Title: Guide du visiteur au Musee de Boulaq [Electronic Edition]

Author: Maspero, Gaston
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Publisher: Rice University
Place of publication: Houston, Tx
Publication date: 2006
Identifier: TIMEA, MusBo1884
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Notes:
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Source(s):

Title: Guide Du Visiteur Au MuséE De Boulaq

Author: Gaston Maspero
File size or extent: 438 p. pl., plan.
Publisher: Musee d'Antiquities
Place of publication: Boulaq
Publication date: 1883
Identifier: From the collection of Dr. Paula Sanders, Rice University.
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  • Greek (gre)
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  • Cairo (Egypt)
  • Cairo (Egypt). Musee d'Antiquities.
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Guide du visiteur au Musee de Boulaq [Electronic Edition]


Contents










GUIDE DU VISITEUR
AU
MUSÉE DE BOULAQ

PAR
GASTON MASPERO

PROFESSEUR AU COLLÈGE DE FRANCE. DIRECTEUR GENÉRAL
DES MUSÉES D'ÉGYPTE
BOULAQ AU MUSÉE 1883.



VIENNE. — TYP ADOLPHE HOLZHAUSEN.

AVIS.

Ce petit livre a été écrit pour l'usage des visiteurs
ordinaires et non pour la commodité des Egyptologues:
on y verra donc avant tout la description ou
l'explication des monuments qui peuvent donner aux
voyageurs la meilleure idée de l'art et de la civilisation
égyptienne. Les gens du métier trouveront dans
le cabinet du Directeur un catalogue sur fiches et une
copie du Livre des fouilles qui leur permettront de
découvrir la provenance et l'emplacement exacts de
tous les objets conservés, soit dans les salles, soit dans
les magasins du Musée.
La forme de Guide que j'ai adoptée m'a permis
d'insérer, chemin faisant, beaucoup de renseignements
que je n'aurais pu mettre dans un Avant-Propos.
Chaque fois qu'un objet se présente appartenant
à une classe nouvelle, j'ai saisi l'occasion qui s'offrait
de rappeler l'usage auquel il servait, et les idées mystiques
ou religieuses qu'on y attachait dans l'antiquité:

ces notions une fois données, je ne les ai plus
répétées pour les autres objets de même espèce qui
sont dispersés dans les différentes galeries du Musée.
J'invite donc ceux des visiteurs qui désireront, non
pas seulement regarder en passant, mais comprendre
le sens et la valeur de ce qu'ils regardent, à suivre
dans leur examen l'ordre que j'ai suivi moi-même
dans ces pages: ils s'épargneront de la sorte des recherches
un peu longues et une perte de temps.
Si grand soin que j'aie mis à rédiger ce Guide, on
ne décrit pas plusieurs milliers d'objets sans laisser
échapper bien des fautes, et je n'ai pas la prétention
d'être moins sujet à l'erreur que les autres. J'invite
donc les visiteurs qui reléveraient quelque méprise, de
quelque nature qu'elle soit, à vouloir bien me la signaler:
ce sera autant de corrigé pour la prochaine
édition.
Boulaq, le Ier Mai 1883.
G. MASPERO.



I. — Le Musée est ouvert, pendant la saison
d'hiver, tous les jours de la semaine, le Vendredi
excepté, de 8 heures 1/2 du matin à midi, et de
2 h. à 5 h.
II. — L'entrée du Musée est gratuite. MM. les
visiteurs sont priés de vouloir bien laisser dans
le Petit Vestibule leurs cannes, ombrelles et parapluies,
qui leur seront rendus à la sortie.
III. — II est strictement interdit de fumer dans
l'intérieur des Salles.
IV. — Il n'y a besoin d'aucune permission pour
copier les monuments exposés dans le Musée: il
est défendu de prendre des estampages ou des
copies au frotis, sans autorisation du Directeur.
V. — Les visiteurs qui voudront étudier quelque
monument de plus près, sont prevenus qu'une
salle d'étude sera mise à leur disposition, s'ils
en adressent la demande au Directeur, ou à l'un
des Conservateurs.
Boulaq, le Ier Mai 1883.
G. Maspero.


CHAPITRE PREMIER.
LA COUR ET LE JARDIN.

La partie de la cour dans laquelle on pénètre, après
avoir passé la grande porte d'entrée, sert de magasin
provisoire á certaines pièces incomplètes ou nouvellement
achetées, qui n'ont pas encore leur place marquée
dans les galeries. Ainsi les nos 6000 et 6004 sont les
morceaux d'une chapelle monolithe, élevée par le roi
Nectanébo de la XXXe dynastie, à Bubaste, et détruite,
il y a quelques années, par un haut fonctionnaire égyptien:
j'espère en retrouver les autres débris et la reconstruire.
6002. — Marbre blanc. — H. Im 90.
Aigle gigantesque de beau travail grec.L'île de Thasos,
d'où il provient, forme, avec le bourg de Kavala,
un fief héréditaire dans la famille de Mohammed Ali,
et dépend du souverain régnant de l'Égypte. L'aigle,
envoyé en cadeau à Ismaïl-Pacha, il y a quelques années,
a été donné par ce prince au musée de Boulaq.
— Ep. ptolémaïque.
Thasos.

8

6006. — Basalte noir. — H. Im 75.
Déesse Sokhit à tête de lionne. La déesse Sokhit est la
grande amie du dieu Phtah
; elle compose avec Phtah
et son fils Imhotpou la trinité adorée à Memphis. Elle
a un rôle violent, celui de destructrice des ennemis du
Soleil: il est souvent question, dans les textes, de sa
flamme dévorante qui anéantit les méchants. Le roi
Amenhotpou III, de la XVIIIe dynastie, lui avait consacré,
dans le temple de Mout à Thèbes, une salle spéciale,
qu'il avait remplie de statues semblables à celle
qui est inscrite sous le no 6006. Il en restait encore
cent cinquante vers le milieu du siècle dernier; mais,
depuis cette époque, tous les musées de l'Europe en
ont fait enlever des spécimens, et on n'en voit plus
aujourd'hui qu'une soixantaine en assez mauvais état.
Le no 6006 porte le cartouche d'Amenhotpou III. —
XVIIIe dyn.
Karnak.
6007. — Granit gris. — H. Im 60; larg.
0m 61.
Le dieu Ammon et une reine d'Ethiopie. Ce monument,
le seul de ce genre qu'il y ait jusqu'à présent
dans les musées d'antiquité égyptienne, m'avait été
signalé, en 1882, par M. Berghoff, qui fut, quelques
mois plus tard, pris et décapité par le Mahdi: il a été
expédié au Caire, sur ma demande, par Gigler-Pacha,
et nous est parvenu dans les premiers jours de 1883. Il
appartient aux derniers temps de la civilisation égyptienne
en Ethiopie, comme le prouvent la grossièreté
du travail et la barbarie du style. — Ep. romaine.
Naga.

9

Deux grands sphinx séparent l'Avant-cour de la
cour réelle et du jardin du Musée. Celui de gauche
(no 6008) est seul authentique: l'autre n'est qu'un
moulage en plâtre du précédent. Le sphinx n'était pas
pour les Égyptiens la combinaison arbitraire d'un corps
de lion et d'une tête humaine: c'était, même pour les
savants de l'époque romaine, la reproduction d'un
animal d'espèce rare, qui vivait dans le désert. La réunion
dans un même être de la force du lion et de l'intelligence
humaine le rendait particulièrement redoutable:
aussi en fit-on un dieu, Harmakhouti, Harmakhis,
le soleil levant et couchant, auquel est consacré
le grand sphinx de Gizéh. Le roi, étant fils du soleil et
identifié souvent avec Harmakhis, la forme du sphinx
servit à représenter les rois dans certaines circonstances.
On n'a trouvé jusqu'à présent de sphinx isolé
que le grand sphinx de Gizéh: les sphinx vont toujours
par couples et forment en avant des temples de longues
avenues. Le sphinx femelle est fort rare dans l'Égypte
pharaonique: je ne l'ai vu encore que sur quelques
basreliefs, où il représente une reine. Certains
sphinx royaux ont non-seulement la tête mais les bras
de l'homme: ils sont généralement en bronze et de petites
dimensions. Le sphinx no 6008 porte le cartouche
de Ramsès II.
Passés les sphinx, on se trouve dans une sorte d'avenue
bordée à droite et à gauche de grands sarcophages.
Les trois de gauche sont grecs et proviennent des catacombes
d'Alexandrie: l'ornementation en est assez légèrement ébauchée, et rappelle le style de l'époque romaine.
Les trois de droite sont égyptiens d'époque ptolémaïque et ont été découverts à Saqqarah.

10

6015. — Granit gris taché de rose. —
H. Im 20; larg. Im 10; long. 2m 40.
Sarcophage d'Onkhhapi, fils de Tafnakht et de la
dame Tatet: le petit cercueil en forme de momie qu'il
renferme contenait jadis le corps du dernier possesseur.
L'habitude a toujours été, à Memphis, de déposer
les morts de distinction dans de grands sarcophages
rectangulaires à chevet plus ou moins arrondi. Aux
anciennes époques, ces sarcophages, qui étaient la
maison éternelle du mort, sont quelquefois décorés en
forme de maison (cf. Salle de l'Ancien Empire no 964),
et presque toujours en granit rose. A l'époque saïte et
ptolémaïque, on les taillait de préférence dans le granit
gris ou dans le basalte et ils portent d'innombrables
tableaux sculptés avec une finesse remarquable. Le sujet
en est emprunté à l'un des livres les plus curieux de
la mythologie égyptienne, le Livre de savoir ce qu'il
y a dans l'enfer.
Les Égyptiens se figuraient le monde
souterrain, le monde de la nuit, comme une série de
couloirs et de grandes chambres voûtées, remplies
d'être fantastiques bons ou méchants. Il était partagé
en douze régions, dont chacune répondait à l'une des
douze heures de la nuit. La barque du soleil, sur laquelle
le défunt était censé s'embarquer après de la
mort, entrait chaque soir dans ces contrées ténébreuses
et n'en sortait que le lendemain matin, à l'aube;
pour que le mort pût accomplir sans danger dans ce
voyage, il devait connaître à fond toute la population
infernale. C'est à lui donner les renseignements nécessaires
qu'était consacré le livre en question. Chaque
heure était décrite minutieusement, avec le nom et

l'étendue du territoire qu'elle occupait, le nom et la
fonction de chacun de ses habitants, leur voix, leurs
discours, les dimensions des serpents qui gardaient
les portes de communication d'une heure à l'autre. Les
figures représentent d'abord la barque solaire avec son
équipage et les génies qui la traînent à la cordelle, puis
les êtres décrits dans chaque section du texte. Le mort
savait donc ce qu'il allait voir, dès avant de commencer
le voyage; il était assez familiarisé avec la forme
des divinités infernales, pour distinguer celles qui lui
étaient favorables de celles qui lui étaient hostiles. Ce
grand livre à images était trop étendu pour qu'il fût
aisé de le représenter en entier sur un sarcophage;
aussi se bornait-on le plus souvent à en reproduire
une partie, trois ou quatre heures entières, le plus souvent
celles du milieu de la nuit, et des extraits des autres
heures. — Ep. grecque.
Saqqarah.
6013. — Granit gris. — H. 1m 35.
6014. — Granit gris. — H. 1m 30.
Sarcophages du même type que le précédent, trouvés
au fond du même puits, à Saqqarah, et ayant
appartenus à deux frères du nom de Zeho, en grec
Téos ou Takhos, tous les deux fils de la même mère
Betiti, tous les deux généraux dans l'armée égyptienne
sous l'un des premiers Ptolémées. Le couvercle du
no 6014 n'a pas été fait pour la cuve et en diffère
par la pierre et par les dimensions; il avait appartenu
à un autre personnage, dont le nom et les titres ont
été grattés pour faire place au nom et aux titres de
Zeho. — Ep. grecque.
Saqqarah.

12

Au bout de cette petite allée, sur la gauche, s'élève
le tombeau de Mariette-Pacha, le fondateur du Musée
de Boulaq. Il est précédé d'une plateforme en ciment,
sur laquelle sont placés quatre petits sphinx en calcaire
blanc d'un travail assez grossier. Aussi bien les
a-t-on choisis, non à cause de leur mérite artistique,
mais à cause de leur provenance: ils faisaient partie
de la grande avenue de sphinx, qui conduit du Sérapéum
Grec au tombeau des Apis, et rappellent la première
découverte de Mariette sur le sol d'Égypte. Derrière
les sphinx, et monté sur un socle quadrangulaire,
se dresse le sarcophage qui renferme le corps: il est
en marbre de Montreux, et taillé à l'imitation des sarcophages
égyptiens de l'Ancien Empire. A la tête, sur
un haut piédestal à moitié caché par des plantes grimpantes,
s'élève une statue colossale de Ramsès II, découverte
à Tanis en 1860. Le monument a été dessiné
et construit par un des plus fidèles amis de Mariette,
l'architecte Ambroise Baudry: les frais en ont été couverts
par une souscription publique.
Mariette (Auguste Ferdinand) naquit à Boulognesur-mer
le 11 février 1821. Il appartenait à une famille
de marins et de lettrés. Son grand-père a laissé
en manuscrit une de ces collections d'oeuvres mêlées,
vaudevilles, comédies de moeurs, poésies fugitives,
où se plaisaient les littérateurs provinciaux du siècle
passé. Son père était simple employé à la mairie de
sa ville natale.
Élevé au collège de Boulogne, il y devint professeur
dès vingt ans, et y demeura attaché à divers titres jusqu'à
la fin de 1848. Il essaya d'abord de la peinture,
puis du journalisme, devint rédacteur en chef d'un

journal d'intérêt local, composa des nouvelles, des romans,
des feuilletons humoristiques, et, entre temps,
trouva moyen d'étudier des questions d'archéologie
provinciale. Le seul de ces premiers essais qui vaille
la peine d'être conservé est une brochure, publiée en
1846 sous forme de Lettre adressée à M. Bouillet, auteur
d'un Dictionnaire historique et biographique, sur
la position de Portus Itius:
la donnée en était fausse,
mais le jeune auteur y marquait déjà la plupart des
qualités qui l'ont rendu célèbre plus tard, une grande
habileté de discussion, la clarté et la vigueur du style,
beaucoup de pénétration. Nul doute que, s'il eût suivi
la voie dans laquelle il venait de s'engager, il ne fût
parvenu à tenir un rang élevé dans le domaine de l'archéologie
classique: le hasard le rejeta du côté de
l'Orient.
Le graveur Vivant Denon, qui avait fait partie des
artistes attachés à l'expédition française en Ègypte,
avait laissé en mourant une petite collection d'antiquités
rapportée de ses voyages. Une caisse de momie, qui
provenait de cette collection, fut exposée à la mairie
de Boulogne, et le jeune Mariette rédigea, à cette occasion,
une petite notice de quelques pages, dans laquelle
il conseillait à ses concitoyens de l'acquérir pour le
Musée. Son conseil fut suivi; Mariette se procura pour
étudier les textes qui couvraient le cercueil quelques
livres traitant de l'Égypte, et ce qui n'avait d'abord été
qu'un amusement devint une passion sérieuse. Il fut
bientôt assez fort pour se hasarder à aborder la discussion
des textes; manquant d'appui dans sa ville
natale, il s'adressa à Charles Lenormant, le seul des
élèves directs de Champollion qui continuât alors en

France la tradition du maître. Le mémoire qu'il soumit
au jugement du savant parisien portait sur l'interprétation
et le classement des cartouches qui recouvrent
la Chambre des Ancêtres, enlevée au temple de
Karnak et déposée à la Bibliothèque Nationale par
Prisse d'Avennes. Il est resté inédit, mais je l'ai retrouvé
dans les papiers de Mariette, et en le lisant, on
comprend l'admiration qu'il inspira aux personnes qui
eurent communication du manuscrit. Encouragé nonseulement
par C. Lenormant, mais par Alfred Maury,
par Ferdinand de Saulcy, par Adrien de Longpérier,
Mariette se décida à venir chercher fortune à Paris.
Après quelques mois d'attente, l'amitié du peintre Janron
lui procura une petite place d'adjoint au Louvre:
renonçant au professorat, il se livra tout entier à l'archéologie
égyptienne.
C'était dans les premiers jours de 1848. Le traitement
du nouvel employé fut des plus modestes. Au
bout de quelques mois, il s'aperçut que la place, pour
honorable qu'elle fût, ne suffisait pas à lui assurer les
moyens de soutenir sa famille. Les chances d'avancement
étaient nulles, car le vicomte Emmanuel de Rougé,
son supérieur immédiat, était jeune et ne songeait pas
à se retirer devant lui. Il se mit en tête d'aller chercher
fortune en Égypte et demanda au gouvernement
français les ressoures nécessaires au voyage. Tattam
venait d'attirer l'attention des savants sur les richesses
renfermées dans les couvents jacobites de l'Égypte:
Mariette composa rapidement un long essai de bibliographie
copte, qui est demeuré inédit, et sollicita une
mission, à l'effet d'aller étudier et acquérir ce qui pouvait
rester dans les cloîtres de manuscrits coptes et

syriaques. Il obtint sans peine ce qu'il demandait et
débarqua à Alexandrie, le 12 octobre 1850.
La mission qu'il s'était imposée était des plus délicates
à remplir: le patriarche copte, justement irrité
des procédés bizarres employés par Tattam pour former
sa collection, avait fait mettre les manuscrits en
sûreté. Les négociations traînèrent et retinrent Mariette
au Caire pendant plusieurs semaines. Il profita
de ces loisirs forcés pour visiter les environs de la
ville, Gizéh, Dahshour et surtout Saqqarah. Il avait
remarqué partout, à Alexandrie comme au Caire, des
sphinx en calcaire d'assez mauvais style, mais chargés
de graffiti où le nom d'Osiris était associé sans cesse
à ceux d'Apis et de Sérapis. Le hasard lui fit trouver
un jour, dans la région nord du plateau de Saqqarah,
un sphinx qui présentait les mêmes caractères. Cette
rencontre fortuite éveilla au fond de sa mémoire le
souvenir d'un passage de Strabon, où le voyageur grec
raconte que le Sérapéum de Memphis est dans un lieu
trés sablonneux, et qu'on y voit des sphinx enfouis,
les uns jusqu'aux épaules, les autres jusqu'à mi-corps.
L'idée que le Sérapéum, si longtemps cherché en vain,
était là, s'empara de lui avec une telle force qu'il en
oublia les manuscrits et le patriarche copte. Il assembla
quelques ouvriers, et commença des fouilles en
règle le 1 novembre 1850. Jusqu'au cent trente quatrième
sphinx de l'avenue, tout marcha régulièrement,
puis l'allée tourna brusquement à gauche et, pendant
quelques jours, il ne découvrit plus rien. Il finit pourtant
par se remettre sur la bonne piste et déboucha,
après le cent quarante et unième sphinx, sur un dromos
spacieux, dallé de belles pierres: deux mois de

fouilles mirent au jour l'ensemble de monuments qui
s'y trouvaient, un hémicycle décoré de statues grecques,
deux chapelles, une procession de génies montés
sur des animaux, et conduisirent les travailleurs jusqu'à
la porte du Sérapéum. Là, un obstacle imprévu
les arrêta: des marchands d'antiquités, pour la plupart
agents consulaires de diverses nations européennes,
jaloux du succès de Mariette, réussirent à obtenir
d'Abbas-Pacha la suspension des fouilles. L'appui du
gouvernement français aplanit en partie les difficultés,
une somme de 30.000 frs., votée le 16 août 1851 par
l'Assemblée Nationale, permit de reprendre avec plus
d'activité, et, dans la nuit du 12 au 13 novembre, Mariette
pénétra dans les souterrains du Sérapéum. Ce
qu'il y trouva, le monde savant le connaît: soixante
quatre Apis, dont les plus anciens remontent à la
XVIIIe dynastie, et dont le plus moderne est presque
contemporain de Cléopâtre, des milliers de stèles votives,
de figurines funéraires, d'amulettes, de bijoux,
qui font aujourd'hui l'ornement du Musée du Louvre.
La chronologie des taureaux, suffisamment établie par
les dates d'inhumation, apporta de nouvelles informations
pour le rétablissement de la chronologie des rois
égyptiens du Nouvel-Empire. Toute l'année 1852 se
passa à déblayer et à dépouiller le Sérapéum: dans les
premiers jours de 1853, Mariette se transporta avec
ses ouvriers au pied des Pyramides de Gizéh.
Cette fois, il travaillait aux frais d'un particulier: le
duc de Luynes l'avait chargé de dégager la partie antérieure
du grand Sphinx. Il découvrit, à une centaine
de mètres vers le Sud-Est, un temple de l'Ancien Empire,
construit en blocs énormes de granit et d'albâtre,

mais ce fut le seul résultat sérieux de sa campagne. Il
était du reste pressé de revenir en France. Nommé
conservateur-adjoint au Musée Égyptien du Louvre,
il s'occupa de classer l'immense collection qu'il avait
rapportée du Sérapéum, et d'en préparer la publication.
Il débuta par donner dans le Bulletin Archéologique
de l'Athénoeum Français
(1855—1856) des Renseignements
sur les soixante-quatre Apis trouvés dans
les souterrains du Sérapéum:
cette étude a été arrêtée
à la XXVIe dynastie par la disparition du Bulletin
et n'a jamais été terminée. En même temps, et comme
complément de ce premier travail, il publiait un Choix
de monuments et de dessins découverts ou exécutés
pendant le déblaiement du Sérapéum
(Paris 1856, A.
Bertrand, in-4°) et un Mémoire sur la mère d'Apis
(Paris 1856, A. Bertrand, in-4°), oú il ébauchait une
théorie alors nouvelle de la religion égyptienne. Ajoutons,
pour en finir avec ce premier épisode, le plus
glorieux de sa vie, que les monuments du Sérapéum
et la relation de la découverte ont été poursuivis longtemps
par une véritable fatalité. La publication, commencée
une première fois en 1861, reprise en 1864 et
poussée jusqu'à la XXVIe dynastie, recommencée en
1876 de concert avec moi, n'est pas encore terminée:
seul, le premier volume, qui renferme le journal des
fouilles et le récit de la découverte, a pu être livré au
public en 1882.
Les mêmes difficultés de vie qui avaient une première
fois décidé Mariette à quitter Paris, se représentérent
plus fortes à son retour. Il n'était pas depuis un
an sur le sol natal, qu'il aspirait déjà à le quitter pour
reprendre sa carrière aventureuse aux bords du Nil.

Les circonstances politiques favorisèrent son dessein.
Abbas-Pacha, qui avait tant contrarié les fouilles du Sérapéum,
était mort en 1854, laissant le pouvoir à son
oncle Saïd-Pacha, ami de la France. Encouragé par
M. de Lesseps, le nouveau prince pria le gouvernement
français de lui prêter Mariette pendant un hiver,
celui de 1857—1858: il s'agissait de préparer des fouilles
pour un voyage que le prince Napoléon projetait
en Égypte. Le voyage n'eut pas lieu, mais le Pacha,
gagné par la bonne humeur de Mariette, lui donna le
titre de Bey, l'autorisa à multiplier les chantiers de
fouilles, à lever des ouvriers par la corvée, et à fonder
un musée, qui fut établi provisoirement à Boulaq. La
création, l'agrandissement et le maintien de ce musée
devinrent désormais la grande préoccupation de Mariette.
On ne saurait imaginer les trésors de diplomatie
qu'il dut dépenser, pour arracher aux divers souverains
de l'Égypte le terrain et l'argent nécessaires à
son oeuvre. Une crue du Nil, qui menaça de tout détruire
en 1878, lui permit enfin de disposer le local selon
ses intentions, mais le classement définitif, sans
cesse retardé par le manque de fonds, dura des années
et n'était pas encore achevé quand il mourut.
Seul maître du sol antique de l'Égypte, Mariette voulut
l'exploiter sur un plan grandiose: il l'attaqua sur
trente-sept points à la fois, de l'embouchure du Nil à
la première cataracte. Un petit nombre seulement de
ces ateliers réussit à souhait. Les fouilles du Delta ne
donnèrent de résultats sérieux qu'à Sân, sur les ruines
de l'antique Tanis: on y mit au jour, outre des monuments
importants de la XIIIe, de la XIVe, de la XIXe
et de la XXIe dynasties, des statues et des sphinx d'un

type particulier que Mariette attribua aux Hyksos.
Saïs, Thmuis, Bubaste, ne produisirent presque rien,
mais les succès obtenus sur l'emplacement de l'antique
Memphis compensèrent largement cet échec. La
ville même est difficile à explorer, à cause du bois
de palmier et des villages qui la recouvrent; mais
les nécropoles, de Gizéh à Meïdoum, sont inépuisables.
Mariette s'attaqua d'abord aux Pyramides et
ouvrit, en 1858, le Mastabat el-Faraoun, qu'il crut
être le tombeau d'Ounas de la Ve dynastie. L'ayant
trouvé vide et nu, il se confirma dans l'idée que les
Pyramides ne renfermaient jamais d'inscriptions, et
qu'à les explorer, il perdrait son temps et son argent.
Il reporta tous ses efforts sur les tombes privées,
dont la mission de Lepsius avaient révélé l'importance,
et les examina avec ordre et méthode. Les
fouilles, menées activement de 1858 à 1863, puis reprises
en 1877, après avoir traîné pendant des anneés,
ont fait connaître plus de trois cents tombes
nouvelles, à Gizéh, à Saqqarah, à Méïdoum. Il fit
connaître quelques-uns des résultats obtenus jusqu'en
1867 dans son mémoire: Sur les tombes de l'Ancien
Empire qu'on trouve à Saqqarah (Revue Archéologique,

1867, t. I), et se préparait à tout publier
quand la mort vint le surprendre. J'ai retrouvé dans
ses papiers des morceaux d'introduction et des notices
plus ou moins détaillées de cent cinquante tombes,
matériaux à peine dégrossis de ce mémoire Sur
les Mastabas
: le gouvernement français les a publiés
tels quels (1882—1884).
Abydos, Dendérah, Edfou et Thèbes profitèrent le
plus de son activité. On peut dire qu'avant lui Abydos

était inconnue: en vingt ans, il y fit sortir de dessous
terre le temple de Séti Ier, deux temples de Ramsès II,
les restes du grand temple d'Osiris, plus de deux cents
tombes, et quinze mille monuments de différente nature,
dont la plupart sont aujourd'hui au Musée de
Boulaq. A Dendérah, déblaiement du grand temple
d'Hathor et d'une partie des édifices environnants.
A Thèbes, grandes fouilles au temple d'Ammon à
Karnak, à Méinét-Thabou, à Déïr el-Baharî, dans
la plupart de villages qui couvrent aujourd'hui l'emplacement
de la grande métropole égyptienne. A Edfou,
une ville entière s'était établie sur les toits du
temple et rendait l'étude impossible: elle fut transportée
dans la plaine, et le temple sortit intact de son
linceul de décombres. Et je ne fais que mentionner
en passant les recherches fructueuses qu'il exécuta
lui-même, ou fit exécuter tout le long de la vallée par
son fidèle auxiliaire, le peintre italien Louis Vassali,
qu'il avait connu en 1858, et qui est resté jusqu'en
1883 Conservateur du musée de Boulaq.
Saïd-Pacha, qui l'avait si bien soutenu, mourut en
janvier 1863, et Ismaïl-Pacha monta sur le trône. Le
nouveau souverain, tout occupé de grands desseins
politiques, n'attachait que peu d'importance à l'archéologie:
il continua cependant les traditions de Saïd
et ne suspendit point les travaux. Mariette, nommé
commissaire égyptien à l'Exposition Universelle de
1867, transporta à Paris les plus belles pièces du
Musée de Boulaq, et fit connaître à l'Europe émerveillée
les richesses et le beautés inconnues de la
civilisation égyptienne. II profita de son succés pour
commencer à publier le résultat de ses fouilles. Il

avait dressé à ce sujet un plan grandiose: son oeuvre
devait être comme un livre immense, dont chaque
chapitre renfermerait tout ce qu'une localité déterminée
aurait produit; l'ensemble s'appellerait Fouilles
exécutées en Égypte.
La première partie formait
deux volumes in-folio, renfermant les monuments
trouvés au Gebel-Barkal en Nubie, et les principaux
textes des temples de Séti Ier et de Ramsés II, à Abydos.
Ces deux volumes, à peine mis en vente (1867),
furent retirés du commerce et dépecés: les planches
de Gebel-Barkal furent insérées plus tard dans les
Monuments Divers, les autres dans les deux volumes
d'Abydos, et, de l'ouvrage primitif, il ne reste plus à
ma connaissance que trois exemplaires. Aussi bien,
Mariette, de retour en Égypte au lendemain de l'exposition,
avait reconnu que son plan était trop vaste,
et s'était résigné à publier isolément les matériaux
de l'oeuvre, au fur et à mesure qu'ils seraient assemblés
en quantité suffisante. Le tome premier
d'Abydos, paru en 1869, ne renfermait plus que les
planches et le texte relatifs au temple construit par
Séti Ier.
Les malheurs de la France en 1870, les embarras
politiques et financiers de l'Égypte, la maladie, les
chagrins domestiques, interrompirent brusquement
l'activité de Mariette. Mariette était resté veuf en
1864, avec sept enfants vivants de onze qu'il avait
eus: la mort soudaine de sa fille aînée, puis celle d'une
autre fille et d'un fils qu'il aimait tendrement, l'assombrirent
d'année en année. Les infirmités vinrent avec
les chagrins. A la force morale il joignait une force
physique prodigieuse et une vigueur de tempérament,

dont il avait parfois abusé dans l'ardeur de la
recherche scientifique. Dès 1861, les analyses médicales
signalaient en lui les germes de la maladie terrible,
le diabète sucré, dont il devait mourir vingt
ans plus tard: le rude hiver de 1870, qu'il passa
tout entier à Paris, fit de l'athlète d'autrefois un valétudinaire
confirmé. Il n'en continua pas moins ses
travaux: Dendérah fut publié en six volumes de 1870
à 1876, Karnak et Déïr el-Baharî livrés au public,
les Monuments Divers commencés. En 1877, le diabète
se déclara avec une violence telle, qu'au mois
de Juin, Mariette, condamné par les médecins, passa
pour n'avoir plus que quelques jours à vivre. Il se
rétablit pourtant, et cette reprise de santé fut marquée
par un redoublement d'activité: le deuxième
volume d'Abydos et le Catalogue général des monuments
trouvés dans cette ville sont de cette époque.
Mais la maladie était trop avancée déjà pour
qu'on pût aire autre chose qu'en retarder les progrès.
Mariette songeait à rédiger enfin les Mastabas
et projetait, dans une lecture faite à l'Institut en 1879,
une longue série de travaux, sans paraître soupçonner
que ses jours étaient comptés. Un dernier voyage
en France, qu'il fit en 1880, acheva de l'épuiser:
menacé de mort s'il retournait en Égypte, il prit la
mer contre l'avis des médecins, gagna Alexandrie,
puis le Caire à grand peine. Un moment, on crut
avoir conjuré le mal, mais ce fut une illusion qui
ne dura que quelques heures: il mourut le 17 Janvier
au soir, après une agonie terrible de huit jours,
et fut enterré le lendemain. Les derniers travaux
qu'il ait commandés venaient d'amener l'ouverture,

à Saqqarah, de deux pyramides royales remplies d'inscriptions.
On pourra juger diversement certaines parties de
son oeuvre: de toute manière, il faudra reconnaître
qu'il eut le génie de la découverte. Homme de cabinet
au début de sa carrière, les aventures de sa
vie errante l'empêchèrent de pousser bien loin ses
études de philologie: elles développèrent les qualités
archéologiques qu'il portait en lui. Il avait l'esprit
logique et systématique: avant de rien entreprendre,
il se traçait à lui - même un plan d'action d'où il ne
s'écartait plus par la suite. Aussi la plupart de ses
découvertes ne sont-elles pas dues au hasard: quand
il trouvait le Sérapéum, il savait d'avance oú il fallait
chercher pour bien trouver, ses grands travaux
d'Abydos n'ont été entrepris qu'après de longues méditations,
et son exploration de Dendérah n'est que
la démonstration matérielle d'une théorie conçue à
priori. Cette méthode, si elle a des avantages, a aussi
des inconvénients, et Mariette en a souffert: il a vécu
trente ans au pied des pyramides de Saqqarah, sans
les ouvrir, et cela, parce qu'une théorie à priori lui
enseignait que nulle pyramide ne peut renfermer
d'inscriptions. La logique, qui l'avait si bien servi
ailleurs, le desservit ici.
Mariette était décoré de la plupart des ordres de
I'Europe: il était membre de l'Académie des Inscriptions
et Belles - Lettres depuis 1878, et pacha. Il a
laissé de nombreux papiers que le gouvernement français
a achetés et publiés en parties.
De l'autre côté du tombeau de Mariette, l'allée

aboutit à un ensemble formé d'un colosse, d'une
table d'offrandes et de deux sphinx.
6030 et 6032.— Granit rose. — H. Im 40;
larg., 0m 84; long. 2m 50.
Les deux sphinx ont été légèrement restaurés: ils
représentent le Pharaon Thoutmos III dont ils portent
les cartouches. — XVIIIe dyn.
Karnak.
6031. — Granit rose. — H. 3m 30.
Ramsès II, debout, tient deux enseignes surmontées,
celle de droite d'une tête de Mout, celle de
gauche d'une tête d'Hathor. Il est coiffé d'une grosse
perruque, sur laquelle est posé le disque solaire et
vêtu d'un pagne à tablier, chargé de six uraeus lovées.
Contre la jambe gauche est représenté le treizième
fils de Ramsès II, qui fut régent pendant les
dix-sept dernières années du règne de son père, et
lui succéda sous le nom de Ménephtah. — XIXe dyn.
Tanis.
6033. — Granit rose. — Larg. 0m 74;
long. 0m 50.
Les Égyptiens déposaient au pied des statues ou
des stèles qu'ils plaçaient dans les tombeaux et dans
les temples, des blocs de pierre, ordinairement rectangulaires,
et munis, au milieu de l'un des côtés, d'une
saillie creusée en forme de gouttière. La face supérieure
en est évidée plus ou moins profondément,
et porte souvent, en relief, des ronds qui représentent
les pains d'offrande, des vases à libation couchés
à plat, et d'autres objets qu'on avait l'habitude

d'offrir aux morts ou aux dieux. C'étaient de véritables
autels, sur lesquels au moment du sacrifice,
on déposait successivement les portions de la victime,
les gâteaux, les fruits, les légumes, et sur laquelle
on versait les liquides, l'eau, le vin, l'huile, la
bière etc., qui faisaient partie du sacrifice: de là le
nom de tables d'offrandes ou de tables à libations
qu'on leur donne communément.
La table d'offrandes no 6033 a été consacrée par
Thoutmos III à son père Ammon Râ, lors de la
construction d'une des salles du temple de Karnak.
— XVIIIe dyn.
Karnak.
Dans l'espèce de petite cour qui s'étend derrière
le colosse de Ramsès II, entre le Musée et le Nil,
on remarque, contre le mur le plus rapproché du
sphinx de Thoutmos III:
6025. — Calcaire blanc. — H. 2m 49;
larg. 1m 84.
Stèle de Ptahhotpou. — Ve dyn.
Saqqarah.
6027. — Calcaire blanc. — H. 2m 57;
larg. 1m 82.
Stèle de Papinas. — VIe dyn.
Saqqarah.
6028. — Granit noir. — H. 1m 20.
Statue de la princesse Nofirt, femme d'Ousirtasen Ier. — XIIe dyn.
Tanis.
6029. — Granit gris. — L. 1m 75; Iarg.
0m 78, h. 0m 75.

26

Sarcophage du roi Psamitik II de la XXVIe dyn.
Ce sarcophage se trouvait à Damanhour, dans la
maison d'un des notables du pays. Son existence
m'ayant été signalée par M. Emile Brugsch-Bey,
Conservateur du Musée, je l'ai fait transporter à
Boulaq en juin 1883. Il est de travail grossier et
inachevé: I'intérieur en a été évidé juste assez pour
recevoir la momie. La cavité n'a que 1m 40 de longueur,
ce qui nous permettrait de penser que Psamitik
II, dont le règne fut fort court et très insignifiant,
mourut avant d'atteindre à I'âge d'homme.
Il est peu probable que notre sarcophage provienne
de Damanhour même ou des environs: il a dû être
porté dans cette ville de Sâ. el-Haggar, l'antique Saïs,
où était, au témoignage d'Hérodote, la sépulture de
famille des Psamitik. — XXVIe dyn.
Damanhour.
La façade du Musée n'est pas encore complétement
garnie de monuments: on y voit pour le moment,
une grande stèle de l'an 1er d'Amasis (XXVIe dyn.),
une table d'offrandes d'Ousirtasen Ier (XIIe dyn.),
un gros scarabée sculpté en relief sur un large
bloc de granit, et une patte de sphinx gigantesque.
Des deux cõtés de la porte siègent deux colosses
légèrement restaurés:
6020. — Granit gris. — H. 2m 35.
Roi, assis, sans barbe, probablement un des rois
de la XIIIe ou de la XIVe dynasties. Ramsès II a
usurpé cette statue et y a fait graver son nom.
Tanis.

27

6021. — Granit gris. — H. 2m 60.
Roi, assis, coiffé du pschent. Comme la précédente,
elle représentait un roi de la XIIIe ou de la
XIVe dynastic, mais a été usurpée par Ramsès II.
Tanis.

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CHAPITRE DEUXIÈME.
LES DEUX VESTIBULES ET LA SALLE HISTORIQUE
DE L'OUEST.

§ I. — Petit vestibule.

Le petit vestibule ne renferme que peu de monuments
importants. D'abord, quelques sarcophages,
la plupart en forme de momies, appartenant tous à
l'époque grecque: le plus intéressant, en calcaire
blanc compact (long. 2m 28), est celui du prophète
d'Osiris, Ounnofri, fils de la dame Nephthys.
Sur la paroi de droite, deux grandes dalles détachées
d'un tombeau représentent des scènes des funérailles.
21. — Calcaire blanc. — H. Im 37; larg.
2m 80. — (Mariette, Mon. Div., pl. 60.)
Bas-reliefs du tombeau de Hormin. Les scènes se
passent les unes sur la terre, les autres dans l'enfer.

Le spectacle commence au second registre. Le convoi
de Hormin défile devant nous. Des esclaves passent
avec les coffres et les tables destinées au tombeau,
des pleureuses suivent, puis la momie couchée
dans son catafalque et portée par un groupe de prêtres:
le fils du mort et sa femme Mâï marchent à
côté en se lamentant, et les amis vêtus de leur plus
beau costume terminent la procession avec d'autres
pleureuses. Au-dessous, les serviteurs sont occupés
à préparer le repas funéraire, tout en poussant les
cris obligatoires: Que ta nuit soit bonne éternellement,
que ton double ait de l'encens, de l'eau, toutes
Choses bonnes!
Dans le haut, des registres à moitié
détruits nous font assister au dernier adieu de la
famille. D'abord le prêtre présente l'huile à la momie
debout devant lui. Plus loin, un prêtre exécute
la cérémonie de l'Ouverture de bouche, qui permettait
au mort de parler, de manger, de boire, comme
de son vivant: cependant, la veuve accroupie pleure
et embrasse les genoux de la momie. Par derrioère,
la famille consacre les statues du défunt et leur présente
la libation.
A gauche, et dans le haut du monument, Hormin
se bat contre les mauvais génies de l'enfer, contre le
serpent, contre l'âne, emblème de Typhon, et contre
les crocodiles.
20. — Calcaire blanc. — H. 0m 58; larg.
Im 08.
Ce bas-relief est comme le complément du précédent.
Il représente la scène de l'adieu au moment
où la momie, debout à l'entrée de son tombeau, reçoit

les dernières prières. Les femmes sautent en
s'arrachant les cheveux; les hommes courent en agitant
des roseaux et en criant, pour écarter les mauvais
esprits. — XIXe dyn.
Rangées le long des murs commence la série des
stèles qui font la richesse du Musée de Boulaq. Elles
sont pour la plupart, ou bien des épitaphes trouvées
dans les tombeaux, ou des stèles votives déposées
dans le grand temple d'Osiris, à Abydos.
1°. Chaque tombeau avait au moins une stèle qui
donnait le nom ou la filiation du mort. Quelquefois,
elle était exposée en plein air, dans la paroi de la
montagne; le plus souvent, elle était cachée dans la
chambre de réception. Quelquefois, elle est peinte
sur le mur ou gravée à même le rocher et ne fait
qu'un avec lui; le plus souvent, elle avait été taillée
dans un bloc détaché, puis dressée ou encastrée à
sa place. Presque toujours on la trouve au-dessus du
puits, ou à côté de la porte qui mène à la chambre
du sarcophage. Il y a aujourd'hui peu de tombeaux
qui n'aient perdu leur stèle.
2°. Les stèles votives sont de beaucoup les plus
nombreuses: elles proviennent toutes d'Abydos. La
petite ville d'Abydos jouait un grand rôle dans les
dogmes relatifs à l'autre vie. Les Égyptiens pensaient,
comme la plupart des peuples, que le passage
de cette terre-ci à l' autre terre ne peut pas se faire
indifféremment à tous les endroits. Le point exact d'où
leurs âmes partaient pour entrer dans le monde surnaturel,
se trouvait à l'Ouest d'Abydos, et c'était
une fente pratiquée dans la montagne. La barque
du soleil, arrivée à la fin de sa course diurne, se

glissait avec son cortège de dieux par la Bouche
de la fente
et pénétrait dans la nuit. Les âmes s'y
glissaient avec elle sous la protection d'Osiris. Il
fallait donc qu'elles se rendissent à Abydos de tous
les points de l'Égypte; on supposait qu'elles faisaient
le voyage par eau. Cette expédition est fréquemment
représentée sur les peintures des tombeaux. D'ordinaire,
le mort, habillé de ses vêtements de chaque
jour, commande la manoeuvre comme il aurait
fait pendant la vie. D'autres fois, il est enfermé
dans un catafalque entouré de pleureuses et de prêtres.
Des canots et des chalands chargés d'offrandes
escortent les barques principales. Les gens de l'équipage
poussent des cris de bon voyage: « En paix,
en paix, auprès d'Osiris! » ou causent et s'excitent
entre eux. On serait tenté de croire qu'il s'agit d'une
véritable expédition, et les anciens se sont laissés
prendre aux apparences. Ils racontaient que les plus
considérés et les plus riches des Égyptiens se font
enterrer dans Abydos, parce qu'ils estiment à honneur
de reposer auprès d'Osiris. En fait, les personnages
qui font la traversée dans les peintures ne
vont pas réellement à Abydos: ils sont enterrés à
Memphis, à Béni-Hassan, à Thèbes ou dans telle
autre ville. C'était leur âme qui partait en voyage
après la mort: tout au plus les parents envoyaientils
une stèle à Abydos. On la déposait auprès de
l'escalier du dieu grand
, où elle figurait le tombeau
tout entier, comme la représentation du voyage figurait
le voyage lui-même.
Entre deux des murailles qui formaient l'enceinte
des temples d'Abydos, s'étendait une sorte de couloir


Stèle de Sokarkhâbiou (IIIe dynastie).

profond, irrégulier, clos à ses deux extrémités
par des murs de briques crues. Sous la VIe dynastie,
quelques riches personnages y firent construire
leur tombeau: plus tard, les pèlerins ou les dévots
déposèrent, dans les espaces laissés vides, leurs exvoto
funèbres, leurs stèles, leurs statues, qui comblèrent
à la longue l'espace compris entre les murallies.
Il y a vingt ans encore, cette masse compacte,
isolée au milieu des ruines du temple, formait
une sorte de butte artificielle qu'on nommait Kom
es-soultân:
autrefois, c'était l'escalier du dieu grand.
Quatre-vingts sur cent des stèles qu'on trouve dans les
musées du monde entier ont été tirées de cet endroit.
Dans l'esprit des Égyptiens, la stèle n'était pas
seulement une épitaphe, un morceau de pierre chargé
de rappeler aux générations futures que tel ou telle
avaient existé jadis. Elle conservait le nom et la filiation
de chacun, et donnait au mort un état civil
sans lequel il n'aurait pas eu de personnalité: un
mort sans nom aurait été comme s'il n'existait pas.
Ce n'était là toutefois que la moindre vertu de la
stèle: grande ou petite, quadrangulaire ou arrondie
au sommet, avec ou sans figures, il suffisait qu'elle
eût été consacrée, pour assurer des moyens d'existence
à celui dont elle portait le nom, et pour le
mettre en possession de toutes les choses nécessaires
à la vie dans l'autre monde.
L'idée qu'on attachait à la stèle n'a jamais variée:
les formes matérielles que cette idée a revêtues se
sont modifiées beaucoup selon les époques. Prenez
deux des stèles les plus vieilles qu' on connaisse
jusqu'à présent, celles du Cousin royal Shiri, prêtre

du roi Pirsen (Salle de l'Ancien Empire, no 1027)
et celle de Sokarkhâbiou surnommé Hotés (Salle de
l'Ancien Empire
, no 993). L'aspect en est d'une porte
un peu étroite, un peu basse, dont la baie ne serait
pas ouverte. L'inscription gravée sur le linteau
nous apprend le nom du maître du tombeau. Les
figures taillées dans les montants sont ses, portraits
et ceux des personnes de sa famille. La petite scène
du fond le montre assis devant sa table, et même
on a pris soin de graver à côté de lui le menu de
son repas. La stèle était, à proprement parler, la façade
extérieure de la maison éternelle où chacun allait
reposer à son tour. Rien d'étonnant qu'on l'ait
faite à la semblance d'une porte; si la porte est fermée,
c'est que nul ne devait pénétrer dans la chambre
du sarcophage, passé le jour de l'enterrement. Avec
le temps, chacun des éléments qui la composaient,
perdit sa valeur architectonique. Même quand elle
a encore des propositions colossales, comme c'est le
cas pour celles de Papinas (Cour, no 6027) et de
Ptahhotpou (Cour, no 6025), les montants, le linteau,
la niche n'ont plus que quelques centimètres
de relief. Une fois transportées sur une surface à peu
près unie, toutes ces parties furent soumises aux
lois de la perspective égyptienne. Les dessinateurs
avaient l' habitude de décomposer leurs sujets en
plans verticaux qu'ils superposaient: le registre le
plus voisin du sol répondait au plan le plus rapproché
du spectateur, les registres suivants répondaient
à des plans de plus en plus éloignés. D'après
ce principe, la scène qui occupait le fond de la niche
fut reportée au-dessus du linteau, et occupa désormais

Stèle de Ptahhotpou (Ve dynastie).




Stèle de Sitou (IVe dynastie).

le haut de la stèle. Les bas côtés furent rabattus
sur le même plan que la face extérieure des
montants, et restèrent séparés l'un de l'autre par une
sorte de rainure longue et étroite, qui rappelait
la place remplie jadis par la paroi du fond. La
stèle ainsi constituée demeura la stèle - type pendant
les trois dernières dynasties de l'Ancien-Empire
(IVe—VIe), sans qu'on jugeât nécessaire d'en reproduire
toutes les parties. Quelquefois, on négligeait le
registre supérieur, et on se contentait de la partie
architectonique: c'est le cas pour les deux stèles de
Sitou que renferme le Musée (Salle de l'Ancien-Empire,
nos 883, 1043). Le plus souvent, on supprimait
la partie architectonique, et on ne gardait que
la scène située jadis au fond de la niche, et dont on
modifiait plus ou moins l'arrangement. En même
temps, les textes hiéroglyphiques prenaient plus de
développement. L'inscription se bornait d'abord à
énumérer le nom et les titres du défunt, sa filiation,
les provisions qu'on lui servait les jours de fête: on
y joignit une prière, où l'on adjurait les dieux des
morts de lui assurer une destinée heureuse dans le
monde infernal. Le dieu invoqué est presque toujours
le chacal Anubis ou le Dieu Grand, c'est-à-dire
Osiris: la formule est toujours brève. Les longues
prières et les éloges pompeux ne commencent
guères qu'après la VIe dynastie, à l'époque
encore mal définie où la puissance memphite déclina,
et où Thébes prit en mains les destinées de
I'Égypte.
Les stèles carrées d'origine thébaine procèdent
directement des stèles de la VIe dynastie, où l'on

n'avait conservé que la scène gravée primitivement
au fond de la niche. Une corniche, tantòt sculptée
en relief, tantôt simplement indiquée au pinceau,
deux baguettes rondes ou deux platebandes placées
à droite et à gauche, sont tout ce qui rappelle la
porte antique: encore disparaissent-elles souvent.
La scène elle-même se complique d'éléments nouveaux.
La stèle du prince héréditaire de Thèbes,
Entef
(Grand Vestibule, no 167), nous fournit un bon
exemple de ces modifications, et nous montre de
quelles conceptions elles provenaient. La porte de
l'hypogée est dessinée au milieu du registre inférieur:
à gauche, deux serviteurs amènent chacun
une gazelle d'espèce différente, à droite, deux bouchers
égorgent un boeuf sous la surveillance d'un
prêtre. Au-dessus de la porte, c'est-à-dire dans le
tombeau même, Entef est assis sous un dais supporté
de colonnettes peintes. Son chien favori est à
côté de lui sous son fauteuil: un peu derrière lui,
à gauche, un homme l'évente avec un grand chassemouche,
à droite, un autre domestique lui tient sa
canne et ses sandales, en attendant qu'il lui plaise
s'en servir. Trois serviteurs viennent en procession
lui offrir, l'un de la bière douce, l'autre une cuisse
de boeuf, le troisième un panier de pain, tandis que
des provisions diverses sont étalées à terre devant
lui. Jadis, tous ces détails, la boucherie, l'apport des
offrandes, les processions d'esclaves et de parents,
étaient gravés sur les parois du tombeau: les voilà
passés sur les stèles. La stèle était jadis la porte du
tombeau: elle tend de plus en plus à devenir le
résumé du tombeau lui-même. Et cette tendance se

Stèle d'Entef (XIe dynastie).



manifeste non-seulement dans le choix des sujets,
mais dans la forme extérieure de la pierre. La stèle
Memphite avait la forme carrée des Mastabas de Gizéh
ou de Saqqarah: la stèle Thébaine s'arrondit
au sommet, comme les chambres funéraires de la
Moyenne et de la Haute Égypte. La stèle carrée au
sommet est l'abrégé des tombeaux carrés: la stèle
cintrée, l'abrégé des tombeaux voûtés, creusés dans
le roc.
Ce changement dans le caractère des représentations
devait entraîner nécessairement des changements
importants dans le caractère des inscriptions.
La formule qui se maintiendra jusqu'aux derniers
jours de l'Égypte est dès à présent fixée dans ses
grandes lignes. La rédaction la plus simple en est
à peu près conçue en ces termes: « Présentation de
la table d'offrandes (Souten di hotpou) au dieu X
pour qu'il donne des provisions en pain, en eau,
boeufs, oies, en lait, en vin, en bière, en vêtements,
en parfums, en toutes les choses bonnes et
pures dont vit Dieu, au double de N. fils de N.»
La théorie du sacrifice funéraire et la destination
de la stéle nous sont révélées tout entières par ces
quelques mots. Comme les vivants ne sont pas en
communication directe avec les morts et ne peuvent
leur transmettre les offrandes de la main à la main,
ils prennent un dieu pour intermédiaire et lui dédient
le sacrifice, à la condition qu'il prélevera la
part du mort sur toutes les bonnes choses qu'on
lui présente et dont il vit. Le double des pains, des
boissons, de la viande passait de la sorte dans l'autre
monde et y nourissait le double de l'homme. Il n'y

avait même pas besoin que cette offrande fût réelle
pour être effective: le premier-venu, répétant en
l'honneur du mort la formule de l'offrande, procurait
par cela seul au double la possession de tous
les objets dont il récitait l'énumération. Aussi n'étaitil
pas rare que l'on ajoutât à la formule ordinaire
une adjuration, adressée à tous ceux que la fortune
amènerait devant la stèle. « O princes, chefs des prophètes,
ô grands-prêtres, ô prêtres célébrants et initiés,
ô multitude des prophètes, ô fonctionnaires,
ô citoyens vivants dans votre ville, vous tous qui
serez dans ce temple et qui passerez devant ce
monument, récitez cette stéle, soit que vous désiriez
qu' Osiris Khontamenti ne cesse de vous présenter
ses gâteaux de fête, soit que vous désiriez
qu'Ouopouatou votre Dieu, dont plaisant est l'amour,
rende votre coeur heureux comme celui d'un
roi, à toujours et à jamais, si vous aimez la vie, si
vous voulez ignorer la mort et assurer la force à
vos enfants, dites de votre bouche:» « Présentation
de la table d'offrandes, milliers de pains, d'eau, de
gâteaux, de boeufs, d'oies, de parfums, d'étoffes,
de toutes les choses agréables dont vit un dieu,
au double de S-hotphitrî, fils de la Dame Moutnibdidit.
»
(Salle historique de l'Ouest, no 125). Ces
deux formules sont la partie essentielle de la stèle,
le reste des inscriptions n'a qu'une importance secondaire.
Tantôt, il fallait justifier les titres du défunt
à la bienveillance des dieux: on racontait sa
vie, on disait les faveurs dont le roi l'avait comblé,
on célébrait ses vertus. On pense bien que le rédacteur
de l'inscription n'avait garde d'indiquer les

vices de son héros: le dicton moderne, menteur
comme une épitaphe
aurait été de mise en Égypte,
et qeut-être le découvrirons-nous un jour au coin
de quelque papyrus. Souvent, afin de mieux assurer
au mort la plénitude de son bonheur, on décrivait
les vicissitudes de sa vie d'outre-tombe, et l'idée
qu'on s'en faisait variait selon les époques. A la
XIIe dynastie, on l'embarquait sur la barque du Soleil,
on le faisait participer aux courses du dieu et
à ses triomphes. « Il a passé le bras chargé d'offrandes
dans les fêtes des morts avec les suivants
d'Osiris, et les chefs de Mendès l'exaltent, les grands
d'Abydos l'exaltent. — Il a mis les mains à la manoeuvre
dans la barque solaire, sur les voies d'Occident,
et les chefs d'Abydos lui ont dit: » « Va en
paix! » — « Il conduit, avec le dieu Grand, jusqu'à
la Bouche de la fente, la grande barque sacrée
d'Osiris, lors de ses courses pendant les fêtes des
morts, et Osiris, le taureau d'Occident, l'exalte. »
Sous la XVIIIe dynastie, on lui souhaite « la gloire
au ciel, la puissance sur terre, la voix juste dans
le monde souterrain, d'aller et de venir dans son
tombeau, de se rafraîchir à son ombre et d'y boire
chaque jour l'eau de sa citerne, de recevoir du
Nil tous les aliments, toutes les herbes annuelles
chacune en sa saison, de poser son âme sur les
arbres de son jardin, d'être au frais sous ses sycomores
et de manger les fruits de leurs branches, »
et mille autres prospérités matérielles ou morales.
Souvent encore, l'invocation traditionnelle au dieu se
compliquait d'un hymne, où le défunt tâchait de se
rendre le dieu favorable en l'accablant de compliments:

l'hymne finissait alors par occuper tout et
ne laissait plus de place pour le reste des formules
(Grand Vestibule, no 292).
Les peintures ou les sculptures qui couvrent parfois
le champ de la stèle sont comme la traduction
des légendes en images. Prenons pour exemple
la stèle no 253 de notre Musée (Grand Vestibule).
Au registre le plus bas, des parents et des domestiques
apportent des offrandes. Au registre qui vient
ensuite, le défunt Ahmôs, chef comptable des boeufs,
et sa femme Pouhou, assis à gauche, reçoivent l'encens
et l'eau de leur fils Ah; une petite fille Moutnofrit
est assise à côte de ses parents. En face, à droite,
le père et la mère d'Ahmos sont assis également.
Au dernier registre, Ahmos, Pouhou, la petite Moutnofrit,
et un autre fils d'Ahmôs nommé Mâhou, adorent
Osiris, assis dans son naos. On voit à première
vue ce dont il s'agit. Dans les deux registres du bas,
la scène est sur terre, et les survivants de la famille
accomplissent l'action indiquée au début de
la formule: ils présentent la table d'offrandes au
mort et au dieu Osiris. Dans le registre du haut,
la scène est en enfer: les morts de la famille adorent
le dieu, pour recevoir de lui les portions qui
leur reviennent de l'offrande faite sur terre. C'est
la mise en action de la seconde partie de la formule,
d'après laquelle le dieu doit donner des milliers
de pains, de boeufs, etc., au double en faveur
de qui on accomplit le sacrifice. Toutes les scènes
représentées sur les stèles ne sont que des variantes
des scènes figurées sur la stèle d'Ahmôs. Sous
la XIIe dynastie, où l'on n'aimait pas beaucoup

Stéle d'Ahmos (XVIIIe dynastie).




Stèle no 165 (XXe dynastie).

reproduire l'image des dieux, la scène qui se passe
devant Osiris est presque toujours remplacée par la
formule; en revanche, la présentation de l'offrande,
le sacrifice, le défilé de la famille et des vassaux
occupent une grande place. Sous la XIIIe et la
XIVe dynasties, on remplace fréquemment les registres
de personnages par des listes, où sont énumérées toutes les personnes qui avaient assisté ou
auraient dû assister à l'enterrement. Sous le Nouvel
Empire, on joint quelquefois aux scènes d'offrandes
la représentation de l'enterrement, le transport de
la momie, les lamentations des femmes, l'arriveée à
l'hypogée (Grand Vestibule, no 165). Quand on supprimait
quelques détails, ce n'était pas, comme sous
la XIIe dynastie, ceux qui avaient trait à l'adoration
du dieu par le mort, mais ceux qui se rapportaient
à l'enterrement ou au sacrifice. Quand il n'y a qu'un
seul tableau, le dieu y figure, et alors la formule est
gravée au bas de la stèle, à la place qu'occupaient
les scènes supprimées.
Tels sont les faits principaux qu'il importe de
connaître pour comprendre le sens que les Égyptiens
attachaient à la stèle. Il ne me reste plus qu'è signaler
les plus curieux parmi les monuments de ce genre
que renferme le Petit vestibule.
3. — Calcaire blanc. — H. 0m 24.—
(Mariette, Mon. Div., pl. 47 c.)
Stèle funéraire en l'honneur d'Ounnofri, fils de
Ziba, mort à l'âge de 51 ans, I mois, 27 jours.—
Epoque Saïte.
Louxor.
19. — Calcaire blanc. — H. 0m 23. —
(Mariette, Mon. Div., pl. 47 d.)
Stèle funéraire en l'honneur de Panofrihaf, fils de
la dame Tetosiri, mort à l'âge de 57 ans, 10 mois,
4 jours. — Epoque Saïte.
Louxor.
50. — Calcaire blanc. — H. 0m 30; larg.
0m 19. — (Marietta, Abydos, III, p. 355, no 993.)
La chanteuse Sitathor est représentée accroupie,
et jouant de la harpe devant sa fille Anoukitnofirhotpit. — XIIIe dyn.

§ 2. — Grand vestibule.

Il est presque entièrement rempli des stèles trouvées
dans les fouilles d'Abydos. On y remarque, en
commençant par le mur à gauche de la porte d'entrée:
143. — Calcaire blanc. — H. 0m 40; larg.
0m 29. — (Mariette, Abydos, III, p. 178—179,
no 663.)
Stèle funéraire d'Apenônkh, fils de la dame Aki.
La cavité ménagée au centre de la pierre était destinée
à recevoir une statuette, celle d'un dieu ou
celle du défunt: cette particularité n'est pas rare dans
notre musée, et je la signale ici une fois pour toutes.
165. — Calcaire blanc. — H. I m 65; larg.
0m 58.
Au premier registre, deux personnages sans légende
sont devant Osiris. Au second est la scène des

funérailles. La momie de Phrâmhabi est debout devant
la porte de son tombeau; sa soeur Aati lui
embrasse les genoux en se lamentant. Au registre
suivant, le Chef des fondeurs Amenemhabi, assis
avec sa soeur Aati, reçoit l'offrande de deux parents.
L'inscription ne renferme que la formule ordinaire
de dédicace au nom d'Amenemhabi. — XXe dyn.
166. — Calcaire blanc. — H. 0m 30.
Les dieux Osorhapi, Ammon-Râ, Mout et Khonsou,
de la localité de Bokhnou, reçoivent l'offrande d'un
roi dont le cartouche est vide. Ce cartouche, rempli
vers 1856 par une main moderne, a été martelé
soigneusement lors de l'entrée au Musée, pour éviter
toute erreur.
167. — Calcaire blanc. — H. 0m 95; larg.
0m 73. — (Mariette, Mon. Div., pl. 50 b.)
Stèle d'Entef (cfr. p. 34). — XIe dyn.
Drah abou 'l neggah.
168. — Calcaire blanc. — H. 0m 39; larg.
0m 26.
Stèle d'un travail très fin: les figures ont été martelées,
et les inscriptions, simplement tracées à l'encre
noire, ont été effacées à l'éponge dès l'antiquité. —
XIIe dyn.
169. — Calcaire blanc. — H. 0m 90; larg.
0m 59. — (Mariette, Mon. Div., pl. 56, 2.)
Sous la corniche, deux séries de personnages sont
agenouillées en face d'un amas de provisions. Au

premier registre, le Chef des marchands du temple
d'Aton, Houi, accompagné de sa femme Notmmannofri
et de son fils, fait le sacrifice à son père et
à sa mère. Au second, il est arrosé d'eau parfumée
par son propre fils Iri. Cette stèle doit dater de la
fin du règne d'Aménophis III ou du commencement
de celui d'Aménophis IV: elle prouve en tout cas
l'existence à Memphis d'un temple du dieu Aton.
171. — Calcaire blanc. — H. 0m 34; larg.
0m 24. — (Mariette, Abydos, III, p. 499,
no 1314.)
Les dieux Osiris, Isis, Horus, et la barque sacrée
d'Osiris à Abydos, reçoivent l'hommage d'une famille
de huit membres, dont les chefs sont Sônkhihor et
sa soeur Rânofrit. — Ep. Saïte.
176. — Calcaire blanc. — H. 0m 55; larg.
0m 34. — (Mariette, Abydos, III, p. 427,
no 1141.)
Stèle funéraire au nom de Phtahmâkouï et de la
dame Skhamnofrit. Au dernier registre, on remarque
une déesse qui, sortant à mi-corps du feuillage
d'un sycomore, verse de l'eau sur deux femmes
et sur un épervier à tête et à bras d'homme: c'est
la déesse Isis qui donne l'eau de jeunesse à l'âme
du mort, à sa femme et à sa fille. — XXe dyn.
190. — Calcaire blanc. — H. 0m 31; larg.
0m 34. — (Mariette, Abydos, III, p. 450, no 1195.)
L'enseigne d'Osiris est debout au milieu de la
stèle, supportée de chaque côté par une figure de roi,
et flanquée à droite et à gauche de deux autres enseignes
surmontées du bélier: un Hor et une Isis
complètent la triade d'Abydos. La formule porte le
nom de la Chanteuse d'Ammon, Tamout, et de sa
fille Moutemapit. — XXe dyn.
205. — Calcaire blanc. — H. 0m 26; larg.
0m 38. — (Mariette, Abydos, III, p. 195, no 694.)
La partie supérieure du monument a disparu: ce
qui reste offre les traces de deux époques différentes.
Le registre du haut appartient à une famille de la
XIIe dynastie. Vers la XVIIIe dynastie, un Comptable
du blé et chef des Greniers d'Osiris, Tounna, a fait
briser la stèle et a gravé son nom sur les parties qui
n'avaient pas été remplies autrefois.
244. — Calcaire blanc. — H. 0m 37; larg.
0m 33. — (Mariette, Abydos, III, p. 435,
no 1161.)
Stèle funéraire, en l'honneur du prêtre d'Hor,
Houho, de sa première femme Khaïtbasti, de sa seconde
femme Hathor, de sa troisième femme Tontapit
et de la fille de cette dernière Moutnofrit. Il résulte
des termes du texte que ces trois femmes ne
vivaient pas simultanément dans le harem de Houho,
mais furent épousées l'une après l'autre, et que les
deux premières étaient mortes avant le mariage de
la troisième. — XIXe dyn.
254. — Calcaire blanc. — H. 0m 88; larg.

0m 48. — (Mariette, Abydos, III, p. 320—321,
no 905.)
Le prince héréditaire Amoni est assis en grand
pompe devant la porte de son tombeau, la canne et
le sceptre à la main. Devant lui sont assis par terre,
sa femme Gouaït, fille de Tiounhâaou (pain des petits
enfants) et deux autres personnes de la famille: les
personnages figurés aux registres suivants sont des
amis ou des parents venus pour prendre part au
repas funéraire. — XIIe dyn.
261. — Calcaire blanc. — H. I m 06. —
(Mariette, Mon. Div., pl. 94.)
Table d'offrandes du Docteur, scribe en chef, Sitou.
Des offrandes diverses, volaille, raisin, pain, etc. sont
figurées sur la partie postérieure. Le bassin où coulait
la libation est divisé en étages, qui montrent la
hauteur de l'eau dans les réservoirs aux saisons:
vingt-deux coudées en hiver et au printemps, vingttrois
en automne et au commencement de l'hiver,
vingt-cinq pendant l'été. — VIe dyn.
Dahshour.
285. — Calcaire. blanc. — H. I m 17.
Cette statue et la suivante ont été tirées du tombeau
de Khâï, gardien du Trésor de la chapelle funéraire
de Ramsès II. Le mort, assis, tient devant lui
une petite chapelle portative, qui renferme une image
d'Osiris. Deux classes assez différentes avaient le
droit de porter ces petites chapelles: des prêtres de
haut rang, qui ne paraissaient en public avec leur
fardeau que dans les processions solennelles; des religieux
ambulants, qui s'en allaient à travers le pays,

comme certains moines italiens font encore aujourd'hui,
exhibant leur dieu à la vénération des fidèles.
Il va de soi que Khâï appartenait à la première classe.
Le pilier auquel il est adossé porte une prière à Phtah,
à Osiris, à Sokari, à Nofritoum: elle parle de la consécration
des deux statues que possède notre Musée.
— XIXe dyn.
286. — Calcaire blanc. — H. Im 10.
Autre statue du même personnage, dans la même
pose. Le naos renferme une statuette du dieu Râ.
291. — Calcaire blanc. — H. 0m 93; larg.
0m 55. — (Mariette, Abydos, III, p. 218—219,
no 741.)
Par une exception remarquable, le cintre de la
stèle est rempli d'un tableau qui représente l'abattage
des victimes. L'offrande est faite au nom de
Nakhti, fils de la dame Sitkhontkhiti. — XIIe Dyn.
292. — Calcaire blanc. — H. 0m 31; larg.
0m 22. — (Mariette, Mon. Div., pl. 57 a.)
Au premier registre, le scribe Anaoua, majordome
de Memphis, est en adoration devant Toum à droite,
devant Harmakhis à tête d'épervier, à gauche.
L'inscription est de celles dont j'ai parlé (p.37—38),
où la formule est remplacée par un hymne. Ici,
l'hymne est adressé au Soleil qui se lève à l'horizon
pour aller se coucher au pays de vie. « Salut à toi,
qui te lèves à ton horizon sous la forme de Râ

reposant sur la Vérité, toi que tous les êtres voient
quand tu traverses le ciel et vers qui ils viennent
en cachant leurs faces! Donne - moi qu'au matin
de chaque jour, je sois florissant et que je parcoure
le ciel avec ta majesté; car lorsque tes rayons
tombent sur leur face, on ne peut te discerner, et
l'or lui-même n'a pas ton éclat.» — XIXe dyn.
293. — Calcaire blanc. — H. 0m 31; larg.
0m 22. — (Mariette, Abydos, III, p. 451,
no 1200.)
Pamihou est en adoration devant une déesse assise,
qui porte sur la tête une petite barque. C'est la
déesse Noshemit, personnification de la barque sacrée
d'Osiris à Abydos.
297. — Calcaire blanc. — H. 0m 77; larg.
0m 48. — (Mariette, Abydos, III, p. 319, no 904.)
Le chancelier Amoni, fils de la dame Qomtit, est
assis sous un naos richement décoré. — XIIe dyn.
328. — Calcaire blanc, — H. 0m 35; larg.
0m 40.
Fragment de muraille représentant des troupeaux
de chèvres et de boeuf. — Ve—VIe dyn.
329. — Calcaire blanc. — H. 0m 97; larg.
0m 66. — (Mariette, Abydos, III, p. 454,
no 1206.)
Au premier registre, deux processions de dieux
qui vont à la rencontre l'une de l'autre: à droite
Osiris d'Abydos, Isis et la déesse de l'Amenti, représentée
par son embléme, à gauche Ammon générateur,
seigneur de Khemmis, Hor et Anubis. Au
second registre, Rouï et sa femme Sokhit reçoivent
les offrandes de leur fils Ramsès; en face d'eux, à
gauche, le général du roi, Khâï, et sa femme reçoivent
l'hommage de leur fils. Au troisième registre,
c'est Ramsès et sa femme Ataï qui reçoivent à leur
tour l'hommage de leur fils Khâï et des personnes
de leur famille. — XIXe dyn.
330.— Calcaire blanc. — H. 0m 48; larg.
0m 27. — (Mariette, Abydos, III, p. 382,
no 1057.)
Stèle du Grand-prêtre d'Ammon, vice-roi d'Ethiopie,
Piônkh, fils du roi Hrihor, le seul monument
connu de ce prince. — XXe dynastie.
Cette stèle appartient à une série de monuments,
mal étudiés jusqu'à présent, où l'offrande est faite pour
une partie de l'âme humaine différente du double,
à qui on adresse d'ordinaire les prières. La partie
ignée de l'âme, le Khou ou Lumineux, devait être
instruit des formules nécessaires à sa gloire dans
l'autre vie, muni des amulettes et du viatique indispensables
à tous les habitants de l'autre monde:
de là, les expressions de Khou instruit et de Khou
muni
fréquentes dans les textes. C'est au Khou instruit que s'adresse le proscynème, des stèles, et
cette qualification de Khou avait amené les théologiens
à mettre, devant le nom du défunt, le titre de

Râ ou Soleil. Le défunt est identifié ici au Soleil
comme il l'est ailleurs à Osiris: l'idée de lumière
contenue dans le terme de Khou, le lumineux, se
continue dans le titre de Râ. C'est au défunt glorieux
et instruit, resplendissant et omniscient comme
le soleil, que s'adresse le proscynème de nos stèles.
L'identification avec Râ, qu'on croit avoir été exclusivement
réservée aux rois, était donc accordée
aux simples particuliers sous la XIXe et sous la
XXe dynasties, sinon plus tôt.
378. — Calcaire blanc. — H. I m 60; larg.
0m 90. — (Mariette, Mon. Div., pl. 61.)
La corniche est mutilée: on y voyait, au centre,
la barque solaire, devant laquelle se tenaient, à droite
et à gauche, un cynocéphale en adoration et une
figure agenouillée du défunt.
Sous la corniche, deux petits tableaux nous montrent
le Scribe en chef d'Ammon, Phrâhiouïnamf, et
sa femme, la Chanteuse d'Ammon, Niouhaï, agenouillés
devant le chacal d'Anubis. Le tableau suivant
est l'arrivée du couple défunt devant Osiris et Isis.
Osiris est appelé successivement « le roi de l'Eternité,
le dieu grand, sorti de l'eau primordiale, l'épervier
fort, le roi des dieux, maître des âmes,
chef des épouvantements, maître des diadèmes, celui
qui est grand dans Hnès, qui paraît comme bélier
dans Mendès, le suzerain dans le cycle des dieux,
seigneur des couronnes dans Héliopolis, celui qui
porte haut les deux plumes de sa coiffure, le roi
du ciel, le souverain de l'Amenti, celui qu'ont révéré
les dieux et les hommes, qui fait ce qui est

juste et tourne le dos au péché: quiconque connaît
l'humilité et compte ses actions justes, le connaît
par là-même.» Sous ce tableau, vient, comme on
doit s'y attendre, l'offrande au défunt et à sa femme,
puis la formule: « Offrande à Osiris et à Isis, … pour
qu'ils m'accordent de recevoir l'offrande au tombeau,
la libation qui sort de l'eau courante, pour
que mon âme sorte où il lui plaira et qu'elle voie
Hor comme le voit l'horizon.» — XXe dyn.
379. — Albâtre. — Diamètre, 0m 49.
Table d'offrandes en forme de disque plat semé
de godets et portant en relief le signe hotpou, qui
sert à écrire le nom des tables d'offrandes. — Vedyn.
420. — Calcaire blanc. — H. Im 14; larg.
0m 80. — (Mariette, Abydos, II, pl. 63 et t. III,
p. 413 — 414, no 1122.)
Au premier registre, le Maître des essences et parfums
du trésor royal, chef des coiffures royales du
Pharaon, Româ, sa femme Soukhâ, sa fille Tapou,
et son petit-fils Nihiaï, présentent leur hommage à
la triade d'Osiris, Isis et Hor. Au second registre,
Româ et sa femme reçoivent l'offrande de leur fils
Apii, chef des domestiques, et de plusieurs autres
membres de la famille. Le troisième registre est
rempli tout entier par un bel hymne à Osiris: « Salut
à toi, Osiris, fils aîné de Sib, le plus grand des six
dieux issus de la déesse Nout, le grand favori de
son père Râ, le père des pères, celui qui est le plus

avant dans son coeur; roi du temps, maître de l'éternité,
un en ses manifestations, terrible, dès qu'il
sortit du sein de sa mère, il réunit le couronnes,
il attacha l'uraeus sur sa tête; multiforme, dieu
dont le nom est inconnu, et qui a beaucoup de
noms dans les villes et dans les provinces; si Râ
se lève au ciel, c'est au gré d'Osiris, et s'il se
couche, c'est à la vue de ses splendeurs! » —
XIXe dyn.
442. — Calcaire blanc. — H. 0m 70.
Zaï, vêtu d'une longue robe bouffante ramenée en
tablier sur les jambes, est assis à côté de sa femme
Naï, qui lui passe le bras sur l'épaule. Au dossier,
un petit bas-relief nous montre les deux époux recevant
l'offrande de la Chanteuse d'Ammon Tinro.
XIXe dyn.
443. — Grès rouge. — H. Im 05; long.
0m 50; larg. 0m 65.
Fragment de pilier quadrangulaire, gravé sur les
quatre faces. Ramsès II, agenouillé, présente le vin
à Ammon et à la déesse Mout. — XIXe dyn.
445. — Granit rose. — H. Im 10; diam.
0m 75.— (Maspero, Zeitschrift, 1881, p. 118.)
Tambour de colonne représentant le Pharaon Ménephtah,
en adoration devant un dieu dont le nom
est détruit. On savait que Ménephtah triompha d'une
coalition formée par les Libyens et les Peuples de
la mer
, mais on ne se savait pas jusqu'à présent
à quel moment il convenait de placer sa victoire:

l'inscription de cette colonne nous apprend qu'elle
fut remportée en l'an V. — XIXe dyn.
446. — Granit rose. — H. Im 50. —
(Mariette, Abydos, II, pl. 26, t. III, p. 30,
no 347.)
Le roi Sovkemsaouf, de la XIIIe dynastie, est debout,
marchant: sur la pierre qui unit ses deux
jambes est représenté son fils, le prince Sovkemsaouf.
La figure du Pharaon est mutilée, ce qui nous empêche
d'en saisir complétement l'expression. Cet accident
est d'autant plus à regretter, que le morceau
est d'une très belle facture et donne la meilleure
idée de ce qu'était l'art égyptien un peu avant l'invasion
des Pasteurs. — XIIIe dyn.
465. — Bronze. — H. 0m 27; long. 0m 64.
— (Mariette, Mon. Div., pl. 41.)
Ce lion fut trouvé dans le sebakh, avec deux autres
lions plus petits et une plaque mince de bronze. Il
porte les cartouches d'Apriès (XXVIe dynastie), et
faisait partie des pièces qui composaient l'ornementation
d'une porte de naos. La partie postérieure était
appliquée contre un mur, ou appliquée sur une traverse
de bois qui maintenait l'objet en place: la
chaîne, dont quelques anneaux pendent encore entre
les pattes de devant, servait à rattacher ce lion à
d'autres lions, disposés sur les degrés de l'escalier
qui menait soit au naos soit à une petite salle d'un
temple.
Comme fabrication, ce monument ne laisse rien
à désirer: il a été coulé d'un seul morceau, sauf
l'anneau de la chaîne, par le procédé dit de fonte
au carton. Comme oeuvre d'art, il nous donne un
bon exemple de l'habileté avec laquelle les Egyptiens
savaient reproduire les formes animales. Le lion
est représenté couché dans une sorte de cage oblongue,
d'où ne sortent que sa tête et ses pattes de devant:
la face et les membres ont une expression de
force calme fort bien rendue. — XXVIe dyn.
Horbaït.
466. — Granit gris. — H. 0m 70.
Statue d'Osiris debout, dédiée par une Chanteuse
d'Ammon, Tashib. — XXVIe dyn.
Médinet-Habou.
467. — Granit gris. — H. 0m 67.
Autre statue d'Osiris, dédiée par la Chanteuse d'Ammon
Moutiritis, dame de compagnie de la reine Ameniritis.
— XXVIe dyn.
Médinet-Habou.
468. — Albâtre. — H. Im 67.
Cette jolie statue, un peu trop vantée au moment
de la découverte, représente la reine Ameniritis, fille
du roi Kashta et soeur de Sabacon. Les formes un
peu longues et grêles sont chastes et délicates: la
tête, surchargee de la grande perruque des déesses,
est d'une expression un peu morne. Malgré ses défauts,
cette statue n'en est pas moins un des morceaux
les plus précieux du Musée.
Le socle sur lequel elle repose est de granit gris:
l'inscription donne le nom et les titres de la reine.

Les deux noms martelés sont ceux de Sabacon et
de Kashta, que les monarques de la XXVIe dynastie
considéraient comme des usurpateurs. — XXVe dyn.
469. — Granit noir. — H. 0m 80.
Groupe d'Ammon et de Mout, consacré par le
roi Séti Ier: le sculpteur a donné aux deux divinités
les traits du roi. — XIXe dyn.
471. — Calcaire blanc. — H. 0m 50; larg.
0m 45. — (Mariette, Abydos, III, p. 113 — 115,
no 655.)
La dame Tanii demande à Osiris et à Anubis de
lui accorder des milliers de pains, des milliers de
cruches de bière, des milliers de boeufs et d'oies,
« des milliers de pastilles d'encens et des parfums
divins qui naissent sur le grand champ d'Héliopolis.»
Pour justifier cette faveur des dieux, elle raconte les faveurs que lui ont accordées les rois:
« J'ai été une merveille parmi les êtres doués de connaissance,
une femme rendue heureuse par tous
les éloges qui sortent de la bouche auguste du roi,
en vérité, car le roi m'a récompensée par des repas
de chaque jour; quand j'entrais, on me louait,
quand je sortais, ce n'était que marques d'affection
accordées à ma parole et à ma sagesse, que récits
des choses que j'avais faites.» Aussi bien, Tanii
doit-elle jouir des bonheurs réservés aux servants
d'Osiris: « elle accourt à Abydos, en ce jour dont on
ne parle point (le jour de la mort), elle entre dans
le sanctuaire et en voit les secrets; elle entre dans

la barque d'Osiris et parcourt le fleuve sur la barque
du dieu; elle se manifeste comme Râ, des guirlandes
de fleurs de vie pour ses yeux, son nez et
ses oreilles, des fleurs célestes pour ses membres;
Taït, la déesse des étoffes, lui donne un vêtement,
car elle a donné ses vêtements à Aroîri, ce jour
où il a pris le diadème royal, et ton nez est à toi,
tes deux yeux voient, ô Tanii.» — XIIe dynastie.

§ 3. — Salle historique de l'ouest.

La plupart des monuments conservés dans cette
salle donnent des renseignements précieux pour l'histoire;
presque tous ne sont historiques qu'accidentellement.
Il peut arriver, en effet, que les biographies
de particuliers, racontées sur les stèles votives, fassent
des allusions plus ou moins claires aux événements
de la vie publique: un général parle de ses
campagnes, un ministre des actes de son administration,
ou, sans prendre d'aussi hauts personnages, un
scribe, un domestique, peut citer, à propos d'un des
faits de sa vie, une date et un nom de roi. C'est avec
de pareils éléments que nous parvenons à reconstituer
tant bien que mal de longues périodes d'histoire. II y
avait pourtant à côté de ces documents inconscients,
des pierres que l'on avait fait graver, avec l'intention
expresse de conserver la mémoire de tel ou tel événement
à la postérité. Après une guerre heureuse,
un roi dédiait dans un temple une stèle où il vantait
ses exploits, énumérait les hommes et les villes

prises, donnait le texte des traités conclus avec l'ennemi.
La plupart de monuments de ce genre que
renfermaient les temples ont péri, et le nombre de
ceux qui subsistent est si restreint, que peu de Musées
seraient en état d'en remplir une salle, même
aussi petite que l'est notre Salle historique de l'ouest.
87. — Calcaire blanc. — H. Im 23; larg.
0m 60. — (Mariette, Abydos, II, pl. 51; t. III,
p. 415 — 416, no 1124.)
Au premier registre, le roi Séti Ier, debout, fait l'offrande
à Osiris et à Isis la grande, dame du ciel.
Au second, le défunt est agenouillé devant Anubis:
c'est Hori, attaché au temple de Séti Ier, et gouverneur
de la Villa de Ramsès Ier. — XIXe dyn.
89. — Granit noir. — H. Im 85; larg.
Im 16. — (Mariette, Mon. Div., pl. 14.)
Cette stèle a été découverte en 1870, dans les fondations
d'une petite chambre de la mosquée Shéïkhoun,
au Caire, par Mohammed Effendi Kourshîd,
surveillant en chef du Musée.
Elle date de l'an VII d'Alexandre II, fils d'Alexandre
le Grand, et a été dédiée par Ptolémée fils
de Lagos, qui ne prend encore que le titre de Satrape
d'Egypte. Ptolémée était déjà fort puissant:
« il avait fait sa résidence de la Forteresse du roi
Alexandre premier sur les bords de la mer Ionienne,
dont le nom primitif était Rakôti, et où
il avait établi beaucoup de Grecs avec leurs chevaux,

et beaucoup de galères avec leurs soldats.
S'étant rendu avec son armée au pays des Syriens,
pendant qu'ils lui livraient bataille, il se jeta au milieu
d'eux d'un coeur hardi, comme un vautour au
milieu des moineaux, il les prit en une seule fois,
et emmena en Égypte leurs chefs, leurs chevaux,
leurs vaisseaux, toutes leurs richesses.» Au retour
d'une campagne heureuse en Marmarique, comme
il fêtait sa victoire et cherchait ce qui pouvait être
agréable aux dieux d'Égypte, un de ses conseillers
lui suggéra de restituer au temple de Bouto les
biens que le roi Khabbash avait donné aux dieux
de cette ville, lors de sa révolte contre Xerxès Ier,
roi de Perse, et que les Persans leur avait enlevés
après la victoire. Ptolémée y consentit: la stèle se
termine par des imprécations contre quiconque essaiera
de renouveler la spoliation. — Ep. grecque.
97. — Basalte gris. — H. 2m 33; larg.
0m 30. — (Mariette, Abydos, t. I, Pl. 2; t. III,
p. 84—85, no 523.)
Montant de porte, utilisé dans la construction de
la margelle d'un puits, au village arabe d'Harabat el
Madfounah. Il donne le nom et les titres de Zaou,
frère de la reine Mirirî-Onkhnas, femme du roi
Pepi Ier et mère des rois Sokaremsaf Ier et Pepi II.
— VIe dyn.
98. — Granit rose. — H. Im 80; long.
Im 84; ép. 0m 43. — (Mariette, Mon. Div.,
pl. I — 6.)
Les descendants des rois-prêtres d'Ammon-Râ, exilés
en Nubie par les Pharaons de la XXIIe dynastie,
y avaient fondé, avec les provinces conquises vingt
siècles plus tôt par les rois de la XIIe dynastie, un
royaume indépendant dont la capitale était Napata
(Gebel-Barkal). Bâtie au pied d'une colline, à laquelle
la piété des habitants avait donné le nom de Montagne
Sainte
, et longtemps considérée comme un des
chefs-lieux de la province égyptienne d'Ethiopie, Napata,
aux mains de ses nouveaux maîtres, devint
une sorte de Thèbes éthiopienne, modelée autant que
possible à l'image de Thèbes d'Égypte. Ammon-Râ,
roi des dieux, y trônait en souverain avec Mout et
Khons; le temple était construit à l'imitation du sanctuaire
de Karnak. C'est dans ses ruines qu'un officier
égyptien de passage découvrit par hasard en 1862
cinq stèles dont il remit des estampages et des dessins
à M. Mariette. L'année d'après, le gouverneur
de la province expédia les cinq monuments au Musée
de Boulaq, sur l'ordre du vice-roi.
Notre stèle no 98 est de beaucoup la plus ancienne.
Elle nous reporte vers l'an 740 avant notre
ère, et nous fait connaître l'état de misère et de division
où était l'Égypte. Le Sud et Thèbes appartenaient
déjà aux Ethiopiens: au delà, le pays était
réparti entre vingt princes, dont quatre au moins
s'attribuaient le cartouche et les insignes de la royauté.
Au milieu de ces roitelets turbulents et pillards, parut
un chef militaire d'origine obscure, Tafnekht,
seigneur de Noutir près Canope. Il s'empara successivement
de tous les nomes situés à l'Occident
de la branche principale du fleuve, le Saïte, l'Athribite,

le Libyque, le Memphite. Respectant les régions
situées à l'Orient du Delta, où la XXIIIe dynastie
tanite continuait à régner, il remonta le cours du Nil:
Méïdoum, le Fayoum, Hnès et son roi Pefàabasti,
Khmoun et son roi Osorkon, le reconnurent pour
maître. Il poursuivait le cours de ses succès et venait
de mettre à contribution le nome d'Ouab, quand
les chefs encore indépendants du Delta et de la Haute
Égypte s'adressèrent au seul prince qui fût capable
de lui tenir tête, à Piônkhi Miamoun, roi d'Ethiopie.
Piônkhi donna aux troupes qu'il avait en Thébaïde
l'ordre de se porter en avant sans retard, tandis que
lui-même rassemblait à Napata le gros de ses forces
et se préparait à entrer en campagne. La flotte éthiopienne
rencontra, au Nord d'Abydos, la flotte de Tafnekht
qui cinglait vers Thèbes, en détruisit une partie
et força l'autre à la retraite. Une seconde flotte,
montée par les contingents de trois rois et de tous
les vassaux de Tafnekht, fut battue, après un combat
de trois jours, et les Ethiopiens vinrent aborder
au nome d'Oun. La lenteur de leurs mouvements
permit au roi Nimrod de se jeter dans Khmoun et
de la mettre en état: une partie des troupes d'invasion
demeura en observation devant la place, tandis que
le reste continuait de marcher vers le Nord. Nimrod,
cerné de tous côtés, ne pouvait plus espérer le secours
de ses alliés ou de son suzerain: il n'en continua
pas moins la résistance et tint les envahisseurs
en échec. Il fallut, pour le réduire, l'arrivée de Piônkhi
lui-même, avec de nombreux renforts. Piônkhi
changea l'attaque de Khmoun en siège régulier: il
fit élever des chemins d'assaut contre la muraille et

dresser des tours chargées d'archers et de frondeurs.
En trois jours, la place battue de tous les côtés
ne fut plus tenable et son commandant fit demander
grâce par sa femme, la reine Nsitentnsi, et par les
dames du harem. Piònkhi le reçut à merci, entra
dans la ville au bruit des acclamations, alla prier
au temple de Thot et prit solennellement possession
du butin au nom d'Ammon Thèbain. La chute de
Khmoun entraîna la soumission de toute la moyenne
Égypte: Piônkhi parvint aux portes de Memphis
presque sans coup férir.
A peine arrivé, il envoya sommer la ville. «Ne
fermez point vos portes; ne combattez point contre
la Haute-Égypte. Shou, le dieu de Ja création, où
j'entre, il entre, d'où je sors, il sort, aussi ne peuton
résister à mes attaques. Je ne veux qu'offrir
des offrandes à Phtah et aux dieux du nome Memphite;
je veux honorer Sokari dans sa chapelle, voir
le dieu Phtah, et puis je retournerai en paix. Si
vous me livrez Memphis, elle sera épargnée, et on
n'y fera pas même un petit enfant pleurer. Voyez
les nomes du Midi, on n'y a massacré personne,
excepté les impies qui blasphémaient Dieu; ces obstinés
là, on les a exécutés.» Piônkhi avait fait appuyer
ses paroles d'un détachement d'archers, de
matelots et de soldats du génie, qui devaient s'emparer
du port de la ville. La garnison était sur ses
gardes: elle repoussa ces troupes et leur infligea des
pertes sérieuses. Bientôt après, Tafnekht profita d'une
nuit obscure pour se jeter dans la place, avec un
grand convoi d'armes et un corps de huit mille hommes,
fortifia les points faibles de l'enceinte et partit

vers le Nord, afin de rassembler une nouvelle armée.
Il comptait sur une longue résistance, mais la
flotte éthiopienne, trompant la vigilance des assiégés,
pénétra par surprise dans le port et y captura tous
les navires qu'elle trouva, tandis qu'une partie de
l'armée se glissait le long de la rivière et s'introduisait
dans la ville par les quais. Apràs deux jours de
bataille dans les rues, la garnison mit bas les armes
et Piônkhi put reprendre sa marche en avant. Il
s'empara des forteresses avoisinantes et ne s'arrêta
qu'un instant à Héliopolis, pour y célébrer le sacrifice
royal. « Il monta l'escalier qui conduit au grand
sanctuaire pour y voir le dieu d'Héliopolis, lui, luimême.
Tout seul, il tira le verrou, ouvrit les battants,
contempla son père Râ, mit en ordre ses
deux barques sacrées; puis il ferma les battants,
plaça la terre sigillaire et y imprima le sceau royal.»
C'était en quelque sorte prendre possession du pouvoir
suprême. Osorkon de Bubaste reconnut le nouveau Pharaon; un mouvement des Ethiopiens décida
les autres princes du Delta à suivre son exemple.
Tafnekht, abandonné de ses vassaux, demanda la paix,
et Piônkhi la lui accorda sans conditions. Après avoir
reçu, non loin d'Athribis, au coeur même de la Basse
Égypte, l'hommage de ses sujets, il reprit le chemin
de son royaume, et rentra dans Napata, chargé de
gloire et de butin, «d'or, d'argent, de bronze et d'étoffes
précieuses, de tous les bons produits des pays
du Nord, de toutes les denrées de la Syrie et de
l'Arabie.» Pour la première fois, depuis deux cents
ans, le royaume des Pharaons était reconstitué des
sources du Nil bleu aux bouches du fleuve, mais

non plus au profit de l'Égypte. L'Éthiopie, si longtemps
vassale, devenait maîtresse è son tour; Napata
régnait à la place de Thèbes et de Memphis. —
XXIIIe dyn.
Gebel-Barkal.
99. — Granit gris. — H. 2m 15; larg.
0m 70; ép. 0m 34. — (Mariette, Mon. Div.,
pl. 11—13.)
C'est la plus moderne des cinq stéles du Gebel-Barkal;
on ne saurait la placer plus haut que la fin
de l'époque persane ou le commencement de l'époque
grecque. Le royaume de Napata avait rompu toutes
relations avec l'Égypte. Les contrées de la Nubie
inférieure, entre la première et la seconde cataracte,
étaient devenues presque désertes: les villes fondées
par les princes de la XVIIIe et de la XIXe dynastie
étaient en ruines, et leurs temples commençaient à
disparaître sous les sables. Le royaume de Napata
avait sa frontière aux environs de la seconde cataracte.
Il était divisé en deux régions, comme l'Égypte:
dans le To-Qonous se trouvaient, en remontant
le fleuve, Pnoubs, Dongoul (Dongolah), Napata,
Astamouras, au confluent du Nil et de l'Astamouras
(Astaboras), Béroua enfin, la Méroé des géographes
Alexandrins; au-delà de Béroua, on entrait dans le
pays d'Alo, qui s'étendait le long du Nil blanc et du
Nil bleu, jusque dans la grande plaine de Sennaar.
Sur la frontière méridionale du pays d'Alo, résidaient
les Asmakh, descendants des soldats égyptiens, émigrés
en Ethiopie au temps de Psamitik Ier. A l'Est,
au Sud et à l'Ouest, entre le Darfour, le massif d'Abyssinie

et la Mer Rouge, vivaient une foule de tribus
à moitié sauvages, les unes noires, les autres blanches
de race africaine, d'autres de race sémitique,
les Rehrehsa (Rhausi, Rhapsii), au sud de Béroua,
entre le Nil bleu et le Tacazzé, les Madi ou Maditi
(Mataïa, Matitae) entre le Tacazzé et la chaîne de
montagnes qui bordent la Mer Rouge. C'est parmi
ces pleuplades que le roi Horsiatef de notre stèle
no 99 trouva matière à victoires faciles. Neuf campagnes,
dirigées contre elles en l'an II, III, V, VI, XI,
XVI, XVIII, XXIII et XXXIV de son règne, sont racontées
successivement sans grands détails. «L'an VI,
le 4 du mois de Shomou, moi, le fils du soleil, Horsiatef,
vivant à jamais, je fis convoquer une multitude
de soldats contre les Madidi. Je les frappai
dans leurs villes, et je fis un grand carnage parmi
eux dans Labi, je pris leurs boeufs, leurs vaches,
leurs ânes, leurs moutons, leurs chèvres, leurs serviteurs,
leurs servantes, et c'est ta crainte excellente, ô
Ammon, qui obligea le prince des Madidi à m'envoyer
dire: Tu es mon Dieu, et je suis ton esclave,
je ne suis qu'une femme. Puis, venant vers moi, il
me fit apporter la rançon par les mains d'un homme.
Jerevins, j'allai pour honorer Ammon de Napata, mon
excellent père, et je lui donnai nombre de boeufs.»
Le butin passait presque entier aux prêtres. Sans
parler des dons qu'il leur fit à son avènement, il
restaura et enrichit les temples des villes principales
de son royaume, à Napata, a Béroua, à Galal, à Sahrosa,
à Sakalga, à Karti (Korté), à Mahat, à Artinaï,
à Nahana, à Pkimaton, à Pnoubs.
Gebel-Barkal.
101. — Granit noir. — H. 0m 31.
Tête mutilée du conquérant éthiopien Taharqou,
le Tahrakah de l'Ecriture — XXVe dyn.
Acheté à Louxor.
102. — Calcaire blanc. — H. 1m 22; larg.
0m 58. — (Mariette, Abydos, t. II, pl. 50; t. III,
p. 122—123, no 1136.)
Au premier registre, le prêtre de Pharaon, porteéventail
à la droite du roi, le premier héraut de sa Majesté,
Ramsès-emparî, surnommé Mion, est agenouillé
devant Osiris et Isis d'Abydos: les deux cartouches
de Ménephtah sont gravés dans le cintre et donnent
la date de la stèle. Dans le second registre, il présente
le vin et l'eau à son père loupa-âa, l'étranger,
et à sa mère. La formule n'a rien de curieux qu'une
variante du nom: au lieu du sobriquet de Mion,
Ramsès - emparî, porte une qualification sémitique,
Ben-Mizana du pays de Zor-Bisana. On ne doit pas
oublier que le nombre des Syriens amenés en Égypte
par le commerce et par la conquête était fort considérable:
beaucoup entraient au service du Pharaon
et obtenaient des charges considérables. Leur
influence s'accrut tellement dans les années qui suivirent
le règne de Ménephtah, que l'un deux osa se
soulever contre le roi d'alors et resta maître du pays
pendant quelque temps. — XIXe dyn.
104. — Granit noir. — H. 0m 80; larg.
0m 34. — (Mariette, Abydos, t. II, pl. 32; t. III,
p. 544, no 1427.)
Phtahmôs est debout dans une petite chapelle: il
était grand-prêtre de Phtah à Memphis et vivait sous
Thoutmos III, dont il porte les cartouches au cou et
sur l'épaule droite. — XVIIIe dyn.
105. — Calcaire blanc. — H. 1m oo; larg.
0m 70. — (Mariette, Abydos, t. II, pl. 27 b;
t. III, pl. 236 — 237, no 771.)
Le roi Menkhâourî Nâhît est en adoration devant
le dieu Min de Coptos. C'est un monument presque
unique de la XIVe dynastie.
106. — Granit noir. — H. 1m.
Les fouilles de Sân ont rendu au jour un certain
nombre de monuments que M. Mariette a cru pouvoir
attribuer à la période des Pasteurs. Ils se distinguent
en effet des autres monuments égyptiens par
des caractéres bien tranchés, comme on le reconnaîtra
sans peine, si l'on compare la tête des sphinx
no 106 et 107, à celle des sphinx de Thoutmos III
et de Ramsés II, déposés dans la cour du Musée. La
face est ronde, les yeux petits, le nez écrasé, les pommettes
saillantes; la lèvre inférieure avance légèrement,
les oreilles sont celles du taureau, et une criniére
de lion encadre le visage.
107. — Granit noir. — H. 1m 30.
Tous ces caractères sont marqués au plus haut
degré dans le sphinx no 107, qu'on est parvenu à reconstituer
presque entier; mais il porte, de plus, des
inscriptions, qui nous permettent de refaire en partie
son histoire. Il porte sur l'épaule droite une légende

martelée, dans laquelle on a réussi à déchiffrer le
nom du roi pasteur Apopi. Plus tard, Ménephtah fit
gratter le nom du roi pasteur et y substitua ses cartouches,
qu'il répéta encore dans l'inscription de la
base. Plus tard encore, un roi tanite de la XXIe dynastie,
Psioukhânou, grava ses cartouches sur la poitrine.
Un examen attentif m'a fait reconnaître que
la surface de la poitrine a été rabaissée pour recevoir
les cartouches de Psioukhânou, et par conséquent
qu'il y avait là auparavant, à la place d'honneur,
les cartouches d'un roi, celui probablement pour qui
on fit le monument. Ce roi antérieur à Apopi, était-il
un Pasteur ou un roi des dynasties indigénes? On
n'a jusqu'à présent aucun élément certain pour résoudre
la question: aussi convient-il d'attendre de
nouvelles découvertes, avant d'affirmer que les sphinx
no 106 et 107, et les monuments de style analogue
que possède le Musée de Boulaq, sont l'oeuvre des
Pasteurs, ou représentent des princes appartenant à
cette race conquérante.
108. — Granit noir. — H. 0m 48; larg.
0m 67; ép. 0m 34. — (Mariette, Mon. Div.,
pl. 38.)
Table d'offrandes consacrée par le roi Pasteur
Aaknonrî Apopi. — XVIIe dyn.
109. — Granit grisa — H. 1m oo; larg.
0m 90. — (Mariette, Mon. Div., pl. 39.)
Partie supérieure d'une statue colossale qui représentait
un roi debout. Aucune inscription n'indique

le nom du personnage, mais la ressemblance est
frappante entre ce fragment et les monuments de Tanis:
aussi M. Mariette l'a-t-il attribué à un roi Pasteur.
De toute maniére, la présence de ce morceau
dans les ruines de la capitale antique du Fayoum
prouve, que les princes qui régnaient à Tanis en ce
temps-là étendaient leur autorité au moins sur la
partie septentrionale de la Moyenne Égypte.
Mit-Farès.
112. — Granit rose. — H. 1m 24; larg.
0m 69. — (Mariette, Mon. Div., pl. 10.)
Une des cinq stéles éthiopiennes du Gebel-Barkal,
celle qu'on appelle d'ordinaire la stéle de l'excommunication.
Un roi, dont le nom a été martelé avec soin, raconte,
qu'en «l'an II de son avènement, Sa Majesté
se rendit dans le temple de son père Ammon de
Napata, qui est sur la Montagne Sainte, pour en
chasser cette secte odieuse à Dieu qui s'appelle les
Toumposiou Pirdoutkhaï ». Ces gens paraissent avoir
eu pour principe de ne point cuire la viande du sacrifice,
mais de la manger crue, comme les Abyssins
font aujourd'hui encore le brindé. «Ils avaient conjuré
en leurs coeurs de tuer tout individu qui ne
partagerait pas leur doctrine criminelle, mais Dieu
ne permit pas que leur parole s'accomplît.» Le roi
les fit passer par le feu», et défendit à leurs descendants,
sous les peines les plus sévères, de jamais
entrer dans le temple d'Ammon de Napata. — Epoque
persane.
Gebel-Barkal.
Calcaire blanc compact. — H. 0m 80;
larg. 1m 30. — (Mariette, Mon. Div., pl. 49.)
En 1860, M. Mariette découvrit cette stéle à Drah
abou 'l neggah, dans une petite pyramide en briques,
située à la lisière des terres cultivées. La partie supérieure
manquait déjà. En 1882, un fellah du voisinage
brisa ce qui restait pour construire une sakiéh:
je n'ai pu retrouver tous les morceaux.
Les sept lignes d'inscription racontaient la construction
du tombeau, et disaient que la stèle avait
été mise en place l'an L du règne d'Entef IV. Derrière
l'inscription était le roi lui-même, entouré de
ses quatre chiens favoris, dont les noms berbères
sont traduits en Égyptien: Bohoukaï, c'est-à-dire, la
gazelle
, Abaïqour (le lévrier), P'hotes c'est-à-dire Le
noir
, etc.
Le Papyrus Abbott raconte que, sous le roi Ramsés
IX, une bande de voleurs exploitait la nécropole
de Thèbes et ne respectait même pas les tombes
royales. Une commission d'enquête, chargée de vérifier
l'étendue des dégâts, visita, entre autres, la tombe
du Pharaon Entef, et décrivit la stéle qui figure au
Musée, mais en ne donnant que le nom du premier
chien Bohoukaï. — XIe dyn.
Drah abou 'l neggah.
113. — Calcaire blanc. — H. 0m 58; larg.
0m 44. — (Mariette, Abydos, III, p. 460,
no 1221.)
Au milieu de la stèle se dresse un obélisque dont
le sommet, arrondi comme celui de l'obélisque de

Bégig, est surmonté d'un gros épervier. A droite, Osiris,
maître de Khenmerout, et Isis, sont debout; à
gauche, deux Horus coiffés de la double couronne.
Sous ce registre de dieux, on trouve deux personnages
adorant, le prêtre Pameroupaqon, et Pnibmos,
prêtre de Hor de Khenmerou. — XXe dyn.
114. — Granit gris. — H. 1m 62; larg.
0m 71. — (Mariette, Mon. Div., pl. 9.)
Le royaume d'Éthiopie, fondé par les descendants
des grands-prêtres d'Ammon, était une théocratie
absolue. Le dieu choisissait le roi à sa guise,
et la stèle 114, qui est le procès verbal de l'élection
d'Aspalout, nous montre comment les choses se passaient.
L'armée, réunie près de la Montagne Sainte
à Napata, choisit six officiers qui, réunis à d'autres
délégués des grands corps de l'état, proposent qu'on
élise un roi. «Allons, donnons-nous un maître qui
soit comme un jeune taureau irrésistible!» Et cette
armée se prit à se lamenter beaucoup, beaucoup,
disant: «Notre maître est avec nous, sans que nous le
connaissions encore! Comment pourrons-nousle connaître!»
Et chacun d'eux dit à l'autre: «Personne
ne le connaît, sauf Râ lui-même; puisse le Dieu
détourner de lui tout mal qui le menace en quelque
lieu qu'il soit!» … Lors, l'armée de Sa Majesté
dit tout entière d'une seule voix: «Mais, il y a
ce dieu Ammon-Râ de la Montagne Sainte, qui est
le dieu d'Éthiopie! Allons, marchons vers lui, ne
parlons pas en ignorance de lui, car elle n'est pas
bonne la parole qu'on prononce en ignorance de

lui! Posons le cas à ce dieu, qui est le dieu du
royaume d'Éthiopie, depuis le temps de Râ. Il nous
guidera, car les rois d'Éthiopie sont de ses mains,
et il donne le pays à son fils qui l'aime … » Voici
que dit cette armée tout entière: « C'est une excellente
parole, en vérité,» un million de fois.
On se rend donc au temple; les délégués, dûment
purifiés, vont se prosterner devant la statue d'Ammon-Râ
et lui présentent leur requête. Les prêtres
éthiopiens savaient fabriquer des images miraculeuses,
capables de mouvement et de parole: c'était un
art qu'ils tenaient de leurs ancêtres égyptiens. Tous
les membres de la famille royale défilent devant la
statue, qui reste impassible. Aspalout arrive à son
tour, aussitôt la statue le saisit et parle: «C'est lui
votre roi! c'est lui votre maître qui vous fait vivre!»
et les chefs de l'armée acclament le nouveau Pharaon.
Celui-ci entre dans le sanctuaire, se fait couronner
par le dieu lui-mêtme, puis se rend au milieu
des soldats. La fête finit, comme finissent les fêtes
de ce genre, par des distributions de pain et de bière.
— Ep. persane.
Gebel-Barkal.
122. — Granit gris. — H. 1m 32; larg.
0m 72. — (Mariette, Mon. Div., pl. 7—8.)
Quelques années après la conquête de l'Égypte
par Assour-ban-habal, roi d'Assyrie, un des successeurs
de Taharqou, Tonouatamoun, décidé par un
songe qui lui promettait la royauté du Midi et du
Nord, avait, dès les premiers jours de son règne, envahi
la Thébaïde. La stèle no 122 raconte son expédition
en Égypte.
A Thèbes même et dans les environs, où les descendants
éthiopiens des grands - prêtres d'Ammon
avaient toujours conservé un parti puissant, Tonouatamoun
n'avait rencontré aucune résistance. Sur son
passage, les riverains de l'Ouest et de l'Est se réjouirent
en grande joie, disant: «Va en paix! Parais
en paix! Rends la vie à l'Égypte, relève les
temples qui tombent en ruine, redresse les statues
et les images des divinités! Rétablis les fondations
pieuses faites aux dieux et aux déesses, les offrandes
pour les mânes! Remets le prêtre à sa place
pour satisfaire à toutes les cérémonies du culte.»
Il battit les troupes des petits rois confédérés du
Delta sous les murs de Memphis, enleva la ville et
poursuivit les vaincus. Ils n'osèrent plus l'attendre
en rase campagne, s'enfermèrent dans leurs places
fortes et le réduisirent à commencer une guerre de
sièges interminable. Impatienté de cette résistance, il
rentra à Memphis et ne savait comment sortir à son
honneur de cette difficile entreprise, quand les chefs
égyptiens le tirèrent d'embarras par leur soumission.
Le plus puissant d'entre eux, Pakrour de Pasoupti,
les amena rendre hommage au conquérant: «Accordenous
les souffles de la vie, car il ne peut plus vivre
celui qui te méconnaît! Nous serons comme des
sujets, ainsi que tu l'as déclaré dès le début, le jour
même ou tu devins roi!» Le coeur de Sa Majesté fut
rempli de joie, quand elle entendit ce discours: elle
leur fit donner des pains, de la bière, toutes sortes
des bonnes choses. Après avoir passé quelques
jours à Memphis auprès de leur nouveau suzerain,
ils dirent: «Pourquoi restons - nous ici, ô prince

notre maître!» Sa Majesté leur répondit: «Pourquoi?»
Ils dirent: «Laisse-nous aller dans nos villes,
que nous donnions des ordres à nos gens et
que nous t'apportions nos tributs!» Ils revinrent
quelques semaines après et Tonouatamoun rentra
dans son royaume chargé de butin. Son autorité sur
le Nord ne dura probablement que le temps de son
séjour à Memphis: une inscription, aujourd'hui déposée
au Musée de Berlin, prouve qu'elle continua
de s'exercer trois années au moins en Thébaïde. —
XXVIe dyn.
Gebel-Barkal.
123. — Granit gris. — H. 1m 60.
Deux porteurs d'offrandes debout sur un même
socle. La tête, surchargée d'énormes perruques, présente
le type que nous avons déjà vu sur les nos 106,
107 et 109 du Musée. Mariette attribue ces monuments
au temps des Pasteurs: ils furent ornés plus
tard à la XXIe dynastie des cartouches du roi Psioukhânou.
— XVIIe dyn.
127. — Calcaire blanc. — H. 1m 90; larg.
0m 46. — (Mariette, Abydos, II, pl. 24—26;
t. III, p. 183—184, no 670.)
La stèle est couverte d'inscriptions sur les deux
faces et sur les tranches. Elle a été dédiée à S'hotpitrî,
qui vivait sous Ousirtasen III et Amenemhâït III.
«Je me suis fait, dit ce personnage, ce tombeau selon
les règles; en le bâtissant, j'ai fait des donations
en échange aux prophètes d'Abydos.» Toute
la stèle affecte une forme littéraire assez rare à pareille

époque, et renferme un panégyrique du roi régnant
déguisé en recommendations du mort à sesenfants.
«Commencement de l'instruction qu'il a faite
à ses enfants. — Je dis bien haut: Je vais vous faire
entendre, je vais vous faire savoir des choses qui
donnent l'éternité, des choses qui donnent une vie
nouvelle et une existence longue et paisible. Adorez
le roi Amenemhâït III en vos seins, ayez toujours
Sa Majesté présente en vos coeurs, car le roi est
le dieu Omniscient, qui vit dans les coeurs et dont
les yeux pénètrent tous les seins; c'est le dieu soleil
dont on voit les rayons, qui éclaire les deux
Égyptes mieux que le disque du soleil, qui fait fleurir
le pays mieux que le Nil à l'inondation, qui
remplit les deux Égyptes de force, de vie, qui donne
la fraîcheur aux nez, qui donne des provisions à
ceux qui le suivent, des vivres à ceux qui marchent
dans ses voies. C'est la vie que le roi; c'est l'abondance
que sa parole, c'est une création perpétuelle
que son existence. C'est un dieu Khnoum
qui modèle tous les membres, un générateur qui
produit les êtres intelligents. C'est une déesse Bast
qui protège les deux Égyptes, quand on adore le
geste de sa main, mais il est une déesse Sokhit contre
qui viole son ordre.» — XIIe dyn.
127. — Granit noir. — H. 1m 80; larg.
0m 75. — (Mariette, Karnak, pl. 11.)
Cette stèle, célèbre dans l'histoire littéraire de l'Égypte,
renferme un poème composé pour célébrer
les victoires de Thoutmos III. Le roi y est représenté
adorant le dieu, qui lui répond par un long

panégyrique. C'est d'abord une sorte de chant en
prose poétique, où bientôt viennent s'intercaler des
vers rythmés: «Je suis venu, je t'accorde d'écraser
les princes de la Phénicie du Nord, je les jette sous
tes pieds à travers leurs contrées; — je leur fais
voir ta Majesté, telle qu'un seigneur de lumière,
lorsque tu brilles sur leur tête comme mon image.»
«Je suis venu, je t'accorde d'écraser les barbares
d'Asie, d'emmener en captivité les chefs de la Syrie
Creuse; — je leur fais voir ta Majesté couverte de
ta parure de guerre, quand tu saisis tes armes, sur
le char.
«Je suis venu, je t'accorde d'écraser la terre d'Orient;
la Phénicie et Chypre sont sous ta terreur;
— je leur fais voir ta Majesté comme un taureau
jeune, ferme de coeur, muni de ses cornes et à qui
on ne peut résister.»
«Je suis venu, je t'accorde d'écraser les peuples
qui résident dans leurs ports, et les côtes de la Cilicie
tremblent sous ta terreur; — je leur fais voir
ta Majesté comme l'hippopotame, seigneur de l'épouvante
sur les eaux, et qu'on n'a pu approcher.»
«Je suis venu, je t'accorde d'écraser les peuples
qui résident dans leurs îles: ceux qui vivent au
sein de la mer sont sous tes rugissements; — je
leur fais voir ta Majesté comme un vengeur qui se
redresse sur le dos de sa victime.»
«Je suis venu, je t'accorde d'écraser les Libyens:
les îles des Danaens sont au pouvoir de ta volonté;
— je leur fais voir ta Majesté telle qu'un
lion furieux, qui se couche sur leurs cadavres à
travers leurs vallées.»
«Je suis venu, je t'accorde d'écraser les contrées
maritimes, tout le pourtour de la grande zone des
eaux est lié à ton poing; — je leur fais voir ta
Majesté telle que le maître de l'aile (l'épervier), qui
embrasse d'un clin d'oeil ce qui lui plaît.»
«Je suis venu, je t'accorde d'écraser les peuples
qui résident dans leurs lagunes, de lier les Bédouins,
maîtres des sables, en captivité; — je leur fais voir ta
Majesté semblable au Chacal du Midi, seigneur de
vitesse, coureur qui rôde à travers les deux régions.»
«Je suis venu, je t'accorde d'écraser les barbares
de Nubie: jusqu'aux peuples de Pit, tout est dans
ta main; — je leur fais voir ta Majesté semblable
à tes deux frères Hor et Sit, dont j'ai réuni les
bras pour assurer ta puissance.»
Cette partie du poème était devenue si célèbre qu'on
la copia sur d'autres monuments, pour célébrer les
exploits de Séti Ier et de Ramsès III. — XIXe dyn.

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CHAPITRE TROISIÉME.
SALLE DU CENTRE.

La porte de granit rose, par laquelle on passe pour
pénétrer du Grand Vestibule dans la Salle du Centre,
provient du temple d'Osiris, à Abydos. Elle en avait
été enlevée, il y a plus de trente ans, par un pacha

qui la fit transporter à Bellianéh et l'abandonna sur
la berge sans plus s'en occuper: elle a été installée
au Musée au mois d'Avril 1882. Au milieu du linteau
sont les deux cartouches du Pharaon Séti Ier
de la XIXe dynastie. Sur les deux parois latérales le
Pharaon, debout, fait offrande à l'emblème d'Abydos.
Au fond de la salle, juste en face de la porte, on
aperçoit la statue du Pharaon Khafrî de la IVe dynastie,
celui qui construisit la seconde des grandes
pyramides de Gizéh.
3961. — Diorite. — H. 1m 68.
Elle a été trouvée dans le temple du sphinx, avec
les débris de huit autres statues du même prince (cfr.
Salle de l'Ancien Empire, no 974). Khafrî est assis,
les mains allongées sur les genoux: un épervier debout
sur le dossier du siège, enveloppe la tête de
ses ailes, image du dieu Râ qui protège son fils Pharaon.
On se demande comment les artistes égyptiens
ont réussi à modeler avec tant de souplesse une matière
aussi rebelle au ciseau que le diorite: tout le
détail des genoux et de la poitrine est rendu avec
une fidélité et une vigueur merveilleuses. Une grande
expression de calme et de force est répandue sur
l'ensemble. — IVe dynastie.
Grandes-Pyramides.
Deux statues de mérite fort différent se font visà-vis
dans les deux bras du transept. A gauche, est
le fameux Sheïkh el-beled.
3962. — Bois. — H. 1m 10.
II est debout, le bâton à la main. Les jambes manquaient:
il a fallu lui en rajouter, auxquelles on a

laissé la couleur du bois nouveau. Les yeux sont
rapportés, comme c'est le cas pour beaucoup de statues
égyptiennes. Ils sont formés d'un morceau de
quartz blanc opaque, enchassé de bronze pour simuler
la paupière: un morceau de cristal transparent
sert de prunelle, et un petit clou d'argent, fixé sous
le cristal, produit la paillette lumineuse de l'oeil vivant.
Par un hasard singulier, la statue de ce vieil
Épyptien est le portrait exact d'un des Sheîkh el-beled
ou maires du village de Saqqarah: nos ouvriers arabes,
toujours prompts à saisir les ressemblances, l'ont
appelée aussitòt le Sheïkh el-beled et le nom lui en
est resté. Le Khâfri et le Sheïkh el-beled sont peutêtre
ce que l'art le plus ancien a légué de meilleur
au musée de Boulaq: seul, le scribe accroupi du Louvre
mérite de leur être comparé. — IVe dyn.
Saqqarah.
3963. — Serpentine verte. H. 0m 96. —
(Mariette, Mon. Div., pl. 90.)
Le monstre qui est juste en face du Sheïkh el-beled,
n'est pas en bronze, comme le disent la plupart des
drogmans et comme le croient la plupart des visiteurs:
il est en serpentine verte polie. Ce disgracieux
hippopotame au ventre arrondi et aux flasques mamelles
de femme, est un des personnages importants
du Panthéon Égyptien, Apit, Toïrapit, Toiri, ou
plus souvent, avec la désinence grecque, Thouéris.
Appuyée de la patte gauche sur un noeud de corde
mystique, elle avait protégé, contre son propre mari
Set-Typhon, Isis enceinte d'Horus: elle passait depuis
pour veiller sur l'âme des justes dans l'autre

monde, et, le couteau à la patte, elle luttait contre
les mauvais esprits. Les Thébains de l'époque Saïte
et Ptolémaïque paraissent avoir eu pour elle une vénération
particulière: son temple est encore debout
aujourd'hui, à l'Est du temple de Khons à Karnak.
La statue a été découverte à Thèbes, au milieu de
la Ville antique, par des fellahs en quête de sebakh.
Elle était debout dans une petite chapelle en calcaire
blanc sculpté, que lui avait dédié le prêtre Pibisi,
au nom de la reine Nitocris, fille de Psamitik Ier.
Les Arabes mirent la chapelle en pièces au moment
de la découverte: peut-être aurons-nous un jour assez
d'argent pour en rapprocher les morceaux subsistants
et pour la reconstruire dans un des coins du Musée.
— XXVIe dyn.
Karnak.

Vitrine H.

Cette vitrine qui est à gauche de la statue de Khafrî
renferme la plupart des bijoux que possède le Musée.
Le plus grand nombre était dans le cercueil de la
reine Ahhotpou que nous retrouverons Salle des Momies
Royales.
La momie de la reine Ahhotpou fut découverte
par les fouilleurs arabes, en 1860, et confisquée par
le moudir de Qénéh, qui la fit ouvrìr et s'empara de
ce qu'elle contenait. Le bruit de la trouvaille s'étant
répandu, M. Mariette mit la main sur le cercueil et
sur les bijoux qui sont exposés dans la vitrine H,
mais pas assez à temps pour empêcher que beaucoup
d'objets précieux eussent été volés.
La reine Ahhotpou était la femme de Kamos, roi
de la XVIIe dynastie, et peut-être la mère d'Ahmos Ier

ou de sa femme Nofirtari. Son cercueil était couché
à même dans le sable, à Drah abou 'l neggah, et cette
particularité inusitée a été l'occasion de beaucoup
de conjectures. Il est certain que jamais momie royale
n'a été enterrée de la sorte, sans tombeau dés longtemps
préparé à l'avance: c'est donc par un accident,
déjà fort ancien, qu'elle a été déposée dans l'endroit
où les Arabes l'ont découverte. Je pense, quant
à moi, que vers la fin de la XXe dynastie, elle aura
été enlevée par une des bandes de voleurs dont le
papyrus Abbott nous a révélé les exploits: cachée
par eux, en attendant qu'ils eussent le loisir de la
dépouiller en sûreté, il est probable qu'ils furent pris
et mis à mort, avant d'avoir pu exécuter ce beau
dessein. Le secret de leur cachette périt avec eux et
n'a été révélé que de nos jours.
Il était d'usage à cette époque de placer, entre les
linges qui enveloppaient la momie, tout ce qu'on pouvait
rassembler de bijoux ayant appartenu au vivant.
Les objets précieux que possédait la reine Ahhotpou
et qui sont exposés dans cette vitrine, sont:
3448. — Or, pierres précieuses et pâtes de verre.
Un bracelet, s'ouvrant à charnières, et formé de
deux bandeaux parallèles ornés de turquoises. Sur
le devant, un vautour déploie ses ailes, dont les plumes
sont formées de pâtes de verre vert, de lapis-lazuli
et de cornaline, enchâssées dans des cloisons d'or.
3449. — Or et perles d'or, de lapislazuli,
de cornaline et de feldspath vert.
Bracelet. Les perles passées sur des fils d'or forment
des carrés, dont chaque moitié est d'une couleur différente.
La fermeture se compose de deux lames d'or
réunies au moyen d'une aiguillette également en or.
Elle porte le cartouche prénom Nibpehtirî d'Ahmos Ier.
3450. — Or et perles d'or, de lapislazuli
de cornaline et de feldspath vert.
Autre bracelet de même travail: sur la fermeture
le cartouche nom d'Ahmos Ier.
3474. — Or.
Tête de lion d'un travail très fin. La tête de lion
a la valeur poh, peh, et signifie la vaillance. Elle
entre comme élément syllabique dans le prénom
Nibpehtirî d'Ahmos Ier: c'est pour cela sans doute
qu'on en avait déposé un exemplaire en or sur la
momie de la reine Ahhotpou.
3475. — Or, pierres précieuses, et bois
de cèdre.
Hache d'apparat, dont le manche, en bois de cèdre
est recouvert d'une feuille d'or: la légende du roi
Ahmos Ier y est tracée en incrustations de lapis-lazuli,
de cornaline, de turquoise et de feldspath vert.
Le tranchant est emmanché sur une simple entaille
du bois, et maintenu en place par un treillis de fils.
d'or. Il est en bronze noir, où il entre peut-être de
l'argent et de l'or, et a été doré. L'une des faces porte
des lotus sur un fond d'or; l'autre nous montre Ahmos
menaçant de sa hache un barbare à moitié renversé,
qu'il tient par les cheveux. Au - dessous de

cette scène est représenté le dieu de la guerre, Montou
Thébain, sous la forme d'un griffon à tête d'aigle.
3476. — Or, pierres précieuses et bois.
Poignard enfermé jadis dans une gaîne en or (cfr.
Vitrine H, no 3614). Le manche est en bois et décoré
de triangles en cornaline, en lapis-lazuli, en feldspath
et en or formant damier. Pour pommeau, quatre
têtes de femme en or repoussé; une tête de taureau
renversée, en or, dissimule la soudure de la lame
au manche. Le corps de la lame est en bronze noir,
serti d'or massif, et damasquiné. Sur la face supérieure,
au-dessous du prénom Nibpehtirî, un lion
poursuit un taureau, devant lequel marchent tranquillement
deux grosses sauterelles. La face inférieure
porte le nom d'Ahmos Ier et quinze fleurs épanouies,
qui sortent l'une de l'autre et vont se perdant vers
la pointe.
3477. — Or et pâte de verre bleu.
Long. de la chaîne 0m 90.
Grosse chaîne flexible terminée par deux têtes d'oie
recourbées qu'on liait au moyen d'une ficelle, quand
on voulait fermer le collier. Le scarabée, qui lui sert
de pendeloque, a le corselet et les élytres en pâte de
verre bleu, rayée d'or: les pattes et le corps sont
en or massif.
3508. — Or et pierres précieuses.
Sorte de diadème, qui a été trouvé engagé dans
les cheveux de la momie. Sur le devant, le cartouche
d'Ahmos Ier (or et pâte bleue imitant le lapis-lazuli):

de chaque côté deux petits sphinx en or ont l'air de
garder le cartouche.
3509. — Or et perles en pierres précieuses.
Les perles sont passées sur des fils d'or et forment
un treillis à jour. Sur le fermoir, qui est en
or, le prénom Nibpehtirî (cfr. no 3449 et 3450).
3510. — Or et pâte bleue imitant le lapis-lazuli.
Le bracelet s'ouvre à charniàre maintenue au moyen
d'une aiguillette en or. Sur le fond bleu, Ahmos est
à genoux entre le dieu Sib et ses acolytes.
3564. — Or.
Un des chapitres du Livre des Morts ordonnait de
déposer sur la poitrine de la momie un large collier
d'une forme particulière (ouoskh). Toutes les
pièces réunies sous le numéro 3564 faisaient partie
d'un collier de ce genre que portait la reine Ahhotpou.
Les deux agrafes sont formées chacune d'une
tête d'épervier; les rangs sont composés de cordes
enroulées, de fleurs à quatre pétales en croix, d'antilopes
poursuivies par des lions, de chacals accroupis,
d'éperviers, de vautours et d'uraeus ailées. Toutes
les piàces sont en or repoussé. Elles étaient
cousues sur le maillot de la momie au moyen d'un
petit anneau soudé par derriére.
3565. — Or et pierres précieuses.
Pectoral attaché, au-dessous du collier, sur la poitrine

du mort. La forme générale est celle d'un naos:
Ahmos, debout dans une barque, entre Ammon et Râ,
reçoit sur la tête et sur le corps l'eau qui doit le purifier.
Le contour des figures est dessiné par des cloisons
d'or: le corps se composait de petites plaques
de pierres précieuses dont beaucoup ont disparu.
3582. — Or, argent, bois et bronze.
Sur un petit chariot en bois, à roues de bronze,
est montée une barque d'or massif. Douze rameurs
en or massif voguent, sous les ordres du timonnier
et du pilote d'avant. Au centre, un petit personnage
est assis, qui tient la hache et le bâton de commandement.
Un cartouche, gravé derrière le timonnier,
nous apprend que le mort à qui était destinée primitivement
cette barque était le roi Kamòs.
J'ai dit plus haut que le mort devait se rendre à
Abydos, par eau, afin de passer dans l'autre monde
(cfr. p. 30): la barque 3582 servait à l'accomplissement
de la traversée.
3595. — Or.
Chaîne à laquelle sont suspendues trois mouches
d'or massif. On a pensé que ces mouches étaient
une sorte de décoration officielle: rien n'est venu
jusqu'à présent confirmer cette hypothèse.
3597—3598. — Or et argent.
Neuf petites hachettes, trois en or et six en argent.
3605. — Bois noir et or.
Bâton de commandement recourbé à l'extrémité.
3606. — Argent, or et bois.
Hache. Le manche en corne garni d'or, le tranchant
en argent.
3607. — Bois et or.
Manche d'éventail en bois lamé d'or. Sur la tranche,
on voit encore les trous où s'emboîtaient les
plumes d'autruche. Sur les plaques d'or, le roi Kamôs
fait une offrande au dieu Khonsou.
3608. — Or et bronze.
Poignard: le manche en or, la lame en bronze.
3614. — Or.
Fourreau du poignard no 3476 (Vitrine H, p. 80).
3615. — Bronze et argent.
Poignard composé d'une lame en bronze très lourd,
et d'un disque d'argent servant de poignée. Pour s'en
servir, appuyer le disque sur la paume de la main,
et passer la lame entre l'index et le médium.
3617. — Or et argent.
Deux petites mouches (cfr. no 3595, p. 82).
3628. — Ebène, or et bronze doré.
Miroir de la reine Ahhotpou.
Il faut joindre à cette énumération un assez grand
nombre de bracelets et d'anneaux de jambe, en or
massif ou creux (no 3629, 3630 etc.), des débris de
bracelet (no 3632), et plusieurs piàces de moindre intérêt,
enfin une barque en argent (no 2966) et une tête
de lion en bronze (no 2955) qui sont exposées dans
l'armoire X. Les seules collections de bijoux qu'on

puisse comparer à celle-là sont au Louvre et à Berlin:
encore ces deux musées sont-ils loin de posséder des
objets aussi soignés d'exécution que le poignard d'Ahmos
ou la Chaîne no 3477.
3447. — Or. — (Mariette, Abydos, t. II,
pl. 40 a, b, et t. III, p. 527 — 529, no 1370.)
Au mois de Juin 1859, on découvrit à Abydos un
sarcophage en calcaire grossièrement taillé et sans
inscription. Le cercueil en bois qu'il renfermait et
la momie étaient tellement gâtés par l'humidité,
qu'ils tombèrent en poussière dès qu'on y toucha.
De chaque côté de la tête étaient disposées deux
boucles d'oreille, formées d'un gros disque garni à
la circonférence d'une gorge de poulie. D'un côté
du disque, on voit cinq uraeus, de l'autre, le nom
et le prénom de Ramsès XIII. Cinq uraeus coiffées
du soleil sont suspendues au-dessous et soutiennent
sept autres uraeus pareilles au bout de sept chaînettes
en or.
Des boucles de cette taille ne se portaient pas aux
oreilles: on les attachait à la perruque, de chaque
côté de la figure. — XXe dyn.
3624. — Or. — (Mariette, Abydos, t. III,
p. 527, no 1370.)
Sur la poitrine de la même momie était un collier,
cousu aux linges du maillot. Il consistait en
cinquante-huit petites égides d'or, dont il ne subsiste
plus que les quarante et une réunies sous le no 3624.
Elles sont d'un travail fort délicat et surmontées,

sept d'une tête de lionne représentant la déesse Sokhit,
trois d'une tête d'Hor enfant, deux d'une tête
de bélier, deux d'une tête d'épervier, le reste de la
tête d'Isis. — XXe dyn.
3479. — Emeraude et or.
Une émeraude brute, enfermée dans un réseau d'or
dont les mailles ont dû être soudées successivement
l'une après l'autre, sans que la pierre ait souffert
en rien. — XXe dyn.
3538. — Or.
Vingt plaques travaillées au repoussé et ayant fait
probablement partie d'une ceinture de cérémonie. Sur
chacune d'elles, l'image d'Ormuzd ailé. Ces objets
auront appartenu à quelque fonctionnaire perse de
séjour en Égypte. — Epoque persane.
Tméi el-Amdid.
3580. — Or. — Long. 0m 20.
Diadème de travail grec. Au milieu, une tête de Méduse
au repoussé, dont les cheveux se répandent en
ondes et couvrent la surface du bandeau. Une chaînette d'or relie les deux extrémités: elle passait sous
le chignon et maintenait le diadème en place.
3566—3572. — Or et pierres précieuses.
Dans ces dernières années, les fellahs ont trouvé,
en cherchant du sebakh dans les ruines de l'ancienne
Bubaste, un grand nombre de bijoux d'époque romaine
et byzantine. Les bracelets inscrits sous les
no 3566—3572 proviennent de cette localité.
La plupart des bijoux non décrits que renferme
la vitrine H, bagues, anneaux, bracelets, boucles

d'oreilles, chaînes, petits amulettes, sont de basseépoque
et n'ont aucun mérite artistique. Les procédés
de soudure et de ciselure sont assez perfectionnés
et donnent une idée satisfaisante du savoir-faire
des orfèvres égyptiens.

Vitrine P.

M. Mariette avait rassemblé dans la vitrine P, de
petits objets historiques et des scarabées, qui y formaient
comme une petite chronologie par les monuments.
Presque toute la collection des scarabées a
été volée après l'inondation de 1878: j'en ai racheté
une quarantaine à la fin de 1882, mais je n'ai pas
encore réussi à combler les lacunes que cet accident
a produites dans la série des noms royaux.
3885. — Calcaire blanc. — H. 0m 41;
large. 0m 30. — (Mariette, Abydos, II, pl. 52 a;
t. III, p. 439.)
Au centre de la vitrine est une stèle, où un prêtre
du roi Nakht-Set de la XXe dynastie, s'est fait représenter
en adoration devant ce Pharaon et sa femme
Tii Miisit. Dans le registre supérieur, le roi Ramsès
III, fils de Nakht-Set, fait l'offrande de l'eau et
du feu à la triade d'Abydos, Osiris, Hor et Isis. —
XXe dyn.
3884. — Etoffe de lin.
La pièce d'étoffe roulée qui est au pied de la stèle,
est, comme l'indique une inscription tracée à l'encre,
« la toile vénérable, faite pour le roi Pépi vivant à

jamais »: elle a donc aujourd'hui plus de cinq mille
ans. Nous avons trouvé, dans la pyramide du roi
Ounas, des morceaux d'étoffe aussi bien conservés
et plus vieux que celui-ci de quelques années. —
VIe dyn.
La série des scarabées et cartouches royaux commence
à droite de la stèle, au premier étage. Elle
s'étend des temps mythiques à la conquête macédonienne.
3639. — Email vert. — H. 0m 014, et
3682. — Email blanc. — H. 0m 013. — (Mariette, Abydos, t. III, p. 535, no 1379.)
Scarabée au nom du dieu Shou, fils de Râ, l'un
des rois-dieux de l'Égypte.
3640. — Jaspe noir. — H. 0m 02.
Scarabée au cartouche d'Osiris, roi-dieu de l'Égypte.
3641. — Email vert. — H. 0m 058.
Petit couvercle de vase au nom du roi Snofrou.
— IIIe dyn.
3642. — Email bleu. — H. 0m 011.
Scarabée au nom de Menkoourî (Mycerinus). Cfr.
no 3643, 3647 — 3649. — IVe dyn.
Sân.
3644. — Email vert. — H. 0m 057. —
(Mariette, Mon. Div., pl. 32.)
Amulette en forme de cartouche, au nom de Tatkerî
Assi. — Ve dyn.
3645. — Email vert. — H. 0m 015. —
(Mariette, Mon. Div., pl. 32.)
Scarabée au nom d'Ounas, dernier roi de la Ve dynastie.
Mit-Rahinéh.
3646. — Schiste émaillé vert. — H. 0m
022. — (Mariette, Abydos, t. II, pl. 40f t. III,
p. 536, no 1382.)
Scarabée au nom de Pépi, vivant à toujours. —
VIe dyn.
3650. — Email bleu. — H. 0m 019.
Scarabée au prénom Nibtoouïrî, du roi Monthotpou
III. — XIe dyn.
Drah abou 'l Neggah.
3651. — Email vert. — H. 0m 02. — (Mariette,
Abydos, t. III, p. 549, no 1419.)
Cylindre au cartouche Amenemhâït. — XIIe dyn.
3652. — Schiste émaillé vert. — H.
0m O17.
Amulette en forme de double cartouche. D'un
côté, les prénoms d'Ousirtasen II et III; de l'autre,
le cartouche d'Ahmos Ier de la XVIIIe dynastie. Il
n'est pas nécessaire de supposer qu'un roi de la
XIe dynastie s'est appelé Ahmos: la popularité des
rois de la XIIe dynastie était grande à Thèbes, pendant
toute la durée du' Nouvel-Empire, et explique
le rapprochement de leurs noms avec le nom d'Ahmos.
— XVIIIe dyn.
Drah abou 'l neggah.
3653. — Schiste. — H. 0m 015.
Scarabée au cartouche Ousirtasen. — XIIe dyn.
3654. — Email vert. — H. 0m 034.
Scarabée au prénom Khâkhopirrî d'Ousirtasen II
(cfr. no 3655 — 3656, 3658).
3657. — Email vert. — H. 0m 021. —
(Mariette, Abydos, t. III, p. 549, no 1419.)
Cylindre au cartouche Noubkoourî d'Amenemhâït II.
3659. — Email vert. — H. 0m 019. —
(Mariette, Mon. Div., pl. 32.)
Scarabée au cartouche Khâkerî d'Ousirtasen III
(cfr. no 3660, 3661).
Kom Abou-Khanzîr.
3662. — Email vert. — H. 0m 012.
Cartouche d'Amenemhâït III.
3663. — Email vert. — H. 0m 022.
Cylindre au cartouche de Skhemrâkhoutoouï, Sobkhotpou
III. — XIIIe dyn.
3664. — Email vert. — H. 0m 022. —
(Mariette, Mon. Div., pl. 48 j.)
Scarabée au nom de Souazrâskhemtoouï, Sobkhotpou
II, fils de la reine Wouap … — XIIIe dyn.
3665. — Email vert. — H. 0m 026. —
(Mariette, Abydos, t. III, p. 536 — 537, no 1383.)
Scarabée au cartouche de Skhemâsouaztoouï,

Sobkhotpou IV, fils du prêtre Monthotpou. — XIIIe dynastie.
3666. — Email vert. — H. 0m 023. —
(Mariette, Mon. Div., pl. 48 p.)
Scarabée au nom de Khâhotpourî Sobkhotpou VII.
— XIIIe dyn.
3667. — Email vert. — H. 0m 024. —
(Mariette, Abydos, t. III, p. 536 — 537, no 1383.)
Scarabée au nom de Khasosshourî Nofirhotpou II,
fils du prêtre Hâonkhf. — XIIIe dyn.
3668. — Email vert. — H. 0m 023. —
(Mariette, Mon. Div., pl. 48 0.)
Scarabée aux noms de Mirinofirrî Aï. — XIVe dyn.
3669. — Email vert. — H. 0m 026. —
(Mariette, Abydos, t. III, p. 538, no 1391.)
Scarabée au nom d'un roi de la XIVe dynastie
Mâabrî (cfr. 3670—3672).
3675. — Email vert. — H. 0m 021. —
(Mariette, Abydos, t. III, p. 538, no 1391.)
Scarabée au nom d'un roi de la XIVe dynastie Khânofriti.
3684. — Email vert. — H. 0m 014. —
(Mariette, Abydos, t. III, p. 537, no 1384.)
Scarabée au prénom de Nibpehtirî d'Ahmos Ier.
— XVIIIe dyn.
3685. — Email vert. — H. 0m 017.
Scarabée au nom Ahmos Nofirtari de la femme
d'Ahmos Ier (cfr. no 3694). — XVIIIe dyn.
3686. — Email vert. — H. 0m 017.
Scarabée d'Amenhotpou I (cfr. no 3689—3692.) —
XVIIIe dyn.
Drah abou 'l neggah.
3695. — Email vert. — H. 0m 019.
Scarabée au prénom Aakhopirkerî de Thoutmos Ier
(cfr. no 3696). — XVIIIe dyn.
3697. — Email bleu. — H. 0m 018.
Amande au prénom Akhoprinrî de Thoutmos II.
— XVIIIe dyn.
3698. — Email bleu clair. — H. 0m 03.
Sceau du Temple d'Ammon dans Bouto, au cartouche
de la reine Hatshopsitou (cfr. no 3699—3702).
— XVIIIe dyn.
3703. — Email bleu sombre. — H. 0m 02.
Sceau en forme de cartouche au prénom Menkhopirrî
de Thoutmos III (cfr. 3704—3733). — XVIIIe dyn.
3734. — Email bleu. — H. 0m 02.
Scarabée au prénom Aakhopirourî d'Amenhotpou II
(cfr. no 3735). — XVIIIe dyn.
3736. — Email bleu. — H. 0m 018.
Scarabée au prénom Mânibrî d'Amenhotpou III
(cfr. no 3737—3742, 3744—3749). — XVIIIe dyn.
3743. — Email vert. — H. 0m 051.
Scarabée. Sur le plat, la légende Mânibrî, qui se
lève comme le disque solaire
, où l'on sent déjà l'influence
du culte d'Aten, qui devint prédominant sous
le roi suivant Amenhotpou IV. — XVIIIe dyn.
3753. — Email vert. — H. 0m 048. —
(Don de M. Insinger.)
Scarabée au nom de l'épouse principale Tii, femme
d'Amenhotpou III. — XVIIIe dyn.
Ile de Saï en Nubie.
3751. — Email bleu. — H. 0m 029. —
(Mariette, Abydos, t. III, p. 549, no 1422.)
Scarabée au nom du roi Toutonkhamon. — XVIIIe
dynastie.
3752. — Email bleu. — H. 0m 021.
Scarabée au prénom Sorkhopriourî-sotpenrî d'Harmhabi
(Armaïs), appelé improprement Horus. — XVIIIe
dynastie.
3754. — Schiste. — H. 0m 019. — (Mariette, Mon. Div., pl. 32.)
Cartouche-prénom Menpehtirî de Ramsès Ier. —
XIXe dyn.
Kom Abou-Khanzîr.
3755. — Email vert. — H. 0m 014.
Cartouche-prénom Menmarî de Séti Ier Minephtah
(cfr. no 3756—3759). — XIXe dyn.
3760. — Email blanc. — H. 0m 011.
Cartouche-prénom Ousirmarî de Ramsès II, pendant
les premières années de son règne. — XIXe dyn.
3761. — Email vert. — H. 0m 017.
Scarabée au prénom Ousirmarî-sotpenrî de Ramsès
II (cfr. no 3762—3772). — XIXe dyn.
3773. — Email bleu. — H. 0m 015. —
(Mariette, Mon. Div., pl. 32.)
Scarabée au prénom Ousirkhopirrî - sotpenrî de
Séti II (cfr. no 3774). — XIXe dyn.
Kom Abou-Khanzîr.
3778. — Or. — H. 0m 032.
Petite feuille en or, sur laquelle est gravé à la pointe
le cartouche de Siamoun-Miamoun Hrihor (cfr. no 3779,
3780, 3840, 3841 etc.). — XXIe dyn.
3783. — Lapis-lazuli cerclé d'argent. —
H.
0m 029. — (Mariette, Abydos, III, p. 539,
no 1392.)
Scarabée aux cartouches de Shishonq Ier, le Shishak
de la Bible (cfr. no 3784). — XXIIe dyn.
3785. — Email vert. — H. 0m 017. —
(Mariette, Mon. Div., pl. 32.)
Scarabée d'Osorkon II. — XXIIe dyn.
3783. — Email vert. — H. 0m 013. —
(Mariette, Abydos, t. III, p. 548, no 1415.)
Petite plaque au cartouche Aakhopirrî de Sheshonq
IV. — XXIIe dyn.
3786. — Email vert. — H. 0m 053. —
(Mariette, Mon. Div., pl. 29 d.)
Scarabée aux noms de Sabacon (cfr. no 3781—3782).
— XXVe dyn.
Mit-Rahinéh.
3787. — Email blanc. — H. 0m 022. —
(Mariette, Mon. Div., pl. 48 s.)
Scarabée de la reine Ameniritis, fille du roi éthiopien
Kashti et soeur de Sabacon (cfr. no 3778). —
XXVe dyn.
Déir el-Médinéh.
3789. — Email vert. — H. 0m 012. —
(Mariette, Mon. Div., pl. 32.)
Scarabée au nom de Psamitik. — XXVIe dyn.
Kom Abou-Khanzîr.
3790. — Email vert. — H. 0m 05.
Petite plaque au prénom d'Apriès. — XXVIe dyn.
3791. — Email bleu. — H. 0m 052.
Cartouche de Nectonabo Ier. — XXXe dyn.
3844. — Bois. — Long. 0m 26.
On a trouvé, depuis le commencement du siècle,
un grand nombre d'instruments votifs en bois ou en
bronze, qui avaient servi au roi Thoutmos III et à
la reine Hatshopsitou, lors de la fondation d'une des
chapelles du temple de Déir el-Baharî. L'instrument
coté no 3884 est un modèle d'herminette : il
est au cartouche de Thoutmos III (cfr. no 3851). —
XVIIIe dyn.
Déïr el-Baharî.
3845. — Bronze. — Long. 0m 175.
Modèle de lame de ciseau en bronze, au cartouche
d'Hatshopsitou, provenant du même fonds que l'objet
qui précède (cfr. no 3931—3934).
3850. — Calcaire. — H. 0m 13.
Petit modèle de buste royal (cfr. Armoires R et Q).
3852—3860, 3874—3678. — Bronze. —
H.
moyenne 0m 03 et 0m 05. — (Mariette, Mon.
Div.
, pl. 103.)
Ces petits cubes proviennent du temple de Tanis.
Ils semblent avoir servi de pieds à des coffrets en
ivoire et en bois précieux, analogues au coffret du roi
Ramsès IX, qui est dans la Salle des momies royales.
Chacun d'eux porte, gravés au trait, puis relevés d'argent,
des noms de divinités, le cartouche du dieu
Thébain Khonsou, une bannière royale Sonkhtaouï
que je ne sais à quel roi donner, le nom d'une princesse
Nibhoteptiou, etc. Le style des inscriptions nous
ramène à la XXIe dynastie, plutôt même à l'époque
saïto-persane.
Sân.
3867. — Bois. — Long. 0m 14.
Etui à poudre d'antimoine. Il porte le prénom d'Amenhotpou
III et celui de sa femme Tii. — XVIIIe dyn.
3870. — Terre émaillée. — H. 0m 14;
diam. 0m 18.
Ce beau vase provient de la collection Huber. Il
a malheureusement perdu le goulot. Les deux cartouches

qu'il porte sont ceux d'Amenhotpou III et
de sa femme Tii. — XVIIIe dyn.
3871. — Schiste. — H. 0m 07. — (Mariette,
Abydos, III, p. 537, no 1387.)
Ce scarabée, dont chaque Musée de l'Europe possède
au moins un exemplaire, a été gravé à l'occasion
du mariage d'Amenhotpou III avec la reine Tii,
fille d'Iouaa et de la dame Touaa: il nous apprend
que l'Égypte s'étendait alors du pays de Gari, en
Éthiopie, jusqu'au Naharina.
Il y a peu de personnages sur lesquels on ait émis
autant de conjectures que sur la reine Tii. On a affirmé
qu'elle était étrangère: 10 à cause du nom de
son père et de sa mère; 20 parce que son tombeau,
dans la Vallée des Reines, à Thèbes, la représente
avec les yeux bleus et les joues roses. La réponse à
ces raisons a déjà été faite. 10 Les noms Iouaa, Touaa,
Tii, loin d'être étrangers, sont du plus vieux fond
égyptien et se trouvent sur les monuments de l'Ancien
Empire. 20 Le tombeau de la Vallée des Reines
n'est pas celui de la reine Tii, femme d'Amenhotpou
III, mais d'une reine Diti de la XXe dynastie:
c'est donc cette reine, et non Tii, qui a les joues
roses et les yeux bleus, où l'on a voulu reconnaître
des marques d'origine étrangère. — XVIIIe dyn.
3872. — Schiste émaillé. — H. 0m 065.
— (Mariette, Abydos, III, p. 538, no 1388.)
La longue inscription gravée sur ce scarabée raconte
que le roi Amenhotpou III avait tué cent deux

lions de l'an I à l'an X de son règne. — XVIIIe dynastie.
3873. — Schiste. — H. 0m 05.
Gros scarabée brisé de Ramsès III. — XXe dyn.
3882. — Email bleu. — H. 0m 131.
Cette tablette porte le cartouche de Psioukhânou
Miamoun, roi de la XXIe dynastie. Elle a été trouvée,
ainsi que beaucoup d'autres au nom du même
roi, sous le dallage d'une des salles du grand temple
de Tanis (cfr. nos 3899, 3906). — XXIe dyn.
Sân.
3898. — Porcelaine verte. — H. 0m 047.
Petit épervier de travail fort délicat, perché sur un
socle, entre deux tables d'offrandes. Le socle porte
le cartouche-prénom du roi Neko II. — XXVIe dyn.
Sérapéum.
3901 — 3902. — Albâtre. — H. 0m 156. —
(Mariette, Mon. Div., pl. 54 g.)
Vase. Il porte, sur la panse, le nom de Mirenrî,
et, sur le couvercle, celui de Nofrikerî Pepi II, frère
et successeur de Mirenrî. — VIe dyn.
Éléphantine.
3903. — Terre émaillée bleue. — H.
0m 14.
Statuette funéraire du roi-prêtre Pinotm II (Don
de M. Letourneux, 1881). — XXe dyn.
Louxor.
3904. — Terre émaillée verte. — H.
0m 16. — (Mariette, Abydos, t. III, p. 64,
no 412.)
Statuette funéraire de la reine Isis. — XXe dyn.
3910. — Terre émaillée bleue. — H.
0m 30. — (Mariette, Abydos, t. II, pl. 60; t. III,
p. 63, no 409.)
Statuette funéraire du roi Ramsès IV. — XXe dynastie.
3914. — Terre émaillée bleue. — H.
0m 148.
Scarabée aux deux cartouches d'Apriès. — XXVIe
dynastie.
3921. — Albâtre. — H. 0m 14.
Fragment de vase sur lequel on lit la légende d'un
roi Menkhopirrî, dont le nom, martelé avec soin, devait
se lire probablement Séti, comme celui du roi
qui a consacré la stèle C 100 du Louvre. Ce roi,
qui ne régna que sur la Thébaïde, vivait à la fin de
la XXVe ou au commencement de la XXVIe dynastie.
3925. — Schiste émaillé violet. — H.
0m 07. — Don de M. Henri Pereire. — (Mariette,
Mon. Div., pl. 48 a.)
Petit coeur, sur lequel est gravé le chapitre du
Livre des Morts relatif au coeur. La formule est consacrée
au roi Séti Ier. — XIXe dyn.
Assassif.
3927. — Email vert. — H. 0m II.
Statuette funéraire du Pharaon Niforit. — XXIXe
dynastie.
Tell-et-Tmaï.
3928. — Feldspath vert. — H. 0m 07;
long. 0m 12; larg. 0m 048.
Petit sphinx brisé aux cartouches d'Apriès. —
XXVIe dyn.
3937—3939. — Cire.
Vers la XXVIe dynastie, l'habitude s'établit de sceller
les lettres et les actes publiques, non plus avec
de la terre glaise comme auparavant, mais avec de
la cire. Les sceaux ont survécu aux papiers qu'ils
fermaient, et j'ai acquis récemment les trois qui sont
au Musée sous les nos 3937—3939. Le no 3937 porte
l'empreinte du cartouche d'Amasis (H. 0m 03); le
no 3938, le nom de Psamitik (H. 0m 022); le no 3939
le nom Menkhopirrî, avec la figure d'un singe marchant
à quatre pattes (H. 0m 023). — XXVIe dyn.
3944—3948. — Parchemin et cuir rouge.
Vers la fin de la grande époque thébaine, les momies
portaient sur leur maillot des bretelles en toile,
terminées par des bouts en parchemin bordés de
cuir rouge. Ces bouts en parchemin, fabriqués par
les prêtres, portaient ordinairement, comme marque
d'origine, une scène d'adoration à Ammon-Râ par
le grand-prêtre ou par le roi régnant. Les nos 3944
(H. 0m 008), 3946 (H. 0m 07), 3947 (H. 0m 072), 3948
(H. 0m 086) portent les cartouches d'Osorkon Ier, le

no 3945 (H. 0m 067) est illisible, mais vient du même
fond que les numéros précédents. — XXIIe dyn.
Assassif.
3952. — Albâtre. — H. 0m 097.
Petit vase au cartouche du roi Teti. — VIe dyn.
3960. — Basalte vert. — H. 0m 15; larg.
0m 12. — (Mariette, Karnak, pl. 45 a.)
La statue représentait le roi Taharqou. Il n'en
reste plus que les pieds et la base. Sur la tranche,
une série de vingt-huit captifs enchaînés (quatorze
nègres et quatorze Asiatiques) donne l'énumération
des peuples soumis par le roi. Au premier rang, figurent
la Palestine et l'Assyrie. — XXVe dyn.

Armoires R et Q.

Sauf l'étage du bas qui est occupé par des statuettes
funéraires d'époque gréco-romaine, les deux
armoires R et Q sont remplies par des modèles de
sculpteur, trouvés en différents endroits. Cette collection,
unique en son genre, nous montre comment
on s'y prenait en Égypte, pour former les artistes
et les ouvriers employés à la décoration des temples
et des tombeaux.
Armoire R. Les modèles de tête royale que possède
le Musée sont au nombre de vingt-neuf, dont
quinze proviennent de Saqqarah, onze de Sân, et
trois de Crocodilopolis (Mit-Farès), dans le Fayoum.
La série de Saqqarah, la plus complète de toutes,

est aussi la plus instructive: c'est une véritable suite
d'exercices gradués, destinée aux élèves sculpteurs.
Le no 3358 (H. 0m 23) nous fournit le point de départ,
avec une tête à peine ébauchée. En regardant
sur la face plane de derrière, on y distingue encore,
tracées à la pointe, les traits de proportion qui indiquaient
la place des yeux, du nez, de la bouche
et de toutes les parties du visage. La figure employée
comme modèle était évidemment celle du roi
régnant. C'était celle que les sculpteurs avaient le plus
souvent à reproduire, aussi l'étudiaient-ils avec soin,
de face et de profil, jusque dans ses moindres détails.
Le no 3359 (H. 0m 21) nous montre en effet, vu de profil,
le même personnage que tous les autres modèles
nous montrent de face. Deux modèles de pied, découverts
à Sàn, no 3373 et no 3374 (long. 0m 125),
nous prouvent qu'on appliquait aux autres membres
le procédé qui réussissait si bien pour la tête. Le
no 3366 (H. 0m 12; long. 0m 346; larg. 0m 115) est
un modèle d'architecture: il représente un petit autel,
auquel on arrive, d'un côté par deux petits escaliers,
de l'autre par deux rampes assez raides, où l'on se
proposait probablement de tailler des marches.
Armoire Q. — Les petites dalles no 3382—3413,
découvertes à Tanis, sont, pour le graveur d'hiéroglyphes
et de bas-reliefs, ce que les bustes royaux étaient
pour le statuaire. Quelques - unes d'entre elles ont
été travaillées sur les deux faces (no 3405, 3412,3413);
quelques autres indiquent le procédé à suivre pour
ébaucher la figure. Les nos 3401 et 3407, par exemple,
sont de véritables modèles de lettres. Les plus remarquables
de ces pièces, celles au moins qui ont

pour nous le plus de valeur artistique, sont les deux
profils de Bast à tête de lionne (no 3386, H. 0m 18;
no 3387, H. 0m 16), le fragment de bélier no 3393
(H. 0m 13), et la tête de cynocéphale no 3395 (H. 0m 12).
Le tout paraît se rapprocher du faire saïte et ptolémaîque.
Les six autres armoires appliquées aux piliers contiennent
une foule de menus objets qui servaient à
l'ordinaire de la vie. Quelques-uns ont été trouvés
dans les ruines des villes, la plupart proviennent des
tombeaux. La même conception qui avait déterminé
les égyptiens à déposer avec les morts des vivres
et des boissons, les engageait à mettre, soit sur la
momie même, soit dans le voisinage immédiat, tous
les ustensiles, toutes les étoffes, tous les jouets dont
on se servait en ce monde. La vie d'outre-tombe
était identique à la vie terrestre et en reproduisait
les moindres détails. L'Égyptien vivant aimait passionnément
le jeu de dames; l'Égyptien défunt devait
l'aimer de même, et on lui faisait cadeau d'un damier
pour qu'il pût satisfaire sa passion. L'Égyptien
vivant se fardait, se noircissait les yeux, portait perruque:
on mettait avec l'Égyptien défunt les fards
et les perruques nécessaires. Quelquefois, les objets
même que le vivant avait aimés, on les laissait au
cadavre. Souvent, on en fabriquait de semblables,
qu'on décorait de légendes funéraires. Le plus souvent,
on se contentait de reproductions plus ou moins
soignées, plus ou moins réduites, des objets usuels,
et on donnait au mort un véritable mobilier de poupée.
Il ne faut donc pas croire que tous les ustensiles
employés à l'ordinaire de la vie avaient l'aspect

et les dimensions des ustensiles exposés dans les
vitrines: si quelques-uns auraient pu servir indifféremment
en ce monde et dans l'autre, la plupart
n'étaient que des trompe-l'oeil, et n'auraient été pour
le vivant que des joujoux inutiles ou incommodes.

Armoire Y.

3240. — Faïence bleu. — H. 0m 13; long. 0m 21.
Hippopotame debout marchant dans un marais. Le
dessinateur a tracé à l'encre noire, sur le corps de la
bête, des roseaux, des lotus, au milieu desquels volent
des oiseaux et des papillons: c'est une manière
naïve de montrer l'hippotame dans son milieu habituel.
Ce curieux morceau a été découvert dans une
tombe de la XIe dynastie, avec l'hippopotame no 3340
(même armoire, rayon du bas) et un troisième hippopotame
aujourd'hui perdu.
Drah abou 'l neggah.
Le rayon situé immédiatement au-dessous de l'hippopotame,
contient de magnifiques spécimens de verres
transparents ou colorés. L'art de la verrerie était déjà
prospère au temps où l'on construisait les pyramides:
les tombeaux de Saqqarah nous ont fourni plus
d'un exemple du verrier soufflant dans sa canne, et
les peintures des tombeaux postérieurs prouvent, qu'à
la XIIe et à la XVIIIe dynastie, les Égyptiens savaient
fabriquer des vases en verre coloré, d'une élégance
et d'une richesse étonnantes. Il est malheureusement
fort difficile de déterminer l'âge des verreries que

nous possédons: la plupart doivent être d'époque
ptolématïque. On a pris l'habitude de les attribuer
aux Phéniciens ou aux Chypriotes; mais, sans parler
des figures reproduites dans les tombeaux, les
objets que renferment les musées ont des formes
qu'on ne trouve qu'en Égypte. C'est en Égypte seulement
qu'on a pu fabriquer les coeurs, les colonnettes
et les amulettes que contiennent les vitrines de la Salle
funéraire. Loin donc de retirer à l'industrie égyptienne
la plupart des verres trouvés en Égypte, je
serais assez porté à croire qu'une partie des verreries
dites phéniciennes et chypriotes ont été fabriquées
en égypte et envoyées à l'étranger, comme
objets de commerce courant. Il me suffira de signaler
les nos 3252 (H. 0m 076), 3253 (H. 0m 115), 3254
(H. 0m 105), 3257 (H. 0m 07), 3258 (H. 0m 092), 3261
(H. 0m 08), 3266 (H. 0m 065), 3268 (H. 0m 07): une
description ne pourrait jamais rendre la grâce des
formes, la richesse et l'harmonie des couleurs, la
finesse de la pâte. Les fioles à long goulot, no 3251
(H. 0m 23), 3265 (H. 0m 065) etc. étaient des fioles
à parfums: l'usage s'en est continué après la conquête
musulmane, et je ne serais pas étonné si plusieurs
de celles que nous possédons étaient de fabrication
arabe.
3255. — Email vert. — H. 0m 076.
Tête rase, probablement du dieu Imhotpou, fils
de Phtah. La finesse des traits et la perfection du
modelé justifient le surnom que lui donnaient les
Égyptiens de Dieu à la belle face. — Ep. Saïte.
Mit-Rahinéh.
3262. — Email blanc, bleu, jaune et violet.
— H. 0m 195. — (Mariette, Abydos, III,
p. 61 — 68.)
Cette statuette est la plus belle de toutes les statuettes
funéraires connues jusqu'à présent. Sur un
fond blanc, les hiéroglyphes et les détails de sculpture
ont été gravés en relief, puis remplis de pâtes
vitrifiées à la cuisson. Le visage et les mains sont
bleu-turquois; la coiffure est jaune à raies violettes,
violets également sont les hiéroglyphes et le vautour
qui déploie ses ailes sur la poitrine. Le tout est harmonieux
et fondu, sans que la moindre bavure d'un
émail émousse la netteté du trait. Ce résultat est
d'autant plus remarquable que, les verres employés
pour obtenir les couleurs, sont fusibles à des températures
assez différentes, et que la statuette a dû
être passée au feu un certain nombre de fois avant
d'être achevée.
Cette statuette unique en son genre, appartenait
à un nomarque, premier prophète d'Ammon, du nom
de Phtahmos. — XXe dyn.
3267. — Bois. — H. 0m 06; long. 0m 12.
Veau couché, d'un travail fort délicat, creusé pour
servir de boîte: la tête et le dos de l'animal s'enlèvent
et font couvercle. — XXe dyn.
3270. — Bois. — H. 0m 065.
Les Égyptiens des deux sexes aimaient à s'agrandir
l'oeil, en le cernant d'un trait noir qui finissait
sur la tempe; ils mettaient aussi, à certaines époques,
des fards de diverses couleurs, verts ou bleuâtres,

sous la paupière infèrieure. L'opération destinée à
donner à l'oeil une teinte noirâtre, se faisait au moyen
d'un poinçon ou d'une aiguille mousse, qu'on passait
autour du globe pour y introduire la poudre d'antimoine.
Ces aiguilles et les vases destinés aux poudres
et aux fards ont cent formes diverses. Le nO 3270
est en bois et taillé de manière à figurer quatre étuis
longs, collés deux à deux l'un contre l'autre. Une
petite femme nue est debout contre le devant de la
boîte. Les quatre étuis contiennent encore des restes
de fards desséchés. La longueur de l'aiguille est de
0m 069. — XXe dyn.
3273. — Bronze. — H. 0m 078.
Petit prêtre agenouillé: il tient de la main droite
un vase à libations, dont il verse le contenu sur une
table d'offrandes qu'il a dans la main gauche. —
Ep. saïte.
3274—3276. — Bois. — H. 0m 208, 0m 185,
0m 175.
Sous les dynasties thébaines, on avait pris l'habitude
de remplacer les statues en pierre ou en bois
de grandes dimensions, qu'on déposait jadis dans les
tombeaux, par des statuettes en bois de plus en plus
petites. Beaucoup d'entre elles étaient fort soignées,
et le Musée de Turin en posséde une vingtaine, dont
quelques-unes sont comparables aux plus beaux ouvrages
de l'Ancien Empire. Le no 3274 et les deux
suivants de notre Musée, sans être des chefs-d'oeuvre,
sont d'un art très fin et très délicat. Ce sont trois personnages,
revêtus du costume d'apparat de la XXe dynastie:

ils marchent droit devanl eux, d'un mouvement
mesuré, le buste bien effacé, la tête haute. L'expression
de la physionomie, calme et rusée, montre
qu'on a voulu faire des portraits: les traits de la
face rappellent le type japonais plutôt que le type
égyptien ordinaire. Le plus grand des trois personnages
était un favori du roi, premier prophète de la
désse Oirthikoou, Hori, surnommé Râ. Aucune inscription
ne nous apprend quel nom portaient les individus,
au double desquels les deux autres statuettes
devaient servir de support. — XXe dyn.
3277. — Bois. — Long. 0m 226.
Une jeune fille nue, sauf une ceinture étroite qui
lui serre les hanches, nage, tenant la tête bien hors
de l'eau. Ses deux bras allongés soutenaient un canard
creusé en boîte, et dont les deux ailes, s'écartant,
formaient le couvercle. C'est un des motifs que
les dames égyptiennes préféraient pour leurs boîtes
à parfums: la jeune fille servait de manche, et le
canard recevait la pâte odorante. Tous les musées
d'Europe, et plus particulièrement le Louvre, possèdent
de jolis spécimens bien complets de cet ustensile;
nous n'avons jamais pu nous en procurer qui
fussent intacts. Pour se figurer ce qu'il devait être
au sortir des mains du fabricant, il faut mettre le canard
no 3283 (Long. 0m 226), mais en le rapetissant,
sur les bras de la jeune fille. — XXe dyn.
Drah abou 'l neggah.
3278. — Porcelaine bleue. — H. 0m 054.
Tête de statuette royale, peut-être Neko II ou

Apriès. Le salpêtre s'est mis dans ce petit monument
et le menace d'une destruction prochaine. —
XXVIe dyn.
Mit-Rahinéh.
3279. — Bois. — H. 0m I I I.
Cette petite statue est du même type et de la
même provenance que les nos 3274 — 3276. On remarquera
le petit oeil mystique qu'elle a au poignet:
c'est un exemple presque unique de la manière dont
les Égyptiens portaient fréquemment cet amulette.
— XXe dyn.
3285. — Bois. — Long. 0m 22.
Cuiller à parfums, représentant un chien qui se
sauve emportant un poisson dans sa gueule: le corps
du poisson est le bol de la cuiller. Le troisième rayon
de l'armoire renferme d'ailleurs une collection assez
heureuse d'objets de ce genre. Le no 3291 (H. 0m 202) est
un cartouche qui sort d'un lotus épanoui; 3292 (Long.
0m 164), une main qui tend un petit godet; 3295 (H.
0m 16), un fruit de lotus flanqué de deux boutons;
3296, une jeune fille qui, deboutsur une barque, cueille
des lotus: les fleurs et les fruits du lotus, réunis en
gerbe autour de sa tête, ont été creusés pour recevoir
le parfum. Le no 3312 (Long. 0m 28) est une
jeune fille comme le no 3277, etc. — XXe dyn.
3293. — Verre. — H. 0m 044.
Petit vase à Parfums. Les Pâtes bleues, jaunes et
blanches ont été disposées de manière à rendre l'effet
d'une couverture de paille fine qu'on aurait tressée
sur le verre.
3301. — Bois. — H. 0m 045.
Un singe debout tend un arc. L'obélisque dressé
en face de lui et qu'il semble viser, était la boîte qui
le renfermait. — Ep. Saïte.
3304. — Bois. — Long. 0m 11.
Bobine allongée, terminée à chaque extrémité par
une tête humaine: elle est encore chargée d'un fil
assez fin. — XXe dyn.
3289, 3305, 3306, 3314. — Emaux de diverses
couleurs.
Les fellahs découvrirent vers 1870, à Tell-Yahoudièh,
près de Shibîn el Kanatîr, les restes d'un temple
recouvert de briques et d'ornements en terre émaillés.
Les marchands d'antiquités et différents amateurs
du Caire réussirent à démolir en quelques mois
ce qui subsistait de ce monument unique en son
genre. Le British Museum et le Louvre ont acquis
plusieurs fragments provenant de Tell-Yahoudièh:
les débris réunis sous les trois nos 3289, 3305, 3306,
donnent l'idée de ce qu'était la décoration des murs.
Le no 3289 représente une tête de prisonnier nègre.
Le no 3306 est un fragment de bordure: le motif
principal en est une fleur de lotus flanquée de deux
boutons. Le no 3305 représente une variante assez
compliquée de l'oeil mystique. Le cartouche de Ramsès
III (no 3314) nous donne la date exacte de l'érection
du temple. — XXe dyn.
Tell-Yahoudièh.
3307. — Bois. — H. 0m 13.
Les éventails égyptiens se composaient d'un manche,

et d'une pièce centrale qui couronnait le manche
et dans laquelle venaient s'engager les plumes. Le
no 3307 est une pièce centrale: elle est formée de
deux planchettes minces entre lesquelles était logé
le ressort destiné à maintenir les plumes. Le ressort,
d'ordinaire en bois, a disparu; mais nous l'avons
trouvé encore intact dans la pièce no 2996 (Armoire
X
).
3315. — Bronze. — H. 0m 17.
Bast, à tête de chatte, est debout, vêtue d'une robe
rayée et brodée qui lui descend jusqu'au milieu du
mollet. Elle tient à la main gauche la tête de Sokhit,
avec le collier auquel on donne le nom d'égide. —
XXVIe dyn.
Sérapéum.
3317. — Bois. — H. 0m 185.
Un esclave chauve, à tête en pain de sucre, plie
sous le poids d'une grosse jarre. La jarre est le bol,
et l'esclave le manche d'une cuiller à parfums. La
plupart des musées de l'Europe possèdent des cuillers
de ce type. — XXe dyn.
3318. — Corne. — Long. 0m 143.
Epingle à cheveux terminée par un serpent lové.
— XXe dyn.
3326. — Bronze et bois. — H. 0m 26.
Miroir. La plaque en bronze: le manche en bois,
incrusté d'ivoire, représente une tête de Bes. Trouvé
dans une tombe de l'Ancien-Empire.
Sérapéum.
3327. — Bois. — H. 0m 21; larg. 0m 129.
Plaque en bois, où l'on a évidé avec sion les formes
d'un manche de miroir et de deux petits godets.
On y coulait de la cire sur laquelle on établissait
ensuite les moules qui servaient à la fonte des
objets en question.
3328 — 3331. — Email bleu. — H. moyenne
0m 20.
Quatre petits vases canopes sans inscription. —
XXe dyn.
3340. — Email bleu. — Long. 0m 18.
Hippopotame couchá dans les roseaux (cfr. no 3240).

Armoire U.

3033. — Email vert. — H. 0m o5.
Un petit singe, assis, soutient de ses deux mains
un grand plat, qui repose sur un chapiteau à feuilles
de palmiers. Brûle-parfums. — Ep. saïte.
3035. — Terre émaillée. — H. 0m 051.
Petit pot, en forme de tête de Bes coiffée de ses
plumes. — Ep. grecque.
Mit-Rahinèh.
3141. — Schiste. — H. 0m 185; larg. 0m 12.
Deux statuettes funéraires sont taillées dans une
même pierre: celle de la femme tient enlacée celle
du mari. Le collier a été doré. L'homme s'appelait
Mini et la femme Hontonou. — XXe dyn.
3142. — Papyrus. — Diam. 0m 092.
Balle d'enfant, en feuilles de papyrus découpées
et tressées. — XIe dyn.
Drah abou 'l neggah.
3143. — Bronze. — Long. 0m 055.
Petit hoyau votif.
3148. — Verre transparent blanc. —
H.
0m 042.
Petit vase à fond plat.
3149. — Verre transparent bleu. — H.
0m 027.
Petit vase à côtes, dont le goulot est cassé. Les
côtes sont de la même pâte que le reste du vase;
mais la plus grande épaisseur du verre aux endroits
oú il forme bourrelet, leur donne une teinte plus
foncée.
3153. — Verre peint. — Diam. 0m 004.
Petite soucoupe, sur laquelle on a peint deux gazelles
courant à travers les roseaux.
3156. — Bois. — H. 0m 155.
Femme nue debout, les bras collés aux hanches.
— XXe dyn.
3159. — Bois. — H. 0m 09.
Petite téte de jeune fille, cheveux ondés: une des
plus jolies oeuvres du ciseau égyptien. — Ve — VIe dyn.
Grandes-Pyramides.
3160. — Cristal de roche. — H. 0m 108.
Fiole votive. Le goulot a été seul creusé: le corps

du vase est resté plein, soit que l'on ait voulu représenter
un vase rempli d'eau, soit que l'ouvrier ait
craint de casser la matière précieuse qu'il travaillait.
3164. — Bois. — H. 0m 11.
Petite boîte en forme de gazelle, les pattes liées:
le couvercle manque.
3165. — Jade rosé. — H. 0m 05.
Petit vase, au fond duquel on trouve encore des
traces de poudre d'antimoine.
3166. — Ardoise fine. — H. 0m 027.
Petit vase jadis recouvert d'émail bleu.
3172. — Bois et ivoire. — H. 0m 07; larg.
0m 064; long. 0m 09. — (Mariette, Mon. Div.,
pl. 51, h.)
Petit modéle de coffret à linge, en bois, à deux couleurs
et en ivoire. — XIe dyn.
Drah abou 'l neggah.
3173. — Bronze. — Long. 0m 40.
Pince en forme de mains allongées, pour prendre
l'encens ou les charbons allumés. — XXe dyn.
Louxor.
3179. — Email vert. — H. 0m 067; long.
0m 354; larg. 0m 176.
Brique émaillée verte, sur laquelle sont tracés à
l'encre les cartouches de Ramsés III: pièce unique
jusqu'à présent. — XXe dyn.
Basse-Égypte.
3180. — Bois. — H. 0m 22.
Statuette de femme, analogue aux statuettes nos 3274,
3275, 3276, 3279 (Armoire Y, p. 106 et 108). La dame
Honttoou est debout en costume d'apparat: elle a au
cou un collier d'or et serre un bouquet contre sa
poitrine. — XXe dyn.
3181. — Bois. — H. 0m 08.
Petite tortue, dont la carapace percée de trous servait
de pelotte. Les épingles à cheveux qu'on y voit
fichées sont en bois et ont pour tête un museau de chacal
ou de chien. — XIe dyn.
Drah abou 'l neggah.
3182. — Bois et ivoire. — H. 0m 05;
long. 0m 265; larg. 0m 078. — (Mariette, Mon.
Div.
, pl. 51j.)
Boîte à jeu. Les cases et le tiroir sont incrustés
d'ivoire; les panneaux portaient des sculptures, également
en ivoire, dont il ne reste que peu de chose.
Sept pions de différentes formes et de différentes
matières sont encore dans le tiroir: ces pions se nommaient
les chiens, comme dans la Grèce antique.
Chacune des deux grandes faces de la boîte porte
un jeu différent. A la face supérieure, douze cases,
disposées en quinconce sur trois lignes de quatre:
de la rangée du milieu part une bande divisée en huit
cases. La face inférieure est partagée en trente-six
cases, rangées également par trois séries de douze.
On ne sait trop comment on disposait les pions sur
les cases, ni d'apreès quelles règles on les mouvait.
Un passage du Conte démotique de Satni-Khamoi's
nous apprend, qu'une des façons de jouer s'appelait

le cinquante-deux. Les Égyptiens modernes ont deux
jeux qui doivent ressembler singulièrement aux jeux
anciens, le tab et le mounkalah: le mounkalah se joue
en soixante points (Lane, Modern Egyptians, 1837,
t. II, p. 51 sqq.).
La plupart des damiers proviennent des tombes,
et portent une légende qui souhaite une existence
heureuse au défunt. Le Livres des Morts renfermait
en effet un chapitre destiné à permettre au mort de
jouer aux dames dans l'autre monde. Le no 3182 a
été trouvé avec la momie d'Ak-hor. — XVIIe dyn.
Drah abou 'l neggah.
3183. — Bois. — H. 0m 057; long. 0m 38;
larg. 0m 11. (Mariette, Mon. Div., pl. 52 a.)
Damier au nom du Serviteur du roi dans ses expéditions
au Nord et au Midi, chef des mercenaires,
prophéte de Sa Majesté, Abibi. — XVIIIe dyn.
Drah abou 'l neggah.
2791. — Bronze. — H. 0m 155.
Miroir en forme de feuille de lotus: la tige de la
feuille fait le manche du miroir.
3195. — Jonc. — H. 0m 07.
Panier en jonc tressé de diverses couleurs. Il est
semblable, pour la forme et la nuance, aux paniers
qu'on fabrique encore aujourd'hui à Esnèh et à Assouân,
mais plus fin de travail. — XIe dyn.
Drah abou 'l neggah.
3198. — Bois. — Long., 0m 18.
Ce joli monument est un modèle de corne à boire,

du genre de celles que les Grecs appelaient rhyton.
Le corps est en écorce, le bouchon en bois fin. La
partie inférieure d'où jaillissait le liquide en filet
mince, est une tête de vache en bois surmontée d'un
disque solaire. Je ne crois pas qu'un autre musée
possède une pièce du même genre. — XXVIe dyn.

Armoire V.

3126. — Bois. — H. 0m 21.
Vase votif. Il est plein, et porte sur le haut du
goulot des dessins simulant l'empreinte d'un cachet.
Il est peint en imitation de granit noir et porte sur
la panse une légende au nom du Chef-forgeron, modeleur
d'Ammon, Notmouoten. C'était un de ces vases
bon marché qu'on fabriquait à I'usage des morts, dont
la famille n'était pas assez riche pour se procurer
des vases réels en albâtre ou en granit. — XXe dyn.
3138. — Terre noire relevée de jaune.
— H. 0m 075.
Un cynocéphale accroupi tient devant lui un panier,
sur la face extérieure duquel la déesse Apit est figurée
debout. C'est un vase à collyre, comme le numéro
suivant 3138 en terre émaillée bleue.
3045. — Calcaire. — H. 0m 098.
Tête de statue de l'Ancien-Empire. L'exécution en
est fort remarquable et fait regretter la perte du
corps. — Ve — VIe dyn.
Grandes-Pyramides.
3047—3048. — Bronze et ivoire.
C'est avec intention qu'on a rapproché l'un de
l'autre ces deux manches de poignard en forme de
lion. Le no 3047, en bronze (Long. 0m 12) est assyrien
ou persan et provient de Bagdad; le no 3048 en
ivoire (Long. 0m 11) est égyptien. La manière dont le
même motif a été traité fait ressortir toute la différence
qu'il y a entre l'art assyrien et l'art égyptien.
L'assyrien a exagéré le mouvement et la physionomie
de la bête, au risque d'être brutal et disgracieux:
l'égyptien, tout en pliant les formes animales à l'emploi
auquel il les destinait, a su leur conserver un
air de dignité et de grandeur.
3057. — Ivoire. — H. 0m 122.
Etui à collyre en forme de colonne avec chapiteau
bulbeux: manquent le couvercle et le fond.
3059. — Couleur bleue.
Les trois petits paquets enregistrés sous ce numéro
sont tout ce qui reste de trois sachets remplis
de couleur. La toile qui les renfermait est pourrie
depuis longtemps, mais la pâte en a conservé les plis
et l'empreinte. La couleur est fabriquée avec ce que
les Égyptiens appelaient le mafkat artificiel, c'est-à-dire,
avec un verre coloré en bleu au moyen d'un
oxyde de cuivre, puis reéduit en poudrè. Le mafkat
vrai
était notre bleu d'outremer, c'est-à-dire, du lapislazuli
pilé et agglutiné en pastilles ou en pains.
3063—3069.
On a réuni dans ce coin de l'armire quelques

spécimeus curieux de pots et d'étuis à collyre. Le
no 3063, en pâte rouge (H. 0m 079) découpée à jour,
est porté sur un petit tabouret à quatre pieds qui fait
corps avec le vase lui-même. 3077 (H. 0m 15) a dû
appartenir à quelque pauvre diable: il est formé
d'un roseau creusé et d'un morceau de bois travaillé,
assez soigneusement reliés par une bande d'étoffe et
du fil. Le no 3066 (H. 0m 07) est un Phtah debout
sur les crocodiles: la tête évidée recevait la poudre
d'antimoine. Le no 3068 est un hérisson (H. 0m 054),
et le no 3069 (H. 0m 105) une sorte de flûte, formée par
cinq tubes d'inégale longueur en porcelaine verte.
Quelques-uns de ces vases sont accompagnés de
l'aiguille en bois ou en bronze qui servait à étendre
autour de l'oeil la poudre d'antimoine.
3075—3076.
Tous les menus objets de couleur diverse réunis
sous ces deux numéros sont des pions avec lesquels
les Égyptiens jouaient aux dames (cfr. no 3182, Armoire
U
, p. 114).
3080. — Jaspe vert. — H. 0m 06.
Vase en forme de coeur. D'un côté est gravé un
scarabée, de l'autre le chapitre XXX du Livre des
morts.
— Ep. saïte.
3081. — Terre émaillée. — H. 0m 34.
Malgré ses dimensions exigues, cette lête mérite
d'attirer un moment l'attention du visiteur: les traits
caractéristiques de la physionomie du nègre y sont
rendus avec une vérité qui fait honneur à l'habileté
de l'artiste. — Ep. saïte.
3090. — Schiste. — Long. 0m 07; larg.
0m 104.
Sur cette pierre, le scribe égyptien broyait, puis
délayait, avec un petit pilon (nos 3094, 3102, 3115),
l'encre et les couleurs dont il avait besoin pour écrire
et enluminer les manuscrits.
3092. — Porcelaine verte. — Long.
0m 07.
Petit encrier à deux godets, pour les deux encres
noire et rouge.
3093.
Il est assez difficile de définir l'emploi des petits
anneaux brisés en matières diverses (cornaline, verre
jaune, blanc, vert, rouge etc.) qui sont réunis sous
ce numéro. On les trouve en assez grand nombre
près de la tête et de la poitrine des momies.
3098. — Email bleu. — H. 0m 14.
Superbe buste d'Isis destiné à être porté sur un
bâton d'enseigne: le haut de la coiffure est brisé.
Les cartouches de Ramsés III nous donnent la date
exacte de ce petit monument. — XXe dyn.
3106. — Bronze. — Long. 0m 057; larg.
0m 08.
Table d'offrandes d'un aspect particulier. Elle représente
une sorte de plateforme, sur les côtés de
laquelle sont assis deux chacals et deux cynocéphales
se faisant face: trois petits personnages, agenouillés

dans le fond, présentent l'offrande et versent une libation.
— Ep. grecque.
3107. — Bronze. — H. 0m 36.
C'était une de ces enseignes qu'on promenait au
bout d'un bâton en tête des processions religieuses.
Un crocodile, posé sur une fleur de lotus, porte la barque
sacrée de Râ. Un naos, ouvert et vide, surmonté
d'un épervier couronné, en occupe le milieu. A l'avant,
on voit le chacal d'Apmatonou, puis le prêtre
qui tient à deux mains le vase à parfums, Hor à tête
d'épervier levant la pique, et deux personnages brisés.
Derrière le naos, Isis est debout avec Anubis à
tête de chacal, et deux Hor à tête d'épervier manient
les deux gouvernails. — Ep. saïte.

Armoire X.

2929. — Bois. — Long. 0m 375; larg. 0m 05.
Palette de scribe. Tout en haut, le cartouche de
Thoutmos III, et au-dessous, six godets accouplés, qui
renferment des pastilles de couleur vermillon, jaune
d'ocre, terre brûlée, jaune de chrome (gomme gute?),
blanc, bleu. Au-dessous, la fente où on logeait les
plumes et les pinceaux, et, de chaque côté, une prière
pour le scribe Thoutii, secrétaire du roi. — XVIIIe dyn.
2942. — Bois peint. — H. 0m 17.
Vase fictif de même espèce que le vase no 3126.
(Armoire V, p. 116.)
2949. — Argent. — Diam. 0m 15.
Ce beau vase a été trouvé dans les ruines de

Mendès (Tell-Tmaï), avec les nos. 2950 (H. 0m 09), 2960
(Diam. 0m 22), 2961 (Diam. 0m 075), 2968 (Diam.
0m 165). Ils faisaient partie du mobilier sacré du temple
et avaient été déposé dans une cachette, où ils sont
restés oubliés jusqu'à nos jours. Ils sont ornés de
lotus épanouis et de boutons au repoussé. L'un d'eux,
le no 2961, est un couvercle, dont la poignée est formée
de deux fleurs réunies par la tige. Rien n'indique
l'âge de ces objets; mais, qu'ils soient de l'époque
grecque ou de l'époque thébaine, le travail en
est purement égyptien. Ils sont identiques de tout
point aux vases d'or et d'argent, qu'on voit si souvent
représentés entre les mains des prêtres et des
rois, sur les murs des temples, à la XVIIIe et à la
XXe dynasties.
Tell-Tmaï.
2953. — Bronze. — H. 0m 103. — Don
de M. Maunier. — (Mariette, Mon. Div., pl. 48,
no b.)
Le dieu Harpochrate couronné est debout, le doigt
à la bouche. Le socle est orné de quatre cartouches:
10 Binpou, sur le devant; 20 Le dieu bon Nofirkerî,
à droite; 30 Ahmos, par derrière; 40 Le dieu bon
Souzenrî, à gauche. Le style de ce petit monument
semble nous reporter vers la XXe dynastie; mais les
noms dont il est chargé, appartiennent à la XVIIe.
Louxor.
2954. — Bronze. — H. 0m 018.
Anneau trop étroit pour avoir servi de bague:
le châton représente une gazelle couchée d'un travail
trés délicat. — Ep. Saïte.
2955. — Bronze.— H. 0m 03.
Téte de lion venant de la momie de la reine Ahhotpou
(cfr. no 3474, Vitrine H, p. 79). — XVIIe dyn.
Drah abou 'l neggah.
2957. — Pâte verte. — H. 0m 065. —
(Mariette, Mon. Div., pl. 48 c.)
Ce scarabée est le seul souvenir qui nous reste
des grandes guerres de Neko II. Le Pharaon y est
représenté, sur le plat, debout, entre Isis, qui lui remet
son arme, et Nith, qui lui donne une petite image du
dieu guerrier Mont: deux prisonniers renversés occupent
le registre inférieur. Neko II est le Pharaon
qui battit à Magiddo le roi Josiah de Juda, et fut
battu à Karkémish par Naboukoudouroussour. —
XXVIe dyn.
2958. — Email bleu. — (Mariette, Mon.
Div.,
pl. 52 d.)
Vase à poudre d'antimoine en forme d'épervier
couronné: la couronne servait de bouchon. Sous le
pied, des asiatiques enchaînés: sur le pourtour de la
couronne, la légende d'Ahmos Ier. — XVIIIe dyn.
Drah abou 'l neggah.
2960. — Argent. — Diam. 0m 22.
L'un des vases de Tell-Tmaï (cfr. no 2949, p. 120).
2961. — Argent. — Diam. 0m 075.
Couvercle de vase provenant de Tell-Tmaï (cfr.
no 2949, Armoire X, p. 120).
2962. — Faience verte. — H. 0m 078.
Petite bouteille dont le goulot, aujourd'hui cassé,
était flanqué de deux petits cynocéphales accroupis
servant d'anse (cfr. no 2956). Le milieu du disque
est à jour. Le cartouche d'Amasis donne la date de
ce petit monument. — XXVIe dyn.
2963. — Bois noirci par devant, doré
par derrière. — H.
0m 077.
Amulette en forme de boucle de ceinture, au nom
de Séti ler.
2965. — Jaspe rouge. — H. 0m 035.
Tête de lion (cfr. nos 3474, Vitrine H, p. 79 et 2955,
Armoire X, p. 122). Sur le front, entre les deux
oreilles, le cartouche Mâkerî. Un autre cartouche renferme
le nom de la reine Hatshopsitou et sert de collier.
— XVIIIe dyn.
2966. — Argent. — Long. 0m 38.
Barque à dix rameurs et à un pilote, venant de
la reine Ahhotpou, comme la barque d'or no 3582
(Vitrine H). Les quatre petits anneaux qu'on remarque
sous la carène servaient à fixer la barque sur
un petit charriot à quatre roues. — XVIIe dyn.
Drah abou 'l neggah.
2967. — Email gris violet. — H. 0m 045.
Petit vase à poudre d'antimoine, sur la panse duquel
sont gravés les deux cartouches du Pharaon Ai.— XVIIIe dyn.
2968. — Argent. — Diam. 0m 165.
Un des vases de Tell-Tmaï (cfr. no 2949, p. 120).
2970. — Argent. — H. 0m 08; Diam.
0m 147.
Un des vases de Tell-Tmaï (cfr. no 2949, p. 120).
2975. — Calcaire noirci (?).—Long. 0m 04.
Osselet sculpté.
2976. — Email bleu.
Collection de quatorze pions pour jeu de dames
(cfr. Armoire V, no 3075, p. 118 et Armoire U,
no 3182, p. 114).
2977—2978.
Collection de bagues et d'anneaux brisés (cfr. Armoire
V,
no 3093, p. 119).
2979. — Email vert. — Long. 0m 18.
Coupe en forme de poisson au cartouche de Thoutmos
III. — XVIIIe dyn.
2981. — Albâtre. — H. 0m 074; larg. 0m 041.
Plaque au cartouche Sonkhkarî, aimé de Montou,
maître de Thèbes, d'un roi dont l'autre nom paraît
avoir été Amoni. — XIe dyn.
Drah abou 'l neggah.
2984. — Email vert. — H. 0m 30. — (Mariette,
Mon. Div., pl. 34, a.)
Un homme, debout, a les mains appuyées sur un
petit naos posé à terre, et qui renferme Osirismomie.

La statuette est posée sur un socle assez haut,
couvert d'inscription sur toutes ses faces. Le personage
était prince héréditaire, et l'un des principaux
officiers du roi: il s'appelait Nofirabrî. — XXVIe dyn.
Kom el Qalâa.
2985. — Matiéres diverses.
Collection de pions pour jouer aux dames (cfr.
Armoire U, no 3182, p. 114). Quelques-uns d'entre eux
sont surmontés d'une tête de chien, ce qui explique
le nom de Chiens qu'on donnait à toutes les pièces
du jeu, d'une tête d'homme ou de dieu Bes.
2986. — Matières diverses.
Collection de dés à jouer, semblables à ceux qu'on
emploie encore aujourd'hui.
2988. — Email vert. — Long. 0m 066.
Petit encrier à deux godets, en forme de cartouche.
2991. — Bronze. — H. 0m 12.
Sphinx persan, coiffé de la tiare surmontée d'une
étoile. — Ep. persane.
Sérapéum.
2993. — Ivoire. — Long. 0m 16.
Les encensoirs en usage dans les temples égyptiens
se composaient d'un manche que terminait une
main en ivoire, surmontée d'un petit godet en bronze
où brûlait l'encens. Le no 2993 est une main d'encensoir.
2994—2995. — Bois incrusté d'ivoire.—
H.
0m 22 et 0m 14.
Bees de canne formés de trois têtes d'oies.
2996. — Bois. — H. 0m 138; larg. 0m 067.
Pièce centrale d'éventail au nom du scribe du
temple de Râ, Khimnakht (cfr. Armoire Y, no 3307,
p. 109). Les deux ressorts en bois qui maintenaient les
plumes, sont encore intacts.
2997. — Bois. — Long. 0m 20; larg. 0m 065.
Palette de peintre avec ses couleurs.
3004. — Granit noir. — H. 0m 055. —
(Mariette, Mon. Div., pl. 48 d).
Petit vase à poudre d'antimoine: il a pour anse
un singe grimpant. Il a été consacré par la reine Hatshopsitou,
à sa mère, la reine Ahmos. — XVIIIe dyn.
El-Assassif.
3011. — Bronze. — H. 0m 22.
Bout de sceptre.

Armoires S et T.

Les deux armoires S et T renferment des vases
en terre et en bronze, ainsi que des objets de ménage.
Quelques - uns des vases renferment encore
des essences, des poudres, de la farine, des oeufs et
d'autres substances.
2819. — Bois. — Long. 0m 22; diam. 0m 09.
Corne à boire dont le fond est une tête de bélier.
2825. — Bronze. — H. 0m 105.
Bouillotte en bronze; le manche est une fleur de
lotus recourbée.
2829. — Email bleu. — H. 0m 08.
Vase à anse et à goulot, orné d'une bande de
dessins à l'encre, représentant des fleurs de lotus
entre des yeux mystiques.
2847. — Email vert. — H. 0m 14.
Vase en forme de fleur de lotus à moitié épanouie.
2848. — Bronze. — H. 0m 215.
On employait, pour les purifications des morts et
dans les cérémonies du culte ordinaire, de l'eau consacrée
avec certaines cérémonies. Les petits vases
en bronze du type no 2848 étaient destinés à contenir
cette eau bénite. Ils sont quelquefois garnis de
bas-reliefs, représentant le possesseur en adoration
devant ses dieux; souvent, ils ne portent ni bas-reliefs
ni inscriptions; souvent enfin, ils n'ont d'autre ornement
qu'une légende donnant le nom, les titres et
la filiation du possesseur. Le vase no 2848 appartenait
à un prêtre Psamitik, fils de Shishanq et de la dame
Miritiouri. — Epoque saïte.
2860. — Bronze.—Long. 0m 49.
Longue cuiller à pot: le manche est en cou d'oie
recourbé.
2862. — Terre cuite. — Long. 0m 40; diam.
0m 149.
Petit tonneau orné de dessins au pinceau. — Epoque
grecque.
Drah abou 'l neggah.
2891. — Bois. — Long. 0m 09.
Cadenas en forme d'oiseau, analogue aux cadenas
encore en usage dans quelques parties de l'Égypte.
2896. — Terre cuite. — H. 0m 20.
Vase grotesque. Sur la panse sont tracés grossièrement
deux yeux, un nez, une bouche et deux bras
fort courts allongès sur la panse.
2765. — Bronze émaillé. — Diam. 0m 16.
Collier en bronze fermé par une grande rosace flanquée
de deux rosaces trop petites: le travail ressemble
au travail des bijoux mérovingiens.
2783. — Email bleu. — H. 0m 12.
Vase en forme de fleur de lotus, comme le no 2847
(Armoire S, p. 127): le pied est cassé.

Vitrine O.

Le mobilier funéraire proprement dit est dans la Vitrine
O et dans les armoires N, M, J, K, L, qui remplissent
presque entièrement le côté droit de la salle
du centre.
Les quatre vases nos 1606—1607, 1648—1649,
sont les Canopes de Pkimi, surnommé Ouhabrî Miamoun
(XXVIe dyn.). Pendant les cérémonies de l'embaumement,
on retirait du corps le foie, le coeur,
les poumons et les autres parties internes, on les
préparait séparément, et on les répartissait entre
quatre vases. Quelquefois, on mettait ces quatre vases
aux quatre coins du cercueil, souvent on les plaçait
dans une caisse à quatre compartiments, sur le couvercle
de laquelle était accroupi un chacal.
Les parties séparées de la sorte étaient identifiées
chacune à l'un des quatre génies funéraires, Hâpi,
Amsit, Tioumoutf, Kobhsonnouf. On met donc d'ordinaire
sur les vases, en guise de couvercle, la tête
de ces divinités: une tête humaine pour Amsit, une
tête de cynocéphale pour Hâpi, une tête de chacal
pour Tioumoutf, une tête d'épervier pour Kobhsonnouf.
Chaque vase était lui-même identifié avec une
déesse, qui était censée veiller sur le dieu: Isis sur
Amsit, Nephthys sur Hâpi, Nit sur Tioumoutf et
Selk sur Kobhsonnouf. La formule gravée sur la
panse est un discours de ces déesses. «Je dompte
l'ennemi, dit Isis, j'exerce la protection sur cet Amsit
qui est en moi; le salut du défunt X est le salut
d'Amsit, car Amsit est le défunt X.» — «Moi,» dit
Nephthys, «je cache ce qui est secret, et je fais le
salut de cet Hâpi qui est en moi, car le salut du
défunt X est le salut de l'Hâpi qui est en moi.» Nit
dit: «Je suis matineuse et je veille le soir, chaque
jour, pour veiller sur ce Tioumoutf qui est en moi;
car le salut du défunt X est le salut du Tioumoutf
qui est en moi.» J'ajouterai que réellement les embaumeurs
s'inquiétaient assez peu de mettre chaque
partie du corps dans le vase correspondant: ils répartissaient
l'ensemble en quatre parties à peu prés
égales qu'ils enfermaient au hasard, si bien que le
vase du coeur recevait souvent le poumon, et celui
du foie les intestins. Parfois même on a trouvé de
simples paquets de linge sans trace de débris organiques.
Souvent on versait sur le tout du bitume
bouillant qui a débordé et rayé de noir la surface
extérieure du canope.
1591. — Albâtre oriental. — H. 0m 18;
larg. 0m 17.
Aujourd'hui encore, les Nubiens emploient des chevets
de forme analogue, pour reposer leur tête pendant
le sommeil. Ceux qu'on donnait aux morts
étaient destinés à leur procurer des nuits paisibles
dans l'autre monde: certains manuscrits du Livre
des Morts
ont même un chapitre du chevet, dont des
extraits sont gravés quelquefois sur les chevets funéraires.
Rarement, on les trouve sous la tête de la
momie: presque toujours, ils sont à terre, à côté du
cercueil.
1621. — Calcaire blanc et granit noir. —
H.
du sarcophage 0m 20; long. 0m 31; prof.
0m 15.
L'âme égyptienne était figurée par un épervier à
tête et à bras d'homme: il s'envolait à la mort, et
l'un des souhaits adressés au défunt était que «son
âme pût rejoindre son corps à son gré». Le petit
monument représente cette réunion de l'âme et du
corps. La momie, enveloppée de son maillot et couchée
sur le lit funéraire à pieds de lion, attend: l'épervier
est descendu dans le tombeau et, posé à côté
d'elle, place les deux mains sur l'endroit où était le
coeur, en regardant attentivement la face impassible.
Le mouvement du petit oiseau symbolique, l'expression
douce et presque suppliante de l'âme, le contraste
entre la vie qui anime ses traits et l'immobilité
de la momie font de ce groupe un véritable
chef-d'oeuvre en son genre. Il était enfermé dans un

sarcophage de calcaire blanc, couvert d'inscriptions
et de figures: Isis à la tête, Nephthys aux pieds, sur
les côtes Anubis et les génies des morts.
Le personnage étendu sur le lit funéraire était premier
héraut du roi et s'appelait Râ. — XXIIe dyn.
1622. — Bois peint. — 0m 28.
Le registre du bas est un exemple fort rare d'un
paysage égyptien: je ne connais que deux autres
stèles analogues, I'une au Musée de Boulaq (Armoire L),
I'autre au Musée de Turin. La montagne,
peinte en jaune rayé de rouge, couvre le champ de
gauche: deux petites portes surmontées de pyramidions
marquent la tombe de la dame Zodamen-Efônkh.
Une femme agenouillée se lamente et s'arrache
les cheveux en signe de deuil: des arbres, dessinés
derrière elle, figurent le jardin funéraire, où I'âme
viendra s'ébattre et se nourrir à la table qui I'attend
chargée d'offrandes. Au registre supérieur, la dame
Zodamen-Efônkh vient réclamer auprès d‘Harmakhis
sa part des sacrifices que lui font ses parents. —
XXIIe—XXVIe dyn.
Déir el-Baharî.
Presque tous les objets exposés dans la vitrine O
sont des statuettes funéraires. On les nommait Ouoshbiti
ou Shbiti, les Répondants, à cause de la fonction
qu'elles remplissaient dans I'autre monde: elles
devaient répondre à I'appel du nom du défunt et se
présenter à sa place, pour exécuter les corvées qu'Osiris
avait le droit d'exiger de lui. Les formules diverses
qu'on trouve écrites sur elles ne laissent subsister
aucun doute à cet égard: «Je suis X, le serviteur
de I'Enfer», ou « Je suis X, le serviteur d'Osiris ».
La plupart s'adressent aux statuettes elles-mêmes, et
les conjurent de venir fidèlement à I'aide du défunt:
« O Répondant d'Ahmos, si Ahmos est appelé pour
travailler dans l'enfer, crie: Me voici! Cette idée
développée avait fini par devenir une oraison assez
longue, qui est le chapitre VI du Livre des Morts,
et qu'on gravait fort souvent tout entière sur les statuettes.
« O ces Répondants, si l'on appelle, si l'on
dénombre le nomarque Phtahmos, pour qu'il fasse
tous les travaux qu'il y a à faire dans l'autre monde,
— lui qui y a combattu l'ennemi, — comme un
homme qui doit la corvée, pour ensemencer les
champs, pour remplir les canaux, pour transporter
les grains de l'Est à l'Ouest: «C'est moi, me voici!»
exclamez-vous, et puisses-tu être appelé à toute
heure, au cours de chaque jour.»
Pour rendre leur service plus efficace, on les déposait
en très grand nombre, par milliers même,
avec les momies. Tantôt, elles sont jetées au hasard
dans le sarcophage; tantôt, on les a rangées debout
contre le sarcophage ou répandues sur le sable de
la chambre. On les entassait souvent dans des boîtes
spéciales, grandes ou petites. Elles sont en toutes matières,
mais les plus vieilles, celles qui sont antérieures,
à la XVIIIe dynastie, sont plutôt en bois, en
granit, en calcaire ou en albâtre. Sous la XVIIIe dynastie,
la terre cuite recouverte d'un émail bleu commence
à paraître, et sous la XXVIe, la terre émaillée
verte l'emporte, presque à l'exclusion du reste. Au
début, les statuettes funéraires ne sont qu'une dégénérescence
des statues en calcaire qui servent de support
au double: aussi leur donne-t-on l'aspect et le

costume de l'homme vivant, plus rarement le costume
l'aspect de la momie. Plus tard, I'idée de leur
usage détermina de plus en plus la forme de leur
costume: on leur mit à la main la pioche pour travailler
la terre, ou le sac à grains pour ensemencer,
parfois un vase à libations ou une croix ansée, signe
de vie. Aux derniéres époques, leur identification
avec le mort est si complète qu'elles ne sont plus
que des momies de petites tailles.
La plupart n'ont aucune valeur artistique: il y en
a pourtant que les artistes ont soignées avec autant
d'amour que s'ils avaient eu à tailler une statue en
calcaire ou en granit. Je rappellerai le no 3262 (Armoire
Y
, p. 105), qui a été déjà décrit: les plus remarquables
de ceux que renferme la vitrine O sont:
1594. — Bronze. — H. 0m 19.
Je ne connais jusqu'à présent, en fait de statuettes
de bronze, que les deux qui sont conservées au Musée
de Boulaq, sous les nos 1594 et 1601. Le no 1594,
qui est de travail fort soignée, appartenait au domestique
privé du roi, Hor. — XXe dyn.
1595. — Calcaire. — H. 0m 16.
Les Répondants n'étaient pas toujours fabriqués
exprés pour une personne déterminée. Les marchands
d'objets funèbres en avaient de tout préparés:
les formules étaient gravées, la place du nom était
réservée, et on la remplissait au moment de l'achat.
Le no 1595 est un bon spécimen de cette classe de
répondants: le nom du mort a été écrit à l'encre,

dans l'espace laissé vide au milieu de la formule
gravée.
1601. — Bronze. — H. 0m 19.
Statuette funéraire du Scribe-intendant des boeufs
Amenmos. Beau style de l'époque des Ramessides.
— XXe dyn.
1603. — Pâte de verre noire et bleue. — H. 0m 08; larg. 0m 03.
Une statuette funéraire est collée contre une petite
stèle cintrée, au revers de laquelle est tracée la formule
ordinaire. Cette formule renferme une inadvertance
assez curieuse du scribe. L'original était
conçu en termes généraux: «Illumination d'un tel,
»fils d'un tel», et le scribe aurait dû remplacer la
locution vague un tel, fils d'un tel, par le nom et la
filiation du défunt. Il ne l'a point fait et a laissé subsister
le mot mon, un tel. C'est une étourderie qu'on
relève assez souvent sur les menus objets destinés
aux morts. — XXe dyn.
1604. — Bois peint et émail. — H. 0m 19.
La figurine avait un charmant visage et des mains
en faïence bleue, ce qui n'est pas très fréquent. Le
nom a disparu avec I'inscription. — XXe — XXIIe dyn.
1610. — Albâtre. — H. 0m 21.
Le nom a été laissé en blanc. J'ai déjà expliqué
plus haut que l'âme venait rejoindre le corps dans
la tombe, sous forme d'un épervier à tête humaine
(cfr. p. 130, no 1621). Ici, l'âme étend ses ailes sur

la poitrine de la statuette et l'embrasse pour lui
rendre la vie. — XVIIIe dyn.
1618. — Schiste. — H. 0m 19.
Le répondant serre son âme sur sa poitrine: le
nom a été laissé en blanc.
1623—1629. — Faïence verte. — H. 0m 21.
Statuette d'Ahmos fils de Khroudônkh. Le visage
est d'une finesse admirable, et tous les détails de l'équipement
ont été découpés avec le plus grand soin.
— Epoque Saïto-grecque.
Grandes-Pyramides.
1627. — Albâtre. — H. 0m 19.
La dame Naï tient dans ses mains les deux hoyaux
avec lesquelles son répondant doit remuer la terre;
elle a, passés aux bras, les deux sacs à semailles
avec lesquels il doit ensemencer les champs célestes.
Un grand collier lui couvre la poitrine: il est formé
de tous les amulettes qui peuvent protéger l'existence
du mort dans l'autre monde. — XXe dyn.
1628. — Calcaire blanc. — H. 0m 24.
Cette statuette avait été donnée à l'Intendant des
boeufs, Amenqon, par grâce spéciale du roi: c'était
une dernière faveur que le souverain avait voulu
accorder à un serviteur dont il appréciait les mérites.
— XIXe dyn.
1631. — Serpentine. — H. 0m 22.
Statuette du chef des portiers du roi, Tounro. Elle

est vêtue de la grande robe d'apparat en usage vers
la XXe dynastie: elle tient, dans une main, le tat, emblème
de la durée, dans l'autre, la boucle de ceinture,
qui permet au mort de voyager, partout à son
gré. — XXe dyn.
1633. — Email vert. — H. 0m 095.
Le boeuf Apis, en mourant, devenait un Osiris
comme les morts de l'espèce humaine; il était traité
à la façon des grands personnages de l'état et recevait
tous les honneurs funébres qu'on leur rendait.
Ses statuettes ne diffèrent des autres Répondants que
par la tête de boeuf qu'elles ont au lieu d'une tête
humaine. Le no 1633 est un spécimen assez grossier
des statuettes du boeuf Apis. — XIXe dyn.
Sérapéum.
1647. — Albâtre. — H. 0m 23; larg. 0m 18.
Le travail de cette stèle est fort délicat. Le gouverneur
Shiti est assis à gauche, devant une table
d'offrandes qui lui présente la dame Hotpoui. —
XIIIe dyn.
1651. — Bois. — H. 0m 25; larg. 0m 18;
long. 0m 28.
Petite boîte destinée à contenir les statuettes funéraires
d'une Chanteuse du Sanctuaire d'Ammon,
Ameniritis, fille de Nsimin. Elle est en forme de sarcophage,
avec un couvercle à dos d'âne flanqué de
quatre montants carrés. — XXVIe dyn.
Déir el-Baharî.
1633. — Faïence émaillée. — H. 0m 14.
— (Mariette, Abydos, t. III, p. 74, no 444.)
Statuette du majordome Notmou. Il est représenté
debout, enveloppé d'une robe collante: le fond est
blanc, la chevelure et les hiéroglyphes sont noirs,
les mains et le visage rouge vineux. Neuf autres statuettes
proviennent du même tombeau; les plus remarquables
sont le no 1663 et les deux numéros suivants
1664, 1665. XIXe dyn.
1677. — Bois. — H. 0m 25; long. 0m 27;
larg. 0m 18.
Boîte à statuettes ayant appartenu à la dame Ameniritis,
comme le no 1651. — XXVIe dyn.
Déir el-Baharî.

Armoire N.

La série des statuettes funéraires continue dans
l'armoire N.
1106—1107. — Calcaire. — H. 0m 29.
Statuette de Montou surnommé Sonrîs, premier
prophète d'Ammon générateur. — XVIIIe dyn.
Drah abou 'l neggah.
Les autres statuettes, grandes et petites, ne font
guères que reproduire les types déjà décrits. Nous
n'avons donc aucun intérêt à les énumérer; le visiteur
saura bien distinguer celle, qui ont quelque mérite
artistique de celles qui n'ont qu'une valeur archéologique.
Derrière la première rangée des statuettes funéraires,

immédiatement sur la planchette du fond de
l'armoire, sont disposés des objets en terre cuite
rouge, que l'on appelle d'après leur forme, cônes
funéraires.
On n'a jusqu'à présent découvert de cônes
funéraires qu'à Thèbes, principalement dans la
partie de la nécropole qui entoure l'Assassif, de Drah
abou 'l neggah à Sheîkh Abd el Gournah. On les
déposait d'ordinaire dans le sable, devant la tombe
du personnage auquel ils étaient consacrés, et cette
circonstance a fait croire à M. Mariette qu'ils servaient
à limiter les tombes et le terrain qui leur appartenait.
Je pense qu'il n'en est rien et qu'il faut
y reconnaître une offrande fictive. Ils sont en effet
revêtus d'une couleur blanche qui simule la farine,
et la forme en est exactement celle de ce mélange
de farine fine et de sel, qu'on présentait dans le
sacrifice, aux morts et aux dieux. De même qu'on
enterrait à Memphis, sous l'Ancien Empire, des oies
et des pains en pierre, destinés à servir éternellement
au mort d'oies et de pain, de même à Thèbes, on
donnait au mort un simulacre de mola plus durable
que n'était l'offrande réelle: comme c'est l'usage en
pareil cas, l'image de l'objet, offerte en ce monde,
procurait à l'âme la réalité de l'objet dans l'autre.
Si on ne trouve pas de cônes à Memphis, c'est pour
la même raison qu'on ne trouve pas d'oies en pierre
à Thèbes: chaque ville avait ses usages qu'on ne
doit pas s'attendre à rencontrer dans les autres villes
si ce n'est à l'état d'exception.
Les plus anciens des cônes que l'on possède jusqu'à
prèsent sont ceux de la XIe dynastie, les plus
modernes, ceux de la XXVIe.
1117. — Terre cuite.
Cône du Voyant d'Ammon, le scribe Nakht et sa
soeur. — XXe dyn.
Drah abou 'l neggah.
1118. — Terre cuite.
Cône de Montou dit Sonrîs (cfr. les statuettes
no 1106—1107). — XVIIIe dyn.
Drah abou 'l neggah.
1120. — Terre cuite.
Cône du Scribe Nibenhâaou, surnommé Akhi. —
XIIIe dyn.
Drah abou 'l neggah.
1136. — Terre cuite.
Cône d'Entef. — XIe dyn.
Drah abou 'l neggah.
1122. — Bois colorié.
Epervier accroupi, le corps et les pattes momifiées,
la tête libre. Cet emblème, qu'on appelait âkhôm,
l'aigle, en égyptien, servait à désigner quatre génies,
qui veillaient aux quatre angles du sarcophage, et
que l'on confondait souvent avec les quatre génies
des vases Canopes. Aussi trouve-t-on d'ordinaire
les éperviers de ce genre perchés sur les quatre
montants en bois qui ornent les cercueils, sous la
XXe—XXIIe dynasties, ou sur le couvercle des grandes
boîtes en bois qui renferment les statuettes funéraires.
Il y avait cependant, entre les génies de l'angle
(Kobkeb ou Kobtiou) et les génies funéraires, cette
différence que les premiers étaient des formes d'Hor,
tandis que les seconds étaient ses fils.
1127. — Bois noir. — H. 0m 29; long.
0m 44.
Ce chacal couché, emblème d'Anubis, se trouve
d'ordinaire sur le couvercle des boîtes à statuettes
funéraires, où il échange avec l'épervier âkhôm. Nous
verrons dans la Salle des momies royales, une boîte
à statuettes qui a encore le chacal noir posé sur le
couvercle. — XXe—XXIIe dyn.
Sheîkh Abd el Gournah.
1156. — Calcaire blanc. — H. 0m 50;
larg. 0m 30. — (Mariette, Abydos, t, III, p. 552
à 553, no 1425.)
Au fond de chaque temple, il y avait une chapelle
monolithe, semblable pour la forme, sinon pour les
dimensions, au petit monument no 1156: c'était là
qu'était censé résider le dieu du temple, et on y renfermait
soit l'emblème de ce dieu, soit l'animal vivant
qui lui était consacré.
L'usage voulait qu'on plaçât parfois des naos de
ce genre dans les tombeaux. Celui-ci avait une statue,
aujourd'hui perdue, du mort auquel il était
dédié, louf, fils de Sonit. Il est décoré à l'extérieur
de deux scènes d'adoration, dont l'une occupe deux
faces et l'autre une seule: la famille et les amis,
conduits par la dame Sazit, défilent devant louf et lui
font l'offrande. — XIIIe dyn.

Armoire M.

1200. — Poterie. — H. 0m 59. — (Mariette, Abydos, III, p. 580, no 1479.)
A l'Ouest d'Abydos, s'élève une forteresse assez
bien conservée, à laquelle les gens du voisinage donnent
le nom bizarre de Magasin aux raisins secs,
Chounét ez-zébîb.
Elle avait été abandonnée à partir
de la XXe dynastie, et le vent du désert avait entassé
dans l'intérieur, contre le mur nord, une butte de
sable de cinq à six mètres de hauteur. Sous la
XXVIe dynastie, on transforma cette butte en cimetière,
et on y déposa un nombre considérable d'ibis
momifiés, renfermés dans des vases en terre.
Le vase no 1200 appartient aux plus soignés de
cette catégorie. Sur un fond blanc, la déesse protectrice
Khouït étend ses ailes, tandis qu'Hor et Thot
présentent la bandelette et le vase à onguent. L'inscription
est une prière à Thot, le dieu Ibis, pour
qu'il soit favorable à la dame Bouâaou, qui avait
fait enterrer à ses frais l'oiseau renfermé dans le
vase. Les vases nos 1201, 1243, 1244, ont la même
origine: ils n'ont jamais été ouverts. — XXVIe dyn.
1202. — Momie. — H. 0m 37.
Le paquet si joliment enveloppé renferme une des
momies d'Ibis découvertes à Abydos. Les nos 1203,
1238, 1239, 1240, 1242, 1272, viennent en partie de
Saqqarah. Les animaux qu'on enterrait si soigneusement
étaient les ibis sacrés de la chapelle de Thot.
— XXVIe dyn.
1204. — Toile stuquée et peinte. — H.
0m 28; larg. 0m 40.
La momie, une fois revêtue de ses bandelettes, recevait

une certaine quantité d'ornements en toile stuquée
et peinte. C'était généralement la reproduction
des ornements réels qu'on devait déposer avec elle,
un collier, des figurines, des scarabées, des sandales.
Le collier en toile tenait lieu du collier réel et coûtait
moins cher.
L'objet no 1204 est un collier de l'espèce nommé
Ouôskh (large): il est surmonté du scarabée à ailes
éployées qui représente l'âme humaine. Le chapitre
CLVIII du Livre des Morts lui était consacré:
Mon père Osiris, y disait le défunt, et ma mère Isis
m'enveloppent, me regardent et je deviens un de
ceux là qu'a enveloppés et que voit Sib.» Il fallait
réciter cette phrase sur le collier, avant de le placer
au cou du mort le jour de l'enterrement: l'objet ainsi
consacré le mettait sous la protection du dieu Sib.
— Ep. grecque.
1215. — Bois peint et doré. — H. 0m 43;
larg. 0m 22.
Boîtes à statuettes funéraires en forme de naos
carré. Elle est couverte de peintures d'une fraîcheur
étonnante. La scène principale représente un roi qui
fait offrande à Hor et Osiris debout. Ce roi n'est pas
un pharaon réel, mais un particulier vêtu en roi. L'usage
admettait ces déguisements dans l'autre monde;
plusieurs chapitres du Livre des Morts étaient destinés
à permettre au défunt de prendre place parmi
les rois d'Égypte qui sont l'équipage de la barque
solaire. — Ep. grecque.
1220. — Bois peint. — H. 0m 40.
Un Osiris en forme de momie est debout sur un

socle. Il a sur la tête deux grandes plumes, un disque
solaire et une paire de cornes; devant lui, est un
petit épervier accroupi. L'épervier sert de couvercle
à une boîte ménagée dans le socle, et qui renfermait
soit un petit papyrus, soit quelque lambeau du
corps momifié. L'Osiris no 1220 appartenait à une
dame Zostpirou. — XXIIe dyn.
1246. — Toile stuquée et peinte. — H.
0m 210; larg. 0m 07.
Sandales qu'on mettait aux pieds de la momie.
Le mort en avait d'autant plus besoin, qu'à une certaine
époque on lui enlevait la peau de la plante des
pieds: c'était afin qu'en arrivant dans la salle de la
vérité, où les âmes passaient le jugement, il n'y apportât
aucune des souillures de la terre. « Ne marche
point sur moi, s'écrie le sol de cette salle, car je
suis pur, et si tu ne sais pas le nom de tes deux
pieds, tu ne marcheras point sur moi. — Le nom
de mon pied droit est Bandelette de Min, le nom
de mon pied gauche est Boucle de Nephthys. »
On peignait souvent sous les sandales des figures
d'ennemis liés et renversés, afin d'accomplir la parole
des Livres Saints égyptiens qui promettait au mort
de lui jeter ses ennemis sous les sandales. — Ep.
grecque.
1261. — Email verdâtre. — H. 0m 10.
Le nom égyptien de cet objet est Tat qui signifie
stabilité: on croit qu'il représente un autel à quatre
ou cinq tablettes. C'est un des amulettes qu'on trouve

le plus fréquemment sur les momies: il leur assurait
la durée, et sa forme, qui rappelle de loin celle
de l'épine dorsale, avait donné aux Égyptiens l'idée
de l'identifier avec cette partie du corps. Pour le
consacrer, on récitait cette formule: «Ton épine dorsale
est à toi, ô dieu dont le coeur est immobile
(Osiris)! Mets-toi sur le flanc, car je verse l'eau sous
toi, et voici que je t'ai apporté ce Tat, afin que tu
te réjouisses de lui.» Une fois cet amulette au cou
de la momie, le mort peut «franchir les portes du
ciel; il reçoit les gâteaux, les boissons, quantité des
chairs qu'on dépose sur l'autel d'Osiris, et sa voix
prévaut contre ses ennemis en vérité, à tout jamais.»
(Livre des Morts, ch. CLV.) — Ep. grecque.
1271. — Momie. — Long. 0m 32; larg.
0m 075.
Momie de petit crocodile. (Cfr. nos 1273, 1274,
1276.)
Assassif.
1275. — Momie. — Long. 0m 27; larg.
0m 07.
Momie de petit chacal: le maillot est surmonté
d'une tête de chacal en toile, assez grossièrement
imitée.
1279. — Terre cuite. — Long. 0m 21;
larg. 0m 09.
Une femme est couchée nue sur un lit: elle allaite
un petit enfant. Cette figure qu'on rencontre assez
souvent, même dans des tombeaux d'homme, me

paraît représenter Isis allaitant Horus: les Égyptiens
espéraient qu'Isis les nourrirait de son lait dans l'autre
monde, comme elle avait fait son propre fils. — Ep.
grecque.

Armoires J, K, L.

La série des objets funéraires continue sans grand
changement dans les armoires J, K, L. Je me contenterai
d'y signaler au passage quelques objets plus
intéressants que les autres.
1353. — Bois et serpentine.
Petit cercueil en bois noirci (H. 0m 13, long. 0m 32,
larg. 0m 13) renfermant une statuette en serpentine
(H. 0m 26), dont la légende est consacrée par inadvertance
à un tel, fils d'un tel (cfr. p. 134, no 1603).
Ici, l'identification de la statuette avec la momie est
telle, qu'on a donné à la statuette un petit cercueil,
image exacte du grand. — Ep. saïte.
1356 — 1364. — Email. — H. 0m 04.
Malgré leur petite taille, ces statuettes sont des
Répondants au même titre que les autres, et possèdent
toutes les vertus de leurs confrères. La mode paraît
avoir été pendant quelque temps aux Oushabti nains
et sans légende: on en a trouvé à Thèbes de pleines
boîtes. Rarement ils sont aussi fins d'exécution que
les nos 1356—1364: le plus souvent, ce ne sont que
de petits morceaux d'argile non cuite, un peu arrondis
en haut et en bas pour simuler la tête et les pieds.
1365. — Serpentine grise. — H. 0m 045;
long. 0m 16; larg. 0m 05. — (Mariette, Abydos,
III, p. 81, no 520.)
Lit funèbre du chef des scribes Miri: l'âme est
venue s'abattre à côté de lui et lui met les deux
mains sur la poitrine. La formule est celle qu'on
trouve sur les statuettes funéraires (cfr. p. 132). —
XXe dyn.
1420 — 1429. — Pâtes diverses. — H.
0m 010.
La grenouille est une déesse, Hiqit, dont le rôle
est encore obscur. Non seulement elle était l'une des
principales parmi les divinités cosmiques, et avait
contribué avec Khnoum à l'organisation du monde,
mais elle était liée au dogme de la résurrection. C'est
pour cela qu'on la trouve sur les momies. Les chrétiens
d'Égypte l'empruntèrent aux payens et fabriquèrent
des lampes en forme de grenouille, sur lesquelles
ils écrivaient: Je suis la résurrection, Ἐγὸ,
εἶμι Ἀυάστασις.
1445. — Bois. — H. 0m 48; long. 2m 10.
Panneau du cercueil de Bisinmout, fils de la dame
Shopenkhonsou. Les légendes, tracées à l'encre, sont
extraites du Livre des Morts. — Ep. saïte.
1483. — Calcaire. — H. 0m 37; larg. 0m 24;
prof. 0m 22.
Naos (cfr. p. 140, no 1156) de Nakht: la statue en
serpentine (H. 0m 17) représente le défunt dans sa
chapelle. — XIIIe dyn.
1508. — Calcaire blanc. — H. 0m 07;
larg. 0m 056; long. 0m 105.
Petite boîte carrée que surmonte une figure de
scarabée en relief: l'intérieur renferme une momie
de scarabée, enveloppée dans du linge très fin.
1530. — Calcaire blanc. — H. 0m 53;
larg. 0m 37. — (Mariette, Mon. Div., pl. 47 B.)
Stèle de Bismout qui, né l'an XXVIII de Psamitik
Ier, mourut à l'âge de quatre-vingt-dix-neuf ans.
— XXVIe dyn.
Louxor.
1534. — Calcaire blanc. — H. 0m 078;
larg. 0m 034; long. 0m 14. (Mariette, Abydos,
III, p. 80, no 519.)
La momie de la dame Toupou est étendue sur
le lit funéraire. A la tête, une image de Nephthys
accroupie est sculptée en relief. Aux pieds, une petite
femme s'appuie contre le lit, et se hausse pour
regarder la figure de la morte: c'est l'âme qui revient
animer le corps. Ce joli monument est d'une
exécution très fine et d'un sentiment très délicat.
— XIIIe dyn.

PANTHÉON ÉGYPTIEN
(Armoires A, B, C, D, E, F, G, I).

Toutes les armoires, qui nous restent à décrire
dans la Salle du Centre, renferment des figures de
divinités et forment un véritable Panthéon Égyptien.
Les Egyptologues ne sont pas d'accord sur la nature
du culte que les Egyptiens rendaient à la divinité.
Les uns, désireux de retrouver partout l'unité
de Dieu, ont cherché en Égypte les preuves d'une
conception monothéïste, et, négligeant les témoignages
qui déposaient contre leur théorie, ont démontré, à
leur satisfaction, que la religion égyptienne était une
religion monothéïste. D'autres, frappés surtout par le
vague des formes divines et voyant qu'elles rentrent
sans peine et s'absorbent l'une dans l'autre, ont cru
reconnaître, parmi les diverses doctrines énoncées, diverses
nuances de panthéïsme. Pour certains, le polythéïsme,
et le polythéïsme le plus grossier, ressort
jusqu'à l'évidence du témoignage des monuments.
Quelques-uns découvrent partout le soleil et les cultes
solaires; quelques autres pensent que les dieux
ne sont que la représentation concrète des notions
métaphysiques les plus abstruses. Tous me semblent
avoir raison par quelque endroit, tort par le plus
grand nombre de points.
Chaque fois que j'entends parler de la religion
égyptienne, je suis tenté de demander de quelle religion
égyptienne il s'agit. Est-ce de la religion égyptienne
de la quatrième dynastie, ou de la religion
égyptienne de l'époque ptolémaïque? Est-ce de la
religion populaire ou de la religion des gens instruits?
de la religion telle qu'on l'enseignait à l'école d'Héliopolis,
ou de la religion telle que la concevaient
les membres du sacerdoce thébain? Entre le premier
tombeau memphite portant le cartouche d'un
roi de la III