-Mizana du pays de Zor-Bisana. On ne doit pas
oublier que le nombre
des Syriens amenés en Égypte
par le commerce et
par la conquête était fort
considérable:
beaucoup entraient au service du Pharaon
et obtenaient des charges considérables. Leur
influence
s'accrut tellement dans les années qui suivirent
le
règne de Ménephtah, que l'un deux osa se
soulever
contre le roi d'alors et resta maître du pays
pendant
quelque temps. — XIX
e dyn.
104. — Granit noir. — H. 0
m 80; larg.
0
m
34. — (Mariette,
Abydos, t. II, pl. 32; t.
III,
p. 544, n
o 1427.)
Phtahmôs est debout dans une petite chapelle: il
était grand-prêtre de Phtah à
Memphis et
vivait sous
Thoutmos III, dont il porte les cartouches au cou et
sur l'épaule droite. — XVIII
e dyn.
105. — Calcaire blanc. — H. 1
m oo; larg.
0
m
70. — (Mariette,
Abydos, t. II, pl. 27
b;
t. III, pl. 236 — 237, n
o 771.)
Le roi Menkhâourî Nâhît est en
adoration devant
le dieu Min de
Coptos. C'est un monument presque
unique de la XIV
e dynastie.
106. — Granit noir. — H. 1m.
Les fouilles de Sân ont rendu au jour un certain
nombre de
monuments que M. Mariette a cru pouvoir
attribuer à la
période des Pasteurs. Ils se distinguent
en effet des autres
monuments égyptiens par
des caractéres bien
tranchés, comme on le reconnaîtra
sans peine, si
l'on compare la tête des
sphinx n
o 106 et 107, à celle des
sphinx de Thoutmos III
et de
Ramsés II, déposés dans la cour du
Musée. La
face est ronde, les yeux petits, le nez
écrasé, les pommettes
saillantes; la
lèvre inférieure avance
légèrement,
les oreilles sont celles du taureau,
et une criniére
de lion encadre le visage.
107. — Granit noir. — H. 1m 30.
Tous ces caractères sont marqués au plus haut
degré dans le
sphinx n
o 107, qu'on
est parvenu à reconstituer
presque entier; mais il porte, de
plus, des
inscriptions, qui nous permettent de refaire en partie
son histoire. Il porte sur l'épaule droite une
légende

martelée, dans
laquelle on a réussi à déchiffrer le
nom du roi pasteur Apopi. Plus tard, Ménephtah fit
gratter
le nom du roi pasteur et y substitua ses cartouches,
qu'il
répéta encore dans l'inscription de la
base. Plus
tard encore, un roi tanite de la XXI
e
dynastie,
Psioukhânou, grava ses cartouches sur la
poitrine.
Un examen attentif m'a fait reconnaître que
la surface de la poitrine a été rabaissée
pour recevoir
les cartouches de Psioukhânou, et par
conséquent
qu'il y avait là auparavant,
à la place d'honneur,
les cartouches d'un roi, celui
probablement pour qui
on fit le monument. Ce roi antérieur
à Apopi, était-il
un Pasteur ou un roi des
dynasties indigénes? On
n'a jusqu'à
présent aucun élément certain pour
résoudre
la question: aussi convient-il d'attendre de
nouvelles découvertes, avant d'affirmer que les
sphinx n
o 106 et 107, et les monuments de style
analogue
que possède le Musée de Boulaq, sont
l'oeuvre des
Pasteurs, ou représentent des princes
appartenant à
cette race conquérante.
108. — Granit noir. — H. 0m 48; larg.
0m
67; ép. 0m 34. —
(Mariette, Mon. Div.,
pl. 38.)
Table d'offrandes consacrée par le roi Pasteur
Aaknonrî Apopi. — XVIIe
dyn.
109. — Granit grisa — H. 1m oo; larg.
0m
90. — (Mariette, Mon. Div., pl. 39.)
Partie supérieure d'une statue colossale qui
représentait
un roi debout. Aucune inscription n'indique

le nom du personnage, mais la
ressemblance est
frappante entre ce fragment et les monuments de
Tanis:
aussi M. Mariette l'a-t-il attribué à un
roi Pasteur.
De toute maniére, la présence de ce
morceau
dans les ruines de la capitale antique du
Fayoum prouve,
que les princes qui régnaient à
Tanis en ce
temps-là étendaient leur autorité au moins
sur la
partie septentrionale de la Moyenne Égypte.
Mit-Farès.
112. — Granit rose. — H. 1m 24; larg.
0m
69. — (Mariette, Mon. Div., pl. 10.)
Une des cinq stéles éthiopiennes du Gebel-Barkal,
celle qu'on appelle d'ordinaire la stéle de l'excommunication.
Un roi, dont le nom a été martelé avec soin,
raconte,
qu'en «l'an II de son avènement, Sa
Majesté
se rendit dans le temple de son père
Ammon de
Napata, qui est sur la Montagne Sainte, pour en
chasser
cette secte odieuse à Dieu qui s'appelle les
Toumposiou Pirdoutkhaï ». Ces
gens paraissent avoir
eu pour principe de ne point cuire la viande du
sacrifice,
mais de la manger crue, comme les Abyssins
font
aujourd'hui encore le brindé.
«Ils avaient conjuré
en leurs coeurs de tuer tout
individu qui ne
partagerait pas leur doctrine criminelle, mais
Dieu
ne permit pas que leur parole s'accomplît.»
Le roi
les fit passer par le feu», et défendit
à leurs descendants,
sous les peines les plus
sévères, de jamais
entrer dans le temple d'Ammon
de Napata. — Epoque
persane.
Gebel-Barkal.
— Calcaire blanc compact. — H.
0m 80;
larg. 1m 30. —
(Mariette, Mon. Div., pl. 49.)
En 1860, M. Mariette découvrit cette stéle à
Drah
abou 'l neggah, dans une petite pyramide en briques,
située à la lisière des terres
cultivées. La partie supérieure
manquait
déjà. En 1882, un fellah du voisinage
brisa ce
qui restait pour construire une sakiéh:
je n'ai pu retrouver
tous les morceaux.
Les sept lignes d'inscription racontaient la construction
du tombeau, et
disaient que la stèle avait
été mise
en place l'an L du règne d'Entef IV. Derrière
l'inscription était le roi lui-même,
entouré de
ses quatre chiens favoris, dont les noms
berbères
sont traduits en Égyptien:
Bohoukaï, c'est-à-dire, la
gazelle, Abaïqour (le lévrier), P'hotes
c'est-à-dire Le
noir, etc.
Le Papyrus Abbott raconte que, sous le roi Ramsés
IX, une
bande de voleurs exploitait la nécropole
de
Thèbes et ne respectait même pas les tombes
royales. Une commission d'enquête, chargée de
vérifier
l'étendue des
dégâts, visita, entre autres, la tombe
du Pharaon
Entef, et décrivit la stéle qui figure au
Musée, mais en ne donnant que le nom du premier
chien
Bohoukaï. — XIe dyn.
Drah abou 'l neggah.
113. — Calcaire blanc. — H. 0
m 58; larg.
0
m
44. — (Mariette,
Abydos, III, p. 460,
n
o 1221.)
Au milieu de la stèle se dresse un obélisque dont
le sommet, arrondi comme celui de l'obélisque de

Bégig, est
surmonté d'un gros épervier. A droite, Osiris,
maître de Khenmerout, et Isis, sont debout; à
gauche, deux Horus coiffés de la double couronne.
Sous ce
registre de dieux, on trouve deux personnages
adorant, le
prêtre Pameroupaqon, et Pnibmos,
prêtre de Hor de
Khenmerou. — XX
e dyn.
114. — Granit gris. — H. 1m 62; larg.
0m
71. — (Mariette, Mon. Div., pl. 9.)
Le royaume d'Éthiopie, fondé par les descendants
des grands-prêtres d'Ammon, était une
théocratie
absolue. Le dieu choisissait le roi à
sa guise,
et la stèle 114, qui est le procès
verbal de l'élection
d'Aspalout, nous montre comment les
choses se passaient.
L'armée, réunie
près de la Montagne Sainte
à Napata, choisit six
officiers qui, réunis à d'autres
délégués des grands corps de
l'état, proposent qu'on
élise un roi.
«Allons, donnons-nous un maître qui
soit comme un
jeune taureau irrésistible!» Et cette
armée se prit à se lamenter beaucoup, beaucoup,
disant: «Notre maître est avec nous, sans que nous
le
connaissions encore! Comment pourrons-nousle
connaître!»
Et chacun d'eux dit à
l'autre: «Personne
ne le connaît, sauf
Râ lui-même; puisse le Dieu
détourner
de lui tout mal qui le menace en quelque
lieu qu'il soit!»
… Lors, l'armée de Sa Majesté
dit tout
entière d'une seule voix: «Mais, il y a
ce dieu
Ammon-Râ de la Montagne Sainte, qui est
le dieu
d'Éthiopie! Allons, marchons vers lui, ne
parlons pas en
ignorance de lui, car elle n'est pas
bonne la parole qu'on prononce en
ignorance de

lui! Posons le cas à
ce dieu, qui est le dieu du
royaume d'Éthiopie, depuis le
temps de Râ. Il nous
guidera, car les rois
d'Éthiopie sont de ses mains,
et il donne le pays
à son fils qui l'aime … » Voici
que
dit cette armée tout entière: « C'est une
excellente
parole, en vérité,» un
million de fois.
On se rend donc au temple; les délégués,
dûment
purifiés, vont se prosterner devant la
statue d'Ammon-Râ
et lui présentent leur
requête. Les prêtres
éthiopiens
savaient fabriquer des images miraculeuses,
capables de mouvement et de
parole: c'était un
art qu'ils tenaient de leurs
ancêtres égyptiens. Tous
les membres de la
famille royale défilent devant la
statue, qui reste
impassible. Aspalout arrive à son
tour, aussitôt
la statue le saisit et parle: «C'est lui
votre roi! c'est
lui votre maître qui vous fait vivre!»
et les
chefs de l'armée acclament le nouveau Pharaon.
Celui-ci
entre dans le sanctuaire, se fait couronner
par le dieu
lui-mêtme, puis se rend au milieu
des soldats. La
fête finit, comme finissent les fêtes
de ce
genre, par des distributions de pain et de bière.
— Ep. persane.
Gebel-Barkal.
122. — Granit gris. — H. 1m 32; larg.
0m
72. — (Mariette, Mon. Div., pl.
7—8.)
Quelques années après la conquête de
l'Égypte
par Assour-ban-habal, roi d'Assyrie, un des
successeurs
de Taharqou, Tonouatamoun, décidé par
un
songe qui lui promettait la royauté du Midi et du
Nord, avait, dès les premiers jours de son règne,
envahi
la Thébaïde. La stèle no 122 raconte son expédition
en
Égypte.

A Thèbes même et dans les environs, où les
descendants
éthiopiens des grands - prêtres
d'Ammon
avaient toujours conservé un parti puissant,
Tonouatamoun
n'avait rencontré aucune résistance.
Sur son
passage, les riverains de l'Ouest et de l'Est se
réjouirent
en grande joie, disant: «Va en paix!
Parais
en paix! Rends la vie à l'Égypte,
relève les
temples qui tombent en ruine, redresse les
statues
et les images des divinités! Rétablis les
fondations
pieuses faites aux dieux et aux déesses, les
offrandes
pour les mânes! Remets le prêtre
à sa place
pour satisfaire à toutes les
cérémonies du culte.»
Il battit les
troupes des petits rois confédérés du
Delta sous les murs de
Memphis, enleva la ville et
poursuivit les
vaincus. Ils n'osèrent plus l'attendre
en rase campagne,
s'enfermèrent dans leurs places
fortes et le
réduisirent à commencer une guerre de
sièges interminable. Impatienté de cette
résistance, il
rentra à
Memphis et ne savait
comment sortir à son
honneur de cette difficile entreprise,
quand les chefs
égyptiens le tirèrent d'embarras
par leur soumission.
Le plus puissant d'entre eux, Pakrour de
Pasoupti,
les amena rendre hommage au conquérant:
«Accordenous
les souffles de la vie, car il ne peut plus
vivre
celui qui te méconnaît! Nous serons comme
des
sujets, ainsi que tu l'as déclaré
dès le début, le jour
même ou tu
devins roi!» Le coeur de Sa Majesté fut
rempli de
joie, quand elle entendit ce discours: elle
leur fit donner des pains,
de la bière, toutes sortes
des bonnes choses.
Après avoir passé quelques
jours à
Memphis auprès de leur nouveau suzerain,
ils dirent:
«Pourquoi restons - nous ici, ô prince

notre
maître!» Sa Majesté leur
répondit: «Pourquoi?»
Ils dirent:
«Laisse-nous aller dans nos villes,
que nous donnions des
ordres à nos gens et
que nous t'apportions nos
tributs!» Ils revinrent
quelques semaines après
et Tonouatamoun rentra
dans son royaume chargé de butin. Son
autorité sur
le Nord ne dura probablement que le temps de
son
séjour à
Memphis: une inscription,
aujourd'hui déposée
au Musée de
Berlin, prouve qu'elle continua
de s'exercer trois années au
moins en Thébaïde. —
XXVI
e dyn.
Gebel-Barkal.
123. — Granit gris. — H. 1m 60.
Deux porteurs d'offrandes debout sur un même
socle. La
tête, surchargée d'énormes perruques,
présente
le type que nous avons déjà
vu sur les nos 106,
107 et 109 du
Musée. Mariette attribue ces monuments
au temps des
Pasteurs: ils furent ornés plus
tard à la XXIe dynastie des cartouches du roi
Psioukhânou.
— XVIIe
dyn.
127. — Calcaire blanc. — H. 1
m 90; larg.
0
m
46. — (Mariette,
Abydos, II, pl.
24—26;
t. III, p. 183—184, n
o 670.)
La stèle est couverte d'inscriptions sur les deux
faces et
sur les tranches. Elle a été
dédiée à S'hotpitrî,
qui
vivait sous Ousirtasen III et Amenemhâït III.
«Je me suis fait, dit ce personnage, ce tombeau selon
les
règles; en le bâtissant, j'ai fait des donations
en échange aux prophètes d'
Abydos.»
Toute
la stèle affecte une forme littéraire assez
rare à pareille

époque, et renferme
un panégyrique du roi régnant
déguisé en recommendations du mort à
sesenfants.
«Commencement de l'instruction qu'il a
faite
à ses enfants. — Je dis bien haut: Je vais
vous faire
entendre, je vais vous faire savoir des choses qui
donnent l'éternité, des choses qui donnent une
vie
nouvelle et une existence longue et paisible. Adorez
le roi
Amenemhâït III en vos seins, ayez toujours
Sa
Majesté présente en vos coeurs, car le roi est
le
dieu Omniscient, qui vit dans les coeurs et dont
les yeux
pénètrent tous les seins; c'est le dieu soleil
dont on voit les rayons, qui éclaire les deux
Égyptes mieux que le disque du soleil, qui fait fleurir
le
pays mieux que le
Nil à l'inondation, qui
remplit les deux
Égyptes de force, de vie, qui donne
la fraîcheur
aux nez, qui donne des provisions à
ceux qui le suivent, des
vivres à ceux qui marchent
dans ses voies. C'est la vie que
le roi; c'est l'abondance
que sa parole, c'est une création
perpétuelle
que son existence. C'est un dieu Khnoum
qui
modèle tous les membres, un générateur
qui
produit les êtres intelligents. C'est une
déesse Bast
qui protège les deux
Égyptes, quand on adore le
geste de sa main, mais il est une
déesse Sokhit contre
qui viole son ordre.»
— XII
e dyn.
127. — Granit noir. — H. 1
m 80; larg.
0
m
75. — (Mariette,
Karnak, pl. 11.)
Cette stèle, célèbre dans l'histoire
littéraire de l'Égypte,
renferme un
poème composé pour célébrer
les victoires de Thoutmos III. Le roi y est
représenté
adorant le dieu, qui lui
répond par un long

panégyrique. C'est
d'abord une sorte de chant en
prose poétique, où
bientôt viennent s'intercaler des
vers rythmés:
«Je suis venu, je t'accorde d'écraser
les princes
de la Phénicie du Nord, je les jette sous
tes pieds
à travers leurs contrées; — je leur
fais
voir ta Majesté, telle qu'un seigneur de
lumière,
lorsque tu brilles sur leur tête comme
mon image.»
«Je suis venu, je t'accorde d'écraser les barbares
d'Asie, d'emmener en captivité les chefs de la Syrie
Creuse;
— je leur fais voir ta Majesté couverte de
ta
parure de guerre, quand tu saisis tes armes, sur
le char.
«Je suis venu, je t'accorde d'écraser la terre
d'Orient;
la Phénicie et Chypre sont sous ta terreur;
— je leur fais voir ta Majesté comme un taureau
jeune, ferme de coeur, muni de ses cornes et à qui
on ne
peut résister.»
«Je suis venu, je t'accorde d'écraser les peuples
qui résident dans leurs ports, et les côtes de la
Cilicie
tremblent sous ta terreur; — je leur fais voir
ta Majesté comme l'hippopotame, seigneur de
l'épouvante
sur les eaux, et qu'on n'a pu
approcher.»
«Je suis venu, je t'accorde d'écraser les peuples
qui résident dans leurs îles: ceux qui vivent au
sein de la mer sont sous tes rugissements; — je
leur fais
voir ta Majesté comme un vengeur qui se
redresse sur le dos
de sa victime.»
«Je suis venu, je t'accorde d'écraser les Libyens:
les îles des Danaens sont au pouvoir de ta
volonté;
— je leur fais voir ta
Majesté telle qu'un
lion furieux, qui se couche sur leurs
cadavres à
travers leurs vallées.»
«Je suis venu, je t'accorde d'écraser les
contrées
maritimes, tout le pourtour de la grande zone
des
eaux est lié à ton poing; — je
leur fais voir ta
Majesté telle que le maître de
l'aile (l'épervier), qui
embrasse d'un clin d'oeil ce qui
lui plaît.»
«Je suis venu, je t'accorde d'écraser les peuples
qui résident dans leurs lagunes, de lier les
Bédouins,
maîtres des sables, en
captivité; — je leur fais voir ta
Majesté semblable au Chacal du Midi, seigneur de
vitesse,
coureur qui rôde à travers les deux
régions.»
«Je suis venu, je t'accorde d'écraser les barbares
de Nubie: jusqu'aux peuples de Pit, tout est dans
ta main; —
je leur fais voir ta Majesté semblable
à tes deux
frères Hor et Sit, dont j'ai réuni les
bras pour
assurer ta puissance.»
Cette partie du poème était devenue si
célèbre qu'on
la copia sur d'autres monuments,
pour célébrer les
exploits de Séti
Ier et de Ramsès III.
— XIXe dyn.
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CHAPITRE TROISIÉME.
SALLE DU CENTRE.
La porte de granit rose, par laquelle on passe pour
pénétrer du Grand Vestibule dans la Salle du Centre,
provient du temple d'Osiris, à
Abydos. Elle en avait
été enlevée, il y a plus de trente ans, par un
pacha

qui la fit transporter à
Bellianéh et l'abandonna sur
la berge sans plus s'en occuper:
elle a été installée
au Musée
au mois d'Avril 1882. Au milieu du linteau
sont les deux cartouches du
Pharaon Séti I
er
de la XIX
e dynastie. Sur les deux parois
latérales le
Pharaon, debout, fait offrande à
l'emblème d'
Abydos.
Au fond de la salle, juste en face de la porte, on
aperçoit la
statue du Pharaon Khafrî de la IVe
dynastie,
celui qui construisit la seconde des grandes
pyramides de
Gizéh.
3961. — Diorite. — H. 1m 68.
Elle a été trouvée dans le temple du
sphinx,
avec
les débris de huit autres statues du même prince (cfr.
Salle de l'Ancien Empire, no 974). Khafrî est
assis,
les mains allongées sur les genoux: un
épervier debout
sur le dossier du siège, enveloppe la
tête de
ses ailes, image du dieu Râ qui
protège son fils Pharaon.
On se demande comment les artistes
égyptiens
ont réussi à modeler avec tant
de souplesse une matière
aussi rebelle au ciseau que le diorite:
tout le
détail des genoux et de la poitrine est rendu avec
une fidélité et une vigueur merveilleuses. Une grande
expression de calme et de force est répandue sur
l'ensemble.
— IV
e dynastie.
Grandes-Pyramides.
Deux statues de mérite fort différent se font
visà-vis
dans les deux bras du transept. A gauche, est
le
fameux Sheïkh el-beled.
3962. — Bois. — H. 1m 10.
II est debout, le bâton à la main. Les jambes
manquaient:
il a fallu lui en rajouter, auxquelles on a

laissé la couleur du
bois nouveau. Les yeux sont
rapportés, comme c'est le cas pour
beaucoup de statues
égyptiennes. Ils sont formés d'un
morceau de
quartz blanc opaque, enchassé de bronze pour
simuler
la paupière: un morceau de cristal transparent
sert
de prunelle, et un petit clou d'argent, fixé sous
le cristal,
produit la paillette lumineuse de l'oeil vivant.
Par un hasard singulier,
la statue de ce vieil
Épyptien est le portrait exact d'un des
Sheîkh el-beled
ou maires du village de
Saqqarah: nos ouvriers arabes,
toujours
prompts à saisir les ressemblances, l'ont
appelée
aussitòt le Sheïkh el-beled et le nom lui en
est
resté. Le Khâfri et le Sheïkh el-beled sont
peutêtre
ce que l'art le plus ancien a
légué de meilleur
au musée de Boulaq:
seul, le scribe accroupi du Louvre
mérite de leur
être comparé. — IV
e
dyn.
3963. — Serpentine verte. H. 0m 96. —
(Mariette, Mon. Div., pl. 90.)
Le monstre qui est juste en face du Sheïkh el-beled,
n'est pas en
bronze, comme le disent la plupart des
drogmans et comme le croient la
plupart des visiteurs:
il est en serpentine verte polie. Ce
disgracieux
hippopotame au ventre arrondi et aux flasques mamelles
de
femme, est un des personnages importants
du Panthéon
Égyptien,
Apit, Toïrapit, Toiri,
ou
plus souvent, avec la désinence grecque,
Thouéris.
Appuyée de la patte gauche sur un noeud de
corde
mystique, elle avait protégé, contre son propre
mari
Set-Typhon, Isis enceinte d'Horus: elle passait depuis
pour
veiller sur l'âme des justes dans l'autre

monde, et, le couteau à
la patte, elle luttait contre
les mauvais esprits. Les Thébains
de l'époque Saïte
et
Ptolémaïque paraissent avoir eu pour elle une
vénération
particulière: son temple est
encore debout
aujourd'hui, à l'Est du temple de Khons
à
Karnak.
La statue a été découverte à
Thèbes, au milieu de
la Ville antique, par des fellahs en
quête de sebakh.
Elle était debout dans une petite chapelle en calcaire
blanc sculpté, que lui avait dédié le
prêtre Pibisi,
au nom de la reine Nitocris, fille de Psamitik
Ier.
Les Arabes mirent la chapelle en
pièces au moment
de la découverte:
peut-être aurons-nous un jour assez
d'argent pour en rapprocher
les morceaux subsistants
et pour la reconstruire dans un des coins du
Musée.
— XXVIe dyn.
Vitrine H.
Cette vitrine qui est à gauche de la statue de
Khafrî
renferme la plupart des bijoux que possède
le Musée.
Le plus grand nombre était dans le
cercueil de la
reine Ahhotpou que nous retrouverons Salle des Momies
Royales.
La momie de la reine Ahhotpou fut découverte
par les
fouilleurs arabes, en 1860, et confisquée par
le moudir de
Qénéh, qui la fit ouvrìr et s'empara
de
ce qu'elle contenait. Le bruit de la trouvaille
s'étant
répandu, M. Mariette mit la main sur le
cercueil et
sur les bijoux qui sont exposés dans la vitrine
H,
mais pas assez à temps pour empêcher que
beaucoup
d'objets précieux eussent été
volés.
La reine Ahhotpou était la femme de Kamos, roi
de la XVII
e dynastie, et peut-être la
mère d'Ahmos I
er

ou de sa femme Nofirtari. Son
cercueil était couché
à
même dans le sable, à Drah abou 'l neggah, et
cette
particularité inusitée a
été l'occasion de beaucoup
de conjectures. Il est
certain que jamais momie royale
n'a été
enterrée de la sorte, sans tombeau dés longtemps
préparé à l'avance: c'est donc par un
accident,
déjà fort ancien, qu'elle a
été déposée dans l'endroit
où les Arabes l'ont découverte. Je pense, quant
à moi, que vers la fin de la XX
e
dynastie, elle aura
été enlevée par
une des bandes de voleurs dont le
papyrus Abbott nous a
révélé les exploits: cachée
par eux, en attendant qu'ils eussent le loisir de la
dépouiller en sûreté, il est probable
qu'ils furent pris
et mis à mort, avant d'avoir pu
exécuter ce beau
dessein. Le secret de leur cachette
périt avec eux et
n'a été
révélé que de nos jours.
Il était d'usage à cette époque de placer,
entre les
linges qui enveloppaient la momie, tout ce qu'on pouvait
rassembler de bijoux ayant appartenu au vivant.
Les objets
précieux que possédait la reine Ahhotpou
et qui
sont exposés dans cette vitrine, sont:
3448. — Or, pierres précieuses et
pâtes de verre.
Un bracelet, s'ouvrant à charnières, et
formé de
deux bandeaux parallèles
ornés de turquoises. Sur
le devant, un vautour
déploie ses ailes, dont les plumes
sont formées
de pâtes de verre vert, de lapis-lazuli
et de cornaline,
enchâssées dans des cloisons d'or.
3449. — Or et perles d'or, de lapislazuli,
de cornaline et de feldspath vert.
Bracelet. Les perles passées sur des fils d'or forment
des
carrés, dont chaque moitié est d'une couleur
différente.
La fermeture se compose de deux lames d'or
réunies au moyen d'une aiguillette également en
or.
Elle porte le cartouche prénom Nibpehtirî
d'Ahmos Ier.
3450. — Or et perles d'or, de lapislazuli
de
cornaline et de feldspath vert.
Autre bracelet de même travail: sur la fermeture
le cartouche
nom d'Ahmos Ier.
3474. — Or.
Tête de lion d'un travail très fin. La tête
de lion
a la valeur poh, peh, et signifie la vaillance. Elle
entre comme
élément syllabique dans le prénom
Nibpehtirî d'Ahmos Ier: c'est pour cela sans doute
qu'on en
avait déposé un exemplaire en or sur la
momie de
la reine Ahhotpou.
3475. — Or, pierres précieuses, et
bois
de cèdre.
Hache d'apparat, dont le manche, en bois de cèdre
est
recouvert d'une feuille d'or: la légende du roi
Ahmos Ier y
est tracée en incrustations de lapis-lazuli,
de cornaline,
de turquoise et de feldspath vert.
Le tranchant est emmanché
sur une simple entaille
du bois, et maintenu en place par un treillis
de fils.
d'or. Il est en bronze noir, où il entre
peut-être de
l'argent et de l'or, et a
été doré. L'une des faces porte
des
lotus sur un fond d'or; l'autre nous montre Ahmos
menaçant
de sa hache un barbare à moitié
renversé,
qu'il tient par les cheveux. Au - dessous de

cette scène est
représenté le dieu de la guerre, Montou
Thébain, sous la forme d'un griffon à tête
d'aigle.
3476. — Or, pierres précieuses et
bois.
Poignard enfermé jadis dans une gaîne en or (cfr.
Vitrine H, no 3614). Le manche est en bois et
décoré
de triangles en cornaline, en
lapis-lazuli, en feldspath
et en or formant damier. Pour pommeau,
quatre
têtes de femme en or repoussé; une
tête de taureau
renversée, en or, dissimule la
soudure de la lame
au manche. Le corps de la lame est en bronze
noir,
serti d'or massif, et damasquiné. Sur la face
supérieure,
au-dessous du prénom
Nibpehtirî, un lion
poursuit un taureau, devant lequel
marchent tranquillement
deux grosses sauterelles. La face
inférieure
porte le nom d'Ahmos Ier et quinze fleurs
épanouies,
qui sortent l'une de l'autre et vont se perdant
vers
la pointe.
3477. — Or et pâte de verre bleu.
—
Long. de la chaîne 0m 90.
Grosse chaîne flexible terminée par deux
têtes d'oie
recourbées qu'on liait au moyen d'une
ficelle, quand
on voulait fermer le collier. Le scarabée,
qui lui sert
de pendeloque, a le corselet et les élytres en
pâte de
verre bleu, rayée d'or: les pattes et le
corps sont
en or massif.
3508. — Or et pierres précieuses.
Sorte de diadème, qui a été
trouvé engagé dans
les cheveux de la momie. Sur
le devant, le cartouche
d'Ahmos Ier (or et pâte bleue
imitant le lapis-lazuli):

de chaque
côté deux petits
sphinx en or ont l'air de
garder
le cartouche.
3509. — Or et perles en pierres
précieuses.
Les perles sont passées sur des fils d'or et forment
un
treillis à jour. Sur le fermoir, qui est en
or, le
prénom Nibpehtirî (cfr. no
3449 et 3450).
3510. — Or et pâte bleue imitant le
lapis-lazuli.
Le bracelet s'ouvre à charniàre maintenue au moyen
d'une aiguillette en or. Sur le fond bleu, Ahmos est
à
genoux entre le dieu Sib et ses acolytes.
3564. — Or.
Un des chapitres du Livre des Morts ordonnait de
déposer sur la poitrine de la momie un large collier
d'une
forme particulière (ouoskh). Toutes
les
pièces réunies sous le numéro 3564
faisaient partie
d'un collier de ce genre que portait la reine
Ahhotpou.
Les deux agrafes sont formées chacune d'une
tête d'épervier; les rangs sont composés de
cordes
enroulées, de fleurs à quatre
pétales en croix, d'antilopes
poursuivies par des lions, de
chacals accroupis,
d'éperviers, de vautours et d'uraeus
ailées. Toutes
les piàces sont en or
repoussé. Elles étaient
cousues sur le maillot de
la momie au moyen d'un
petit anneau soudé par
derriére.
3565. — Or et pierres précieuses.
Pectoral attaché, au-dessous du collier, sur la poitrine

du mort. La forme
générale est celle d'un naos:
Ahmos, debout dans
une barque, entre Ammon et Râ,
reçoit sur la
tête et sur le corps l'eau qui doit le purifier.
Le contour
des figures est dessiné par des cloisons
d'or: le corps se
composait de petites plaques
de pierres précieuses dont
beaucoup ont disparu.
3582. — Or, argent, bois et bronze.
Sur un petit chariot en bois, à roues de bronze,
est
montée une barque d'or massif. Douze rameurs
en or massif
voguent, sous les ordres du timonnier
et du pilote d'avant. Au centre,
un petit personnage
est assis, qui tient la hache et le
bâton de commandement.
Un cartouche, gravé
derrière le timonnier,
nous apprend que le mort à
qui était destinée primitivement
cette barque
était le roi Kamòs.
J'ai dit plus haut que le mort devait se rendre à
Abydos, par
eau, afin de passer dans l'autre monde
(cfr. p. 30): la barque 3582
servait à l'accomplissement
de la traversée.
3595. — Or.
Chaîne à laquelle sont suspendues trois mouches
d'or massif. On a pensé que ces mouches étaient
une sorte de décoration officielle: rien n'est venu
jusqu'à présent confirmer cette hypothèse.
3597—3598. — Or et argent.
Neuf petites hachettes, trois en or et six en argent.
3605. — Bois noir et or.
Bâton de commandement recourbé à
l'extrémité.
3606. — Argent, or et bois.
Hache. Le manche en corne garni d'or, le tranchant
en argent.
3607. — Bois et or.
Manche d'éventail en bois lamé d'or. Sur la
tranche,
on voit encore les trous où
s'emboîtaient les
plumes d'autruche. Sur les plaques d'or,
le roi Kamôs
fait une offrande au dieu Khonsou.
3608. — Or et bronze.
Poignard: le manche en or, la lame en bronze.
3614. — Or.
Fourreau du poignard no 3476 (Vitrine H, p. 80).
3615. — Bronze et argent.
Poignard composé d'une lame en bronze très lourd,
et d'un disque d'argent servant de poignée. Pour s'en
servir, appuyer le disque sur la paume de la main,
et passer la lame
entre l'index et le médium.
3617. — Or et argent.
Deux petites mouches (cfr. no 3595, p. 82).
3628. — Ebène, or et bronze
doré.
Miroir de la reine Ahhotpou.
Il faut joindre à cette énumération un assez
grand
nombre de bracelets et d'anneaux de jambe, en or
massif ou
creux (n
o 3629, 3630 etc.), des
débris de
bracelet (n
o 3632), et
plusieurs piàces de moindre intérêt,
enfin une barque en argent (n
o 2966) et une
tête
de lion en bronze (n
o 2955)
qui sont exposées dans
l'armoire X. Les seules collections
de bijoux qu'on

puisse comparer à
celle-là sont au Louvre et à Berlin:
encore ces
deux musées sont-ils loin de posséder des
objets
aussi soignés d'exécution que le poignard d'Ahmos
ou la Chaîne n
o 3477.
3447. — Or. — (Mariette,
Abydos, t. II,
pl. 40
a,
b, et t. III, p. 527 — 529, n
o
1370.)
Au mois de Juin 1859, on découvrit à
Abydos un
sarcophage en calcaire grossièrement taillé et
sans
inscription. Le cercueil en bois qu'il renfermait et
la momie
étaient tellement gâtés par
l'humidité,
qu'ils tombèrent en
poussière dès qu'on y toucha.
De chaque
côté de la tête étaient
disposées deux
boucles d'oreille, formées d'un
gros disque garni à
la circonférence d'une gorge
de poulie. D'un côté
du disque, on voit cinq
uraeus, de l'autre, le nom
et le prénom de Ramsès
XIII. Cinq uraeus coiffées
du soleil sont suspendues
au-dessous et soutiennent
sept autres uraeus pareilles au bout de sept
chaînettes
en or.
Des boucles de cette taille ne se portaient pas aux
oreilles: on les
attachait à la perruque, de chaque
côté de la figure. — XXe dyn.
3624. — Or. — (Mariette,
Abydos, t. III,
p. 527, n
o 1370.)
Sur la poitrine de la même momie était un collier,
cousu aux linges du maillot. Il consistait en
cinquante-huit petites
égides d'or, dont il ne subsiste
plus que les quarante et
une réunies sous le n
o 3624.
Elles sont d'un travail fort délicat et surmontées,

sept d'une tête de
lionne représentant la déesse Sokhit,
trois d'une
tête d'Hor enfant, deux d'une tête
de
bélier, deux d'une tête d'épervier, le
reste de la
tête d'Isis. — XX
e dyn.
3479. — Emeraude et or.
Une émeraude brute, enfermée dans un réseau
d'or
dont les mailles ont dû être
soudées successivement
l'une après l'autre, sans
que la pierre ait souffert
en rien. — XXe dyn.
3538. — Or.
Vingt plaques travaillées au repoussé et ayant
fait
probablement partie d'une ceinture de
cérémonie. Sur
chacune d'elles, l'image d'Ormuzd
ailé. Ces objets
auront appartenu à quelque
fonctionnaire perse de
séjour en Égypte.
— Epoque persane.
Tméi el-Amdid.
3580. — Or. — Long. 0m 20.
Diadème de travail grec. Au milieu, une tête de
Méduse
au repoussé, dont les cheveux se
répandent en
ondes et couvrent la surface du bandeau. Une
chaînette d'or relie les deux extrémités:
elle passait sous
le chignon et maintenait le diadème en
place.
3566—3572. — Or et pierres
précieuses.
Dans ces dernières années, les fellahs ont
trouvé,
en cherchant du sebakh dans
les ruines de l'ancienne
Bubaste, un grand nombre de bijoux
d'époque romaine
et byzantine. Les bracelets inscrits sous
les
no 3566—3572 proviennent de cette localité.
La plupart des bijoux non décrits que renferme
la vitrine H,
bagues, anneaux, bracelets, boucles

d'oreilles, chaînes,
petits amulettes, sont de basseépoque
et n'ont aucun
mérite artistique. Les procédés
de
soudure et de ciselure sont assez perfectionnés
et donnent
une idée satisfaisante du savoir-faire
des
orfèvres égyptiens.
Vitrine P.
M. Mariette avait rassemblé dans la vitrine P, de
petits
objets historiques et des scarabées, qui y formaient
comme
une petite chronologie par les monuments.
Presque toute la collection
des scarabées a
été volée
après l'inondation de 1878: j'en ai racheté
une
quarantaine à la fin de 1882, mais je n'ai pas
encore
réussi à combler les lacunes que cet accident
a
produites dans la série des noms royaux.
3885. — Calcaire blanc. — H. 0
m 41;
large. 0
m
30. — (Mariette,
Abydos, II, pl. 52
a;
t. III, p. 439.)
Au centre de la vitrine est une stèle, où un
prêtre
du roi Nakht-Set de la XX
e dynastie, s'est fait représenter
en adoration devant
ce Pharaon et sa femme
Tii Miisit. Dans le registre
supérieur, le roi Ramsès
III, fils de Nakht-Set,
fait l'offrande de l'eau et
du feu à la triade d'
Abydos,
Osiris, Hor et Isis. —
XX
e dyn.
3884. — Etoffe de lin.
La pièce d'étoffe roulée qui est au pied de
la stèle,
est, comme l'indique une inscription
tracée à l'encre,
« la toile
vénérable, faite pour le roi Pépi vivant
à

jamais »: elle a
donc aujourd'hui plus de cinq mille
ans. Nous avons trouvé,
dans la pyramide du roi
Ounas, des morceaux d'étoffe aussi
bien conservés
et plus vieux que celui-ci de quelques
années. —
VI
e dyn.
La série des scarabées et cartouches royaux
commence
à droite de la stèle, au premier
étage. Elle
s'étend des temps mythiques
à la conquête macédonienne.
3639. — Email vert. — H. 0m 014, et
3682. — Email blanc. — H. 0
m 013. — (Mariette,
Abydos, t. III, p. 535, n
o 1379.)
Scarabée au nom du dieu Shou, fils de Râ, l'un
des
rois-dieux de l'Égypte.
3640. — Jaspe noir. — H. 0m 02.
Scarabée au cartouche d'Osiris, roi-dieu de l'Égypte.
3641. — Email vert. — H. 0m 058.
Petit couvercle de vase au nom du roi Snofrou.
— IIIe dyn.
3642. — Email bleu. — H. 0m 011.
Scarabée au nom de Menkoourî (Mycerinus). Cfr.
no
3643, 3647 — 3649. — IVe
dyn.
Sân.
3644. — Email vert. — H. 0m 057. —
(Mariette, Mon. Div., pl. 32.)
Amulette en forme de cartouche, au nom de Tatkerî
Assi.
— Ve dyn.
3645. — Email vert. — H. 0m 015. —
(Mariette, Mon. Div., pl. 32.)
Scarabée au nom d'Ounas, dernier roi de la Ve dynastie.
Mit-Rahinéh.
3646. — Schiste émaillé
vert. — H. 0
m
022. — (Mariette,
Abydos, t. II, pl.
40
f t. III,
p. 536, n
o 1382.)
Scarabée au nom de Pépi, vivant à toujours.
—
VIe dyn.
3650. — Email bleu. — H. 0m 019.
Scarabée au prénom Nibtoouïrî, du
roi Monthotpou
III. — XIe dyn.
Drah abou 'l Neggah.
3651. — Email vert. — H. 0
m 02. — (Mariette,
Abydos, t. III, p. 549, no 1419.)
Cylindre au cartouche Amenemhâït. — XIIe dyn.
3652. — Schiste émaillé
vert. — H.
0m O17.
Amulette en forme de double cartouche. D'un
côté,
les prénoms d'Ousirtasen II et III; de l'autre,
le cartouche
d'Ahmos Ier de la XVIIIe dynastie. Il
n'est
pas nécessaire de supposer qu'un roi de la
XIe dynastie s'est appelé Ahmos: la
popularité des
rois de la XIIe
dynastie était grande à Thèbes,
pendant
toute la durée du' Nouvel-Empire, et explique
le rapprochement de leurs noms avec le nom d'Ahmos.
—
XVIIIe dyn.
Drah abou 'l neggah.
3653. — Schiste. — H. 0m 015.
Scarabée au cartouche Ousirtasen. — XIIe dyn.
3654. — Email vert. — H. 0m 034.
Scarabée au prénom Khâkhopirrî
d'Ousirtasen II
(cfr. no 3655 —
3656, 3658).
3657. — Email vert. — H. 0
m 021. —
(Mariette,
Abydos, t. III, p. 549, n
o 1419.)
Cylindre au cartouche Noubkoourî
d'Amenemhâït II.
3659. — Email vert. — H. 0m 019. —
(Mariette, Mon. Div., pl. 32.)
Scarabée au cartouche Khâkerî d'Ousirtasen
III
(cfr. no 3660, 3661).
Kom Abou-Khanzîr.
3662. — Email vert. — H. 0m 012.
Cartouche d'Amenemhâït III.
3663. — Email vert. — H. 0m 022.
Cylindre au cartouche de Skhemrâkhoutoouï,
Sobkhotpou
III. — XIIIe dyn.
3664. — Email vert. — H. 0m 022. —
(Mariette, Mon. Div., pl. 48 j.)
Scarabée au nom de Souazrâskhemtoouï,
Sobkhotpou
II, fils de la reine Wouap … — XIIIe dyn.
3665. — Email vert. — H. 0
m 026. —
(Mariette,
Abydos, t. III, p. 536 — 537, n
o 1383.)
Scarabée au cartouche de
Skhemâsouaztoouï,

Sobkhotpou IV, fils du
prêtre Monthotpou. — XIII
e
dynastie.
3666. — Email vert. — H. 0m 023. —
(Mariette, Mon. Div., pl. 48 p.)
Scarabée au nom de Khâhotpourî Sobkhotpou
VII.
— XIIIe dyn.
3667. — Email vert. — H. 0
m 024. —
(Mariette,
Abydos, t. III, p. 536 — 537, n
o 1383.)
Scarabée au nom de Khasosshourî Nofirhotpou II,
fils du prêtre Hâonkhf. — XIIIe dyn.
3668. — Email vert. — H. 0m 023. —
(Mariette, Mon. Div., pl. 48 0.)
Scarabée aux noms de Mirinofirrî Aï.
— XIVe dyn.
3669. — Email vert. — H. 0
m 026. —
(Mariette,
Abydos, t. III, p. 538, n
o 1391.)
Scarabée au nom d'un roi de la XIVe
dynastie
Mâabrî (cfr. 3670—3672).
3675. — Email vert. — H. 0
m 021. —
(Mariette,
Abydos, t. III, p. 538, n
o 1391.)
Scarabée au nom d'un roi de la XIVe
dynastie Khânofriti.
3684. — Email vert. — H. 0
m 014. —
(Mariette,
Abydos, t. III, p. 537, n
o 1384.)
Scarabée au prénom de Nibpehtirî d'Ahmos
Ier.
— XVIIIe dyn.
3685. — Email vert. — H. 0m 017.
Scarabée au nom Ahmos Nofirtari de la femme
d'Ahmos Ier (cfr.
no 3694). — XVIIIe dyn.
3686. — Email vert. — H. 0m 017.
Scarabée d'Amenhotpou I (cfr. no
3689—3692.) —
XVIIIe
dyn.
Drah abou 'l neggah.
3695. — Email vert. — H. 0m 019.
Scarabée au prénom Aakhopirkerî de Thoutmos
Ier
(cfr. no 3696). — XVIIIe dyn.
3697. — Email bleu. — H. 0m 018.
Amande au prénom Akhoprinrî de Thoutmos II.
— XVIIIe dyn.
3698. — Email bleu clair. — H.
0m 03.
Sceau du Temple d'Ammon dans Bouto, au cartouche
de la reine
Hatshopsitou (cfr. no
3699—3702).
— XVIIIe
dyn.
3703. — Email bleu sombre. — H.
0m 02.
Sceau en forme de cartouche au prénom Menkhopirrî
de Thoutmos III (cfr. 3704—3733). — XVIIIe dyn.
3734. — Email bleu. — H. 0m 02.
Scarabée au prénom Aakhopirourî d'Amenhotpou
II
(cfr. no 3735). — XVIIIe dyn.
3736. — Email bleu. — H. 0m 018.
Scarabée au prénom Mânibrî
d'Amenhotpou III
(cfr. no
3737—3742, 3744—3749). — XVIIIe dyn.
3743. — Email vert. — H. 0m 051.
Scarabée. Sur le plat, la légende Mânibrî, qui se
lève comme le
disque solaire, où l'on sent déjà
l'influence
du culte d'Aten, qui devint prédominant
sous
le roi suivant Amenhotpou IV. — XVIIIe dyn.
3753. — Email vert. — H. 0m 048. —
(Don de M. Insinger.)
Scarabée au nom de l'épouse principale Tii, femme
d'Amenhotpou III. — XVIIIe dyn.
Ile de Saï en Nubie.
3751. — Email bleu. — H. 0
m 029. —
(Mariette,
Abydos, t. III, p. 549, n
o 1422.)
Scarabée au nom du roi Toutonkhamon. — XVIIIe
dynastie.
3752. — Email bleu. — H. 0m 021.
Scarabée au prénom
Sorkhopriourî-sotpenrî d'Harmhabi
(Armaïs), appelé improprement Horus. —
XVIIIe
dynastie.
3754. — Schiste. — H. 0m 019. — (Mariette, Mon. Div., pl. 32.)
Cartouche-prénom Menpehtirî de Ramsès Ier.
—
XIXe dyn.
Kom Abou-Khanzîr.
3755. — Email vert. — H. 0m 014.
Cartouche-prénom Menmarî de Séti Ier
Minephtah
(cfr. no 3756—3759).
— XIXe dyn.
3760. — Email blanc. — H. 0m 011.
Cartouche-prénom Ousirmarî de Ramsès II,
pendant
les premières années de son
règne. — XIXe dyn.
3761. — Email vert. — H. 0m 017.
Scarabée au prénom
Ousirmarî-sotpenrî de Ramsès
II (cfr.
no 3762—3772). —
XIXe dyn.
3773. — Email bleu. — H. 0m 015. —
(Mariette, Mon. Div., pl. 32.)
Scarabée au prénom Ousirkhopirrî -
sotpenrî de
Séti II (cfr. no 3774). — XIXe dyn.
Kom Abou-Khanzîr.
3778. — Or. — H. 0m 032.
Petite feuille en or, sur laquelle est gravé à la
pointe
le cartouche de Siamoun-Miamoun Hrihor (cfr. no 3779,
3780, 3840, 3841 etc.).
— XXIe dyn.
3783. — Lapis-lazuli cerclé d'argent.
—
H. 0
m 029.
— (Mariette,
Abydos, III, p. 539,
n
o 1392.)
Scarabée aux cartouches de Shishonq Ier, le Shishak
de la
Bible (cfr. no 3784). — XXIIe dyn.
3785. — Email vert. — H. 0m 017. —
(Mariette, Mon. Div., pl. 32.)
Scarabée d'Osorkon II. — XXIIe dyn.
3783. — Email vert. — H. 0
m 013. —
(Mariette,
Abydos, t. III, p. 548, n
o 1415.)
Petite plaque au cartouche Aakhopirrî de Sheshonq
IV.
— XXIIe dyn.
3786. — Email vert. — H. 0m 053. —
(Mariette, Mon. Div., pl. 29 d.)
Scarabée aux noms de Sabacon (cfr. no
3781—3782).
— XXVe
dyn.
Mit-Rahinéh.
3787. — Email blanc. — H. 0m 022. —
(Mariette, Mon. Div., pl. 48 s.)
Scarabée de la reine Ameniritis, fille du roi
éthiopien
Kashti et soeur de Sabacon (cfr. no 3778). —
XXVe dyn.
Déir el-Médinéh.
3789. — Email vert. — H. 0m 012. —
(Mariette, Mon. Div., pl. 32.)
Scarabée au nom de Psamitik. — XXVIe dyn.
Kom Abou-Khanzîr.
3790. — Email vert. — H. 0m 05.
Petite plaque au prénom d'Apriès. — XXVIe dyn.
3791. — Email bleu. — H. 0m 052.
Cartouche de Nectonabo Ier. — XXXe
dyn.
3844. — Bois. — Long. 0m 26.
On a trouvé, depuis le commencement du siècle,
un
grand nombre d'instruments votifs en bois ou en
bronze, qui avaient
servi au roi Thoutmos III et à
la reine Hatshopsitou, lors
de la fondation d'une des
chapelles du temple de Déir
el-Baharî. L'instrument
coté n
o 3884 est un modèle d'herminette

: il
est au
cartouche de Thoutmos III (cfr. n
o 3851).
—
XVIII
e dyn.
Déïr el-Baharî.
3845. — Bronze. — Long. 0m 175.
Modèle de lame de ciseau en bronze, au cartouche
d'Hatshopsitou, provenant du même fonds que l'objet
qui
précède (cfr. no
3931—3934).
3850. — Calcaire. — H. 0m 13.
Petit modèle de buste royal (cfr. Armoires R et
Q).
3852—3860, 3874—3678. —
Bronze. —
H. moyenne 0m
03 et 0m 05. — (Mariette, Mon.
Div., pl. 103.)
Ces petits cubes proviennent du temple de
Tanis.
Ils semblent avoir
servi de pieds à des coffrets en
ivoire et en bois
précieux, analogues au coffret du roi
Ramsès IX,
qui est dans la
Salle des momies royales.
Chacun d'eux porte, gravés au trait, puis
relevés d'argent,
des noms de divinités, le
cartouche du dieu
Thébain Khonsou, une bannière
royale Sonkhtaouï
que je ne sais à quel roi
donner, le nom d'une princesse
Nibhoteptiou, etc. Le style des
inscriptions nous
ramène à la XXI
e dynastie, plutôt même
à l'époque
saïto-persane.
Sân.
3867. — Bois. — Long. 0m 14.
Etui à poudre d'antimoine. Il porte le prénom
d'Amenhotpou
III et celui de sa femme Tii. — XVIIIe dyn.
3870. — Terre émaillée.
— H. 0m 14;
diam. 0m 18.
Ce beau vase provient de la collection Huber. Il
a malheureusement perdu
le goulot. Les deux cartouches

qu'il porte sont ceux
d'Amenhotpou III et
de sa femme Tii. — XVIII
e dyn.
3871. — Schiste. — H. 0
m 07. — (Mariette,
Abydos, III, p. 537, n
o
1387.)
Ce scarabée, dont chaque Musée de l'Europe
possède
au moins un exemplaire, a été
gravé à l'occasion
du mariage d'Amenhotpou III
avec la reine Tii,
fille d'Iouaa et de la dame Touaa: il nous
apprend
que l'Égypte s'étendait alors du pays de
Gari, en
Éthiopie, jusqu'au Naharina.
Il y a peu de personnages sur lesquels on ait émis
autant de
conjectures que sur la reine Tii. On a affirmé
qu'elle
était étrangère: 10 à cause du
nom de
son père et de sa mère; 20 parce que son
tombeau,
dans la Vallée des Reines,
à Thèbes, la représente
avec les yeux
bleus et les joues roses. La réponse à
ces
raisons a déjà été faite. 10 Les
noms Iouaa, Touaa,
Tii, loin d'être étrangers,
sont du plus vieux fond
égyptien et se trouvent sur les
monuments de l'Ancien
Empire. 20 Le tombeau de la Vallée des
Reines
n'est pas celui de la reine Tii, femme
d'Amenhotpou
III, mais d'une reine Diti de la
XXe dynastie:
c'est donc cette reine,
et non Tii, qui a les joues
roses et les yeux bleus, où l'on
a voulu reconnaître
des marques d'origine
étrangère. — XVIIIe dyn.
3872. — Schiste émaillé.
— H. 0
m 065.
— (Mariette,
Abydos, III, p. 538, n
o 1388.)
La longue inscription gravée sur ce scarabée
raconte
que le roi Amenhotpou III avait tué cent deux

lions de l'an I à
l'an X de son règne. — XVIII
e dynastie.
3873. — Schiste. — H. 0m 05.
Gros scarabée brisé de Ramsès III.
— XXe dyn.
3882. — Email bleu. — H. 0m 131.
Cette tablette porte le cartouche de Psioukhânou
Miamoun, roi
de la XXI
e dynastie. Elle a
été trouvée,
ainsi que beaucoup
d'autres au nom du même
roi, sous le dallage d'une des
salles du grand temple
de
Tanis (cfr. n
os
3899, 3906). — XXI
e dyn.
Sân.
3898. — Porcelaine verte. — H.
0m 047.
Petit épervier de travail fort délicat,
perché sur un
socle, entre deux tables d'offrandes. Le socle
porte
le cartouche-prénom du roi Neko II. —
XXVIe dyn.
Sérapéum.
3901 — 3902. — Albâtre.
— H. 0m 156.
—
(Mariette, Mon. Div., pl. 54 g.)
Vase. Il porte, sur la panse, le nom de Mirenrî,
et, sur le
couvercle, celui de Nofrikerî Pepi II, frère
et
successeur de Mirenrî. — VIe dyn.
Éléphantine.
3903. — Terre émaillée
bleue. — H.
0m 14.
Statuette funéraire du roi-prêtre Pinotm II (Don
de M. Letourneux, 1881). — XXe dyn.
Louxor.
3904. — Terre émaillée
verte. — H.
0
m 16. — (Mariette,
Abydos, t. III, p. 64,
n
o 412.)
Statuette funéraire de la reine Isis. — XXe dyn.
3910. — Terre émaillée
bleue. — H.
0
m 30. — (Mariette,
Abydos, t. II, pl. 60; t. III,
p. 63, n
o 409.)
Statuette funéraire du roi Ramsès IV. —
XXe dynastie.
3914. — Terre émaillée
bleue. — H.
0m 148.
Scarabée aux deux cartouches d'Apriès. —
XXVIe
dynastie.
3921. — Albâtre. — H.
0m 14.
Fragment de vase sur lequel on lit la légende d'un
roi
Menkhopirrî, dont le nom, martelé avec soin,
devait
se lire probablement Séti, comme celui du roi
qui a consacré la stèle C 100 du Louvre. Ce roi,
qui ne régna que sur la Thébaïde, vivait
à la fin de
la XXVe ou au
commencement de la XXVIe dynastie.
3925. — Schiste émaillé
violet. — H.
0m 07. — Don de M. Henri
Pereire. — (Mariette,
Mon. Div., pl. 48 a.)
Petit coeur, sur lequel est gravé le chapitre du
Livre des Morts relatif au coeur. La formule est
consacrée
au roi Séti Ier. — XIXe dyn.
Assassif.
3927. — Email vert. — H. 0m II.
Statuette funéraire du Pharaon Niforit. — XXIXe
dynastie.
Tell-et-Tmaï.
3928. — Feldspath vert. — H. 0m 07;
long. 0m
12; larg. 0m 048.
Petit
sphinx brisé aux cartouches d'Apriès.
—
XXVI
e dyn.
3937—3939. — Cire.
Vers la XXVIe dynastie, l'habitude
s'établit de sceller
les lettres et les actes publiques, non
plus avec
de la terre glaise comme auparavant, mais avec de
la
cire. Les sceaux ont survécu aux papiers qu'ils
fermaient,
et j'ai acquis récemment les trois qui sont
au
Musée sous les nos
3937—3939. Le no 3937 porte
l'empreinte du cartouche d'Amasis (H. 0m 03);
le
no 3938, le nom de Psamitik (H. 0m 022); le no
3939
le nom Menkhopirrî, avec la figure d'un singe
marchant
à quatre pattes (H. 0m
023). — XXVIe dyn.
3944—3948. — Parchemin et cuir
rouge.
Vers la fin de la grande époque thébaine, les
momies
portaient sur leur maillot des bretelles en toile,
terminées par des bouts en parchemin bordés de
cuir rouge. Ces bouts en parchemin, fabriqués par
les
prêtres, portaient ordinairement, comme marque
d'origine,
une scène d'adoration à Ammon-Râ par
le grand-prêtre ou par le roi régnant. Les n
os 3944
(H. 0
m
008), 3946 (H. 0
m 07), 3947 (H. 0
m 072), 3948
(H. 0
m 086) portent les cartouches d'Osorkon Ier, le

n
o
3945 (H. 0
m 067) est illisible, mais vient du
même
fond que les numéros
précédents. — XXII
e dyn.
Assassif.
3952. — Albâtre. — H.
0m 097.
Petit vase au cartouche du roi Teti. — VIe dyn.
3960. — Basalte vert. — H. 0
m 15; larg.
0
m
12. — (Mariette,
Karnak, pl. 45
a.)
La statue représentait le roi Taharqou. Il n'en
reste plus
que les pieds et la base. Sur la tranche,
une série de
vingt-huit captifs enchaînés (quatorze
nègres et quatorze Asiatiques) donne
l'énumération
des peuples soumis par le roi. Au
premier rang, figurent
la Palestine et l'Assyrie. — XXVe dyn.
Armoires R et Q.
Sauf l'étage du bas qui est occupé par des
statuettes
funéraires d'époque
gréco-romaine, les deux
armoires R et
Q sont remplies par des modèles
de
sculpteur, trouvés en différents endroits.
Cette collection,
unique en son genre, nous montre comment
on s'y
prenait en Égypte, pour former les artistes
et les ouvriers
employés à la décoration des temples
et des tombeaux.
Armoire R. Les modèles de tête
royale que possède
le Musée sont au nombre de
vingt-neuf, dont
quinze proviennent de
Saqqarah, onze de
Sân, et
trois de
Crocodilopolis (Mit-Farès), dans
le Fayoum.
La série de
Saqqarah, la plus complète
de toutes,

est aussi la plus instructive:
c'est une véritable suite
d'exercices gradués,
destinée aux élèves sculpteurs.
Le
n
o 3358 (H. 0
m
23) nous fournit le point de départ,
avec une
tête à peine ébauchée. En
regardant
sur la face plane de derrière, on y distingue
encore,
tracées à la pointe, les traits de
proportion qui indiquaient
la place des yeux, du nez, de la bouche
et de toutes les parties du visage. La figure employée
comme
modèle était évidemment celle du roi
régnant. C'était celle que les sculpteurs avaient le
plus
souvent à reproduire, aussi l'étudiaient-ils
avec soin,
de face et de profil, jusque dans ses moindres
détails.
Le n
o 3359 (H. 0
m 21) nous montre en effet, vu de profil,
le même personnage que tous les autres modèles
nous montrent de face. Deux modèles de pied,
découverts
à Sàn, n
o 3373 et n
o 3374
(long. 0
m 125),
nous prouvent qu'on
appliquait aux autres membres
le procédé qui
réussissait si bien pour la tête. Le
n
o 3366 (H. 0
m 12;
long. 0
m 346; larg. 0
m 115) est
un modèle d'architecture: il
représente un petit autel,
auquel on arrive, d'un
côté par deux petits escaliers,
de l'autre par
deux rampes assez raides, où l'on se
proposait probablement
de tailler des marches.
Armoire Q. — Les petites dalles n
o 3382—3413,
découvertes à
Tanis, sont, pour le graveur
d'hiéroglyphes
et de bas-reliefs, ce que les bustes royaux
étaient
pour le statuaire. Quelques - unes d'entre elles
ont
été travaillées sur les deux faces
(n
o 3405, 3412,3413);
quelques autres
indiquent le procédé à suivre pour
ébaucher la figure. Les n
os 3401 et
3407, par exemple,
sont de véritables modèles de
lettres. Les plus remarquables
de ces pièces, celles au
moins qui ont

pour nous le plus de valeur
artistique, sont les deux
profils de Bast à tête
de lionne (n
o 3386, H. 0
m 18;
n
o 3387, H. 0
m 16), le fragment de bélier n
o 3393
(H. 0
m
13), et la tête de cynocéphale n
o 3395 (H. 0
m 12).
Le tout
paraît se rapprocher du faire saïte et
ptolémaîque.
Les six autres armoires appliquées aux piliers contiennent
une foule de menus objets qui servaient à
l'ordinaire de la
vie. Quelques-uns ont été trouvés
dans
les ruines des villes, la plupart proviennent des
tombeaux. La
même conception qui avait déterminé
les égyptiens à déposer avec les morts des
vivres
et des boissons, les engageait à mettre, soit sur
la
momie même, soit dans le voisinage immédiat,
tous
les ustensiles, toutes les étoffes, tous les jouets
dont
on se servait en ce monde. La vie d'outre-tombe
était identique à la vie terrestre et en
reproduisait
les moindres détails. L'Égyptien
vivant aimait passionnément
le jeu de dames;
l'Égyptien défunt devait
l'aimer de
même, et on lui faisait cadeau d'un damier
pour qu'il
pût satisfaire sa passion. L'Égyptien
vivant se
fardait, se noircissait les yeux, portait perruque:
on mettait avec
l'Égyptien défunt les fards
et les perruques
nécessaires. Quelquefois, les objets
même que le
vivant avait aimés, on les laissait au
cadavre. Souvent, on
en fabriquait de semblables,
qu'on décorait de
légendes funéraires. Le plus souvent,
on se
contentait de reproductions plus ou moins
soignées, plus ou
moins réduites, des objets usuels,
et on donnait au mort un
véritable mobilier de poupée.
Il ne faut donc pas
croire que tous les ustensiles
employés à
l'ordinaire de la vie avaient l'aspect

et les dimensions des
ustensiles exposés dans les
vitrines: si quelques-uns
auraient pu servir indifféremment
en ce monde et dans
l'autre, la plupart
n'étaient que des
trompe-l'oeil, et n'auraient été pour
le vivant que des joujoux inutiles ou incommodes.
Armoire Y.
3240. — Faïence bleu.
— H. 0m 13; long. 0m 21.
Hippopotame debout marchant dans un marais. Le
dessinateur a
tracé à l'encre noire, sur le corps de la
bête, des roseaux, des lotus, au milieu desquels volent
des
oiseaux et des papillons: c'est une manière
naïve
de montrer l'hippotame dans son milieu habituel.
Ce curieux morceau a
été découvert dans une
tombe de la
XIe dynastie, avec l'hippopotame no 3340
(même armoire, rayon du
bas) et un troisième hippopotame
aujourd'hui perdu.
Drah abou 'l neggah.
Le rayon situé immédiatement au-dessous de
l'hippopotame,
contient de magnifiques spécimens de
verres
transparents ou colorés. L'art de la verrerie
était déjà
prospère au
temps où l'on construisait les pyramides:
les tombeaux de
Saqqarah nous ont fourni plus
d'un exemple du verrier soufflant dans sa
canne, et
les peintures des tombeaux postérieurs prouvent,
qu'à
la XII
e et à la
XVIII
e dynastie, les Égyptiens
savaient
fabriquer des vases en verre coloré, d'une
élégance
et d'une richesse étonnantes.
Il est malheureusement
fort difficile de déterminer
l'âge des verreries que

nous possédons: la
plupart doivent être d'époque
ptolématïque. On a pris l'habitude de les
attribuer
aux Phéniciens ou aux Chypriotes; mais, sans
parler
des figures reproduites dans les tombeaux, les
objets que
renferment les musées ont des formes
qu'on ne trouve qu'en
Égypte. C'est en Égypte seulement
qu'on a pu
fabriquer les coeurs, les colonnettes
et les amulettes que contiennent
les vitrines de la Salle
funéraire. Loin donc de retirer
à l'industrie égyptienne
la plupart des verres
trouvés en Égypte, je
serais assez
porté à croire qu'une partie des verreries
dites
phéniciennes et chypriotes ont été
fabriquées
en égypte et envoyées
à l'étranger, comme
objets de commerce courant.
Il me suffira de signaler
les n
os 3252 (H.
0
m 076), 3253 (H. 0
m 115), 3254
(H. 0
m 105), 3257 (H.
0
m 07), 3258 (H. 0
m 092), 3261
(H. 0
m 08), 3266 (H.
0
m 065), 3268 (H. 0
m 07): une
description ne pourrait jamais rendre la
grâce des
formes, la richesse et l'harmonie des couleurs,
la
finesse de la pâte. Les fioles à long goulot,
no 3251
(H. 0
m 23), 3265 (H. 0
m 065) etc. étaient des fioles
à parfums: l'usage s'en est continué après
la conquête
musulmane, et je ne serais pas
étonné si plusieurs
de celles que nous
possédons étaient de fabrication
arabe.
3255. — Email vert. — H. 0m 076.
Tête rase, probablement du dieu Imhotpou, fils
de Phtah. La
finesse des traits et la perfection du
modelé justifient le
surnom que lui donnaient les
Égyptiens de Dieu à la belle face. — Ep.
Saïte.
Mit-Rahinéh.
3262. — Email blanc, bleu, jaune et violet.
— H. 0
m 195. —
(Mariette,
Abydos, III,
p. 61 — 68.)
Cette statuette est la plus belle de toutes les statuettes
funéraires connues jusqu'à présent. Sur
un
fond blanc, les hiéroglyphes et les détails de
sculpture
ont été gravés en relief,
puis remplis de pâtes
vitrifiées à la
cuisson. Le visage et les mains sont
bleu-turquois; la coiffure est
jaune à raies violettes,
violets également sont
les hiéroglyphes et le vautour
qui déploie ses
ailes sur la poitrine. Le tout est harmonieux
et fondu, sans que la
moindre bavure d'un
émail émousse la
netteté du trait. Ce résultat est
d'autant plus
remarquable que, les verres employés
pour obtenir les
couleurs, sont fusibles à des températures
assez
différentes, et que la statuette a dû
être passée au feu un certain nombre de fois
avant
d'être achevée.
Cette statuette unique en son genre, appartenait
à un
nomarque, premier prophète d'Ammon, du nom
de Phtahmos.
— XXe dyn.
3267. — Bois. — H. 0m 06; long. 0m
12.
Veau couché, d'un travail fort délicat,
creusé pour
servir de boîte: la tête
et le dos de l'animal s'enlèvent
et font couvercle.
— XXe dyn.
3270. — Bois. — H. 0m 065.
Les Égyptiens des deux sexes aimaient à s'agrandir
l'oeil, en le cernant d'un trait noir qui finissait
sur la tempe; ils
mettaient aussi, à certaines époques,
des fards
de diverses couleurs, verts ou bleuâtres,

sous la paupière
infèrieure. L'opération destinée
à
donner à l'oeil une teinte noirâtre,
se faisait au moyen
d'un poinçon ou d'une aiguille mousse,
qu'on passait
autour du globe pour y introduire la poudre
d'antimoine.
Ces aiguilles et les vases destinés aux
poudres
et aux fards ont cent formes diverses. Le n
O 3270
est en bois et taillé de
manière à figurer quatre étuis
longs,
collés deux à deux l'un contre l'autre. Une
petite femme nue est debout contre le devant de la
boîte.
Les quatre étuis contiennent encore des restes
de fards
desséchés. La longueur de l'aiguille est de
0
m 069. — XX
e dyn.
3273. — Bronze. — H. 0m 078.
Petit prêtre agenouillé: il tient de la main
droite
un vase à libations, dont il verse le contenu sur
une
table d'offrandes qu'il a dans la main gauche. —
Ep. saïte.
3274—3276. — Bois. —
H. 0m 208, 0m
185,
0m 175.
Sous les dynasties thébaines, on avait pris l'habitude
de
remplacer les statues en pierre ou en bois
de grandes dimensions, qu'on
déposait jadis dans les
tombeaux, par des statuettes en bois
de plus en plus
petites. Beaucoup d'entre elles étaient fort
soignées,
et le Musée de Turin en
posséde une vingtaine, dont
quelques-unes sont comparables
aux plus beaux ouvrages
de l'Ancien Empire. Le n
o 3274 et les deux
suivants de notre Musée, sans
être des chefs-d'oeuvre,
sont d'un art très fin
et très délicat. Ce sont trois personnages,
revêtus du costume d'apparat de la XX
e dynastie:

ils marchent droit devanl eux,
d'un mouvement
mesuré, le buste bien effacé, la
tête haute. L'expression
de la physionomie, calme et
rusée, montre
qu'on a voulu faire des portraits: les traits
de la
face rappellent le type japonais plutôt que le
type
égyptien ordinaire. Le plus grand des trois
personnages
était un favori du roi, premier
prophète de la
désse Oirthikoou, Hori,
surnommé Râ. Aucune inscription
ne nous apprend
quel nom portaient les individus,
au double desquels les deux autres
statuettes
devaient servir de support. — XX
e dyn.
3277. — Bois. — Long. 0m 226.
Une jeune fille nue, sauf une ceinture étroite qui
lui serre
les hanches, nage, tenant la tête bien hors
de l'eau. Ses
deux bras allongés soutenaient un canard
creusé
en boîte, et dont les deux ailes, s'écartant,
formaient le couvercle. C'est un des motifs que
les dames
égyptiennes préféraient pour leurs
boîtes
à parfums: la jeune fille servait de
manche, et le
canard recevait la pâte odorante. Tous les
musées
d'Europe, et plus particulièrement le
Louvre, possèdent
de jolis spécimens bien
complets de cet ustensile;
nous n'avons jamais pu nous en procurer
qui
fussent intacts. Pour se figurer ce qu'il devait
être
au sortir des mains du fabricant, il faut mettre le
canard
no 3283 (Long. 0m 226), mais en le rapetissant,
sur les
bras de la jeune fille. — XXe dyn.
Drah abou 'l neggah.
3278. — Porcelaine bleue. — H.
0
m 054.
Tête de statuette
royale, peut-être Neko II ou

Apriès. Le
salpêtre s'est mis dans ce petit monument
et le menace d'une
destruction prochaine. —
XXVI
e
dyn.
Mit-Rahinéh.
3279. — Bois. — H. 0m I I I.
Cette petite statue est du même type et de la
même
provenance que les nos 3274 — 3276.
On remarquera
le petit oeil mystique qu'elle a au poignet:
c'est
un exemple presque unique de la manière dont
les
Égyptiens portaient fréquemment cet amulette.
— XXe dyn.
3285. — Bois. — Long. 0m 22.
Cuiller à parfums, représentant un chien qui se
sauve emportant un poisson dans sa gueule: le corps
du poisson est le
bol de la cuiller. Le troisième rayon
de l'armoire renferme
d'ailleurs une collection assez
heureuse d'objets de ce genre. Le no 3291 (H. 0m 202)
est
un cartouche qui sort d'un lotus épanoui; 3292
(Long.
0m 164), une main qui tend un petit
godet; 3295 (H.
0m 16), un fruit de lotus
flanqué de deux boutons;
3296, une jeune fille qui,
deboutsur une barque, cueille
des lotus: les fleurs et les fruits du
lotus, réunis en
gerbe autour de sa tête, ont
été creusés pour recevoir
le parfum.
Le no 3312 (Long. 0m
28) est une
jeune fille comme le no 3277,
etc. — XXe dyn.
3293. — Verre. — H. 0m 044.
Petit vase à Parfums. Les Pâtes bleues, jaunes et
blanches ont été disposées de
manière à rendre l'effet
d'une couverture de
paille fine qu'on aurait tressée
sur le verre.
3301. — Bois. — H. 0m 045.
Un singe debout tend un arc. L'obélisque dressé
en
face de lui et qu'il semble viser, était la boîte
qui
le renfermait. — Ep. Saïte.
3304. — Bois. — Long. 0m 11.
Bobine allongée, terminée à chaque
extrémité par
une tête humaine: elle
est encore chargée d'un fil
assez fin. — XXe dyn.
3289, 3305, 3306, 3314. — Emaux de diverses
couleurs.
Les fellahs découvrirent vers 1870, à
Tell-Yahoudièh,
près de Shibîn el
Kanatîr, les restes d'un temple
recouvert de briques et
d'ornements en terre émaillés.
Les marchands
d'antiquités et différents amateurs
du Caire
réussirent à démolir en quelques mois
ce qui subsistait de ce monument unique en son
genre. Le British Museum
et le Louvre ont acquis
plusieurs fragments provenant de
Tell-Yahoudièh:
les débris réunis sous
les trois nos 3289, 3305, 3306,
donnent
l'idée de ce qu'était la décoration des
murs.
Le no 3289 représente une
tête de prisonnier nègre.
Le no 3306 est un fragment de bordure: le motif
principal en est une fleur de lotus flanquée de deux
boutons. Le no 3305 représente une
variante assez
compliquée de l'oeil mystique. Le cartouche
de Ramsès
III (no 3314) nous
donne la date exacte de l'érection
du temple. —
XXe dyn.
Tell-Yahoudièh.
3307. — Bois. — H. 0m 13.
Les éventails égyptiens se composaient d'un manche,

et d'une pièce
centrale qui couronnait le manche
et dans laquelle venaient s'engager
les plumes. Le
n
o 3307 est une
pièce centrale: elle est formée de
deux
planchettes minces entre lesquelles était logé
le
ressort destiné à maintenir les plumes. Le
ressort,
d'ordinaire en bois, a disparu; mais nous l'avons
trouvé encore intact dans la pièce n
o 2996 (
Armoire
X).
3315. — Bronze. — H. 0m 17.
Bast, à tête de chatte, est debout, vêtue
d'une robe
rayée et brodée qui lui descend
jusqu'au milieu du
mollet. Elle tient à la main gauche la
tête de Sokhit,
avec le collier auquel on donne le nom
d'égide. —
XXVIe dyn.
Sérapéum.
3317. — Bois. — H. 0m 185.
Un esclave chauve, à tête en pain de sucre, plie
sous le poids d'une grosse jarre. La jarre est le bol,
et l'esclave le
manche d'une cuiller à parfums. La
plupart des
musées de l'Europe possèdent des cuillers
de ce
type. — XXe dyn.
3318. — Corne. — Long. 0m 143.
Epingle à cheveux terminée par un serpent
lové.
— XXe dyn.
3326. — Bronze et bois. — H. 0m 26.
Miroir. La plaque en bronze: le manche en bois,
incrusté
d'ivoire, représente une tête de Bes.
Trouvé
dans une tombe de l'Ancien-Empire.
Sérapéum.
3327. — Bois. — H. 0m
21; larg. 0m 129.
Plaque en bois, où l'on a évidé avec sion
les formes
d'un manche de miroir et de deux petits godets.
On y
coulait de la cire sur laquelle on établissait
ensuite les
moules qui servaient à la fonte des
objets en question.
3328 — 3331. — Email bleu.
— H. moyenne
0m 20.
Quatre petits vases canopes sans inscription. —
XXe dyn.
3340. — Email bleu. — Long. 0m 18.
Hippopotame couchá dans les roseaux (cfr. no 3240).
Armoire U.
3033. — Email vert. — H. 0m o5.
Un petit singe, assis, soutient de ses deux mains
un grand plat, qui
repose sur un chapiteau à feuilles
de palmiers.
Brûle-parfums. — Ep. saïte.
3035. — Terre émaillée.
— H. 0m 051.
Petit pot, en forme de tête de Bes coiffée de ses
plumes. — Ep. grecque.
Mit-Rahinèh.
3141. — Schiste. — H. 0m 185; larg. 0m 12.
Deux statuettes funéraires sont taillées dans une
même pierre: celle de la femme tient enlacée
celle
du mari. Le collier a été doré.
L'homme s'appelait
Mini et la femme Hontonou. — XXe dyn.
3142. — Papyrus. — Diam. 0m 092.
Balle d'enfant, en feuilles de papyrus découpées
et tressées. — XIe dyn.
Drah abou 'l neggah.
3143. — Bronze. — Long. 0m 055.
Petit hoyau votif.
3148. — Verre transparent blanc.
—
H. 0m 042.
Petit vase à fond plat.
3149. — Verre transparent bleu. — H.
0m 027.
Petit vase à côtes, dont le goulot est
cassé. Les
côtes sont de la même
pâte que le reste du vase;
mais la plus grande
épaisseur du verre aux endroits
oú il forme
bourrelet, leur donne une teinte plus
foncée.
3153. — Verre peint. — Diam. 0m 004.
Petite soucoupe, sur laquelle on a peint deux gazelles
courant
à travers les roseaux.
3156. — Bois. — H. 0m 155.
Femme nue debout, les bras collés aux hanches.
—
XXe dyn.
3159. — Bois. — H. 0m 09.
Petite téte de jeune fille, cheveux ondés: une des
plus jolies oeuvres du ciseau égyptien. — Ve — VIe
dyn.
Grandes-Pyramides.
3160. — Cristal de roche. — H.
0m 108.
Fiole votive. Le goulot a été seul creusé:
le corps

du vase est resté
plein, soit que l'on ait voulu représenter
un vase rempli
d'eau, soit que l'ouvrier ait
craint de casser la matière
précieuse qu'il travaillait.
3164. — Bois. — H. 0m 11.
Petite boîte en forme de gazelle, les pattes
liées:
le couvercle manque.
3165. — Jade rosé. —
H. 0m 05.
Petit vase, au fond duquel on trouve encore des
traces de poudre
d'antimoine.
3166. — Ardoise fine. — H. 0m 027.
Petit vase jadis recouvert d'émail bleu.
3172. — Bois et ivoire. — H. 0m 07; larg.
0m
064; long. 0m 09. — (Mariette, Mon. Div.,
pl. 51, h.)
Petit modéle de coffret à linge, en bois, à
deux couleurs
et en ivoire. — XIe dyn.
Drah abou 'l neggah.
3173. — Bronze. — Long. 0m 40.
Pince en forme de mains allongées, pour prendre
l'encens ou
les charbons allumés. — XXe dyn.
Louxor.
3179. — Email vert. — H. 0m 067; long.
0m
354; larg. 0m 176.
Brique émaillée verte, sur laquelle sont
tracés à
l'encre les cartouches de
Ramsés III: pièce unique
jusqu'à
présent. — XXe dyn.
Basse-Égypte.
3180. — Bois. — H. 0m 22.
Statuette de femme, analogue aux statuettes nos
3274,
3275, 3276, 3279 (Armoire Y, p. 106 et
108). La dame
Honttoou est debout en costume d'apparat: elle a au
cou un collier d'or et serre un bouquet contre sa
poitrine.
— XXe dyn.
3181. — Bois. — H. 0m 08.
Petite tortue, dont la carapace percée de trous servait
de
pelotte. Les épingles à cheveux qu'on y voit
fichées sont en bois et ont pour tête un museau de
chacal
ou de chien. — XIe dyn.
Drah abou 'l neggah.
3182. — Bois et ivoire. — H. 0m 05;
long. 0m
265; larg. 0m 078. — (Mariette, Mon.
Div., pl. 51j.)
Boîte à jeu. Les cases et le tiroir sont
incrustés
d'ivoire; les panneaux portaient des sculptures,
également
en ivoire, dont il ne reste que peu de chose.
Sept pions de différentes formes et de
différentes
matières sont encore dans le tiroir:
ces pions se nommaient
les
chiens, comme dans la
Grèce antique.
Chacune des deux grandes faces de la
boîte porte
un jeu différent. A la face
supérieure, douze cases,
disposées en quinconce
sur trois lignes de quatre:
de la rangée du milieu part une
bande divisée en huit
cases. La face inférieure
est partagée en trente-six
cases, rangées
également par trois séries de douze.
On ne sait
trop comment on disposait les pions sur
les cases, ni
d'apreès quelles règles on les mouvait.
Un
passage du Conte démotique de Satni-Khamoi's
nous apprend,
qu'une des façons de jouer s'appelait

le
cinquante-deux. Les Égyptiens modernes ont deux
jeux qui doivent ressembler singulièrement aux jeux
anciens,
le
tab et le
mounkalah: le
mounkalah se joue
en soixante points (Lane,
Modern Egyptians, 1837,
t. II, p. 51 sqq.).
La plupart des damiers proviennent des tombes,
et portent une
légende qui souhaite une existence
heureuse au
défunt. Le Livres des Morts
renfermait
en effet un chapitre destiné à
permettre au mort de
jouer aux dames dans l'autre monde. Le no 3182 a
été
trouvé avec la momie d'Ak-hor. — XVIIe dyn.
Drah abou 'l neggah.
3183. — Bois. — H. 0m 057; long. 0m
38;
larg. 0m 11. (Mariette, Mon. Div., pl. 52 a.)
Damier au nom du Serviteur du roi dans ses expéditions
au
Nord et au Midi, chef des mercenaires,
prophéte de Sa
Majesté, Abibi. — XVIIIe
dyn.
Drah abou 'l neggah.
2791. — Bronze. — H. 0m 155.
Miroir en forme de feuille de lotus: la tige de la
feuille fait le
manche du miroir.
3195. — Jonc. — H. 0m 07.
Panier en jonc tressé de diverses couleurs. Il est
semblable,
pour la forme et la nuance, aux paniers
qu'on fabrique encore
aujourd'hui à Esnèh et à
Assouân,
mais plus fin de travail. — XIe dyn.
Drah abou 'l neggah.
3198. — Bois. — Long., 0m 18.
Ce joli monument est un modèle de corne à boire,

du genre de celles que les
Grecs appelaient
rhyton.
Le corps est en écorce, le bouchon en bois fin. La
partie inférieure d'où jaillissait le liquide en
filet
mince, est une tête de vache en bois
surmontée d'un
disque solaire. Je ne crois pas qu'un autre
musée
possède une pièce du
même genre. — XXVI
e
dyn.
Armoire V.
3126. — Bois. — H. 0m 21.
Vase votif. Il est plein, et porte sur le haut du
goulot des dessins
simulant l'empreinte d'un cachet.
Il est peint en imitation de granit
noir et porte sur
la panse une légende au nom du
Chef-forgeron, modeleur
d'Ammon, Notmouoten. C'était un de
ces vases
bon marché qu'on fabriquait à I'usage
des morts, dont
la famille n'était pas assez riche pour se
procurer
des vases réels en albâtre ou en granit.
— XXe dyn.
3138. — Terre noire relevée de jaune.
— H. 0m 075.
Un cynocéphale accroupi tient devant lui un panier,
sur la
face extérieure duquel la déesse Apit est
figurée
debout. C'est un vase à collyre, comme le
numéro
suivant 3138 en terre émaillée
bleue.
3045. — Calcaire. — H. 0m 098.
Tête de statue de l'Ancien-Empire. L'exécution en
est fort remarquable et fait regretter la perte du
corps. —
Ve — VIe dyn.
Grandes-Pyramides.
3047—3048. — Bronze et ivoire.
C'est avec intention qu'on a rapproché l'un de
l'autre ces
deux manches de poignard en forme de
lion. Le no 3047, en bronze (Long.
0m 12) est assyrien
ou persan et
provient de Bagdad; le no 3048 en
ivoire (Long. 0m 11) est égyptien. La manière dont le
même motif a été traité fait
ressortir toute la différence
qu'il y a entre l'art assyrien
et l'art égyptien.
L'assyrien a
exagéré le mouvement et la physionomie
de la
bête, au risque d'être brutal et disgracieux:
l'égyptien, tout en pliant les formes animales à
l'emploi
auquel il les destinait, a su leur conserver un
air de
dignité et de grandeur.
3057. — Ivoire. — H. 0m 122.
Etui à collyre en forme de colonne avec chapiteau
bulbeux:
manquent le couvercle et le fond.
3059. — Couleur bleue.
Les trois petits paquets enregistrés sous ce
numéro
sont tout ce qui reste de trois sachets remplis
de couleur. La toile qui les renfermait est pourrie
depuis longtemps,
mais la pâte en a conservé les plis
et
l'empreinte. La couleur est fabriquée avec ce que
les
Égyptiens appelaient le mafkat artificiel,
c'est-à-dire,
avec un verre coloré en bleu au
moyen d'un
oxyde de cuivre, puis reéduit en
poudrè. Le mafkat
vrai
était notre bleu d'outremer, c'est-à-dire, du
lapislazuli
pilé et agglutiné en pastilles ou en
pains.
3063—3069.
On a réuni dans ce coin de l'armire quelques

spécimeus curieux de
pots et d'étuis à collyre. Le
n
o 3063, en pâte rouge (H. 0
m 079) découpée
à jour,
est porté sur un petit tabouret
à quatre pieds qui fait
corps avec le vase
lui-même. 3077 (H. 0
m 15) a
dû
appartenir à quelque pauvre diable: il est
formé
d'un roseau creusé et d'un morceau de bois
travaillé,
assez soigneusement reliés par une
bande d'étoffe et
du fil. Le n
o
3066 (H. 0
m 07) est un Phtah debout
sur les
crocodiles: la tête évidée recevait la
poudre
d'antimoine. Le n
o 3068 est un
hérisson (H. 0
m 054),
et le n
o 3069 (H. 0
m 105)
une sorte de flûte, formée par
cinq tubes
d'inégale longueur en porcelaine verte.
Quelques-uns de ces
vases sont accompagnés de
l'aiguille en bois ou en bronze
qui servait à étendre
autour de l'oeil la poudre
d'antimoine.
3075—3076.
Tous les menus objets de couleur diverse réunis
sous ces deux
numéros sont des pions avec lesquels
les
Égyptiens jouaient aux dames (cfr. no
3182, Armoire
U, p. 114).
3080. — Jaspe vert. — H. 0m 06.
Vase en forme de coeur. D'un côté est gravé
un
scarabée, de l'autre le chapitre XXX du Livre des
morts. — Ep. saïte.
3081. — Terre émaillée.
— H. 0m 34.
Malgré ses dimensions exigues, cette lête
mérite
d'attirer un moment l'attention du visiteur: les
traits
caractéristiques de la physionomie du
nègre y sont
rendus avec une vérité
qui fait honneur à l'habileté
de l'artiste.
— Ep. saïte.
3090. — Schiste. — Long. 0m 07; larg.
0m
104.
Sur cette pierre, le scribe égyptien broyait, puis
délayait, avec un petit pilon (nos
3094, 3102, 3115),
l'encre et les couleurs dont il avait besoin pour
écrire
et enluminer les manuscrits.
3092. — Porcelaine verte. —
Long.
0m 07.
Petit encrier à deux godets, pour les deux encres
noire et
rouge.
3093.
Il est assez difficile de définir l'emploi des petits
anneaux
brisés en matières diverses (cornaline, verre
jaune, blanc, vert, rouge etc.) qui sont réunis sous
ce
numéro. On les trouve en assez grand nombre
près
de la tête et de la poitrine des momies.
3098. — Email bleu. — H. 0m 14.
Superbe buste d'Isis destiné à être
porté sur un
bâton d'enseigne: le haut de la
coiffure est brisé.
Les cartouches de Ramsés III
nous donnent la date
exacte de ce petit monument. — XXe dyn.
3106. — Bronze. — Long. 0m 057; larg.
0m
08.
Table d'offrandes d'un aspect particulier. Elle représente
une sorte de plateforme, sur les côtés de
laquelle sont assis deux chacals et deux cynocéphales
se
faisant face: trois petits personnages, agenouillés

dans le fond,
présentent l'offrande et versent une libation.
—
Ep. grecque.
3107. — Bronze. — H. 0m 36.
C'était une de ces enseignes qu'on promenait au
bout d'un
bâton en tête des processions religieuses.
Un
crocodile, posé sur une fleur de lotus, porte la barque
sacrée de Râ. Un naos, ouvert et vide,
surmonté
d'un épervier couronné, en
occupe le milieu. A l'avant,
on voit le chacal d'Apmatonou, puis le
prêtre
qui tient à deux mains le vase
à parfums, Hor à tête
d'épervier
levant la pique, et deux personnages
brisés.
Derrière le naos, Isis est debout avec
Anubis à
tête de chacal, et deux Hor à
tête d'épervier manient
les deux gouvernails.
— Ep. saïte.
Armoire X.
2929. — Bois. — Long. 0m 375; larg. 0m 05.
Palette de scribe. Tout en haut, le cartouche de
Thoutmos III, et
au-dessous, six godets accouplés, qui
renferment des
pastilles de couleur vermillon, jaune
d'ocre, terre
brûlée, jaune de chrome (gomme gute?),
blanc,
bleu. Au-dessous, la fente où on logeait les
plumes et les
pinceaux, et, de chaque côté, une
prière
pour le scribe Thoutii, secrétaire du roi.
— XVIIIe dyn.
2942. — Bois peint. — H. 0m 17.
Vase fictif de même espèce que le vase no 3126.
(Armoire V,
p. 116.)
2949. — Argent. — Diam. 0m 15.
Ce beau vase a été trouvé dans les ruines
de

Mendès
(Tell-Tmaï), avec les n
os. 2950 (H.
0
m 09), 2960
(Diam. 0
m 22), 2961 (Diam. 0
m 075), 2968 (Diam.
0
m 165). Ils
faisaient partie du mobilier sacré du temple
et avaient
été déposé dans une cachette,
où ils sont
restés oubliés
jusqu'à nos jours. Ils sont ornés de
lotus
épanouis et de boutons au repoussé. L'un d'eux,
le n
o 2961, est un couvercle, dont la
poignée est formée
de deux fleurs
réunies par la tige. Rien n'indique
l'âge de ces
objets; mais, qu'ils soient de l'époque
grecque ou de
l'époque thébaine, le travail en
est purement
égyptien. Ils sont identiques de tout
point aux vases d'or
et d'argent, qu'on voit si souvent
représentés
entre les mains des prêtres et des
rois, sur les murs des
temples, à la XVIII
e et à
la
XX
e dynasties.
Tell-Tmaï.
2953. — Bronze. — H. 0m 103. — Don
de M. Maunier.
— (Mariette, Mon. Div., pl. 48,
no b.)
Le dieu Harpochrate couronné est debout, le doigt
à la bouche. Le socle est orné de quatre
cartouches:
10 Binpou, sur le devant; 20 Le dieu bon
Nofirkerî,
à droite; 30 Ahmos, par
derrière; 40 Le dieu bon
Souzenrî, à
gauche. Le style de ce petit monument
semble nous reporter vers la
XXe dynastie; mais les
noms dont il est
chargé, appartiennent à la XVIIe.
Louxor.
2954. — Bronze. — H. 0m 018.
Anneau trop étroit pour avoir servi de bague:
le
châton représente une gazelle couchée d'un
travail
trés délicat. — Ep.
Saïte.
2955. — Bronze.— H. 0m 03.
Téte de lion venant de la momie de la reine Ahhotpou
(cfr. no
3474, Vitrine H, p. 79). — XVIIe dyn.
Drah abou 'l neggah.
2957. — Pâte verte. —
H. 0m 065. —
(Mariette, Mon. Div., pl. 48 c.)
Ce scarabée est le seul souvenir qui nous reste
des grandes
guerres de Neko II. Le Pharaon y est
représenté,
sur le plat, debout, entre Isis, qui lui remet
son arme, et Nith, qui
lui donne une petite image du
dieu guerrier Mont: deux prisonniers
renversés occupent
le registre inférieur. Neko II
est le Pharaon
qui battit à Magiddo le roi Josiah de Juda,
et fut
battu à Karkémish par Naboukoudouroussour.
—
XXVIe dyn.
2958. — Email bleu. — (Mariette,
Mon.
Div., pl. 52 d.)
Vase à poudre d'antimoine en forme d'épervier
couronné: la couronne servait de bouchon. Sous le
pied, des
asiatiques enchaînés: sur le pourtour de la
couronne, la légende d'Ahmos Ier.
— XVIIIe dyn.
Drah abou 'l neggah.
2960. — Argent. — Diam. 0m 22.
L'un des vases de Tell-Tmaï (cfr. no
2949, p. 120).
2961. — Argent. — Diam. 0m 075.
Couvercle de vase provenant de Tell-Tmaï (cfr.
no 2949, Armoire X, p.
120).
2962. — Faience verte. — H. 0m 078.
Petite bouteille dont le goulot, aujourd'hui cassé,
était flanqué de deux petits cynocéphales
accroupis
servant d'anse (cfr. no 2956). Le
milieu du disque
est à jour. Le cartouche d'Amasis donne la
date de
ce petit monument. — XXVIe dyn.
2963. — Bois noirci par devant,
doré
par derrière. — H. 0m 077.
Amulette en forme de boucle de ceinture, au nom
de Séti ler.
2965. — Jaspe rouge. — H. 0m 035.
Tête de lion (cfr. nos 3474, Vitrine H, p. 79 et 2955,
Armoire X, p. 122). Sur le front, entre les deux
oreilles, le cartouche Mâkerî. Un autre cartouche
renferme
le nom de la reine Hatshopsitou et sert de collier.
— XVIIIe dyn.
2966. — Argent. — Long. 0m 38.
Barque à dix rameurs et à un pilote, venant de
la
reine Ahhotpou, comme la barque d'or no
3582
(Vitrine H). Les quatre petits anneaux
qu'on remarque
sous la carène servaient à fixer
la barque sur
un petit charriot à quatre roues. —
XVIIe dyn.
Drah abou 'l neggah.
2967. — Email gris violet. — H.
0m 045.
Petit vase à poudre d'antimoine, sur la panse duquel
sont
gravés les deux cartouches du Pharaon Ai.— XVIIIe dyn.
2968. — Argent. — Diam. 0m 165.
Un des vases de Tell-Tmaï (cfr. no 2949, p. 120).
2970. — Argent. — H. 0m 08; Diam.
0m
147.
Un des vases de Tell-Tmaï (cfr. no 2949, p. 120).
2975. — Calcaire noirci
(?).—Long. 0m 04.
Osselet
sculpté.
2976. — Email bleu.
Collection de quatorze pions pour jeu de dames
(cfr. Armoire V, no 3075, p. 118 et Armoire U,
no 3182, p. 114).
2977—2978.
Collection de bagues et d'anneaux brisés (cfr. Armoire
V, no 3093, p. 119).
2979. — Email vert. — Long. 0m 18.
Coupe en forme de poisson au cartouche de Thoutmos
III. —
XVIIIe dyn.
2981. — Albâtre. — H.
0m 074; larg. 0m
041.
Plaque au cartouche Sonkhkarî, aimé de Montou,
maître de Thèbes, d'un roi dont l'autre nom
paraît
avoir été Amoni. —
XIe dyn.
Drah abou 'l neggah.
2984. — Email vert. — H. 0m 30. — (Mariette,
Mon. Div., pl. 34, a.)
Un homme, debout, a les mains appuyées sur un
petit naos
posé à terre, et qui renferme Osirismomie.

La statuette est
posée sur un socle assez haut,
couvert d'inscription sur
toutes ses faces. Le personage
était prince
héréditaire, et l'un des principaux
officiers du
roi: il s'appelait Nofirabrî. — XXVI
e dyn.
Kom el Qalâa.
2985. — Matiéres diverses.
Collection de pions pour jouer aux dames (cfr.
Armoire U, no 3182, p. 114). Quelques-uns d'entre
eux
sont surmontés d'une tête de chien, ce qui
explique
le nom de Chiens qu'on donnait
à toutes les pièces
du jeu, d'une tête
d'homme ou de dieu Bes.
2986. — Matières diverses.
Collection de dés à jouer, semblables à ceux
qu'on
emploie encore aujourd'hui.
2988. — Email vert. — Long. 0m 066.
Petit encrier à deux godets, en forme de cartouche.
2991. — Bronze. — H. 0m 12.
Sphinx persan, coiffé de la tiare surmontée d'une
étoile. — Ep. persane.
Sérapéum.
2993. — Ivoire. — Long. 0m 16.
Les encensoirs en usage dans les temples égyptiens
se
composaient d'un manche que terminait une
main en ivoire,
surmontée d'un petit godet en bronze
où
brûlait l'encens. Le no 2993 est une
main d'encensoir.
2994—2995. — Bois incrusté
d'ivoire.—
H. 0m 22 et
0m 14.
Bees de canne formés de trois têtes d'oies.
2996. — Bois. — H. 0m 138; larg. 0m 067.
Pièce centrale d'éventail au nom du scribe du
temple de Râ, Khimnakht (cfr. Armoire Y,
no 3307,
p. 109). Les deux ressorts en bois qui maintenaient les
plumes, sont encore intacts.
2997. — Bois. — Long. 0m 20; larg. 0m 065.
Palette de peintre avec ses couleurs.
3004. — Granit noir. — H. 0m 055. —
(Mariette, Mon. Div., pl. 48 d).
Petit vase à poudre d'antimoine: il a pour anse
un singe
grimpant. Il a été consacré par la reine
Hatshopsitou,
à sa mère, la reine Ahmos.
— XVIIIe dyn.
El-Assassif.
3011. — Bronze. — H. 0m 22.
Bout de sceptre.
Armoires S et T.
Les deux armoires S et T
renferment des vases
en terre et en bronze, ainsi que des objets de
ménage.
Quelques - uns des vases renferment encore
des
essences, des poudres, de la farine, des oeufs et
d'autres substances.
2819. — Bois. — Long. 0m 22; diam. 0m 09.
Corne à boire dont le fond est une tête de
bélier.
2825. — Bronze. — H. 0m 105.
Bouillotte en bronze; le manche est une fleur de
lotus
recourbée.
2829. — Email bleu. — H. 0m 08.
Vase à anse et à goulot, orné d'une bande
de
dessins à l'encre, représentant des fleurs de
lotus
entre des yeux mystiques.
2847. — Email vert. — H. 0m 14.
Vase en forme de fleur de lotus à moitié
épanouie.
2848. — Bronze. — H. 0m 215.
On employait, pour les purifications des morts et
dans les
cérémonies du culte ordinaire, de l'eau
consacrée
avec certaines cérémonies.
Les petits vases
en bronze du type no 2848
étaient destinés à contenir
cette eau
bénite. Ils sont quelquefois garnis de
bas-reliefs,
représentant le possesseur en adoration
devant ses dieux;
souvent, ils ne portent ni bas-reliefs
ni inscriptions; souvent enfin,
ils n'ont d'autre ornement
qu'une légende donnant le nom,
les titres et
la filiation du possesseur. Le vase no 2848 appartenait
à un
prêtre Psamitik, fils de Shishanq et de la dame
Miritiouri.
— Epoque saïte.
2860. — Bronze.—Long. 0m 49.
Longue cuiller à pot: le manche est en cou d'oie
recourbé.
2862. — Terre cuite. — Long. 0m 40; diam.
0m
149.
Petit tonneau orné de dessins au pinceau. — Epoque
grecque.
Drah abou 'l neggah.
2891. — Bois. — Long. 0m 09.
Cadenas en forme d'oiseau, analogue aux cadenas
encore en usage dans
quelques parties de l'Égypte.
2896. — Terre cuite. — H. 0m 20.
Vase grotesque. Sur la panse sont tracés
grossièrement
deux yeux, un nez, une bouche et deux
bras
fort courts allongès sur la panse.
2765. — Bronze émaillé.
— Diam. 0m 16.
Collier en bronze fermé par une grande rosace
flanquée
de deux rosaces trop petites: le travail
ressemble
au travail des bijoux mérovingiens.
2783. — Email bleu. — H. 0m 12.
Vase en forme de fleur de lotus, comme le no
2847
(Armoire S, p. 127): le pied est
cassé.
Vitrine O.
Le mobilier funéraire proprement dit est dans la Vitrine
O et
dans les armoires N, M, J, K, L, qui remplissent
presque
entièrement le côté droit de la salle
du centre.
Les quatre vases nos 1606—1607,
1648—1649,
sont les Canopes de Pkimi, surnommé
Ouhabrî Miamoun
(XXVIe dyn.).
Pendant les cérémonies de l'embaumement,
on
retirait du corps le foie, le coeur,
les poumons et les autres parties
internes, on les
préparait séparément,
et on les répartissait entre
quatre vases. Quelquefois, on
mettait ces quatre vases
aux quatre coins du cercueil, souvent on les
plaçait
dans une caisse à quatre compartiments,
sur le couvercle
de laquelle était accroupi un chacal.

Les parties séparées de la sorte étaient
identifiées
chacune à l'un des quatre
génies funéraires, Hâpi,
Amsit,
Tioumoutf, Kobhsonnouf. On met donc d'ordinaire
sur les vases, en guise
de couvercle, la tête
de ces divinités: une
tête humaine pour Amsit, une
tête de
cynocéphale pour Hâpi, une tête de
chacal
pour Tioumoutf, une tête d'épervier pour
Kobhsonnouf.
Chaque vase était lui-même
identifié avec une
déesse, qui était
censée veiller sur le dieu: Isis sur
Amsit, Nephthys sur
Hâpi, Nit sur Tioumoutf et
Selk sur Kobhsonnouf. La formule
gravée sur la
panse est un discours de ces
déesses. «Je dompte
l'ennemi, dit Isis, j'exerce
la protection sur cet Amsit
qui est en moi; le salut du
défunt X est le salut
d'Amsit, car Amsit est le
défunt X.» — «Moi,»
dit
Nephthys, «je cache ce qui est secret, et je fais
le
salut de cet Hâpi qui est en moi, car le salut du
défunt X est le salut de l'Hâpi qui est en
moi.» Nit
dit: «Je suis matineuse et je veille le
soir, chaque
jour, pour veiller sur ce Tioumoutf qui est en moi;
car le salut du défunt X est le salut du Tioumoutf
qui est
en moi.» J'ajouterai que réellement les
embaumeurs
s'inquiétaient assez peu de mettre chaque
partie du corps dans le vase correspondant: ils
répartissaient
l'ensemble en quatre parties à peu
prés
égales qu'ils enfermaient au hasard, si bien
que le
vase du coeur recevait souvent le poumon, et celui
du foie
les intestins. Parfois même on a trouvé de
simples paquets de linge sans trace de débris organiques.
Souvent on versait sur le tout du bitume
bouillant qui a
débordé et rayé de noir la surface
extérieure du canope.
1591. — Albâtre oriental. —
H. 0m 18;
larg. 0m 17.
Aujourd'hui encore, les Nubiens emploient des chevets
de forme analogue,
pour reposer leur tête pendant
le sommeil. Ceux qu'on
donnait aux morts
étaient destinés à
leur procurer des nuits paisibles
dans l'autre monde: certains
manuscrits du Livre
des Morts ont
même un chapitre du chevet, dont des
extraits sont
gravés quelquefois sur les chevets funéraires.
Rarement, on les trouve sous la tête de la
momie: presque
toujours, ils sont à terre, à
côté du
cercueil.
1621. — Calcaire blanc et granit noir.
—
H. du sarcophage 0m
20; long. 0m 31; prof.
0m 15.
L'âme égyptienne était figurée
par un épervier à
tête et à
bras d'homme: il s'envolait à la mort, et
l'un des souhaits
adressés au défunt était que
«son
âme pût rejoindre son corps
à son gré». Le petit
monument
représente cette réunion de l'âme et
du
corps. La momie, enveloppée de son maillot et
couchée
sur le lit funéraire à pieds
de lion, attend: l'épervier
est descendu dans le tombeau et,
posé à côté
d'elle, place
les deux mains sur l'endroit où était le
coeur,
en regardant attentivement la face impassible.
Le mouvement du petit
oiseau symbolique, l'expression
douce et presque suppliante de
l'âme, le contraste
entre la vie qui anime ses traits et
l'immobilité
de la momie font de ce groupe un
véritable
chef-d'oeuvre en son genre. Il était
enfermé dans un

sarcophage de calcaire blanc,
couvert d'inscriptions
et de figures: Isis à la
tête, Nephthys aux pieds, sur
les côtes Anubis et
les génies des morts.
Le personnage étendu sur le lit funéraire
était premier
héraut du roi et s'appelait
Râ. — XXIIe dyn.
1622. — Bois peint. — 0m 28.
Le registre du bas est un exemple fort rare d'un
paysage
égyptien: je ne connais que deux autres
stèles
analogues, I'une au Musée de Boulaq (Armoire
L),
I'autre au Musée de Turin. La montagne,
peinte
en jaune rayé de rouge, couvre le champ de
gauche: deux
petites portes surmontées de pyramidions
marquent la tombe
de la dame Zodamen-Efônkh.
Une femme agenouillée
se lamente et s'arrache
les cheveux en signe de deuil: des arbres,
dessinés
derrière elle, figurent le jardin
funéraire, où I'âme
viendra
s'ébattre et se nourrir à la table qui I'attend
chargée d'offrandes. Au registre supérieur, la
dame
Zodamen-Efônkh vient réclamer
auprès d‘Harmakhis
sa part des sacrifices que lui
font ses parents. —
XXIIe—XXVIe dyn.
Déir el-Baharî.
Presque tous les objets exposés dans la vitrine O
sont des statuettes funéraires. On les nommait
Ouoshbiti
ou Shbiti, les Répondants,
à cause de la fonction
qu'elles remplissaient dans I'autre
monde: elles
devaient répondre
à I'appel du nom du défunt et se
présenter à sa place, pour exécuter les
corvées qu'Osiris
avait le droit d'exiger de lui. Les
formules diverses
qu'on trouve écrites sur elles ne laissent
subsister
aucun doute à cet égard: «Je
suis X, le serviteur
de I'Enfer», ou « Je suis X,
le serviteur d'Osiris ».
La plupart s'adressent aux statuettes elles-mêmes, et
les
conjurent de venir fidèlement à I'aide du
défunt:
« O Répondant d'Ahmos, si
Ahmos est appelé pour
travailler dans l'enfer, crie: Me voici! Cette idée
développée avait fini par devenir une oraison
assez
longue, qui est le chapitre VI du Livre des
Morts,
et qu'on gravait fort souvent tout entière
sur les statuettes.
« O ces Répondants, si l'on
appelle, si l'on
dénombre le nomarque Phtahmos, pour qu'il
fasse
tous les travaux qu'il y a à faire dans l'autre
monde,
— lui qui y a combattu l'ennemi, — comme
un
homme qui doit la corvée, pour ensemencer les
champs, pour remplir les canaux, pour transporter
les grains de l'Est
à l'Ouest: «C'est moi, me voici!»
exclamez-vous, et puisses-tu être appelé à
toute
heure, au cours de chaque jour.»
Pour rendre leur service plus efficace, on les déposait
en
très grand nombre, par milliers même,
avec les
momies. Tantôt, elles sont jetées au hasard
dans
le sarcophage; tantôt, on les a rangées debout
contre le sarcophage ou répandues sur le sable de
la
chambre. On les entassait souvent dans des boîtes
spéciales, grandes ou petites. Elles sont en toutes
matières,
mais les plus vieilles, celles qui sont
antérieures,
à la XVIII
e dynastie, sont plutôt en bois, en
granit, en
calcaire ou en albâtre. Sous la XVIII
e dynastie,
la terre cuite recouverte d'un émail bleu
commence
à paraître, et sous la XXVI
e, la terre émaillée
verte l'emporte, presque à l'exclusion du reste. Au
début, les statuettes funéraires ne sont qu'une
dégénérescence
des statues en calcaire
qui servent de support
au double: aussi leur donne-t-on l'aspect et
le

costume de l'homme vivant, plus
rarement le costume
l'aspect de la momie. Plus tard, I'idée
de leur
usage détermina de plus en plus la forme de
leur
costume: on leur mit à la main la pioche pour
travailler
la terre, ou le sac à grains pour
ensemencer,
parfois un vase à libations ou une croix
ansée, signe
de vie. Aux derniéres
époques, leur identification
avec le mort est si
complète qu'elles ne sont plus
que des momies de petites
tailles.
La plupart n'ont aucune valeur artistique: il y en
a pourtant que les
artistes ont soignées avec autant
d'amour que s'ils avaient
eu à tailler une statue en
calcaire ou en granit. Je
rappellerai le no 3262 (Armoire
Y, p. 105), qui a été
déjà décrit: les plus remarquables
de
ceux que renferme la vitrine O sont:
1594. — Bronze. — H. 0m 19.
Je ne connais jusqu'à présent, en fait de
statuettes
de bronze, que les deux qui sont conservées au
Musée
de Boulaq, sous les nos
1594 et 1601. Le no 1594,
qui est de
travail fort soignée, appartenait au domestique
privé du roi, Hor. — XXe
dyn.
1595. — Calcaire. — H. 0m 16.
Les Répondants n'étaient pas toujours
fabriqués
exprés pour une personne
déterminée. Les marchands
d'objets
funèbres en avaient de tout préparés:
les formules étaient gravées, la place du nom
était
réservée, et on la remplissait
au moment de l'achat.
Le n
o 1595 est un bon
spécimen de cette classe de
répondants: le nom du mort a
été écrit à l'encre,

dans l'espace laissé
vide au milieu de la formule
gravée.
1601. — Bronze. — H. 0m 19.
Statuette funéraire du Scribe-intendant des boeufs
Amenmos.
Beau style de l'époque des Ramessides.
— XXe dyn.
1603. — Pâte de verre noire et bleue.
— H. 0m 08; larg. 0m 03.
Une statuette funéraire est collée contre une
petite
stèle cintrée, au revers de laquelle est
tracée la formule
ordinaire. Cette formule renferme une
inadvertance
assez curieuse du scribe. L'original était
conçu en termes généraux:
«Illumination d'un tel,
»fils d'un
tel», et le scribe aurait dû remplacer la
locution vague un tel, fils d'un tel, par le nom et
la
filiation du défunt. Il ne l'a point fait et a
laissé subsister
le mot mon, un tel.
C'est une étourderie qu'on
relève assez souvent
sur les menus objets destinés
aux morts. — XXe dyn.
1604. — Bois peint et émail.
— H. 0m 19.
La figurine avait un charmant visage et des mains
en faïence
bleue, ce qui n'est pas très fréquent. Le
nom a
disparu avec I'inscription. — XXe
— XXIIe dyn.
1610. — Albâtre. — H.
0m 21.
Le nom a été laissé en blanc. J'ai
déjà expliqué
plus haut que
l'âme venait rejoindre le corps dans
la tombe, sous forme
d'un épervier à tête humaine
(cfr. p.
130, no 1621). Ici, l'âme étend ses ailes sur

la poitrine de la statuette et
l'embrasse pour lui
rendre la vie. — XVIII
e dyn.
1618. — Schiste. — H. 0m 19.
Le répondant serre son âme sur sa poitrine: le
nom
a été laissé en blanc.
1623—1629. — Faïence verte.
— H. 0m 21.
Statuette d'Ahmos fils de Khroudônkh. Le visage
est d'une
finesse admirable, et tous les détails de
l'équipement
ont été
découpés avec le plus grand soin.
—
Epoque Saïto-grecque.
Grandes-Pyramides.
1627. — Albâtre. — H.
0m 19.
La dame Naï tient dans ses mains les deux hoyaux
avec
lesquelles son répondant doit remuer la terre;
elle a,
passés aux bras, les deux sacs à semailles
avec
lesquels il doit ensemencer les champs célestes.
Un grand
collier lui couvre la poitrine: il est formé
de tous les
amulettes qui peuvent protéger l'existence
du mort dans
l'autre monde. — XXe dyn.
1628. — Calcaire blanc. — H. 0m 24.
Cette statuette avait été donnée
à l'Intendant des
boeufs, Amenqon, par grâce
spéciale du roi: c'était
une dernière
faveur que le souverain avait voulu
accorder à un serviteur
dont il appréciait les mérites.
—
XIXe dyn.
1631. — Serpentine. — H. 0m 22.
Statuette du chef des portiers du roi, Tounro. Elle

est vêtue de la
grande robe d'apparat en usage vers
la XX
e
dynastie: elle tient, dans une main, le
tat,
emblème
de la durée, dans l'autre, la boucle de
ceinture,
qui permet au mort de voyager, partout à son
gré. — XX
e dyn.
1633. — Email vert. — H. 0m 095.
Le boeuf Apis, en mourant, devenait un Osiris
comme les morts de
l'espèce humaine; il était traité
à la façon des grands personnages de l'état
et recevait
tous les honneurs funébres qu'on leur
rendait.
Ses statuettes ne diffèrent des autres
Répondants que
par la tête de boeuf qu'elles ont
au lieu d'une tête
humaine. Le no 1633 est un spécimen assez grossier
des statuettes
du boeuf Apis. — XIXe dyn.
Sérapéum.
1647. — Albâtre. — H.
0m 23; larg. 0m
18.
Le travail de cette stèle est fort délicat. Le
gouverneur
Shiti est assis à gauche, devant une table
d'offrandes qui lui présente la dame Hotpoui. —
XIIIe dyn.
1651. — Bois. — H. 0m 25; larg. 0m
18;
long. 0m 28.
Petite boîte destinée à contenir les
statuettes funéraires
d'une Chanteuse du Sanctuaire
d'Ammon,
Ameniritis, fille de Nsimin. Elle est en forme de
sarcophage,
avec un couvercle à dos d'âne
flanqué de
quatre montants carrés. —
XXVIe dyn.
Déir el-Baharî.
1633. — Faïence
émaillée. — H. 0
m 14.
— (Mariette,
Abydos, t. III, p. 74, n
o
444.)
Statuette du majordome Notmou. Il est représenté
debout, enveloppé d'une robe collante: le fond est
blanc, la
chevelure et les hiéroglyphes sont noirs,
les mains et le
visage rouge vineux. Neuf autres statuettes
proviennent du
même tombeau; les plus remarquables
sont le no 1663 et les deux numéros
suivants
1664, 1665. XIXe dyn.
1677. — Bois. — H. 0m 25; long. 0m
27;
larg. 0m 18.
Boîte à statuettes ayant appartenu à la dame
Ameniritis,
comme le no 1651. —
XXVIe dyn.
Déir el-Baharî.
Armoire N.
La série des statuettes funéraires continue dans
l'armoire N.
1106—1107. — Calcaire. —
H. 0m 29.
Statuette de Montou surnommé Sonrîs, premier
prophète d'Ammon générateur. —
XVIIIe dyn.
Drah abou 'l neggah.
Les autres statuettes, grandes et petites, ne font
guères que
reproduire les types déjà décrits.
Nous
n'avons donc aucun intérêt à les
énumérer; le visiteur
saura bien distinguer
celle, qui ont quelque mérite
artistique de celles qui n'ont
qu'une valeur archéologique.
Derrière la première rangée des statuettes
funéraires,

immédiatement sur la
planchette du fond de
l'armoire, sont disposés des objets en
terre cuite
rouge, que l'on appelle d'après leur forme,
cônes
funéraires. On n'a
jusqu'à présent découvert de
cônes
funéraires qu'à
Thèbes, principalement dans la
partie de la
nécropole qui entoure l'Assassif, de Drah
abou 'l neggah
à Sheîkh Abd el Gournah. On les
déposait d'ordinaire dans le sable, devant la tombe
du
personnage auquel ils étaient consacrés, et cette
circonstance a fait croire à M. Mariette qu'ils servaient
à limiter les tombes et le terrain qui leur appartenait.
Je
pense qu'il n'en est rien et qu'il faut
y reconnaître une
offrande fictive. Ils sont en effet
revêtus d'une couleur
blanche qui simule la farine,
et la forme en est exactement celle de ce
mélange
de farine fine et de sel, qu'on
présentait dans le
sacrifice, aux morts et aux dieux. De
même qu'on
enterrait à
Memphis, sous l'Ancien
Empire, des oies
et des pains en pierre, destinés
à servir éternellement
au mort d'oies et de pain,
de même à Thèbes, on
donnait au mort
un simulacre de mola plus durable
que n'était l'offrande
réelle: comme c'est l'usage en
pareil cas, l'image de
l'objet, offerte en ce monde,
procurait à l'âme
la réalité de l'objet dans l'autre.
Si on ne
trouve pas de cônes à
Memphis, c'est pour
la
même raison qu'on ne trouve pas d'oies en pierre
à Thèbes: chaque ville avait ses usages qu'on ne
doit pas s'attendre à rencontrer dans les autres villes
si
ce n'est à l'état d'exception.
Les plus anciens des cônes que l'on possède
jusqu'à
prèsent sont ceux de la XIe dynastie, les plus
modernes, ceux de la
XXVIe.
1117. — Terre cuite.
Cône du Voyant d'Ammon, le scribe Nakht et sa
soeur.
— XXe dyn.
Drah abou 'l neggah.
1118. — Terre cuite.
Cône de Montou dit Sonrîs (cfr. les statuettes
no 1106—1107). —
XVIIIe dyn.
Drah abou 'l neggah.
1120. — Terre cuite.
Cône du Scribe Nibenhâaou, surnommé Akhi.
—
XIIIe dyn.
Drah abou 'l neggah.
1136. — Terre cuite.
Cône d'Entef. — XIe dyn.
Drah abou 'l neggah.
1122. — Bois colorié.
Epervier accroupi, le corps et les pattes momifiées,
la
tête libre. Cet emblème, qu'on appelait âkhôm,
l'aigle, en égyptien, servait à
désigner quatre génies,
qui veillaient aux quatre
angles du sarcophage, et
que l'on confondait souvent avec les quatre
génies
des vases Canopes. Aussi trouve-t-on d'ordinaire
les éperviers de ce genre perchés sur les quatre
montants en bois qui ornent les cercueils, sous la
XXe—XXIIe
dynasties, ou sur le couvercle des grandes
boîtes en bois
qui renferment les statuettes funéraires.
Il y avait
cependant, entre les génies de l'angle
(Kobkeb ou Kobtiou) et les génies
funéraires, cette
différence que les premiers
étaient des formes d'Hor,
tandis que les seconds
étaient ses fils.
1127. — Bois noir. — H. 0m 29; long.
0m
44.
Ce chacal couché, emblème d'Anubis, se trouve
d'ordinaire sur le couvercle des boîtes à
statuettes
funéraires, où il échange
avec l'épervier âkhôm. Nous
verrons dans la Salle des momies royales, une boîte
à statuettes qui a encore le chacal noir posé sur
le
couvercle. — XXe—XXIIe dyn.
Sheîkh Abd el Gournah.
1156. — Calcaire blanc. — H. 0
m 50;
larg. 0
m
30. — (Mariette,
Abydos, t, III, p.
552
à 553, n
o 1425.)
Au fond de chaque temple, il y avait une chapelle
monolithe, semblable
pour la forme, sinon pour les
dimensions, au petit monument no 1156: c'était là
qu'était censé résider le dieu du temple,
et on y renfermait
soit l'emblème de ce dieu, soit l'animal
vivant
qui lui était consacré.
L'usage voulait qu'on plaçât parfois des naos de
ce genre dans les tombeaux. Celui-ci avait une statue,
aujourd'hui
perdue, du mort auquel il était
dédié,
louf, fils de Sonit. Il est décoré à
l'extérieur
de deux scènes d'adoration, dont
l'une occupe deux
faces et l'autre une seule: la famille et les
amis,
conduits par la dame Sazit, défilent devant louf et
lui
font l'offrande. — XIIIe
dyn.
Armoire M.
1200. — Poterie. — H. 0
m 59. — (Mariette,
Abydos, III, p. 580, n
o 1479.)
A l'Ouest d'
Abydos, s'élève une forteresse assez
bien conservée, à laquelle les gens du voisinage
donnent
le nom bizarre de
Magasin aux raisins
secs,
Chounét ez-zébîb. Elle
avait été abandonnée à
partir
de la XX
e dynastie, et le vent du
désert avait entassé
dans l'intérieur,
contre le mur nord, une butte de
sable de cinq à six
mètres de hauteur. Sous la
XXVI
e
dynastie, on transforma cette butte en cimetière,
et on y
déposa un nombre considérable d'ibis
momifiés, renfermés dans des vases en terre.
Le vase no 1200 appartient aux plus
soignés de
cette catégorie. Sur un fond blanc, la
déesse protectrice
Khouït étend ses
ailes, tandis qu'Hor et Thot
présentent la bandelette et le
vase à onguent. L'inscription
est une prière
à Thot, le dieu Ibis, pour
qu'il soit favorable à
la dame Bouâaou, qui avait
fait enterrer à ses
frais l'oiseau renfermé dans le
vase. Les vases nos 1201, 1243, 1244, ont la même
origine: ils n'ont jamais été ouverts. —
XXVIe dyn.
1202. — Momie. — H. 0m 37.
Le paquet si joliment enveloppé renferme une des
momies
d'Ibis découvertes à
Abydos. Les n
os 1203,
1238, 1239, 1240, 1242, 1272,
viennent en partie de
Saqqarah. Les animaux qu'on enterrait si
soigneusement
étaient les ibis sacrés de la
chapelle de Thot.
— XXVI
e dyn.
1204. — Toile stuquée et peinte.
— H.
0m 28; larg. 0m 40.
La momie, une fois revêtue de ses bandelettes, recevait

une certaine
quantité d'ornements en toile stuquée
et peinte.
C'était généralement la reproduction
des ornements réels qu'on devait déposer avec
elle,
un collier, des figurines, des scarabées, des
sandales.
Le collier en toile tenait lieu du collier réel et
coûtait
moins cher.
L'objet no 1204 est un collier de
l'espèce nommé
Ouôskh (large): il est surmonté
du scarabée à ailes
éployées qui représente l'âme
humaine. Le chapitre
CLVIII du Livre des Morts
lui était consacré:
Mon père Osiris, y
disait le défunt, et ma mère Isis
m'enveloppent,
me regardent et je deviens un de
ceux là qu'a
enveloppés et que voit Sib.» Il fallait
réciter cette phrase sur le collier, avant de le placer
au
cou du mort le jour de l'enterrement: l'objet ainsi
consacré
le mettait sous la protection du dieu Sib.
— Ep. grecque.
1215. — Bois peint et doré.
— H. 0m 43;
larg. 0m 22.
Boîtes à statuettes funéraires en forme de
naos
carré. Elle est couverte de peintures d'une
fraîcheur
étonnante. La scène
principale représente un roi qui
fait offrande à
Hor et Osiris debout. Ce roi n'est pas
un pharaon réel, mais
un particulier vêtu en roi. L'usage
admettait ces
déguisements dans l'autre monde;
plusieurs chapitres du Livre des Morts étaient
destinés
à permettre au défunt de
prendre place parmi
les rois d'Égypte qui sont
l'équipage de la barque
solaire. — Ep. grecque.
1220. — Bois peint. — H. 0m 40.
Un Osiris en forme de momie est debout sur un

socle. Il a sur la
tête deux grandes plumes, un disque
solaire et une paire de
cornes; devant lui, est un
petit épervier accroupi.
L'épervier sert de couvercle
à une
boîte ménagée dans le socle, et qui
renfermait
soit un petit papyrus, soit quelque lambeau du
corps
momifié. L'Osiris n
o 1220 appartenait
à une
dame Zostpirou. — XXII
e dyn.
1246. — Toile stuquée et peinte.
— H.
0m 210; larg. 0m 07.
Sandales qu'on mettait aux pieds de la momie.
Le mort en avait d'autant
plus besoin, qu'à une certaine
époque on lui
enlevait la peau de la plante des
pieds: c'était afin qu'en
arrivant dans la salle de la
vérité,
où les âmes passaient le jugement, il n'y
apportât
aucune des souillures de la terre. « Ne
marche
point sur moi, s'écrie le sol de cette salle, car
je
suis pur, et si tu ne sais pas le nom de tes deux
pieds, tu ne
marcheras point sur moi. — Le nom
de mon pied droit est Bandelette de Min, le nom
de mon pied gauche est
Boucle de Nephthys. »
On peignait souvent sous les sandales des figures
d'ennemis
liés et renversés, afin d'accomplir la parole
des
Livres Saints égyptiens qui promettait au mort
de lui jeter
ses ennemis sous les sandales. — Ep.
grecque.
1261. — Email verdâtre. —
H. 0m 10.
Le nom égyptien de cet objet est
Tat qui
signifie
stabilité: on croit qu'il représente un
autel à quatre
ou cinq tablettes. C'est un des amulettes
qu'on trouve

le plus fréquemment
sur les momies: il leur assurait
la durée, et sa forme, qui
rappelle de loin celle
de l'épine dorsale, avait
donné aux Égyptiens l'idée
de
l'identifier avec cette partie du corps. Pour le
consacrer, on
récitait cette formule: «Ton épine
dorsale
est à toi, ô dieu dont le coeur est
immobile
(Osiris)! Mets-toi sur le flanc, car je verse l'eau sous
toi, et voici que je t'ai apporté ce
Tat,
afin que tu
te réjouisses de lui.» Une fois cet
amulette au cou
de la momie, le mort peut «franchir les
portes du
ciel; il reçoit les gâteaux, les
boissons, quantité des
chairs qu'on dépose sur
l'autel d'Osiris, et sa voix
prévaut contre ses ennemis en
vérité, à tout jamais.»
(
Livre des Morts, ch. CLV.) — Ep.
grecque.
1271. — Momie. — Long. 0m 32; larg.
0m
075.
Momie de petit crocodile. (Cfr. nos 1273,
1274,
1276.)
Assassif.
1275. — Momie. — Long. 0m 27; larg.
0m
07.
Momie de petit chacal: le maillot est surmonté
d'une
tête de chacal en toile, assez grossièrement
imitée.
1279. — Terre cuite. — Long. 0m 21;
larg. 0m
09.
Une femme est couchée nue sur un lit: elle allaite
un petit
enfant. Cette figure qu'on rencontre assez
souvent, même
dans des tombeaux d'homme, me

paraît
représenter Isis allaitant Horus: les Égyptiens
espéraient qu'Isis les nourrirait de son lait dans l'autre
monde, comme elle avait fait son propre fils. — Ep.
grecque.
Armoires J, K, L.
La série des objets funéraires continue sans grand
changement dans les armoires J, K, L. Je me contenterai
d'y signaler au
passage quelques objets plus
intéressants que les autres.
1353. — Bois et serpentine.
Petit cercueil en bois noirci (H. 0m 13, long.
0m 32,
larg. 0m 13) renfermant une statuette en serpentine
(H. 0m 26), dont la légende est
consacrée par inadvertance
à un
tel, fils d'un tel (cfr. p. 134, no
1603).
Ici, l'identification de la statuette avec la momie est
telle, qu'on a donné à la statuette un petit
cercueil,
image exacte du grand. — Ep. saïte.
1356 — 1364. — Email. —
H. 0m 04.
Malgré leur petite taille, ces statuettes sont des
Répondants au même titre que
les autres, et possèdent
toutes les vertus de leurs
confrères. La mode paraît
avoir
été pendant quelque temps aux Oushabti nains
et
sans légende: on en a trouvé à
Thèbes de pleines
boîtes. Rarement ils sont aussi
fins d'exécution que
les nos
1356—1364: le plus souvent, ce ne sont que
de petits
morceaux d'argile non cuite, un peu arrondis
en haut et en bas pour
simuler la tête et les pieds.
1365. — Serpentine grise. — H.
0
m 045;
long. 0
m 16; larg. 0
m 05. — (Mariette,
Abydos,
III, p. 81, n
o 520.)
Lit funèbre du chef des scribes Miri: l'âme est
venue s'abattre à côté de lui et lui met
les deux
mains sur la poitrine. La formule est celle qu'on
trouve
sur les statuettes funéraires (cfr. p. 132). —
XXe dyn.
1420 — 1429. — Pâtes
diverses. — H.
0m 010.
La grenouille est une déesse, Hiqit, dont le rôle
est encore obscur. Non seulement elle était l'une des
principales parmi les divinités cosmiques, et avait
contribué avec Khnoum à l'organisation du monde,
mais elle était liée au dogme de la
résurrection. C'est
pour cela qu'on la trouve sur les
momies. Les chrétiens
d'Égypte
l'empruntèrent aux payens et fabriquèrent
des
lampes en forme de grenouille, sur lesquelles
ils
écrivaient: Je suis la résurrection,
Ἐγὸ,
εἶμι
Ἀυάστασις.
1445. — Bois. — H. 0m 48; long. 2m 10.
Panneau du cercueil de Bisinmout, fils de la dame
Shopenkhonsou. Les
légendes, tracées à l'encre, sont
extraites du Livre des Morts. — Ep.
saïte.
1483. — Calcaire. — H. 0m 37; larg. 0m
24;
prof. 0m 22.
Naos (cfr. p. 140, no 1156) de Nakht: la statue
en
serpentine (H. 0m 17)
représente le défunt dans sa
chapelle.
— XIIIe dyn.
1508. — Calcaire blanc. — H. 0m 07;
larg. 0m
056; long. 0m 105.
Petite boîte carrée que surmonte une figure de
scarabée en relief: l'intérieur renferme une
momie
de scarabée, enveloppée dans du linge
très fin.
1530. — Calcaire blanc. — H. 0m 53;
larg. 0m
37. — (Mariette, Mon. Div., pl. 47 B.)
Stèle de Bismout qui, né l'an XXVIII de Psamitik
Ier, mourut à l'âge de
quatre-vingt-dix-neuf ans.
— XXVIe dyn.
Louxor.
1534. — Calcaire blanc. — H. 0
m 078;
larg. 0
m
034; long. 0
m 14. (Mariette,
Abydos,
III, p. 80, n
o 519.)
La momie de la dame Toupou est étendue sur
le lit
funéraire. A la tête, une image de Nephthys
accroupie est sculptée en relief. Aux pieds, une petite
femme s'appuie contre le lit, et se hausse pour
regarder la figure de
la morte: c'est l'âme qui revient
animer le corps. Ce joli
monument est d'une
exécution très fine et d'un
sentiment très délicat.
— XIIIe dyn.
PANTHÉON ÉGYPTIEN
(Armoires A, B, C, D, E, F, G, I).
Toutes les armoires, qui nous restent à décrire
dans la Salle du Centre, renferment des figures de
divinités
et forment un véritable Panthéon Égyptien.

Les Egyptologues ne sont pas d'accord sur la nature
du culte que les
Egyptiens rendaient à la divinité.
Les uns,
désireux de retrouver partout l'unité
de Dieu,
ont cherché en Égypte les preuves d'une
conception monothéïste, et, négligeant les
témoignages
qui déposaient contre leur
théorie, ont démontré, à
leur satisfaction, que la religion égyptienne était
une
religion monothéïste. D'autres,
frappés surtout par le
vague des formes divines et voyant
qu'elles rentrent
sans peine et s'absorbent l'une dans l'autre, ont
cru
reconnaître, parmi les diverses doctrines
énoncées, diverses
nuances de
panthéïsme. Pour certains, le
polythéïsme,
et le
polythéïsme le plus grossier, ressort
jusqu'à l'évidence du témoignage des
monuments.
Quelques-uns découvrent partout le soleil et les
cultes
solaires; quelques autres pensent que les dieux
ne sont que
la représentation concrète des notions
métaphysiques les plus abstruses. Tous me semblent
avoir
raison par quelque endroit, tort par le plus
grand nombre de points.
Chaque fois que j'entends parler de la religion
égyptienne,
je suis tenté de demander de quelle religion
égyptienne il s'agit. Est-ce de la religion
égyptienne
de la quatrième dynastie, ou de la
religion
égyptienne de l'époque
ptolémaïque? Est-ce de la
religion populaire ou
de la religion des gens instruits?
de la religion telle qu'on
l'enseignait à l'école d'Héliopolis,
ou de la religion telle que la concevaient
les membres du sacerdoce
thébain? Entre le premier
tombeau memphite portant le
cartouche d'un
roi de la III