Title: Catalogue sommaire des monuments exposés dans le Musée national de l'art arabe [Electronic Edition]

Author: Hers, Max,; pasha.
Author: Matḥaf al-Fann al-Islāmī (Cairo, Egypt)
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Publisher: Rice University
Place of publication: Houston, Tx
Publication date: 2006
Identifier: TIMEA, MusAr1895
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Notes:
Note: Illustrations have been included from the print version.
Source(s):

Title: CATALOGUE SOMMAIRE DES MONUMENTS EXPOSÉS DANS LE MUSÉE NATIONAL DE L'ART ARABE

Author: MAX HERZ
File size or extent: 3 p. l., LXV, 187 p., 2 l. XX pl. 19 cm.
Publisher: G. Lekegian & cie
Place of publication: Le Caire
Publication date: 1895
Identifier: From the collection of Dr. Paula Sanders, Rice University
Description of the project: This electronic text is part of the Travelers in the Middle East Archive (TIMEA), developed by Rice University.
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Classification system(s)
Taxonomy LCSH Library of Congress Subject Headings
Origin/composition of the text: 1895
Languages used in the text:
  • French (fre)
Text classification
Keywords: (Library of Congress Subject Headings)( Library of Congress Subject Headings )
  • Art -- Egypt -- Cairo -- Catalogs
  • Art, Islamic
Revision/change: December 2006
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ed.
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Catalogue sommaire des monuments exposés dans le Musée national de l'art arabe [Electronic Edition]


Contents











CATALOGUE SOMMAIRE
DU
MUSÉE ARABE



TOUS DROITS RÉSERVÉS
Le Caire. — Imp. J. Barbier. — 1895


CATALOGUE SOMMAIRE
DES MONUMENTS EXPOSÉS DANS LE
MUSÉE NATIONAL
DE
L'ART ARABE

Architecte en chef du Comité de Conservation des Monuments de l'Art Arabe.
Délégué par le Comité à la Conservation du Musèe

LE CAIRE G. LEKEGIAN & CIE, ÉDITEURS 1895




A Son Altesse
ABBAS II
Khédive D'Égypte
SUR SA HAUTE AUTORISATION
CET OUVRAGE
EST RESPECTUEUSEMENT
DÉDIÉ


AVANT-PROPOS

Le Musée national de l'art arabe est une
institution récente. Tandis que la littérature
arabe était déjà au XVI
me siècle l'objet, d'études
assidues en Occident, il n'en était pas de même
de l'art qui, en décadence dès cette époque,
notamment en Egypte, n'était pas même connu
en Europe, si ce n'est, dans une certaine mesure,
l'art mauresque. Plus tard quand l'intérêt
commença à s'éveiller sur cette question,
ce ne fut que d'une manière toute superficielle,
ainsi qu'en font foi les reproductions fantaisistes
qui accompagnaient ordinairement les ouvrages
sur l'Orient.
Les événements politiques qui marquèrent le
commencement du XIX
me siècle, en créant des
relations permanentes entre l'Orient et l'Occident
permirent aux voyageurs de s'initier à l'art musulman.
Mais il s'en faut qu'il ait tout d'abord
été apprécié à sa juste valeur. Ce n'est guère

qu'en ces dernières années que le goût du public
s'y est intéressé et que les collections publiques
et privées lui ont réservé une place. Il est curieux
de noter que cette tendance nouvelle coïncide
avec l'invasion en Egypte des produits étrangers,
qui cependant n'ont pas le moindre rapport
avec les conditions matérielles et morales du pays.
Un grand nombre d'édifices, débris de l'ancienne
splendeur, firent alors place à des constructions
d'un art bâtard et sans caractère.
Quelle riche moisson s'offrit en cette occurrence
aux amateurs de ces ruines précieuses! La spéculation
ne tarda pas à s'en mêler; tout ce qui
portait le cachet d'un joli style, d'une belle création,
quelle qu'en fût la provenance, maisons
particulières, palais, mosquées, ne tarda pas à
prendre le chemin de l'Europe. Il était grand
temps que l'on organisât le sauvetage des derniers
vestiges pouvant encore attester le haut degré
de développement artistique atteint par la
civilisation arabe.
Ce fut en 1869 que S. A. le Khédive Ismaïl
décida, sur la proposition de l'architecte Salzmann,
la création d'un Musée arabe. Il chargea
S. E. Franz Pacha, alors chef du bureau technique
de l'Administration des wakfs, d'approprier

dans ce but un bâtiment appartenant à
l'Etat. On ne donna malheureusement pas suite
à cette décision d'une utilité incontestable, le
local désigné ayant été affecté à une autre
destination. Ce ne fut que onze ans plus tard
que ce projet reçut un commencement d'exécution,
en vertu d'un ordre de S. A. le Khédive
Tewfik, invitant l'Administration des wakfs à
réunir dans un local spécial tous les objets artistiques
de réelle valeur recueillis dans les anciennes
mosquées.
S. E. Franz Pacha fut de nouveau chargé de
l'organisation du Musée; il s'acquitta de cette
mission avec autant de zèle que d'intelligence.
Tout ce qui avait survécu aux injures du temps
et avait échappé aux mains avides des collectionneurs,
fut dégagé du milieu des décombres accumulés
depuis des siècles. Les arcades formant
le liwan Est de la mosquée d'el-Hâkem, servirent
de premier asile aux fragments et aux diverses
pièces que l'on recueillait activement de tous
côtés.
Toutefois le Musée ne prit un développement
réel qu'en 1881, lorsqu'un décret khédivial eut
institué le «Comité de conservation de l'art arabe»
dont l'art. 4 définissait ainsi les attributions:
«Le Comité portera son attention sur toutes

les trouvailles qui pounraient avoir de l'intérêt
pour l'art arabe.»
La surveillance du Musée se trouvait par là
dévolue au Comité, dont l'actif concours n'a, du
reste, jamais fait défaut à cette institution.
S. E. Yacoub Artin Pacha, feu Rogers Bey,
avec le concours de MM. Grand bey et Baudry,
ont été pour S. E. Franz Pacha de précieux collaborateurs
dans la classification des collections
du Musée. Les deux premiers surtout, grâce à
leurs connaissances spéciales, ont apporté un
réel talent dans le déchiffrement des inscriptions,
dont beaucoup présentaient de grandes difficultés
de lecture
1.
1 Nous avons pris ces renseignements dans un rapport rédigé
par S. E. Franz Pacha, ainsi que dans quelques notes que m'a gracieusement
communiquées S. E. Artin Pacha.
Par suite de l'augmentation continuelle des
collections, le Comité reconnut bientôt la nécessité
d'abriter les objets qui entraient chaque jour
au Musée et qui ne trouvaient plus de place sous
les arcades du liwan. Il demanda, en conséquence,
à la Direction des wakfs un local plus
vaste et répondant mieux aux besoins du Musée.
La Direction des wakfs accéda à cette demande
et désigna une construction bâtie en 1883 dans

la cour même de la mosquée d'el-Hâkem. Ce local
lui-même, il est aisé de le reconnaitre, est
aujourd'hui insuffisant; une grande partie des
collections est, par manque de place, entassée
pêle-mêle, et un nombre considérable de pierres
funéraires dont les inscriptions présentent un
incontestable intérêt, ne peuvent être convenablement'
exposées.
Le Comité, convaincu de l'importance du Musée
au double point de vue de la science et du
développement des arts industriels, qui peuvent
y trouver des modèles, a cru devoir appeler l'attention
du Gouvernement de Son Altesse sur la
nécessité d'installer les collections dans un local
mieux approprié. Cette demande a heureusement
reçu l'accueil le plus favorable; aujourd'hui la
construction d'un bâtiment spécial affecté au Musée
arabe et à la Bibliothèque khédiviale n'est
plus qu'une affaire de temps. Il faut donc espérer
que, dans un avenir prochain, chacun pourra
admirer ces trésors artistiques dans un milieu
digne de leur haute valeur.
Depuis 1887, c'est-à-dire depuis que S.E.Franz
Parcha s'est retiré du service actif de l'Administration
des wakfs, le Musée est resté sans directeur
effectif et a été privé, par conséquent, de
surveillance directe. Il en est résulté un grand

relâchement dans l'entretien des collections, et
c'est à la suite de nombreuses plaintes soulevées
à ce sujet, que le Comité, dans sa séance du 20
avril 1892, me fit l'honneur de me charger de
la surveillance du Musée et de sa gestion.
Mon premier soin fut de reviser l'inventaire
et de procéder à un numérotage rigoureux des objets.
Estimant alors que le public devait tirer
profit de cette nouvelle classification, je dressai
à son usage un catalogue sommaire qui ne fut
pas imprimé, mais dont le manuscrit fut déposé
dans les galeries à la disposition du public.
Le nombre des visiteurs devenant d'année en
année plus considérable, j'ai cru utile de dresser
un nouveau catalogue raisonné, c'est-à-dire ne
se bornant pas à la simple énumération des objets
exposés, mais pourvu d'indications techniques et
historiques. Cette disposition leur permettra
d'embrasser d'un coup d'aeil toutes les phases
par lesquelles ont passé les diverses branches
des arts industriels représentés au Musée. Dans
cette tâche quelque peu aride, j'ai dû recourir,
en ce qui concerne la provenance des objets, à
l'inventaire dressé jadis par S. E. Franz Pacha.
Dans l'exécution de ce travail, j'ai apporté le
plus grand soin à ce que les inscriptions fussent
relevées avec exactitude. Je tiens à signaler ici

l'intelligent concours que m'a obligeamment prêté
Youssef effendi Ahmed, dessinateur au bureau
du Comité, et dont j'ai eu souvent occasion
d'apprécier l'habileté toutes les fois qu'il s'est agi
de reconstituer des textes mutilés, études sur
la calligraphie et l'épigraphie arabes à toutes
les époques. Le Musée, tel qu'il est actuellement
composé, n'offre pas encore un aperçu complet
de toutes les branches de l'art arabe appliqué
à l'industrie; les armes et les armures, par
exemple, y font complètement défaut; l'industrie
textile y est à peine représentée, les ouvrages
en cuir ne le sont que par des reliures.
Ainsi que nous l'avons déjà dit, le Musée arabe
ne fait que débuter, mais il a un bel avenir devant
lui. Un grand pas sera fait le jour où les
collections seront exposées dans les galeries qui
lui sont réservées; là seulement elles pourront atteindre
tout le développement dont elles sont susceptibles.
Il sera temps alors d'aviser au moyen
de les enrichir par la vente ou l'échange des
doubles, et surtout par les acquisitions favorisées,
nous l'espérons, par les libéralités du Gouvernement
de S. A. le Khédive.
M. H.


INTRODUCTION

Le Musée de l'art arabe ne peut avoir,
dans son état actuel d'autre prétention que
dé nous offrir d'intéressants échantillons de
diverses branches d'industrie. Leur valeur est
parfois inégale, mais nous ferions bon marché
de ce défaut si nous n'avions pas à constater
des interruptions par trop fréquentes
dans les séries. Nous serons malheureusement
obligés de constater qu'il en est qui
ne sont représentées que par une époque.
Quoi qu'il en soit, dans les chapitres consacrés
à chaque art en particulier, nous nous
efforcerons de donner une idée aussi complète
que possible du génie national, en nous

servant soit des échantillons que le Musée
a pu recueillir, soit des monuments que le
temps a respectés. C'est par l'architecture
surtout que nous pourrons concevoir le tempérament
artistique des Arabes. Les merveilleux
monuments que nous admirons encore
ne sont pas seulement de muets témoins des
lointaines époques, ils nous révèlent encore
que l'architecture était pour les Arabes l'art
par excellence et cela à un degré qui n'a
jamais été atteint chez les peuples occidentaux.
Chez eux, les diverses branches de
l'art n'ont, pour ainsi dire, pas de vie propre
en dehors de l'architecture; le peintre et le
sculpteur se résignent à n'être que de simples
auxiliaires du constructeur. C'est grâce à
ces conditions que l'architecture put prendre
un essor considérable et créer des formes
d'une rare perfection.
Une autre considération nous impose ici
l'étude sommaire de l'architecture, c'est que
le Musée est particulièrement riche de ces
objets mobiliers, accessoires ordinaires des

mosquées, qui étaient dans un rapport intime
et harmonieux, avec l'ensemble de l'édifice.
Dès lors, comment s'en faire une
idée exacte sans avoir une notion de la structure
et de l'économie de ce même édifice?
La méthode que nous nous proposons de
suivre est la méthode historique; les grandes
divisions de l'histoire de l'art étant en parfaite
correspondance avec les principales périodes
de l'histoire politique, nous allons
nous astreindre à les examiner l'une après
l'autre.

Dynastie des premiers khalifes. — Dynasties
des Omayyades et des Abbassides.
18-256 de l'hégire (639-870).

Histoire. Bien que l'Egypte ait été conquise dès
l'an 18 de l'hégire (639) par le second khalife,
elle ne joua qu'un rôle secondaire tant
qu'elle fut administrée par des gouverneurs
sous la suzeraineté des khalifes. Cet état de
choses dura près de deux siècles et demi,

pendant lesquels plus de cent gouverneurs
administrèrent le pays sans avoir pu le lancer
dans la voie du progrès.
Si nous exceptons, en effet, l'illustre général
Amr ibn el-Ass qui a doté de la première
mosquée la nouvelle ville de Fostât
dont il fut le fondateur, nous ne connaissons
aucun autre gouverneur qui ait attaché
son nom à quelque importante création.
Cette époque, stérile au point de vue de l'architecture,
embrasse les règnes des quatre
premiers khalifes, toute la dynastie des
Omayyades, dont le siège était à Damas, et
celle des Abbassides qui avaient choisi Bagdad
comme capitale de leur vaste empire.
Dès l'origine, pourtant, les princes abbassides
se distinguent par leur amour des
sciences et des arts. Le fondateur de cette brillante
dynastie (762) fait traduire les ouvrages
étrangers et le goût scientifique se propage
vite dans toutes les classes de la société musulmane.
Haroûn-el-Rachîd (786), le contemporain
de Charlemagne, donne une impulsion

considérable à la civilisation arabe.
Sa haute et libérale protection ne s'étendait
pas seulement aux lettres et aux sciences;
les arts étaient aussi l'objet de sa sollicitude
éclairée. Son goût très vif pour l'architecture
est resté légendaire. Son fils et successeur,
el-Mamoûn, protège les travaux intellectuels
avec la même magnificence, mais son tempérament
le portait de préférence vers les
sciences. Ce prince visita l'Egypte en 217
de l'hégire et s'occupa de la restauration
du nilomètre de Rodah, construit une centaine
d'années auparavant. Il y fit graver
une inscription coufique que l'on voit encore
aujourd'hui.
Cette époque splendide ne nous a guère
laissé que des monuments littéraires; pour
ce qui est des arts en général et plus particulièrement
de l'architecture, il ne nous en reste
rien d'appréciable. On ne peut que regretter
cette lacune, car il eût été intéressant d'étudier
les manifestations d'un art encore à son
aurore.
A défaut de monuments, nous devons faire
appel à la tradition historique pour demander
la solution du problème des origines
de l'art arabe. Nous savons que les Romains
et les Grecs de Byzance firent rayonner leur
civilisation jusqu'aux plus lointaines régions
de l'Orient. C'est là qu'il faut chercher les
racines de cet art né avec la nouvelle foi.
De la même manière que l'évolution, dans
la nature, est un phénomène continu, sans
aucune espèce d'interruption, ni de saut
brusque, l'esprit, lui aussi, ne progresse que
pas à pas et les idées nouvelles, quelle que
fût leur énergie, ne pouvaient créer d'un seul
jet la splendide civilisation musulmane; elles
devaient nécessairement prendre pour base
l'ordre de choses existant. Les chefs-d'œuvre
que l'antiquité avait semés partout, se trouvaient
à portée des artistes de la jeune école;
il y avait là un terrain particulièrement
propice à l'éclosion de ces germes artistiques
qui devaient en peu de temps porter
de si beaux fruits. Nous comprenons dès

lors que l'art ait conservé un caractère
identique en Egypte, en Syrie aussi bien qu'en
Espagne, puisque les conditions étaient les
mêmes pour ces contrées.1
1 M. Al. Riegl, dans ses Stilfragen, donne, dans son 4me
chapitre une intéressante étude sur les arabesques. Il démontre
que les diverses formes du feuillage générateur de
l'arabesque, dérivent de l'ornementation antique.
Son travail peut être considéré comme une des études
les mieux documentées sur les origines de l'art arabe.
Le texte de l'inscription est presque toujours
encadré d'une bordure à peu près semblable
à celle que l'on rencontre sur les monuments
coptes (Egypto-Byzantins).1
1 Le Musée des antiquités égyptiennes contient de précieux
restes de la primitive civilisation chrétienne en Egypte.
Voir notamment Gayet, dans sa dissertation sur cet art,
qu'il donne comme le générateur primordial de tout l'art
arabe.
Mais on ne saurait admettre la thèse qu'il soutient dans
son ouvrage intitulé: L'Art Arabe, où il prétend que l'art
musulman, dans presque toutes ses manifestations, n'est
qu'une dérivation de l'art copte.
La civilisation des Coptes relevait de l'esprit byzantin;
leur religion ne se différenciait nullement de celle du reste
de l'empire grec. Si, à l'origine, l'esprit musulman s'est inspiré
des œuvres byzantines et si, en Egypte, il s'est laissé
influencer par l'art copte, cet état ne pouvait être stationnaire.
L'art copte continuait son évolution normale dans la
voie qui lui avait été tracée par les siècles écoulés, tandis
que, sous l'influence d'aspirations nouvelles, guidés par des
lois qui rompaient violemment avec les anciennes traditions,
les musulmans devaient accepter les conséquences de cette
révolution religieuse, subir son impulsion vers d'autres
voies, devenir, en un mot, un peuple nouveau.
Les Coptes eurent l'avantage de trouver leur route toute
tracée; ils n'avaient plus qu'à suivre la direction que leur
imprimait la civilisation mère. Les musulmans, au contraire,
de prime abord aux prises avec de nombreuses difficultés,
en lutte avec leur entourage, rompant avec le passé, se trouvèrent
subitement dans un complet isolement et durent
avoir un moment d'hésitation.— Voyez aussi sur la civilisation
copte l'étude de M. GEORG EBERS, Sinnbildliches. Die
Koptische Kunst ein neues Gebiet der altchristl. Sculptur
und ihre Symbole.
Ces tombeaux renferment encore un grand
nombre de boiseries dont la provenance est
souvent difficile à déterminer, et qui ont servi
à confectionner des cercueils.
Nous y retrouvons le plus ancien spécimen
des travaux d'assemblage; les peintures
et les sculptures qui les décorent sont
de style byzantin.

Dynastie des Toulounides
257-298 (870-904)

Histoire. L'an 255 de l'hégire (868), Ahmed ibn
Touloûn, fils d'un esclave affranchi du khalife
de Bagdad, fut nommé gouverneur de
l'Egypte.
L'année suivante, il se déclara indépendant
et ne voulut reconnaître aux khalifes
de Bagdad que le pouvoir temporel. Avec
cet événement, l'Egypte entre dans une ère
nouvelle; elle a alors, en quelque sorte, son
histoire à elle, et le rôle qu'elle joue dans
le monde musulman est des plus brillants.
La dynastie des Toulounides a donné cinq
souverains et a duré trente-sept ans. Pendant
cette courte période, et surtout sous le
règne du fondateur de la dynastie, la richesse
et le bien-être se répandirent en Egypte et
favorisèrent, en même temps que la prospérité
des métiers, l'épanouissement des arts.
Architecture. Le goût des constructions se développa
bientôt et dota la capitale de nouveaux et
magnifiques quartiers. Près de Fostât, à
Askar, s'élevèrent de splendides palais, entourés
de vastes jardins. Au palais du prince
construit avec un luxe inouï, s'adossait le
grand Meidân où l'on assistait à ces merveilleux
tournois qui étaient alors en faveur.
Mais l'esprit créateur n'était pas uniquement

concentré sur les constructions
de luxe et de plaisirs; les établissements
d'utilité publique n'étaient pas négligés non
plus et nous devons noter que c'est à Fostât
que fut érigé le premier hôpital. Ahmed
ibn Touloûn fit construire au milieu du
nouveau quartier, sur le mont Yachkour, la
belle mosquée qui porte son nom.
Construite l'an 876, cette mosquée fut
souvent délaissée. Tour à tour fermée, réparée,
réouverte, et de nouveau abandonnée,
elle eut des fortunes diverses et fut, pendant
mille ans, le constant témoin des
événements qui se sont déroulés en Egypte.
La mosquée d'Ahmed ibn Touloûn subsiste
encore aujourd'hui et, dans les parties que
le temps a respectées, elle nous offre des
documents d'une inestimable valeur. Nous
pouvons nous rendre compte des méthodes
dont se servaient les architectes au IIIme
siècle de l'hégire.
La mosquée s'élève sur un plan rectangulaire.
Sur les piliers, entourant la grande

cour à ciel ouvert, reposent les arcs qui
supportent la couverture en bois. Le grand
axe du plan est orienté dans la direction
de la Mecque. Le mihrâb (niche de prière),
près duquel se trouve le minbar (chaire)
est creusé dans le mur tourné vers la ville
sainte.
Les parties couvertes, où l'on prie, portent
le nom de liouân. La cour proprement dite
celui de sahn.
Au centre de cette cour s'élevait primitivement
une fontaine monumentale, ayant
en son centre un jet d'eau, lequel a fait
place à une fontaine d'apparence plus modeste.
Le plan de cette mosquée, du moins
dans ses parties essentielles, est semblable
à celui de la première mosquée érigée au
Caire. Cette forme s'est maintenue, à peu
de choses près, à travers les siècles, même
aux époques où de nouveaux modèles
furent introduits en Égypte. Ce qui, pour
nous, a un intérêt particulier, ce sont les
détails mêmes de la construction.
La maçonnerie est en briques crépies.
Les grands piliers sont ornés, aux quatre
coins, de colonnes engagées, dont la base
imite les piédestaux antiques que l'on
retrouve dans un grand nombre de constructions.
Le chapiteau est campaniforme et le feuillage

qui le décore paraît être une dérivation
de l'acanthe.
On voit par cette courte description à
quelle source puisèrent les vieux constructeurs
arabes.
Si ces exemples ne suffisent pas, nous
pouvons encore signaler les méandres que
l'on remarque dans la bordure des arcs, la
plate-bande en mosaïque de la couverture du
mihrâb, les colonnes elles-mêmes du mihrâb
et une foule d'autres détails qui sont autant
de preuves à l'appui de notre opinion.1
1 Les intrados de quelques arcs ont conservé leur
ornementation. Elle consiste en un réseau polygonal meublé
d'arabesques, le tout finement gravé dansle plâtre. Nous
n'avons pas besoin d'insister sur l'importance de cette
constatation. Dès le 3me siècle de l'hégire, le principe de
l'ornementation arabe: l'entrelac polygonal et l'arabesque
est tout trouvè.
Nous devons y voir, au contraire, un développement
normal qui a eu son point de
départ dans la nécessité de créer un art
nouveau en rapport avec une foi nouvelle.
Malheureusement, nous ne pouvons invoquer
d'autres témoignages que ceux qui nous sont
fournis par les débris recueillis dans les
tombeaux dont nous avons parlé.
Or la sculpture des boiseries que nous y
avons trouvées est identique à celle des baies
des portes de la mosquée d'Ahmed ibn
Touloûn. La conclusion est facile à tirer.

Khalifes Abbassides.— 292–322 (905-934)
et
Dynastie des Ekhchidites.— 323-362 (934–972).

Histoire. La dynastie des Toulounides, qui s'annonçait
comme devant fournir une longue
carrière, s'éteignit au bout de trente-quatre
ans. Elle fut remplacée par celle des Abbassides

qui parvint à réunir le pouvoir
spirituel au pouvoir temporel. Mais elle eut
une durée aussi éphémère que la précédente.
Abou-Bakr Mohamed ibn Takadj, qui gouvernait
l'Égypte au nom du Khalife Raddi
Billah, profita de la faiblesse de ce dernier
pour se rendre maître absolu de cette magnifique
contrée. Il se déclara indépendant l'an
935 de J.-C. et prit le titre d'Ekhchid, c'est-à-dire
de roi des rois. C'était le titre que
prenaient les princes régnants de Ferghana,
dont Abou-Bakr se disait originaire.
Sous cette dynastie le pays ne goûta pas la
tranquillité qu'on lui avait fait entrevoir.
Le fait historique le plus saillant de cette
époque consiste dans les relations intimes
qu'entretenaient les princes égyptiens avec
les cours asiatiques et avec la Syrie, qui
continue à unir son sort à celui de l'Égypte.
Architecture. Les guerres intestines et les complications
que faisait naître une politique ondoyante ne
pouvaient être favorables au progrès de l'art.
Aussi l'histoire ne fait-elle aucune mention

de travaux d'architecture. Aucun vestige,
d'ailleurs, n'est venu nous éclairer à ce sujet.

Dynastie Fatymite.
362-567 (972-1171)

Histoire. L'an 362, Moezz ibn el-Mansour fit la
conquête de l'Égypte. Moezz appartenait à
une dynastie indépendante des khalifes
abbassides. Son royaume était situé au
nord de l'Afrique et s'étendait jusqu'aux
frontières égyptiennes.
Les princes de cette dynastie se donnaient
le nom de Fatymites parce qu'ils prétendaient
descendre de Fatyma, fille du Prophète.
Venue de l'ouest des montagnes de l'Atlas,
la tribu guerrière à laquelle appartenait
le fondateur de cette dynastie s'était emparé
de Kairouan. Déjà l'an 300 de l'hégire, un
aïeul de Moezz se sentait assez fort pour
attaquer l'Egypte.
L'expédition ne fut pas heureuse, mais les
villes d'Alexandrie et de Medinet el-Fayoum
restèrent néanmoins en sa possession. Plus
tard, Gôhar, un des généraux de Moezz, fit

une nouvelle campagne contre l'Egypte, dont
il réussit à s'emparer au nom de son maître.
Avec les Fatymites s'ouvre pour l'Egypte
une ère toute différente des précédentes.
Le pouvoir spirituel des khalifes abbassides
tombe entre les mains des Fatymites, haïs
comme chiites1
1 Les chiites (hérétiques) reconnaissaient Ali, gendre du
Prophète, comme le vrai élu de Dieu.
par leurs prédécesseurs.
C'est à cette époque que les premiers
croisés paraissent devant Constantinople et
s'emparent de Jérusalem (1099), qu'ils enlèvent
à l'Egypte.
Architecture. Dans leur pays d'origine, les Fatymites
avaient déjà élevé de nombreux monuments.
Encore aujourd'hui, on voit en Sicile les
constructions qu'ils y ont laissées.
A peine le général Gôhar a-t-il achevé
la conquête de l'Egypte, qu'il s'occupe de
fonder une nouvelle capitale. Construite au
nord de Fostât, la ville fut entourée de murailles.
Au milieu s'élevait le palais du nouveau
maître. Cette capitale reçut le nom
d'el-Khâira, c'est-àdire la Victorieuse.
Les grands dignitaires groupèrent leurs
palais autour de la résidence du prince, et
les travaux d'architecture furent l'objet de
soins tout particuliers.
Aujourd'hui ces palais ont disparu. A leur
place s'élévent d'autres monuments autour

desquels se groupent des constructions modernes.
De cette glorieuse époque, il nous
reste bien peu de choses. En premier lieu,
nous citerons la mosquée d'el-Azhar, la première
qui fut édifiée par le nouveau conquérant.
Elle a subi de nombreuses restaurations.
Signalons encore: la mosquée d'el-Hâkem,
qui, aujourd'hui, n'offre plus que des
ruines; la petite mosquée d'el-Akmar, érigée
par le khalife Amer bi Ahkâm Allah
en 519 de l'hégire; enfin la mosquée de
Telayeh Abou Rezyk, le puissant ministre
des derniers Fatymites.
La plus ancienne de ces mosquées, celle
d'el-Azhar, imite la mosquée d'Ibn Touloûn,
du moins dans ses dispositions générales.
On y voit de même une grande variété
dans l'ordonnance des piliers et des colonnes.
Ce qu'il y a de remarquable surtout, ce sont
les arcs de forme dite persane; il semble que
ce soit là une innovation introduite en Egypte
par les Fatymites. Nous remarquons en effet

cette forme d'arc dans les autres monuments
fatymites que nous avons énumérés. Il n'y
a que la mosquée d'el-Hâkem oû l'arc retourne
à la forme ogivale employée dans la
mosquée d'Ibn Touloûn. On remarque,
d'ailleurs, entre ces deux mosquées, bien
d'autres points de ressemblance. Quoiqu'elles
aient été construites à un siècle
d'intervalle, nous pouvons encore distinguer
les parties qui permettent de les apparenter,
tout en reconnaissant à la mosquée d'el-Hâkem
une plus grande liberté d'allure dans
les diverses compositions.
Nous appelons notamment l'attention sur
les sculptures des tirants en bois qui relient
les piliers, celles des panneaux de la
porte exposée dans le corridor du musée.
(No 1.)
La mosquée de Telayeh, construite cent
soixante-quinze ans après celle d'el-Hâkem
et conçue dans le même esprit, marque déjà
un notable progrès dans les travaux d'ornementation.
Tandis que, dans la mosquée d'el-Hâkem,

les arabesques qui ornent les frises
d'inscriptions sont pleines, ici elles se résolvent
en une foule de détails qui produit
sur l'œil l'effet d'un véritable filigrane. On
peut affirmer que dans la mosquée de Telayeh,
les arabesques atteignent un degré de
développement qui se maintient pendant
plusieurs siècles et qui ne le cède en rien à
la beauté des décorations des siècles postérieurs.
La mosquée el-Akmar, construite
trente ans après cells d'el-Hâkem, nous offre
une précieuse particularité: c'est la seule
qui nous ait conservê, de la période fatymite,
un exemple de façade correspondant
avec les dispositions du monument. Jusqu'alors,
les façades ne jouaient qu'un rôle
secondaire et nous ne pouvons en signaler
aucune qui mérite vraiment ce nom. C'est
un legs précieux que nous a fait cet âge
intéressant, car il n'y a guére que là que
nous puissions nous faire une idée complète
des façades telles qu'elles ont été créées
dans les monuments cités jusqu'ici. Il faut

avouer que les murs longs et bas qui clôturaient
les mosquées se prêtaient fort peu à
la formation de la façade.
Les modestes dimensions de la mosquée
d'el-Akmar permettaient du moins de tenter
un essai original. C'est ainsi que dans la
façade sud, le portail est creusé en forme de
niche peu profonde à sa partie supérieure et
décorée d'un système de cannelures, dont
l'idée première paraît être un emprunt à
l'architecture classique à coquilles. Le
milieu de cette coquille est percé d'une
rosace à claire-voie dont le grillage se compose
d'ornements et d'inscriptions. Le rinceau
qui borde cette fenêtre rappelle, d'une
façon remarquable, le style byzantin. Il est
probable que cette forme plus riche, plus
chatoyante, ait déterminé les artistes à délaisser
le style plus sobre des époques précédentes.
Ce même portail est, en outre, flanqué
de deux petites niches, le tout couronné
d'une frise avec inscription coufique.
L'angle formé par cette façade et la façade

nord est à pan coupé, et la transition
s'opère à l'aide d'un système de stalactites
superposées qui, à ma connaissance, en
est le premier exemple dans l'architecture
arabe d'Egypte.
Pour compléter la liste des monuments
qui appartiennent à la domination fatymite,
nous mentionnerons encore les trois portes
de la ville du Caire, encore debout: la porte
Bab el-Fetoûh (porte de la Conquête), Bab-el-Nasr
(porte de la Victoire), et Bab-Zoueila
(ainsi appelée du nom d'une tribu ve

nue en Egypte sous les Fatymites). En tant
que constructions militaires, ces portes présentent
trop de différences avec les modèles
qui font l'objet de cette étude et demanderaient
de trop grands développements pour
entrer dans le cadre que nous nous sommes
tracé.
Ce sont des constructions étrangères dont
les auteurs sont trois frères architectes, appelés
au Caire par Bedr el-Gamâli, le fidèle
ministre du khalife el-Mostanser. Ces portes
datent de la fin du 5me siècle de l'hégire.

Dynastie des sultans Ayyoubites.
567-648 (1171-1250)

Histoire. Réduits à l'état de simples jouets entre
les mains de leurs vizirs, les derniers khalifes
fatymites n'avaient plus qu'une ombre d'autorité.
Ces ministres turbulents et ambitieux
se disputaient sans cesse le pouvoir. Ils ne
devaient même pas tarder à se débarrasser

par l'assassinat de l'un de leurs souverains.
En définitive, la dynastie fatymite s'éteignit,
victime de la rivalité des vizirs.
L'Egypte et la Syrie eurent bientôt un
maître en la personne du Kourde Youssef,
fils de Nigm el-Dyn Ayyoub, et plus
connu sous le nom de Saladin. (Selâh el-Dyn).
Les règnes de Saladin et de ses successeurs,
qui, les premiers en Egypte, prirent
le titre de sultan, furent troublés au dedans
et au dehors par des luttes mémorables. Des
haines et de puissantes rivalités mirent aux
prises les musulmans eux-mêmes. Mais cette
époque demeure surtout célèbre par les
guerres sanglantes qui, sous le nom de
Croisades, eurent lieu entre musulmans et
chrétiens.
L'Europe chrétienne se précipita sur l'Orient
pour arracher les lieux saints à la domination
musulmane. Ces célèbres expéditions
eurent surtout pour résultat d'établir d'inti
mes relations entre l'Orient et l'Occident.
Architecture. Ces relations exercèrent une incontestable

influence sur l'architecture musulmane.
Cette influence ne se manifesta pas
d'un seul coup, il est vrai, ce fut tout
d'abord en Syrie qu'elle se fit sentir. Les
Croisés arrivèrent munis de tout ce qui devait
les aider à créer une nation chrétienne. Leur
but était, d'ailleurs, de rester définitivement
dans cette contrée, qu'ils espéraient conquérir.
Leur passage, même éphémère dans les
provinces, les villes et les bourgades, était
marqué par la construction d'églises, que
leurs ennemis, aussitôt que la victoire les
favorisait, convertissaient en mosquées.
Jérusalem resta pendant quatre-vingt-huit
ans au pouvoir des Croisés; ce fut Saladin
qui les en délogea en 1187. Partout où ils
passèrent, les Croisés élevèrent des monuments
selon l'esthétique occidentale et les
architectes orientaux purent étudier de nouvelles
formes. Si les musulmans n'imitèrent
pas servilement ce style opposé à leur esthétique,
ils n'hésitèrent pas à l'apprécier
et à s'en approprier les formules, lorsqu'elles

leur semblèrent aptes à s'harmoniser avec
leur architecture.
Saladin, le fondateur de la dynastie, était
guerrier avant tout et favorisait de préférence
l'architecture militaire.
Les progrès de cet art ne lui permettaient
plus de se contenter du palais des fatymites.
Aussi se fit-il construire, sous la direction
de son fidèle vizir, l'eunuque Bohâ el-Dyn
(Kara Kouch), une nouvelle résidence sur
un des sommets du Mokattam. C'est la citadelle
actuelle, le Kal'at el-Guebel (la forteresse
de la montagne).
Saladin voulut encore élargir l'enceinte
de la ville; il ne put réaliser ce projet qu'en
partie. Pour tous ces importants travaux, ce
fut la petite pyramide de Guizeh qui fournit
les matériaux. On fit beaucoup pour les
constructions d'utilité publique; pour les
édifices religieux on adopta des dispositions
particulières qui semblent avoir été dictées
par des considérations d'ordre politique.
N'oublions pas que la dynastie précédente

était chiîte, et que, par conséquent, les dogmes
en vigueur différaient de ceux qu'avaient
adoptés les disciples du Prophète.
Dans le but de faire revivre dans le pays
la foi orthodoxe, qui, sous les Fatymites,
avait perdu beaucoup de prosélytes, les Ayyoubites
créèrent de nombreux collèges (madrassa),
où l'on enseignait les quatre doctrines
(mazhab) de la foi musulmane.1
1 La première madrassa fondée en Egypte fut celle de
Nasrieh, située près de la mosquée el-Amr. On y enseignait
les doctrines de l'imâm el-Chaféy. — El-Makrisi, tome II,
page 363.
Dans la madrassa du sultan Saleh el-Dyn, on institua
pour la première fois des chaires pour les quatre doctrines
orthodoxes. Id. tome Il, page 374.
Le
plan de ces collèges consiste en une grande
cour carrée, sur les côtés de laquelle s'élèvent
des chapelles voûtées; cette disposition
donne à l'édifice une apparence cruciforme.
Comme dans les mosquées, cette cour prend
le nom de sahn, et les quatre chapelles

celui de liwân.1
1 Dans les ouvrages historiques on écrit iwân ()
dont on a fait liwân () appellation encore usitée de
nos jours.
L'édifice est orienté vers la
Mecque et contient toujours la niche de
prière. Il est facile de voir que l'école est
composée des mêmes éléments essentiels que
la mosquée. Dans la suite on ne fait même
plus de distinction entre madrassa (l'école)
et masguid (la mosquée).2
2 Aujourd'hui, en effet, tout édifice religieux, quelle que
soit sa destination, est appelé par le peuple: gâma.
Cette disposition
cruciforme se maintint dans la suite à côté
des formes primitives, à portiques, auxquelles
on la préférait quand il s'agissait de mosquées
de petites dimensions. Examinons de plus
près quelques-uns des édifices de cette
époque.
Le plus ancien est la mosquée du sultan
el-Kâmel, qui fut érigée en 622 (1224). Cette
mosquée est aujourd'hui en ruine; on peut
encore y reconnaître le plan primitif, mais
il ne reste rien de ce qui faisait une si forte

impression sur ceux qui la visitaient au milieu
de ce siècle. Les derniers vestiges des
riches décorations qu'on y avait prodiguées
ont été recueillis par le Musée arabe (première
salle). Ces ornements complètent ceux
que nous avons trouvés dans la mosquée de
Saleh Telayeh.
La mosquée et la madrassa élevée dix-huit
ans plus tard par le sultan Saleh Nigm el-Dyn,
renferme plus de détails caractéristiques.
Ces deux édifices étaient séparés par une
ruelle, où l'on pénétrait en passant sous le
minaret. Nous retrouvons dans sa façade la
même conception que nous avons relevée
dans la mosquée fatymite el-Akmar: un système
de rainures peu profondes. Les angles
rentrants des niches sont arrondis à une certaine
hauteur, effectués par une naissance de
stalactite. C'est une forme particulière que
nous voyons pour la première fois. Les stalactites,
dans cette mosquée, ont aussi servi
à orner d'autres parties; nous en voyons une

magnifique application dans la couverture
de la niche du minaret.1
1 Dans la partie supérieure du minaret, il existe bien une
grande quantité de stalactites, mais ce ne sont plus les pièces
primitives; nous sommes en présence d'un travail de restauration.
L'influence occidentale se manifeste d'une
manière évidente dans le tombeau de ce sultan.
Ce tombeau élevé sept ans plus tard,

est adossé à la madrassa, côté nord, et relié
par une ouverture pratiquée dans le mur du
liwân ouest. La conception de la façade du
tombeau, du moins dans ses grandes lignes,
est la même que celle des deux autres monuments.
L'entablement est représenté par une
gorge où sont sculptées des feuilles qui retombent
sur les bords.
Rien ne prouve mieux l'origine étrangère
de cette forme que la fausse application qu'on
en a faite. Cette gorge se redresse près du
portail, qu'elle semble envelopper, selon la
formule arabe, mais la position des feuilles
n'est rien moins que naturelle.
Dans l'art de sculpter le bois, on remarque
aussi un raffinement très prononcé dans
le procédé que nous avons constaté en parlant
des monuments fatymites. Les motifs à
dessin large sont remplacés par des arabesques
en miniature. Il est vraiment dommage
qu'il y ait un saut si grand entre ces deux
systèmes: des bois sculptés de la mosquée
Saleh Telayeh, parmi lesquels nous ne possédons

que des tirants remontant à l'époque
de la fondation même de cette mosquée, nous
devons passer sans transition aux vantaux
des deux tombeaux dont nous venons de
nous occuper. La porte du tombeau de l'Imâm
el-Chafey date de l'an 608 (1211).
Deux siècles séparent ces deux spécimens
de travaux. A partir de cette époque, l'industrie
des bois travaillés se développe rapidement
et atteint en peu de temps un haut
degré de perfection. Ne quittons pas le
tombeau de Saleh Nigm el-Dyn sans faire
mention des lambris en marbre qui décorent
le monument. Le travail est sobre et rien
dans les dessins ne fait prévoir la richesse que
nous rencontrerons seulement vingt ans plus
tard.

Dynastie des sultans mamlouks
(Mamlouks turcomans ou baharites).
648-784 (1250-1382)

Histoire. Les mamlouks étaint des esclaves achetés
sur les divers marchés de la Géorgie,

de la Mingrélie et du Caucase, d'où ils
étaient amenés en Egypte pour être vendus
aux grands dignitaires. Ceux-ci les dressaient
pour la guerre et les incorporaient dans leur
garde. On désignait ces esclaves sous le nom
de halka ( ceinture) parce qu'ils devaient
entourer leurs maîtres comme une ceinture
protectrice. Il n'en était pas toujours
ainsi, car nous voyons l'un de ces esclaves
frapper le dernier des fatymites et s'emparer
du pouvoir.
Sans passé dynastique et n'ayant d'autre
instrument de domination que leur valeur
personnelle et surtout le concours de leurs
fidèles mamlouks, ces nouveaux sultans
étaient exposés à de dures vicissitudes
quand ce concours venait à leur manquer.
Et comment n'en eût-il pas été ainsi, quand
chaque soldat pouvait à bon droit se considérer
comme ayant des titres égaux à ceux
de son chef, et tout attendre, comme lui, de
l'occasion pour satisfaire son ambition.
C'est pourquoi toute cette période du

règne des mamlouks ne fut qu'une longue
suite de troubles, de guerres intestines et
de révolutions de palais; c'est une des époques
les plus orageuses de l'histoire de
l'Egypte.
Parmi ces sultans, quelques-uns se distinguèrent
par leur intelligence et leur activité,
entre autres: Beibars et Bondoukdâri
(1260-1277). Il combattit les croisés avec
succès et sous son règne l'Egypte fut prospère.
Kalaoun, autre sultan mamlouk, fut également
un souverain remarquable; c'est le
seul qui réussit à fonder une dynastie. Il
prit le nom d'el-Mansour, auquel il joignit
le prénom d'el-Elfi (du mot elf, qui signifie
mille, parce qu'il fut acheté mille pièces
d'or).
Kalaoun était digne de gouverner; il opposa
ses armes victorieuses à l'invasion des
Tartares et réussit à préserver l'Egypte de
ce fléau dévastateur. Notons aussi qu'il noua

des relations avec la cour d'Espagne. En
689 (1290), Alphonse d'Aragon envoie à
Kalaoun une ambassade qui eut pour résultat
d'unir les deux pays par un traité avantageux.
Ces relations exercèrent en outre
une grande influence sur les arts. L'architecture,
toutefois, reste indécise; les monuments
présentent de profondes divergences.
Ce n'est que sous le règne suivant que nous
voyons l'art architectural se préciser, se cristalliser
pour ainsi dire, et revêtir un caractère
définitif. Avant comme après le sultan
Mohamed el-Nasser, fils et successeur de
Kalaoun, jamais l'art ne prit un pareil
essor. Jamais nous ne retrouvons, comme
sous le gouvernement de ce prince, une telle
variété dans les lignes, et, en même temps,
un aussi grand développement industriel
Son règne, si fécond pour l'art, embrasse
près d'un demi-siècle (exactement 44
ans).
Architecture. Pendant les premières années du règne
des Baharites, nous sommes en présence

de formes et d'éléments artistiques dont nous
devons rechercher l'origine ailleurs qu'en
Egypte. Les moulures que l'on remarque
sur la grande mosquée d'el-Dâher (construite
par le sultan Beibars en 1266), le système
de façades adopté pour les constructions de
Kalaoun, ont un frappant cachet d'exotisme.
Rien d'ailleurs ne saurait mieux caractériser
l'arbitraire qui régnait alors en architecture
que le fait suivant. Lorsque Mohamed
el-Nâsser éleva le monument auquel il donna
son nom, il en fit construire la porte avec
les matériaux qui provenaient d'une porte
gothique enlevée par son frère à l'église
d'Akka (1291) et rapportée au Caire comme
un glorieux trophée. Nous ferons toutefois
observer que c'est là un cas très rare d'adaptation
d'une forme étrangère sans travail
préalable d'assimilation. Cette exception ne
pouvait beaucoup influer sur le développement
régulier de l'art arabe. Et si la Syrie,
couverte de monuments chrétiens par les
croisés, imposait ces formes nouvelles aux

contrées environnantes, celles-ci n'arrivent
qu'atténuées en Egypte où elles se plient
aux exigences de l'esprit national.
Il était nécessaire d'opposer une digue
aux uille et une formes disparates qui
menaçaient d'envahir l'architecture.
Le long règne paisible de Mohamed el-Nâsser
se prêtait admirablement à un travail
de sélection dont le résultat devait être la
création d'un style original. Ce fut une époque
de paix et de travail, le souverain
donna lui-même l'exemple en dotant le Caire
d'un collège auquel il adjoignit son tombeau
et d'une grande mosquée construite sur la
citadelle.
En outre, il acheva cette construction
complexe appelée el-Moristan, que son père
avait commencée.
Les membres de la famille royale et les
grands dignitaires imitèrent la magnificence
du souverain. La fiévreuse activité qui distingue
cette féconde période eut d'heureux
effets dans le domaine de l'art. L'indécision

des siècles précédents fait place à une grande
netteté dans les conceptions. Malgré leur
grande variété, une incomparable richesse
de formes et de composition, l'unité de conception
se dégage franchement et constitute
un style d'une rare perfection.
Dans la disposition des façades, nous observons
une accentuation progressive et rationnelle
des éléments que les époques précédentes
avaient légués.
Les grandes surfaces sont comme sillonnées
de distance en distance par un système
de hautes niches, peu profondes, formant
sur les parois comme un appareil de rainures
dans lequel vont se longer les fenêtres en
doubles rangées.
Ces niches sont terminées par une couverture
horizontale formée de plusieurs assises
de stalactites. Le portail est modelé
d'après le même principe, avec cette différence
que la niche est beaucoup plus large
et plus profonde.
La conséquence d'une pareille disposition

a été de donner un plus riche et plus ample
développement à l'emploi des stalactites.
Les portails se distinguent encore par un
riche revêtement en marbre. Le point de
départ de ce système de décoration fut
d'abord dans l'enchevêtrement des claveaux
de l'arc de décharge. Un long bandeau
épigraphique se déroule en haut des façades
terminées par une moulure couronnée de
créneaux.
Les façades, d'une belle exécution, sont
en pierres de taille, et le plus souvent de
deux couleurs alternantes, elles ressemblent
à celles des mosquées dont nous avons parlé
jusqu'ici. Il n'y a donc rien de changé dans
les dispositions générales, si ce n'est l'importante
addition du tombeau du fondateur
toujours surmonté de la coupole, signe caractéristique du tombeau.
Dans l'intérieur des mosquées à portiques,
les appuis sont désormais presque exclusivement
formés de colonnes en marbre, provenant,

comme auparavant, de constructions
en ruine.
Pour atteindre une hauteur en harmonie
avec les dimensions de l'éifice, on surhausait
la naissance des arcs. La couverture était
ordinairment en bois; les solives, magnifiquement
sculptées, s'ornaient de riches
dorures. Les lambris sont en mosaïque et
couvrent les murs jusqu'à une hauteur de plusieurs
mètres. Les mosaïques du dallage égalent
en beauté celles des murs.
Le tout s'harmonise admirablement, et la
richesse de l'ensemble est encore augmentée
par la chaire (minbar), le pupitre (koursi
el-kahf), ornés de marqueteries et de peintures
fort gracieuses, ainsi que par de splendides
lustres en bronze et de lampes en
verre émaillé.
Ce que nous venons de dire des mosquées
s'applique également aux autres constructions.
Malheureusement, nous ne possédons
en entier aucun de ces monuments,
mais les parties qui nous restent nous permettent

de reconstituer l'ensemble et suffisent
à nous convaincre de la splendeur de
tous les édifices élevés à cette époque.

Seconde dynastie des sultans mamlouks.
(Mamlouks circassiens ou bouroguites).
784-923 (1382-1517)

Histoire. Avec les mamlouks circassiens, la dynastie
seule a changé. Le pays n'a pas cessé
d'être agité par les rivalités des émirs. A
part quelques souverains énergiques ou animés
de bonnes intentions, les princes
régnants ne se préoccupent en général que
bien peu des intérêts du pays; tous leurs
efforts tendent à conserver le pouvoir, même
au prix d'un crime.
Les mamlouks circassiens, qui gouvernèrent
l'Egypte et la Syrie pendant près
d'un siècle et demi étaient d'origine sibérienne.
On les appelait aussi bourguites,
parce qu'ils étaient principalement employés
par leurs maîtres à la défense des forteresses,
en arabe bourg.
Parmi les princes de cette dynastie qui
rendirent de grands services à leur pays, nous
citerons le sultan el-Zaher Barkouk, le fondateur
de la seconde dynastie, qui sauva
le pays de l'invasion des Tartares et le dota
de nombreux monuments; le sultan el-Mouayyed,
protecteur des sciences (ce qui
lui valut le titre de cheikh ou docteur) et
constructeur d'édifices remarquables.
Mentionnons encore le nom de Barsabaï,
qui régna pendant seize ans et dont on ne
saurait trop louer le gouvernement pacificque,
consacré tout entier au bien-être du peuple.
Puis vinrent des jours de troubles qui
menacèrent l'existence même de l'Egypte.
Les Ottomans quittaient alors l'Anatolie,
renversaient l'empire chrétien de Constantinople
et les progrès de ce peuple nouveau
effrayèrent le sultan d'Egypte, el Melik
el-Achraf Kaïtaï. Les craintes de ce prince
n'étaient que trop fondées, car sous el-Ghoûri,
son successeur, les Ottomans mirent
à exécution le projet longtemps caressé

d'établir leur domination sur les rives du Nil.
Après une lutte acharnée de part et d'autre,
l'Egypte perdit son indépendance et devint
une province de la Turquie (Ier mois
de l'année 1517).
Architecture. De même que la nouvelle dynastie ne provoqua
aucun changement sérieux dans l'ordre
des événements, de même rien ne s'opposa
au développement régulier des arts. Sous
les Ayyoubites, on avait créé le système
cruciforme pour la construction des mosquées;
cette disposition continua à être
adoptée pour tous les édifices religieux que
l'on éleva dans la suite; ce n'est qu'exceptionnellement
que l'on voit construire des
mosquées à portiques.
C'est sans doute par suite de leur grand
nombre que l'on donna aux mosquées de
plus petites dimensions vers la seconde
moitié du XVme siècle. Cette réduction
dans les proportions eut l'avantage de permettre
de couvrir le sahn. Beaucoup d'entr' el-les
servaient, en outre, de madrassa (école).
La nécessité d'installer de nombreuses
annexes pour répondre à tous les besoins
et de se conformer à l'alignement des rues
de la ville déjà très développée, eurent pour
résultat de provoquer de très ingénieuses
combinaisons de la part de l'architecte.
Parmi ces annexes, nous signalerons les
sébils (fontaines publiques) et les kouttabs
(petites écoles) qui, presque toujours, accompagnent
les mosquées de la dynastie circassienne
et qui s'élèvent de préférence à l'un
des angles les plus saillants de l'édifice. La
première mosquée où fut inaugurée cette
disposition particulière est celle de l'émir
Gaï el-Youssefi (dynastie baharite).
L'attention de l'architecte se portait tout
spécialement sur le tombeau. Celui-ci n'est
plus relégué, comme du temps des Baharites,
dans quelque coin perdu de la mosquée, mais
il en devenait la partie principale, bien
que la mosquée qui s'y ajoutait présentât
souvent d'importants développements. Vers
la fin du XVme siècle, on fait un pas de

plus; le tombeau, avec son dôme plus ou
moins élégant, constitue à lui seul un monument
complet.
Sous les sultans circassiens, l'art de la
construction subit lui-même de profondes
modifications par suite d'un plus large
emploi de la pierre de taille, qui entrait
même dans la confection des murs intérieurs.
Chacun des ornements qu'on y
sculptait mériterait d'être relevé. Toutes
les parties de l'intérieur et de la façade étaient
décorées d'arabesques, d'entrelacs ou
d'inscriptions. Dans les inscriptions, l'écriture
coufique était depuis longtemps remplacée
par des lettres rondes, mais on retourna
bientôt à la forme coufique, qui se prête
mieux à l'ornementation.
Les maisons d'habitation de cette époque
sont plus coquettes. Dans la cour, à une
certaine hauteur, est situé le makad, exposé
au nord. Il projette deux arcs sur la
cour; c'est l'endroit favori où le maître de la
maison reçoit les visiteurs. A l'intérieur, la

ka'a (salle) forme le noyau des autres pièces.
Cette ka'a est spacieuse, à parois décorées
de mosaïque et recouverte d'une toiture luxueusement
dorée. Les machrabiehs (treillis
en bois tourné) laissent filtrer une lumière
atténuée et font de cet endroit un agréable
et frais abri contre les ardeurs de l'été.
L'architecture profane comprend encore
les okalas (dépôts et caravansérails), les
abreuvoirs, etc., dont on peut admirer un
grand nombre de spécimens intéressants.
La dernière étape de l'art national égyptien
est caractérisée parle soin qu'on apporte
dans la décoration de l'extérieur des constructions.
Nous avons déjà mentionné l'effort
tenté dans ce sens sous la domination des
Fatymites; mais ce premier effort demeura
sans résultat important. C'est un trait caractéristique
de l'architecture arabe que cette
négligence intentionnelle dans l'extérieur
des constructions. La décoration extérieure
des plus célèbres monuments ne porte le plus
souvent que sur le portail, le minaret ou sur

quelque autre partie principale, tandis que
l'ensemble reste nu. Mais sous les sultans circassiens,
l'architecte se complaît à faire une
œuvre harmonieuse dans toutes ses parties,
à l'extérieur comme à l'intérieur; aussi les
monuments dont cette époque a enrichi le
pays, offrent-ils cette perfection d'ensemble
et de détails que nous avons l'habitude de
réclamer à toute œuvre d'architecture.

L'Egypte province turque.

Histoire. La bataille de Merg Dâbek décida du sort
de l'Egypte. Les Turcs, vainqueurs, s'emparèrent
de cette riche contrée, qui, depuis lors,
ne cessa de faire partie de l'Empire Ottoman.
La crainte de perdre cette magnifique province
porta les Turcs à lui imposer une administration
compliquée, où ils avaient introduit
des émirs indigènes et des fonctionnaires
turcs. L'introduction de ces deux éléments
antagonistes avait pour but de contrebalancer
les influences et de ne permettre

à aucun d'eux de prendre une prépondérance
marquée.
Un pacha envoyé de Constantinople et
nommé gouverneur pour un an, représentait
le souverain et administrait le pays en son
nom. Bientôt le pacha fut nommé pour
plusieurs années. Mais il ne restait toutefois
pas assez longtemps au pouvoir pour être
en mesure d'y faire œuvre utile.
Aussi le nombre des gouverneurs qui laissèrent
quelques traces glorieuses de leur administration
est-il des plus restreints. L'histoire
ne relève guère que les noms de Soliman
pacha et surtout de Senân pacha, qui contribuèrent
efficacement à la prospérité du
pays.
Les rouages administratifs, tels qu'ils avaient
été installés, ne donnaient pas les
résultats qu'on en avait attendus.
Soixante-dix ans après la réorganisation
de l'Egypte, les troubles militaires reparaissent,
et un demi-siècle plus tard, les beys
turbulents qui entouraient le pacha dictent

leurs volontés. L'élément militaire, vers la fin
du XVIIme siècle, acquiert une telle puissance
que le pacha nommé par Constantinople doit
être agréé par les beys pour s'installer au
Caire. Ceux-ci ne craignent même pas d'entrer
en lutte avec le sultan; ils se groupent
autour du cheikh-el-beled, le véritable
maître du pays, et tiennent en échec la cour
de Constantinople.
Après avoir brisé toute résistance de la
part du pacha, les beys ravivèrent leurs anciennes
rivalités; chacun d'eux travaillait
pour son propre compte et fomentait des
troubles pour s'emparer du pouvoir. Cette
époque de guerres intestines, de désolation,
de misère et d'oppression, est la plus lamentable
qu'ait enregistrée l'histoire d'Egypte.
Aly bey alla encore plus loin. Ce prince
auquel l'histoire donne le surnom de Grand,
noua des relations diplomatiques avec les
puissances européennes pour s'assurer le
titre de souverain indépendant dans un pays
libre. Mais sa mort prématurée fit échouer
ce projet.
Après lui, l'histoire ne signale plus que
des guerres civiles queles beys entretenaient
dans le but d'ériger de scandaleuses fortunes.
Vers la fin du XVIIIme siècle, Mourad
bey et Ibrahim bey rançonnent audacieusement
jusqu'aux négociants européens, dont
les plaintes répétées attirèrent l'attention de
l'Europe sur ce malheureux pays. Telle était
la situation, lorsque le 1er Juillet 1798 (17
Moharrem 1213), Bonaparte avec sa flotte
jeta l'ancre devant Alexandrie.
Architecture. L'évolution politique dont l'Egypte venait
d'être le théâtre, devait nécessairement
exercer une grande influence sur sa civilisation.
Ave l'ère des pachas turcs, l'Egypte
cesse d'être un centre et sa capitale n'est
plus qu'un chef-lieu de province turc. Les
troubles intermittents et de peu de durée
dont les époques précédentes ont été les
témoins, ne pouvaient apporter au progrès
de sérieuses entraves. Aussi avons-nous pu

constater un progrès continu dans l'architecture
et les arts.
Mais lorsque l'Egypte fut réduite à l'état
d'une province, l'essor primitif est arrêté;
les sultans de Constantinople n'ont plus le
même intérêt à favoriser dans le pays l'épanouissement
des arts. En effet, il existe
bien peu de monuments auxquels les
souverains turcs aient attaché leur nom, et
encore ces monuments sont loin d'avoir la
valeur artistique de ceux que nous ont
laissés les sultans baharites et bourguites.
Les Tures n'ont importé en Egypte que
la forme de leurs mosquées, forme qu'ils
avaient eux-mêmes empruntée aux églises de
l'ancienne Byzance. La mosquée voisine du
tombeau de Sâria-el-Gabal, construite sur la
Citadelle dix ans après la conquête du pays,
est la première où l'architecte se soit inspiré
de ces modèles chrétiens. Puis viennent:
la grande mosquée de Senân pacha à Boulaq,
bâtie en 979 (1571) et celle de la princesse
Malika Safia, élevée en 1019 (1610).
Le point le plus saillant de la disposition
nouvelle consiste dans l'emploi des coupoles,
innovation qui rompt radicalement avec la
tradition.
On rencontre pourtant quelquefois des
mosquées construites d'après les anciens
modèles, mais elles sont en bien petit nombre,
et, dans ce cas, le fondateur est toujours
un indigène; il semble que l'antagonisme
qui mettait aux prises les beys et le pacha,
les Egyptiens et les Turcs, ait eu un écho
jusque dans les fondations pieuses.
Les mosquées, toutefois, ne constituent
qu'une exception; on s'attachait de préfférence
à élever des monuments de moindre
importance, tels que fontaines, petites écoles,
couvents de derviches, okâlas, etc.
Les sébils ne font plus partie, comme
auparavant, d'un édifice quelconque, mais
ils forment un monument complètement
autonome.
Au point de vue de l'ornementation,
nous devons noter un recul. Nous ne retrounverons

plus les riches décorations du temps
de Kaitbaï. Les constructions qui s'élèvent
sous la nouvelle domination sont simples,
discrètes, et reflètent un esprit d'économie
qui contraste avec les splendeurs des siècles
passés.
Cette pauvreté artistique tenait sans
doute à ce que les modèles indigènes étaient
peu prisés de l'ouvrier étranger, tandis qu'au
contraire, l'indigène goûtait peu cette ornementation
étrangère si peu conforme à ses
goûts, ses habitudes et ses traditions. Nous
devons cependant reconnaître que l'art arabe
l'emporte encore sur l'art étranger.
Il y eut aussi des créations mixtes, où
les deux styles combinés ont produit quelques
ouvrages assez réussis.
Citons, par exemple, le sébil du Kikhya
Abdel-Rahmân, construit en 1157 (1744).
On y remarque quelques décorations de
style turc, mais tout son cachet lui vient de
ses formes empruntées au plus pur style
arabe. Deux autres sébils, qui portent les

noms des sultans Mahmoud et Moustapha,
et qui datent de la même époque, ne peuvent
être comparés avec celui d'Abdel-Rahmân.
On y remarqrue bien quelques motifs
arabes, mais le caractère principal de l'édifice
s'éloigne trop des monuments analogues
de la belle époque. Tandis que les faïences
qui décorent l'intérieur du sébil d'Abdel-Rahmân
sont des produits orientaux, celles
du sébil du sultan Moustapha qui couvrent
les murs viennent d'Europe. Les jambages
des fenêtres sont bizarrement décorés;
enfin l'influence européenne est par trop
manifeste.
Nous voici arrivés au seuil de ce siècle
qui a vu l'Egypte reprendre son autonomie.
L'histoire en est trop récente pour que nous
ayons à la rappeler ici.
Mais comment terminer ce court aperçu
sans rendre un hommage bien mérité à

l'illustre fondateur de la dynastie actuelle,
dont le glorieux souvenir restera toujours
lié à l'effort considérable réalisé pour mettre
ce pays au niveau de toutes les exigences
de la civilisation moderne. Il est à espérer
que cette renaissance scientifique et industrielle
aura pour corollaire, c'est la loi ordinaire
du progrès humain, une reprise du
développement artistique qui a tant contribué
à la prospérité de l'Egypte.


MUSÉE NATIONAL DE L'ART ARABE
CATALOGUE



MUSÉE NATIONAL DE L'ART ARABE
CATALOGUE
PREMIÈRE SALLE
Plâtres, pierres de taille, marbres.

I.— Plâtres.

Le stuc a été employé dès l'origine de l'art
arabe en Egypte, et c'est avec cette matière que
les premiers ornements de son architecture ont
été exécutés. Nous en avons un exemple dans le
plus ancien des monuments conservés jusqu'à ce
jour, la mosquée d'Ibn-Touloun, construite en
876 après J.-C., laquelle, malgré sa restauration
presque complète en 1296, garde encore une partie
de ses ornements primitifs en stuc.
C'est au XIIIe siècle que l'emploi du stuc dans
la décoration atteint son plus haut degré de perfection.
Le tombeau du sultan Kalaoûn et la
mosquée de son fils Mohamed el-Nâsser en
fournissent de beaux exemples: c'est principalement

sur la tour de cette mosquée que l'on
trouve des ornements en stuc répandus à profusion.
La décoration en stuc a été employée à toutes
les époques, même quand la pierre de taille était
considérée comme la matière de construction par
excellence.
Il nous suffira de rappeler la frise classique,
à inscription coufique, de la plus monumentale
mosquée d'Egypte, celle du sultan Hassan (1358
après J.-C.), et les beaux ornements de la coupole
de la mosquée Ak Sonkor à Darb el-Ahmar,
construite en 1347.
Dans la seconde moitié du xve siècle, l'emploi
du stuc n'est plus si répandu comme matière
décorative, on lui préfère le marbre ou la pierre
de taille. Mais, justement, un monument de ce
temps-là prouve que l'ouvrier n'a pas pour cela
oublié l'adresse de ce métier et que cet art se
conservait encore sans affaiblissement.
Ce monument est le tombeau connu sous le
nom de « el-Fadaouieh», à l'Abbassieh, près le
Caire. L'intérieur est tout couvert, jusqu'à la cime
du dôme, d'ornements et inscriptions en stuc. La
façon de travailler est toujours la même que celle
des siècles antérieurs: le découpage.
Ces fenêtres munies de vitres, connues sous le
nom de vitraux en plâtre ajouré, — en arabe,
kamarieh ou chamsieh, — se rencontrent seulement
dans la seconde moitié du XIIIe siècle.
Il y a lieu de distinguer deux sortes de
vitraux qui correspondent à des époques différentes.
Dans la première, après avoir posé les
vitres, qui suivent à peu près les lignes du
dessin découpé de la plaque en plàtre, on appliquait
sur celle-ci des baguettes minces, également en
plâtre, et cela pour retenir les verres. Les baguettes
se raccordaient avec le dessin de la face opposée.
Ce système est le plus ancien et était pratiqué
entre la moitié du XIIIe et le commencement du
XIVe siècle. Les verres y employés sont toujours
très épais.
Nous citerons comme exemples: le tombeau
des sultans Sâleh, Kalaoûn, la mosquée funéraire
de Sangar el-Gaouli (1323), etc.
Dans la deuxième époque, dont les plus beaux
types nous sont offerts par les monuments des
XIVe et XVe siècles, on a supprimé les baguettes
et fixé les vitres à la face postérieure de la

plaque découpée en y coulant du plâtre, qui
s'étendait entre les verres, en les fixant ainsi
(Pl. II). Il en existe encore des spécimens dans
la mosquée du sultan Barkouk (1384), en ville et
dans les constructions datant de l'époque du
sultan Kaïtbaï (fin du XVe siècle), les mosquées
Aboubakr Mazhar, Kidjmâs el-Ishâki, etc. Les
vitres fabriquées pour les fenêtres de ces mosquées
sont quelquefois d'une épaisseur minime.
Les vitraux en plâtre ajouré des derniers
siècles ne supportent pas la comparaison avec les
anciens. Les dessins sont pauvres, l'exécution
grossière et, quant aux vitres, on n'avait plus le
choix des produits locaux pour combiner l'effet
harmonieux des couleurs. On a done été obligé
d'employer les vitres que l'importation mettait
sur le marché.

II. — Pierres de taille.

Le mode de construction en briques ou en
moellons piqués, qui nécessitait la couche de
plâtre, en elle-même peu résistante, fit place à
l'emploi de la pierre de taille qui offre plus de
solidité.
Autant qu'on peut se redre compte par les
monuments existants, on doit conclure que
l'emploi général de la pierre dans les constructions

des Arabes en Egypte a eu lieu assez tard,
ce qui est très curicux, car les Arabes ont, lors
de leur invasion, trouvé beaucoup de constructions
monumentales de l'époque des Pharaons et grécoromaine,
romaine, où les pierres étaient les matériaux
prédominants.
La plus ancienne mosquée qui s'écarte de cet
usage, et où la pierre de taille a trouvé son emploi,

est celle d'el-Akmar (au Caire), fondée par
le prince Fatimite Amer bi Ahkam Illah en 519
de l'hég. (1125). Elle n'a d'ailleurs que sa façade
en pierre de taille; dans l'intérieur, les voûtes
qui reposent sur des colonnes de marbre sont en
briques.
Le travail en pierre est trés bien exécuté;
la taille est exacte, le jointement soigné et la
sculpture des ornements et inscriptions est fort
habile. Ce sont là autant de preuves que ce n'est
pas un travail d'essai, mais qu'au contraire ce
mode a dû avoir des précédents.
Cette mosquée ouvre une série d'édifices
semblables, c'est-à-dire avec façade en pierre de
taille et l'intérieur en briques.
Cette façon de construire s'est maintenue
jusque vers la fin du XIIIe siècle. A cette époque,
mème dans les parties intérieures, les briques
sont en général remplacées par la pierre de taille,
à grands joints, et, en conséquence, piquèe et
toujours destinée à recevoir un enduit.
Avant l'année 1330, on n'employait dans la
construction des minarets que les briques. Le
somptueux monument du sultan Kalaoûn (en
ville), qui réunissait la mosquée, le tombeau et un
grand hôpital, a été le premier à avoir une tour
en pierre de taille.1
1 L'historien arabe el-Makrizi, dans son ouvrage el-Khitat, dit, à
l'occasion du minaret de la mosquée d'el-Akbogha, que ce fut le
premier
minaret construit en pierre, après celui d'el-Mansour,
(Kalaoûn).
La mosquée de l'émir Akbogha fut fondée en 1331. — Khitat,
tome II, page 383.
Ce fut donc un autre pas

vers la généralisation de l'emploi de cette matière.
A partir de cette époque, les tours en pierre de
taille se multiplient jusqu'à l'avènement des
sultans circassiens; sous leur règne, l'emploi de
la pierre de taille atteignit son apogée. En effet,
elle devint la matière de construction préférée,
et les parties d'édifices pour lesquelles jusqu'alors
on réservait les briques se faisaient aussi en
pierre.
Les problèmes constructifs, même les plus
difficiles, se résolvent avec une extrême facilité;
on sent que l'architecte est devenu maître de
cette matière.
Ce progrès dans l'art de construire venait fort
à propos en aide à l'esprit éminemment décoratif
de l'époque, qui prodiguait partout ses arabesques,
dont la conception paraît si naturelle et dont
l'exécution est si habile.
Ainsi les coupoles qui, jusqu'alors masquées
sous un enduit, ne permettaient pas au constructeur
de les décorer facilement, grâce à l'emploi
de la pierre pour leur construction, pouvaient
alors se ranger dans le cadre des parties réservées
à un soin spécial d'ornementation.
Nous voyons déjà les premières coupoles en
pierre de taille, celles qui apparaissent dans la
mosquée funéraire du sultan Barkouk (1405-1410),
se couvrir de bâtons en zig-zags. Aussitôt après,
d'autres coupoles se revêtent de plus gracieux
ornements, à la vue desquels on oublie la matière
inerte d'où on les a fait jaillir.
Le plus large emploi de la pierre de taille
devait naturellement se faire sentir dans la partie
décorative de l'architecture. Aussi on ne tarda
pas à employer des matériaux de couleur différente,
car leur usage venait en aide à l'esprit de
l'ornementation spéciale au style arabe qui, en
effet, en a tiré beaucoup d'avantage.
Par l'enchevêtrement des pierres, on allait
jusqu'à créer une sorte de grande mosaïque dans
laquelle on se plaisait à reproduire des parties
entières de la bâtisse. On poussa même plus loin:
on ne se contenta plus de composer seulement
les portails en assises de couleurs alternantes,
mais des façades entiéres furent traitées de cette
façon.1
1 La mauvaise habitude de nos jours de badigeonner les murs
des mosquées en blanc et rouge a dú prendre naissance dans l'intention
de faire revivre sur les façades cet effet des assises alternantes.
Le Comité de conservation des monuments de l'art arabe se
donne toute la peine possible pour mettre un terme à ce vandalisme.
Si nous ne nous trompons pas, la première
construction dans laquelle des assises de différentes

couleurs furent employées, est la mosquée
du sultan Zâher Beibars devant la porte el-Housseinieh
au Caire. Les portails sont construits en
pierre de deux couleurs.
La pierre de taille n'a pas été seulement
employée comme matière de construction dans
le sens étroit du mot, mais aussi on l'utilisait
pour les cénotaphes, chaires de mosquée (minbar),
dikka (sorte de tribune), etc.; à ce propos, nous
mentionnons le minbar en grès blanc, d'une rare
beauté, dont le sultan Kaïtbaï a doté la mosquée
funéraire du sultan Barkouk, au désert. Ce travail
de la fin du XVe siècle est un véritable bijou de
l'art décoratif arabe.
La qualité de pierre qu'on employait dans la
bonne époque est un calcaire blanc, d'une consistance
pleine, qui, avec le temps, prend un ton
grisâtre, ou bien encore c'était une pierre jaunâtre,
qui est un agglomérat de coquillages fossiles
(nummulites).
Depuis l'époque turque on s'est servi, presque
exclusivement, de cette dernière qualité qui, à
cause de sa porosité, ne se prête pas aux fines
sculptures jadis exécutées.
Les objets en pierre de taille conservés dans
le musée sont, en grande partie, des fragments
provenant de constructions, tels que chapiteaux,
frises, et contenant ornements ou inscriptions, etc.
La riche collection des stèles funéraires que
possède le musée mérite une mention spéciale.
La plupart d'entre elles sont en pierre dure, et on
se contentait alors de piquer simplement à la
petite boucharde le fond des inscriptions.

III. — Marbres.

Le marbre a été utilisé par les Arabes à toutes
les époques. Il semble qu'ils en ont fait un plus

large usage dans les premiers temps de leur arrivée
en Égypte, surtout pour les stèles funéraires.
On extrait du terrain sablonneux qui s'étend au
sud du Caire un très grand nombre de «châhid.»
Ils consistent en une plaque de marbre contenant,
en inscription coufique, quelques formules de
prière avec le nom du défunt et la date de sa mort.
Les caractères de l'inscription sont ou gravés
dans le marbre ou ils sont en relief ayant le fond
excavé.
La plus grande partie de ces pierres funéraires
datent du IIIe siècle, mais il y en a qui remontent
aux deux premiers siécles de l'hégire. Nous avons
ainsi sur le vaste terrain d'Aïn Sîra le plus ancien
cimetière musulman de l'Égypte, avec celui auprès
d'Assouân, dans la Haute-Égypte, d'où proviennent
également les mêmes pierres funéraires.
Le revers des plaques conserve souvent
quelques marques de l'ancienne destination du
matériel.
Le pays étant pauvre en marbre, on préféra
utiliser ce que les monuments gréco-romains ou
chrétiens de la vallée du Nil en offraient. L'émir
Ahmed ibn Touloun avait beaucoup de mal à
concevoir la construction de sa grande mosquée,
ne voulant pas, comme ses prédécesseurs, spolier
les églises de leurs colonnes.
Cette habitude de spolation s'est maintenue
jusque plus tard. Dans la mosquée de Mohamed

el-Nâsser à la citadelle, on trouve un chapiteau
avec l'aigle romaine; dans celle du savant sultan
el-Mouayyed, un des chapiteaux porte une croix
dans une couronne. Citons encore les chapiteaux
byzantins si connus des colonnes qui flanquent la
niche de prière dans la mosquée d'Ibn Touloun.
Mais ce n'est pas seulement la vallée du Nil
qui fut exploitée; les historiens font mention de
cargaisons complètes de marbres tirés des villes
détruites de la Syrie. Lorsque le sultan Beibars
el-Bondokdâri construisit sa splendide mosquée
(aujourd'hui en ruine) devant la porte el-Hassanieh,
il fit écrire dans plusieurs pays pour avoir
les marbres et les bois qu'il lui fallait pour la
décorer.
La mosquée, en ville, de Mohamed el-Nâsser
possède même un portail complet en style gothique.
Le portail fut enlevé à Akka, en 1291, et transporté
par Zein el-Dyn, alors sultan, au Caire,
pour être employé dans la construction de la
mosquée.
Le peu de peine qu'il en coûtait aux constructeurs
arabes de l'Égypte pour se procurer les colonnes,
était désavantageux pour le développement
de la colonne en style arabe. Les colonnes des
monuments étrangers rendaient superflues la création
de nouvelles et, avec cela aussi, la composition
de bases et chapiteaux arabes spéciaux.
En réalité, si nous faisons abstraction des

chapiteaux en forme de vase (en arabe «Kolla»,
à cause de sa ressemblance avec les vases en
terre cuite où l'on garde l'eau), le chapiteau à stalactites,
qui est le chapiteau absolument arabe, ne
se rencontre que plus tard.
L'emploi du marbre se généralisa seulement
vers le XIIIe siècle et les siècles suivants, qui donnèrent
les chefs-d'œuvre que nous admirons aujourd'hui.
Le marbre a trouvé son application
principale dans les travaux de placage, surtout
dans les portails, parfois d'une façon magistrale,
parfois d'une façon gracieuse; mais c'est spécialement
dans les mosaïques murales et dans les
carrelages, que les artistes arabes surent tirer du
marbre les plus beaux motifs décoratifs.
La mosaïque a été faite de deux maniéres. Ou
elle consiste en de petits morceaux appliqués
dans un lit de mortier, ou bien divers morceaux
sont scellés dans une seule pièce qui forme le
fond principal de l'ouvrage — incrustation.
Là où les contours des champs à incruster
étaient trop mouvementés, ce qui représentait
beaucoup de travail à la taille, on préféra remplir
les dessins entaillés avec du mastic résineux.
Ce mastic se retrouve presque toujours dans la
couleur rouge et noire.
Le musée ne possède pas une grande collection
de ces modes de revêtement; toutefois, on peut
voir dans les mosquées des spécimens de ces

magnifiques travaux d'un fini achevé et dont on
ne saurait trop admirer la richesse de coloris et
la variété de dessin.
Les ornements dont on sculptait le marbre
sont d'une exécution beaucoup plus fine que ce
qu'on trouve sur les pierres.
Le marbre comme la pierre de taille, mais
particulièrement le marbre, a été surtout employé
à l'époque moderne dans la construction des
tombeaux, minbars, etc.
Le musée possède une riche collection de
récipients en marbre habilement taillés en plein
bloc (Nos 34, 35, 110 etautres). Signalons, en outre,
les supports de ces récipients recouverts d'inscriptions,
d'ornements ou d'animaux chimériques.
(Pl. II., No 34).

SALLE NO 1

1. — Plaque en marbre avec inscription sculptée.
— Long. 0m, 53.
Texte de l'inscription: Au nom de Dieu clément
et miséricordieux.
2. — Marbre. Le nom d'Allah est sculpté en
relief. — Long. 0m, 46.
3. — Marbre gris (fragment) provenant d'un
tombeau. Inscription sculptée en relief:
Il n'y a de divinité que Dieu.
Haut. 0m, 34.
4. — Morceau d'une plaque en marbre blanc
avec inscription sculptée, traces de peinture.
Provenant d'un tombeau. — Haut. 0m, 18.
5. et 6. — Fragments de pierres funéraires en
marbre blanc à inscriptions coufiques et provenant
du cimetière de l'Imâm el-Chafey. — Haut. 0m, 58
et 0m, 52.
7 et 8. — Pierres calcaires, inscription en
lettres coufiques. Provenant de la mosquée el-Hâkem.
Xe siècle. — Larg. 0m, 35. — (Pl. I).
9. — Marbre blanc. — Long. 0m, 35.
10. — Médaillon en marbre sculpté. L'inscription
est à la mémoire d'une mosquée fondée
en 817 de l'hég. (1414). — Diam. 0m, 26.
11. — Plaque en marbre blanc avec inscription
sculptée portant la date 1181 de l'hég. (1767).
— Long. 0m, 63.
Cette plaque est au nom d'Ahmed el-Sabt et provient de la
fontaine de la mosquée de Senàn pacha à Boulaq.
12. — Marbre. Fragment de pierre tombale
trouvé dans le cimetière de l'Imâm el-Chafey et
portant une inscription en écriture coufique. —
Haut. 0m, 38.
13. — Marbre blanc sculpté. Inscription et ornements
en relief. — Long. 0m, 32.
14. — Fragment d'une pierre funéraire en
marbre blanc portant une inscription gravée en
caractères coufiques. Du cimetière de l'Imâm el-Chafey.
— Long. 0m, 27.
15. — Fragment de marbre blanc sculpté. Inscription
en caractères naskh. — Long. 0m, 22.
16. Salsabîl (plaque de fontaine) en marbre
blanc sculpté. — Haut. 1m, 35.
Sur l'emploi de cette plaque, voir l'observation du No 3.
17. — Pièce d'une plaque en marbre blanc
sculpté et peint. — Long. 0m, 28.
18. — Marbre sculpté, traces de peinture. De
la mosquée el-Mârdâni. XIVe siècle. — Long. 0m, 69.
19. — Plaque sculptée, provenant du mihrâb
de la mosquée el-Badrieh, quartier el-Sâlehieh en
ville. Cette mosquée fut construite par Nâsser el-Dyn

PLATRES, PIERRES & MARBRES.


Dyn Ibn Mohamed Badr el-Abbâssi, mort en 758
de l'hégire (1356). — Haut. 0m, 61. (Pl. I).
La sculpture représente une lampe flanquée de
deux chandelles. Inscription de la lampe:

Dieu est la lumière des cieux et de la terre.
(Voir le No 30 de la page 77).
20. — Fragment d'une frise en marbre gris, les
ornements entaillés en disposition contrariée
étaient autrefois remplis de stuc résineux. —
Long. 0m, 70.
21. — Marbre. Fragment de frise. — Long. 0m, 70.
22. — Pièce sculptée en marbre grisàtre. Angle
d'encadrement. — Long. 0m, 16.
23. — Deux fûts de colonnes on marbre blanc
de forme octogonale, provenant d'une niche
de prière. Ornements sculptés. Xo siècle. —
Haut. 4,m82 et 2m, 00.
Les côtés sont alternativement ornementés de motifs géométriques
et de fauillages.
24. — Deux fûts de colonnes en pierres agglomérées
et taillées à facettes, provenant du mihrâb
de la mosquèe Haïdar Chaouïch à Mansoura. —
Haut. 2m, 00.
25 et 26. — Frise en marbre blanc, incrusté
de stuc résineux rouge et noir; les ornements
sont en disposition contrariée. Provenant de la
fontaine du sultan Kaïtbaï, construite vers la fin
du XVe siècle au quartier Saliba. — Long. 0m, 65
et 0m, 34.
27 et 28. — Fragments de marbre blanc,
incrustés de pierres rouges et noires. — Long. 0m, 30
et 0m, 24.
29 et 30. — Deux pièces de marbre blanc
gravées d'ornements primitivement enduits de
stuc. — Long. 0m, 22.
Les pièces No 28 à 30 proviennent soit du couronnement ou
du soubassement d'une niche de prière, soit du lambris d'une
mosquée.
31. — Plaque de fontaine en marbre blanc
sculpté. Du sébil du sultan Farag qui se trouve
devant la porte de ville Bab Zoueila; commencement
du XVe siècle. — Haut. 1m, 81. (Pl. II).
La bordure de la plaque est fort intéressnte à
cause de la série d'animaux qui y sont sculptés
avec une habileté remarquable.
Les plaques analogues à celle-ci ainsi qu'à celle mentionnée
sous le No 46 étaient employées dans les fontaines publiques.
Elles étaient installées dans une niche, et l'eau, avant d'arriver
du réservoir aux bassins placés à la portée du public, coulait le
long de ces plaques, ce qui lui permettait de se rafraîchir.
32. — Porte-jarre en marbre blanc; ornements
sculptés (presque effacés). Provenance de la mosquée
du sultan Kaïtbaï, XVe siècle. — Long. 0m, 55.
33. — Porte-jarre en marbre blanc formé d'une
base de colonne et reposant sur quatre pieds.
Provenance de la mosquée Saghri Ouardi, à el-Saliba,
au Caire. — Long. 0,35.
Sur les pieds, inscriptions en caractéres coufiques enrichis
d'ornements.
34. — Jarre en marbre blanc couverte d'arabesques.
A la hauteur des anses, une phrase en

PLATRES, PIERRES & MARBRES.


caractère coufique se répète; sa base est ornée de
poissons sculptés. — Haut. int. 0m, 70. (Pl. II) Trouvée
dans la mosquée de la princesse Tatâr el-Hegazieh,
fille du sultan Mohamed Ibn Kalaoûn, morte
en 1359 après J.-C.
35. — Jarre à anses en marbre blanc, taillée
à côtes saillantes, provenant de la mosquée Om
el-Ghoulâm, 1254 après J.-C. — Haut. int. 0m, 70.
36. — Fragment d'une frise en marbre blanc,
ornements dorés. — Long. 0m, 68.
37. — Plaque oblongue en marbre gris couverte
d'arabesques, (voir la note du No 31). —
Haut. 1m, 34.
38. — Margelle d'une citerne formée d'une chapiteau
byzantin en marbre, provenant de la mosquée
Zein el-Dyn à Darb el-Gamamiz, au Caire.
— Haut. 0m, 30.
39. — Châhid (pierre tombale) avec inscription
gravée au nom de Nabîl Bek et daté de 1235 de
l'hég. (1819), — Haut. 0m, 98.
40. — Deux colonnettes en serpentine, les fûts
sont taillés à côtes; le chapiteau porte une croix
sculptée. Provenant de la mosquée de l'émir
Kaoussoûn el-Sâki, XIVe siècle. — Haut. 2m, 50.
Les deux colonnes flanquarent la niche de prière de cette splendide
mosquée, aujourd'hui presque entièrement disparue.
41. — Pierre funéraire sculptée, en marbre
blanc. L'inscription confique apprend que cette
pierre a été érigée par ordre « de notre seigneur
et maître l'imâm Hâfiz el-Dyn Allah, prince des
croyants…» — Haut. 0m, 82.
42. — Marbre blanc portant inscription en
sculpture. Du Hôch el-Ouâli au cimetière de l'Imâm
el-Châfey. L'inscription mentionne le nom
d'el-Kaouâmi el-Houssâmi. — Long. 0m, 73.
43. — Face d'un tombeau en pierre calcaire
blanche, ornementée et portant une inscription
qui relate la date 809 de l'hég. (1406). — Long. 0m, 90.
44. — Pierre tombale en grès rougeâtre. Inscriptions
en caractères coufiques. Xe siècle. —
Haut. 0m, 44.
45. — Coin d'une voussure en calcaire sculpté.
Des rinceaux entourent un aigle aux ailes déployées;
trouvé dans le quartier de Bâb el-Charieh,
au Caire. — Long. 0m, 95.
La présence de l'aigle prête à ce fragment un
grand intérêt. A en juger par la taille des feuillages,
on peut le faire remonter jusqu'au temps des Fatimites.
46. — Fragment de marbre blanc sculpté. Inscriptions
en caractères naskh. — Long. 0m, 43.
47-50. — Pierres tombales en serpentine, de
forme irrégulière, inscription en caractères coufiques.
Provenant du cimetière de Kôss, Haute-Égypte.
47. — Datée de 465 de l'hégire (1072). —
Haut. 0m, 47.
48. — Datée de 459 de l'hégire (1066). —
Haut. 0m, 60.
49. — Datée de 589 de l'hégire (1193). —
Haut. 0m, 60.
50. — Datée de 429 de l'hégire (1037). —
Haut. 0m, 70.
51-53. — Pierres funéraires en diorite; inscriptions
sculptées.
51. — Inscription en caractères naskh, 443
de l'hég. (1051). — Haut. 0m, 90.
52. — Inscription coufique. Datée de 590 de
l'hég. (999). — Haut. 0m, 72.
53. — Inscription naskh, 567 de l'hég. (1171).
Haut. 0m, 85.
54. — Mosaïque murale; pierres rouges et
noires, nacre et émail bleu turquoise. De la mosquée
Kaoussoûn el-Sâki. — XIVe siècle.
55-56. — Chapiteaux byzantins en marbre blanc,
de la mosquée précitée. — Haut. 0m, 34 et 0m, 31.
Le chapiteau No 55 porte la croix sculptée, preuve évidente de
sa première destination.
57. — Marbre. Plaque oblongue ornée d'arabesques
sculptées. — Long. 0m, 51.
58 et 59. — Pièces de marbre, provenant
d'un tombeau. Le caractère des lettres et les
fleurs naturalistes indiquent qu'elles sont d'époque
moderne.
60-61. — Chapiteau byzantin en marbre,
trouvé dans la mosquée Kaoussoûn. — Haut. 0m, 40.
62. — Pierre tombale en marbre blanc, portant
des inscriptions gravées en caractères coufifiques
au nom de Hassan, fils de Houssein, et
datée de 462 de l'hégire (1069). — Haut. 0m, 64.
63. — Base de colonne en marbre blanc

sculpté; provenant de la mosquée Mourad pacha,
au Caire. — Haut. 0m, 40.
64. — Pierre tombale en marbre blanc, inscriptions
coufiques gravées portant la date 262
de l'hégire (875). — Haut. 0m, 68.
65 & 66. — Chapiteaux corinthiens (un côté
est lisse), en pierre rougeâtre, portant de traces
de dorure. Provenant de la mosquée de Kaoûssoun
el-Sâki. — XIVe siècle. — Haut. 0m, 38.
67 & 68. — Porphyre rouge et vert. Du placage
mural. — Long. 0m, 34 et 0m, 31.
69. — Pierre noire avec lettres de marbre
blanc incrusté. — Long. 0m, 36.
70. — Marbre blanc à inscriptions coufiques
gravées. Fragment d'une pierre funéraire, datée
de la fin du IIIme siècle de l'hég. — Long. 0m, 38.
71 & 72. — Plaques de marbre blanc portant
un écusson. Sur la face, un aigle aux ailes déployées;
à la base un calice. Provenance du bain
démoli du Wakf Aicha el-Hammamieh à Darb el-Gamamiz,
au Caire. — Long. 0m, 46. — (Pl. I).
73, 74 & 75. — Claveaux en pierre noire, rouge
et marbre blanc. Revêtement d'un arc. — Long. 0m, 10.
76. — Vase en marbre blane ajouré. — Haut. 0m, 23.
77 & 78. — Fragments de marbre blanc avec inscription
sculptée. — Long. 0m, 13 et 0m, 25.
79. — Objet en pierre blanche ayant la forme
de trois assiettes attachées ensemble; trouvé dans
les décombres de la mosquée d'Ibn Touloun. —
Long. 0m, 30.
80. — Fragment d'une plaque en marbre à
inscription coufique, provenant d'une des tables
commémoratives qui ont été posées à l'occasion
de l'inauguration de la mosquée d'Ahmed Ibn
Touloun au IXe siècle. — Long. 0m, 27.
On voit aujourd'hui, dans la mosquée d'Ibn Touloun, un grand
morceau de table commémorative scellé contre un pilier du sanctuaire.
Il a été retrouvé it y a cinq ans lors du déblaiement de ce
monument.
81. — Marbre blanc avec inscription en caractères
coufiques. — Long. 0m, 20.
82. — Pièce de marbre sculpté, provenant de
la mosquée el-Mârdâni, XIVe siècle, — Long. 0m, 12.
82. — Piéce de marbre sculpté, provenant de
la mosquée el-Mârdâni, XIVe siècle. — Long. 0m, 12.
83-87. — Cinq fragments en plâtre découpé,
inscription en lettres coufiques. Détails de l'encadrement
d'une fenètre de la mosquée du sultan
el-Kâmel, construite en 1224 après J. -C. — (Pl. I).
Les ruines de la mosquée du sultan Ayyoubite el-Kàmel Mohamed,
neveu du grand Saladin, sout situées dans la rue el-Nahassyn
au Caire et reposent sur une partie des fondations du petit château
ouest des Fatimites.
88. — Fragment de marbre blanc, inscription
sculptée en caractères coufiques, XVIe siècle. —
Long. 0m, 27.
89. — Morceau de mosaïque murale en marbre
blanc et pierre noire, rouge et jaune. — Haut. 0m, 29.
(Pl. I).
90. — Fragment d'une plaque en marbre blanc,
inscription gravée en caractères coufiques, provenant
du cimetière de la mosquée d'Amr Ibn el-Ass,
au Vieux-Caire. — Long. 0m, 29.
91. — Morceau de marbre noir veiné. —
Long. 0m, 19.
92. — Fragment de marbre blanc, ornements
sculptés. — Long. 0m, 48.
93. — Lustre (tannour) en bronze fondu, repepercé
à jour et ciselé, décoré d'ornements et d'inscriptions.
Provenance de la mosquée du sultan
Hassan. XIVe siècle. — Haut. 2m, 00.
Le lustre a la forme d'un prisme octogonal disposé pour 110 luminaires.
Les inscriptions sont au nom du sultan Hassan.
94. — Trois vitraux en plâtre découpé, verres
coloriés. Moderne. — Haut. 0m, 92.
95. — Marbre. Fragment de frise, ornements
sculptés. — XVIIe siècle. — Long. 0m, 22.
96. — Trois vitraux de forme hexagonale provenant
d'une coupole démolie attenant au tombeau
de l'lmâm el-Chafey, au Caire. — Long. 0m, 32.
Ces fenêtres, simples dans la conception, sout d'une bonne époque.
97. — Bas-relief en pierre calcaire représentant
un lion tenant dans ses griffes une gazelle. —
Long. 0m, 75
Moderne.
98. — Porte-jarre à quatre pieds en marbre
blanc avec ornements et inscription coufique. Les
côtés sont décorés d'animaux chimériques. —
Haut. 0m, 47.
99. — Plaque en marbre blanc; inscriptions
sculptées. — Long. 0m, 45.
Done de M. Pugioli.
100. — Plaque tombale en marbre à inscription
coufique en relief. — Haut. 0m, 67.
101. — Pierre tombale en syénite foncée; inscription
en naskh. — Haut. 0m, 59.
L'inscription est renfermée dans un dessin imitant le mihrab.
Elle mentionne le nom du cheikh Al oul-Houssein Ali, fils d'Absa,
mort en 637 de l'hég. (1239). Ce qui donne de l'intérêt à celle pierre,
c'est que le nom du graveur y est inscrit: «Fait par Mohamed,
fils de Hag Ahmed.»
102. — Pièce courbée en calcaire blanc, à surface
gravée d'ornements à fleurs. Le fond est
doré. — Haut. 0m, 34.
103. — Pierre tombale en serpentine. —
— Long. 0m, 22.
Le nom porté par cette stèle est celui de Yacoub, fils de Youssef,
fils d'Ibrahim du Kabyl el-Marâzi.
104. — Fragment de marbre; inscriptions coufiques
gravées sur ses deux faces. — Long. 0m, 68.
Don de M. le prof. Schweinfurth.
105. — Vase en calcaire à quatre tètes d'oie.
Moderne. — Diam. 0m, 15.
Don de M. le prof. Schweinfurth.
106. — Assiette en calcaire. — Moderne. Diam. 0m, 15.
Don de M. le prof. Schweinfurth.
107. — Support (kelga) en marbre blanc sculpté;
ornements et inscription en caractères coufiques,
provenant de la mosquée Maklabaï-Tâz, au
Caire. — Haut. 0m, 44.
Analogue au N. 98.
108. Support en marbre blanc orné de scuplptures,
d'ornements et d'animaux chimériques
à figure humaine; provenant de la mosquée
Zein el-Dyn à Darb el-Gamamiz, au Caire. —
Haut. 0m, 43. — (PL. II).
109. — Support en marbre blanc à quatre

pieds, portant une inscription coufique en relief
(presque effacée); les deux côtés du tambour sont
ornés de colonnettes engagées. — Haut. 0m, 42.
110. — Jarre en marbre blanc provenant de
la mosquée Saghri Ouardi à Saliba, au Caire. —
Haut 0m, 60.
111. — Jarre en marbre blanc veiné de gris;
provenant de Zaouyet Seif el-Yazal, au Caire. —
Haut, 0m, 6.
112. — Milieu d'une fontaine en marbre, les
côtés portent des inscriptions coufiques sculptées.
— Diam, 0m, 49.
113 et 114. — Coin d'un tombeau. Deux
pièces de pierre couvertes d'ornements et d'inscriptions
naskh et coufiques richement sculptés.
— Haut. 0m, 92.
115 et 116. — Fûts de colonne en marbre,
provenant de la fontaine du sultan Kaïtbaï près
d'el-Azhar. — Fin du XVe siècle. — 1m, 69 et 0m, 69.
117 et 118. — Deux bases appartenant aux
fûts mentionnés sous les Nos précédents. —
Haut. 0m, 19.
Ces deux colonnes décoraient autrefois les côtés de la niche
de la fontaine publique. Cette fontaine existe encore aujourd'hui
et fait partie de l'incomparable groupe de monuments que le
sultan Kaïtbaï a élevés dans le voisinage et au sud de la mosquée
el-Azhar.
119. — Cadran solaire en pierre calcaire. —
Long. 0m, 59.
120. — Cadran solaire en marbre blanc portant
la date II63 de l'hégire (1749). — Long. 0m, 93.
121. — Plaque en marbre blanc; un côté contient

une inscription en lettres coufiques gravées,
l'autre côté porte une inscription en lettres naskh.
Larg. 0m, 50.
122. — Fenêtre en plâtre découpé et verres
coloriés. Moderne. — Long. 0m, 89.
123. — Chapiteau en marbre, style corinthien.
— Haut. 0m, 39.
124. — Plaque en marbre blanc, inscriptions
sculptées, en caractères naskh; provenant de la
mosquée Barkouk à el-Nahassyn. — Long. 0m, 30.
125. — Jarre en marbre gris. — Haut. 0m, 66.
126. — Jarre en marbre blanc à trois anses.—
Haut. 0m, 66.
127-128. — Jarres en marbre blanc. xve siècle.
A la hauteur des anses est gravée l'inscription
suivante:
Cette jarre (zîr) a été léguée, pour cette fontaine
bénie, par notre seigneur, le sultan, le roi
très noble, Aboul Nasr (le victorieux) Kaïtbaï.
Que sa gloire soit exaltée par Mohamed et sa
famille.
— Haut. 0m, 53 et 0m, 61.
129. — Angle d'un tombeau en marbre sculpté;
inscriptions et ornements en relief. Trouvé dans
la mosquée el-Charkassi, rue Bein el-Sayâreg, au
Caire. — Haut. 0m, 86.
130. — Support de jarre en marbre blanc, de
chaque côté deux têtes en relief. — Haut. 0m, 43.
131. — Support de jarre en marbre blanc;
têtes et inscriptions coufiques sculptées. — Haut. 0m, 12.
132. — Support en marbre blanc aux angles
arrondis. — Haut. 0m, 40.
133. — Support en marbre blanc (en deux pièces).
— Haut, 0m, 41.
Les jarres mentionnées dans les numéros servaient,
d'après Prisse d'Avennes, à contenir l'eau nécessaire aux ablutions
des grands personnages ou de certains particuliers.

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33

DEUXIÈME SALLE
Métaux.

Parmi les nombreuses influences qui ont agi
sur le développement de l'art arabe, la civilisation
persane a été incontestablement un des éléments
les plus importants. L'art des Persans atteignit
son apogée au IVe siècle après J.-C. Les Perses,
qui, à leur tour, doivent leur civilisation aux
Assyriens, ont fait revivre dans toute sa splendeur
le grand art national au temps des Sassanides
(226-642 après J.-C.). A cette glorieuse époque
succède une période de décadence; l'empire arabe
englobe la Perse et, par une évolution toute
naturelle, la civilisation arabo-persane fait place
à celle des Persans.
C'est donc plutôt à l'influence des Sassanides
que l'art arabe doit en partie son développement.
Il y a suffisamment d'indices que le goût persan
a exercé son action sur tous les pays de l'Orient,
mais presque nulle part il ne se fait sentir autant
que dans l'industrie métallurgique.
Le critérium principal existe dans l'ornementation,

qui emprunte ses sujets aux figures; cette
ornementation figurée fut employée même après
que le nouveau culte se fût substitué à l'ancien
dans le pays des Persans.
Il ne faut donc pas s'étonner si, avec la technique
du travail des métaux dans les contrées environnantes,
le motif figural s'est introduit chez les
praticiens, là où nous le trouvons en réalité en
vogue, jusqu'à la fin du XIIIe siècle. Les Arabes
de l'Égypte, plus éloignés du centre de ce courant
artistique spécial, ne pouvant naturellement pas
être aussi directement sous la domination de cet
esprit de création, assimilaient l'ornementation
à leur génie en se servant des motifs de caractère
abstrait.1
1 Ceci n'exclut pas absolument l'idée que, même en Égypte, on
ne retrouve pas d'ornements avec des motifs d'animaux, et cela
même dans les ouvrages d'une époque assez récente. Ainsi la
mosquée de l'émir Kidjmâs el-Ishâki a sur le heurtoir de sa grande
porte deux dragons; la porte du maziara (endroit pour garder l'eau)
de la mosquée Aboubakr Mazhar a un grand nombre de panneaux
dans lesquels les ivoires sculptés représentent des oiseaux, etc., etc.
Mais avant de nous occuper du chapitre des
travaux métallurgiques, qui nous permettra d'en
suivre le développement à l'aide d'objets d'art, il
n'est pas inutile d'examiner ce qu'on sait de ces
travaux d'une époque lointaine, dont il ne nous
reste malheureusement aucun spécimen.
Les plus anciens historiens orientaux, qui se
plaisaient à raconter les merveilles qui frappaient

leur vue, ne tarissent pas d'éloges sur les travaux
en métal de leur époque. Nâssiri Khosrau1
1 Sefer Nameh précité.
, le
fameux voyageur qui de 1035 à 1042 a visité presque
tout l'Orient, ne peut jamais énumérer avec
assez de complaisance les œuvres qu'il a vues.
Ce sont les lustres en or et en argent de la ville
de Sour (Tyr), ou bien encore les portes du
Haram de Jérusalem, revêtues de plaques de fer
et de cuivre merveilleusement travaillées et toutes
couvertes d'arabesques.
En parlant de la mosquée el-Aksa, dans cette
même ville, Nâssiri dit: «Parmi ces portes, on en
remarque une qui est en cuivre et dont la beauté
et la richesse confondent I'imagination. Le cuivre
en est si brillant qu'on le prendrait pour de l'or:
il est couvert d'incrustations en argent niellé et
on y lit le nom du khalife Mamoun. Cette porte
fut, dit-on, envoyée de Bagdad par ce prince.
2»
2 SEFER NAMEH, page 81: Mouqadessy fait une mention spéciale
de cette porte qui s'appelait «la grande porte en cuivre.» Elle
était située en face du mihrab et les battants ne pouvaient en être
ouverts que par un homme ayant les bras longs et vigoureux. Les
plaques de cuivre qui la recouvraient étaient dorées.
M. de Vogüé a donné la copie de l'inscription que le khalife
Mamoun avait fait graver en 261 (831) sur quelques-unes des portes
de la mosquèe. — Le Temple de Jéruslem, page 86.
»
Elle devait donc dater au moins de la première
moitié du IXe siècle.

36

Le même auteur a aussi l'occasion de rappeler
les travaux en métaux qu'il a vus en Égypte.
Lorsqu'un ami lui procure l'entrée dans le palais
des Fatimites au Caire, la vue du trône du jeune
sultan el-Mostanser le remplit littéralement d'admiration.
Ce trône, de pur métal d'or et d'argent, était
tout couvert de jolies inscriptions et de scènes de
chasse artistiquement travaillées. Mais que doiton
penser de l'industrie des métaux de la même
époque, si l'on étudie les pages de l'inventaire que
l'historien el-Makrizi nous a laissées dans son
ouvrage d'après des mémoires contemporains,
lorsqu'il raconte, par exemple, le pillage du trésor
des Fatimites par la soldatesque du sultan el-Mostanser?
Les mercenaires turcomans soulevés
dépouillent leur prince de richesses énormes qu'ils
se partagent entre eux, les estimant à vil prix.
On croit lire la nomenclature de trésors nés dans
l'imagination d'un conteur. En dehors de boisseaux
d'émeraudes, de rubis, de perles, de cornalines
et autres pierreries, l'inspecteur du trésor
mentionne dans son procès-verbal quatre cents
grandes cages d'or, six mille vases d'or pour les
fleurs, des cuves d'argent du poids de trois quintaux,
etc., etc.
Parmi les objets métalliques de fantaisie, il y
avait également, en grand nombre: des coqs, des
paons, des gazelles, de grandeur naturelle, en or

incrusté do perles, do rubis; un palmier d'or dans
une caisse d'or. Enfin, Ibn Abd el-Aziz, inspecteur
du trésor, déclare dans son rapport que plus de
cent mille articles précieux et deux cent mille
pièces d'armures ont été adjugés en sa présence.1
1 Égypte, par M. I. I. Marcel. — Paris, 1848.

Il serait trop long d'énumérer les diverses qualités
d'œuvres qui se trouvaient dans le trésor des
princes fatimites et qui donnent une si haute idée
du degré de l'industrie du métal à cette époque.
Tel est le récit qui avait cours vers l'an 1000.
Quant à la provenance de ce trésor, il convient
de faire observer que beaucoup de pièces devaient
ètre d'une date antérieure, en majecure partie importées,
mais dont quelques-unes étaient dues
très probablement à la fabrication locale; cette
supposition paraîtra toute naturelle lorsqu'il s'agit,
comme ici, de princes d'Égypte aimant le faste
et dépensant des sommes énormes pour enrichir
leurs collections.
De tous les travaux et merveilles de ces temps
écoulés, rien ne nous est parvenu
2
2 L'unique monument que l'on dit dater de cette époque est le
griffon en bronze à Pise, qui fut, d'après certains historiens, apporté
d'Égypte en Italie par le roi Amaury pendant les Croisades. Une
description exacte manque. Les inscriptions coufiques qui s'y trouvent,
pourraient bien donner quelques renseignements.
; c'est pourquoi
nous ne pouvons que nous fier aux descriptions
enthousiastes des témoins oculaires.

38

Chose assez curieuse à noter, c'est le rapport
qui existe entre les œuvres précitées des Fatimites
et celles des Persans; elles sont également décorées
de figures.
Les Fatimites, chiites eux-mêmes comme les
Persans, étaient-ils en relation avec ces derniers
avant leur venue en Égypte, ou existait-il déjà,
antérieurement à cette date, des relations entre
ces deux peuples? Nous ne le savons pas. Il y a tout
de même une circonstance qui donnerait quelque
créance à la première supposition, c'est que les
Fatimites, dès leur arrivée en Égypte, en construisant
la mosquée el-Azhar, y emploient les arcs
de forme persane. Ils ne reviennent que plus tard
aux types qui leur sont fournis par les mosquées
existantes dans Fostât et les anciens quartiers. Il
y a là plus qu'une coïncidence; aussi, les liens
devaient-ils nécessairement devenir encore plus
étroits dans le domaine de l'esprit entre les deux
nations.
Entre ces temps reculés, où nous devons nous
fier aux descriptions des témoins oculaires, et
l'époque qui nous a conservé des témoignages
réels de cette industrie, plusieurs siècles s'écoulèrent.
C'est la fin du XIIIe siècle qui nous permet,
grâce aux pièces conservées, de reprendre l'étude
de cette industrie. Cette étude peut être poursuivie
presque dans toutes les phases de son développement

à travers quelques siècles, jusqu'au commencement
du XVIe. Le fil de nos recherches nous
conduit en Mésopotamie, dernière source d'où la
technique des métaux semble s'être répandue sur
les autres contrées de l'Orient.1
1 The art of the Saracens in Egypt, by Stanley Lane-Poole. — (Metal-work).
Il existe beaucoup
de pièces sur lesquelles l'ouvrier a inscrit
son nom; le lieu le plus souvent mentionné est
Mossoul.
Les produits de cette contrée se distinguent, en
premier lieu, par les représentations figurales:
figures humaines, scènes de chasse, animaux qui
se poursuivent gravés au burin ou plus souvent
incrustés sur cuivre, sont les motifs favoris dans
lesquels l'ouvrier de ce pays aimait à s'exercer
et que nous a vons déjà dit dériver des Persans.
Contemporainement à ces produits se trouvent
des objets de fabrication égyptienne. La matière
des travaux est la même; mais, dans le choix des
sujets, les ornements sont plutôt conformes aux
motifs que nous connaissons et qui sont propres
à toutes les fabrications d'Égypte, où ils sont
d'ailleurs très répandus.
En réalité, un coup d'œil suffit pour reconnaître
sur les métaux le même style de fleurs, le
même système de compositions polygonales et les
mêmes caractère et texte que portent les grands

monuments du pays, produits indubitablement
égyptiens.
Parmi les quelques pièces choisies que possède
notre collection, il y a bien sur le koursi (table)
du sultan Mohamed el-Nâsser des représentations
d'oiseaux1
1 Les oiseaux représentaient des canards et faisaient allusion à
«Kalaoûn» (qui signifie canard en vieux ture), nom du père du
sultan Mohamed el-Nâsser. — The art of the Saracens in Egypt, by
Stanley Lane-Poole.
, mais elles se perdent et jouent un rôle
secondaire auprès des autres motifs d'ornementation
végétaux et géométriques.
D'après ce que nous venons de dire, il est plus
que certain que nous avons sous la main des produits
du pays. Il est intéressant d'apprendre d'el-Makrizi
de quelle vogue jouissaient de son temps
les ustensiles de maison en cuivre incrusté. Dans
le chapitre où il décrit les divers marchés du
Caire
2
2 Khitât el-Makrizi. Tome II, page 105.
, cet historien mentionne spécialement le
marché des incrusteurs
à Misr,
et dit quel grand usage on faisait du cuivre incrusté.
Dans le trousseau des mariées, les cuivres
jouaient un grand rôle; la mariée aimait à avoir au
moins un dikka (banc) de ce genre. On fabriquait
de la sorte de nombreux objets d'utilité et de
luxe. Ils étaient toujours richement travaillés,

et l'incrustation en argent et en or y entrait pour
la plus grande part. Il cite entre autres travaux les
ouvrages en métal que la « dame des turbans »,
une « des filles des commerçants », a reçus lors de
son mariage. Un témoin oculaire a raconté à el-Makrizi
qu'il était présent lorsque Sitt el-Amâëm
(le nom de la mariée) envoya à son fiancé 100,000
darhems d'argent pour qu'il fasse réparer les
dommages survenus au dikka.
L'historien clôt son chapitre en disant que, de
son temps, on ne cherchait plus à acquérir les cuivres
incrustés que pour en extraire l'argent. «Ce
bazar, — ajoute-t-il, — ne possède plus aujourd'huï
qu'un petit nombre d'ouvriers incrusteurs.»
On peut sûrement juger de la valeur qu'on a
attribuée à des pièces de dinanderie, de chaudronneric
et aux ustensiles de cuivre en général, par
ceux de ces objets qui nous tombent encore à
présent entre les mains. On y trouve très souvent
gravée toute la série des noms des propriétaires
successifs des objets en question.
Nous avons eu I'occasion de mentionner que
les produits qui font le sujet de ce chapitre furent
fabriqués en cuivre et, en premier lieu, en ses alliages.
Chaudrons de grande dimension, coffres, tables,
coupes, brûle-parfums, lustres, lampes, etc
furent tirés de ces métaux et richement incrustés
ou au moins gravés. Les portes ont été également
décorées de bronze; en un mot, aussi bien les

objets de nécessité journalière que les pièces de
luxe. Ces différentes compositions se ressemblent
tellement, que seule l'analyse chimique peut
établir entre elles une distinction.
Les documents que nous rencontrons en Égypte
et que nous pouvons incontestablement regarder
comme produits du pays, sont le grand nombre
de portes plaquées et ornementées de la manière
la plus variée, les grilles, les lustres et quelques
meubles. Ce que l'on a recueilli de ces derniers
dans les édifices religieux a été déposé au musée.
Le plus ancien monument est représenté par
les vantaux qui proviennent de la mosquée Sâleh
Telayeh1
1 La mosquée fut érigée par Sâleh Telayeh ibn Rezik, en l'an
555 de l'hég. (1160). Elle existe encore devant la porte de ville Bab
Zoueila, mais en assez mauvais état. Bien qu'après un tremblement
de terre, en 1302. elle ait été reconstruite par Seif el-Dyn Boktomour,
les vantaux doivent être de l'époque des Fatimites, à en juger d'après
de style des ornements du placage.
au Caire (annexe I, No 9). On y voit un
système de champs polygonaux arrangés en forme
d'étoiles. Ces pièces en métal fondu sont placées
sur un mince placage en cuivre jaune.
Tandis qu'ici les fontes sont unies, nous les
trouvons gravées de fort jolis dessins sur les
portes provenant de la mosquée fondée en l'année
761 de l'hég. (1359) par la princesse Tatar el-Hegazieh,
petite-fille du sultan Kalaoûn. Le siècle

suivant nous fournit dans la porte du tombeau
du sultan Hassan (1356) les fins travaux d'incrustation
en or et en argent. Les deux vantaux de la
mosquée du sultan Barkouk, aux feuillages de
bronze délicatement plaqués d'argent et ceux des
monuments d'el-Ghouri, qui datent des Mamlouks
circassiens, démontrent que cet art fut exercé avec
la même habileté qu'aux époques antérieures.
Les lampes et les lustres de la collection se
présentent sous des formes très variées, qui embrassent
les XIVe et XVe siècles. Ces lustres consistent
en une espèce de construction à galeries
destinées à recevoir de nombreuses veilleuses.
Au-dessous du tout pendait originalement le plateau,
comme on le voit encore au No 107 de la 2me
salle. Il devait empêcher que l'huile ne se répandît
sur les fidèles et masquer en même temps avantageusement
l'intérieur assez peu élégant du lustre.
La pièce citée est en partie repoussée et gravée
d'ornements qui nous révèlent le style des derniers
princes régnants circassiens. Elle a été apportée
de la mosquée el-Ghouri, fondée en 1503
après J.-G.
Les petits lustres en forme de dôme couvrant
le plateau à veilleuses font l'effet de dentelles,
tant ils sont patiemment ajourés.
Les grilles étaient aussi un objet de grand
soin, surtout celles placées devant les fenêtres
des sébils. Les noeuds, souvent, portent gravés des

noms d'Allah ou des rank (blason) du fondateur,
mode fort en vogue au XVe siècle.
Mais ce qui dénote une rare habileté de la
part des ouvriers en matière de goût et de technique,
ce sont les koursis, dont un déjà a été mentionné
plus haut, et la petite caisse-bibliothèque
de la collection. Les quelques points d'or visibles
sur cette dernière, accusent un précieux travail,
qui se trahit d'aillcurs par la fine conception des
motifs, parmi lesquels on remarque tout d'abord
une ravissante bordure en inscription coufique.
La beauté de ces objets en métal gravés et
incrustés les faisait rechercher en Europe depuis
fort longtemps. Un grand nombre d'objects d'art
qui se trouvent dans les diverses collections
prouvent clairement que le développement de
travaux parcils en Europe est dû en partie à l'influence
de l'Orient.
Depuis le XVIe siècle, les bronzes sont d'un
usage restrcint. Ils manquent presque entièrement
sur les portes des mosquées ou des constructions
publiques; l'emploi en est limité à quelques lames
ou rosaces1
1 Prisse d'Avennes, vol. I, pl. C. VI, nous montre la porte
de la mosquée Khanka et lui assigne comme date d'origine le XVIIIe
siècle. Cette porte est couverte d'un travail en bronze d'un bon
style. Il a été impossible de trouver une mosquée de ce nom,
découverte que j'aurais bien voulu faire pour vérifier s'il n'y a pas
erreur. Cette porte ne me semble pas être d'une date aussi récente.

45

Aussi les grilles, qui auparavant étaient composées
de plusieurs pièces et ajustées à grand' peine,
se fondent ensuite en une seule pièce. Vers
la scconde moitié du XVIIIe siècle, les dessins que
nous rencontrons dénotent une influence occidentale.
En dehors des bronzes, c'est au fer que les
artisans orientaux ont osé s'attaquer.
Il y avait lieu de mentionner à la page 35
Nassiri Khosrau, qui dit que les portes du Haram
de Jérusalem contenaient du fer dans leur revêtement.
En parlant des portes de Mehdyèh1
1 Mehdyèh fut fondée en l'année 303 de l'Hègire (916) par
Ahmed ibn Ismayl el-Mehdy, dont on fait remonter l'origine à
Husseïn, fils d'Aly. Cette ville est bâtie sur une langue de terre
qui s'avance dans la mer. Elle était entourée d'une muraille fort
élevée, et si large que deux cavaliers pouvaient y passer de front.
Les portes étaient en fer massif, et chaque battant avait le poids
de cent cantars. Deux des portes de la ville avaient quatre battants:
elles donnaient accès à un passage voûté qui pouvait abriter
cinq cents cavaliers. Les fortifications de la ville furent achevées
en 305 (918) et Ahmed el-Mehdy vint y établir sa résidence au mois
de Chewal 308 (Mars 921). Selon Abou Obeïd Allah el-Bekry,
chacune des portes de Mehdyèh pèse mille quintaux et a trente
coudées de hauteur; chacun des clous dont elle est garnie pèse six
rathl. Sur ces portes on a représenté divers animaux. Le port,
creusé dans le roc, est assez vaste pour contenir trente navires.
Yaqout, Moudjem, tome IV, pages 693-696. Description de l'Afrique
septentrionale
, par el-Bekry, traduite par Mac Guckin de Slane,
Paris 1859, pages 73-75. — Sefer Nameh, page 120.
, il
affirme même qu'elles étaient en fer massif et que
chaque vantail pesait 100 quintaux et avait
une hauteur de 30 coudées.

46

Par cette citation, et d'autres encore, on voit
aisément que les Orientaux ont exercé aussi l'industrie
du fer, bien que sur une échelle plus modeste.
Il n'y a aucun doute que les Arabes d'Egypte
soient restés en arrière des autres Orientaux
dans cette pratique.
Les plus anciens objets en fer qui se présentent
dans le pays sont les grilles de quelques mosquées.
Elles sont forgées et consistent en bâtons
verticaux qui passent par les noeuds des baguettes
horizontales: travail assez primitif.
Il est tout de même curieux qu'el Makrizi, en
décrivant la mosquée de Mohamed el-Nâsser à la
citadelle, trouve qu'il vaille la peine de parler
des grilles en fer de ce monument. Les grilles
existent encore de nos jours et elles sont précisément
de la qualité décrite.
Il mentionne à la même place la Maksoura
(place réservée) qui était entourée d'une grille en
fer; peut-ètre cette dernière était-elle plus artistiquement
travaillée.
Quelques portes, dans la collection, qui sont
armées de têtes de clous, offrent un mode de décoration
assez habile. Les têtes sont forgées en
diverses formes de polygone et sont disposées
de façon à présenter des rosaces. L'effet en est joli.
Il semble que cette manière d'armer les portes
par des clous était un moyen très répandu dans
le pays. Elle s'est conservée jusqu' à beaucoup

plus tard, et encore de nos jours on peut voir à
l'entrée des quartiers (hêra) ces vantaux mienfoncés
dans le sol. Ils étaient destinés dans le
temps à les protéger contre les agressions des
turbulents mamelouks.
En matière d'armes, la collection du Musée ne
possède rien. Pourtant leur commerce, et très
probablement aussi leur fabrication, devait fleurir
au Caire. Les historiens nous ont conservé le
souvenir d'un marché d'armes qui se trouvait,
vers le XIIIe siècle, «entre les deux châteaux»
(la rue el-Nahassyn d'aujourd'hui). Les monuments
du sultan Kalaoûn occupent une partie de
l'aire de ce marchè. Le souk el-selâh (marché
d'armes) se trouve actuellement non loin de la
mosquée du sultan Hassan, mais il n'a pas hérité
de la renommée de l'ancien marchée; aussi les
beaux produits en sont-ils disparus, et ce qu'on
y débite mérite à peine la curiosité des visiteurs.

SALLE NO 2.

1. — Chandelier de mosquée, en cuivre jaune
gravé d'inscriptions en beaux caractères, provenant
de la citadelle du Caire. — Haut. 0m, 37.
2. — Chandelier, en cuivre jaune, ayant des
traces d'incrustation en argent. Fin du XIIIe siècle.
— Haut. 0m, 41. (PI. V). — L'inscription est au
nom de Houssâm el-Dyn Ladjyn et mentionne
la mosquée d'Ibn Touloûn. Ladjyn monta sur le
trône d'Égypte sous le nom d'el-Melik el-Mansoûr
(le roi victoricux), en 1296 après J.-C.
C'est ce sultan qui restaura la mosquée d'Ahmed ibn Touloûn, et
le chandelier est un des dons de ce roi.
3. — Partie d'un vase en cuivre gravée d'ornements
et d'inscriptions. — XIVe siècle (?) — Haut. 0m, 48.
L'inscription contient le mot el-Nassiri (de el-Nâsser), très probablement le sultan Mohamed el-Nâsser.
4. — Vase à couvercle (lampe?) en cuivre, à
ornements et inscriptions repoussés, provenant
de la mosquée du sultan Hassan. — XIVe siècle. —
Haut. totale 0m, 14. — (PI. IV).
L'inscription est au nom du sultan Hassan.

MÉTAUX


5. — Base d'un croissant gravée d'ornements
et d'inscriptions. — Haut. 0m, 20.
L'inscription est aux louanges d'un sultan.
6. — Partie supéricure d'un vase dont le bord
est décoré d'ornements et d'inscriptions gravés
provenant de la mosquée du sultan Barkouk, en
ville. — Haut. 0m, 19.
7. — Partie d'un vase en cuivre, gravée d'ornements et d'inseriptions. — XIVe siècle (?) —
Haul. 0m, 23.
L'inscripton contient les mots le seigneurial el-Almaz.
8. — Fragment d'un vase en cuivre portant
ornements et inscriptions gravés, provenant de
la mosquée du sultan Barkouk, en ville. —
Haut. 0m, 14.
9. — Vase en forme de coupe, en cuivre, gravé
d'ornements et d'inscriptions. — Haut. Cm, 40. — (P1. V).
10. — Vase. L'inscription en vers lui donne le
nom de tâss. — Haut. 0m, 37.
11. — Vase en cuivre jaune, gravé d'inscriptions. — Haut. 0m, 33.
12. — Koursi (table) en cuivre jaune richement ornementée en gravure et perceée à jour.
Les lignes principales des arabesques sont incrustées d'argent.
Provenance de la mosquée du sultan Mohamed el-Nâsser, trés probablement de l'epoque de ce roi. — XIVe siècle. — Haut. 0m, 70.
13. — Koursi (table) en cuivre jaune. Les
côtés sont divisés en plusieurs panneaux par des
baguettes à inscriptions dont les lettres sont plaquées
en argent ; d'autres baguettes portent des
ornements pareillement incrustés; les compartiments
sont percés à jour et gravés. Ils sont ornementés
ou d'inscriptions ou d'arabesques dont
une partie est incrustée d'argent. Sur le plateau,
il y a à remarquer la rosace du milieu en lettres
coufiques et les petits champs animés de canards.
Provenance du Moristan du sultan Kalaoûn. Commencement
du XIVe siècle. — Haut. 0m, 82. — (Pl. III
et IV).
Le groupe du monument du sultan Kalaoûn fut commencé sous
le règne de Kalaoûn en l'année 1284, et achevé par son fils Mchamed
el-Nâsser. L'inscription de la table fait l'eloge de Kalaoûn.
14. — Deux fragments de plaque en cuivre
jaune, gravés d'inscriptions, dont une petite partie
est encore plaquée d'argent. — (Pl. VI).
Les plaques sont encadrées des trois côtés d'une bordure de
cuivre fondu, perforé et grave d'ornements. Provenance d'une
porte de la mosquée funéraire du sultan Parkouk au désert
Kaïtabaï. — (XIV3 siècle). — Long. 0m, 39 et 0m, 41.
15. — Deux pièces de bordure en cuivre jaune
fondu, à fleur de lis à jour, provenant d'une porte.
Long. 0m, 21 et 0m, 34.
16. — Plateau inférieur d'un lustre en cuivre
jaune, repoussé et ciselé d'ornements, inscriptions
et figures d'animaux, provenant de la mosquée du
sultan Hassan. — Diam. 0m, 75.

MéTAUX


17-20. — Quatre plaques en cuivre jaune, ciselées
d'ornaments, provenant d'une porte du tombeau
du sultan el-Ghoûri. XVIe siècle. — 17: Long.
0m, 34. — 18: Long. 0m, 27. — 19: Long, 0m, 27. — 20: Long. 0m, 34.
21. — Coin d'un panneau en cuivre jaune à
ornements repoussés et gravés. Long. 0 m, 24.
22. — Plaque en cuivre jaune ciselée d'inscription
coufique dont les lettres entrelacées forment
un très bel ornement. Le fond est également enrichi
d'arabesques. — Long. 1 m, 04.
23. — Plaque (fragment) en cuivre jaune gravée
d'inscriptions en jolis caractères, au nom du
sultan Mohamed el-Nâsser. — XIVe siècle. —
Long. 0 m, 21.
24 & 25. — Deux plaques en cuivre jaune avee
inscriptions et ornements gravés, provenant d'une
porte. — Long. 4 m, 31.
L'inscription est à la louange d'un sultan. D'après le caractère
du travail, les plaques datent du XVe siècle.
26-31. — Six plaques en cuivre jaune, gravées
d'inscriptions et d'ornements: — 26: Long. 0m, 85; —
27: Long. 0 m, 86; — 28: Long. 0m, 69; — 29: Long. 0m, 81; —
30: Long. 0m. 39; — 31: Long. 0 m, 70.
32-48. — Dix-sept plaques en cuivre jaune
gravées d'inscriptions ornementées ou d'arabesques.
— XVe siècle. — 32: Long. 0m, 65; — 33: Long.
0m, 61; — 34: Long. 1m, 35; — 35: Long. 0m, 70; — 36: Long 0m, 54;
37: Long. 1m, 28; — 38: Long. 1m, 16; — 39: Long. 1m, 30; —
40: Long. 1m, 02; — 41: Long. 1m, 00; — 42: Long. 0m, 64; —
43: Long. 0m 58; — 44: Long. 0m, 58; — 45: Plaque gravée d'ornements
ayant conservé quelques têtes de clous – Long. 0m, 64; —
46: Long. 0m 15; — 47: Long. 0m, 46: — 48: Long. 0m, 46.
Ces plaques, ainsi que les objets suivants, Nos 49 à 55, sont les
restes de la mosquée Ezbek, disparue, qui se trouvait à droite de
l'entrée du Mouski. Cette mosquée fut élevée au XVe siècle par
Ezbek ibn Tatach, qui est qualifié, dans l'inscription ciselée, du titre
Atâbek el Assâker ; c'est-à-dire généralissime.
Ce personnage, qui a donné son nom au quartier de l'Ezbékieh, ne
doit pas être confondu avec son contemporain Ezbek el-Youssefi,
dont nous avons parlè plus haut.
49 & 50. — Deux équerres en cuivre jaune fondu
et travaillé à jour, à surface gravée. Provenant
d'une porte. — Long. 0m, 13.
51-53. — Trois fragments d'équerres décrites
dans le numéro précédent. — 51: Long. 0m, 13; — 52:
Long. 0m, 44; — 53: Long. 0m.44.
54 & 55. — Heurtoirs en cuivre jaune fondu
et ciselé d'ornements. — Long. 0m, 34.
56. — Lance en fer trouvée dans la mosquée
du sultan el-Ghoûri. — Long. 0m. 70.
57. — Caisse de Koran en bois, plaqué de cuivre
jaune, richement ciselée et incrustée d'argent
et d'or (peu de vestige); fond en stuc noir.
L'inscription, en beaux caractères coufiques et
soulous, ne donne aucune date historique. Cet

MÉTAUX


objet remarquable a été trouvé dans la mosquée
funéraire du sultan el-Ghoûri au Caire. — Long.
0m, 44; Haut. 0m, 28. — (Pl. V).
58. — Serrure en bois (dabba) plaquée d'argent,
à ornements repoussés, provenant du tombeau
de Sayadi Abd-el Al, à Tantah. — XVIIe siècle. —
Long. 0m, 21.
59. — Serrure en bois analogue au numéro précédent,
provenant de la ville de Mansourah. —
Long. 0m, 17.
60. — Serrure en bois plaquée d'argent, à ornements
et inscriptions repoussés, provenant de la
mosquée de Sayeda Zeïnab au Caire. — Long. 0m, 26.
61 & 62. — Deux boules en argent doré avec
inscription ciselée au nom du sultan Moustapha,
fils de Mohamed.
Nous relevons dans l'inscription la date de 1032
de l'hégire (1623). — Diam. 0m, 21.
Provenance du tombeau de Sayed el-Badaoui à
Tantah.
63 & 64. — Aiguières en cuivre jaune, revètues
de nacre. — Haut. 0m, 18 — (Pl. IV).
65. — Trois anneaux de pied (Kholkhâl) en
argent, provenant d'un tombeau de la Haute-Égypte.
66. — Vingt-quatre flèches en fer trouvées
dans la couverture en bois de la rue el-Ghourieh
entre les monuments de ce nom. Lorsque cette
couverture fut enlevée en 1882, on a trouvé que

poutres et planches étaient littéralement piquées
de ces flèches. — Long. 0m, 04.
67. — Quatre pièces de monnaie en or, une en
argent et plusieurs pièces de monnaie en cuivre,
trouvées pendant la démolition de quelques maisons
à el-Ghourieh, au Caire.
68. — Partie inférieure d'un croissant en cuivre
jaune gravée d'inscriptions et d'ornements. —
Haut. 0m, 20.
Le texte de l'inscription relate les titres d'un mamelouk.
69. — Pièce supérieure d'un vase en cuivre,
gravée d'inscriptions donnant les titres d'un mamelouk.
— Haut. 0m, 20.
L'inscription du bord est gravée d'un ornement en forme de
bande, interrompue de médaillons portant comme écussonle losange.
70. — Porte-turban de cénotaphe en cuivre,
du tombeau de Sayed el-Badaoui, à Tantah. —
Haut. 0m, 22
71. — Plaque en cuivre rouge à inscriptions
repoussées, provenant d'une porte voisine de la
niche de prière de la mosquée d'Ibn Touloun.
XIIIe siècle. — Long. 1m, 40.
L'inscription est au nom du sultan Ladjyn, restaurateur de cette
mosquée, et date de la fin du XIIIe siècle.
72. — Monnaies en cuivre, provenant d'une
maison démolie à el-Ghourich, au Caire.
73. — Deux bougeoirs en cuivre jaune fondu et
tourné. — Haut. 0m, 41.
74. — Deux bougeoirs en bois tourné munis
d'assiettes en fer-blanc; travail très primitif. —
Haut. 0m, 35.

MÉTAUX


75. — Un bougeoir en cuivre jaune fondu. —
Haut. 0m, 21.
76. — Idem. — Haut. 0m, 38.
77. — Un bougeoir avec plateau perforé en
cuivre jaune fondu. — Haut. 0m, 55.
78. — Partie de lampe en cuivre jaune fondu.
— Diam. 0m, 20.
79. — Bougeoir à plateau perforé, en cuivre
jaune fondu. — Haut. 0m, 41.
80. — Partie supériure d'un bougeoir à quatre
branches, en cuivre jaune. — Haut. 0m, 25.
81. — Suspensions pour ampoule, en cuivre
jaune.
Des huit branches inférieures, il en manque quatre.
82. — Suspension pour ampoule en fer-blanc
à vingt branches.
83 & 84. — Plateau en cuivre rouge à quatre
bougeoirs. — Diam. 0m, 34.
85. — Plateau à trois bougeoirs en cuivre
jaune. — Long 0m, 26.
86. — Vingt et un plateaux (et deux fragments)
de suspensions, en cuivre jaune fondu et perforé.
— Diam. 0m, 46.
Il y a deux spécimens de dessin.
87. — Trois lampes d'étudiants, en cuivre jaune
fondu et tourné. — Haut. 0m, 72 — 0m, 78.
88. — Lampe en cuivre jaune percé à jour,
provenant de la mosquée de Sayed el-Badaoui, à
Tantah. — Diam. 0m, 22.
89. — Cinq coupes en cuivre jaune fondu, provenant
d'une fontaine publique. — Haut. 0m, 11.
90. — Six coupes en cuivre jaune fondu et
gravées d'inscriptions au nom du sultan Mahmoud.
— XVIIIe siècle. — Haut. 0m, 13.
Ces coupes portent la date 1164 de l'hégire (1750); elles ont été
enlevées de la fontaine érigée en 1760 par le sultan Moustapha, père
du sultan prècité. Cette fontaine se trouve vis-à-vis de la mosquée
de Sayeda Zeinab, au Caire.
91. — Deux heurtoirs en cuivre jaune fondu et
perforé. — Long. 0m, 23.
92. — Heurtoir en cuivre jaune richement
ciselé. — Diam. 0m, 23. — (Pl. VI).
93. — Enclume d'un heurtoir en cuivre jaune. —
Haut. 0m, 11.
94. — Heurtoir en cuivre jaune, fondu, perforé
et gravé d'ornements. — Long. 0m, 25.
Sur le disque du centre, on distingue les traces d'un blason.
95. — Treillage en fil de laiton provenant
d'une fenêtre.
96. — Treillage analogue au précédent. —
Diam, 0m.72.
97. — Bouclier en tresse; au centre, plaque de
fer provenant de la mosquée du sultan el-Ghoùri.
— Diam. 0m, 47.
98. — Quinze chaînes de lampe à suspension,
en cuivre jaune.
99. — Partie supérieure d'un grand croissant
en cuivre rouge. — Haut. 1m, 63.
100. — Partie supérieure d'un croissant en
cuivre. — Haut. 0m, 65.

MÉTAUX


101. — Partie supérieure d'un croissant en
cuivre. — Haut. 0m, 80.
102. — Croissant en cuivre. — Haut. 0m, 71.
103. — « « « portant des traces
de dorure. — Haut. 0m, 80.
104. — Fragment d'un croissant en cuivre. —
Haut. 0m, 53.
105. — Idem. — Haut. 0m, 36.
106. — Croissant, en cuivre jaune, muni d'une
plaque gravée d'inscriptions sur ses deux faces;
provenant de la mosquée du sultan Hassan. —
XIVe siècle. — Haut. 0m, 34.
107. Lustre à plateau en cuivre jaune percé à
jour et repoussé, ornements et inscriptions en
ciselure, provenant de la mosquée du sultan el-Ghoûri.
— XVIe siècle. — (Pl. VII). — Haut. 2m, 60.
Ce lustre a 160 veilleuses et porte quatre tourelles
dans sa partie supérieure.
C'est un des rares lustres complets, ayant conservé le plateau
qui sert á empêcher l'huile de tomber sur les fidèles.
Ce plateau sert en même temps à dérober à la vue la construction
grossière de l'intérieur des lustres.
108. — Lustre en cuivre jaune. Le plateau a
sept veilleuses; le couvercle, en forme de dôme,
est gravé d'inscriptions; provenant de la mosquée
de Sayeda-Zeinab, en ville. — Diam. 0m, 38.
109. Lustre analogue au précédent, provenant
de la mosquée de Sayed el Badaoui, à Tantah. —
Diam. 0m, 32.
Le dôme est percé à jour.
110. — Lustre en cuivre jaune à sept veilleuses
et neuf branches. Le corps a la forme d'un
tronc de pyramide hexagonale; il est ciselé d'inscriptions
et d'ornements. L'inscription est au nom
de Kidjmâs, grand écuyer (Émir Akhor). Les
médaillons, au milieu des côtés, contiennent en
gravure le blason (rank) de l'émir. — Haut. 1m, 10.
L'émir Kidjmâs était un diguitaire du sultan Kaïtbaï. C'est à
cet émir que nous devons une des plus jolies et des plus riches
mosquees de l'époque de Kaïtbaï au Caire. Elle se trouve située à
l'entrée de la rue Darb el–Ahmar et fut érigée en 886 de l'hég. (1481).
Ce monument est en voie de restauration.
111. — Grand plateau inférieur d'un lustre, en
cuivre. Les médaillons contiennent une inscription
aux louanges d'un sultan.
112. — Huit pièces de bronze, fondues, ajourées
et gravées d'ornements, provenant des volets
de la mosquée du sultan Barkouk, en ville. —
XIVe siècle. — Long 0m, 24-0m, 60.
113. — Vase (lampe?) en cuivre, à trois anses.
Haut. 0m, 41.
114. — Deux pièces d'applique en cuivre gravées
d'inscriptions, ornementées et incrustées d'or
et d'argent, provenant d'une cassette. Trouvées
dans la mosquée du sultan Barkouk. — Long. 0m, 33.
115. — Lame de serrure en fer, provenant de
la porte principale de la mosquée Barkouk, en
ville. — Long. 0m, 85.

MÉTAUX


116. — Dix vitraux découpés en plàtre à verres
coloriés. — Haut. 0m, 52, -1m, 55.
Ces vitraux sont d'une date récente.
117. — Plateau inférieur d'un lustre en cuivre
jaune, gravé d'inscriptions et d'ornements. —
Diam. 0m, 78.
118. — Bougeoir en cuivre jaune fondu. —
Haut. 0m, 63.
119. — Pincette en fer, trouvée dans la mosquée
el-Ghoûri. — Long. 0m, 34.
120. — Lustre en métal rouge. Les côtés sont
en laiton percé à jour. — Long. 0m, 34.
La forme de ce lustre est celle d'un prisme octogonal à huit
veilleuses.

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TROISIÈME SALLE

I. — Verrerie.

La verrerie a joué, en tous temps, un grand
rôle dans l'industrie et dans l'art des Orientaux.
Les traces de cette industrie sont visibles, à
travers les différentes époques, jusqu'au temps
des Byzantins, chez lesquels, bien que les monuments
nous fassent défaut, l'art de la verrerie
devait avoir une grande importance, si nous nous
en rapportons aux écrits de l'époque.
Pour ce qui était de cette industrie chez les
Persans, le cabinet des médailles de la Bibliothèque
Nationale de Paris nous fournit un admirable
spécimen datant du VIe siècle.1
1 L'Art de la verrerie, par Gerspach. — Paris. Page 81.
Quelle a été l'importance de l'industrie du

verre en Orient vers le XIe siècle, les historiens
de cette époque nous le disent, et Nassiri Khosrau,
en particulier, nous fournit des renseignements
précis à ce sujet. Les écrits laissés par ce célèbre
voyageur dont nous avons déjà parlé, sont une
source précieuse pour l'étude des villes, des constructions
et de l'industrie de l'époque.
Il parle souvent avec admiration des produits
qui l'ont frappé pendant le cours de ses voyages
et, en ce qui concerne l'Égypte, il relate un marché
de lampes (Souk-el-Kanadil) qui se trouvait à
Misr, à côté de la mosquée d'Amr.
A la page 151, il est parlé d'un verre de grande
valeur: “On fabrique aussi un verre transparent

d'une grande pureté qui ressemble à l'émeraude,
on le vend au poids….» et, plus loin, à la page
153: «Dans le Bazar, les baqqals, les droguistes,
les quincailliers fournissent eux-mêmes les verres,
les vases en faïence et le papier qui doit contenir
ou envelopper ce qu'ils vendent. Il n'est donc pas
nécessaire que l'acheteur se préoccupe de ce que
doit contenir ce qu'il achète».
Quel devait done être le développement de
l'industrie du verre, dans un pays où l'on donnait,
par-dessus la marchandise achetée, des objets en
verre sans en réclamer le prix!
Les chroniqueurs du moyen-âge constatent
aussi que l'art de la verrerie a continué à fleurir
chez les Orientaux.
Mais on ne peut mettre en doute que ces

superbes lampes ne soient un travail du pays;
car il n'est pas admissible de supposer que les
Égyptiens eussent préféré importer des objets
aussi fragiles que le verre, plutôt que de le fabriquer
directement en Égypte, pays de l'industrie du
verre par excellence et où plus tard les vénitiens
vinrent eux-mêmes chercher la soude nécessaire à
la fabrication de leurs produits.
Cet argument doit nous paraître concluant, si
nous pensons à ces puissants sultans fastueux et
protecteurs des beaux-arts qui ont fait de l'Égypte
leur principale possession, et du Caire leur résidence
préférée.
L'énumération des richesses de Mostanser,
sultan Fatimite, qui a vécu de 1035 à 1094 après
J.-C., nous porte, avec la fantaisie, aux contes des
Mille et une Nuits.
Il est vrai qu'en 1569, le grand vizir donna
aux verreries de Murano, par l'entremise de l'ambassadeur
de Venise, une commande de 900
lampes; nous savons également que la République
de Venise avait monopolisé les marchés de l'Orient
et de l'Occident pour ses produits; mais aucun
document ne fait mention que des ouvriers musulmans
aient travaillé dans les fabriques de Venise.
Toutefois, si des ouvriers musulmans avaient
transporté leur industrie à Venise, le Conseil des
Dix, qui tenait un état de toutes les personnes
exerçant cette industrie, n'aurait pas manqué de

faire mention de cette collaboration d'artistes
musulmans.
Personne n'ignore que pour conserver à Venise
le monopole de son industrie, source de sa richesse,
le Conseil ne reculait même pas devant le crime,
en faisant disparaître, en pays étrangers, les ouvriers
vénitiens qui y avaient apporté leur art.
Il est donc parfaitement admissible que les
ouvriers musulmans aient eu une part prépondérante
dans la fabrication de ces lampes. Ce qui
le prouverait encore, c'est la richesse et la variété
de leur ornementation toujours dans le plus pur
style arabe, ainsi que leurs lettres d'une rare correction.
Tous ces éléments réunis ne peuvent être
attribués qu'à des personnes ayant étudié à la
même source, en un mot, qu'aux artistes qui ont
élevé les magnifiques monuments de l'Égypte.
Quiconque s'est occupé d'épigraphie arabe
assignera une même origine aux ouvriers des
lampes, comme aux constructeurs des remarquables
monuments de ce pays. Ce sont les branches
d'une même famille d'artistes qui ont coopéré,
chacun dans son genre, à la création des produits
de l'art arabe.
Ce que nous avons dit à propos de la beauté
des inscriptions et de la correction des arabesques,
ne saurait s'appliquer à une des lampes
du musée (No 81) dont les émaux sont tout à
fait défectueux; les ornements n'ont rien de commun

avec le style arabe et les traits des écritures
sont absolument mauvais. La forme même s'éloigne
des proportions typiques des autres lampes
de la collection par la hauteur plus accentuée du
col.
D'où peut provenir cette lampe? A quelle
époque a-t-elle été fabriquée? L'inscription est
dédiée à Kaïtbaï, sultan régnant de 1467 à 1495.
Doit-on admettre que l'industrie de la verrerie
fut justement en décadence pendant le règne de
ce sultan dont l'époque est caractérisée par la
prospérité de l'architecture arabe et des autres
arts qui s'y rattachent; ou bien, doit-on admettre
l'hypothèse que cette lampe ait été fabriquée à
une époque plus récente, c'est-à-dire quand l'architecture
et l'industrie étaient à leur déclin?
Des recherches ultérieures donneront probablement
une réponse à cette question.
Les lampes ont été groupées dans le musée
d'après la disposition des ornements. Je crois que
cet ordre est rationnel, car une classification
historique serait impossible, attendu que dans la
plupart des lampes, les dates font défaut et que
l'endroit où elles ont été trouvées ne fournit pas
une base assez certaine pour en établir l'époque.
Une autre qualité de vitres fabriquées dans le
pays, en dehors des lampes sont: les verres à
vitres dont nous avons parlé rapidement en traitant
des vitraux en plâtre ajouré et dont les plus
anciens produits sont les quelques restes qui se
trouvent dans les fenêtres du tombeau de Sâleh
Nigm el-Dyn Ayyoub (1248 après J.-C.). Les vitres
sont épaisses comme celles que l'on rencontre dans
d'autres monuments du XIVe siècle, tandis que les
vitres qui servaient au même usage, au XVe siècle,
ne dépassaient pas un millimètre d'épaisseur.
Ces vitres ont trois nuances de rouge, trois de
bleu, deux de vert et deux de jaune. La couleur
est toujours dans la pâte, qui contient de petites
bulles d'air comme la pâte des lampes.
De la présence fréquente d'un cordon arrondi
sur les bords des vitres, on doit conclure qu'elles
ont été fabriquées sur de petites surfaces.
Nous devons faire mention également des
petits cubes en verre (10 mill. de côté) à surface
dorée, qui étaient fabriqués uniquement pour
les mosaïques.
Les bords comprimés de ces cubes indiquent
de quelle façon ils devaient être coupés après la
fabrication. La dorure des surfaces est toujours
bien conservéc.
L'emploi de ces cubes en verre pour la mosaïque
n'a pas trouvé une grande application; nous n'en
rencontrons que dans deux monuments: le plafond
du mihrâb de la mosquée d'Ibn-Touloun
(IXme siècle) et celui de la mosquée Akbogha (XIVe
siècle), qui fait partie de la mosquée El-Azhar.
Rappelons, avant de finir, les colonnettes en
émail turquoise qui, dans les monuments du XIVe
siècle, ornent le mur dans lequel est crcusé le
mihrâb.

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SALLE NO 3.

I. — Verrerie.

A. — Menus objets en verre.

1. — Collection de perles, grains émaux et autres
objets en verre, trouvés dans les buttes de
décombres, au sud du Caire. Cette jolie collection
est fort intéressante au point de vue de la fabrication
des perles et des émaux. Nous voyons dans
ce groupe les phases de la fabrication des perles.
Les pièces filigranées sont aussi nombreuses que
belles. A droite, en haut de la toile, des pâtes et
un déchet. En tout 90 pièces.
Don de M. Fouquel, docteur médecin. — 1893.
Les collines au sud de la ville de Caire consistent en décombres
qui proviennent de l'ancienne ville de Fostât, incendiée en 1168
après J.-C.
Le grand vizir Châouir fit mettre le feu à cette partie du Caire
pour empêcher que les Franques y prennent position. Les croisés
se trouvaient déjà à peu de distance de la capitale de l'Égypte.
2. — Une collection de 19 ampoules et fioles
de diverses formes, provenant des décombres
situées au sud du Caire.
On peut voir aisément dans cette collection différents procédés
de fabrication. Il y a des pièces souffiées et d'autres qui sont
moulées. Quelques-uns des objets sont ornementés au moyen de la
tailie. L'irisation des objets en verre n'est pas toujours intentionnelie;
elle est le plus souvent occasionnée par la décomposition.
Cette collection a été donnée au musée par M. Fouquet, docleur
médecin. — 1893.
3. — Deux étalons de poids en verre et deux
pièces de verre imitation agate.
Ces étalons proviennent sans doute des décombres ci-dessus
mentionnèes.

B. — Bulbes en verre.

4. — Bulbe en verre de couleur verte, provenant
de la mosquée de l'émir Ezbek el-Youssefi. Fin du
XVe siècle. — Haut. 0m, 18.
5. — Buble en verre bleu à surface ondulée,
provenant de la mosquée de l'émir Ezbek el-Youssefi.
Fin du xve siècle — Haut. 0m, 15.
Ce bulbe et le numéro 4 servaient à décorer des chaines de
lampes.
6. — Fragment d'une piéce ovoïde en verre
émaillé.
Dans de médaillon, deux oiseaux qui rappellent les oiseaux de la
lampe No 62.
Don de M. Fouquel, docteur médecin. — 1893.

C. — Lampes en verre incolore.

7. — Lampe en forme de boule; verre incolore
à trois anses. — Haut. 0m, 25.
8. — Lampe à verre incolore à six anses,
provenant de la mosquée du sultan Châbân. —
XIVe siècle. — Haut. 0m, 32.
9. — Lampe en verre incolore à trois anses,
provenant de la mosquée du sultan Hassan. —
Haut, 0m, 25.
10. — Lampe en verre incolore ondulée à six
anses, provenant de la mosquée du sultan Châbân.
— XIVe siècle. — Haut. 0m, 30.
11. — Lampe en verre incolore, six anses en
émail bleu. — Haut. 0m, 24.

D. — Lampes en verre avec peu de décorations
en émail.

12. — Lampe en verre incolore portant inscriptions
et ornements en or et en émail rouge;
la lampe a trois anses, le pied manque. L'inscription
a rapport au tombeaudu sultan Sâleh Ayyoub,
où la lampe a été trouvée; en voici le texte:
Parmi ce qui a été fait pour le tombeau béni,
impérial, royal et très noble de Sâleh, que Dieu
comble son habitant de sa miséricorde et de sa
satisfaction.
— Haut. 0m, 21.
13. — Lampe en verre décorée d'ornements et
d'inscriptions en émail bleu, les cartouches à inscriptions
séparés par des fleurons. D'autres fleurons
sont placés entre lessix anses. — Haut. 0m. 36
L'inscription porte:
L'Altesse noble, le magnifique, le seigneurial,
impérial, royal el Achrafi Châbân, soutien del'État
et de la religion.
14. — Lampe en verre incolore. La décoration
du col est semblable à celle de la lampe No 13. Les
lettres sont ménagées sur le verre et contournées
de lignes rouges. Les cartouches ont le fond bleu
appliqué à l'intérieur. L'inscription entre les
anses est la mâme que celle de la lampe précédente.
— XIVe siècle. — Haut. 0m, 32.
Trouvée daus la mosquée du sultan Châbâ au Caire.
15. — Lampe en verre émaillé, ornementée au
col. Sur la panse on voit une inscription dorée
sur fond en émail bleu. Provenant de la mosquée
du sultan Châbân. — Haut. 0m, 36.
Les inscriptions des lampes 13, 14 et 15 sont au nom du sultan
Châbân, qui a régné dans la seconde moitlé du XIVe siècle.
16. — Lampe en verre bleu uni et portant
comme blason une coupe en émail rouge. L'inscription
koranique et les ornements qui semblent avoir
été dorés sont à peine visible. Provenance de la
mosquée du sultan Barkouk. — Haut. 0m, 28.
17. — Lampe en verre bleu uni, traces de
dorure. — Haut. 0m, 21.
Provenance de la mosquée Alti Barmak.

E. — Lampes en verre ornées de fleurs
en émail.

18 — La lampe entière est couverte de motifs
de fleurs sur fond en émail bleu. Le pied est formé
par un tore. Haut. 0m, 34. — (Pl. XI).
19 — Analogue à la lampe précédente; les
fleurs portent des traces de dorure. Sur le col et la

panse, il y a des médaillons avec louange à l'adresse
du sultan. — (Pl. XI).
Provenance de la mosquée du sultan Hassan. —
Haut. 0m. 41.
L'inscription fine que nous voyons renfermée dans les médaillons,
sur la plupart des lampes, est toujours une dédicace à un souverain.
Quelquefois elle exprime une simple louange sans mentionner
de nom, comme sur les lampes du sultan Hassan, ou bien le nom
du sultan est ajouté, comme cela se voit sur les lampes du sultan
Barkouk.
Ces médaillons avec leurs inscriptions ne fournissent pas un
critérium suffisant pour attribuer définitivement au sultan qui y est
mentionné l'objet ou le monument sur lequel elles se trouvent;
nous recontrons, au contraire, beaucoup de monuments construits
par un dignitaire qui, par déférence, orne l'objet ou le monument
du nom de son souverain. (Voir à ce sujet l'étude de l'auteur
sur la mosquée Ezbek el-Youssefi, dans le premier numéro de la
Revue Égyptienne — Caire, 1889).

F. — Lampes couvertes d'ornements
en émaux.

(Quelques-unes ont des médaillons à inscription).
20. — Lampe en verre émaillé couverte d'un
réseau en émail blanc. Les ornements sont en
émail rouge, bleu, jaune et vert. Des vestiges prouvent
que tout ce qui, sur le verre, n'était pas
émaillé, était anciennement doré. Au col, trois
médaillons renferment une jolie rosace. L'inscription
est à la louange d'un sultan. Provenance
de la mosquée du sultan Hassan. — Haut. 0m, 42. —
(Pl. XI)
21. — Lampe en verre émaillé dont les couleurs
sont analogues à celles du No 16. Au-dessus

des six anses, les médaillons contiennent une dédicace
au sultan Barkouk.
Provenance de la mosquée de ce sultan fondée
en 1384 après J.-C. — Haut. 0m, 36.
22.— Lampe en verre émaillé; les anses sont
encadrées d'une bande en émail bleu; sur la panse,
de jolies rosaces. Les médaillons du col et de la
panse sont au nom du sultan Barkouk. Provenance
de la mosquée de ce sultan, — Haut. 0m, 36.
23 — Lampe en verre émaillé. La panse est
couverte d'un réseau d'ornements en émail bleu.
D'autres fleurs en émail rouge, bleu, jaune et vert.
Le texte de l'inscription des médaillons est le
même que celui de la lampe précédente. — Haut. 0m, 36.
24 — Lampe en verre à ornements en émail de
diverses couleurs. Le col est peint de six médaillons
à fleurs; les médaillons de la panse portent
une inscription au nom du sultan Barkouk (El
sultan el-Zâher). Entre les anses renfermées dans
une bande d'émail bleu, il y a de jolis fleurons.
Provenance de la mosquée du sultan Barkouk.
XIVe siècle. — Haut. 0m, 37.
25 — Lampe en verre émaillé. Le col est décoré
d'arabesques, formées de lignes entrelacées. Les
médaillons portent le nom du sultan Barkouk.
XIVe siècle. — Haut. 0m, 36.
Même provenance que la lampe précédente. La
panse de cette lampe est endommagée.
26. — Lampe en verre émaillé. L'inscription
des médaillons est dédiée à un sultan. L'espace
entre les médaillons du col est décoré d'ornements
entrelacés. Provenance de la mosquée du sultan
Hassan. — Haut. 0m45.
Le pied a été refait en bois.
27. — Lampe en verre émaillé, à peu près
analogue à la précédente. Provenance de la mosquée
du sultan Hassan. — Haut. 0m, 42.
28. — Lampe en verre émaillé analogue aux
deux lampes précédentes. Les entrelacs sont plus
compliqués. Entre les fleurons du col, renfermés
dans des trilobes, il y a des oiseaux finement
dessinés. Provenance de la mosquée du sultan
Hassan. — Haut. 0m, 40.
Les oiseaux dessinés dans l'attitude du vol peuvent être remarqués
sur plusieurs lampes.

G. — Lampes en verre à ornements en émail
avec inscription sur le col.

29. — Lampe en verre émaillé. Les lettres de
l'inscription du col sont ménagées sur un fond en
émail bleu. L'inscription est au nom de l'émir
Silar, mort en 1310. — Haut. 0m, 25. — En voici le
texte:
Parmi ce qui a été fait pour le tombeau du

pauvre esclave de Dieu, qu'il soit loué, Silar,
glaive de la religion, régent de l'empire magnifique,
que Dieu lui pardonne.
L'emir Seif el-Dyn Silar était mamlouck du sultan Kalaoûn. Il a
vècu à l'époque de Mohamed el-Nâsser, ou de grands troubles
politiques secouaient l'Égypte. Silar ayant servi le sultan Beibars,
l'adversaire du sultan Mohamed, fut enfermé par celui-ci après
qu'il eut réussi à s'emparer de nouveau du trône d'Égypte et
condamné à mourir de faim. L'émir Silar est enterré sous une des
coupoles de la mosquée Sangar el-Gaouli au Caire, que celui-ci fit
construire pour son malheureux ami.
30. — Lampe en verre émaillé. Les fines écritures
des médaillons du col contiennent des titres
du sultan Barkouk; la large inscription du col
est un verset du koran, sa dorure est presque
effacée. Le fond de cette inscription ainsi que
les bandes qui entourent les six anses sont en
émail bleu. XIVe siècle. — Haut. 0m, 37. — (Pl. XI).
Provenance de la mosquée du sultan Barkouk.
L'iaseription tirée du koran que nous trouvons sur les lampes
est toujours le commencement du chap. 24, verset 36.
Dieu est la lumière des cieux et de la terre.
Cette lumière est comme un foyer dans lequel
(se trouve) un flambeau, un flambeau placé dans
un cristal, le cristal pareil à une étoile (brillante).
Sur quelques lampes, comme celles des Nos 32,33,34 et autres, il
n'y a que les premiers mots de ce verset; souvent il est completement
reproduit.
31. — Lampe en verre émaillé. L'inscription
du col est au nom du sultan el Zâher Abou-Saïd
(Barkouk). Les médaillons sont comme ceux de
la lampe précédente avec laquelle cette lampe a
quelque analogie. — XIVe siècle. — Haut. 0m, 37.
Provenance de la mosquée du sultan Barkouk. Le pied est
cassé.
32. — Lampe en verre émaillé. Les inscriptions
des médaillons sont aux louanges du sultan.
Les grandes lettres en émail bleu reproduisent un
verset du koran. Elles sont décorées de rinceaux
en émail blanc. Le corps est couvert de motifs de
fleurs.
Provenance de la mosquée du sultan Hassan. — Haut, 0m, 41.
33. — Lampe en verre émaillé. Elle a beaucoup
d'analogie avec la lampe précédente. La
panse est couverte d'un réseau en émail bleu. —
Haut. 0m, 36.
Même provenance que le No 32.
34. — Lampe en verre émaillé. Le fond de
l'inscription a conservé des traces de dorure. —
Haut. 0, m41.
Provenance de la mosquée du sultan Hassan. La baśe est endommagée.
35. — Lampe en verre émaillé. La panse est
couverte de fleurs ménagées sur le clair du verre.
Les anses sont entourées de bandes de fleurs en
émail rouge, bleu, blanc, jaune et vert.
Provenance de la mosquée du sultan Hassan. — Haut. 0m, 35.
La base manque.

VERRERIE


36. — Lampe en verre émaillé. L'inscription
du col est ornée de rinceaux en émail blanc. Entre
les anses, un rosier en émail de diverses couleurs.
Provenance de la mosquée du sultan Hassan. — Haut. 0m, 35.
37. — Lampe en verre émaillé. Les ornements
entre les anses sont renfermés dans un multilobe
en émail blanc.
Sur le col même inscription que sur celui de la lampe No 36.
Provenance de la mosquée du sultan Hassan. — Haut. 0m, 37.
Endommagée.
38. — Lampe en verre émaillé. La panse est
couverte d'un réseau en émailbleu dontles champs
sont remplis de fleurs.
Même inscription que celle de la lampe précédente.
Provenance de la mosquée du sultan Hassan. — Haut. 0m, 38. —
(Pl. XI).
39. — Lampe en verre émaillé, provenant de
la mosquée du sultan Hassan. — Pl. X).
La panse est ceinturèe de fleurs de lis en émail blanc et semée
d'ornements. Les lettres sont décorées de rinceaux blanes. —
Haut. 0m, 38.

H. — Lampes en verre avec ornements d'émail
et inscriptions sur la panse.

40. — Lampe en verre émaillé, provenant de
la mosquée du sultan Barkouk. Le bord du col est
décoré d'un entrelac en émail bleu rehaussé de
lignes rouges. Les lettres de l'inscription de la
panse, au nom du sultan Barkouk, sont formées

par des lignes rouges. XIVe siècle, — Haut. 0m, 39.
Inscription:

Gloire à notre seigneur, le sultan, le roi illustre
Abou Saïd, que Dieu (qu'il soit exalté!) le
secoure.
41. — Panse d'une lampe en verre émaillé.
Provenance de la mosquée Barkouk. — Haut. 0m, 46.
Ce fragment appartenait à une lampe analogue à la précédente.
42. — Lampe en verre émaillé. Le col et le
bas de la panse sont ornés d'écussons; une des
fasces porte un losange. L'inscription de la panse
est au nom de l'émir Aly el Mârdani, et provient
de la mosquée du même nom, au Caire. XIVe siècle. —
Haut. 0m, 35.
Inscription:
(2)
1 Le manque après ; il faudrait — La même
faute orthographique existe sur la lampe suivante.
L'excellent, le très noble, le sublime, le garant
(du pays) el-Alaï, le défunt émir, Ali el-Mârdâni
.2
2 Rogers Bey a lu: au lieu de . Voir: Bulletin de
l'Institut Egyptien, 1880.

VERRERIE


43 — Lampe en verre émaillé. L'inscription
des médaillons ainsi que celle de la panse sont à
la louange du sultan el-Zâher (Barkouk). XIVe siècle.
— Haut. 0m, 39.
Trouvée dans la mosquée du sultan Barkouk.
44 — Lampe en verre émaillé. L'inscription
est au nom du sultan Barkouk. Analogue à la
lampe No 43. — Hauteur, 0m, 40.
Même provenance que le No 43.

I. — Lampes en verre avec inscriptions en émail
bleu sur le col et inscriptions ménagées
en clair sur fond en émail bleu.

45. — Lampe en verre émaillé avec inscription
koranique sur le col et note historique sur la
panse. Cette dernière inscription, ainsi que celle
renfermée dans les médaillons, sont au nom du
sultan Barkouk. XIVe siècle. — Hauteur 0m, 34.
Provenance de la mosquèe du même nom
46. — Lampe en verre émaillé. A peu près
analogue à la précédente. — Haut. 0m34.
Trouvée dans la mosquée du sultan Barkouk.
47. — Idem. — Haut. 0m, 32.
48. — Col d'une lampe en verre émaillé, analogue
au col de la lampe précédente. Les médaillons
contiennent le nom du sultan Barkouk. XIVe siècle.
— Haut. 0m, 25.
Trouvée dans la mosquée fondée par ce sultan.
49. — Lampe en verre émaillé. L'inscription
de la panse est une dédicace au sultan Hassan,
fils de Mohamed. XIVe siècle. — Haut. 0m,39.
Provenance de la mosquée de ce sultan. L'inscription:
Gloire à notre seigneur, le sultan, le roi
victorieux, secoureur de l'état et de la religion,
Hassan, fils de Mohamed. Que sa victoire soit
louée!
50-53. — Lampes en verre émaillé. Analogues
à la précédente et de la même provenance: —
50, Haut. 0m, 40. — 51, Haut. 0m,3[illeg.], à pied bas. — 52, Haut.
0m, 37. — 53. Haut. 0m, 41.
54. — Lampe en verre à ornements et inscriptions
en divers émaux. L'inscription koranique
du col est en émail bleu, tandis que celle réservée
en clair de la panse relate le nom du sultan
Barkouk. XIVe siècle. — Haut. 0m, 33.
Le pied et un morceau de la panse manquent.
55. — Col d'une lampe en verre portant une
inscription en émail bleu.
Provenance de la mosquée Barkoak. — Diam. 0m, 23.
56. — Lampe (la moitié du col et du pied manque)
en verre émaillé. Elle porte sur la partie
inférieure de la panse des panneaux à jolies arabesques.
Provenance de la mosquée Bar kouk. — Haut. 0m,38.
57. — Panse d'une lampe en verre émaillé,
provenant de la mosquée du sultan Barkouk.
Analogue à la précédente. — Haut. 0m,23.
58. — Un grand fragment (panse et pied) d'une
lampe en verre émaillé, provenant de la mosquée
Barkouk. — Haut. 0m, 18.
Analogue à la lampe précédente.
59. — Col d'une lampe en verre émaillé. L'inscription
en bleu est de petite dimension. —
Diam. 0m,24.
Trouvé dans la mosquée du sultan Barkouk.
60. — Lampe en verre richement décorée de
fleurs en émail rouge, blanc, bleu, jaune et vert.
L'inscription à lettres élancées en émail blue est
au nom d'un mamlouk d'un sultan el'Nâsser (probablement
el-Nâsser Mohamed). Les médaillons renferment
le blason de ce mamlouk: deux raquettes
de paume adossées. Les panneaux de la panse sont
peuplés d'oiseaux. — Haut. 0,34.
Cette lampe a encore très bien gardé sa dorure et elle nous
donne une idée du bel effet que devaient produire ces lampes en
état de bonne conservation.
L'inscription:
Parmi les œuvres faites pour son Excellence,
le sublime el Seïfi, appartenant au roi el-Nâsser.
1 Le dernier trait de la lettre devrait être un — Nous
avons sans doute une fáute à relever.

K. — Lampes en verre au col décoré d'inscription
en émail bleu enrichie de rinceaux
en émail blanc. Les caractères
de l'inscription de la panse sont réservés
en clair sur fond bleu en émail.

61. — Lampe en verre décorée d'ornements
et d'inscriptions. L'inscription du col est koranique,
tandis que celle de la panse est au nom
du sultan Mohamed, fils de Kalaoûn. A observer
les perles qui rehaussent les deux zones et la
multitude d'oiseaux qui entourent les médaillons.
Provenance de la mosquée du sultan sus-nommé, XIVe siècle. —
Haut. 0m,34.
L'inscription:
Gloire à notre seigneur, le sultan, le roi
victorieux Mohamed, protecteur de l'état et de
la religion.
62. — Lampe en verre émaillé et richement
dorée. L'inscription nomme Taghitmor (ou
Taghitimor) mamlouk de Sâleh. Le blason de ce
personnage est répété sur le col et la panse de la
lampe; il consiste au chef dans le signe hiéroglyphique
voulant dire: Roi de la haute et basse

Égypte1
1 Voi[illeg.] l'intéressante étude de M. Rogers Bey: Le blason chez
les princes musulmans de l'Egypte et de la Syrie.
Séance de l'Institut
Egyptien du 24 décembre 1880.
et d'un calice sur une fasce; la base
unie. — Haut 0m, 39.
Pour compte de son Excellence, le noble,
le sublime el Maoulaoui appartenant à el-Malik,
l'officier el Seïfi Tagh-tmor, le secrétaire royal
(du sultan) el Sâleh.
63. — Lampe en verre émaillé, décorée de
médaillons et d'inscriptions au nom du sultan
Hassan, provenant de la mosquée fondée par ce
sultan. XIVe siècle. — Haut. 0m,41.
64. — Lampe en verre émaillé. Analogue à la
précédente et de la même provenance. — Haut. 0m,38.
Le col est cassé.
65. — Lampe en verre émaillé. Les inscriptions
des médaillons de la panse sont au nom du
sultan Hassan. XIVe siècle. — Haut. 0m,29.
Provenance de la mosquée du sultan Hassan.
Le col manque.
66-75. — Lampes en verre émaillé. Le col est
décoré d'inscription koranique en émail bleu enrichie
de rinceaux en émail blanc, tandis que la

panse porte une inscription au nom du sultan
Hassan. Elle est ménagée en clair sur un fond
d'émail bleu. — XVIe siècle.
La fine écriture des médaillons (sur les col et panse) est à la
louange du sultan.
A. — Lampes à pied haut:
66. Haut. 0m, 42; 67, Haut. 0,41; 68, Haut. 0m, 41; 69, Haut.
0m, 40; 70, Haut. 0m, 40. — Le pied est cassé; 71, Haut. 0,37.
B. — Lampes à pied bas:
72, Haut. 0m, 36; 73, Haut. 0m, 36; 74, Haut. 0,36.
Fort endommagée. 75, Haut. 0m,26.
Analogue à la précédente; le col manque.
Ces dix lampes proviennent de la mosquée du sultan Hassan.
76. — Lampe en verre à inscriptions et ornements
en divers émaux. — (PI. XI)
Le texte de l'inscription sur le col est tiré du
koran, celle de la panse est au nom de Cheikhou-el-Nâsseri.
Le texte de cette dernière est le suivant:
Pour l'excellent, très noble, le sublime, l'officier
seigneurial el Seïfi, Cheikhou el Nâsseri
(c'est-à-dire appartenant ou ayant appartenu
comme mamlouk au sultan el-Nâsser.
Les six médaillons portent le blason (rank) de cet émir; il
consiste en une coupe sur une fasce. — Haut. 0m,36.
Donnée par M. A. Rostovitz Bey. — 1886.
77-78. — Deux lampes en verre émaillé; les
lettres de l'inscription du col sont dorées sur fond
en émail bleu, celles de la panse au nom du sultan
Hassan sont en émail blanc. XIVe siècle.
Provenance de la mosquée du sultan Hassan.
79. — Lampe en verre émaillé en rouge, bleu,
blanc et vert. L'inscription du col en émail bleu
ainsi que celle de la panse, ménagée en clair sur
fond bleu, est décorée de rinceaux en émail bleu.
Le nom du sultan fait le sujet du texte de la panse; trouvée
dans la mosquée du même nom. XIVe siècle. — Haut. 0m,37.
80. — Lampe en verre émaillé. L'inscription
interrompue par trois médaillons sur le col en
émail blanc sur fond clair est tirée du koran, elle
continue sur la panse en lettres ménagées en
clair sur le fond en émail bleu.
L'étranglement du col a une inscription pareille
à cette dernière. Elle est historique et nous révèle
le nom de l'ordonnateur:
Parmi ce qui a été fait pour l'excellent, le
très noble, le sublime el-Seïfi Kan-bay el-Djar-kassi
(le circassien) nouzâm (ordonnateur) de
l'empire
1
1 Titre honorifique conféré au grand vizir. — Dictionnnaire de
Kazimirsky.
Kan-bay a construit une mosquée au Caire dans le quartier'el
Khalifa. La mosquée subsiste, mais a subi plusieurs reconstructions.
Les inscriptions sur les planches en bois du plafond donnent le
nom du constructeur, dans une autre forme:

et non comme sur la lampe: ; mais la présence
du blason qui se répète plusieurs fois sur le plafond et qui
est identique aux blasons de la lampe, enlève tout doute sur l'identité
du personnage.
Les six médaillons portent le blason de cet
émir en émail. XVe siècle. — Haut. 0m,28.
81. — Lampe en verre émaillé. Haut. 0m,37.
La grande différence entre cette lampe et toutes les autres de
la collection saute aux yeux à première vue. Cette différence
n'est nullement à l'avantage de cette lampe. Non seulement les
émaux sont sans éclat, mais les ornements ne sont pas du tout
arabes et les lettres sont d'une grande laideur. Les ornements
consistent ou en fleurs à beaucoup de ramifications, ou en petites
palmettes qui décorent les deux ceintures dont une se pose autour
de l'étranglement du col et l'autre immédiatement au-dessous.
L'application de ces ceintures qui se touchent et qui sont faites
de la même manière nous révèle le peu de sentiment artistique
de l'ouvrier. L'inscription est au nom du sultan Kaïtbaï; mais son
texte n'est pas conforme aux formules habituelles qui indiquent
les somptueux titres de ce roi.
L'inscription:
Gloire à notre seigneur, son altesse noble le
sultan possesseur, le très noble roi, le victorieux
Kaïtbaï. Que Dieu éternise son royaume.
82. — Lampe en verre émaillé, de la fabrique
Brocard à Paris, achetée en 1886. — Haut. 0m, 31.
83. — Lampe en verre ornée de lignes en
rouge, blane et or. Les boules de la chaîne sont
peintes à l'intérieur de couleur à colle. — Haut. 0m, 25.
84. — Vitrine contenant des fragments de
lampes en verre émaillé. L'inscription des médaillons
est au nom du sultan el-Zâher Barkouk.
Trouvée lors de l'exécution des traveaux de réparations
de la dite mosquée, au Caire, en 1892.
85. — Vitrine contenant des fragments de
lampes en verre émaillé.
A) Fragments appartenant à la lampe No 74.
B) Fragments au nom du sultan Barkouk.
C) Fragments analogues aux lampes Nos 13, 14
et 15 de la collection.
D) Fragments ressemblant beaucoup aux lampes
Nos 18 et 19. Très probablement de la même
provenance que ces deux lampes.
De la mosquée du sultan Hassan

II. — Écriteaux,

Les pieux musulmans offrent souvent aux mosquées,
tombeaux ou santons, des tablettes en bois,
en cuir ou en papier sur lesquelles sont reproduites
en belle écriture des sentences religieuses,

des invocations ou des citations du livre saint. Les
pièces formant la collection du musée présentent
des écritures fort soignées, richement décorées
d'ornements. Il y en a même qui contiennent des
aquarelles représentant la Kaaba et ses environs.
Ces tablettes datent des derniers siècles et on
ne peut pas naturellement comparer leurs ornements
aux belles enluminures des korans dont la
Bibliothèque Khédiviale est si richement pourvue.
86-93. — Écriteaux contenant des invocations
à Dieu. Autour d'un croissant en or qui occupe le
milieu il y a les noms des khalifes. La plupart de
ces écriteaux sont décorés d'ornements.
86. — Dans le couronnement, il y a des fleurs
peintes. — Haut. 0m, 75.
87. — En haut, il y a le dessin de la Kaaba.
Fait par Mir Mohamed Tayyib dans l'année 1207
de l'hégire (1792). — Endommagé. Haut. 0m,92.
88. — Le croissantest peint en bleu. — Haut. 0m, 71.
89. — Fait par Mohamed Amin Nouri. —
Haut. 0m, 93.
90. — Fait par Omar Agha. — Haut. 0m, 94.
91. — En haut, il y a le dessin de la Kaaba. —
Haut. 0m, 25.
92. — Fait par Moh. Amin, année 1195 de
l'hégire (1780). — Haut. 0m, 67.
93. — Ecrit par Moustapha Zohni Zada, année
1194 de l'hégire (1780). En haut, il y a le dessin
de la Kaaba. — Haut. 0m, 69.
94. — Écriteau fait par Kahalil Châbân en 1230
de l'hégire (1814). Au milieu, une étoile formée
par le nom d'Ali, écrit cinq fois. — Haut. 0,77.
95. — Écriteau, au milieu il y a le nom d'Ali
répété quatre fois, en haut un verset du koran et
autour les noms des quatre khalifes. — Haut. 0m, 63.
96. — Écriteau en caractères persans contenant
des louanges à la mémoire d'un mort. — Haut. 0m, 48.
97. — Écriteau en caractère soulous et naskh.
Fait par Houssein el-Saïdi ibn Moustapha, année
1215 de l'hégire (1800). — Haut. 0m, 66.
98. — Poésie faite par Ahmed el-Menoufi el
Azhari en 1217 de l'hégire (1802). — Haut. 0m, 72.
99. — Écriteau contenant les mots:
Lui est le créateur, l'éternel! Écrit par Mohamed
Amin, an 1206 de l'hégire (1844) — Haut. 0m, 50.
100. — Écriteau portant les noms d'Allah, de
Mohamed et des quatre khalifes. — Haut. 0m, 55.
101. — Écriteau contenant un verset du koran,
daté de l'année 1194 de l'hégire (1780). — Haut. 0m, 44.
102. — Écriteau. Lettres en caractère soulous,
l'encadrement prote des traces de dorure. —
Haut. 0m, 43.
103. — Écriteau. Lettres en couleur blanche
sur fondbleu, faites par Mohamed Noûr el-Dyn. —
Haut. 0m, 53.
104. — Écriteau. Louanges adressées à la religion
musulmane. Lettres dorées sur fond bleu. —
Haut. 0m, 30.
105. — Table sur laquelle est dessinée la Kaaba
avec ses environs. Don de Mohamed Agha à la
mosquée de Sayedna el-Houssein, en 1282 de l'hégire
(1865). — Haut. 0,70.
106. — Écriteau en tissus. Lettres en soie
blanche sur fond en soie rouge; paroles sacraementales
musulmanes et versets religieux. Provenance
de la mosquée de Sayedna el-Houssein. —
Haut. 0m, 75. — (Pl. XII).
Comme le musée n'a pas une collection des produits textiles, cet
objet a été laissé parmi les écriteaux où il a été classé originalement.
107. — Écriteau sur lequel est inscrit un verset
du koran. — Haut. 0m, 43.
108. — Écriteau en papier doré sur fond bleu
contenant quatre fois le nom de Mohamed en
caractères coufiques. — Haut. 0m, 51.
109. — Écriteau contenant une invocation à
Dieu, et les noms d'Allah, de Mohamed, d'Aboubakr
et d'Osman, le tout en caractères coufiques.
— Haut. 0m, 16.
110. — Invocation à Dieu. Les lettres sont en
jolis caractères coufiques appliquées sur cuir. Le
cadre porte une inscription coufique carrée, découpée
en papier et également appliquée. —
Haut. 0, m78.
111. — Écriteau au nom du Prophète. Lettres
en caractères coufiques carrés sur fond blanc;
entourées d'ornements. — Haut. 0m, 31.

ÉCRITEAU (TISSU)


112. — Écriteau au texte
Au nom de Dieu clément et miséricordieux.
Fait par Moustapha ibn Ayyoub, 1207 de l'hégire
(1792). — Haut. 0m, 25.
113. — Photographie d'un écriteau contenant
une poésie en souvenir de la dame Charaf Hânem,
en langue persane. De l'année 1250 de l'hégire
(1834). — Haut. 0m, 58.
114. — Écriteau contenant le nom d'Allah,
du khalife Ali, et des anges. — Haut. 0m,38.
115. — Écriteau en langue persane. Louanges
de Houssein (petit-fils du Prophète). Les lettres
sont en caractères soulous. Ecrit par Aly el-Ouasfi.
— Haut. 0m, 56.
116. — Deux vers écrits en caractères persans
faits par Ass'ad Samarkandi, en 1241 de l'hégire.
(1825). Le fond de cette tablette est décoré de
fleurs peintes. — Haut. 0m,43.
117. — Écriteau en caractères soulous, fait
par Moustapha Khoga el-Ayyoubi, 1238 de l'hégire
(1822). — Haut. 0m, 34.
118. — Écriteau. Invocation à Dieu et un
verset découpé en papier blanc sur fond rouge. —
Haut. 0m,33.
119. — Écriteau sur fond bleu et fleurs peintes,
fait par Moustapha. — Haut. 0m, 32.

Êcriteaux à lettres dorées sur fond noir.

120. — Écriteau à lettres dorées, écrites par

Mass'oud el-Rifati, 1226 de l'hégire, (1811). —
Haut. 0m, 27.
121. — Écriteau. Deux vers à la louange des
descendants de Fatma (fille du Prophète). —
Haut. 0m, 22.
122. — Écriteau fait par Abdel-Kérim Sâlem,
1230 de l'hégire (1814). — Haut. 0m, 20.
123. — Écriteau en langue persane. — Haut. 0m, 29.
124. — Écriteau en caractères persans. L'écriture
est noire, contournée de lignes bleues, le fond
est doré. Fait par el-Hag Mourâd Bey, chef des
pèlerins pour la Mecque. — Haut. 0m, 23.
125. — Écriteau portant le tourra (nom) du
sultan, un verset adressé au Prophète, et deux
vers en langue persane. — Haut. 0m, 34.
126. — Écriteau en caractères persans, contenant
la phrase; Je me fie à Dieu.
Haut. 0m, 22.
127. — Écriteau imprimé en caractères soulous,
contenant les paroles sacramentales. 1282
de l'hégire (1865). — Haut. 0m, 39.
128. — Ex-voto contenant le nom du Prophète
en caractères soulous, — Haut 0.m,24.
129. — Ecriteau en cuir portant le nom d'Allah
et du prophète. La bordure est peinte également
d'inscriptions et d'arabesques. — Haut. 0m, 61.

95

III. — Divers.

130. — Lustre en bronze ayant la forme d'une
pyramide octogone à trois étages. Le premier et le
troisième étage sont percés; celui du milieu est
plein et est gravé d'inscriptions.
Provenance de la mosquée el-Kâdi Abd-el-Bâsset,
au Caire. — Haut. 2m, 25, — (Pl. VIII).
131-132. — Deux lustres en bronze, en
forme de pyramide, couverts d'inscriptions et
d'ornements gravés. Provenance de la mosquée
de l'épouse du sultan Kaïtbaï à Fayoum. — XVe
siècle. — Haut. 1m, 45.
133. — Lanterne en bois, à forme hexagonale,
peinte et dorée. Trouvée dans la mosquée
Saria el-Guebel, à la citadelle. — Haut. 1m, 10.
134. — Six vitraux en plâtre et verres coloriés.
— Haut. 0m, 60. — 1m, 27.

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Boiseries.

Si l'on considère combien l'Égypte est pauvre
en bois, l'on ne peut qu'apprécier davantage le
riche emploi qui en a été fait et l'habileté artistique
déployée par les ouvriers qui l'ont travaillé.
Grâce à la sécheresse du climat, le bois a pu
jouer, même dans les constructions, un rôle très
important. Les piliers de la mosquée d'Ibn Touloun
qui datent de plus de mille ans ont leurs tirants
en bois et les plu anciennes coupoles en briques
contiennent tout un système de chaînage en bois.
Nous pouvons mentionner également la frise en
bois de cette même mosquée qui renferme, sculpté
sur les faces, le koran entier en lettres coufiques.1
1 M. E. K. Corbett Bey dans sa publication: The life and works
of Ahmad ibn Tulun (Journal of the Asiatic Society)
nous enlève
cette illusion que nous eussions aimé conserver. D'après Corbett
Bey, les planches en question i.e. peuvent contenir que 1/17 du
koran. Nous profitons de cette occasion pour rectifier une erreur
qui s'est glissée dans l'ouvrage de M. Corbett. Les lettres ne sont
pas découpées en bois et clouées sur la frise “each letter is cut out
in solid wood and fixed on to the Loard”, comme il le prétend, mais
découpées en relief sur la planche même.

97

Le bois a été plus particulièrement employé
pour la construction des plafonds. La plus ancienne
mosquée que nous possédions, celle d'Ibn
Touloun, avait une couverture en bois1
1 Dans les travaux de conservation exécutés récemment par le
Comité des Monuments, on n'a pu conserver qu'une petite partie de l'ancien plafond.
dont les
solives étaient visibles.
Ces solives se composaient d'un tronc de dattier
scié en deux et dont les trois faces visibles étaient
recouvertes de planches. L'espace compris entre
les solives était coupé par des traverses qui formaient
avec les solives des caissons peu profonds.
Ce mode de couverture a été employé les premiers
temps et il s'est conservé à travers les plus
belles époques jusqu'à nos jours, avec les modifications
amenées par le développement du sentiment
artistique. Un second système de couverture
consistait à plafonner les solives avec des planches,
enfin une troisième manière, et celle-ci était la
plus riche, consistait en un plafonnage dont la
surface présentait une composition de stalactites.
Dans aucun des systémes que nous venons de
citer les plafonds ne restaient nus; ils étaient
toujours peints, dorés, à ornements sculptés ou,
au moins, modelés en stuc.
Les couvertures n'étaient jamais posées directement
sur les murs; il y avait toujours entre mur

et plafond un élément de passage, comme voussures,
stalactites, etc. Ce passage, une nécessité
esthétique, était traité avec la même richesse, la
même splendeur que le plafond lui-même, et il
présentait tout ce que l'art arabe pouvait offrir de
mieux au point de vue de la perfection, de la
forme et des couleurs.
Ces couvertures, dont des spécimens d'une rare
beauté nous ont été conservés, n'étaient pas une
spécialité des édifices religieux, mais elles étaient
aussi employées dans les constructions profanes.
Les quelques vestiges que l'on retrouve dans les
palais et les maisons qui datent de plusieurs
siècles nous le prouvent surabondamment.1
1 Le palais de l'emir Bechtàk, du XIVe siècle, dens la rue el
Nahassyn, la maison de Gamàl el Dyn el Zahabi, du XVIIe siècle,
dans le quartier el Ghoûrieh.
Mais où l'art de travailler le bois s'est développé
à un rare degré de perfection sous tous les
rapports, c'est dans la construction des portes,
volets, chaises, pupitres, caisses de korans, tables,
tabourets, banquettes, etc. Ces derniers objects
constitutent la collection, du reste très restrinte,
des meubles en usage chez les Arabes.
Dans le travail des surfaces, on emploie deux
systèmes: l'assemblage ou le bois tourné; les
deux modes constituent une spécialité de la boiserie
arabo-égyptienne.

99

Le premier de ces systèmes présente les faces
pleines, le second les faces à jour. Considérons de
plus près la première manière.

I

Déjà, dans les plus anciens morceaux, nous remarquons
une tendance à augmenter le nombre
des cadres; ensuite, ils ont été tellement multipliés
que l'on a créé toute une structure de cadres
polygonaux dont les panneaux quelquefois ne dépassent
pas un centimètre de superficie.
Ce qui a porté les Arabes à employer ce système
de cadres multiples, indépendamment de leur
amour pour le jeu des lignes, c'est sans doute le
climat, qui demande plus de joints et moins de
surfaces. Et si la cherté de la matière première
n'entrait pas pour une partie dans le calcul de
l'artiste, c'est un heureux hasard qui lui permettait
de se servir mème des plus petits morceaux
de bois. Cette dernière considération trouvera
son importance quand nous traiterons des travaux
en bois tourné.
L'ornementation des surfaces est obtenue soit
par la sculpture, soit par l'incrustation, soit par
la peinture.
La mosquée d'Ibn Touloun nous présente le plus
ancien exemple de sculpture dans les plafonds des
baies de ses portes (No 75 du couloir); vient ensuite
la porte No I du même couloir.
Ces sculptures sont en forme de volutes qui pénètrent
assez profondément dans la masse. Dans
leurs compositions, elles nous rappellent les feuillages
de l'ornementation byzantine. Ce fait ressort
davantage encore dans la sculpture des pièces de
bois qu'on extrait des tombeaux musulmans qui se
trouvent dans le terrain d'Aïn Sîra, au sud du
Caire, et qui datent aussi des premiers siècles de
l'hégire.
De ce que nous devons conclure des sculptures
en bois qui se sont conservées jusqu'à nous et
qui datent du Xe et du XIIe siècle, nous sommes
portés à croire que le même caractère d'ornementation
s'est conservé pendant tout le cours de ces
siècles.
Dans le XIIIe siècle, nous observons une émancipation
des formes jusqu'alors usitées: les panneaux
deviennent plus petits, les lignes plus
minces et multiformes (Voir les Nos 49 et 50 de
la 4me Salle et le No 46 de la 15me Salle). Le spécimen
de ce dernier (No 46) provient d'un placard de
l'annexe du tombeau du sultan Sâleh Ayyoub
(1249 après J.-C.)
Dans cette mosquée funéraire, nous trouvons
un tombeau qui nous représente déjà le premier
exemple d'un travail très avancé. Les petits panneaux
sont groupés dans des étoiles hexagonales
dont la sculpture contient des découpures très
fines.
Ce que l'on doit plus spécialement observer
dans cette sculpture, ce sont les fruits baccifères
qui se retrouvent généralement dans un grand
nombre de travaux en bois du XIIIe siècle (Nos
32, 33 et 62).
Parmi ces objects, il faut remarquer particulièrement
la niche à prière qui a été prise dans la
chapelle funéraire de Sitta Roukaya (No 62). Cette
niche nous présente un développement typique et
tout spécial d'ornementation. La caractéristique
nous est donnée par des rinceaux en branches qui
s'échappent d'un vase.
La beauté de la composition sculpturale atteint
son plus grand éclat dans le XIVe siècle, sous
le règne du sultan el-Nâsser, qu'on peut appeler
le siècle de la splendeur des arts en général.
Avec lui concourent à ce développement les membres
de sa famille et tous les dignitaires du pays.
Déjà, dans certains travaux du XIVe siècle, nous
pouvons constater que les panneaux contiennent
des filets de bois de couleur et d'incrustation tout
autres. C'est le cas du tombeau en bois de Sâleh
Ayyoub que nous avons cité; plus tard ces filets
redoublent et même tout le champ est en bois
incrusté.
Vers le XVe siècle, apparaît un autre mode d'incrustation:
l'ivoire, dont nous parlerons à la fin
de cette étude.
Les ouvriers cependant ne se sont pas toujours

servis de ces moyens pour obtenir le beau; souvent,
il leur suffisait de planches rabotées pour
produire par de simples sculptures des effets vraiment
artistiques. La collection du musée a un
nombre assez considérable de ces produits, sur
lesquels les effects sont obtenus au moyen de
sculptures en inscriptions ou en ornements. A
cette catégorie appartient la porte No 5 qui se
trouve dans le couloir.
Les bois qui datent de la domination turque
sont travaillés d'une manière plus simple; cependant
la subdivision en petits panneaux y est
maintenue, bien qu'ils soient rarement sculptés
ou qu'ils contiennent tout au plus une inscription.
Ce que l'on trouve à cette époque, ce sont les
incrustations en bois et en ivoire auxquelles on
a ajouté l'écaille et la nacre.
Dans le Delta se développe un autre genre de
travail qui consistait à imiter au moyen d'entailles
les travaux d'assemblage.
Nous ne terminerons pas la première partie de
notre étude sur le bois sans faire mention de la
création singulière du panneau No 54, Salle No 4,
et de la porte No 4, qui se trouve dans le
couloir. Nous rencontrons dans ces deux objects
des sculptures représentant des figures d'hommes
et d'animaux. Nous avons déjà eu l'occasion
de nous occuper de cette licence de l'artiste
arabe.

II

Nous arrivons maintenant à l'autre particularité
de la boiserie arabe: la représentation des surfaces
au moyen de pièces tournées ou machrabieh.
Dans le pays, on appelle simplement machrabieh
tout travail en bois tourné. Le mot “machrabieh”,
qui désigne ce genre de travail, nous vient
de trèsloin et est une forme de (El - Charb)
action de boire; “machrabieh” veut done dire:
“L'endroit où l'on boit”.1
1 La véritable expression de l'endroit où l'on serait: machraba,
mot qui, avec le temps, s'est corrompu et est devenu “machrabieh”.
Si I'on considère la façon primitive de travailler
des tourneurs arabes, on est porté naturellement

à croire que cette industrie date d'une époque
très éloignée; et, s'il ne nous reste pas de traces
de leurs premiers travaux, il faut l'attribuer à la
fragilité extrême du produit. En réalité, nous
avons très peu d'anciens spécimens de cette industrie,
nous ne pouvons guère compter que le
grillage qui entoure le tombeau du sultan Kalaoûn.
Les balustres y sont massifs et contiennent des
ornements entaillés. Quant à la finesse de la véritable
machrabieh, il n'en est pas plus question ici
que dans les rampes du minbar de la mosquée
d'Ibn Touloun.
Au commencement du siècle suivant, nous

trouvons déjà de très beaux modèles (rampe du
minbar de la mosquée el-Mouayyed) qui ont atteint
du temps de Kaïtbaï le plus haut degré de perfection
dans leurs variations.
A ce propos, nous devons citer le panneau en
machrabich placé au-dessus de la porte du minbar
de la mosquée Abou Bakr Mazhar, qui contient
une belle inscription en caractères coufiques.
Naturellement, les machrabiehs ont dû jouer un
rôle principal dans les maisons, où leur présence
contribuait à ménager une douce lumière, à permettre
l'accès de la brise et à faciliter en même
temps les regards à l'extérieur, sans que l'œil indiscret
du passant y puisse pénétrer.
On peut juger par la commodité de machrabiehs,
combien leur fabrication a dû être considérable,
et elle l'a été effectivement jusqu'à nos
jours. Mais l'introduction des persiennes européennes
et l'emploi des «chichehs», grillages
en baguettes superposées, ont remplacé presque
entièrement l'usage de ces gracieuses boiseries.
Les baies en machrabiehs qui garnissent en
grande quantité et sous les formes les plus variées
les façades des maisons, leur donnent un aspect
très décoratif; elles offrent de belles lignes
et, avec les encorbellements, contribuent à les
animer et à les embellir.
Il est tout à fait impossible de décrire ici les
différentes espèces de machrabiehs; les combinaisons

les plus variées s'offrent à nos yeux; tantôt
le tout est un produit du tour, tantôt des morceaux
découpés en triangle et en polygone se trouvent
combinés avec des pièces tournées (Pl. XVI). En
éliminant les baguettes de conjonction, on obtient
des dessins variés. Quelquefois c'est en ajoutant
de ces baguettes que l'on arrive au même
résultat. De cette manière on produit des inscriptions
et des figures (No 29 de la 7me Salle).
Comme nous l'avons déjà dit, quelquefois les
nœuds sont sculptés ou incrustés d'ivoire ou d'autres
matières.
Un autre système de grillage est celui que l'on
construit avec des lattes superposées les unes sur
les autres, ordinairement à angles droits, à une
certaine distance. Les jours ainsi obtenus sont
transformés en figures géométriques variées en
sciant les espaces des lattes restées libres.
C'est particulièrement dans le Delta que l'on
trouve ces grillages, dont l'effet est incontestable.
Ce court essai, destiné à initier le lecteur dans
la connaissance de la boiserie arabe, se réfère
aux collections des Salles Nos 4, 5 et 7, du
couloir et de la première annexe.

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Ivoire.

Nous avons déjà mentionné plus haut l'ivoire.
Nous nous bornerons à ajouter que ce produit a
été employé avec prédilection par les artistes arabes,
soit pour en faire des panneaux entiers, soit
du moins comme moyen d'incrustation.
Dans le premier cas, il était rarement lisse,
le plus souvent il était orné d'inscriptions ou
d'autres sculptures.
L'ivoire jouait déjà dans la seconde moitié du
VIIIe siècle un rôle important dans la petite industrie.
Nous le trouvons d'un emploi général à la
fin du XVe siècle.
L'ivoire combiné avec l'ébène, l'étain, le bois
rouge, etc., formait une mosaïque très fine qui
s'employait comme bordure et comme champ ou
même comme couverture de meubles entiers
(Nos 57-60 de la 4me Salle).
Il n'y a pas d'objects complètement en ivoire
si ce n'est quelques rares spécimens disséminés
dans les divers musées d'Europe; cependant il n'y
a pas de doute que l'ivoire ait été un puissant
auxiliaire dans l'art arabe, attendu qu'il s'est
toujours trouvé à la portée de l'artiste égyptien.

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SALLE No 4.

1. — Fragment de bois, ornements sculptés
à traces de dorure et de pcinture. Provenant du
plafond de la mosquée el-Mârdâni, XIVesiècle. —
Long. 2m,50.
2 — Deux battants d'une porte. Les panneaux
supérieurs et inférieurs en bois tourné, les
compartiments du milieu en petits panneaux
assemblés. Ces derniers sont incrustés d'ivoire.
Provenant d'une maison. — Long. 2m, 26.
3. — Bois. Écusson sculpté et doré au nom
(toughra) du sultan Mahmoud, mort en 1255 de
l'hégire (1841). Provenant d'une petite mosquée
à Darb el-Asfar, au Caire. — Long. 0m, 66.
4. — Fragment de bois (dessus de koursi)
couvert d'une mosaïque fine en ébène, ivoire et
étain. — Long. 0m,51.
5. — Coffret d'offrandes de mosquée, en bois
incrusté d'ivoire. — Long. 0m, 62.
6. — Deux œufs d'autruche, inscriptions et
ornements gravés. — Haut. 0m, 17.
Ils servaient à orner des lampes dans la mosquée de Sayed el-Badaoui,
à Tantah.

109

7. — Deux plaques en ivoire avec inscriptions
et ornements sculptés, provenant de la mosquée
du sultan Châbân, XIVe siècle. — Long 0m,36.
Le texte incomplet de ces panneaux sert à perpétuer le souvenir
de la construction d'une mosquée (madrassa).
8. — Fragment d'une planche en bois, revêtue
d'une mosaïque fine en ébène, ivoire et étain.—
Long. 0m, 15.
9. — Fragment d'os de chameau portant inscription
en couleur noire.
Long. 0m, 20. Don de M. Philip. 1887.
10. — Corne provenant de la mosquée de
Sayed el-Badaoui à Tantah. — Long. 0m,41.
11. — Serrure (dabba) en bois, incrustée de
nacre. — Long. 0m, 15.
12. — Cassette en bois peinte d'ornements,
provenant de la mosquée Sayedna el-Houssein,
au Caire. — Long. 0m, 70.
Cette cassette servait à renfermer les reliques du Prophète qui
sont conservées dans la mosquée susmentionnée.
13. — Écriteau en bois, à lettres en stuc et
dorées, provenant de la mosquée de l'Imâm el-Chafey.
En haut le nom de Dieu, du Porphète, des
khalifes et de Hassan et Houssein. Le milieu est
occupé parun verset reproduit deux fois et formant
symétric. En bas, un autre verset. — Haut. 0m, 75.
14. — Six petits panneaux en bois, avec sculptures
d'arabesques. — Long. 0m, 11-0m, 22.
15. — Panneau en bois, inscription sculptée.

Après un verset du koran on lit la date 1175 de
I'hégire (1776). — Long. 0m, 37.
Cette pièce et celle du numéro précédent proviennent d'une
ville du Delta.
16. — Panneau en bois, avec inscriptions sculptées
provenant du minbar de la mosquée du sultan
Djakmak au Caire.
En voici le texte:
La construction de cette chaire bénie a été
ordonnée par notre seigneur, le sultan, le roi el-Zaher
Mohamed Abou Sayed Djakmak. Que sa
victoire soit exaltée.
— Long. 0m, 45.
17. — Plaque à inscriptions du cénotaphe
No 21 en commémoration du cheikh Ali el-Bakli,
mort en 696 de l'hégire (1296). — Long. 1m, 07.
18. — Plaque commémorative en bois, inscriptions
sculptées, analogues à celle du No 16. Même
provenance. — Long. 0m, 45.
19. — Plaque commémorative pour le don d'un
pupitre et d'un koran fait par le sultan kaïtbaï.
XVe siècle. — Long. 0m, 34.
Inscription:
Ce noble livre et le pupitre ont été légués

par notre seigneur, le sultan, le très noble roi,
Aboul-Nasr Kaïtbaï. Que sa gloire soit exaltée.
20. — Partie d'une plaque commémorative en
bois. incrustée d'inscriptions. La plaque porte la
date de 874 de l'hégire (1469); elle provient de
la mosquée du sultan Djakmak. — Long. 0m, 41.
21. — Deux fragments d'un cénotaphe ancien,
en travail d'assemblage. Les panneaux contiennent
des inscriptions et des ornements très finement
sculptés. — Long. 0m, 14.
Ces deux intéressants morceaux ont été trouvés engagés dans
le cénotaphe primitif où nous les voyons actuellement, Ils ont été
transportés au musée de la mosquée de l'Imâm el-Chafey.
22. — Porte en bois, à deux battants, formée
de petits panneaux assemblés et incrustés d'ivoire.
Provenance de la mosquée de l'émir Ezbek el-Youssefi,
au Caire, XVe siècle. — Long. 1m, 92.
23. — Deux battants d'une porte en bois,
panneaux assemblés et incrustés d'ivoire et d'ébène.
Les champs d'ivoire sont ornés de sculptures.
d'arabesques. Provenance de la mosquée el-Bakri
à Haret el-Otoûf, au Caire. — Long. 1m, 71.
Les panneaux du haut de la porte ont été enlevés.
24. — Plaque commémorative d'un minbar
(chaire) de la mosquée de Kadi Yehya Zein el-Dyn,
à Boulaq (aujourd'hui connue sous le nom
de Gâma el-Mahkama), du XVe siècle. — Long. 0m, 76.
L'inscription rappelle la restauration de cette mosquée par ordre
du sultan Kaïtbaï et par les soins de Khaouàga Moustapha.

112

25. — Panneau en bois, ornements sculptés. — Long. 0m, 48.
26. — Panneau en bois blanc à ornements et
sculptures entourés de filets en ébène. — Long. 0m, 36.
27 — Fragment du linteau du minbar de la
mosquée el-Amaoui, à Assiout. — Long.1m, 06.
Dans l'inscription sculptée en caractère coufique
nous relevons les mots:
… notre seigneur et maître, l'imâm el Mostanser
Billah, prince des croyants…
Mostanser Billah était le cinquième des khalifes fatimites en
Egypte. Il régnait de 1036 à 1094 après J. -C.
28. — Panneau en bois à ornements sculptés. — Long.0m, 35.
29. — Panneau carré en bois, ornements sculptés.
— Long. 0m09.
30. — Pièce d'un encadrement en bois sculpté.
— Long. 0m, 60.
31. — Coin composé de stalactites, formé de
morceaux de bois assemblés. — Long. 1m, 45.
32. — Mihrâb en bois, orné de sculptures.
La niche est flanquée de deux colonnes. Ce
mihrâb et la plaque mentionnée au No 34 ont été
enlevés à la mosquée el-Azhar, la grande université
des musulmans. Bien que ces deux pièces
n'aient pas été trouvées au même endroit de cette

mosquée, il y a beaucoup de probabilités pour
qu'elles aient formé un même objet. — Haut. 1m, 63.
L'emploi du dattier pour former le creux, les lignes simples, le
feuillage sobre d'ornements, indique suffisamment les premiers
temps de l'art arabe.1
1 Voir l'étude de M. Paul Ravaisse: Sur trois mihrâbs en bois
sculpté
, dans les mémoires présentés et lus â l'Institut Egyptien. —
Le Caire, 1889.
La table à inscription du No 34 est du
XIIe siècle.
33. — Mihrâb (niche de prière) en bois, formé
de petits panneaux sculptés. L'inscription tirée
du koran est en caractère coufique. Provenance
de la mosquée de Sitt Nefisah. Très probablement
du XIIe siècle.
2
2 Voir l'étude précitée de M. P. Ravaisse.
— Haut. 1m, 92.
Trace d'une mauvaise reparation.
34. — Plaque commémorative en bois sculpté
pour la construction d'un mihrâb (niche de prière)
dans la mosquée el-Azhar. Les inscriptions en
caractères coufiques portent la date 519 de l'hégire
(1125) et le nom du sultan fatimite Amer bi-Ahkâm
Allah. — Long. 1m, 22.
Cette plaque formait très probablement une partie complémentaire
du mihràb No. 32.
35-36. — Panneaux en bois perforés et sculptés.
— Long. Cm, 45 et 0m, 49.
37. — Porte secrète en forme d'armoire. Au
milieu, une petite porte aux panneaux incrustés
d'ivoire. Tout autour, des compartiments pour
recevoir des vases et autres objets. — Haut. 1m, 59.

114

38. — Deux panneaux de boiserie, le champ,
en ivoire, est uni et bordé de fines mosaïques. —
Long. 0m, 07.
39. — Quatre panneaux en boiserie. Le champ
en mosaïques est entouré de filets en ivoire. —
Long. 0m, 05.
40. — Quatorze panneaux de boiserie; quel-ques-uns
sont incrustés d'ivoire, d'autres sont
sculptés. — Long. 6m, 03 - 0m, 11.
41. — Deux petits panneaux en ivoire incrustés d'ébène. ivoire et bois rouge. — Long. 0m, 04
42. — Trois panneaux en bois incrustés d'une
mosaïque en ivoire et ébène. — Long. 0m, 08.
43. — Fragment d'un vantail de porte. Travail
d'assemblage, à panneaux sculptés ou incrustés
d'ivoire. — Haut. 0m, 84.
44. — Trois plaques d'ivoire, inscriptions
sculptées et enrichies d'ornem ents. — Long. 0m 06.
Le texte des deux grands panneaux se complète:
Le roi el-Nâsser, protecteur de l'État et de la religion.
La troisième pièce est un fragment.
45. — Quatre plaquettes d'ivoire, avec ornements
sculptés. — Long. 0m, 16. — (PI. XV).
46. — Six panneaux d'assemblage de boiserie,
incrustés d'ivoire. Champ uni, bordé de filets. —
Long. 0m, 07 à 0m, 10.

115

47. — Solive en bois sculpté et portant des
anneaux en fer, provenant du mausolée du sultan
el-Ghoûri. XVIe siècle. — Long. 3m 90
Cette poutre servait à y attacher les chaînes de lampes.
48. — Coffre en bois avec inscriptions sculptées
et de jolies peintures-arabesques. L'intérieur est
également peint. Nous apprenons par I'inscription
que ce coffre a été fabriqué par ordre du très
noble sultan Kansoû el-Ghoûri pour contenir le
koran.
Ce coffre appartient à la fin du XVe siècle ou au
commencement du XVIe siècle. — Long. 0m, 79.
Les pièces de ce coffre sont arbitrairement assemblées. L'inscription
du front est renversée.
49-50. — Trois côtés d'un cénotaphe, ornements
et inscriptions sculptés, provenant d'un
tombeau près de la mosquée de l'Imâm el-Chafey.
Ces pièces se distinguent autant par la beauté
des ornements que par la richesse de leurs inscriptions.
Cette dernière nous apprend que le cénotaphe
a été érigé pour:
Hosn el-Dyn Tâleb, fils de Yacoub, — Long. 1m, 80 - 2m, 85.
La date 613 de l'hégire (1216) est inscrite sur le quatrième côté

qui se trouve aujourd'hui dans le South Kensington Museum.1
1 Voir fig. 41 de The art of the Saracens in Egypt, by Stanley
Lane-Poole, 1888.
Le hasard a fait découvrir le cénotaphe d'où proviennent ces
pièces. Il se trouve dans un oratoire, reste d'une mosquée funéraire,
connue sous le nom de sâdât el-Tall a. Ce cénotaphe a
encore conservé l'empreinte du revêtement en bois. Les dimensions
de cette empreinte correspondent exactement aux pièces susindiquées.
La plaque en marbre, couverte d'une inscription ancienne,
scellée à la tête du cénotaphe, porte le nom du même personnage
que nous venons de mentionner.
II est à remarquer que le bois avait servi à un autre usage avant
son emploi pour ce cénotaphe, car le revers est aussi travaillé.
Les ornements du revers sont dans le style employé du temps
d'Ibn Touloun. Ils sont d'un tel relief que les entailles percent à
plusieurs endroits les sculptures plus récentes de la face.
51. — Deux panneaux à inscriptions sculptées,
portant le nom du sultan Barkouk, XIVe siècle. —
Long. 0m 40.
Texte de l'inscription:
Gloire à notre seigneur le roi el-Zâhar Barkouk.
Que sa victoire soit exaltée.
52. — Trois panneaux à ornements sculptés.
Ces panneaux ont été trouvés dans le Delta.
— Long. 0m32. Travail d'une époque récente.
53. — Petit panneau à ornements sculptés. —
Long. 0m, 18.

BOISERIES



117

54. — Panneau de plafond provenant de la
baie d'une porte du Maristan el-Mansoûri (sultan
Kalaoûn). — Long. 0m,39.
La pièce est symétrique par rapport aux deux axes. Le milieu
est un champ encadré de doubles bâtons courbes, dont les filets
forment feuillages et arabesques. En haut, dans l'axe, un autre
champ renferme deux oiseaux et dans chacun des rinceaux figure
une personne assise. Celle du côté droit boit à une coupe.
55. — Table (koursi) en bois. Les panneaux
des six côtés sont ou sculptés ou formés de pièces
tournées. Le couronnement consiste en trois raies
de stalactites. — Haut. 0m,93.
56. — Koursi en bois à panneaux en ébène,
sculptures d'arabesques. — Haut. 0m,98.
Les panneaux sont bordés de filets en ivoire. Provenant de la
mosquée el-Azhar. (Réparé.)
57-60. — Tables en bois recouvertes de fines
mosaïques en ivoire, étain, ébène et au tres matières.
57. — Haut. 0m,78.
58 — Trouvée dans la mosquée du sultan
el Ghoûri. — Haut. 1m,11.
59. — Provenant de la mosquée du sultan
Châbân. — Haut. 1m,17. — (PI. XIV).
60. — L'ouverture qui se trouve sur un côté
du koursi est surmontée d'un arc ogival dont les
claveaux sont en ébène et en ivoire. Les reins de
cet arc sont ornés de médaillons qui semblent
avoir été placés après coup et contiennent sur
une fasce le losange comme blason. — Haut. 0m,72.

118

61. — Pupitre en bois revêtu de nacre. —
Haut. 1m, 00.
Ce pupitre est très probablement un produit de l'industrie
syrienne, pays où la nacre s'emploie beaucoup.
62. — Niche de prière en bois sculpté provenant
de la chapelle de Sitte Roukâya au Caire.
L'encadrement de cette niche est composé d'une
quantité de petits panneaux entièrement sculptés
et disposés en étoiles et en diverses figures
géométriques.
Les dessins de la niche proprement dite présentent
une ornementation à peu près semblable
à celle des panneaux de l'encadrement, mais les
listels et les champs sont seulptés sur le vif du
même bois. — Haut. 2m, 10. — (PI. XIII).
Ici il faut constater un fait curieux et rare dans l'ornementation
arabe: au dos de ce monument et sur ses deux côtés, l'ornement
de certains panneaux consiste en un vase d'ou émergent d'élégants
rinceaux semés de fleurs et de fruits.
Roukâya est la fille adoptive du khalife Ali. D après d'autres, la
propre fille du khalife Ali est Fatima. Elle est enterrée à Damas.1
1 Voir P. Ravaisse précédemment cité.
63. — Fauteuil en bois tourné provenant de
la maison wakf el-Arabi au Caire. — Haut. 1m,15.
64. — Battants d'une porte en pièces de bois
assemblés et incrustés d'ivoire et d'ébène, provenant
de la mosquée el-Achraf — Haut. 1m,98. (PI. XIII).
Ces battants sont remarquables parce qu'ils ont les deux faces
également travaillées.
Les pann eaux oblongs du haut et du bas manquent.

EBENISTERIE



119

65. — Coffre-bibliothèque de koran, en bois,
recouvert à l'extérieur et à l'intérieur de mosaïques
fines. Les charnières sont en bronze incrustées
d'argent et d'or. Travail fort remarquable.
Le coffre est divisé en trois compartiments, chaque
compartiment en dix rainures pour les trente
parties du koran. — Long. 0m,71. — (PI. XV.)
Ce coffre est de la même provenance que la table décrite sous
le No 59. Les motifs de dessins, notamment les petits arcs, sont
communs aux deux objets.
66. — Lustre à base octogonale en bronze fondu
à jour. Dans les compartiments une fleur de lis
ou un losange comme armoirie; sur la couverture
en tôle repoussée, le croissant. — Haut. 1m,90.
— (PI. VI.)
Provenant de la mosquée Serghatmach, mort en 756 de l'hégire
(1355).
67. — Neuf vitraux en plâtre découpé et verres
de couleur. — Haut. de 0m,82 à 1m,74.
68-69. — Deux planches en bois, ornées de
sculptures. Les panneaux disposés en dessins
géométriques renferment de jolies arabesques. —
Haut. 1m, 90 et 2m,00. Trouvées dans la mosquée el-Mouayyed.
70. — Frises en bois. La surface est divisée
en champs oblongs séparés d'un petit champ en
forme d'étoile. Les premières contiennent en
inscription coufique les phrases:
La bénédiction complète et la faveur générale.
— Long. 1m,36.

120

71-72. — Planches en bois avec sculptures, ornements
et inscriptions en caractères coufiques tirées
du koran. — Long. 1m,55.
73. — Planche en bois couverte d'arabesques
et d'écritures en sculpture. Le milieu des étoiles est
occupé par les mots: La gloire éternelle.
— Long. 1m,77.
74. — Fragment d'une planche en bois, lettres
blanches sur fond rouge, en peinture. — Long. 0m,70.
75. — Planche en bois sculpté, avec panneaux
oblongs et circulaires, entourés de bandes peintes.
Dans le médaillon, la fleur de lis en sculpture
dorée; I'inscription en peinture des grands
panneaux est koranique. — Long. 2m,[illeg.]5.
78. — Planche en bois avec ornements et
inscriptions en peinture.
Dans le panneau de gauche, les mots:
La gloire éternelle. — Long. 1m,72.
Les traits du panneau de droite ne sont pas des lettres, bien
qu'ils ressemblent au coufique.
77. — Fragment d'une planche en bois avec
ornements en peinture. — Long. 1m,50.
Les No 73 à 77 ont été trouvés dans la mosquée du sultan el-Mouayyed.
78. — Planche en bois avec inscriptions sculptées
des deux côtés. D'un côté, nous lisons dans

EBENISTERIE. — IVOIRE


la seconde ligne (la première ligne ainsi que le
texte de l'autre face sont tirés du koran):
La construction de cette tombe bénie a été ordonnée
par notre seigneur, le sultan, le roi victorieux,
secoureur de l'État et de la religion, Abou
Sâdât Farag, fils de Barkouk. Que Dieu le très
haut le secoure.
— Long. 1m,63.
Provenant de la mosquée funéraire du sultan Barkouk (1105 à
1410).
79-80. — Fragments de planche sculptés d'ornements.
Trouvés dans la mosquée d'el-Mouayyed.
— Long. 0m,70 et 1m,00.
81-82. — Planches à arabesques en sculpture,
provenant d'une solive du plafond de la mosquée
el-Mouayyed. — Long. 1m,16.
83-89. — Sept panneaux en bois sculptés
d'inscriptions en relief provenant de la mosquée
funéraire du sultan Barkouk.
Le texte de l'inscription:
C'est ce qu'a légué notre seigneur, le roi victorieux
Farag, fils de Barkouk.
— Long. 0m,72.
90. — Planche sculptée d'ornements. Long. 1m,80.
91-92. — Frises en bois sculptées d'ornements
en creux. — Long. 1m, 10 et 1m,23.
Trouvées dans la mosquée d'el-Mouayyed.

122

93. — Planche en bois, ornée de décorations
géométriques en sculpture. — Long. 2m, 05.
Les pièces décrites sous les No 68, 77, 79, 80, 91, 93 ont été trouvées
sur la couverture du sanctuaire de la mosquée d'el-Mouayyed
en 1889, à l'époque des travaux de réparations. Ces planches ont
dû être jetées sur la terrasse pour boucher quelques défectuosités
de la couverture, et il n'y a aucun doute qu'elles aient jamais fait
partie de cette mosquée. Nous sommes plutôt porté à croire qu'elles
proviennent de quelques palais ou maisons, et ce qui nous le fait
supposer, c'est que le texte des phrases qui s'y répètent se rapporte
plutôt à un sujet laïque qu'à un sujet religieux.
94. — Fragment d'une planche sculptée d'ornements
dans le style des premiers siècles de
l'art arabe, en Égypte. — Long. 0m,57.
Trouvé dans les terrains situés aux environs d'Aïn Sira, au Sud du Caire.
95. — Panneau en bois sculpté d'inscription
au texte suivant:
L'érection de cette tribune bénie fut ordonnée
par notre maître et seigneur, le noble personnage,
le sultan, le roi très-noble, Aboul-Nasr
Kaïtbaï. Que Dieu éternise son royaume et fortifie
ses bases.
Le milieu de cette inscription est interrompu
par un médaillon qui contient en trois lignes la
phrase aux louanges du sultan. — Long. 2m,43.
Cette planche provient de la tribune qui a été léguée par le
sultan Kaïtbaï à la mosquée funéraire du sultan Barkouk.

MACHRABIÉHS



123

96. — Planche portant l'inscription suivante
en sculpture;
La réfection à neuf (réparation) de cette mosquée
fut ordonnée par notre maître et seigneur,
le sultan possesseur, le roi très noble Aboul-Nasr
Kaïtbaï. Que Dieu éternise son royaume.
Amen.
Long. 0m,82. — Cette pièce provient de la mosquée el-Azhar.
97. — Fragment sculpté d'ornements. —
Long. 1m,03.
98. — Planche ornée d'arabesques à dispositions
symétriques. — Long. 1m,42.
99. — Planche en bois sculptée et portant
des traces de dorure. — Long. 1m,79.

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124

SALLE No 5

1. — Deux battants d'une porte assemblés de
petits panneaux provenant de la Basse-Egypte.
Les panneaux du haut et du bas sont sculptés
d'ornements à lignes géométriques. — Haut. 1m,60.
2. — Armoire. La face se divise en frise, soubassement
et portes, composés de petits panneaux
en bois dur et en ivoire. Les panneaux en bois
sont sculptés, ceux en ivoire sont incrustés de
diverses matières. Les côtés sont unis. Provenance
de la mosquée el-Azhar. — Haut. 1m,60.
3. — Face d'une armoire assemblée de petits
panneaux, Le haut est percé de deux arcs. —
Haut. 1m,74.
4. — Porte en bois à panneaux sculptés et
tournés. — Haut. 1m,52.
5. — Six fragments de planches sculptées en
motifs de fleurs. Trouvés dans l'okâla Sonboul. —
Long. 0m,80 — 1m,31.
6. — Fragment d'un encadrement sculpté. —
Long. 0m,60.
7. — Bois. Planche sculptée d'arabesques. —
Long. 0m,57.

125

8. — Six planches sculptées provenant de
l'okâla Sonboul, Caire. — Long. 0m, 55 — 1m, 54.
9. — Planche sculptéee d'inscription koranique.
— Long. 1m, 90.
10-11. — Deux panneaux en bois sculptés et
perforés; provenant de la mosquée el-Azhar. —
Long. 0m, 69.
12. — Bois sculpté. Fronton d'encadrement
d'un minbar. — Long. 0m, 68.
13. — Deux panneaux de porte, travail d'assemblage.
— Long. 0m, 35.
14. — Fragment d'un plafond sculpté d'ornements.
— Long. 0m, 42.
15. — Fragment d'une planche sculptée. L'inscription
se rapporte à une fontaine. — Long. 1m, 35.
16. — Bois. Deux consoles à stalactites; la
base en travail appliqué. Provenant de la maison
du Wakf el-Arabi, à el-Goudarieh, Caire. —
Haut. 1m, 60.
17. — Battant de porte. Le panneau du milieu
est sculpté d'ornements géométriques.—Haut. 0m, 72.
18. — Bois. Fragment d'un arc à forme ogivale.
Les reins sont sculptés d'ornements. — Long. 0m, 98.
19. — Porte à deux battants en bois sculptée
d'inscription; provenant de la mosquée de Sidi
Ibrahim el-Bourkaoui, à Dessouk, Basse-Egypte.
Haut. 1m, 95.
20. — Porte à deux vantaux assemblés de
petits panneaux et ornée de bronze. Même provenance.
— Haut. 1m, 44.

126

21. — Bois. Panneau oblong sculpté et perforé.
provenant de la mosquée el-Azhar. —
Long. 0m, 83.
22. — Trois fragments de planches à ornements
sculptés ayant servi de revêtement aux solives.
Provenance de l'okâla Sonboul, en ville. —
Long. 0m, 70 — 1m, 35.
23. — Planche sculptée d'un plafond, trouvée
dans le même okâla. — Long. 1m, 06.
24. — Porte formée de petits panneaux assemblés
et sculptés; leur encadrement est également
sculpté. — Haut. 2m, 40.
Provenant de la Khânka (mosquée-couvent) du sultan Beïbars
el-Gachankîr. XIVe siècle.
25. — Côté d'une porte de minbar à ornements
sculptés et incrustée de filets d'ivoire. —
Haut. 1m, 76.
26. — Bois. Encadrement d'une porte. Assemblage
de petits panneaux carrés, ornés de fleurs
de lis sculptées. — Haut. 2m, 33.
La sculpture des plates-bandes est surtout intéressante à cause
des figures d'animaux qu'elle représente. Provenance de la
mosquée-couvent du sultan Beïbars. XIVe siècle.
27. — Côté d'une chaise de lecteur de koran.
Le haut est occupé par une inscription commémorative,
portant la date de 746 de l'hégire (1345). Provenance de la mosquée el-Azhar. — Haut.
1m, 05.
28. — Panneau central d'un plafond sculpté et
peint, provenant d'une fontaine fondée par le sultan
Kaïtbaï, fin du XVe siècle. — Larg. 1m, 67.

127

Le polylobe du centre contient l'inscription
suivante: dans la seconde ligne:
Gloire à notre seigneur, le sultan, le très noble
roi.
— Dans la première ligne:
Aboul-Nasr Kaïtbaï. — Et à la dernière ligne:
Que sa gloire soit exaltée.
29. — Solive à inscriptions sculptées en relief,
aux louanges d'un sultan. — Long 2m, 85.
30. — Linteau de porte gravé d'une inscription
au nom du roi el-Azîz Osmân; date de 574 de
l'hégire (1178).
Provenance de Dessouk, Basse-Egypte. — Long. 2m, 12.
Le nom du sultan écrit surla planche est textuellement
le suivant:
La roi el-Aziz Osman, fils de Youssef, fils
d'Ayyoub.
El-Aziz Osman était fils du grand Saladin. Il a régné de 1193 à
1198, époque de la quatrième croisade.
31. — Porte à petits panneaux assemblés, provenant
de la maison Wakf el-Kasr Ali. Caire.
XVIIIe siècle, — Haut. 2m, 00.
32. — Chaise de lecteur de koran à panneaux
pleins, les appuis sont en bois tourné, (réparée).
Haut. 1m, 05.

128

33. — Bois. Console à ornements sculptés. —
Haut. 1,m 22.
Ces spécimens de consoles sont destinés à supporter dans les
coupoles un châssis ordinairement octogonal, formé de solives
servant elles-mêmes à supporter des lampes.
Le salle No 4 possède une de ces solives (No 47).
34. — Porte en bois, lames et boutons en
bronze provenant du tombeau de Sidi Ibrahim,
à Dessouk, Basse-Égypte. — Haut. 2m, 17.
35. — Solive en bois de dattier reccouverte de
planches avec traces de peinture, provenant de la
mosquée Wakf el-Tauoâfieh, rue Abou-Taleb, au
Caire. — Long. 4m, 20.
36. — Chaise de lecteur de koran avec champs
en bois tourné et assemblés de petits panneaux,
incrustés de fines mosaïques.
Provenance de la mosquée de l'émir Kidjmas el Ishâki, grand
écuyer du sultan Kaïtbaï, XVe siècle. —
Haut. 1m, 36.
37. — Planche en bois. Pièce de revètement
d'une solive. Les ornements sculptés sont peints
en blanc ou dorés, fond bleu. Du plafond de la
mosquée du sultan el-Mouayyed, XVe siècle. —
Long. 1m, 00.
38. — Support de bulbe, du minbar de la mosquée
de Kaoussoûn el-Sâki, XIVe siècle. — Haut. 0m, 90.
39. — Panneau en bois, les champs sont ornés
d'ornements sculptés.
Provenance de la mosquée el-Azhar. — Long. 0m, 55.
Très probablement du sultan Kaïtbaï, restaurateur de cette
mosquée, XVe siècle.

129

40. — Fragment d'un plafond; sculpture peinte
et dorée. — Long. 0m, 78.
41. — Table forme étoile, panneau des côtés
en bois tourné.
Provenance du tombeau du sultan el-Ghoûri, XVI e siècle. —
Cet objet d'art est fort intéressant à cause de la peinture.
Haut. 0m, 50.
42. — Dix vitraux en plâtre découpé et vitres
en couleur. — Haut. 0m, 95 à 1m, 14.
43 - 44. Traverses d'armoire de la petite mosquée
el-Goharieh, construite à l'angle nord-est
de la mosquée el-Azhar. Les panneaux sont incrustés
d'ivoire. — Long 1m, 00.
La mosquée fut élevée en l'an 1440 par Gôhar el-Kankabâï. Le
fondateur est enterré sous la coupcle attenant à la mosquée.
45. — Face d'armoire à panneaux décorés
d'arabesques et d'inscriptions sculptées. En haut,
de petits arcs découpés en planches — Haut. 2m, 21.
Phrases de l'inscription: La gloire éternelle.
La vie à son propriétaire. La bénédiction complète.
La vie longue.
46. — Lustres en tôle de laiton richement
gravé au burin, à cent veilleuses, provenant de
la mosquée el-Azhar. — Haut. 1m, 80.
L'inscription indique que ce lustre fut donné «en Wakf» c'est
à dire legs par un mamlouk d'un sultan.

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SIXIÈME SALLE

Céramique.

La poterie est une branche tellement élémentaire
de l'industrie céramique, elle embrasse la
fabrication de vases et d'ustensiles qui sont si intimement
liés aux besoins journaliers, qu'il est
naturel qu'elle ait eu en Egypte un développement
d'une importance particulière, si l'on
tient compte surtout du grand essor qu'a pris en
ce pays la fabrication de produits beaucoup
moins usuels.
On peut aisément affirmer qu'on ne s'est pas
arrêté longtemps à la fabrication de produits
élémentaires, mais qu'on s'est au contraire adonné
de bonne heure à la création d'objets revètus
de ce qu'on nomme en termes techniques
couvertes.
Si l'historien Nassiri Khosrau n'était pas là
pour nous raconter ce qu'il a vu de ses yeux, les
considérations émises plus haut suffiraient pour
nous convaincre que cette industrie a dû exister.
En ce qui concerne l'habileté des Arabes dans
l'industrie céramique pendant les siècles suivants,
nous en trouvons des preuves dans les fragments
déposés en masse dans les monticules qui s'élèvent
aujourd'hui sur l'emplacement où existait la ville
de Fostât.
Depuis plusieurs années, les couches supérieures
de ces décombres sont utilisées comme engrais
dans les jardins de la ville; au cours des fouilles,
la pioche heurte souvent des débris de vases de
toutes sortes, parmi lesquels on en rencontre de
fort remarquables.1
1 Ces fragments sont très recherchés par les amateurs. Nous
tenons à signaler notamment ceux qui se trouvent dans la collection
bien connue de M. le Docteur Fouquet, du Caire.
Nous trouvons ici, comme dans les produits
industriels de toute sorte, des objets médiocres
qui devaient être certainement à la portée de tout
le monde, de même que des pièces finement travaillées
dont les dessins sont exécutès avec un
soin extrême.
Ces produits révèlent en même temps le goût
des inscriptions si vif chez les Arabes. La présence
de ces textes, à défaut d'une date précise,
n'en constitue par moins un moyen suffisant, la
plupart du temps, pour en déterminer approximativement
l'époque.

Gloire à notre Seigneur…

Parmi ce qui a été fait pour…

sont pour nous des formules trop connues pour
ne pas les faire remonter sans hésitation au
commencement du XIVe siècle. Et si ces devises
n'étaient pas assez éloquentes, le nombre et la
variété des blasons nous démontreraient d'une
manière évidente l'âge auquel ces objets appartiennent.
Cette reproduction continuelle des blasons
qu'on retrouve constamment dans les poteries,
in'amène à cette conclusion que, si l'on arrivait
un jour à leur classement chronologique, on

aurait fait un pas important dans l'histoire de
la céramique arabe.
Parmi les fragments recueillis, nous retrouvons
les mêmes blasons qui accompagnent d'autres
produits industriels. C'est ainsi que l'on voit
le lion, l'aigle à deux têtes, l'aigle à la poitrine
ouverte, le lis sous ses formes les plus
variées, la coupe, les losanges, etc.
Pour ce qui est de la qualité des poteries, il
convient d'observer que les unes sont ornées de
glaçure, tandis que les autres en sont complètement
dépourvues. Ces dernières sont les poteries
cuites proprement dites, composées d'une pâte
dure et ordinairement munies d'estampilles qui
indiquent probablement la capacité du récipient.
Les autres, au contraire, les faïences, constituent
une riche série, encore imparfaitement étudiée
par les céramistes, auxquels nous nous faisons
un devoir de renvoyer le visiteur.
Quoiqu'il en soit, il est un point qui nous semble
acquis. C'est celui qui a trait à l'influence exercée
par les céramiques étrangères sur l'industrie indigène.
Il est hors de doute pour tout connaisseur
de l'art arabe, que certains dessins qui se répètent
à l'envi sur nombre de vases (V. 135 et 138)
n'ont pu être empruntés qu'à l'Extrême Orient;
il en est de même des couleurs. Le céladon, dont
la Chine est, comme on sait, le lieu d'origine,
parait avoir exercé un vif attrait sur les céramistes

ègyptiens (V. No 144) à une époque que nous
croyons pouvoir déterminer. Les céladons sont
en effet connus dans tout le pays sous le nom
de Ghoûri.1
1 Les céladons authentiques, qui commencent déjà à n'être plus
très rares, sont des pièces anciennes gardées dans les familles
de génération en génération.
N'est-il pas permis de se demander si
ce nom n'est pas le nom de l'illustre constructeur,
qui a doté, comme on sait, le Caire d'un si grand
nombre de b eaux édifices, et qui, de plus, a eu
souvent recours pour la décoration de ses constructions
à un emploi si caractérisé de la céramique?
N'y a-t-il là qu'une simple coïncidence, nous
ne le pensons pas.
Les fragments qui proviennent des vases dont
l'émail opaque forme la glaçure, sont très remarquables.
La face extérieure du fond, celle qui
s'est le mieux conservée, porte souvent la marque
du fabricant ou de l'artiste, sous la forme:

Fait par le Caïrote

Fait par le maitre


Fait par le Syrien

Fait par le fils du Syrien

ce qui prouverait que le fils a continué l'art de
son père. Les noms que l'on retrouve le plus
souvent sont: Ghaïbi et Ghazâl
Ces signatures sont souvent tracées au pinccau
avec une verve tout artistique.
Nous passerons maintenant à l'examen d'une
autre catégorie de faïences: les plaques de revêtement
qui ont joué un si grand rôle tant en
Perse qu'en Espagne où on les rencontre à partir
de 935.
Le voyageur qui traverse l'Egypte sera surpris
de l'emploi si limité que les Arabes ont fait du
revêtement en terre cuite émaillée. Ce fait est
d'autant plus frappant, que ces carreaux céramiques
ont eu en Perse un remarquable développement
et que ce pays a exercé une grande influence
sur la marche des industries égyptiennes.
Signalons ici tout d'abord les carreaux de
faïence appelés en Egypte Kichâni, nom qui leur
vient de la ville persane Kichân, dont ils tirent
leur origine.
Cette exclusion ne serait justifiée, à mon avis,
que par le fait que les constructeurs préféraient
le marbre comme revêtement et que cette matière,
très abondante dans le pays ou dans les pays voisins
satisfaisait davantage leur goût artistique,
étant donné aussi que la mosaïque en marbre est
un genre d'ornementation plus riche. La même
observation a été faite pour les Romains, dont les
architectes n'employaient pas la faïence dans
leurs constructions, bien qu'elle fût en vogue
dans les pays qu'ils avaient conquis, alors qu'ils
se plaisaient souvent à imiter l'architecture et le
goût des pays placés sous leur domination. Th.
Deck, à qui j'emprunte cette remarque, dit que:
«c'est à cette exclusion systématique qu'il faut
attribuer le retard si prolongé que la fabrication
de la faïence a subi en Europe».
On peut énumérer facilement les monuments
du Caire et de ses environs dans lesquels la faïence
a trouvé son emploi; ce sont: les minarets de la
mosquée du sultan el-Nâsser, à la citadelle (XIVe
siècle), le tombeau de l'émir Tachtomar el-Sâki
et le tombeau de Khaouand Baraka. Ces derniers
se trouvent dans la nécropole des sultans mamlouks,
généralement connue sous le nom de
tombeaux des Khalifes.
Considérons maintenant de près ces rares spécimens
dans lesquels apparaît en Egypte le revê
tement en faïence. Dans les deux minarets cités

plus haut, les carreaux revêtent les pierres de
taille de l'étage supérieur où les formes ne sont
qu'ébauchées à grands traits. Les carreaux sont
de couleur unie, blanche, brune et verte. La
coupole du tombeau de l'émir Tachtomar porte
la date de l'année 735 (1334). Les carreaux verts
qui s'y trouvent forment une ceinture dans le tambour
de la coupole même. C'est une autre coupole
qui nous fournit le spécimen le plus intéressant
de ces faïences; nous y voyons en effet un bandeau
portant une inscription et dont le rebord
supérieur s'accuse par une gorge couronnée de
merlons. Les grands caractères blancs ressortent
nettement du fond vert à deux nuances et rehaussé
par un feuillage en faïence brun foncé. L'ensemble
du travail, tel que lettres, feuillages, etc.,
se présente comme une mosaïque composée de
morceaux irréguliers dont l'effet, si la comparaison
nous est permise, ressemble à un mur cyclopéen.
Le nom Khaouand Baraka sous lequel ce monument
est connu n'est pas le nom véritable, c'est
plutôt un nom donné capricieusement par le peuple
qui ignorait celui du vrai fondateur. 1
1 Ainsi, par exemple, on appelle cheikh el-Arbaïn une quantité
de santons dont on ne connait pas le véritable possesseur.
A en

juger par le caractère de sa construction et de son
ornementation, ce monument appartient à la
même époque que les deux autres.
Ce n'est qu'un siècle et demi plus tard que
nous trouvons un autre monument avec cette
même caractéristique. Le visiteur du musée
arabe sera frappé par l'aspect de grandes plaques
en faïence sillonnées de lettres cubitales blanches
sur un fond bleu. Ces lettres s'étendant sur deux
assises sont d'une rare beauté; les ornements
qui remplissent par ci par là les vides ont un
cachet purement arabe. Les registres que nous
avons consultés à ce sujet nous disent que ces
plaques ont été apportées dans la collection avec
différentes pièces du tombeau du sultan el-Ghoûri;
ces registres sont malheureusement muets sur les
parties que ces pièces revêtaient. Si elles ont
appartenu réellement à ce tombeau, elles ne pouvaient,
à mon avis, que former une ceinture semblable
à celle des coupoles que nous venons de
décrire. Les recherches que j'ai été amené à faire
m'ont confirmé dans cette supposition. Prisse
d'Avennes1
1 Prisse d'Avennes — L'Art Arabe, p. 123
rappelle que la coupole du sultan
el-Ghoûri a grandement souffert d'un tremblement
de terre et qu'on se trouva dans la nécessité
de la démolir.
2
2 La coupole actuelle est en bois et a été construite il y a environ
treize ans.
En la décrivant, Prisse d'Avennes dit: « qu'elle
était construite en pierre ornée à l'extéricur de
carreaux de faïence bleue comme le minaret,
puis d'une inscription formant ceinture et enfin
de petites imitations de fenêtres bleues et blanches
scellées entre les fenêtres du dôme».1
1 Prisse d'Avennes veut sans doute parler du minaret du
collège (madrassa), car le tombeau lui-même n'a pas de minaret.
En définitive, les Arabes n'ont fait — et nous
insistons sur ce point, — qu'un usage des plus

restreints du revêtement en faïence dans leur
architecture. Ce n'est qu'au commencement du
XVIe siècle que ces faïences font leur apparition
et cette innovation concorde de la manière la
plus curieuse avec la conquête du pays par les
Turcs, c'est-à-dire par un peuple dont l'architecture
avait pour caractéristique l'emploi de ce
procédé décoratif. La mode fut alors d'en orner
les murs des mosquées, des maisons et surtout de
ces fontaines-écoles (sebil-kouttâb) qui prirent
avec le temps une physionomie de plus en plus
turque.
On objectera pourtant qu'il existe au Caire des
mosquées d'une date très-antérieure qui en offrent,
elles aussi, de très-notables spécimens.
Mais c'est là qu'il importe de ne pas se laisser
induire en erreur par les apparences. Un œil un
peu exercé n'aura aucune peine à reconnaître
qu'clles ne sontlà qu'une superfétation, et qu'elles
étaient introduites après coup pour satisfaire au
goût du jour.
Prenons comme exemple la mosquée Ak-Sonkour
élevée au XIVe siècle, restaurée ensuite en 1653
par lbrahim Agha Mostahafazân et la mosquée
de l'émir Cheykhoû qu'on se plaît ordinairement
à citer comme un spécimen des plus typiques de
cette architecture. Pour peu que l'on examine
les carreaux du mihrâb de cette dernière mosquée,
on s'apercevra qu'ils sont entremêlés sans

système avec les restes de mosaïques en marbre
et sans aucun souci de l'incompatibilité dans
laquelle se trouvent ces deux procédés décoratifs
dont l'un exclut nécessairement l'autre; de plus,
les motifs habituels qui ornent les carreaux ne
sont même pas de style arabe. Quelles que soient
les couleurs employées, qn'elles soient à deux
ou à plusieurs tons, la main-d'œuvre et le goût
turcs y sont manifestes.
Prisse d'Avennes, à l'autorité de qui nous
aimons à nous référer, classait ordinairement ces
produits céramiques, dont l'emploi s'est répandu
à partir d'une certaine époque, dans tout l'Orient,
sous le nom de faïences de Kutaïa. C'était de
cette ville d'Asie Mineure où l'industrie en était
particulièrement florissante, que ces carreaux
rayonnèrent jusqu'à Jérusalem ou Constantinople,
jusqu'au Caire ou Damas, en un mot dans tout le
Levant.
L'Égypte pourtant ne devait pas rester à ce
point de vue longtemps tributaire de l'étranger.
Elle s'assimila les procédés tures et sut si bien
leur donner son empreinte, qu'il est impossible de
confondre les faïences à ornements géométriques
qu'on remarque dans les constructions du Delta,
et notamment celles de Rosette, avec celles des
mosquées de la période turque, au Caire. Avec le
temps, cette industrie tomba en pleine décadence;
l'ornementation comme la matière perdirent leurs

belles qualités (voir notamment l'un des mihrâbs
de la mosquée de Saïda Nefissa, au Caire, qui
porte la date de 1171 de l'hégire). Puis les fours
ne tardent pas à s'éteindre et les faïences qui apparaissent
dans les constructions du commencement
de ce siècle portent dans leurs dessins des
motifs naturalistes (No 252), signe évident d'une
origine occidentale.

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SALLE No 6.

Céramique.

A. — Terres cuites (Sans glaçure).

1-4. — Coupes. — 1. Diam. 0m,17 — 2. Diam. 0m, 15
3. Provenance de la mosquée du sultan el-Ghoùri. — Diam 0m, 14 —
4. Porte trace d'un vernis à l'intérieur. — Diam. 0m, 11.
5. — Vase d'une haute forme. — Haut, 0m, 15.
6. — Petit vase. — Haut. 0m, 04
7-9. — Récipients, de la mosquée el-Ghoûri.—
Haut. 0m,08 — 0m, 12.
10-11. — Lampes. — Haut. 0m, 13 — 0m, 12.
12-13. — Pipes. — Haut. 0m, 03.
14 — Brique trouvéc au vieux Caire. —
Long. 0m. 15.
15-16. — Grégeoises (grenades de feu) portant
en estampe le nom «Mohamed». — Haut. 0m, 11.
17-34. — Dix-huit fragments de récipients à
diverses estampes.
35. — Récipient en forme de quadrupède. —
Long. 0m, 14.
Les Nos 17-35 ont été trouvés dans les décombres au sud de la
ville et ont été donnés au Musée par M. Fouquet, docteur médecin.

FAIENCES MUSÉE ARABE

36. — Cruche à base ovoïde. — Haut. 0m, 37.
37-38. — Amphores à base pointue. — Provenant
de la mosquée de l'Imâm Chafey, au Caire.—
Haut. 0m, 55 — 0m, 60.
39.. — Cruche à base sphérique. — Haut. 0m, 37.
40. — Cruche à base aplatie. — Haut. 0m, 21.
41. — Talisman (hegâb) portant inscriptions
estampées. — Diam. 0m, 06.

B. — Objets en faïence.

42-59. — Dix-huit lampes. — Long. 0m, 09 — 0m, 12.
60. — Globe en terre cuite, émail jaune. De la
mosquée de l'épouse du sultan Kaïtbaï à Fayoum.
Fin du XVe siècle. — Diam. 0m, 11.
61-62. — Globes en faïence. Fleurs bleues sur
fond blanc. — Diam. 0m, 22. — (PI. XVII).
Les globes mentionnés sous les Nos 60 et 62 servaient à orner
les chaines de lampe.
63. — Fond de plat émaillé en blanc, à ornements
bleus et noirs. Inscription à l'extérieur.
Trouvé dans la mosquée du sultan el-Ghoûri.
64. — Plat à bord modelé de diverses couleurs.
— (PI. XVII) — Diam. 0m,38.
65. — Fragment d'une assiette avec inscription.
Diam. 0m,20.
66-70. — Veilleuses.
66. — Veilleuse en faïence. Fond blanc opaque,
décoration en couleur. — Haut. 0m,49. — (PI. XVII).
L'inscription est une sentence du koran. Date 1155 de l'hégire
(1645).
67. — Veilleuse sur un fond blanc; ornements
bleus, verts et jaunes. — Haut. 0m. 29.
68. — Veilleuse émaillée de blanc, à décoration
bleue et verte. — Haut. 0m, 23.
Provenant de la mosquèe d'Ahmed el-Badaoui à Tantah.
69. — Veilleuse à fond blanc, décoration bleue.
— Haut. 0m,22. — Même provenance.
70. — Veilleuse en terre cuite couverte d'émail
bleu turquoise. — Haut. 0m,30
Trouvée dans la mosquée du sultan Hassan.
71. — Grand récipient en terre cuite émaillée
et couverte d'un réseau de lignes. La grande dimension
de cet objet nous indique qu'il a été fait
par zones juxtaposées. — Haut. 0m,91.
Provenance de la mosquée el-Azhar.
72. — Coupe vernie à l'intérieur. — Diam. 0m,06.
73-80. — Fragments de poteries glaçu rées.
Don de M. Herz. — 1893.
73-74. — Poterie portant inscription. —
Long. 0m, 07.
75. — Fragment avec blason (écusson avec
glaive) et inscription. — Long. 0m,08.
76. — Fragment de faïence à inscription. —
Long. 0m, 07.
77. — Fond d'un récipient sur lequel est
représentée une fleur de lis. — Diam. 0m, 07.
78. — Fond de terre cuite couverte d'émail
blanc. Sur le revers se trouve le nom du fabricant
Ghaïbi. — Diam. 0m 09.

Musée Arabe. FAIENCES


79. — Idem. — Sur le revers, le nom
Ghazâl. — Diam. 0m,03.
80. — Fragment de faïence avec feuillages en
style arabe. — Long. 0m,09.
81-166. — Pièces de faïence et fragments:
Don de M. Fouquet, docteur-médecin. — 1893.
81-108 — Fragments de poteries; émail blanc
opaque.
135. — Morceau de faïence dont le dessin
présente de l'analogie avec celui du fragment de
porcelaine No 318.
144. — Fragment de poterie à glaçure verte.
Genre céladon.
145. — Morceau de poterie conservant encore
le trépied qui a servi de support à une autre pièce
pendant la cuisson.
157. — Coupe couverte d'émail blanc. —
Diam. 0m, 13.
158-159. — Coupes. — Diam. 0m, 16 — 0m, 41.
160-162. — Petits récipients. — Haut. 0m, 07-0m, 10.
163-164. — Lampes. — Haut. 0m, 09.
165. — Pièce cylindrique en émail bleu. —
Diam. 0m, 03.
166. — Soucoupe. — Diam. 0m, 04.
167. — Plaques en faïence représentant en
perspective la kaaba et ses environs. — (PI. XVII)
Une inscription indique qu'elle a été faite par Mohamed el-Châmi
(le syrien) en 1139 de l'hég. (1726). — Long. 0m, 45.
168-177. — Dix carreaux émaillés ayant
pour motif d'ornementation l'œillet. — Long. 0m, 25.
178. — Faïence. Fragment de bordure. —
Haut. 0m, 13.
179-181. — Quatre pièces de faïence provenant
d'un tympan. — Long. 0m, 25.
182-185. — Cinq plaques émaillées, ornement
blanc sur fond bleu. — Long. 0m, 24.
186-187. — Deux fragments de carreaux de
revêtement. Email rouge, bleu et vert sur fond
blanc. — Haut. 0m, 14-0m, 17.
188-190. — Trois plaques, fond blanc et ornements
bleus en deux nuances. — Long. 0m, 25.
191. — Plaque contenant un morceau de panneau
et son encardrement. — Long. 0m, 25.
192-195. — Faïences. Quatre plaques oblongues
à ornements bleu, gris et vert sur fond
blanc. — Long. 0m, 19.
196. — Faïence. Ornements gris et bleus de
diverses nuances. — Long. 0m, 19.
197-199. — Trois plaques en faïence à ornements
blancs et verts sur fond bleu. — Long.
0m, 13-0m, 15.
200-212. — Treize carreaux en terre cuite
émaillée. — Long. 0m, 10-0m, 23.
Travail médiocre.
213-214. — Deux plaques. Panneau blanc,
bordé d'ornements bleus et verts. — Long. 0m, 25.
Travail médiocre.
215-228. — Quatorze carreaux en faïence.
Bonne exécution. — Long. 0m, 11 — 0m, 25.
229-230. — Deux plaques (dont une incomplète).
Les filets des entrelacs forment autour des
champs une bordure en relief. Travail remarquable.
Ces pièces proviennent de la mosquée de Khochkadam el-Ahmedi,
rue el-Hosr, au Caire.
Nous trouvons des plaques semblables dans la mosquée de
l'émir Cheykhoû, également au Caire. — Ces faïences ressemblent
beaucoup aux produits céramiques de l'Espagne, d'ou elles ont été
très probablemént exporiées. — Long. 0m,06 — 0m. 10.
231-235. — Cinq panneaux formés de cinquante
carreaux. — Le motif représenté consiste
en une fleur sortant d'un vase. — Provenant de
la maison de la dame Nafoussa Gassoussa, au
Caire, datant de la fin du siècle dernier. —
Long. 0m, 79.
236-247. — Douze plaques en faïence. —
Long. 0m, 20. Travaïf moderne.
248-252. — Plaques à dessins naturalistes.
248-249. — Plaques en faïence. Un insecte
au milieu d'un champ.
250-251. — Carreaux en terre cuite émaillée.
Le feuillage est d'un style naturaliste. Au milieu,
un cyprès.
A ce sujet, on lit dans l'ouvrage de Prisse d'Avennes1
1 L'Art arabe. Paris 1877.
que «les
écrivains arabes orientaux ne sont pas d'accord sur le symbolisme
du cyprès, qui se voit si souvent sur les tombeaux, les faïences.
les étoffes et les tapis, surtout en Turquie et en Perse. Les artistes
le representent quelquefois la tête penchée, comme s'il cédait à

l'effort du vent. Les Arabes prétendent que c'est l'arbre auquel le
démon a été enchainé et le considèrent comme le symbole de la
liberté. Le cyprès a été, en Perse, l'emblème de la religion et
représentait l'âme aspirant au ciel.»
252. — Quatre plaques. Les ornements représentent
des fleurs dessinées d'après nature.
Le dessin de ces plaques trahit son origine européenne.
253-271. — Dix-neuf carreaux en faïence à
lettres blanches sur fond bleu.
Les carreaux contiennent les sentences suivantes:
253, 258, 263, 264 et 269:

Il n'y a pas de divinité en dehors de Dieu.
Cette inscription reproduit entièrement avec
celle qui se trouve sur les carreaux suivants, la
sentence sacramentelle musulmane. Ces carreaux
sont:
254, 259 et 265:
Mohamed est le prophète de Dieu.
270. — Contient la première phrase, mais écrite
à l'envers, sans doute pour former symétrie.
255,260 et 266:
Je me fie à Dieu.
256. 261 et 267:
Victoire de Dieu et conquête prochaine.
257, 262, 268 et 271:
Annonce, ô Mohamed, la bonne nouvelle aux
croyants!
272. — Grand panneau ogival formé de petits
carreaux. Dans l'état actuel, il y a quatorze plaques.
Sur chacune d'elles une inscription en lettres
blanches entourées de lignes vertes sur fond
bleu. Une bordure à ornements coloriés en blanc
sur fond vert encadre le panneau.
273. — Deux pièces de faïence, fragments
d'un panneau à médaillons. Ornements et inscriptions
en lettres blanches sur fond bleu.
A l'aide des quelques lettres représentées sur ces plaques, l'inscription
peut facilement être complétce. Elle contenait la phrase
habituelle à la louange d'un sultan mamlouk telle que nous la
retrouvons sur des menus objets. (Voir l'observation du No 19,
page 73).
274. — Pièce identique à la plaque inférieure
du numéro précédent.
275-292. — Faïence. Dix-huit plaques à lettres
et ornements bleus contournés de lignes blanches
sur fond bleu. Les lettres occupent deux assises.
293-308. — Quarante plaques en faïence avec
une inscription en blanc sur fond bleu. Les lettres
s'étendent sur deux assises de carreaux. Les ornements
qui remplissent ça et là les vides laissés
par les lettres, d'un style pur arabe, trahissent
leur origine égyptienne.
Provenant de la coupole (démolie en 1860) du tombeau du sultan
el-Ghoûri, construit en 909 de l'hég. (1503).
309-313. — Plaques en faïence de couleurs unies.
Fragments de la ceinture et de son couronnement,
qui décorent le dôme du tombeau connu

sous le nom de Kobbat el-Sitte Baraka aux
tombeaux des Khalifes. — XIVe siècle.
309. — Fragment de faïence; lettre blanche
et feuillage vert sur fond brun.
310-311. — Fragment du couronnement de la
frise.
314-317. — Faïence en couleur unie, provenant
du minaret nord de la mosquée du sultan
Mohamed el-Nâsser à la citadelle. — XIVe siècle.
314. — Couleur verte. (Quatre pièces).
315. — Couleur blanche. (Cinq pièces).
316-317. — Brun foneé et brun clair.

C. — Porcelaines

318. — Fragment d'un récipient en porcelaine
blanche avec feuillage en bleu clair.
Trouvé dans les buttes de décombres ainsi que les poteries contenues
dans l'armoire.
319-322. — Quatre vases céladon. Trouvés
dans la mosquée du sultan Hassan.
Ces porcelaines chinoises en vieux vert de mer
sont très recherchées et très rares. Bien qu'on les
nomme dans le pays «ghoûri», il n'est pas douteux
qu'elles aient une origine étrangère.
Il est à remarquer que le céladon peut parfois se rencontrer sur
le marché du Caire. Des vases et de petits flacons de cette matière
sont souvent vendus par des bedouins, qui assurent les avoir trouves
dans les tombeaux. Cependant le monde savant se méfie, du
reste avec raison, de ces pretendues trouvailles; car ces porcelaines
sont d'une epoque plus récente et n'ont été placées dans les
tombeaux que par les marchands eux-mêmes.
323. — Vingt-trois perles, émail bleu.

153

II. — Divers.

324. — Lampe en pierre.
Don de M. le professeur Schwein furth.
325. — Coupe en plâtre.
326. — Plat en carniole. Les bords relevés et
taillés en facettes. Trouvé dans la mosquée du
sultan Kalaoûn. C'est un précieux spécimen de
la richesse des objets en cristal et pierres rares,
dont nous entretiennent les historiens orientaux.
327. — Lustre. Travail moderne.

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SALLE No 7

1. — Treillis en bois tourné

1. — Devant de balcon, dans le panneau
supérieur un vase entre deux lions. — Haut. 1m, 59.
2. — Côté de balcon. — Haut. 3m,00.
3-5. — Parties de balcon. Le socle est en bois
découpé. — Haut. 2m, 34, -3m, 20.
6. — Devant de balcon. — Haut. 2m, 65.
7. — Côté de balcon ajouré d'une petite fenêtre.
Haut. 2m, 30.
8. — Dix balustres sculptés, provenant d'une
rampe. — Long. 0m, 65.
9. — Côté de chaise, bois tourné. — Long. 0m, 69.
10. — Rampe. Les bases et chapiteaux des
balustres sont ornés d'arabesques. — Long. 2m, 30.
11. — Bois tourné. Dans le panneau supérieur
deux figures d'animaux. — Haut. 1m, 54.
12. — Côté de balcon en bois tourné, avec
une petite fenêtre. — Haut. 2m, 74.
13. — Devant de balcon en bois tourné avec
khôka (petite fenêtre en saillie). — Long. 3m, 00.
14-17. — Bois tournés. — Long. 0m, 53— 0m, 55.
18. — Côté de balcon, bois tourné. — Haut. 2m, 85.
19. — Côté de balcon en bois tourné, percé
d'une fenêtre. — Haut. 3m, 50.
20. — Grille en bois tourné à gros nœuds. —
Haut. 1m, 95.
21. — Côté de balcon avec socle, travail rapporté.
— Haut. 2m, 09.
22. — Treillis en bois tourné. — Haut. 1m, 85.
23. — Côté de balcon avec khôka. — Haut. 1m, 93.
24.Koursi el-Kahf ou siège pour la lecture
du koran. La partie large est destinée à recevoir
le pupitre. — Haut. 1m, 63.
25. — Grillage en bois tourné. Le champ du
milieu représente un minbar (chaire) et une
lampe. — Haut. 1m, 53.
26. — Deux côtés de balcon, bois tourné. — Haut.
1m, 05.
27. — Grillage de fenêtre à gros nœuds. — Haut.
1m, 12.
28. — Treillis en bois tourné. — Long. 0m, 73.
29. — Treillis en bois tourné à noeuds triangulaires
ornés de boutons d'ébène. — Haut. 0m, 43.
30. — Pupitre de koran en bois tourné. Provenance
de la mosquée el-Mouayyed. — Haut. 1m, 20.

156

II. — Treillis en lattes.

31. — Grillage en bois découpé.
32. — Treillis à mailles octogonales. — Long. 0m, 75.
33. — Treillis à mailles cruciformes. — Haut. 0m, 93.
34. — Treillis à mailles octogonales et cruciformes.
— Haut. 1m, 00.
35. — Treillis à mailles stelliformes. — Haut. 1m, 85
36. — Treillis à mailles śtelliformes et cruciformes.
— Haut. 0m, 60.

III. — Portes en bois

37. — Vantaux de doulâb (sorte de placard)
ornés d'arceaux dans la partie supérieure. —
Haut. 1m, 70.
38. — Porte; travail d'assemblage. — Haut. 1m, 61.
39. — Devant de doulâb à cinq portes; trois
motifs de travail d'assemblage. — Long. 3m, 35.
40. — Devant de doulâb, surmonté d'arcs. —
Haut. 1m, 65.
41. — Porte. Motif ondulé. — Haut. 1m, 07.
42. — Porte. Le motif des panneaux se compose
de carrés et de rectangles à disposition oblique.
— Haut 0m, 95.
43. — Porte. Le motif des panneaux se compose
de carrés et de rectangles à assemblage
perpendiculaire. — Haut. 1m, 00.
44. — Porte. Motif en rosace de six mailles. —
Haut. 1m, 80.
45-46. — Devant de doulâb — Motif de rosace
de dix mailles. — Haut. 1m, 76.
47. — Trois devants de placard. Le champ du
milieu à motif hexagonal. — Haut. 1m, 75.
48-49. — Portes de doulâb. Le motif des panneaux
en forme de marches. — Haut. 1m, 08.
50. — Porte de doulâb, Motif rectangulaire. —
Haut. 1m, 08.
51-52. — Porte de doulâb. Motif hexagonal.
— Haut. 1m, 08.
53-54. — Porte de placard. Motif rectangulaire.
— Haut. 1m, 08.
55. — Pupitre de koran, bois découpé en un
seul morceau. Provient de la mosquée el Mouayyed.
— Haut. 1m, 00.

IV. — Lustres en bronze.

56. Lustre cylindrique à six étages. Les panneaux
ajourés sont ornés d'arabesques et de dessins
géométriques, à l'exception de ceux du
troisième étage, qui sont formés de plaques où
sont gravées des inscriptions. Ces plaques sont
séparées les unes des autres par des médaillons.
L'inscription porte le nom du sultan Kânsoû el-Ghoûri.
Le dôme est surmonté d'un croissant, le
tout recouvert d'ornements gravés et d'inscriptions

énumérant les titres du sultan donateur.
L'inscription des médaillons est ainsi conçue:
Gloire à notre seigneur le sultan, le roi très
noble Kansoû el-Ghoûri. Que sa victoire soit
exaltée.
— Haut. 1m, 55.
57. — Lustre de forme prismatique à douze
côtés et six étages. Les côtés sont formés de panneaux
carrés ajourés de dessins géométriques.
Dôme surmonté d'un croissant avec inscription.
Provient de la mosquée du sultan Hassan. L'inscription
qui occupe la plus grande partie du
dôme, fait connaître le titre et le nom du donateur.
C'est Keissoûn el-Melki el-Nâssiri.
Haut. 1m, 50.
Au troisième étage, tous les deux montants,
court l'inscription suivante:
Fait par le maître Bedr Abou Yâlâ en l'an,
mois (?) trente et sept cents (1329).
Fut achevé (dans) le délai de quatorze jours.
En comparant les lettres de cette dernière
phrase avec celles de la phrase précédente et en
tenant compte de la faute commise dans le mot:
quatorze, on peut conclure que c'est

le maître Bedr, peu versé dans l'orthographe, qui
l'aura ajoutée dans un but facile à comprendre.
58. — Lustre composé de deux parties. La
partie inférieure en forme de plat à douze douilles
est reliée par trois chaînes au dôme qui est ajouré
et surmonté du croissant. Des bras sont attachés
en plusieurs endroits pour recevoir des veilleuses.
Haut 2m, 00.

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HUITIÈME SALLE

Cuirs 1

1 Prisse d'Avennes, qui parle dans son ouvrage de toutes les
industries arabes, n'accorde aucune mention à celle du cuir.
Nous diviserons les reliures orientales en quatre
groupes:
  • I. — Les reliures arabes.
  • II. — Les reliures turques.
  • III. — Les reliures persanes.
  • IV. — Les reliures à surface vernie.

§ I. — Reliures arabes.

Cette série, originaire des ateliers égyptiens,
est une des plus riches et des plus variées. Malgré
le luxe des arabesques dont le jeu des lignes et
des contours est capricieusement somposé, les fers
employés à cet effet ont toujours été très-restreints.
Les ornements des plats sont en creux lors
même que, dans les gardes, on a fait emploi du
relief. (Pl. XX). En vertu du même principe basé
sur la recherche du contraste, dans les plats, l'ornement
est doré et quelquefois colorié, tandis
que le cuir des gardes conserve sa couleur naturelle.
Un procédé auquel on avait souvent recours
consistait à découper un dessin végétal en l'appliquant
sur un fond de soie verte; ensuite on rehaussait
d'or les tiges et feuillages. — Cet or était
placé au préalable sur les contours et pressé au
fer chaud. L'effet ainsi obtenu était très-heureux
(Pl. XIX, No I).
Comme nous le verrons plus tard, ce système d'ornementation

se développa chez les Persans et les
Turcs et atteignit une surprenante perfection. Ce
qui en diminue toutefois la valeur, c'est le fait que
la découpure s'effectuait non pas à la main comme
chez les Arabes, mais au moyen de formes.
En ce qui concerne le caractère ornemental des
reliures arabes, nous y retrouvons ces motifs bien
caractéristiques que nous avons admirés dans
toutes les branches de leur industrie d'art. — A
l'extérieur on employait de préférence les figures
polygonales et les inscriptions, tandis que les
gardes étaient ornées d'arabesques. Ces dernières
sont très-bien représentées dans la collection du
musée. Pour ce qui est des inscriptions, au contraire,
c'est à la Bibliothèque khédiviale que nous
devons nous référer, car c'est là seulement qu'on
y trouvera réunis les spécimens les plus importants.
(Pl. XX).
Nous mentionnerons surtout la couverture du
koran de la mosquée de Gaï el-Youssefi, dont la
dernière page contient certaines phrases qui nous
permettent de faire remonter jusqu' au XIIIe siècle
le livre encore en possession de sa reliure originale.
Les reliures de cette première série ont une
grande importance, en ce sens que c'est précisément
celle qui a influé sur le développement de
la reliure en Europe.

§ II et III. — Reliures turques et persanes.

Avec la domination turque prend fin l'industrie
proprement indigène. Un grand changement
s'opère alors dans la façon et le décor.
Au lieu de se servir du fer dont l'emploi ouvrait
un champ vaste à l'habileté et à la fantaisie
de l'artiste, car c'est grâce à ce procédé que l'on
a pu obtenir les plus belles arabesques, on eut recours
à des matrices, dont la valeur artistique,
malgré la beauté des dessins, devait être nécessairement
inférieure.
La conséquence naturelle de cette nouvelle méthode
a été l'abandon du dessin polygonal et de
l'arabesque de style proprement arabe. On y substitua
les ornements dont le caractère persan original
se trahit par la prédominance des motifs
naturalistes. Rien n'établit mieux le bien fondé

de cette assertion qu'un volume du koran de la
mosquée de Gaï el-Youssefi, déjà signalé et qui a
été écrit en l'an 1176 de l'hég. (1762), très probablement
pour remplacer un volume égaré.—(No 94
de la Bibliothèque Khédiviale).
Le goût de plus en plus osé pour le relief détermina
l'ouvrier à recourir au moule. Le cuir y
était énergiquement comprimé et y prenait ces
saillies très-accusées qui caractérisent les reliures
turques et persanes.
Lorsque les relieurs persans et tures voulaient
obtenir des effets en profondeur, ils avaient recours
à deux épaisseurs de cuir qu'ils superposaient,
non sans avoir au préalable découpé l'épaisseur
supérieure à la demande du motif voulu
et de telle façon que ce motif se trouvât avoir
pour champ l'épaisseur inférieure. On obtenait
ainsi des ornements à deux couches du meilleur
effet. Un des exemples les plus intéressants de
cette main d'œuvre nous est fourni par le koran
donné en 1032 de l'hég. (1622) par la princesse
Safia, mère du sultan Mohamed Khân, à la mosquée
qu'elle avait fondée au Caire, (no 27 de la
Bibl. khéd.). Extérieurement une large bordure
d'inscriptions en vigoureux relief contourne le
milieu et les angles obtenus par le système du
découpage. Les contours conservent la couleur
naturelle du cuir, tandis que le reste de la reliure
est orné de dorures de divers tons. Dans le
dernier volume du même koran, les bordures sont
décorées d'ornements et non d'inscriptions. L'extérieur
n'est pas moins délicatement travaillé;
la garde entière est recouverte d'un gracieux
réseau d'ornements finement découpés et dorés.
Les champs sont peints en rouge, bleu et noir.
On n'a jamais employé les découpures avec
autant de succès que dans les reliures persanes,
véritables chefs-d'œuvre dont le modelé est d'une
netteté admirable.
Comme dans d'autres branches de l'industrie
persane, nous trouvons dans la reliure aussi des
figures d'hommes et d'animaux. La reliure no 56
de la Bibliothèque khédiviale1
1 Divan Suleiman Ibn el-Souaghi écrit en 841 de l'hég. (1431).
offre toute sortes
de figures d'animaux, notamment des têtes
agencées dans les rinceaux.

§ IV. — Reliures vernies

Ce genre de reliure parait être le procédé le
plus moderne. Pour l'obtenir, l'artisan couchait
sur le cuir un enduit analogue au plâtre. On
y peignait des inscriptions, surtout des fleurs
d'après nature et avec leurs plus vives couleurs;
on passait ensuite sur le tout une couche de
vernis protectrice. Ce vernis ne tardait pas à
s'oxyder et à prendre une teinte jaunâtre; mais
là où il s'écaille, on voit réapparaître la peinture
dans toute sa fraîcheur.
C'est encoure à la Bibliothèque khédiviale que
nous renvoyons l'amateur curieux des spécimens
de ce genre, en lui signalant le no 32, un koran,
qui porte la date 1205 de l'hég. (1790). Aujourd'hui,
l'art de la reliure en Orient est tombé
si bas que c'est tout comme s'il n'existait plus.
Nous avons dit plus haut que les travaux sur

cuir exécutés par les Arabes n'étaient représentés
que par des reliures, mais l'Arabe comme tout
oriental est éminemment guerrier et cavalier. Comment
n'en pas conclure que la sellerie dut devenir
dans ces conditions une des industries les
plus florissantes. Malheureusement, il ne nous reste
rien à mettre en regard de cette conjecture
si vraisemblable.

RELIURES



GARDE RELIURES DE LA BIBLIOTHÈQUE KHÉDIVIALE (CAIRE)


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SALLE No 8.

VITRINE A.
(contient 67 pièces de reliures).

1. — Rabat d'une reliure en cuir à ornements
découpés et recouvert d'un tissu vert. Les tiges et
les contours des feuillages sont pressés au fer et
rehaussés d'or.
On voit, à quelques gaucheries, que le travail
a été fait à la main. — (PI. XIX).
2. — Plat d'une reliure en cuir. Au milieu, une
rosace formée de lignes géométriques de différentes
couleurs et dont quelques unes sont dorées. —
(PI. XIX).
3. — Rabat d'une grande couverture; ornements
pressés. — Long. 0m, 82.
4-5. — Gardes de reliure en cuir recouvertes
de jolies arabesques. Les ornements clairs, dans
la couleur naturelle de la peau, se détachent du
fond plus foncé et pressé.
6. — Plat d'une reliure en cuir couvert
d'ornements géométriques.
Au milieu, une rosace à douze mailles. Les
motifs d'angle sont formés de quarts de rosace; les
alternances des mailles sont accusées de points
dorés.
7. — Rabat de reliure. Entrelacs formés
d'éléments alternativement cuir et or. Le tout
est renfermé dans une large bordure ayant pour
motif des lignes géométriques.
8. — Plat d'une reliure turque (genre persan)
en cuir. Le milieu est occupé par un champ
ovale enchassé en contre-bas, duquel se détachent
en relief des feuillages et des fleurs naturelles. Les
bords du plat sont rehaussés de lignes dorées.

VITRINE B.
(contient 204 pièces de reliures).

9. — Rabat de reliure, conforme à celui qui est
décrit sous le No I.
10. — Plat d'une reliure en cuir entièrement
couvert d'ornements polygonaux.
11. — Caisse-bibliothèque de koran, en bois,
recouverte de cuir. La caisse a son plan hexagonal
divisé en trois compartiments à dix
rainures. Les parties restantes du cuir qui se
trouvent sur le corps de la caisse contiennent
une ornementation plutôt sobre. La base, par contre,
est bordée d'une jolie bande richement dorée.

Les quelques mots de l'inscription de cette
dernière nous ont conservé le nom de «Kânsoû»
(Kânsoû el-Ghoûri), l'avant-dernier sultan circassien
(1501-1516). La rosace du couvercle en
cuir, repoussé et doré, est d'une composition
délicate et riche.
12. — Etoffe brodée en soie.
13. — Couvre-tombe en drap rouge avec
applications de velours et de soies.
14. — Lustre en cuivre jaune. — (Pl. VII).
Le lustre consiste en un dôme ajouré en fine
dentelle; ce dôme couvre un plateau à neuf douilles.
Parmi les nombreuses inscriptions travaillées
au burin, on relève les titres du sultan Mohamed
el-Nâsser. La fin de l'inscription est ainsi conçue:
…… le sultan, le roi victorieux, le défunt
Mohamed, fils de Kalaoûn, le martyr, le salehi;
que Dieu exalte ses victoires.

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COULOIR

1. — Porte en bois à deux battants, panneaux
à ornements et inscriptions coufiques sculptés.
L'inscription est au nom du khalife el-Hâkem bi-Amr
Allah, 996-1020 après J. C. Provenance de
la mosquée el-Azhar. — Haut. 3m, 20.
Sur cette ancienne porte, on relève des traces
de réparations. L'ossature semble avoir été complètement
renouvelée, ainsi que quelques uns des
panneaux, notamment ceux dont l'ornementation
est le moins fouillée. Non seulement des panneaux
ont été renversés lors de leur remontage,
mais encore les champs à inscriptions ont été
intervertis. Ainsi, le vantail droit contient l'inscription
qui appartient au vantail gauche et
vice-versa.
Nous lisons:
Notre seigneur le prince des croyants, l'imâm
el-Hâkem bi-Amr Allah. Que les bénédictions de

Dieu tombent sur lui, sur sa vie pure et sur ses
descendants.
2. — Face d'un balcon en bois sculpté. —
Long. 2m, 56.
3. — Côté d'un balcon avec petite fenêtre en
saillie. — Haut. 1m, 95.
4. — Porte en bois à deux battants fort intéressante
à cause de ses sculptures représentant des
figures humaines et animales. Les lignes de sculpture.
malheureusement effacées, sont identiques
comme caractère et exécution à celles du panneau
No 54 de salle No 4. Provenance de la mosquée
du sultan Kalaoûn. — XIIIe siècle. —
Haut. 3m, 83.
5. — Porte en bois sculpté. En haut et en
bas, des inscriptions; au milieu, des ornements.
Provenant de la petite mosquée el-Goharieh, qui
fait partie de la mosquée el-Azhar. — Long. 1m,30. —
(Voir No 44 de la page 129).
6. — Grande porte en bois à deux battants
richement sculptés d'ornements géométriques.
Provenance de Damiette, — Haut, 4m, 15.
7. — Porte en bois à deux battants conservant
encore une grande partie de ses bronzes d'applique
perforés et gravés. Provenance de la mosquée
de la princesse Tatar el-Hégazieh. — XIVe
siècle. — Haut. 2m,30.
8. — Côté d'un balcon en bois tourné. La
partie inférieure est travaillée à la scie. — Haut 2m,30.

174

9. — Devant de balcon en bois tourné, surmonté
de cinq fenêtres en plâtre découpé. —
Haut. 2m,60.
10. — Battant de porte agrémenté de clous.
Provenance du tombeau du sultan el-Ghoûri. —
XVIe siècle. — Haut, 2m,95.
11. — Fragment de planche; ornements et
inscriptions sculptés. — Long. 2m,62.
12. — Fragment de planche sculpté, provenant
d'un plafond. — Long. 0m,80.
13. — Treillage en fil de laiton. — Haut. 0m,97.
14. — Face d'un balcon à trois fenêtres; le
soubassement est en travail d'assemblage, les
nœuds sont cubiques. Ce spécimen de bois tourné
est appelé dans le pays «ma' moûni». — Haut. 1m,75.
15. — Solive sculptée provenant du tombeau
du sultan el-Ghoûri. — XIVe siècle. — Long. 2m,88.
16. — Planche sculptée avec traces de dorure.
— Long. 2m,80.
17-22. — Planches sculptées; du tombeau
du sultan el-Ghoûri. — Long. 1m, 05 — 2m,80.
23. — Plafond en bois; les dessins géométriques
sont formés de baguettes clouées. —
Long. 3m,20.
24-26. — Planches sculptées provenant du
plafond de la mosquée el-Mârdâni. XIVe siècle. —
Long. 1m,60 — 2m,53.
27-34. — Planches sculptées; ornements en
relief. Fragments du plafond de la mosquée

du sultan el-Zâher Barkouk fondée en 1384.
Ces bois ont été déposés dans le musée lors de la réparation de
cette mosquée, en 1891.
35. — Planche sculptée. — Plafond du tombeau
du sultan el-Ghoûri. — Long. 2m,80.
36. — Fragment de chambranle d'une fenêtre
ronde en bois sculpté. — De la mosquée el-Mârdâni. —
Larg. 0m,20.
37. — Deux morceaux de planche; inscriptions
sculptées en grands caractères. — Long. 1m,78.
38. — Vingt-cinq planches ornementées de
sculptures. Du plafond de la mosquée el-Mârdâni.
— Long. 1m,50 — 2m,47.
39. — Huit pièces de stalactites en bois provenant
d'un plafond. — Haut. 0m.63.
40. — Deux morceaux d'une frise à ornements
et à inscriptions en plâtre, avec peinture
et dorure. — Long. 2m,73.
41. — Porte en bois; petits panneaux assemblés.
— Haut. 1m,90.
42. — Deux battants d'une porte. Les panneaux
sont incrustés d'ivoire. — Haut. 2m,48.
Le milieu du ventail droit est mal réparé.
43-45 — Planches sculptées, provenant du
plafond de la mosquée el-Mârdâni. — 1m, 30 — 2m, 60.
46-47. — Planches sculptées provenant du
tombeau du sultan el-Ghoûri. — Long. 1.19 et 2m, 60.
48. — Face d'un balcon en bois tourné, à
trois fenêtres. — Long. 2m,37.

176

49. — Fragment de planche; inscriptions et
ornements sculptés. — Long. 2m,27.
50. — Battant d'une porte garni de clous disposés
en figures géométriques. — Haut. 2m,95.
Du tombeau du sultan el-Ghoùri.
51. — Face d'un balcon à cinq fenêtres. —
Long. 3m,52.
52. — Côté d'un balcon avec une fenêtre
oblongue; le soubassement est travaillé à la scie.
— Haut. 2m,82.
53. — Soubassement de balcon orné de rosaces
en bois tourné ou scié. — Long. 2m,54.
54. — Grille formée de petites pièces de bois
à assemblage géométrique. — Long. 2m,12.
55. — Porte à deux battants ornée de panneaux
sculptés; inscriptions coufiques et naskhis. Les
pièces d'assemblage sont de bois d'espèces diverses.
Du tombeau du sultan Sâleh Nigm el-Dyn ibn Ayoub. XIIIe
siècle. — Haut. 4m,35.
56. — Porte formée de petits panneaux assemblés.
— Haut. 2m, 15.
57. — Face d'un balcon. — Long. 2m, 50.
58. — Linteau d'une porte de boutique de l'O-kâlat
Kaïtbaï à Gamâlieh. Les panneaux sont
en bois tourné ou sculpté; inscriptions au nom
du sultan Kaïtbaï. — Long. 2m,68.
59. — Côté d'une mchrabieh à petit balcon. —
Haut. 1m,50.
60. — Face de mchrabieh en bois tourné, à
soubassement et à panneaux pleins. — Long 2m,35.

177

61. — Solive sculptée provenant du plafond
du tombeau du sultan el-Ghoûri. — Long. 4m,80.
62. — Porte en bois à deux battants conservant
encore une grande partie de ses appliques
en bronze, provenant de la mosquée de la princesse
Tatar el-Hegazieh. — Haut. 4m,20.
Le haut et le bas des vantaux portaient des panneaux à inscription.
Entre ces deux champs oblongs, il y a un placage consistant
en pièces polygonales perforées et disposées en forme de rosace
à douze et neuf mailles.
63. — Poutre sculptée; inscriptions au nom du
cheikh Mohamed Abd el-Latif. 1178 de l'hég.
(1764). — Long. 3m,82.
64-68. — Panneaux en bois tourné. - Long.0m, 62-1m,22.
69. — Dix planches provenant d'un plafond.
— Long. 0m, 80-1m,90.
70. — Quatre portes en planche; ornements
sculptés. Provenant de l'okâla Sounboul à Bein
el-Sourein, démoli en 1884. — Haut. 1m,40-1m,53.
71. — Linteau d'une porte de boutique de l'okâla
Kaïtbaï. Les panneaux inférieurs sont en
bois tourné ou sculpté; inscriptions au nom de
ce sultan. — Long. 2m,57.
72. — Panneau en bois avec inscription — Long. 1m.
73. — Deux fragments de planche avec inscriptions
en grands caractères. — Long. 0m,70-1m,05.
74. — Cinq fragments de planches à inscriptions
coufiques. Provenant de la frise qui couronne
les parois intérieures de la mosquée d'Ibn
Touloun. IXe siècle. — Long. 1m,00-1m,40.

178

75. — Fragment du plafond de la baie d'une
porte. Mosquée d'Ibn Touloun. — Long. 1m,82.
76. — Pièce de bois provenant de la rampe
d'un minbar de la même mosquée. — Long. 0m,98.
Ce minbar est un don du sultan Ladjyn. — XIVe siècle.
77. — Planche portant des ornements en bois
scié, aux arêtes arrondies. Travail moderne; provenant
de la mosquée de Saïda Zeinab.—Long. 2m,11.
78. — Deux corbeaux en bois. — Provenant
de l'intérieur d'une maison. Travail moderne. — Long.
4m,63.
79. — Lustre en forme de prisme hexagonal.
Travail moderne. — Haut. 1m,00.
80. — Vase en cuivre jaune. — Haut. 0m, 30.
81. — Lustre en cuivre jaune. Moderne. —
Diam. 0m,25.
82. — Vase en cuivre jaune. — Haut. 6m,70.
83. — Lustre en cuivre jaune à cinq veilleuses,
recouvert d'un dôme ajouré. — Haut. 0m, 55.
84. — Vase en cuivre jaune. — Haut. 0m,70.
85. — Lustre en cuivre jaune. — Le plateau
contient sept ampoules à inscriptions ciselées.
Le dôme qui recouvre le plateau est décoré
d'ornements et d'inscriptions. — Haut. 0m,70.
86. — Lustre en cuivre jaune, en forme de
pyramide hexagonale couronnée d'un bulbe. Le
tout est ornementé de dessins et d'inscriptions à
jour. — Haut. 0m,75. (Pl. VII.)
87. — Lustre en cuivre jaune portant un
plateau — Haut. 2m,20.

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88. — Fauteuil à panneau en bois tourné et
sculpté. — Haut. 1m,50.
89. — Quatre queues d'aronde. Provenant du
minaret de la mosquée Aksounkor en ville.
XIVe siècle. — Long. 0m, 19-0m,37.
90. — Dikkah (banc) en bois tourné et découpé.
— Long. 2m,43.
91-92. — Planches en bois, ornées d'inscriptions
en relief; de la mosquée el-Azhar.
91. — Les lettres sont en grands caractères
92. — Texte de I'inscription:
La réparation de cette mosquée bénie fut
ordonnée par notre maître et seigneur le sultan,
le roi très-noble, Abou el-Nasr Kaïtbaï. Que
Dieu conserve son royaume.
93. — Planche sculptée. Le commencement
de I'inscription est tiré du koran, la suite se
rapporte à la construction d'un mihrab exécuté
en 753 de l'hég. (1352 après J.C.)
94. — Planche d'inscription relate le don
d'un koran de la part de Badr Loulou
en l'an 858 de l'hég. (1454 après J.C.)
95. — Panneau, L'inscription finement tracée rappelle
l'érection d'une mosquée.

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LES ANNEXES DU MUSEE

Le local du Musée proprement dit ne suffisant
pas à contenir tous les objets, un grand nombre
d'entre eux ont été provisoirement déposés dans
les chambres de l'annexe No I et dans le kiosque
en bois, annexe No II.
Les objets exposés dans l'annexe No I comprennent:

A. — PORTES ET FENÊTRES

a) Portes en bois en travail d'assemblage.

1. — Porte composée de petits panneaux. Le
dessin du milieu est à système hexagonal. —
Haut. 4m,75.
2. — Porte à un vantail. Système de panneaux.
— Haut. 2m, 00.
3. — Analogue au numéro précédent.
4. — Porte à un vantail. Travail d'assemblage;
le centre est occupé par une rosace à douze mailles.
— Long. 0,93, haut. 1.95.
5. — Porte à un vantail. Système de panneaux.
— Haut. 1,85.
6. — Vantail de porte en bois, système de panneaux,
au milieu combinaisons hexagonales. —
Larg. 0m64, haut. 2m,25.
7. — Comme le précédent. Les panneaux du
haut et du bas sont en deux morceaux. — Haut. 2m,25.
8. — Porte secrète en forme d'armoire. —
Haut. 1m,90.

b) Portes et fenêtres ornementées de bronze.

9. — Porte en bois à deux battants, plaquée
de cuivre et ornée d'étoiles à huit branches, en
bronze fondu. Provenant de la mosquée Sâleh
Telâyeh Abou Rezik. XIIme siècle. — Haut. 4m,37. Pl. IX.
10. — Porte en bois à deux battants, provenant
du tombeau de I'Imâm el-Chafey. — Haut. 3m,23.
Analogue au No précédent.
11. — Porte à deux battants. Le milieu a conservé
une partie du placage en bronze. — Haut. 4m,30.
Il est visible que le haut et le bas de la porte étaient recouverts
de panneaux à inscriptions.
12. — Vantail de fenêtre, orné en haut et en
bas de plaques en cuivre encadrées de bronze et
découpées en fleurs de lis. — Haut. 3m,55.
13. — Vantaux de fenêtre, en bois. Système
de panneaux assemblés. Charnières en bronze
gravées. Inscriptions sur le panneau supérieur.
Provenant de la mosquée du sultan Solimân (Saria
el-Guebel), à la Citadelle. XVIe siècle. — Haut. 2m,25.
14. — Vantaux d'une fenêtre.
Comme le numéro précédent et de même provenance. Le
fragment du couvre-joint contient de jolis ornements sculptés.
15. — Vantaux de porte avec fausses pentures
en cuivre. Le haut et le bas du devant sont plaqués
d'une lame, la penture supérieure est encadrée
de fleurs en bronze fondu. — Haut. 3m,25
16. — Vantaux d'une porte en bois conservant
quelques restes d'un encadrement en cuivre
jaune fondu et ajouré. — Haut. 3m,07.
17. — Quatre vantaux de portes en bois
portant encore les restes d'un placage en bronze,
notamment des équerres fondues et percées à jour.
Deux des vantaux ont conservé le heurtoir. —
Haut. 3m,17.
18. — Vantail de porte analogue au numéro
précédent. En haut, inscriptions; au milieu, reste
d'une rosace en bronze fondu et perforé. Provenant
de la mosquée el-Mouayyed. — Haut. 3m,44.

c) Portes et fenêtres ornées de bronze (modernes).

19 23. — Portes en bois à deux vantaux, plaquées
de bronze fondu et percé à jour; encadrement
de qualité analogue. Provenant de la
mosquée Sayeda Zeinab, récemment reconstruite.
19: Haut. 3m, 20. — 20: Haut. 3m, 20. — 21: Haut. 2m, 28.—
22: Haut. 2m, 58. — 23: Haut. 3m, 05.

B. — MEUBLES.

24. — Chaise en bois tourné. Les côtés inférieurs
sont formés de planches découpées en
arcs. — Long. 1m, 70.
25. — Chaise semblable à la précédente. La
moitié du dos est en retrait pour permettre la
pose d'un pupitre en forme de X (Voir ce spécimen
de pupitre sous les Nos 28-32). — Long. 1m, 36.
26. — Chaise de lecteur de koran (Koursi
sourat el-Kahf). Joli travail d'assemblage, mais
en mauvais état. — Long. 1m, 55.
27. — Chaise de lecteur de koran; même système
de montage que dans la précédente, incrustée d'ivoire
à face unie ou sculptée sur les côtés. Panneaux
en bois tourné. — Long. 1m, 25.
Ces deux meubles proviennent de mosquées.
28-31. — Pupitres de koran (Koursi Moushaf).
De la mosquée el-Mouayyad. — 28, Haut. 1m, 14.
— 29, Haut. 4m12. — 30, Haut. 1m, 00. — 31, Haut. 1m, 00.
32. — Pupitre en bois tourné. Les vides étaient
anciennement aussi garnis de pièces en bois
tourné, dont une seule subsiste. — Haut, 1m, 20.
33. — Minbar (chaire de mosquée).
Riche travail. Les surfaces sont composées
de panneaux disposés en lignes géométriques et
incrustés d'ivoire finement sculpté. Les rampes
sont en bois tourné. Les côtés du baldaquin sont
traités avec le plus grand soin.
Ce meuble a beaucoup souffert; il porte des traces de réparation.

Provenance de la mosquée fondée par la Princesse Tatar el-Hegazieh, au XIVe siècle.
34. — Coffret en bois incrusté d'os et de nacre.
— Long. 0m, 76.
35. — Coffret en bois, incrusté d'os.

Caissons Funéraires.

36. — Caisson en bois (Taboût). Une inscription
sculptée en relief couronne les quatre faces.
Le couvercle manque. Provenant d'une chapelle fupéraire de la
rue Dalli Hussein, au Caire. — Long. 1m,90.
37. — Trois faces d'un caisson pareil au précédent.
— Long. 1m, 26.

C. — OBJETS DIVERS.

38. — Pièce de bois composée de cinq panneaux;
celui du milieu porte une inscription
sculptée au nom du sultan Kaïtbaï. Les panneaux
sont en bois tourné aux extrémités. — Long. 2m,10.
Provenant du tombeau de l'lmâme el-Chafey.
39. — Devant de balcon en bois tourné. Le
milieu est occupé par le reste d'une ouverture
flanquée de fenêtres. Le socle est formé de petits
arcs. — Long. 1m,68.
40. — Côté d'un balcon en bois tourné.—
Haut. 1m,86.
Ce spécimen de bois tourné (nœud de cube) est appelé dans
le pays « el-Mamouni ».
41. — Bois. Face d'un meuble composée de
six panneaux; celui du milieu est rempli de
colonnettes.
42. — Cloison en bois tourné et découpé. Les
panneaux du socle sont sculptés et disposés en
arabesques géométriques. — Long. 4m, 08. Provenant
de la mosquée el-Bakri à Haret el-Otoûf, en ville.
43. — Bois. Soffitte d'une porte. Motif à trois
champs finement sculptés. — Long. 2m, 40.
44. — Stalactites à triple rangée, bois doré. —
Haut. 0m, 40.
45. — Escalier d'un minbar avec ses rampes.
Limon et contre-marches décorées d'arabesques
sculptées; les nœuds cubiques de la rampe,
qui est en bois tourné, sont également ornés
d'arabesques.
Provenant de la mosquée Kaoussoûn el-Sâki (en état de ruine.
— XIVe siècle).
46. — Panneau carré en bois sculpté et ajouré.
— Le côté a 0m, 48.
47. — Trois bandes de cuivre rouge ciselées
avec inscriptions. Détachées d'une porte.
48-50. — Fenêtres en plâtre découpé.
48. — Fenêtre à ouverture annulaire. —
Long 0m, 84.
La plus grande partie des vitres manque.
49. — Fenêtre géminée à ouvertures polygonales. —
Long. 1m, 30.
50. — Fenêtre à décor végétal. Long. 0m, 65.
52. — Marbre. Base (ou chapiteau) de colonne
de même forme. — Haut. 0m,28.
Cinq côtés seulement de l'octogone sont couverts
d'arabesques, ce qui prouve qu'elle appartenait à
une colonne engagée.
53. — Idem. Les coins de la plinthe sont décorés
de feuilles. — Haut. 0m,42.
54. — Chapiteau byzantin d'un feuillage très
refouillé. — Haut. 0m,45.
55. — Bulbe d'un pilier d'angle, provenant
d'une tombe en marbre (Tarkiba). — Haut. 0m,50.
56. — Quarante-deux pièces fragments de
marbre sculpté. — Haut. de 0m,30 à 4m, 20.
57. — Dalle de marbre sculpté, brisée en deux
morceaux. Le champ supérieur porte les mots
Le sultan magnifique; dans le champ
inférieur, deux chimères adossées. — Larg. 0m,73.
Cette dalle avec sa face sculptée se trouvait
scellée dans le mur à l'intérieur du tombeau du
sultan el-Mouayyad.
58. — Marbre portant quatre poissons sculptés.
— Long. 2m.20.
59. — Douze pièces de pierres jaunes sculptées.
— Long. de 0m,28 à 0m.53.
Les objects classés sous les Nos 56 à 59 ont été
trouvés dans la mosquée du sultan el-Mouayyad
(1412 après J.-C.) et transportés au Musée lors
des travaux de restauration entrepris dans cette
mosquée, il y a quelques années.
60. — Porte à un battant. Panneaux oblongs;
le haut et le bas sont en bronze; au milieu, fragment
d'une rosace également en bronze. (Pl. IX).
Le métal de ce placage est fondu et à ornements à jour.
61. — Parapet à dix panneaux en bois tourné.
La deuxième chambre de l'annexe No I, ainsi
que l'anexe No II contiennent une grande quantité
(plus de mille pièces) de pierres funéraires — Châhed
— provenant en grande partie du cimetière
d'Assouan et de l'ancien cimetière situé au sud
du Caire. Les inscriptions en caractères coufiques
qui couvrent ces pierres leur donnent un très
grand intérêt. Elles datent presque toutes des
IIme et IVme siècles de l'hégire.
La plupart d'entr'elles ont été données par
la Direction du Musée égyptien.

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LISTE DES DONATEURS



TABLE DES MATIÈRES

Pages
AVANT-PROPOS. I
INTRODUCTION. IX
CATALOGUE
PREMIÈRE SALLE:
I. — Plâtres. 3
II. — Pierres de taille. 8
III. — Marbres. 14
DEUXIÈME SALLE (Métaux). 33
TROISIÈME SALLE 60
I. — Verrerie. 70
II. — Ecriteaux. 89
III. — Divers. 95
BOISERIES et IVOIRE (Introduction pour la
collection des salles Nos 4. 5, 7 et du couloir)
96
QUATRIÈME SALLE (BOISERIES) 108
CINQUIÈME SALLE. 124
SIXIÈME SALLE (Céramique). 130
SEPTIÈME SALLE (Boiseries). 155
HUITIÈME SALLE (Cuirs). 160
COULOIR. 172
PREMIÈRE ANNEXE. 180
DEUXIÈME ANNEXE. 187
LISTE DES DONATEURS. 189
20 PLANCHES








Date: (unknown) (Electronic edition revised December 2006) . Author: Hers, Max,; pasha. Matḥaf al-Fann al-Islāmī (Cairo, Egypt) (Electronic edition revised LMS).
This work is licensed under a Creative Commons attribution license.