CHAPITRE PREMIER.
LA COUR ET LE JARDIN.
La partie de la cour dans laquelle on pénètre,
après
avoir passé la grande porte
d'entrée, sert de magasin
provisoire á certaines
pièces incomplètes ou nouvellement
achetées, qui n'ont pas encore leur place marquée
dans les galeries. Ainsi les nos 6000 et 6004 sont
les
morceaux d'une chapelle monolithe, élevée par le
roi
Nectanébo de la XXXe dynastie,
à Bubaste, et détruite,
il y a quelques
années, par un haut fonctionnaire égyptien:
j'espère en retrouver les autres débris et la
reconstruire.
6002. — Marbre blanc. — H. Im 90.
Aigle gigantesque de beau travail grec.L'île de Thasos,
d'où il provient, forme, avec le bourg de Kavala,
un fief
héréditaire dans la famille de Mohammed Ali,
et
dépend du souverain régnant de l'Égypte.
L'aigle,
envoyé en cadeau à Ismaïl-Pacha,
il y a quelques années,
a été
donné par ce prince au musée de Boulaq.
—
Ep. ptolémaïque.
Thasos.
6006. — Basalte noir. — H. Im 75.
Déesse Sokhit à tête de lionne. La
déesse Sokhit est
la
grande amie du dieu
Phtah; elle compose avec Phtah
et son fils Imhotpou la
trinité adorée à
Memphis. Elle
a un
rôle violent, celui de destructrice des ennemis du
Soleil: il
est souvent question, dans les textes, de sa
flamme dévorante
qui anéantit les méchants. Le roi
Amenhotpou III, de
la XVIII
e dynastie, lui avait
consacré,
dans le temple de Mout à Thèbes,
une salle spéciale,
qu'il avait remplie de statues semblables
à celle
qui est inscrite sous le n
o
6006. Il en restait encore
cent cinquante vers le milieu du
siècle dernier; mais,
depuis cette époque, tous les
musées de l'Europe en
ont fait enlever des spécimens,
et on n'en voit plus
aujourd'hui qu'une soixantaine en assez mauvais
état.
Le n
o 6006 porte le cartouche
d'Amenhotpou III. —
XVIII
e dyn.
6007. — Granit gris. — H. Im 60; larg.
0m 61.
Le dieu Ammon et une reine d'Ethiopie. Ce monument,
le seul de ce genre
qu'il y ait jusqu'à présent
dans les
musées d'antiquité égyptienne, m'avait
été
signalé, en 1882, par M. Berghoff, qui
fut, quelques
mois plus tard, pris et décapité par le
Mahdi: il a été
expédié au
Caire, sur ma demande, par Gigler-Pacha,
et nous est parvenu dans les
premiers jours de 1883. Il
appartient aux derniers temps de la civilisation
égyptienne
en Ethiopie, comme le prouvent la
grossièreté
du travail et la barbarie du style.
— Ep. romaine.
Naga.

Deux grands
sphinx séparent l'Avant-cour de la
cour
réelle et du jardin du Musée. Celui de gauche
(n
o 6008) est seul authentique: l'autre n'est
qu'un
moulage en plâtre du précédent. Le
sphinx n'était pas
pour les Égyptiens la combinaison
arbitraire d'un corps
de lion et d'une tête humaine:
c'était, même pour les
savants de l'époque
romaine, la reproduction d'un
animal d'espèce rare, qui vivait
dans le désert. La réunion
dans un même
être de la force du lion et de l'intelligence
humaine le rendait
particulièrement redoutable:
aussi en fit-on un dieu,
Harmakhouti, Harmakhis,
le soleil
levant et couchant, auquel est
consacré
le grand
sphinx de Gizéh. Le roi,
étant fils du soleil et
identifié souvent avec
Harmakhis, la forme du
sphinx servit à représenter
les rois dans certaines circonstances.
On n'a trouvé
jusqu'à présent de
sphinx isolé
que le
grand
sphinx de Gizéh: les
sphinx vont toujours
par couples et
forment en avant des temples de longues
avenues. Le
sphinx femelle est fort
rare dans l'Égypte
pharaonique: je ne l'ai vu encore que sur
quelques
basreliefs, où il représente une reine.
Certains
sphinx royaux ont non-seulement la tête mais les
bras
de l'homme: ils sont généralement en bronze et
de petites
dimensions. Le
sphinx n
o 6008 porte
le cartouche
de Ramsès II.
Passés les
sphinx, on se trouve dans une sorte d'avenue
bordée à droite et à gauche de grands
sarcophages.
Les trois de gauche sont grecs et proviennent des
catacombes
d'
Alexandrie: l'ornementation en est assez
légèrement ébauchée, et rappelle le
style de l'époque romaine.
Les trois de droite sont
égyptiens d'époque ptolémaïque et
ont été découverts à
Saqqarah.
6015. — Granit gris taché de rose.
—
H. Im 20; larg. Im
10; long. 2m 40.
Sarcophage d'Onkhhapi, fils de Tafnakht et de la
dame Tatet: le petit
cercueil en forme de momie qu'il
renferme contenait jadis le corps du
dernier possesseur.
L'habitude a toujours été, à
Memphis, de
déposer
les morts de distinction dans de grands sarcophages
rectangulaires à chevet plus ou moins arrondi. Aux
anciennes
époques, ces sarcophages, qui étaient la
maison éternelle du mort, sont quelquefois
décorés en
forme de maison (cf.
Salle de l'Ancien Empire n
o 964),
et
presque toujours en granit rose. A l'époque saïte et
ptolémaïque, on les taillait de
préférence dans le granit
gris ou dans le basalte et
ils portent d'innombrables
tableaux sculptés avec une finesse
remarquable. Le sujet
en est emprunté à l'un des
livres les plus curieux de
la mythologie égyptienne, le
Livre de savoir ce qu'il
y a dans l'enfer. Les
Égyptiens se figuraient le monde
souterrain, le monde de la
nuit, comme une série de
couloirs et de grandes chambres
voûtées, remplies
d'être fantastiques bons
ou méchants. Il était partagé
en douze
régions, dont chacune répondait à l'une
des
douze heures de la nuit. La barque du soleil, sur laquelle
le
défunt était censé s'embarquer après
de la
mort, entrait chaque soir dans ces contrées
ténébreuses
et n'en sortait que le lendemain matin,
à l'aube;
pour que le mort pût accomplir sans danger
dans ce
voyage, il devait connaître à fond toute la
population
infernale. C'est à lui donner les renseignements
nécessaires
qu'était consacré le livre en
question. Chaque
heure était décrite minutieusement,
avec le nom et

l'étendue du territoire
qu'elle occupait, le nom et la
fonction de chacun de ses habitants, leur
voix, leurs
discours, les dimensions des serpents qui gardaient
les
portes de communication d'une heure à l'autre. Les
figures
représentent d'abord la barque solaire avec son
équipage et les génies qui la traînent
à la cordelle, puis
les êtres décrits dans
chaque section du texte. Le mort
savait donc ce qu'il allait voir,
dès avant de commencer
le voyage; il était assez
familiarisé avec la forme
des divinités infernales,
pour distinguer celles qui lui
étaient favorables de celles qui
lui étaient hostiles. Ce
grand livre à images
était trop étendu pour qu'il fût
aisé de le représenter en entier sur un sarcophage;
aussi se bornait-on le plus souvent à en reproduire
une partie,
trois ou quatre heures entières, le plus souvent
celles du
milieu de la nuit, et des extraits des autres
heures. — Ep.
grecque.
6013. — Granit gris. — H. 1m 35.
6014. — Granit gris. — H. 1m 30.
Sarcophages du même type que le précédent,
trouvés
au fond du même puits, à
Saqqarah,
et ayant
appartenus à deux frères du nom de Zeho, en
grec
Téos ou Takhos, tous les deux fils de la même
mère
Betiti, tous les deux généraux dans
l'armée égyptienne
sous l'un des premiers
Ptolémées. Le couvercle du
n
o 6014 n'a pas été fait pour la cuve et en
diffère
par la pierre et par les dimensions; il avait
appartenu
à un autre personnage, dont le nom et les titres
ont
été grattés pour faire place au nom et
aux titres de
Zeho. — Ep. grecque.

Au bout de cette petite allée, sur la gauche,
s'élève
le tombeau de Mariette-Pacha, le fondateur du
Musée
de Boulaq. Il est précédé
d'une plateforme en ciment,
sur laquelle sont placés quatre
petits
sphinx en calcaire
blanc d'un travail assez grossier. Aussi bien
les
a-t-on choisis, non à cause de leur mérite
artistique,
mais à cause de leur provenance: ils faisaient
partie
de la grande avenue de
sphinx, qui conduit du
Sérapéum
Grec au tombeau des Apis, et rappellent la
première
découverte de Mariette sur le sol
d'Égypte. Derrière
les
sphinx, et monté
sur un socle quadrangulaire,
se dresse le sarcophage qui renferme le corps:
il est
en marbre de Montreux, et taillé à l'imitation
des sarcophages
égyptiens de l'Ancien Empire. A la
tête, sur
un haut piédestal à
moitié caché par des plantes grimpantes,
s'élève une statue colossale de Ramsès II,
découverte
à
Tanis en 1860. Le monument a
été dessiné
et construit par un des plus
fidèles amis de Mariette,
l'architecte Ambroise Baudry: les
frais en ont été couverts
par une souscription
publique.
Mariette (Auguste Ferdinand) naquit à Boulognesur-mer
le 11
février 1821. Il appartenait à une famille
de marins
et de lettrés. Son grand-père a laissé
en
manuscrit une de ces collections d'oeuvres mêlées,
vaudevilles, comédies de moeurs, poésies fugitives,
où se plaisaient les littérateurs provinciaux du
siècle
passé. Son père était
simple employé à la mairie de
sa ville natale.
Élevé au collège de Boulogne, il y devint
professeur
dès vingt ans, et y demeura attaché
à divers titres jusqu'à
la fin de 1848. Il essaya
d'abord de la peinture,
puis du journalisme, devint rédacteur en
chef d'un

journal
d'intérêt local, composa des nouvelles, des romans,
des feuilletons humoristiques, et, entre temps,
trouva moyen
d'étudier des questions d'archéologie
provinciale. Le
seul de ces premiers essais qui vaille
la peine d'être
conservé est une brochure, publiée en
1846 sous forme
de
Lettre adressée à M. Bouillet,
auteur
d'un Dictionnaire historique et biographique,
sur
la position de Portus Itius: la donnée en
était fausse,
mais le jeune auteur y marquait
déjà la plupart des
qualités qui l'ont
rendu célèbre plus tard, une grande
habileté de discussion, la clarté et la vigueur du
style,
beaucoup de pénétration. Nul doute que, s'il
eût suivi
la voie dans laquelle il venait de s'engager, il ne
fût
parvenu à tenir un rang
élevé dans le domaine de l'archéologie
classique: le hasard le rejeta du côté de
l'Orient.
Le graveur Vivant Denon, qui avait fait partie des
artistes
attachés à l'expédition française en
Ègypte,
avait laissé en mourant une petite collection
d'antiquités
rapportée de ses voyages. Une caisse de
momie, qui
provenait de cette collection, fut exposée
à la mairie
de Boulogne, et le jeune Mariette
rédigea, à cette occasion,
une petite notice de
quelques pages, dans laquelle
il conseillait à ses concitoyens
de l'acquérir pour le
Musée. Son conseil fut suivi;
Mariette se procura pour
étudier les textes qui couvraient le
cercueil quelques
livres traitant de l'Égypte, et ce qui n'avait
d'abord été
qu'un amusement devint une passion
sérieuse. Il fut
bientôt assez fort pour se hasarder
à aborder la discussion
des textes; manquant d'appui dans sa
ville
natale, il s'adressa à Charles Lenormant, le seul des
élèves directs de Champollion qui continuât
alors en

France la tradition du
maître. Le mémoire qu'il soumit
au jugement du savant
parisien portait sur l'interprétation
et le classement des
cartouches qui recouvrent
la
Chambre des
Ancêtres, enlevée au temple de
Karnak et
déposée à la Bibliothèque Nationale
par
Prisse d'Avennes. Il est resté inédit, mais je
l'ai retrouvé
dans les papiers de Mariette, et en le lisant,
on
comprend l'admiration qu'il inspira aux personnes qui
eurent
communication du manuscrit. Encouragé nonseulement
par C.
Lenormant, mais par Alfred Maury,
par Ferdinand de Saulcy, par Adrien de
Longpérier,
Mariette se décida à venir
chercher fortune à Paris.
Après quelques mois
d'attente, l'amitié du peintre Janron
lui procura une petite
place d'adjoint au Louvre:
renonçant au professorat, il se livra
tout entier à l'archéologie
égyptienne.
C'était dans les premiers jours de 1848. Le traitement
du nouvel
employé fut des plus modestes. Au
bout de quelques mois, il
s'aperçut que la place, pour
honorable qu'elle fût,
ne suffisait pas à lui assurer les
moyens de soutenir sa
famille. Les chances d'avancement
étaient nulles, car le vicomte
Emmanuel de Rougé,
son supérieur immédiat,
était jeune et ne songeait pas
à se retirer devant
lui. Il se mit en tête d'aller chercher
fortune en
Égypte et demanda au gouvernement
français les
ressoures nécessaires au voyage. Tattam
venait d'attirer
l'attention des savants sur les richesses
renfermées dans les
couvents jacobites de l'Égypte:
Mariette composa rapidement un
long essai de bibliographie
copte, qui est demeuré
inédit, et sollicita une
mission, à l'effet d'aller
étudier et acquérir ce qui pouvait
rester dans les
cloîtres de manuscrits coptes et

syriaques. Il obtint sans peine ce
qu'il demandait et
débarqua à
Alexandrie, le 12
octobre 1850.
La mission qu'il s'était imposée était des plus
délicates
à remplir: le patriarche copte, justement
irrité
des procédés bizarres
employés par Tattam pour former
sa collection, avait fait mettre
les manuscrits en
sûreté. Les négociations
traînèrent et retinrent Mariette
au Caire pendant
plusieurs semaines. Il profita
de ces loisirs forcés pour
visiter les environs de la
ville, Gizéh, Dahshour et surtout
Saqqarah. Il avait
remarqué partout, à
Alexandrie
comme au Caire, des
sphinx en calcaire d'assez mauvais style, mais
chargés
de graffiti où le nom d'Osiris
était associé sans cesse
à ceux d'Apis et
de Sérapis. Le hasard lui fit trouver
un jour, dans la
région nord du plateau de
Saqqarah,
un
sphinx qui
présentait les mêmes caractères. Cette
rencontre fortuite éveilla au fond de sa mémoire le
souvenir d'un passage de Strabon, où le voyageur grec
raconte
que le Sérapéum de
Memphis est dans un lieu
trés sablonneux, et qu'on y voit des
sphinx enfouis,
les uns
jusqu'aux épaules, les autres jusqu'à mi-corps.
L'idée que le Sérapéum, si longtemps
cherché en vain,
était là, s'empara de lui
avec une telle force qu'il en
oublia les manuscrits et le patriarche copte.
Il assembla
quelques ouvriers, et commença des fouilles en
règle le 1 novembre 1850. Jusqu'au cent trente
quatrième
sphinx de l'avenue, tout marcha
régulièrement,
puis l'allée tourna
brusquement à gauche et, pendant
quelques jours, il ne
découvrit plus rien. Il finit pourtant
par se remettre sur la
bonne piste et déboucha,
après le cent quarante et
unième
sphinx, sur un dromos
spacieux, dallé de
belles pierres: deux mois de

fouilles mirent au jour l'ensemble
de monuments qui
s'y trouvaient, un hémicycle
décoré de statues grecques,
deux chapelles, une
procession de génies montés
sur des animaux, et
conduisirent les travailleurs jusqu'à
la porte du
Sérapéum. Là, un obstacle
imprévu
les arrêta: des marchands
d'antiquités, pour la plupart
agents consulaires de diverses
nations européennes,
jaloux du succès de Mariette,
réussirent à obtenir
d'Abbas-Pacha la suspension des
fouilles. L'appui du
gouvernement français aplanit en partie les
difficultés,
une somme de 30.000 frs., votée le 16
août 1851 par
l'Assemblée Nationale, permit de
reprendre avec plus
d'activité, et, dans la nuit du 12 au 13
novembre, Mariette
pénétra dans les souterrains du
Sérapéum. Ce
qu'il y trouva, le monde savant le
connaît: soixante
quatre Apis, dont les plus anciens remontent
à la
XVIII
e dynastie, et dont le
plus moderne est presque
contemporain de Cléopâtre,
des milliers de stèles votives,
de figurines
funéraires, d'amulettes, de bijoux,
qui font aujourd'hui
l'ornement du Musée du Louvre.
La chronologie des taureaux,
suffisamment établie par
les dates d'inhumation, apporta de
nouvelles informations
pour le rétablissement de la chronologie
des rois
égyptiens du Nouvel-Empire. Toute l'année
1852 se
passa à déblayer et à
dépouiller le Sérapéum: dans les
premiers
jours de 1853, Mariette se transporta avec
ses ouvriers au pied des
Pyramides de Gizéh.
Cette fois, il travaillait aux frais d'un particulier: le
duc de Luynes
l'avait chargé de dégager la partie
antérieure
du grand
Sphinx. Il découvrit,
à une centaine
de mètres vers le Sud-Est, un temple
de l'Ancien Empire,
construit en blocs énormes de granit et
d'albâtre,

mais ce fut le seul
résultat sérieux de sa campagne. Il
était
du reste pressé de revenir en France. Nommé
conservateur-adjoint au Musée Égyptien du Louvre,
il
s'occupa de classer l'immense collection qu'il avait
rapportée
du Sérapéum, et d'en préparer la
publication.
Il débuta par donner dans le
Bulletin Archéologique
de l'Athénoeum
Français (1855—1856) des
Renseignements
sur les soixante-quatre Apis trouvés
dans
les souterrains du Sérapéum: cette
étude a été arrêtée
à la XXVI
e dynastie par la disparition du
Bulletin
et n'a jamais été terminée. En
même temps, et comme
complément de ce premier
travail, il publiait un
Choix
de monuments et de dessins
découverts ou exécutés
pendant le
déblaiement du Sérapéum (Paris 1856,
A.
Bertrand, in-4°) et un
Mémoire
sur la mère d'Apis
(Paris 1856, A. Bertrand, in-4°), oú il
ébauchait une
théorie alors nouvelle de la religion
égyptienne. Ajoutons,
pour en finir avec ce premier
épisode, le plus
glorieux de sa vie, que les monuments du
Sérapéum
et la relation de la découverte
ont été poursuivis longtemps
par une
véritable fatalité. La publication,
commencée
une première fois en 1861, reprise en 1864
et
poussée jusqu'à la XXVI
e dynastie, recommencée en
1876 de concert avec moi, n'est
pas encore terminée:
seul, le premier volume, qui renferme le
journal des
fouilles et le récit de la découverte, a
pu être livré au
public en 1882.
Les mêmes difficultés de vie qui avaient une
première
fois décidé Mariette à
quitter Paris, se représentérent
plus fortes
à son retour. Il n'était pas depuis un
an sur le sol
natal, qu'il aspirait déjà à le quitter
pour
reprendre sa carrière aventureuse aux bords du
Nil.

Les circonstances politiques
favorisèrent son dessein.
Abbas-Pacha, qui avait tant
contrarié les fouilles du Sérapéum,
était mort en 1854, laissant le pouvoir à son
oncle
Saïd-Pacha, ami de la France. Encouragé par
M. de
Lesseps, le nouveau prince pria le gouvernement
français de lui
prêter Mariette pendant un hiver,
celui de 1857—1858:
il s'agissait de préparer des fouilles
pour un voyage que le
prince Napoléon projetait
en Égypte. Le voyage n'eut
pas lieu, mais le Pacha,
gagné par la bonne humeur de Mariette,
lui donna le
titre de Bey, l'autorisa à multiplier les chantiers
de
fouilles, à lever des ouvriers par la corvée, et
à fonder
un musée, qui fut établi
provisoirement à Boulaq. La
création,
l'agrandissement et le maintien de ce musée
devinrent
désormais la grande préoccupation de Mariette.
On ne
saurait imaginer les trésors de diplomatie
qu'il dut
dépenser, pour arracher aux divers souverains
de
l'Égypte le terrain et l'argent nécessaires
à
son oeuvre. Une crue du
Nil, qui menaça de tout
détruire
en 1878, lui permit enfin de disposer le local
selon
ses intentions, mais le classement définitif, sans
cesse retardé par le manque de fonds, dura des années
et n'était pas encore achevé quand il mourut.
Seul maître du sol antique de l'Égypte, Mariette
voulut
l'exploiter sur un plan grandiose: il l'attaqua sur
trente-sept
points à la fois, de l'embouchure du
Nil à
la
première cataracte. Un petit nombre seulement de
ces ateliers
réussit à souhait. Les fouilles du Delta ne
donnèrent de résultats sérieux qu'à
Sân, sur les ruines
de l'antique
Tanis: on y mit au jour, outre
des monuments
importants de la XIII
e, de la
XIV
e, de la XIX
e
et de la XXI
e dynasties, des statues et des
sphinx d'un

type particulier que Mariette
attribua aux Hyksos.
Saïs,
Thmuis, Bubaste, ne produisirent
presque rien,
mais les succès obtenus sur l'emplacement de
l'antique
Memphis compensèrent largement cet échec.
La
ville même est difficile à explorer, à
cause du bois
de palmier et des villages qui la recouvrent; mais
les
nécropoles, de Gizéh à Meïdoum, sont
inépuisables.
Mariette s'attaqua d'abord aux Pyramides et
ouvrit, en 1858, le
Mastabat el-Faraoun, qu'il crut
être le tombeau d'Ounas de la V
e
dynastie. L'ayant
trouvé vide et nu, il se confirma dans
l'idée que les
Pyramides ne renfermaient jamais d'inscriptions,
et
qu'à les explorer, il perdrait son temps et son argent.
Il reporta tous ses efforts sur les tombes privées,
dont la
mission de Lepsius avaient révélé
l'importance,
et les examina avec ordre et méthode. Les
fouilles, menées activement de 1858 à 1863, puis
reprises
en 1877, après avoir traîné
pendant des anneés,
ont fait connaître plus de trois
cents tombes
nouvelles, à Gizéh, à
Saqqarah, à Méïdoum. Il fit
connaître quelques-uns des résultats obtenus jusqu'en
1867 dans son mémoire:
Sur les tombes de
l'Ancien
Empire qu'on trouve à Saqqarah (Revue
Archéologique,
1867, t. I), et se préparait à tout publier
quand la mort vint le surprendre. J'ai retrouvé dans
ses papiers
des morceaux d'introduction et des notices
plus ou moins
détaillées de cent cinquante tombes,
matériaux à peine dégrossis de ce
mémoire
Sur
les Mastabas: le gouvernement
français les a publiés
tels quels
(1882—1884).
Abydos, Dendérah,
Edfou et Thèbes profitèrent
le
plus de son activité. On peut dire qu'avant lui
Abydos

était inconnue: en vingt
ans, il y fit sortir de dessous
terre le temple de Séti Ier,
deux temples de Ramsès II,
les restes du grand temple d'Osiris,
plus de deux cents
tombes, et quinze mille monuments de
différente nature,
dont la plupart sont aujourd'hui au
Musée de
Boulaq. A Dendérah, déblaiement
du grand temple
d'Hathor et d'une partie des édifices
environnants.
A Thèbes, grandes fouilles au temple d'Ammon
à
Karnak, à Méinét-Thabou,
à Déïr el-Baharî, dans
la
plupart de villages qui couvrent aujourd'hui l'emplacement
de la grande
métropole égyptienne. A
Edfou,
une ville
entière s'était établie sur les toits du
temple et rendait l'étude impossible: elle fut
transportée
dans la plaine, et le temple sortit intact de
son
linceul de décombres. Et je ne fais que mentionner
en
passant les recherches fructueuses qu'il exécuta
lui-même, ou fit exécuter tout le long de la
vallée par
son fidèle auxiliaire, le peintre italien
Louis Vassali,
qu'il avait connu en 1858, et qui est resté
jusqu'en
1883 Conservateur du musée de Boulaq.
Saïd-Pacha, qui l'avait si bien soutenu, mourut en
janvier 1863,
et Ismaïl-Pacha monta sur le trône. Le
nouveau
souverain, tout occupé de grands desseins
politiques,
n'attachait que peu d'importance à l'archéologie:
il
continua cependant les traditions de Saïd
et ne suspendit point
les travaux. Mariette, nommé
commissaire égyptien
à l'Exposition Universelle de
1867, transporta à
Paris les plus belles pièces du
Musée de Boulaq, et
fit connaître à l'Europe
émerveillée
les richesses et le beautés
inconnues de la
civilisation égyptienne. II profita de son
succés pour
commencer à publier le
résultat de ses fouilles. Il

avait dressé
à ce sujet un plan grandiose: son oeuvre
devait être
comme un livre immense, dont chaque
chapitre renfermerait tout ce qu'une
localité déterminée
aurait produit;
l'ensemble s'appellerait
Fouilles
exécutées en Égypte. La
première partie formait
deux volumes in-folio, renfermant les
monuments
trouvés au Gebel-Barkal en Nubie, et les
principaux
textes des temples de Séti I
er et de Ramsés II, à
Abydos.
Ces deux volumes,
à peine mis en vente (1867),
furent retirés du
commerce et dépecés: les planches
de Gebel-Barkal
furent insérées plus tard dans les
Monuments Divers, les autres dans les deux volumes
d'
Abydos, et, de l'ouvrage primitif, il ne reste plus
à
ma connaissance que trois exemplaires. Aussi bien,
Mariette, de retour en Égypte au lendemain de l'exposition,
avait reconnu que son plan était trop vaste,
et
s'était résigné à publier
isolément les matériaux
de l'oeuvre, au fur et
à mesure qu'ils seraient assemblés
en
quantité suffisante. Le tome premier
d'
Abydos, paru en 1869, ne renfermait plus que les
planches et le texte
relatifs au temple construit par
Séti Ier.
Les malheurs de la France en 1870, les embarras
politiques et financiers de
l'Égypte, la maladie, les
chagrins domestiques, interrompirent
brusquement
l'activité de Mariette. Mariette était
resté veuf en
1864, avec sept enfants vivants de onze qu'il
avait
eus: la mort soudaine de sa fille aînée, puis
celle d'une
autre fille et d'un fils qu'il aimait tendrement,
l'assombrirent
d'année en année. Les
infirmités vinrent avec
les chagrins. A la force morale il
joignait une force
physique prodigieuse et une vigueur de
tempérament,

dont il avait parfois
abusé dans l'ardeur de la
recherche scientifique. Dès
1861, les analyses médicales
signalaient en lui les germes de la
maladie terrible,
le diabète sucré, dont il devait
mourir vingt
ans plus tard: le rude hiver de 1870, qu'il passa
tout
entier à Paris, fit de l'athlète d'autrefois un
valétudinaire
confirmé. Il n'en continua pas moins
ses
travaux:
Dendérah fut
publié en six volumes de 1870
à 1876,
Karnak et Déïr el-Baharî
livrés au public,
les
Monuments Divers
commencés. En 1877, le diabète
se déclara
avec une violence telle, qu'au mois
de Juin, Mariette, condamné
par les médecins, passa
pour n'avoir plus que quelques jours
à vivre. Il se
rétablit pourtant, et cette reprise de
santé fut marquée
par un redoublement
d'activité: le deuxième
volume d'
Abydos et le
Catalogue général des
monuments
trouvés dans cette ville sont de cette
époque.
Mais la maladie était trop avancée
déjà pour
qu'on pût aire autre chose qu'en
retarder les progrès.
Mariette songeait à
rédiger enfin les
Mastabas
et projetait, dans une lecture faite à l'Institut en 1879,
une longue série de travaux, sans paraître
soupçonner
que ses jours étaient comptés.
Un dernier voyage
en France, qu'il fit en 1880, acheva de
l'épuiser:
menacé de mort s'il retournait en
Égypte, il prit la
mer contre l'avis des médecins,
gagna
Alexandrie,
puis
le Caire à grand peine. Un moment, on
crut
avoir conjuré le mal, mais ce fut une illusion qui
ne
dura que quelques heures: il mourut le 17 Janvier
au soir, après
une agonie terrible de huit jours,
et fut enterré le lendemain.
Les derniers travaux
qu'il ait commandés venaient d'amener
l'ouverture,

à
Saqqarah, de deux
pyramides royales remplies d'inscriptions.
On pourra juger diversement certaines parties de
son oeuvre: de toute
manière, il faudra reconnaître
qu'il eut le
génie de la découverte. Homme de cabinet
au
début de sa carrière, les aventures de sa
vie errante
l'empêchèrent de pousser bien loin ses
études de philologie: elles développèrent les
qualités
archéologiques qu'il portait en lui. Il
avait l'esprit
logique et systématique: avant de rien
entreprendre,
il se traçait à lui - même
un plan d'action d'où il ne
s'écartait plus par la
suite. Aussi la plupart de ses
découvertes ne sont-elles pas
dues au hasard: quand
il trouvait le Sérapéum, il
savait d'avance oú il fallait
chercher pour bien trouver, ses
grands travaux
d'
Abydos n'ont été entrepris
qu'après de longues méditations,
et son exploration
de Dendérah n'est que
la démonstration
matérielle d'une théorie conçue
à
priori. Cette méthode, si elle a des avantages, a
aussi
des inconvénients, et Mariette en a souffert: il a
vécu
trente ans au pied des pyramides de
Saqqarah, sans
les
ouvrir, et cela, parce qu'une théorie à priori lui
enseignait que nulle pyramide ne peut renfermer
d'inscriptions. La logique,
qui l'avait si bien servi
ailleurs, le desservit ici.
Mariette était décoré de la plupart des ordres
de
I'Europe: il était membre de l'Académie des
Inscriptions
et Belles - Lettres depuis 1878, et pacha. Il a
laissé de nombreux papiers que le gouvernement
français
a achetés et publiés en parties.
De l'autre côté du tombeau de Mariette,
l'allée

aboutit à un ensemble
formé d'un colosse, d'une
table d'offrandes et de deux
sphinx.
6030 et 6032.— Granit rose. — H. Im 40;
larg., 0m 84;
long. 2m 50.
Les deux
sphinx ont été légèrement
restaurés: ils
représentent le Pharaon Thoutmos III
dont ils portent
les cartouches. — XVIII
e dyn.
6031. — Granit rose. — H. 3m 30.
Ramsès II, debout, tient deux enseignes surmontées,
celle de droite d'une tête de Mout, celle de
gauche d'une
tête d'Hathor. Il est coiffé d'une grosse
perruque,
sur laquelle est posé le disque solaire et
vêtu d'un
pagne à tablier, chargé de six uraeus
lovées.
Contre la jambe gauche est
représenté le treizième
fils de
Ramsès II, qui fut régent pendant les
dix-sept
dernières années du règne de son
père, et
lui succéda sous le nom de
Ménephtah. — XIXe dyn.
6033. — Granit rose. — Larg. 0m 74;
long. 0m 50.
Les Égyptiens déposaient au pied des statues ou
des
stèles qu'ils plaçaient dans les tombeaux et dans
les
temples, des blocs de pierre, ordinairement rectangulaires,
et munis, au
milieu de l'un des côtés, d'une
saillie
creusée en forme de gouttière. La face
supérieure
en est évidée plus ou moins
profondément,
et porte souvent, en relief, des ronds qui
représentent
les pains d'offrande, des vases à
libation couchés
à plat, et d'autres objets qu'on
avait l'habitude

d'offrir aux morts ou aux dieux.
C'étaient de véritables
autels, sur lesquels au
moment du sacrifice,
on déposait successivement les portions de
la victime,
les gâteaux, les fruits, les légumes, et
sur laquelle
on versait les liquides, l'eau, le vin, l'huile, la
bière etc., qui faisaient partie du sacrifice: de là
le
nom de
tables d'offrandes ou de
tables à libations
qu'on leur donne communément.
La table d'offrandes n
o 6033 a
été consacrée par
Thoutmos III
à son père Ammon Râ, lors de la
construction d'une des salles du temple de
Karnak.
— XVIII
e dyn.
Dans l'espèce de petite cour qui s'étend
derrière
le colosse de Ramsès II, entre le
Musée et le
Nil,
on remarque, contre le mur le plus
rapproché du
sphinx de Thoutmos III:
6025. — Calcaire blanc. — H. 2m 49;
larg. 1m 84.
Stèle de Ptahhotpou. — Ve dyn.
6027. — Calcaire blanc. — H. 2m 57;
larg. 1m 82.
Stèle de Papinas. — VIe dyn.
6028. — Granit noir. — H. 1m 20.
Statue de la princesse Nofirt, femme d'Ousirtasen Ier. — XIIe dyn.
6029. — Granit gris. — L. 1m 75; Iarg.
0m 78,
h. 0m 75.
Sarcophage du roi Psamitik II de la XXVI
e dyn.
Ce sarcophage se trouvait à
Damanhour, dans la
maison d'un des
notables du pays. Son existence
m'ayant été
signalée par M. Emile Brugsch-Bey,
Conservateur du
Musée, je l'ai fait transporter à
Boulaq en juin
1883. Il est de travail grossier et
inachevé:
I'intérieur en a été
évidé juste assez pour
recevoir la momie. La
cavité n'a que 1
m 40 de longueur,
ce
qui nous permettrait de penser que Psamitik
II, dont le règne
fut fort court et très insignifiant,
mourut avant d'atteindre
à I'âge d'homme.
Il est peu probable que notre sarcophage provienne
de
Damanhour
même ou des environs: il a dû être
porté dans cette ville de Sâ. el-Haggar, l'antique
Saïs,
où était, au témoignage
d'Hérodote, la sépulture de
famille des Psamitik.
— XXVI
e dyn.
La façade du Musée n'est pas encore
complétement
garnie de monuments: on y voit pour le moment,
une grande stèle de l'an 1
er d'Amasis
(XXVI
e dyn.),
une table d'offrandes
d'Ousirtasen I
er (XII
e
dyn.),
un gros scarabée sculpté en relief sur un
large
bloc de granit, et une patte de
sphinx gigantesque.
Des deux
cõtés de la porte siègent deux colosses
légèrement restaurés:
6020. — Granit gris. — H. 2m 35.
Roi, assis, sans barbe, probablement un des rois
de la XIIIe ou de la XIVe
dynasties. Ramsès II a
usurpé cette statue et y a
fait graver son nom.
6021. — Granit gris. — H. 2m 60.
Roi, assis, coiffé du pschent. Comme la
précédente,
elle représentait un roi de la
XIIIe ou de la
XIVe dynastic, mais a été usurpée par
Ramsès II.
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CHAPITRE TROISIÉME.
SALLE DU CENTRE.
La porte de granit rose, par laquelle on passe pour
pénétrer du Grand Vestibule dans la Salle du Centre,
provient du temple d'Osiris, à
Abydos. Elle en avait
été enlevée, il y a plus de trente ans, par un
pacha

qui la fit transporter à
Bellianéh et l'abandonna sur
la berge sans plus s'en occuper:
elle a été installée
au Musée
au mois d'Avril 1882. Au milieu du linteau
sont les deux cartouches du
Pharaon Séti I
er
de la XIX
e dynastie. Sur les deux parois
latérales le
Pharaon, debout, fait offrande à
l'emblème d'
Abydos.
Au fond de la salle, juste en face de la porte, on
aperçoit la
statue du Pharaon Khafrî de la IVe
dynastie,
celui qui construisit la seconde des grandes
pyramides de
Gizéh.
3961. — Diorite. — H. 1m 68.
Elle a été trouvée dans le temple du
sphinx,
avec
les débris de huit autres statues du même prince (cfr.
Salle de l'Ancien Empire, no 974). Khafrî est
assis,
les mains allongées sur les genoux: un
épervier debout
sur le dossier du siège, enveloppe la
tête de
ses ailes, image du dieu Râ qui
protège son fils Pharaon.
On se demande comment les artistes
égyptiens
ont réussi à modeler avec tant
de souplesse une matière
aussi rebelle au ciseau que le diorite:
tout le
détail des genoux et de la poitrine est rendu avec
une fidélité et une vigueur merveilleuses. Une grande
expression de calme et de force est répandue sur
l'ensemble.
— IV
e dynastie.
Grandes-Pyramides.
Deux statues de mérite fort différent se font
visà-vis
dans les deux bras du transept. A gauche, est
le
fameux Sheïkh el-beled.
3962. — Bois. — H. 1m 10.
II est debout, le bâton à la main. Les jambes
manquaient:
il a fallu lui en rajouter, auxquelles on a

laissé la couleur du
bois nouveau. Les yeux sont
rapportés, comme c'est le cas pour
beaucoup de statues
égyptiennes. Ils sont formés d'un
morceau de
quartz blanc opaque, enchassé de bronze pour
simuler
la paupière: un morceau de cristal transparent
sert
de prunelle, et un petit clou d'argent, fixé sous
le cristal,
produit la paillette lumineuse de l'oeil vivant.
Par un hasard singulier,
la statue de ce vieil
Épyptien est le portrait exact d'un des
Sheîkh el-beled
ou maires du village de
Saqqarah: nos ouvriers arabes,
toujours
prompts à saisir les ressemblances, l'ont
appelée
aussitòt le Sheïkh el-beled et le nom lui en
est
resté. Le Khâfri et le Sheïkh el-beled sont
peutêtre
ce que l'art le plus ancien a
légué de meilleur
au musée de Boulaq:
seul, le scribe accroupi du Louvre
mérite de leur
être comparé. — IV
e
dyn.
3963. — Serpentine verte. H. 0m 96. —
(Mariette, Mon. Div., pl. 90.)
Le monstre qui est juste en face du Sheïkh el-beled,
n'est pas en
bronze, comme le disent la plupart des
drogmans et comme le croient la
plupart des visiteurs:
il est en serpentine verte polie. Ce
disgracieux
hippopotame au ventre arrondi et aux flasques mamelles
de
femme, est un des personnages importants
du Panthéon
Égyptien,
Apit, Toïrapit, Toiri,
ou
plus souvent, avec la désinence grecque,
Thouéris.
Appuyée de la patte gauche sur un noeud de
corde
mystique, elle avait protégé, contre son propre
mari
Set-Typhon, Isis enceinte d'Horus: elle passait depuis
pour
veiller sur l'âme des justes dans l'autre

monde, et, le couteau à
la patte, elle luttait contre
les mauvais esprits. Les Thébains
de l'époque Saïte
et
Ptolémaïque paraissent avoir eu pour elle une
vénération
particulière: son temple est
encore debout
aujourd'hui, à l'Est du temple de Khons
à
Karnak.
La statue a été découverte à
Thèbes, au milieu de
la Ville antique, par des fellahs en
quête de sebakh.
Elle était debout dans une petite chapelle en calcaire
blanc sculpté, que lui avait dédié le
prêtre Pibisi,
au nom de la reine Nitocris, fille de Psamitik
Ier.
Les Arabes mirent la chapelle en
pièces au moment
de la découverte:
peut-être aurons-nous un jour assez
d'argent pour en rapprocher
les morceaux subsistants
et pour la reconstruire dans un des coins du
Musée.
— XXVIe dyn.
Vitrine H.
Cette vitrine qui est à gauche de la statue de
Khafrî
renferme la plupart des bijoux que possède
le Musée.
Le plus grand nombre était dans le
cercueil de la
reine Ahhotpou que nous retrouverons Salle des Momies
Royales.
La momie de la reine Ahhotpou fut découverte
par les
fouilleurs arabes, en 1860, et confisquée par
le moudir de
Qénéh, qui la fit ouvrìr et s'empara
de
ce qu'elle contenait. Le bruit de la trouvaille
s'étant
répandu, M. Mariette mit la main sur le
cercueil et
sur les bijoux qui sont exposés dans la vitrine
H,
mais pas assez à temps pour empêcher que
beaucoup
d'objets précieux eussent été
volés.
La reine Ahhotpou était la femme de Kamos, roi
de la XVII
e dynastie, et peut-être la
mère d'Ahmos I
er

ou de sa femme Nofirtari. Son
cercueil était couché
à
même dans le sable, à Drah abou 'l neggah, et
cette
particularité inusitée a
été l'occasion de beaucoup
de conjectures. Il est
certain que jamais momie royale
n'a été
enterrée de la sorte, sans tombeau dés longtemps
préparé à l'avance: c'est donc par un
accident,
déjà fort ancien, qu'elle a
été déposée dans l'endroit
où les Arabes l'ont découverte. Je pense, quant
à moi, que vers la fin de la XX
e
dynastie, elle aura
été enlevée par
une des bandes de voleurs dont le
papyrus Abbott nous a
révélé les exploits: cachée
par eux, en attendant qu'ils eussent le loisir de la
dépouiller en sûreté, il est probable
qu'ils furent pris
et mis à mort, avant d'avoir pu
exécuter ce beau
dessein. Le secret de leur cachette
périt avec eux et
n'a été
révélé que de nos jours.
Il était d'usage à cette époque de placer,
entre les
linges qui enveloppaient la momie, tout ce qu'on pouvait
rassembler de bijoux ayant appartenu au vivant.
Les objets
précieux que possédait la reine Ahhotpou
et qui
sont exposés dans cette vitrine, sont:
3448. — Or, pierres précieuses et
pâtes de verre.
Un bracelet, s'ouvrant à charnières, et
formé de
deux bandeaux parallèles
ornés de turquoises. Sur
le devant, un vautour
déploie ses ailes, dont les plumes
sont formées
de pâtes de verre vert, de lapis-lazuli
et de cornaline,
enchâssées dans des cloisons d'or.
3449. — Or et perles d'or, de lapislazuli,
de cornaline et de feldspath vert.
Bracelet. Les perles passées sur des fils d'or forment
des
carrés, dont chaque moitié est d'une couleur
différente.
La fermeture se compose de deux lames d'or
réunies au moyen d'une aiguillette également en
or.
Elle porte le cartouche prénom Nibpehtirî
d'Ahmos Ier.
3450. — Or et perles d'or, de lapislazuli
de
cornaline et de feldspath vert.
Autre bracelet de même travail: sur la fermeture
le cartouche
nom d'Ahmos Ier.
3474. — Or.
Tête de lion d'un travail très fin. La tête
de lion
a la valeur poh, peh, et signifie la vaillance. Elle
entre comme
élément syllabique dans le prénom
Nibpehtirî d'Ahmos Ier: c'est pour cela sans doute
qu'on en
avait déposé un exemplaire en or sur la
momie de
la reine Ahhotpou.
3475. — Or, pierres précieuses, et
bois
de cèdre.
Hache d'apparat, dont le manche, en bois de cèdre
est
recouvert d'une feuille d'or: la légende du roi
Ahmos Ier y
est tracée en incrustations de lapis-lazuli,
de cornaline,
de turquoise et de feldspath vert.
Le tranchant est emmanché
sur une simple entaille
du bois, et maintenu en place par un treillis
de fils.
d'or. Il est en bronze noir, où il entre
peut-être de
l'argent et de l'or, et a
été doré. L'une des faces porte
des
lotus sur un fond d'or; l'autre nous montre Ahmos
menaçant
de sa hache un barbare à moitié
renversé,
qu'il tient par les cheveux. Au - dessous de

cette scène est
représenté le dieu de la guerre, Montou
Thébain, sous la forme d'un griffon à tête
d'aigle.
3476. — Or, pierres précieuses et
bois.
Poignard enfermé jadis dans une gaîne en or (cfr.
Vitrine H, no 3614). Le manche est en bois et
décoré
de triangles en cornaline, en
lapis-lazuli, en feldspath
et en or formant damier. Pour pommeau,
quatre
têtes de femme en or repoussé; une
tête de taureau
renversée, en or, dissimule la
soudure de la lame
au manche. Le corps de la lame est en bronze
noir,
serti d'or massif, et damasquiné. Sur la face
supérieure,
au-dessous du prénom
Nibpehtirî, un lion
poursuit un taureau, devant lequel
marchent tranquillement
deux grosses sauterelles. La face
inférieure
porte le nom d'Ahmos Ier et quinze fleurs
épanouies,
qui sortent l'une de l'autre et vont se perdant
vers
la pointe.
3477. — Or et pâte de verre bleu.
—
Long. de la chaîne 0m 90.
Grosse chaîne flexible terminée par deux
têtes d'oie
recourbées qu'on liait au moyen d'une
ficelle, quand
on voulait fermer le collier. Le scarabée,
qui lui sert
de pendeloque, a le corselet et les élytres en
pâte de
verre bleu, rayée d'or: les pattes et le
corps sont
en or massif.
3508. — Or et pierres précieuses.
Sorte de diadème, qui a été
trouvé engagé dans
les cheveux de la momie. Sur
le devant, le cartouche
d'Ahmos Ier (or et pâte bleue
imitant le lapis-lazuli):

de chaque
côté deux petits
sphinx en or ont l'air de
garder
le cartouche.
3509. — Or et perles en pierres
précieuses.
Les perles sont passées sur des fils d'or et forment
un
treillis à jour. Sur le fermoir, qui est en
or, le
prénom Nibpehtirî (cfr. no
3449 et 3450).
3510. — Or et pâte bleue imitant le
lapis-lazuli.
Le bracelet s'ouvre à charniàre maintenue au moyen
d'une aiguillette en or. Sur le fond bleu, Ahmos est
à
genoux entre le dieu Sib et ses acolytes.
3564. — Or.
Un des chapitres du Livre des Morts ordonnait de
déposer sur la poitrine de la momie un large collier
d'une
forme particulière (ouoskh). Toutes
les
pièces réunies sous le numéro 3564
faisaient partie
d'un collier de ce genre que portait la reine
Ahhotpou.
Les deux agrafes sont formées chacune d'une
tête d'épervier; les rangs sont composés de
cordes
enroulées, de fleurs à quatre
pétales en croix, d'antilopes
poursuivies par des lions, de
chacals accroupis,
d'éperviers, de vautours et d'uraeus
ailées. Toutes
les piàces sont en or
repoussé. Elles étaient
cousues sur le maillot de
la momie au moyen d'un
petit anneau soudé par
derriére.
3565. — Or et pierres précieuses.
Pectoral attaché, au-dessous du collier, sur la poitrine

du mort. La forme
générale est celle d'un naos:
Ahmos, debout dans
une barque, entre Ammon et Râ,
reçoit sur la
tête et sur le corps l'eau qui doit le purifier.
Le contour
des figures est dessiné par des cloisons
d'or: le corps se
composait de petites plaques
de pierres précieuses dont
beaucoup ont disparu.
3582. — Or, argent, bois et bronze.
Sur un petit chariot en bois, à roues de bronze,
est
montée une barque d'or massif. Douze rameurs
en or massif
voguent, sous les ordres du timonnier
et du pilote d'avant. Au centre,
un petit personnage
est assis, qui tient la hache et le
bâton de commandement.
Un cartouche, gravé
derrière le timonnier,
nous apprend que le mort à
qui était destinée primitivement
cette barque
était le roi Kamòs.
J'ai dit plus haut que le mort devait se rendre à
Abydos, par
eau, afin de passer dans l'autre monde
(cfr. p. 30): la barque 3582
servait à l'accomplissement
de la traversée.
3595. — Or.
Chaîne à laquelle sont suspendues trois mouches
d'or massif. On a pensé que ces mouches étaient
une sorte de décoration officielle: rien n'est venu
jusqu'à présent confirmer cette hypothèse.
3597—3598. — Or et argent.
Neuf petites hachettes, trois en or et six en argent.
3605. — Bois noir et or.
Bâton de commandement recourbé à
l'extrémité.
3606. — Argent, or et bois.
Hache. Le manche en corne garni d'or, le tranchant
en argent.
3607. — Bois et or.
Manche d'éventail en bois lamé d'or. Sur la
tranche,
on voit encore les trous où
s'emboîtaient les
plumes d'autruche. Sur les plaques d'or,
le roi Kamôs
fait une offrande au dieu Khonsou.
3608. — Or et bronze.
Poignard: le manche en or, la lame en bronze.
3614. — Or.
Fourreau du poignard no 3476 (Vitrine H, p. 80).
3615. — Bronze et argent.
Poignard composé d'une lame en bronze très lourd,
et d'un disque d'argent servant de poignée. Pour s'en
servir, appuyer le disque sur la paume de la main,
et passer la lame
entre l'index et le médium.
3617. — Or et argent.
Deux petites mouches (cfr. no 3595, p. 82).
3628. — Ebène, or et bronze
doré.
Miroir de la reine Ahhotpou.
Il faut joindre à cette énumération un assez
grand
nombre de bracelets et d'anneaux de jambe, en or
massif ou
creux (n
o 3629, 3630 etc.), des
débris de
bracelet (n
o 3632), et
plusieurs piàces de moindre intérêt,
enfin une barque en argent (n
o 2966) et une
tête
de lion en bronze (n
o 2955)
qui sont exposées dans
l'armoire X. Les seules collections
de bijoux qu'on

puisse comparer à
celle-là sont au Louvre et à Berlin:
encore ces
deux musées sont-ils loin de posséder des
objets
aussi soignés d'exécution que le poignard d'Ahmos
ou la Chaîne n
o 3477.
3447. — Or. — (Mariette,
Abydos, t. II,
pl. 40
a,
b, et t. III, p. 527 — 529, n
o
1370.)
Au mois de Juin 1859, on découvrit à
Abydos un
sarcophage en calcaire grossièrement taillé et
sans
inscription. Le cercueil en bois qu'il renfermait et
la momie
étaient tellement gâtés par
l'humidité,
qu'ils tombèrent en
poussière dès qu'on y toucha.
De chaque
côté de la tête étaient
disposées deux
boucles d'oreille, formées d'un
gros disque garni à
la circonférence d'une gorge
de poulie. D'un côté
du disque, on voit cinq
uraeus, de l'autre, le nom
et le prénom de Ramsès
XIII. Cinq uraeus coiffées
du soleil sont suspendues
au-dessous et soutiennent
sept autres uraeus pareilles au bout de sept
chaînettes
en or.
Des boucles de cette taille ne se portaient pas aux
oreilles: on les
attachait à la perruque, de chaque
côté de la figure. — XXe dyn.
3624. — Or. — (Mariette,
Abydos, t. III,
p. 527, n
o 1370.)
Sur la poitrine de la même momie était un collier,
cousu aux linges du maillot. Il consistait en
cinquante-huit petites
égides d'or, dont il ne subsiste
plus que les quarante et
une réunies sous le n
o 3624.
Elles sont d'un travail fort délicat et surmontées,

sept d'une tête de
lionne représentant la déesse Sokhit,
trois d'une
tête d'Hor enfant, deux d'une tête
de
bélier, deux d'une tête d'épervier, le
reste de la
tête d'Isis. — XX
e dyn.
3479. — Emeraude et or.
Une émeraude brute, enfermée dans un réseau
d'or
dont les mailles ont dû être
soudées successivement
l'une après l'autre, sans
que la pierre ait souffert
en rien. — XXe dyn.
3538. — Or.
Vingt plaques travaillées au repoussé et ayant
fait
probablement partie d'une ceinture de
cérémonie. Sur
chacune d'elles, l'image d'Ormuzd
ailé. Ces objets
auront appartenu à quelque
fonctionnaire perse de
séjour en Égypte.
— Epoque persane.
Tméi el-Amdid.
3580. — Or. — Long. 0m 20.
Diadème de travail grec. Au milieu, une tête de
Méduse
au repoussé, dont les cheveux se
répandent en
ondes et couvrent la surface du bandeau. Une
chaînette d'or relie les deux extrémités:
elle passait sous
le chignon et maintenait le diadème en
place.
3566—3572. — Or et pierres
précieuses.
Dans ces dernières années, les fellahs ont
trouvé,
en cherchant du sebakh dans
les ruines de l'ancienne
Bubaste, un grand nombre de bijoux
d'époque romaine
et byzantine. Les bracelets inscrits sous
les
no 3566—3572 proviennent de cette localité.
La plupart des bijoux non décrits que renferme
la vitrine H,
bagues, anneaux, bracelets, boucles

d'oreilles, chaînes,
petits amulettes, sont de basseépoque
et n'ont aucun
mérite artistique. Les procédés
de
soudure et de ciselure sont assez perfectionnés
et donnent
une idée satisfaisante du savoir-faire
des
orfèvres égyptiens.
Vitrine P.
M. Mariette avait rassemblé dans la vitrine P, de
petits
objets historiques et des scarabées, qui y formaient
comme
une petite chronologie par les monuments.
Presque toute la collection
des scarabées a
été volée
après l'inondation de 1878: j'en ai racheté
une
quarantaine à la fin de 1882, mais je n'ai pas
encore
réussi à combler les lacunes que cet accident
a
produites dans la série des noms royaux.
3885. — Calcaire blanc. — H. 0
m 41;
large. 0
m
30. — (Mariette,
Abydos, II, pl. 52
a;
t. III, p. 439.)
Au centre de la vitrine est une stèle, où un
prêtre
du roi Nakht-Set de la XX
e dynastie, s'est fait représenter
en adoration devant
ce Pharaon et sa femme
Tii Miisit. Dans le registre
supérieur, le roi Ramsès
III, fils de Nakht-Set,
fait l'offrande de l'eau et
du feu à la triade d'
Abydos,
Osiris, Hor et Isis. —
XX
e dyn.
3884. — Etoffe de lin.
La pièce d'étoffe roulée qui est au pied de
la stèle,
est, comme l'indique une inscription
tracée à l'encre,
« la toile
vénérable, faite pour le roi Pépi vivant
à

jamais »: elle a
donc aujourd'hui plus de cinq mille
ans. Nous avons trouvé,
dans la pyramide du roi
Ounas, des morceaux d'étoffe aussi
bien conservés
et plus vieux que celui-ci de quelques
années. —
VI
e dyn.
La série des scarabées et cartouches royaux
commence
à droite de la stèle, au premier
étage. Elle
s'étend des temps mythiques
à la conquête macédonienne.
3639. — Email vert. — H. 0m 014, et
3682. — Email blanc. — H. 0
m 013. — (Mariette,
Abydos, t. III, p. 535, n
o 1379.)
Scarabée au nom du dieu Shou, fils de Râ, l'un
des
rois-dieux de l'Égypte.
3640. — Jaspe noir. — H. 0m 02.
Scarabée au cartouche d'Osiris, roi-dieu de l'Égypte.
3641. — Email vert. — H. 0m 058.
Petit couvercle de vase au nom du roi Snofrou.
— IIIe dyn.
3642. — Email bleu. — H. 0m 011.
Scarabée au nom de Menkoourî (Mycerinus). Cfr.
no
3643, 3647 — 3649. — IVe
dyn.
Sân.
3644. — Email vert. — H. 0m 057. —
(Mariette, Mon. Div., pl. 32.)
Amulette en forme de cartouche, au nom de Tatkerî
Assi.
— Ve dyn.
3645. — Email vert. — H. 0m 015. —
(Mariette, Mon. Div., pl. 32.)
Scarabée au nom d'Ounas, dernier roi de la Ve dynastie.
Mit-Rahinéh.
3646. — Schiste émaillé
vert. — H. 0
m
022. — (Mariette,
Abydos, t. II, pl.
40
f t. III,
p. 536, n
o 1382.)
Scarabée au nom de Pépi, vivant à toujours.
—
VIe dyn.
3650. — Email bleu. — H. 0m 019.
Scarabée au prénom Nibtoouïrî, du
roi Monthotpou
III. — XIe dyn.
Drah abou 'l Neggah.
3651. — Email vert. — H. 0
m 02. — (Mariette,
Abydos, t. III, p. 549, no 1419.)
Cylindre au cartouche Amenemhâït. — XIIe dyn.
3652. — Schiste émaillé
vert. — H.
0m O17.
Amulette en forme de double cartouche. D'un
côté,
les prénoms d'Ousirtasen II et III; de l'autre,
le cartouche
d'Ahmos Ier de la XVIIIe dynastie. Il
n'est
pas nécessaire de supposer qu'un roi de la
XIe dynastie s'est appelé Ahmos: la
popularité des
rois de la XIIe
dynastie était grande à Thèbes,
pendant
toute la durée du' Nouvel-Empire, et explique
le rapprochement de leurs noms avec le nom d'Ahmos.
—
XVIIIe dyn.
Drah abou 'l neggah.
3653. — Schiste. — H. 0m 015.
Scarabée au cartouche Ousirtasen. — XIIe dyn.
3654. — Email vert. — H. 0m 034.
Scarabée au prénom Khâkhopirrî
d'Ousirtasen II
(cfr. no 3655 —
3656, 3658).
3657. — Email vert. — H. 0
m 021. —
(Mariette,
Abydos, t. III, p. 549, n
o 1419.)
Cylindre au cartouche Noubkoourî
d'Amenemhâït II.
3659. — Email vert. — H. 0m 019. —
(Mariette, Mon. Div., pl. 32.)
Scarabée au cartouche Khâkerî d'Ousirtasen
III
(cfr. no 3660, 3661).
Kom Abou-Khanzîr.
3662. — Email vert. — H. 0m 012.
Cartouche d'Amenemhâït III.
3663. — Email vert. — H. 0m 022.
Cylindre au cartouche de Skhemrâkhoutoouï,
Sobkhotpou
III. — XIIIe dyn.
3664. — Email vert. — H. 0m 022. —
(Mariette, Mon. Div., pl. 48 j.)
Scarabée au nom de Souazrâskhemtoouï,
Sobkhotpou
II, fils de la reine Wouap … — XIIIe dyn.
3665. — Email vert. — H. 0
m 026. —
(Mariette,
Abydos, t. III, p. 536 — 537, n
o 1383.)
Scarabée au cartouche de
Skhemâsouaztoouï,

Sobkhotpou IV, fils du
prêtre Monthotpou. — XIII
e
dynastie.
3666. — Email vert. — H. 0m 023. —
(Mariette, Mon. Div., pl. 48 p.)
Scarabée au nom de Khâhotpourî Sobkhotpou
VII.
— XIIIe dyn.
3667. — Email vert. — H. 0
m 024. —
(Mariette,
Abydos, t. III, p. 536 — 537, n
o 1383.)
Scarabée au nom de Khasosshourî Nofirhotpou II,
fils du prêtre Hâonkhf. — XIIIe dyn.
3668. — Email vert. — H. 0m 023. —
(Mariette, Mon. Div., pl. 48 0.)
Scarabée aux noms de Mirinofirrî Aï.
— XIVe dyn.
3669. — Email vert. — H. 0
m 026. —
(Mariette,
Abydos, t. III, p. 538, n
o 1391.)
Scarabée au nom d'un roi de la XIVe
dynastie
Mâabrî (cfr. 3670—3672).
3675. — Email vert. — H. 0
m 021. —
(Mariette,
Abydos, t. III, p. 538, n
o 1391.)
Scarabée au nom d'un roi de la XIVe
dynastie Khânofriti.
3684. — Email vert. — H. 0
m 014. —
(Mariette,
Abydos, t. III, p. 537, n
o 1384.)
Scarabée au prénom de Nibpehtirî d'Ahmos
Ier.
— XVIIIe dyn.
3685. — Email vert. — H. 0m 017.
Scarabée au nom Ahmos Nofirtari de la femme
d'Ahmos Ier (cfr.
no 3694). — XVIIIe dyn.
3686. — Email vert. — H. 0m 017.
Scarabée d'Amenhotpou I (cfr. no
3689—3692.) —
XVIIIe
dyn.
Drah abou 'l neggah.
3695. — Email vert. — H. 0m 019.
Scarabée au prénom Aakhopirkerî de Thoutmos
Ier
(cfr. no 3696). — XVIIIe dyn.
3697. — Email bleu. — H. 0m 018.
Amande au prénom Akhoprinrî de Thoutmos II.
— XVIIIe dyn.
3698. — Email bleu clair. — H.
0m 03.
Sceau du Temple d'Ammon dans Bouto, au cartouche
de la reine
Hatshopsitou (cfr. no
3699—3702).
— XVIIIe
dyn.
3703. — Email bleu sombre. — H.
0m 02.
Sceau en forme de cartouche au prénom Menkhopirrî
de Thoutmos III (cfr. 3704—3733). — XVIIIe dyn.
3734. — Email bleu. — H. 0m 02.
Scarabée au prénom Aakhopirourî d'Amenhotpou
II
(cfr. no 3735). — XVIIIe dyn.
3736. — Email bleu. — H. 0m 018.
Scarabée au prénom Mânibrî
d'Amenhotpou III
(cfr. no
3737—3742, 3744—3749). — XVIIIe dyn.
3743. — Email vert. — H. 0m 051.
Scarabée. Sur le plat, la légende Mânibrî, qui se
lève comme le
disque solaire, où l'on sent déjà
l'influence
du culte d'Aten, qui devint prédominant
sous
le roi suivant Amenhotpou IV. — XVIIIe dyn.
3753. — Email vert. — H. 0m 048. —
(Don de M. Insinger.)
Scarabée au nom de l'épouse principale Tii, femme
d'Amenhotpou III. — XVIIIe dyn.
Ile de Saï en Nubie.
3751. — Email bleu. — H. 0
m 029. —
(Mariette,
Abydos, t. III, p. 549, n
o 1422.)
Scarabée au nom du roi Toutonkhamon. — XVIIIe
dynastie.
3752. — Email bleu. — H. 0m 021.
Scarabée au prénom
Sorkhopriourî-sotpenrî d'Harmhabi
(Armaïs), appelé improprement Horus. —
XVIIIe
dynastie.
3754. — Schiste. — H. 0m 019. — (Mariette, Mon. Div., pl. 32.)
Cartouche-prénom Menpehtirî de Ramsès Ier.
—
XIXe dyn.
Kom Abou-Khanzîr.
3755. — Email vert. — H. 0m 014.
Cartouche-prénom Menmarî de Séti Ier
Minephtah
(cfr. no 3756—3759).
— XIXe dyn.
3760. — Email blanc. — H. 0m 011.
Cartouche-prénom Ousirmarî de Ramsès II,
pendant
les premières années de son
règne. — XIXe dyn.
3761. — Email vert. — H. 0m 017.
Scarabée au prénom
Ousirmarî-sotpenrî de Ramsès
II (cfr.
no 3762—3772). —
XIXe dyn.
3773. — Email bleu. — H. 0m 015. —
(Mariette, Mon. Div., pl. 32.)
Scarabée au prénom Ousirkhopirrî -
sotpenrî de
Séti II (cfr. no 3774). — XIXe dyn.
Kom Abou-Khanzîr.
3778. — Or. — H. 0m 032.
Petite feuille en or, sur laquelle est gravé à la
pointe
le cartouche de Siamoun-Miamoun Hrihor (cfr. no 3779,
3780, 3840, 3841 etc.).
— XXIe dyn.
3783. — Lapis-lazuli cerclé d'argent.
—
H. 0
m 029.
— (Mariette,
Abydos, III, p. 539,
n
o 1392.)
Scarabée aux cartouches de Shishonq Ier, le Shishak
de la
Bible (cfr. no 3784). — XXIIe dyn.
3785. — Email vert. — H. 0m 017. —
(Mariette, Mon. Div., pl. 32.)
Scarabée d'Osorkon II. — XXIIe dyn.
3783. — Email vert. — H. 0
m 013. —
(Mariette,
Abydos, t. III, p. 548, n
o 1415.)
Petite plaque au cartouche Aakhopirrî de Sheshonq
IV.
— XXIIe dyn.
3786. — Email vert. — H. 0m 053. —
(Mariette, Mon. Div., pl. 29 d.)
Scarabée aux noms de Sabacon (cfr. no
3781—3782).
— XXVe
dyn.
Mit-Rahinéh.
3787. — Email blanc. — H. 0m 022. —
(Mariette, Mon. Div., pl. 48 s.)
Scarabée de la reine Ameniritis, fille du roi
éthiopien
Kashti et soeur de Sabacon (cfr. no 3778). —
XXVe dyn.
Déir el-Médinéh.
3789. — Email vert. — H. 0m 012. —
(Mariette, Mon. Div., pl. 32.)
Scarabée au nom de Psamitik. — XXVIe dyn.
Kom Abou-Khanzîr.
3790. — Email vert. — H. 0m 05.
Petite plaque au prénom d'Apriès. — XXVIe dyn.
3791. — Email bleu. — H. 0m 052.
Cartouche de Nectonabo Ier. — XXXe
dyn.
3844. — Bois. — Long. 0m 26.
On a trouvé, depuis le commencement du siècle,
un
grand nombre d'instruments votifs en bois ou en
bronze, qui avaient
servi au roi Thoutmos III et à
la reine Hatshopsitou, lors
de la fondation d'une des
chapelles du temple de Déir
el-Baharî. L'instrument
coté n
o 3884 est un modèle d'herminette

: il
est au
cartouche de Thoutmos III (cfr. n
o 3851).
—
XVIII
e dyn.
Déïr el-Baharî.
3845. — Bronze. — Long. 0m 175.
Modèle de lame de ciseau en bronze, au cartouche
d'Hatshopsitou, provenant du même fonds que l'objet
qui
précède (cfr. no
3931—3934).
3850. — Calcaire. — H. 0m 13.
Petit modèle de buste royal (cfr. Armoires R et
Q).
3852—3860, 3874—3678. —
Bronze. —
H. moyenne 0m
03 et 0m 05. — (Mariette, Mon.
Div., pl. 103.)
Ces petits cubes proviennent du temple de
Tanis.
Ils semblent avoir
servi de pieds à des coffrets en
ivoire et en bois
précieux, analogues au coffret du roi
Ramsès IX,
qui est dans la
Salle des momies royales.
Chacun d'eux porte, gravés au trait, puis
relevés d'argent,
des noms de divinités, le
cartouche du dieu
Thébain Khonsou, une bannière
royale Sonkhtaouï
que je ne sais à quel roi
donner, le nom d'une princesse
Nibhoteptiou, etc. Le style des
inscriptions nous
ramène à la XXI
e dynastie, plutôt même
à l'époque
saïto-persane.
Sân.
3867. — Bois. — Long. 0m 14.
Etui à poudre d'antimoine. Il porte le prénom
d'Amenhotpou
III et celui de sa femme Tii. — XVIIIe dyn.
3870. — Terre émaillée.
— H. 0m 14;
diam. 0m 18.
Ce beau vase provient de la collection Huber. Il
a malheureusement perdu
le goulot. Les deux cartouches

qu'il porte sont ceux
d'Amenhotpou III et
de sa femme Tii. — XVIII
e dyn.
3871. — Schiste. — H. 0
m 07. — (Mariette,
Abydos, III, p. 537, n
o
1387.)
Ce scarabée, dont chaque Musée de l'Europe
possède
au moins un exemplaire, a été
gravé à l'occasion
du mariage d'Amenhotpou III
avec la reine Tii,
fille d'Iouaa et de la dame Touaa: il nous
apprend
que l'Égypte s'étendait alors du pays de
Gari, en
Éthiopie, jusqu'au Naharina.
Il y a peu de personnages sur lesquels on ait émis
autant de
conjectures que sur la reine Tii. On a affirmé
qu'elle
était étrangère: 10 à cause du
nom de
son père et de sa mère; 20 parce que son
tombeau,
dans la Vallée des Reines,
à Thèbes, la représente
avec les yeux
bleus et les joues roses. La réponse à
ces
raisons a déjà été faite. 10 Les
noms Iouaa, Touaa,
Tii, loin d'être étrangers,
sont du plus vieux fond
égyptien et se trouvent sur les
monuments de l'Ancien
Empire. 20 Le tombeau de la Vallée des
Reines
n'est pas celui de la reine Tii, femme
d'Amenhotpou
III, mais d'une reine Diti de la
XXe dynastie:
c'est donc cette reine,
et non Tii, qui a les joues
roses et les yeux bleus, où l'on
a voulu reconnaître
des marques d'origine
étrangère. — XVIIIe dyn.
3872. — Schiste émaillé.
— H. 0
m 065.
— (Mariette,
Abydos, III, p. 538, n
o 1388.)
La longue inscription gravée sur ce scarabée
raconte
que le roi Amenhotpou III avait tué cent deux

lions de l'an I à
l'an X de son règne. — XVIII
e dynastie.
3873. — Schiste. — H. 0m 05.
Gros scarabée brisé de Ramsès III.
— XXe dyn.
3882. — Email bleu. — H. 0m 131.
Cette tablette porte le cartouche de Psioukhânou
Miamoun, roi
de la XXI
e dynastie. Elle a
été trouvée,
ainsi que beaucoup
d'autres au nom du même
roi, sous le dallage d'une des
salles du grand temple
de
Tanis (cfr. n
os
3899, 3906). — XXI
e dyn.
Sân.
3898. — Porcelaine verte. — H.
0m 047.
Petit épervier de travail fort délicat,
perché sur un
socle, entre deux tables d'offrandes. Le socle
porte
le cartouche-prénom du roi Neko II. —
XXVIe dyn.
Sérapéum.
3901 — 3902. — Albâtre.
— H. 0m 156.
—
(Mariette, Mon. Div., pl. 54 g.)
Vase. Il porte, sur la panse, le nom de Mirenrî,
et, sur le
couvercle, celui de Nofrikerî Pepi II, frère
et
successeur de Mirenrî. — VIe dyn.
Éléphantine.
3903. — Terre émaillée
bleue. — H.
0m 14.
Statuette funéraire du roi-prêtre Pinotm II (Don
de M. Letourneux, 1881). — XXe dyn.
Louxor.
3904. — Terre émaillée
verte. — H.
0
m 16. — (Mariette,
Abydos, t. III, p. 64,
n
o 412.)
Statuette funéraire de la reine Isis. — XXe dyn.
3910. — Terre émaillée
bleue. — H.
0
m 30. — (Mariette,
Abydos, t. II, pl. 60; t. III,
p. 63, n
o 409.)
Statuette funéraire du roi Ramsès IV. —
XXe dynastie.
3914. — Terre émaillée
bleue. — H.
0m 148.
Scarabée aux deux cartouches d'Apriès. —
XXVIe
dynastie.
3921. — Albâtre. — H.
0m 14.
Fragment de vase sur lequel on lit la légende d'un
roi
Menkhopirrî, dont le nom, martelé avec soin,
devait
se lire probablement Séti, comme celui du roi
qui a consacré la stèle C 100 du Louvre. Ce roi,
qui ne régna que sur la Thébaïde, vivait
à la fin de
la XXVe ou au
commencement de la XXVIe dynastie.
3925. — Schiste émaillé
violet. — H.
0m 07. — Don de M. Henri
Pereire. — (Mariette,
Mon. Div., pl. 48 a.)
Petit coeur, sur lequel est gravé le chapitre du
Livre des Morts relatif au coeur. La formule est
consacrée
au roi Séti Ier. — XIXe dyn.
Assassif.
3927. — Email vert. — H. 0m II.
Statuette funéraire du Pharaon Niforit. — XXIXe
dynastie.
Tell-et-Tmaï.
3928. — Feldspath vert. — H. 0m 07;
long. 0m
12; larg. 0m 048.
Petit
sphinx brisé aux cartouches d'Apriès.
—
XXVI
e dyn.
3937—3939. — Cire.
Vers la XXVIe dynastie, l'habitude
s'établit de sceller
les lettres et les actes publiques, non
plus avec
de la terre glaise comme auparavant, mais avec de
la
cire. Les sceaux ont survécu aux papiers qu'ils
fermaient,
et j'ai acquis récemment les trois qui sont
au
Musée sous les nos
3937—3939. Le no 3937 porte
l'empreinte du cartouche d'Amasis (H. 0m 03);
le
no 3938, le nom de Psamitik (H. 0m 022); le no
3939
le nom Menkhopirrî, avec la figure d'un singe
marchant
à quatre pattes (H. 0m
023). — XXVIe dyn.
3944—3948. — Parchemin et cuir
rouge.
Vers la fin de la grande époque thébaine, les
momies
portaient sur leur maillot des bretelles en toile,
terminées par des bouts en parchemin bordés de
cuir rouge. Ces bouts en parchemin, fabriqués par
les
prêtres, portaient ordinairement, comme marque
d'origine,
une scène d'adoration à Ammon-Râ par
le grand-prêtre ou par le roi régnant. Les n
os 3944
(H. 0
m
008), 3946 (H. 0
m 07), 3947 (H. 0
m 072), 3948
(H. 0
m 086) portent les cartouches d'Osorkon Ier, le

n
o
3945 (H. 0
m 067) est illisible, mais vient du
même
fond que les numéros
précédents. — XXII
e dyn.
Assassif.
3952. — Albâtre. — H.
0m 097.
Petit vase au cartouche du roi Teti. — VIe dyn.
3960. — Basalte vert. — H. 0
m 15; larg.
0
m
12. — (Mariette,
Karnak, pl. 45
a.)
La statue représentait le roi Taharqou. Il n'en
reste plus
que les pieds et la base. Sur la tranche,
une série de
vingt-huit captifs enchaînés (quatorze
nègres et quatorze Asiatiques) donne
l'énumération
des peuples soumis par le roi. Au
premier rang, figurent
la Palestine et l'Assyrie. — XXVe dyn.
Armoires R et Q.
Sauf l'étage du bas qui est occupé par des
statuettes
funéraires d'époque
gréco-romaine, les deux
armoires R et
Q sont remplies par des modèles
de
sculpteur, trouvés en différents endroits.
Cette collection,
unique en son genre, nous montre comment
on s'y
prenait en Égypte, pour former les artistes
et les ouvriers
employés à la décoration des temples
et des tombeaux.
Armoire R. Les modèles de tête
royale que possède
le Musée sont au nombre de
vingt-neuf, dont
quinze proviennent de
Saqqarah, onze de
Sân, et
trois de
Crocodilopolis (Mit-Farès), dans
le Fayoum.
La série de
Saqqarah, la plus complète
de toutes,

est aussi la plus instructive:
c'est une véritable suite
d'exercices gradués,
destinée aux élèves sculpteurs.
Le
n
o 3358 (H. 0
m
23) nous fournit le point de départ,
avec une
tête à peine ébauchée. En
regardant
sur la face plane de derrière, on y distingue
encore,
tracées à la pointe, les traits de
proportion qui indiquaient
la place des yeux, du nez, de la bouche
et de toutes les parties du visage. La figure employée
comme
modèle était évidemment celle du roi
régnant. C'était celle que les sculpteurs avaient le
plus
souvent à reproduire, aussi l'étudiaient-ils
avec soin,
de face et de profil, jusque dans ses moindres
détails.
Le n
o 3359 (H. 0
m 21) nous montre en effet, vu de profil,
le même personnage que tous les autres modèles
nous montrent de face. Deux modèles de pied,
découverts
à Sàn, n
o 3373 et n
o 3374
(long. 0
m 125),
nous prouvent qu'on
appliquait aux autres membres
le procédé qui
réussissait si bien pour la tête. Le
n
o 3366 (H. 0
m 12;
long. 0
m 346; larg. 0
m 115) est
un modèle d'architecture: il
représente un petit autel,
auquel on arrive, d'un
côté par deux petits escaliers,
de l'autre par
deux rampes assez raides, où l'on se
proposait probablement
de tailler des marches.
Armoire Q. — Les petites dalles n
o 3382—3413,
découvertes à
Tanis, sont, pour le graveur
d'hiéroglyphes
et de bas-reliefs, ce que les bustes royaux
étaient
pour le statuaire. Quelques - unes d'entre elles
ont
été travaillées sur les deux faces
(n
o 3405, 3412,3413);
quelques autres
indiquent le procédé à suivre pour
ébaucher la figure. Les n
os 3401 et
3407, par exemple,
sont de véritables modèles de
lettres. Les plus remarquables
de ces pièces, celles au
moins qui ont

pour nous le plus de valeur
artistique, sont les deux
profils de Bast à tête
de lionne (n
o 3386, H. 0
m 18;
n
o 3387, H. 0
m 16), le fragment de bélier n
o 3393
(H. 0
m
13), et la tête de cynocéphale n
o 3395 (H. 0
m 12).
Le tout
paraît se rapprocher du faire saïte et
ptolémaîque.
Les six autres armoires appliquées aux piliers contiennent
une foule de menus objets qui servaient à
l'ordinaire de la
vie. Quelques-uns ont été trouvés
dans
les ruines des villes, la plupart proviennent des
tombeaux. La
même conception qui avait déterminé
les égyptiens à déposer avec les morts des
vivres
et des boissons, les engageait à mettre, soit sur
la
momie même, soit dans le voisinage immédiat,
tous
les ustensiles, toutes les étoffes, tous les jouets
dont
on se servait en ce monde. La vie d'outre-tombe
était identique à la vie terrestre et en
reproduisait
les moindres détails. L'Égyptien
vivant aimait passionnément
le jeu de dames;
l'Égyptien défunt devait
l'aimer de
même, et on lui faisait cadeau d'un damier
pour qu'il
pût satisfaire sa passion. L'Égyptien
vivant se
fardait, se noircissait les yeux, portait perruque:
on mettait avec
l'Égyptien défunt les fards
et les perruques
nécessaires. Quelquefois, les objets
même que le
vivant avait aimés, on les laissait au
cadavre. Souvent, on
en fabriquait de semblables,
qu'on décorait de
légendes funéraires. Le plus souvent,
on se
contentait de reproductions plus ou moins
soignées, plus ou
moins réduites, des objets usuels,
et on donnait au mort un
véritable mobilier de poupée.
Il ne faut donc pas
croire que tous les ustensiles
employés à
l'ordinaire de la vie avaient l'aspect

et les dimensions des
ustensiles exposés dans les
vitrines: si quelques-uns
auraient pu servir indifféremment
en ce monde et dans
l'autre, la plupart
n'étaient que des
trompe-l'oeil, et n'auraient été pour
le vivant que des joujoux inutiles ou incommodes.
Armoire Y.
3240. — Faïence bleu.
— H. 0m 13; long. 0m 21.
Hippopotame debout marchant dans un marais. Le
dessinateur a
tracé à l'encre noire, sur le corps de la
bête, des roseaux, des lotus, au milieu desquels volent
des
oiseaux et des papillons: c'est une manière
naïve
de montrer l'hippotame dans son milieu habituel.
Ce curieux morceau a
été découvert dans une
tombe de la
XIe dynastie, avec l'hippopotame no 3340
(même armoire, rayon du
bas) et un troisième hippopotame
aujourd'hui perdu.
Drah abou 'l neggah.
Le rayon situé immédiatement au-dessous de
l'hippopotame,
contient de magnifiques spécimens de
verres
transparents ou colorés. L'art de la verrerie
était déjà
prospère au
temps où l'on construisait les pyramides:
les tombeaux de
Saqqarah nous ont fourni plus
d'un exemple du verrier soufflant dans sa
canne, et
les peintures des tombeaux postérieurs prouvent,
qu'à
la XII
e et à la
XVIII
e dynastie, les Égyptiens
savaient
fabriquer des vases en verre coloré, d'une
élégance
et d'une richesse étonnantes.
Il est malheureusement
fort difficile de déterminer
l'âge des verreries que

nous possédons: la
plupart doivent être d'époque
ptolématïque. On a pris l'habitude de les
attribuer
aux Phéniciens ou aux Chypriotes; mais, sans
parler
des figures reproduites dans les tombeaux, les
objets que
renferment les musées ont des formes
qu'on ne trouve qu'en
Égypte. C'est en Égypte seulement
qu'on a pu
fabriquer les coeurs, les colonnettes
et les amulettes que contiennent
les vitrines de la Salle
funéraire. Loin donc de retirer
à l'industrie égyptienne
la plupart des verres
trouvés en Égypte, je
serais assez
porté à croire qu'une partie des verreries
dites
phéniciennes et chypriotes ont été
fabriquées
en égypte et envoyées
à l'étranger, comme
objets de commerce courant.
Il me suffira de signaler
les n
os 3252 (H.
0
m 076), 3253 (H. 0
m 115), 3254
(H. 0
m 105), 3257 (H.
0
m 07), 3258 (H. 0
m 092), 3261
(H. 0
m 08), 3266 (H.
0
m 065), 3268 (H. 0
m 07): une
description ne pourrait jamais rendre la
grâce des
formes, la richesse et l'harmonie des couleurs,
la
finesse de la pâte. Les fioles à long goulot,
no 3251
(H. 0
m 23), 3265 (H. 0
m 065) etc. étaient des fioles
à parfums: l'usage s'en est continué après
la conquête
musulmane, et je ne serais pas
étonné si plusieurs
de celles que nous
possédons étaient de fabrication
arabe.
3255. — Email vert. — H. 0m 076.
Tête rase, probablement du dieu Imhotpou, fils
de Phtah. La
finesse des traits et la perfection du
modelé justifient le
surnom que lui donnaient les
Égyptiens de Dieu à la belle face. — Ep.
Saïte.
Mit-Rahinéh.
3262. — Email blanc, bleu, jaune et violet.
— H. 0
m 195. —
(Mariette,
Abydos, III,
p. 61 — 68.)
Cette statuette est la plus belle de toutes les statuettes
funéraires connues jusqu'à présent. Sur
un
fond blanc, les hiéroglyphes et les détails de
sculpture
ont été gravés en relief,
puis remplis de pâtes
vitrifiées à la
cuisson. Le visage et les mains sont
bleu-turquois; la coiffure est
jaune à raies violettes,
violets également sont
les hiéroglyphes et le vautour
qui déploie ses
ailes sur la poitrine. Le tout est harmonieux
et fondu, sans que la
moindre bavure d'un
émail émousse la
netteté du trait. Ce résultat est
d'autant plus
remarquable que, les verres employés
pour obtenir les
couleurs, sont fusibles à des températures
assez
différentes, et que la statuette a dû
être passée au feu un certain nombre de fois
avant
d'être achevée.
Cette statuette unique en son genre, appartenait
à un
nomarque, premier prophète d'Ammon, du nom
de Phtahmos.
— XXe dyn.
3267. — Bois. — H. 0m 06; long. 0m
12.
Veau couché, d'un travail fort délicat,
creusé pour
servir de boîte: la tête
et le dos de l'animal s'enlèvent
et font couvercle.
— XXe dyn.
3270. — Bois. — H. 0m 065.
Les Égyptiens des deux sexes aimaient à s'agrandir
l'oeil, en le cernant d'un trait noir qui finissait
sur la tempe; ils
mettaient aussi, à certaines époques,
des fards
de diverses couleurs, verts ou bleuâtres,

sous la paupière
infèrieure. L'opération destinée
à
donner à l'oeil une teinte noirâtre,
se faisait au moyen
d'un poinçon ou d'une aiguille mousse,
qu'on passait
autour du globe pour y introduire la poudre
d'antimoine.
Ces aiguilles et les vases destinés aux
poudres
et aux fards ont cent formes diverses. Le n
O 3270
est en bois et taillé de
manière à figurer quatre étuis
longs,
collés deux à deux l'un contre l'autre. Une
petite femme nue est debout contre le devant de la
boîte.
Les quatre étuis contiennent encore des restes
de fards
desséchés. La longueur de l'aiguille est de
0
m 069. — XX
e dyn.
3273. — Bronze. — H. 0m 078.
Petit prêtre agenouillé: il tient de la main
droite
un vase à libations, dont il verse le contenu sur
une
table d'offrandes qu'il a dans la main gauche. —
Ep. saïte.
3274—3276. — Bois. —
H. 0m 208, 0m
185,
0m 175.
Sous les dynasties thébaines, on avait pris l'habitude
de
remplacer les statues en pierre ou en bois
de grandes dimensions, qu'on
déposait jadis dans les
tombeaux, par des statuettes en bois
de plus en plus
petites. Beaucoup d'entre elles étaient fort
soignées,
et le Musée de Turin en
posséde une vingtaine, dont
quelques-unes sont comparables
aux plus beaux ouvrages
de l'Ancien Empire. Le n
o 3274 et les deux
suivants de notre Musée, sans
être des chefs-d'oeuvre,
sont d'un art très fin
et très délicat. Ce sont trois personnages,
revêtus du costume d'apparat de la XX
e dynastie:

ils marchent droit devanl eux,
d'un mouvement
mesuré, le buste bien effacé, la
tête haute. L'expression
de la physionomie, calme et
rusée, montre
qu'on a voulu faire des portraits: les traits
de la
face rappellent le type japonais plutôt que le
type
égyptien ordinaire. Le plus grand des trois
personnages
était un favori du roi, premier
prophète de la
désse Oirthikoou, Hori,
surnommé Râ. Aucune inscription
ne nous apprend
quel nom portaient les individus,
au double desquels les deux autres
statuettes
devaient servir de support. — XX
e dyn.
3277. — Bois. — Long. 0m 226.
Une jeune fille nue, sauf une ceinture étroite qui
lui serre
les hanches, nage, tenant la tête bien hors
de l'eau. Ses
deux bras allongés soutenaient un canard
creusé
en boîte, et dont les deux ailes, s'écartant,
formaient le couvercle. C'est un des motifs que
les dames
égyptiennes préféraient pour leurs
boîtes
à parfums: la jeune fille servait de
manche, et le
canard recevait la pâte odorante. Tous les
musées
d'Europe, et plus particulièrement le
Louvre, possèdent
de jolis spécimens bien
complets de cet ustensile;
nous n'avons jamais pu nous en procurer
qui
fussent intacts. Pour se figurer ce qu'il devait
être
au sortir des mains du fabricant, il faut mettre le
canard
no 3283 (Long. 0m 226), mais en le rapetissant,
sur les
bras de la jeune fille. — XXe dyn.
Drah abou 'l neggah.
3278. — Porcelaine bleue. — H.
0
m 054.
Tête de statuette
royale, peut-être Neko II ou

Apriès. Le
salpêtre s'est mis dans ce petit monument
et le menace d'une
destruction prochaine. —
XXVI
e
dyn.
Mit-Rahinéh.
3279. — Bois. — H. 0m I I I.
Cette petite statue est du même type et de la
même
provenance que les nos 3274 — 3276.
On remarquera
le petit oeil mystique qu'elle a au poignet:
c'est
un exemple presque unique de la manière dont
les
Égyptiens portaient fréquemment cet amulette.
— XXe dyn.
3285. — Bois. — Long. 0m 22.
Cuiller à parfums, représentant un chien qui se
sauve emportant un poisson dans sa gueule: le corps
du poisson est le
bol de la cuiller. Le troisième rayon
de l'armoire renferme
d'ailleurs une collection assez
heureuse d'objets de ce genre. Le no 3291 (H. 0m 202)
est
un cartouche qui sort d'un lotus épanoui; 3292
(Long.
0m 164), une main qui tend un petit
godet; 3295 (H.
0m 16), un fruit de lotus
flanqué de deux boutons;
3296, une jeune fille qui,
deboutsur une barque, cueille
des lotus: les fleurs et les fruits du
lotus, réunis en
gerbe autour de sa tête, ont
été creusés pour recevoir
le parfum.
Le no 3312 (Long. 0m
28) est une
jeune fille comme le no 3277,
etc. — XXe dyn.
3293. — Verre. — H. 0m 044.
Petit vase à Parfums. Les Pâtes bleues, jaunes et
blanches ont été disposées de
manière à rendre l'effet
d'une couverture de
paille fine qu'on aurait tressée
sur le verre.
3301. — Bois. — H. 0m 045.
Un singe debout tend un arc. L'obélisque dressé
en
face de lui et qu'il semble viser, était la boîte
qui
le renfermait. — Ep. Saïte.
3304. — Bois. — Long. 0m 11.
Bobine allongée, terminée à chaque
extrémité par
une tête humaine: elle
est encore chargée d'un fil
assez fin. — XXe dyn.
3289, 3305, 3306, 3314. — Emaux de diverses
couleurs.
Les fellahs découvrirent vers 1870, à
Tell-Yahoudièh,
près de Shibîn el
Kanatîr, les restes d'un temple
recouvert de briques et
d'ornements en terre émaillés.
Les marchands
d'antiquités et différents amateurs
du Caire
réussirent à démolir en quelques mois
ce qui subsistait de ce monument unique en son
genre. Le British Museum
et le Louvre ont acquis
plusieurs fragments provenant de
Tell-Yahoudièh:
les débris réunis sous
les trois nos 3289, 3305, 3306,
donnent
l'idée de ce qu'était la décoration des
murs.
Le no 3289 représente une
tête de prisonnier nègre.
Le no 3306 est un fragment de bordure: le motif
principal en est une fleur de lotus flanquée de deux
boutons. Le no 3305 représente une
variante assez
compliquée de l'oeil mystique. Le cartouche
de Ramsès
III (no 3314) nous
donne la date exacte de l'érection
du temple. —
XXe dyn.
Tell-Yahoudièh.
3307. — Bois. — H. 0m 13.
Les éventails égyptiens se composaient d'un manche,

et d'une pièce
centrale qui couronnait le manche
et dans laquelle venaient s'engager
les plumes. Le
n
o 3307 est une
pièce centrale: elle est formée de
deux
planchettes minces entre lesquelles était logé
le
ressort destiné à maintenir les plumes. Le
ressort,
d'ordinaire en bois, a disparu; mais nous l'avons
trouvé encore intact dans la pièce n
o 2996 (
Armoire
X).
3315. — Bronze. — H. 0m 17.
Bast, à tête de chatte, est debout, vêtue
d'une robe
rayée et brodée qui lui descend
jusqu'au milieu du
mollet. Elle tient à la main gauche la
tête de Sokhit,
avec le collier auquel on donne le nom
d'égide. —
XXVIe dyn.
Sérapéum.
3317. — Bois. — H. 0m 185.
Un esclave chauve, à tête en pain de sucre, plie
sous le poids d'une grosse jarre. La jarre est le bol,
et l'esclave le
manche d'une cuiller à parfums. La
plupart des
musées de l'Europe possèdent des cuillers
de ce
type. — XXe dyn.
3318. — Corne. — Long. 0m 143.
Epingle à cheveux terminée par un serpent
lové.
— XXe dyn.
3326. — Bronze et bois. — H. 0m 26.
Miroir. La plaque en bronze: le manche en bois,
incrusté
d'ivoire, représente une tête de Bes.
Trouvé
dans une tombe de l'Ancien-Empire.
Sérapéum.
3327. — Bois. — H. 0m
21; larg. 0m 129.
Plaque en bois, où l'on a évidé avec sion
les formes
d'un manche de miroir et de deux petits godets.
On y
coulait de la cire sur laquelle on établissait
ensuite les
moules qui servaient à la fonte des
objets en question.
3328 — 3331. — Email bleu.
— H. moyenne
0m 20.
Quatre petits vases canopes sans inscription. —
XXe dyn.
3340. — Email bleu. — Long. 0m 18.
Hippopotame couchá dans les roseaux (cfr. no 3240).
Armoire U.
3033. — Email vert. — H. 0m o5.
Un petit singe, assis, soutient de ses deux mains
un grand plat, qui
repose sur un chapiteau à feuilles
de palmiers.
Brûle-parfums. — Ep. saïte.
3035. — Terre émaillée.
— H. 0m 051.
Petit pot, en forme de tête de Bes coiffée de ses
plumes. — Ep. grecque.
Mit-Rahinèh.
3141. — Schiste. — H. 0m 185; larg. 0m 12.
Deux statuettes funéraires sont taillées dans une
même pierre: celle de la femme tient enlacée
celle
du mari. Le collier a été doré.
L'homme s'appelait
Mini et la femme Hontonou. — XXe dyn.
3142. — Papyrus. — Diam. 0m 092.
Balle d'enfant, en feuilles de papyrus découpées
et tressées. — XIe dyn.
Drah abou 'l neggah.
3143. — Bronze. — Long. 0m 055.
Petit hoyau votif.
3148. — Verre transparent blanc.
—
H. 0m 042.
Petit vase à fond plat.
3149. — Verre transparent bleu. — H.
0m 027.
Petit vase à côtes, dont le goulot est
cassé. Les
côtes sont de la même
pâte que le reste du vase;
mais la plus grande
épaisseur du verre aux endroits
oú il forme
bourrelet, leur donne une teinte plus
foncée.
3153. — Verre peint. — Diam. 0m 004.
Petite soucoupe, sur laquelle on a peint deux gazelles
courant
à travers les roseaux.
3156. — Bois. — H. 0m 155.
Femme nue debout, les bras collés aux hanches.
—
XXe dyn.
3159. — Bois. — H. 0m 09.
Petite téte de jeune fille, cheveux ondés: une des
plus jolies oeuvres du ciseau égyptien. — Ve — VIe
dyn.
Grandes-Pyramides.
3160. — Cristal de roche. — H.
0m 108.
Fiole votive. Le goulot a été seul creusé:
le corps

du vase est resté
plein, soit que l'on ait voulu représenter
un vase rempli
d'eau, soit que l'ouvrier ait
craint de casser la matière
précieuse qu'il travaillait.
3164. — Bois. — H. 0m 11.
Petite boîte en forme de gazelle, les pattes
liées:
le couvercle manque.
3165. — Jade rosé. —
H. 0m 05.
Petit vase, au fond duquel on trouve encore des
traces de poudre
d'antimoine.
3166. — Ardoise fine. — H. 0m 027.
Petit vase jadis recouvert d'émail bleu.
3172. — Bois et ivoire. — H. 0m 07; larg.
0m
064; long. 0m 09. — (Mariette, Mon. Div.,
pl. 51, h.)
Petit modéle de coffret à linge, en bois, à
deux couleurs
et en ivoire. — XIe dyn.
Drah abou 'l neggah.
3173. — Bronze. — Long. 0m 40.
Pince en forme de mains allongées, pour prendre
l'encens ou
les charbons allumés. — XXe dyn.
Louxor.
3179. — Email vert. — H. 0m 067; long.
0m
354; larg. 0m 176.
Brique émaillée verte, sur laquelle sont
tracés à
l'encre les cartouches de
Ramsés III: pièce unique
jusqu'à
présent. — XXe dyn.
Basse-Égypte.
3180. — Bois. — H. 0m 22.
Statuette de femme, analogue aux statuettes nos
3274,
3275, 3276, 3279 (Armoire Y, p. 106 et
108). La dame
Honttoou est debout en costume d'apparat: elle a au
cou un collier d'or et serre un bouquet contre sa
poitrine.
— XXe dyn.
3181. — Bois. — H. 0m 08.
Petite tortue, dont la carapace percée de trous servait
de
pelotte. Les épingles à cheveux qu'on y voit
fichées sont en bois et ont pour tête un museau de
chacal
ou de chien. — XIe dyn.
Drah abou 'l neggah.
3182. — Bois et ivoire. — H. 0m 05;
long. 0m
265; larg. 0m 078. — (Mariette, Mon.
Div., pl. 51j.)
Boîte à jeu. Les cases et le tiroir sont
incrustés
d'ivoire; les panneaux portaient des sculptures,
également
en ivoire, dont il ne reste que peu de chose.
Sept pions de différentes formes et de
différentes
matières sont encore dans le tiroir:
ces pions se nommaient
les
chiens, comme dans la
Grèce antique.
Chacune des deux grandes faces de la
boîte porte
un jeu différent. A la face
supérieure, douze cases,
disposées en quinconce
sur trois lignes de quatre:
de la rangée du milieu part une
bande divisée en huit
cases. La face inférieure
est partagée en trente-six
cases, rangées
également par trois séries de douze.
On ne sait
trop comment on disposait les pions sur
les cases, ni
d'apreès quelles règles on les mouvait.
Un
passage du Conte démotique de Satni-Khamoi's
nous apprend,
qu'une des façons de jouer s'appelait

le
cinquante-deux. Les Égyptiens modernes ont deux
jeux qui doivent ressembler singulièrement aux jeux
anciens,
le
tab et le
mounkalah: le
mounkalah se joue
en soixante points (Lane,
Modern Egyptians, 1837,
t. II, p. 51 sqq.).
La plupart des damiers proviennent des tombes,
et portent une
légende qui souhaite une existence
heureuse au
défunt. Le Livres des Morts
renfermait
en effet un chapitre destiné à
permettre au mort de
jouer aux dames dans l'autre monde. Le no 3182 a
été
trouvé avec la momie d'Ak-hor. — XVIIe dyn.
Drah abou 'l neggah.
3183. — Bois. — H. 0m 057; long. 0m
38;
larg. 0m 11. (Mariette, Mon. Div., pl. 52 a.)
Damier au nom du Serviteur du roi dans ses expéditions
au
Nord et au Midi, chef des mercenaires,
prophéte de Sa
Majesté, Abibi. — XVIIIe
dyn.
Drah abou 'l neggah.
2791. — Bronze. — H. 0m 155.
Miroir en forme de feuille de lotus: la tige de la
feuille fait le
manche du miroir.
3195. — Jonc. — H. 0m 07.
Panier en jonc tressé de diverses couleurs. Il est
semblable,
pour la forme et la nuance, aux paniers
qu'on fabrique encore
aujourd'hui à Esnèh et à
Assouân,
mais plus fin de travail. — XIe dyn.
Drah abou 'l neggah.
3198. — Bois. — Long., 0m 18.
Ce joli monument est un modèle de corne à boire,

du genre de celles que les
Grecs appelaient
rhyton.
Le corps est en écorce, le bouchon en bois fin. La
partie inférieure d'où jaillissait le liquide en
filet
mince, est une tête de vache en bois
surmontée d'un
disque solaire. Je ne crois pas qu'un autre
musée
possède une pièce du
même genre. — XXVI
e
dyn.
Armoire V.
3126. — Bois. — H. 0m 21.
Vase votif. Il est plein, et porte sur le haut du
goulot des dessins
simulant l'empreinte d'un cachet.
Il est peint en imitation de granit
noir et porte sur
la panse une légende au nom du
Chef-forgeron, modeleur
d'Ammon, Notmouoten. C'était un de
ces vases
bon marché qu'on fabriquait à I'usage
des morts, dont
la famille n'était pas assez riche pour se
procurer
des vases réels en albâtre ou en granit.
— XXe dyn.
3138. — Terre noire relevée de jaune.
— H. 0m 075.
Un cynocéphale accroupi tient devant lui un panier,
sur la
face extérieure duquel la déesse Apit est
figurée
debout. C'est un vase à collyre, comme le
numéro
suivant 3138 en terre émaillée
bleue.
3045. — Calcaire. — H. 0m 098.
Tête de statue de l'Ancien-Empire. L'exécution en
est fort remarquable et fait regretter la perte du
corps. —
Ve — VIe dyn.
Grandes-Pyramides.
3047—3048. — Bronze et ivoire.
C'est avec intention qu'on a rapproché l'un de
l'autre ces
deux manches de poignard en forme de
lion. Le no 3047, en bronze (Long.
0m 12) est assyrien
ou persan et
provient de Bagdad; le no 3048 en
ivoire (Long. 0m 11) est égyptien. La manière dont le
même motif a été traité fait
ressortir toute la différence
qu'il y a entre l'art assyrien
et l'art égyptien.
L'assyrien a
exagéré le mouvement et la physionomie
de la
bête, au risque d'être brutal et disgracieux:
l'égyptien, tout en pliant les formes animales à
l'emploi
auquel il les destinait, a su leur conserver un
air de
dignité et de grandeur.
3057. — Ivoire. — H. 0m 122.
Etui à collyre en forme de colonne avec chapiteau
bulbeux:
manquent le couvercle et le fond.
3059. — Couleur bleue.
Les trois petits paquets enregistrés sous ce
numéro
sont tout ce qui reste de trois sachets remplis
de couleur. La toile qui les renfermait est pourrie
depuis longtemps,
mais la pâte en a conservé les plis
et
l'empreinte. La couleur est fabriquée avec ce que
les
Égyptiens appelaient le mafkat artificiel,
c'est-à-dire,
avec un verre coloré en bleu au
moyen d'un
oxyde de cuivre, puis reéduit en
poudrè. Le mafkat
vrai
était notre bleu d'outremer, c'est-à-dire, du
lapislazuli
pilé et agglutiné en pastilles ou en
pains.
3063—3069.
On a réuni dans ce coin de l'armire quelques

spécimeus curieux de
pots et d'étuis à collyre. Le
n
o 3063, en pâte rouge (H. 0
m 079) découpée
à jour,
est porté sur un petit tabouret
à quatre pieds qui fait
corps avec le vase
lui-même. 3077 (H. 0
m 15) a
dû
appartenir à quelque pauvre diable: il est
formé
d'un roseau creusé et d'un morceau de bois
travaillé,
assez soigneusement reliés par une
bande d'étoffe et
du fil. Le n
o
3066 (H. 0
m 07) est un Phtah debout
sur les
crocodiles: la tête évidée recevait la
poudre
d'antimoine. Le n
o 3068 est un
hérisson (H. 0
m 054),
et le n
o 3069 (H. 0
m 105)
une sorte de flûte, formée par
cinq tubes
d'inégale longueur en porcelaine verte.
Quelques-uns de ces
vases sont accompagnés de
l'aiguille en bois ou en bronze
qui servait à étendre
autour de l'oeil la poudre
d'antimoine.
3075—3076.
Tous les menus objets de couleur diverse réunis
sous ces deux
numéros sont des pions avec lesquels
les
Égyptiens jouaient aux dames (cfr. no
3182, Armoire
U, p. 114).
3080. — Jaspe vert. — H. 0m 06.
Vase en forme de coeur. D'un côté est gravé
un
scarabée, de l'autre le chapitre XXX du Livre des
morts. — Ep. saïte.
3081. — Terre émaillée.
— H. 0m 34.
Malgré ses dimensions exigues, cette lête
mérite
d'attirer un moment l'attention du visiteur: les
traits
caractéristiques de la physionomie du
nègre y sont
rendus avec une vérité
qui fait honneur à l'habileté
de l'artiste.
— Ep. saïte.
3090. — Schiste. — Long. 0m 07; larg.
0m
104.
Sur cette pierre, le scribe égyptien broyait, puis
délayait, avec un petit pilon (nos
3094, 3102, 3115),
l'encre et les couleurs dont il avait besoin pour
écrire
et enluminer les manuscrits.
3092. — Porcelaine verte. —
Long.
0m 07.
Petit encrier à deux godets, pour les deux encres
noire et
rouge.
3093.
Il est assez difficile de définir l'emploi des petits
anneaux
brisés en matières diverses (cornaline, verre
jaune, blanc, vert, rouge etc.) qui sont réunis sous
ce
numéro. On les trouve en assez grand nombre
près
de la tête et de la poitrine des momies.
3098. — Email bleu. — H. 0m 14.
Superbe buste d'Isis destiné à être
porté sur un
bâton d'enseigne: le haut de la
coiffure est brisé.
Les cartouches de Ramsés III
nous donnent la date
exacte de ce petit monument. — XXe dyn.
3106. — Bronze. — Long. 0m 057; larg.
0m
08.
Table d'offrandes d'un aspect particulier. Elle représente
une sorte de plateforme, sur les côtés de
laquelle sont assis deux chacals et deux cynocéphales
se
faisant face: trois petits personnages, agenouillés

dans le fond,
présentent l'offrande et versent une libation.
—
Ep. grecque.
3107. — Bronze. — H. 0m 36.
C'était une de ces enseignes qu'on promenait au
bout d'un
bâton en tête des processions religieuses.
Un
crocodile, posé sur une fleur de lotus, porte la barque
sacrée de Râ. Un naos, ouvert et vide,
surmonté
d'un épervier couronné, en
occupe le milieu. A l'avant,
on voit le chacal d'Apmatonou, puis le
prêtre
qui tient à deux mains le vase
à parfums, Hor à tête
d'épervier
levant la pique, et deux personnages
brisés.
Derrière le naos, Isis est debout avec
Anubis à
tête de chacal, et deux Hor à
tête d'épervier manient
les deux gouvernails.
— Ep. saïte.
Armoire X.
2929. — Bois. — Long. 0m 375; larg. 0m 05.
Palette de scribe. Tout en haut, le cartouche de
Thoutmos III, et
au-dessous, six godets accouplés, qui
renferment des
pastilles de couleur vermillon, jaune
d'ocre, terre
brûlée, jaune de chrome (gomme gute?),
blanc,
bleu. Au-dessous, la fente où on logeait les
plumes et les
pinceaux, et, de chaque côté, une
prière
pour le scribe Thoutii, secrétaire du roi.
— XVIIIe dyn.
2942. — Bois peint. — H. 0m 17.
Vase fictif de même espèce que le vase no 3126.
(Armoire V,
p. 116.)
2949. — Argent. — Diam. 0m 15.
Ce beau vase a été trouvé dans les ruines
de

Mendès
(Tell-Tmaï), avec les n
os. 2950 (H.
0
m 09), 2960
(Diam. 0
m 22), 2961 (Diam. 0
m 075), 2968 (Diam.
0
m 165). Ils
faisaient partie du mobilier sacré du temple
et avaient
été déposé dans une cachette,
où ils sont
restés oubliés
jusqu'à nos jours. Ils sont ornés de
lotus
épanouis et de boutons au repoussé. L'un d'eux,
le n
o 2961, est un couvercle, dont la
poignée est formée
de deux fleurs
réunies par la tige. Rien n'indique
l'âge de ces
objets; mais, qu'ils soient de l'époque
grecque ou de
l'époque thébaine, le travail en
est purement
égyptien. Ils sont identiques de tout
point aux vases d'or
et d'argent, qu'on voit si souvent
représentés
entre les mains des prêtres et des
rois, sur les murs des
temples, à la XVIII
e et à
la
XX
e dynasties.
Tell-Tmaï.
2953. — Bronze. — H. 0m 103. — Don
de M. Maunier.
— (Mariette, Mon. Div., pl. 48,
no b.)
Le dieu Harpochrate couronné est debout, le doigt
à la bouche. Le socle est orné de quatre
cartouches:
10 Binpou, sur le devant; 20 Le dieu bon
Nofirkerî,
à droite; 30 Ahmos, par
derrière; 40 Le dieu bon
Souzenrî, à
gauche. Le style de ce petit monument
semble nous reporter vers la
XXe dynastie; mais les
noms dont il est
chargé, appartiennent à la XVIIe.
Louxor.
2954. — Bronze. — H. 0m 018.
Anneau trop étroit pour avoir servi de bague:
le
châton représente une gazelle couchée d'un
travail
trés délicat. — Ep.
Saïte.
2955. — Bronze.— H. 0m 03.
Téte de lion venant de la momie de la reine Ahhotpou
(cfr. no
3474, Vitrine H, p. 79). — XVIIe dyn.
Drah abou 'l neggah.
2957. — Pâte verte. —
H. 0m 065. —
(Mariette, Mon. Div., pl. 48 c.)
Ce scarabée est le seul souvenir qui nous reste
des grandes
guerres de Neko II. Le Pharaon y est
représenté,
sur le plat, debout, entre Isis, qui lui remet
son arme, et Nith, qui
lui donne une petite image du
dieu guerrier Mont: deux prisonniers
renversés occupent
le registre inférieur. Neko II
est le Pharaon
qui battit à Magiddo le roi Josiah de Juda,
et fut
battu à Karkémish par Naboukoudouroussour.
—
XXVIe dyn.
2958. — Email bleu. — (Mariette,
Mon.
Div., pl. 52 d.)
Vase à poudre d'antimoine en forme d'épervier
couronné: la couronne servait de bouchon. Sous le
pied, des
asiatiques enchaînés: sur le pourtour de la
couronne, la légende d'Ahmos Ier.
— XVIIIe dyn.
Drah abou 'l neggah.
2960. — Argent. — Diam. 0m 22.
L'un des vases de Tell-Tmaï (cfr. no
2949, p. 120).
2961. — Argent. — Diam. 0m 075.
Couvercle de vase provenant de Tell-Tmaï (cfr.
no 2949, Armoire X, p.
120).
2962. — Faience verte. — H. 0m 078.
Petite bouteille dont le goulot, aujourd'hui cassé,
était flanqué de deux petits cynocéphales
accroupis
servant d'anse (cfr. no 2956). Le
milieu du disque
est à jour. Le cartouche d'Amasis donne la
date de
ce petit monument. — XXVIe dyn.
2963. — Bois noirci par devant,
doré
par derrière. — H. 0m 077.
Amulette en forme de boucle de ceinture, au nom
de Séti ler.
2965. — Jaspe rouge. — H. 0m 035.
Tête de lion (cfr. nos 3474, Vitrine H, p. 79 et 2955,
Armoire X, p. 122). Sur le front, entre les deux
oreilles, le cartouche Mâkerî. Un autre cartouche
renferme
le nom de la reine Hatshopsitou et sert de collier.
— XVIIIe dyn.
2966. — Argent. — Long. 0m 38.
Barque à dix rameurs et à un pilote, venant de
la
reine Ahhotpou, comme la barque d'or no
3582
(Vitrine H). Les quatre petits anneaux
qu'on remarque
sous la carène servaient à fixer
la barque sur
un petit charriot à quatre roues. —
XVIIe dyn.
Drah abou 'l neggah.
2967. — Email gris violet. — H.
0m 045.
Petit vase à poudre d'antimoine, sur la panse duquel
sont
gravés les deux cartouches du Pharaon Ai.— XVIIIe dyn.
2968. — Argent. — Diam. 0m 165.
Un des vases de Tell-Tmaï (cfr. no 2949, p. 120).
2970. — Argent. — H. 0m 08; Diam.
0m
147.
Un des vases de Tell-Tmaï (cfr. no 2949, p. 120).
2975. — Calcaire noirci
(?).—Long. 0m 04.
Osselet
sculpté.
2976. — Email bleu.
Collection de quatorze pions pour jeu de dames
(cfr. Armoire V, no 3075, p. 118 et Armoire U,
no 3182, p. 114).
2977—2978.
Collection de bagues et d'anneaux brisés (cfr. Armoire
V, no 3093, p. 119).
2979. — Email vert. — Long. 0m 18.
Coupe en forme de poisson au cartouche de Thoutmos
III. —
XVIIIe dyn.
2981. — Albâtre. — H.
0m 074; larg. 0m
041.
Plaque au cartouche Sonkhkarî, aimé de Montou,
maître de Thèbes, d'un roi dont l'autre nom
paraît
avoir été Amoni. —
XIe dyn.
Drah abou 'l neggah.
2984. — Email vert. — H. 0m 30. — (Mariette,
Mon. Div., pl. 34, a.)
Un homme, debout, a les mains appuyées sur un
petit naos
posé à terre, et qui renferme Osirismomie.

La statuette est
posée sur un socle assez haut,
couvert d'inscription sur
toutes ses faces. Le personage
était prince
héréditaire, et l'un des principaux
officiers du
roi: il s'appelait Nofirabrî. — XXVI
e dyn.
Kom el Qalâa.
2985. — Matiéres diverses.
Collection de pions pour jouer aux dames (cfr.
Armoire U, no 3182, p. 114). Quelques-uns d'entre
eux
sont surmontés d'une tête de chien, ce qui
explique
le nom de Chiens qu'on donnait
à toutes les pièces
du jeu, d'une tête
d'homme ou de dieu Bes.
2986. — Matières diverses.
Collection de dés à jouer, semblables à ceux
qu'on
emploie encore aujourd'hui.
2988. — Email vert. — Long. 0m 066.
Petit encrier à deux godets, en forme de cartouche.
2991. — Bronze. — H. 0m 12.
Sphinx persan, coiffé de la tiare surmontée d'une
étoile. — Ep. persane.
Sérapéum.
2993. — Ivoire. — Long. 0m 16.
Les encensoirs en usage dans les temples égyptiens
se
composaient d'un manche que terminait une
main en ivoire,
surmontée d'un petit godet en bronze
où
brûlait l'encens. Le no 2993 est une
main d'encensoir.
2994—2995. — Bois incrusté
d'ivoire.—
H. 0m 22 et
0m 14.
Bees de canne formés de trois têtes d'oies.
2996. — Bois. — H. 0m 138; larg. 0m 067.
Pièce centrale d'éventail au nom du scribe du
temple de Râ, Khimnakht (cfr. Armoire Y,
no 3307,
p. 109). Les deux ressorts en bois qui maintenaient les
plumes, sont encore intacts.
2997. — Bois. — Long. 0m 20; larg. 0m 065.
Palette de peintre avec ses couleurs.
3004. — Granit noir. — H. 0m 055. —
(Mariette, Mon. Div., pl. 48 d).
Petit vase à poudre d'antimoine: il a pour anse
un singe
grimpant. Il a été consacré par la reine
Hatshopsitou,
à sa mère, la reine Ahmos.
— XVIIIe dyn.
El-Assassif.
3011. — Bronze. — H. 0m 22.
Bout de sceptre.
Armoires S et T.
Les deux armoires S et T
renferment des vases
en terre et en bronze, ainsi que des objets de
ménage.
Quelques - uns des vases renferment encore
des
essences, des poudres, de la farine, des oeufs et
d'autres substances.
2819. — Bois. — Long. 0m 22; diam. 0m 09.
Corne à boire dont le fond est une tête de
bélier.
2825. — Bronze. — H. 0m 105.
Bouillotte en bronze; le manche est une fleur de
lotus
recourbée.
2829. — Email bleu. — H. 0m 08.
Vase à anse et à goulot, orné d'une bande
de
dessins à l'encre, représentant des fleurs de
lotus
entre des yeux mystiques.
2847. — Email vert. — H. 0m 14.
Vase en forme de fleur de lotus à moitié
épanouie.
2848. — Bronze. — H. 0m 215.
On employait, pour les purifications des morts et
dans les
cérémonies du culte ordinaire, de l'eau
consacrée
avec certaines cérémonies.
Les petits vases
en bronze du type no 2848
étaient destinés à contenir
cette eau
bénite. Ils sont quelquefois garnis de
bas-reliefs,
représentant le possesseur en adoration
devant ses dieux;
souvent, ils ne portent ni bas-reliefs
ni inscriptions; souvent enfin,
ils n'ont d'autre ornement
qu'une légende donnant le nom,
les titres et
la filiation du possesseur. Le vase no 2848 appartenait
à un
prêtre Psamitik, fils de Shishanq et de la dame
Miritiouri.
— Epoque saïte.
2860. — Bronze.—Long. 0m 49.
Longue cuiller à pot: le manche est en cou d'oie
recourbé.
2862. — Terre cuite. — Long. 0m 40; diam.
0m
149.
Petit tonneau orné de dessins au pinceau. — Epoque
grecque.
Drah abou 'l neggah.
2891. — Bois. — Long. 0m 09.
Cadenas en forme d'oiseau, analogue aux cadenas
encore en usage dans
quelques parties de l'Égypte.
2896. — Terre cuite. — H. 0m 20.
Vase grotesque. Sur la panse sont tracés
grossièrement
deux yeux, un nez, une bouche et deux
bras
fort courts allongès sur la panse.
2765. — Bronze émaillé.
— Diam. 0m 16.
Collier en bronze fermé par une grande rosace
flanquée
de deux rosaces trop petites: le travail
ressemble
au travail des bijoux mérovingiens.
2783. — Email bleu. — H. 0m 12.
Vase en forme de fleur de lotus, comme le no
2847
(Armoire S, p. 127): le pied est
cassé.
Vitrine O.
Le mobilier funéraire proprement dit est dans la Vitrine
O et
dans les armoires N, M, J, K, L, qui remplissent
presque
entièrement le côté droit de la salle
du centre.
Les quatre vases nos 1606—1607,
1648—1649,
sont les Canopes de Pkimi, surnommé
Ouhabrî Miamoun
(XXVIe dyn.).
Pendant les cérémonies de l'embaumement,
on
retirait du corps le foie, le coeur,
les poumons et les autres parties
internes, on les
préparait séparément,
et on les répartissait entre
quatre vases. Quelquefois, on
mettait ces quatre vases
aux quatre coins du cercueil, souvent on les
plaçait
dans une caisse à quatre compartiments,
sur le couvercle
de laquelle était accroupi un chacal.

Les parties séparées de la sorte étaient
identifiées
chacune à l'un des quatre
génies funéraires, Hâpi,
Amsit,
Tioumoutf, Kobhsonnouf. On met donc d'ordinaire
sur les vases, en guise
de couvercle, la tête
de ces divinités: une
tête humaine pour Amsit, une
tête de
cynocéphale pour Hâpi, une tête de
chacal
pour Tioumoutf, une tête d'épervier pour
Kobhsonnouf.
Chaque vase était lui-même
identifié avec une
déesse, qui était
censée veiller sur le dieu: Isis sur
Amsit, Nephthys sur
Hâpi, Nit sur Tioumoutf et
Selk sur Kobhsonnouf. La formule
gravée sur la
panse est un discours de ces
déesses. «Je dompte
l'ennemi, dit Isis, j'exerce
la protection sur cet Amsit
qui est en moi; le salut du
défunt X est le salut
d'Amsit, car Amsit est le
défunt X.» — «Moi,»
dit
Nephthys, «je cache ce qui est secret, et je fais
le
salut de cet Hâpi qui est en moi, car le salut du
défunt X est le salut de l'Hâpi qui est en
moi.» Nit
dit: «Je suis matineuse et je veille le
soir, chaque
jour, pour veiller sur ce Tioumoutf qui est en moi;
car le salut du défunt X est le salut du Tioumoutf
qui est
en moi.» J'ajouterai que réellement les
embaumeurs
s'inquiétaient assez peu de mettre chaque
partie du corps dans le vase correspondant: ils
répartissaient
l'ensemble en quatre parties à peu
prés
égales qu'ils enfermaient au hasard, si bien
que le
vase du coeur recevait souvent le poumon, et celui
du foie
les intestins. Parfois même on a trouvé de
simples paquets de linge sans trace de débris organiques.
Souvent on versait sur le tout du bitume
bouillant qui a
débordé et rayé de noir la surface
extérieure du canope.
1591. — Albâtre oriental. —
H. 0m 18;
larg. 0m 17.
Aujourd'hui encore, les Nubiens emploient des chevets
de forme analogue,
pour reposer leur tête pendant
le sommeil. Ceux qu'on
donnait aux morts
étaient destinés à
leur procurer des nuits paisibles
dans l'autre monde: certains
manuscrits du Livre
des Morts ont
même un chapitre du chevet, dont des
extraits sont
gravés quelquefois sur les chevets funéraires.
Rarement, on les trouve sous la tête de la
momie: presque
toujours, ils sont à terre, à
côté du
cercueil.
1621. — Calcaire blanc et granit noir.
—
H. du sarcophage 0m
20; long. 0m 31; prof.
0m 15.
L'âme égyptienne était figurée
par un épervier à
tête et à
bras d'homme: il s'envolait à la mort, et
l'un des souhaits
adressés au défunt était que
«son
âme pût rejoindre son corps
à son gré». Le petit
monument
représente cette réunion de l'âme et
du
corps. La momie, enveloppée de son maillot et
couchée
sur le lit funéraire à pieds
de lion, attend: l'épervier
est descendu dans le tombeau et,
posé à côté
d'elle, place
les deux mains sur l'endroit où était le
coeur,
en regardant attentivement la face impassible.
Le mouvement du petit
oiseau symbolique, l'expression
douce et presque suppliante de
l'âme, le contraste
entre la vie qui anime ses traits et
l'immobilité
de la momie font de ce groupe un
véritable
chef-d'oeuvre en son genre. Il était
enfermé dans un

sarcophage de calcaire blanc,
couvert d'inscriptions
et de figures: Isis à la
tête, Nephthys aux pieds, sur
les côtes Anubis et
les génies des morts.
Le personnage étendu sur le lit funéraire
était premier
héraut du roi et s'appelait
Râ. — XXIIe dyn.
1622. — Bois peint. — 0m 28.
Le registre du bas est un exemple fort rare d'un
paysage
égyptien: je ne connais que deux autres
stèles
analogues, I'une au Musée de Boulaq (Armoire
L),
I'autre au Musée de Turin. La montagne,
peinte
en jaune rayé de rouge, couvre le champ de
gauche: deux
petites portes surmontées de pyramidions
marquent la tombe
de la dame Zodamen-Efônkh.
Une femme agenouillée
se lamente et s'arrache
les cheveux en signe de deuil: des arbres,
dessinés
derrière elle, figurent le jardin
funéraire, où I'âme
viendra
s'ébattre et se nourrir à la table qui I'attend
chargée d'offrandes. Au registre supérieur, la
dame
Zodamen-Efônkh vient réclamer
auprès d‘Harmakhis
sa part des sacrifices que lui
font ses parents. —
XXIIe—XXVIe dyn.
Déir el-Baharî.
Presque tous les objets exposés dans la vitrine O
sont des statuettes funéraires. On les nommait
Ouoshbiti
ou Shbiti, les Répondants,
à cause de la fonction
qu'elles remplissaient dans I'autre
monde: elles
devaient répondre
à I'appel du nom du défunt et se
présenter à sa place, pour exécuter les
corvées qu'Osiris
avait le droit d'exiger de lui. Les
formules diverses
qu'on trouve écrites sur elles ne laissent
subsister
aucun doute à cet égard: «Je
suis X, le serviteur
de I'Enfer», ou « Je suis X,
le serviteur d'Osiris ».
La plupart s'adressent aux statuettes elles-mêmes, et
les
conjurent de venir fidèlement à I'aide du
défunt:
« O Répondant d'Ahmos, si
Ahmos est appelé pour
travailler dans l'enfer, crie: Me voici! Cette idée
développée avait fini par devenir une oraison
assez
longue, qui est le chapitre VI du Livre des
Morts,
et qu'on gravait fort souvent tout entière
sur les statuettes.
« O ces Répondants, si l'on
appelle, si l'on
dénombre le nomarque Phtahmos, pour qu'il
fasse
tous les travaux qu'il y a à faire dans l'autre
monde,
— lui qui y a combattu l'ennemi, — comme
un
homme qui doit la corvée, pour ensemencer les
champs, pour remplir les canaux, pour transporter
les grains de l'Est
à l'Ouest: «C'est moi, me voici!»
exclamez-vous, et puisses-tu être appelé à
toute
heure, au cours de chaque jour.»
Pour rendre leur service plus efficace, on les déposait
en
très grand nombre, par milliers même,
avec les
momies. Tantôt, elles sont jetées au hasard
dans
le sarcophage; tantôt, on les a rangées debout
contre le sarcophage ou répandues sur le sable de
la
chambre. On les entassait souvent dans des boîtes
spéciales, grandes ou petites. Elles sont en toutes
matières,
mais les plus vieilles, celles qui sont
antérieures,
à la XVIII
e dynastie, sont plutôt en bois, en
granit, en
calcaire ou en albâtre. Sous la XVIII
e dynastie,
la terre cuite recouverte d'un émail bleu
commence
à paraître, et sous la XXVI
e, la terre émaillée
verte l'emporte, presque à l'exclusion du reste. Au
début, les statuettes funéraires ne sont qu'une
dégénérescence
des statues en calcaire
qui servent de support
au double: aussi leur donne-t-on l'aspect et
le

costume de l'homme vivant, plus
rarement le costume
l'aspect de la momie. Plus tard, I'idée
de leur
usage détermina de plus en plus la forme de
leur
costume: on leur mit à la main la pioche pour
travailler
la terre, ou le sac à grains pour
ensemencer,
parfois un vase à libations ou une croix
ansée, signe
de vie. Aux derniéres
époques, leur identification
avec le mort est si
complète qu'elles ne sont plus
que des momies de petites
tailles.
La plupart n'ont aucune valeur artistique: il y en
a pourtant que les
artistes ont soignées avec autant
d'amour que s'ils avaient
eu à tailler une statue en
calcaire ou en granit. Je
rappellerai le no 3262 (Armoire
Y, p. 105), qui a été
déjà décrit: les plus remarquables
de
ceux que renferme la vitrine O sont:
1594. — Bronze. — H. 0m 19.
Je ne connais jusqu'à présent, en fait de
statuettes
de bronze, que les deux qui sont conservées au
Musée
de Boulaq, sous les nos
1594 et 1601. Le no 1594,
qui est de
travail fort soignée, appartenait au domestique
privé du roi, Hor. — XXe
dyn.
1595. — Calcaire. — H. 0m 16.
Les Répondants n'étaient pas toujours
fabriqués
exprés pour une personne
déterminée. Les marchands
d'objets
funèbres en avaient de tout préparés:
les formules étaient gravées, la place du nom
était
réservée, et on la remplissait
au moment de l'achat.
Le n
o 1595 est un bon
spécimen de cette classe de
répondants: le nom du mort a
été écrit à l'encre,

dans l'espace laissé
vide au milieu de la formule
gravée.
1601. — Bronze. — H. 0m 19.
Statuette funéraire du Scribe-intendant des boeufs
Amenmos.
Beau style de l'époque des Ramessides.
— XXe dyn.
1603. — Pâte de verre noire et bleue.
— H. 0m 08; larg. 0m 03.
Une statuette funéraire est collée contre une
petite
stèle cintrée, au revers de laquelle est
tracée la formule
ordinaire. Cette formule renferme une
inadvertance
assez curieuse du scribe. L'original était
conçu en termes généraux:
«Illumination d'un tel,
»fils d'un
tel», et le scribe aurait dû remplacer la
locution vague un tel, fils d'un tel, par le nom et
la
filiation du défunt. Il ne l'a point fait et a
laissé subsister
le mot mon, un tel.
C'est une étourderie qu'on
relève assez souvent
sur les menus objets destinés
aux morts. — XXe dyn.
1604. — Bois peint et émail.
— H. 0m 19.
La figurine avait un charmant visage et des mains
en faïence
bleue, ce qui n'est pas très fréquent. Le
nom a
disparu avec I'inscription. — XXe
— XXIIe dyn.
1610. — Albâtre. — H.
0m 21.
Le nom a été laissé en blanc. J'ai
déjà expliqué
plus haut que
l'âme venait rejoindre le corps dans
la tombe, sous forme
d'un épervier à tête humaine
(cfr. p.
130, no 1621). Ici, l'âme étend ses ailes sur

la poitrine de la statuette et
l'embrasse pour lui
rendre la vie. — XVIII
e dyn.
1618. — Schiste. — H. 0m 19.
Le répondant serre son âme sur sa poitrine: le
nom
a été laissé en blanc.
1623—1629. — Faïence verte.
— H. 0m 21.
Statuette d'Ahmos fils de Khroudônkh. Le visage
est d'une
finesse admirable, et tous les détails de
l'équipement
ont été
découpés avec le plus grand soin.
—
Epoque Saïto-grecque.
Grandes-Pyramides.
1627. — Albâtre. — H.
0m 19.
La dame Naï tient dans ses mains les deux hoyaux
avec
lesquelles son répondant doit remuer la terre;
elle a,
passés aux bras, les deux sacs à semailles
avec
lesquels il doit ensemencer les champs célestes.
Un grand
collier lui couvre la poitrine: il est formé
de tous les
amulettes qui peuvent protéger l'existence
du mort dans
l'autre monde. — XXe dyn.
1628. — Calcaire blanc. — H. 0m 24.
Cette statuette avait été donnée
à l'Intendant des
boeufs, Amenqon, par grâce
spéciale du roi: c'était
une dernière
faveur que le souverain avait voulu
accorder à un serviteur
dont il appréciait les mérites.
—
XIXe dyn.
1631. — Serpentine. — H. 0m 22.
Statuette du chef des portiers du roi, Tounro. Elle

est vêtue de la
grande robe d'apparat en usage vers
la XX
e
dynastie: elle tient, dans une main, le
tat,
emblème
de la durée, dans l'autre, la boucle de
ceinture,
qui permet au mort de voyager, partout à son
gré. — XX
e dyn.
1633. — Email vert. — H. 0m 095.
Le boeuf Apis, en mourant, devenait un Osiris
comme les morts de
l'espèce humaine; il était traité
à la façon des grands personnages de l'état
et recevait
tous les honneurs funébres qu'on leur
rendait.
Ses statuettes ne diffèrent des autres
Répondants que
par la tête de boeuf qu'elles ont
au lieu d'une tête
humaine. Le no 1633 est un spécimen assez grossier
des statuettes
du boeuf Apis. — XIXe dyn.
Sérapéum.
1647. — Albâtre. — H.
0m 23; larg. 0m
18.
Le travail de cette stèle est fort délicat. Le
gouverneur
Shiti est assis à gauche, devant une table
d'offrandes qui lui présente la dame Hotpoui. —
XIIIe dyn.
1651. — Bois. — H. 0m 25; larg. 0m
18;
long. 0m 28.
Petite boîte destinée à contenir les
statuettes funéraires
d'une Chanteuse du Sanctuaire
d'Ammon,
Ameniritis, fille de Nsimin. Elle est en forme de
sarcophage,
avec un couvercle à dos d'âne
flanqué de
quatre montants carrés. —
XXVIe dyn.
Déir el-Baharî.
1633. — Faïence
émaillée. — H. 0
m 14.
— (Mariette,
Abydos, t. III, p. 74, n
o
444.)
Statuette du majordome Notmou. Il est représenté
debout, enveloppé d'une robe collante: le fond est
blanc, la
chevelure et les hiéroglyphes sont noirs,
les mains et le
visage rouge vineux. Neuf autres statuettes
proviennent du
même tombeau; les plus remarquables
sont le no 1663 et les deux numéros
suivants
1664, 1665. XIXe dyn.
1677. — Bois. — H. 0m 25; long. 0m
27;
larg. 0m 18.
Boîte à statuettes ayant appartenu à la dame
Ameniritis,
comme le no 1651. —
XXVIe dyn.
Déir el-Baharî.
Armoire N.
La série des statuettes funéraires continue dans
l'armoire N.
1106—1107. — Calcaire. —
H. 0m 29.
Statuette de Montou surnommé Sonrîs, premier
prophète d'Ammon générateur. —
XVIIIe dyn.
Drah abou 'l neggah.
Les autres statuettes, grandes et petites, ne font
guères que
reproduire les types déjà décrits.
Nous
n'avons donc aucun intérêt à les
énumérer; le visiteur
saura bien distinguer
celle, qui ont quelque mérite
artistique de celles qui n'ont
qu'une valeur archéologique.
Derrière la première rangée des statuettes
funéraires,

immédiatement sur la
planchette du fond de
l'armoire, sont disposés des objets en
terre cuite
rouge, que l'on appelle d'après leur forme,
cônes
funéraires. On n'a
jusqu'à présent découvert de
cônes
funéraires qu'à
Thèbes, principalement dans la
partie de la
nécropole qui entoure l'Assassif, de Drah
abou 'l neggah
à Sheîkh Abd el Gournah. On les
déposait d'ordinaire dans le sable, devant la tombe
du
personnage auquel ils étaient consacrés, et cette
circonstance a fait croire à M. Mariette qu'ils servaient
à limiter les tombes et le terrain qui leur appartenait.
Je
pense qu'il n'en est rien et qu'il faut
y reconnaître une
offrande fictive. Ils sont en effet
revêtus d'une couleur
blanche qui simule la farine,
et la forme en est exactement celle de ce
mélange
de farine fine et de sel, qu'on
présentait dans le
sacrifice, aux morts et aux dieux. De
même qu'on
enterrait à
Memphis, sous l'Ancien
Empire, des oies
et des pains en pierre, destinés
à servir éternellement
au mort d'oies et de pain,
de même à Thèbes, on
donnait au mort
un simulacre de mola plus durable
que n'était l'offrande
réelle: comme c'est l'usage en
pareil cas, l'image de
l'objet, offerte en ce monde,
procurait à l'âme
la réalité de l'objet dans l'autre.
Si on ne
trouve pas de cônes à
Memphis, c'est pour
la
même raison qu'on ne trouve pas d'oies en pierre
à Thèbes: chaque ville avait ses usages qu'on ne
doit pas s'attendre à rencontrer dans les autres villes
si
ce n'est à l'état d'exception.
Les plus anciens des cônes que l'on possède
jusqu'à
prèsent sont ceux de la XIe dynastie, les plus
modernes, ceux de la
XXVIe.
1117. — Terre cuite.
Cône du Voyant d'Ammon, le scribe Nakht et sa
soeur.
— XXe dyn.
Drah abou 'l neggah.
1118. — Terre cuite.
Cône de Montou dit Sonrîs (cfr. les statuettes
no 1106—1107). —
XVIIIe dyn.
Drah abou 'l neggah.
1120. — Terre cuite.
Cône du Scribe Nibenhâaou, surnommé Akhi.
—
XIIIe dyn.
Drah abou 'l neggah.
1136. — Terre cuite.
Cône d'Entef. — XIe dyn.
Drah abou 'l neggah.
1122. — Bois colorié.
Epervier accroupi, le corps et les pattes momifiées,
la
tête libre. Cet emblème, qu'on appelait âkhôm,
l'aigle, en égyptien, servait à
désigner quatre génies,
qui veillaient aux quatre
angles du sarcophage, et
que l'on confondait souvent avec les quatre
génies
des vases Canopes. Aussi trouve-t-on d'ordinaire
les éperviers de ce genre perchés sur les quatre
montants en bois qui ornent les cercueils, sous la
XXe—XXIIe
dynasties, ou sur le couvercle des grandes
boîtes en bois
qui renferment les statuettes funéraires.
Il y avait
cependant, entre les génies de l'angle
(Kobkeb ou Kobtiou) et les génies
funéraires, cette
différence que les premiers
étaient des formes d'Hor,
tandis que les seconds
étaient ses fils.
1127. — Bois noir. — H. 0m 29; long.
0m
44.
Ce chacal couché, emblème d'Anubis, se trouve
d'ordinaire sur le couvercle des boîtes à
statuettes
funéraires, où il échange
avec l'épervier âkhôm. Nous
verrons dans la Salle des momies royales, une boîte
à statuettes qui a encore le chacal noir posé sur
le
couvercle. — XXe—XXIIe dyn.
Sheîkh Abd el Gournah.
1156. — Calcaire blanc. — H. 0
m 50;
larg. 0
m
30. — (Mariette,
Abydos, t, III, p.
552
à 553, n
o 1425.)
Au fond de chaque temple, il y avait une chapelle
monolithe, semblable
pour la forme, sinon pour les
dimensions, au petit monument no 1156: c'était là
qu'était censé résider le dieu du temple,
et on y renfermait
soit l'emblème de ce dieu, soit l'animal
vivant
qui lui était consacré.
L'usage voulait qu'on plaçât parfois des naos de
ce genre dans les tombeaux. Celui-ci avait une statue,
aujourd'hui
perdue, du mort auquel il était
dédié,
louf, fils de Sonit. Il est décoré à
l'extérieur
de deux scènes d'adoration, dont
l'une occupe deux
faces et l'autre une seule: la famille et les
amis,
conduits par la dame Sazit, défilent devant louf et
lui
font l'offrande. — XIIIe
dyn.
Armoire M.
1200. — Poterie. — H. 0
m 59. — (Mariette,
Abydos, III, p. 580, n
o 1479.)
A l'Ouest d'
Abydos, s'élève une forteresse assez
bien conservée, à laquelle les gens du voisinage
donnent
le nom bizarre de
Magasin aux raisins
secs,
Chounét ez-zébîb. Elle
avait été abandonnée à
partir
de la XX
e dynastie, et le vent du
désert avait entassé
dans l'intérieur,
contre le mur nord, une butte de
sable de cinq à six
mètres de hauteur. Sous la
XXVI
e
dynastie, on transforma cette butte en cimetière,
et on y
déposa un nombre considérable d'ibis
momifiés, renfermés dans des vases en terre.
Le vase no 1200 appartient aux plus
soignés de
cette catégorie. Sur un fond blanc, la
déesse protectrice
Khouït étend ses
ailes, tandis qu'Hor et Thot
présentent la bandelette et le
vase à onguent. L'inscription
est une prière
à Thot, le dieu Ibis, pour
qu'il soit favorable à
la dame Bouâaou, qui avait
fait enterrer à ses
frais l'oiseau renfermé dans le
vase. Les vases nos 1201, 1243, 1244, ont la même
origine: ils n'ont jamais été ouverts. —
XXVIe dyn.
1202. — Momie. — H. 0m 37.
Le paquet si joliment enveloppé renferme une des
momies
d'Ibis découvertes à
Abydos. Les n
os 1203,
1238, 1239, 1240, 1242, 1272,
viennent en partie de
Saqqarah. Les animaux qu'on enterrait si
soigneusement
étaient les ibis sacrés de la
chapelle de Thot.
— XXVI
e dyn.
1204. — Toile stuquée et peinte.
— H.
0m 28; larg. 0m 40.
La momie, une fois revêtue de ses bandelettes, recevait

une certaine
quantité d'ornements en toile stuquée
et peinte.
C'était généralement la reproduction
des ornements réels qu'on devait déposer avec
elle,
un collier, des figurines, des scarabées, des
sandales.
Le collier en toile tenait lieu du collier réel et
coûtait
moins cher.
L'objet no 1204 est un collier de
l'espèce nommé
Ouôskh (large): il est surmonté
du scarabée à ailes
éployées qui représente l'âme
humaine. Le chapitre
CLVIII du Livre des Morts
lui était consacré:
Mon père Osiris, y
disait le défunt, et ma mère Isis
m'enveloppent,
me regardent et je deviens un de
ceux là qu'a
enveloppés et que voit Sib.» Il fallait
réciter cette phrase sur le collier, avant de le placer
au
cou du mort le jour de l'enterrement: l'objet ainsi
consacré
le mettait sous la protection du dieu Sib.
— Ep. grecque.
1215. — Bois peint et doré.
— H. 0m 43;
larg. 0m 22.
Boîtes à statuettes funéraires en forme de
naos
carré. Elle est couverte de peintures d'une
fraîcheur
étonnante. La scène
principale représente un roi qui
fait offrande à
Hor et Osiris debout. Ce roi n'est pas
un pharaon réel, mais
un particulier vêtu en roi. L'usage
admettait ces
déguisements dans l'autre monde;
plusieurs chapitres du Livre des Morts étaient
destinés
à permettre au défunt de
prendre place parmi
les rois d'Égypte qui sont
l'équipage de la barque
solaire. — Ep. grecque.
1220. — Bois peint. — H. 0m 40.
Un Osiris en forme de momie est debout sur un

socle. Il a sur la
tête deux grandes plumes, un disque
solaire et une paire de
cornes; devant lui, est un
petit épervier accroupi.
L'épervier sert de couvercle
à une
boîte ménagée dans le socle, et qui
renfermait
soit un petit papyrus, soit quelque lambeau du
corps
momifié. L'Osiris n
o 1220 appartenait
à une
dame Zostpirou. — XXII
e dyn.
1246. — Toile stuquée et peinte.
— H.
0m 210; larg. 0m 07.
Sandales qu'on mettait aux pieds de la momie.
Le mort en avait d'autant
plus besoin, qu'à une certaine
époque on lui
enlevait la peau de la plante des
pieds: c'était afin qu'en
arrivant dans la salle de la
vérité,
où les âmes passaient le jugement, il n'y
apportât
aucune des souillures de la terre. « Ne
marche
point sur moi, s'écrie le sol de cette salle, car
je
suis pur, et si tu ne sais pas le nom de tes deux
pieds, tu ne
marcheras point sur moi. — Le nom
de mon pied droit est Bandelette de Min, le nom
de mon pied gauche est
Boucle de Nephthys. »
On peignait souvent sous les sandales des figures
d'ennemis
liés et renversés, afin d'accomplir la parole
des
Livres Saints égyptiens qui promettait au mort
de lui jeter
ses ennemis sous les sandales. — Ep.
grecque.
1261. — Email verdâtre. —
H. 0m 10.
Le nom égyptien de cet objet est
Tat qui
signifie
stabilité: on croit qu'il représente un
autel à quatre
ou cinq tablettes. C'est un des amulettes
qu'on trouve

le plus fréquemment
sur les momies: il leur assurait
la durée, et sa forme, qui
rappelle de loin celle
de l'épine dorsale, avait
donné aux Égyptiens l'idée
de
l'identifier avec cette partie du corps. Pour le
consacrer, on
récitait cette formule: «Ton épine
dorsale
est à toi, ô dieu dont le coeur est
immobile
(Osiris)! Mets-toi sur le flanc, car je verse l'eau sous
toi, et voici que je t'ai apporté ce
Tat,
afin que tu
te réjouisses de lui.» Une fois cet
amulette au cou
de la momie, le mort peut «franchir les
portes du
ciel; il reçoit les gâteaux, les
boissons, quantité des
chairs qu'on dépose sur
l'autel d'Osiris, et sa voix
prévaut contre ses ennemis en
vérité, à tout jamais.»
(
Livre des Morts, ch. CLV.) — Ep.
grecque.
1271. — Momie. — Long. 0m 32; larg.
0m
075.
Momie de petit crocodile. (Cfr. nos 1273,
1274,
1276.)
Assassif.
1275. — Momie. — Long. 0m 27; larg.
0m
07.
Momie de petit chacal: le maillot est surmonté
d'une
tête de chacal en toile, assez grossièrement
imitée.
1279. — Terre cuite. — Long. 0m 21;
larg. 0m
09.
Une femme est couchée nue sur un lit: elle allaite
un petit
enfant. Cette figure qu'on rencontre assez
souvent, même
dans des tombeaux d'homme, me

paraît
représenter Isis allaitant Horus: les Égyptiens
espéraient qu'Isis les nourrirait de son lait dans l'autre
monde, comme elle avait fait son propre fils. — Ep.
grecque.
Armoires J, K, L.
La série des objets funéraires continue sans grand
changement dans les armoires J, K, L. Je me contenterai
d'y signaler au
passage quelques objets plus
intéressants que les autres.
1353. — Bois et serpentine.
Petit cercueil en bois noirci (H. 0m 13, long.
0m 32,
larg. 0m 13) renfermant une statuette en serpentine
(H. 0m 26), dont la légende est
consacrée par inadvertance
à un
tel, fils d'un tel (cfr. p. 134, no
1603).
Ici, l'identification de la statuette avec la momie est
telle, qu'on a donné à la statuette un petit
cercueil,
image exacte du grand. — Ep. saïte.
1356 — 1364. — Email. —
H. 0m 04.
Malgré leur petite taille, ces statuettes sont des
Répondants au même titre que
les autres, et possèdent
toutes les vertus de leurs
confrères. La mode paraît
avoir
été pendant quelque temps aux Oushabti nains
et
sans légende: on en a trouvé à
Thèbes de pleines
boîtes. Rarement ils sont aussi
fins d'exécution que
les nos
1356—1364: le plus souvent, ce ne sont que
de petits
morceaux d'argile non cuite, un peu arrondis
en haut et en bas pour
simuler la tête et les pieds.
1365. — Serpentine grise. — H.
0
m 045;
long. 0
m 16; larg. 0
m 05. — (Mariette,
Abydos,
III, p. 81, n
o 520.)
Lit funèbre du chef des scribes Miri: l'âme est
venue s'abattre à côté de lui et lui met
les deux
mains sur la poitrine. La formule est celle qu'on
trouve
sur les statuettes funéraires (cfr. p. 132). —
XXe dyn.
1420 — 1429. — Pâtes
diverses. — H.
0m 010.
La grenouille est une déesse, Hiqit, dont le rôle
est encore obscur. Non seulement elle était l'une des
principales parmi les divinités cosmiques, et avait
contribué avec Khnoum à l'organisation du monde,
mais elle était liée au dogme de la
résurrection. C'est
pour cela qu'on la trouve sur les
momies. Les chrétiens
d'Égypte
l'empruntèrent aux payens et fabriquèrent
des
lampes en forme de grenouille, sur lesquelles
ils
écrivaient: Je suis la résurrection,
Ἐγὸ,
εἶμι
Ἀυάστασις.
1445. — Bois. — H. 0m 48; long. 2m 10.
Panneau du cercueil de Bisinmout, fils de la dame
Shopenkhonsou. Les
légendes, tracées à l'encre, sont
extraites du Livre des Morts. — Ep.
saïte.
1483. — Calcaire. — H. 0m 37; larg. 0m
24;
prof. 0m 22.
Naos (cfr. p. 140, no 1156) de Nakht: la statue
en
serpentine (H. 0m 17)
représente le défunt dans sa
chapelle.
— XIIIe dyn.
1508. — Calcaire blanc. — H. 0m 07;
larg. 0m
056; long. 0m 105.
Petite boîte carrée que surmonte une figure de
scarabée en relief: l'intérieur renferme une
momie
de scarabée, enveloppée dans du linge
très fin.
1530. — Calcaire blanc. — H. 0m 53;
larg. 0m
37. — (Mariette, Mon. Div., pl. 47 B.)
Stèle de Bismout qui, né l'an XXVIII de Psamitik
Ier, mourut à l'âge de
quatre-vingt-dix-neuf ans.
— XXVIe dyn.
Louxor.
1534. — Calcaire blanc. — H. 0
m 078;
larg. 0
m
034; long. 0
m 14. (Mariette,
Abydos,
III, p. 80, n
o 519.)
La momie de la dame Toupou est étendue sur
le lit
funéraire. A la tête, une image de Nephthys
accroupie est sculptée en relief. Aux pieds, une petite
femme s'appuie contre le lit, et se hausse pour
regarder la figure de
la morte: c'est l'âme qui revient
animer le corps. Ce joli
monument est d'une
exécution très fine et d'un
sentiment très délicat.
— XIIIe dyn.
PANTHÉON ÉGYPTIEN
(Armoires A, B, C, D, E, F, G, I).
Toutes les armoires, qui nous restent à décrire
dans la Salle du Centre, renferment des figures de
divinités
et forment un véritable Panthéon Égyptien.

Les Egyptologues ne sont pas d'accord sur la nature
du culte que les
Egyptiens rendaient à la divinité.
Les uns,
désireux de retrouver partout l'unité
de Dieu,
ont cherché en Égypte les preuves d'une
conception monothéïste, et, négligeant les
témoignages
qui déposaient contre leur
théorie, ont démontré, à
leur satisfaction, que la religion égyptienne était
une
religion monothéïste. D'autres,
frappés surtout par le
vague des formes divines et voyant
qu'elles rentrent
sans peine et s'absorbent l'une dans l'autre, ont
cru
reconnaître, parmi les diverses doctrines
énoncées, diverses
nuances de
panthéïsme. Pour certains, le
polythéïsme,
et le
polythéïsme le plus grossier, ressort
jusqu'à l'évidence du témoignage des
monuments.
Quelques-uns découvrent partout le soleil et les
cultes
solaires; quelques autres pensent que les dieux
ne sont que
la représentation concrète des notions
métaphysiques les plus abstruses. Tous me semblent
avoir
raison par quelque endroit, tort par le plus
grand nombre de points.
Chaque fois que j'entends parler de la religion
égyptienne,
je suis tenté de demander de quelle religion
égyptienne il s'agit. Est-ce de la religion
égyptienne
de la quatrième dynastie, ou de la
religion
égyptienne de l'époque
ptolémaïque? Est-ce de la
religion populaire ou
de la religion des gens instruits?
de la religion telle qu'on
l'enseignait à l'école d'Héliopolis,
ou de la religion telle que la concevaient
les membres du sacerdoce
thébain? Entre le premier
tombeau memphite portant le
cartouche d'un
roi de la III
e dynastie, et
les dernières pierres gravées
à
Esnèh sous César Philippe l'Arabe, il y a

cinq mille ans d'intervalle.
Sans compter l'invasion
des Pasteurs, la domination
éthiopienne et assyrienne,
la conquête persane,
la colonisation grecque et les mille
révolutions de sa vie
politique, l'Égypte a passé, pendant
ces cinq
mille ans, par maintes vicissitudes de
vie morale et intellectuelle. Le
chapitre XVII du
Livre
des Morts, qui
paraît contenir l'exposition du système
du monde
tel qu'on l'entendait à Héliopolis au
temps des
premières dynasties, nous est connu par
plusieurs
exemplaires de la XI
e et de la XII
e dynasties.
Chacun des versets qui le
composent était déjà
interprété de trois ou quatre manières
différentes,
si différentes que, selon les
écoles, le démiurge devenait
le feu solaire
Râ-Shou, ou bien l'eau primordiale;
quinze siècles plus tard, le nombre des
interprétations
avait augmenté sensiblement. Le
temps,
en s'écoulant, avait modifié
l'idée qu'on se faisait de
l'univers et des forces qui le
régissent. Depuis dixhuit
siècles à
peine que le christianisme existe, il a
travaillé,
développé, transformé la plupart de
ses
dogmes: combien de fois le sacerdoce égyptien ne
dut-il pas altérer les siens, pendant les cinquante
siècles qui séparent Théodose des rois
constructeurs
de pyramides?
Et les matériaux que nous avons pour étudier
l'histoire de cette évolution ne sont ni complets, ni
souvent même intelligibles. Comme tous les peuples,
l'Égyptien des temps pharaoniques n'admettait pas
que sa
puissance pût périr, et que le jour viendrait
où, ce qui était pour lui la vie familière
deviendrait
matière à commentaires et
à recherches archéologiques:
il fait
perpétuellement des allusions faciles

à comprendre pour
ceux qui connaissaient le dogme,
nulle part il n'expose le dogme
lui-même. C'est un
édifice entier que nous devons
reconstruire, avec des
pierres à moitié
brisées, et dont rien ne nous indique
la place dans le plan
primitif. On conçoit après cela
quelle
réserve il convient de mettre à
l'énonciation
des moindres idées. Pour moi, le
fait principal que
nous révèlent les monuments,
c'est l'existence d'un
nombre considérable de personnages
divins ayant des
noms et des formes différentes. C'est ce
que les partisans
du monothéïsme à
tout prix ont appelé une
apparence
polythéïste: c'est ce que j'appelle un
polythéïsme
bien
caractérisé. Que ces personnages soient,
comme on
l'a dit, des attributs, des rôles ou des fonctions
d'un dieu
plus grand, je ne le crois pas et d'ailleurs
peu importe; ils ont
chacun un nom et une existence,
que le fidèle reconnaissait
par une dévotion plus
ou moins particulière. Le
dévot à Phtah ne s'adressait
à Phtah
que parce qu'il croyait que Phtah avait une
personnalité
bien marquée, et en implorant Phtah, il ne
comptait pas plus
sur la protection de Sovkou, qu'un
dèvot de nos jours, en se
mettant sous le patronage
de S
t Paul, ne
pense se mettre par là même sous
le patronage de
S
t Antoine de Padoue. Les dieux
semblent se répartir en trois groupes d'origine
différente,
répondant à autant de
conceptions de la divinité:
les dieux des morts, les dieux
élémentaires,
les dieux solaires. Les dieux des
morts sont Sokari,
Osiris et Isis, peut-être Hor le jeune,
Anubis, Nephthys.
Les dieux élémentaires
représentent la terre
Sib, le ciel
Nout, l'eau
primordiale
Nou, le
Nil Hapi,
et probablement aussi des dieux comme Sobkou,

Sit-Typhon, Haroïri,
Phtah, etc., dont nous ne connaissons
le culte et l'histoire que par
fragments.
Parmi les dieux solaires je classerai Râ, Shou,
Onhouri,
Ammon, le journalier. Les dieux qui composaient
ces trois
groupes sont, à l'époque historique,
les
représentants du polythéïsme par lequel a
débuté
la religion égyptienne
à l'époque préhistorique. Ils
étaient associés à des dieux animaux, le
chacal, le
taureau, le boeuf, l'ibis, et à des
fétiches dont le culte
était en honneur
même aux siècles les plus brillants.
Un certain
nombre d'entre eux ne sont guères que
des doublures
politiques ou géographiques les uns
des autres. Sokari, par
exemple, était le nom du dieu
des morts en certains
endroits, comme Osiris en certains
autres, et ne différait
probablement d'Osiris que
par des nuances plus ou moins sensibles:
où l'on
adorait le soleil sous le nom de Râ, il
est vraisemblable
qu'on ne l'adora pas d'abord sous le nom de
Shou. En tout cas, les trois groupes avaient chacun
des
facultés et des attributions bien tranchées: ils
se complétaient l'un l'autre, mais ne se confondaient
pas
l'un dans l'autre.
Pour des raisons qu'il n'est pas facile de discerner,
la conception de
l'unité divine parut très tôt en
Égypte. L'habitant d'Héliopolis qui adorait
Râ et
d'autres dieux, en arriva bientôt
à penser que Râ
était unique, mais la
croyance en un Râ unique ne
l'empêcha pas de
continuer à révérer les autres
divinités
qui n'étaient pas Râ; son
polythéïsme ne disparut
pas, il se compliqua de
monothéïsme. La multiplicité
des dieux
est peut-être incompatible en bonne
logique avec
l'unité de dieu, elle ne l'est pas dans

la
réalité de l'histoire. Pour l'Égyptien qui
arrivait
à la notion de l'unité divine, le dieu
un n'était jamais
dieu tout court: M. Lepage-Renouf a fait
remarquer
très finement que le mot
Noutir,
nouti, dieu, n'a jamais
cessé d'être nom
commun pour devenir nom
propre. Dieu est toujours le dieu unique
Ammon,
le dieu unique Phtah, le dieu unique Osiris,
c'est-àdire
un être bien
déterminé, ayant une personnalité,
un
nom, des attributs, un costume, des membres,
une famille, un homme
infiniment plus parfait que
les hommes. Les textes nous apprennent
qu'il est le
père des dieux, la mère des dieux,
le suzerain des
dieux, et nous donnent de lui l'idée d'un
Pharaon
céleste, roi des dieux, comme le Pharaon
terrestre
est le roi des rois. L'assimilation entre Pharaon et
le
dieu unique est à ce point complète, qu'à
moins
d'admettre que Pharaon régnât ici-bas sur
des abstractions
de sujets et de rois, il faut admettre que
le
Dieu unique régnait sur des réalités de
dieux.
Mais ce monothéïsme est avant tout
géographique.
Si l'Égyptien de
Memphis proclamait
l'unité de Phtah
à l'exclusion d'Ammon,
l'Égyptien de Thèbes proclamait
l'unité d'Ammon à l'exclusion de Phtah.
Râ
dieu un à Héliopolis n'est pas le
même qu'Osiri dieu
un à
Abydos et peut
être adoré a côté de lui
sans
s'absorber en lui. Le dieu unique n'est que le dieu
du nome
ou de la ville,
noutir noutti, qui n'exclut
pas
l'existence du dieu unique de la ville ou du nome
voisin. En
résumé, ce n'est pas du dieu unique de
l'Égypte qu'on devrait parler, quand on traite du
monothéïsme
égyptien, mais des dieux
uniques de l'Égypte.
L'unité de chacun des dieux
uniques, pour être absolue

dans l'étendue de
son domaine, n'empêchait
pas la
réalité des autres dieux.
L'unité de pouvoir politique qui, malgré
l'organisation
féodale du pays, s'était
imposée depuis Mini,
entraîna l'unité
de conception religieuse. Les écoles
de théologie
établies à Saïs, à
Héliopolis, à
Memphis,
à
Abydos,
à Thèbes, formèrent, probablement
sans
avoir conscience de leur oeuvre, une sorte de
syncrétisme,
où l'on fit entrer de gré ou de force
presque
toutes les conceptions existantes à la surface
du sol. Le
culte qui l'emporta, et de bonne
heure, fut celui des dieux solaires:
ce fut le soleil
qui devint le type de l'unité divine, et
les autres
dieux, ceux des morts comme ceux des
éléments,
furent presque tous
identifiés au soleil pour se fondre
plus aisément
dans cette unité. Osiris fut le soleil
de nuit, le soleil
mort, comme Râ était le soleil vivant,
le soleil
diurne. Quelques-uns pourtant résistèrent
à l'absorption: Sib, Nout ne devinrent que
fort tard
Sib-Râ, Nout-rît. On se débarassa d'eux
en
les donnant pour père et pour mère aux dieux
solaires,
c'est-à-dire, puisque dans la divinité
le père
et la mère ne sont qu'un avec le fils,
des dieuxsoleils
qui avaient existé avant que le monde
fût
sorti du chaos. Ces identifications ne se firent
pas
sans difficulté. Le soleil, dieu de vie, est plus
qu'un
dieu, c'est une famille de dieux, une trinité
formée
du père, de la mère et du fils.
Ce principe de la
trinité ou de la triade, qui
prévalut avec la prédominance
des dieux solaires,
gêna quelquefois les théologiens
et les obligea
à certains artifices. Les conceptions
relatives à
la mort avaient été
représentées

par deux groupes de dieux
opposés, Sit d'un côté,
et, de
l'autre, Osiris, Isis, Nephthys, Hor, Anubis,
Thot. En entrant dans une
triade solaire, Osiris ne
pouvait garder son cortége, ni Sit
demeurer isolé:
on se tira d'affaire en donnant à
Sit pour femme
Nephthys et pour fils Anubis, qui gardèrent
leur
ròle protecteur d'Osiris, malgré leur
défection apparente.
Il y eut un moment où toutes
ces trinités,
artificielles ou non, tendirent à
se superposer et à
disparaître l'une dans
l'autre: ce fut vers la XIX
e dynastie,
et
la triade qui faillit supplanter les autres,
fut la triade
thébaïne. Les prêtres d'Ammon en
étaient
arrivés bien réellement
à extraire des textes anciens
de la littérature
sacrée, le dogme d'un dieu un, absolu,
parfait, et, ici
comme partout, la grandeur politique
du pays aida à
l'élévation de la pensée religieuse.
Je ne puis m'empêcher de croire que les
prêtres
thébains n'auraient pas compris, aussi nettement
qu'ils
l'ont fait, l'unité et la suprématie d'Ammon,
si
les rois thébains n'avaient pas étendu leur
domination, et par suite la domination du dieu de
leur cité
royale, sur la moitié du monde connu. Le
fait
matériel de l'hommage rendu au chef terrestre
de
Thèbes par les chefs terrestres d'
Abydos, de
Memphis,
de
Tanis, de la Syrie, de l'Ethiopie, n'a pas dû
être pour peu de chose dans l'hommage rendu au
dieu de
Thèbes par les autres dieux de l'Égypte et
des
pays étrangers. Le seul dieu toujours victorieux
a
dû devenir plus facilement le seul dieu, et c'est
la chute
de son empire mondain qui décida, vers la
XX
e dynastie, le triomphe de l'ancien
polythéïsme
sur le
monothéïsme des hymnes thébains.
Cela dit, le mieux est de décrire l'une après
l'autre
les images de dieux qui remplissent les armoires
du
musée, sans trop raffiner sur le sens des objets
qu'elles
portent et des embleèmes qui les accompagnent.
Armoire I.
1706. — Calcaire. — H. 0
m 15; larg. 0
m
11.
— (Mariette,
Abydos,
III, p. 497, n
o 1310.)
Sous les rois de la XVIIIe dynastie, les
Égyptiens
empruntèrent aux Asiatiques qu'ils
avaient vaincus
un certain nombre de divinités, Baal,
Astarté, Anaïti,
etc., qu'ils introduisirent dans
leur panthéon. Bien
que la stèle no 1708 ne porte aucune inscription,
d'autres monuments nous apprennent que le dieu
brandissant sa lance
était d'origine phénicienne et
avait nom Roshpou
(Resheph). Il était associé à une
Astarté et à la déesse locale Qosh.
— XXe dyn.
1709. — Terre cuite. — H. 0m 19.
Ce dieu venait de Pount, l'Arabie. Son nom, Bis
ou Bês, est
celui de la panthère dont il porte la peau,
et dont la queue
lui pend entre les deux jambes.
Il a les fonctions les plus
contradictoires. Quelquefois,
il danse en brandissant une
épée au-dessus de
sa tête, et en
ramenant sur sa poitrine un bouclier
ovale; quelquefois, il a dans les
bras un petit enfant
qu'il semble vouloir avaler; il a souvent sur
la
tête un panache de plumes frisées. Il est le
dieu de

la toilette, de la danse, de la
musique, et tient parfois
une harpe dont il joue tout en sautant. Sa
figure
a passé en Phénicie et en
Grèce, oû elle se confond
avec le type de
Silène et celui de la Gorgone. —
Ep. grecque.
1712. — Bronze. — H. 0m 135.
La déesse Neith, Nit, debout, coiffée de la
couronne
de la Basse-Égypte. Les Grecs l'identifiaient
à
Athéné, et lui attribuaient
l'invention du métier à tisser,
des arts, des
sciences. Comme déesse infernale,
elle a souvent le visage
et les mains peints en vert.
Comme déesse
guerrière, elle a les flèches et l'arc.
Elle
était adorée surtout à Saïs,
bien qu'elle eût des
temples à Thèbes,
et passait pour être la mère du
dieu
Râ, la gènisse qui enfante le soleil. Elle avait
pour enfants deux crocodiles qu'elle allaite de son
lait (cfr. Armoire I, no 1716), et
qui sont peut-être
Hor et Sokhit. Sa statue portait une
inscription rapportée
par Plutarque: « Je suis ce
qui est, ce qui
sera, ce qui a été; nul n'a
soulevé ma robe, et le
soleil est le fruit que j'ai
enfanté.» — Ep. saïte.
1714. — Bronze. — H. 0m 32.
Le dieu Nofirtoum, debout, la main droite armée
d'un sabre
recourbé, s'avance la tête couronnée
d'un
lotus épanoui d'oû sortent deux grandes
plumes. Les
couleurs de la fleur étaient imitées
au moyen de
plaquettes en pierre dure incrustées dans le
bronze.
Nofirtoum était le fils de la déesse
Bast-Sokhit, et
paraît avoir
représenté une des formes du soleil de
nuit,
celle qui précède immédiatement l'aurore.
Il

était souvent
représenté debout sur un lion couché.
— Ep. saïte.
1715. — Bronze. — H. 0m 17.
Cette étrange divinité avait nom Nahbkôou,
celui
qui unit les doubles, et le
rôle qu'elle joue n'est pas
très bien
défini. Parfois c'est un simple serpent avec
deux mains
qu'il porte à la gueule. Souvent c'est un
serpent, debout
sur deux jambes d'homme, avec ou
sans les bras. — Ep.
grecque.
1716. — Email vert. — H. 0m 08.
Nit allaitant les crocodiles (cfr. p. 156, no 1712).
— Ep.
grecque.
1722. — Email vert. — H. 0m 035; larg.
0m
03.
Triade adorée à
Memphis, et formée de
Nofirtoum,
Phtah, Sokhit à tête de lionne
couronnée du
disque solaire (cfr. p. 156, n
o 1714). — Ep. grecque.
1724. — Email. — H. 0m 035.
Le même socle porte sept figurines du même dieu
Shou. Il a le genou en terre, le disque sur la tête
et ses
deux bras levés supportent la voûte
céleste:
il avait séparé la terre du
ciel dans Eshmoun, et, se
glissant entre les deux sous forme de disque,
avait
levé le premier soleil. Il porte quelquefois sur
la
tête une plume d'autruche, hiéroglyphe de son
nom.
Il avait Râ pour père, pour mère
Hathor et pour
soeur jumelle Tafnout. Shou et Tafnout ne forment

qu'une seule
divinité en deux personnes, une « âme
en ses deux jumeaux »: on les figure souvent comme
deux
lions couchés à côté l'un de
l'autre. — Ep.
grecque.
1728 — 1729. — Terre
émaillée. — H.
0m 04.
Onze figures du dieu Min (Khem) sur un même
socle. Ce dieu,
l'un des plus importants de l'ancienne
Égypte, avait des
fonctions génératrices qui expliquent
suffisamment sa forme. Le corps est momifié
et
enveloppé de bandelettes, sauf les deux bras, dont
l'un est
ramené sur le ventre, tandis que l'autre soulève
le fouet. Sa coiffure est celle du dieu Ammon,
avec lequel il se
confond souvent, deux longues plumes
perchées sur une sorte
de mortier aplati. Les
textes l'appellent le mari de sa
mère, le fils d'Isis,
le père de Râ,
celui qui dresse haut ses deux plumes.
Khemmis, aujourd'hui
Akhmîm, était le siége principal
de
son culte: les Grecs l'identifièrent au dieu
Pan et
donnèrent à sa ville le nom de
Panopolis.
— Ep. grecque.
1731. — Bronze. — H. 0m 15.
Dieu Bîs combattant: la lance a disparu. — Ep.
grecque.
1732. — Bronze. — H. 0m 11.
Le bas de cet objet représente ce que les
Égyptiens
appelaient la
monât, un disque monté sur une
longue
gaîne conique, et que la déesse Hathor portait
attaché au cou

.
La
monât est surmontée d'un

collier
ouoskh (cfr. p. 141, n
o 1204), qui est
lui-même
couronné des deux têtes du
dieu en deux personnes
Shou-Tafnout (cfr. p. 157, n
o 1724). — Ep. grecque.
1736. — Bronze. — H. 0m 23.
La déesse Mâït, la
Vérité, est toujours
représentée
sous forme de femme portant une plume
d'autruche
sur la tête: la plume d'autruche se lisait
Mâït et
était l'hiéroglyphe
de son nom. Elle était fille de Râ
et
présidait à la salle où se faisait le
jugement de
l'âme. Là, divisée en deux
déesses jumelles Maïti,
les deux Vérités, ou, comme on traduit le plus
souvent
la Vérité et la Justice, elle menait le
défunt
devant Osiris et l'assistait dans son
interrogatoire.
— Ep. saïte.
1739. — Bronze. — H. 0m 05; long. 0m 11.
La musaraigne était consacrée à Bouto selon
les
Grecs; les inscriptions indiquent qu'elle était
l'animal
de Hor, maître de
Khemmis et de
Latopolis.
—
Ep. saïte.
Sérapéum.
1740. — Bois. — L. 0m 075.
Souris. Elle était perchée sur une petite
boîte qui
renfermait une souris momifiée.
— Ep. saïte.
1741. — Bronze. — H. 0m 155.
Ichneumon assis sur le train de derrière, les pattes
de
devant levées en attitude de défense. — Ep.
saïte.
Sérapéum.
1742. — Bronze. — H. 0m 06; long. 0m 11.
Uraeus. Le serpent uraeus, la naja, orne le front
des rois et des dieux. — Ep. saïte.
Sérapéum.
1743. — Bronze. — H. 0m 065; long. 0m 18.
Musaraigne. Sur le dos, trois marques sacrées,
analogues aux
marques exigées du taureau Apis, un
scarabée
ailé, un disque ailé, un épervier
déployant
ses ailes. — Ep. saïte.
Sérapéum.
1746. — Bronze. — H. 0m 13; larg. 0m 08.
Les Égyptiens, surtout ceux des derniers temps,
réunissaient volontiers les attributs des dieux les plus
divers, sur une seule figure, qui devenait alors comme
un
résumé de tout le Panthéon, un dieu
Panthée.
Celui-ci est à double face. Il a, par
devant, la vigueur
génératrice de Min, la
tête d'Anubis, deux uraeus
aux genoux, une coiffure
compliquée; par derrière,
une tête de
bélier, une queue et deux ailes d'épervier
qui
l'enveloppent et retombent de chaque côté.
Il
tient deux ennemis écrasés sous ses pieds.
— Ep.
grecque.
1748. — Email bleu. — H. 0m 048.
Le dieu Nahbkoou, assis, les deux mains à la bouche
(cfr.
157, no 1715).
1749. — Bronze. — H. 0m 27.
Le dieu Anhouri, coiffé de quatre longues plumes
réunies en faisceau, lève les mains dans
l'attitude
du soldat qui perce de la pique un ennemi
terrassé.
Anhouri, « celui qui guide le firmament
», est une
forme jumelle de Shou et forme avec lui un
couple
Anhour-Shou, analogue au couple Shou-Tafnout.
Sa fonction
principale est d'écarter de la pique les
serpents ou
l'hippopotame qui auraient empêché
la marche de
la barque solaire dans le ciel. Les

Grecs, séduits par
son caractère belliqueux, l'identifiaient
à
Arès. — Ep. saïte.
Sérapéum.
1750. — Bronze. — H. 0m 40.
Superbe Nofirtoum, incrusté d'émaux et d'or (cfr.
p. 156, no 1714). — Ep.
saïte.
Sérapéum.
1751. — Bronze. — H. 0m 26.
Le dieu a sur la tête une coiffure, formée de deux
cornes et de deux petites pousses, sur lesquelles est
posée
une étoile à cinq branches. Les pieds manquent.
M. Mariette pensait que cette figure représentait
Sib, le
dieu de la terre: je préférerais y
reconnaïtre,
d'apreès les peintures
astronomiques, Osiris-Sâhou,
dieu de l'étoile
Orion. Osiris-Sâhou était aussi le
conducteur des
âmes dans l'autre monde. — Ep.
saïte.
Sérapéum.
1761. — Bronze. — 0m O4; long. 0m 124.
L'oxyrrhynque, sorte de brochet propre au
Nil,
passait pour avoir
dévoré l'un des membres d'Osiris,
lorsque ce dieu
avait été mis en pièces et jeté
à l'eau
par Sit-Typhon. II était
consacré à Hathor, dame
d'Esnèh, et
portait parfois la coiffure de cette déesse,
le disque
solaire entre deux cornes. — Ep. saïte.
Sérapéum.
1766. — Bronze. — H. 0m 205.
Shou cuirassé
levant la lance: la coiffure est
brisée
(cfr. p. 157, n
o 1724).
— Ep. saïte.
Sérapéum.
1770. — Bronze. — H. 0m 15; long. 0m
31;
larg. 0m 034.
Boîte en bronze, où était
enfermée une momie de
serpent. L'uraeus figurée
sur le couvercle avait une
tête humaine coiffée
du pschent: c'est l'aspect que
présentent certains
génies infernaux, dans les peintures
des tombes royales.
— Ep. saïte.
Sérapéum.
1771. — Bronze. — H. 0m 09; long. 0m 16.
Boeuf Apis agenouillé contrairement à l'usage.
—
Ep. saïte.
Sérapéum.
1777. — Bronze. — H. 0m 165.
Le dieu
Nil debout, portant sur la tête le signe
de l'eau,
d'où sort un bouquet de fleurs. II est
représenté
avec les chairs molles et la poitrine
pendante
en signe d'abondance. D'ordinaire, il tient entre
les
mains un autel, d'où pendent des poissons et des
fleurs de
lotus (cfr. p. 71,
Salle historique de l'Ouest,
n
o 123, un autel de ce genre). Il
était adoré à Silsilis
avec
Râ et Phtah. Ses statues sont fort rares.
— Ep.
saïte.
Sérapéum.
1781. — Bronze. — H. 0m 06; long. 0m 10.
Poisson latus, le bayad des Égyptiens
modernes,
emblème de la déesse Hathor, comme
l'oxyrrhynque.
— Ep. saïte.
Sérapéum.
1784. — Email vert. — H. 0m 18.
Dieu Bes posé sur une fleur de lotus: il semble
vouloir
dévorer l'enfant qu'il tient entre les mains.
—
Ep. saïte.
1788. — Bronze. — H. 0m 07; long. 0m 025.
Lézard sur une boîte qui renfermait une momie
le
lézard. Il y a, parmi les génies de l'enfer
égyptien,
un dieu à tête de
lézard, dont on ne connaît point la
fonction.
— Ep. saïte.
Sérapéum.
1815. — Email bleu. — H. 0m 05.
Dieu à tête de lion debout, marchant. On l'a
appelé
Hobs ou Hbos, mais je crois que ce nom n'est
qu'une erreur de lecture: c'est en réalité Shou
(cfr.
p. 157, no 1724). — Ep.
saïte.
1820. — Lapis - lazuli. — H.
moyenne
0m 025.
Cinq petites figurines de Mâït, la plume sur la
tête:
travail assez délicat (cfr. p. 159, no 1736). — Ep.
saïte.
1826. — Bronze. — H. 0m 085; larg. 0m 063.
Hor et Thot, debout, versent de l'eau sur la tête
d'un
personnage agenouillé entre eux. La scène est
représentée souvent sur les monuments. Les deux
divinités lavent les péchés du mort, avant
de l'admettre
au jugement. — Ep. saïte.
Sérapéum.
1831. — Bronze. — H. 0m 225.
Sur une fleur de lotus épanouie, un dieu à corps
humain, à tête de taureau, coiffée du
disque solaire,
est debout les bras levés dans l'attitude du
combat.
C'est une forme de Thot, taureau dans la ville de
Mendès, lorsqu'il combat dans la barque solaire.
—
Ep. saïte.
Sérapéum.
Armoire G.
1856. — Bronze. — Larg. 0m 095; H.
0m
035.
La chatte était consacrée à la
déesse Bast, ou à Sokhit
(cfr. p. 8, no 6006): aussi est-elle
représentée sur
les médailles grecques
du nome Bubastite. La chatte
no 1856 est
couchée sur le flanc, entourée de ses petits:
quelques-uns tètent consciencieusement, tandis qu'un
autre
caresse de la patte le museau de sa mère. —
Ep.
saïte.
Sérapéum.
1859. — Bronze. — H. 0m 125.
La déesse Bast, à tête de chatte, tenant
l'égide ra-menée
sur la poitrine. Bast est une
forme affaiblie
de Sokhit (cfr. p. 8, no
6006): elle est à Sokhit ce
que la chatte est à
la lionne. Cela n'empêche pas
d'ailleurs que Bast n'ait dans
sa nature des côtés
violents et Sokhit des
côtés pacifiques. — Ep. saïte.
Sérapéum.
1861. — Bronze. — H. 0m 14.
La déesse Bast, à tête de chatte, tenant
l'égide de
la main gauche et un panier passé au
bras. — Ep.
saïte.
Sérapéum.
1862. — Bronze. — H. 0m 28.
Fort belle statue de la déesse Sokhit à tête
de lionne,
couronnée du disque solaire (cfr. p. 8, no 6006). —
Ep. saïte.
Sérapéum.
1864. — Bronze. — H. 0m 21.
Statue de Sokhit, le disque sur la tête, les pieds
rapprochés, les bras collés au corps. — Ep.
saïte.
Sérapéum.
1877. — Email vert. — H. 0m 068.
Chatte assise: trois petits chats sont debout devant
elle, et elle
appuie ses deux pattes de devant sur leur
tête. —
Ep. grecque.
Sérapéum.
1878. — Email bleu. — H. 0m 058.
La déesse Bast à tête de chatte est assise
sur un
siége, et serre le sistre sur sa poitrine: sur les
côtés
du siége sont
représentés une uraeus et un serpent
ailé du type de Nouhbkoou (cfr. p. 157, no 1715). —
Ep. saïte.
Sérapéum.
1884. — Bronze. — H. 0m 215.
Phtah est debout, enveloppé de bandelettes: seule,
la
tête est vivante, et les deux mains,
dégagées du
maillot, tiennent le sceptre. Phtah
était au début
le dieu des morts: ce n'est que
plus tard qu'on
est arrivé à le faire rentrer
tant bien que mal dans
la catégorie des dieux solaires. Son
nom signifie
celui
qui ouvre, et fait
peut-être allusion à l'une de ses
fonctions, qui
était d'ouvrir le cercueil et de dévoiler
la face
du mort pour lui rendre la vie. Il était le
dieu national de
Memphis et y avait le plus grand
de ses temples: il y était
associé à Sokhit et à Imhotpou
(cfr.
p. 104, n
o 3255), quelquefois à
Nofirtoum
(cfr. p. 156, n
o 1714). Les
traits de sa figure sont
très fins, aussi l'appelle-t-on
Phtah au beau visage.
— Ep. saïte.
1886. — Bronze. — H. 0m 16.
Le dieu Imhotpou, assis sur un siège, lit un rouleau
de
papyrus étalé sur ses genoux. Son nom signifie
celui qui vient en paix, et son rôle est
de protéger
les sciences: il est le dieu médecin
par excellence,
celui que les Grecs avaient identifié
à Asclépios (cfr.
p. 104, no 3255). — Ep. saïte.
Sérapéum.
1902. — Email vert. — 0m 065.
Ce petit dieu monstrueux a été pris pour un
fétus,
et est appelé d'ordinaire Phtah-embryon.
Une maladie
spéciale de la moëlle
épinière produit les
phénomènes
de déformation qui le
signalent, et j'ai vu moi-même,
dans les hôpitaux
de Paris, des enfants de dix à
douze ans qui
étaient la reproduction vivante des
statuettes de nos
musées: le nom de Phtah-embryon
est donc à
rejeter. Les inscriptions l'appellent tantôt
Phtah,
tantôt Phtah-Sokari, tantôt Phtah-Sokar-Osiri:
c'est en effet un Phtah au même titre que le
Phtah momie
(cfr. p. 165, n
o 1884). Les
Égyptiens
ont accumulé sur lui divers
emblèmes. Le plus fréquent
est un
scarabée qu'il porte à plat sur la
tête:
c'est une marque de renaissance et un signe
d'identification
avec Khopri, le soleil
levant. Deux serpents
lui
sortent parfois de la bouche, il tient une plume
à chaque
main, il est perché sur deux crocodiles, Isis
et Nephthys
sont à sa droite et à sa gauche, un
épervier
est sur chacune de ses épaules, enfin la
déesse
Bast debout derrière lui l'enveloppe de
ses bras et de
ses ailes. Tous ces dieux accumulés autour de
lui
sont là pour le protéger et pour l'aider
à revivre (cfr.
p. 160, n
o
1746). — Ep. grecque.
Sérapéum.
1904. Email verdâtre. — H. 0m 035.
Le dieu Khnoum à tête de bélier, debout.
Khnoum
signifie le modeleur, et on voit souvent le dieu modelant
l'oeuf du monde sur un tour à potier. Il est des
plus
anciens parmi les dieux de l'Égypte, et on l'adorait
surtout
dans le voisinage des cataractes, à Eléphantine
et à
Philae: il avait pour compagnes de triade
deux
déesses, Sati et Anouki. A partir de la XVIII
e dynastie,
il se confondit
fréquemment avec Ammon-Thébain
à
tête de bélier. — Ep. saïte.
1916. — Email bleu. — H. 0m 052.
Chatte du même type que le no 1877.
Elle a deux
petits chats à droite et à gauche,
deux petits chats
devant elle sur lesquels elle appuie ses pattes,
deux
autres petits chats sur les pattes, et, pour couronner
le
tout, un petit chat sur la tête entre les deux
oreilles.
— Ep. saïte.
1929. — Bronze. — H. 0m 13.
Sokhit, à tête de lionne, assise, allaite un jeune
Hor coiffé du pschent: elle tient l'enfant de la main
gauche
et de la main droite presse le sein qu'elle
donne à
l'enfant. — Ep. grecque.
Sérapéum.
1948. — Bronze. — H. 0m 13.
Phtah debout sur une coudée. C'est l'illustration du
titre
maître de Vérité, qu'on lui donne
fréquemment:
la coudée sert à
écrire le mot vérité. La coudée
prend souvent
la forme d'une esplanade sur laquelle
est juchée la statue
et à laquelle on monte par trois
ou quatre marches.
— Ep. saïte.
Sérapéum.
1980. — Bronze. — H. 0m 125.
Cette statuette est un composé des attributs de
Phtah et de
Min. Elle a la tête rase de Phtah et lève
le bras
comme Min (cfr. p. 158, no 1728). —
Ep.
saïte.
Sérapéum.
1981. — Bronze. — H. 0m 135.
La triade thébaine se composait d'Ammon, de Mout
et de leur
fils Khonsou: la statuette no 1981 est une
des formes de Khonsou. Elle représente un dieu
momie, tenant
à la main trois sceptres différents, et
portant
le disque lunaire sur la tête, avec la tresse
caractéristique de l'enfance. Khonsou se divisait en
deux
personnes distinctes, Khonsou, maître de Thèbes,
Nofirhotpou, celui qui est dans le repos absolu,
et Khonsou p.
iri-sokhrou, Khonsou qui exécute les
destinées:
la première qui préparait et concevait les
événements, la seconde les mettait en action.
Comme
dieu Lune, Khonsou se confond avec Thot et avec
Phtah.
— Ep. grecque.
Sérapéum.
1985. — Bronze. — H. 0m 14.
La déesse Mout, debout coiffée du pschent. Son
nom
signifie la mère et marque le
rôle qu'elle joue
dans la triade: elle était
moins la femme d'Ammon
que sa mère, et l'un des titres
principaux du dieu
était Mari de sa
mère. Elle est appelée dame du
ciel,
reine de la terre, et se confond avec les autres
déesses
mères, Isis, Hathor, etc. — Ep. saïte.
Sérapéum.
1986. — Bronze. — H. 0m 19.
Ammon enfant et identifié avec Hor, Horammon.

Il a la tresse et le corps nu
d'Hor enfant, la coiffure à
grandes plumes d'Ammon.
— Ep. saïte.
Sérapéum.
1996. — Email vert. — H. 0m 035.
Le dieu Khnoum à tête de bélier.
— Ep. saïte.
Sân.
1998. — Email bleu. — H. 0m 065.
Mout-Isis allaitant Hor qu'elle tient sur ses genoux.
— Ep.
saïte.
2007. — Email bleu. — Long. moy.
0m 022.
Sept
sphinx à tête de bélier. Je ne crois
pas que
les
criosphinx soient, plus que les
sphinx à tête
d'homme ou
androsphinx (cfr. p. 9, n
o 6008),
le
résultat d'une combinaison voulue, ni qu'on ait
placé
la tête du bélier sur le corps
du lion afin de rendre
symboliquement l'union de deux idées
abstraites.
Les anciens étaient en d'histoire naturelle
d'une
ignorance que rien n'étonnait. Le lion à
tête humaine
est décrit par Pline (
H. Nat. VI, 29; VIII, 21; X, 72),
par Diodore
(III, p. 167), par Strabon (XVI, p. 775),
comme un animal qui existait
réellement. L'onocentaure,
ou âne à
tête humaine, figure sur la mosaïque
de
Palestrine et nous est connu par Elien (
De Nat.
Anim., XVII, 9). Les peintures de Beni-Hassan nous
montrent, parmi
les animaux que les Égyptiens
chassaient dans le
désert, un griffon, un léopard qui
a sur le dos
une tête humaine, un léopard au cou
et
à tête de serpent. Le culte du criosphinx
était
donc, comme celui du boeuf, le culte d'un animal
réellement existant, et consacré à
Ammon-Thébain.
— Ep. saïte.
Sérapéum.
2009. — Bronze. — H. 0m 40.
Ammon-Râ debout, marche, coiffé du mortier
surmonté
de deux longues plumes. Le nom d'Ammon,
écrit quelquefois Mon, est traduit d'ordinaire le
caché,
et il a réellement ce sens dans certains
textes.
Je crois cependant qu'à l'origine il signifiait le
journalier
et n'était qu'une épithète
du soleil qui revient
chaque jour. Son culte était national
à Thèbes et
dans toutes les colonies
thébaines, à Napata en Ethiopie,
en Nubie, dans
les Oasis. — Ep. saïte.
Assanif.
2016. — Bronze. — H. 0m 335.
Le dieu Khnoum à tête de bélier est assis
sur
un fauteuil qui, lui-même, repose sur une fleur de
lotus (cfr. p. 167, no 1904). Le tout formait
une enseigne sacrée, qu'on portait dans les processions
(cfr.
p. 120, no 3107). — Ep.
saïte.
Sérapéum.
Armoire F.
Le cycle osiriaque commence à paraître dans cette
armoire. Osiris, dieu d'
Abydos et dieu des morts,
avait fini par
devenir le dieu le plus généralement
adoré en Égypte: pour un monument qu'on trouve
des autres, on en a dix de lui et des divinités
attachées
à son my the. Il était
l'être bon par excellence
(Ouonnofri), toujours en
opposition avec Sit-Typhon,
le maudit: trahi et mis en
pièces par Sit, ressuscité
par les soins de sa
soeur Isis, il avait engendré
Hor le jeune, Harpochrate.
Harpochrate, qui est
Osiris, est aussi le soleil, lutte contre Sit et
le bat,
comme le soleil
levant dissipe les ombres de la nuit;

il venge son père,
mais ne détruit pas Sit, et se contente
de lui enlever la
force génératrice. Cette lutte,
qui recommence
chaque jour, servait de symbole à
la vie humaine: une fois
mort, l'homme devenait
Osiris, et recevait d'Isis, d'Hor, de Nephthys,
les mêmes
soins qui avaient ressuscité Osiris.
2028. — Calcaire blanc compact. — H.
0m 26.
La déesse Nephthys assise; elle a pour coiffure
les signes

, dont la
réunion sert à écrire son nom
Nivthâït. Nephthys était la soeur d'Isis,
mariée à Sit,
comme Isis l'était
à son frère Osiris. Dans la lutte
entre Osiris et
Sit elle avait pris parti pour le premier:
associée
à Isis, elle avait couvé de ses ailes
les restes
d'Osiris et poussé sur lui les lamentations
funèbres. Lorsqu'Harpochrate naquit, elle aida Isis
à le cacher et à l'allaiter. — Ep.
saïte.
2030. — Bronze. — H. 0m 155.
Osiris-momie, coiffé de la couronne blanche

,
tenant le sceptre et le fouet, assis.
— Ep. saïte.
Sérapéum.
2062. — Bronze. — H. 0m 35.
Le dieu Lune, une des formes d'Osiris, est assis
l'uraeus au front: il
porte le disque lunaire sur la
tête. — Ep.
grecque.
Sérapéum.
2063. — Email vert et bleu. — H.
0m 105.
La déesse Thouèris debout, appuyée sur le
noeud de
corde (cfr. p. 76, no 3963).
— Ep. grecque.
2066. — Email bleu, jadis doré.
— H.
0m 105.
Statuette d'Isis: travail très fin. L'enfant qu'elle
allaitait a disparu. — Ep. grecque.
Sérapéum.
2068. — Bronze. — 0m 168.
Statue du dieu Thot-Lune, « celui qui opère le
salut ». Il porte sur le front une tête d'ibis
surmontée
du disque lunaire et d'un diadème,
nommé diadème
Iotef. — Ep. grecque.
Sérapéum.
2098. — Cire. — H. moy. 0m 07.
Les quatre génies funéraires Hapi, Tioumoutf,
Kobhsonouf, Amsit (cfr. p. 129). On trouve à
Déïr
el Médinéh, dans les
tombes de la fin du Nouvel-Empire,
un assez grand nombre de ces figures
en
cire: quand on les ouvre, elles sont pleines de grains
de
blé. C'est probablement une allusion aux idées
de
résurrection. — Ep. saïte.
Déïr el
Médinéh.
Armoire E.
2142. — Bronze. — H. 0m 36.
Isis, coiffée des deux cornes entre lesquelles est
posé le disque solaire, allaite Harpochrate. —
Ep.
saïte.
Sérapéum.
2154. — Bronze. — H. 0m 47.
Un Osiris momie, coiffé d'un long bonnet et de
deux plumes,
est debout sur une estrade carrée en
forme de naos,
entourée d'une balustrade sur trois

côtés. Un
petit autel, qui se trouvait devant Osiris
a disparu; mais la place en
est encore indiquée par
un trou carré. Pour
arriver à l'autel, le prêtre devait
monter un
escalier de huit marches. C'est probablement
en petit la disposition
qu'on trouvait dans
certains temples. — Ep.
saïte.
Sérapéum.
2185. — Calcaire. — H. 0
m 25; larg. 0
m
29.
— (Mariette,
Abydos, III, p. 456,
n
o 1212.)
Isis debout derrière son fils Hor, vengeur de son
père, l'enveloppe de ses ailes pour le protéger.
Un
chanteur du dieu Hor-An, Hor le gracieux, nommé
Nsiphorân et son fils Pentoïrt sont en adoration
devant
le dieu. — XXe dyn.
2189—2190. — Bois peint et
stuqué. —
H. 0m 15 et 0m 16.
Isis et Nephthys sont accroupies; le bras levé,
comme les
pleureuses aux funérailles, elles se lamentent
de la mort
d'Osiris. Elles étaient drapées
dans du linge de
momie, et ont été laissées telles
quelles. — Ep. saïte.
Armoire D.
2209. — Bronze. — H. 0m 51.
Un pilier carré assez mince, surmonté d'une
corniche
qui lui donne l'apparence d'un naos, porte une
petite
chatte assise. — Ep. grecque.
Tell-Basta.
2210. — Bronze. — H. 0m 43.
Superbe statue, malheureusement coupée aux genoux.
Elle
représente Osiris momie avec ses insignes
ordinaires: les
yeux, la barbe, la coiffure, le fouet,
le sceptre, étaient
incrustés de pâte de verre. —
XXe dyn.
Médinet-Habou.
2211. — Bronze. — H. 0m 37.
Hor enfant, Harpochrate, est assis les deux mains
sur les genoux: il
porte sur la tempe droite la tresse,
marque de l'enfance. —
Ep. grecque.
Sérapéum.
2212. — Bronze. — 0m 36.
Osiris-Lune en forme de momie. Ses deux bras
tiennent le fouet et le
sceptre. Sur la tête, le disque
lunaire avec l'oeil mystique
gauche, emblème de la
lune, puis la tête d'ibis
surmontée d'un diadème emplumé
et
orné d'uraeus. — Ep. grecque.
Sérapéum.
2216. — Email vert. — 0m 128.
Le dieu Thot était l'inventeur des arts, des sciences,
de
l'écriture, de la musique et de l'astronomie: il
avait
assisté Hor de ses conjurations magiques, et
enregistré les hauts faits de la guerre typhonienne,
en sa
qualité d'historiographe des dieux. L'ibis et
le
cynocéphale lui étaient consacrés. Le no 2216 nous
montre Thot à corps
d'homme et à tête d'ibis: le
bec a
été restauré. — Ep.
saïte.
Mit-Rahinéh.
2217. — Bronze. — H. 0m if 11.
Le dieu Anoupou, Anubis, à corps d'homme et à

tête de chacal.
Anubis, selon les uns fils de Typhon,
selon les autres fils d'Osiris,
avait été comme Thot
l'auxiliaire d'Osiris contre
Sit. C'était avant tout un
dieu infernal, celui qui
protégeait la momie, venait
chercher l'âme et
présidait à la balance du jugement.
Il
était double, présidait sous cette double forme
au
Nord et au Midi, et guidait le soleil sur les voies du
ciel: il
s'appelait alors Ouapmatonou (Ouopouaïtou),
celui qui ouvre
les chemins. — Ep. grecque.
Sérapéum.
2223. — Bronze. — H. 0m 095; long.
0m
125.
L'ibis de Thot, marchant à grands pas. — Ep.
saïte.
Sérapéum.
2225. — Bronze. — H. 0m 08.
Cynocéphale accroupi, coiffé du disque lunaire:
forme secondaire de Thot. — Ep. saïte.
Sérapéum.
2134. — Bronze. — H. 0m 11.
L'ibis est accroupi sur un naos: un homme est
agenouillé
devant lui, en adoration. — Ep. saïte.
Sérapéum.
2252. — Email bleu. — H. 0m 138.
Thot cynocéphale, accroupi sur la coudée. —
Ep.
saïte.
Sérapéum.
2257. — Email vert. — H. 0m 027.
Une truie fouillant le sol de son grouïn. Le porc
était une forme de Typhon: il avait mangé l'oeil
de
Râ. — Ep. saïte.
2281. — Bronze. — H. 0m 132.
Anubis à tête de chacal, debout, marchant. —
Ep.
saïte.
2299. — Bronze. — H. 0m 14; long. 0m 13.
Le chacal d'Ouapmatonou, debout (cfr. p. 174,
no 2217).
Sérapéum.
2301. — Bronze. — Long. 0m 08.
Chienne-chacal couchée, avec quatre petits entre
les jambes.
— Ep. grecque.
Sérapéum.
2315. — Bronze. — Long. 0m 108.
Anubis à corps humain, doré, emmailloté de
linge.
On a trouvé dans un certain endroit, près
du Sérapéum,
une collection de statuettes en
bronze emmaillotées
de la sorte: peut-être les
habillait-on pour
les faire servir à des
opérations magiques, peut-être
voulait-on
simplement les préserver de l'oxydation.
On retrouvera des
figures ainsi enveloppées, sous les
nos 2321, 2439, 2481.
Sérapéum.
2321. — Bronze. — H. 0m 21.
Autre Anubis, drapé comme le précédent. Il
à le
sceptre à la main, et se tient debout sur
une plateforme:
un homme agenouillé lui rend hommage.
— Ep. saïte.
Sérapéum.
Armoire C.
2328. — Bronze. — H. 0m 15; long. 0m
153;
larg. 0m 54.
Boîte en forme de naos oblong, sur laquelle est
perché un épervier, coiffé du pschent: dans
l'intérieur,
il y avait une momie d'épervier.
L'épervier
était consacré à
Hor, et représentait un des types les
plus
fréquents de ce dieu. — Ep. saïte.
Sérapéum.
2329. — Bronze. — H. 0m 148.
Hor enfant, nu, coiffé de la grosse tresse et du
pschent.
— Ep. saïte.
Sérapéum.
2357. — Email vert. — H. moy.
0m 24.
Triade formée d'Harpochrate, debout, entre Isis et
Nephthys:
le jeune dieu est sous la protection de
ses deux nourrices.
— Ep. saïte.
Mit-Rahinéh.
2361. — Bronze. — H. 0m 268.
Osiris-Lune, debout, la tête ornée d'un disque
lunaire
flanqué de deux éperviers, et sur lequel
est
dessiné un oeil mystique. Il presse contre sa
poitrine
un autre oeil mystique et tient la hache d'armes de
la
main droite. — Ep. saïte.
2364. — Bronze. — H. 0m 105; larg. 0m 078.
Fauteuil de divinité. Les deux bras sont supportés
par deux lions passants: le dossier est un vautour
qui
déploie ses ailes afin de protéger le personnage
assis. Devant le fauteuil, un tabouret pour les pieds.
C'était probablement un Harpochrate qui siégeait
sur ce trône. — Ep. saïte.
Sérapéum.
3394. — Plomb. — H. 0m 14.
Hor, debout, couronné du pschent. Les statues de
divinités en plomb sont fort rares: le musée ne
possède,

outre le n
o 2394, qu'un fragment d'Osiris (
Vitrine
A, n
o 2672,
p. 187). — Ep. saïte.
Armoire B.
2434. — Calcaire blanc compact. — H.
0m 234; larg. 0m 346. — (Mariette, Mon. Div.,
pl. 35a.)
Barque funéraire montée sur quatre rouleaux en
bois. Le boeuf Apis momifié était sous le naos;
mais la partie postérieure de son corps est
cachée
et l'on ne voit que la tête et le buste. A
l'avant et
à l'arrière de la barque, Isis et
Nephthys accroupies
se lamentent. Ce bas-relief est la
représentation
exacte de l'appareil qu'on employait pour
transporter
la momie des Apis au tombeau. — XXVIe dyn.
Kom el Fakhri.
2435. — Bronze. — H. 0m 31.
Le dieu Haroïri, Aroêris, Hor le vieux, debout,
coiffé d'une grande perruque surmontée du
pschent.
Haroïri était une forme très
ancienne du dieu solaire,
contemporaine de Râ et de Shou:
elle se confondait
assez souvent avec l'autre Hor, Horsiîsi,
fils
d'Osiris et d'Isis. — Ep. saïte.
Sérapéum.
2439. — Bronze. — H. 0m 40.
Osiris momie, enveloppé de chiffons (cfr. no 2315).
— Ep. saïte.
Sérapéum.
2450. — Bronze. — H. 0m 23.
Le taureau Apis était
l'image vivante de Phtah
sur la terre: on le gardait dans une des cours du

temple de Phtah à
Memphis, où il rendait des oracles.
Il n'y avait jamais
qu'un Apis à la fois: il naissait
d'une génisse
vierge, et, selon quelques-uns, était engendré
par un rayon de lune. On le reconnaissait
à certaines
marques, un croissant sur le front, un
scarabée sous la
langue, un vautour sur le dos, etc.
que les prêtres se
chargeaient de découvrir. Une fois
intronisé, il
restait en fonctions jusqu'à la mort: quelques-uns
vécurent jusqu'à vingt-sept et vingt-huit ans.
Mort, Apis devenait, comme tous les morts, un
Osiris: on l'embaumait et
on le transportait en
grand pompe au Sérapéum,
dans la sépulture réservée
aux Apis.
Là, il avait un temple, où il était
encore
dieu, sous le nom d'Osorhapi, dont les Grecs
ont fait
Sorapis, Sarapis, Sérapis. On sait combien
le culte de
Sérapis devint populaire aux derniers
temps du paganisme: il
se répandit par tout le monde
romain et grec, mais en
gardant assez peu de traits
de sa forme égyptienne
primitive.
Le bronze no 2450, représente la
statue d'Apis sur
un traîneau, telle qu'on la promenait aux
grandes
fêtes. En examinant avec soin les bronzes
voisins,
le visiteur reconnaîtra aisément les
signes dont j'ai
parlé, le triangle, le vautour, etc.
— Ep. saïte.
Sérapéum.
2478. — Calcaire. — H. 0m 05; larg. 0m 047.
Pendant les soixante jours que duraient les funérailles
d'Apis, les souterrains du Sérapéum demeuraient
ouverts et les dévots allaient faire leurs
dévotions
sur la tombe du nouveau dieu. Ils laissaient, en
souvenir
de leur passage, une stèle quelquefois
datée.

Ces monuments sont aujourd'hui
pour la plupart au
Musée du Louvre, où Mariette
les avait transportés
au moment de la découverte;
toutefois, on en découvre
encore de temps en temps, qui
avaient échappé
aux premières
recherches.
Le no 2478 est certainement ce qui existe de
plus
petit en fait de stèle: on l'a exposé par
curiosité
seulement, car l'intérêt
qu'il présente est nul. —
XXVIe dyn.
Sérapéum.
2480. — Serpentine grise. — H.
0m 145.
Boeuf Apis, debout, marchant: il a devant lui un
petit autel en forme de
naos, chargé d'offrandes. Les
marques sacrées
sont très visibles. — XXVIe dyn.
Sérapéum.
2492. — Calcaire blanc. — H. 0m 342;
larg. 0m
23.
Bon exemple des stèles votives qu'on déposait dans
la tombe d'Apis. Au premier registre, le roi Shishonq
IV offre le pain
au taureau sacré, en présence
du
prêtre Onkhfkhonsou, fils de Psenhor, fils de
Onkhpkhroud,
fils de Psenhor, fils de Onkhfenkhonsou,
fils d'Efônkh. Le
proscynème, gravé à la pointe,
ne nous
apprend rien, si ce n'est que la dédicace de
la
stèle a eu lieu l'an XXXVII, le premier mois de
Shat, du roi
Shishonq IV. — XXIIe dyn.
Sérapéum.
2494. — Bronze. — H. 0m 19.
Apis, sous forme d'homme à tête de taureau, le
disque et l'uraeus au front. — Ep. saïte.
Sérapéum.
Vitrine A.
La Vitrine A renferme les spécimens les plus fins
d'e figures
divines que possède le Musée: c'est, en
petites
dimensions, un véritable Panthéon
Égyptien.
Je me bornerai à signaler ceux des
objets exposés
qui ont le plus de valeur artistique: la
signification
religieuse en a déjà
été expliquée ailleurs.
2512. — Bronze. — H. 0m 24; larg. 0m 10.
Le dieu Osiris-Lune est assis entre Nofirtoum d'un
côté et Harpochrate de l'autre: une chatte est
couchée
à ses pieds. Un petit personnage
agenouillé
adore ce groupe de divinités.
— Ep. saïte.
Sérapéum.
2534. — Email bleu. — H. 0m 12.
Isis, assise, allaite Hor enfant. — Ep. saïte.
Sérapéum.
2535. — Email vert. — H. 0m 05.
Shou, coiffé du disque solaire, soulève le ciel. (Cfr.
Armoire I, no 1724, p.
157.) — Ep. saïte.
Mit-Rahinéh.
2545. — Lapis-lazuli. — H. 0m 048.
Nit debout marchant. — Ep. saïte.
2552. — Email bleu. — H. 0m 085.
Le dieu Sit debout, avec la tête de quadrupède
qui
le caractérise: monument presque unique. —
Ep.
saïte.
Mit-Rahinéh.
2558. — Email vert. — H. 0m 04.
Trois triades, représentant Harpochrate entre Isis
et
Nephthys. — Ep. saïte.
2559. — Email bleu. — H. 0m 045.
Le dieu Bes, debout, étrangle un lion entre ses
bras (cfr. p.
155, no 1709). — Ep.
saïte.
2561. — Argent. — H. 0m 042.
La déesse Mout, coiffée du pschent. — Ep.
saïte.
2564. — Or. — 0m 045.
Bes dansant. — Ep. saïte.
2565. — Lapis-lazuli. — H. 0m 058.
Aroêris, debout, appuyè sur son bâton de
commandement,
saisit de la main droite le sceptre en
forme de
serpent.
2576. — Bronze. — H. 0m 175.
Bel Apis, debout, marchant: autour du socle, une
légende
bilingue, hiéroglyphique et carienne. —
XXVIe dyn.
Sérapéum.
2579. — Bronze. — H. 0m 225.
Le dieu Ammon, debout, revêtu de la cuirasse à
écailles de bronze imbriquées, foule aux pieds
neuf
arcs. L'expression les Neuf arcs sert en
égyptien à
désigner tous les nomades
plus ou moins barbares
qui habitaient le désert.
— Ep. saïte.
Sérapéum.
2580. — Bronze. — H. 0m 22.
Hathor à tête de vache et au corps d'homme. La
déesse Hathor était avant tout la déesse de
l'Occident
et des morts. Elle était
représentée par une
vache ou par une femme
à oreilles de vache. Elle
était aussi la
déesse de la beauté et présidait aux
destinées humaines. — Ep. saïte.
Sérapéum.
2581. — Bronze. — H. 0m 084; long.
0m
098.
Le boeuf Apis est debout sur un traîneau. A droite,
Isis,
debout, lui flatte l'épaule: par derrière,
Nephthys
lui tient les deux cuisses. — Ep. saïte.
Sérapéum.
2583. — Bronze. — H. moy. 0m 16.
Osiris-momie, debout entre ses deux protectrices,
Isis et Nephthys.
— Ep. saïte.
Sérapéum.
2593. — Bronze. — H. 0m 12.
Osiris-momie, debout entre Isis et Horsiîsi à
tête
d'épervier: derrière Osiris, un
sceptre à fleur de lotus,
sur lequel est posé un
serpent lové. — Ep. saïte.
Séravéum.
2600. — Bronze. — H. 0m 13.
Hathor, portant comme coiffure la partie supérieure
d'un
sistre. Le sistre était l'emblème d'Hathor:
le
bruit qu'on en tirait en l'agitant chassait les mauvais
esprits.
— Ep. saïte.
Sérapéum.
2603. — Bronze. — H. 0m 121.
Le dieu Anhouri combattant (cfr. p. 160, no
1749).
— Ep. saïte.
Sérapéum.
2604. — Bronze. — H. 0m 071.
Le nord et le sud étaient sous la protection de
deux Hor,
dont l'un était fils d'Isis, et dont l'autre
était une forme bienveillante du dieu Typhon. La
tradition
voulait en effet que le dieu Sib eût partagé
l'Égypte, son héritage, en deux moitiés,
dont il avait
donné l'une à Hor, l'autre
à Sit: pour concilier cette
légende,
où Sit est un dieu bienfaisant, avec le mythe
osiriaque,
où Sit est un dieu mauvais, on substitua
un second Hor
à Sit, et l'on eut les deux Hor,
maîtres chacun
d'une moitié de l'Égypte. Le bronze
no 2603 représente Hor en sa
dualité: il a un seul
corps et deux têtes
d'épervier, coiffées du disque solaire
et des
longues plumes. — Ep. saïte.
Sérapéum.
2625. — Bronze. — H. 0m 30.
Les génies d'Héliopolis étaient
représentés sous
forme d'hommes à
tête d'épervier, adorant le soleil:
ils
représentaient les nations du nord rendant hommage
au dieu.
Notre bronze représente un de ces
génies, un bras
levé, l'autre ramené sur la poitrine
dans la
posture de l'adoration. — Ep. saïte.
Sérapéum.
2627. — Bronze. — H. 0m 042.
Uraeus à tête d'épervier,
surmonté du disque solaire:
un des génies de
l'enfer, secourable aux bons,
terrible aux méchants.
— Ep. saïte.
Sérapéum.
2628. — Email vert. — H. 0m 03.
Uraeus à tête de lionne: même
rôle que le génie
précédent. — Ep. saïte.
2630. — Email bleu. — H. 0m 055.
Le dieu Roshpou debout armé du bouclier, de la
lance et de la
hache (cfr. Armoire I, no
1706, p. 155).
— Ep. saïte.
2632. — Bronze. — H. 0m 10.
Les Égyptiens représentaient le soleil
levant sous
la forme du dieu Hor, sortant d'un lotus épanoui.
Ici, Hor a
la tête d'épervier, et le disque solaire
surmonté
des deux longues plumes. — Ep.
saïte.
2636. — Email vert. — H. 0m 042.
Epervier à tête humaine: emblème de
l'âme humaine
(cfr. p. 130, no
1621; p. 134, no 1610). — Ep.
saïte.
2642. — Email vert. — H. 0m 064.
Déesse debout, coiffée de la perruque comme Mout:
sur la tête, le poisson silure. Cette déesse, qui
s'appelle
Hat-mihit, dame de Mendès, est la
personnification
du nome Mendésien. — Ep.
saïte.
2643. — Lapis-lazuli et or. — H.
0m 073.
La déesse Mâït, de la
Vérité: la plume en or et
l'uraeus ont
été rapportés (cfr. p. 159, no 1736). —
Ep. saïte.
2645. — Cornaline. — H. 0m 045. Bes dansant.
2646. — Verre irisé. —
H. 0m 019.
Admirable petite figure en verre ciselé: Hor à

corps humain et à
tête d'épervier, coiffée du disque
solaire. — Ep. saïte.
2647. — Argent. — H. 0m 033.
La déesse Mout assise, coiffée du pschent.
2649. — Lapis-lazuli. — H. 0m 023.
Epervier à tête humaine.
2650. — Malachite et or. — H.
0m 022.
Petite Isis montée en or.
2652. — Lapis-lazuli et argent. — H.
0m 028.
Uraeus à tête de lionne, avec les fils d'argent
qui
servaient à la suspendre (cfr. p. 184, no 2628). —
Ep. saïte.
2653. — Lapis-lazuli. — H. 0m 022.
Vautour. Le vautour était l'oiseau de la déesse
Mout et le symbole de la maternité: sa dépouille
sert de coiffure aux déesses et aux reines-mères.
2656. — Email bleu. — H. 0m 04.
Autre déesse coiffée du poisson oxyrrhynque (cfr.
p. 185, no 2642).
2657. — Email vert. — Long. 0m 02.
Scorpion. Le scorpion était consacré à la
déesse
Selk (cfr. p. 129 et p. 188, nos 2703, 2710).
2663. — Bronze. — H. 0m 148.
Sur un chapiteau en forme de fleur de lotus, une
déesse est
assise, coiffée du poisson oxyrrhynque

monté sur un
bâton d'enseigne. Elle est l'emblème
du nome
oxyrrhynchite. — Ep. saïte.
Sérapéum.
2664. — Bronze. — H. 0m 19.
Ameniritis, fils d'Horsiîsi, est agenouillé et fait
l'offrande
à la déesse Mihit, coiffée
du poisson silure.
(Cfr. p. 185, no 2642.)
— Ep. saïte.
2665. — Bronze. — H. 0m 148.
Superbe Anubis incrusté d'or. L'inscription nous
apprend
qu'il avait été consacré à la
mémoire d'un
certain Ouzahor. — Ep.
saïte.
Sérapéum.
2665. — Bronze. — H. 0m 152.
La déesse Nekhab, à tête de vautour. Nekhab
était
la déesse du Midi. — Ep.
saïte.
Sérapéum.
2672. — Plomb. — 0m 092.
Débris d'une statue d'Osiris-momie, debout (cfr.
p. 177, no 3394). — Ep. saïte.
Sérapéum.
2686. Bronze dorée. — H. 0m 038.
La déesse Noshemit, assise, la barque sur la tête,
allaite Horus: Noshemit est ici évidemment une forme
locale,
propre à
Abydos, de la déesse Isis (cfr.
Grand
Vestibule, n
o
293, p. 46). — Ep. saïte.
Sérapéum.
2688. — Email bleu. — H. 0m 028.
Harpochrate, coiffé du disque lunaire, sort de la
fleur de
lotus (cfr. no 2632, p. 185). — Ep.
saïte.
Sérapéum.
2701. — Bronze. — H. 0m 082.
Bout de sceptre représentant l'oxyrrhynque sur
un support:
emblème du nome oxyrrhynchite. —
Ep.
saïte.
Sérapéum.
2703. — Marbre blanc. — H. 0m 19.
La déesse Selk, identifiée à Isis, et
agenouillée,
tient un petit matelas sur lequel est
étendu. Osirismomie:
elle écarte du dieu les
scorpions et les reptiles
malfaisants (cfr. p. 129 et p. 186, no 2657). —
Ep. grecque.
2709. — Bronze. — H. 0m 16.
L'Égypte était divisée en deux royaumes,
Thèbes
et
Memphis. Pour en marquer la réunion, on
représentait
les deux Nils, le
Nil du Nord et celui du
Midi,
occupés à lier sur le signe
sam, qui signifie
assembler,
les fieurs du lotus et celles du papyrus, symbole
des deux régions de l'Égypte. Le n
o 2709 nous
montre un
Nil
employé à cette opération: un de ses
pieds, levé, repose sur un bout du signe
sam, et ses
deux bras tirent la corde qui attache les fleurs.
—
Ep. saïte.
Sérapéum.
2710. — Bronze. — H. 0m 117.
La déesse Selk, debout, coiffée du scorpion qui
lui
était consacré (cfr. p. 186, no 2657). Selk présidait
à l'un des canopes avec Isis, Nephthys et Nit (cfr.
p. 129,
nos 1606—1607): on
connaît fort peu le reste
des fonctions qu'elle pouvait
avoir. — Ep. saïte.
Sérapéum.
2718. — Bois. — H. moy. 0m 028.
Quatre charmants petits amulettes d'un travail fort
délicat:
Anubis à tête de chacal, assis, tirant de l'arc;
Min debout dans sa pose favorite; Sokhit, à tête
de
lionne, coiffée du disque; Anubis debout, portant
à
deux mains, devant lui, un grand Tat, emblème d'éternité.
— XXVIe dyn.
2719. — Email bleu. — H. 0m 09.
Nofirtoum debout, marchant, sur un lion couché
(cfr. p. 156,
no 1714). — Ep. saïte.
Outre les objets exposés dans les armoires, il reste
encore
à décrire quelques monuments épars le
long
des murs ou contre les piliers.
1102. — Bois. — H. 1m 05; larg. 0m 32;
prof.
0m 33.
Sorte de petite chapelle. La porte s'ouvrait jadis:
elle garde encore un
des verrous qui servaient à la
fermer
extérieurement. A l'intérieur se trouvait, au
moment de la découverte, une momie de singe.
C'était
la divinité domestique qu'adorait
l'Égyptien inconnu
à qui nous devons ce petit
monument. — Ep. saïte.
3967. — Bois. — Long. 1m 80.
Le cercueil et la momie exposés dans cette vitrine,
appartenaient à une jeune fille du nom de Tripi, la
Vierge.
Elle a été découverte à
Thèbes, dans le tombeau
de Nofirsokhrou, avec douze autres
momies
appartenant à une même famille, qui vivait
probablement
au premier siècle avant l'ére
chrétienne. La
momie est dans un parfait état de
conservation. Elle

est recouverte d'un maillot en
perles de verre dont
une partie seulement est visible. Elle porte
encore
ses guirlandes dans leur position antique: les chapelets
de
fleurs sur la poitrine, la
Couronne de Voix
juste sur la tête. L'important pour le mort
égyptien
était de connaître les
prières nécessaires à son salut,
et de
les dire avec l'intonation exacte, d'où le
titre qu'on lui
donne:
Celui qui a la voix juste,
Mâkhroou. Pour marquer qu'il avait atteint le
degré
de perfection indispensable, le dieu Thot
était censé
lui remettre une
Couronne de Voix juste, qu'on lui
posait sur la
tête, pendant les funérailles. — Ep.
grecque.
Sheïkh Abd el Gournah.
Sur la grande table qui est derrière la statue de
Khâfrî, sont rangés des canopes, dont les
plus beaux
sont inscrits sous le n
o 1837.
Ils ont tous un couvercle
à tête humaine, et un
collier richement décoré
sur la panse. L'un d'eux
avait disparu en 1878: il
parvint aux mains de M. le comte A. M.
Zogheb
d'
Alexandrie qui s'empressa d'en faire hommage au
Musée. C'est un acte de
générosité assez rare pour
qu'on le
signale aux visiteurs. A côté des canopes de
Naï:
1840. — Albâtre. — H.
1m 85.
Jolie statue en albâtre, qui provient du tombeau
de
Râhotpou. Râhotpou est assis à
l'égyptienne, les
mains sur les genoux: il était
scribe royal et attaché
à la personne du roi.
— Ve dyn.
1841. — Basalte noir. — H. 0m 42; larg.
0m
24.
Cette stèle représente Hor sur les crocodiles. Le
dieu est nu, la tresse sur la tempe; au-dessus de
sa tête
est posée une tête grimaçante de Bes. De
la
main droite, Hor tient deux serpents, un scorpion,
une gazelle,
de la main gauche, deux autres serpents
et un lion: il foule aux pieds
deux crocodiles. Le
champ de la stèle est encadré
entre deux enseignes,
à droite celle d'« Hor le
dieu grand, maître du ciel,
qui exerce ses charmes sur
l'eau, sur la terre, et
qui scelle la bouche de tous les reptiles qui
s'y
trouvent»; à gauche, celle de
«Nofirtoum, qui protège
les deux pays, scelle la
bouche de tous les reptiles
mordants, sur terre, et exerce ses
charmes
pour Osiris en toutes ses demeures». Le revers
est occupé par une longue adjuration au dieu:
«Salut à toi, dieu, fils de dieu! Salut à
toi, chair, fils
de chair! Salut à toi, taureau, fils de
taureau, né
d'un flanc divin! Salut à toi, Hor,
fils d'Osiris, né
d'Isis, j'ai conjuré ta
puissance … Chasse loin
de moi tous les lions dans la
montagne, tous les
crocodiles sur le fleuve, tous les serpents, tous
les
scorpions, tous les reptiles qui mordent de leur
bouche, qui
piquent de leur queue; tous les vers
qui mordent dans leurs trous,
rends les inoffensifs
pour moi, comme les sables sur la montagne,
etc.»
Le nombre des reptiles venimeux a toujours été
si
considérable en Égypte, que, dès les
anciennes
époques, on a songé à se
préserver d'eux dans ce
monde et dans l'autre, au moyen de
formules magiques:

un tiers au moins des textes de
la pyramide
du roi Ounas (V
e dynastie) est
consacré a les éloigner
du défunt et
à prévenir les effets de leurs
piqûres.
La stèle n
o
1841 est un talisman fabriqué contre
eux, et contre tous les
animaux nuisibles en général,
lions et
crocodiles. Il peut paraître étrange qu'on ait
rangé la gazelle et l'antilope dans cette
catégorie;
mais nous savons, par le témoignage
des écrivains
classiques, que certaines espèces
d'antilopes passaient
pour changer en pierre tout ce qu'elles
regardaient,
et cette superstition suffit à expliquer la
crainte qu'on
avait d'elles.
Notre stèle était destinée à
être placée à demeure
dans une maison
ou dans un jardin. A l'époque grecque,
la mode vint de
fabriquer sur pierre saponaire des
stèles de ce type qu'on
pouvait porter sur soi: telles
sont au Musée les
stèles nos 1707, 1711, 1718,
1762,
1782 (Armoire I), etc. — Ep.
saïte.
1846. — Papyrus. — (Mariette, Papyrus
Egyptiens du Musée de Boulaq,
t. I, pl. XV à
XXIII.)
Ce papyrus, l'un des plus curieux que l'on connaisse,
renferme un
traité de morale en forme de
dialogue entre le scribe Ani et
son fils Khonshotpou.
Le début manque malheureusement,
comme
c'est presque toujours le cas: les premiers tours
du papyrus
tombent en lambeaux au moment où
on les déroule.
Ce qui reste est un ensemble de
préceptes
nécessaires à la conduite de la vie pratique.
«Garde-toi de la femme du dehors, qu'on ne
connaît plus dans sa ville, ne cours pas après sa

pareille, ne la connais pas,
car c'est une eau profonde,
et dont on ne sait pas les
détours. La femme
éloignée de son mari
t'envoie des billets chaque
jour; si elle n'a pas de témoins
de son action, elle
est là qui t'enveloppe de ses filets,
crime capital
pour toi, lorsqu'on vient à l'apprendre, quand
même
elle n'aurait pas réussi en
réalité, car les hommes
accomplissent toute sorte
de crime rien que pour
elle.»
—
«Ne te grise pas dans les cabarets où
l'on boit
la bière, de peur qu'on ne répète
ensuite
des paroles qui soient sorties de ta bouche sans que
tu
aies conscience de les avoir prononcées. Tu
tombes, les
membres cassés, et personne ne te tend
la main; mais tes
compagnons de boisson sont là
qui disent: «Au
large l'ivrogne!» On vient te cher-cher
pour tes affaires et
on te trouve vautré à
terre comme les petits
enfants.» — «C'est moi,
dit Ani, qui
t'ai donné ta mère; mais elle, tandis
qu'elle te
portait comme elle t'a porté, elle avait
en toi de lourdes
charges, qu'elle ne pouvait reporter
sur moi. Tu es né,
après les mois révolus,
et aussitôt tu
l'as courbée sous le joug, sa mamelle
a
été dans ta bouche durant trois années, et
bien
que l'horreur de tes langes souillés soit toujours
allé grandissant, elle ne s'est jamais
dégoûtée de
tes langes, au point de
dire: «Pourquoi fais-jeécela?»
Une
fois mis à l'école, comme on t'instruisait
aux
lettres, elle était perpétuellement chez ton
maître, chaque jour, avec le pain et la bière de
sa
maison. Maintenant te voilà homme fait, tu t'es pris
une femme, tu as monté ta maison. Aies toujours
l'oeil sur
les ennuis qui ont accompagné ta naissance

et que toutes tes actions se
règlent sur ce
que ta mère a fait pour toi, afin
qu'elle n'ait rien
à te reprocher, et qu'elle ne
lève pas ses mains
vers Dieu, car Dieu écoute ses
prières.» II y a
des pages entières
sur la conduite à tenir vis-à-vis
des
supérieurs, sur la mort, sur l'amitié, et l'on
retrouve
en bien des endroits les mêmes locutions qui
sont proverbiales chez nous: «Sans se presser pour
arriver,
le bon marcheur arrive», «le boeuf qui
marche en
tête du troupeau et qui mène les autres
aux
champs, n'est lui-même qu'un animal comme
eux,»
etc. Vers la fin, le fils Khonshotpou, fatigué
de tant de
sagesse accumulée, interrompt brutalement
son
père: «Ne rabache pas tes mérites;
j'en
ai assez de ce que tu fais.» Ani se résigne
et
explique par une parabole finale les motifs de sa
résignation: «Voici la semblance de celui qui a
éprouvé la force de son bras. Le nourrisson qui
est dans les bras de sa mère, il n'a cure que de
téter; mais quand il a trouvé sa parole, c'est
pour
dire: «Qu'on m'apporte du pain.»
— XXII
e dyn.
Déïr el
Médinéh.
1847. — Papyrus. — H. 0m 35; long. 0m 50.
Bel exemplaire du Livre des Morts ayant appartenu
à Senhotpou.
L'existence du mort dans l'autre monde était soumise
à des vicissitudes dont la plupart étaient
prévues
par la théologie: on savait qu'il devait
passer
en jugement, exécuter certains travaux,
rencontrer
des monstres assez puissants pour le détruire, et
l'on

avait
rédigé en prévision de toutes ces
éventualités
les prières qui forment
le
Livre des Morts.
Le
Livre des Morts prend le défunt
à la porte
du tombeau. Les premières vignettes
représentent
les cérémonies de
l'enterrement, le transport de la
momie, les lamentations, le repas
funéraire, et les
premiers chapitres ne renferment
guères que des
prières destinées
à accompagner ces cérémonies.
C'est
ainsi qu'en déposant les statuettes funéraires
à côté du cadavre, on récitait
sur elles la formule
du chapitre VI, qui avait la vertu de les animer
et
de les préparer aux travaux des
Champs-Élysées
(cfr.
Vitrine
O, p. 131). Viennent ensuite des chapitres
d'ordre purement
théologique, tels que le chapitre
XVII et le chapitre LXXII,
où sont résumées, avec
commentaires,
les principales notions que le mort
devait avoir sur sa religion. Le
chapitre CXXV, nous
le montre devant son juge. Osiris est assis sur
un
trône et, derrière lui, en une longue ligne
sont accroupis
les membres du Jury infernal chargé de
l'assister
dans son oeuvre de justice. La balance est debout
devant lui: sur un des plateaux, le coeur du mort,
sur l'autre une
petite image du mort lui-même. La
double
vérité introduit le mort et l'assiste pendant
la
pesée de son âme, tandis qu'Hor à
tête d'épervier
fait
miséricordieusement pencher la balance du
bon
côté, et que Thot à tête d'ibis
écrit les résultats
de l'opération et
proclame le jugement. Le mort
aidait l'oeuvre de la justice par un
plaidoyer fort
beau d'expression et de pensé.
«Hommage à vous,
Seigneurs de
Vérité! Hommage à toi, dieu grand,
Seigneur de Vérité! … Je vous apporte la
vérité

et je détruis pour
vous le mensonge. Je n'ai commis
aucune fraude envers les hommes. Je
n'ai pas
tourmenté la veuve. Je n'ai pas menti devant
le
tribunal. Je ne connais pas le mensonge. Je n'ai
rien fait qui
fût défendu. Je n'ai pas imposé
à un
chef de travailleurs chaque jour, plus de travaux
qu'il n'en devait faire. Je n'ai pas été
négligent.
Je n'ai pas été oisif. Je
n'ai pas faibli. Je n'ai pas
défailli … Je n'ai
pas desservi l'esclave auprès
de son maître. Je
n'ai pas affamé. Je n'ai pas fait
pleurer. Je n'ai pas
tué. Je n'ai pas ordonné le
meurtre en trahison
… Je n'ai pas eu de gains
frauduleux. Je n'ai pas
altéré les boisseaux. Je n'ai
pas
fraudé d'un doigt sur une paume. Je n'ai pas
usurpé dans les champs. Je n'ai pas faussé
l'équilibre
de la balance. Je n'ai pas gagné
à faux poids.
Je n'ai pas enlevé le lait de la
bouche des nourrissons
… Je suis pur! Je suis pur! Je suis
pur!»
Plus loin, le mort reprend sous forme affirmative
les mêmes idées de confession négative.
«Délivrezmoi
de Typhon qui se nourrit
d'entrailles, ô magistrats,
en ce jour du jugement
suprême; donnez
au défunt de venir à
vous, lui qui n'a point péché,
qui n'a ni menti
ni fait le mal, qui n'a commis
nul crime, qui n'a point rendu de faux
témoignage,
qui n'a rien fait contre lui-même,
mais vit de vérite
et se nourrit de justice. Il a
semé partout la
joie; ce qu'il a fait, les hommes en parlent
et les
dieux s'en réjouissent. Il s'est concilié
le dieu par
son amour; il a donné des pains à
l'affamé, de
l'eau à
l'altéré, des vêtements au nu; il a
donné
une barque au naufragé
arrêté dans son voyage;

il a offert des sacrifices aux
Dieux, des repas funéraires
aux défunts.
Délivrez-le de lui-même! Protégez-le
contre lui-même! Ne parlez pas contre lui,
par-devant le
seigneur des Morts, car sa bouche
est pure et ses deux mains sont
pures.» Au sortir
du tribunal, l'âme
acquittée était remise à quatre
cynocéphales, qui la plongeaient dans un bassin de
flamme
pour la nettoyer de ses souillures.
Le Livre des Morts est donc une sorte de Guide,
que tout Égyptien devait avoir avec lui pour voyager
en
sûreté dans l'autre monde. Aussi en mettaiton
des
exemplaires plus ou moins complets sur
toutes les momies de bonne
famille. La manière de
se servir de ce livre
était aussi simple qu'ingénieuse:
il suffisait de
l'apprendre par coeur ou de l'écrire
soi-même
pendant la vie pour le savoir après la
mort. A ceux qui
négligeaient une précaution aussi
aisée, le fils ou quelque parent rendait le service de
réciter ou de lire certains chapitres au moment
même
des funérailles. Enfin, en
déposant un exemplaire
plus ou moins complet avec la momie,
on assurait
au mort la connaissance intime de tout ce qui
était
dans le rouleau. — XXe dyn.
Sheîkh Abd el Gournah.
1848. — Papyrus. — (Mariette, Les Papyrus
du Musée de Boulaq, t. I,
pl. 1—5.)
Ce papyrus a été déchiré en
plusieurs morceaux
au moment de la trouvaille. La page du
début, achetée
il y a vingt ans par L.
Vassalli-Bey, Conservateur
du Musée, a
été volée en 1877 et n'a pas encore
reparu. La partie du milieu, achetée par M. Mariette,

est exposée
ici-même, sous le n
o 1848. La fin,
acquise
par un touriste inconnu, est aujourd'hui cachée
dans
un chateau d'Angleterre.
C'est le seul traité de géographie qui nous reste
de l'antique Égypte, encore est-il d'une
géographie
un peu mythique. Il traitait du
Fayoum et des
localités
voisines. Au début, on voit deux
figures du
dieu Sobkou, naviguant chacune en sa barque, et
recevant
les prières de deux femmes coiffées de
plantes
fluviatiles: c'est le dieu Sobkou du midi qui entre
dans
le lac Moeris et le dieu Sobkou du Nord qui
en sort pour rejoindre le
Nil. Derrière, et plongé à
mi-jambe,
Râ s'avance, tandis que quatre divinités,
deux
à tête de grenouille, deux à
tête de serpent,
sont rangées deux à
deux sur les rives. Les légendes
indiquent que nous sommes
au débouché du lac;
les dieux qui
président à la scène sont les
Khmounou,
les huit dieux créateurs du monde.
Une femme de forte taille, étendue le long du papyrus,
est la
déesse-vache Mihoïrt qui passait pour
être « le fondement du bassin qui se trouve dans
la terre de
Tashe », en d'autres termes,
du lac Moeris
qui est au
Fayoum. De sa tête semble partir
une
sorte de canal, qui aboutit bientôt à la
représentation
conventionnelle du lac Moeris et des
campagnes
environnantes: un rectangle oblong, divisé en
huit
compartiments longitudinaux. Les quatre compartiments
du
milieu représentent le lac lui-même, et
devaient
être remplis, les deux compartiments internes
de poissons,
les deux externes de canards et
d'oies. Sur chaque rive, un
compartiment semé de
figures d'arbres simulait le terrain
planté qui bordait

le lac. Un dernier
compartiment, occupé par une
inscription
hiéroglyphique, servait de cadre au tableau.
Mais le scribe
ayant, par erreur, laissé en
blanc l'un des compartiments du
milieu, toute l'économie
de la composition s'est
trouvée dérangée. Les
poissons ont
envahi le compartiment des oiseaux
d'eau: ceux-ci sont descendus dans
le domaine des
arbres, et les arbres, à leur tour, se sont
rejetés sur
la place réservée
à l'inscription hiéroglyphique qui
courait sur la
rive méridionale. Des deux côtés du
bassin et du canal, sont rangées les localités
importantes
pour l'histoire de la guerre que les dieux
Hor et Sit
se sont livrée dans
le Fayoum, Hàouat,
Parohes,
Pakhnoum, etc. Les légendes nous
révèlent
l'idée qui a
présidé à la rédaction de cet
ouvrage.
Les dieux égyptiens avaient l'habitude de se
rendre visite dans leurs temples, et ces visites étaient
chaque année l'occasion de fêtes splendides.
Notre
papyrus n
o 1848 est
l'itinéraire que suivait le dieu
Sobkou, le dieu Crocodile
roi du Moeris, quand il
rendait visite à l'une des
divinités voisines. — Ep.
grecque.
Déïr el
Médinéh.
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CHAPITRE QUATRIÈME.
SALLE DE L'ANCIEN EMPIRE.
La nécropole de
Memphis, qui s'étend de Dahshour
à Abou-Roash, nous a donné les monuments les plus

anciens que nous connaissions
jusqu'à présent. Plus
de mille tombeaux de toute
grandeur, dont quelques-uns
remontent peut-être à la
II
e, certainement
à la III
e dynastie, y ont été ouverts
au cours des
travaux qu'entreprend chaque année, depuis plus
de
vingt ans, l'administration du Musée. La
Salle de
l'Ancien Empire est garnie presque exclusivement
d'objets provenant de ces fouilles. En la parcourant
avec attention, on
prendra l'idée la plus avantageuse
du haut degré de
civilisation, auquel les Égyptiens
étaient parvenus,
dès les temps les plus reculés
de leur histoire.
Presque tous les objets exposés avaient un usage
funéraire: il importe donc, pour en comprendre
la valeur, de
savoir ce qu'était le tombeau égyptien.
Il
était toujours divisé en trois parties, dont
chacune
avait son usage: une chapelle extérieure,
la chambre
où était le sarcophage, un couloir qui
conduisait de
la chapelle à la chambre. Parfois, la
chambre
extérieure était une sorte d'édifice
quadrangulaire,
qu'on prendrait de loin pour une pyramide
tronquée. Les faces, bâties en pierres ou en briques,
sont symétriquement inclinées et le plus souvent
unies: quelquefois cependant les assises sont en retraite
l'une sur l'autre
et formaient presque gradins.
Mariette a donné aux chapelles de
ce type le nom
arabe de
Mastaba, qui leur est
resté. Souvent, surtout
à partir de la XII
e dynastie, la chambre extérieure
est taillée à même dans la montagne. Le
couloir s'enfonce sous terre, en suivant une pente
plus ou moins
prononcée: d'ordinaire, au temps des
IV
e—VI
e dynasties, il descend
perpendiculairement

dans la roche et devient un puits.
La chambre du
sarcophage presque toujours nue et mal équarrie
aux
anciennes époques ne commence guères à
recevoir
d'ornements qu'à partir de la XIX
e dynastie: encore
est-ce par exception seulement qu'elle est
décorée.
Ces trois parties réunies, la
chapelle, le couloir, la
chambre, formaient la maison du mort, la
maison
éternelle, comme l'appellent
communément les textes.
L'âme égyptienne
n'était en effet qu'une substance
à peine moins
matérielle que le corps visible, et qu'il
fallait loger,
nourrir, habiller (cfr. p. 35): on lui
donnait, entre autres noms, celui de
ka ou
double.
Le
ka était un second exemplaire du
corps, une projection
colorée, mais aérienne, de
l'individu, le reproduisant
trait pour trait: enfant s'il s'agissait
d'un
enfant, femme s'il s'agissait d'une femme, homme s'il
s'agissait
d'un homme. La chapelle était la chambre
de réception
du
double, la chambre du sarcophage
son appartement
privé, dont on murait soigneusement
la porte afin que nul
indiscret ne vint le déranger
contre son gré (cfr. p.
32).
Les murs de la chapelle étaient couvertes de peintures
ou de
sculptures d'un travail souvent remarquable.
Le musée en
possède de fort bons spécimens.
Ce sont d'abord,
à droite et à gauche de la porte
d'entrée.
881.—Calcaire blanc.—H. 2m 41; larg.
1m 03.
Il y avait sur la face Est du tombeau de Sibou,
surnommé Abbi,
à
Saqqarah, une niche, formée d'une
grande
stèle laissée en place, et de deux plaques de

calcaire qui encadraient la
stèle. Le n
o 881 appartient
à la dalle qui occupait le côté droit de la
niche.
Elle est divisée en huit registres superposés.
Tout
en haut, Sibou, porté en palanquin, reçoit les
offrandes
que lui apportent des esclaves: sa famille l'accompagne
et
les scribes procèdent è l'enregistrement des
objets.
Cette cérémonie occupe trois registres: au
quatrième et au cinquième, des ouvriers et des
prêtres
traînent les statues du défunt qui
doivent être. déposées
dans le tombeau. Au
sixième registre, les
bouchers abattent les boeufs
destinés au repas du
mort et de sa famille. Plus bas, des
barques chargées
de mobilier se rendent à la tombe,
pour y déposer
ce qui est nécessaire à
garnir la maison du
mort. Enfin, au dernier registre, Sibou
reçoit les
bestiaux qu'on lui amène.—V
e dyn.
1046.—Calcaire blanc.—H. 2m 60; larg.
1m 08.
Plaque de gauche de la niche pratiquée dans le
tombeau de Sibou.
Le mort mange le repas funéraire
que les siens lui ont
apporté. Il est assis devant
une table chargée de
quartiers de viande, d'oies,
de fleurs, de fruits, de parfums, et,
au-dessus de lui,
dans une sorte de tableau quadrillé, est
écrit le menu
de son dîner (cfr. p. 32). Il
n'était pas à dédaigner.
Comme boissons on
y trouve, outre l'eau pure ou
parfumée de diverses
manières, plusieurs sortes de
vins rouges et blancs, quatre ou
cinq espèces de
bière, des liqueurs dont nous ne
savons plus la
composition. Comme pièces de
résistance, des quartiers
de boeuf et de gazelle, l'aloyau, les
côtelettes,

la cuisse, le foie, la poitrine,
des oies, des canards,
du gibier à plume et à poil.
Des pains, des gâteaux,
des légumes, des fruits, des
dattes, des figues, des
grenades, des amandes, complétent la
fête. Et ce
n'était pas seulement une fois l'an qu'on
servait au
mort ce prodigieux régal, mais aux grandes
fêtes
civiles et religieuses, et, comme le disent les
textes,
à toutes les fêtes des vivants et des
morts.—V
e dyn.
887. — Calcaire blanc. — H. 0m 50; larg.
1m 40.
Les bateliers qui apportaient les provisions du
mort, se sont pris de
querelle et se battent sur l'eau
de canot à canot. —
Ve dyn.
889. — Calcaire blanc, peint. — H.
1m;
larg. 0m
80.
Au premier registre, les boulangers broient le
grain, pétrissent
la pâte et fabriquent le pain; au
second, des esclaves mettent
en cruche du vin ou
de la bière. — Ve dyn.
890. — Calcaire blanc. — H. 0m 70; larg.
1m 10.
Des pâtres font traverser un canal à des boeufs.
Les
boeufs sont dans l'eau jusqu'au cou: plusieurs
des bergers,
montés sur des barques, excitent leurs
bêtes et
poussent de grands cris, pour effrayer les
crocodiles embusqués
dans les roseaux. — Ve dyn.
891. — Calcaire blanc. — H. 0m 80; larg.
0m 90.
Les bergers prennent des taureaux au lasso et
les amènent au
sacrifice. — Ve dyn.
908. — Calcaire blanc. — H. 0m 70; larg.
0m 60.
Un esclave s'est amusé à irriter un gros
cynocéphale
qu'un de ses camarades mène en laisse.
L'animal,
perdant patience, a sauté sur son
persécuteur,
et le retient prisonnier par la jambe. —
Ve dyn.
958. — Calcaire blanc. — H. 1m 20; larg.
1m 80.
Sur les deux premiers registres, on bat, on vanne
et on enregistre le grain
provenant des moissons destinées
au mort. Au
troisième, des boulangers pilent
et pétrissent la
pâte, à côté de leurs camarades
qui
mettent le vin en jarre. Au dernier, des statuaires
achèvent les statues du mort, tandis que des verriers
soufflent
dans leur canne et que des orfèvres pèsent
l'or avant
de le jeter au creuset. — Ve dyn.
959. — Calcaire blanc. — H. 1m 10; larg.
1m 20.
Des bergers font paître leurs bestiaux et traient
leurs
vâches. Au second registre, scènes de
pêche
et de cuisine en plein vent: ce sont les bergers et
les pêcheurs qui préparent leur dîner.
— Ve dyn.
960. — Calcaire blanc. — H. 0m 90; larg.
1m.
Des moissonneurs battent le grain et mettent les
gerbes en meule.
— Ve dyn.
1051. — Stuc et pisé. — H.
0m 29; larg.
1m
74.
C'est à M. Vassalli-Bey, Conservateur du Musée, que
nous devons de posséder ce précieux monument.
Les
Égyptiens enduisaient souvent les murs de leurs
tombes d'une
couche de pisé plus ou moins épaisse,
que l'on
égalisait à la planche et que l'on recouvrait
tantôt de stuc, tantôt d'un simple lait de chaud:
c'est sur cette surface blanche qu'ils peignaient à la
gouache
les représentations funéraires. On comprend
quelles
difficultés M. Vassalli-Bey a dû surmonter,
avant de
rapporter intactes les peintures exécutées
sur un
fond aussi fragile.
Les Égyptiens étaient des animaliers de
premiére
force: ils ne l'ont jamais mieux montré que
dans
ce tableau. Nul peintre moderne n'aurait saisi avec
plus d'esprit
et de gaieté la démarche alourdie de
l'ole, les
ondulations de son cou, le port prétentieux
de sa
tête et la bigarrure de son plumage. Ce morceau
vient d'un
mastaba, situé dans le voisinage du
tombeau de Rahotpou, qui
nous a rendus les deux
belles statues cataloguées sous le no 1050.
Meïdoum.
Le visiteur retrouvera toutes ces représentations,
et bien
d'autres, dans le tombeau de Ti, à
Saqqarah.

La répétition
perpétuelle des scènes agricoles et l'absence
complète de figures divines avaient fait penser
à M.
Mariette, que les croyances des Égyptiens primitifs
sur la
condition des morts différaient de celles
qu'avaient les
Égyptiens de la XVIII
e ou de la XIX
e
dynasties. Il n'en est rien: à quelques nuances
près,
les idées sont les mêmes, ainsi que
la décoration des
tombes. Les chapelles extérieures
de la XX
e dynastie,
à
Thèbes, sont ornées des scènes de la vie
civile,
comme les mastabas de l'Ancien-Empire à
Saqqarah:
ce sont les chambres funéraires et les couloirs qui
portent des
scènes religieuses ou des représentations
infernales.
Toutes ces scènes avaient une intention magique:
qu'elles eussent
trait è la vie civile ou à l'enfer, elles
devaient
assurer au mort une existence heureuse ou
le préserver des
dangers d'outre-tombe. De même
que la
répétition de la formule des stèles:
«Proscynème
à Osiris pour qu'il donne un
revenu de
pains, liqueurs, vêtements, provisions, au
défunt N »,
procurait à ce
défunt la jouissance des biens
énumérés
(cfr. p. 35—38), de
même la reproduction
de certaines scénes sur les
parois de la tombe lui
garantissait l'accomplissement des actes
représentés.
Le double, enfermé dans sa
chapelle, se voyait
sur la muraille allant à la chasse, et il
allait à la
chasse, mangeant et buvant avec sa femme, et il
mangeait et buvait avec sa femme; le labourage, la
moisson, la
grangée des parois étaient pour lui labourage,
moisson et grangée réels. De même que
les
figurines funéraires exécutaient pour lui tous les
travaux des champs, sous l'influence d'un chapitre

magique, et s'en allaient puiser de
l'eau ou transporter
des grains (cfr. p. 131), les ouvriers de toute
sorte, peints dans les registres, fabriquaient des souliers
et cuisinaient
pour le défunt, le menaient à la
chasse dans le
désert ou à la pêche dans les
fourrés
de papyrus. Après tout, ce monde de vassaux
plaqué
sur le mur était aussi réel que le
double dont il
dépendait: la peinture d'un serviteur
était bien ce
qu'il fallait à l'ombre d'un
maître. L'Égyptien croyait,
en remplissant sa tombe
de figures, qu'il s'assurait
au-delà de la vie terrestre la
réalité de tous les objets
et de toutes les
scènes représentées.
Dans la chambre extérieure, on trouve, outre les
tableaux, des
inscriptions, où sont racontés les principaux
faits
de la vie du mort, des stèles, des autels,
des tables d'offrande
et des vases de différente matière,
quelquefois
même de petits obélisques.
880. — Calcaire blanc. — H. 1m.
Autel au nom de Khouni. — Ve dyn.
882. — Calcaire blanc. — H. 0m 70; larg.
0m 43.
Cette stèle a été trouvée
encastrée dans les ruines
du temple, qui s'appuie contre la plus
méridionale
des trois petites pyramides construites
auprès de la
Grande Pyramide è l'Est. La partie
supérieure du socle
revient en avant; elle porte une inscription
presque
illisible. La stèle proprement dite est d'un style
médiocre,
mais d'une lecture facile. L'inscription qui

l'encadre nous apprend que le
monument a été érigé
par le roi
Khoufou «à sa mère Isit, à la
mère divine
Hathor, dame du Nou (les eaux célestes).
Une fois
délivré l'ordre de faire une
stèle, il rétablit les
offrandes à la
déesse, il lui construisit son temple
en pierre et il trouva les
dieux représenté ci-contre
dans son
sanctuaire».—«Le roi Khoufou trouva
le
temple d'Isit, dame de la pyramide, qui est près
du temple du
Sphinx, à la face Nord-Ouest du temple
d'Osiris,
maître du cimetière, et construisit sa pyramide
à lui auprès du temple de cette déesse,
puis
construisit la pyramide de sa fille Hontsen à
côté
du temple de cette
déesse.» Les figures
représentées
dans le champ sont celles des dieux
adorés avec
Isit-Hathor; les inscriptions donnent la
matière de
leur statue. Ainsi l'ibis de Thot, et
l'épervier d'or
étaient en bois doré,
Sokhit en bronze noir, etc.
La plus curieuse de ces figures est la
dernière à
gauche du dernier registre: c'est une
image du Grand
sphinx, et l'inscription nous apprend que «la
demeure
du
sphinx d'Harmakhis est au Sud du temple d'Isit,
dame de la
pyramide, et au nord du temple d'Osiris,
maître de la
nécropole».
La stèle no 882 n'est pas l'original
consacré par
Khoufou, mais une copie postérieure. Le
temple d'Isis,
où elle se trouvait, fut restauré
à la XXIe dynastie
par le roi Tanite
Psioukhânou: la stèle dut être
refaite,
comme le reste, par ce Pharaon ou peutêtre
par un des rois
éthiopiens, Shabak ou Taharqou.
Tout s'accorde à nous
faire croire qu'elle reproduit
fidèlement la disposition de
l'original. —
IVe—XXVe dyn.
Les Grandes Pyramides.
883. — Calcaire blanc. — H. 0m 80; larg.
0m 65.
Stèle de Sitou (cfr. p. 33). — IVe dyn.
886. — Calcaire blanc. — H. 1
m 15; larg.
2
m 70.
— (Mariette,
Abydos, t. II, pl.
44—45;
t. III, p. 84, n
o 522.)
Inscription en cinquante lignes provenant du tombeau
d'Ouni.
Ouni avait débuté tout enfant à la cour de
Téti,
premier roi de la VI
e
dynastie. D'abord simple page
(porte-couronne), il avait bientôt
obtenu un emploi
au ministère de l'agriculture et un titre
sacerdotal
de peu d'importance. Papi I
er,
successeur de Téti, le
prit en grande amitié
dès le début de son règne et
lui donna
successivement les charges d'
ami, de
surveillant
des prophètes de la pyramide
funéraire, de
domestique, dont il s'acquitta mieux que personne
avant lui: aussi fut-il envoyé à Tourah chercher
dans
les carrières les blocs de pierre blanche qui
ont servi
à construire la chambre du sarcophage,
dans la
pyramide de Pepi
Ier. L'activité dont il fit
preuve en cette occasion lui valut de nouvelles faveurs:
il fut
élevé à la dignité d'
ami royal, nommé
surintendant de la
maison de la reine, et prit peu à
peu la direction de toutes les
affaires. «Je faisais», ditil,
«toutes les
écritures avec l'aide d'un seul
secrétaire.»
Au dehors, son ministère fut
signalé par la
soumission de la Nubie et par une
série d'expéditions
heureuses contre les
Aamou ou Syriens et contre

les
Hiroushâïtou ou Bédouins du désert.
«Sa Majesté
fit une armée de plusieurs
fois dix mille soldats,
pris dans le pays tout entier depuis
Eléphantine
jusqu'au Delta, dans toutes les maisons, dans
les
villes, dans les places fortes, dans la Nubie, parmi
les
Nègres, et Sa Majesté m'envoya à la
tête de
cette armée.» Ce ne fut pas une
mince affaire d'instruire
ces recrues: on eut quelque peine à
organiser
en temps utile le service des vivres et de l'habillement.
A
force de patience, on surmonta toutes les
difficultés, et
l'expédition se mit en campagne. «Cette
armée alla en paix: elle entra comme il lui plut
au pays des
Hiroushâïtou. Cette armée alla en paix:
elle écrasa le pays des Hiroushâïtou. Cette
armée
alla en paix: elle fit brêche dans leurs
enceintes
fortifiées. Cette armée alla en paix: elle
coupa leurs
figuiers et leurs vignes. Cette armée alla en
paix:
elle incendia tous leurs blés. Cette armée alla
en paix:
elle massacra leurs soldats, par myriades. Cette
armée alla en paix: elle emmena leurs hommes,
leurs femmes,
leurs enfants en grand nombre,
comme prisonniers vivants, dont Sa
Sainteté se réjouit
plus que de tout autre
chose.» Au retour, Ouni
reçut la faveur la plus
insigne qu'un roi pût accorder
à un sujet, la
permission de garder ses sandales
dans le palais et même en la
présence du Pharaon.
Peu de temps après Papi Ier
mourut; son fils Mirinrî
Sokarimsaf Ier non-seulement confirma
Ouni
dans tous ses emplois, mais lui accorda de nouvelles
charges. Il
fut nommé prince gouverneur des pays
du Sud depuis
Eléphantine jusqu'à
Memphis: « Jamais
sujet n'avait eu cette charge auparavant.» Selon

l'usage, il s'occupa sans retard du
tombeau destiné
au nouveau roi et fit venir d'au delà
les cataractes
les blocs de granit nécessaires. La construction
de
la pyramide Nofirkhâ de Mirinrî I
er fut le dernier
grand acte administratif de
la vie d'Ouni: il mourut
peu de temps après et son souverain ne
tarda pas
à le suivre au tombeau. — Les deux
pyramides de
Papi I
er et de Mirinrî
I
er, pour lesquelles travailla
Ouni, ont
été découvertes à
Saqqarah en 1880
et
en 1881. — VI
e dyn.
890. — Calcaire blanc. — H. 1m 10; larg.
1m 30. — (E. de Rougé, Inscriptions hiéroglyphiques,
pl. I.)
Les grands seigneurs égyptiens passaient avec les
prêtres de véritables contrats, par lesquels ils
donnaient
à tel ou tel temple des terres ou des
privilèges,
en échange de sacrifices à
faire en l'honneur
de leur double, aux époques
réglées par la coutume.
Ce monument est un fragment
de contrat, le plus
ancien que nous possédions de ce genre.
— IVe dyn.
Les Grandes-Pyramides.
929. — Calcaire blanc. — H. 1m 05.
Autel à double tablette, sans inscription. — Ve dyn.
930. — Calcaire blanc. — H. 0m 85.
Petit obélisque de la dame Onkhkoous. — Ve dyn.
936. — Calcaire blanc. — H. 0m 90.
Obélisque du docteur Phtahhotpou - doshir. —
Ve dyn.
962. — Albâtre blanc. —
Diam. 0m 70.
Table d'offrandes ronde, au nom du Docteur, prophète
de la
déesse Maït de
Nekhen, Khouhotpouhirs.
—
V
e dyn.
980. — Diorite. — Diam. 0m 30.
Beau vase à recevoir l'eau de libation, au nom de
Phtahkhouni.
— Ve dyn.
986. — Albâtre. — H. 0m 27; larg. 0m 39;
prof. 0m 87.
Cette table à libations a été trouvée
avec la table
n
o 988, dans un immense tombeau,
situé près de la
pyramide à
degrés de
Saqqarah. Deux lions debout
et
accôtés supportent une table
légèrement inclinée:
une rigole conduit
les liquides qu'on y verse jusque
dans un vase placé entre les
queues des deux lions.
— IV
e dyn.
988. — Albâtre. — H. 0m 27; larg. 0m 38;
prof. 0m 83.
Table à libations trouvée avec le no 986. — IVe
dyn.
991 et 1000. — Calcaire blanc. — H.
1m 68; 0m 42.
Deux montants de porte, provenant du tombeau

de Sokarkhâbiou. La
femme qui y est représentée
s'appelait
Hathor-nofirhotpou de son
grand nom et
Topes de son
petit nom: elle était mariée au
maître
du tombeau. Sa figure rappelle d'une manière
frappante
le type des Nubiennes: elle avait sous l'oeil
la bande de
fard vert qu'on trouve également sur la
statue de Sapi au
Louvre. — III
e dyn.
993. — Calcaire blanc. — H. 1m 68; larg.
0m 42.
Stèle en forme de fausse porte, venant du tombeau
de
Sokarkhâbiou (cfr. p. 32). — IIIe dyn.
1027. — Calcaire blanc. — H. 1m 40; larg.
0m 95.
Stèle en forme de fausse porte: provient du tombeau
de Shiri,
prêtre du roi Send (cfr. p. 31—32).
—
IIe dyn.
1037—1039. — Bois. — H.
moy. 1m 15;
larg. moy. 0m 40.
Ces trois panneaux de bois étaient encastrés dans
autant de stèles en forme de fausse porte. Un
quatrième
panneau, plus mutilé que les autres, est
exposé (no 913) sur l'espèce
d'étagère qui règne au fond
de la salle.
Le scribe Hosi, assis ou debout, est le seul personnage
représenté. Il a la figure rude, les traits
accentués par l'âge: les hiéroglyphes
sculptés audessus
de sa tête nous donnent son nom et
ses titres,
qui sont ceux de beaucoup de personnages à la

IV
e
dynastie et ne renferment rien d'inusité. Inscriptions
et
figures sont découpées avec une
sûreté de
main extraordinaire: l'artiste qui a
exécuté ce travail
ne le cédait en rien
à celui qui a sculpté le
Sheïkh el beled.
L'habileté des Égyptiens de l'Ancien Empire à
tailler
le bois est prouvée et par ces monuments et par
un
fragment (no 985, près de la
fenêtre), qui provient
des Grandes-Pyramides, et a
conservé les restes de
cinq registres d'offrandes
superposés. Ce sont les
mêmes scènes que
nous avons vues représentées sur
pierre dans le
tombeau de Sibou (p. 201—203, nos
881
et 1046). La gravure en paraît plus sèche que
celle
des panneaux de Hosi, mais cela tient au
procédé
employé de relief dans le creux:
en réalité le faire
est le même dans les
deux cas, et je ne serais pas
été
étonné, si la même main avait
travaillé aux deux
oeuvres. — IVe dyn.
1043. — Calcaire blanc. — H. 1m; larg.
0m 50.
Stèle de Sitou (cfr. p. 33 et p. 208, no
883).
1044. — Calcaire blanc. — H. 0
m 69; larg.
0
m 41.
— (Mariette,
Abydos, t. II, pl. 43
a;
t. III, p. 85—86, n
o 524.)
Au premier registre, le prince Aouou et la reine
Papi-onkhnas sont assis en
face l'un de l'autre, de
chaque côté d'une table
d'offrandes. Au second, le
célébrant Sobkhotpou
présente l'encens à Aouou, tandis
que le
célébrant Khouï rend le même office
à
Onkhnas. La reine Onkhnas est probablement identique

à la reine
Mirirî Onkhnas, qui fut femme de
Papi I
er et mère de Mirinrî Sokarimsaf I
er et de
Papi II. — VI
e dyn.
Pour vivre dans l'autre monde, le double avait
besoin d'un corps. Le corps
qui lui avait servi de
support pendant l'existence terrestre, lui servait
de
support principal, et c'est pour cela sans doute qu'on
essayait
d'en retarder la destruction par les pratiques
de l'embaumement. Mais la
momie défigurée ne rappelait
plus que de loin la
forme du vivant. Elle était,
d'ailleurs, unique et facile
à détruire: on pouvait la
brûler, la
démembrer, en disperser les morceaux. Elle
disparue, que serait
devenu le double? On donnait
pour suppléants au corps de chair,
des corps de pierre
ou de bois, reproduisant exactement les traits du
défunt,
des statues. Les statues étaient plus
solides, et
rien n'empêchait qu'on les fabriquât en
la quantité
qu'on voulait. Un seul corps était une
seule chance
de durée pour le double: vingt statues
représentaient
vingt chances. De là, ce nombre
vraiment étonnant
de statues qu'on rencontre quelquefois dans
une seule
tombe. La prévoyance du mort et la
piété des parents
multipliaient les images du corps
terrestre, et
par suite, les supports, les corps impérissables
du
double, lui assurant par cela seul une presque
immortalité.
La même raison multipliait parfois,
autour
des statues du mort, les statues de ses serviteurs,
représentés dans différents actes de
domesticité, pétrissant
la pâte, broyant
le grain, poissant les jarres destinées
à contenir le
vin.
On comprend quel caractère particulier cette conception

de la vie de l'âme dut
donner à l'art égyptien.
La première
condition à remplir pour que le
double pût s'adapter
à son corps de pierre, c'est que
ce corps
reproduisît, jusque dans leurs moindres détails,
les
traits et les proportions du corps de pierre.
De là, ce
caractère réaliste et idéal à la
fois qu'on
remarque dans les statues. Le corps et la pose sont
idéalisés presque toujours. Il est rare en effet
qu'on
trouve un corps décharné de vieillard, le sein
flétri et
le ventre grossi des femmes sur le retour: les
hommes
sont toujours ou des adolescents aux membres
élancés,
ou des hommes faits dans la force de
l'âge, les femmes
ont toujours le sein ferme et les hanches
minces de
la jeune fille. Le corps est pour ainsi dire, un corps
moyen
qui reproduit le personnage au meilleur de son
développement, et
lui permet d'exercer dans l'autre
monde la plénitude de ses
fonctions physiques. C'est
seulement dans le cas d'une
difformité par trop forte,
que l'artiste se départ de
cet idéal: il donne à la
statue d'un nain toutes les
laideurs du corps du nain.
Il fallait bien qu'il en fût ainsi.
Si l'on avait mis, dans
la tombe d'un nain, une statue idéale,
le double, habitué
pendant la vie terrestre aux
irrégularités de
ses membres, n'aurait pu s'adapter
à ce corps régulier,
et n'aurait pas
été dans les conditions nécessaires
pour
bien vivre dans le monde au-delà. Mais une
fois admise cette
manière d'idéaliser chaque personnage,
le sculpteur
devait rendre avec fidélité les traits
de son visage
et les particularités de sa démarche.
Il le faisait
parfois avec brutalité, le plus souvent
avec une
fidélité naïve. Les statues sont de
véritables
portraits, et nous permettent de reconstituer la
population

de l'Égypte aux
premières dynasties, avec plus
de facilité que nous
ne reconstituons la population
de l'Italie aux premiers temps de l'empire
romain.
Les poses sont celles de la classe à laquelle
appartient
le personnage: la statue est accroupie, s'il s'agit
d'un
scribe, debout dans la pose de commandement
ou assise sur le
siège d'apparat, s'il s'agit d'un roi
ou d'un noble qui
reçoit les offrandes de ses vassaux.
Les statues avaient leur place réservée dans la
tombe.
C'est un réduit ménagé dans la
maçonnerie,
derrière l'une des parois de la chambre
de réception.
D'ordinaire ce réduit, une fois rempli
de statues, était
muré complètement et ne
communiquait plus avec
le dehors; quelquefois, il était
relié avec la chapelle
par une sorte de conduit si
resserré, qu'on a peine
à y glisser la main. A
certains jours, les parents et
les amis venaient murmurer quelques
prières et brûler
des parfums à l'orifice:
prières et parfums étaient
censés arriver
par là jusqu'à l'oreille des statues, et
par suite,
jusqu'à l'oreille du mort.
974. — Basalte vert. — H. 1m 20.
Le roi Khâfrî, tiré, de même que la
statue en diorite
(cfr. p. 75, no 3961, Salle du Centre), du temple
en ruines
situé auprès des Grandes-Pyramides. Il est
vieux,
comme on le voit aux rides qui cernent le
nez et la bouche.
Cette statue était fort mutilée: un bon quart en
a
été refait en plâtre, puis recouvert d'un
enduit vert,
par M. L. Vassalli-Bey, conservateur du Musée.
—
Ve dyn.
Grandes-Pyramides.
975. — Calcaire. — H. 1m 73.
Rânofir est debout, les bras collés au corps, la
jambe
gauche portée en avant, dans l'attitude du
prince qui regarde
ses vassaux défiler devant lui. Il
a sur la tête une
perruque assez large et n'a d'autre
vêtement que le pagne
bridant sur la hanche. La
statue peut passer pour une des oeuvres les plus
remarquables
de l'art égyptien: le jeu des muscles de
la
poitrine et de l'épaule, le détail du genou et des
jambes sont rendus avec une vérité et une
intelligence
qui feraient honneur aux meilleurs artistes de
nos jours.
(Cfr. une autre statue du même, no
1049,
p. 220.) — Ve dyn.
976. — Calcaire. — H. 0m 92.
Une des meilleures statues de notre collection. Elle
représente
un juge Atiti, surnommé Onkhiris. Une
grosse perruque lui tombe
sur le dos et sur les
épaules et lui donne l'apparence d'une
statue de
femme. — Ve dyn.
987. — Bois. — H. 1m 00.
Il est fâcheux que ce monument ait souffert et
soit hors
d'aplomb: il était d'un travail presque
aussi soigné
que celui du Sheïkh el-Beled. Il représente
un
certain Tepemonkh qui vivait sous la Ve dynastie.
1001. — Calcaire. — H. 0m 52.
Un paysan nu se rend à l'offrande, un sac sur
l'épaule
gauche, les sandales à la main droite, de
peur de les user en
les portant. Le mouvement de

l'épaule qui porte le
sac est fort bien étudié. —
V
e dyn.
1002. — Calcaire. — H. 0m 22.
Un homme, assis à terre, plonge la main dans une
jarre qu'il
tient entre ses jambes: il est occupé à
la poisser
avant d'y verser du vin. — Ve dyn.
Grandes-Pyramides.
1006. — Calcaire. — H. 0m 35.
Un scribe est agenouillé, les deux mains croisées
devant lui, dans l'attitude du fonctionnaire qui attend
un ordre de son
supérieur. Les yeux sont en cristal
et en verre noir, et donnent
à la figure une expression
des plus vivantes. — Ve dyn.
1007. — Bois. — H. 0m 19; larg. 0m 50;
long. 0m 30.
Cette boîte est une sorte de nécessaire portatif,
à
l'usage des prêtres chargés du culte des
morts. Elle
renferme une table d'offrandes et tout l'attirail des
vases et des outils en bois, en albâtre, en bronze,
dont on se
servait pour présenter le repas funéraire.
— VIe dyn.
1008. — Calcaire. — H. 0m 40.
Esclave pansu poissant une amphore (cfr. no
1002).
— Ve dyn.
1009. — Bois. — H. 0m 31.
Un homme debout, drapé dans un large manteau,
assez semblable
à une toge romaine: les yeux, qui
étaient
rapportés, ont disparu. — IVe
dyn.
Grandes-Pyramides.
1011. — Bois. — Long. 0m 60.
Sorte de casse-tête que les nobles et les fonctionnaires
tenaient
à la main en signe de commandement.
Celui-ci avait appartenu au
Shiri dont nous
avons la stèle (cfr. p. 213, no 1027, et p. 31—32). —
IIe dyn.
1012, 1013. — Calcaire. — H. moy.
0m 40.
Deux femmes occupées, non pas comme on l'a
dit à
pétrir la pâte, mais à broyer le grain. Les
Égyptiens
de l'époque pharaonique paraissent n'avoir
jamais
connu le moulin à main: ils broyaient le grain
entre
deux pierres, comme font encore certaines tribus
de l'Afrique
équatoriale, et obtenaient de la sorte
une farine
grisâtre assez grossière. — IVe dyn.
1014. — Calcaire. — H. 0m 30.
Statue du nain Khnoumhotpou, chef de la lingerie
mortuaire, probablement du
Pharaon. — VIe dyn.
1015, 1025. — Calcaire. — H. moy.
0m 40.
Un homme et une femme brassent la pâte, contenue
dans un grand
vase placé devant eux, et préparent
le pain du mort.
— IVe dyn.
1044. — Bois. — H. 0m 60.
Statue de femme dont il ne reste que la tête et le
torse. Elle a
été découverte dans le même
tombeau
que la statue du
Sheïk el-beled
(cfr. p. 75—76,
n
o 3962
Salle du centre), et passe pour
représenter
la femme de ce personnage. Elle était en
tout cas

d'un travail fort beau et pourrait
soutenir la coparaison
avec le
Sheïk
el-beled, si elle n'était pas
malheureusement si
mutilée. — IV
e dyn.
1049. — Calcaire. — H. 1m 95.
Statue de Rânofir,
tête rase (cfr. p. 217, no 975).
1050. — Calcaire. — H. 1m 20. — (Mariette,
Mon. Div., pl. 20).
Ces deux statues ont été découvertes dans un
des
grands Mastabas qui environnent la pyramide de Meïdoum.
Elles représentent, l'une, le prince Râhotpou,
l'autre, sa femme, la cousine royale Nofrit: elles ont
l'un des types qu'on
trouve le plus fréquemment sur
les monuments de l'Ancien Empire,
et ne diffèrent
de beaucoup d'autres que par une rare
perfection
de travail et d'expression. Rien n'est plus gracieux
et
plus fin que le modelé des seins de la dame Nofrit
sous
l'étoffe légère de son vêtement;
rien n'est plus
vivant que la figure un peu grasse de la femme et
les
traits un peu niais de son mari.
La date de ce monument est incerlaine: la pyramide,
ouverte au mois de
janvier 1881, ne renferme
qu'un long couloir et une chambre vide sans
sarcophage.
On l'attribue à Snofrou, roi de la III
e dynastie,
depuis que M. Mariette a
découvert les cartouches
de ce roi dans les tombeaux du
voisinage: à ce
compte, il faudrait attribuer les tombeaux de
Beni-Hassan
à Khoufou, parce qu'on y trouve les cartouches
de ce prince. Le style de l'architecture nous

rapproche plus de la XII
e dynastie que de la troisième,
et
je serais tenté de voir dans la pyramide le tombeau
d'un
Ousirtasen plutôt que celui de Snofrou.
Le groupe des deux
statues me paraît devoir suivre
la fortune de la pyramide.
Meïdoum.
1052. — Calcaire. — H. 2m 00.
Statue assez médiocre de Ti, celui dont le tombeau
est
visité par tous les voyageurs. — Ve dyn.
Les canopes, les offrandes en pierre votives, les bijoux
ne se rencontrent
que rarement dans les tombes
des époques antérieures
à la XVIIIe dynastie: on ne
s'étonnera donc pas si les quelques objets de ce genre
que
possède notre Musée forment sinon la seule, au
moins
la plus riche collection qu'on en possède.
1053. — Calcaire. — H. moy. 0m 20.
Oies votives, isolées ou réunies par groupes de
deux
ou de quatre. — Ve dyn.
1054,1055,1056. — Albâtre.
— Long. moy.
0m 25.
Les pyramides de Lisht ont présenté, à
l'ouverture,
des particularités qui n'ont jamais
été observées
jusqu'à
présent dans aucune autre pyramide.
J'ai trouvé dans
le couloir d'entrée, entre deux
blocs de granit, des
débris de canopes et d'oies troussées
en
albâtre. Les n
os 1054, 1055, 1056, sont
des
oies de diverse grandeur qu'on a réussi à
reconstituer.
Elles sont creuses et formées de deux
moitiés
coupées en long. On n'a trouvé
aucun débris d'ossement

qui permette de dire si elles
renfermaient des
oies d'offrandes momifiées, ou non.
Lisht.
1057. — Albâtre. — H. moy.
0m 15.
Têtes de canopes, les seules qu'on possède de cette
époque. L'une d'elles est d'une finesse d'exécution
qu'on ne saurait comparer qu'à celle de la statue
en diorite de
Khâfrî.
Lisht.
1060. — Calcaire. — H. 0m 12.
Fil à plomb de peintre ou de maçon, oublié
par
un ouvrier dans la pyramide d'Ounas, et découvert
à l'ouverture de cette pyramide. — Ve dyn.
Le couloir est d'ordinaire sans ornement: le puits
est comblé
d'un mélange de pierres et de terre durcie.
La chambre ne
renferme guères qu'un sarcophage
plus ou moins orné.
964. — Granit rose. — H. 1m 33; long.
2m 20.
Sarcophage de Khoufou-onkh, prêtre d'Apis, ingénieur
royal. Les quatre faces sont ornées comme
l'était la
façade des maisons égyptiennes de
l'époque.
— IVe dyn.
Grandes-Pyramides.
965. — Granit rose. — H. 1m 45; long
2m 30;
larg. 1m 19.
Sarcophage du prince Hirbaïf. II porte des ornements
analogues
à ceux du sarcophage précédent.
— IVe dyn.
Grandes-Pyramides.
970. — Granit rose. — H. 1m 16; long.
2m 22;
larg. 0m 99.
Sarcophage du prince Kamskhom; sans ornements.
— IVe dyn.
Grandes-Pyramides.
1053. — Calcaire blanc. — H. 1m 15; long.
2m 35;
larg. 1m. — (Lepsius, Denkm. II, pl.
147—148, a, b).
Sarcophage de Tagi. Ce sarcophage, oublié depuis
que Lepsius le
copia il y a quarante ans, fut retrouvé
en 1882, et
transporté au musée au mois
d'avril 1883. II est
orné à l'intérieur de la
représentation
des armes, objets de toilette et
d'offrandes,
vases à parfums, qu'on déposait dans la
tombe. Audessous,
des prières tracées à
l'encre noire, analogues
aux prières qu'on trouve dans les
pyramides de
Saqqarah.
— XI
e dyn.
Sheikh abd-el-Gournah.
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